Il est une vertu dont les saints ont parlé d'une seule voix, à travers les siècles et les écoles spirituelles les plus diverses : la confiance. Du psalmiste qui dort « comme un petit enfant contre sa mère » à sainte Thérèse de Lisieux qui ramène tout l'Évangile à « la confiance et rien que la confiance », de saint François de Sales résumant la perfection en deux mots — « ne désirez rien, ne refusez rien » — à sainte Faustine recevant du Christ la promesse que « plus sa confiance est grande, plus l'âme reçoit », c'est une même certitude qui traverse toute la tradition : Dieu est un Père, et l'âme qui se remet à lui ne sera jamais déçue.
Cet article n'est pas un traité sur la manière de faire grandir la confiance — pour cela, voir Comment grandir dans la confiance et, pour la remise totale de soi qui la prolonge, Comment grandir dans l'abandon à Dieu. Il est un florilège : un recueil ordonné et commenté des plus grandes paroles des saints, des docteurs et des mystiques sur la confiance, donné à entendre dans leur voix propre. Car sur ce sujet, mieux vaut souvent laisser parler ceux qui ont vécu ce qu'ils enseignaient. On y suivra le fil depuis sa source — l'Écriture, où Dieu lui-même invite l'homme à se confier —, à travers les Pères et les docteurs, les maîtres de l'abandon, la « petite voie » de Thérèse, la spiritualité de la Miséricorde, jusqu'aux grandes prières de confiance qui se récitent encore aujourd'hui.
La confiance dans la bouche de Dieu
Avant d'être une doctrine des saints, la confiance est une invitation de Dieu. Tous les maîtres spirituels n'ont fait que commenter et vivre les paroles par lesquelles l'Écriture presse l'homme de s'appuyer sur son Créateur. C'est là leur source commune ; aucun florilège de la confiance ne tiendrait sans elle.
« Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien »
Le plus célèbre des psaumes est tout entier un acte de confiance. Le croyant n'y raisonne pas sur la Providence : il la chante, parce qu'il l'a éprouvée.
« Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. […] Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi. » — Psaume 22 (23), 1 et 4[1]
La confiance biblique ne nie pas le « ravin de la mort » : elle le traverse sans le craindre, parce qu'elle sait « qui » l'accompagne. C'est là sa note constante — non l'absence de danger, mais la présence de Dieu dans le danger.
« Comme un petit enfant contre sa mère »
Un autre psaume donne à la confiance son image la plus reprise par les saints : celle de l'enfant apaisé. Tous, de François de Sales à Thérèse, y reviendront.
« Non, mais je tiens mon âme égale et silencieuse ; mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère. » — Psaume 130 (131), 2[2]
L'enfant « sevré » ne réclame plus, ne s'agite plus : il repose. Toute la spiritualité de l'enfance, que Thérèse de Lisieux portera à son sommet, est déjà contenue dans ce verset. Et le livre des Proverbes en fait un précepte direct :
« De tout ton cœur, fais confiance au Seigneur, ne t'appuie pas sur ton intelligence. […] Reconnais-le, où que tu ailles, c'est lui qui aplanit ta route. » — Livre des Proverbes 3, 5-6[3]
« Dans la confiance sera votre force »
Les prophètes opposent sans cesse la confiance en Dieu à l'agitation de qui se sauve par ses propres moyens. Isaïe en fait une loi du salut :
« Par la conversion et le calme, vous serez sauvés ; dans la tranquillité, dans la confiance sera votre force. » — Isaïe 30, 15[4]
Jérémie en fait une béatitude :
« Béni soit l'homme qui met sa foi dans le Seigneur, dont le Seigneur est la confiance. » — Jérémie 17, 7[5]
« Ne vous souciez pas du lendemain »
Mais c'est dans la bouche du Christ que l'invitation à la confiance atteint sa plénitude. Le Sermon sur la montagne est, pour une large part, une leçon de confiance filiale opposée à l'inquiétude :
« Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson […], et votre Père céleste les nourrit. […] Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. » — Évangile selon saint Matthieu 6, 26 et 34[6]
Le Catéchisme commente exactement en ce sens : « Jésus demande un abandon filial à la Providence du Père céleste qui prend soin des moindres besoins de ses enfants »[7]. Et l'appel du Christ aux accablés est lui-même une promesse de repos pour qui se confie :
« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. » — Évangile selon saint Matthieu 11, 28[8]
Saint Pierre et saint Paul en tireront la consigne pratique que tous les saints reprendront : « Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, puisqu'il prend soin de vous » (1 P 5, 7)[9], car « quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien » (Rm 8, 28), et « si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rm 8, 31)[10].
Les Pères et les docteurs : la confiance dans la miséricorde
Les premiers grands témoins de la confiance après l'Écriture ont posé son fondement décisif : on ne se confie pas en Dieu à cause de ce qu'on est, mais à cause de ce qu'il est. La confiance chrétienne s'enracine dans la miséricorde, non dans le mérite — leçon que les siècles n'ont fait qu'approfondir.
