Annonciation du Seigneur (25 mars)

L'Annonciation du Seigneur, fêtée le 25 mars, célèbre le jour où l'ange Gabriel annonça à la Vierge Marie la naissance du Fils de Dieu et où, par son oui, le Verbe s'est fait chair. Sens, liturgie, histoire et traditions de cette solennité, neuf mois avant Noël.

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L'Annonciation du Seigneur est la solennité que l'Église célèbre le 25 mars en mémoire du jour où l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu à la Vierge Marie, à Nazareth, pour lui annoncer qu'elle concevrait le Fils du Très-Haut, et où, par sa réponse — « Voici la servante du Seigneur ; que tout m'advienne selon ta parole » (Lc 1, 38) —, le Verbe éternel s'est fait chair dans son sein[1]. Neuf mois avant Noël, elle ouvre le cycle des fêtes de l'Incarnation qui, selon le Catéchisme, « commémorent le commencement de notre salut »[2].

C'est une fête à la fois du Christ et de sa Mère. Longtemps intitulée « Annonciation de la bienheureuse Vierge Marie », elle a retrouvé en 1969 son titre ancien d'« Annonciation du Seigneur », sans cesser d'être, selon Paul VI, « une fête conjointe du Christ et de la Vierge »[3]. Tombant presque toujours en Carême, elle y interrompt le violet de la pénitence : on y dit le Gloria et le Credo, et tous font la génuflexion aux mots Et incarnatus est[4]. Si le 25 mars tombe pendant la Semaine sainte ou l'octave de Pâques, la solennité est reportée au lundi qui suit le deuxième dimanche de Pâques[5].

Née en Orient, où elle est célébrée le 25 mars dès le VIᵉ siècle, puis reçue à Rome au VIIᵉ[6][7], la fête s'appuie sur une conviction très ancienne dont saint Augustin se fait l'écho : le Christ fut conçu et mourut le même jour, le 25 mars[8]. Le 25 mars est ainsi devenu une date-repère de l'histoire chrétienne : premier jour de l'année dans une partie de l'Europe médiévale, jour où la Vierge révéla son nom à Lourdes en 1858, jour choisi par saint Jean-Paul II en 1984 puis par le pape François en 2022 pour consacrer l'humanité au Cœur immaculé de Marie[9][10].

Pour la tradition spirituelle, des Pères de l'Église jusqu'aux écrits de la Servante de Dieu Luisa Piccarreta, l'Annonciation est l'heure où Dieu a voulu attendre le consentement d'une créature avant de s'incarner : un fiat prononcé, selon la formule de saint Thomas d'Aquin reprise par le Catéchisme, « au nom de toute la nature humaine »[11].

Que célèbre l'Église le 25 mars ?

« In Annuntiatione Domini » : le nom et le rang

Infographie — Le 25 mars dans le cycle de l’Incarnation et les fêtes qui lui sont liées. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Dans le Missel romain actuel, la fête du 25 mars porte le titre latin In Annuntiatione Domini, « en l'Annonciation du Seigneur », avec le rang de solennité, le plus élevé du calendrier[12]. Les Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, qui fixent l'ordre de préséance entre les célébrations, rangent les solennités du Seigneur, de la Vierge Marie et des saints inscrites au calendrier général au troisième degré de leur tableau ; seuls les précèdent le Triduum pascal, les solennités de Noël, de l'Épiphanie, de l'Ascension et de la Pentecôte, les dimanches de l'Avent, du Carême et de Pâques, le Mercredi des Cendres, les jours de la Semaine sainte du lundi au jeudi et les jours de l'octave de Pâques[13]. Cette hiérarchie explique à elle seule les déplacements que connaît la fête certaines années : l'Annonciation s'efface devant les jours qui la dominent, puis se célèbre au premier jour libre.

À la différence de Noël ou de la solennité de Sainte Marie Mère de Dieu, l'Annonciation n'est pas aujourd'hui une fête de précepte : le canon 1246 du Code de droit canonique, qui énumère les jours où les fidèles sont tenus de participer à la messe, ne la mentionne pas[14]. Il n'en a pas toujours été ainsi. Au début du XXᵉ siècle, la Catholic Encyclopedia rappelait qu'elle avait été jour d'obligation dans toute l'Église, avant que cette obligation ne soit levée pour la France le 9 avril 1802 et, pour les États-Unis, par le IIIᵉ concile de Baltimore en 1884[15].

Pourquoi « du Seigneur » ? Le titre rendu en 1969

Jusqu'à la réforme du calendrier, la fête s'intitulait In Annuntiatione Beatae Mariae Virginis, « en l'Annonciation de la bienheureuse Vierge Marie ». Le Calendarium Romanum publié en 1969 justifie sobrement le changement : le titre est modifié en In Annuntiatione Domini « afin que l'on comprenne plus clairement qu'il s'agit principalement d'une solennité du Seigneur »[16]. Le même commentaire officiel rappelle que la solennité, « d'origine orientale, fut reçue à Rome au VIIᵉ siècle sous le titre d'Annonciation du Seigneur, comme en témoigne le Liber pontificalis », et que « les rites orientaux, comme le rite ambrosien, l'ont toujours comptée parmi les solennités du Seigneur »[17]. Le changement de 1969 n'est donc pas une innovation mais une restitution : les anciens calendriers latins connaissaient déjà les noms de Festum Incarnationis, Initium Redemptionis, Conceptio Christi ou Annuntiatio Dominica[18].

Paul VI a précisé la portée de ce choix dans l'exhortation Marialis cultus, en montrant que le titre christologique n'efface pas la Vierge :

« Pour la solennité de l'Incarnation du Verbe, on a repris dans le Calendrier Romain, par une décision motivée, l'ancienne appellation « Annonciation du Seigneur », mais la célébration était et reste une fête conjointe du Christ et de la Vierge : fête du Verbe qui se fait « fils de Marie » (Mc 6, 3), fête de la Vierge qui devient Mère de Dieu. » — Paul VI, exhortation apostolique Marialis cultus, 2 février 1974, n° 6[19]

Infographie — Les deux faces de la solennité selon Marialis cultus, n° 6. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le même texte décrit les deux faces du mystère. Du côté du Christ, la solennité est « mémoire du fiat salvifique du Verbe incarné » et « commémoration du début de la rédemption » ; du côté de Marie, elle est « la fête de la nouvelle Eve, vierge obéissante et fidèle », devenue « véritable Arche d'Alliance et véritable Temple de Dieu », et donc « la mémoire d'un moment culminant du dialogue de salut entre Dieu et l'homme »[20]. Le calendrier de 1969 range d'ailleurs l'Annonciation parmi les fêtes du Seigneur « dans lesquelles Jésus est intimement uni à sa Mère », avec la Présentation du Seigneur du 2 février[21].

Une fête de l'Incarnation au milieu du Carême

Le Catéchisme situe l'Annonciation au principe même de l'année liturgique :

« L'année liturgique est le déploiement des divers aspects de l'unique mystère pascal. Cela vaut tout particulièrement pour le cycle des fêtes autour du Mystère de l'Incarnation (Annonciation, Noël, Épiphanie) qui commémorent le commencement de notre salut et nous communiquent les prémices du mystère de Pâques. » — Catéchisme de l'Église catholique, n° 1171[22]

Cette place explique le paradoxe de la date. Célébrée en plein Carême, la fête fait entendre au milieu de la pénitence une nouvelle de Noël. Le grand liturgiste Dom Prosper Guéranger l'exprimait ainsi au XIXᵉ siècle :

« Au sein même de l'austère Quarantaine, voici que nous préludons aux joies ineffables de la fête de Noël ; encore neuf mois, et notre Emmanuel conçu en ce jour naîtra dans Bethléhem [...]. » — Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique, « Le Carême », au 25 mars[23]

La coïncidence avec le Carême a pesé sur toute l'histoire de la fête : c'est parce que le 25 mars tombe en Carême ou au temps pascal que l'Espagne wisigothique institua au VIIᵉ siècle une grande fête de la Mère du Seigneur au 18 décembre, et c'est parce qu'on ne célébrait normalement pas de fêtes pendant la Quarantaine que le concile in Trullo dut, en 692, faire une exception en faveur de l'Annonciation — deux épisodes racontés plus loin. Aujourd'hui encore, on y porte le blanc, couleur des « célébrations du Seigneur qui ne sont pas celles de sa Passion » et de celles de la Vierge Marie[24], au milieu du violet du temps de pénitence.

Le récit de saint Luc, Évangile de la solennité

Infographie — Les six temps du récit proclamé à la messe du 25 mars (Lc 1, 26-38). Infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'Évangile proclamé le 25 mars est le récit de saint Luc (Lc 1, 26-38), seul évangéliste à rapporter l'annonce faite à Marie ; saint Matthieu, qui écrit du point de vue de Joseph, relate de son côté l'annonce faite en songe à l'époux de Marie : « l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint » (Mt 1, 20)[25]. Le récit de Luc tient en treize versets. La manière dont l'art chrétien l'a mis en images — le lys, le jardin clos, la colombe et le rayon — est étudiée dans l'article L'Annonciation de Fra Angelico ; cette partie s'attache au texte lui-même, tel que la liturgie le proclame.

« Le sixième mois », à Nazareth : un événement situé

« Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. » — Évangile selon saint Luc 1, 26-27[26]

Luc ne raconte pas une parabole : il date — « le sixième mois » de la grossesse d'Élisabeth, la mère de Jean-Baptiste, dont l'annonce précède immédiatement —, il situe — Nazareth, en Galilée —, il nomme les personnes. Célébrant la solennité à Nazareth même, le 25 mars 2000, saint Jean-Paul II le soulignait : « L'évangéliste Luc situe clairement l'événement dans le temps et dans l'espace »[27]. Le même évangéliste ouvre son livre en affirmant avoir écrit « d'après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole », « après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s'est passé depuis le début » (Lc 1, 2-3)[28]. Or l'Annonciation n'eut qu'un témoin humain, la Vierge elle-même, dont Luc note à deux reprises qu'elle « retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur » (Lc 2, 19 ; cf. 2, 51)[29].

On a parfois voulu lire ces pages comme une construction théologique plutôt que comme le récit d'un événement. Le Catéchisme répond à l'objection sans la minimiser : on a pu se demander « s'il ne s'agissait pas ici de légendes ou de constructions théologiques sans prétentions historiques », mais « la foi en la conception virginale de Jésus a rencontré vive opposition, moqueries ou incompréhension de la part des non-croyants, juifs et païens » ; elle « n'était pas motivée par la mythologie païenne ou par quelque adaptation aux idées du temps »[30]. Un récit qui exposait les premiers chrétiens aux sarcasmes n'avait aucun intérêt à être inventé. La discussion détaillée des objections faites aux récits de l'enfance du Christ se trouve dans l'article Noël (25 décembre).

« Je te salue, Comblée-de-grâce » : une salutation sans précédent

« L'ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. » — Évangile selon saint Luc 1, 28-29[31]

Le premier mot grec de l'ange, chaïre, que la liturgie rend par « Je te salue », signifie littéralement « Réjouis-toi ». Saint Jean-Paul II y entendait « une invitation à la joie, invitation qui fait écho à celle adressée à tout le peuple d'Israël par le prophète Zacharie : « Exulte avec force, fille de Sion ! Voici que ton roi vient à toi » (Za 9, 9 ; cf. également So 3, 14-18) »[32]. Le second, kecharitôménè, est un participe passif que l'on traduit par « comblée de grâce » ou « pleine de grâce » : « il s'agit en effet d'une abondance qui atteint son degré maximum », et l'expression « résonne comme si elle constituait le nom même de Marie »[33]. L'ange, notait l'encyclique Redemptoris Mater, « ne donne pas à celle à qui il s'adresse son nom propre suivant l'état civil terrestre : Miryam (= Marie), mais ce nom nouveau : « pleine de grâce » »[34].

Benoît XVI, présidant la solennité avec les cardinaux qu'il venait de créer, en a donné une lecture d'une grande tendresse :

« L'Ange, en « entrant chez Elle », ne l'appelle pas par son nom terrestre, Marie, mais par son nom divin, comme Dieu la voit et la qualifie depuis toujours : « Pleine de grâce - gratia plena » [...], la grâce n'étant rien d'autre que l'amour de Dieu, c'est ainsi que nous pourrions à la fin traduire : « aimée » de Dieu (cf. Lc 1, 28). Origène observe que jamais un tel titre ne fut donné à un être humain [...]. » — Benoît XVI, homélie de la solennité de l'Annonciation, place Saint-Pierre, 25 mars 2006[35]

Cette plénitude de grâce est aussi la racine d'un dogme : « Au long des siècles l'Église a pris conscience que Marie, « comblée de grâce » par Dieu (Lc 1, 28), avait été rachetée dès sa conception », ce que le pape Pie IX définit en 1854 comme le dogme de l'Immaculée Conception[36]. La salutation de l'ange est enfin devenue la première moitié de la prière la plus répétée de l'Église, l'Ave Maria, dont il sera question plus loin.

