L'Opus Dei, en latin « Œuvre de Dieu », est une prélature personnelle de l'Église catholique fondée le 2 octobre 1928 à Madrid par saint Josémaria Escrivá.[1] Sa mission propre, telle que la définissent ses statuts approuvés par le Saint-Siège, est de diffuser parmi tous les milieux l'appel universel à la sainteté et de promouvoir la sanctification du travail professionnel et des circonstances ordinaires de la vie.[2]
L'Opus Dei n'est ni un ordre religieux, ni un mouvement diocésain ordinaire. Depuis le 28 novembre 1982, date de la constitution apostolique Ut sit du pape Jean-Paul II, il possède la forme canonique précise de prélature personnelle, régie par les canons 294 à 297 du Code de droit canonique de 1983 et par ses propres statuts.[3] Il reste à ce jour la seule prélature personnelle érigée par le Saint-Siège.[4]
Cet article expose successivement son histoire, sa spiritualité, son statut canonique dit exactement, son organisation, ses œuvres, puis les critiques qui lui sont adressées et les réponses qui leur sont opposées, en distinguant à chaque fois les faits établis, les décisions de l'Église et les positions des parties.
Ce que l'Opus Dei est, et ce qu'il n'est pas
Une institution de l'Église catholique
Du point de vue du droit de l'Église, l'Opus Dei est une structure hiérarchique composée d'un prélat, de prêtres incardinés à la prélature et de fidèles laïcs, hommes et femmes, qui s'y incorporent par un lien juridique pour accomplir sa mission apostolique.[5] Les fidèles laïcs de la prélature restent en même temps fidèles de l'Église particulière, c'est-à-dire du diocèse, où ils résident, et l'activité apostolique de la prélature s'exerce en communion avec l'évêque diocésain.[6]
Ni ordre religieux, ni société secrète au sens canonique
Les membres de l'Opus Dei ne prononcent pas les vœux publics de religion propres aux ordres et congrégations. La plupart sont des laïcs qui vivent dans leurs familles et exercent leurs professions, et même les membres célibataires de la prélature restent des laïcs, sauf ceux qui sont ordonnés prêtres.[7] La prélature publie ses statuts, la liste de ses prélats, ses adresses officielles et, depuis 1982, son existence et son gouvernement relèvent d'actes publics du Saint-Siège.[8]
Une mission adressée d'abord aux laïcs
Le trait distinctif de l'Opus Dei n'est pas une œuvre extérieure particulière, école, université ou maison d'édition, mais un message spirituel : tout baptisé est appelé à la sainteté et peut chercher Dieu dans son travail et sa vie ordinaire, sans quitter son état de vie.[9] C'est ce message que détaillent les sections consacrées à sa spiritualité.
Histoire de l'Opus Dei
La fondation du 2 octobre 1928 à Madrid
Josémaria Escrivá, né à Barbastro le 9 janvier 1902 et ordonné prêtre le 28 mars 1925, rapporte avoir reçu le 2 octobre 1928, pendant une retraite spirituelle à Madrid, l'inspiration fondatrice de l'Opus Dei.[10] Il avait alors vingt-six ans et exerçait son ministère auprès d'étudiants et de personnes malades ou pauvres de Madrid.[11]
Le 14 février 1930, toujours à Madrid, il comprend selon son récit que l'Opus Dei s'adresse aussi aux femmes, et une section féminine se développe à partir de cette date.[12] Le premier centre ouvert est l'académie DYA, à Madrid en 1933, destinée surtout à des étudiants en droit et en architecture.[13]
La guerre civile et la première expansion espagnole
La guerre civile espagnole de 1936 à 1939 interrompt provisoirement les projets d'expansion hors d'Espagne.[14] Escrivá traverse les Pyrénées en 1937, séjourne à Burgos, puis revient à Madrid en 1939, année où commence l'extension de l'Opus Dei à d'autres villes espagnoles.[15]
« C'est au milieu des choses les plus matérielles de la terre que nous devons nous sanctifier, en servant Dieu et tous les hommes. » Saint Josémaria Escrivá, homélie « Aimer passionnément le monde », prononcée le 8 octobre 1967 sur le campus de l'université de Navarre, publiée dans Entretiens avec Mgr Escrivá, n. 113[16]
Cette phrase, prononcée près de quarante ans après la fondation, résume le cœur du message fondateur : la vie ordinaire n'est pas un décor neutre de la vie chrétienne, elle en est le lieu même.