Saint Augustin : « toute mon espérance dans ta miséricorde »
Au terme du livre X des Confessions, après avoir sondé sans complaisance ses propres misères, Augustin ne trouve d'appui que dans la miséricorde de Dieu :
« Toute mon espérance n'est que dans votre grande miséricorde. » — Saint Augustin, Confessions, livre X, ch. 29, § 40[11]
Ce déplacement est capital : la confiance ne regarde plus vers soi mais vers Dieu seul. Qui mesure sa confiance à ses propres vertus la verra toujours vaciller ; qui la fonde sur la miséricorde de Dieu la possède inébranlable.
Saint Bernard : les mérites du Seigneur pour tout mérite
Saint Bernard de Clairvaux radicalise l'intuition augustinienne dans son grand commentaire du Cantique des cantiques. Contemplant les plaies du Christ comme le « rocher » où l'âme se réfugie, il déclare que son seul mérite est la miséricorde même de Dieu : en substance, tout son mérite, c'est la miséricorde du Seigneur, et il ne manquera pas de mérite tant que la miséricorde ne fera pas défaut au Seigneur[12].
Là où nos mérites font défaut — et ils font toujours défaut — ceux du Christ nous couvrent. La confiance n'est donc pas une présomption sur soi ; elle est l'humble certitude de qui s'abrite dans les plaies d'un autre.
L'« Imitation de Jésus-Christ » : « ma promesse ne trompe point »
Ce classique de la spiritualité catholique, l'un des livres les plus lus après la Bible, fait de la confiance en Dieu, opposée à l'inconstance des appuis humains, l'un de ses thèmes récurrents :
« Les hommes changent comme le vent. Mettez en Dieu toute votre confiance : qu'il soit votre crainte et votre amour ; il répondra pour vous et il fera ce qui est le meilleur. » — Imitation de Jésus-Christ, livre II, ch. 1[13]
Et, dans ce dialogue, c'est le Christ qui promet au disciple de ne jamais décevoir qui s'appuie sur lui : ce qu'il a promis, il le donnera ; ce qu'il a dit, il l'accomplira — pourvu que l'on demeure avec fidélité dans son amour jusqu'à la fin[14].
Les maîtres de l'abandon
À partir du XVIᵉ siècle, toute une école spirituelle a fait de la confiance le socle de l'abandon : se remettre entre les mains de Dieu comme un enfant, sans rien vouloir que ce qu'il veut. C'est le cœur de la doctrine salésienne et de ses héritiers. Sur la vertu d'abandon elle-même, on se reportera à Comment grandir dans l'abandon à Dieu ; on n'en retient ici que la voix des maîtres.
Saint François de Sales : « ne désirez rien, ne refusez rien »
Au moment de quitter ses filles spirituelles, pressé de leur laisser un dernier mot, l'évêque de Genève résume toute sa doctrine en deux paroles devenues célèbres :
« Je vous ai tout dit en ces deux paroles : ne désirez rien et ne refusez rien ; je ne sais que vous dire autre. » — Saint François de Sales, Entretiens, Dernier entretien (26 décembre 1622)[15]
Ne rien désirer que ce que Dieu donne, ne rien refuser de ce qu'il envoie : c'est l'abandon dans sa formule la plus nue. François de Sales en donne aussitôt l'image qui fera fortune — celle de l'enfant porté :
« Cette âme qui s'est délaissée n'a autre chose à faire qu'à demeurer entre les bras de Notre-Seigneur, comme un enfant dans le sein de sa mère : lequel, quand elle le met pour cheminer, il chemine jusqu'à tant que sa mère le reprenne, et quand elle le veut porter, il lui laisse faire. » — Saint François de Sales, Entretiens, IIᵉ entretien (« De la confiance et abandonnement »)[16]
La « sainte indifférence » : le cœur comme une boule de cire
Dans le Traité de l'Amour de Dieu, François de Sales pousse la confiance jusqu'à la « sainte indifférence » — non l'insensibilité, mais la disponibilité parfaite au bon plaisir de Dieu. Son image est restée fameuse :
« Le cœur indifférent est comme une boule de cire entre les mains de son Dieu, pour recevoir semblablement toutes les impressions du bon plaisir éternel : un cœur sans choix, également disposé à tout, sans aucun autre objet de sa volonté que la volonté de son Dieu. » — Saint François de Sales, Traité de l'Amour de Dieu, livre IX, ch. 4[17]
Il prend soin de la distinguer de la simple résignation, qui supporte la volonté de Dieu sans cesser d'en préférer d'autres : « L'indifférence est au-dessus de la résignation, car elle n'aime rien sinon pour l'amour de la volonté de Dieu »[18]. La confiance, ici, n'est plus seulement un appui dans l'épreuve : elle devient une remise totale du vouloir.
