Pape Jean VI (701-705)

Pape de 701 à 705, Jean VI est un pape d'origine grecque qui sauve un exarque byzantin de la sédition romaine, rançonne les captifs du duc lombard Gisulf de Bénévent et ordonne la restauration de saint Wilfrid d'York (exécutée partiellement en 706) ; aucune restitution des Alpes Cottiennes n'est attestée sous son nom.

Ignispedia

Pape Jean VI (Ioannes VI, en grec Iōánnēs) gouverne l'Église de Rome du 30 octobre 701 au 11 janvier 705. Le Saint-Siège le présente comme le 85e pape de l'Église catholique, d'origine grecque, successeur de saint Serge I et prédécesseur de Jean VII.[1] Le Liber Pontificalis ne dit rien de plus sur son origine que natione Graecus, et la Catholic Encyclopedia déclare sa date de naissance inconnue[2] : la naissance à Éphèse vers 655, avancée par certaines notices modernes, reste une hypothèse sans fondement dans les sources anciennes.[3] Il appartient à cette Rome byzantine où, à la fin du VIIᵉ et au début du VIIIᵉ siècle, les clercs orientaux finissent par surpasser numériquement les Latins dans le clergé urbain.[4]

Son pontificat, qui dure un peu plus de trois ans, ne produit pas un grand acte doctrinal isolé. Il est tout entier un acte de gouvernement pratique dans une Italie travaillée par trois pressions simultanées : l'autorité impériale byzantine exercée par l'exarque de Ravenne, la poussée militaire des duchés lombards de Bénévent et de Spolète, et la demande de justice ecclésiale qui vient désormais jusque des îles Britanniques. Jean VI affronte les trois en moins de quarante mois.

À chacun de ces dossiers, il répond par la même méthode : pas de spectaculaire, pas de combat, pas d'anathème. Il envoie des prêtres, des messagers, de l'argent et des lettres. Il sauve la vie d'un exarque byzantin menacé par sa propre armée. Il rançonne les captifs d'un duc lombard et lui paie sa retraite. Il fait droit à l'appel d'un évêque anglais chassé de son siège, au terme d'un synode romain de plusieurs mois. Sous son pontificat s'esquisse avec le roi lombard Aripert II le dossier du patrimoine pontifical des Alpes Cottiennes — sans qu'aucun acte de restitution sous son nom soit attesté : la restitution n'est établie que sous son successeur.[5]

Cet ensemble pourrait sembler modeste. Il révèle pourtant, mieux que beaucoup de pontificats plus brillants, ce qu'est concrètement devenue la primauté romaine au seuil du VIIIᵉ siècle : un arbitrage moral européen capable d'intervenir entre des soldats grecs, un duc lombard, un roi lombard et un évêque northumbrien — sans armée propre, sans territoire libre, et avec un siège impérial qui lui-même change de mains de Tibère III à Justinien II, sept mois après la mort du pape.

« L'exarque Théophylacte, chambellan et patrice, vint à Rome depuis la Sicile. L'armée d'Italie tout entière s'assembla pour s'opposer à lui ; le très saint pape envoya des prêtres et calma la sédition, et sauva ainsi l'exarque. » — Liber Pontificalis, notice 86 de Jean VI, paraphrase d'après l'édition Duchesne (vol. 1) et la traduction Davis (1989)[6]

Pourquoi Jean VI compte-t-il ?

Le pape qui sauve un exarque byzantin de sa propre armée

Le premier épisode marquant du pontificat est saisissant. L'exarque d'Italie est, au VIIᵉ siècle, le représentant militaire et civil de l'empereur byzantin dans la péninsule, résidant à Ravenne et exerçant un contrôle nominal jusque sur Rome.[7] En 701, l'empereur Tibère III Apsimar envoie de Sicile à Rome son chambellan et patrice Théophylacte, désormais exarque.[8] L'armée d'Italie — les milices urbaines des cités italiennes — y voit une menace pour le nouveau pape, à peine élu. Toutes ces milices marchent sur Rome, campent hors les murs et exigent de lyncher l'exarque.

Jean VI n'envoie pas une troupe contre l'exarque. Il fait exactement l'inverse : il envoie des prêtres vers les milices et obtient leur dispersion sans bain de sang. L'épisode est révélateur d'un fait que la tradition historiographique latine oublie parfois : un pape grec, au début du VIIIᵉ siècle, peut être plus efficace pour protéger un haut fonctionnaire impérial byzantin que les institutions impériales elles-mêmes.[9]

Le pape qui rançonne les captifs d'un duc lombard

Pendant que l'exarque est isolé à Rome, le duc lombard de Bénévent Gisulf I profite de la désorganisation. Il franchit la frontière sud du territoire romain, prend les villes de Sora, Arpino et Arce, pousse jusqu'à Horrea, pille et brûle.[10][11] Jean VI ne dispose d'aucune armée pour le repousser. Il envoie alors dans le camp lombard des prêtres munis d'argent, qui rachètent tous les captifs et obtiennent que Gisulf reparte vers ses domaines.[12][13]

Cette intervention diplomatique, sans victoire militaire, est l'un des actes les plus catholiques de tout le pontificat. Elle inscrit dans les faits une conviction qui traversera ensuite des siècles d'histoire pontificale : la libération d'un captif est, pour le successeur de Pierre, une raison suffisante d'agir, et l'argent du Siège romain est d'abord un trésor pour les pauvres et les prisonniers, pas un trésor de prestige.

