Le calendrier des saints — appelé aussi sanctoral ou, du nom de la partie du missel qui le contient, le propre des saints (Proprium de Sanctis) — est le cycle des fêtes des saints que l'Église catholique célèbre à des dates fixes tout au long de l'année. À côté du cycle des mystères du Christ (Avent, Noël, Carême, Pâques), il forme l'un des deux grands fils dont est tissée l'année liturgique : non pour entrer en concurrence avec le mystère du salut, mais pour le refléter dans la vie de ceux qui en ont vécu jusqu'au bout.
Sa logique est ancienne. Dès le IIᵉ siècle, les chrétiens se réunissaient sur la tombe de leurs martyrs, le jour anniversaire de leur mort, pour célébrer ce qu'ils appelaient leur « naissance » — leur entrée dans le ciel. De cette coutume est né, au fil des siècles, un véritable agenda de la sainteté : le Chronographe de 354 en livre le premier exemple romain conservé, les martyrologes médiévaux l'ont enrichi jour après jour, le Martyrologe romain l'a fixé après le concile de Trente, et la réforme voulue par le concile Vatican II lui a rendu, en 1969, sa cohérence et sa sobriété.
Le calendrier des saints obéit à des règles précises. Les célébrations y sont hiérarchisées en solennités, fêtes et mémoires (obligatoires ou facultatives), selon leur importance ; une table de préséance règle ce qui se célèbre lorsque deux jours se rencontrent ; et, par principe, le propre du temps garde toujours le pas sur les fêtes des saints, « pour que le cycle entier des mystères du salut soit célébré comme il se doit »[1]. On distingue enfin le calendrier général, valable pour toute l'Église latine, des calendriers propres d'un diocèse, d'une nation ou d'une famille religieuse.
Loin d'être une simple commémoration nostalgique, ce calendrier est un acte de foi en la communion des saints. En faisant mémoire des martyrs et des saints, l'Église proclame le mystère pascal à l'œuvre en eux[2]. Chaque jour de l'année, elle propose ainsi au peuple chrétien un visage de l'Évangile devenu vie.
Qu'est-ce que le calendrier des saints ?
Sanctoral et temporal : les deux cycles de l'année liturgique
Pour comprendre le calendrier des saints, il faut d'abord saisir qu'il n'existe jamais seul. L'année liturgique entrelace en permanence deux cycles distincts qui se déroulent en même temps. Le premier, le propre du temps (en latin Proprium de Tempore), aussi appelé temporal, suit les grands mystères de la vie du Christ : on l'attend dans l'Avent, on célèbre sa naissance à Noël, sa Passion et sa Résurrection au cœur de la Pâque, le don de l'Esprit à la Pentecôte. Le second, le propre des saints (Proprium de Sanctis), aussi appelé sanctoral, célèbre à dates fixes la mémoire des saints.
L'image la plus simple est celle de deux roues qui tournent ensemble. La première, le temporal, mêle du fixe et du mobile : Noël revient chaque année au 25 décembre, tandis que Pâques se déplace selon le comput — et tout le cycle pascal (Carême, Semaine sainte, Temps pascal jusqu'à la Pentecôte) se déplace avec elle. La seconde, le sanctoral, est en grande partie fixe : la plupart des saints reviennent à la même date du calendrier civil. Quand les deux roues amènent une fête au même jour, des règles de préséance décident laquelle l'emporte.
Cette distinction n'est pas qu'une commodité de classement. Elle exprime une hiérarchie théologique. Le centre de la foi, c'est le Christ et son mystère pascal ; les saints n'ont de sens que par rapport à lui, comme des miroirs de sa grâce. Le concile Vatican II le rappelle avec force : « par suite, le propre du temps recevra la place qui lui revient au-dessus des fêtes des saints »[3]. Le sanctoral est immense et magnifique, mais il demeure second ; il sert le temporal, jamais l'inverse.
Pourquoi un calendrier des saints ? La théologie de la mémoire
Pourquoi l'Église consacre-t-elle des jours entiers à des hommes et des femmes, au risque de paraître détourner vers eux l'honneur dû à Dieu seul ? La réponse tient en un mot : la communion des saints (cf. La communion des saints). Les saints ne sont pas des héros que l'on admire de loin ; ils sont des membres vivants du Corps du Christ, déjà parvenus au terme, et qui intercèdent pour ceux qui cheminent encore.