« Comment cela va-t-il se faire ? » : la question de la Vierge

L'ange annonce la naissance d'un fils qui « sera appelé Fils du Très-Haut » et dont « le règne n'aura pas de fin » (Lc 1, 32-33). Marie répond par une question :

« Marie dit à l'ange : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d'homme ? » L'ange lui répondit : « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. » » — Évangile selon saint Luc 1, 34-35[37]

Infographie — Les questions de Zacharie et de Marie dans le premier chapitre de saint Luc. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Cette question n'est pas celle de Zacharie. Le prêtre avait demandé une garantie — « Comment vais-je savoir que cela arrivera ? » — et s'était vu réduire au silence « parce que tu n'as pas cru à mes paroles » (Lc 1, 18-20)[38]. Marie, elle, « ne demande pas si la promesse est réalisable, mais seulement comment elle se réalisera », observait Jean-Paul II à Nazareth[39]. Saint Augustin tirait de ses paroles une conclusion devenue classique : la Vierge avait consacré à Dieu sa virginité avant même l'Annonciation.

« C'est ce qu'indiquent les paroles que Marie adressa à l'ange qui lui annonçait qu'elle enfanterait : « Comment cela se fera-t-il, dit-elle, puisque je ne connais pas d'homme ? » Elle ne l'aurait assurément pas dit si elle n'avait auparavant voué à Dieu sa virginité. » — Saint Augustin, De la sainte virginité, 4, 4 (traduction Ignispedia)[40]

La réponse de l'ange situe la conception dans l'ordre de l'Esprit. « La réponse divine à son « comment cela se fera-t-il » [...] est donnée par la puissance de l'Esprit », dit le Catéchisme, qui précise que « l'Esprit Saint est envoyé pour sanctifier le sein de la Vierge Marie et la féconder divinement »[41]. La foi de l'Église en la conception virginale du Christ et en la virginité perpétuelle de Marie s'enracine dans ces deux versets.

« Voici la servante du Seigneur » : le fiat

« Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m'advienne selon ta parole. » Alors l'ange la quitta. » — Évangile selon saint Luc 1, 38[42]

Ce consentement, que la tradition latine désigne d'après la Vulgate (fiat mihi secundum verbum tuum) par le seul mot fiat, « qu'il advienne », est le cœur de la fête. Saint Jean-Paul II en a donné la portée exacte dans l'encyclique Redemptoris Mater, signée un 25 mars :

« Ce fiat de Marie - « qu'il m'advienne » - a déterminé, du côté humain, l'accomplissement du mystère divin. Il y a une pleine harmonie avec les paroles du Fils qui, suivant la Lettre aux Hébreux, dit au Père en entrant dans le monde : [...] « Voici, je viens... pour faire, ô Dieu, ta volonté » (He 10, 5-7). Le mystère de l'Incarnation s'est accompli lorsque Marie a prononcé son fiat [...]. » — Saint Jean-Paul II, encyclique Redemptoris Mater, 25 mars 1987, n° 13[43]

Benoît XVI situait ce moment avec une précision de théologien : c'est « lorsque du plus profond de son coeur elle répondit : « Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole » (Lc 1, 38) » qu'« à ce moment-là, le Verbe éternel commença à exister comme être humain dans le temps »[44]. Et Jean-Paul II, rapprochant la Vierge du patriarche dont la foi avait ouvert l'histoire d'Israël, concluait : « la foi d'Abraham représente le commencement de l'Ancienne Alliance ; la foi de Marie à l'Annonciation inaugure la Nouvelle Alliance »[45].

Le « oui » de Marie dans la voix des saints

De l'Antiquité à nos jours, l'Église n'a cessé de méditer ces quelques versets. Les voix qui suivent ne répètent pas le récit : chacune en éclaire un aspect — la foi de Marie, l'attente du monde entier, la portée universelle de son consentement, la dévotion au mystère et, dans les écrits de Luisa Piccarreta, la puissance du Fiat prononcé dans la Volonté de Dieu. Par « vie dans la Divine Volonté », ces écrits n'entendent pas seulement faire la volonté de Dieu, comme s'y efforce tout chrétien fidèle : mais recevoir sa Volonté elle-même, pour qu'elle vive et agisse en nous.

Les Pères : la nouvelle Ève et la foi qui précède la chair

Le concile Vatican II a rassemblé en quelques lignes l'enseignement des Pères sur l'Annonciation :

« C'est donc à juste titre que les saints Pères considèrent Marie non pas simplement comme un instrument passif aux mains de Dieu, mais comme apportant au salut des hommes la coopération de sa libre foi et de son obéissance. En effet, comme dit saint Irénée, « par son obéissance elle est devenue, pour elle-même et pour tout le genre humain, cause du salut ». Aussi avec lui, un bon nombre d'anciens Pères disent volontiers dans leurs prédications : « Le nœud dû à la désobéissance d'Ève s'est dénoué par l'obéissance de Marie ; ce qu'Ève la vierge avait noué par son incrédulité, la Vierge Marie l'a dénoué par sa foi » ; comparant Marie avec Ève, ils appellent Marie « la Mère des vivants » et déclarent souvent : « Par Ève la mort, par Marie la vie. » » — Concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen gentium, n° 56[46]

Les notes du concile renvoient, pour le nœud dénoué, à saint Irénée de Lyon (Contre les hérésies, III, 22, 4) et, pour la formule « Par Ève la mort, par Marie la vie », à saint Jérôme (Lettre 22, 21)[47]. Le même texte affirme que « il plut au Père des miséricordes que l'Incarnation fût précédée par une acceptation de la part de cette Mère prédestinée, en sorte que, une femme ayant contribué à l'œuvre de mort, de même une femme contribuât aussi à la vie »[48]. Le parallèle entre Ève et Marie, que les peintres ont traduit à leur manière, est développé dans l'article consacré à l'Annonciation de Fra Angelico.

Saint Augustin, de son côté, a placé la grandeur de Marie dans sa foi plus encore que dans sa maternité. Le Catéchisme reprend sa formule : « Bienheureuse Marie, plus encore parce qu'elle a reçu la foi du Christ que parce qu'Elle a conçu la chair du Christ »[49]. Jean-Paul II la résumait en une phrase : « ce Fils, comme l'enseignent les Pères, elle l'a conçu en son esprit avant de le concevoir en son sein, précisément par la foi ! »[50] C'est là tout le sens d'une fête qui honore moins un prodige biologique qu'un acte de foi, dont le prodige est la réponse de Dieu.

Saint Bernard : « Réponds, ô Vierge »

Filippino Lippi, L’Apparition de la Vierge à saint Bernard, Badia Fiorentina. Domaine public. Wikimedia Commons.

Au XIIᵉ siècle, saint Bernard de Clairvaux consacra une série d'homélies à la louange de la Vierge Mère au seul récit de l'Annonciation, commenté verset par verset à partir de ses premiers mots, Missus est angelus Gabriel. La quatrième contient la page la plus célèbre jamais écrite sur l'instant du consentement ; la liturgie des Heures la fait lire le 20 décembre, à l'approche de Noël :

« Tu l'as entendu, ô Vierge : tu concevras un fils, non d'un homme — tu l'as entendu — mais de l'Esprit Saint. L'ange, lui, attend ta réponse : il est temps pour lui de retourner vers celui qui l'a envoyé. Nous aussi, nous attendons, ô Notre Dame. [...] Une brève réponse de toi suffit pour nous recréer, de sorte que nous soyons rappelés à la vie. [...] Ne tarde plus, Vierge Marie. Vite, réponds à l'ange, ou plutôt, par l'ange réponds au Seigneur. Réponds une parole et accueille la Parole ; prononce la tienne et conçois celle de Dieu ; profère une parole passagère et étreins la Parole éternelle. » — Saint Bernard de Clairvaux, Homélies à la louange de la Vierge Mère, IV, 8-9[51]

Tout l'enjeu de la fête apparaît dans ce texte : Dieu a voulu attendre la réponse d'une femme. Bernard fait entrer dans cette attente Adam, qui implore « tout en larmes », les patriarches, et « le monde entier », « prosterné à tes genoux », car « de ta parole dépendent le soulagement des malheureux, le rachat des captifs, la délivrance des condamnés, le salut enfin de tous les fils d'Adam »[52]. Benoît XVI, citant une autre image du même docteur, voyait en Marie l'aquaeductus, le « canal privilégié » par lequel la Source divine s'écoule jusqu'aux hommes[53].

Saint Thomas d'Aquin : un consentement « au nom de toute la nature humaine »

La Somme théologique consacre à l'Annonciation une question entière (IIIa, q. 30), divisée en quatre articles : convenait-il que la Vierge reçoive cette annonce ? par qui devait-elle lui être faite ? de quelle manière ? dans quel ordre[54] ? Au premier article, saint Thomas d'Aquin donne quatre raisons de cette convenance, dont la dernière est devenue l'une des formules les plus citées de la réflexion sur Marie :

Carlo Crivelli, Saint Thomas d’Aquin, National Gallery. Domaine public ; reproduction réduite. Wikimedia Commons.

« Il convenait qu'il fût annoncé à la bienheureuse Vierge qu'elle concevrait le Christ. Premièrement, pour que fût gardé l'ordre qui convenait à l'union du Fils de Dieu avec la Vierge : que son esprit fût instruit à son sujet avant qu'elle ne le conçoive dans sa chair. [...] Troisièmement, pour qu'elle offrît à Dieu le don volontaire de son obéissance, à quoi elle se montra prête en disant : « Voici la servante du Seigneur ». Quatrièmement, pour montrer qu'il y a une sorte de mariage spirituel entre le Fils de Dieu et la nature humaine. C'est pourquoi, par l'Annonciation, le consentement de la Vierge était demandé au nom de toute la nature humaine. » — Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 30, a. 1 (traduction Ignispedia)[55]

Le Catéchisme a repris cette formule en l'appliquant à la coopération de Marie au salut : « Elle a prononcé son oui « au nom de toute la nature humaine » »[56]. Jean-Paul II lui donnait une ampleur cosmique dans sa lettre sur le rosaire : « Toute l'histoire du salut, bien plus en un sens, l'histoire même du monde, aboutit à cette annonce [...]. À son tour, toute l'humanité se trouve comme contenue dans le fiat par lequel elle correspond avec promptitude à la volonté de Dieu. »[57]

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort : le 25 mars, fête propre de la vraie dévotion

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Souvenirs des Fêtes Jubilaires 1883-1909, édition de 1910. Domaine public. Wikimedia Commons.

Au début du XVIIIᵉ siècle, saint Louis-Marie Grignion de Montfort fit de l'Annonciation le centre de la consécration qu'il enseignait. Son Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge s'ouvre sur une phrase qui annonce tout le reste — « C'est par la Très Sainte Vierge Marie que Jésus-Christ est venu au monde, et c'est aussi par elle qu'il doit régner dans le monde » — et désigne expressément le 25 mars comme la fête propre de cette voie[58] :

« Ils auront une singulière dévotion pour le grand mystère de l'Incarnation du Verbe, le 25 de mars, qui est le propre mystère de cette dévotion. » — Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, n° 243[59]

Montfort voit dans l'Incarnation « le premier mystère de Jésus-Christ, le plus caché, le plus relevé et le moins connu », celui où Jésus, « de concert avec Marie, dans son sein », « a choisi tous les élus », et qui est « un abrégé de tous les mystères, qui renferme la volonté et la grâce de tous » (n° 248)[60]. Il rattache ce mystère au verset même que la liturgie du 25 mars fait entendre : Ecce venio ut faciam voluntatem tuam, « Voici, je viens pour faire ta volonté »[61].

Le Fiat de la Rédemption dans les écrits de Luisa Piccarreta

Au XXᵉ siècle, les écrits de la Servante de Dieu Luisa Piccarreta (1865-1947) ont donné au fiat de l'Annonciation une place centrale dans la spiritualité de la Divine Volonté. L'histoire du salut s'y lit en trois Fiat : le Fiat de la Création, le Fiat de la Rédemption, lié au consentement de Marie, et le Fiat par lequel Dieu veut accomplir la demande du Notre Père, « que ta Volonté soit faite sur la terre comme au Ciel »[62]. C'est ce que Jésus dit à Luisa le 10 janvier 1921 :

« J'ai demandé un premier Fiat dans ma Volonté à ma chère Maman. Oh ! la Puissance de ce Fiat dans ma Volonté ! Aussitôt que le Fiat de ma Mère rencontra le Fiat divin, ils devinrent Un. Mon Fiat éleva ma Mère, la divinisa, l'inonda — puis, sans aucune intervention humaine, elle conçut mon Humanité. C'est seulement dans mon Fiat qu'elle a pu concevoir mon Humanité. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 10 janvier 1921[63]

Infographie — Les trois Fiat dans les écrits de Luisa Piccarreta ; l’Annonciation au centre du Fiat de la Rédemption. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Une semaine plus tard, le 17 janvier 1921, le même texte fait découler de l'Annonciation toute la vie de la grâce : « Si l'homme renaît après le péché, si le nouveau-né est baptisé, si le Ciel s'ouvre pour recevoir les âmes, c'est par suite du Fiat de ma Mère. Oh ! la Puissance de ce Fiat ! »[64] Le même jour, Jésus souligne que la Vierge « n'avait rien d'extraordinaire dans sa vie extérieure : aucun miracle, aucun signe pour la distinguer des autres femmes »[65] — la grandeur de Nazareth était tout intérieure.