Le pape qui restaure Wilfrid d'York

En 704, un évêque âgé arrive à Rome venant d'York. Il s'appelle Wilfrid — l'un des plus grands organisateurs de l'Église anglaise, déjà passé par Rome deux fois auparavant. Il a été à nouveau expulsé de son siège par un synode anglais réuni à Austerfield vers 702, sous l'autorité de l'archevêque Berhtwald de Canterbury.[14][15] Wilfrid en appelle au pape. Jean VI convoque un synode romain de plusieurs mois, qui examine la cause dans une assemblée d'évêques parlant grec — une gêne pour l'appelant northumbrien, qui ne comprend pas cette langue, selon le récit d'Eddius.[16][17]

Le synode tranche en faveur de Wilfrid. Jean VI le renvoie en Angleterre avec des lettres pour les rois Æthelred de Mercie et Aldfrith de Northumbrie, ainsi que pour l'archevêque Berhtwald, exigeant la convocation d'un nouveau synode anglais et la restauration de Wilfrid dans son évêché.[18][19] L'épisode est doublement décisif : il consacre la juridiction d'appel du Siège apostolique sur l'Église anglaise ; et il manifeste la solidité de la communion universelle entre York, Canterbury et Rome, jusque dans le récit d'Eddius sur les débats menés en grec devant l'appelant northumbrien.[20]

Le pape et le dossier des Alpes Cottiennes

Le quatrième dossier majeur prolonge le précédent par sa logique : récupérer ce qui appartient à l'Église. Le patrimoine pontifical des Alpes Cottiennes — bande de territoires à cheval sur les Alpes occidentales — avait été confisqué par les Lombards lors des expansions du VIIᵉ siècle. Le roi lombard Aripert II (701-712) cherche à entretenir de bonnes relations avec la papauté.[21][22] C'est sous Jean VII que la donation est attestée : la Catholic Encyclopedia lui attribue la récupération des patrimoines pontificaux des Alpes Cottiennes, confisqués par les Lombards.[23]

« Il recouvra du roi lombard Aripert II les patrimoines pontificaux des Alpes Cottiennes, que les Lombards avaient confisqués. » — Catholic Encyclopedia, notice du pape Jean VII (traduit de l'anglais)[24]

Pour le lecteur moderne, cet épisode peut sembler technique. Il est en réalité un signe avant-coureur : le pouvoir lombard, malgré ses raids, commence à reconnaître juridiquement une propriété d'Église dans la péninsule. Cette logique conduira, un demi-siècle plus tard, à la donation de Pépin (754-756) puis à la naissance des États pontificaux. Jean VI n'en pose pas la pierre fondatrice : tout au plus son pontificat en esquisse-t-il l'idée — simple hypothèse, aucun acte de restitution n'étant attesté sous son nom.

Sources et chronologie

La fiche du Saint-Siège

La page biographique officielle du Saint-Siège donne trois repères très sobres : 85ᵉ pape, début du pontificat le 30 octobre 701, fin le 11 janvier 705, origine grecque.[25] Aucune date précise de naissance n'est fournie. La fiche officielle sert de repère canonique pour le numéro d'ordre et pour les dates de pontificat.

Le Liber Pontificalis

Page d'un manuscrit du Liber Pontificalis (XIᵉ siècle, nord de la France) — Bibliothèque nationale de France, via Wikimedia Commons (domaine public). C'est la notice 86 de ce recueil qui constitue l'unique source narrative romaine du pontificat de Jean VI ; l'épisode de Wilfrid est éclairé en outre par Eddius et Bède.

La notice du Liber Pontificalis consacrée à Jean VI est l'unique source narrative romaine sur son gouvernement. Elle est brève. Elle rappelle son origine grecque, mentionne les dons faits à plusieurs basiliques romaines, raconte l'arrivée de l'exarque Théophylacte, l'invasion de Gisulf, et conclut sur la mort et la sépulture à Saint-Pierre.[26] Comme pour tous les papes du haut Moyen Âge, l'édition critique de référence reste celle de Louis Duchesne, vol. 1 (1886) ; la traduction anglaise utilisée est celle de Raymond Davis, The Book of Pontiffs, Liverpool University Press, 1989, qui couvre les notices jusqu'en 715 et inclut donc Jean VI.[27]

« Ioannes, natione Graecus. » — Liber Pontificalis, premier mot de la notice de Jean VI[28]

Les vies de saint Wilfrid

Les épisodes liés à Wilfrid sont éclairés par deux récits anglo-latins. Le premier est la Vita Wilfridi d'Étienne de Ripon (Eddius Stephanus), disciple de Wilfrid, qui rapporte l'appel romain et l'embarras du saint face à la langue grecque parlée par les évêques convoqués par Jean VI.[29] Le second est le livre V, chapitre 19 de l'Histoire ecclésiastique du peuple anglais de Bède le Vénérable, achevée en 731, qui résume avec une grande sobriété la décision pontificale.[30]

Les synthèses modernes

Trois ouvrages dominent les recherches contemporaines :

  • Horace K. Mann, The Lives of the Popes in the Early Middle Ages, vol. 1, partie 2 (Londres, Kegan Paul, 1902) — point d'appui de la notice signée par Mann dans la Catholic Encyclopedia (1910).[31]
  • Andrew J. Ekonomou, Byzantine Rome and the Greek Popes : Eastern Influences on Rome and the Papacy from Gregory the Great to Zacharias, A.D. 590-752 (Lexington Books, 2007) — synthèse de référence pour la séquence des papes grecs des VIIᵉ-VIIIᵉ siècles.[32]
  • Ottorino Bertolini, Roma di fronte a Bisanzio e ai Longobardi (Bologne, Cappelli, 1941) — référence italienne pour les relations entre Rome, exarchat et duchés lombards.[33]

Le tableau ci-dessous récapitule les repères chronologiques du pontificat, de la mort de saint Serge I au retour de Justinien II, en indiquant pour chaque jalon la source ancienne ou officielle qui l'établit.

