La Présentation du Seigneur, fêtée le 2 février, fait mémoire du jour où Marie et Joseph portèrent l'Enfant Jésus au Temple de Jérusalem, quarante jours après sa naissance, « pour le présenter au Seigneur » (Lc 2, 22). Le vieillard Syméon le reçut dans ses bras et le salua comme la « lumière qui se révèle aux nations » (Lc 2, 32), tandis que la prophétesse Anne parlait de l'enfant « à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem » (Lc 2, 38)[1]. Selon l'aspect du mystère que l'on regarde, la fête s'appelle aussi Purification de la Vierge Marie, Hypapante — la « Rencontre », en grec — ou, dans la langue populaire, Chandeleur, la fête des chandelles.
C'est l'une des plus anciennes fêtes du calendrier chrétien. La pèlerine Égérie la vit célébrer à Jérusalem vers 384, « le quarantième jour après l'Épiphanie », avec procession, prédication et eucharistie, « comme à Pâques »[2]. Rome l'adopta au VIIᵉ siècle sous son nom grec[3]. Depuis la réforme du calendrier romain promulguée en 1969, elle porte le titre de Présentation du Seigneur, pour qu'on comprenne plus clairement « qu'il s'agit d'une fête du Seigneur »[4] ; à ce titre, elle l'emporte sur un dimanche du temps ordinaire[5].
Sa liturgie s'ouvre par la bénédiction des cierges et une procession de lumière qui reprend le cantique de Syméon[6]. Depuis 1997, le 2 février est aussi la Journée mondiale de la vie consacrée, voulue par saint Jean-Paul II[7]. Le Catéchisme résume le sens de la fête : « Avec Siméon et Anne c'est toute l'attente d'Israël qui vient à la rencontre de son Sauveur », et le glaive annoncé à Marie « annonce cette autre oblation, parfaite et unique, de la Croix »[8].
Une fête, quatre noms : Présentation, Purification, Hypapante, Chandeleur
Peu de fêtes portent autant de noms que celle du 2 février. Aucun ne contredit les autres : chacun éclaire une facette du même récit de saint Luc. Le tableau suivant rassemble ces quatre noms, la langue d'où ils viennent et l'aspect du mystère que chacun met au premier plan.
| Nom de la fête | Origine du nom | Ce que le nom met en avant | Usage principal |
|---|---|---|---|
| Présentation du Seigneur | latin Praesentatio Domini, d'après Luc 2, 22 | l'offrande de Jésus au Père dans le Temple | titre du calendrier romain depuis 1970 |
| Purification de la Vierge Marie | latin Purificatio beatae Mariae Virginis, d'après Lévitique 12 | le rite de purification accompli par Marie | titre romain dominant jusqu'en 1969 |
| Hypapante | grec, « rencontre » | la rencontre du Seigneur avec Syméon et Anne, figures d'Israël | Orient chrétien ; nom reçu à Rome au VIIᵉ siècle |
| Chandeleur | français, de festa candelarum, « fête des chandelles » | les cierges bénits et la procession | usage populaire, attesté en français dès 1119 |
Ces quatre noms désignent un seul événement vu depuis l'Enfant qui est offert, depuis sa Mère qui accomplit la Loi, depuis ceux qui l'accueillent et depuis la liturgie qui le célèbre[9].
Présentation du Seigneur : le titre restitué en 1969
Le titre actuel date de la réforme du calendrier romain approuvée par saint Paul VI par le motu proprio Mysterii paschalis du 14 février 1969, entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 1970[10]. Le volume officiel du Calendarium Romanum le note sobrement, dans le commentaire rédigé par le Consilium chargé de la réforme : « Le titre de la fête de ce jour est changé : on dit "Présentation du Seigneur", pour que l'on comprenne plus clairement qu'il s'agit d'une fête du Seigneur »[11]. Le même commentaire précise que le Code des rubriques de 1960 avait déjà déclaré que cette célébration devait être tenue pour une fête du Seigneur, « en plein accord avec la tradition des Églises orientales »[12].
Saint Paul VI a lui-même expliqué ce choix dans l'exhortation Marialis cultus, qu'il data, ce n'est pas un hasard, du 2 février 1974, « en la fête de la Présentation du Seigneur »[13]. Le changement de nom ne retire rien à la Vierge : il replace sa part dans le mystère du Fils.
« La fête du 2 février, à laquelle a été restituée l'appellation "Présentation du Seigneur", doit également être présente à l'esprit, afin d'en recueillir la grande richesse. C'est une mémoire conjuguée du Fils et de la Mère, c'est-à-dire la célébration d'un mystère du salut opéré par le Christ, auquel la Vierge fut intimement unie en tant que Mère du Serviteur souffrant de Yahvé, en tant qu'exécutrice d'une mission qui appartenait à l'ancien Israël et en tant que figure du nouveau Peuple de Dieu. » — Saint Paul VI, Marialis cultus, n° 7, 2 février 1974[14]
Le mot « restituée » est exact : le plus ancien nom connu de la fête, à Jérusalem, ne mentionnait pas la purification mais comptait les jours depuis la naissance du Seigneur, et l'Orient n'a jamais cessé d'y voir une fête du Christ[15].
Purification de la Vierge Marie : le titre de la tradition latine
Le second nom vient de la première phrase du récit : « Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification » (Lc 2, 22). D'après la Catholic Encyclopedia, la fête apparaît déjà sous le titre de Purification de la bienheureuse Vierge Marie dans le sacramentaire gélasien, dont la tradition manuscrite remonte au VIIᵉ siècle[16] ; selon le commentaire du calendrier de 1969, ce sont les livres liturgiques occidentaux du Xᵉ siècle qui ont mis la purification de Marie au premier plan, au point qu'elle a donné son nom à la fête[17]. Au XIXᵉ siècle, Dom Guéranger constatait la différence des usages : « L'Église Grecque et l'Église de Milan mettent cette fête au nombre des solennités de Notre-Seigneur ; mais l'Église Romaine l'a toujours comptée entre les fêtes de la sainte Vierge », ajoutant aussitôt que la gloire du Fils, « loin d'être obscurcie par les honneurs que l'Église rend à la Mère, en reçoit un nouvel accroissement »[18]. La réforme de 1969 a donc aligné Rome sur l'Orient et sur Milan, sans rien renier de l'ancien titre.
Hypapante : la fête de la Rencontre
En grec, la fête s'appelle Hypapante, la « rencontre » : celle du Seigneur, porté par sa Mère, avec Syméon et Anne[19]. Rome a d'abord reçu la fête sous ce nom : la notice du pape Serge Iᵉʳ, à la fin du VIIᵉ siècle, parle de la fête « de saint Syméon, que les Grecs appellent Hypapante »[20]. Le Catéchisme reprend ce vocabulaire oriental en décrivant l'épisode comme la rencontre de toute l'attente d'Israël avec son Sauveur, en précisant que « la tradition byzantine appelle ainsi cet événement »[21]. Benoît XVI a résumé le passage de l'Orient à l'Occident :
« En Orient, cette fête était appelée Hypapante, fête de la rencontre : en effet, Siméon et Anne, qui rencontrent Jésus dans le Temple et reconnaissent en Lui le Messie tellement attendu, représentent l'humanité qui rencontre son Seigneur dans l'Église. Ensuite, cette fête s'est étendue également à l'Occident, développant surtout le symbole de la lumière, et la procession avec les chandelles, qui est à l'origine du terme "Chandeleur". » — Benoît XVI, homélie des vêpres de la Présentation du Seigneur, 2 février 2010[22]
L'Église arménienne garde la même idée dans le nom qu'elle donne à la fête, Tiarnundaraj, compris comme « venir à la rencontre du Seigneur »[23].
Chandeleur : la fête des chandelles
Le nom français est celui de la procession. Le Trésor de la langue française le fait venir du latin festa candelarum, « fête des chandelles », et en relève les premières attestations : chandelur en 1119 chez Philippe de Thaon, chandeleur en 1262 ; la fête, précise-t-il, « tire son nom des cierges bénits que l'on porte en procession »[24]. Dom Guéranger parlait des « cierges bénis au jour de la Chandeleur, car tel est le nom populaire de la fête de la Purification, emprunté à la cérémonie même »[25]. La signification chrétienne de ces cierges, que l'on retrouve à Pâques, aux baptêmes ou devant les autels, est présentée dans les articles Le symbolisme des cierges et Pourquoi allumer des cierges ? ; il suffit ici de retenir qu'au 2 février elle découle directement du cantique de Syméon.
Que rapporte l'Évangile selon saint Luc ?
L'épisode n'est raconté que par saint Luc (Lc 2, 22-40), juste après la circoncision et l'imposition du nom de Jésus, au huitième jour (Lc 2, 21). L'évangéliste, que les lettres de saint Paul nomment parmi ses collaborateurs (Col 4, 14 ; 2 Tm 4, 11 ; Phm 24), y déploie une connaissance précise de la Loi de Moïse et du Temple — voir saint Luc l'Évangéliste.
« Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l'amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes. » — Évangile selon saint Luc, 2, 22-24[26]
En trois versets, Luc entrelace deux prescriptions distinctes de la Loi, que saint Thomas d'Aquin distinguait déjà : l'une, générale, concernait toutes les naissances ; l'autre, particulière, ne visait que les premiers-nés[27].
Deux prescriptions de la Loi de Moïse
Le tableau suivant compare, pour chacune des deux prescriptions, le texte de la Loi, le délai fixé, l'offrande prévue et ce que Luc en rapporte.
| Prescription | Texte de la Loi | Délai fixé | Offrande prévue | Ce que rapporte Luc |
|---|---|---|---|---|
| Purification de la mère | Lévitique 12, 2-8 | 7 jours puis 33 jours, soit 40 jours pour un garçon | un agneau d'un an en holocauste et un jeune pigeon ou une tourterelle ; pour qui ne peut offrir d'agneau, deux tourterelles ou deux jeunes pigeons | « un couple de tourterelles ou deux petites colombes » (Lc 2, 24) |
| Consécration du premier-né | Exode 13, 2.12-15 ; Nombres 18, 15-16 | rachat « lorsqu'ils auront un mois » | cinq sicles d'argent, en sicle du sanctuaire | l'enfant est « présenté au Seigneur » ; aucun prix de rachat n'est mentionné (Lc 2, 22-23) |
Luc suit la Loi à la lettre sur la purification, mais il reste silencieux sur le rachat : ce silence, on le verra, est l'une des clés du récit[28].
La purification de la mère selon le Lévitique
La Loi déclarait la femme qui avait mis au monde un garçon impure sept jours ; elle restait ensuite trente-trois jours « à purifier son sang », sans toucher rien de consacré ni entrer dans le sanctuaire (Lv 12, 2-4). Au terme de ces quarante jours, elle apportait au prêtre un agneau pour l'holocauste et un jeune pigeon ou une tourterelle « en sacrifice pour la faute » ; si elle n'en avait pas les moyens, elle offrait deux tourterelles ou deux jeunes pigeons (Lv 12, 6-8)[29]. Cette impureté était rituelle, non morale : saint Thomas précise que les rites de l'ancienne Loi « ne purifient pas de la souillure de la faute, ce qui est l'œuvre de la grâce » ; ils ne faisaient que préfigurer cette purification, en purifiant « d'une certaine manière charnelle » d'une « irrégularité » légale[30].
La consécration et le rachat du premier-né
La seconde prescription remontait à la sortie d'Égypte : « Consacre-moi tous les premiers-nés parmi les fils d'Israël » (Ex 13, 2). La Loi en donnait la raison : le Seigneur avait fait mourir les premiers-nés d'Égypte, « c'est pourquoi j'offre en sacrifice au Seigneur tous les premiers-nés de sexe mâle ; mais le premier-né de mes fils, je le rachète » (Ex 13, 15). Le Livre des Nombres fixait le prix de ce rachat : on rachetait l'enfant « lorsqu'ils auront un mois, au prix qu'ils valent, c'est-à-dire cinq sicles d'argent, en sicle du sanctuaire – soit vingt guéras par sicle » (Nb 18, 16)[31]. Dom Guéranger rappelait que Joseph portait ce jour-là « les cinq sicles, prix du rachat du premier-né »[32].
