Aucune vertu n'a été plus louée par les saints que l'humilité, et aucune n'a été aussi discrètement vécue. De saint Augustin, qui en faisait « la première, la deuxième et la troisième » des conditions du chemin vers Dieu, à sainte Thérèse de Lisieux et son « ascenseur » des tout-petits, une même conviction traverse vingt siècles : on ne devient pas saint sans devenir humble. Cet article rassemble ce que les saints en ont dit — leurs définitions, leurs images, leurs avertissements et leurs plus belles formules.
Le mot ne va pas de soi. Pour le monde, l'humilité ressemble à un manque d'ambition ou à une basse estime de soi. Pour les saints, c'est exactement l'inverse : une lucidité, une vérité, la seule attitude juste d'une créature devant son Créateur. « L'humilité est vérité », résume sainte Thérèse d'Avila[1]. Loin d'écraser, elle libère ; loin de rapetisser l'âme, elle l'agrandit aux dimensions de Dieu.
Les saints ne parlent pas de l'humilité comme des théoriciens : ils en parlent du dedans, parce qu'ils l'ont conquise au prix d'un long combat contre l'orgueil. C'est ce qui donne à leurs paroles leur poids singulier — celui d'un témoignage, non d'une leçon. Ce florilège suit leur voix, des Pères du désert aux mystiques modernes, puis dégage les grands thèmes sur lesquels ils s'accordent : l'humilité comme vérité, comme racine des vertus, comme aimant de la grâce.
On ne traite ici ni du chemin pratique de cette vertu — pour les moyens concrets de progresser, voir Comment grandir dans l'humilité — ni de sa nature métaphysique, exposée dans La connaissance du néant de l'homme, qui produit l'humilité. Ici, on écoute les saints parler.
Pourquoi écouter les saints sur l'humilité ?
Une vertu que seuls les humbles connaissent du dedans
L'humilité a ceci de paradoxal qu'on ne peut ni s'en vanter ni l'étudier de loin : la connaître, c'est déjà la pratiquer. C'est pourquoi les meilleurs maîtres en la matière ne sont pas les philosophes, mais les saints — ceux qui ont consenti à descendre. La tradition spirituelle est unanime à voir en elle non pas une vertu parmi d'autres, mais le terrain où toutes les autres prennent racine. Saint Grégoire le Grand le dit d'une phrase devenue proverbiale :
« Celui qui rassemble les vertus sans l'humilité, c'est comme s'il portait de la poussière au vent. » — Saint Grégoire le Grand, Homélies sur les Évangiles, homélie 7[2]
L'image est sévère : sans humilité, les plus belles vertus se dispersent comme une poignée de poussière. Saint Vincent de Paul disait, dans le même esprit, qu'elle est « la vertu de Jésus-Christ, la vertu de sa sainte Mère, la vertu des plus grands saints »[3]. C'est dire qu'il n'y a pas de sainteté sans elle, et qu'écouter les saints sur l'humilité, c'est les écouter sur le cœur même de leur sainteté.
« Première l'humilité, deuxième l'humilité, troisième l'humilité »
La formule la plus célèbre est de saint Augustin. Un jeune Grec, Dioscore, lui avait écrit pour l'interroger sur la philosophie de Cicéron. Augustin lui répond, vers l'an 410, en déplaçant la question : la vraie voie vers la vérité n'est pas d'abord intellectuelle, elle est morale.
« Si tu me demandais quelle est la première chose dans la discipline du Christ, je te répondrais : l'humilité. Et la deuxième ? L'humilité. Et la troisième ? L'humilité. Et chaque fois que tu m'interrogeras, je te ferai la même réponse. » — Saint Augustin, Lettre 118 à Dioscore[4]
Tout l'enseignement des saints sur l'humilité tient dans cette insistance presque comique. Là où le monde multiplie les conditions de la réussite, Augustin n'en donne qu'une, répétée trois fois. C'est cette même conviction que l'on va retrouver, de siècle en siècle, chez tous les grands témoins de la vie intérieure.
L'humilité, c'est la vérité : la définition des saints
Quand on demande aux saints ce qu'est l'humilité, leur réponse converge vers un seul mot : vérité. Non pas se croire pire qu'on n'est — ce serait encore un mensonge — mais se voir tel qu'on est devant Dieu : tout reçu de lui, capable de tout par lui, incapable de rien sans lui.
