Sainte Marie Mère de Dieu (1er janvier)

Solennité qui clôt l'octave de Noël, restaurée dans son titre marial par Paul VI en 1969 après des siècles où le 1er janvier fut surtout fêté comme la Circoncision du Seigneur. Institution, histoire liturgique et lien avec la Journée mondiale de la Paix instaurée en 1968.

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Sainte Marie, Mère de Dieu, célébrée le 1ᵉʳ janvier, est la solennité qui clôt l'octave de Noël, huit jours après la naissance du Christ à Bethléem. Elle proclame, dans l'ordre de la liturgie et non de la seule doctrine, la vérité que Marie a mise au monde non un simple homme mais le Fils éternel de Dieu fait chair[1] — un titre, celui de Theotokos ou Mère de Dieu, dont le contenu dogmatique précis, l'histoire scripturaire et patristique, et la définition au concile d'Éphèse en 431 sont développés pour eux-mêmes dans l'article Marie Mère de Dieu (431). Cet article-ci se concentre sur un objet différent : comment cette vérité est devenue une fête du calendrier romain, pourquoi elle a longtemps cédé la place, en Occident, à une fête de la Circoncision du Seigneur, comment un doublet du 11 octobre a existé pendant près de quarante ans au XXᵉ siècle, et pourquoi la réforme liturgique de 1969 a restauré, au 1ᵉʳ janvier, le très ancien visage marial de cette journée.

Fête d'obligation dans l'Église latine[2], solennité du plus haut rang avec Pâques et Noël[3], le 1ᵉʳ janvier porte depuis 1968 une seconde signification, instituée par le pape Paul VI et reconduite chaque année par ses successeurs : celle de Journée mondiale de la Paix[4]. Entre la louange liturgique de la maternité divine de Marie et l'appel universel à la paix des hommes, un même geste inaugure l'année civile : reconnaître, au premier jour du calendrier, que le salut du monde est venu par une femme qui a dit oui.

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L'histoire de cette journée n'est pas linéaire. Pendant des siècles, l'Occident latin a préféré mettre en avant, au 1ᵉʳ janvier, la circoncision de l'Enfant Jésus relatée par saint Luc plutôt que la maternité de sa Mère — un déplacement d'accent que la réforme liturgique de 1969 a précisément corrigé en revenant à ce que Rome célébrait, semble-t-il, dès les premiers siècles du culte marial organisé[5]. Ce mouvement d'aller-retour, documenté par les sacramentaires anciens, les conciles gaulois et les décisions pontificales du XXᵉ siècle, constitue la matière propre de cet article.

Une solennité au sommet de l'octave de Noël

Nom et rang liturgique

Le titre officiel de la fête dans le Missel romain actuel est In octava Nativitatis Domini, sollemnitas sanctae Dei Genetricis Mariae — « à l'octave de la Nativité du Seigneur, solennité de sainte Marie, Mère de Dieu »[6]. Comme Noël et Pâques, elle occupe dans la hiérarchie des célébrations catholiques le rang le plus élevé, celui de solennité[7], ce qui détermine une liturgie propre complète : collecte, préface, Gloria et Credo chantés, et primauté sur tout autre événement du calendrier qui tomberait le même jour.

Place dans l'octave de Noël

Le 1ᵉʳ janvier est le huitième et dernier jour de l'octave de Noël, ce prolongement liturgique de huit jours par lequel l'Église célèbre la Nativité du Seigneur comme un unique et long jour de fête[8]. La place de Noël dans l'année liturgique, sa liturgie propre des trois messes et la tradition de la crèche sont développées pour elles-mêmes dans l'article Noël (25 décembre) ; cet article-ci ne reprend que ce qui éclaire directement le 1ᵉʳ janvier. Cette octave s'inscrit elle-même dans le temps de Noël, qui se prolonge au-delà du 1er janvier jusqu'à la fête du Baptême du Seigneur, en passant par l'Épiphanie le 6 janvier[9].

Une fête d'obligation

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Le canon 1246 § 1 du Code de droit canonique de 1983 nomme explicitement la solennité de Marie Mère de Dieu parmi les jours de précepte de l'Église universelle, aux côtés du dimanche, de Noël, de l'Épiphanie, de l'Ascension et du Corps et du Sang du Christ :

« Le dimanche [...] doit être observé dans l'Église tout entière comme le principal jour de fête de précepte. Et de même doivent être observés les jours de la Nativité de Notre Seigneur Jésus Christ, de l'Épiphanie, de l'Ascension et du très Saint Corps et Sang du Christ, le jour de Sainte Marie Mère de Dieu, de son Immaculée Conception et de son Assomption, de saint Joseph, des saints Apôtres Pierre et Paul et enfin de tous les Saints. » — Code de droit canonique (1983), canon 1246 § 1[10]

Le canon distingue donc soigneusement trois fêtes mariales de précepte — la Mère de Dieu (1ᵉʳ janvier), l'Immaculée Conception (8 décembre) et l'Assomption (15 août) — sans les confondre. Le paragraphe suivant du même canon laisse aux conférences épiscopales, avec l'accord du Saint-Siège, la faculté de supprimer certains jours de précepte ou de les transférer au dimanche le plus proche[11] ; en France, la Conférence des évêques a maintenu le statu quo en vigueur depuis 1802 : seules quatre solennités — Noël, l'Ascension, l'Assomption et la Toussaint — y restent des fêtes de précepte, si bien que le 1ᵉʳ janvier, tout en demeurant de précepte en droit universel, ne l'est pas en droit particulier français[12].