Les approbations juridiques successives
L'histoire canonique de l'Opus Dei est une succession d'approbations datées, qu'il faut distinguer sans les confondre.
| Date | Acte | Autorité | Effet |
|---|---|---|---|
| 19 mars 1941 | Première approbation diocésaine | Leopoldo Eijo y Garay, évêque de Madrid | Reconnaissance diocésaine initiale[17] |
| 14 février 1943 | Fondation de la Société sacerdotale de la Sainte-Croix | Josémaria Escrivá | Cadre permettant l'ordination de prêtres pour l'Opus Dei[18] |
| 25 juin 1944 | Ordinations des trois premiers prêtres de l'Opus Dei | Évêque de Madrid | Álvaro del Portillo, José María Hernández Garnica et José Luis Múzquiz sont ordonnés[19] |
| 24 février 1947 | Decretum laudis Primum Institutum | Saint-Siège, sous Pie XII | Première approbation pontificale comme institut séculier[20] |
| 16 juin 1950 | Approbation définitive | Pie XII | Ouverture notamment aux personnes mariées et admission de prêtres diocésains à la Société sacerdotale[21] |
| 28 novembre 1982 | Constitution apostolique Ut sit | Jean-Paul II | Érection comme prélature personnelle[22] |
Le 2 février 1947, la constitution apostolique Provida Mater Ecclesia de Pie XII avait donné un cadre juridique aux instituts séculiers, catégorie dans laquelle l'Opus Dei reçoit peu après sa première approbation pontificale.[23] Cette forme reste toutefois provisoire aux yeux du fondateur, qui cherche une configuration correspondant à une réalité composée majoritairement de laïcs vivant dans le monde, et non de personnes consacrées au sens canonique classique.[24]
L'installation à Rome et l'expansion internationale
En 1946, Escrivá transfère le siège central à Rome, où il résidera jusqu'à sa mort.[25] L'expansion internationale suit ensuite par vagues datées : Portugal, Italie et Grande-Bretagne en 1946, France et Irlande en 1947, Mexique et États-Unis en 1949, puis l'Amérique latine, l'Allemagne, l'Asie et l'Afrique dans les décennies suivantes.[26]
En 1952, Escrivá fonde à Pampelune l'Étude générale de Navarre, devenue l'université de Navarre, qui reste l'œuvre institutionnelle la plus connue liée à la prélature.[27]
La mort du fondateur et la succession d'Álvaro del Portillo
Josémaria Escrivá meurt à Rome le 26 juin 1975.[28] L'Opus Dei compte alors environ 60 000 membres selon sa chronologie officielle.[29] Le 15 septembre 1975, Álvaro del Portillo, son collaborateur le plus proche depuis les années 1930, est élu pour lui succéder conformément aux statuts.[30]
Le 28 novembre 1982, Jean-Paul II érige l'Opus Dei en prélature personnelle et nomme Álvaro del Portillo premier prélat.[31] La bulle est remise solennellement le 19 mars 1983 à la basilique Saint-Eugène à Rome, après l'entrée en vigueur du nouveau Code de droit canonique.[32] Jean-Paul II ordonne évêque Álvaro del Portillo le 6 janvier 1991.[33]
De Javier Echevarría à Fernando Ocáriz
Álvaro del Portillo meurt à Rome le 23 mars 1994. Javier Echevarría lui succède comme prélat de 1994 jusqu'à sa mort le 12 décembre 2016.[34] Le 23 janvier 2017, Fernando Ocáriz, jusqu'alors vicaire auxiliaire, est élu par le congrès électif et confirmé le même jour par le pape François comme prélat de l'Opus Dei.[35]
Trois décisions pontificales récentes encadrent cette succession et doivent être distinguées :
- La béatification d'Álvaro del Portillo, célébrée à Madrid le 27 septembre 2014 sous le pontificat de François.[36]
- La canonisation du fondateur, célébrée par Jean-Paul II à Rome le 6 octobre 2002, après sa béatification le 17 mai 1992.[37]
- Le motu proprio Ad charisma tuendum du 14 juillet 2022, détaillé dans la section sur le statut canonique actuel.[38]
Le message spirituel : la sainteté dans la vie ordinaire
L'appel universel à la sainteté
Le centre théologique de l'Opus Dei est l'affirmation que tous les baptisés, quels que soient leur état de vie et leur profession, sont appelés à la plénitude de la vie chrétienne.[39] Cette doctrine sera solennellement réaffirmée par le concile Vatican II, notamment au chapitre V de la constitution dogmatique Lumen gentium sur l'appel universel à la sainteté dans l'Église, promulguée en 1964.[40]
Présenter Escrivá comme un précurseur de cet enseignement conciliaire est la lecture que donne de lui l'Église lors de sa canonisation, sans que cela fasse de l'Opus Dei l'auteur unique ni la source exclusive de ce chapitre du concile.[41]
Sanctifier le travail, se sanctifier dans le travail, sanctifier par le travail
La formule la plus citée de la spiritualité de l'Œuvre distingue trois dimensions inséparables : sanctifier le travail lui-même en l'accomplissant avec perfection humaine et intention droite, se sanctifier dans ce travail par l'union à Dieu, et sanctifier les autres par l'apostolat dans le milieu professionnel.[42]
