Le Collège des Bernardins : le dialogue foi et culture à Paris

Ancien collège cistercien du XIIIe siècle rouvert en 2008, le Collège des Bernardins accueille débats, formation, recherche et arts à Paris, dans le lieu même du discours de Benoît XVI au monde de la culture.

Ignispedia

Le Collège des Bernardins est un ancien collège cistercien du XIIIe siècle, situé 20 rue de Poissy dans le 5e arrondissement de Paris, rouvert en septembre 2008 comme lieu de dialogue entre la foi chrétienne et la culture. Débats, formation, recherche, expositions et concerts s'y répondent dans l'une des plus belles architectures cisterciennes de Paris.[1][2]

Son histoire tient en deux vies. La première commence vers 1253, quand les moines cisterciens envoyés étudier la théologie à l'université de Paris s'installent au clos du Chardonnet, sous l'impulsion d'Étienne de Lexington, abbé de Clairvaux. La seconde commence en 2008, quand le diocèse de Paris, après avoir racheté le bâtiment en 2001 et mené une rénovation complète, rouvre les lieux pour en faire une adresse parisienne du dialogue entre la sagesse chrétienne et les courants culturels, intellectuels et artistiques de la société.[3][4]

C'est dans la grande nef restaurée que Benoît XVI prononce, le 12 septembre 2008, son discours au monde de la culture, l'un des textes majeurs de son pontificat sur les racines monastiques de la culture européenne. Ce discours donne au lieu rouvert sa charte intellectuelle : chercher Dieu, selon la formule latine quaerere Deum, engendre une culture de la parole, des livres et de la raison.[5]

Un collège cistercien au cœur de l'université de Paris

Pourquoi des moines étudiants à Paris ?

Au XIIIe siècle, Paris est la capitale intellectuelle de l'Europe chrétienne. Son université attire les étudiants de tout le continent pour l'étude de la théologie, et les nouveaux ordres religieux y installent des collèges pour former leurs jeunes religieux. Les dominicains et les franciscains s'y établissent les premiers. Les cisterciens, ordre monastique fondé à Cîteaux et illustré par saint Bernard de Clairvaux, décident à leur tour de donner à leurs moines étudiants une maison parisienne durable.[6]

Le chapitre général de l'ordre approuve le projet, et le pape Innocent IV encourage vivement les cisterciens, dans une bulle de 1245, à venir étudier la théologie à Paris pour transmettre ensuite leur enseignement à leurs confrères. Le collège parisien reçoit la prééminence sur les autres collèges de l'ordre : c'est là que doit se former l'élite intellectuelle cistercienne.[7]

Étienne de Lexington achète un terrain marécageux

L'organisateur de la fondation est Étienne de Lexington, abbé de Clairvaux issu d'une puissante famille anglaise. La première demeure des moines devient vite trop petite. Étienne achète alors, au clos du Chardonnet, des terrains réputés insalubres parce que régulièrement inondés par la Bièvre, la rivière qui traverse alors le sud de Paris avant de rejoindre la Seine.[8]

Le corps principal du collège est achevé vers 1253. Il comprend plusieurs bâtiments sur quatre niveaux, avec salles de cours, réfectoires et dortoirs. Pour empêcher le bâtiment de s'enfoncer dans ce sol marécageux, les cisterciens font reposer les fondations sur des pilotis de chêne. Le problème de stabilité ainsi posé au XIIIe siècle commandera, sept siècles et demi plus tard, l'un des chantiers de consolidation les plus délicats de la rénovation des années 2000.[9][10]

Alphonse de Poitiers, frère du roi Louis IX, devient le protecteur du collège et offre une rente pour entretenir vingt à trente étudiants religieux. En 1320, l'abbé et les religieux de Clairvaux cèdent l'établissement à l'ordre cistercien tout entier.[11]

Jacques Fournier, l'étudiant devenu le pape Benoît XII

La vitalité du collège se mesure à ses anciens élèves. Entre le XIIIe siècle et le XVe siècle, plusieurs milliers de jeunes moines cisterciens y étudient, venus du nord de la France, de Flandre, d'Allemagne, d'Europe centrale et de la péninsule Ibérique. Les registres de la faculté de théologie de Paris témoignent de ce rayonnement européen.[12]

Le plus illustre d'entre eux est Jacques Fournier, reçu docteur en théologie en 1314, devenu pape à Avignon de 1334 à 1342 sous le nom de Benoît XII. Ancien moine cistercien lui-même, il encourage à partir de 1338 la construction d'une sacristie et d'une église pour le collège. L'église restera inachevée, mais le chantier dit assez le lien entre le collège parisien et le sommet de l'Église de son temps.[13]

  1. 1245
    L'encouragement d'Innocent IV

    Le pape Innocent IV encourage les cisterciens à étudier la théologie à Paris. Le chapitre général de l'ordre donne au collège parisien la prééminence sur ses autres collèges.