Les origines antiques de la fête du 1ᵉʳ janvier à Rome

Le témoignage du sacramentaire gélasien

Le plus ancien livre liturgique romain qui documente une célébration au 1ᵉʳ janvier, le sacramentaire gélasien (VIIIᵉ siècle, mais reflétant un usage antérieur), ne parle pas encore de « Circoncision » : il intitule le jour In Octabas Domini, « à l'octave du Seigneur »[13]. Sa collecte propre demande que le fidèle soit fortifié par la divinité éternelle de Celui par le mystère de qui, dans la chair, il a été restauré :

« Ô Dieu, qui nous accordez de célébrer le huitième jour de la naissance du Sauveur, fortifie-nous par la divinité éternelle de Celui par le commerce duquel dans la chair nous avons été restaurés. » — Sacramentaire gélasien (VIIIᵉ s.), collecte du 1ᵉʳ janvier[14]

Sainte-Marie-du-Transtévère, Rome, station du 1er janvier depuis le IXe siècle. Jensens / Wikimedia Commons, domaine public.

La préface gélasienne de ce jour évoque explicitement « la circoncision et l'incirconcision » comme figures des peuples juif et païen réunis dans le salut du Christ, et les lectionnaires les plus anciens associent à cette date le récit de Luc 2, 21-32, qui réunit en un seul passage la circoncision de l'Enfant (verset 21) et sa présentation au Temple (versets 22-32)[15]. C'est cette lecture composite, plus que la circoncision seule, qui explique pourquoi le titre romain ancien reste neutre : « octave du Seigneur », et non « fête de la Circoncision ».

La messe stationnale mariale de Sainte-Marie-du-Transtévère

Le liturgiste bénédictin Ildefonso Schuster, cardinal-archevêque de Milan et grand connaisseur du sanctoral romain ancien, montre que le caractère marial du 1ᵉʳ janvier tient au lieu même de la station liturgique romaine : la messe du jour étant célébrée dans une basilique mariale, une commémoration spéciale de la maternité virginale de Marie y fut insérée, avant même que le titre de Circoncision, d'origine gauloise, ne s'ajoute à celui d'octave du Seigneur[16]. Une messe en l'honneur de Marie y était parfois dite ce jour-là, sans pour autant que le titre officiel du jour dans les livres liturgiques change avant les réformes du XXᵉ siècle[17]. La station primitive de cette journée reste inconnue : le lectionnaire de Wurtzbourg indique Sainte-Marie-aux-Martyrs, au Panthéon, et ce n'est qu'après que le pape Grégoire IV (827-844) y eut fait installer une crèche que la station fut transférée à Sainte-Marie-du-Transtévère (S. Maria trans Tiberim)[18]. C'est cette strate mariale ancienne, antérieure à l'importation du thème de la Circoncision, qui autorise les historiens de la liturgie à parler de « restauration » plutôt que d'invention lorsque Paul VI fait du 1ᵉʳ janvier, en 1969, une solennité explicitement mariale[19].

Le combat contre les Calendes païennes

Le 1ᵉʳ janvier héritait, dans le monde romain, du souvenir des Calendes de janvier, fête civile du Nouvel An marquée par des réjouissances profanes — banquets, échanges de cadeaux, déguisements — que les évêques des Ve-VIe siècles jugeaient incompatibles avec l'esprit chrétien[20]. Loin de simplement christianiser cette fête, l'Église latine a d'abord cherché à en corriger les excès par le jeûne et la pénitence, avant que ne s'impose, en Gaule, une célébration liturgique alternative centrée sur la circoncision de Jésus.

Le tournant gaulois : la fête de la Circoncision du Seigneur

Le concile de Tours (567)

C'est en Gaule, et non à Rome, que naît la fête explicitement centrée sur la circoncision de l'Enfant Jésus. Le deuxième concile provincial de Tours, réuni en 567, prescrit une messe propre de la Circoncision pour le 1ᵉʳ janvier, afin de contrer les résurgences des Calendes païennes[21]. Le même canon (XVIII, XVII dans l'ancienne numérotation), consacré aux jeûnes monastiques, organise le jeûne de tout le mois de décembre jusqu'au 25 et prescrit, aux calendes de janvier, des litanies pénitentielles « pour fouler aux pieds la coutume des païens »[22]. C'est le témoignage ecclésiastique le plus ancien et le plus explicite d'une fête de la Circoncision comme telle, antérieur de près d'un siècle à toute mention comparable à Rome.

Diffusion en Espagne et en Gaule franque

Saint Isidore de Séville, dans sa Regula Monachorum (chapitre X, « Des fêtes »), mentionne déjà le « temps saint » qui va « du jour de la Nativité du Seigneur au jour de sa Circoncision », preuve que l'usage espagnol de désigner ainsi le 1ᵉʳ janvier est antérieur à sa mort en 636[23]. Le Lectionnaire de Victor de Capoue, compilé dans les années 540, est identifié par les historiens de la liturgie comme la plus ancienne attestation écrite du titre même de « fête de la Circoncision »[24]. De la Gaule et de l'Espagne, cet usage gagne ensuite l'empire franc, avant d'atteindre Rome elle-même au cours du Moyen Âge, la Ville éternelle étant traditionnellement plus conservatrice dans l'adoption de titres liturgiques venus d'ailleurs[25].

Mosaïques de l’arc triomphal de Sainte-Marie-Majeure. MM / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
  1. années 540
    Lectionnaire de Victor de Capoue
    première mention écrite du titre

    Plus ancienne attestation connue du titre même de « fête de la Circoncision » pour le 1ᵉʳ janvier.

  2. 567
    Concile de Tours
    institution gauloise de la fête

    Le deuxième concile de Tours prescrit une messe propre de la Circoncision et des litanies pénitentielles contre les Calendes.