RepèreDateSource principale
Mort de saint Serge I8 septembre 701Liber Pontificalis, notice 85
Élection et consécration de Jean VI30 octobre 701Fiche officielle du Saint-Siège
Sédition contre l'exarque Théophylactehiver 701-702Liber Pontificalis, notice 86
Invasion de Gisulf I en Campanie702-705Liber Pontificalis ; Mann, 1902
Appel de Wilfrid d'York à Romeautomne 703-été 704Eddius Stephanus, Vita Wilfridi
Synode romain sur Wilfrid704 (plusieurs mois)Eddius Stephanus ; Bède, HE V, 19
Dossier des Alpes Cottiennes avec Aripert IIhypothèse, non datée (restitution attestée sous Jean VII)Catholic Encyclopedia (notice Jean VII)
Mort de Jean VI à Rome11 janvier 705Fiche officielle du Saint-Siège ; Liber Pontificalis
Élection de Jean VII1ᵉʳ mars 705Liber Pontificalis, notice 87
Retour de Justinien II sur le trône byzantinaoût 705Chroniques byzantines (Théophane le Confesseur)

Avant le pontificat : la Rome grecque de la fin du VIIᵉ siècle

Une succession presque ininterrompue de papes orientaux

Santa Maria Antiqua, au pied du Palatin à Rome : l'église la plus emblématique de la Rome grecque des VIIᵉ-VIIIᵉ siècles, couverte de fresques byzantines. Elle illustre le milieu liturgique oriental dans lequel se forme un pape grec comme Jean VI. Photo via Wikimedia Commons.

Depuis l'élection du pape Agathon en 678, le siège romain est tenu, à de très rares exceptions près, par des papes orientaux — Grecs d'Anatolie, de Sicile, de Calabre, de Syrie ou du Levant chrétien. Andrew Ekonomou a parlé d'une "succession presque ininterrompue de pontifes orientaux s'étendant sur les trois quarts du siècle suivant".[34] Jean VI s'inscrit dans cette série, entre saint Serge I (famille syrienne d'Antioche, formé en Sicile selon la tradition[35]) et Jean VII (grec, fils de Plato[36]).

Cette orientalisation n'est pas une "captivité byzantine" de la papauté, malgré une vieille interprétation latine. C'est d'abord le résultat de mouvements de population : la conquête arabe a déplacé des milliers de moines et de clercs syriens, palestiniens et égyptiens vers l'Italie ; la pression musulmane sur l'Asie Mineure pousse également vers Rome des familles d'Orient et d'autres cités. Le clergé romain devient bilingue ; les monastères grecs se multiplient sur les sept collines.[37]

Le sens d'un pape grec

Le futur Jean VI appartient à cette Église grecque ancienne et profondément mariale qui, depuis le concile œcuménique de 431 (concile d'Éphèse), a défini Marie comme Theotokos contre Nestorius. C'est dans la culture liturgique et théologique de l'Orient chrétien — celle-là même qui avait défendu la divinité du Christ et la maternité divine de Marie — qu'un pape grec du début du VIIIᵉ siècle a été formé.

Cette mémoire n'est pas anecdotique pour notre dossier. Quand Wilfrid d'York entend les évêques romains débattre en grec autour de lui en 704, il découvre concrètement que le siège de Pierre, à Rome, est servi par des prêtres formés dans la culture liturgique et théologique de l'Orient chrétien — celle-là même qui avait défendu la divinité du Christ contre Arius et la maternité divine de Marie contre Nestorius.

Diacre romain avant l'élection

Les sources ne précisent pas la charge exacte que Jean VI occupait à la curie avant le 30 octobre 701. La notice de la Catholic Encyclopedia indique seulement qu'il était présent comme clerc à Rome et qu'il fut élevé au pontificat à la mort de Serge I.[38] Les Lives of the Popes de Mann reprennent cette information avec prudence, en l'absence de témoignage primaire. Plusieurs notices secondaires modernes le présentent comme diacre à Rome ; mais cette qualification, possible, ne repose sur aucune mention conservée dans le Liber Pontificalis ni dans les lettres papales du temps.

Dans cette incertitude, le seul fait sûr est la continuité du clergé romain grec. Un clerc grec élevé au pontificat à Rome en quelques semaines après la mort de son prédécesseur suppose un cursus déjà long au service du Latran.

L'élection de l'automne 701

Après saint Serge I

Saint Serge I meurt à Rome le 8 septembre 701, après quatorze ans de pontificat. Il avait été un pape d'autorité — voir l'article Pape saint Serge I pour son refus des canons du Quinisexte et ses apports liturgiques. Sa mort laisse Rome dans un état de paix relative avec Constantinople, où Tibère III Apsimar règne désormais à la place de Justinien II déposé en 695.

