La liturgie des heures

La liturgie des heures, ou office divin, est la prière publique et officielle de l'Église, répartie aux différents moments du jour pour consacrer le temps à Dieu : Laudes du matin, heure médiane, Vêpres du soir et Complies, autour des 150 psaumes.

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La liturgie des heures — appelée aussi office divin, prière des heures ou, du nom du livre qui la contient, le bréviaire — est la prière publique et officielle de l'Église catholique, distribuée tout au long de la journée pour que « le déroulement du jour et de la nuit soit consacré par la louange de Dieu »[1]. Elle n'est pas une dévotion privée parmi d'autres, mais l'un des actes liturgiques majeurs de l'Église, étroitement uni au sacrifice eucharistique dont elle prolonge la louange à travers les heures.

Au cœur de cette prière se trouvent les cent cinquante psaumes de la Bible, complétés par des cantiques tirés de l'Ancien et du Nouveau Testament, des hymnes, des lectures de l'Écriture et des Pères, des intercessions et des oraisons. Récitée ou chantée aux grands moments du jour — le matin, le milieu du jour, le soir, avant le repos —, elle réalise concrètement l'appel de saint Paul à « prier sans cesse »[2], en sanctifiant chaque tranche du temps humain.

Depuis la réforme voulue par le concile Vatican II et promulguée par Paul VI dans la constitution apostolique Laudis Canticum du 1ᵉʳ novembre 1970, l'office comprend cinq heures : l'office des lectures, les Laudes du matin, l'heure médiane, les Vêpres du soir et les Complies avant le sommeil. Les Laudes et les Vêpres, « les deux pôles » de la journée, en sont les heures principales[3].

Obligatoire pour les évêques, prêtres et diacres en vue du sacerdoce — les diacres permanents s'acquittant de la partie fixée par leur conférence épiscopale — et pour la plupart des religieux, la liturgie des heures est aussi vivement recommandée aux laïcs[4] : portée par des applications, des livres bilingues et des communautés priantes, elle connaît aujourd'hui un renouveau qui rejoint le désir de tant de baptisés de structurer leur journée autour de la prière de l'Église. Le Catéchisme la présente comme « la prière publique de l'Église » dans laquelle « les fidèles (clercs, religieux et laïcs) exercent le sacerdoce royal des baptisés »[5].

Qu'est-ce que la liturgie des heures ?

Office divin, bréviaire, prière des heures : un vocabulaire

Plusieurs noms désignent la même réalité, et il est utile de les distinguer. Office divin (officium divinum, le « devoir » ou « service » rendu à Dieu) est l'expression classique, héritée du latin monastique. Bréviaire désigne d'abord le livre qui rassemble, en un format « abrégé » (breviarium), tout ce qu'il faut pour réciter l'office : c'est par extension le nom de la prière elle-même, surtout dans la forme d'avant 1970. Liturgie des heures (Liturgia Horarum) est le titre officiel retenu par la réforme de Paul VI, parce qu'il met l'accent sur ce qui fait la spécificité de cette prière : sa distribution selon les heures du jour. On parle enfin de prière des heures pour souligner qu'elle est l'affaire de tout le peuple de Dieu, et pas seulement des clercs.

Quelle que soit l'appellation, il s'agit d'une liturgie au sens strict : non d'une piété facultative, mais d'un culte public offert au nom de l'Église entière, selon des textes approuvés par elle. C'est ce caractère officiel qui distingue radicalement l'office divin d'une simple lecture spirituelle ou d'un temps d'oraison personnelle, si précieux soient-ils.

La prière du Christ et de son Corps

Le fondement théologique de la liturgie des heures est christologique. Le Christ, « grand prêtre de la nouvelle et éternelle alliance », ayant pris la nature humaine, a introduit dans l'exil terrestre l'hymne qui se chante éternellement au ciel. Ressuscité et monté au Père, « il continue à exercer cette fonction sacerdotale par son Église elle-même qui, non seulement par la célébration de l'Eucharistie, mais aussi par d'autres moyens et surtout par l'accomplissement de l'office divin, loue sans cesse le Seigneur et intercède pour le salut du monde entier »[6].

L'office n'est donc pas d'abord la prière que des hommes adressent à Dieu, mais la prière du Christ que l'Église fait sienne. Le concile en tire une formule décisive, reprise par le Catéchisme :

« La liturgie des heures est vraiment la voix de l'Épouse elle-même qui s'adresse à son Époux ; et même aussi, c'est la prière du Christ avec son Corps au Père. » — Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, § 84[7]

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Cette intuition gouverne toute la spiritualité de l'office. Quand un prêtre seul dans sa chambre, un moine au chœur ou une mère de famille dans le métro ouvrent leur bréviaire, ce n'est pas un acte isolé : ils prêtent leur voix à l'Église universelle, et par elle au Christ qui prie en eux. La Présentation générale de la Liturgie des Heures le redit dès ses premières lignes : cette prière est « la prière du Christ, avec son Corps, adressée au Père »[8].

Sanctifier le temps : consacrer le jour et la nuit

Ce qui distingue l'office divin de toute autre célébration, c'est son rapport au temps. « Par une tradition chrétienne très ancienne, ce qui caractérise proprement la liturgie des heures, c'est qu'elle consacre à Dieu tout le cours du jour et de la nuit »[9]. La messe se célèbre à un moment donné ; l'office, lui, épouse le rythme des heures, du lever au coucher, jusqu'à la veille nocturne.

Le Mystère du Christ, célébré dans l'Eucharistie, « pénètre et transfigure le temps de chaque jour par la célébration de la liturgie des heures »[10]. Chaque moment du jour reçoit ainsi une couleur spirituelle : le matin consacre à Dieu les prémices de la journée et célèbre la Résurrection ; le soir rend grâce pour le don reçu et évoque le sacrifice du Christ à l'heure où décline la lumière ; la nuit veille dans l'attente du Seigneur. Loin d'être une mécanique horaire, cette consécration du temps répond à la finalité que lui assigne la réforme : « sanctifier la journée et toute l'activité humaine »[11].