  3. avant 636
    Saint Isidore de Séville
    Regula Monachorum

    Mentionne déjà « le temps saint » qui va de la Nativité à la Circoncision du Seigneur, preuve d'un usage espagnol ancien.

  4. VIIe-VIIIe siècle
    Sacramentaire gélasien à Rome
    titre neutre « In Octabas Domini »

    Rome ne parle pas encore de Circoncision : le 1ᵉʳ janvier y est « l'octave du Seigneur », avec une station mariale (Panthéon, puis Transtévère).

  5. Moyen Âge
    Diffusion tardive à Rome
    titre double

    La titulature « In Circumcisione Domini et Octava Nativitatis » finit par s'imposer à Rome, mêlant Circoncision et souvenir marial.

  6. 25 décembre 1931
    Encyclique Lux Veritatis de Pie XI
    fête de la Maternité divine au 11 octobre

    Pour le 1500ᵉ anniversaire du concile d'Éphèse, Pie XI institue une seconde fête mariale distincte, doublant temporairement la maternité divine de Marie.

  7. 1960
    Code des rubriques de Jean XXIII
    simplification

    Le titre du 1ᵉʳ janvier redevient sobrement « Octave de la Nativité », sans mention explicite de la Circoncision.

  8. 14 février 1969
    Mysterii Paschalis de Paul VI
    nouveau calendrier romain

    Le motu proprio approuve le nouveau calendrier général romain et ses normes universelles, restaurant le 1ᵉʳ janvier comme solennité mariale.

  9. 1er janvier 1970
    Entrée en vigueur
    Sollemnitas sanctae Dei Genetricis Mariae

    Le nouveau calendrier prend effet : le 1ᵉʳ janvier devient officiellement la solennité de sainte Marie, Mère de Dieu.

Le titre médiéval romain : un double visage

Lorsque Rome adopte enfin, au cours du Moyen Âge, une désignation explicite pour le 1ᵉʳ janvier, elle ne choisit pas d'effacer purement et simplement le souvenir marial ancien : le Missel romain médiéval, et jusqu'à la réforme de 1969, porte le titre composite In Circumcisione Domini et Octava Nativitatis — « à la Circoncision du Seigneur et octave de la Nativité »[26]. Les offices de ce jour, dans le bréviaire tridentin, continuent de faire une place non négligeable à la Vierge Marie, sans toutefois lui consacrer le titre principal de la fête. C'est cet équilibre déplacé vers la Circoncision, jugé insuffisamment fidèle au plus ancien usage romain, que la réforme liturgique du XXᵉ siècle va progressivement rectifier.

La fête de la Maternité divine du 11 octobre : un doublet éphémère (1931-1969)

Pie XI et le 1500ᵉ anniversaire du concile d'Éphèse

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En 1931, pour commémorer le quinzième centenaire du concile d'Éphèse (431) — le concile qui avait défini contre Nestorius que Marie peut légitimement être appelée Theotokos[27] —, le pape Pie XI publie l'encyclique Lux Veritatis, datée du 25 décembre 1931[28]. Il y ordonne la publication d'un Office et d'une Messe propres de la Maternité divine de Marie, à célébrer par l'Église universelle — la date du 11 octobre étant fixée par le décret d'application du 6 janvier 1932[29] :

« Nous avons ordonné à notre Congrégation suprême présidant aux Rites sacrés de publier un Office et une Messe de la Maternité divine, qui devront être célébrés par l'Église universelle. » — Pape Pie XI, encyclique Lux Veritatis, 25 décembre 1931[30]

Le pape justifie ce choix par le souci d'offrir à la piété mariale un « monument liturgique » durable, capable aussi, espère-t-il, de favoriser le rapprochement des chrétiens séparés d'Orient, particulièrement attachés à la vénération de la Theotokos[31]. Il fait en outre restaurer, à ses frais, les mosaïques mariales du Vᵉ siècle de la basilique Sainte-Marie-Majeure, alors dégradées par le temps, comme geste concret accompagnant l'institution de la nouvelle fête[32].

Un doublet théologiquement redondant

Pendant près de quarante ans, l'Église latine a donc célébré la maternité divine de Marie à deux dates distinctes : le 11 octobre (fête instituée par Pie XI, consacrée exclusivement à cette vérité) et le 1ᵉʳ janvier (encore officiellement dédié, dans le titre, à la Circoncision du Seigneur). Cette situation, qui n'était pas sans logique pastorale au moment de son institution, est devenue l'un des points que la réforme liturgique conciliaire a jugé bon de simplifier : plutôt que de maintenir deux fêtes distinctes portant, au fond, sur la même vérité doctrinale, les réformateurs du calendrier ont choisi de fusionner l'intention du 11 octobre dans la fête du 1ᵉʳ janvier, en restituant à cette dernière son titre marial le plus ancien.

La réforme liturgique de 1969 : le retour à la Mère de Dieu

La simplification de 1960

Une première étape, moins remarquée, précède la grande réforme conciliaire : le Code des rubriques promulgué par le pape Jean XXIII en 1960 simplifie le titre du 1ᵉʳ janvier en le désignant sobrement comme « Octave de la Nativité », sans plus mentionner explicitement la Circoncision dans l'intitulé officiel du jour, même si l'évangile propre de la messe (Luc 2, 21) continue de porter sur cet épisode[33].