Une vacance brève

La vacance dure environ sept semaines et demie — 52 jours entre le 8 septembre et le 30 octobre 701.[39] La consécration de Jean VI peut donc avoir lieu le 30 octobre 701, sans long délai diplomatique.[40] Cette autonomie pratique est l'un des éléments-clés qui rendent possible, quelques semaines plus tard, l'épisode de l'exarque Théophylacte.

Un pape grec acceptable pour tous

L'élection elle-même semble paisible. Jean VI n'arrive ni comme un candidat de cour byzantine, ni comme un champion d'opposition. Sa qualité de clerc romain d'origine grecque correspond exactement au profil dominant de la curie de l'époque ; ses qualités personnelles lui permettent, dès les premiers mois, d'apaiser une crise grave entre l'exarque et les milices italiennes.

L'affaire de l'exarque Théophylacte

Pourquoi Tibère III envoie son exarque à Rome

Solidus d'or de Justinien II, empereur byzantin déposé en 695. C'est sous l'usurpateur Tibère III Apsimar que l'exarque Théophylacte fut envoyé à Rome ; le retour de Justinien II au pouvoir, sept mois après la mort de Jean VI, rouvrira la pression impériale sur Rome. Monnaie via Wikimedia Commons (domaine public).

La présence inhabituelle de l'exarque à Rome — sa résidence normale est Ravenne — est probablement liée à l'élection même de Jean VI. Selon une hypothèse ancienne — notice de l'Encyclopædia Britannica de 1911 reprise par Wikipédia —, l'empereur Tibère III Apsimar, désapprouvant l'élection romaine, aurait envoyé l'exarque Théophylacte depuis la Sicile pour faire pression sur le nouveau pape, voire pour préparer sa déposition ; interprétation non corroborée par les synthèses modernes.[41] L'épisode rappelle directement les humiliations infligées un demi-siècle plus tôt à saint Martin I, arrêté à Rome en 653, déporté à Constantinople, jugé et exilé en Crimée par Constant II.

L'arrivée à Rome et la mobilisation des milices

À peine Théophylacte arrive-t-il à Rome que les milices urbaines de toute l'Italie — l'exercitus Italiae, ces troupes locales qui forment la base de la défense byzantine en péninsule — convergent vers la Ville. Elles campent hors les murs et manifestent une hostilité ouverte envers l'exarque. Le souvenir du sort de Martin I est encore vif. La rumeur veut, selon plusieurs notices anciennes, que les soldats réclament la livraison de certains délateurs qui auraient incité l'empereur contre le pape.[42]

L'intervention du pape : prêtres et apaisement

Jean VI ne désigne pas les délateurs. Il ne livre personne. Il fait exactement le geste que l'on attend d'un évêque catholique au sens fort : il envoie un groupe de prêtres au-devant des milices pour leur parler, les calmer, et obtenir leur dispersion. La sédition retombe sans massacre. L'exarque est sauvé.

« Ne souffrant pas que le sang fût répandu, le très saint pape envoya un certain nombre de prêtres, et il réussit à les pacifier. » — Liber Pontificalis, notice de Jean VI, paraphrase de Mann (1902)[43]

Que sauve Jean VI : la vie d'un exarque et la paix de Rome

Ce qui se joue dans cet épisode dépasse la personne de Théophylacte. Si l'armée d'Italie avait lynché l'exarque sous les murs de Rome, les représailles impériales auraient été immédiates. La péninsule aurait probablement vu se rouvrir la séquence ouverte cinquante ans plus tôt contre Martin I. Jean VI évite ce scénario en moins de quelques jours. Andrew Ekonomou souligne que cette intervention modifie discrètement le rapport entre Rome et Constantinople : c'est désormais le pape qui défend, à titre moral, un haut fonctionnaire impérial contre la sédition locale ; pas l'inverse.[44]

Cette inversion symbolique restera. Quelques décennies plus tard, le pape Grégoire II refusera ouvertement à l'empereur Léon III l'Isaurien l'application des édits iconoclastes. La trajectoire qui rend cette résistance possible commence en partie sous Jean VI : le pape devient, à Rome, l'unique autorité capable de tenir ensemble la milice italienne, le clergé latin et grec, et le représentant impérial.

L'invasion de Gisulf I de Bénévent

Le duché lombard de Bénévent en 702-705

Le duché de Bénévent, fondé à la fin du VIᵉ siècle, est l'un des deux grands duchés lombards méridionaux avec celui de Spolète. Il jouit d'une autonomie large par rapport au roi lombard installé à Pavie. Gisulf I y règne probablement à partir de 689 et jusqu'à environ 706.[45] Sa politique extérieure consiste à étendre méthodiquement le territoire bénéventain vers l'ouest et le sud, aux dépens des territoires byzantins encore tenus par Naples et par le duché romain.

La prise de Sora, Arpino, Arce et la marche jusqu'à Horrea

Pendant la crise romaine provoquée par l'exarque Théophylacte, ou très peu après, Gisulf passe à l'offensive. Il prend successivement les places frontières de Sora, Arpino et Arce, dans le sud du Latium actuel. Il pousse jusqu'à Horrea — que la Catholic Encyclopedia situe soit à Pouzzoles (Horrea Puteoli), soit au fundus Horrea de la Via Latina[46] —, pille, brûle, et capture une population nombreuse.[47][48] La frontière romaine recule de plusieurs dizaines de kilomètres.