Dom Lehodey : « comme un enfant dans les bras de sa mère »
Cette tradition de l'abandon a trouvé au XXᵉ siècle un théologien attentif en Dom Vital Lehodey, dont Le Saint Abandon reste un classique. Il en donne la définition la plus limpide :
« Aucun autre, en effet, ne peint mieux le mouvement d'amour confiant, par lequel nous nous remettons entre les mains de la providence, comme un enfant dans les bras de sa mère. » — Dom Vital Lehodey, Le Saint Abandon[19]
L'abandon, précise-t-il, n'est pas une vertu à part : il est « le sommet de l'amour et de la conformité », la confiance filiale portée à son comble.
Sainte Thérèse d'Avila : « Que rien ne te trouble »
On attribue à la grande réformatrice du Carmel la letrilla la plus citée de toute la spiritualité — un sommet de confiance que le Catéchisme attribue à Thérèse de Jésus (§ 227) :
« Que rien ne te trouble, que rien ne t'effraie : tout passe, Dieu ne change pas. La patience obtient tout. Celui qui a Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 227, citant le poème attribué à sainte Thérèse d'Avila (Thérèse de Jésus)[20]
Tout est dit : la confiance se fonde sur l'immutabilité de Dieu (« Dieu ne change pas ») et sur sa suffisance (« Dieu seul suffit »). Ce qui passe ne mérite ni notre trouble ni notre épouvante ; ce qui ne passe pas mérite toute notre confiance.
Sainte Thérèse de Lisieux : une doctrine de la confiance
Peu de saints ont porté aussi loin la doctrine de la confiance que Thérèse de l'Enfant-Jésus (1873-1897). Sa « petite voie » est, de bout en bout, une voie de confiance et d'abandon ; et c'est à elle qu'on doit la formule la plus ramassée de toute la tradition. Proclamée Docteur de l'Église par saint Jean-Paul II (1997), elle est, par sa doctrine de l'abandon confiant, le maître de la confiance par excellence : c'est une description de son rôle, non un titre officiel de l'Église.
« La confiance et rien que la confiance »
À sa sœur Marie, qui se désolait de ne pouvoir aimer Dieu comme elle, Thérèse répond en ramenant tout, non aux désirs héroïques, mais à la confiance :
« C'est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l'Amour. » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, lettre 197 à sœur Marie du Sacré-Cœur, 17 septembre 1896[21]
Et elle nomme aussitôt l'unique « trésor » qui, dit-elle, plaît à Dieu dans son âme — non ses vertus, mais son espérance confiante :
« Ce qui lui plaît, c'est de me voir aimer ma petitesse et ma pauvreté, c'est l'espérance aveugle que j'ai en sa miséricorde… Voilà mon seul trésor. » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, lettre 197[22]
L'ascenseur : la confiance des tout-petits
Trop petite pour gravir « le rude escalier de la perfection », Thérèse cherche un autre chemin — une « petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle »[23] — et le trouve, non dans ses propres forces, mais dans les bras mêmes de Dieu :
« L'ascenseur qui doit m'élever jusqu'au Ciel, ce sont vos bras, ô Jésus ! Pour cela je n'ai pas besoin de grandir ; au contraire, il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus. » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit C[24]
C'est l'inversion thérésienne : la petitesse, loin d'être un obstacle à la confiance, en est la condition. On ne monte pas par ses mérites ; on se laisse porter.
La confiance des pécheurs : « même tous les crimes »
Le trait le plus audacieux de Thérèse est d'avoir détaché la confiance de l'innocence. Sa confiance ne tient pas à ce qu'elle se croit pure : elle tiendrait même si elle était coupable de tout.
« Si j'avais commis tous les crimes possibles, j'aurais toujours la même confiance ; je sens que toute cette multitude d'offenses serait comme une goutte d'eau jetée dans un brasier ardent. » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Derniers Entretiens, 11 juillet 1897[25]
Le 20 juillet suivant, Mère Agnès rapporte cette parole :
« Le péché mortel ne m'enlèverait pas la confiance. » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Derniers Entretiens, 20 juillet 1897[26]
Cette parole n'est pas une légèreté à l'égard du péché : Thérèse y affirme que la miséricorde de Dieu est infiniment plus grande que toutes nos chutes. Douter de cette miséricorde serait, selon le mot du Curé d'Ars, ce qui offense Dieu le plus[27].
Une confiance sans bornes
Contemplant « la folie » de l'amour de Dieu, Thérèse refuse à sa confiance toute limite — car son objet n'en a pas :
« Comment veux-tu, devant cette folie, que mon cœur ne s'élance pas vers toi ? Comment ma confiance aurait-elle des bornes ? » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit B[28]
Et elle énonce la loi de la « petite voie » : Dieu se penche d'autant plus bas que l'âme est plus petite — pourvu qu'elle se confie.