Mysterii Paschalis (14 février 1969)

La réforme décisive vient du pape Paul VI, qui approuve par le motu proprio Mysterii Paschalis, daté du 14 février 1969, un nouveau calendrier général romain destiné à « mettre en plus claire lumière le mystère pascal » dans l'ensemble de l'année liturgique[34]. Le texte fixe l'entrée en vigueur du nouveau calendrier au 1ᵉʳ janvier 1970[35]. Les Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, promulguées le 21 mars 1969 en application de ce motu proprio, énoncent explicitement, dans leur liste des principales solennités du Seigneur et de la Vierge Marie :

« 1er janvier, octave de la Nativité du Seigneur, est la solennité de Marie, Sainte Mère de Dieu, et aussi la commémoration de la collation du Très Saint Nom de Jésus. » — Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier (1969), n° 35, f)[36]

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Ce texte accomplit trois choses à la fois : il restaure le titre marial que Rome avait connu avant l'adoption tardive du vocable gaulois de Circoncision ; il conserve la mémoire de l'imposition du nom de Jésus, rapportée par le même verset de Luc (2, 21) qui fondait autrefois la fête de la Circoncision, mais en la reléguant au rang de simple commémoration seconde plutôt que de titre principal ; et il absorbe l'intention de la fête de la Maternité divine du 11 octobre instituée par Pie XI, désormais supprimée du calendrier universel comme fête distincte.

Pourquoi une restauration plutôt qu'une innovation

Les liturgistes qui ont travaillé à la réforme conciliaire ont insisté sur le fait que le nouveau titre du 1ᵉʳ janvier n'était pas une invention moderne mais un retour aux sources : le sacramentaire gélasien, la station de Sainte-Marie-du-Transtévère et l'absence, dans les plus anciens livres romains, d'un titre centré sur la seule Circoncision, montraient que le fond marial de cette journée était antérieur, à Rome même, à l'importation gauloise du thème de la Circoncision[37]. La réforme de 1969 ne fait donc pas disparaître un contenu ancien au profit d'un contenu nouveau : elle choisit, entre deux traditions romaines réellement attestées — celle, très ancienne, de l'octave mariale, et celle, plus tardive et d'origine gauloise, de la Circoncision — de donner la priorité de titre à la première, tout en conservant la seconde comme commémoration du Saint Nom de Jésus dans la liturgie de la Parole.

La liturgie actuelle du 1ᵉʳ janvier

Les lectures propres de la messe

Le Missel romain actuel attribue à la messe du 1ᵉʳ janvier trois lectures dont l'unité thématique éclaire le sens de la fête : la bénédiction sacerdotale d'Aaron, l'envoi du Fils de Dieu « né d'une femme », et l'accueil de l'Enfant par les bergers auprès de sa Mère.

LectureRéférenceThème
Première lectureNombres 6, 22-27La bénédiction sacerdotale d'Aaron sur le peuple d'Israël
Psaume responsorialPsaume 66(67), 2-3, 5, 6.8« Que Dieu nous prenne en grâce et qu'il nous bénisse »
Deuxième lectureGalates 4, 4-7« Dieu a envoyé son Fils, né d'une femme »
AcclamationHébreux 1, 1-2Dieu a parlé par les prophètes, puis par son Fils
ÉvangileLuc 2, 16-21Les bergers auprès de Marie, Joseph et l'Enfant ; imposition du nom de Jésus
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La première lecture retient la célèbre bénédiction confiée par Dieu à Moïse pour Aaron :

« Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu'il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu'il t'apporte la paix ! » — Livre des Nombres 6, 24-26[38]

Le choix de ce texte pour l'ouverture de l'année civile n'est pas fortuit : il fait résonner, au premier jour du calendrier, une prière de bénédiction et de paix, préparant directement le thème de la Journée mondiale de la Paix instituée par Paul VI. La deuxième lecture, tirée de l'épître aux Galates, relie explicitement la maternité de Marie à l'œuvre du salut :

« Lorsqu'est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, né d'une femme et soumis à la loi de Moïse, afin de racheter ceux qui étaient soumis à la Loi et pour que nous soyons adoptés comme fils. » — Épître de saint Paul aux Galates 4, 4-7[39]

L'évangile propre, enfin, rapporte la visite des bergers auprès de la Sainte Famille et conclut par l'imposition du nom de Jésus, huit jours après sa naissance, conformément à la loi mosaïque de la circoncision :

« Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l'enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l'ange lui avait donné avant sa conception. » — Évangile selon saint Luc 2, 21[40]

Ce verset unique porte à lui seul la mémoire de l'ancien titre de « Circoncision du Seigneur » et celle du « Très Saint Nom de Jésus » évoquée par les Normes universelles de 1969[41] : rien du contenu scripturaire ancien n'est perdu dans la réforme, seul le titre principal de la journée a changé de centre de gravité.

La collecte et la couleur liturgique

La messe est célébrée en blanc, couleur des solennités du Seigneur et des fêtes mariales[42]. Sa collecte reprend l'antique prière mariale déjà en usage dans le Missel de saint Pie V — distincte de la collecte gélasienne du VIIIᵉ siècle citée plus haut, qui était christologique[43] :

« Seigneur Dieu, par la virginité féconde de la bienheureuse Marie, tu as offert au genre humain les bienfaits du salut éternel ; accorde-nous d'éprouver qu'intercède en notre faveur celle qui nous permit d'accueillir l'auteur de la vie, Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur. » — Missel romain, collecte du 1ᵉʳ janvier[44]

Le 1ᵉʳ janvier, Journée mondiale de la Paix

L'institution par Paul VI (8 décembre 1967)

Le 8 décembre 1967, fête de l'Immaculée Conception, le pape Paul VI annonce l'institution d'une Journée mondiale de la Paix, fixée chaque année au 1ᵉʳ janvier, « à l'ouverture du calendrier qui mesure et décrit le chemin de la vie humaine dans le temps »[45]. Le premier message, publié pour le 1ᵉʳ janvier 1968, explicite le sens de ce choix de date et l'ambition universelle de l'appel :

« Il faut toujours parler de paix. Il faut éduquer le monde à aimer la paix, à la construire, à la défendre. » — Pape Paul VI, premier message pour la Journée mondiale de la Paix, 1ᵉʳ janvier 1968[46]

Paul VI, 23 décembre 1967. Yoichi Okamoto / NARA / Wikimedia Commons, domaine public.

