Saint Josemaría Escrivá de Balaguer (1902-1975) est un prêtre espagnol, fondateur de l'Opus Dei, dont le message tient tout entier dans une intuition longtemps oubliée : la sainteté n'est pas réservée aux prêtres et aux moines, mais offerte à tout baptisé, au beau milieu de son métier, de sa famille et de ses occupations les plus banales. Le 2 octobre 1928, à Madrid, ce jeune prêtre aragonais affirme avoir « vu » l'Œuvre que Dieu lui demandait de fonder : aider des chrétiens ordinaires — ingénieurs, ouvriers, mères de famille, professeurs, employés — à se sanctifier sans quitter le monde, en transformant leur travail même en prière et en offrande.
Toute sa prédication se ramène à une phrase qu'il a répétée des milliers de fois : il existe « quelque chose de saint, de divin, qui se cache dans les situations les plus ordinaires », et c'est à chacun de le découvrir[1]. Cette doctrine — l'appel universel à la sainteté, la sanctification du travail, la filiation divine — sera solennellement reprise par le concile Vatican II et fera de l'obscur fondateur de 1928 l'un des saints les plus influents du XXᵉ siècle.
Mort à Rome le 26 juin 1975, Josemaría Escrivá a été béatifié le 17 mai 1992 et canonisé le 6 octobre 2002 par saint Jean-Paul II, devant quelque 300 000 personnes[2], qui le salua comme « le saint de l'ordinaire »[3]. Cet article retrace sa biographie, le cœur de sa spiritualité, le chemin de sa canonisation, et examine honnêtement les objections qu'elle a suscitées.
En quelques dates
La vie de Josemaría Escrivá couvre presque tout le XXᵉ siècle espagnol et romain : une enfance marquée par la ruine et le deuil, une vocation née dans le froid, une fondation surnaturelle en 1928, la traversée d'une guerre civile, puis trente ans de gouvernement depuis Rome d'une Œuvre devenue mondiale.
- 9 janvier 1902Naissance à Barbastro
Josemaría naît à Barbastro, en Aragon, deuxième des six enfants de José Escrivá et Dolores Albás. Trois de ses jeunes sœurs mourront pendant son enfance.
- vers 1917-1918Les « traces dans la neige »
À Logroño, l'adolescent découvre les empreintes de pieds nus d'un carme déchaux dans la neige ; ce signe éveille en lui le pressentiment d'une vocation.
- 28 mars 1925Ordination sacerdotale
Après le séminaire de Logroño puis de Saragosse, il est ordonné prêtre et exerce d'abord son ministère en milieu rural, puis à Madrid.
- 2 octobre 1928Fondation de l'Opus Dei
Au cours d'une retraite à Madrid, le jour de la fête des Anges gardiens, il « voit » l'Œuvre que Dieu lui demande de fonder.
- 14 février 1930La branche féminine
Pendant une messe, il comprend que l'Œuvre doit aussi s'adresser aux femmes ; la section féminine est fondée.
- 1936-1939La guerre d'Espagne
Persécuté comme prêtre dans le Madrid républicain, il se cache, puis franchit les Pyrénées à pied vers Andorre en novembre 1937.
- 14 février 1943Société sacerdotale de la Sainte-Croix
Il fonde la structure qui permettra d'ordonner des prêtres issus de l'Œuvre ; les trois premiers sont ordonnés en 1944.
- 1946Installation à Rome
Il s'établit à Rome pour donner à l'Opus Dei une dimension universelle et obtenir l'approbation du Saint-Siège.
- 8 octobre 1967« Aimer le monde passionnément »
Sur le campus de l'université de Navarre, il prononce l'homélie qui résume sa doctrine de la sainteté dans le monde.
- 26 juin 1975Mort à Rome
Il meurt subitement d'un arrêt cardiaque dans son bureau ; l'Opus Dei compte alors quelque 60 000 membres.
- 17 mai 1992Béatification
Jean-Paul II le béatifie place Saint-Pierre, en même temps que la religieuse soudanaise Joséphine Bakhita.
- 6 octobre 2002Canonisation
Jean-Paul II le proclame saint devant une foule immense ; il est inscrit au calendrier, fêté le 26 juin.
Un enfant de Barbastro (1902-1925)
Naissance et famille
Josemaría Escrivá naît le 9 janvier 1902 à Barbastro, petite ville de la province de Huesca, en Aragon[4][5]. Baptisé José María Mariano Escrivá Albás, il est le deuxième des six enfants de José Escrivá, commerçant en tissus, et de Dolores Albás, femme profondément pieuse[6]. La famille est de condition aisée et chrétienne ; l'enfant grandit dans une foi simple et solide, reçue surtout de sa mère, dont il gardera toute sa vie une dévotion mariale tendre et concrète.