« L'humilité est vérité » — Thérèse d'Avila et Catherine de Sienne
Sainte Thérèse d'Avila a donné de cette vérité la formule la plus condensée. Dans le Château intérieur, méditant sur les pièges du chemin spirituel, elle réduit toute la vertu à une marche :
« L'humilité, c'est marcher dans la vérité. » — Sainte Thérèse d'Avila, Le Château intérieur, Sixièmes Demeures[5]
La formule a fait fortune dans toute la tradition spirituelle. Deux siècles plus tôt, le Père éternel l'avait déjà enseigné à sainte Catherine de Sienne dans son Dialogue : l'humilité, disait-il, « vient de la connaissance que l'âme a d'elle-même »[6] — connaissance qui n'enfle pas, mais qui place l'âme dans la vérité de sa condition de créature.
Se connaître soi-même, se connaître devant Dieu
Avant les saints, Socrate disait déjà « connais-toi toi-même ». Mais les saints précisent : se connaître, ce n'est pas s'analyser, c'est se découvrir devant Dieu. Saint Bernard de Clairvaux fait de cette connaissance le fondement de tout l'édifice spirituel :
« L'édifice spirituel ne peut s'élever que sur le solide fondement de l'humilité. Or, pour s'humilier, l'âme ne peut trouver de moyen plus efficace que la vraie connaissance de soi. » — Saint Bernard de Clairvaux, Sermons sur le Cantique des cantiques, 36[7]
L'auteur de L'Imitation de Jésus-Christ tient le même langage, et il en tire une conséquence redoutable pour l'orgueil intellectuel : connaître Dieu sans se connaître soi-même ne sert à rien.
« L'humble connaissance de vous-même est une voie plus sûre pour aller à Dieu que les recherches profondes de la science. » — L'Imitation de Jésus-Christ, livre I, ch. 3[8]
C'est pourquoi, ajoute-t-il, « que vous sert de raisonner profondément sur la Trinité, si vous n'êtes pas humble, et que par-là vous déplaisez à la Trinité ? »[9]. L'humilité n'est donc pas l'ennemie de l'intelligence : elle en est la condition de droiture.
Tout rapporter à Dieu : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire »
Le cœur de cette vérité tient dans une parole du Christ : « En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5)[10]. Les saints n'ont cessé de la commenter. Saint François d'Assise en tire la règle d'or de l'humilité : ne s'attribuer aucun bien, car tout vient de Dieu.
« Heureux le serviteur qui fait hommage de tout bien au Seigneur. Celui au contraire qui en revendique une part pour lui-même, celui-là cache au fond de lui-même l'argent du Seigneur. » — Saint François d'Assise, Admonitions, 19[11]
Saint Benoît avait fixé la même maxime dans sa Règle : « Si l'on voit quelque bien en soi-même, l'attribuer à Dieu, non à soi ; mais le mal, savoir qu'on en est toujours l'auteur »[12]. Et saint Vincent de Paul résumait : « La vertu d'humilité nous fait comprendre que tout le bien qui se fait par nous vient de Dieu »[13]. L'humilité, dans cette tradition, n'est donc pas un sentiment : c'est une comptabilité exacte — rendre à Dieu ce qui est de Dieu, et reconnaître pour sien son seul néant.
Les Pères et les premiers maîtres
Les Pères du désert et l'Échelle de Jean Climaque
Dès les premiers siècles, les moines d'Égypte et du Sinaï ont fait de l'humilité le sommet de toute la vie spirituelle. Saint Jean Climaque (VIᵉ-VIIᵉ siècle), higoumène du monastère du Sinaï, lui consacre l'un des degrés de son célèbre traité, L'Échelle sainte. Il y enseigne la confiance humble du pécheur qui s'approche du Christ sans se cacher :
« Présentons-nous devant le Christ, et, avec une grande simplicité et une profonde humilité, exposons-lui notre faiblesse et nos misères ; et, tout indignes que nous en soyons, il nous tendra la main avec bonté. » — Saint Jean Climaque, L'Échelle sainte, premier degré[14]
Saint Pacôme, fondateur du cénobitisme, liait déjà humilité et patience : « La grandeur des saints, c'est la patience »[15]. Pour ces premiers maîtres, l'humilité n'est pas un repli triste : c'est la porte basse par laquelle on entre dans la paix.