Concrètement, cette spiritualité se traduit par des pratiques que la prélature propose à ses fidèles : prière quotidienne, messe, confession fréquente, lecture spirituelle, examen de conscience et accomplissement fidèle des devoirs professionnels et familiaux. Ces pratiques forment ce que la tradition interne appelle le plan de vie, dont le détail relève de la formation donnée aux fidèles et non d'une règle religieuse publique.[43]
La filiation divine et la liberté des fidèles
Deux autres traits structurent ce message. Le premier est le sens de la filiation divine : le chrétien se sait enfant de Dieu par le baptême, ce qui fonde à la fois sa confiance et son apostolat.[44] Le second est l'insistance sur la liberté personnelle : dans les questions professionnelles, politiques et culturelles libres, chaque fidèle décide selon sa conscience et assume seul la responsabilité de ses choix, sans que la prélature ne lui donne de consignes temporelles.[45]
Les écrits du fondateur
L'œuvre écrite la plus diffusée de saint Josémaria est Chemin, publié d'abord sous le titre Considérations spirituelles en 1934, puis dans son édition augmentée de 1939, qui rassemble 999 points de méditation.[46] Ses homélies, prononcées puis publiées de son vivant ou après sa mort, exposent le même message sous forme plus développée, notamment « Aimer passionnément le monde » du 8 octobre 1967.[47]
Pour la biographie détaillée du fondateur, sa cause et sa réception, l'article Ignispedia de référence est saint Josémaria Escrivá (1902-1975).
Le statut canonique, dit précisément
Ce qu'est une prélature personnelle
Le concile Vatican II, dans le décret Presbyterorum ordinis n. 10 du 7 décembre 1965, envisage la création de prélatures personnelles pour des œuvres pastorales particulières à accomplir dans différentes régions.[48] Le Code de droit canonique de 1983 en donne le régime aux canons 294 à 297.
| Canon | Contenu |
|---|---|
| Canon 294 | Le Saint-Siège peut ériger des prélatures personnelles, composées de prêtres et de diacres du clergé séculier, pour promouvoir une répartition adaptée des prêtres ou pour des œuvres pastorales ou missionnaires particulières |
| Canon 295 | La prélature est régie par des statuts donnés par le Saint-Siège et dirigée par un prélat, ordinaire propre ; le prélat peut ériger un séminaire et incardiner des prêtres |
| Canon 296 | Des laïcs peuvent se consacrer aux œuvres apostoliques de la prélature par des conventions conclues avec elle ; les statuts définissent leurs obligations et leurs droits |
| Canon 297 | Les statuts définissent les relations de la prélature avec les ordinaires des lieux où elle exerce son activité, avec le consentement préalable de l'évêque diocésain |
Source : Code de droit canonique, canons 294 à 297.[49]
L'érection du 28 novembre 1982
Par la constitution apostolique Ut sit du 28 novembre 1982, Jean-Paul II érige l'Opus Dei en prélature personnelle à portée internationale et promulgue ses statuts, qui forment son droit particulier pontifical.[50] L'exécution solennelle a lieu le 19 mars 1983, une fois le Code de 1983 promulgué.[51]
À ce jour, l'Opus Dei demeure la seule prélature personnelle effectivement érigée. D'autres structures en ont parfois reçu l'annonce ou l'étude dans la presse, mais aucune autre érection comparable n'est entrée en vigueur.[52]
La Société sacerdotale de la Sainte-Croix
Intrinsèquement unie à la prélature, la Société sacerdotale de la Sainte-Croix regroupe les prêtres incardinés à la prélature et des prêtres diocésains qui y sont associés tout en restant incardinés à leurs diocèses respectifs.[53] Fondée le 14 février 1943 selon la chronologie de l'Œuvre, elle reçoit sa place définitive dans la configuration de 1982.[54]
Le changement de 2022 : Ad charisma tuendum
Le 14 juillet 2022, le pape François publie la lettre apostolique en forme de motu proprio Ad charisma tuendum, entrée en vigueur le 4 août 2022.[55] Ce texte dispose principalement que :
- Les compétences concernant les prélatures personnelles passent du Dicastère pour les évêques au Dicastère pour le clergé, en cohérence avec la constitution apostolique Praedicate Evangelium sur la Curie romaine.[56]
- Le prélat de l'Opus Dei ne sera pas ordonné évêque, afin de renforcer la conviction que, pour la protection du don particulier de l'Esprit, une forme de gouvernement fondée davantage sur le charisme que sur l'autorité hiérarchique est nécessaire, selon les termes mêmes du motu proprio.[57]
- La prélature présente chaque année au Dicastère pour le clergé un rapport sur son état et le développement de son travail apostolique.[58]
François présente explicitement cette réforme comme une protection du charisme fondateur, et non comme une sanction. La prélature a accueilli le texte en annonçant le travail d'adaptation de ses statuts qu'il rendait nécessaire.[59]
La révision des statuts en cours
À la suite du motu proprio de 2022, l'Opus Dei a engagé la révision de ses statuts. Le prélat Fernando Ocáriz a annoncé en avril 2025 que l'adoption définitive serait différée, le congrès général se consacrant alors au renouvellement des charges, puis la prélature a présenté sa proposition de statuts au Saint-Siège le 11 juin 2025.[60] Le 14 mai 2025, le pape Léon XIV avait reçu le prélat et évoqué brièvement avec lui ce processus de révision.[61]