Les épreuves : deuils et ruine
L'enfance de Josemaría est marquée par une succession de deuils : trois de ses jeunes sœurs meurent les unes après les autres entre 1910 et 1913[7]. Peu après, l'entreprise familiale fait faillite ; ruiné, José Escrivá doit quitter Barbastro et s'installer en 1915 à Logroño, où il recommence modestement comme employé de commerce[8]. Cette épreuve, vécue sans amertume par un père qui reste digne et croyant, marquera durablement le fils : Escrivá parlera plus tard de la valeur sanctifiante de la contrariété acceptée et du travail humble.
Les « traces dans la neige » : l'éveil de la vocation
Le tournant intérieur de l'adolescence survient à Logroño, vers 1917-1918. Un jour d'hiver, Josemaría aperçoit dans la neige les empreintes de pieds nus d'un carme déchaux[9]. Ce détail — un religieux marchant pieds nus dans le froid par amour de Dieu — le bouleverse : si d'autres donnent tant à Dieu, que peut-il bien lui donner, lui ? Naît alors le pressentiment que Dieu attend quelque chose de lui, sans qu'il sache encore quoi. Il commencera bientôt à prier avec insistance cette demande restée célèbre : « Domine, ut videam ! » — « Seigneur, que je voie ! », la prière de l'aveugle de l'Évangile[10].
« Seigneur, que je voie ! Que s'accomplisse ce que tu veux et que je ne connais pas. » — prière de jeunesse de Josemaría Escrivá[11]
Séminaire et ordination (1925)
Convaincu que le sacerdoce lui permettrait d'être plus disponible à cette volonté encore obscure, il entre au séminaire de Logroño, puis au séminaire Saint-François-de-Paule de Saragosse, où il est nommé inspecteur[12]. Sur le conseil de son père, et avec son accord, il entreprend en parallèle des études de droit à l'université de Saragosse. Il est ordonné prêtre le 28 mars 1925[13]. Son père meurt peu avant, en 1924 ; le jeune prêtre devient alors le soutien de sa mère, de sa sœur Carmen et de son frère Santiago, qui partageront longtemps sa vie.
Il exerce d'abord un bref ministère rural à Perdiguera, puis s'installe en 1927 à Madrid, officiellement pour y achever un doctorat en droit, en réalité parce qu'il sent que c'est là que se jouera sa vie[14]. À Madrid, il multiplie le ministère auprès des pauvres, des malades des hôpitaux et des enfants des faubourgs, tout en gagnant sa vie comme précepteur.
Le 2 octobre 1928 : la fondation de l'Opus Dei
« Voir » l'Œuvre
Le 2 octobre 1928, jour de la fête des saints Anges gardiens, Josemaría fait une retraite spirituelle chez les Lazaristes de Madrid. Au matin, pendant qu'il relit ses notes spirituelles, il affirme avoir soudain « vu » ce que Dieu lui demandait depuis dix ans : fonder un chemin de sainteté pour des chrétiens ordinaires vivant au cœur du monde[15]. Tandis qu'il médite, les cloches d'une église voisine, Notre-Dame-des-Anges, sonnent — détail qu'il a souvent rappelé comme la confirmation sonore de cette grâce fondatrice[16].
« Le 2 octobre 1928, jour de la fête des saints Anges gardiens, le Seigneur fonda son Œuvre : ce jour-là, Josemaría reçut l'illumination sur tout l'Opus Dei. » — notice biographique officielle[17]
Ce qu'il « voit » n'est pas une nouvelle congrégation religieuse, mais quelque chose d'inédit dans le paysage de l'époque : une réalité où des laïcs, hommes et femmes, gardant pleinement leur métier, leur état de vie et leur place dans la société, chercheraient la perfection chrétienne précisément à travers ce métier et cet état. Le nom même de l'institution — Opus Dei, l'« Œuvre de Dieu » — souligne qu'Escrivá s'en est toujours considéré comme l'instrument, non l'inventeur.
La branche féminine (1930)
Au début, Escrivá pense que l'Œuvre ne concernera que des hommes. Mais le 14 février 1930, pendant qu'il célèbre la messe, il comprend que Dieu veut aussi y appeler des femmes, à égalité de vocation[18]. La branche féminine est fondée le jour même. Pour l'époque, cette insistance sur une même vocation à la sainteté pour les hommes et les femmes laïcs, dans le travail professionnel comme dans le foyer, est remarquablement audacieuse.
Qu'est-ce que l'Opus Dei ?
L'Opus Dei (« l'Œuvre de Dieu ») n'est ni un ordre religieux, ni un parti, ni une société secrète : c'est une institution de l'Église catholique dont le but est d'aider des chrétiens de toutes conditions à chercher la sainteté dans leur vie ordinaire et à porter l'esprit de l'Évangile dans tous les milieux de la société[19]. Cet article traite la personne et la spiritualité d'Escrivá ; pour l'institution elle-même — sa structure de prélature personnelle, son gouvernement, ses controverses sociologiques —, le lecteur se reportera aux ressources spécialisées.
L'essentiel tient en peu de mots : Escrivá refuse de couper la vie chrétienne en deux, d'un côté le « sacré » (la messe, la prière), de l'autre le « profane » (le travail, la famille, les loisirs). Pour lui, tout peut et doit devenir matière de sainteté.