  2. Vers 1253
    Le bâtiment principal est achevé

    Étienne de Lexington, abbé de Clairvaux, fait construire le collège au clos du Chardonnet, sur des pilotis de chêne enfoncés dans le sol marécageux de la Bièvre.

  3. 1338
    Le chantier de Benoît XII

    Le pape Benoît XII, ancien étudiant du collège devenu docteur en théologie en 1314, encourage la construction d'une sacristie et d'une église, qui restera inachevée.

  4. 1790
    Confiscation révolutionnaire

    Le collège est confisqué comme bien national et les derniers moines en sont chassés. Il devient prison, puis connaît des usages profanes pendant deux siècles.

  5. 2001
    Le rachat par le diocèse de Paris

    Le diocèse de Paris rachète le bâtiment, avec l'approbation unanime du Conseil de Paris, pour en faire un centre spirituel et culturel catholique.

  6. 2008
    Réouverture et discours de Benoît XVI

    Après quatre ans de travaux, le collège rouvre en septembre 2008. Le 12 septembre, Benoît XVI y prononce son discours au monde de la culture.

Comment étudiait-on aux Bernardins ?

La théologie enseignée du matin au soir

Dans le collège médiéval, on enseigne chaque jour la théologie, de six heures du matin à neuf heures du soir, et les élèves doivent argumenter en latin. La journée du moine étudiant partage son temps entre l'office, la lecture de l'Écriture et des Pères, les cours de la faculté et les disputes réglées qui forment l'ossature de la scolastique parisienne.[14]

Cette intensité dit le projet : il ne s'agit pas seulement d'héberger des moines à Paris, mais de former des théologiens capables d'enseigner à leur tour dans leurs abbayes. Le collège précède de quelques années le collège de Sorbonne, fondé en 1257 par Robert de Sorbon, et il participe du même mouvement qui fait de Paris la capitale européenne de la théologie.[15]

Le quartier général de l'Étroite Observance

Au XVIIe siècle, le collège prend une importance nouvelle : il devient le quartier général de l'Étroite Observance, le courant de réforme cistercienne encouragé par le cardinal de La Rochefoucauld et confirmé par Richelieu, devenu abbé de Cîteaux en 1635. La réforme portée notamment par Armand de Rancé, abbé de la Trappe, trouve aux Bernardins son adresse parisienne.[16]

Le lieu n'est donc pas seulement un dortoir d'étudiants : pendant plusieurs siècles, il est l'un des points où se décide l'avenir de l'ordre cistercien en France.

De la confiscation de 1790 aux casernes : deux siècles d'usages profanes

La prison des Bernardins et les massacres de septembre 1792

En 1790, le collège est confisqué par les révolutionnaires et devient bien national, tandis que les quelques moines qui restaient en sont chassés. Il devient pour un temps la prison des Bernardins et reçoit, dans les locaux entourant le cloître, les galériens transférés du château de la Tournelle voisin, voué à la démolition.[17]

La plupart de ces prisonniers, soixante-dix sur soixante-treize, sont tués au cours des massacres de septembre, les 2, 3 et 4 septembre 1792. Le collège d'études devient ainsi l'un des lieux parisiens de la violence révolutionnaire, à quelques rues des prisons de la Force et des Carmes où périssent, aux mêmes dates, des prêtres et des religieux.[18]

Une église démolie, un réfectoire devenu caserne

Le site est acquis par la ville de Paris. Il représente alors une superficie de deux hectares s'étendant jusqu'à la Seine. L'église, abandonnée, devient carrière de pierres. Elle est démolie peu après sa vente le 22 juin 1797, et ses derniers vestiges disparaissent lors du percement du boulevard Saint-Germain en 1886.[19]

Le bâtiment des moines survit, mais au prix d'usages qui le transforment : installation d'une caserne de pompiers rue de Poissy, internat de la police nationale accueillant de nombreux policiers auxiliaires dans le cadre du service national. Durant la semaine sanglante de mai 1871, le réfectoire des Bernardins, transformé en caserne, sert de refuge à de nombreux Parisiens, femmes et enfants couchés pêle-mêle dans la salle des moines, selon le récit du communard Jean Allemane.[20]