Dans les méditations que Luisa rédigea en 1932 par obéissance à son confesseur, La Vierge Marie dans le Royaume de la Divine Volonté, c'est la Vierge elle-même qui raconte l'instant :

« Je prononçai mon ‘fiat’ et, ô merveille, les deux fiats fusionnèrent. Ceci eut comme conséquence la descente du Verbe Divin en moi. Mon ‘fiat’, auquel Dieu accorda la même valeur qu'au Sien, donna Vie à la toute petite Humanité du Verbe Divin, à partir de la Semence que constituait mon humanité. Ainsi, le grand Prodige de l'Incarnation fut accompli. » — La Vierge Marie, dans Luisa Piccarreta, La Vierge Marie dans le Royaume de la Divine Volonté, jour 19[66]

Ces pages relèvent de la révélation privée et se reçoivent comme telles, sans se confondre avec l'enseignement du magistère cité plus haut. Elles n'ajoutent rien au dogme ; elles en font contempler la profondeur : « Dieu Lui-même ne voulut pas accomplir le grand Prodige de l'Incarnation seul. Il m'a voulue avec Lui dans cette entreprise »[67]. La doctrine du Fiat rédempteur est exposée pour elle-même dans l'article Qu'est-ce que le Fiat rédempteur ?, et la place de Marie dans cette spiritualité dans La Vierge Marie dans le Royaume de la Divine Volonté.

Pourquoi le 25 mars ?

Infographie — Conception et Passion, neuf mois avant Noël, Création et sixième mois : les repères développés dans le texte. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

La date du 25 mars se comprend d'abord par Noël : neuf mois séparent la conception de la naissance. Mais la tradition chrétienne a vu dans ce jour beaucoup plus qu'un simple calcul. Le débat savant sur l'ordre dans lequel les deux dates se sont fixées — le 25 mars a-t-il été déduit de Noël, ou Noël du 25 mars ? — est exposé dans l'article Pourquoi Noël est-il célébré le 25 décembre ? ; on ne retient ici que ce qui concerne l'Annonciation elle-même.

Neuf mois avant Noël, trois mois avant la Nativité de Jean-Baptiste

Le calendrier romain suit pas à pas la chronologie de saint Luc. L'ange annonce à Marie qu'Élisabeth « en est à son sixième mois » (Lc 1, 36) ; Marie reste auprès d'elle « environ trois mois », puis Élisabeth met au monde son fils (Lc 1, 56-57)[68]. D'où l'enchaînement des fêtes : l'Annonciation le 25 mars ; la Visitation le 31 mai, date que la réforme de 1969 lui a donnée « entre les solennités de l'Annonciation du Seigneur et de la Nativité de saint Jean-Baptiste, afin de mieux s'accorder avec le récit évangélique »[69] ; la Nativité de saint Jean-Baptiste le 24 juin ; et Noël le 25 décembre, neuf mois exactement après l'Annonciation.

L'historien de la liturgie Thomas Talley a souligné que cette date de la Nativité, « neuf mois plus tard, se trouve au commencement de l'année liturgique à Rome »[70]. La cohérence n'est pas seulement arithmétique : l'Annonciation et Noël sont les deux moments d'un même mystère, la venue du Fils de Dieu dans la chair, l'un caché dans le sein de Marie, l'autre manifesté à Bethléem.

« Conçu et mort le même jour » : le témoignage de saint Augustin

Dès le début du IIIᵉ siècle, Tertullien datait la Passion « au mois de mars, dans les temps de Pâque, le huitième jour des calendes d'avril », c'est-à-dire le 25 mars[71]. Deux siècles plus tard, saint Augustin atteste que l'Église tenait ce même jour pour celui de la conception du Christ :

« Il fut donc conçu et il mourut le huit des calendes d'avril, en sorte que le sépulcre neuf où il fut enseveli, et où personne n'avait été mis, et qui depuis ne reçut personne, est en parfait rapport avec le sein qui l'avait porté, et qui toujours resta vierge. On s'accorde également à mettre la naissance de Jésus-Christ au huit des calendes de janvier. » — Saint Augustin, De la Trinité, IV, 5, 9[72]

Augustin présente ce comput comme une tradition « reçue des anciens » que garde « l'autorité de l'Église », et note que le Christ « est cru » avoir été conçu ce jour-là[73]. Thomas Talley résume l'état des sources anciennes : des textes du IVᵉ siècle « identifient les dates de l'Annonciation et de la Passion au 25 mars, date assignée à la Passion dès le début du IIIᵉ siècle »[74]. À la fin du XIXᵉ siècle, l'historien Louis Duchesne en avait tiré une hypothèse devenue célèbre : la conception ayant été placée, comme la Passion, au 25 mars, la naissance aurait été fixée neuf mois plus tard, au 25 décembre — une explication qui, reconnaissait-il, « serait plus facilement acceptable si on la trouvait toute faite dans quelque auteur »[75].

Le 25 mars, premier jour du monde

Le traité De Pascha computus, composé en 243, probablement en Afrique du Nord, et longtemps attribué à tort à saint Cyprien, tenait le 25 mars pour la date historique de la Passion et en faisait aussi le premier jour de la Création, celui où Dieu sépara la lumière des ténèbres ; il plaçait la naissance du Christ au quatrième jour de la Création, le 28 mars, jour où le soleil fut créé : « Ô combien éclatante et divine est la providence du Seigneur, qui a voulu que le Christ naquît le jour même où fut fait le soleil ! »[76] L'intuition est la même que chez Augustin : les œuvres de Dieu se répondent, et le commencement de la Rédemption rejoint le commencement de la Création.

La Catholic Encyclopedia note que les anciens martyrologes associaient au 25 mars la création d'Adam, la crucifixion du Christ, le passage de la mer Rouge et le sacrifice d'Isaac[77]. Le Martyrologe romain faisait mémoire, ce jour-là, à Jérusalem, du bon larron, « qui confessa le Christ sur la croix et mérita d'entendre de lui ces paroles : « Aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis » »[78] : jusque dans le calendrier des saints, le jour de l'Incarnation restait aussi celui de la Croix.

L'argument du « sixième mois »

Une autre tradition, orientale, fondait la date sur le seul récit de Luc. Saint Jean Chrysostome avait soutenu que la vision de Zacharie au Temple avait eu lieu à l'automne, lors de la fête juive des Tentes ; l'Annonciation, survenue « le sixième mois » de la grossesse d'Élisabeth, tombait donc au mois de mars. Au VIᵉ siècle, Abraham d'Éphèse reprend ce raisonnement pour justifier la fête du 25 mars dans son homélie sur l'Annonciation, que le P. Martin Jugie, son éditeur, date des années 530-553[79][80]. Ces raisonnements ne prétendent pas à la précision d'une chronique ; ils montrent du moins que les chrétiens n'ont jamais tenu l'Annonciation pour un symbole intemporel, mais pour un événement survenu un jour précis de l'histoire, qu'ils cherchaient à retrouver.

Quand l'année commençait le 25 mars

Infographie — Le style de l’Annonciation et ses principales variantes dans l’Europe médiévale et moderne. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Parce que l'Incarnation marque le commencement du salut, une grande partie de l'Europe médiévale fit commencer l'année au 25 mars : c'est le « style de l'Annonciation », que l'historien Arthur Giry décrit comme « très fréquemment employé au moyen âge ». Il note que l'on attribue à Denys le Petit ce point de départ de l'année, et qu'en France ce style fut si répandu « qu'on a pu l'appeler, exceptionnellement il est vrai, mos Gallicanus »[81].

Ce comput connaissait deux variantes : le calcul florentin, qui ouvrait l'année au 25 mars suivant Noël, et le calcul pisan, qui l'ouvrait au 25 mars précédent, si bien que ce dernier était, selon Giry, « en avance de toute une année sur l'usage florentin »[82]. Le tableau suivant indique, d'après Giry et la loi anglaise de 1750, où l'usage s'est maintenu le plus longtemps.

TerritoireForme du « style de l'Annonciation »Fin de l'usageSource
Florence et une partie de la ToscaneCalcul florentin : l'année commence le 25 mars qui suit Noël1749Giry, p. 107
PiseCalcul pisan : l'année commence le 25 mars qui précède Noël1750Giry, p. 108
AngleterreStyle usité après la conquête de 1066Fin 1751 (loi de 1750)Giry, p. 108 ; Calendar Act 1750
ÉcosseStyle de l'Annonciation1599Giry, p. 108
Languedoc et provinces du Midi de la FranceStyle attesté dans les actes, à côté d'autres styles1564Giry, p. 107

En Angleterre, la loi de 1750 disposa que ce comput, « selon lequel l'année de Notre-Seigneur commence le vingt-cinquième jour de mars », cesserait d'être employé après le dernier jour de décembre 1751, l'année 1752 commençant au 1ᵉʳ janvier[83]. Pendant des siècles, dans une partie de la chrétienté, on changeait donc de millésime le jour de l'Annonciation : le calendrier civil lui-même comptait les années à partir de l'Incarnation.

Histoire de la fête

Une fête née en Orient

Le Calendarium Romanum de 1969 le rappelle en une phrase : la solennité de l'Annonciation est « d'origine orientale »[84]. Pendant longtemps, les historiens n'en trouvaient pas d'attestation certaine avant la fin du VIIᵉ siècle ; Louis Duchesne écrivait en 1886 que la fête « n'a pas d'attestation certaine, en Orient, avant le concile in Trullo (c. 52), célébré en 692 »[85]. L'étude publiée en 1913 par le P. Martin Jugie sur l'homélie d'Abraham d'Éphèse a fait remonter ce terme d'un siècle et demi. Cet évêque du VIᵉ siècle affirme en effet qu'aucun des grands Pères qui l'ont précédé n'a prêché « au grand jour de l'Annonciation » ; il se présente lui-même comme l'un des premiers à le faire, et prend soin de justifier la date du 25 mars[86]. Jugie en concluait :

« Il faut conclure que c'est dans la première moitié du VIᵉ siècle que la fête du 25 Mars commença à être solemnisée en Orient. » — Martin Jugie, « Abraham d'Éphèse et ses écrits », Byzantinische Zeitschrift 22, 1913[87]

Auparavant, le mystère de l'Annonciation était déjà médité et prêché, mais à une autre date, « très probablement à une date proche de la fête de Noël » : Jugie estime qu'à Constantinople comme à Jérusalem, au Vᵉ siècle, on en faisait mémoire le dimanche précédant Noël, coutume attestée dans le rite ambrosien de Milan[88]. Vers 550, à l'époque du grand hymnographe saint Romanos le Mélode, la fête du 25 mars était établie[89].

À la fin du VIIᵉ siècle, le concile réuni à Constantinople en 692, dit « in Trullo » ou Quinisexte, lui accorda un privilège unique dans le Carême byzantin, où l'on ne célèbre en semaine que la liturgie des présanctifiés :

« En tous les jours du saint jeûne de la Quarantaine, excepté le samedi, le dimanche et le saint jour de l'Annonciation, on célébrera la sainte liturgie des présanctifiés. » — Concile in Trullo (692), canon 52 (traduction Ignispedia)[90]

Rome au VIIᵉ siècle : la procession du pape Serge Ier

L’Annonciation, mosaïque de Sainte-Marie-Majeure à Rome, Ve siècle. Domaine public. Wikimedia Commons.

À Rome, la fête apparaît dans les sacramentaires dits gélasien et grégorien, dont les manuscrits conservés datent des VIIᵉ et VIIIᵉ siècles[91]. Le témoignage le plus net est celui du Liber pontificalis, qui rapporte une décision du pape saint Serge Ier (687-701), pontife d'origine syrienne :

« Il établit qu'aux jours de l'Annonciation du Seigneur, de la Dormition et de la Nativité de la sainte Mère de Dieu toujours vierge Marie, et de saint Syméon, que les Grecs appellent Hypapante, une procession partirait de Saint-Adrien et que le peuple se rendrait à Sainte-Marie. » — Liber pontificalis, notice de Serge Ier, § 14 (traduction Ignispedia)[92]

Infographie — Cinq repères de la diffusion liturgique de la fête. Carte schématique ; les vignettes évoquent les lieux et les textes. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Dans son édition du Liber pontificalis, Duchesne note que le sacramentaire gélasien contient déjà ces quatre fêtes et qu'aucune source ne les présente comme récentes ; il en conclut « qu'elles ont été établies à Rome dans le courant du septième siècle ». La procession partait de l'église Saint-Adrien, sur le Forum, et la messe était célébrée à Sainte-Marie-Majeure[93]. C'est bien le titre d'« Annonciation du Seigneur » que porte la fête dans cette notice, celui-là même que la réforme de 1969 a rétabli[94].