« Vous devez maintenant comprendre — avec une clarté nouvelle — que Dieu vous appelle à le servir dans et à partir des tâches civiles, matérielles, séculières de la vie humaine. » — Josemaría Escrivá, Aimer le monde passionnément, 1967[20]
La guerre d'Espagne et la traversée des Pyrénées (1936-1939)
La guerre civile espagnole (1936-1939) frappe de plein fouet la jeune Œuvre. Dans le Madrid contrôlé par le camp républicain, la persécution religieuse fait des milliers de victimes parmi le clergé : être prêtre, c'est risquer la mort[21]. Escrivá doit se cacher, change plusieurs fois de refuge, trouve un temps asile dans une clinique psychiatrique où un médecin ami le fait passer pour un patient, puis, six mois durant, au consulat du Honduras[22]. Il continue clandestinement son ministère et soutient les siens.
En novembre 1937, après un voyage épuisant et dangereux, il quitte Barcelone et franchit les Pyrénées à pied, par la montagne enneigée, pour gagner Andorre (dans la nuit du 1er au 2 décembre), puis la France, avant de rejoindre la zone nationaliste par Burgos[23]. Au cours de cette fuite, dans l'église pillée de Pallerols de Rialb, il aurait trouvé au sol une rose de bois doré tombée du retable — signe qu'il garda comme une confirmation de la Providence dans l'épreuve, dans la nuit du 21 au 22 novembre[24]. La guerre finie, il peut reprendre et étendre son apostolat ; il achève en 1939 son doctorat en droit à Madrid[25].
Sur ce chapitre, l'honnêteté historique impose une nuance : comme la quasi-totalité du clergé persécuté, Escrivá se réfugie dans la zone tenue par les nationalistes de Franco, seule où un prêtre pouvait alors survivre et exercer. Cette circonstance sera plus tard exploitée pour le présenter en allié du franquisme — accusation discutée plus bas.
Camino : le livre des 999 points
L'écrit le plus célèbre d'Escrivá est Camino (Chemin), recueil de 999 points brefs — maximes, conseils spirituels, aphorismes — destinés à nourrir la méditation et l'examen de conscience[26]. Une première version paraît dès 1934 sous le titre Consideraciones espirituales (Cuenca) ; le texte définitif, considérablement augmenté, est publié en 1939 à Valence sous le titre Camino[27]. Traduit en des dizaines de langues et diffusé à des millions d'exemplaires, le livre est devenu un classique de la spiritualité laïque du XXᵉ siècle.
Son originalité tient au ton : direct, incisif, sans onction artificielle, il s'adresse à un jeune professionnel pressé et lui parle de sainteté comme d'un programme de vie exigeant et joyeux. On y trouve condensées toutes les intuitions de l'Œuvre :
« Ajoute un motif surnaturel à ton travail professionnel ordinaire, et tu auras sanctifié ce travail. » — Josemaría Escrivá, Camino, n° 359[28]
« Tu as l'obligation de te sanctifier. — Toi aussi. — Qui pense que c'est là une tâche réservée aux prêtres et aux religieux ? À tous, sans exception, le Seigneur a dit : "Soyez parfaits comme mon Père céleste est parfait." » — Josemaría Escrivá, Camino[29]
Le cœur du message : la sanctification du travail
La doctrine spirituelle d'Escrivá ne se comprend pas comme un système abstrait, mais comme une lumière projetée sur la vie la plus quotidienne. Trois axes la résument : l'appel universel à la sainteté, la sanctification du travail, et la filiation divine.
L'appel universel à la sainteté
Dès 1928, bien avant que le concile Vatican II ne consacre cette doctrine dans la constitution Lumen gentium (1964), Escrivá prêche que tous les baptisés — et non une élite de consacrés — sont réellement appelés à la plénitude de la vie chrétienne[30]. Ce n'est pas une métaphore pieuse : c'est un appel concret, adressé au médecin, à l'ouvrière, au père de famille, à l'étudiant. Jean-Paul II soulignera précisément ce point lors de la canonisation :
« Diffusez dans la société, sans distinction de race, de classe, de culture ou d'âge, la conscience que nous sommes tous appelés à la sainteté. » — Jean-Paul II, homélie de la canonisation, 6 octobre 2002[31]
Sanctifier le travail ordinaire
Le travail est, chez Escrivá, le lieu privilégié de cette sanctification. Non pas malgré le travail, ni en s'en évadant, mais par lui : le travail bien fait, offert à Dieu et accompli avec amour, devient une prière, une offrande et un apostolat[32]. Escrivá aimait dire que le chrétien doit faire de sa journée un poème, transformant la prose du quotidien en vers héroïque :
« La vocation chrétienne consiste à convertir en alexandrins la prose de chaque jour. » — Josemaría Escrivá[33]
Le travail n'est donc ni une malédiction à subir, ni une simple nécessité économique : c'est, depuis l'atelier de Nazareth où le Christ lui-même a travaillé de ses mains, un chemin de communion avec Dieu. Jean-Paul II l'a redit le jour de la canonisation :
« Le travail, et toute autre activité, menée à bien avec l'aide de la Grâce, se convertissent en instruments de sanctification quotidienne. » — Jean-Paul II, 6 octobre 2002[34]
La filiation divine
À la racine de tout, Escrivá place la filiation divine : la conscience vive d'être réellement fils ou fille de Dieu, par le baptême, dans le Christ[35]. Cette certitude, loin d'être une abstraction, est pour lui la source de la paix, de la liberté intérieure et de l'audace apostolique du chrétien. Le saint qui se sait enfant de Dieu ne travaille plus en esclave ni en mercenaire, mais en fils confiant. Jean-Paul II reprendra ce thème en citant saint Paul : « En effet, tous ceux qu'anime l'Esprit de Dieu sont fils de Dieu » (Romains 8, 14)[36].