Paul VI prend soin de distinguer d'emblée sa conception de la paix de tout pacifisme mou ou naïf, en la fondant sur la justice et le respect des droits fondamentaux de la personne :

« Le mot paix ne signifie pas pacifisme, il ne cache pas une conception lâche et paresseuse de la vie ; il proclame au contraire les plus hautes et universelles valeurs. » — Pape Paul VI, premier message pour la Journée mondiale de la Paix, 1ᵉʳ janvier 1968[47]

Une antériorité chronologique curieuse

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Un détail chronologique mérite d'être relevé : la première Journée mondiale de la Paix, célébrée le 1ᵉʳ janvier 1968, a précédé de deux ans l'entrée en vigueur du nouveau calendrier romain qui fait officiellement de ce même jour la solennité de la Mère de Dieu (1ᵉʳ janvier 1970)[48]. Au moment de son institution, la Journée de la Paix tombait donc, liturgiquement, un jour encore titré « Octave de la Nativité » selon le calendrier simplifié de 1960, sans encore porter officiellement le titre marial restauré. Les deux initiatives — la restauration liturgique du titre marial et l'institution de la Journée de la Paix — procèdent néanmoins d'une même intuition pastorale de Paul VI sur ce que doit être le premier jour de l'année pour un chrétien : un jour de bénédiction, de paix et de louange à la maternité de Marie, plutôt qu'une simple continuation profane des réjouissances du Nouvel An.

Continuité chez les successeurs de Paul VI

Chaque pape depuis Paul VI a maintenu la tradition d'un message pour la Journée mondiale de la Paix, publié en fin d'année précédente et lu ou commenté le 1ᵉʳ janvier suivant : saint Jean-Paul II, Benoît XVI, François et Léon XIV ont chacun choisi un thème annuel distinct, allant de la dignité de la personne humaine au développement intégral, de l'écologie intégrale à la fraternité universelle[49]. Cette continuité pontificale fait du 1ᵉʳ janvier l'une des rares journées où l'Église adresse chaque année un message doctrinal et social explicitement destiné, au-delà des seuls catholiques, à « tous les hommes de bonne volonté »[50].

Vivre la solennité aujourd'hui

Le Te Deum du 31 décembre et le Veni Creator du 1ᵉʳ janvier

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La piété catholique associe traditionnellement à cette octave deux hymnes latins anciens, chantés en action de grâces pour l'année écoulée et en invocation pour l'année qui commence. Le soir du 31 décembre, de nombreuses paroisses et surtout la basilique Saint-Pierre de Rome font chanter le Te Deum, hymne de louange remontant aux premiers siècles chrétiens, comme prière publique de gratitude pour les bienfaits reçus durant l'année qui s'achève[51]. Le 1ᵉʳ janvier, cette action de grâces se prolonge par le chant du Veni Creator Spiritus, invocation à l'Esprit Saint pour l'année nouvelle. L'Église attache à la récitation publique de ces deux hymnes, respectivement le 31 décembre et le 1ᵉʳ janvier, une indulgence plénière aux conditions ordinaires, selon la concession n° 26 de l'Enchiridion Indulgentiarum[52].

Un jour de précepte au statut pastoral variable

Parce que le 1ᵉʳ janvier coïncide avec le Nouvel An civil, férié dans la quasi-totalité des pays, la question de l'obligation d'assister à la messe s'y pose de façon particulière : le canon 1246 § 2 du Code de droit canonique permet aux conférences épiscopales, avec l'accord du Saint-Siège, de transférer certaines solennités au dimanche le plus proche ou d'en dispenser les fidèles dans des circonstances déterminées[53]. La discipline effective varie donc d'un pays à l'autre et relève, en dernier ressort, de la conférence épiscopale locale et de l'ordinaire du lieu ; le principe universel du droit, lui, reste inchangé : en droit universel, le 1ᵉʳ janvier demeure une fête de précepte au même titre que Noël ou l'Épiphanie, même là où le droit particulier en a levé l'obligation, comme en France[54].

Pour aller plus loin

Sources principales

  • Code de droit canonique (1983), canon 1246.
  • Concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen Gentium, n° 66.
  • Sacramentaire gélasien (VIIIᵉ s., ms. Vat. Reg. lat. 316), In Octabas Domini.
  • Concile de Tours (567), canons relatifs à la Circoncision et aux Calendes de janvier.
  • Saint Isidore de Séville, Regula Monachorum (avant 636).
  • Catholic Encyclopedia, vol. III, art. « Feast of the Circumcision » (John J. Tierney), New York, 1908.
  • Pape Pie XI, encyclique Lux Veritatis, 25 décembre 1931.
  • Pape Paul VI, motu proprio Mysterii Paschalis, 14 février 1969, AAS 61 (1969).
  • Congrégation pour le Culte divin, Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, 21 mars 1969.
  • Missel romain, éd. typique 1970/2002, messe du 1ᵉʳ janvier.
  • Pape Paul VI, premier message pour la Journée mondiale de la Paix, 1ᵉʳ janvier 1968, texte intégral sur vatican.va.
  • Enchiridion Indulgentiarum, concession n° 26.
  • Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier (1969), n° 10-11 (degrés de célébration : solennités, fêtes, mémoires).
  • Bienheureux Ildefonso Schuster, The Sacramentary (Liber Sacramentorum), vol. I, trad. A. Levelis-Marke, Londres, Burns Oates & Washbourne, 1924, p. 395-398 (station du 1ᵉʳ janvier).
  • The New Liturgical Movement, Gregory DiPippo, « The Ancient Character of the Feast of the Circumcision », 1ᵉʳ janvier 2019.
  • Lucy Grig, Popular Culture and the End of Antiquity in Southern Gaul, c. 400-550, Cambridge University Press, 2024, chap. 6 (Calendes de janvier).
  • Charles de Clercq (éd.), Concilia Galliae, a. 511-a. 695, CCSL 148A, Turnhout, Brepols, 1963 (concile de Tours, 567).