Aux sources : « sept fois le jour je te loue »

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La liturgie des heures n'a pas été inventée d'un seul coup. Elle est le fruit d'une maturation de vingt siècles, enracinée dans la prière d'Israël et déployée par les moines, les cathédrales et les papes. (Pour le renouveau spécifique des XIXᵉ-XXᵉ siècles, voir l'article dédié Le mouvement liturgique.)

Le fondement scripturaire

L'usage de prier à heures fixes vient de la Bible elle-même. Le psalmiste chante :

« Sept fois le jour, je te loue pour tes justes décisions. » — Psaume 118 (119), 164[12]

et, pour la veille nocturne : « Au milieu de la nuit, je me lève et je te rends grâce »[13]. Le Nouveau Testament prolonge cette pratique : Pierre et Jean « montaient au Temple pour la prière de trois heures de l'après-midi »[14] ; Pierre prie « sur la terrasse, vers la sixième heure »[15] ; Daniel, déjà, se tournait vers Jérusalem « trois fois par jour » pour adorer[16]. Surtout, l'appel apostolique à « prier sans cesse »[17] et à prier « en tout temps, dans l'Esprit »[18] fonde l'idéal d'une prière qui ne s'interrompt jamais. La liturgie des heures est précisément la manière dont l'Église, peuple structuré dans le temps, réalise ce « sans cesse » : non par une tension impossible de chaque instant, mais par des rendez-vous réguliers qui irriguent toute la journée.

Des veilles juives aux premiers chrétiens

Les premières communautés chrétiennes, encore proches de la synagogue, héritent du rythme de prière juif : prières du matin et du soir, bénédictions sur le pain, psalmodie. Très tôt, des témoins comme la Tradition apostolique attribuée à Hippolyte (début du IIIᵉ siècle) décrivent des prières au lever, à tierce, sexte et none, le soir, avant le sommeil et au milieu de la nuit. Deux formes se développent en parallèle : l'office cathédral, populaire, centré sur quelques psaumes choisis (matin et soir) et célébré avec le peuple dans les églises ; et l'office monastique, plus long, visant à parcourir l'ensemble du psautier. La liturgie des heures actuelle est l'héritière de ces deux courants, dont elle cherche à retrouver l'équilibre.

Les Pères du désert et la psalmodie continue

Au IVᵉ siècle, les moines d'Égypte et de Palestine font de la psalmodie le cœur de leur vie. Pour eux, réciter les psaumes l'un après l'autre, jour et nuit, est le moyen privilégié de « prier sans cesse » et de tenir le cœur tourné vers Dieu au milieu du travail manuel. Jean Cassien, qui rapporte en Occident les usages orientaux, décrit des assemblées où l'on récite douze psaumes le soir et autant la nuit. C'est de ce monachisme primitif que viennent la centralité du psautier, la veille nocturne et l'idéal d'une prière qui structure l'existence entière.

Saint Benoît et l'Opus Dei

Saint Benoît remettant sa Règle aux moines, miniature de Saint-Gilles, 1129, artiste anonyme. Wikimedia Commons, domaine public.

C'est saint Benoît de Nursie (vers 480-547) qui, dans sa Règle (vers 530-540), donne à l'office monastique d'Occident sa forme classique et durable. Il organise la prière en sept heures de jour — Laudes, Prime, Tierce, Sexte, None, Vêpres, Complies — et un office de nuit (Vigiles ou Matines), en s'appuyant explicitement sur le psaume :

« Sept fois le jour je t'ai loué » : nous accomplirons ce nombre sacré de sept si nous remplissons les devoirs de notre service aux heures des Laudes, de Prime, de Tierce, de Sexte, de None, des Vêpres et des Complies. » — Saint Benoît, Règle, ch. 16[19]

Benoît appelle l'office le Opus Dei, « l'Œuvre de Dieu » — l'occupation la plus haute du moine —, et il pose le principe qui résume toute la spiritualité bénédictine :

« Que rien ne soit préféré à l'Œuvre de Dieu. » (Nihil operi Dei praeponatur.) — Saint Benoît, Règle, ch. 43[20]

Dans son ordonnance, le psautier tout entier (les 150 psaumes) est récité chaque semaine[21]. Pendant plus de mille ans, ce schéma bénédictin a façonné la prière de l'Occident chrétien.

Le bréviaire romain : de la Curie à saint Pie V

Au Moyen Âge, l'office se complexifie et se diversifie selon les diocèses et les ordres. Pour la chapelle papale, on met au point au XIIIᵉ siècle un bréviaire de la Curie, plus maniable, que les frères franciscains diffusent dans toute l'Europe. À la fin du Moyen Âge, la multiplication des usages locaux et l'accumulation des fêtes rendent l'office touffu et inégal.

Le concile de Trente confie au pape le soin de réformer les livres liturgiques. Le 9 juillet 1568, saint Pie V promulgue par la bulle Quod a nobis le Breviarium Romanum, qui devient la norme de l'Église latine pour quatre siècles[22]. Ce bréviaire romain tridentin, en quatre volumes saisonniers, fixe pour longtemps la forme de l'office : psautier réparti sur la semaine, primauté des Matines et des Laudes, hymnes propres aux heures, calendrier des saints.

La réforme de saint Pie X (1911)

Saint Pie X, qui réforme la distribution du psautier en 1911. Photographie Underwood & Underwood, 1904. Wikimedia Commons, domaine public.