« Il est exactement dix heures du soir lorsque nous pénétrons dans le réfectoire des moines bernardins, transformé en caserne. Des centaines de femmes et d'enfants sont là, couchés pêle-mêle. On n'entend que pleurs et cris déchirants. » Récit de Jean Allemane sur la nuit passée aux Bernardins pendant la semaine sanglante de mai 1871.[21]

Le projet Lustiger : racheter et rouvrir un lieu pour la culture

Avril 2001, le diocèse de Paris rachète le collège

En avril 2001, le Collège des Bernardins est racheté par le diocèse de Paris. La reprise des Bernardins par le diocèse est approuvée à l'unanimité par le Conseil de Paris. Le bâtiment, jugé d'intérêt national, menace de s'effondrer si une opération d'envergure n'est pas menée, et son ouverture au public exige des aménagements importants qui n'entrent pas dans les attributions ordinaires des Monuments historiques.[22]

L'archevêque de Paris, Jean-Marie Lustiger, favorise la création d'un centre spirituel et culturel catholique. Une convention est signée entre la Ville, l'État, la région Île-de-France et l'Association diocésaine de Paris, avec le concours des services du ministère de la Culture, pour financer les travaux sur les 4 500 mètres carrés de la future École cathédrale : salles de classe, auditorium sous le toit pour concerts, colloques, conférences et expositions.[23]

Le projet a une intention précise, que Benoît XVI saluera en 2008 en citant le cardinal Lustiger : faire du lieu restauré un centre de dialogue de la sagesse chrétienne avec les courants culturels, intellectuels et artistiques de la société. Il ne s'agit ni d'un musée du passé cistercien, ni d'un simple équipement diocésain, mais d'une adresse parisienne où la foi chrétienne accepte la conversation publique avec la culture contemporaine.[24]

Une rénovation de plus de 50 millions d'euros

La rénovation débute en 2004 et s'achève en août 2008. Elle est menée par Hervé Baptiste, architecte en chef des monuments historiques, pour la partie ancienne, et par Jean-Michel Wilmotte pour les espaces contemporains. L'ensemble des travaux coûte un peu plus de 50 millions d'euros.[25]

Le chantier doit d'abord sauver le bâtiment. Les occupants successifs ont fragilisé les étages supérieurs en modifiant les ouvertures au gré des réaménagements. La rénovation place 322 micropieux d'acier, de 15 à 25 mètres de profondeur, sous tous les murs extérieurs et sous chacun des piliers. Ces micropieux reçoivent un cerclage métallique, et des vérins identiques à ceux du tablier du viaduc de Millau stabilisent les voûtes.[26]

La restitution du toit se fait dans ses dimensions médiévales, par une charpente métallique alvéolaire couverte de 110 000 tuiles plates artisanales, spécialement confectionnées pour le collège en six nuances différentes. Le cellier, dont on dit qu'il est le plus grand de Paris avec ses trois nefs, est déblayé et reçoit un sol de béton ciré qui évoque la terre battue d'origine. Les terrassements dégagent un ancien canal de dérivation de la Bièvre et une pierre tombale datée de 1306, celle d'un moine cistercien prénommé Günther, originaire de Thuringe : la présence de ce moine allemand dans le sol du collège atteste, dès l'origine, le rayonnement européen de la maison. L'ensemble est chauffé et rafraîchi par géothermie.[27]

Le 12 septembre 2008, Benoît XVI donne au lieu sa charte

Un discours au monde de la culture, dans la nef des moines

Le bâtiment rénové est inauguré début septembre 2008 par l'archevêque de Paris, André Vingt-Trois. Le vendredi 12 septembre 2008, au premier jour de son voyage apostolique en France pour le 150e anniversaire des apparitions de Lourdes, le pape Benoît XVI prononce aux Bernardins un discours devant 700 personnalités de la culture.[28]

Le pape remercie le cardinal Vingt-Trois et salue le lieu lui-même : un lieu édifié par les fils de saint Bernard de Clairvaux, que le cardinal Jean-Marie Lustiger a voulu comme centre de dialogue de la sagesse chrétienne avec les courants culturels, intellectuels et artistiques de la société. Le choix du lieu n'est pas décoratif : Benoît XVI parle de la naissance monastique de la culture européenne dans un bâtiment construit par des moines étudiants.[29]