La diplomatie pontificale : prêtres, argent, captifs

Jean VI n'a pas d'armée. L'exarchat de Ravenne est lointain et l'armée d'Italie vient à peine de se disperser après l'affaire Théophylacte. Le pape envoie alors dans le camp lombard une délégation de prêtres munis d'argent. Ces prêtres rachètent les captifs que Gisulf a emmenés, et persuadent le duc de regagner ses domaines.[49][50]

« Affligé des souffrances du peuple, le pape Jean envoya un certain nombre de prêtres munis d'argent dans le camp du duc lombard, pour racheter tous les captifs que Gisulf avait pris. » — Horace K. Mann, The Lives of the Popes in the Early Middle Ages, vol. 1, partie 2, 1902, paraphrase d'Ekonomou[51]

Pourquoi cette intervention compte

L'épisode est l'un des plus précieux que les sources nous aient conservés sur la pratique pontificale du temps. Il n'y a pas de bataille, pas de croisade anticipée, pas de menace d'anathème — il y a une œuvre de miséricorde corporelle au sens classique : racheter les captifs, l'une des sept œuvres de miséricorde corporelle selon la tradition.

Le pape catholique fait, par les moyens disponibles, ce que les fonctionnaires impériaux ne savent ou ne peuvent plus faire. Ce trait deviendra l'une des justifications les plus durables du temporel pontifical : assurer l'ordre minimal qui rend possible la vie chrétienne ordinaire en Italie. Jean VI n'a aucune théorie politique élaborée ; il agit selon ce qu'exige la charité, et il ouvre, sans le formuler, le sillon que les papes du VIIIᵉ siècle approfondiront.

Wilfrid d'York et le synode romain de 704

Qui est saint Wilfrid d'York ?

Saint Wilfrid d'York (vers 633-709), vitrail. Trois fois contesté sur son siège, il fait appel à Rome en 704 ; Jean VI réunit pour sa cause un synode de plusieurs mois, aux débats menés en grec. Vitrail via Wikimedia Commons.

Wilfrid (vers 633-709) est l'un des grands évêques anglais du VIIᵉ siècle. Formé à Lindisfarne puis envoyé en formation à Rome, il a été le défenseur le plus efficace, lors du synode de Whitby en 664, de la pratique romaine du comput de Pâques contre la tradition celte. Évêque d'York à plusieurs reprises, fondateur d'abbayes (Ripon, Hexham), il a été chassé une première fois de son siège par le roi Egfrid en 678, et a alors fait son premier voyage à Rome pour y appeler — appel reçu favorablement par le pape Agathon.[52][53]

L'appel après le synode d'Austerfield (702)

À la fin du VIIᵉ siècle, Wilfrid est de nouveau évêque. Mais l'archevêque Berhtwald de Canterbury, soutenu par le roi Aldfrith de Northumbrie et par les évêques Bosa d'York et Jean de Beverley (alors évêque d'Hexham), convoque vers 702 le synode d'Austerfield, qui confirme son éviction du siège d'York. Wilfrid, déjà âgé, choisit alors de partir une troisième et dernière fois à Rome. C'est le pape Jean VI qu'il y trouve, vingt-cinq ans après son premier appel, reçu favorablement par le pape Agathon en 679.[54][55]

Un synode romain de plusieurs mois

Jean VI ne tranche pas par décret expéditif. Il convoque un véritable synode romain, qui examine l'affaire pendant plusieurs mois au cours de l'année 704. L'assemblée est essentiellement composée d'évêques grécophones, signe direct de l'orientalisation déjà décrite du clergé romain de l'époque. Le détail est rapporté par Eddius Stephanus dans la Vita Wilfridi, chapitres 46 et suivants (édition Colgrave), avec un mélange d'admiration et de gêne : Wilfrid se découvre incapable de suivre des délibérations menées en grec, langue qu'il ne maîtrise pas.[56][57]

La sentence : acquittement et lettres aux rois anglais

À l'issue du synode, l'assemblée juge à l'unanimité que les accusateurs ont en partie porté de fausses accusations contre Wilfrid, et Jean VI s'engage à écrire aux rois des Anglais — Æthelred de Mercie et Aldfrith de Northumbrie — pour le faire restaurer dans son évêché[58] : il confirme ainsi les décisions déjà rendues en sa faveur par ses prédécesseurs.[59] La sentence ne s'exécute pas d'elle-même : renvoyée en Angleterre avec les lettres pontificales, elle n'est obéie que l'année suivante[60], au terme d'un nouveau règlement anglais.

Le résultat sera obtenu après un délai supplémentaire. Au synode de Nidd en 706, sous le successeur de Jean VI, Wilfrid est partiellement réinstallé : il récupère Ripon et Hexham, et reste évêque jusqu'à sa mort en 709, sans cependant retrouver York à proprement parler.

Berhtwald de Canterbury et le pallium

Au même moment, Jean VI confirme à Berhtwald son archevêché de Canterbury. Berhtwald avait été consacré en 693 par le métropolitain de Lyon, mais l'envoi du pallium romain — symbole de la communion plénière avec le siège de Pierre et de l'exercice des fonctions métropolitaines — devait venir de Rome.[61][62] L'acte n'efface pas la décision en faveur de Wilfrid ; il l'encadre : la primauté d'appel romain ne supprime pas la structure métropolitaine ordinaire de l'Église anglaise. Elle la purifie quand celle-ci a manqué de justice.