« Si, par impossible, tu trouvais une âme plus faible, plus petite que la mienne, tu te plairais à la combler de faveurs plus grandes encore, si elle s'abandonnait avec une entière confiance à ta miséricorde infinie. » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit B[29]
S'endormir sans crainte
Chez Thérèse, la confiance n'est pas un effort tendu : elle est un repos, le sommeil de l'enfant sur le cœur de son Père. Ses poésies le chantent :
« Je m'abandonne et je m'endors sans crainte / Entre tes bras, ô mon divin Sauveur. » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, poésie Rappelle-toi[30]
« Entre ses bras divins, je ne crains pas l'orage : / le total abandon, voilà ma seule loi. » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, poésie Mon Ciel à moi, 7 juin 1896[31]
La confiance et la Miséricorde
Le XXᵉ siècle a vu la confiance prêchée comme jamais sous le nom de Miséricorde divine. Le message reçu par sainte Faustine Kowalska lui donne une place centrale : la confiance est la disposition par laquelle l'âme reçoit la miséricorde — sans que cette disposition précède absolument tout don de Dieu, car la préparation même à recevoir la grâce est déjà une œuvre de la grâce[32].
« Jésus, j'ai confiance en Toi »
L'image de la Miséricorde, demandée par le Christ à Faustine, porte une inscription qui résume tout le message — « Jésus, j'ai confiance en Toi » — et une promesse pour qui s'y confie :
« Je promets que l'âme qui honorera cette image ne sera pas perdue. Je lui promets aussi la victoire sur ses ennemis dès ici-bas, et spécialement à l'heure de la mort. » — Jésus à sainte Faustine, Petit Journal § 48[33]
« Plus sa confiance est grande, plus l'âme reçoit »
Le cœur du message est une loi de la vie spirituelle : la confiance est le seul « vase » par lequel on puise la miséricorde, et la grâce reçue est à la mesure de la confiance apportée.
« Les grâces de ma miséricorde se puisent à l'aide d'un unique moyen : et c'est la confiance. Plus sa confiance est grande, plus l'âme reçoit. Les âmes d'une confiance sans borne me font une grande joie, car je verse en elles le trésor entier de mes grâces. » — Jésus à sainte Faustine, Petit Journal § 1577[34]
« Si sa confiance en Dieu est sans limites, alors la miséricorde de Dieu sera également sans limites pour elle. » — L'âme, dans le dialogue rapporté par sainte Faustine, Petit Journal § 1488[35]
Le Curé d'Ars : « désespérer offense Dieu plus que tout »
Le saint curé Jean-Marie Vianney, qui passa sa vie au confessionnal, n'a cessé de relever les pécheurs en attaquant leur pire ennemi : le découragement.
« Il n'y a rien qui offense tant le bon Dieu que de désespérer de sa miséricorde. » — Saint Jean-Marie Vianney, curé d'Ars[36]
« Nos fautes sont des grains de sable à côté de la grande montagne des miséricordes de Dieu. » — Saint Jean-Marie Vianney, curé d'Ars (parole rapportée)[37]
C'est exactement la confiance de Thérèse — « une goutte d'eau jetée dans un brasier ardent » — dans le langage d'un curé de campagne : la miséricorde est si grande que nos péchés, pour réels qu'ils soient, n'y sont qu'un grain de sable.
Des prières de confiance qui ont traversé les siècles
La doctrine des saints sur la confiance s'est déposée dans quelques prières que des générations entières ont faites leurs. Elles disent la confiance non en thèses, mais en actes — ce qui est leur manière la plus juste.
Saint Claude de la Colombière : « ma confiance, c'est ma confiance même »
Le directeur de sainte Marguerite-Marie a laissé un Acte de confiance en Dieu d'une audace remarquable : il fonde sa certitude d'être sauvé non sur ses mérites, mais sur sa confiance elle-même.
« Mon Dieu, je suis si persuadé que vous veillez sur ceux qui espèrent en vous, et qu'on ne peut manquer de rien quand on attend de vous toutes choses, que j'ai résolu de vivre à l'avenir sans aucun souci. […] Les hommes peuvent me dépouiller des biens et de l'honneur ; les maladies peuvent m'ôter les forces et les moyens de vous servir ; je puis même perdre votre grâce par le péché : mais jamais je ne perdrai mon espérance ; je la conserverai jusqu'au dernier moment de ma vie. […] Toute ma confiance, c'est ma confiance même ; et cette confiance ne trompa jamais personne. » — Saint Claude de la Colombière, Acte de confiance en Dieu[38]
Charles de Foucauld : « Mon Père, je m'abandonne à toi »
La Prière d'abandon de saint Charles de Foucauld est devenue l'une des plus récitées au monde. Elle naît d'une méditation sur la dernière parole du Christ en croix — « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (Lc 23, 46) :
« Mon Père, je m'abandonne à toi, fais de moi ce qu'il te plaira. Quoi que tu fasses de moi, je te remercie ; je suis prêt à tout, j'accepte tout, pourvu que ta volonté se fasse en moi, en toutes tes créatures. […] Je remets mon âme entre tes mains, je te la donne, mon Dieu, avec tout l'amour de mon cœur, parce que je t'aime, et que ce m'est un besoin d'amour de me donner, de me remettre entre tes mains sans mesure, avec une infinie confiance, car tu es mon Père. » — Saint Charles de Foucauld, Prière d'abandon[39]
Padre Pio : prier, espérer et ne pas s'inquiéter
La parole la plus citée de saint Padre Pio — parole rapportée non datée, reprise par la publication de Tele Radio Padre Pio — tient en trois mots devenus inséparables de sa mémoire : prier, espérer et ne pas s'inquiéter[40].