Saint Augustin : l'orgueil a fait tomber, l'humilité relève
Saint Augustin, qui avait connu de l'intérieur les séductions de l'orgueil intellectuel, voit dans l'humilité le remède même choisi par Dieu pour guérir l'homme. Toute l'histoire du salut, dit-il, est une descente de Dieu pour relever l'homme tombé par fierté :
« L'homme était tombé par orgueil ; Dieu a eu recours à l'humilité pour le relever. » — Saint Augustin, La Doctrine chrétienne, livre I, ch. 14[16]
C'est la logique de l'Incarnation : pour guérir une maladie d'orgueil, le Médecin se fait lui-même remède en s'abaissant. Augustin tire de là une conséquence pratique sur la prière, où l'âme doit se présenter en mendiant : « La maison de mon âme est trop étroite pour vous y recevoir : élargissez-la. Elle n'est que ruines : réparez-la »[17].
Saint Jean Chrysostome : le char du publicain
Saint Jean Chrysostome, l'évêque de Constantinople à la parole d'or, a laissé l'une des images les plus saisissantes de la tradition : celle de deux chars en course, pour expliquer pourquoi le publicain de la parabole devance le pharisien (Lc 18, 9-14).
« Attelle à l'un la vertu et l'orgueil, à l'autre le péché avec l'humilité, et tu verras le char traîné par le péché, grâce à l'humilité, devancer celui de la vertu. Car l'humilité, par son immense force d'élévation, triomphe de la pesanteur du péché et monte au ciel la première. » — Saint Jean Chrysostome[18]
Le pharisien tombe non par faiblesse de ses vertus, mais sous « la masse pesante de l'orgueil » ; le publicain s'élève non par ses mérites, mais porté par l'humilité. Et Chrysostome ajoute que l'humble peut même tirer profit des insultes : « en acceptant les injures, le publicain déposa le fardeau de ses péchés » et s'en retourna justifié[19].
Saint Grégoire le Grand : la garde des autres vertus
Saint Grégoire le Grand, pape et docteur, prolonge cette tradition patristique en faisant de l'humilité non seulement une vertu, mais la gardienne de toutes les autres. Sa formule sur la poussière au vent (citée plus haut) résume une intuition que tout le Moyen Âge va recevoir : une vertu sans humilité n'est pas seulement imparfaite, elle est en péril, car elle nourrit secrètement l'orgueil qui la détruira. La même idée se retrouve chez Adam de Perseigne, cistercien du XIIᵉ siècle :
« Là où se trouve l'humilité, là aussi la paix, la crainte et le respect des commandements. L'humilité, ô homme, te montre ce que tu es, ce que tu as été, ce que tu dois devenir. » — Adam de Perseigne, Lettres[20]
L'humilité dans la tradition monastique
Saint Benoît : l'échelle des douze degrés
Au VIᵉ siècle, saint Benoît de Nursie a donné à l'humilité son grand traité pratique : le chapitre 7 de sa Règle, l'un des plus longs et des plus commentés de toute la tradition monastique. Il y décrit une échelle de douze degrés que le moine gravit, paradoxalement, en descendant — en s'abaissant. Le détail de ces degrés relève du chemin pratique (voir Comment grandir dans l'humilité) ; mais l'esprit qui les anime appartient à ce que Benoît dit de l'humilité : son terme n'est pas la crainte, c'est l'amour. Parvenu au sommet de l'échelle, le moine garde les commandements « non plus par peur de l'enfer, mais par amour du Christ »[21]. L'humilité bénédictine n'est donc pas une humeur servile : c'est le long apprentissage d'une liberté filiale.
Saint Bernard de Clairvaux : monter en descendant
Saint Bernard, le grand abbé cistercien du XIIᵉ siècle, a composé dès sa jeunesse un traité tout entier consacré à la question, Les Degrés de l'humilité et de l'orgueil. Pour lui, l'humilité commence par un regard sans complaisance porté sur soi-même :
« Que ta considération commence par s'appliquer à toi-même, et qu'elle ne s'en tienne pas là, car c'est par toi aussi qu'elle doit finir. De ta propre considération, c'est toi le premier terme, c'est toi aussi le dernier. » — Saint Bernard de Clairvaux, La Considération, livre II[22]
Cette connaissance de soi, précise-t-il, prend « trois formes : l'homme doit savoir ce qu'il a fait, ce qu'il a mérité, ce qu'il a perdu »[23]. Loin de décourager, ce regard ouvre sur la miséricorde : « Que celui que les péchés condamnaient se réjouisse, car la charité de Jésus dépasse de beaucoup le nombre et l'étendue de nos crimes »[24]. Chez Bernard, l'humilité et la confiance ne s'opposent jamais : on descend en soi-même pour mieux se jeter en Dieu.