« Contemplatifs au milieu du monde »
De cette doctrine découle une expression chère à Escrivá : le chrétien est appelé à être « contemplatif au milieu du monde ». Il ne s'agit pas de fuir les réalités terrestres, mais de les traverser le regard fixé sur Dieu, de trouver Dieu dans le métier, la rue, la maison, le bureau. La grande homélie qu'il prononce le 8 octobre 1967, sur le campus de l'université de Navarre, devant des dizaines de milliers de personnes, est le manifeste de cette spiritualité de la sécularité :
« Sachez-le bien : il y a quelque chose de saint, de divin, qui se cache dans les situations les plus ordinaires et c'est à chacun d'entre vous qu'il appartient de le découvrir. » — Josemaría Escrivá, Aimer le monde passionnément, 8 octobre 1967[37]
« Sur la ligne de l'horizon, mes enfants, le ciel et la terre semblent se rejoindre. Mais là où ils s'unissent, en réalité, c'est dans vos cœurs, lorsque vous vivez saintement la vie ordinaire. » — Josemaría Escrivá, Aimer le monde passionnément[38]
Cette spiritualité de la sécularité — chercher Dieu dans le monde, non hors de lui — recoupe l'élan de nombreux saints contemporains qui, comme saint Jean-Paul II, ont voulu rappeler aux laïcs leur vocation propre à sanctifier les réalités temporelles.
Rome, l'expansion mondiale et l'approbation de l'Église
La Société sacerdotale de la Sainte-Croix (1943)
Pour que l'Œuvre puisse disposer de prêtres formés en son sein tout en respectant la nature laïque de la majorité de ses membres, Escrivá fonde le 14 février 1943 la Société sacerdotale de la Sainte-Croix, étroitement unie à l'Opus Dei[39]. Les trois premiers prêtres issus de l'Œuvre, dont le futur successeur Álvaro del Portillo, sont ordonnés en 1944[40].
Installation à Rome (1946) et approbations
En 1946, Escrivá s'installe à Rome pour donner à l'Opus Dei sa dimension universelle et obtenir la reconnaissance du Saint-Siège[41]. L'institution reçoit le decretum laudis Primum Institutum (approbation provisoire) du pape Pie XII le 24 février 1947 — trois semaines après la constitution Provida Mater Ecclesia (2 février 1947) qui créait la figure des instituts séculiers —, puis l'approbation définitive le 16 juin 1950[42]. Escrivá complète sa formation par un doctorat en théologie à l'université du Latran (1955)[43]. Depuis Rome, où il fixe le centre de l'Œuvre, il gouverne, voyage, forme ses fils et ses filles spirituels, et voit l'Opus Dei s'implanter sur les cinq continents.
| Étape canonique | Date | Autorité |
|---|---|---|
| Première approbation diocésaine | 19 mars 1941 | Mgr Leopoldo Eijo y Garay, évêque de Madrid |
| Decretum laudis Primum Institutum (approbation provisoire) | 24 février 1947 | Pie XII |
| Approbation définitive | 16 juin 1950 | Pie XII |
| Érection en prélature personnelle (Ut sit) | 28 novembre 1982 | Jean-Paul II (après la mort d'Escrivá) |
| Motu proprio Ad charisma tuendum (art. V-VI d'Ut sit modifiés) | 14 juillet 2022 | François |
Le concile Vatican II
Escrivá vit le concile Vatican II (1962-1965) comme une confirmation éclatante de ce qu'il prêchait depuis 1928. La constitution dogmatique Lumen gentium consacre en effet l'appel universel à la sainteté (chapitre V) et le décret Apostolicam actuositatem valorise l'apostolat des laïcs — deux intuitions au cœur de l'Opus Dei[44]. Loin de toute opposition au Concile, Escrivá y reconnaît la voix de l'Église qui ratifie son charisme.