Trois verbes qui ordonnent toute la vie de confiance : prier (s'adresser à Dieu), espérer (attendre tout de lui), ne pas s'inquiéter (lui laisser le soin du reste).
La confiance dans la Divine Volonté
La spiritualité de la Divine Volonté, transmise à la servante de Dieu Luisa Piccarreta (1865-1947), donne à la confiance son dernier accent : elle en fait la condition de l'union à la volonté de Dieu. Précisons le mot : vivre dans la Divine Volonté n'est pas simplement faire la volonté de Dieu — s'y conformer ou y obéir, ce qui laisse deux volontés face à face. C'est recevoir en don la Volonté divine elle-même, pour qu'elle vive et agisse dans la créature : l'acte devient alors divin, et non plus seulement humain et méritoire. Dans ses écrits, l'abandon et la confiance se répondent l'un l'autre — l'âme se fie à Dieu, et Dieu se fie à elle.
« L'abandon en Moi donne naissance à la vraie Confiance. Alors l'âme a confiance en Moi et J'ai confiance en elle. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 29, 26 octobre 1931 (entrée 29-44)[41]
Sans cette confiance réciproque, enseigne ce courant spirituel, l'âme ne peut être élevée à « vivre dans la Divine Volonté » : le manque de confiance fait toujours obstacle à l'union du Créateur et de la créature. On rejoint ici, au plus haut, l'intuition de toute la tradition : se confier, c'est laisser Dieu régner. Sur cette spiritualité, voir La Divine Volonté.
Une même voix à travers les siècles
Au terme de ce parcours, une cohérence saisissante apparaît : par-delà les époques et les écoles, les saints disent la même chose de la confiance. On peut en rassembler les accents principaux.
| Saint / source | La parole | Ce qu'elle enseigne |
|---|---|---|
| Psaume 130 | « Comme un petit enfant contre sa mère » | La confiance est un repos, non un effort |
| Saint Augustin | « Toute mon espérance dans ta miséricorde » | Elle se fonde sur Dieu, jamais sur soi |
| Saint François de Sales | « Ne désirez rien, ne refusez rien » | Elle s'achève en abandon du vouloir |
| Sainte Thérèse d'Avila (poème attribué) | « Dieu seul suffit » | Elle s'appuie sur un Dieu qui ne change pas |
| Sainte Thérèse de Lisieux | « La confiance et rien que la confiance » | Elle est le chemin le plus court vers l'Amour |
| Sainte Faustine | « Plus sa confiance est grande, plus l'âme reçoit » | Sa mesure est celle de la grâce reçue |
| Saint Claude de la Colombière | « Cette confiance ne trompa jamais personne » | Elle n'est jamais déçue |
Lecture du tableau : aucune de ces voix ne se contredit. Elles décrivent, sous des images différentes, une seule réalité — l'appui filial de l'âme sur la bonté de Dieu — et toutes la déclarent victorieuse.
Confiance n'est pas présomption
Les saints, pourtant, n'ont jamais confondu la confiance avec une fausse assurance. La confiance s'appuie sur Dieu ; la présomption se fie à soi sans Dieu, et compte sur le pardon pour pécher plus tranquillement. La première humilie l'homme et l'attache à la miséricorde ; la seconde le gonfle et le détache de la conversion. C'est pourquoi la véritable confiance grandit toujours avec l'humilité : plus le saint se sait petit et pauvre, plus il se jette en Dieu. À l'autre extrême, le désespoir — conclure que Dieu ne pourrait plus pardonner — est lui aussi un refus volontaire de se confier — « mettre une borne à la miséricorde de Dieu, et elle n'en a point », disait le Curé d'Ars[42]. Ce refus ne doit pas être confondu avec l'abattement ni avec les difficultés traversées : se sentir découragé n'est pas refuser Dieu. La confiance se tient entre ces deux refus : ni se fier à soi, ni conclure que Dieu ne pardonnerait plus. Sur cet équilibre, voir Comment grandir dans l'espérance et Comment grandir dans l'humilité, sa racine.
Plus on est petit, plus on doit avoir confiance
Le dernier mot revient à Thérèse, qui a tiré de toute cette tradition sa loi la plus simple : ce n'est pas la grandeur de nos vertus, mais la grandeur de notre confiance, qui touche le cœur de Dieu. Les saints n'ont pas eu confiance parce qu'ils étaient saints ; ils sont devenus saints parce qu'ils ont eu confiance. Là est, peut-être, le secret que ce florilège voulait faire entendre : la confiance n'est pas la récompense d'une vie sainte, elle en est le chemin.