Les docteurs et l'âge des mystiques
Saint Thomas d'Aquin : l'humilité, juste mesure de l'âme devant Dieu
Saint Thomas d'Aquin a donné de l'humilité une analyse d'une grande précision dans la Somme de théologie (IIa-IIae, question 161). Pour lui, l'humilité est une vertu qui modère et règle le mouvement de l'âme vers les choses élevées, en le maintenant dans la juste mesure ; elle réprime la présomption qui ferait viser plus haut que ce que Dieu donne[25]. Son siège propre, dit Thomas, est la soumission de l'homme à Dieu et, par révérence pour Dieu, aux autres. L'humilité n'est donc ni la pusillanimité, ni le mépris des dons reçus : c'est l'ordre intérieur d'une créature qui se tient à sa place — ni au-dessous de sa dignité d'enfant de Dieu, ni au-dessus de sa condition de créature. C'est ce que résume la tradition en disant que l'humilité est la vérité appliquée à soi-même.
Sainte Catherine de Sienne : l'humilité, nourrice de la charité
Dans le Dialogue de sainte Catherine de Sienne, l'humilité tient un rôle central : elle est la terre où s'enracine l'arbre des vertus. Le Père éternel le lui révèle par une image agricole :
« Ce qui donne la vie à l'arbre et aux rameaux, c'est la racine ; cette racine doit être plantée dans la terre de l'humilité, qui porte et nourrit la charité. » — Le Père éternel à sainte Catherine de Sienne, Le Dialogue[26]
Aucune vertu, dit encore le Dialogue, ne peut exister « sans l'humilité, qui est la gouvernante et la nourrice de la charité »[27]. Charité et humilité sont donc inséparables : l'une est le sommet, l'autre la racine ; et l'on ne monte vers l'amour qu'en descendant dans la vérité de soi.
L'Imitation de Jésus-Christ : « aimer à être inconnu »
Aucun livre, après la Bible, n'a autant formé les chrétiens à l'humilité que L'Imitation de Jésus-Christ, ce petit traité du XVᵉ siècle attribué à Thomas a Kempis. Sa pédagogie est constante : préférer la dernière place, fuir l'estime, se réjouir d'être oublié.
« Voulez-vous apprendre et savoir quelque chose qui vous serve ? Aimez à vivre inconnu et à n'être compté pour rien. » — L'Imitation de Jésus-Christ, livre I, ch. 2[28]
L'Imitation y voit la condition de la paix intérieure : « L'homme humble jouit d'une paix inaltérable, la colère et l'envie troublent le cœur du superbe »[29]. Et elle renverse l'échelle mondaine de la grandeur : « Celui-là est vraiment grand, qui est petit à ses propres yeux, et pour qui la plus grande gloire n'est qu'un pur néant »[30].
L'école de la douceur : saint François de Sales
Au tournant du XVIIᵉ siècle, saint François de Sales a renouvelé la doctrine de l'humilité en y mettant une douceur nouvelle. Sa grande intuition : l'humilité vraie ne se reconnaît pas à la sévérité qu'on a envers soi, mais à la paix qu'on garde devant ses propres fautes.
Ne pas s'étonner de ses chutes
Pour le saint évêque de Genève, s'étonner de ses fautes, c'est en réalité un signe d'orgueil caché : on se croyait meilleur.
« Si nous savions bien qui nous sommes, au lieu d'être ébahis de nous voir à terre, nous nous étonnerions comment nous pouvons demeurer debout. » — Saint François de Sales, Œuvres[31]
D'où son conseil, mille fois répété dans sa correspondance : « Quand vous ferez des fautes, ne vous en étonnez point »[32]. L'étonnement n'est pas de l'humilité — il en est l'envers, car « l'amour-propre se trouble et s'inquiète de nous voir imparfaits »[33].