En Espagne : la fête de la Mère du Seigneur au 18 décembre

L'Espagne wisigothique fit un autre choix. Le Xᵉ concile de Tolède, réuni en décembre 656, constate que la fête de la Vierge n'est pas célébrée partout le même jour et fixe une date unique. Il explique pourquoi le 25 mars ne convient pas : le jour où l'ange annonça à la Vierge la conception du Verbe « ne peut être dignement célébré, parce qu'il tombe parfois dans les jours de Carême ou dans la fête pascale » ; il décide donc que la grande fête de la Mère du Seigneur sera célébrée huit jours avant Noël, le 18 décembre[95]. Le concile en donne la raison en une formule saisissante :

« Qu'est-ce en effet que la fête de la Mère, sinon l'Incarnation du Verbe ? » — Xᵉ concile de Tolède (656), canon 1 (traduction Ignispedia)[96]

Le canon ne supprimait pas l'Annonciation du 25 mars : il instituait, à l'approche de Noël, une solennité mariale centrée sur l'Incarnation, qui s'enracina dans le rite hispanique[97]. Appelée plus tard Exspectatio partus, « l'Attente de l'enfantement », elle devint populaire sous le nom de « Notre-Dame de l'O », parce qu'après les vêpres le chœur faisait entendre un long « O » exprimant l'attente du Rédempteur ; lorsque l'Église latine cessa d'observer l'ancienne interdiction des fêtes en Carême, l'Annonciation fut célébrée deux fois en Espagne, le 25 mars et le 18 décembre[98]. De même, le rite ambrosien de Milan assignait l'office de l'Annonciation au dernier dimanche de l'Avent tout en chantant une messe de l'Annonciation le 25 mars[99].

Du Moyen Âge à la réforme de 1969

La fête devint partout, en Occident, un jour d'obligation. La Congrégation des Rites en releva le rang le 23 avril 1895, en la faisant passer au degré de « double de première classe » ; certains diocèses et ordres, comme Lorette, la province de Venise, les carmes, les dominicains, les servites et les rédemptoristes, la célébraient même avec une octave, par exception aux règles du Carême[100]. La réforme du calendrier promulguée en 1969 lui rendit son titre d'« Annonciation du Seigneur »[101], et un décret de 1990 modifia la règle des solennités qui tombent un dimanche de Carême : elles ne sont plus anticipées au samedi, mais reportées au lundi suivant[102].

La chronologie suivante résume ces étapes.

  1. Vᵉ siècle
    Mémoire de l'Annonciation avant Noël
    Constantinople, Jérusalem

    Le mystère est prêché, mais le dimanche qui précède Noël, selon l'étude du P. Jugie ; le rite ambrosien de Milan gardera longtemps cet usage.

  2. vers 530-553
    Homélie d'Abraham d'Éphèse
    premier grand témoin du 25 mars

    Abraham affirme qu'aucun des Pères avant lui n'a prêché « au grand jour de l'Annonciation » et justifie la date du 25 mars.

  3. 656
    Xᵉ concile de Tolède
    Espagne wisigothique

    Institution d'une grande fête de la Mère du Seigneur au 18 décembre, le 25 mars tombant en Carême ou au temps pascal.

  4. 687-701
    Pontificat de saint Serge Ier
    Rome

    Procession de Saint-Adrien à Sainte-Marie-Majeure pour l'Annonciation du Seigneur et trois autres fêtes mariales.

  5. 692
    Concile in Trullo, canon 52
    Constantinople

    L'Annonciation est le seul jour de semaine du Carême où l'on ne célèbre pas la liturgie des présanctifiés.

  6. 24 mars 1251
    Saint Louis à Nazareth
    vigile de l'Annonciation

    Le roi de France assiste à la messe dans la grotte de l'Annonciation.

  7. 9 avril 1802
    Fin de l'obligation en France
    indult du cardinal Caprara

    Après le Concordat, seules Noël, l'Ascension, l'Assomption et la Toussaint restent fêtes d'obligation en France.

  8. 23 avril 1895
    Double de première classe
    Congrégation des Rites

    Le rang liturgique de la fête est élevé.

  9. 1969
    « In Annuntiatione Domini »
    Calendarium Romanum

    Le titre « Annonciation du Seigneur » est rétabli ; la Visitation est placée au 31 mai.

  10. 2 février 1974
    Marialis cultus
    Paul VI

    La solennité est définie comme une « fête conjointe du Christ et de la Vierge ».

  11. 22 avril 1990
    Décret sur les dimanches privilégiés
    Congrégation pour le Culte divin

    Une solennité tombant un dimanche de Carême est reportée au lundi suivant.

La date française du 9 avril 1802, retenue par la Catholic Encyclopedia[103], est celle de l'indult par lequel le cardinal Caprara, légat du pape, réorganisa les fêtes après la signature du Concordat : « Il ne restait que quatre fêtes « de précepte » ou « d'obligation » : Noël, l'Ascension, l'Assomption et la Toussaint, les autres devant être reportées au dimanche »[104].

La liturgie du 25 mars

Les lectures de la messe : trois fois « me voici »

La messe de l'Annonciation fait entendre, avant l'Évangile de Luc, une prophétie d'Isaïe, un psaume et un passage de la lettre aux Hébreux. Le tableau suivant les présente dans la traduction liturgique en usage.

LectureRéférenceParole clé (traduction liturgique AELF)Ce qu'elle annonce
Première lectureIsaïe 7, 10-14 ; 8, 10« Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu'elle appellera Emmanuel, car Dieu est avec nous. »Le signe promis à la maison de David
PsaumePs 39 (40)« Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté. »La disponibilité du juste à la volonté de Dieu
Deuxième lectureHébreux 10, 4-10« Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté. »Le Fils qui entre dans le monde et reçoit un corps
ÉvangileLuc 1, 26-38« Voici la servante du Seigneur ; que tout m'advienne selon ta parole. »Le consentement de Marie et la conception du Verbe

Ces textes forment une seule phrase : le « me voici » du psalmiste est repris par le Christ lui-même, « en entrant dans le monde » (He 10, 5), et trouve sa réponse dans le « voici la servante » de Marie[105]. L'acclamation de l'Évangile le résume : « Le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire » (Jn 1, 14)[106]. Benoît XVI commentait ce rapprochement le 25 mars 2006 :

« Face au mystère de ces deux « me voici », le « me voici » du Fils et le « me voici » de la Mère, qui se reflètent l'un dans l'autre et forment un unique Amen à la volonté d'amour de Dieu, nous demeurons émerveillés et, remplis de reconnaissance, nous adorons. » — Benoît XVI, homélie de la solennité de l'Annonciation, 25 mars 2006[107]

À Nazareth, en 2000, Jean-Paul II voyait dans la lettre aux Hébreux la clef de tout le récit : ce texte « nous permet d'écouter une conversation entre le Père et le Fils sur le dessein de Dieu de toute éternité »[108].

Les prières propres

L'antienne d'ouverture de la messe reprend le même verset : Dominus ingrediens mundum dixit : Ecce venio ut faciam, Deus, voluntatem tuam, « Le Seigneur, en entrant dans le monde, a dit : Voici, je viens, ô Dieu, pour faire ta volonté »[109]. La prière d'ouverture, que la liturgie des Heures reprend comme oraison du jour, demande que la communion à l'humanité du Christ ouvre les hommes à sa divinité :

« Seigneur, tu as voulu que ton Verbe prît chair dans le sein de la Vierge Marie ; puisque nous reconnaissons en lui notre Rédempteur, à la fois homme et Dieu, accorde-nous d'être participants de sa nature divine. » — Missel romain, prière d'ouverture du 25 mars, dans la traduction de la liturgie des Heures (AELF)[110]

La prière sur les offrandes rappelle que l'Église « reconnaît que ses commencements se trouvent dans l'incarnation » du Fils unique, et la préface propre, dite « du mystère de l'Incarnation », célèbre le Christ que « la Vierge entendit avec foi du messager céleste et porta avec amour dans son sein immaculé »[111]. Paul VI signalait enfin que la prière de ce jour peut remplacer l'oraison habituelle de l'Angélus[112] : la messe de l'Annonciation et la prière quotidienne de l'Église se répondent.

Le Credo à genoux

Infographie — Les repères de la messe du 25 mars dans le rite romain. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le geste le plus visible de la solennité se situe au cœur du Credo. La Présentation générale du Missel romain le prescrit en toutes lettres :

« Le Symbole est chanté ou récité par le prêtre avec le peuple, tous se tenant debout (cf. n. 68). Aux mots : Et incarnatus est (Par l'Esprit Saint, il a pris chair), etc. tous s'inclinent profondément ; et, aux solennités de l'Annonciation et de Noël, tous font la génuflexion. » — Présentation générale du Missel romain, n° 137[113]

Le Missel le rappelle dans la rubrique propre du 25 mars : Dicitur Credo. Ad verba Et incarnatus est genuflectitur, « on dit le Credo ; aux mots Et incarnatus est, on fait la génuflexion »[114]. Deux jours seulement dans l'année, l'assemblée tombe ainsi à genoux devant l'Incarnation : le jour où le Verbe prend chair, et le jour où il naît. Même en Carême, on dit le Gloria et le Credo, comme à toutes les solennités[115]. À Nazareth, le 25 mars 2000, Jean-Paul II avait demandé pour toute l'Église « une profession consciente et courageuse du Credo : Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine, et homo factus est »[116].

À l'office : la lettre de saint Léon à Flavien

L'office des lectures du 25 mars fait lire la célèbre lettre dogmatique de saint Léon le Grand à Flavien, évêque de Constantinople, sur les deux natures du Christ. La liturgie en retient un passage où le mystère de l'Annonciation est décrit comme un échange :

« La petitesse a été assumée par la majesté, la faiblesse par la force, l'asservissement à la mort par l'immortalité ; et pour payer la dette de notre condition humaine, la nature inaltérable s'est unie à la nature exposée à la souffrance. [...] C'est donc dans la nature intégrale et complète d'un vrai homme que le vrai Dieu est né, tout entier dans ce qui lui appartient, tout entier dans ce qui nous appartient. » — Saint Léon le Grand, Lettre à Flavien, lue à l'office des lectures du 25 mars[117]

Ce choix est significatif : le jour où l'Église fête le consentement de Marie, elle rappelle aussi qu'en elle, le Fils éternel est devenu vraiment homme sans cesser d'être Dieu. La fête mariale et la fête christologique ne font qu'une.

Quand l'Annonciation est-elle déplacée ?

Ce que prévoient les normes liturgiques

Infographie — Les reports de la solennité selon le jour où tombe le 25 mars. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le 25 mars tombe tantôt en Carême, tantôt pendant la Semaine sainte, tantôt, plus rarement, pendant l'octave de Pâques. Trois règles des Normes universelles de l'année liturgique déterminent alors le jour de la célébration. Premièrement, les dimanches de l'Avent, du Carême et de Pâques l'emportent sur toutes les solennités ; celles qui tombent l'un de ces dimanches « sont transférées au lundi suivant, sauf s'il s'agit du dimanche des Rameaux ou du dimanche de la Résurrection du Seigneur »[118]. Deuxièmement, une solennité empêchée par un jour de rang supérieur est reportée « au jour le plus proche qui soit libre » des jours privilégiés. Troisièmement, une clause propre vise l'Annonciation :

« La solennité de l'Annonciation du Seigneur, chaque fois qu'elle tombe un jour de la Semaine sainte, sera toujours transférée au lundi après le deuxième dimanche de Pâques. » — Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n° 60, Missel romain de 2002 (traduction Ignispedia)[119]

La rubrique du Missel en tire la conséquence pratique au 25 mars : Quoties sollemnitas infra Hebdomadam Sanctam occurrit, ad feriam secundam post dominicam II Paschae transfertur[120]. Lorsque le 25 mars tombe le jour de Pâques ou dans son octave, dont chaque jour est privilégié, la règle générale produit le même résultat : le premier jour libre est le lundi qui suit le deuxième dimanche de Pâques. La Congrégation pour le Culte divin l'a appliquée en 2008, année où le 25 mars tombait le mardi de l'octave pascale : la solennité fut célébrée le 31 mars[121]. Jusqu'au décret du 22 avril 1990, une solennité tombant un dimanche de Carême était au contraire anticipée au samedi[122].

Les années de transfert au XXIᵉ siècle

En appliquant ces règles au calendrier des fêtes pascales, on obtient les années où l'Annonciation n'est pas célébrée le 25 mars. Le tableau suivant les recense de 2001 à 2043 ; les dates de 2008, 2016, 2024 et 2027 ont été vérifiées sur les calendriers liturgiques officiels[123].

AnnéeDate de PâquesLe 25 mars tombeCélébration de l'Annonciation
200115 avrilun dimanche de Carêmelundi 26 mars
200231 marsle lundi saintlundi 8 avril
200527 marsle Vendredi saintlundi 4 avril
20078 avrilun dimanche de Carêmelundi 26 mars
200823 marsle mardi de l'octave de Pâqueslundi 31 mars
20128 avrilun dimanche de Carêmelundi 26 mars
201331 marsle lundi saintlundi 8 avril
201627 marsle Vendredi saintlundi 4 avril
20181er avrille dimanche des Rameauxlundi 9 avril
202431 marsle lundi saintlundi 8 avril
202728 marsle Jeudi saintlundi 5 avril
20291er avrille dimanche des Rameauxlundi 9 avril
203228 marsle Jeudi saintlundi 5 avril
203525 marsle dimanche de Pâqueslundi 2 avril
20401er avrille dimanche des Rameauxlundi 9 avril
204329 marsle mercredi saintlundi 6 avril

Il arrive donc qu'on célèbre l'Annonciation après Pâques : c'est pourquoi le lectionnaire prévoit, pour l'acclamation de l'Évangile, la mention « Au Temps pascal : Alléluia »[124]. En 2035, Pâques tombera le 25 mars lui-même, coïncidence qui ne s'est pas produite dans le calendrier grégorien depuis 1951[125].