Pour saint Thomas, ce second précepte « préfigurait aussi le Christ "premier-né d'une multitude de frères" (Rm 8, 29) », et Luc montre que les deux prescriptions ont été observées « parce que le Christ était né de la femme comme un premier-né et avait voulu être sous la loi »[33].
L'offrande des pauvres
Luc ne mentionne que les oiseaux. Marie et Joseph ont donc présenté l'offrande prévue pour ceux qui ne pouvaient pas offrir d'agneau (Lv 12, 8). Saint Thomas y voit un choix du Christ lui-même :
« Donc le Seigneur "qui étant riche, s'est fait pauvre pour nous, afin de nous enrichir par sa pauvreté" (2 Co 8, 9), a voulu qu'on offre pour lui le sacrifice des pauvres, de même qu'à sa naissance il est enveloppé de langes et couché dans une mangeoire. » — Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 37, a. 3, sol. 4[34]
Dom Guéranger ajoutait une remarque que toute la tradition a savourée : leur pauvreté ne leur permettait pas d'acheter un agneau, « et d'ailleurs n'est-il pas l'Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde, ce céleste Enfant que Marie tient dans ses bras ? »[35]. Benoît XVI a tiré la même conclusion historique : Luc souligne « que Jésus est né dans une famille de gens simples, humble mais très croyante : une famille appartenant aux pauvres d'Israël, qui forment le véritable peuple de Dieu »[36].
Syméon, l'homme juste qui attendait la consolation d'Israël
Luc présente Syméon comme « un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d'Israël, et l'Esprit Saint était sur lui » ; l'Esprit lui avait annoncé qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Messie, et c'est « sous l'action de l'Esprit » qu'il vint au Temple ce jour-là (Lc 2, 25-27)[37]. Le Catéchisme souligne ce rôle de l'Esprit Saint, qui « pousse Siméon à venir au Temple voir le Christ du Seigneur »[38]. L'Évangile ne dit pas qu'il était prêtre : la bénédiction des cierges l'appelle « le juste Syméon »[39], et saint Jean-Paul II « le vieillard Syméon »[40].
Le Nunc dimittis, prière du soir de l'Église
Recevant l'enfant dans ses bras, Syméon bénit Dieu par un cantique que l'Église chante depuis des siècles :
« Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s'en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. » — Syméon, Luc 2, 29-32[41]
Ce cantique, appelé Nunc dimittis d'après ses premiers mots latins, reprend les oracles d'Isaïe sur le Serviteur que Dieu fait « lumière des nations » (Is 42, 6 ; 49, 6). Il est devenu la prière de chaque soir : « Ce sont les paroles que nous répétons chaque soir pendant les Complies », rappelait le pape François[42]. Ainsi, chaque nuit, l'Église s'endort avec les mots d'un vieillard qui a tenu Dieu dans ses bras.
La prophétie du glaive
Syméon bénit ensuite les parents, puis il s'adresse à Marie seule :
« Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d'un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d'un grand nombre. » — Syméon, Luc 2, 34-35[43]
Le Catéchisme lit dans ce glaive l'annonce de « cette autre oblation, parfaite et unique, de la Croix »[44]. Saint Jean-Paul II, en faisant de la présentation au Temple le quatrième mystère joyeux du rosaire, notait qu'elle mêle déjà la joie et le drame :
« En effet, la présentation au temple, tout en exprimant la joie de la consécration et en plongeant le vieillard Syméon dans l'extase, souligne aussi la prophétie du "signe en butte à la contradiction" que sera l'Enfant pour Israël et de l'épée qui transpercera l'âme de sa Mère (cf. Lc 2, 34-35). » — Saint Jean-Paul II, Rosarium Virginis Mariae, n° 20, 16 octobre 2002[45]
La piété catholique a fait de cette prophétie la première des sept douleurs de Marie : saint Alphonse de Liguori ouvre ses méditations sur les Sept Douleurs par « la Prophétie de Siméon »[46]. Sur la prière du rosaire elle-même, voir Pourquoi les catholiques récitent-ils le rosaire ?.
Anne, la prophétesse de quatre-vingt-quatre ans
Le second témoin est une femme : « une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser ». Veuve après sept ans de mariage, âgée de quatre-vingt-quatre ans, « elle ne s'éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière » ; survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu « et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem » (Lc 2, 36-38)[47]. Égérie, au IVᵉ siècle, la nomme exactement ainsi, « Anne la prophétesse, fille de Phanuel »[48].
Le contraste frappe les commentateurs : le Temple est rempli de prêtres et de pèlerins, mais seuls deux vieillards reconnaissent l'enfant.
« Mais aucun de ceux-ci ne se rend compte de rien. Jésus est un enfant comme les autres, fils premier-né de deux parents très simples. Les prêtres sont eux aussi incapables de saisir les signes de la nouvelle présence particulière du Messie et Sauveur. Seules deux personnes âgées, Syméon et Anne, découvrent la grande nouveauté. » — Benoît XVI, homélie des vêpres de la Présentation du Seigneur, 2 février 2011[49]
Le pape Léon XIV a donné à ces deux témoins toute leur profondeur, le 2 février 2026 :
« Du côté de l'homme, en revanche, les deux vieillards Siméon et Anne représentent l'attente du peuple d'Israël à son apogée, comme le sommet d'une longue histoire de salut qui s'étend du jardin d'Eden à la cour du Temple ; une histoire marquée par des ombres et des lumières, des chutes et des reprises, mais toujours traversée par un seul désir vital : rétablir la pleine communion de la créature avec son Créateur. » — Léon XIV, homélie de la messe de la Présentation du Seigneur, 2 février 2026[50]
Pourquoi Marie s'est-elle soumise à une loi qui ne l'obligeait pas ?
La question est aussi ancienne que la fête : la Mère de Dieu, vierge dans la conception et dans l'enfantement, avait-elle besoin d'être « purifiée » ? Les Pères latins lisaient le Lévitique dans le texte de la Vulgate, où la loi vise la femme qui enfante « ayant reçu la semence » de l'homme (suscepto semine, Lv 12, 2). Saint Bernard et saint Thomas en concluent que Moïse a choisi ses mots pour excepter la Mère de Dieu, qui n'a pas conçu ainsi[51] [52].
« Vraiment, bienheureuse Vierge, vraiment tu n'as aucune raison, tu n'as nul besoin de purification. Mais ton Fils avait-il besoin de la circoncision ? Sois parmi les femmes comme l'une d'entre elles, car ton Fils aussi est ainsi au nombre des enfants. » — Saint Bernard de Clairvaux, Troisième sermon pour la Purification, 2[53]
Saint Thomas donne la raison profonde de ce choix : l'humilité et l'obéissance du Fils, que la Mère a voulu épouser.
« De même que la plénitude de la grâce découle du Christ sur sa mère, il convenait que la mère se modelât sur l'humilité de son fils car, dit S. Jacques (4, 6), "Dieu donne sa grâce aux humbles". C'est pourquoi, bien qu'il ne fût pas soumis à la loi, le Christ a cependant voulu subir la circoncision et les autres contraintes de la loi afin de donner l'exemple de l'humilité et de l'obéissance, d'approuver la loi et d'enlever aux Juifs l'occasion de le calomnier. Pour la même raison, il a voulu que sa mère aussi accomplît les observances de la loi, auxquelles pourtant elle n'était pas soumise. » — Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 37, a. 4[54]
Saint Alphonse de Liguori le dit en une phrase : Marie « n'était pas tenue à la loi de la purification, puisqu'elle était restée toujours vierge et toujours pure. Néanmoins, par amour de l'humilité et de l'obéissance, elle voulut, comme les autres mères, aller se purifier »[55]. Dom Guéranger y voyait une adhésion paisible au dessein de Dieu, qui voulait encore cacher le mystère de l'Incarnation sous les apparences ordinaires :
« La volonté divine fut chère à Marie, en cette circonstance comme en toutes les autres. La Vierge ne pensa point agir contre l'honneur de son fils, ni contre le mérite glorieux de sa propre intégrité, en venant chercher une purification extérieure dont elle n'avait nul besoin. Elle fut, au Temple, la servante du Seigneur, comme elle l'avait été dans la maison de Nazareth, lors de la visite de l'Ange. » — Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II[56]
Un récit exact et délibérément construit
La comparaison avec la Loi montre la précision de Luc : délai de quarante jours, offrande des pauvres, consécration du premier-né, rien n'est approximatif. Un point, pourtant, surprend : Luc ne parle pas du rachat de Jésus. Benoît XVI y voit une intention, et non un oubli.
« Il est important d'observer que pour ces deux actes — la purification de la mère et le rachat de l'enfant — il n'était pas nécessaire d'aller au Temple. Pourtant, Marie et Joseph veulent tout accomplir à Jérusalem, et saint Luc montre comment toute la scène converge vers le Temple, et se concentre ensuite sur Jésus qui y entre. Et voici que, précisément à travers les prescriptions de la Loi, l'événement principal devient un autre, c'est-à-dire la "présentation" de Jésus au Temple de Dieu, qui signifie l'acte d'offrir le Fils du Très-Haut au Père qui l'a envoyé (cf. Lc 1, 32.35). » — Benoît XVI, homélie de la messe de la Présentation du Seigneur, 2 février 2013[57]
Dans L'enfance de Jésus, Joseph Ratzinger précise que cet enfant « n'a pas été racheté et n'est pas retourné à la propriété de ses parents, mais tout au contraire il a été remis personnellement à Dieu dans le Temple », le verbe grec traduit par « présenter » signifiant aussi « offrir », comme on offre un sacrifice[58]. L'Ancien Testament offrait déjà le modèle d'un tel don : lorsque Samuel fut sevré, sa mère, qui s'appelait elle aussi Anne, le conduisit à la Maison du Seigneur à Silo et déclara : « À mon tour je le donne au Seigneur pour qu'il en dispose. Il demeurera à la disposition du Seigneur tous les jours de sa vie » (1 S 1, 24-28)[59]. Luc raconte ainsi, avec les mots exacts de la Loi, ce que la Loi ne pouvait pas encore contenir : le Fils offert au Père. Sur l'historicité des récits de l'enfance en général et les objections de l'exégèse moderne, voir l'article Noël (25 décembre).
D'où vient la fête ? De Jérusalem à Rome
La fête est née à Jérusalem, et sa date a toujours suivi celle de Noël : elle tombe quarante jours après la Nativité, selon le délai de la Loi et du récit de Luc. La chronologie suivante en retrace les grandes étapes.
- vers 384Jérusalem : le « quarantième jour après l'Épiphanie »
La pèlerine Égérie décrit une fête célébrée « avec les plus grands honneurs » : procession à l'Anastasis, prédication sur Luc 2, eucharistie. La Nativité se fêtant alors le 6 janvier à Jérusalem, la fête tombe le 14 février[60].
- Vᵉ siècleLe lectionnaire arménien de Jérusalem
Le 14 février, « quarantième jour de la Nativité », l'assemblée se réunit au Martyrium et l'on proclame Luc 2, 22-40[61].
- 526Antioche
Selon la Catholic Encyclopedia, qui cite le chroniqueur Cédrène, la fête est attestée à Antioche[62].
- 542Tout l'Empire d'Orient
L'empereur Justinien Iᵉʳ l'étend à tout l'Empire, en action de grâce pour la fin d'une grande épidémie de peste à Constantinople, toujours selon la Catholic Encyclopedia[63].
- 687-701Rome : la procession du pape Serge Iᵉʳ
Le Liber Pontificalis attribue à Serge Iᵉʳ la procession de Saint-Adrien à Sainte-Marie-Majeure pour la fête « de saint Syméon, que les Grecs appellent Hypapante »[64].
- vers 780-790L'Ordo Romanus XX
À l'aube, le peuple de Rome converge cierges à la main vers Saint-Adrien du Forum, puis gagne Sainte-Marie-Majeure en procession avec le pape[65].