Au début du XXᵉ siècle, la répartition des psaumes était devenue très inégale : certains psaumes revenaient chaque jour, beaucoup d'autres n'étaient presque jamais récités à cause des fêtes de saints qui prenaient le pas sur l'office du temps. Par la constitution apostolique Divino Afflatu du 1ᵉʳ novembre 1911, saint Pie X réorganise entièrement le psautier du bréviaire romain : nouvelle distribution des 150 psaumes sur la semaine, allègement des Matines, restauration de la place de l'office dominical et férial[23]. Cette réforme, importante, ne touche pas encore la structure des heures : il faudra attendre Vatican II pour cela.

La réforme de Vatican II et l'office d'aujourd'hui

Sacrosanctum Concilium : restaurer le « vrai temps » des heures

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La constitution sur la sainte liturgie Sacrosanctum Concilium, premier document promulgué par le concile Vatican II le 4 décembre 1963, consacre tout son chapitre IV à l'office divin. Le principe directeur de la réforme y est clairement énoncé : puisque « la sanctification de la journée est la fin de l'office », il faut que les heures retrouvent leur « vrai temps » — c'est-à-dire qu'on les célèbre au moment du jour auquel elles correspondent réellement[24].

Sur ce fondement, le concile prescrit plusieurs décisions concrètes (cf. Vatican II et l'article Sacrosanctum Concilium) :

  • les Laudes comme prière du matin et les Vêpres comme prière du soir sont « les deux pôles de l'office quotidien » et doivent être tenues pour les heures principales[25] ;
  • l'heure de Matines, sans cesser d'avoir un caractère de louange nocturne pour ceux qui le veulent, est aménagée pour pouvoir être récitée à tout moment du jour, comme « office des lectures »[26] ;
  • l'heure de Prime est supprimée[27] ;
  • les psaumes ne seront plus répartis sur une seule semaine, « mais sur un laps de temps plus long »[28] ;
  • les pasteurs veilleront à célébrer les heures principales, surtout les Vêpres dominicales, en commun à l'église[29].

Laudis Canticum (1970) et le nouveau Liturgia Horarum

L'application de ces principes aboutit, après plusieurs années de travail, à la promulgation du nouvel office. Par la constitution apostolique Laudis Canticum du 1ᵉʳ novembre 1970, le pape Paul VI promulgue la Liturgia Horarum rénovée, qui porte désormais ce titre officiel de liturgie des heures[30]. L'édition typique latine paraît en quatre volumes suivant les temps liturgiques ; une editio typica altera (deuxième édition typique) sera publiée en 1985-1987. Les conférences épiscopales en assurent ensuite la traduction et l'adaptation dans chaque langue.

Le texte fondateur qui en règle l'usage et l'esprit est la Présentation générale de la Liturgie des Heures (en latin Institutio Generalis de Liturgia Horarum), publiée en 1971 : véritable petit traité de spiritualité et de pratique, elle expose la nature de l'office, le sens des heures, la manière de prier les psaumes et les règles concrètes de célébration. C'est la référence à consulter pour toute question sur la liturgie des heures actuelle.

Ce qui a changé : Prime supprimée, psautier sur quatre semaines

Trois grands changements distinguent l'office réformé de l'ancien bréviaire :

  1. La structure des heures est simplifiée. On passe de huit heures (Matines, Laudes, Prime, Tierce, Sexte, None, Vêpres, Complies) à cinq : office des lectures, Laudes, heure médiane, Vêpres, Complies. Prime disparaît ; les trois petites heures (Tierce, Sexte, None) peuvent se réduire, hors du chœur, à une seule heure médiane.
  2. Le psautier est étalé sur quatre semaines au lieu d'une. Le but est une psalmodie plus paisible, qui laisse le temps de prier chaque psaume au lieu de le réciter en hâte.
  3. Quelques psaumes et versets sont écartés du cycle ordinaire en raison de leur ton de malédiction (voir plus bas, Les psaumes « difficiles »).

Le tableau suivant résume le passage de l'ancien au nouvel office.

ÉlémentBréviaire romain (avant 1970)Liturgie des heures (depuis 1970)
Nombre d'heures8 (dont Prime)5 (Prime supprimée)
Office de nuitMatines, à heure fixeOffice des lectures, à toute heure
Petites heuresTierce, Sexte, None obligatoiresUne seule heure médiane possible
Cycle du psautier1 semaine4 semaines
Heures principalesMatines et LaudesLaudes et Vêpres
LangueLatinLangue vernaculaire ou latin

Les heures de l'office : la structure d'une journée

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L'office réformé déploie la prière chrétienne sur l'ensemble de la journée. Voici les cinq heures, dans l'ordre où elles jalonnent le jour.

L'office des lectures (anciennes Matines)

Héritier des Vigiles monastiques et des Matines de l'ancien bréviaire, l'office des lectures peut être célébré à n'importe quel moment du jour ou de la nuit. Il est l'heure la plus nourrissante sur le plan biblique et patristique : après l'hymne et trois psaumes, il propose une longue lecture biblique suivie d'une lecture patristique ou hagiographique (un texte d'un Père de l'Église, d'un docteur, d'un saint ou d'un document du Magistère), chacune avec son répons. Les dimanches, solennités et fêtes, on y chante le Te Deum. C'est, pour beaucoup de fidèles, la porte d'entrée vers la lectio divina[31] (cf. Comment grandir dans la lectio divina).

Les Laudes, prière du matin

Les Laudes (du latin laudes, « louanges ») sont la prière du matin de l'Église. Célébrées au lever du jour, elles consacrent à Dieu les prémices de la journée et célèbrent le Christ ressuscité, « soleil levant » venu visiter son peuple. Leur structure type : hymne, un psaume du matin, un cantique de l'Ancien Testament, un psaume de louange, une lecture brève et son répons, le cantique de Zacharie (Benedictus[32]), des intercessions pour consacrer la journée, le Notre Père et l'oraison.