Pour aller plus loin
- Comment grandir dans la confiance — l'article pratique : la nature de la confiance, ses ennemis et les moyens concrets de la faire croître.
- Comment grandir dans l'abandon à Dieu — la remise totale de soi à la volonté de Dieu, où la confiance trouve son achèvement.
- Comment grandir dans l'espérance — la vertu théologale dont la confiance est le visage filial, et son discernement d'avec la présomption.
- Comment grandir dans l'humilité — la racine sans laquelle il n'y a pas de vraie confiance.
- Que disent les saints sur l'espérance et Que disent les saints sur la foi — les florilèges jumeaux sur la foi et l'espérance, qui forment avec la charité les trois vertus théologales[43].
Notes et références
Psaume 22 (23), 1.4, traduction liturgique officielle (AELF). Le plus célèbre des psaumes de confiance ; l'image du berger qui conduit « par le juste chemin » et accompagne « dans les ravins de la mort ».
1Psaume 130 (131), 2, traduction liturgique officielle (AELF). Psaume des montées ; l'image de l'enfant apaisé contre sa mère est devenue le symbole biblique de la confiance abandonnée, repris par les maîtres spirituels (François de Sales, Thérèse de Lisieux).
2Livre des Proverbes 3, 5-6, traduction liturgique officielle (AELF) : « De tout ton cœur, fais confiance au Seigneur, ne t'appuie pas sur ton intelligence. »
3Isaïe 30, 15, traduction liturgique officielle (AELF). Oracle adressé à un Juda tenté de chercher son salut dans des alliances politiques plutôt que dans la confiance en Dieu ; le verset s'achève sur le reproche : « mais vous n'avez pas accepté ! »
4Jérémie 17, 7, traduction liturgique officielle (AELF). Béatitude de l'homme confiant, opposée au v. 5 qui maudit « l'homme qui met sa foi dans un mortel ».
5Évangile selon saint Matthieu 6, 26 et 34, traduction liturgique officielle (AELF). Cœur du Sermon sur la montagne (Mt 6, 25-34) sur l'abandon à la Providence, opposé à l'inquiétude (« Ne vous faites pas de souci »).
6Catéchisme de l'Église catholique, § 305 : « Jésus demande un abandon filial à la Providence du Père céleste qui prend soin des moindres besoins de ses enfants », citant Mt 6, 31-33. Cf. également § 301 sur la Providence comme source « de sagesse, de liberté, de joie et de confiance ». Édition officielle française, Mame/Plon, 1992.
7Évangile selon saint Matthieu 11, 28-30, traduction liturgique officielle (AELF) : « Venez à moi, vous tous qui peinez […]. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »
8Première lettre de saint Pierre 5, 7, traduction liturgique officielle (AELF) : « Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, puisqu'il prend soin de vous », au v. 6 précédé de l'invitation à s'abaisser « sous la main puissante de Dieu ».
9Lettre aux Romains 8, 28 et 31, traduction liturgique officielle (AELF) : « Quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien » ; « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » Fondement paulinien de la confiance dans la Providence.
10Saint Augustin (354-430), Confessions, livre X, ch. 29, § 40 : lat. « Et tota spes mea non nisi in magna misericordia tua » (« Et toute mon espérance n'est qu'en ta grande miséricorde », traduction de l'article ; le français cité dans le corps en est la forme courante).
11Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Sermons sur le Cantique des cantiques, sermon 61, § 5, sur les « trous du rocher » (les plaies du Christ comme refuge) ; éd. Sources Chrétiennes n° 472. Verbatim latin : Meritum meum misericordia Domini (« mon mérite, c'est la miséricorde du Seigneur »). Les formulations françaises (« Tout mon mérite, c'est la miséricorde du Seigneur », « La miséricorde du Seigneur est donc la matière de mes mérites ») en sont des traductions courantes ; la formule populaire « là où mes mérites font défaut, les mérites du Seigneur me protègent » est une paraphrase du même passage.
12Imitation de Jésus-Christ (XVᵉ siècle, attribuée à Thomas a Kempis), livre II, ch. 1, « De la vie intérieure ». Sur l'inconstance des appuis humains opposée à la solidité de Dieu.
13Imitation de Jésus-Christ (XVᵉ siècle, attribuée à Thomas a Kempis), trad. Félicité de Lamennais, livre III, ch. 3 (« Qu'il faut écouter la parole de Dieu avec humilité »), § 4 : dialogue du Christ et du disciple — la promesse citée est dite par le Christ. « Ce que j'ai promis, je le donnerai ; ce que j'ai dit, je l'accomplirai, si toutefois l'on demeure avec fidélité dans mon amour jusqu'à la fin. »
14Saint François de Sales (1567-1622), Entretiens spirituels aux Visitandines, Dernier entretien (Lyon, jour de saint Étienne 1622 — 26 décembre, deux jours avant sa mort), « De ne rien demander, ne rien refuser » ; Œuvres, éd. d'Annecy, t. VI, Entretiens. Le XXIᵉ entretien porte un autre sujet (l'entrée en religion) : la parole citée appartient bien au Dernier entretien, qui le suit.