En Orient, une fête qui ne se déplace pas

Les Églises de tradition byzantine suivent un autre principe. Dans l'usage actuel, loin d'être transférée, l'Annonciation s'y célèbre toujours le 25 mars, fût-ce pendant la Semaine sainte : « à la différence des autres fêtes, qui sont transférées à un autre jour lorsqu'elles tombent pendant la Semaine sainte ou à Pâques, les offices de l'Annonciation sont combinés avec tous ces offices, y compris Pâques »[126]. La coïncidence de l'Annonciation et de Pâques porte un nom, Kyriopascha, « la Pâque du Seigneur ». Dans le calendrier julien, elle s'est produite en 1991 et se reproduira en 2075[127]. Le théologien orthodoxe Thomas Hopko précise que, lorsque la fête tombe en semaine pendant le Grand Carême, elle est « la seule célébration de la liturgie eucharistique de saint Jean Chrysostome permise un jour de semaine du Grand Carême »[128] — le privilège déjà reconnu par le concile in Trullo en 692.

En Orient : l'Évangélismos

« Aujourd'hui est le commencement de notre salut »

Les Églises d'Orient appellent la fête Évangélismos, « l'annonce de la Bonne Nouvelle » : c'est le verbe même de l'Évangile, euangelizesthai, qu'emploie l'hymne de la fête lorsqu'il dit que « Gabriel annonce la grâce ». Elle compte parmi les douze grandes fêtes de l'année byzantine[129]. Son tropaire, chanté à tous les offices du jour, en résume le sens :

« Aujourd'hui nous célébrons le principe de notre salut et la manifestation du mystère éternel : le Fils de Dieu devient le fils de la Vierge et Gabriel annonce cette grâce. C'est pourquoi avec lui nous crions à la Mère de Dieu : Réjouis-toi, pleine de grâces, le Seigneur est avec toi ! » — Tropaire de l'Annonciation, rite byzantin[130]

L’Annonciation d’Oustioug, XIIe siècle, galerie Tretiakov. Photo Gzen92 (2017), CC BY-SA 4.0. Wikimedia Commons.

Le mot grec rendu par « principe », kephalaion, signifie à la fois le fondement et le commencement : pour l'Orient comme pour l'Occident, le 25 mars est le premier jour du salut. Aux matines, le canon de la fête prend la forme d'un dialogue entre l'archange Gabriel et la Vierge Marie[131], et la grandeur du mystère se lit jusque dans l'architecture des églises de ce rite. Paul VI le relevait dans Marialis cultus : « l'entrée principale de l'iconostase porte la représentation de l'Annonce à Marie, et l'abside l'image de la glorieuse « Theotokos ». Ceci manifeste à l'évidence que l'humanité commence son retour à Dieu à partir du fiat de la Servante du Seigneur »[132]. L'art de ces icônes byzantines est traité dans un article propre.

L'Hymne acathiste

Le plus célèbre chant marial de l'Orient, l'Hymne acathiste — littéralement « que l'on chante sans s'asseoir » —, est lié à l'Annonciation. Il compte vingt-quatre strophes reliées par un acrostiche alphabétique ; les douze premières racontent l'Incarnation et l'enfance du Christ, en commençant par la salutation de Gabriel, et les strophes impaires égrènent des salutations qui commencent toutes par Chaïre, « Réjouis-toi », et se terminent par « Réjouis-toi, Épouse inépousée »[133]. Chanté aujourd'hui au cinquième samedi du Carême, il était plus probablement associé à l'origine à la fête du 25 mars ; sa date et son auteur restent discutés, la plupart des études le plaçant au VIᵉ siècle[134]. Jean-Paul II le présentait comme « le chant que l'Église d'Orient aime plus que tout autre »[135].

Une même fête, plusieurs calendriers

Toutes les Églises fêtent l'Annonciation neuf mois avant la Nativité, mais leurs calendriers diffèrent. Le tableau suivant indique où tombe la fête selon les traditions.

TraditionDate de la fêteCorrespondance dans le calendrier civil actuelSource
Église latine25 mars25 marsMissel romain
Églises byzantines au calendrier julien révisé25 mars25 marsusage orthodoxe
Églises byzantines au calendrier julien25 mars julien7 avril (de 1900 à 2099)calcul du décalage de 13 jours
Église copte29 barmahat7 avrilSynaxaire copte
Église arménienne7 avril (autrefois 5 janvier)7 avrilCatholic Encyclopedia, 1907

Le synaxaire copte, recueil des lectures quotidiennes de cette Église, porte au 29 barmahat, qui correspond au 25 mars du calendrier julien : « En ce jour eut lieu l'annonciation pleine de salut par l'ange glorieux »[136]. Les Arméniens, qui célèbrent la Nativité le 6 janvier avec l'Épiphanie, fixaient autrefois l'Annonciation à la veille de cette fête, le 5 janvier, avant de la placer au 7 avril[137].

Une fête des peuples : la Grèce et le Liban

En Grèce, le 25 mars est à la fois la fête de l'Évangélismos et la fête nationale : les combattants de la guerre d'indépendance contre l'Empire ottoman ont retenu ce jour comme date symbolique du soulèvement de 1821, afin que le début de la révolution coïncide avec la fête de l'Annonciation[138]. Au Liban, le Conseil des ministres a déclaré le 18 février 2010 le 25 mars « jour de fête nationale commune islamo-chrétienne » et chômé[139]. Le choix s'explique par le fait que le Coran lui-même rapporte l'annonce faite à Marie : « Ô Marie ! Voilà qu'Allah t'annonce une parole de Sa part : son nom sera le Messie, Jésus, fils de Marie », et Marie y répond : « Comment aurais-je un enfant, alors qu'aucun homme ne m'a touchée ? »[140] Le même livre refuse cependant de reconnaître en cet enfant le Fils de Dieu — « Il ne convient pas à Allah de S'attribuer un fils »[141] — : la fête commune honore Marie, mais c'est la foi chrétienne seule qui confesse ce que l'Annonciation révèle, l'Incarnation du Fils éternel.

De la fête annuelle à la prière de chaque jour

L'Angélus

Jean-François Millet, L’Angélus, 1857-1859, musée d’Orsay. Domaine public. Wikimedia Commons.

L'Annonciation n'est pas seulement une fête annuelle : l'Église la rappelle trois fois par jour dans la prière de l'Angélus, qui tire son nom de ses premiers mots, Angelus Domini nuntiavit Mariae, « l'ange du Seigneur apporta l'annonce à Marie ». Son histoire est progressive. Selon l'historien Herbert Thurston, il est certain que l'usage de réciter trois Ave Maria le soir, vers le coucher du soleil, était devenu général en Europe dans la première moitié du XIVᵉ siècle, et que le pape Jean XXII le recommanda et l'enrichit d'indulgences en 1318 et 1327 ; un chapitre général franciscain réuni du temps de saint Bonaventure, en 1263 ou 1269, invitait déjà les prédicateurs à faire dire l'Ave au son de la cloche de complies. Les trois versets actuels apparaissent dans un catéchisme italien imprimé à Venise en 1560, et la forme complète n'est pas attestée avant 1612 ; au temps pascal, le Regina caeli la remplace[142].

Saint Jean-Paul II, en ouvrant le Jubilé de la Rédemption le 25 mars 1983, y voyait le lien vivant entre la fête et la vie quotidienne des chrétiens : « Nous aimons profondément l'Annonciation de l'ange. Nous y revenons trois fois par jour par la prière de l'Angélus. »[143] Paul VI, dans Marialis cultus, en avait défendu la valeur :

« Cette prière n'a pas besoin d'être rénovée : sa structure simple, son caractère biblique, son origine historique qui la relie à la demande de sauvegarde dans la paix, son rythme quasi liturgique qui sanctifie divers moments de la journée, son ouverture au mystère pascal qui nous amène, tout en commémorant l'Incarnation du Fils de Dieu, à demander d'être conduits « par sa passion et par sa croix jusqu'à la gloire de la résurrection », font que, à des siècles de distance, elle conserve inaltérée sa valeur et intacte sa fraîcheur. » — Paul VI, Marialis cultus, n° 41[144]

La peinture la plus célèbre du XIXᵉ siècle consacrée à cette prière, L'Angélus de Jean-François Millet (1857-1859, musée d'Orsay), montre deux paysans qui interrompent la récolte pour la réciter[145].

L'Ave Maria

La salutation de l'ange ouvre la prière mariale la plus répandue de l'Église. Le Catéchisme en commente les premiers mots :

« La salutation de l'Ange Gabriel ouvre la prière de l'Ave. C'est Dieu lui-même qui, par l'entremise de son ange, salue Marie. Notre prière ose reprendre la salutation de Marie avec le regard que Dieu a jeté sur son humble servante (cf. Lc 1, 48) et à nous réjouir de la joie qu'Il trouve en elle (cf. So 3, 17b). » — Catéchisme de l'Église catholique, n° 2676[146]

Le même paragraphe précise que « Marie est pleine de grâce parce que le Seigneur est avec elle », qu'elle est « en personne la fille de Sion, l'arche de l'Alliance, le lieu où réside la gloire du Seigneur », et que la seconde partie de la salutation, « Tu es bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de tes entrailles, est béni », reprend les paroles d'Élisabeth à la Visitation[147]. Chaque Je vous salue Marie redit ainsi, en abrégé, la fête du 25 mars.

Le premier mystère joyeux du rosaire

L'Annonciation ouvre enfin le rosaire : elle est le premier des mystères joyeux. Jean-Paul II a expliqué pourquoi la joie domine ce premier cycle :

« Le premier cycle, celui des « mystères joyeux », est effectivement caractérisé par la joie qui rayonne de l'événement de l'Incarnation. [...] Toute l'histoire du salut, bien plus en un sens, l'histoire même du monde, aboutit à cette annonce. » — Saint Jean-Paul II, lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, 16 octobre 2002, n° 20[148]

Nazareth et Lorette, lieux de l'Annonciation

La grotte de Nazareth : « Verbum caro hic factum est »

Messe dans la grotte de l’Annonciation à Nazareth, 19 janvier 2008. Photo Adriatikus, CC BY-SA 3.0. Wikimedia Commons.

À Nazareth, la mémoire de l'Annonciation est attachée à une grotte creusée dans le rocher, qui formait la partie souterraine d'une maison du village antique. Selon la Custodie franciscaine de Terre sainte, gardienne du sanctuaire, le pèlerin anonyme de Plaisance y vit vers 570 la « maison de Marie » transformée en église ; au VIIᵉ siècle, le pèlerin Arculfe décrit une grande église « bâtie sur la maison où l'archange Gabriel parla à Marie »[149]. Les croisés y élevèrent une vaste cathédrale ; en pèlerinage à Nazareth, le roi saint Louis vint à la grotte et y assista à la messe le 24 mars 1251, veille de l'Annonciation[150].

Revenus à Nazareth en 1620, les franciscains y bâtirent en 1730 une petite église au-dessus de la grotte ; l'autel de cette époque porte l'inscription Verbum caro hic factum est, « ici le Verbe s'est fait chair » — le mot hic, « ici », désignant le lieu exact du mystère[151]. La basilique actuelle, construite sur les plans de l'architecte italien Giovanni Muzio, fut consacrée le dimanche 23 mars 1969 et inaugurée le jour de la fête de l'Annonciation de la même année ; saint Paul VI avait visité le chantier en 1964[152]. Au-dessus des portes, on lit le verset de saint Jean, Verbum caro factum est et habitavit in nobis[153].

C'est dans cette basilique que saint Jean-Paul II célébra la solennité le 25 mars 2000, au cours de son pèlerinage jubilaire en Terre sainte : « 25 mars 2000, solennité de l'Annonciation en l'année du grand Jubilé : aujourd'hui les yeux de toute l'Eglise sont tournés vers Nazareth »[154]. Il y reprenait les mots de Paul VI, qui avait appelé Nazareth « l'école de l'Evangile », où « on apprend à observer, à écouter, à méditer »[155].

La Sainte Maison de Lorette

La tradition identifie la Santa Casa de Lorette, dans les Marches, aux murs de la maison de Nazareth qui s'élevaient devant la grotte : les deux sanctuaires se complètent, la partie creusée dans le roc demeurant en Terre sainte. Cette tradition et les études qui la concernent sont présentées dans les articles Notre-Dame de Lorette et Sanctuaire de Loreto. Le lien de Lorette avec la fête du 25 mars a été souligné par le pape François, qui signa l'exhortation apostolique Christus vivit « à Lorette, près du Sanctuaire de la Sainte Maison, le 25 mars, Solennité de l'Annonciation du Seigneur de l'année 2019 »[156].

Le 25 mars, date-repère de l'Église contemporaine

Lourdes, 25 mars 1858 : « Je suis l'Immaculée Conception »

Le jeudi 25 mars 1858, jour de l'Annonciation, la Dame qui apparaissait à Bernadette Soubirous dans la grotte de Massabielle révéla enfin son nom, lors de la seizième apparition. Le récit de la voyante est conservé par le sanctuaire de Lourdes : « Elle leva les yeux au ciel, joignant en signe de prière ses mains qui étaient tendues et ouvertes vers la terre, et me dit : Que soy era immaculada councepciou », « Je suis l'Immaculée Conception »[157]. Bernadette ignorait cette expression théologique, que le pape Pie IX avait définie comme dogme quatre ans plus tôt[158]. Le jour où l'Église fête la conception du Fils dans le sein de Marie, la Vierge se nommait elle-même par le privilège de sa propre conception. L'histoire de ces apparitions est racontée dans l'article Notre-Dame de Lourdes.