L'heure médiane (Tierce, Sexte, None)

L'heure médiane sanctifie le cours du travail par une pause de prière au milieu des occupations. Elle correspond aux trois petites heures traditionnelles : Tierce (vers 9 h), Sexte (vers midi), None (vers 15 h) — moments rendus sacrés par l'Évangile, puisque c'est « à la troisième heure » que l'Esprit descend à la Pentecôte, « à la sixième » que le Christ est élevé en croix, « à la neuvième » qu'il expire. Brève (hymne, trois psaumes ou portions de psaumes, lecture courte, oraison), elle peut, hors du chœur, se réduire à une seule de ces heures.

Les Vêpres, prière du soir

Les Vêpres (du latin vesper, « le soir ») sont, avec les Laudes, l'heure la plus solennelle. Au déclin du jour, l'Église rend grâce pour les dons reçus et offre sa prière comme un sacrifice du soir, selon le psaume : « Que ma prière devant toi s'élève comme un encens, et mes mains, comme l'offrande du soir »[33]. Leur structure rejoint celle des Laudes, mais le sommet en est le cantique de Marie, le Magnificat[34], chanté chaque soir depuis des siècles. Le concile demande expressément qu'on les célèbre avec le peuple, surtout les dimanches et fêtes[35].

Les Complies, prière avant le repos

Les Complies (de completorium, ce qui « achève » la journée) sont la dernière prière avant le sommeil. Brèves et apaisées, elles comportent un examen de conscience (cf. L'examen de conscience), un ou deux psaumes de confiance, une lecture brève, le cantique de Syméon (Nunc dimittis[36]) — « maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s'en aller en paix » — et une antienne à la Vierge qui clôt la journée en se remettant entre les mains de Marie. On s'y prépare à dormir « dans la paix du Christ » et à veiller dans l'attente du Seigneur.

Laudes et Vêpres, les « deux pôles » de l'office

Parmi ces cinq heures, deux ont une dignité particulière. La tradition et la réforme s'accordent à faire des Laudes et des Vêpres le socle de la journée chrétienne :

« Selon la vénérable tradition de l'Église universelle, les Laudes du matin et les Vêpres du soir sont les deux pôles sur lesquels tourne l'office quotidien ; aussi doivent-elles être tenues pour les heures principales et célébrées comme telles. » — Présentation générale de la Liturgie des Heures, § 37[37]

C'est pourquoi un fidèle qui ne peut prier qu'une ou deux heures par jour est invité à choisir d'abord les Laudes et les Vêpres : il rejoint ainsi le cœur de la prière de l'Église.

  1. Avant l'aube / à toute heure
    Office des lectures
    anciennes Matines / Vigiles

    Hymne, trois psaumes, une grande lecture biblique et une lecture patristique avec leurs répons ; Te Deum les dimanches et fêtes. L'heure la plus riche en Écriture et en Pères de l'Église.

  2. Au lever du jour
    Laudes — prière du matin
    heure principale

    Consécration des prémices du jour et louange du Christ ressuscité. Sommet : le cantique de Zacharie (Benedictus). Intercessions pour la journée.

  3. 9 h, midi, 15 h
    Heure médiane
    Tierce, Sexte, None

    Brève pause de prière qui sanctifie le travail. Hors du chœur, une seule des trois heures suffit. Mémoire de la Pentecôte, de la Croix et de la mort du Christ.

  4. Au déclin du jour
    Vêpres — prière du soir
    heure principale

    Action de grâce du soir, prière offerte comme l'encens. Sommet : le cantique de Marie (Magnificat). À célébrer avec le peuple les dimanches et fêtes.

  5. Avant le sommeil
    Complies — prière de la nuit

    Examen de conscience, psaumes de confiance, cantique de Syméon (Nunc dimittis), antienne à la Vierge. On se remet à Dieu pour la nuit.

Comment est bâtie chaque heure ?

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Chaque heure de l'office suit une architecture régulière, qui combine louange, écoute de la Parole et supplication. En connaître les éléments aide à entrer dans la prière sans se perdre dans les pages du bréviaire.

L'invitatoire et l'hymne

La première heure célébrée dans la journée — office des lectures ou Laudes — s'ouvre par l'invitatoire : le verset « Seigneur, ouvre mes lèvres » puis le psaume 94 (95) « Venez, crions de joie pour le Seigneur », qui appelle à la louange et donne le ton du jour. Chaque heure commence ensuite par une hymne, poème chanté qui exprime « le symbolisme du moment de la journée, du temps liturgique ou de la fête célébrée »[38] : l'aurore aux Laudes, la lumière déclinante aux Vêpres, le repos aux Complies.

La psalmodie et les antiennes

Vient le cœur de l'heure : la psalmodie. On récite ou l'on chante des psaumes (et, aux Laudes et Vêpres, un cantique biblique), chacun encadré d'une antienne — un court verset qui en éclaire le sens et l'oriente, selon le temps liturgique, vers le Christ ou le mystère du jour. Une oraison psalmique ou un temps de silence peut prolonger chaque psaume, pour le laisser devenir prière personnelle.

La Parole de Dieu, répons et lectures

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Après les psaumes, l'Église écoute la Parole de Dieu : une lecture brève aux heures mineures, une longue lecture biblique et une lecture patristique à l'office des lectures. Un répons prolonge cette écoute en prière. « La lecture de la Parole de Dieu à chaque Heure (avec les répons ou les tropaires qui la suivent), et, à certaines Heures, les lectures des Pères et maîtres spirituels, révèlent plus profondément le sens du Mystère célébré, aident à l'intelligence des psaumes et préparent à l'oraison silencieuse »[39].