Le Catéchisme situe exactement le sens de ces fêtes. Ce n'est pas le saint que l'on célèbre pour lui-même, mais l'œuvre du Christ accomplie en lui :
« Quand l'Église, dans le cycle annuel, fait mémoire des martyrs et des autres saints, elle "proclame le mystère pascal" en ceux et celles "qui ont souffert avec le Christ et sont glorifiés avec lui, et elle propose aux fidèles leurs exemples qui les attirent tous au Père par le Christ, et, par leurs mérites, elle obtient les bienfaits de Dieu" (SC 104 ; cf. SC 108 et 111). » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1173[4]
La fête d'un saint est donc une proclamation pascale : elle montre que la mort et la résurrection du Christ ne sont pas restées sans effet, qu'elles ont produit, siècle après siècle, des vies transfigurées. Saint Augustin avait dissipé d'avance le malentendu de l'idolâtrie. Commentant le culte rendu aux martyrs, il distingue radicalement la vénération des saints et l'adoration due à Dieu seul :
« Le peuple chrétien célèbre la mémoire des martyrs par une solennité religieuse [...] mais ce n'est à aucun des martyrs, c'est au Dieu des martyrs lui-même, bien que dans les mémoires des martyrs, que nous dressons des autels. » — Saint Augustin, Contre Fauste le manichéen, livre XX, ch. 21[5]
Le calendrier des saints est ainsi une catéchèse permanente : il enseigne, par l'exemple de la veuve et du pape, du martyr et de la moniale, de l'évêque savant et de la fillette illettrée, que la sainteté est possible et qu'elle prend mille visages. C'est aussi un acte d'espérance : l'Écriture montre déjà au ciel « une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toutes nations, races, peuples et langues »[6], et l'auteur de l'épître aux Hébreux exhorte les fidèles, « entourés d'une si grande nuée de témoins », à courir avec endurance l'épreuve qui leur est proposée[7].
« Naissance au ciel » : le principe du dies natalis
La clef de voûte du calendrier des saints est une intuition d'une beauté saisissante. Pour fixer le jour de la fête d'un saint, l'Église ne choisit pas, en général, le jour de sa naissance terrestre, mais le jour de sa mort — parce que ce jour-là est sa vraie naissance : son entrée dans la vie éternelle. C'est le dies natalis, littéralement le « jour de naissance », mais entendu comme naissance au ciel.
Cette expression remonte aux premiers siècles. Le témoignage le plus ancien est la lettre de l'Église de Smyrne racontant, vers l'an 156, le martyre de son évêque saint Polycarpe, disciple de l'apôtre Jean : après l'avoir brûlé puis transpercé, les chrétiens recueillent ses restes et décident de se rassembler chaque année à la date de sa mort.
« Nous recueillîmes ses ossements, plus précieux que les pierres précieuses et plus purs que l'or, et nous les déposâmes en un lieu convenable. C'est là que le Seigneur nous accordera de nous réunir, dans l'allégresse et la joie, pour célébrer l'anniversaire de son martyre. » — Martyre de Polycarpe, ch. 18 (vers 156)[8]
Ce texte est le berceau du calendrier des saints : on y voit déjà réunis le trois éléments qui le constitueront pour toujours — un lieu (la tombe), une date (l'anniversaire de la mort) et une assemblée qui fait mémoire. Les premiers chrétiens n'inventaient pas un panthéon ; ils prolongeaient l'amour qu'ils portaient à des frères devenus, par le martyre, des « disciples et imitateurs du Seigneur »[9]. Pour le développement de cette vénération et la question des reliques, voir l'article dédié Pourquoi vénérer les reliques ?.
Le principe du dies natalis connaît quelques exceptions notables, toujours pour de bonnes raisons. On fête le Christ, la Vierge Marie et saint Jean-Baptiste non à leur mort mais à leur naissance ou à des mystères propres (la Nativité du 25 décembre, l'Immaculée Conception, la Nativité de Marie le 8 septembre, la Nativité de Jean-Baptiste le 24 juin), parce que leur venue au monde est elle-même un événement du salut. Pour les autres saints, la règle demeure : on célèbre le jour où ils sont « nés au ciel ».
Aux origines : des tombes des martyrs au premier calendrier
Le calendrier des saints n'a pas été décrété d'un coup. Il est le fruit d'une lente sédimentation, des catacombes de Rome aux scriptoria monastiques, jusqu'aux presses du Vatican. En suivre l'histoire, c'est voir l'Église apprendre, génération après génération, à dater sa mémoire.
Le Chronographe de 354 : le plus ancien calendrier romain
Au IIᵉ et au IIIᵉ siècle, chaque Église locale tient la liste de ses martyrs et de ses évêques, avec la date et le lieu où l'on se rassemble pour les honorer. Le premier de ces documents parvenu jusqu'à nous est romain : c'est le Chronographe de 354, recueil composé par le calligraphe Furius Dionysius Filocalus pour un riche chrétien de Rome. Il contient deux listes précieuses, la Depositio Episcoporum (les sépultures des évêques de Rome) et la Depositio Martyrum (les sépultures des martyrs)[10].
Cette Depositio Martyrum, dont le contenu remonte à l'an 336, est le plus ancien calendrier liturgique chrétien conservé. Elle indique, pour chaque fête, le jour, le nom du martyr et le cimetière où la communauté se réunit. Détail capital pour l'histoire de toute l'année liturgique : la liste s'ouvre sur la mention « VIII kal. Ian. natus Christus in Betleem Iudeae » — la plus ancienne attestation de la célébration de Noël le 25 décembre[11]. Le temporal et le sanctoral y apparaissent déjà côte à côte, dans le même document.
Des calendriers locaux aux martyrologes
À mesure que les communautés échangeaient leurs listes et que les fêtes voyageaient d'une Église à l'autre, on éprouva le besoin de rassembler tous ces saints dans un livre unique, classé jour par jour. Ainsi naquit le genre du martyrologe.