Au moment de la rédaction de cet article, la décision du Saint-Siège sur cette proposition reste en attente selon les communications publiques de la prélature et les agences catholiques qui les relaient. Les statuts en vigueur demeurent donc ceux promulgués avec Ut sit, en cours d'adaptation au cadre de 2022.[62]
Organisation et formes d'appartenance
Le prélat et le gouvernement
La prélature est gouvernée par son prélat, élu par un congrès électif et confirmé ou nommé par le pape, assisté de conseils où participent des prêtres et des laïcs, hommes et femmes selon les instances.[63] Fernando Ocáriz, né à Paris en 1944, est le troisième successeur de saint Josémaria après Álvaro del Portillo et Javier Echevarría.[64]
Les catégories de fidèles
Le vocabulaire interne distingue plusieurs formes d'engagement, qui ne correspondent ni à des grades ni à des classes de vie chrétienne, mais à des disponibilités différentes au service de la même mission.[65]
| Catégorie | État de vie | Trait distinctif publié |
|---|---|---|
| Surnuméraires | Majoritairement mariés | Forme la plus nombreuse, environ 70 pour cent des fidèles selon les présentations journalistiques et internes reprises par la littérature ; vie familiale et professionnelle ordinaire[66] |
| Numéraires | Célibataires | Engagement au célibat apostolique, disponibilité pour des charges de formation et de gouvernement, résidence habituelle dans des centres |
| Agrégés | Célibataires | Engagement au célibat, avec une disponibilité ordinairement limitée par leurs circonstances professionnelles ou familiales |
| Auxiliaires numéraires | Femmes célibataires | Dédication professionnelle aux travaux domestiques des centres, présentée par la prélature comme un apostolat à part entière |
| Coopérateurs | Non membres | Personnes, catholiques ou non, qui aident par la prière, le travail ou l'aumône sans être membres de la prélature[67] |
Les pourcentages exacts par catégorie ne font pas l'objet d'un annuaire public exhaustif. Les ordres de grandeur ci-dessus sont ceux que la littérature de référence, notamment l'enquête du vaticaniste John Allen, a recueillis auprès de la prélature au début des années 2000.[68]
Combien de fidèles, et où
Les chiffres publiés varient selon la source et la date, et il faut les citer avec leur origine :
- La prélature communiquait en 2023 plus de 93 000 fidèles laïcs, dont 57 pour cent de femmes et 43 pour cent d'hommes, ainsi que 2 095 prêtres.[69]
- L'Annuarium Statisticum Ecclesiae, annuaire statistique du Saint-Siège, donne un ordre de grandeur d'environ 85 000 membres pour 2025 selon les reprises qui en sont faites.[70]
La chronologie officielle de la prélature indique un établissement dans 66 pays, tandis que ses présentations récentes parlent d'une présence dans près de 70 pays, les fidèles résidant dans davantage de pays encore.[71] Ces écarts tiennent aux définitions retenues, pays d'établissement stable ou simple présence de fidèles, et à la date des relevés. Aucun de ces chiffres n'est un recensement civil indépendant.
Les œuvres et activités
Une activité principale : la formation chrétienne
L'activité propre de la prélature est d'abord spirituelle : direction spirituelle, retraites, journées de formation, cours de doctrine et accompagnement de ses fidèles et de personnes qui s'en approchent.[72] Les universités et écoles qui lui sont liées sont juridiquement des initiatives civiles de fidèles et de coopérateurs, inspirées de son message, et non des biens ou des organes de la prélature en tant que telle.[73]
Universités, écoles et initiatives sociales
L'œuvre institutionnelle la plus connue est l'université de Navarre, fondée en 1952 à Pampelune.[74] D'autres universités, écoles, résidences universitaires, centres de formation professionnelle et initiatives sociales dans de nombreux pays déclarent s'inspirer de l'esprit de l'Opus Dei, avec des liens de formation confiés à la prélature par conventions, selon des montages juridiques qui varient par pays.[75]
Le financement dit par la prélature
Selon ses propres présentations, la prélature est financée comme les diocèses et les autres structures de l'Église, principalement par les contributions de ses fidèles et de personnes qui soutiennent sa mission.[76] Elle ne publie pas de bilan consolidé mondial comparable à celui d'une entreprise cotée, ce que ses critiques relèvent et ce qu'elle justifie par sa nature ecclésiale et par la diversité des personnes juridiques civiles qui portent ses initiatives selon les pays.[77]
Critiques et réponses
Cette section présente les critiques récurrentes avec leurs porte-parole identifiables, puis les réponses publiées. Elle ne tranche pas entre témoignages contradictoires sur des faits internes que ni l'Église ni une autorité civile n'ont jugés de manière définitive.