Les cantiques évangéliques : Benedictus, Magnificat, Nunc dimittis

Aux deux heures principales et aux Complies, l'office atteint son sommet avec un cantique de l'Évangile, chanté debout, encadré d'une antienne : le cantique de Zacharie (Benedictus, Lc 1, 68-79) aux Laudes ; le cantique de la Vierge Marie (Magnificat, Lc 1, 46-55) aux Vêpres ; le cantique de Syméon (Nunc dimittis, Lc 2, 29-32) aux Complies. Chaque jour, l'Église fait ainsi siennes les paroles inspirées de l'Évangile de l'enfance.

Intercessions, Notre Père et oraison

L'heure s'achève par la supplication. Aux Laudes et Vêpres, des intercessions (le matin pour consacrer la journée, le soir pour les besoins du monde et les défunts) conduisent au Notre Père, prière par excellence du peuple de Dieu, puis à l'oraison conclusive — souvent celle de la messe du jour — et à la bénédiction. Le tableau ci-dessous récapitule la structure des grandes heures.

Moment de l'heureLaudes / VêpresHeures mineuresComplies
OuvertureVerset (+ invitatoire le matin)VersetVerset, examen de conscience
HymneOuiOuiOui
Psalmodie2 psaumes + 1 cantique biblique3 psaumes (ou portions)1 à 2 psaumes
Parole de DieuLecture brève + réponsLecture brèveLecture brève + répons
Cantique évangéliqueBenedictus / Magnificat—Nunc dimittis
SupplicationIntercessions + Notre Père + oraisonOraisonOraison + antienne mariale

Le cœur de l'office : prier les psaumes

Cent cinquante poèmes de louange

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Le psautier — les 150 psaumes — est la matière première de la liturgie des heures. La Présentation générale met en garde contre une lecture purement intellectuelle : « Les psaumes ne sont pas des lectures ni des prières en prose, mais des poèmes de louange »[40], faits pour être chantés. Les Pères de l'Église ne tarissaient pas d'éloges sur eux. Saint Ambroise célèbre la richesse incomparable du chant des psaumes :

« Un psaume est la bénédiction du peuple, la louange de Dieu, l'hommage de l'assemblée, l'acclamation de tous, le langage universel, la voix de l'Église, la confession de foi qui chante. » — Saint Ambroise, Explication du psaume 1[41]

Prier les psaumes avec le Christ et l'Église

Comment un chrétien peut-il faire siens des poèmes écrits mille ans avant le Christ ? La réponse de la tradition est que les psaumes ne se comprennent pleinement qu'dans le Christ. « Les psaumes ne sont qu'une préfiguration de la plénitude des temps réalisée dans le Christ Seigneur »[42] : ils annoncent sa Passion, sa Résurrection, son règne ; ils sont la prière même que Jésus a faite monter vers le Père, et que l'Église reprend après lui. Prier les psaumes, « avec intelligence », c'est donc « les méditer verset par verset, le cœur toujours prêt à répondre »[43], en y reconnaissant tantôt la voix du Christ, tantôt celle de l'Église, tantôt la sienne propre.

Faire siennes les paroles du psaume

Saint Athanase a donné de cette appropriation la formule la plus juste. Là où les autres livres de la Bible nous parlent, le psautier nous prête des mots :

« Celui qui les récite prend toutes les paroles sur ses lèvres comme si elles étaient les siennes ; et chacun chante les psaumes comme s'ils avaient été écrits pour lui. » — Saint Athanase, Lettre à Marcellin sur les psaumes[44]

C'est là tout le secret de la liturgie des heures : non répéter des textes anciens, mais découvrir que les mouvements de notre âme — joie, détresse, action de grâce, repentir, confiance — sont déjà inscrits dans le psautier, où la grâce de Dieu nous précède.

Les psaumes « difficiles » : pourquoi trois psaumes sont omis

Certains psaumes contiennent des imprécations violentes contre les ennemis — appels à la vengeance, malédictions. Comment les prier dans la voix de l'Épouse du Christ ? La réforme a choisi une solution prudente : « Trois psaumes (58, 83 et 109) ont été omis du cycle du psautier à cause de leurs imprécations ; de la même manière, quelques versets ont été omis de certains psaumes »[45] — ainsi des versets les plus durs du célèbre psaume 137 (136), « Au bord des fleuves de Babylone ». La Présentation générale explique que la difficulté est d'ordre « psychologique », et non doctrinal : lus dans la lumière du Christ qui a prié pour ses bourreaux, ces psaumes expriment le combat contre le mal, non la haine des personnes. Le reste du psautier est conservé intégralement, y compris ses cris de détresse et de supplication, parce que « la communauté qui prie peut toujours trouver un motif de joie ou de tristesse »[46] et porter dans sa voix la prière de tout le Corps.

Qui célèbre la liturgie des heures ?

L'obligation des clercs et des consacrés

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La liturgie des heures n'est pas une prière facultative pour les ministres de l'Église. Le Code de droit canonique établit que « les clercs sont tenus par l'obligation de célébrer la liturgie des heures »[47] — obligation précisée par le canon 276 § 2, 3°, qui demande aux prêtres et aux diacres « en vue du sacerdoce » d'accomplir chaque jour la liturgie des heures « selon leurs propres livres liturgiques approuvés » — les diacres permanents s'acquittant de la partie fixée par leur conférence épiscopale[48]. Les membres des instituts de vie consacrée y sont astreints « selon le droit de leur institut »[49]. La Présentation générale rappelle que les ministres sacrés « doivent réciter chaque jour la suite complète des heures, en observant autant que possible le vrai temps de chaque heure »[50]. Loin d'être un fardeau, cette obligation exprime que le prêtre est, par état, « homme de prière » au nom de tous.