La mort (26 juin 1975) et la succession
Le 26 juin 1975, vers midi, Josemaría Escrivá meurt subitement d'un arrêt cardiaque dans son bureau de Rome, à 73 ans[45]. L'Opus Dei compte alors quelque 60 000 membres dans 80 pays. Ses restes reposent dans l'église prélatice Notre-Dame-de-la-Paix, sur le Viale Bruno Buozzi, à Rome — d'abord dans la crypte, puis, depuis la béatification de 1992, dans une urne placée dans l'autel —, lieu de pèlerinage aujourd'hui visité par de nombreux fidèles[46].
Lui succède son plus proche collaborateur, Álvaro del Portillo (1914-1994), qui sera lui-même béatifié en 2014 — signe de la fécondité spirituelle de l'école d'Escrivá[47]. C'est sous le gouvernement de del Portillo que Jean-Paul II érigera l'Opus Dei en prélature personnelle, par la constitution apostolique Ut sit du 28 novembre 1982 — la première et longtemps unique structure de ce type dans l'Église[48]. Ce statut sera actualisé par François : le motu proprio Ad charisma tuendum du 14 juillet 2022 remplace les articles V (rattachement au Dicastère pour le clergé) et VI (rapport annuel du prélat) d'Ut sit[49].
Béatification (1992) et canonisation (2002)
Le miracle reconnu
La cause de béatification, ouverte dès 1981, retient la guérison inexpliquée, en 1976, de Sœur Concepción Boullón Rubio, atteinte d'une lipomatose grave ; le miracle est reconnu par décret du 6 juillet 1991[50]. Josemaría Escrivá est béatifié le 17 mai 1992, place Saint-Pierre, par Jean-Paul II, le même jour que la religieuse soudanaise Joséphine Bakhita, devant environ 300 000 personnes[51]. Pour la canonisation, le miracle retenu est la guérison, en novembre 1992, du docteur Manuel Nevado Rey, médecin espagnol atteint d'une radiodermite chronique cancéreuse des mains — affection alors jugée irréversible —, après une prière par l'intercession d'Escrivá ; le décret est approuvé par Jean-Paul II le 20 décembre 2001[52].
« Le saint de l'ordinaire »
Dix ans plus tard, le 6 octobre 2002, Jean-Paul II le canonise place Saint-Pierre, devant quelque 300 000 personnes venues du monde entier[53][54]. Le lendemain, recevant les pèlerins venus pour la canonisation, le pape résume en une formule la mission du nouveau saint :
« Saint Josemaría fut choisi par le Seigneur pour annoncer l'appel universel à la sainteté et pour indiquer que la vie de tous les jours, les activités ordinaires, sont un chemin de sanctification. » — Jean-Paul II, discours aux pèlerins, 7 octobre 2002[55]
Escrivá est inscrit au calendrier de l'Église et fêté le 26 juin, jour de sa naissance au Ciel.
Objections et controverses
L'angle catholique de cet article n'exige pas de masquer les critiques sérieuses qu'ont suscitées Escrivá et son Œuvre. Il exige seulement de les exposer honnêtement et d'y répondre.
Une canonisation trop rapide ?
La rapidité du processus — béatifié dix-sept ans après sa mort, canonisé vingt-sept ans après — a frappé les observateurs ; un journaliste a parlé de « l'une des béatifications les plus controversées des temps modernes »[56]. Des voix internes au Vatican, notamment le futur cardinal Luigi De Magistris, ont exprimé des réserves sur la hâte et sur l'audition des témoignages critiques[57].
Réponse : la rapidité s'explique d'abord par la réforme de 1983 des procédures de canonisation (constitution Divinus perfectionis Magister), qui a simplifié et accéléré toutes les causes, pas seulement celle d'Escrivá. Le processus a néanmoins suivi les règles ordinaires : enquête diocésaine, examen des écrits, positio, vote des théologiens et des cardinaux, reconnaissance de deux miracles. La rapidité d'une canonisation ne mesure pas la sainteté de la personne, mais l'intensité de sa réputation et la solidité du dossier.
Opus Dei : secret et emprise ?
L'Opus Dei a souvent été accusé de secret, de contrôle excessif sur ses membres, voire de méthodes de recrutement contestables — accusations relancées par des témoignages d'anciens membres et par des ouvrages critiques récents[58]. Certaines de ces critiques visent l'institution et sa gouvernance après Escrivá, davantage que la personne du fondateur.
Réponse : l'Église a examiné la doctrine et les écrits d'Escrivá sans y trouver d'erreur ; ses livres portent les approbations ecclésiastiques requises. Les dérives éventuelles de telle ou telle communauté ne se déduisent pas du charisme lui-même, qui est explicitement un appel à la liberté des laïcs et à la sanctification du devoir d'état. Distinguer le fondateur saint d'éventuels abus institutionnels postérieurs relève de la simple justice historique.
Le rapport au franquisme
On a reproché à Escrivá une proximité avec le régime de Franco, plusieurs membres de l'Opus Dei ayant été ministres à partir de 1957[59].