Le Martyrologe hiéronymien
Le plus ancien martyrologe latin, le Martyrologe hiéronymien, fut compilé en Italie du Nord puis en Gaule entre le Vᵉ et le VIᵉ siècle. Faussement attribué à saint Jérôme — d'où son nom — pour lui donner autorité, il fusionne des calendriers romains, africains et orientaux et énumère, pour chaque jour, des centaines de noms avec leur lieu de sépulture. Document immense et souvent confus, il constitue néanmoins la source mère de tous les martyrologes occidentaux ultérieurs[12].
Bède, Florus, Adon, Usuard : les martyrologes historiques
Au Moyen Âge carolingien apparaît un genre nouveau : le martyrologe historique, qui ne se contente plus d'aligner des noms mais ajoute, pour chaque saint, une courte notice sur sa vie et son martyre. Le mouvement est lancé par saint Bède le Vénérable (✝ 735), puis prolongé par Florus de Lyon, Adon de Vienne et surtout Usuard de Saint-Germain-des-Prés (✝ vers 875), dont le martyrologe, clair et complet, devint le plus répandu de tout l'Occident médiéval et la base directe du futur Martyrologe romain[13]. Ces livres, lus chaque jour au chapitre des monastères, ont fait du calendrier des saints une lecture quotidienne de l'Église.
Le Martyrologe romain (1584)
La multiplication des usages locaux, l'accumulation des légendes et les variantes entre diocèses rendirent, à la fin du Moyen Âge, le sanctoral foisonnant et inégal. Le concile de Trente (cf. Le concile de Trente) confia au pape le soin d'unifier les livres liturgiques. Dans le sillage du Bréviaire romain de saint Pie V (1568) et de son Missel (1570) — qui fixaient déjà un calendrier romain commun —, le pape Grégoire XIII promulgua en 1584 le Martyrologium Romanum, livre officiel des saints de l'Église latine, largement fondé sur le martyrologe d'Usuard[14].
Le cardinal Cesare Baronio en donna dès 1586 une édition savante, revue et annotée, qui fit longtemps autorité[15]. Ce Martyrologe romain tridentin fut réédité et complété pendant près de quatre siècles. Mais l'érudition historique moderne y avait peu à peu repéré de nombreuses données légendaires ou des saints à l'existence douteuse — ce qui appellera, après Vatican II, une révision en profondeur.
- vers 156Le Martyre de Polycarpepremière fête d'un saint attestée
L'Église de Smyrne décide de se réunir chaque année sur la tombe de son évêque martyr, à la date de sa mort. Naissance de la notion de dies natalis.
- 336 / 354La Depositio MartyrumChronographe de 354 (Rome)
Plus ancien calendrier liturgique conservé : sépultures des évêques et des martyrs de Rome, avec date et lieu. Première mention de Noël au 25 décembre.
- Vᵉ-VIᵉ siècleLe Martyrologe hiéronymiensource mère de l'Occident
Compilation latine attribuée à tort à saint Jérôme : fusion des calendriers romain, africain et oriental. Des centaines de noms par jour.
- VIIIᵉ-IXᵉ siècleLes martyrologes historiquesBède, Florus, Adon, Usuard
On ajoute une notice à chaque saint. Le martyrologe d'Usuard (✝ v. 875) devient le plus répandu du Moyen Âge.
- 1584Le Martyrologe romainGrégoire XIII, après Trente
Livre officiel unique des saints de l'Église latine, fondé sur Usuard ; édition annotée de Baronio (1586).
- 1969Le Calendrier romain généralréforme de Paul VI
Mysterii Paschalis promulgue un calendrier élagué et historiquement vérifié ; primauté du temporal restaurée.
La structure du calendrier : degrés et préséances
Un calendrier des saints n'est pas une simple liste : c'est un système hiérarchisé. Toutes les fêtes n'ont pas le même poids, et l'Église a fixé des règles claires pour graduer leur solennité et résoudre les conflits de dates. Ces règles sont rassemblées dans les Normes universelles sur l'année liturgique et le calendrier, publiées en 1969[16].
Solennités, fêtes, mémoires : les quatre degrés
Le texte normatif est limpide : « Selon l'importance qu'on leur attache, les célébrations se distinguent entre elles et reçoivent les noms suivants : solennités, fêtes, mémoires »[17]. À ces trois degrés s'ajoute, pour les jours ordinaires, la férie. Du plus élevé au plus simple :
Les solennités
Les solennités sont les jours les plus importants du calendrier. Leur célébration « commence dès la veille au soir par les premières Vêpres »[18] et, pour les plus grandes, comporte une messe de vigile propre. Elles déploient les trois lectures à la messe, le Gloria et le Credo. Parmi les solennités du sanctoral : la Nativité de saint Jean-Baptiste (24 juin), saint Pierre et saint Paul (29 juin), l'Assomption de la Vierge Marie (15 août), la Toussaint (1ᵉʳ novembre), l'Immaculée Conception (8 décembre).
Les fêtes
Les fêtes occupent le degré intermédiaire. Elles « se célèbrent dans les limites du jour naturel et n'ont donc pas de premières Vêpres »[19], sauf lorsqu'elles tombent un dimanche. On y trouve les apôtres et les évangélistes, la Nativité de la Vierge Marie (8 septembre), la fête de saint Laurent (10 août), ou les grandes fêtes du Seigneur comme la Présentation au Temple (2 février).