- Xᵉ-XIᵉ siècleLa Purification et la bénédiction des cierges
Les livres liturgiques d'Occident mettent en relief la purification de Marie ; la bénédiction des cierges se répand et devient d'usage commun au XIᵉ siècle[66] [67].
- 1119Le mot « chandelur »
Première attestation française du nom populaire de la fête, chez Philippe de Thaon[68].
- 1960Une fête du Seigneur
Le Code des rubriques déclare que la célébration doit être tenue pour une fête du Seigneur[69].
- 1969-1970Le titre de « Présentation du Seigneur »
- 1997La Journée de la vie consacrée
Saint Jean-Paul II fixe au 2 février la Journée de la vie consacrée, célébrée pour la première fois le 2 février 1997[72] [73].
Jérusalem, vers 384 : le témoignage d'Égérie
Le plus ancien témoin est une femme d'Occident venue en pèlerinage en Terre sainte. Son récit, connu sous le nom d'Itinerarium ou de Journal de voyage, n'est conservé qu'en partie : les études de Paul Devos ont établi que son pèlerinage dura de Pâques 381 à Pâques 384, et la partie conservée couvre la période du 16 décembre 383 à juin 384[74]. C'est donc à Jérusalem, en février 384, qu'elle vit la fête qu'elle décrit ainsi :
« Le quarantième jour après l'Épiphanie est célébré ici avec les plus grands honneurs. Ce jour-là, en effet, il y a procession à l'Anastasis ; tous s'y rendent, et tout se déroule selon l'ordre accoutumé, avec une très grande joie, comme à Pâques. Tous les prêtres prêchent, puis l'évêque, en commentant toujours le passage de l'Évangile où, le quarantième jour, Joseph et Marie portèrent le Seigneur au Temple, où Syméon et Anne la prophétesse, fille de Phanuel, le virent, et en parlant des paroles qu'ils dirent en voyant le Seigneur et de l'offrande que présentèrent ses parents. Ensuite, quand on a célébré dans l'ordre tout ce qui est d'usage, on célèbre les saints mystères, et ainsi a lieu le renvoi. » — Égérie, Journal de voyage, XXVI[75]
Trois traits ressortent. La fête n'a pas encore de nom propre : on l'appelle simplement « le quarantième jour »[76]. Elle est comptée à partir de l'Épiphanie, parce qu'à Jérusalem, à cette époque, le 6 janvier célébrait la naissance du Christ : la fête tombait donc le 14 février[77]. Enfin, elle est présidée par l'évêque et culmine dans l'eucharistie célébrée à l'Anastasis, la rotonde du Saint-Sépulcre[78].
Le lectionnaire arménien : le 14 février au Martyrium
Au Vᵉ siècle, le lectionnaire de Jérusalem conservé en arménien donne à la fête le titre de « quarantième jour de la Nativité de notre Sauveur Jésus-Christ ». L'assemblée se réunit au Martyrium, la grande basilique constantinienne, et l'on y lit l'épître aux Galates (Ga 3, 24-29), le psaume 97 (98) avec l'antienne « Tous les lointains de la terre ont vu le salut de notre Dieu », puis l'Évangile de la Présentation (Lc 2, 22-40)[79] [80]. L'Église arménienne, qui célèbre toujours la Nativité le 6 janvier, garde aujourd'hui encore la fête au 14 février[81] [82].
Constantinople et l'Orient : l'Hypapante au 2 février
Quand la fête de Noël au 25 décembre, née à Rome, se répandit en Orient à la fin du IVᵉ siècle, le « quarantième jour » se déplaça avec elle au 2 février[83]. Le lectionnaire géorgien de Jérusalem, plus tardif que l'arménien, place déjà l'Hypapante au 2 février[84]. La Catholic Encyclopedia rapporte, d'après le chroniqueur byzantin Cédrène, que la fête est attestée à Antioche en 526, puis que l'empereur Justinien Iᵉʳ l'introduisit en 542 dans tout l'Empire d'Orient, en action de grâce pour la fin d'une grande épidémie qui avait dépeuplé Constantinople[85]. L'Église grecque lui donna le nom qu'elle porte encore : Hypapante tou Kyriou, la rencontre du Seigneur et de sa Mère avec Syméon et Anne[86]. Sur l'ensemble de ces rites, voir La liturgie orientale.
Rome : la procession du pape Serge Iᵉʳ
À Rome, la fête arrive par l'Orient. Le Liber Pontificalis rapporte que le pape Serge Iᵉʳ (687-701), un pape d'origine syrienne, introduisit en même temps le chant de l'Agnus Dei à la fraction du pain et des processions pour quatre fêtes de la Vierge[87] [88] :
« Il établit aussi qu'aux jours de l'Annonciation du Seigneur, de la Dormition et de la Nativité de la sainte Mère de Dieu toujours vierge Marie, ainsi que de saint Syméon, que les Grecs appellent Hypapante, une procession partirait de Saint-Adrien et que le peuple se rendrait à Sainte-Marie. » — Liber Pontificalis, vie du pape Serge Iᵉʳ[89]
Le commentaire officiel du calendrier de 1969 le résume : la fête « fut reçue à Rome au VIIᵉ siècle sous le nom d'Hypapanti »[90]. Un siècle plus tard, l'Ordo Romanus XX (vers 780-790) décrit la cérémonie en détail : à l'aube, le peuple part des diverses églises de la ville, cierges à la main, vers l'église Saint-Adrien du Forum, où il attend le pape ; celui-ci distribue des cierges à l'assistance, puis la procession, précédée de croix, gagne la basilique stationnale de Sainte-Marie-Majeure en chantant des antiennes et des litanies[91]. Sur cette basilique, voir La basilique Sainte-Marie-Majeure.
Le latin du Liber Pontificalis contient un joli jeu de mots : le peuple « accourt » (occurrat) à Sainte-Marie, comme Syméon et Anne étaient venus à la rencontre (occursus, en latin, traduit le grec hypapante) du Seigneur. La procession romaine rejoue la rencontre du Temple.
De la procession aux cierges bénits
La bénédiction solennelle des cierges est plus tardive que la procession : selon la Catholic Encyclopedia, elle ne devint d'usage commun qu'au XIᵉ siècle[92]. Elle prit ensuite une grande importance. Au XIXᵉ siècle, Dom Guéranger la comptait parmi les trois grandes bénédictions de l'année liturgique, avec celles des Cendres et des Rameaux ; elle se faisait en ornements violets, et si le 2 février tombait l'un des dimanches de Septuagésime, de Sexagésime ou de Quinquagésime, la messe de la fête était reportée au lendemain, mais la bénédiction des cierges et la procession restaient fixées au 2 février[93].
Les auteurs médiévaux ont commenté le cierge lui-même. Dom Guéranger rapporte l'explication de saint Yves de Chartres, pour qui la cire, tirée des fleurs par les abeilles, figure la chair virginale du Christ, et la flamme le Christ venu illuminer nos ténèbres, puis celle de saint Anselme[94] :
« Saint Anselme, dans ses Enarrations sur saint Luc, développant le même mystère, nous dit qu'il y a trois choses à considérer dans le cierge : la cire, la mèche et la flamme. La cire, dit-il, ouvrage de l'abeille virginale, est la chair du Christ ; la mèche, qui est intérieure, est l'âme ; la flamme, qui brille en la partie supérieure, est la divinité. » — Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II[95]
La procession reçut aussi d'Orient un chant resté célèbre, l'antienne Adorna thalamum tuum, Sion, composée par saint Jean Damascène et l'une des rares pièces que l'Église romaine ait empruntées aux Grecs, texte et mélodie[96] : « Décore ta chambre nuptiale, ô Sion, et reçois le Christ Roi ; accueille avec amour Marie, qui est la porte du ciel ; car elle tient dans ses bras le Roi de gloire »[97]. Avant la réforme liturgique de saint Pie V (1568), le rite était plus solennel dans les églises au nord et à l'ouest des Alpes ; au Moyen Âge, le clergé sortait de l'église pour faire le tour du cimetière, et au retour un prêtre portant une image de l'Enfant Jésus venait à la rencontre de la procession, à la porte[98].
La Chandeleur a-t-elle une origine païenne ?
On lit souvent que la Chandeleur serait une fête païenne christianisée. L'objection mérite d'être exposée sous sa forme la plus forte. Au XIXᵉ siècle, le Grand dictionnaire universel de Pierre Larousse affirmait que la fête avait été instituée par le pape Gélase Iᵉʳ et l'expliquait par une stratégie qu'il prêtait au christianisme :
« Plus tard, quand il voulut lutter contre le paganisme, il établit un culte extérieur ; il lui prit peu à peu ses temples, ses cérémonies mêmes, et remplaça ses fêtes par d'autres qui, sans détruire les habitudes des peuples, substituaient tout doucement les traditions de l'Ancien et du Nouveau Testament à celles de la mythologie. C'est ce qui arriva pour la Chandeleur, qui fut instituée pour remplacer les Lupercales et les fêtes de Proserpine, lesquelles se célébraient à la même époque, et dans lesquelles les assistants portaient également des torches ardentes. » — Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXᵉ siècle, art. « Chandeleur »[99]
L'idée n'était pas propre aux adversaires de l'Église. Dom Guéranger signale que l'attribution à Gélase venait de savants catholiques comme Baronius, Thomassin et Baillet ; qu'un sermon du pape Innocent III rattachait les cierges au souvenir des torches de Cérès cherchant Proserpine ; et lui-même préférait l'hypothèse d'une substitution à la fête païenne des Amburbales[100]. Les sources anciennes permettent pourtant de trancher.
Première réponse : la fête est née à Jérusalem et sa date vient de l'Évangile
Les plus anciens témoins de la fête ne sont pas romains mais hiérosolymitains : Égérie en 384, puis le lectionnaire arménien[101] [102]. Or les Lupercales étaient une fête de la ville de Rome, célébrée en février[103]. Surtout, la date de la fête n'a jamais dépendu d'un calendrier païen : elle a toujours été fixée à quarante jours après la Nativité, conformément à la Loi (Lv 12) et au récit de Luc (Lc 2, 22). Quand Jérusalem fêtait la Nativité le 6 janvier, la fête tombait le 14 février ; quand le 25 décembre s'imposa, elle passa au 2 février[104]. Une fête qui suit Noël dans ses déplacements ne tient pas sa date d'une fête païenne. Aucun des témoins anciens cités ici — Égérie, le lectionnaire arménien, le Liber Pontificalis — ne la rattache à un culte païen ; tous la rattachent à Luc 2.
Deuxième réponse : Gélase a combattu les Lupercales, il n'a pas institué la Chandeleur
Le pape Gélase Iᵉʳ (492-496) a bien écrit contre les Lupercales. Sa lettre, conservée dans la Collectio Avellana et éditée dans la collection des Sources Chrétiennes, est un réquisitoire : le pape y « juge et condamne les Lupercales au cours d'un long réquisitoire. Enfin, il interdit à tout chrétien d'y prendre part »[105]. Il interdit ; il ne remplace pas. Et la fête du quarantième jour n'arriva à Rome que deux siècles plus tard, sous le nom grec d'Hypapante, avec la procession du pape Serge Iᵉʳ[106] [107]. La Catholic Encyclopedia concluait déjà en 1908 : « La fête n'a certainement pas été introduite par le pape Gélase pour supprimer les excès des Lupercales »[108].
Troisième réponse : les cierges tirent leur sens du cantique de Syméon
La bénédiction des cierges, on l'a vu, n'entra dans l'usage commun qu'au XIᵉ siècle ; la même encyclopédie ajoute qu'elle « n'a rien de commun avec la procession des Lupercales »[109]. Le symbole de la lumière vient de l'Évangile du jour, où Syméon salue l'enfant comme la « lumière qui se révèle aux nations » (Lc 2, 32). C'est ainsi que saint Sophrone de Jérusalem l'expliquait déjà, dans un sermon que la Liturgie des Heures présente comme prononcé « pour la fête des Lumières » : « Si nos cierges procurent un tel éclat, c'est d'abord pour montrer la splendeur divine de celui qui vient »[110].