Réponse : Escrivá a toujours soutenu que l'Œuvre ne fait pas de politique et laisse à chacun de ses membres une pleine liberté dans les affaires temporelles ; des membres de l'Opus Dei ont d'ailleurs servi dans des camps politiques opposés, en Espagne comme ailleurs. Que des Espagnols formés par lui aient exercé des responsabilités sous Franco ne fait pas du fondateur un acteur du régime : son message — la sainteté laïque, la liberté de conscience dans les choix temporels — est précisément l'inverse d'une instrumentalisation politique de la foi.
Le journaliste vaticaniste John L. Allen Jr., auteur d'une enquête nuancée sur l'Opus Dei, conclut que beaucoup des accusations les plus graves manquent de fondement et proviennent souvent d'adversaires personnels[60]. La vérité historique demande de tenir les deux bouts : ni hagiographie aveugle, ni procès à charge.
Postérité
Au-delà des polémiques, l'influence de Josemaría Escrivá sur le catholicisme contemporain est considérable. Sa doctrine de l'appel universel à la sainteté a été reçue par le concile Vatican II et fait aujourd'hui partie du langage ordinaire de l'Église : l'idée que chacun, là où il est, peut devenir saint est désormais un acquis. Des universités, des écoles, des centres de formation professionnelle et des œuvres caritatives, sur les cinq continents, se réclament de son esprit de travail bien fait offert à Dieu.
Son message rejoint celui d'autres grandes figures spirituelles du XXᵉ siècle — la sainteté des « petites choses » de sainte Thérèse de Lisieux, la charité au cœur du monde de sainte Teresa de Calcutta — dans une même conviction : Dieu se trouve au milieu de la vie, non à côté d'elle.
« Tu dois te sanctifier dans ta vie, en sanctifiant ton travail et ton milieu : cette profession ou ce métier qui remplit ta journée [...], ce foyer, cette famille. Voilà ton lieu de sainteté. » — esprit de Josemaría Escrivá, d'après Aimer le monde passionnément[61]
Pour aller plus loin
- Saint Jean-Paul II — le pape qui l'a béatifié (1992) puis canonisé (2002), et qui a fait de l'appel universel à la sainteté un axe de son pontificat.
- Sainte Thérèse de Lisieux — la « petite voie » de la sainteté dans les petites choses, parente spirituelle de la sanctification du travail ordinaire.
- Sainte Teresa de Calcutta — la sainteté au service des plus pauvres, autre visage de la sainteté laïque et active du XXᵉ siècle.
Notes et références
Josemaría Escrivá, homélie Aimer le monde passionnément (Amar al mundo apasionadamente), prononcée sur le campus de l'université de Navarre le 8 octobre 1967, recueillie dans Conversations avec Mgr Escrivá de Balaguer (Conversaciones, n° 113-123) : « Vous devez maintenant comprendre — avec une clarté nouvelle — que Dieu vous appelle à le servir dans et à partir des tâches civiles, matérielles, séculières de la vie humaine » (n° 113) ; « Sachez-le bien : il y a quelque chose de saint, de divin, qui se cache dans les situations les plus ordinaires et c'est à chacun d'entre vous qu'il appartient de le découvrir » (n° 114) ; « Sur la ligne de l'horizon, mes enfants, le ciel et la terre semblent se rejoindre. Mais là où ils s'unissent, en réalité, c'est dans vos cœurs, lorsque vous vivez saintement la vie ordinaire » ; image de la « vocation chrétienne [qui] consiste à convertir en alexandrins la prose de chaque jour » (n° 116 ; esp. hacer endecasílabos de la prosa de cada día). Texte intégral (français) sur opusdei.org et escriva.org.
1 20 33 37 38 61Foule de la canonisation (6 octobre 2002) : quelque 300 000 personnes place Saint-Pierre et dans les rues adjacentes — estimation du gouvernement italien ; 42 cardinaux et 470 évêques présents. Sources : National Catholic Reporter, 18 octobre 2002 — « 300,000 pilgrims turn out » ; opusdei.org — Canonization of Josemaría Escrivá ; National Catholic Register — 2012 Holds Multiple Anniversaries for Opus Dei.
2 53Saint Jean-Paul II, discours aux pèlerins venus pour la canonisation, 7 octobre 2002 : « Saint Josemaría fut choisi par le Seigneur pour annoncer l'appel universel à la sainteté et pour indiquer que la vie de tous les jours, les activités ordinaires, sont un chemin de sanctification. On pourrait dire qu'il fut le saint de l'ordinaire. » Texte intégral (français) sur vatican.va.
3 55Naissance et famille : José María Mariano Escrivá Albás naît le 9 janvier 1902 à Barbastro (Huesca), deuxième des six enfants de José Escrivá et Dolores Albás. Source : Wikipedia — Josemaría Escrivá, § Early life.
4 6Notice « St. Josemaría Escrivá de Balaguer », Encyclopædia Britannica : prêtre espagnol né à Barbastro le 9 janvier 1902, fondateur de l'Opus Dei, canonisé le 6 octobre 2002. Source : britannica.com.