Le reproche de secret
La critique. Des anciens membres et des associations comme l'Opus Dei Awareness Network, fondée par d'anciens membres aux États-Unis, reprochent à l'Opus Dei une culture de discrétion présentée comme du secret : identité des membres non divulguée, pratiques internes peu connues avant l'engagement, documents de gouvernement longtemps non publiés.[78]
La réponse. La prélature répond qu'elle n'est pas une société secrète : elle est érigée par un acte public du Saint-Siège, ses statuts sont approuvés pontificalement, ses centres et ses prélats sont publics, et ses fidèles laïcs, qui restent des citoyens ordinaires, n'ont pas à porter d'insigne ni à représenter publiquement l'institution dans leur vie professionnelle.[79] John Allen, journaliste américain qui a mené une enquête d'un an publiée en 2005, conclut de son côté que l'Opus Dei ne peut pas être qualifié de secret, et que le malentendu vient en partie de ce qu'on attend de ses laïcs un comportement public de clercs ou de religieux.[80]
Les mortifications corporelles
Le fait. Certains fidèles célibataires de la prélature pratiquent, dans la tradition pénitentielle catholique, l'usage du cilice, anneau à pointes porté à la cuisse, et de la discipline, petite cordelette, selon des modalités limitées que la prélature décrit publiquement depuis les controverses des années 2000.[81]
La critique. D'anciens membres et des reportages présentent ces pratiques comme dangereuses, imposées sans information suffisante ou disproportionnées.[82]
La réponse. La prélature répond que ces instruments appartiennent à une tradition de pénitence attestée chez de nombreux saints, qu'ils visent un inconfort limité sans blesser ni empêcher les activités ordinaires, et qu'elle encourage d'abord les petites mortifications de la vie quotidienne, comme la persévérance au travail et l'attention aux autres.[83] Aucune interdiction de ces pratiques traditionnelles n'a été prononcée par le Saint-Siège, qui a canonisé le fondateur en 2002 en connaissance de la spiritualité de l'Œuvre.[84]
Le recrutement et la liberté de sortie
La critique. Des témoignages d'anciens fidèles, notamment ceux recueillis par Maria del Carmen Tapia, ancienne membre qui a publié son récit après avoir quitté l'Opus Dei, décrivent un recrutement jugé trop précoce ou insuffisamment éclairé, ainsi que des pressions psychologiques pour rester.[85] Ces récits sont des témoignages personnels, contestés dans leur interprétation par la prélature.
La réponse. La prélature affirme que l'incorporation requiert la majorité, un temps de probation et des engagements temporaires renouvelables avant tout engagement définitif, que chacun reste libre de partir, et que les vocations de mineurs ne sont pas admises comme incorporations.[86] Les statuts approuvés par le Saint-Siège fixent ce cadre, dont l'application concrète fait l'objet des désaccords de témoignages mentionnés ci-dessus.[87]
Le rapport à l'argent et au pouvoir
La critique. L'Opus Dei est régulièrement décrit dans la presse comme riche, élitiste et politiquement influent, en particulier en Espagne où des membres ont exercé des fonctions ministérielles sous le régime de Franco à partir de 1957.[88]
Les faits et la réponse. Que des fidèles de l'Opus Dei aient été ministres, chefs d'entreprise ou universitaires reconnus est un fait documenté. Que la prélature ait, en tant qu'institution, une stratégie politique propre ou donne des consignes de vote est ce qu'elle a toujours nié, au nom de la liberté temporelle de ses fidèles.[89] John Allen conclut son enquête en décrivant l'Opus Dei comme apolitique au sens institutionnel, tout en reconnaissant la présence de membres individuels dans des gouvernements, y compris celui de l'Espagne franquiste, où ils furent selon lui choisis pour leurs compétences techniques autant que pour leur appartenance.[90] Les historiens restent partagés sur le poids respectif de ces facteurs, et cet article ne tranche pas ce débat historiographique.