Christianiser une saison n'est pas emprunter une religion
Même l'hypothèse la plus favorable à l'objection ne va pas plus loin qu'une substitution. Dom Guéranger, qui l'admettait pour les Amburbales, écrivait que cette fête païenne aurait « donné occasion aux souverains Pontifes de lui substituer un rite chrétien qu'ils ont uni à la célébration de la fête dans laquelle le Christ, Lumière du monde, est présenté au Temple par la Vierge-mère »[111]. Un rite chrétien qui prend la place d'un rite païen est l'inverse d'un emprunt : ce qui est célébré le 2 février, c'est un événement de l'Évangile, daté par l'Évangile, et chanté avec les paroles mêmes de l'Évangile.
Que célèbre la Présentation du Seigneur ?
La liturgie du 2 février relie le récit de Luc à plusieurs prophéties de l'Ancien Testament et à la Passion. Cinq thèmes s'y entrelacent : l'entrée du Seigneur dans son Temple, l'offrande du Fils, l'offrande de la Mère, la rencontre de Dieu avec son peuple et la lumière des nations.
Le Seigneur entre dans son Temple
La première lecture de la messe proclame l'oracle de Malachie :
« Voici que j'envoie mon messager pour qu'il prépare le chemin devant moi ; et soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous cherchez. Le messager de l'Alliance que vous désirez, le voici qui vient, – dit le Seigneur de l'univers. » — Malachie, 3, 1[112]
Le psaume du jour lui répond : « Portes, levez vos frontons, élevez-vous, portes éternelles : qu'il entre, le roi de gloire ! Qui est ce roi de gloire ? C'est le Seigneur, le fort, le vaillant, le Seigneur, le vaillant des combats » (Ps 23 [24], 7-8)[113] [114]. Dom Guéranger rapprochait aussi la scène de la promesse du prophète Aggée sur le second Temple : « La gloire future de cette Maison surpassera la première [...], et dans ce lieu, je vous ferai don de la paix » (Ag 2, 9)[115] [116]. Le paradoxe de la fête tient dans le contraste entre ces textes et l'événement : le roi de gloire qui entre dans son Temple est un nourrisson de quarante jours.
« Mais qui est le Dieu vaillant qui entre dans le temple ? C'est un Enfant ; c'est l'Enfant Jésus, dans les bras de sa mère, la Vierge Marie. » — Benoît XVI, homélie de la messe de la Présentation du Seigneur, 2 février 2006[117]
Saint Bernard en a tiré une formule que la liturgie latine a longtemps méditée :
« Aujourd'hui la Vierge-mère introduit le Seigneur du temple dans le temple du Seigneur ; Joseph présente au Seigneur, non un fils qui soit le sien, mais le Fils bien-aimé du Seigneur, dans lequel il a mis ses complaisances. Le juste reconnaît celui qu'il attendait ; la veuve Anne l'exalte dans ses louanges. Ces quatre personnes ont célébré pour la première fois la Procession d'aujourd'hui, qui, dans la suite, devait être solennisée dans l'allégresse de la terre entière, en tous lieux, et par toutes les nations. » — Saint Bernard de Clairvaux, Premier sermon pour la Purification, 1[118]
Le Catéchisme rappelle que Jésus a toujours professé pour le Temple de Jérusalem « le plus profond respect » et qu'il « y a été présenté par Joseph et Marie quarante jours après sa naissance »[119]. Benoît XVI ajoutait que, ce jour-là, « Jésus entre dans l'antique temple, Lui qui est le nouveau Temple de Dieu »[120].
L'offrande du Fils, prélude de la Croix
La seconde lecture, tirée de l'épître aux Hébreux, donne la clé de l'offrande : « Il lui fallait donc se rendre en tout semblable à ses frères, pour devenir un grand prêtre miséricordieux et digne de foi pour les relations avec Dieu, afin d'enlever les péchés du peuple » (He 2, 17)[121]. Saint Thomas en tire une leçon pour chaque chrétien : le Christ « est présenté au Seigneur afin de nous enseigner à nous présenter nous-mêmes à Dieu »[122]. La prière sur les offrandes de la messe dit la même chose, en demandant à Dieu d'agréer le don de l'Église, lui « qui as voulu que ton Fils unique te soit offert comme l'Agneau immaculé pour la vie du monde »[123].
Saint Bernard a vu dans cette offrande du matin l'annonce de l'offrande du soir, sur le Calvaire. Saint Paul VI a repris le début de ce passage dans Marialis cultus :
« Offre ton Fils, Vierge sainte, et présente au Seigneur le fruit béni de tes entrailles. Offre pour notre commune réconciliation la victime sainte qui plaît à Dieu. [...] Mais cette oblation, frères, paraît bien légère : on ne fait que le présenter au Seigneur, on le rachète par des oiseaux, et aussitôt on le remporte. Viendra le jour où il ne sera plus offert dans le Temple, ni entre les bras de Syméon, mais hors de la ville, entre les bras de la croix. Viendra le jour où il ne sera plus racheté par un sang étranger, mais où il rachètera les autres par son propre sang. [...] Ce sera le sacrifice du soir ; celui-ci est le sacrifice du matin. » — Saint Bernard de Clairvaux, Troisième sermon pour la Purification, 2[124]
La préface propre de la fête condense cette théologie : ce jour-là, le Fils éternel, « présenté au Temple, est déclaré par l'Esprit gloire d'Israël et lumière des nations »[125].
Marie, la Vierge qui offre
Saint Paul VI a donné à Marie, au 2 février, un titre qui dit tout : la Virgo offerens.
« Marie, enfin, est la Virgo offerens, la Vierge qui offre. Dans l'épisode de la présentation de Jésus au Temple (cf. Lc 2, 22-35), l'Église, guidée par l'Esprit Saint, a entrevu, au-delà de l'accomplissement des lois concernant l'oblation du premier-né (cf. Ex 13, 11-16) et la purification de la Mère (cf. Lv 12, 6-8), un mystère du salut relatif à l'histoire du salut. » — Saint Paul VI, Marialis cultus, n° 20[126]
Saint Jean-Paul II a précisé cette union : « Marie, la mère de Jésus s'associe par le même mouvement d'oblation à la présentation du Christ. Une fois encore est manifestée l'union permanente du Fils et de sa Mère dans leur offrande unique et totale pour le salut du monde »[127]. Saint Alphonse de Liguori souligne ce qui distingue cette offrande de celle des autres mères :
« Mais l'offrande de Marie fut bien différente de celle des autres mères. Celles-ci savaient que l'oblation de leurs enfants n'était qu'une simple cérémonie légale. En les rachetant, elles reprenaient tous leurs droits sur eux, sans craindre d'avoir jamais à les offrir réellement en sacrifice. Mais la sainte Vierge offrit réellement son Fils à la mort. Elle était certaine que le sacrifice qu'elle faisait alors de Jésus se consommerait un jour sur l'autel de la croix. » — Saint Alphonse de Liguori, Les Gloires de Marie, IIᵉ partie, sixième discours[128]
La rencontre : Dieu vient au-devant de son peuple
La monition qui ouvre la célébration résume le sens oriental de la fête. Le Missel romain la propose ainsi : il y a quarante jours, l'Église a célébré la Nativité ; aujourd'hui, Jésus est présenté au Temple par Marie et Joseph, « accomplissant extérieurement la Loi, mais en vérité venant à la rencontre de son peuple croyant » ; les saints vieillards, poussés et illuminés par l'Esprit, l'ont reconnu, et l'assemblée s'avance à son tour vers la maison de Dieu « à la rencontre du Christ », qu'elle reconnaîtra « à la fraction du pain, jusqu'à ce qu'il vienne, manifesté dans la gloire »[129] [130]. Le pape François a fait de ce mot de rencontre le centre de sa prédication du 2 février :
« La fête de la présentation de Jésus au Temple est appelée également la fête de la rencontre : dans la liturgie, au début, il est dit que Jésus va à la rencontre de son Peuple, c'est la rencontre entre Jésus et son peuple ; quand Marie et Joseph amenèrent leur enfant au Temple de Jérusalem, eut lieu la première rencontre entre Jésus et son peuple, représenté par les deux vieillards Syméon et Anne. » — Pape François, homélie de la messe de la Présentation du Seigneur, 2 février 2014[131]
Le pape Léon XIV a repris ce thème en 2026, en décrivant « la rencontre entre deux mouvements d'amour : celui de Dieu qui vient sauver l'homme et celui de l'homme qui attend sa venue avec une foi vigilante »[132]. Une antienne ancienne de la fête dit la même chose en une image : Senex puerum portabat, puer autem senem regebat, « le vieillard portait l'enfant, mais l'enfant conduisait le vieillard ». Dom Guéranger la lisait dans l'alléluia de l'ancienne messe, et le pape François l'a citée d'après les premières vêpres de la fête[133] [134].
La lumière des nations
Le cantique de Syméon donne à la fête son symbole : l'enfant est la « lumière qui se révèle aux nations » (Lc 2, 32). Benoît XVI soulignait que la liturgie suit ici la chronologie même de l'Évangile :
« Il s'agit de l'un des cas où le temps liturgique reflète le temps historique, car précisément aujourd'hui, quarante jours se sont écoulés depuis la solennité du Noël du Seigneur ; le thème du Christ Lumière, qui a caractérisé le cycle des fêtes de Noël et qui a atteint son sommet dans la solennité de l'Epiphanie, est repris et prolongé dans la fête d'aujourd'hui. » — Benoît XVI, homélie des vêpres de la Présentation du Seigneur, 2 février 2012[135]
L'office des lectures du 2 février fait entendre saint Sophrone de Jérusalem, dans un sermon pour « la fête des Lumières » qui explique la procession mieux que tout commentaire :
« Si nos cierges procurent un tel éclat, c'est d'abord pour montrer la splendeur divine de celui qui vient, qui fait resplendir l'univers et l'inonde d'une lumière éternelle en repoussant les ténèbres mauvaises ; c'est aussi et surtout pour manifester avec quelle splendeur de notre âme, nous-mêmes devons aller à la rencontre du Christ. De même, en effet, que la Mère de Dieu, la Vierge très pure, a porté dans ses bras la véritable lumière à la rencontre de ceux qui gisaient dans les ténèbres ; de même nous, illuminés par ses rayons et tenant en mains une lumière visible pour tous, hâtons-nous vers celui qui est vraiment la lumière. » — Saint Sophrone de Jérusalem, Sermon pour la fête des Lumières[136]
Dom Guéranger voyait dans ce quarantième jour la fin d'un cycle : « Tel est le mystère du quarantième jour, qui ferme la série des jours du Temps de Noël »[137]. Dans le calendrier actuel, le temps de Noël s'achève avec le Baptême du Seigneur, le dimanche qui suit le 6 janvier[138], mais la fête du 2 février garde ce rôle de dernier reflet de la lumière de Noël avant la montée vers Pâques.
Comment l'Église célèbre-t-elle le 2 février ?
Une fête du Seigneur qui prend la place du dimanche
Dans le calendrier romain, la Présentation du Seigneur a le rang de fête. Mais c'est une fête du Seigneur, et les normes du calendrier lui accordent un privilège :
« En raison de son importance particulière, le dimanche ne cède sa célébration qu'aux solennités et aux fêtes du Seigneur ; mais les dimanches de l'Avent, du Carême et du temps pascal ont la préséance sur toutes les fêtes du Seigneur et sur toutes les solennités. » — Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n° 5, 1969[139]
Lorsque le 2 février tombe un dimanche du temps ordinaire, la fête prend donc la place du dimanche. Ce fut le cas le 2 février 2014, où le pape François présida la messe de la fête, et le 2 février 2025 : le calendrier liturgique place ce jour-là « Présentation du Seigneur au Temple (dimanche) » entre le 3ᵉ dimanche (26 janvier) et le 5ᵉ dimanche (9 février) du temps ordinaire[140] [141]. Le Missel prévoit alors le chant du Credo, et la fête reçoit des premières vêpres la veille au soir[142] [143]. Le 2 février n'est pas, en revanche, un jour de précepte : le canon 1246 du Code de droit canonique, qui énumère les fêtes d'obligation, ne le mentionne pas[144].