« Nous nous trouvons dans un lieu historique, lieu édifié par les fils de saint Bernard de Clairvaux et que votre grand prédécesseur, le regretté cardinal Jean-Marie Lustiger, a voulu comme un centre de dialogue de la Sagesse chrétienne avec les courants culturels, intellectuels et artistiques de votre société. » Ouverture du discours de Benoît XVI au Collège des Bernardins, le 12 septembre 2008.[30]

Quaerere Deum : chercher Dieu engendre une culture

Le cœur du discours tient en une formule latine : quaerere Deum, chercher Dieu. Au milieu de la confusion de leur temps, dit Benoît XVI, les moines désiraient la chose la plus importante : trouver ce qui a de la valeur et demeure toujours, trouver la Vie elle-même. Derrière le provisoire, ils cherchaient le définitif.[31]

« Au milieu de la confusion de ces temps où rien ne semblait résister, les moines désiraient la chose la plus importante : s'appliquer à trouver ce qui a de la valeur et demeure toujours, trouver la Vie elle-même. Ils étaient à la recherche de Dieu. » Benoît XVI, discours au monde de la culture, Collège des Bernardins, 12 septembre 2008.[32]

De cette recherche naît, selon le pape, une culture de la parole. Dieu a placé sa Parole dans les livres des Saintes Écritures : pour la comprendre, il faut apprendre à pénétrer le secret de la langue, dans sa structure et dans ses usages. La bibliothèque et l'école deviennent ainsi des parties intégrantes du monastère, et les sciences profanes elles-mêmes trouvent leur place, parce qu'elles indiquent les chemins vers la langue. Benoît XVI cite à ce propos le dom Jean Leclercq et son livre L'amour des lettres et le désir de Dieu : dans le monachisme occidental, eschatologie et grammaire sont indissociables.[33]

La conclusion du discours donne au Collège rouvert son programme durable : la recherche de Dieu et la disponibilité à l'écouter demeurent le fondement de toute culture véritable. Le lieu qui a formé des milliers de moines théologiens redevient, sept siècles plus tard, un lieu où cette recherche se poursuit publiquement, devant des interlocuteurs qui ne partagent pas nécessairement la foi de l'Église.[34]

Que trouve-t-on aujourd'hui aux Bernardins ?

Débats, formation, recherche et arts dans le même lieu

La présentation officielle du Collège le décrit comme un lieu de dialogue ouvert sur le monde, joyau de l'architecture cistercienne au cœur de Paris, ouvert à tous. Formations, débats, séminaires de recherche et représentations artistiques s'y répondent pour promouvoir un dialogue authentique, culturel et intellectuel, entre la société et la sagesse chrétienne.[35]

Le tableau ci-dessous donne la carte lisible des activités actuelles, telles que le Collège les présente au public.

Pôle actuelCe qui s'y passePour qui
Conférences et débatsTables rondes, rencontres et débats sur les questions de société, de culture et de foiTout public, sur inscription selon les événements
FormationCours en présentiel et en ligne, théologie, philosophie, histoire, art et étude des Écritures, dont le Campus des Bernardins en ligneÉtudiants, auditeurs libres, catéchistes et tout chercheur
Pôle de rechercheSéminaires réunissant scientifiques, universitaires et théologiens sur la question de l'homme et de son avenirChercheurs et universitaires associés aux séminaires
Expositions et concertsProgrammation artistique dans les espaces restaurés, expositions temporaires et concertsTout public
Visites et location d'espacesVisites du bâtiment médiéval restauré et location d'une vingtaine d'espaces modulables pour des événementsVisiteurs, entreprises et institutions

Depuis 2009, le Collège abrite aussi le siège de l'Académie catholique de France, corps d'universitaires et d'intellectuels catholiques fondé pour faire dialoguer la foi et la recherche. Cette présence prolonge, sous une forme contemporaine, la vocation studieuse du lieu.[36]

L'École cathédrale et la formation des laïcs

La formation dispensée aux Bernardins s'inscrit dans la tradition de l'École cathédrale de Paris, l'organisme de formation du diocèse. Les cours portent sur l'Écriture sainte, la théologie, la philosophie, l'histoire de l'Église et les arts, en présentiel dans les salles restaurées et en ligne par le Campus des Bernardins, qui prolonge les cours au-delà de Paris.[37]

Pour le lecteur d'Ignispedia, c'est le point concret qui relie ce lieu à beaucoup d'articles voisins : quand une note cite un cours des Bernardins, un séminaire de son pôle de recherche ou une conférence de son agenda, elle renvoie à cette adresse de la rue de Poissy, où la formation théologique francophone dispose d'un lieu public, ouvert et visible.