15Saint François de Sales, Entretiens, IIᵉ entretien, « De la confiance et abandonnement ». L'abandonnement y est défini comme « une parfaite indifférence à recevoir les évènements selon qu'ils arrivent par ordre de la Providence divine ».
16Saint François de Sales, Traité de l'Amour de Dieu (1616), livre IX, ch. 4, « De l'union de notre volonté au bon plaisir de Dieu par l'indifférence ». L'image de la « boule de cire » est l'une des plus citées de la spiritualité salésienne.
17Saint François de Sales, Traité de l'Amour de Dieu, livre IX, ch. 4 : « La résignation préfère la volonté de Dieu à toutes choses, mais elle ne laisse pas d'aimer beaucoup d'autres choses outre la volonté de Dieu ; or l'indifférence est au-dessus de la résignation, car elle n'aime rien sinon pour l'amour de la volonté de Dieu. »
18Dom Vital Lehodey (1857-1948), o.c.r., Le Saint Abandon, 1re éd. Paris, 1919 ; cité d'après la rééd. Artège, 2014 (coll. Les classiques de la spiritualité, présentée par le P. Michel Niaussat). Classique cistercien de la spiritualité de l'abandon ; l'abandon y est « le sommet de l'amour et de la conformité », confiance filiale et totale donation.
19Catéchisme de l'Église catholique, § 227 : « C'est faire confiance à Dieu en toute circonstance, même dans l'adversité. Une prière de Ste Thérèse de Jésus l'exprime admirablement : "Que rien ne te trouble / Que rien ne t'effraie / Tout passe / Dieu ne change pas / La patience obtient tout / Celui qui a Dieu / Ne manque de rien / Dieu seul suffit." (Poes. 9) » (éd. officielle française, Mame/Plon, 1992 ; texte vérifié sur vatican.va). Le français cité dans le corps reprend cette formulation du Catéchisme. Texte espagnol reçu : « Nada te turbe, / nada te espante, / todo se pasa, / Dios no se muda, / la paciencia / todo lo alcanza ; / quien a Dios tiene / nada le falta : / sólo Dios basta. » Poème attribué à sainte Thérèse d'Avila (Thérèse de Jésus, 1515-1582), à distinguer de Thérèse de Lisieux ; ni l'autographie ni les circonstances de sa découverte ne sont établies par une source primaire consultée — le français cité vaut comme citation du Catéchisme, non comme texte autographe.
20Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus (1873-1897), lettre 197 (LT 197) à sa sœur Marie du Sacré-Cœur, 17 septembre 1896 : « C'est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l'Amour. » Réponse à Marie, troublée après la lecture du Manuscrit B. Correspondance générale, éd. du Cerf/DDB.
21Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, lettre 197 (17 septembre 1896) : « Ce qui lui plaît, c'est de me voir aimer ma petitesse et ma pauvreté, c'est l'espérance aveugle que j'ai en sa miséricorde… Voilà mon seul trésor. »
22Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit C : « Je veux chercher le moyen d'aller au Ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle. » Définition même de la « petite voie » d'enfance spirituelle. Manuscrits autobiographiques, Cerf/DDB.
23Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit C : « L'ascenseur qui doit m'élever jusqu'au Ciel, ce sont vos bras, ô Jésus ! Pour cela je n'ai pas besoin de grandir ; au contraire il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus. »
24Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Derniers Entretiens (Carnet jaune de Mère Agnès), 11 juillet 1897 : « Si j'avais commis tous les crimes possibles, j'aurais toujours la même confiance ; je sens que toute cette multitude d'offenses serait comme une goutte d'eau jetée dans un brasier ardent. » Cerf/DDB.
25Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Derniers Entretiens, 20 juillet 1897 : « Le péché mortel ne m'enlèverait pas la confiance. » Propos rapporté par Mère Agnès, renvoyant à « l'histoire de la pécheresse convertie morte d'amour ».
26Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), curé d'Ars : « Il n'y a rien qui offense tant le Bon Dieu que de désespérer de sa miséricorde. » Parole rapportée, recueillie dans Pensées, présentées par Bernard Nodet (Artège Poche, 2015), qui renvoie à La Voix du Bon Pasteur, 1860, p. 186.
27 36Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit B (1896) : « Comment veux-tu, devant cette folie, que mon cœur ne s'élance pas vers toi ? Comment ma confiance aurait-elle des bornes ? » Contemplation de la « folie » de l'amour de l'Aigle divin.
28Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit B (1896) : « Si par impossible tu trouvais une âme plus faible, plus petite que la mienne, tu te plairais à la combler de faveurs plus grandes encore, si elle s'abandonnait avec une entière confiance à ta miséricorde infinie. »
29Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, poésie Rappelle-toi (PN 24), strophe : « Rappelle-toi que ta volonté sainte / est mon repos, mon unique bonheur ; / je m'abandonne et je m'endors sans crainte / entre tes bras, ô mon divin Sauveur. » Poésies, Cerf/DDB.
30Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, poésie Mon Ciel à moi (PN 32), 7 juin 1896 (fête du Saint-Sacrement) : « Entre ses bras divins, je ne crains pas l'orage : / le total abandon, voilà ma seule loi. / Sommeiller sur son Cœur, tout près de son Visage : / voilà mon Ciel à moi ! »
31Catéchisme de l'Église catholique, § 2001 : « La préparation de l'homme à l'accueil de la grâce est déjà une œuvre de la grâce. » Édition officielle française, Mame/Plon, 1992.
32Jésus à sainte Faustine Kowalska (1905-1938), Petit Journal, § 48 : promesse attachée à l'image de la Miséricorde (« Jésus, j'ai confiance en Vous », § 47). « L'âme qui honorera cette image ne sera pas perdue. » Éditions du Petit Journal, Marians de l'Immaculée Conception.
33Jésus à sainte Faustine, Petit Journal, § 1577 : « Les grâces de ma miséricorde se puisent à l'aide d'un unique moyen, et c'est la confiance. Plus sa confiance est grande, plus l'âme reçoit. » Cœur du message de la Divine Miséricorde.
34Sainte Faustine Kowalska (1905-1938), Petit Journal, § 1488 (« Conversation du Dieu de Miséricorde avec l'âme parfaite », § 1489 dans l'édition anglaise) : c'est l'âme qui parle ici, et non Jésus — « Si sa confiance en Dieu est sans limites, alors la miséricorde de Dieu sera également sans limites pour elle. » Éditions du Petit Journal, Marians de l'Immaculée Conception.
35Saint Jean-Marie Vianney, curé d'Ars : « Nos fautes sont des grains de sable à côté de la grande montagne des miséricordes de Dieu. » Parole rapportée, recueillie dans l'abbé Alfred Monnin, L'Esprit du Curé d'Ars ; passage vérifié dans la traduction anglaise autorisée The Spirit of the Curé of Ars, éd. John Edward Bowden (Londres, Burns, Lambert & Oates, 1865), p. 20 : Our faults are like a grain of sand beside the great mountain of the mercies of the good God. Le français cité dans le corps reprend la forme donnée par Bernard Nodet, Pensées (Artège Poche, 2015).
37Saint Claude de la Colombière (1641-1682), s.j., Acte de confiance en Dieu (extrait du sermon sur la confiance, Carême). Texte fixé ici au vouvoiement, d'après la forme française reproduite par le Sanctuaire du Sacré-Cœur (Paray-le-Monial). Le fond est confirmé par la traduction anglaise : « my confidence shall be my confidence itself […] This confidence has never deceived anyone » (Trustful Surrender to Divine Providence, TAN Books).
38Saint Charles de Foucauld (1858-1916), Prière d'abandon, canonisé le 15 mai 2022. À l'origine non une prière mais une méditation composée vers 1896 sur Lc 23, 46 (« Père, entre tes mains je remets mon esprit ») ; la forme priante usuelle est une mise en forme posthume (publiée à partir de 1946). Texte officiel sur eglise.catholique.fr.
39Saint Pio de Pietrelcina (1887-1968), parole rapportée non datée (forme italienne courante : Prega, spera e non ti agitare), reprise par la publication de Tele Radio Padre Pio. Aucune référence datée (aucune lettre de son Epistolario) n'a été retrouvée dans cette passe : à recevoir comme une parole rapportée, non comme un extrait textuel daté.
40Jésus à Luisa Piccarreta (1865-1947), Le Livre du Ciel, tome 29, 26 octobre 1931, entrée 29-44 (« Les actes bons accomplis dans la Volonté Divine… »). Date, entrée, citation et glose réciproque (« J'ai confiance en elle… En Me confiant en elle, Je lui manifeste mes secrets les plus intimes ») vérifiés sur la traduction française Lumen Luminis (établie d'après l'italien et les trad. J.-C. Lemyze et G. Harvey, document pour usage privé ; exemplaire de la Bibliothèque). L'original italien n'a pas été collationné dans cette passe. Luisa Piccarreta est Servante de Dieu (cause de béatification en cours) ; ses écrits ne relèvent pas du Magistère.
41Saint Jean-Marie Vianney, curé d'Ars : « C'est mettre une borne à la miséricorde de Dieu, et elle n'en a point : elle est infinie. » Parole rapportée, recueillie dans l'abbé Alfred Monnin, L'Esprit du Curé d'Ars ; passage vérifié dans la traduction anglaise autorisée The Spirit of the Curé of Ars, éd. John Edward Bowden (Londres, Burns, Lambert & Oates, 1865), p. 112 : it is putting a limit to the mercy of God, which has no limit — it is infinite. Le français cité dans le corps reprend la forme donnée par Bernard Nodet, Pensées (Artège Poche, 2015).
42Catéchisme de l'Église catholique, § 1813 : il y en a trois, la foi, l'espérance et la charité. Édition officielle française, Mame/Plon, 1992.
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