Aripert II et la restitution des Alpes Cottiennes

Le patrimoine pontifical en Italie du Nord

La Couronne de fer des Lombards, insigne de la royauté lombarde conservé à Monza. Le roi Aripert II (701-712) entretint de bonnes relations avec la papauté ; la restitution du patrimoine pontifical des Alpes Cottiennes n'est toutefois attestée que sous Jean VII, successeur de Jean VI. Photo via Wikimedia Commons.

Le patrimoine de Saint-Pierre désigne, depuis le VIᵉ siècle, l'ensemble des domaines fonciers possédés par l'Église romaine en Italie et hors d'Italie. Une partie importante de ce patrimoine se trouvait dans les Alpes Cottiennes — région à cheval sur les Alpes occidentales, entre l'actuel Piémont et les vallées dauphinoises. Au cours des conquêtes lombardes du VIIᵉ siècle, cette zone passe sous contrôle lombard et le patrimoine est concrètement confisqué.

Aripert II, un Lombard ami de la papauté

Le roi Aripert II règne sur les Lombards de 701 à 712. Il appartient à la branche bavaro-lombarde des descendants d'Agilolf. Il poursuit une politique de rapprochement avec la papauté.[63]

Les négociations sous Jean VI

L'acte de restitution n'est pas attesté sous Jean VI : la Catholic Encyclopedia attribue la réception définitive des patrimoines au successeur, Jean VII.[64] La notice d'Encyclopedia.com confirme que la signature définitive de la donation appartient au pontificat de Jean VII.[65]

La distinction est précieuse : seule la réception sous Jean VII est établie par les sources vérifiées ; un accord préparatoire conclu sous Jean VI reste une hypothèse, non un fait attesté. Les deux pontificats sont presque contemporains, le second succédant au premier après une vacance de moins de deux mois.

Le gouvernement quotidien de l'Église romaine

Les ordinations

Le Liber Pontificalis indique que Jean VI procéda à un certain nombre d'ordinations d'évêques, de prêtres et de diacres pendant son court pontificat. Le détail chiffré dépend des manuscrits ; les notices d'Encyclopedia.com et de la Catholic Encyclopedia relèvent que sa production sacramentelle, sans être considérable, correspond au rythme normal d'un pape qui ne passe pas tout son temps en déplacement ou en concile.[66][67]

Les œuvres matérielles à Rome

Comme la plupart des papes byzantins, Jean VI est crédité par le Liber Pontificalis de dons à des basiliques romaines.[68] Le détail précis avancé par certaines notices modernes — nouvel ambon à Saint-André, drap d'autel à San Marco, voiles à San Paolo-hors-les-Murs — ne se retrouve pas dans la synthèse de Mann pour la Catholic Encyclopedia et ne peut être maintenu en l'état.[69]

Ces œuvres ne sont pas spectaculaires. Elles signalent en revanche une continuité liturgique que le pontificat n'interrompt pas : malgré la sédition de Théophylacte, l'invasion de Gisulf, le synode de Wilfrid et la négociation lombarde, le gouvernement ordinaire des basiliques romaines, des sacrements et des ordinations se poursuit.

Une administration discrète

Aucun grand corpus de lettres papales de Jean VI ne nous est parvenu. Cette discrétion documentaire contraste avec les pontificats de Grégoire le Grand (presque 900 lettres conservées) ou plus tard de Grégoire II. Elle n'autorise pas à conclure que Jean VI n'a pas écrit ; elle indique seulement que les archives n'ont pas conservé sa correspondance, à l'exception possible des lettres aux rois Æthelred et Aldfrith et à Berhtwald au sujet de Wilfrid, qui n'existent plus que par mention dans les vies anglo-saxonnes.[70]

Mort, sépulture et succession

11 janvier 705

Reconstitution de l'ancienne basilique constantinienne de Saint-Pierre, démolie à la Renaissance. C'est là que Jean VI fut inhumé en janvier 705, près du tombeau de l'apôtre. Gravure via Wikimedia Commons (domaine public).

Jean VI meurt à Rome le 11 janvier 705.[71] La fiche du Saint-Siège donne la date sans préciser la cause ; aucun récit ancien ne mentionne ni martyre, ni maladie célèbre.[72]

Enseveli à Saint-Pierre

Selon le Liber Pontificalis, il est inhumé dans la vieille basilique constantinienne de Saint-Pierre, à proximité immédiate du tombeau de l'apôtre.[73] La sépulture ne fera pas l'objet d'un culte particulier dans les siècles suivants ; Jean VI ne sera pas inscrit au calendrier liturgique romain.

Jean VII et le retour de Justinien II

Le siège reste vacant moins de deux mois. Le 1ᵉʳ mars 705, le grec Jean VII est élu et consacré. Sept mois plus tard, Justinien II, l'empereur byzantin renversé en 695 puis exilé, reprend le trône de Constantinople grâce à une alliance avec le khan bulgare Tervel et fait exécuter Tibère III Apsimar.[74][75] L'épisode du retour de Justinien II marque la fin de la période ouverte par la déposition de 695 et plonge l'Église romaine, sous Jean VII, dans une nouvelle pression impériale, en particulier sur la réception des canons du concile Quinisexte.