Ce que le Collège des Bernardins n'est pas

Ni un monastère, ni un musée

Aucun moine cistercien n'habite aujourd'hui rue de Poissy. Le Collège rouvert n'est pas une abbaye refondée, et il ne faut pas le confondre avec les abbayes cisterciennes vivantes de France. C'est un équipement culturel et intellectuel du diocèse de Paris, installé dans un bâtiment monastique médiéval restauré.[38]

Il n'est pas non plus un musée : on n'y conserve pas seulement des pierres. Les salles de cours, l'auditorium, le cellier et la grande nef servent chaque semaine à des cours, des débats, des séminaires et des concerts. La restauration de 2008 a précisément consisté à rendre le bâtiment médiéval à un usage contemporain exigeant, accueil du public compris, plutôt qu'à le figer.[39]

Ni l'Institut catholique, ni Saint-Serge

Le Collège des Bernardins ne délivre pas les grades canoniques universitaires de théologie : cette fonction appartient, à Paris, à des institutions comme l'Institut catholique de Paris et sa faculté de théologie. Les Bernardins forment, débattent et cherchent, mais dans le registre d'un collège culturel ouvert à tous, non dans celui d'une faculté pontificale.[40]

Le distinguer de l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, fondé à Paris en 1925 et situé rue de Crimée, vaut pour la même raison d'exactitude : Saint-Serge est une école de théologie orthodoxe autonome. Les Bernardins relèvent du diocèse catholique de Paris. Les deux adresses appartiennent au même Paris théologique, sans se confondre.

Pour aller plus loin

Le site officiel du Collège, collegedesbernardins.fr, donne l'agenda des débats, le catalogue des formations, la présentation du pôle de recherche et les informations de visite. Le texte intégral du discours de Benoît XVI du 12 septembre 2008 est disponible sur le site du Saint-Siège, vatican.va. Dans Ignispedia, lire aussi l'Institut catholique de Paris pour l'autre grande adresse théologique parisienne, et les articles sur saint Bernard de Clairvaux et sur Benoît XVI pour les deux figures qui encadrent l'histoire du lieu.

Notes et références

  1. Collège des Bernardins, présentation officielle, collegedesbernardins.fr : lieu de dialogue ouvert sur le monde, joyau de l'architecture cistercienne au cœur de Paris, formations, débats, séminaires de recherche et représentations artistiques au service d'un dialogue entre la société et la sagesse chrétienne. Rubriques publiques : conférences et débats, expositions et concerts, formation en présentiel et en ligne, pôle de recherche, location d'espaces et visites.

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  2. Inauguration du Collège des Bernardins rénové au début du mois de septembre 2008 par l'archevêque de Paris André Vingt-Trois, puis discours de Benoît XVI le vendredi 12 septembre 2008 devant 700 personnalités de la culture, au premier jour de son voyage apostolique en France des 12 au 15 septembre 2008 pour le 150e anniversaire des apparitions de Lourdes.

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  3. Fondation du Collège des Bernardins : décision de l'abbé de Clairvaux avec l'accord du chapitre général des cisterciens, installation au clos du Chardonnet, première demeure devenue trop petite, achat par Étienne de Lexington de terrains inondés par la Bièvre, corps principal achevé vers 1253 sur quatre niveaux avec salles de cours, réfectoires et dortoirs, fondations sur pilotis de chêne.

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  4. Rachat du Collège des Bernardins par le diocèse de Paris en avril 2001, reprise approuvée à l'unanimité par le Conseil de Paris, bâtiment d'intérêt national menaçant de s'effondrer sans opération d'envergure.

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  5. Benoît XVI, discours au monde de la culture, Collège des Bernardins, Paris, vendredi 12 septembre 2008, texte intégral sur vatican.va : remerciements au cardinal Vingt-Trois, salut au lieu édifié par les fils de saint Bernard de Clairvaux et voulu par le cardinal Jean-Marie Lustiger comme centre de dialogue de la Sagesse chrétienne avec les courants culturels, intellectuels et artistiques de la société.

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  6. Bulle du pape Innocent IV de 1245 encourageant vivement les cisterciens à faire leurs études de théologie à Paris pour transmettre ensuite leur enseignement à leurs confrères. Le chapitre général confirme la prééminence du Collège des Bernardins sur tous les autres collèges de l'ordre.