La fiction du Da Vinci Code
Le roman Da Vinci Code de Dan Brown, paru en 2003, puis son adaptation cinématographique de 2006, ont popularisé mondialement une image de l'Opus Dei comme organisation criminelle et meurtrière.[91] Cette image relève de la fiction : la prélature a publié des réponses détaillées, de nombreux journalistes et historiens, y compris non catholiques, ont relevé les inventions du roman sur ce point, et aucune juridiction n'a établi les faits criminels que la fiction lui prête.[92]
Ce que l'Église a décidé, et ce qu'elle n'a pas décidé
Pour situer exactement le statut ecclésial du débat, trois faits suffisent :
- L'Église a approuvé l'Opus Dei à chaque étape de son histoire, de l'approbation diocésaine de 1941 à l'érection en prélature personnelle de 1982, et elle a canonisé son fondateur en 2002.[93]
- Le pape François a modifié en 2022 le régime de gouvernement de la prélature par Ad charisma tuendum, en le présentant comme une protection de son charisme, sans remettre en cause son érection ni sa mission.[94]
- Aucune condamnation doctrinale ou disciplinaire de l'Opus Dei n'a été prononcée par le Saint-Siège. Les critiques qui circulent relèvent du débat public, de témoignages personnels et de travaux journalistiques ou historiographiques, que chaque lecteur peut peser à leur niveau respectif d'autorité.
Réception et postérité
Une présence durable dans l'Église
Près d'un siècle après 1928, l'Opus Dei reste une réalité stable de l'Église : une prélature présente sur tous les continents, dotée d'un clergé propre restreint, d'environ deux mille prêtres, et d'une large majorité de laïcs vivant dans les conditions ordinaires.[95] Son centenaire tombera en 2028, horizon que la prélature mentionne publiquement dans le contexte de la révision de ses statuts.[96]
Un sujet de débat public permanent
Peu d'institutions catholiques contemporaines suscitent une littérature aussi abondante et aussi contrastée, entre ouvrages de membres, enquêtes journalistiques, témoignages d'anciens fidèles et fiction populaire. L'enquête de John Allen, Opus Dei: An Objective Look Behind the Myths and Reality of the Most Controversial Force in the Catholic Church, publiée en 2005 chez Doubleday, reste l'étude journalistique la plus citée des deux côtés, précisément parce qu'elle distingue les faits vérifiés des rumeurs qu'elle a pu contrôler sur le terrain.[97]
Pour aller plus loin
- Saint Josémaria Escrivá (1902-1975), le fondateur, sa vie et sa canonisation
- Ceux qui se disent catholiques mais rejettent l'autorité actuelle, pour situer la question de l'obéissance à l'Église
Notes et références
Site officiel de la prélature, pages « Saint Josémaria » et « Historical Overview » : Josémaria Escrivá, né à Barbastro le 9 janvier 1902, ordonné prêtre en 1925, fonde l'Opus Dei le 2 octobre 1928 à Madrid et meurt à Rome le 26 juin 1975. opusdei.org, consulté le 13 octobre 2026.
1 10 28Statuts de la prélature promulgués par la constitution apostolique Ut sit du 28 novembre 1982 ; présentations officielles de la mission de l'Opus Dei, diffusion de l'appel à la sainteté au milieu du monde et sanctification du travail ordinaire. opusdei.org, consulté le 13 octobre 2026.
2 87Jean-Paul II, constitution apostolique Ut sit, 28 novembre 1982, érection de l'Opus Dei comme prélature personnelle et promulgation de ses statuts. Texte et présentation sur opusdei.org, consulté le 13 octobre 2026.
3 8 22 31 50Présentations canoniques de la prélature personnelle, notamment la page officielle « Opus Dei, Personal Prelature », qui rappelle que la première prélature personnelle érigée fut celle de l'Opus Dei par Ut sit en 1982. Aucune autre érection entrée en vigueur n'est recensée dans les listes du Saint-Siège consultées le 13 octobre 2026.
4 52Code de droit canonique, canons 294 et 296 ; page officielle « Opus Dei, Personal Prelature », composition de la prélature : prélat, clergé propre et fidèles laïcs hommes et femmes.
5Code de droit canonique, canon 296, sur les conventions des laïcs avec la prélature ; canon 297, sur le consentement préalable de l'évêque diocésain pour l'activité dans un diocèse.
6Prélature de l'Opus Dei, Opus Dei Fact Sheet, document officiel de présentation : la plupart des membres sont mariés, certains s'engagent au célibat tout en restant laïcs, et les coopérateurs ne sont pas membres. opusdei.org, consulté le 13 octobre 2026.
7 72Présentations officielles du message de saint Josémaria : chercher la sainteté dans la vie ordinaire et le travail professionnel. Voir aussi l'homélie « Aimer passionnément le monde » citée plus bas.
9 39Article Ignispedia saint Josémaria Escrivá (1902-1975), biographie détaillée du fondateur.
11Chronologie officielle « Historical Overview », entrée 1930 : le 14 février 1930, à Madrid, Escrivá comprend que l'Opus Dei s'adresse aussi aux femmes. opusdei.org, consulté le 13 octobre 2026.
12Chronologie officielle « Historical Overview », entrée 1933 : ouverture à Madrid de l'académie DYA, premier centre de l'Opus Dei.