Le Jubilé de la Rédemption et les consécrations au Cœur immaculé de Marie

Infographie — Neuf repères du 25 mars, de Lourdes aux consécrations contemporaines. Vignettes d’évocation. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le 25 mars 1983, saint Jean-Paul II ouvrit la Porte sainte du Jubilé extraordinaire de la Rédemption, en expliquant pourquoi il avait choisi ce jour : « Dans l'Annonciation, en effet, a eu lieu le commencement de la Rédemption du monde », et de Marie, « la première rachetée, Dieu fit la porte d'entrée du Rédempteur dans le monde »[159]. Un an plus tard, le 25 mars 1984, place Saint-Pierre, il accomplit l'acte de consécration au Cœur immaculé de Marie demandé à Fatima. La Congrégation pour la Doctrine de la Foi l'a décrit ainsi :

« Le 25 mars 1984, sur la place Saint-Pierre, en union spirituelle avec tous les évêques du monde, « convoqués » précédemment, évoquant le fiat prononcé par Marie au moment de l'Annonciation, le Pape consacre au Cœur immaculée de Marie les hommes et les peuples. » — Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Le Message de Fatima, 26 juin 2000[160]

Le même document rapporte que sœur Lucie confirma personnellement, par une lettre du 8 novembre 1989, que cet acte correspondait à la demande : « Oui, cela a été fait, comme Notre-Dame l'avait demandé, le 25 mars 1984 »[161]. Dans son commentaire, le cardinal Joseph Ratzinger rattachait la promesse de Fatima à l'Annonciation : « Le fiat de Marie, la parole de son cœur, a changé l'histoire du monde, parce qu'elle a introduit le Sauveur dans le monde – car, grâce à son « oui », Dieu pouvait devenir homme dans notre monde et désormais demeurer ainsi pour toujours. »[162] L'histoire de ces apparitions est exposée dans l'article Notre-Dame de Fatima.

Le 25 mars 2022, le pape François, en pleine guerre en Ukraine, choisit à son tour la solennité de l'Annonciation pour un acte solennel de consécration « de l'humanité, et particulièrement de la Russie et de l'Ukraine, au cœur immaculé de Marie », accompli dans la basilique Saint-Pierre au cours d'une célébration pénitentielle et repris le même jour dans le monde entier[163]. La prière rattachait explicitement l'acte au 25 mars : « Le "oui" qui a jailli de ton Cœur a ouvert les portes de l'histoire au Prince de la paix ; nous espérons que la paix viendra encore par ton Cœur. »[164]

Des documents pontificaux signés le jour de l'Annonciation

Les papes ont souvent daté de la solennité de l'Annonciation des documents importants, comme pour les placer sous le signe du fiat. Le tableau suivant recense ceux dont la formule de date mentionne expressément la solennité.

DocumentPapeDateObjet
A Concilio Constantinopolitano IJean-Paul II25 mars 1981Lettre pour le 1600ᵉ anniversaire du concile de Constantinople I et le 1550ᵉ du concile d'Éphèse
Redemptionis donumJean-Paul II25 mars 1984Exhortation aux religieux et religieuses, en l'Année jubilaire de la Rédemption
Redemptoris MaterJean-Paul II25 mars 1987Encyclique sur la Vierge Marie dans la vie de l'Église en marche
Pastores dabo vobisJean-Paul II25 mars 1992Exhortation sur la formation des prêtres
Evangelium vitaeJean-Paul II25 mars 1995Encyclique sur la valeur et l'inviolabilité de la vie humaine
Vita consecrataJean-Paul II25 mars 1996Exhortation sur la vie consacrée
Christus vivitFrançois25 mars 2019Exhortation aux jeunes, signée à Lorette

Les formules de date, relevées dans les textes officiels, sont toutes de la même forme — par exemple, pour Redemptoris Mater : « Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 25 mars 1987, solennité de l'Annonciation du Seigneur, en la neuvième année de mon pontificat »[165].

Une journée pour la vie

L'encyclique Evangelium vitae, signée le 25 mars 1995, tire de l'Annonciation une conséquence pour la défense de toute vie humaine : « Le consentement de Marie à l'Annonciation et sa maternité se trouvent à la source même du mystère de la vie que le Christ est venu donner aux hommes »[166]. Jean-Paul II y proposait « que soit célébrée tous les ans dans les différents pays une Journée pour la Vie », sans en fixer la date[167]. Plusieurs pays l'ont placée au 25 mars. En Argentine, le décret présidentiel 1406/98 du 7 décembre 1998 a déclaré le 25 mars de chaque année « Día del Niño por Nacer », « Journée de l'enfant à naître », en expliquant que ce jour est celui où la chrétienté célèbre l'Annonciation et que la conception de l'Enfant Jésus coïncide avec cette date, et en rappelant qu'il est aussi l'anniversaire d'Evangelium vitae[168]. La réflexion de l'Église sur ce sujet est présentée dans l'article Pourquoi l'Église refuse-t-elle l'avortement ?.

Ainsi le 25 mars n'appartient pas seulement au passé. Chaque année, au milieu du Carême, l'Église revient à Nazareth pour contempler l'instant où Dieu a demandé le consentement d'une jeune fille, et où cette jeune fille a répondu pour tous : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m'advienne selon ta parole. »

Pour aller plus loin

Sources principales

  • Missale Romanum, editio typica tertia, Typis Vaticanis, 2002 : formulaire du 25 mars ; Normae universales de anno liturgico et de calendario, n° 5, 59, 60.
  • Calendarium Romanum ex decreto sacrosancti oecumenici Concilii Vaticani II instauratum, Typis Polyglottis Vaticanis, 1969, p. 67-68, 90, 94, 119.
  • Paul VI, exhortation apostolique Marialis cultus, 2 février 1974, n° 6, 28 et 41.
  • Présentation générale du Missel romain, n° 53, 68, 137, 346.
  • Congrégation pour le Culte divin, décret du 22 avril 1990 (Notitiae 26, 1990, p. 160) et notification de 2006 (Notitiae n° 475-476, 2006, p. 96).
  • Catéchisme de l'Église catholique, n° 484-511, 1171, 2676.
  • Concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen gentium, n° 56.
  • Saint Jean-Paul II, Redemptoris Mater (1987), Evangelium vitae (1995), Rosarium Virginis Mariae (2002) ; homélies du 25 mars 1983 et du 25 mars 2000 ; audiences du 5 janvier 2000 et du 21 mars 2001.
  • Benoît XVI, homélie du 25 mars 2006.
  • Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Le Message de Fatima, 26 juin 2000 ; François, lettre aux évêques du 21 mars 2022 et acte de consécration du 25 mars 2022.
  • Liber pontificalis, éd. L. Duchesne, t. I, Paris, 1886, p. 376 et 380-381.
  • Martin Jugie, « Abraham d'Éphèse et ses écrits », Byzantinische Zeitschrift 22, 1913, p. 37-59 ; Patrologia Orientalis 16, 1922.
  • Saint Augustin, De Trinitate, IV, 5, 9 ; De sancta virginitate, 3-4.
  • Saint Bernard de Clairvaux, Homélies à la louange de la Vierge Mère, IV, 8-9.
  • Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 30.
  • Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, n° 1, 243, 248.
  • Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12 ; La Vierge Marie dans le Royaume de la Divine Volonté, jour 19.
  • Thomas J. Talley, The Origins of the Liturgical Year, New York, Pueblo, 1986.
  • Arthur Giry, Manuel de diplomatique, Paris, Hachette, 1894, p. 107-108.
  • Catholic Encyclopedia, art. « Feast of the Annunciation » (1907), « Angelus » (1907) et « Feast of the Expectation of the Blessed Virgin Mary » (1909).

Notes et références

  1. Évangile selon saint Luc 1, 26-38 (et 1, 56-57), traduction liturgique officielle de l'AELF (2013), proclamée à la messe de la solennité ; texte relevé sur aelf.org (messe du 25 mars 2025) et dans La Bible, traduction officielle liturgique, AELF.

    1 26 31 37 42 68
  2. Catéchisme de l'Église catholique, n° 1171 (vatican.va, archive FRA0013) : « L'année liturgique est le déploiement des divers aspects de l'unique mystère pascal. Cela vaut tout particulièrement pour le cycle des fêtes autour du Mystère de l'Incarnation (Annonciation, Noël, Épiphanie) qui commémorent le commencement de notre salut et nous communiquent les prémices du mystère de Pâques. »

    2 22
  3. Paul VI, exhortation apostolique Marialis cultus, 2 février 1974, n° 6, texte français sur vatican.va. Texte latin officiel : « Ad agendum sollemne Incarnationis Verbi, in Calendario Romano, allatis argumentis, restitutum est vetustum nomen In Annuntiatione Domini, verumtamen celebratio est festivitas et Christi simul et Virginis ».

    3 19 20
  4. Présentation générale du Missel romain (3ᵉ éd. typique, 2002), n° 137, traduction française publiée sur vatican.va. Voir aussi la rubrique propre du 25 mars dans le Missale Romanum de 2002 : « Dicitur Credo. Ad verba Et incarnatus est genuflectitur. »

    4 113
  5. Normae universales de anno liturgico et de calendario, n° 60, dans Missale Romanum, editio typica tertia, Typis Vaticanis, 2002. Texte original : « Attamen sollemnitas, quae impeditur a die liturgico, qui praecedentia gaudeat, ad proximiorem diem transferatur qui sit liber a diebus sub nn. 1-8 in tabula praecedentiae recensitis, servatis iis quae n. 5 statuuntur. Sollemnitas vero Annuntiationis Domini, quotiescumque occurrit aliquo die Hebdomadae sanctae, semper ad feriam II post dominicam II Paschae erit transferenda. »

    5 119
  6. Martin Jugie, « Abraham d'Éphèse et ses écrits », Byzantinische Zeitschrift 22, 1913, p. 37-59, en particulier p. 41-44 (étude de l'homélie sur l'Annonciation ; mémoire du mystère le dimanche avant Noël au Vᵉ siècle ; fête du 25 mars à l'époque de saint Romanos, vers 550 ; argument de saint Jean Chrysostome sur la vision de Zacharie à la fête des Tabernacles).

    6 79 86 87 88 89
  7. Calendarium Romanum ex decreto sacrosancti oecumenici Concilii Vaticani II instauratum, Typis Polyglottis Vaticanis, 1969, commentaire du calendrier, p. 90 (traduction Ignispedia). Texte original : « Sollemnitas Annuntiationis, origine orientalis, recepta est Romae saeculo VII sub titulo "Annuntiatio Domini", teste Libro Pontificali. Ritus orientales, sicut et ritus ambrosianus, illam semper habuerunt inter sollemnitates Domini. »

    7 17 84 94
  8. Saint Augustin, De Trinitate, IV, 5, 9, trad. J. Duchassaing, dans Œuvres complètes de saint Augustin, dir. abbé Raulx, t. XII, Bar-le-Duc, L. Guérin, 1868, p. 408-409. Texte latin (augustinus.it) : « sicut a maioribus traditum suscipiens Ecclesiae custodit auctoritas. Octavo enim kalendas aprilis conceptus creditur quo et passus ; ita monumento novo, quo sepultus est ubi nullus erat positus mortuorum, nec ante nec postea congruit uterus Virginis quo conceptus est ubi nullus seminatus est mortalium. Natus autem traditur octavo kalendas ianuarias ».

    8 72 73
  9. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Le Message de Fatima, 26 juin 2000, texte français sur vatican.va : présentation de l'acte du 25 mars 1984 ; lettre de sœur Lucie du 8 novembre 1989 (« Sim, està feita, tal como Nossa Senhora a pediu, desde o dia 25 de Março de 1984 ») ; commentaire théologique du cardinal Joseph Ratzinger. Le texte officiel porte « Cœur immaculée ».

    9 160 161 162
  10. Pape François, lettre aux évêques pour l'acte de consécration au Cœur immaculé de Marie, 21 mars 2022, et Acte de consécration au Cœur immaculé de Marie, 25 mars 2022, textes français sur vatican.va. La lettre précise que l'acte est accompli « le 25 mars, Solennité de l'Annonciation », dans le cadre d'une célébration pénitentielle en la basilique Saint-Pierre, et invite les évêques à s'y unir le même jour avec les prêtres, les religieux et les fidèles.