Jean VI échappe à cette pression. Mort en janvier 705, il n'aura pas eu à répondre à un Justinien II revenu au pouvoir. Cette discrétion historique contribue, paradoxalement, à donner à son pontificat sa lisibilité catholique : pas de drame doctrinal, pas de conflit personnel avec un empereur, mais quatre dossiers concrets traités à temps.

Jean VI dans l'histoire de la papauté

Un pape sans drame doctrinal majeur

Jean VI n'a pas convoqué de concile, n'a pas défini de dogme, n'a pas affronté d'hérésie nouvelle. À ce titre, son pontificat se distingue de ceux de Léon le Grand, de saint Grégoire le Grand, de saint Martin I ou des grands papes carolingiens. Cette absence d'éclat doctrinal est un fait, non un déficit : la mission catholique de l'évêque de Rome n'est pas seulement de définir, elle est aussi de protéger, libérer, juger, restaurer.

Mais un pape qui montre l'autorité morale du Siège

Sur les quatre grands dossiers de son pontificat, Jean VI agit sans force armée, sans bénéfice de territoire libre, et avec une autorité morale qui suffit à apaiser une mutinerie militaire, à racheter des captifs lombards, à restaurer un évêque northumbrien, et à préparer une donation territoriale lombarde. Cette quadruple intervention donne, à vingt ans près, une image en miniature de ce que sera la papauté médiévale à l'œuvre : arbitrage moral européen, charité concrète, défense des évêques contre les pressions politiques locales, gestion patrimoniale ferme mais sans cynisme.

Un pape grec dans une Rome encore byzantine

Le pontificat de Jean VI est, enfin, un point de bascule discret. Il est l'un des derniers où la Rome grecque s'identifie encore largement à la Rome byzantine : sept mois après sa mort, Justinien II revient au pouvoir et impose ses exigences à Jean VII. Quinze ans plus tard, Grégoire II, premier pape de langue latine après cette longue série orientale — avant un dernier pape oriental, le Syrien Grégoire III —, refusera ouvertement à Léon III l'Isaurien l'application des édits iconoclastes ; le divorce politique entre Rome et Byzance commencera. Vue de loin, l'œuvre apaisante de Jean VI prend alors un autre sens : la papauté grecque y atteint son point d'équilibre — capable de protéger l'exarque impérial sans rien céder de sa juridiction propre.

« Cette période, entre 701 et 750, voit les Grecs surpasser les Latins de près de trois et demi pour un dans le clergé romain. » — Andrew J. Ekonomou, Byzantine Rome and the Greek Popes, 2007, paraphrase[76]

Pour aller plus loin

Notes et sources

Notes et références

  1. Pape Jean VI, fiche biographique officielle du Saint-Siège (vatican.va), section Holy Father — Giovanni VI. Données : 85ᵉ pape, Greco, début du pontificat 30 octobre 701, mort 11 janvier 705.

    1 25 40 71 72
  2. Horace K. Mann, "Pope John VI", The Catholic Encyclopedia, vol. 8, Robert Appleton Company, New York, 1910 (newadvent.org/cathen/08423a.htm). Synthèse appuyée sur le Liber Pontificalis, sur les Lives of the Popes in the Early Middle Ages du même Mann (vol. 1, partie 2, 1902) et sur les Regesta Pontificum Romanorum de Philippe Jaffé.

    2 7 8 10 12 31 38 42 43 46 48 49 59 60 61 66 69
  3. Pope John VI, article Wikipedia en anglais, version consultée en 2026 : infobox indiquant naissance à Éphèse en 655. Donnée tertiaire sans source ancienne ; contredite par la Catholic Encyclopedia (« the date of whose birth is unknown ») et non portée par le Liber Pontificalis (natione Graecus seulement).

    3
  4. Andrew J. Ekonomou, Byzantine Rome and the Greek Popes : Eastern Influences on Rome and the Papacy from Gregory the Great to Zacharias, A.D. 590-752, Lexington Books, Lanham, 2007, particulièrement p. 245-248 et p. 270, ISBN 978-0739119778.

    4 32 34 37 39 76
  5. Horace K. Mann, "Pope John VII", The Catholic Encyclopedia, vol. 8, Robert Appleton Company, New York, 1910 (newadvent.org/cathen/08423b.htm) : "He received back from the Lombard King Aripert II the papal patrimonies in the Cottian Alps, which the Lombards had confiscated". Aucune mention d'un diplôme en lettres d'or dans cette notice ; la restitution y est attribuée au seul Jean VII, non à Jean VI.

    5 23 24 64
  6. Liber Pontificalis, notice 86 (Jean VI), édition critique L. Duchesne, Le Liber Pontificalis : texte, introduction et commentaire, vol. 1, Paris, Thorin, 1886. Traduction anglaise R. Davis, The Book of Pontiffs (Liber Pontificalis), Liverpool University Press, 1989 (voir note davis-1989). La traduction Loomis (1916) s'arrête au pontificat de Grégoire I et ne couvre donc pas Jean VI.

    6 26 28 68 73
  7. A. J. Ekonomou, Byzantine Rome and the Greek Popes, op. cit., p. 246, sur l'envoi de l'exarque Théophylacte par l'empereur Tibère III et l'intervention pacificatrice de Jean VI auprès des milices italiennes.