Les mémoires obligatoires et facultatives
Les mémoires sont le degré le plus fréquent du calendrier des saints. « Les mémoires sont obligatoires ou facultatives ; leur célébration se combine avec celle de la férie selon les règles » propres au missel et à la liturgie des heures[20]. Une mémoire obligatoire doit être célébrée par toute l'Église (par exemple saint Athanase, sainte Thérèse d'Avila, saint Charles Borromée). Une mémoire facultative est laissée au choix du célébrant : il peut faire mémoire du saint du jour ou s'en tenir à la férie.
Les féries
Enfin, les féries sont les jours sans célébration propre de saint : la liturgie y suit le temps liturgique en cours. Aux féries du Temps ordinaire, on peut toujours, à titre facultatif, faire mémoire d'un saint inscrit au Martyrologe romain, même absent du calendrier général.
La table de préséance des jours liturgiques
Que se passe-t-il quand deux célébrations tombent le même jour — par exemple un saint important un dimanche de Carême, ou deux mémoires au même date ? Les Normes universelles tranchent par une Table des jours liturgiques selon l'ordre de préséance, qui range tous les jours de l'année en treize rangs répartis en trois grands groupes[21]. Le tableau ci-dessous en donne la structure.
| Groupe | Rang | Jours liturgiques |
|---|---|---|
| I | 1 | Triduum pascal de la Passion et de la Résurrection |
| I | 2 | Noël, Épiphanie, Ascension, Pentecôte ; dimanches de l'Avent, du Carême et de Pâques ; mercredi des Cendres ; jours de la Semaine sainte ; octave de Pâques |
| I | 3 | Solennités du Seigneur, de la Vierge et des saints du calendrier général ; Commémoration des défunts |
| I | 4 | Solennités propres (patron principal, dédicace de l'église, titre de la communauté) |
| II | 5 | Fêtes du Seigneur au calendrier général |
| II | 6 | Dimanches du temps de Noël et du Temps ordinaire |
| II | 7 | Fêtes de la Vierge et des saints du calendrier général |
| II | 8 | Fêtes propres |
| II | 9 | Féries de l'Avent du 17 au 24 décembre, octave de Noël, féries de Carême |
| III | 10 | Mémoires obligatoires du calendrier général |
| III | 11 | Mémoires obligatoires propres |
| III | 12 | Mémoires facultatives |
| III | 13 | Féries de l'Avent, de Noël, de Pâques et du Temps ordinaire |
La règle de lecture est simple : le rang le plus élevé l'emporte. C'est ainsi qu'un saint, même célèbre, s'efface devant un dimanche de l'Avent ou du Carême ; que sa mémoire est seulement « commémorée » ou omise pendant la Semaine sainte ; et qu'une mémoire facultative cède la place dès qu'un degré supérieur occupe le jour. La table traduit en chiffres une conviction de foi : rien ne passe avant le mystère pascal.
La primauté du temporal sur le sanctoral
Cette hiérarchie n'est pas une bureaucratie liturgique : elle protège l'équilibre de la prière de l'Église. Au fil des siècles, les fêtes de saints s'étaient tellement multipliées qu'elles recouvraient souvent le déroulement du temps liturgique — au point que de longues portions du Carême ou de l'Avent disparaissaient sous les célébrations de saints. Les Normes universelles posent donc un principe non négociable : « Le propre du temps [...] doit être maintenu intact et garder la prééminence qui lui revient sur les célébrations particulières »[22]. Le sanctoral, si riche soit-il, ne doit jamais étouffer le temporal.
La réforme de Vatican II (1969)
Sacrosanctum Concilium : remettre les saints à leur place
Le concile Vatican II (cf. Concile Vatican II), dans sa première constitution promulguée le 4 décembre 1963, Sacrosanctum Concilium (cf. Sacrosanctum Concilium), consacre son chapitre V à l'année liturgique. Le concile y rappelle d'abord la raison d'être du sanctoral : « en outre, l'Église a introduit dans le cycle annuel les mémoires des martyrs et des autres saints qui, élevés à la perfection par la grâce multiforme de Dieu et ayant déjà obtenu possession du salut éternel, chantent à Dieu dans le ciel une louange parfaite et intercèdent pour nous »[23].
Mais le concile pose aussitôt un garde-fou. Devant l'envahissement progressif du calendrier par les fêtes de saints, il demande de rétablir la priorité des mystères du Christ :
« Pour que les fêtes de saints ne l'emportent pas sur les fêtes qui célèbrent les mystères mêmes du salut, le plus grand nombre d'entre elles seront laissées à la célébration de chaque église, nation ou famille religieuse particulière ; on n'étendra à l'Église universelle que les fêtes commémorant des saints qui présentent véritablement une importance universelle. » — Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, § 111[24]
Ce paragraphe 111 est la charte de toute la réforme du calendrier des saints : moins de fêtes universelles, davantage de fêtes locales, et la garantie que le sanctoral resservira le temporal au lieu de le masquer.
Mysterii Paschalis et le Calendrier romain général de 1969
L'application de ces principes prit plusieurs années. Elle aboutit au motu proprio Mysterii Paschalis du pape Paul VI, daté du 14 février 1969, qui approuve à la fois les Normes universelles sur l'année liturgique et le calendrier et le nouveau Calendrier romain général (Calendarium Romanum generale), élaboré par le Consilium chargé d'appliquer la constitution conciliaire[25]. Le nouveau calendrier entra en vigueur le 1ᵉʳ janvier 1970.