    10 163 164
  11. Catéchisme de l'Église catholique, n° 511 : « La Vierge Marie a " coopéré au salut des hommes avec sa foi et son obéissance libres " (LG 56). Elle a prononcé son oui " au nom de toute la nature humaine " (S. Thomas d'A., s. th. 3, 30, 1) : Par son obéissance, elle est devenue la nouvelle Eve, mère des vivants. »

    11 56
  12. Missale Romanum, editio typica tertia, Typis Vaticanis, 2002, propre des saints, « Die 25 martii — In Annuntiatione Domini — Sollemnitas » : rubrique de transfert (« Quoties sollemnitas infra Hebdomadam Sanctam occurrit, ad feriam secundam post dominicam II Paschae transfertur ») ; antienne d'ouverture (He 10, 5.7 : « Dominus ingrediens mundum dixit : Ecce venio ut faciam, Deus, voluntatem tuam ») ; « Dicitur Gloria in excelsis » ; collecte (« Deus, qui Verbum tuum in utero Virginis Mariae veritatem carnis humanae suscipere voluisti, concede, quaesumus, ut, qui Redemptorem nostrum Deum et hominem confitemur, ipsius etiam divinae naturae mereamur esse consortes ») ; « Dicitur Credo. Ad verba Et incarnatus est genuflectitur » ; prière sur les offrandes (« ut, quae in Unigeniti tui incarnatione primordia sua constare cognoscit ») ; préface De mysterio Incarnationis (« Quem inter homines et propter homines nasciturum, Spiritus Sancti obumbrante virtute, a caelesti nuntio Virgo fideliter audivit et immaculatis visceribus amanter portavit ») ; antienne de communion Is 7, 14. Traductions des extraits cités : Ignispedia.

    12 109 111 114 120
  13. Normae universales de anno liturgico et de calendario, n° 59, Tabula dierum liturgicorum, dans Missale Romanum, 2002 : au rang 2 figurent « Dominicae Adventus, Quadragesimae et Paschae. Feria IV Cinerum. Feriae Hebdomadae sanctae, a feria II ad feriam V inclusive. Dies infra octavam Paschae » ; au rang 3, « Sollemnitates Domini, beatae Mariae Virginis, et Sanctorum in Calendario generali inscriptae ».

    13
  14. Code de droit canonique (1983), canon 1246 § 1 (vatican.va) : « Et de même doivent être observés les jours de la Nativité de Notre Seigneur Jésus Christ, de l'Épiphanie, de l'Ascension et du très Saint Corps et Sang du Christ, le jour de Sainte Marie Mère de Dieu, de son Immaculée Conception et de son Assomption, de saint Joseph, des saints Apôtres Pierre et Paul et enfin de tous les Saints. »

    14
  15. Frederick Holweck, art. « Feast of the Annunciation », The Catholic Encyclopedia, vol. 1, New York, Robert Appleton, 1907 (newadvent.org/cathen/01542a.htm) : anciens noms de la fête ; sacramentaires gélasien et grégorien ; usage de Milan ; date arménienne (7 avril, autrefois 5 janvier) ; obligation abrogée pour la France le 9 avril 1802 et pour les États-Unis par le IIIᵉ concile de Baltimore (1884) ; décret de la Congrégation des Rites du 23 avril 1895 ; octaves particulières ; dates associées au 25 mars par les anciens martyrologes (d'après H. Thurston).

    15 18 77 91 99 100 103 137
  16. Calendarium Romanum, 1969, p. 119 (traduction Ignispedia). Texte original : « 25 In Annuntiatione B. M. V. Mutatur aliquo modo titulus sollemnitatis : dicitur : "In Annuntiatione Domini", quo manifestius intellegi possit quod agitur praecipue de sollemnitate Domini. »

    16 101
  17. Calendarium Romanum, 1969, p. 67-68 : « maiore honore colantur festa Domini in quibus Iesus cum Matre sua intime coniungitur, i. e. Annuntiatio Domini (25 mart.) et Praesentatio Domini (2 febr.) » (traduction Ignispedia).

    21
  18. Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique, volume « Le Carême », au 25 mars, « L'Annonciation de la très sainte Vierge », introduction ; texte du domaine public reproduit sur abbe-pivert.com (« 25 mars Annonciation de la Vierge Marie »).

    23
  19. Présentation générale du Missel romain, n° 346 : « On emploie le blanc [...] aux célébrations du Seigneur qui ne sont pas celles de sa Passion ; à celles de la bienheureuse Vierge Marie » ; n° 53 : « On chante ou on dit le Gloria le dimanche en dehors de l'Avent et du Carême, aux solennités et aux fêtes » ; n° 68 : le Symbole « doit être chanté ou dit par le prêtre avec le peuple, le dimanche et les jours de solennité ».

    24 115
  20. Évangile selon saint Matthieu 1, 20, traduction liturgique AELF : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint ».

    25
  21. Saint Jean-Paul II, homélie de la messe dans la basilique de l'Annonciation de Nazareth, 25 mars 2000, n° 1, 2, 4 et 6, texte français sur vatican.va. Le n° 6 cite Paul VI, allocution à Nazareth, 5 janvier 1964.

    27 39 108 116 154 155
  22. Évangile selon saint Luc 1, 1-4, traduction liturgique AELF.

    28
  23. Évangile selon saint Luc 2, 19 (« Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur ») et 2, 51 (« Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements »), traduction liturgique AELF.

    29
  24. Catéchisme de l'Église catholique, n° 498, qui renvoie à saint Justin (Dialogue avec Tryphon, 66-67) et à Origène (Contre Celse, I, 32 et 69) pour les moqueries des non-croyants.

    30
  25. Saint Jean-Paul II, audience générale du 5 janvier 2000, n° 2-3, texte français sur vatican.va.

    32 33
  26. Saint Jean-Paul II, encyclique Redemptoris Mater, 25 mars 1987, n° 8, texte français sur vatican.va.

    34
  27. Benoît XVI, homélie de la célébration eucharistique avec les nouveaux cardinaux et remise de l'anneau cardinalice, solennité de l'Annonciation du Seigneur, place Saint-Pierre, samedi 25 mars 2006, texte français sur vatican.va. Le mot grec cité par le pape (kecharitôménè) n'est pas reproduit ici. Benoît XVI y cite saint Bernard, Sermo in Nativitate B. V. Mariae (PL 183, 437-448), pour l'image de l'aquaeductus, et Origène, In Lucam, 6, 7.

    35 44 53 107
  28. Catéchisme de l'Église catholique, n° 491, qui cite la définition de Pie IX (1854) : Marie a été, « au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel » (DS 2803).

    36
  29. Évangile selon saint Luc 1, 18-20, traduction liturgique AELF.

    38
  30. Saint Augustin, De sancta virginitate, 4, 4 (vers 401), texte latin sur augustinus.it : « Hoc indicant verba, quae sibi fetum adnuntianti angelo Maria reddidit. Quomodo, inquit, fiet istud, quoniam virum non cognosco ? quod profecto non diceret, nisi Deo virginem se ante vovisset. » La traduction anglaise de la collection Nicene and Post-Nicene Fathers (newadvent.org/fathers/1310.htm) concorde.

    40
  31. Catéchisme de l'Église catholique, n° 484-485.

    41
  32. Saint Jean-Paul II, encyclique Redemptoris Mater, n° 13, texte français sur vatican.va ; formule de date : « Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 25 mars 1987, solennité de l'Annonciation du Seigneur, en la neuvième année de mon pontificat. »

    43 50
  33. Saint Jean-Paul II, encyclique Redemptoris Mater, n° 14.

    45
  34. Concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen gentium, 21 novembre 1964, n° 56, texte français sur vatican.va. Notes 176 (saint Irénée, Adversus haereses, III, 22, 4 : PG 7, 959 A), 177, 178 (saint Épiphane, Panarion 78, 18) et 179 (saint Jérôme, Épître 22, 21 : PL 22, 408).

    46 47 48
  35. Catéchisme de l'Église catholique, n° 506, qui cite saint Augustin, De sancta virginitate, 3 (PL 40, 398) ; latin : « Beatior ergo Maria percipiendo fidem Christi quam concipiendo carnem Christi. »

    49
  36. Saint Bernard de Clairvaux, Homiliae in laudibus Virginis Matris (dites Super « Missus est »), homélie IV, 8-9 (Opera omnia, éd. cistercienne, t. 4, 1966, p. 53-54), traduction française de la liturgie des Heures, office des lectures du 20 décembre (aelf.org, 20 décembre 2024).

    51 52
  37. Saint Thomas d'Aquin, Summa theologiae, IIIa, q. 30, prologue et a. 1, corps de l'article, texte léonin (Corpus Thomisticum). Texte original de la fin : « Tertio, ut voluntaria sui obsequii munera Deo offerret, ad quod se promptam obtulit, dicens, ecce ancilla domini. Quarto, ut ostenderetur esse quoddam spirituale matrimonium inter filium Dei et humanam naturam. Et ideo per Annuntiationem expetebatur consensus virginis loco totius humanae naturae. »

    54 55
  38. Saint Jean-Paul II, lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, 16 octobre 2002, n° 20, texte français sur vatican.va.

    57 148
  39. Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, n° 1, 243 et 248, texte de l'édition publiée par les pères montfortains (montfort.org, « Traité de la vraie dévotion »), exemplaire de la bibliothèque de Benoît Plaut.

    58 59 60 61
  40. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 17 janvier 1921, « Les trois Fiats : le Fiat de la Création, le Fiat de la Vierge Marie relatif à la Rédemption et le Fiat de Luisa relatif au Règne de la Divine Volonté » (même édition, p. 194-196).

    62 64 65
  41. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 10 janvier 1921 (traduction française, éd. « GE – La Volonté Divine », p. 192-193 ; la mise en page de cette édition, par alinéas et tirets, n'est pas reproduite).

    63
  42. L. Piccarreta, La Vierge Marie dans le Royaume de la Volonté Divine. Méditations pour les 31 jours du mois de mai, jour 19, « Les portes du Ciel s'ouvrent… », p. 85-86 de l'édition française traduite par le P. J. Gary (Fraternité des Fils de la Volonté Divine). Selon l'introduction de cette édition, le livre fut écrit en 1932 par Luisa Piccarreta par obéissance à son confesseur, don Benedetto Calvi, qui le publia en italien.

    66 67
  43. Calendarium Romanum, 1969, p. 94, au 31 mai (traduction Ignispedia) : « Transfertur nunc in ultimam diem mensis maii, inter sollemnitates Annuntiationis Domini et Nativitatis S. Ioannis Baptistae, quo aptius consentiat narrationi evangelicae. »

    69
  44. Thomas J. Talley, The Origins of the Liturgical Year, New York, Pueblo, 1986, p. 90-92 et 103 (traduction Ignispedia). Texte original, p. 103 : « We have seen the fourth-century texts that identify the dates of the annunciation and the passion on March 25, that date assigned to the passion already in the early third century. We have seen also that the nativity date, nine months later, stands at the beginning of the liturgical year at Rome. »

    70 74
  45. Tertullien, Adversus Iudaeos, 8, 18, trad. E.-A. de Genoude, 1852, p. 22 ; texte latin (tertullian.org) : « sub Tiberio Caesare, consulibus Rubellio Gemino et Rufio Gemino mense Martio temporibus paschae, die octavo Kalendarum Aprilium, die primo azymorum ».

    71
  46. Louis Duchesne, Origines du culte chrétien, 2ᵉ éd., Paris, Thorin et Fontemoing, 1898, p. 252-253 (1ʳᵉ éd. 1889).

    75
  47. De Pascha computus (243), éd. W. Hartel, Corpus scriptorum ecclesiasticorum latinorum III/3, Vienne, 1871, p. 251 et 266 (ch. 19) (traduction Ignispedia) : « O quam praeclara et divina Domini providentia, ut in illo die quo factus est sol in ipso die nasceretur Christus V kl. Apr. feria IIII. » Datation, origine africaine probable et attribution erronée à saint Cyprien : Talley, The Origins of the Liturgical Year, p. 90.

    76
  48. The Roman Martyrology, Baltimore, John Murphy, 1916, p. 86-87, au 25 mars (traduction Ignispedia) : « At Jerusalem, the commemoration of the good Thief, who confessed Christ on the cross, and deserved to hear from Him these words: "This day thou shalt be with Me in paradise." »

    78
  49. Martin Jugie, Homélies mariales byzantines, Patrologia Orientalis 16, 1922, p. 133 : « C'est donc vraisemblablement entre les années 530-553 que fut prononcée l'homélie sur l'Annonciation. »

    80
  50. Arthur Giry, Manuel de diplomatique, Paris, Hachette, 1894, p. 107-108.

    81 82
  51. Calendar (New Style) Act 1750, 24 Geo. 2 c. 23, section 1 (legislation.gov.uk) (traduction Ignispedia) : « the said supputation, according to which the year of our Lord beginneth on the twenty-fifth day of March, shall not be made use of from and after the last day of December one thousand seven hundred and fifty-one ».

    83
  52. Le Liber pontificalis, texte, introduction et commentaire par l'abbé L. Duchesne, t. I, Paris, Thorin, 1886, notice LXXXVI « Sergius (687-701) », § XIV, p. 376 ; notes 43 et 44, p. 380-381. Texte original : « Constituit autem ut diebus Adnuntiationis Domini, Dormitionis et Nativitatis sanctae Dei genetricis semperque virginis Mariae ac sancti Symeonis, quod Ypapanti Greci appellant, letania exeat a sancto Hadriano et ad sanctam Mariam populus occurrat. »

    85 92 93
  53. Concile in Trullo (Quinisexte, 692), canon 52 ; texte grec : « Ἐν πάσαις ταῖς τῆς ἁγίας Τεσσαρακοστῆς τῶν νηστειῶν ἡμέραις, παρεκτὸς σαββάτου, καὶ Κυριακῆς, καὶ τῆς ἁγίας τοῦ Εὐαγγελισμοῦ ἡμέρας, γινέσθω ἡ τῶν προηγιασμένων ἱερὰ λειτουργία » ; traduction anglaise de H. Percival, Nicene and Post-Nicene Fathers, 2ᵉ série, vol. 14, 1900 (newadvent.org/fathers/3814.htm).