La bénédiction des cierges et la procession
La célébration commence par un rite de lumière, pour lequel le Missel romain propose deux formes[145]. Dans la première, la procession, les fidèles se rassemblent si possible dans une autre église ou un autre lieu hors de l'église où l'on se rendra, en tenant des cierges éteints ; le prêtre porte les vêtements blancs de la messe, éventuellement avec une chape. On allume les cierges en chantant une antienne, par exemple « Voici le Seigneur Dieu qui vient avec puissance ; il vient illuminer notre regard, alléluia »[146]. Le prêtre adresse alors aux fidèles la monition, puis bénit les cierges :
« Ô Dieu, source et origine de toute lumière, toi qui as montré aujourd'hui au juste Syméon la Lumière qui se révèle aux nations, nous t'en supplions : daigne sanctifier ces cierges par ta bénédiction, accueille les vœux de ton peuple, rassemblé pour les porter à la louange de ton nom, et qu'il mérite de parvenir, par le chemin des vertus, à la lumière qui ne s'éteint pas. » — Missel romain, bénédiction des cierges du 2 février[147]
Après l'aspersion d'eau bénite, la procession s'ébranle, tous portant leurs cierges allumés, au chant du Nunc dimittis avec l'antienne Lumen ad revelationem gentium (« Lumière qui se révèle aux nations et gloire d'Israël ton peuple ») ou de l'antienne orientale Adorna thalamum tuum, Sion. À l'arrivée à l'autel, la messe se poursuit directement par le Gloria. Dans la seconde forme, l'entrée solennelle, prévue là où la procession est impossible, les fidèles se rassemblent dans l'église avec leurs cierges, et la bénédiction a lieu près de la porte ou dans l'église même, avant une procession plus courte vers l'autel[148].
Les textes de la messe
Le tableau suivant présente, dans l'ordre de la célébration, les principaux textes propres de la messe du 2 février et leur source.
| Moment de la messe | Texte propre | Source biblique ou liturgique |
|---|---|---|
| Antienne d'ouverture | « Nous rappelons ton amour, Seigneur, au milieu de ton temple » | Psaume 47 (48), 10-11 |
| Première lecture | « Soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous cherchez » | Malachie 3, 1-4 |
| Psaume | « C'est le Seigneur, Dieu de l'univers ; c'est lui, le roi de gloire » | Psaume 23 (24), 7-10 |
| Deuxième lecture | « Il lui fallait se rendre en tout semblable à ses frères » | Hébreux 2, 14-18 |
| Évangile | « Mes yeux ont vu ton salut » | Luc 2, 22-40 ou forme brève 2, 22-32 |
| Préface | le Fils « déclaré par l'Esprit gloire d'Israël et lumière des nations » | préface propre de la Présentation du Seigneur |
| Antienne de communion | « Mes yeux, Seigneur, ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples » | Luc 2, 30-31 |
En semaine, une seule lecture précède l'Évangile, au choix Malachie ou l'épître aux Hébreux ; le dimanche, les deux sont proclamées[149]. La couleur liturgique est le blanc[150].
La collecte de la fête illustre la continuité de la liturgie latine. On la lit presque mot pour mot dans le sacramentaire grégorien envoyé à Charlemagne par le pape Hadrien, dit Hadrianum[151] ; c'est la même que donnait l'ancien missel commenté par Dom Guéranger[152], et c'est encore celle du Missel actuel[153] :
« Dieu éternel et tout-puissant, nous t'adressons cette humble prière : puisque ton Fils unique, ayant revêtu notre chair, fut en ce jour présenté dans le Temple, fais que nous puissions aussi, avec une âme purifiée, nous présenter devant toi. » — Liturgie des Heures, oraison du 2 février[154]
L'antienne d'ouverture, Suscepimus, Deus, misericordiam tuam in medio templi tui, est elle aussi commune à l'ancien et au nouveau missel[155] [156]. La prière après la communion demande que les fidèles, « allant à la rencontre du Christ », obtiennent eux aussi la vie éternelle, comme Syméon, qui ne devait pas mourir avant d'avoir accueilli le Messie[157].
Dans l'office divin
La liturgie des Heures du 2 février fait lire, à l'office des lectures, le passage de l'Exode sur la consécration des premiers-nés (Ex 13, 1-3a.11-16), puis le sermon de saint Sophrone de Jérusalem pour « la fête des Lumières »[158]. Le cantique de Syméon, lui, n'est pas réservé à ce jour : il conclut chaque soir l'office des Complies[159].
Dans le Missel romain antérieur à la réforme
Avant 1970, la fête portait le titre de Purification de la bienheureuse Vierge Marie et avait, au début du XXᵉ siècle, le rang de double de deuxième classe. Le célébrant bénissait des cierges, qui devaient être de cire d'abeille, en étole et chape violettes, avec cinq oraisons ; il les aspergeait et les encensait, puis les distribuait pendant le chant du Nunc dimittis, avant la procession au chant de l'Adorna[160]. La première de ces oraisons demandait que les cierges servent « pour l'usage des hommes, et pour la santé des corps et des âmes, soit sur la terre, soit sur les eaux »[161]. Pour l'ensemble du cycle des fêtes, voir L'année liturgique.
En Orient : l'Hypapante
Les Églises d'Orient célèbrent la fête sous le nom d'Hypapante, la Rencontre ; le pape François rappelait que, « dans l'Orient chrétien, cette fête est précisément désignée comme la "Fête de la rencontre" »[162]. L'Église arménienne la célèbre le 14 février, quarante jours après sa fête de la Nativité du 6 janvier ; la veille au soir, après l'office du soir, un prêtre allume un cierge à l'autel, embrase un feu et en transmet la flamme à l'assemblée[163]. Les Coptes lui donnent le nom de « présentation du Seigneur au Temple »[164].
La Journée mondiale de la vie consacrée
Pourquoi le 2 février ?
Le 6 janvier 1997, saint Jean-Paul II annonça : « j'ai décidé d'instituer une Journée de la vie consacrée, célébrée le 2 février, fête de la Présentation de Jésus au temple »[165]. Il lui fixait un triple but : rendre grâce pour le don de la vie consacrée, la faire mieux connaître à tout le peuple de Dieu, et permettre aux personnes consacrées de « célébrer ensemble et solennellement les merveilles que le Seigneur a accomplies en elles »[166]. Il expliquait aussi le choix de la date :
« La Présentation de Jésus au temple est une éloquente icône du don total de soi pour tous ceux qui ont été appelés à reproduire dans l'Église et dans le monde, par les conseils évangéliques, "les traits caractéristiques de Jésus chaste, pauvre et obéissant". » — Saint Jean-Paul II, Message pour la première Journée de la vie consacrée, 6 janvier 1997[167]
Le pape rappelait que, depuis plusieurs dizaines d'années, la fête du 2 février rassemblait déjà « presque spontanément autour du Pape et des évêques » les membres des instituts de vie consacrée[168]. Le 2 février 1997, il ouvrait son homélie en notant que la fête s'enrichissait cette année-là d'une signification nouvelle : « pour la première fois, en effet, nous célébrons la Journée de la vie consacrée »[169]. Sur l'organisme du Saint-Siège chargé des religieux, voir Le Dicastère pour les Instituts de vie consacrée.
Une journée célébrée par les papes à Saint-Pierre
Depuis, les papes président habituellement à Saint-Pierre, avec les religieux, la messe ou les vêpres de la fête. Benoît XVI y voyait « le mystère de la consécration : la consécration du Christ, la consécration de Marie, la consécration de tous ceux qui se mettent à la suite de Jésus par amour du Royaume de Dieu »[170]. Il contemplait Marie au Temple comme « la première et parfaite consacrée, portée par ce Dieu qu'elle porte dans ses bras ; Vierge, pauvre et obéissante, entièrement dévouée à nous, parce que toute à Dieu »[171]. En 2006, il confiait aux religieux une consigne tirée des cierges de la fête : « comme des cierges allumés, faites rayonner toujours et en tout lieu l'amour du Christ, lumière du monde »[172].
Le 2 février 2026, pour la trentième Journée de la vie consacrée, le pape Léon XIV a célébré la messe dans la basilique Saint-Pierre ; selon le bulletin de la Salle de presse du Saint-Siège, le rite s'est ouvert par la bénédiction des cierges et la procession[173]. Dans son homélie, il décrivait la manière dont Dieu se donne ce jour-là : « il n'y a rien de contraignant dans son agir, mais seulement la puissance désarmante de sa gratuité désarmée »[174].
La Chandeleur dans la piété populaire
Des cierges bénits gardés à la maison
Les cierges de la Chandeleur ne servaient pas seulement à la procession. Dom Guéranger décrivait un usage qu'il souhaitait voir se maintenir :
« Il est nécessaire aussi que les fidèles sachent que les cierges bénis au jour de la Chandeleur [...] sont bénis, non seulement pour servir à la Procession, mais encore pour l'usage des chrétiens qui, en les gardant avec respect dans leurs maisons, en les portant avec eux, tant sur la terre que sur les eaux, comme dit l'Église, attirent des bénédictions particulières du ciel. On doit allumer aussi ces cierges de la Chandeleur auprès du lit des mourants, comme un souvenir de l'immortalité que le Christ nous a méritée, et comme un signe de la protection de Marie. » — Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II[175]
L'expression « tant sur la terre que sur les eaux » renvoie à la prière de bénédiction de l'ancien rituel, qui demandait que ces cierges servent « à la santé des corps et des âmes »[176]. Sur le sens des cierges dans la vie chrétienne, voir Pourquoi allumer des cierges ?.
Dictons de la Chandeleur : l'hiver et l'ours
Placée au cœur de l'hiver, la fête est devenue un repère des almanachs paysans. Le Trésor de la langue française enregistre les proverbes « À la chandeleur, l'hiver se passe ou prend vigueur » et « À la chandeleur, grandes douleurs »[177]. En 1842, Le Roux de Lincy relevait le premier, sous la forme « La veille de la Chandeleur, l'hiver se passe ou prend vigueur », dans l'almanach de Mathieu Laensberg et dans le Calendrier des bons Laboureurs pour 1618 ; ce calendrier ajoutait un pronostic où l'ours joue le rôle d'annonciateur :
« Selon les anciens le dit, si le soleil clair luit à la Chandeleur, vous croirez qu'encor un hyver vous aurez ; pourtant gardez bien vostre foin, car il vous sera de besoin. Par cette règle se gouverne : l'ours retourne en sa caverne. » — Calendrier des bons Laboureurs pour 1618, cité par Le Roux de Lincy[178]
Le même almanach rapportait un dicton bourguignon — « Si fait beau et luit Chandelours, six semaines se cache l'ours » — et précisait qu'il fallait désormais rapporter ce pronostic au 12 février[179].
Les crêpes
En France, la Chandeleur est aussi le jour des crêpes. La coutume est attestée par la littérature du XXᵉ siècle : le Trésor de la langue française cite cette phrase de Bernanos : « à la chandeleur, quand elle fait sauter dans la poêle les crêpes fumantes »[180]. Les agences de presse parisiennes des années 1930 photographiaient déjà, chaque 2 février, des enfants mangeant des crêpes de la Chandeleur[181]. Aucune des sources consultées pour cet article n'établit l'origine historique précise de la coutume ; le récit qui l'attribue à un pape n'y est pas documenté, et il n'est donc pas repris ici.
La Candelaria dans le monde hispanique
Dans les pays de langue espagnole, la fête est celle de la Candelaria, et la Vierge de la Chandeleur y est très vénérée. À Puno, au Pérou, la fête de la Virgen de la Candelaria, célébrée chaque année en février, a été inscrite en 2014 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO[182].
La Présentation dans la voix des saints et des mystiques
Saint Alphonse de Liguori : le consentement de Marie
Pour saint Alphonse, docteur de l'Église, le 2 février est le jour où Marie a donné son consentement au sacrifice de son Fils. Il imagine ainsi, sous forme de prière, la réponse de Marie à la prophétie de Syméon, en soulignant qu'elle unit sa volonté à celle du Père :
« Père éternel, puisque vous voulez qu'il en soit ainsi, que votre volonté soit faite et non pas la mienne. J'unis ma volonté à votre volonté sainte et je vous sacrifie mon Fils bien-aimé ! » — Saint Alphonse de Liguori, Les Gloires de Marie, IIᵉ partie, sixième discours[183]
Il s'agit d'une méditation du saint docteur, qui prête ces paroles à Marie, et non d'une parole rapportée par l'Évangile. Voir aussi Saint Alphonse de Liguori.