Les laïcs invités à la prière de l'Église

La grande nouveauté de la réforme conciliaire est d'avoir rendu l'office au peuple de Dieu tout entier. « La liturgie des heures est destinée à devenir la prière de tout le Peuple de Dieu »[51]. Le concile le dit nettement :

« On recommande aux laïcs eux-mêmes la récitation de l'office divin, soit avec les prêtres, soit lorsqu'ils sont réunis entre eux, voire individuellement. » — Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, § 100[52]

Un laïc n'est pas tenu de réciter « la suite complète des heures » : il prend l'office selon ses possibilités, en commençant souvent par les Laudes et les Vêpres, ou même par les seules Complies du soir en famille.

Célébrer en commun : les Vêpres dominicales

L'office est par nature une prière commune. Le concile demande que « les pasteurs veillent à ce que les heures principales, surtout les Vêpres, les dimanches et jours de fêtes solennelles, soient célébrées en commun dans l'église »[53]. Beaucoup de cathédrales, monastères et paroisses ont ainsi retrouvé la pratique des Vêpres chantées, parfois suivies de l'adoration eucharistique (cf. Comment grandir dans l'adoration eucharistique) — car la liturgie des heures, « comme un prolongement de la célébration eucharistique », appelle de façon complémentaire les diverses dévotions du peuple de Dieu, « particulièrement l'adoration et le culte du Saint-Sacrement »[54].

Prier l'office aujourd'hui

Jamais l'office divin n'a été aussi accessible aux laïcs. On peut le prier à partir de livres (le bréviaire en quatre volumes, ou des éditions plus simples comme Prière du temps présent / la Liturgie des heures abrégée), de revues mensuelles (Magnificat, Prions en Église), ou d'applications et de sites qui proposent chaque heure du jour, déjà composée, en français. Le secret n'est pas de tout prier, mais de choisir une ou deux heures et de s'y tenir, pour que la journée soit, peu à peu, tissée de la prière de l'Église.

Une école de prière continuelle

La liturgie des heures réalise, à la mesure de chaque jour, le grand commandement de « prier sans cesse ». Non par une tension impossible, mais par des rendez-vous réguliers qui sanctifient le temps et finissent par déborder dans tout le reste de la vie. Le matin offert, le travail traversé d'une pause de prière, le soir rendu en action de grâce, la nuit confiée à Dieu : ainsi se dessine une existence où chaque heure devient une offrande.

Cette consécration du temps rejoint en profondeur l'idéal de vivre chaque instant « dans la volonté de Dieu » (cf. la Divine Volonté) : faire de chaque heure du jour un acte d'amour, prolongeant la louange éternelle du Christ dans le tissu ordinaire de nos journées. La liturgie des heures n'est pas réservée aux moines : elle est une école de prière offerte à tous les baptisés, où la voix de l'Épouse, unie à celle de l'Époux, ne cesse de monter vers le Père du lever au coucher du soleil — et au-delà, dans la veille de la nuit, jusqu'à ce que vienne le Jour qui ne connaîtra pas de soir.

Pour aller plus loin

Articles Ignispedia connexes

Sources principales

  • Concile Vatican II, constitution Sacrosanctum Concilium, ch. IV « L'office divin » (4 décembre 1963), texte intégral sur vatican.va
  • Catéchisme de l'Église catholique, § 1174-1178 « La liturgie des heures »
  • Présentation générale de la Liturgie des Heures (Institutio Generalis de Liturgia Horarum), 1971
  • Paul VI, constitution apostolique Laudis Canticum (1ᵉʳ novembre 1970), promulguant la Liturgia Horarum
  • Code de droit canonique (1983), can. 276 § 2, 3° et can. 1173-1175
  • Règle de saint Benoît, ch. 8-20 (l'ordonnance de l'office) et ch. 43 (Nihil operi Dei praeponatur)
  • Saint Athanase, Lettre à Marcellin sur l'interprétation des psaumes
  • Saint Ambroise, Explication du psaume 1

Notes et références

  1. Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, § 84, 4 décembre 1963. « L'office divin, d'après l'antique tradition chrétienne, est constitué de telle façon que tout le déroulement du jour et de la nuit soit consacré par la louange de Dieu. » Le même paragraphe affirme que l'office, célébré selon la forme approuvée, « est vraiment la voix de l'Épouse elle-même qui s'adresse à son Époux ; et même aussi, c'est la prière du Christ avec son Corps au Père » (cité par le CEC § 1174).

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  2. Bible (AELF), Première lettre aux Thessaloniciens 5, 16-18 : « Soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance. » Fondement scripturaire de la prière continuelle que réalise l'office.

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  3. Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, § 89, 4 décembre 1963. Décisions principales sur la réforme des heures : (a) les Laudes comme prière du matin et les Vêpres comme prière du soir « constituent les deux pôles de l'office quotidien » et doivent être tenues pour les heures principales ; (c) l'heure de Matines, au chœur, garde son caractère de louange nocturne mais est adaptée pour pouvoir être récitée à toute heure du jour (futur office des lectures) ; (d) « l'heure de Prime sera supprimée » ; (e) au chœur les petites heures de Tierce, Sexte, None sont conservées, hors du chœur on peut n'en choisir qu'une.

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  4. Code de droit canonique (1983), canon 276 § 2, 3° : les prêtres et les diacres en vue du presbytérat « sont tenus d'accomplir chaque jour la liturgie des heures selon leurs propres livres liturgiques approuvés » ; les diacres permanents s'acquittent de la partie fixée par la conférence des Évêques. Voir aussi le devoir général de sainteté et de vie spirituelle des clercs énoncé au même canon 276 (§ 1 et § 2, 2°).