Parallèlement, le Martyrologe romain lui-même fut entièrement révisé pour être expurgé des données légendaires : sa nouvelle editio typica parut en 2001 sous l'autorité de Jean-Paul II, suivie d'une editio typica altera corrigée en 2004[26]. C'est aujourd'hui le livre de référence du sanctoral universel, où sont inscrits, jour par jour, plusieurs milliers de saints et de bienheureux.
Ce qui a changé : élagage, dates exactes, vérification historique
Trois grands changements distinguent le calendrier de 1969 de l'ancien calendrier tridentin.
D'abord, un élagage du calendrier général : seuls y restent les saints d'importance véritablement universelle, conformément à Sacrosanctum Concilium 111. Les autres ne sont pas « supprimés » — ils demeurent au Martyrologe romain et peuvent être célébrés localement —, mais ils quittent le calendrier obligatoire de toute l'Église pour rejoindre les calendriers propres ou le rang de mémoire facultative.
Ensuite, le retour aux dates exactes. Beaucoup de saints virent leur fête déplacée à leur véritable dies natalis, quand il était connu, pour respecter le principe ancien et libérer les temps forts. Ainsi la mémoire de saint Thomas d'Aquin passa du 7 mars au 28 janvier, et celle de saint Benoît fut fixée au 11 juillet, là où elles ne concurrençaient plus le Carême.
Enfin, une exigence d'historicité. Les saints dont l'existence historique paraissait incertaine ou trop chargée de légendes furent retirés du calendrier général ou réduits au rang de mémoire facultative — non par scepticisme, mais par souci de vérité : l'Église ne veut proposer à la vénération universelle que ce qu'elle peut tenir avec assurance. Cette prudence n'enlève rien à la confiance que l'on peut garder envers la tradition des saints ; elle distingue seulement ce qui est certain de ce qui relève d'une piété locale vénérable mais moins assurée.
Calendrier général et calendriers propres
Le sanctoral n'est pas le même partout. Les Normes universelles distinguent expressément deux types de calendriers : « Le calendrier est ou bien général, pour l'usage de tout le rite romain, ou bien particulier, pour l'usage d'une Église particulière ou d'une famille religieuse »[27].
Le Calendrier romain général
Le Calendrier romain général contient le cycle complet des solennités, fêtes et mémoires destinées à toute l'Église latine[28] : les grands mystères du Christ, les fêtes mariales majeures, les apôtres, les Pères et docteurs de l'Église, les saints dont le rayonnement dépasse les frontières d'un pays. C'est le socle commun que partagent un prêtre de Manille, une carmélite de Lisieux et une paroisse du Brésil.
Les calendriers particuliers
Sur ce socle se greffent les calendriers propres, qui ajoutent des célébrations « plus spécialisées, agencées pour s'harmoniser avec le cycle général »[29]. On en distingue plusieurs niveaux :
- un calendrier propre à un diocèse : son saint patron, l'anniversaire de la dédicace de sa cathédrale, ses saints locaux ;
- un calendrier propre à une nation ou une région : par exemple, en France, sainte Jeanne d'Arc ou sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus y reçoivent un rang plus élevé qu'ailleurs ;
- un calendrier propre à une famille religieuse : un ordre célèbre avec une solennité particulière son fondateur et ses grands saints (les dominicains pour saint Dominique, les franciscains pour saint François d'Assise).
Un même saint peut donc avoir un rang différent selon le lieu : mémoire facultative au calendrier général, mais solennité dans le diocèse dont il est le patron. Cette souplesse réalise concrètement le vœu de Sacrosanctum Concilium 111 — beaucoup de fêtes laissées à la célébration de chaque Église particulière.
Les calendriers des Églises orientales
Enfin, les Églises catholiques orientales possèdent chacune leur propre calendrier des saints, hérité de leur tradition liturgique — byzantine, syriaque, copte, arménienne, chaldéenne — avec leurs grands Pères, leurs martyrs et leurs hymnographes. Le calendrier romain général ne concerne que le rite latin ; l'unité de l'Église catholique n'exige pas l'uniformité des sanctoraux, mais la communion dans la même foi et le même Christ glorifié en ses saints.
Comment un saint entre-t-il au calendrier ?
Un nom n'apparaît pas au calendrier par hasard ni par simple popularité. Il y est inscrit au terme d'un processus ecclésial rigoureux, qui distingue soigneusement deux étapes : la béatification et la canonisation. Les normes actuelles de ce processus ont été fixées par la constitution apostolique Divinus Perfectionis Magister de Jean-Paul II, le 25 janvier 1983[30]. (Sur le discernement des grâces extraordinaires et des voyants, voir Faut-il croire aux révélations privées ?.)
Béatification : un culte limité
La béatification est l'acte par lequel le pape autorise un culte public restreint envers un défunt désormais appelé « bienheureux ». Ce culte est accordé « à une ville, un diocèse, une région ou une famille religieuse »[31] : le bienheureux peut être inscrit au calendrier propre de ces lieux ou communautés, mais pas au calendrier de l'Église universelle. La béatification requiert d'ordinaire la reconnaissance d'un miracle attribué à l'intercession du candidat (sauf pour les martyrs, dont le martyre tient lieu de preuve).