Dans les écrits de Luisa Piccarreta : la Présentation et la Divine Volonté
Les écrits de la Servante de Dieu Luisa Piccarreta (1865-1947), laïque de Corato, dans les Pouilles, éclairent la fête sous l'angle de la Divine Volonté[184]. Ce que Jésus a dit à Luisa ne se limite pas à demander que l'homme fasse la volonté de Dieu : Dieu veut donner sa Volonté elle-même à la créature, pour qu'elle vive et agisse en elle comme elle vivait en Adam avant la chute — voir la différence entre faire la volonté de Dieu et vivre dans la Divine Volonté. Dans le Livre du Ciel, Jésus relie les quarante jours de Bethléem à toute l'histoire du salut :
« Ma fille, quarante est un nombre symbolique et significatif dans ma vie ici-bas. À ma naissance, Je suis resté quarante jours dans la grotte de Bethléem – symbole de ma Divine Volonté qui, quoique présente au milieu des créatures, était comme cachée et en dehors de la cité de leur âme. Et Moi, afin de réparer pour les quarante siècles de volonté humaine, Je voulais rester en dehors de la cité pendant quarante jours [...]. Et après quarante jours, Je suis allé me présenter au temple pour me révéler au vieux Siméon. Il était la première cité que J'appelais à la connaissance de mon Royaume. Et sa joie fut si grande qu'il ferma les yeux à la terre pour les ouvrir à l'éternité. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 22, 8 septembre 1927[185]
Dans La Vierge Marie dans le Royaume de la Volonté Divine, méditations écrites en 1932 par obéissance à son confesseur, don Benedetto Calvi, qui les publia en italien[186], c'est la Vierge qui parle. Elle présente la montée au Temple comme une réponse immédiate à la Volonté divine :
« Les quarante jours étant écoulés, le cher Enfant, débordant d'Amour plus que jamais, voulait obéir à la loi et être présenté au Temple pour s'offrir pour le salut de tous. C'était la Volonté Divine qui nous demandait de faire ce grand sacrifice. Nous avons obéi promptement. Ma fille, quand nous répondons promptement aux demandes de la Volonté Divine, Elle met à notre disposition sa Force divine, sa Sainteté et sa Puissance créatrice afin de multiplier nos actes et nos sacrifices pour tous. » — La Vierge Marie à Luisa Piccarreta, La Vierge Marie dans le Royaume de la Volonté Divine, leçon additionnelle n° 4[187]
La même leçon voit dans la prophétie de Syméon le moment où, aux titres de Marie, « s'est ajouté celui de Mère et Reine des Douleurs », et elle invite chacun, dans ses propres épreuves, à redire « le cher et doux fiat : "Ce que tu veux, je le veux aussi !" »[188]. Dès 1905, Jésus avait dit à Luisa que celui qui « se place dans les mains de la Providence et s'offre pour souffrir [...] tout ce que le Seigneur lui enverra, en vient à participer à la première douleur de la prophétie de Siméon »[189]. Loin de voiler la joie de la fête, cette lecture en révèle le fond : au Temple, la Mère et le Fils n'ont qu'une seule volonté, celle du Père. Sur cet ouvrage marial, voir La Vierge Marie dans le Royaume de la Divine Volonté.
Pour aller plus loin
- Noël (25 décembre) — la solennité de la Nativité, quarante jours avant la Présentation, avec la question de l'historicité des récits de l'enfance.
- Sainte Marie Mère de Dieu (1er janvier) — l'octave de Noël et la maternité divine de Marie.
- Épiphanie (6 janvier) — l'autre fête de la manifestation du Christ aux nations, et les origines orientales du 6 janvier.
- Baptême du Seigneur — la fête qui clôt aujourd'hui le temps de Noël.
- Annonciation du Seigneur (25 mars) — l'autre grande fête du Seigneur où le Fils est intimement uni à sa Mère.
- L'année liturgique — la place du 2 février dans l'ensemble du calendrier.
- Le symbolisme des cierges et Pourquoi allumer des cierges ? — le sens chrétien de la lumière.
- Pourquoi le carême dure-t-il quarante jours ? — la symbolique biblique du nombre quarante.
- La basilique Sainte-Marie-Majeure — le terme de la procession romaine de l'Hypapante.
- La Divine Volonté et Luisa Piccarreta (1865-1947) — pour approfondir la lecture de la fête dans les écrits de Luisa.
- La Fête-Dieu (Corpus Christi) — une autre fête du calendrier liturgique née d'une histoire propre.
Sources principales
- Bible, traduction liturgique officielle (AELF) : Luc 2, 22-40 ; Lévitique 12 ; Exode 13 ; Nombres 18 ; Malachie 3, 1-4 ; Hébreux 2, 14-18.
- Catéchisme de l'Église catholique, § 529, 583, 695, 725.
- Calendarium Romanum, editio typica, Cité du Vatican, Typis Polyglottis Vaticanis, 1969.
- Missale Romanum, editio typica tertia, 2002, « In Praesentatione Domini ».
- Saint Paul VI, exhortation apostolique Marialis cultus, 2 février 1974.
- Saint Jean-Paul II, Message pour la première Journée de la vie consacrée, 6 janvier 1997 ; Rosarium Virginis Mariae, 2002.
- Benoît XVI, François, Léon XIV, homélies du 2 février (vatican.va).
- Égérie, Journal de voyage, éd. et trad. P. Maraval, Sources Chrétiennes 296, Paris, Cerf, 1982.
- John F. Baldovin, The Urban Character of Christian Worship, Orientalia Christiana Analecta 228, Rome, 1987.
- Frederick Holweck, art. « Candlemas », Catholic Encyclopedia, vol. 3, New York, 1908.
- Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II.
- Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 37.
- Saint Bernard de Clairvaux, Sermons pour la Purification I et III.
- Saint Alphonse de Liguori, Les Gloires de Marie.
- Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel ; La Vierge Marie dans le Royaume de la Volonté Divine.
Notes et références
Bible, traduction officielle liturgique de l'Association épiscopale liturgique pour les pays francophones (AELF), texte intégral consulté sur aelf.org. Toutes les citations bibliques de cet article suivent cette traduction.
1 26 29 31 37 41 43 47 59 112 113 116 121Égérie, Itinerarium (Journal de voyage), XXVI, texte latin consulté sur The Latin Library (thelatinlibrary.com/egeria2.html) ; édition critique et traduction de référence : Pierre Maraval, Égérie. Journal de voyage (Itinéraire), Sources Chrétiennes n° 296, Paris, Cerf, 1982. Traduction Ignispedia. Texte original : « Sane quadragesimae de epiphania ualde cum summo honore hic celebrantur. Nam eadem die processio est in Anastase, et omnes procedunt et ordine suo aguntur omnia cum summa laetitia ac si per pascha. Praedicant etiam omnes presbyteri et sic episcopus semper de eo loco tractantes euangelii, ubi quadragesima die tulerunt Dominum in templo Ioseph et Maria et uiderunt eum Symeon uel Anna prophetissa, filia Fanuhel, et de uerbis eorum, quae dixerunt uiso Domino, uel de oblatione ipsa, qua optulerunt parentes. Et postmodum celebratis omnibus per ordinem, quae consuetudinis sunt, aguntur sacramenta et sic fit missa. »
2 48 60 75 101Calendarium Romanum, 1969, p. 86, « Commentarius historicus » (même commentaire non officiel). Traduction Ignispedia. Texte original : « Festum Praesentationis Domini in templum, de quo iam a saeculo V Hierosolymis adest testimonium, Romae saeculo VII acceptum est sub nomine Hypapanti. Inde a saeculo X vero libri liturgici occidentales extulerunt purificationem Mariae, quae exinde nomen festo tribuit. Plene consentiendo traditioni Ecclesiarum orientalium Codex rubricarum anno 1960 hanc celebrationem tamquam festum Domini habendam esse declaraverat. »
3 12 17 66 69 90 107Calendarium Romanum, 1969, p. 115, « Variationes in Calendarium Romanum inductae » (commentaire rédigé par le Consilium pour l'application de la constitution sur la liturgie, présenté par l'éditeur comme non officiel, p. 53-177 du volume). Traduction Ignispedia. Texte original : « 2 In Purificatione B. M. V. — Mutatur titulus festi huius diei: dicitur "In Praesentatione Domini", quo manifestius intelligi possit quod agitur de festivitate Domini. »
4 11 70Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier (1969), n° 5, dans le Calendarium Romanum, 1969, p. 12. Traduction Ignispedia. Texte original : « Propter suum peculiare momentum, dominica suam cedit celebrationem solummodo sollemnitatibus, necnon festis Domini; Dominicae vero Adventus, Quadragesimae et Paschae super omnia festa Domini et super omnes sollemnitates praecedentiam habent. »
5 139Missale Romanum, editio typica tertia, 2002, « Die 2 februarii. In Praesentatione Domini. Festum » : « De benedictione et processione candelarum » (Forma prior : Processio ; Forma altera : Introitus sollemnis), monition Fratres carissimi, bénédiction Deus, omnis luminis fons et origo, antiennes Lumen ad revelationem gentium et Adorna thalamum, introït Suscepimus, collecte, rubrique du Credo le dimanche, prière sur les offrandes, préface De mysterio Praesentationis Domini, antienne de communion, prière après la communion (texte latin reproduit sur textosparalaliturgia.blogspot.com, recoupé avec les sources citées ici). Traductions Ignispedia. Textes originaux : monition « Hodie vero occurrit dies ille beatus, quo Iesus a Maria et Ioseph praesentatus est in templo, exterius quidem legem implens, rerum veritate autem occurrens populo suo credenti [...]. Ita et nos, congregati in unum per Spiritum Sanctum, procedamus ad domum Dei obviam Christo. Inveniemus eum et cognoscemus in fractione panis, donec veniat manifestus in gloria. » ; bénédiction « Deus, omnis luminis fons et origo, qui iusto Simeoni Lumen ad revelationem gentium hodie demonstrasti, te supplices deprecamur, ut hos cereos sanctificare tua benedictione digneris, tuae plebis vota suscipiens, quae ad tui nominis laudem eos gestatura concurrit, quatenus per virtutum semitam ad lucem indeficientem pervenire mereatur. » ; prière sur les offrandes « qui Unigenitum Filium tuum voluisti Agnum immaculatum tibi offerri pro saeculi vita » ; préface « Quia coaeternus hodie in templo tuus Filius praesentatus gloria Israel et lumen gentium a Spiritu declaratur. »
6 39 123 125 129 142 145 147 148 153 156Saint Jean-Paul II, Message pour la Iʳᵉ Journée de la vie consacrée, Vatican, 6 janvier 1997 (vatican.va).
7 72 127 165 166 167 168Catéchisme de l'Église catholique, § 529 : « La présentation de Jésus au Temple (cf. Lc 2, 22-39) le montre comme le Premier-Né appartenant au Seigneur (cf. Ex 13, 12-13). Avec Siméon et Anne c'est toute l'attente d'Israël qui vient à la rencontre de son Sauveur (la tradition byzantine appelle ainsi cet événement). Jésus est reconnu comme le Messie tant attendu, "lumière des nations" et "gloire d'Israël", mais aussi "signe de contradiction". Le glaive de douleur prédit à Marie annonce cette autre oblation, parfaite et unique, de la Croix qui donnera le salut que Dieu a "préparé à la face de tous les peuples". »
8 21 44Trésor de la langue française informatisé (ATILF-CNRS), art. « Chandeleur » (cnrtl.fr) : définition, proverbes « À la chandeleur, l'hiver se passe ou prend vigueur » et « À la chandeleur, grandes douleurs », citation de Georges Bernanos (Monsieur Ouine, 1943) ; étymologie : « 1119 chandelur (Ph. de Thaon, Comput) ; 1262 chandeleur (J. Le Marchand, Miracles N.-D. Chartres). Issu p. ell. de l'expr. festa *candelorum pour festa candelarum "fête des chandelles" [...] ; la fête tire son nom des cierges bénits que l'on porte en procession ».