5Deuils et ruine : mort de trois jeunes sœurs, faillite de l'entreprise paternelle de tissus, installation de la famille à Logroño en 1915 où le père devient employé de commerce. Source : Wikipedia — Josemaría Escrivá, § Early life.
7 8Vocation (1917-1918) : empreintes de pieds nus d'un carme dans la neige à Logroño ; prière Domine, ut videam ! (« Seigneur, que je voie ! ») et Domine, ut sit ! (« Que s'accomplisse ce que tu veux et que je ne connais pas ») — paroles d'Escrivá lui-même : « Domine, ut videam! Ut sit! Ut sit! What is it that you want and that I don't know? ». Sources : Wikipedia — Josemaría Escrivá, § Early life ; opusdei.org — 28 mars 1925 : ordination sacerdotale ; González, « Los años de seminario y de ordenación de José María Escrivá (1918-1925) », Studia et Documenta 19 (2025).
9 10 11Séminaire et ordination : séminaires de Logroño puis Saint-François-de-Paule de Saragosse (nommé inspecteur), études de droit en parallèle, ordination sacerdotale à Saragosse le 28 mars 1925. Sources : Wikipedia — Josemaría Escrivá, § Early life ; opusdei.org — 28 mars 1925 : ordination.
12 13Perdiguera et Madrid : bref ministère rural à Perdiguera, installation à Madrid en 1927 (doctorat de droit civil à l'Université centrale, précepteur, aumônier de la fondation Sainte-Isabelle). Sources : Wikipedia — Josemaría Escrivá, § Early life ; es.wikipedia — Josemaría Escrivá, § Biografía.
14Fondation (1928-1930) : « vision » du 2 octobre 1928 (fête des Anges gardiens) pendant une retraite chez les Lazaristes de Madrid — Escrivá note en 1931 : « I received an illumination about the entire Work » ; cloches de Notre-Dame-des-Anges ; branche féminine le 14 février 1930 pendant la messe. Sources : opusdei.org — Divine Inspirations ; opusdei.org — The Founding of Opus Dei ; Wikipedia — Josemaría Escrivá, § Mission as the founder of Opus Dei ; stjosemaria.org — 14 février 1930 et 1943.
15 16 17 18 19Guerre d'Espagne : ministère clandestin à Madrid, asile dans une clinique psychiatrique (couvert d'un rhumatisme), six mois au consulat du Honduras, fuite en 1937, traversée des Pyrénées vers Andorre (expédition du 19 novembre au 2 décembre 1937, entrée en Andorre dans la nuit du 1er au 2 décembre), puis Burgos ; doctorat en droit achevé à Madrid en 1939. Sources : es.wikipedia — Josemaría Escrivá, § Guerra Civil ; Wikipedia — Josemaría Escrivá, § Mission as the founder of Opus Dei.
21 22 23 25La rose de Pallerols : dans l'église pillée de Pallerols de Rialb, dans la nuit du 21 au 22 novembre 1937, Escrivá trouve au sol une rose de bois doré tombée du retable et y voit un signe de la Providence ; récit consigné par écrit à Pampelune le 22 décembre 1937 (Vázquez de Prada, Le Fondateur de l'Opus Dei, t. II, p. 195-196). Sources : Association des Amis du chemin de Pallerols — Grateful memory of a Rose ; diocèse d'Urgell — Festa de la Rosa a Pallerols de Rialb.
24Camino : 999 points ; première version Consideraciones espirituales (Cuenca, 1934), édition définitive Camino (Valence, 1939), traduit en 43 langues et diffusé à des millions d'exemplaires. Sources : es.wikipedia — Josemaría Escrivá ; Wikipedia — Josemaría Escrivá ; texte de référence : escriva.org — El Camino.
26 27Josemaría Escrivá, Camino (Chemin), point 359 (chapitre « Étude / Travail ») : « Ajoute un motif surnaturel à ton travail professionnel ordinaire, et tu auras sanctifié ce travail. » Référence vérifiée sur l'édition en ligne d'El Camino / The Way (escriva.org).
28Josemaría Escrivá, Camino, n° 291 : appel à la sainteté adressé à tous les baptisés (« Tu as l'obligation de te sanctifier. Toi aussi. [...] À tous, sans exception, le Seigneur a dit : "Soyez parfaits comme mon Père céleste est parfait." » ; angl. « You have an obligation to sanctify yourself. You too. [...] Be perfect, as my heavenly Father is perfect »). Camino compte 999 points ; première version Consideraciones espirituales (Cuenca, 1934), édition définitive Camino (Valence, 1939). Sources : opusdei.org — Don't let your life be sterile (The Way, 291) ; texte de référence : escriva.org — El Camino.
29Saint Jean-Paul II, homélie de la canonisation de Josemaría Escrivá, place Saint-Pierre, dimanche 6 octobre 2002 : « Diffusez dans la société, sans distinction de race, de classe, de culture ou d'âge, la conscience que nous sommes tous appelés à la sainteté » ; « Le travail, et toute autre activité, menée à bien avec l'aide de la Grâce, se convertissent en instruments de sanctification quotidienne » ; reprise de Romains 8, 14 (« En effet, tous ceux qu'anime l'Esprit de Dieu sont fils de Dieu »). Texte intégral (français) sur vatican.va.