13Chronologie officielle « Historical Overview », entrée 1936 : la guerre civile espagnole retarde temporairement l'expansion.
14Chronologie officielle « Historical Overview », entrée 1939 : retour d'Escrivá à Madrid et expansion à d'autres villes espagnoles.
15Saint Josémaria Escrivá, homélie « Aimer passionnément le monde », 8 octobre 1967, université de Navarre, publiée dans Entretiens avec Mgr Escrivá (Conversations with Monsignor Escrivá), n. 113. Texte anglais vérifié sur opusdei.org et dans l'édition des homélies : « It is in the midst of the most material things of the earth that we must sanctify ourselves, serving God and all mankind ». La traduction française donnée dans le corps suit ce texte.
16 47Chronologie officielle « Historical Overview », entrée 1941 : le 19 mars 1941, Leopoldo Eijo y Garay, évêque de Madrid, accorde la première approbation diocésaine.
17Chronologie officielle « Historical Overview », entrée 1943 : le 14 février 1943, fondation de la Société sacerdotale de la Sainte-Croix.
18 54Chronologie officielle « Historical Overview », entrée 1944 : le 25 juin 1944, ordinations d'Álvaro del Portillo, José María Hernández Garnica et José Luis Múzquiz.
19Chronologie et présentations officielles : le 24 février 1947, le Saint-Siège accorde le Decretum laudis Primum Institutum, première approbation pontificale comme institut séculier.
20Chronologie officielle « Historical Overview », entrée 1950 : le 16 juin 1950, Pie XII accorde l'approbation définitive, ouvrant l'Opus Dei aux personnes mariées et la Société sacerdotale aux prêtres diocésains.
21Pie XII, constitution apostolique Provida Mater Ecclesia, 2 février 1947, cadre juridique des instituts séculiers.
23Présentation canonique du chemin juridique de l'Opus Dei, de l'institut séculier à la prélature personnelle, sur opusdei.org, consulté le 13 octobre 2026. Formulation prudente dans le corps, la recherche d'une forme adaptée étant attestée par ce cheminement même.
24Chronologie officielle « Historical Overview », entrée 1946 : Escrivá s'installe à Rome.
25Chronologie officielle « Historical Overview », liste datée des débuts par pays, de 1946 aux années 2000, et mention d'un établissement dans 66 pays.
26 71Chronologie officielle « Historical Overview », entrées 1975 : mort du fondateur le 26 juin, environ 60 000 membres, élection d'Álvaro del Portillo le 15 septembre 1975.
29 30Présentations officielles de la prélature : remise solennelle de la bulle Ut sit le 19 mars 1983 à la basilique Saint-Eugène à Rome.
32 51Chronologie officielle et biographies d'Álvaro del Portillo : ordination épiscopale par Jean-Paul II le 6 janvier 1991.
33Présentations officielles de la prélature : Javier Echevarría, prélat de 1994 à sa mort le 12 décembre 2016.
34Prélature de l'Opus Dei, annonce officielle du 23 janvier 2017 : Fernando Ocáriz, élu par le congrès électif, est confirmé le même jour par le pape François comme prélat. opusdei.org, consulté le 13 octobre 2026.
35 64Béatification d'Álvaro del Portillo à Madrid le 27 septembre 2014, célébrée sous le pontificat de François par son légat.
36Jean-Paul II, béatification de Josémaria Escrivá le 17 mai 1992 et canonisation le 6 octobre 2002 à Rome. Ces dates sont données par toutes les biographies officielles du saint.
37 41 84 93François, lettre apostolique en forme de motu proprio Ad charisma tuendum, 14 juillet 2022, en vigueur le 4 août 2022. Texte sur vatican.va, consulté le 13 octobre 2026.
38 56 57 58 59 94Concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen gentium, 21 novembre 1964, chapitre V, « L'appel universel à la sainteté dans l'Église », n. 39 à 42.
40Présentations officielles de la spiritualité de l'Opus Dei : sanctifier le travail, se sanctifier dans le travail et sanctifier les autres par le travail. La formule est résumée dans les textes de formation publiés par la prélature.
42Présentation prudente des pratiques proposées aux fidèles. Le détail du plan de vie relève des documents de formation de la prélature ; la formulation du corps évite d'en donner une liste normative exhaustive.
43Thème central des écrits de saint Josémaria, notamment de l'homélie « Aimer passionnément le monde » et de Chemin : la conscience de la filiation divine comme fondement de la vie spirituelle.
44Doctrine constante des statuts et des présentations officielles : liberté et responsabilité personnelle des fidèles dans les questions temporelles libres, sans consignes politiques de la prélature.
45 89Saint Josémaria Escrivá, Chemin : première édition Consideraciones espirituales, Cuenca, 1934 ; édition augmentée Camino, Valence, 1939, en 999 points. Référence bibliographique standard de l'ouvrage.