    9 44
  8. Gisulf I of Benevento, article Wikipedia, version consultée en 2026 (donnée tertiaire), citant H. Hodgkin, Italy and Her Invaders, vol. 6, Clarendon Press, Oxford, 1916, pour la prise de Sora, Arpino et Arce et la marche jusqu'à Horrea.

    11 45 47
  9. A. J. Ekonomou, Byzantine Rome and the Greek Popes, op. cit., p. 248. Reprise du Liber Pontificalis et de H. K. Mann, The Lives of the Popes in the Early Middle Ages, vol. 1, partie 2, Kegan Paul, Trench, Trübner & Co., Londres, 1902.

    13 50 51
  10. Wilfrid, article Wikipedia, version consultée en 2026 (donnée tertiaire), citant Eddius Stephanus, Vita Wilfridi, et Bède le Vénérable, Historia Ecclesiastica gentis Anglorum, V, 19, pour l'appel romain de 704 et l'embarras devant la langue grecque du synode pontifical.

    14 53 54
  11. Catholic Encyclopedia, notice St. Wilfrid, vol. 15, Robert Appleton Company, New York, 1912 (newadvent.org/cathen/15621c.htm). Confirme le troisième voyage romain de Wilfrid en 704 et le rôle subsidiaire de Berhtwald de Canterbury dans la mise en œuvre de la décision pontificale.

    15 52 55 70
  12. Eddius Stephanus (Étienne de Ripon), Vita sancti Wilfridi episcopi Eboracensis, vers 720, édition critique Bertram Colgrave, The Life of Bishop Wilfrid by Eddius Stephanus, Cambridge University Press, 1927 (réimpr. 1985), ISBN 978-0521314008.

    16 20 29 56
  13. A. J. Ekonomou, Byzantine Rome and the Greek Popes, op. cit., p. 245, sur le synode romain de 704 et l'usage du grec par les évêques convoqués pour examiner la cause de Wilfrid.

    17 57
  14. Bède le Vénérable, Historia Ecclesiastica gentis Anglorum, livre V, chapitre 19, achevée en 731. Édition de référence Colgrave et Mynors, Bede's Ecclesiastical History of the English People, Oxford Medieval Texts, Clarendon Press, 1969.

    18 30 58
  15. John VI, Pope, New Catholic Encyclopedia, repris par Encyclopedia.com (encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/john-vi-pope). Bibliographie : Liber Pontificalis, éd. L. Duchesne ; Regesta Pontificum Romanorum, éd. Ph. Jaffé ; H. K. Mann, The Lives of the Popes in the Early Middle Ages ; O. Bertolini, Roma di fronte a Bisanzio e ai Longobardi, 1941 ; J. Haller, Das Papsttum ; F. X. Seppelt, Geschichte der Päpste.

    19 22 62 67
  16. Aripert II, article Wikipedia, version consultée en 2026 (donnée tertiaire), sur la donation de "vastes étendues de terre dans les Alpes Cottiennes au Saint-Siège" et l'amitié entretenue avec Jean VI.

    21 63
  17. Raymond Davis (trad.), The Book of Pontiffs (Liber Pontificalis) : The Ancient Biographies of the First Ninety Roman Bishops to AD 715, Liverpool University Press, Liverpool, 1989 (Translated Texts for Historians, Latin Series 5). Couvre les notices jusqu'en 715 et inclut donc Jean VI (85e pape, 701-705).

    27
  18. Ottorino Bertolini, Roma di fronte a Bisanzio e ai Longobardi, Cappelli, Bologne, 1941. Référence italienne classique pour les relations entre Rome, l'exarchat de Ravenne et les duchés lombards aux VIIᵉ et VIIIᵉ siècles ; reste l'une des bases académiques de toute notice moderne sur Jean VI.

    33
  19. Horace Mann, "Pope St. Sergius I", The Catholic Encyclopedia, vol. 13, Robert Appleton Company, New York, 1912 (newadvent.org/cathen/13728b.htm) : origine antiochienne, éducation en Sicile.

    35
  20. Liber Pontificalis, notice 87 (Jean VII), édition critique L. Duchesne, Le Liber Pontificalis : texte, introduction et commentaire, vol. 1, Paris, Thorin, 1886 : Jean VII y est dit Grec, fils de Plato.

    36
  21. John VI, Encyclopædia Britannica, 11ᵉ édition, Hugh Chisholm (éd.), Cambridge University Press, 1911, vol. 15, p. 434. Source de l'interprétation selon laquelle Tibère III, désapprouvant l'élection romaine, aurait envoyé Théophylacte pour procurer la déposition du pape.

    41
  22. John VII, Pope, Encyclopedia.com (encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/john-vii-pope) : "received back from the Lombard King Aripert II the papal patrimonies in the Cottian Alps". Confirme que la signature définitive de la donation appartient au pontificat de Jean VII.

    65
  23. Récit usuel de la reconquête du trône byzantin par Justinien II en août 705 grâce à l'alliance avec le khan bulgare Tervel, et exécution des usurpateurs Léonce et Tibère III. Source ancienne : Théophane le Confesseur, Chronographia ; relais modernes consultés : World History Encyclopedia et 705 — AD, article Wikipedia (version consultée en 2026, données tertiaires).

    74
  24. Justinian II, notice tertiaire OrthodoxWiki (orthodoxwiki.org/Justinian_II, à lire avec réserve). Données sur le second règne (705-711), la déposition du patriarche Kallinikos I et la dernière visite papale à Constantinople par Constantin Ier en 710.

    75