30 31 32 34 35 36 44 54Approbations : première approbation diocésaine de Mgr Eijo y Garay à Madrid (19 mars 1941) ; Société sacerdotale de la Sainte-Croix (14 février 1943), trois premières ordinations en 1944 ; installation à Rome en 1946 ; decretum laudis Primum Institutum de Pie XII (24 février 1947), approbation définitive (16 juin 1950) ; doctorat en théologie au Latran (1955). Sources : es.wikipedia — Josemaría Escrivá ; Wikipedia — Josemaría Escrivá, § Mission as the founder of Opus Dei (décret de Vénérable : « in 1947 and on Monday, 16 June 1950 ») ; opusdei.org — Personal Prelature.
39 40 41 42 43Mort et sépulture : arrêt cardiaque le 26 juin 1975 à Rome, à 73 ans ; l'Opus Dei compte alors quelque 60 000 membres dans 80 pays ; restes d'abord dans la crypte, puis depuis la béatification (1992) dans une urne placée dans l'autel de l'église prélatice Notre-Dame-de-la-Paix (Viale Bruno Buozzi, Rome). Sources : Wikipedia — Josemaría Escrivá, § Later years ; opusdei.org — Villa Tevere.
45 46Álvaro del Portillo (1914-1994), l'un des trois premiers prêtres de l'Opus Dei (1944) et premier successeur d'Escrivá à la tête de l'Œuvre (1975-1994) ; béatifié le 27 septembre 2014 à Madrid. Source : opusdei.org ; Vatican News.
47Jean-Paul II, constitution apostolique Ut sit du 28 novembre 1982, érigeant l'Opus Dei en prélature personnelle — la première structure de ce type créée dans l'Église après le concile Vatican II. Source : vatican.va.
48François, lettre apostolique en forme de motu proprio Ad charisma tuendum, 14 juillet 2022 : l'art. V d'Ut sit est remplacé — la prélature dépend du Dicastère pour le clergé (cf. Praedicate Evangelium, art. 117) ; l'art. VI est remplacé — le prélat soumet chaque année un rapport sur l'état de la prélature ; les statuts propres doivent être adaptés. Sources : vatican.va — Ad charisma tuendum (texte anglais) ; opusdei.org — Personal Prelature.
49Miracles reconnus : pour la béatification, guérison en 1976 de Sœur Concepción Boullón Rubio, atteinte de lipomatose ; miracle reconnu par décret du 6 juillet 1991. Pour la canonisation, guérison en novembre 1992 du docteur Manuel Nevado Rey, médecin espagnol atteint d'une radiodermite chronique cancéreuse des mains, jugée irréversible ; décret approuvé par Jean-Paul II le 20 décembre 2001. Sources : Wikipedia — Josemaría Escrivá ; Canonization of Josemaría Escrivá — Wikipedia ; chronologie de la cause sur vatican.va.
50 52Béatification de Josemaría Escrivá le 17 mai 1992, place Saint-Pierre, par le pape Jean-Paul II, en même temps que sainte Joséphine Bakhita, devant une foule estimée à environ 300 000 personnes. Source : Canonization of Josemaría Escrivá — Wikipedia.
51Rapidité du procès : béatification dix-sept ans après la mort (1992), canonisation vingt-sept ans après (2002) ; formule du journaliste Kenneth Woodward (Newsweek) sur « l'une des béatifications les plus controversées des temps modernes ». Source : Wikipedia — Josemaría Escrivá, § Criticism of the process ; Wikipedia — Canonization of Josemaría Escrivá.
56Réserves exprimées au sein de la Curie romaine sur la rapidité de la cause d'Escrivá (notamment par le futur cardinal Luigi De Magistris, qui plaida pour la suspension de la procédure de béatification en 1989) ; débat recoupé par la presse et synthétisé dans Canonization of Josemaría Escrivá — Wikipedia.
57Accusations de secret et d'emprise : secret, élitisme, pratiques de type sectaire, recrutement contesté, témoignages d'anciens membres. Source : Wikipedia — Josemaría Escrivá (introduction et § Controversies).
58Rapport au franquisme : refuge dans la zone nationaliste (Burgos, siège de Franco), ministres de l'Opus Dei à partir de 1957. Sources : Wikipedia — Josemaría Escrivá (§ Mission et § Alleged support for right-wing leaders) ; es.wikipedia — Josemaría Escrivá.
59John L. Allen Jr., Opus Dei: An Objective Look Behind the Myths and Reality of the Most Controversial Force in the Catholic Church, Doubleday, 2005 : enquête journalistique nuancée concluant que beaucoup des accusations les plus graves portées contre Escrivá et l'Opus Dei manquent de fondement et émanent souvent d'adversaires personnels.
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