9 24 68 177 180Sacrée Congrégation des Rites, décret Prot. N. R 21/969, en tête du Calendarium Romanum ex decreto Sacrosancti Œcumenici Concilii Vaticani II instauratum auctoritate Pauli PP. VI promulgatum, editio typica, Typis Polyglottis Vaticanis, 1969 : le nouveau calendrier, approuvé par la lettre apostolique motu proprio Mysterii paschalis du 14 février 1969, entre en vigueur le 1ᵉʳ janvier 1970.
10 71Saint Paul VI, Marialis cultus, formule finale : « Donné à Rome, près de Saint-Pierre, en la fête de la Présentation du Seigneur, le 2 février 1974, onzième année de notre Pontificat. »
13Saint Paul VI, exhortation apostolique Marialis cultus, 2 février 1974, n° 7 (vatican.va). Le texte poursuit : « […] continuellement éprouvé dans sa foi et dans son espérance, par la souffrance et par la persécution (cf. Lc 2, 21-35). »
14Frederick G. Holweck, art. « Candlemas », The Catholic Encyclopedia, vol. 3, New York, Robert Appleton Company, 1908 (newadvent.org/cathen/03245b.htm) : la fête du quarantième jour attestée à Jérusalem, célébrée le 14 février et appelée simplement « the fortieth day after Epiphany », ce qui montre qu'à Jérusalem l'Épiphanie était alors la fête de la naissance du Christ ; son passage au 2 février avec l'introduction de la fête romaine du 25 décembre ; Antioche en 526 (d'après Cédrène) ; Justinien Iᵉʳ en 542 ; le nom grec Hypapante tou Kyriou ; les Arméniens au 14 février ; le nom copte ; le titre de Purification dans le sacramentaire gélasien. N.B. : Holweck date par erreur le récit d'Égérie de la première moitié du IVᵉ siècle ; la date retenue ici (381-384) est celle des études de P. Devos, reprise par P. Maraval.
15 16 19 62 63 76 77 81 83 85 86 104 164Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, p. 590.
18Le Liber Pontificalis, vie du pape Serge Iᵉʳ, éd. L. Duchesne, t. I, Paris, 1886, p. 375-376 (référence donnée par J. F. Baldovin, The Urban Character of Christian Worship, 1987, p. 122) ; texte latin reproduit sur fontistoriche.org. Traduction Ignispedia. Texte original : « Hic statuit ut tempore confractionis dominici corporis Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis a clero et populo decantetur. Constituit autem ut diebus Adnuntiationis Domini, Dormitionis et Nativitatis sanctae Dei genetricis semperque virginis Mariae ac sancti Symeonis, quod Ypapanti Greci appellant, letania exeat a sancto Hadriano et ad sanctam Mariam populus occurrat. »
20 64 87 89 106Benoît XVI, homélie, célébration des vêpres de la Présentation du Seigneur, XIVᵉ Journée de la vie consacrée, basilique Vaticane, 2 février 2010 (vatican.va).
22 171« Trndez: Armenia's ancient festival where flames meet faith and fertility », The Armenian Weekly, 18 février 2025 (armenianweekly.com) : « The Armenian Apostolic Church celebrates a four-day feast 40 days after Armenian Christmas, observed on January 6. As a result, Trndez, or Tiarnundaraj, officially falls on February 14 » ; le nom Tiarnundaraj « meaning "coming to meet the Lord" » ; la veille, « A priest lights a candle from the Holy Altar, ignites a bonfire and distributes the flame to the congregation ». L'article sert ici uniquement pour la date, le nom et la coutume actuelle.
23 82 163Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, p. 597-598.
25 175Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 37, a. 3 (« L'oblation de Jésus au Temple »), réponse et solutions 2 et 4, trad. fr. Éditions du Cerf, 1984, édition numérique docteurangelique.free.fr, 2008, p. 2553-2554. La phrase de la solution 2 est une citation patristique sur Luc 2, 23, que la traduction anglaise de la Somme (Benziger, newadvent.org) attribue à saint Athanase.
27 33 34 122Joseph Ratzinger - Benoît XVI, L'enfance de Jésus, trad. de l'allemand, Paris, Flammarion, 2012, p. 116-118 (ISBN 978-2-08-129577-3), extrait reproduit par l'Encyclopédie mariale Codex Dei (mariedenazareth.com) : « À l'évidence il veut dire : cet enfant n'a pas été racheté et n'est pas retourné à la propriété de ses parents, mais tout au contraire il a été remis personnellement à Dieu dans le Temple, totalement donné en propriété à Lui. La parole paristànai, ici traduite par "présenter", signifie aussi "offrir", en référence à ce qui se fait avec les sacrifices dans le Temple. »
28 58Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 37, a. 4 (« La purification de la Mère de Dieu »), réponse et solutions 1 à 3, trad. fr. Éditions du Cerf, 1984, p. 2554-2555. Solution 1 : « Bien que la Bienheureuse Vierge n'ait eu aucune souillure, elle a voulu cependant accomplir l'observance de la purification, non par nécessité, mais à cause du précepte de la loi. » Solution 2 : « Moïse paraît avoir choisi intentionnellement ses termes, afin d'excepter de la souillure la Mère de Dieu, qui n'a pas enfanté "de la semence de l'homme". »
30 51 54Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, p. 584.
32 35Benoît XVI, homélie, messe de la Présentation du Seigneur, XVIIᵉ Journée de la vie consacrée, basilique Vaticane, 2 février 2013 (vatican.va).
36 57Catéchisme de l'Église catholique, § 695.
38Saint Jean-Paul II, lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, 16 octobre 2002, n° 20 (vatican.va).
40 45Pape François, homélie, XXIVᵉ Journée mondiale de la vie consacrée, basilique Saint-Pierre, samedi 1ᵉʳ février 2020 (vatican.va).
42 159Saint Alphonse de Liguori, Les Gloires de Marie, « Réflexions sur chacune des Sept Douleurs de la Sainte Vierge. Première douleur : la Prophétie de Siméon », éd. Saint-Paul, 2007, p. 341-342.
46Benoît XVI, homélie, célébration des vêpres, fête de la Présentation du Seigneur, basilique Saint-Pierre, 2 février 2011 (vatican.va).
49 120Léon XIV, homélie, messe de la Présentation du Seigneur, XXXᵉ Journée mondiale de la vie consacrée, basilique Saint-Pierre, lundi 2 février 2026 (vatican.va).
50 132 174Saint Bernard de Clairvaux, In Purificatione B. Mariae, Sermo III, 1-2, Patrologie latine, t. 183, col. 369-370 ; traduction officielle du début de l'invocation dans Marialis cultus, n° 20 ; autres passages traduits par Ignispedia. Au n° 1, Bernard lit Lévitique 12, 2 dans la Vulgate (« mulier quae suscepto semine peperisset ») et conclut que la loi exclut la Mère du Seigneur. Textes originaux : « Vere, o beata Virgo, vere non habes causam, nec tibi opus est purificatione. Sed nunquid filio tuo opus erat circumcisione? Esto inter mulieres tanquam una earum; nam et filius tuus sic est in numero puerorum. [...] Offer filium tuum, Virgo sacrata, et benedictum fructum ventris tui Domino repraesenta. Offer ad nostram omnium reconciliationem hostiam sanctam, Deo placentem. [...] Sed oblatio ista, fratres, satis delicata videtur, ubi tantum sistitur Domino, redimitur avibus, et illico reportatur. Veniet, quando non in templo offeretur, nec inter brachia Simeonis, sed extra civitatem inter brachia crucis. Veniet, quando non redimetur alieno, sed alios redimet sanguine proprio [...]. Illud erit sacrificium vespertinum, istud est matutinum. »
52 53 124Saint Alphonse de Liguori, Les Gloires de Marie, IIᵉ partie, sixième discours, « La Purification de la sainte Vierge. Du grand sacrifice que fit Marie en ce jour en offrant à Dieu la vie de son Fils », introduction du P. Théodule Rey-Mermet, trad. du P. Jean-Baptiste Favre, 8ᵉ éd., Paris, Saint-Paul, 2007 (ISBN 978-2-35117-024-3), p. 290.
55 128Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II (édition du XIXᵉ siècle numérisée par Internet Archive, postérieure à 1870), chapitre « La Purification de la très sainte Vierge », p. 583.
56Lectionnaire arménien de Jérusalem (Vᵉ siècle), n° 13, éd. A. Renoux, Le Codex arménien Jérusalem 121, Patrologia Orientalis, t. 36 (cité par J. F. Baldovin, 1987, p. 66) ; traduction anglaise consultée sur bombaxo.com (« An early Armenian lectionary ») : « 14 February. Fortieth day of the Nativity of our Lord Jesus Christ. They assemble in the Holy Martyrium in the City » ; psaume 97 avec l'antienne « All the ends of the earth have seen the salvation of our God » ; Galates 3, 24-29 ; alléluia, psaume 95 ; Luc 2, 22-40.
61 79 102J. F. Baldovin, The Urban Character of Christian Worship, 1987, p. 157-158, résumant l'Ordo Romanus XX (vers 780-790), éd. M. Andrieu, Les Ordines Romani du haut Moyen Âge, t. III, p. 231-232 : « At dawn the people process from the various churches (diaconiae and tituli) with candles in hand to the church of S. Adriano in the Forum. There they await the pope. »
65 91F. G. Holweck, art. « Candlemas », Catholic Encyclopedia, vol. 3, 1908 : la bénédiction des cierges avant le XIᵉ siècle, l'antienne Adorna thalamum tuum, Sion attribuée à saint Jean Damascène, le rite du Missel romain de l'époque (étole et chape violettes, cierges de cire d'abeille, cinq oraisons, Nunc dimittis avec l'antienne Lumen ad revelationem), le rang de double de deuxième classe, la procession maintenue au 2 février même si la messe est reportée au 3, les usages médiévaux. Texte original de la phrase citée : « The blessing of the candles did not enter into common use before the eleventh century; it has nothing in common with the procession of the Lupercalia. »
67 92 96 98 109 160Saint Jean-Paul II, homélie du 2 février 1997, Iʳᵉ Journée de la vie consacrée (vatican.va, texte italien). Traduction Ignispedia. Texte original : « L'odierna ricorrenza si arricchisce quest'anno di un nuovo significato. Per la prima volta, infatti, celebriamo la Giornata della Vita Consacrata. »
73 169Hervé Savon, compte rendu de P. Maraval, Égérie, Journal de voyage (Itinéraire), Sources Chrétiennes 296, dans la Revue belge de philologie et d'histoire, t. 65, fasc. 1, 1987, p. 175-176 (persee.fr) : « le voyage d'Égérie a eu lieu de Pâques 381 à Pâques 384, à quelques mois près », d'après la démonstration de Paul Devos (1967-1968) ; « Tout ce que nous en savons directement concerne la période qui va du 16 décembre 383 à juin 384. »
74John F. Baldovin, The Urban Character of Christian Worship. The Origins, Development, and Meaning of Stational Liturgy, Orientalia Christiana Analecta 228, Rome, Pontificium Institutum Studiorum Orientalium, 1987, p. 60 : « On the fortieth day after Epiphany the Presentation of Jesus in the Temple is celebrated with a Eucharist in the Anastasis », service stational « celebrated by the bishop ».
78J. F. Baldovin, The Urban Character of Christian Worship, 1987, p. 66 : « "The fortieth day of the Nativity of our Savior Jesus Christ" is the title given for 14 February, with a station at the Martyrium. The reference is to the presentation of Jesus in the Temple. »
80J. F. Baldovin, The Urban Character of Christian Worship, 1987, p. 75 : dans le lectionnaire géorgien de Jérusalem, « Hypapante, the Presentation of Jesus, now celebrated on 2 February ».