Canonisation : l'inscription au catalogue des saints
La canonisation est l'acte définitif et solennel par lequel le pape déclare qu'un bienheureux « doit être inscrit au catalogue des saints » — c'est-à-dire au Martyrologe romain — « et vénéré dans l'Église universelle »[32]. Elle exige un second miracle, postérieur à la béatification[33]. Avec la canonisation, le culte n'est plus local : il s'étend à toute l'Église, et le saint peut recevoir une date de fête au calendrier.
« Le culte s'exprime par l'attribution d'un jour de commémoration au calendrier liturgique, autant que possible celui de la mort terrestre — la naissance au ciel, selon l'expression classique du martyrologe. » — d'après les normes de la Congrégation pour les causes des saints[34]
Du Martyrologe au calendrier général
Être canonisé n'équivaut pourtant pas à figurer aussitôt au calendrier romain général. Tout saint canonisé est inscrit au Martyrologe romain et peut être fêté localement ; mais son entrée au calendrier universel — avec un rang de mémoire, de fête ou de solennité pour toute l'Église — relève d'une décision distincte du Saint-Siège, réservée, selon Sacrosanctum Concilium 111, aux saints d'une importance véritablement universelle. C'est pourquoi des milliers de saints sont au Martyrologe sans être au calendrier général : leur sainteté est pleinement reconnue, mais leur fête reste l'affaire d'une Église particulière.
La Vierge Marie et la Toussaint au cœur du sanctoral
Marie, première parmi les saints
Au sommet du calendrier des saints rayonne la Vierge Marie. Le concile rappelle qu'« en célébrant le cycle annuel des mystères du Christ, la sainte Église vénère avec un particulier amour la bienheureuse Marie, Mère de Dieu, qui est unie à son Fils dans l'œuvre du salut par un lien indissoluble »[35]. Sa place dépasse celle de tous les autres saints : non par un culte d'adoration, réservé à Dieu seul, mais par un degré de vénération unique, à la mesure de sa maternité divine.
Le calendrier marial jalonne toute l'année : l'Immaculée Conception (8 décembre), la Sainte Marie Mère de Dieu (1ᵉʳ janvier), l'Annonciation (25 mars), la Visitation (31 mai), l'Assomption (15 août), la Nativité de Marie (8 septembre), sans compter les nombreuses mémoires (Notre-Dame du Rosaire, Notre-Dame des Douleurs, etc.). Marie est ainsi le fil d'or qui relie le sanctoral au temporal, puisque ses fêtes accompagnent de l'intérieur les mystères de son Fils.
La Toussaint : tout le calendrier en un seul jour
Le 1ᵉʳ novembre, la solennité de la Toussaint célèbre d'un seul tenant tous les saints du ciel — y compris l'immense foule des saints anonymes, ceux qui ne figurent dans aucun calendrier mais que Dieu connaît. C'est, en un sens, la fête du calendrier des saints tout entier, et la traduction liturgique de la vision de l'Apocalypse : « une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer »[36]. Le lendemain, le 2 novembre, la Commémoration de tous les fidèles défunts prolonge ce regard vers les âmes du purgatoire, dans la grande communion des saints qui unit le ciel, la terre et les défunts en marche vers Dieu.
Prier avec le calendrier des saints
Le saint du jour
Le calendrier des saints n'est pas qu'un instrument de régulation liturgique : c'est un compagnon de route spirituel. Faire mémoire du « saint du jour » — par le Martyrologe, le missel ou simplement un calendrier paroissial — donne à chaque journée un visage et un intercesseur. L'épître aux Hébreux en fait une exhortation : « Souvenez-vous de vos chefs, eux qui vous ont annoncé la parole de Dieu ; en considérant l'aboutissement de leur vie, imitez leur foi »[37]. Le sanctoral est cette mémoire mise en pratique, jour après jour.
Le saint patron et le saint de baptême
Cette familiarité avec les saints prend un tour personnel par le saint patron — celui dont on porte le nom, celui de sa paroisse, de son métier ou de son pays. Le jour de sa fête (la fête au sens populaire, distincte de l'anniversaire de naissance) était autrefois célébré comme un second anniversaire : non celui de la naissance terrestre, mais celui du modèle céleste confié comme guide. Choisir un nom de saint au baptême, c'est inscrire un enfant dans ce grand calendrier vivant, et lui donner, dès le départ, un frère aîné dans la foi qui veille et intercède.
« Les âmes des justes sont dans la main de Dieu, et nul tourment ne les atteindra. » — Livre de la Sagesse, 3, 1[38]
Tel est le sens dernier du calendrier des saints : non un musée de figures du passé, mais la carte du ciel déployée sur le temps, où l'Église de la terre apprend, jour après jour, à reconnaître les siens et à marcher vers eux.
Pour aller plus loin
- L'année liturgique — le cadre général dans lequel s'inscrit le sanctoral, et le cycle du temporal.
- Les fêtes d'obligation — quelles solennités du calendrier sont chômées et pourquoi.
- La communion des saints et l'intercession — le fondement théologique du culte des saints.