    90
  54. Xᵉ concile de Tolède (décembre 656), canon 1, De celebritate festiuitatis Dominicae matris, texte latin dans G. Martínez Díez et F. Rodríguez (éd.), La colección canónica Hispana V, Madrid, 1992, p. 517-521, reproduit et traduit par M. Szada, base « The Cult of Saints », université d'Oxford, notice E04419 (traduction française Ignispedia). Extraits : « quoniam die qua inuenitur angelus Virgini Verbi conceptum et nuntiasse uerbis et indidisse miraculis, eadem festiuitatis non potest celebrari condigne, cum interdum quadragesimae dies uel paschale festum uidetur incumbere [...] Nam quid festum est matris nisi incarnatio Verbi ? [...] sollemnitas Dominicae matris die quintodecimo kalendarum ianuariarum omnimodo celebretur ». La notice précise que le canon ne déplace pas l'Annonciation du 25 mars mais institue une nouvelle fête de Marie au 18 décembre, qui s'enracina dans le rite hispanique.

    95 96 97
  55. Frederick Holweck, art. « Feast of the Expectation of the Blessed Virgin Mary », The Catholic Encyclopedia, vol. 5, New York, Robert Appleton, 1909 (newadvent.org/cathen/05712a.htm).

    98
  56. Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, décret De variatione inducenda in n. 5 « Normarum universalium de anno liturgico et de calendario », Prot. CD 500/89, 22 avril 1990, Notitiae n° 284-285 (1990), p. 160 : les solennités tombant un dimanche de l'Avent, du Carême ou de Pâques, auparavant anticipées au samedi (« sabbato anticipari debent »), sont désormais transférées « ad feriam secundam sequentem ».

    102 122
  57. Louis Schlaefli, art. « Fêtes liturgiques », Dictionnaire historique des institutions de l'Alsace (DHIALSACE), en ligne sur le site de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg (dhialsace.bnu.fr) : « Dans le cadre de la réorganisation du culte après la signature du Concordat, le cardinal Caprara, légat, publia un indult daté du 9 avril 1802 que l'évêque Saurine inséra dans son « Mandement au sujet de la suppression des fêtes » du 21 février 1803. »

    104
  58. Lectionnaire romain, messe de la solennité de l'Annonciation du Seigneur, traduction liturgique AELF : Is 7, 10-14 ; 8, 10 ; Ps 39 (40), refrain « Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté » ; He 10, 4-10 ; acclamation Jn 1, 14ab avec la mention « Au Temps pascal : Alléluia » ; Lc 1, 26-38 (aelf.org, messe du 25 mars 2025).

    105 106 124
  59. Liturgie des Heures, oraison du 25 mars, traduction liturgique AELF (aelf.org, office des lectures du 25 mars 2025) ; c'est la traduction de la collecte latine du Missel citée en note plus haut.

    110
  60. Paul VI, Marialis cultus, n° 41 et note 109, texte français sur vatican.va : « Dans le même sens, cf. Collecta du 25 mars, qui peut remplacer la précédente dans la récitation de l'Angélus. »

    112 144
  61. Saint Léon le Grand, Lettre 28 à Flavien (dite Tome à Flavien, 449), extrait lu à l'office des lectures de la solennité de l'Annonciation, traduction liturgique AELF (aelf.org, 25 mars 2025).

    117
  62. Normae universales de anno liturgico et de calendario, n° 5, dans Missale Romanum, 2002 (traduction Ignispedia). Texte original : « Sollemnitates autem in his dominicis occurrentes ad feriam secundam sequentem transferuntur, nisi agatur de occurrentia in Dominica in Palmis aut in Dominica Resurrectionis Domini. »

    118
  63. Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, notification sur les célébrations de l'année 2008, Notitiae n° 475-476 (2006), p. 96 : « la solennità dell'Annunciazione del Signore sarà celebrata il 31 marzo, ovvero il lunedì dopo la II Domenica di Pasqua ».

    121
  64. Calcul Ignispedia : dates de Pâques grégorienne (algorithme de Meeus-Jones-Butcher) et julienne (algorithme de Meeus), auxquelles sont appliqués les n° 5 et 60 des Normes universelles ; contrôles sur la notification de 2006 (31 mars 2008) et sur le calendrier liturgique de l'AELF, qui indique la solennité le 4 avril 2016, le 8 avril 2024 et le 5 avril 2027. Pâques grégorienne tombe le 25 mars en 1951, 2035 et 2046 ; Pâques julienne le 25 mars julien en 1912, 1991, 2075 et 2086.

    123 125 127
  65. OrthoChristian.com (site du monastère Sretensky, Moscou), article « Annunciation, celebrated on March 25/April 7, falls on Great and Holy Saturday » (traduction Ignispedia) : « unlike other feasts that are transferred to another day if they fall during Holy Week or on Pascha, the services of the Annunciation are combined with all these services, including Pascha. The combination of the feasts of Pascha and the Annunciation is called Kyriopascha » ; « The Annunciation is one of the Twelve Great Feasts of the Church. »

    126 129
  66. Thomas Hopko, The Orthodox Faith, vol. II, Worship, « The Church Year : Annunciation », Orthodox Church in America (oca.org) (traduction Ignispedia) : « A special feature of this feast is the Matinal Canon which has the character of a dialogue between the Archangel Gabriel and the Virgin Mary » ; « The Divine Liturgy of the Annunciation is the only celebration of the eucharistic liturgy of Saint John Chrysostom allowed on a weekday of Great Lent. »

    128 131
  67. Tropaire de l'Annonciation, traduction française citée par le monastère de Chevetogne (homélie du 25 mars 2021). Texte grec : « Σήμερον τῆς σωτηρίας ἡμῶν τὸ κεφάλαιον, καὶ τοῦ ἀπ' αἰῶνος μυστηρίου ἡ φανέρωσις· ὁ Υἱὸς τοῦ Θεοῦ, Υἱὸς τῆς Παρθένου γίνεται, καὶ Γαβριὴλ τὴν χάριν εὐαγγελίζεται. Διὸ καὶ ἡμεῖς σὺν αὐτῷ τῇ Θεοτόκῳ βοήσωμεν· Χαῖρε Κεχαριτωμένη, ὁ Κύριος μετὰ σοῦ. » Version anglaise officielle de l'Orthodox Church in America : « Today is the beginning of our salvation, the revelation of the eternal mystery! The Son of God becomes the Son of the Virgin as Gabriel announces the coming of Grace. »

    130
  68. Paul VI, exhortation apostolique Marialis cultus, 2 février 1974, n° 28, texte français sur vatican.va. Texte latin officiel : « ad mediam principem introitus portam fingitur Annuntiatio Vergini Mariae facta, in apside vero pingitur ipsa Theotocos gloriosa - ut inde manifesto eluceat, quomodo ab Ancillae Domini consensione hominum genus viam ingrediatur reditus sui ad Deum ».

    132
  69. Art. « Akathistos », New Catholic Encyclopedia, 2ᵉ éd. (encyclopedia.com) : vigile du cinquième samedi de Carême ; association originelle « more probably with the Feast of the Annunciation, March 25 » ; vingt-quatre strophes liées par un acrostiche alphabétique, les douze premières sur l'Incarnation et l'enfance du Christ ; refrain « Χαῖρε, νύμφη ἀνύμφευτε » ; auteur et date discutés, avec une tendance à le placer au VIᵉ siècle. Sur l'ouverture du poème par l'Annonciation : archéparchie catholique byzantine de Pittsburgh (archpitt.org), présentation de l'Hymne acathiste : « The first twelve stanzas [...] represent a dramatic narrative of the Nativity of our Lord, beginning with the annunciation and ending with the flight into Egypt. »

    133 134
  70. Saint Jean-Paul II, audience générale du 21 mars 2001, n° 3, texte français sur vatican.va : « C'est vers elle que nous élevons le chant que l'Eglise d'Orient aime plus que tout autre, cet hymne Akhatistos qui, en vingt-quatre strophes, exalte de façon lyrique sa figure. »

    135
  71. René Basset (éd. et trad.), Le Synaxaire arabe jacobite (rédaction copte), Patrologia Orientalis 16, 1922, p. 269 [914], au « vingt-neuf de barmahat (25 mars) ».

    136
  72. GreekReporter.com, « March 25th Marks the Annunciation, a Feast for Orthodoxy and Hellenism », 25 mars 2026 (traduction Ignispedia) : « Greeks chose March 25th as the historical day of the beginning of the war in earnest so that the outbreak of the Revolution would coincide with the feast of the Annunciation ».

    138
  73. Groupe de recherches islamo-chrétien (GRIC), « 25 mars : fête nationale, fête religieuse ou fête islamo-chrétienne ? », 26 mars 2010 : cette journée « avait été déclarée « jour de fête nationale commune islamo-chrétienne » et chômée, en Conseil des ministres libanais, le 18 février dernier » ; voir aussi cath.ch, « Chrétiens et musulmans fêtent ensemble l'Annonciation, jour férié au Liban ».

    139
  74. Le Coran, sourate 3, versets 45 et 47, et sourate 19, verset 35, traduction de Muhammad Hamidullah (quran.com).

    140 141
  75. Herbert Thurston, art. « Angelus », The Catholic Encyclopedia, vol. 1, New York, Robert Appleton, 1907 (newadvent.org/cathen/01486b.htm).

    142
  76. Saint Jean-Paul II, homélie de la cérémonie d'ouverture de la Porte sainte pour inaugurer l'Année jubilaire de la Rédemption, 25 mars 1983, texte italien sur vatican.va (traduction Ignispedia) : « Noi amiamo profondamente l'Annunciazione angelica. Ritorniamo ad essa tre volte al giorno con la preghiera dell'Angelus. » ; « Nell'Annunciazione infatti si è avuto l'inizio della Redenzione del mondo » ; « Di lei - prima Redenta - Dio fece la porta di ingresso del Redentore nel mondo. »

    143 159
  77. Musée d'Orsay, notice de L'Angélus, Jean-François Millet, 1857-1859, huile sur toile, 55,5 × 66 cm, RF 1877 (musee-orsay.fr).

    145
  78. Catéchisme de l'Église catholique, n° 2676.

    146 147
  79. Custodie franciscaine de Terre sainte, « Nazareth – Basilica of the Annunciation » (custodia.org, sanctuaires) : pèlerin anonyme de Plaisance (Itinerarium, V, vers 570) ; récit d'Arculfe (« built over the house where Gabriel the Archangel spoke to Mary ») ; messe de saint Louis dans la grotte le 24 mars 1251 ; retour des franciscains en 1620 ; église de 1730 bénie le 15 octobre 1730 ; autel portant l'inscription « Verbum caro hic factum est » ; visite de Paul VI au chantier en 1964 ; consécration de la basilique le dimanche 23 mars 1969 et inauguration le jour de la fête de l'Annonciation 1969 ; architecte Giovanni Muzio ; verset « Verbum Caro factum est et habitavit in nobis » au-dessus des portes (traduction Ignispedia).

    149 150 151 152 153
  80. Pape François, exhortation apostolique post-synodale Christus vivit, 25 mars 2019, formule finale, texte français sur vatican.va.

    156
  81. Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, « Les apparitions », « Jeudi 25 mars 1858 : la Dame révèle son nom » (lourdes-france.org).

    157 158
  82. Formules de date relevées sur vatican.va, textes français : A Concilio Constantinopolitano I (« Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 25 mars 1981, solennité de l'Annonciation du Seigneur ») ; Redemptionis donum (« Du Vatican, le 25 mars de l'Année jubilaire de la Rédemption 1984 », le n° 16 précisant que l'exhortation est adressée « en la solennité de l'Annonciation ») ; Redemptoris Mater (1987) ; Pastores dabo vobis (« le 25 mars 1992, solennité de l'Annonciation du Seigneur ») ; Evangelium vitae (« le 25 mars 1995, solennité de l'Annonciation du Seigneur ») ; Vita consecrata (« le 25 mars 1996, solennité de l'Annonciation du Seigneur ») ; Christus vivit (2019).

    165
  83. Saint Jean-Paul II, encyclique Evangelium vitae, 25 mars 1995, n° 85 et 102, texte français sur vatican.va.

    166 167
  84. République argentine, décret 1406/98 du 7 décembre 1998 (Boletín Oficial du 10 décembre 1998), texte officiel sur InfoLeg : « Artículo 1° - Declárase el día 25 de marzo de cada año como "Día del Niño por Nacer" » ; considérant : le 25 mars est la « fecha en que la Cristiandad celebra al Anunciación a la Virgen María, en virtud de que el nacimiento más celebrado en el mundo por cristianos y no cristianos es el del Niño Jesús cuyo momento de concepción coincide con dicha fecha », et « también en ese día se conmemora el Aniversario de la Encíclica Evangelium Vitae ».

    168