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  7. Consolidation du Collège des Bernardins pendant la rénovation : 322 micropieux d'acier de 15 à 25 mètres de profondeur sous tous les murs extérieurs et sous chacun des piliers, cerclage métallique des micropieux et stabilisation des voûtes par des vérins identiques à ceux du tablier du viaduc de Millau.

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  8. Alphonse de Poitiers, frère de Louis IX, protecteur du Collège des Bernardins, offre une rente pour entretenir vingt à trente étudiants religieux. En 1320, l'abbé et les religieux de Clairvaux cèdent l'établissement à l'ordre cistercien.

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  9. Études au Collège des Bernardins : plusieurs milliers de jeunes moines cisterciens formés entre le XIIIe siècle et le XVe siècle, venus du nord de la France, de Flandre, d'Allemagne, d'Europe centrale et de la péninsule Ibérique, selon les registres de la faculté de théologie de Paris. Le collège précède de quelques années le collège de Sorbonne fondé en 1257 par Robert de Sorbon.

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  10. Jacques Fournier, ancien étudiant du Collège des Bernardins reçu docteur en théologie en 1314, pape à Avignon de 1334 à 1342 sous le nom de Benoît XII, encourage à partir de 1338 la construction d'une sacristie et d'une église pour le collège, restée inachevée.

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  11. Enseignement quotidien de la théologie au Collège des Bernardins, de six heures du matin à neuf heures du soir, avec argumentation en latin par les élèves.

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  12. Le Collège des Bernardins devient au XVIIe siècle le quartier général de l'Étroite Observance cistercienne, réforme encouragée par le cardinal de La Rochefoucauld et confirmée par Richelieu, devenu abbé de Cîteaux en 1635, dans le sillage d'Armand Jean Le Bouthillier de Rancé.

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  13. Confiscation du Collège des Bernardins en 1790 comme bien national, expulsion des derniers moines, transformation en prison des Bernardins recevant les galériens transférés du château de la Tournelle voisin voué à la démolition.

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  14. Massacres de septembre des 2, 3 et 4 septembre 1792 : la plupart des prisonniers des Bernardins, soixante-dix sur soixante-treize, sont tués.

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  15. Acquisition du site par la ville de Paris, deux hectares s'étendant jusqu'à la Seine, église abandonnée devenue carrière de pierres, démolie peu après sa vente le 22 juin 1797, derniers vestiges détruits lors du percement du boulevard Saint-Germain en 1886.

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  16. Jean Allemane, Mémoires d'un communard : nuit de la semaine sanglante de mai 1871 passée dans le réfectoire des moines bernardins transformé en caserne de pompiers rue de Poissy, servant de refuge à des centaines de femmes et d'enfants parisiens.

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  17. Convention signée entre la Ville de Paris, l'État, la région Île-de-France et l'Association diocésaine de Paris, avec le concours des services du ministère de la Culture, pour financer les travaux sur les 4 500 mètres carrés de la future École cathédrale : salles de classe, auditorium sous le toit, concerts, colloques, conférences et expositions.

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  18. Rénovation du Collège des Bernardins de 2004 à août 2008, menée par Hervé Baptiste, architecte en chef des monuments historiques, pour la partie ancienne, et Jean-Michel Wilmotte pour les espaces contemporains. Coût total un peu supérieur à 50 millions d'euros.

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  19. Rénovation du Collège des Bernardins : restitution du toit dans ses dimensions médiévales par charpente métallique alvéolaire et 110 000 tuiles plates artisanales en six nuances, cellier aux trois nefs déblayé avec sol de béton ciré, découverte d'un canal de dérivation de la Bièvre et d'une pierre tombale de 1306 d'un moine cistercien prénommé Günther originaire de Thuringe, chauffage et rafraîchissement par géothermie.

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  20. Benoît XVI, discours au monde de la culture, Collège des Bernardins, 12 septembre 2008, texte intégral sur vatican.va : le quaerere Deum des moines, la recherche du définitif derrière le provisoire, la culture de la parole née de la lecture des Saintes Écritures, la bibliothèque et l'école comme parties intégrantes du monastère, citation de dom Jean Leclercq, L'amour des lettres et le désir de Dieu, et conclusion sur la recherche de Dieu comme fondement de toute culture véritable.

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  21. Le Collège des Bernardins abrite depuis 2009 le siège de l'Académie catholique de France.

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