46Concile Vatican II, décret Presbyterorum ordinis, 7 décembre 1965, n. 10, sur les prélatures personnelles pour des œuvres pastorales particulières.
48Code de droit canonique de 1983, canons 294 à 297, régime des prélatures personnelles.
49Présentations officielles de la Société sacerdotale de la Sainte-Croix, intrinsèquement unie à la prélature de l'Opus Dei.
53Même source que la note précédente, articles du motu proprio sur le Dicastère pour le clergé, le prélat non ordonné évêque et le rapport annuel.
55Communications de la prélature relayées par les agences catholiques : annonce du report le 21 avril 2025, présentation de la proposition de statuts au Saint-Siège le 11 juin 2025. Voir notamment Catholic News Agency et EWTN Vatican, juin 2025, consultés le 13 octobre 2026.
60 62 96Audience du pape Léon XIV au prélat Fernando Ocáriz le 14 mai 2025, au cours de laquelle la révision des statuts est brièvement évoquée, selon le bureau de communication de la prélature relayé par les agences catholiques le 15 mai 2025.
61Statuts de la prélature et présentations officielles de son gouvernement : prélat assisté de conseils, élection par congrès électif et confirmation pontificale.
63Prélature de l'Opus Dei, présentations officielles des formes d'appartenance : surnuméraires, numéraires, agrégés, auxiliaires numéraires et coopérateurs.
65Ordres de grandeur repris par la littérature de référence, notamment John L. Allen Jr., Opus Dei: An Objective Look Behind the Myths and Reality of the Most Controversial Force in the Catholic Church, Doubleday, New York, 2005 : les surnuméraires forment la large majorité des fidèles.
66Prélature de l'Opus Dei, Opus Dei Fact Sheet : les coopérateurs ne sont pas membres, ils aident par leurs prières, leur travail ou leurs aumônes, et peuvent ne pas être catholiques ni même chrétiens.
67John L. Allen Jr., Opus Dei: An Objective Look Behind the Myths and Reality of the Most Controversial Force in the Catholic Church, Doubleday, New York, 2005.
68 97Chiffres communiqués par la prélature et relayés en 2023 par les agences catholiques : plus de 93 000 fidèles laïcs, 57 pour cent de femmes, 2 095 prêtres.
69 95Annuarium Statisticum Ecclesiae, annuaire statistique du Saint-Siège, ordre de grandeur d'environ 85 000 membres repris pour 2025 dans les synthèses encyclopédiques. Chiffre cité avec sa source en raison de l'écart avec la communication de la prélature.
70Présentations juridiques officielles : les initiatives civiles de fidèles, universités et écoles, sont des personnes juridiques distinctes de la prélature, qui en assure selon les cas la formation chrétienne par convention.
73 75Page officielle « Opus Dei, Personal Prelature », sur le financement de la prélature par les contributions de ses fidèles et de ses bienfaiteurs, à la manière des diocèses.
76 77Opus Dei Awareness Network et témoignages d'anciens membres qu'elle diffuse. Association critique, citée comme porte-parole de cette critique, sans que ses affirmations soient reprises comme des faits établis.
78Réponses officielles de la prélature aux accusations de secret, publiées sur opusdei.org, pages de questions fréquentes et de réponses aux mythes.
79 86J. L. Allen Jr., Opus Dei, Doubleday, 2005, conclusions sur le reproche de secret : l'Opus Dei ne peut pas être qualifié de secret selon son enquête.
80Prélature de l'Opus Dei, page officielle « Opus Dei and Corporal Mortification », sur le cilice et la discipline, leur histoire dans la tradition catholique et leurs modalités limitées. opusdei.org, consulté le 13 octobre 2026.
81 83Témoignages d'anciens membres et reportages critiques sur les mortifications corporelles, résumés dans les dossiers de presse et les synthèses sur les controverses autour de l'Opus Dei. Position critique citée comme telle.
82Maria del Carmen Tapia, Beyond the Threshold: A Life in Opus Dei, Continuum, 1997, témoignage d'une ancienne membre. Témoignage personnel, présenté comme tel.
85Fait historique documenté : à partir de 1957, plusieurs membres de l'Opus Dei deviennent ministres dans l'Espagne de Franco. Voir les synthèses historiques sur l'Opus Dei et la politique, et J. L. Allen Jr., Opus Dei, Doubleday, 2005.
88J. L. Allen Jr., Opus Dei, Doubleday, 2005, chapitre sur la politique : conclusion d'une institution apolitique, avec des membres agissant individuellement, y compris sous Franco.
90Dan Brown, The Da Vinci Code, Doubleday, 2003 ; film Da Vinci Code, Columbia Pictures, 2006. Œuvre de fiction.
91Réponses officielles de la prélature au roman et au film, et critiques journalistiques et historiques des inventions du roman concernant l'Opus Dei.
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