Notes et références

  1. Concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen Gentium, 21 novembre 1964, n° 66 : « Et de fait, depuis les temps les plus reculés, la bienheureuse Vierge est honorée sous le titre de "Mère de Dieu" ; et les fidèles se réfugient sous sa protection, l'implorant dans tous les dangers et leurs besoins. » Le développement scripturaire, patristique et dogmatique complet de ce titre est traité dans l'article Marie Mère de Dieu (431).

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  2. Code de droit canonique (1983), canon 1246 § 1 : « Le dimanche où, de par la tradition apostolique, est célébré le mystère pascal doit être observé dans l'Église tout entière comme le principal jour de fête de précepte. Et de même doivent être observés les jours de la Nativité de Notre Seigneur Jésus Christ, de l'Épiphanie, de l'Ascension et du très Saint Corps et Sang du Christ, le jour de Sainte Marie Mère de Dieu, de son Immaculée Conception et de son Assomption, de saint Joseph, des saints Apôtres Pierre et Paul et enfin de tous les Saints. »

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  3. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier (1969), n° 10-11 : les célébrations se distinguent, selon leur importance, en solennités, fêtes et mémoires, et « les solennités comptent comme les jours principaux du calendrier » (Solemnities are counted as the principal days in the calendar). Le rang de solennité est partagé par Pâques, Noël, le 1ᵉʳ janvier et un nombre restreint d'autres fêtes du Seigneur et de la Vierge.

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  4. Pape Paul VI, message instituant la « Journée de la Paix » (Giornata della Pace), daté du 8 décembre 1967, fête de l'Immaculée Conception, et fixant sa célébration annuelle au 1ᵉʳ janvier ; premier message publié pour le 1ᵉʳ janvier 1968, texte intégral en français sur vatican.va.

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  5. Bienheureux Ildefonso Schuster, The Sacramentary (Liber Sacramentorum), vol. I, trad. anglaise A. Levelis-Marke, Londres, Burns Oates & Washbourne, 1924, p. 395-398 (« January 1. Octave of our Lord. Station at St Mary in Trastevere ») : désignation originale d'octave, titre de Circoncision ajouté sous influence gallicane, station primitive inconnue (le lectionnaire de Wurtzbourg indique Sainte-Marie-aux-Martyrs, au Panthéon), transfert au Transtévère après que Grégoire IV (827-844) y eut fait installer une crèche, et commémoration de la maternité virginale insérée en lien avec la basilique mariale.

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  6. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, 21 mars 1969, n° 35, f) : « 1 January, the octave day of Christmas, is the Solemnity of Mary, Mother of God. It also recalls the conferral of the holy Name of Jesus. » Traduction française d'après le sens du texte officiel.

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  7. L'octave, prolongement liturgique de huit jours consécutifs, est une pratique héritée du judaïsme (la Bible prescrit des fêtes de sept jours suivies d'une assemblée le huitième) et adoptée très tôt par l'Église pour ses plus grandes solennités : Pâques, Pentecôte et Noël. L'octave de Noël se déroule du 25 décembre au 1ᵉʳ janvier inclus.

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  8. La place détaillée du 1ᵉʳ janvier dans l'architecture globale de l'année liturgique — ses deux grands cycles temporal et sanctoral, sa hiérarchie des couleurs et des degrés — est développée pour elle-même dans l'article L'année liturgique.

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  9. Code de droit canonique (1983), canon 1246 § 2 : « Toutefois, avec l'approbation préalable du Siège Apostolique, la Conférence des Évêques peut supprimer certains des jours de fête de précepte ou les transférer au dimanche. »

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  10. En France, la Conférence des évêques maintient le statu quo en vigueur depuis le décret du cardinal Caprara (1802) : seules quatre fêtes restent de précepte — Noël, l'Ascension, l'Assomption et la Toussaint —, le 1ᵉʳ janvier n'en faisant pas partie en droit particulier français, sans préjudice du droit universel (canon 1246 § 1). Références : CEF, Bulletin officiel n° 30, 28 janvier 1986, p. 452 ; Code annoté, Institut Martín de Azpilcueta, éd. Wilson & Lafleur, Montréal, 1990, annexe III, p. 1244 et 1278-1279.

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  11. Sacramentaire gélasien (Liber Sacramentorum Romanae Ecclesiae, VIIIᵉ siècle, manuscrit Vatican, Reg. lat. 316, reflétant un usage romain antérieur), qui intitule le 1ᵉʳ janvier In Octabas Domini, « à l'octave du Seigneur », sans mention de la Circoncision ; éd. H. A. Wilson, Oxford, Clarendon Press, 1894, p. 9-10. Voir la synthèse de cette attestation dans The New Liturgical Movement, Gregory DiPippo, « The Ancient Character of the Feast of the Circumcision », 1ᵉʳ janvier 2019, et dans la Catholic Encyclopedia, vol. III, art. « Feast of the Circumcision » (John J. Tierney), New York, 1908.