- Pourquoi vénérer les reliques ? — la dévotion aux tombes des martyrs, racine du calendrier.
- Faut-il croire aux révélations privées ? — le discernement de l'Église en matière de sainteté et de surnaturel.
- La liturgie des heures — l'office divin, où le sanctoral se prie chaque jour.
- Le concile de Trente et le concile Vatican II — les deux grandes réformes du calendrier.
Notes et références
Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, § 108 : « Par suite, le propre du temps recevra la place qui lui revient au-dessus des fêtes des saints, pour que le cycle entier des mystères du salut soit célébré comme il se doit. »
1 3Catéchisme de l'Église catholique, § 1173 : « Quand l'Église, dans le cycle annuel, fait mémoire des martyrs et des autres saints, elle "proclame le mystère pascal" en ceux et celles "qui ont souffert avec le Christ et sont glorifiés avec lui, et elle propose aux fidèles leurs exemples qui les attirent tous au Père par le Christ, et, par leurs mérites, elle obtient les bienfaits de Dieu" (SC 104 ; cf. SC 108 et 111). » Les guillemets internes citent Sacrosanctum Concilium, § 104. Texte sur vatican.va.
2 4Saint Augustin, Contre Fauste le manichéen (Contra Faustum), livre XX, ch. 21 : « Populus [...] christianus memorias martyrum religiosa sollemnitate concelebrat [...] nec tamen cuiquam martyrum, sed ipsi Deo martyrum, quamvis in memoriis martyrum, constituimus altaria. » (« Le peuple chrétien célèbre la mémoire des martyrs par une solennité religieuse [...] mais ce n'est à aucun des martyrs, c'est au Dieu des martyrs lui-même, bien que dans les mémoires des martyrs, que nous dressons des autels. »)
5Bible (AELF), Apocalypse 7, 9 : « Après cela, j'ai vu : et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l'Agneau, vêtus de robes blanches. » Fondement scripturaire de la solennité de la Toussaint.
6 36Bible (AELF), Lettre aux Hébreux 12, 1 : « Nous donc aussi, qui sommes entourés d'une si grande nuée de témoins, débarrassons-nous de tout ce qui nous alourdit [...] et courons avec endurance l'épreuve qui nous est proposée. »
7Martyre de Polycarpe (lettre de l'Église de Smyrne, vers 156-160), ch. 18 : « Nous recueillîmes ses ossements, plus précieux que les pierres précieuses et plus purs que l'or, et nous les déposâmes en un lieu convenable. C'est là que le Seigneur nous accordera de nous réunir, dans l'allégresse et la joie, pour célébrer l'anniversaire de son martyre. » Texte grec : « ὀστᾶ αὐτοῦ, τιμιώτερα λίθων πολυτελῶν καὶ δοκιμώτερα ὑπὲρ χρυσίον ». Plus ancien témoignage écrit de la célébration du dies natalis d'un martyr.
8Martyre de Polycarpe, ch. 17 : les chrétiens précisent qu'ils n'adorent que le Christ, « Fils de Dieu », et qu'ils aiment les martyrs « comme des disciples et des imitateurs du Seigneur » — distinction explicite entre adoration (réservée à Dieu) et vénération (rendue aux saints), dès le IIᵉ siècle.
9Chronographe de 354 (recueil calligraphié par Furius Dionysius Filocalus pour un chrétien romain nommé Valentinus). Il contient la Depositio Episcoporum et la Depositio Martyrum, dont le contenu remonte à l'an 336 : plus ancien calendrier liturgique chrétien conservé, indiquant pour chaque fête le jour, le martyr et le cimetière. La liste s'ouvre sur la mention de la Nativité du Christ au 25 décembre (VIII kal. Ian.) — première attestation de la date de Noël. Éd. de référence : Monumenta Germaniae Historica, Chronica Minora I (Mommsen, 1892), p. 71-72.
10 11Martyrologe hiéronymien (Martyrologium Hieronymianum), compilé en Italie du Nord puis en Gaule entre le Vᵉ et le VIᵉ siècle. Attribué faussement à saint Jérôme. Plus ancien martyrologe latin, fondé sur la fusion de calendriers romain, africain et oriental ; source mère de tous les martyrologes occidentaux. Cf. Catholic Encyclopedia, art. Martyrology (newadvent.org).
12Usuard de Saint-Germain-des-Prés (✝ vers 875), Martyrologium : martyrologe historique le plus répandu du Moyen Âge occidental, prolongeant l'œuvre de saint Bède le Vénérable (✝ 735), de Florus de Lyon et d'Adon de Vienne. Il sert de base directe au futur Martyrologe romain. Cf. Catholic Encyclopedia, art. Martyrology (newadvent.org).
13Martyrologium Romanum, édition princeps 1583, promulgué et imposé à toute l'Église latine par le pape Grégoire XIII en 1584, à la suite de la réforme tridentine des livres liturgiques (Bréviaire de Pie V, 1568 ; Missel, 1570). Le cardinal Cesare Baronio en publie en 1586 une édition savante revue et annotée (Notationes et Tractatio de Martyrologio Romano). L'ensemble est largement fondé sur le martyrologe d'Usuard.
14 15Normes universelles sur l'année liturgique et le calendrier (1969), n. 10 : « Selon l'importance qu'on leur attache, les célébrations se distinguent entre elles et reçoivent les noms suivants : solennités, fêtes, mémoires. » Document annexé à Mysterii Paschalis.