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  5. Catéchisme de l'Église catholique, § 1174. La liturgie des heures, « l'Office divin », « s'est constituée de telle façon que le déroulement du jour et de la nuit soit consacré par la louange de Dieu » (citant SC 84) ; elle est « la prière publique de l'Église » (SC 98) dans laquelle « les fidèles (clercs, religieux et laïcs) exercent le sacerdoce royal des baptisés ».

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  6. Concile Vatican II, constitution Sacrosanctum Concilium sur la sainte liturgie, § 83, promulguée par Paul VI le 4 décembre 1963, texte intégral en français sur vatican.va. Le Christ, grand prêtre, « continue à exercer cette fonction sacerdotale par son Église elle-même qui, non seulement par la célébration de l'Eucharistie, mais aussi par d'autres moyens et surtout par l'accomplissement de l'office divin, loue sans cesse le Seigneur et intercède pour le salut du monde entier ».

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  7. Présentation générale de la Liturgie des Heures (Institutio Generalis de Liturgia Horarum, IGLH/PGLH), 1971, § 1-2. L'office est présenté comme la prière du Christ uni à son Corps, l'Église, montant vers le Père : « la prière du Christ, avec son Corps, adressée au Père ». Document publié avec l'édition typique de la Liturgia Horarum.

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  8. Présentation générale de la Liturgie des Heures, § 10. « Par une tradition chrétienne très ancienne, ce qui caractérise proprement la liturgie des heures, c'est qu'elle consacre à Dieu tout le cours du jour et de la nuit. » Le § 11 ajoute que la fin de l'office est « de sanctifier la journée et toute l'activité humaine ».

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  9. Bible, traduction liturgique officielle (AELF), Psaume 118 (119), 164 : « Sept fois le jour, je te loue pour tes justes décisions. » Verset cité par saint Benoît (Règle, ch. 16) comme fondement des sept heures de jour.

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  10. Bible (AELF), Psaume 118 (119), 62 : « Au milieu de la nuit, je me lève et je te rends grâce pour tes justes décisions. » Cité par saint Benoît comme fondement de l'office de nuit (Vigiles).

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  11. Bible (AELF), Actes des Apôtres 3, 1 : « Pierre et Jean montaient au Temple pour la prière de trois heures de l'après-midi » (la neuvième heure).

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  12. Bible (AELF), Actes des Apôtres 10, 9 : Pierre monte sur la terrasse pour prier « vers la sixième heure » (midi).

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  13. Bible (AELF), Livre de Daniel 6, 11 : Daniel se met à genoux et prie son Dieu « trois fois par jour », tourné vers Jérusalem.

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  14. Bible (AELF), Lettre aux Éphésiens 6, 18 : « En toute circonstance, priez dans l'Esprit par toutes sortes de prières et de supplications. »

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  15. Règle de saint Benoît, ch. 16, « Comment se célèbrent les offices du jour ». Benoît fonde les sept heures de jour sur le Ps 118 (119), 164 : « Sept fois le jour je t'ai loué » : nous accomplirons ce nombre sacré de sept si nous remplissons les devoirs de notre service aux heures des Laudes, de Prime, de Tierce, de Sexte, de None, des Vêpres et des Complies », l'office de nuit (Vigiles) reposant sur le v. 62.

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  16. Règle de saint Benoît, ch. 43, « De ceux qui arrivent en retard à l'Œuvre de Dieu ou à table ». Principe fondateur de la spiritualité bénédictine : « Que rien ne soit préféré à l'Œuvre de Dieu » (« Nihil operi Dei praeponatur »). L'Opus Dei désigne l'office divin.

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  17. Règle de saint Benoît, ch. 18, fin. Benoît prévoit que la totalité des 150 psaumes soit récitée « au cours de la semaine entière », ajoutant que les Pères du désert accomplissaient en un seul jour ce que nous étalons sur toute une semaine.

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  18. Saint Pie V, bulle Quod a nobis, 9 juillet 1568, promulguant le Breviarium Romanum réformé à la demande du concile de Trente. Ce bréviaire romain tridentin, organisé en volumes saisonniers, devient la norme de l'office dans l'Église latine jusqu'à la réforme de Vatican II.

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  19. Saint Pie X, constitution apostolique Divino Afflatu, 1ᵉʳ novembre 1911, réformant la distribution du psautier dans le bréviaire romain : nouvelle répartition des 150 psaumes sur la semaine, allègement des Matines, restauration de la place de l'office férial face aux fêtes de saints. Entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 1913.

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  20. Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, § 88, 4 décembre 1963. « Puisque la sanctification de la journée est la fin de l'office, le cours traditionnel des Heures sera restauré de telle façon que les Heures retrouvent, autant que possible, leur vrai temps. »

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  21. Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, § 91, 4 décembre 1963. Pour que le cursus des heures puisse réellement être observé, « les psaumes ne seront plus répartis sur une seule semaine, mais sur un laps de temps plus long » — d'où le psautier sur quatre semaines de la réforme.

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  22. Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, § 100, 4 décembre 1963. « Les pasteurs veilleront à ce que les Heures principales, surtout les Vêpres, les dimanches et jours de fêtes solennelles, soient célébrées en commun dans l'église. On recommande aux laïcs eux-mêmes la récitation de l'office divin, soit avec les prêtres, soit lorsqu'ils sont réunis entre eux, voire individuellement. » (Passage repris par le CEC § 1175.)

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  23. Paul VI, constitution apostolique Laudis Canticum, 1ᵉʳ novembre 1970, promulguant la Liturgia Horarum rénovée à la suite de Sacrosanctum Concilium. Texte sur vatican.va. Le document fixe le titre officiel « liturgie des heures », la structure des cinq heures (office des lectures, Laudes, heure médiane, Vêpres, Complies), la suppression de Prime et la répartition du psautier sur quatre semaines. Édition typique latine en quatre volumes ; editio typica altera publiée en 1985-1987.