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  12. Sacramentaire gélasien, collecte du 1ᵉʳ janvier, texte latin cité par The New Liturgical Movement, Gregory DiPippo, « The Ancient Character of the Feast of the Circumcision », 1ᵉʳ janvier 2019 (éd. H. A. Wilson, Oxford, Clarendon Press, 1894, p. 9-10) : « Deus, qui nos, Redemptoris nostri Nativitatis octavam celebrare concedis, tribue, quaesumus, ut ejus perpetua divinitate, cujus commercio in carne, reparati sumus. » Traduction française d'après le sens du texte latin.

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  13. Les lectionnaires romains les plus anciens (Lectionnaire de Wurtzbourg et sacramentaire gélasien) attribuent au 1ᵉʳ janvier la lecture composite de Luc 2, 21-32, qui réunit la circoncision de l'Enfant (verset 21) et sa présentation au Temple (versets 22-32), ce qui explique le titre neutre « octave du Seigneur » plutôt qu'un titre centré sur la seule circoncision.

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  14. Catholic Encyclopedia, vol. III, art. « Feast of the Circumcision » (John J. Tierney), New York, 1908 : une messe en l'honneur de la Vierge était parfois célébrée à cette date (a Mass in her honor was sometimes said on this day), indépendamment du titre officiel porté par les livres liturgiques, qui n'a explicitement rejoint cet usage qu'avec la réforme de 1969.

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  15. Sur la distinction entre « restauration » et « invention » dans la réforme liturgique conciliaire appliquée au 1ᵉʳ janvier, voir la synthèse historique de The New Liturgical Movement, « January 1st: Octave Day of the Nativity, Feast of the Circumcision & Feast of Mary, Mother of God », janvier 2010.

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  16. Sur les réjouissances profanes des Calendes de janvier dans l'Antiquité tardive (banquets, échanges de cadeaux, déguisements rituels) et la réaction des évêques latins des Ve-VIe siècles, voir Lucy Grig, Popular Culture and the End of Antiquity in Southern Gaul, c. 400-550, Cambridge University Press, 2024, chapitre 6, « The Kalends of January », p. 173-218, DOI 10.1017/9781108868792.

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  17. Deuxième concile de Tours (567), canon XVIII (XVII dans l'ancienne numérotation), prescrivant la messe de la Circoncision aux calendes de janvier et des litanies pénitentielles contre la coutume païenne. Texte dans Charles de Clercq (éd.), Concilia Galliae, a. 511-a. 695, Corpus Christianorum Series Latina 148A, Turnhout, Brepols, 1963 ; cf. Catholic Encyclopedia, vol. III, art. « Feast of the Circumcision » (John J. Tierney), New York, 1908.

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  18. Deuxième concile de Tours (567), canon XVIII (XVII anc.) De ieiuniis : jeûne monastique de tout le mois de décembre jusqu'au 25, puis, « entre la Nativité du Seigneur et l'Épiphanie », jours de fête, excepté le triduum institué « par nos pères pour fouler aux pieds la coutume des païens » (ad calcandam gentilium consuetudinem patres nostri statuerunt), avec litanies privées aux calendes de janvier et messe de la Circoncision à la huitième heure. Éd. Charles de Clercq, Concilia Galliae, CCSL 148A, Turnhout, Brepols, 1963.

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  19. Saint Isidore de Séville (mort en 636), Regula Monachorum, chap. X, « Des fêtes » (De feriis), 2 : « Placuit etiam Patribus a die Natalis Domini usque ad diem Circumcisionis solemne tempus efficere » (« Il a plu aussi aux Pères de faire, du jour de la Nativité du Seigneur au jour de la Circoncision, un temps saint »), Patrologia Latina 83, 880.

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  20. Lectionnaire de Victor de Capoue, compilé dans les années 540 : plus ancienne attestation écrite connue du titre de « fête de la Circoncision » appliqué au 1ᵉʳ janvier, relevée par The New Liturgical Movement, Gregory DiPippo, « The Ancient Character of the Feast of the Circumcision », 1ᵉʳ janvier 2019.

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  21. À Rome, les plus anciens livres conservent le titre neutre d'« octave du Seigneur » (lectionnaire de Wurtzbourg, sacramentaire gélasien) ; le titre double In Circumcisione Domini et Octava Nativitatis est attesté au plus tard dans le Missel de saint Pie V (1570). Voir The New Liturgical Movement, Gregory DiPippo, « The Ancient Character of the Feast of the Circumcision », 1ᵉʳ janvier 2019, et Schuster, The Sacramentary, vol. I, 1924, p. 395-398.

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  22. Missel romain de saint Pie V (1570) et éditions tridentines postérieures, titre du 1ᵉʳ janvier : « In Circumcisione Domini et Octava Nativitatis », titre maintenu jusqu'à la réforme rubricale de 1960.

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  23. Le concile d'Éphèse (431) définit contre Nestorius que Marie peut légitimement être appelée Theotokos, puisque celui qu'elle a enfanté selon la chair est bien la personne unique du Verbe de Dieu fait homme. Développement complet dans les articles Concile d'Éphèse (431) et Marie Mère de Dieu (431).

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  24. Pape Pie XI, encyclique Lux Veritatis, datée du 25 décembre 1931, publiée pour le 1500ᵉ anniversaire du concile d'Éphèse (431).

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  25. Pape Pie XI, Lux Veritatis, 25 décembre 1931, ordonnant la publication d'un Office et d'une Messe propres de la Maternité divine de Marie, à célébrer par l'Église universelle ; la fête est fixée au 11 octobre par le décret Urbis et Orbis de la Sacrée Congrégation des Rites du 6 janvier 1932 (Acta Apostolicae Sedis 24, 1932, p. 169 ; office propre, p. 151).