84J. F. Baldovin, The Urban Character of Christian Worship, 1987, p. 122 : « The Syrian Pope Sergius (687-701) is credited with the introduction of processions on the feasts of the Virgin: 2 February (Hypapante = Presentation), 25 March (Annunciation), 15 August (Dormition of the Virgin) and 8 September (Nativity of the Virgin). »
88Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, p. 595.
93Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, p. 597.
94 95Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, p. 605, traduction de l'antienne Adorna thalamum tuum, Sion, et suscipe Regem Christum : amplectere Mariam, quae est caelestis porta : ipsa enim portat Regem gloriae novi luminis.
97Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXᵉ siècle, t. III (C-CHEM), Paris, Administration du Grand Dictionnaire universel, [s. d.], p. 910, art. « Chandeleur » (Gallica, ark:/12148/bpt6k39790g). L'article attribue la fête au pape Gélase Iᵉʳ et conclut : « Cette opinion est d'ailleurs celle de Bède le Vénérable ».
99Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, p. 595-596 : l'attribution à Gélase par « Baronius, Thomassin, Baillet » ; le sermon d'Innocent III sur la Purification (torches de Cérès cherchant Proserpine) ; sa préférence pour le sentiment « de D. Hugues Ménard, Rocca, Henschenius et Benoît XIV » (Amburbales) ; les Lupercales, « comme l'on sait, […] célébrée[s] au mois de février, dans les siècles du paganisme ».
100 103 111Gélase Iᵉʳ, Lettre contre les Lupercales et dix-huit messes du sacramentaire léonien, introduction, texte critique, traduction et notes par G. Pomarès, Sources Chrétiennes n° 65, Paris, Cerf, 1959 ; présentation de l'éditeur (sourceschretiennes.org, « SC 65 ») : « Dans la lettre, le pape juge et condamne les Lupercales au cours d'un long réquisitoire. Enfin, il interdit à tout chrétien d'y prendre part » ; la lettre, « attribuée unanimement par la tradition manuscrite à Gélase Iᵉʳ, pape entre 492 et 496 », est conservée dans la Collectio Avellana, dont elle constitue la lettre 100.
105F. G. Holweck, art. « Candlemas », Catholic Encyclopedia, vol. 3, 1908. Traduction Ignispedia. Texte original : « The feast was certainly not introduced by Pope Gelasius to suppress the excesses of the Lupercalia. »
108Saint Sophrone de Jérusalem, Sermon pour la fête des Lumières (Hypapante), lecture patristique de l'office des lectures du 2 février, Liturgie des Heures, traduction AELF (aelf.org, 2 février 2026).
110 136AELF, lectures de la messe de la Présentation du Seigneur au Temple, 2 février 2026 (lundi : Malachie 3, 1-4 ou Hébreux 2, 14-18 ; psaume 23 [24] ; Luc 2, 22-40 ou 2, 22-32) et 2 février 2025 (dimanche : les deux lectures), aelf.org ; couleur liturgique : blanc.
114 149 150Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, p. 585-586, qui cite la prophétie d'Aggée à propos de l'entrée de l'Enfant dans le second Temple.
115Benoît XVI, homélie, fête de la Présentation du Seigneur, Journée de la vie consacrée, basilique Vaticane, 2 février 2006 (vatican.va).
117 172Saint Bernard de Clairvaux, In Purificatione B. Mariae, Sermo I, 1, Patrologie latine (Migne), t. 183, col. 365 ; traduction de Dom Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, p. 604. Texte original : « Hodie templi dominum in templum Domini Virgo mater inducit; Joseph quoque sistit Domino, non suum, sed ejus filium dilectum, in quo ei bene complacuit. Agnoscit Simeon justus quem exspectabat; Anna quoque vidua confitetur. Ab his quatuor primo hodierna processio celebrata est, quae postmodum exsultatione universae terrae in omni loco et ab omni gente celebraretur. »
118Catéchisme de l'Église catholique, § 583 : « Jésus, comme les prophètes avant lui, a professé pour le Temple de Jérusalem le plus profond respect. Il y a été présenté par Joseph et Marie quarante jours après sa naissance (cf. Lc 2, 22-39). »
119Saint Paul VI, Marialis cultus, n° 20. Le même paragraphe cite saint Bernard : « Offre ton Fils, Vierge sainte, et présente au Seigneur le fruit béni de tes entrailles. Offre pour notre commune réconciliation la victime sainte qui plaît à Dieu. »
126Pape François, homélie, XXIᵉ Journée de la vie consacrée, 2 février 2017 (vatican.va), qui cite la monition du Missel dans sa traduction française : « Jésus […] se conformait […] à la loi du Seigneur, mais [que], en vérité, il venait à la rencontre du peuple des croyants » (Missel Romain, 2 février, monition de la procession d'entrée).
130Pape François, homélie, fête de la Présentation du Seigneur, XVIIIᵉ Journée mondiale de la vie consacrée, basilique Vaticane, dimanche 2 février 2014 (vatican.va).
131 141Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, p. 610, verset d'alléluia de l'ancienne messe : « Senex Puerum portabat : Puer autem senem regebat », « Le vieillard portait l'Enfant ; mais l'Enfant conduisait le vieillard. »
133Pape François, homélie, fête de la Présentation du Seigneur, XIXᵉ Journée mondiale de la vie consacrée, 2 février 2015 (vatican.va) : « La liturgie des premières Vêpres de la fête d'aujourd'hui l'exprime de façon claire et belle : "senex puerum portabat, puer autem senem regebat". »
134Benoît XVI, homélie, célébration des vêpres, XVIᵉ Journée de la vie consacrée, basilique Vaticane, 2 février 2012 (vatican.va).
135 170Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, p. 589.
137Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier (1969), n° 33 et 38, dans le Calendarium Romanum, 1969, p. 15-16 : le temps de Noël va des premières vêpres de la Nativité jusqu'au dimanche après l'Épiphanie (c'est-à-dire après le 6 janvier), ce dimanche compris ; ce dimanche est la fête du Baptême du Seigneur. Textes originaux : « Tempus Nativitatis decurrit a I Vesperis Nativitatis Domini usque ad dominicam post Epiphaniam, seu post diem 6 ianuarii, inclusive » (n° 33) ; « Dominica post diem 6 ianuarii occurrente, fit festum Baptismatis Domini » (n° 38).
138AELF, calendrier liturgique romain (api.aelf.org), 26 janvier 2025 : « 3ème dimanche du Temps Ordinaire » ; 2 février 2025 : « Présentation du Seigneur au Temple (dimanche) — Fête du Seigneur » ; 9 février 2025 : « 5ème dimanche du Temps Ordinaire ».
140Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier (1969), n° 13, dans le Calendarium Romanum, 1969, p. 13 : les fêtes n'ont pas de premières vêpres, « nisi de festis Domini agatur quae in dominicis per annum occurrunt et pro earum Officio substituuntur » (sauf s'il s'agit de fêtes du Seigneur qui tombent un dimanche du temps ordinaire et en remplacent l'office).
143Code de droit canonique (1983), can. 1246 § 1 (vatican.va) : outre le dimanche, « doivent être observés les jours de la Nativité de Notre Seigneur Jésus Christ, de l'Épiphanie, de l'Ascension et du très Saint Corps et Sang du Christ, le jour de Sainte Marie Mère de Dieu, de son Immaculée Conception et de son Assomption, de saint Joseph, des saints Apôtres Pierre et Paul et enfin de tous les Saints ».
144Ignazio M. Calabuig, « Il culto di Maria in Occidente », dans Scientia Liturgica, dir. A. J. Chupungco, vol. V, Piemme, 1998 ; comparaison des textes anciens (Missel sextuplex, sacramentaire Hadrianum) et actuels de la messe du 2 février, reproduite en français par l'Encyclopédie mariale Codex Dei (F. Breynaert, mariedenazareth.com, « 2 février : rite romain de la Présentation de Jésus »), d'où sont tirées les traductions françaises des antiennes d'ouverture, de procession et de communion et de la prière après la communion.
146 151 157Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, p. 607-608 : introït Suscepimus, Deus, misericordiam tuam in medio templi tui et collecte Omnipotens sempiterne Deus, majestatem tuam supplices exoramus : ut, sicut unigenitus Filius tuus hodierna die cum nostrae carnis substantia in templo est praesentatus, ita nos facias purificatis tibi mentibus praesentari.
152 155AELF, Liturgie des Heures, office des lectures du 2 février 2026 (aelf.org) : lecture « Les premiers-nés » (Ex 13, 1-3a.11-16), lecture patristique « Sermon de S. Sophrone de Jérusalem pour la fête des Lumières », oraison.
154 158Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, p. 598-599, première oraison de la bénédiction des cierges (latin et français) : « ces cierges, pour l'usage des hommes, et pour la santé des corps et des âmes, soit sur la terre, soit sur les eaux ». Texte original : « ut has candelas ad usus hominum, et sanitatem corporum et animarum, sive in terra, sive in aquis [...] benedicere et sanctificare digneris ».
161 176Pape François, homélie, XXIIᵉ Journée mondiale de la vie consacrée, 2 février 2018 (vatican.va).
162Salle de presse du Saint-Siège, bulletin du 2 février 2026 (press.vatican.va, n° 0094). Traduction Ignispedia. Texte original : « Alle ore 17.00 di questo pomeriggio, Festa della Presentazione del Signore e XXX Giornata Mondiale della Vita Consacrata, il Santo Padre Leone XIV ha celebrato la Santa Messa nella Basilica Vaticana. [...] Il rito si è aperto con la benedizione delle candele e la processione ed è proseguito con la Celebrazione Eucaristica. »
173Le Roux de Lincy, Le Livre des proverbes français, précédé d'un essai sur la philosophie de Sancho Pança par Ferdinand Denis, t. I, Paris, Paulin, 1842, p. 65 (exemplaire numérisé, archive.org), citant l'almanach de Mathieu Laensberg et le Calendrier des bons Laboureurs pour 1618. Graphie de l'édition conservée.
178 179Gallica (Bibliothèque nationale de France) : « La Chandeleur : gosses mangeant des crêpes », photographie de presse, Agence Mondial Photo-Presse, 1933 (ark:/12148/btv1b9034624v) ; « 2/2/34, Chandeleur [fabrication de crêpes] », photographie de presse, Agence Rol, 1934 (ark:/12148/btv1b532912784).
181UNESCO, Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité, « Festivity of Virgen de la Candelaria of Puno », élément inscrit en 2014 (9.COM), ich.unesco.org.
182Saint Alphonse de Liguori, Les Gloires de Marie, IIᵉ partie, sixième discours, éd. Saint-Paul, 2007, p. 293-294 (prière que le saint met dans la bouche de Marie).
183Sur la vie de Luisa Piccarreta, sa cause de béatification et le statut de ses écrits, voir les articles Ignispedia Luisa Piccarreta (1865-1947) et Les écrits de Luisa sont-ils approuvés par l'Église ?. Les écrits cités ici sont des révélations privées : ils nourrissent la méditation de la fête sans s'ajouter à l'enseignement du magistère.
184L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 22, 8 septembre 1927 — les quarante jours dans la vie de Jésus (édition française « Lumen Luminis », pour usage privé). Passage vérifié dans le PDF du tome 22 de la bibliothèque de travail.
185Luisa Piccarreta, La Vierge Marie dans le Royaume de la Volonté Divine. Méditations pour les 31 jours du mois de mai, leçon additionnelle n° 4 (« La Reine du Ciel dans le Royaume de la Divine Volonté quitte Bethléem. Le divin Fiat l'appelle à l'héroïsme du sacrifice d'offrir le petit Enfant Jésus pour le salut de la race humaine. La purification »), éd. française présentée par le P. J. Gary, Fraternité des Fils de la Volonté Divine, p. 159-162. L'introduction précise que le livre « a été écrit en 1932 par Luisa Piccarreta […] par obéissance à son confesseur Don Benedetto Calvi qui, par la suite, le publia en italien ».
186 187 188L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 6, 17 septembre 1905 — comment participer aux souffrances de la Reine Mère (édition française « Lumen Luminis », pour usage privé).
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