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  24. Catéchisme de l'Église catholique, § 1177. « Les hymnes et les litanies de la Prière des Heures insèrent la prière des psaumes dans le temps de l'Église, exprimant le symbolisme du moment de la journée, du temps liturgique ou de la fête célébrée. » La lecture de la Parole de Dieu à chaque heure, les répons et les lectures des Pères « révèlent plus profondément le sens du Mystère célébré, aident à l'intelligence des psaumes et préparent à l'oraison silencieuse » ; la lectio divina est ainsi enracinée dans la célébration liturgique.

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  25. Bible (AELF), Évangile selon saint Luc 1, 68-79, cantique de Zacharie (Benedictus), chanté chaque matin aux Laudes.

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  26. Bible (AELF), Psaume 140 (141), 2 : « Que ma prière devant toi s'élève comme un encens, et mes mains, comme l'offrande du soir. » Psaume traditionnel des Vêpres, dont il fonde le caractère de sacrifice vespéral.

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  27. Bible (AELF), Évangile selon saint Luc 1, 46-55, cantique de la Vierge Marie (Magnificat), chanté chaque soir aux Vêpres.

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  28. Bible (AELF), Évangile selon saint Luc 2, 29-32, cantique de Syméon (Nunc dimittis), chanté chaque nuit aux Complies : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s'en aller en paix, selon ta parole. »

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  29. Présentation générale de la Liturgie des Heures, § 37. « Selon la vénérable tradition de l'Église universelle, les Laudes du matin et les Vêpres du soir sont les deux pôles sur lesquels tourne l'office quotidien ; aussi doivent-elles être tenues pour les heures principales et célébrées comme telles. » (Traduction française de l'anglais « the two hinges on which the daily office turns » / latin « cardines ».)

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  30. Présentation générale de la Liturgie des Heures, § 100. « Les psaumes ne sont pas des lectures ni des prières en prose, mais des poèmes de louange » (« The psalms are not readings or prose prayers, but poems of praise »), destinés à être chantés.

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  31. Saint Ambroise de Milan, Explication du psaume 1 (Explanatio Psalmi I), 9-12, extrait lu au bréviaire (office des lectures). « Un psaume est la bénédiction du peuple, la louange de Dieu, l'hommage de l'assemblée, l'acclamation de tous, le langage universel, la voix de l'Église, la confession de foi qui chante. »

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  32. Présentation générale de la Liturgie des Heures, § 101. « Les psaumes ne sont qu'une préfiguration de la plénitude des temps réalisée dans le Christ Seigneur » (« The psalms are only a foreshadowing of the fullness of time that came to pass in Christ the Lord ») ; d'où la nécessité de les prier dans leur accomplissement christologique.

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  33. Présentation générale de la Liturgie des Heures, § 104. Chanter ou réciter les psaumes « avec intelligence », c'est « les méditer verset par verset, le cœur toujours prêt à répondre » (« to meditate on them verse by verse, with the heart always ready to respond »).

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  34. Saint Athanase d'Alexandrie, Lettre à Marcellin sur l'interprétation des psaumes (IVᵉ siècle). Athanase souligne la singularité du psautier : « celui qui les récite prend toutes les paroles sur ses lèvres comme si elles étaient les siennes ; et chacun chante les psaumes comme s'ils avaient été écrits pour lui » (« each one sings the Psalms as though they had been written for his special benefit »). Les psaumes sont comme un miroir où l'âme reconnaît ses propres mouvements.

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  35. Présentation générale de la Liturgie des Heures, § 131. « Trois psaumes (58, 83 et 109) ont été omis du cycle du psautier à cause de leurs imprécations ; de la même manière, quelques versets ont été omis de certains psaumes. » La raison invoquée est une « certaine difficulté psychologique », non doctrinale (numérotation hébraïque ; Vulgate : Ps 57, 82, 108). Versets également écartés, par exemple, dans le Ps 137 (136), 7-9 et le Ps 139 (138), 19-22.

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  36. Présentation générale de la Liturgie des Heures, § 108. Sur l'écart possible entre les sentiments personnels et ceux du psaume : dans la prière commune, « la communauté qui prie peut toujours trouver un motif de joie ou de tristesse », car elle porte la prière de tout le Corps du Christ.

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  37. Code de droit canonique (1983), canons 1173-1174. Le can. 1173 : en célébrant la liturgie des heures, l'Église « exerce la fonction sacerdotale du Christ » et loue Dieu sans interruption. Le can. 1174 § 1 : les clercs sont tenus de célébrer la liturgie des heures selon le can. 276 ; les membres des instituts de vie consacrée et des sociétés de vie apostolique y sont astreints « selon le droit de leur institut ». Le § 2 invite vivement les autres fidèles à y participer.

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  38. Présentation générale de la Liturgie des Heures, § 29. Les évêques, prêtres et autres ministres sacrés tenus à l'office « doivent réciter chaque jour la suite complète des heures, en observant autant que possible le vrai temps de chaque heure ».

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  39. Catéchisme de l'Église catholique, § 1175. « La Liturgie des Heures est destinée à devenir la prière de tout le Peuple de Dieu. » Chacun y participe selon sa place propre : les prêtres adonnés au ministère pastoral, les religieux par le charisme de leur vie consacrée, tous les fidèles selon leurs possibilités (citant SC 86 ; 96 ; 98 ; 100 et le décret Presbyterorum Ordinis 5).

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  40. Catéchisme de l'Église catholique, § 1178. « La Liturgie des Heures, qui est comme un prolongement de la célébration eucharistique, n'exclut pas mais appelle de manière complémentaire les diverses dévotions du Peuple de Dieu, particulièrement l'adoration et le culte du Saint Sacrement. »

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