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  26. Ibid. : le pape justifie en partie l'institution de la nouvelle fête par l'espoir qu'elle favorise le rapprochement avec les chrétiens séparés d'Orient, dont la vénération de la Vierge sous le titre de Theotokos reste particulièrement vive.

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  27. Pape Pie XI fit restaurer à ses frais, à l'occasion du 1500ᵉ anniversaire du concile d'Éphèse, les mosaïques mariales du Vᵉ siècle de la basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome, alors dégradées par le temps.

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  28. Pape Jean XXIII, Code des rubriques du Bréviaire romain et du Missel romain, promulgué par le motu proprio Rubricarum instructum du 25 juillet 1960 (AAS 52, 1960, p. 593), simplifiant le titre du 1ᵉʳ janvier en « Octave de la Nativité » — le décret d'application de la Sacrée Congrégation des Rites précisant : « Mutatur denominatio : a) festi Circumcisionis Domini, in Octava Nativitatis Domini (1 ianuarii) » (ibid., p. 707) —, sans plus mentionner explicitement la Circoncision dans l'intitulé officiel, bien que l'évangile propre de la messe (Luc 2, 21) reste inchangé.

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  29. Pape Paul VI, motu proprio Mysterii Paschalis, 14 février 1969, Acta Apostolicae Sedis 61 (1969), approuvant les Normes universelles de l'année liturgique et le nouveau Calendrier général romain.

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  30. Pape Paul VI, Mysterii Paschalis, 14 février 1969 : le nouveau calendrier romain et les normes qui l'accompagnent entrent en vigueur le 1ᵉʳ janvier 1970, selon les décrets d'application publiés conjointement par la Sacrée Congrégation des Rites et le Consilium pour l'application de la constitution sur la liturgie.

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  31. Sur l'argumentation des liturgistes conciliaires en faveur d'une « restauration » plutôt que d'une innovation pour le 1ᵉʳ janvier, s'appuyant sur le témoignage du sacramentaire gélasien et de la station mariale romaine, voir la synthèse de The New Liturgical Movement, Gregory DiPippo, « The Ancient Character of the Feast of the Circumcision », 1ᵉʳ janvier 2019.

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  32. Livre des Nombres 6, 24-26, traduction liturgique française (AELF), bénédiction sacerdotale confiée par Dieu à Moïse pour Aaron et ses fils.

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  33. Épître de saint Paul aux Galates 4, 4-7, traduction liturgique française (AELF).

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  34. Évangile selon saint Luc 2, 21, traduction liturgique française (AELF).

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  35. Le blanc est la couleur liturgique des solennités du Seigneur, des fêtes mariales et des saints non martyrs, par opposition au rouge (martyrs, Passion, Esprit Saint), au violet (Avent, Carême, pénitence) et au vert (temps ordinaire).

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  36. À ne pas confondre avec la collecte gélasienne du VIIIᵉ siècle (Deus, qui nobis nati Salvatoris diem celebrare concedis octavum...), centrée sur la divinité du Sauveur : la collecte actuelle, Deus, qui salutis aeternae, est mariale et correspond à celle du Missel de saint Pie V, héritée de la tradition romaine. Voir Schuster, The Sacramentary, vol. I, 1924, p. 395-398, et The New Liturgical Movement, Gregory DiPippo, « The Ancient Character of the Feast of the Circumcision », 1ᵉʳ janvier 2019.

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  37. Missel romain, éd. typique 2002, messe du 1ᵉʳ janvier, collecte Deus, qui salutis aeternae ; trad. française du Missel 2021 pour les pays francophones. La même prière figurait déjà comme collecte du jour dans le Missel de saint Pie V (1570).

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  38. Pape Paul VI, Message de Sa Sainteté Paul VI pour la célébration d'une « Journée de la Paix », 1ᵉʳ janvier 1968, daté du 8 décembre 1967, texte intégral en français sur vatican.va.

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  39. Chaque pape depuis Paul VI a publié un message annuel pour la Journée mondiale de la Paix : parmi les thèmes les plus marquants, saint Jean-Paul II a consacré plusieurs messages à la dignité de la personne humaine et à la liberté religieuse, Benoît XVI à l'écologie et au développement intégral (message du 1ᵉʳ janvier 2010, « Si tu veux construire la paix, protège la création »), et le pape François à la fraternité universelle (message du 1ᵉʳ janvier 2021, « Culture du soin comme parcours de paix »).

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  40. Les messages pontificaux pour la Journée mondiale de la Paix sont traditionnellement adressés non seulement aux évêques et aux fidèles catholiques, mais explicitement à « tous les hommes de bonne volonté » et aux chefs d'État, dans la lignée de l'encyclique Pacem in terris de saint Jean XXIII (11 avril 1963), dont Paul VI reprend et prolonge l'esprit en instituant la Journée de la Paix.

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  41. Le Te Deum, hymne latin de louange remontant à l'Antiquité chrétienne tardive (traditionnellement associé à saint Ambroise et saint Augustin, sans certitude d'attribution), est chanté le 31 décembre dans de nombreuses paroisses et cathédrales, ainsi qu'à la basilique Saint-Pierre de Rome en présence du pape, comme action de grâces publique pour l'année écoulée.

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  42. Enchiridion Indulgentiarum (recueil officiel des indulgences de l'Église catholique), concession n° 26, accordant une indulgence plénière, aux conditions ordinaires (confession sacramentelle, communion eucharistique, prière aux intentions du pape), aux fidèles qui récitent publiquement le Te Deum le 31 décembre en action de grâces pour l'année écoulée, et le Veni Creator Spiritus le 1ᵉʳ janvier en invocation pour l'année qui commence.

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