16 17Normes universelles sur l'année liturgique et le calendrier (1969), n. 11 : les solennités sont comptées parmi les jours principaux ; leur célébration commence par les premières Vêpres la veille au soir. Certaines comportent une messe propre de vigile.
18Normes universelles sur l'année liturgique et le calendrier (1969), n. 13 : « Les fêtes se célèbrent dans les limites du jour naturel ; aussi n'ont-elles pas de premières Vêpres », à moins de tomber un dimanche.
19Normes universelles sur l'année liturgique et le calendrier (1969), n. 14 : « Les mémoires sont ou bien obligatoires, ou bien facultatives ; leur célébration se combine avec celle de la férie qui se présente », selon les règles de la Présentation générale du Missel romain et de la Liturgie des heures.
20Normes universelles sur l'année liturgique et le calendrier (1969), Table des jours liturgiques selon l'ordre de préséance, qui classe l'ensemble des jours en treize rangs répartis en trois groupes (I : Triduum, grandes fêtes du Seigneur, dimanches majeurs, solennités, Commémoration des défunts ; II : fêtes et dimanches ordinaires, féries privilégiées ; III : mémoires obligatoires et facultatives, féries ordinaires).
21Normes universelles sur l'année liturgique et le calendrier (1969), n. 50 : le propre du temps doit être maintenu intact et garder la prééminence qui lui revient sur les célébrations particulières.
22Concile Vatican II, constitution Sacrosanctum Concilium, 4 décembre 1963, § 104 : « En outre, l'Église a introduit dans le cycle annuel les mémoires des martyrs et des autres saints qui, élevés à la perfection par la grâce multiforme de Dieu et ayant déjà obtenu possession du salut éternel, chantent à Dieu dans le ciel une louange parfaite et intercèdent pour nous. » Texte sur vatican.va.
23Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, § 111 : « Pour que les fêtes de saints ne l'emportent pas sur les fêtes qui célèbrent les mystères mêmes du salut, le plus grand nombre d'entre elles seront laissées à la célébration de chaque église, nation ou famille religieuse particulière ; on n'étendra à l'Église universelle que les fêtes commémorant des saints qui présentent véritablement une importance universelle. »
24Paul VI, lettre apostolique en forme de motu proprio Mysterii Paschalis, 14 février 1969, approuvant les Normes universelles sur l'année liturgique et le calendrier et le nouveau Calendarium Romanum generale élaboré par le Consilium ad exsequendam Constitutionem de sacra Liturgia. Le nouveau calendrier est entré en vigueur le 1ᵉʳ janvier 1970. Texte latin et traductions sur vatican.va.
25Martyrologium Romanum, editio typica révisée selon le décret de Vatican II, promulguée sous l'autorité de Jean-Paul II en 2001 (Typis Vaticanis), puis editio typica altera corrigée publiée par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements en 2004. Version expurgée des données légendaires, fixant le sanctoral universel actuel.
26Normes universelles sur l'année liturgique et le calendrier (1969), n. 48 : « Le calendrier est ou bien général, pour l'usage de tout le rite romain, ou bien particulier, pour l'usage d'une Église particulière ou d'une famille religieuse. »
27Normes universelles sur l'année liturgique et le calendrier (1969), n. 49 : dans le calendrier général est inscrit le cycle complet des célébrations ; les calendriers particuliers comportent des célébrations plus spécialisées, agencées pour s'harmoniser avec le cycle général.
28 29Jean-Paul II, constitution apostolique Divinus Perfectionis Magister, 25 janvier 1983 : nouvelles normes pour l'instruction des causes des saints. Elle confirme l'exigence d'un miracle pour la béatification (sauf martyre) et d'un second miracle, postérieur à la béatification, pour la canonisation. Texte sur vatican.va.
30 33Congrégation (aujourd'hui Dicastère) pour les causes des saints, normes sur la béatification et la canonisation : la canonisation est l'acte solennel par lequel le pape décrète qu'un bienheureux doit être inscrit au catalogue des saints — le Martyrologe romain — et vénéré dans l'Église universelle ; la béatification accorde un culte limité à une ville, un diocèse, une région ou une famille religieuse. Le culte s'exprime par l'attribution d'un jour au calendrier, autant que possible celui de la mort terrestre, la « naissance au ciel ». Cf. synthèse sur liturgie.catholique.fr (Église catholique en France).
31 32 34Catéchisme de l'Église catholique, § 1172 : « En célébrant le cycle annuel des mystères du Christ, la sainte Église vénère avec un particulier amour la bienheureuse Marie, Mère de Dieu, qui est unie à son Fils dans l'œuvre du salut par un lien indissoluble. »
35Bible (AELF), Lettre aux Hébreux 13, 7 : « Souvenez-vous de ceux qui vous ont dirigés : ils vous ont annoncé la parole de Dieu. Méditez sur l'aboutissement de leur vie, et imitez leur foi. »
37Bible (AELF), Livre de la Sagesse 3, 1 : « Les âmes des justes sont dans la main de Dieu, et nul tourment ne les atteindra. » Lecture traditionnelle des fêtes de martyrs et de la Toussaint.
38