Patience avec soi-même et recommencer chaque jour
De là découle la note propre de la spiritualité salésienne : la patience envers soi-même, qui n'est qu'une forme de l'humilité.
« Ayez patience avec tous, mais principalement avec vous-même. Je suis bien aise que vous recommenciez tous les jours : il n'y a point de meilleur moyen pour bien achever la vie spirituelle, que de toujours recommencer, et ne jamais penser avoir assez fait. » — Saint François de Sales, Œuvres[34]
Il aime à comparer l'âme qui se relève à l'aube qui dissipe les ténèbres « non en un instant, mais petit à petit »[35], et à rappeler qu'au « monastère de la vie dévote, chacun s'estime toujours novice »[36]. Le Père Joseph Tissot, héritier de cette école, en tirera tout un art d'utiliser ses fautes pour grandir en humilité plutôt que pour se décourager : « Se décourager quand on est tombé dans le péché, c'est ne pas se connaître soi-même »[37].
Les saints des temps modernes
Sainte Thérèse de Lisieux : la petite voie et l'ascenseur
Au XIXᵉ siècle, sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus a donné à l'humilité son expression la plus tendre et la plus audacieuse : la « petite voie » de l'enfance spirituelle. Trop petite pour gravir l'escalier rude de la perfection, elle cherche un « ascenseur » — et le trouve dans les bras de Dieu :
« L'ascenseur qui doit m'élever jusqu'au Ciel, ce sont vos bras, ô Jésus ! Pour cela je n'ai pas besoin de grandir, au contraire il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus. » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrits autobiographiques[38]
Toute sa doctrine renverse la logique de l'effort orgueilleux : ce n'est pas en devenant grand qu'on s'élève, mais en consentant à rester petit. Sa sœur Agnès rapportait cette même soif d'effacement : « Jésus aime l'humilité, Jésus aime ce qui ne paraît pas aux yeux des hommes »[39].
Saint Charles de Foucauld : « descendre, descendre »
Saint Charles de Foucauld, le « frère universel » du Sahara, a fait de l'abaissement le programme de toute sa vie, à l'imitation de Jésus à Nazareth. Dans ses écrits spirituels, il entend le Christ lui répéter un seul mot :
« Descente, descente, humilité, humilité… descendez toujours, humiliez-vous toujours ; tenez-vous à la dernière place. En descendant on m'imite, en descendant on marche dans ma voie, par conséquent dans la vérité. » — Jésus, selon saint Charles de Foucauld, Écrits spirituels[40]
Et il contemple, dans toute la vie du Christ, une leçon ininterrompue d'humilité : « Mon Incarnation, humilité infinie, sans mesure ; ma naissance, humilité ; tout est humilité en moi. Je suis doux et humble de cœur »[41].
Les mystiques de l'abandon : Faustine, Maria Simma, Luisa Piccarreta
Les grandes voix mystiques du XXᵉ siècle ont relié l'humilité à la confiance et à la grâce. Sainte Faustine reconnaît que tout bien en elle vient de Dieu : « Tout ce qui est beau dans mon âme est Vôtre, ô Dieu. De moi-même je ne suis rien »[42]. Maria Simma, la mystique du Vorarlberg, en faisait une loi de la vie spirituelle : « L'humilité nous vaut les plus grandes des grâces. Jésus accorde les plus grandes choses aux humbles de cœur »[43].
C'est chez la servante de Dieu Luisa Piccarreta que cette doctrine atteint sa formule la plus dense. Dans Le Livre du Ciel, l'humilité est présentée comme la condition absolue de toute grâce :
« Aucune grâce ne quitte mon Trône, si ce n'est à travers l'humilité. Aucune prière n'est entendue par mes oreilles, si elle n'est pas parfumée d'humilité. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 3, 12 janvier 1900[44]
Elle en donne aussi une image inoubliable, où l'humilité devient le sel qui empêche toute vertu de se corrompre :
« L'humilité est le sel qui assaisonne toutes les vertus et préserve l'âme de la corruption du péché. Elle est la petite herbe qui pousse près des chemins : elle disparaît quand elle est piétinée, mais elle repousse ensuite plus belle qu'avant. » — Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 3, 12 janvier 1900[45]
La Litanie de l'humilité du cardinal Merry del Val
Au début du XXᵉ siècle, le cardinal Rafael Merry del Val, secrétaire d'État de saint Pie X, récitait après chaque messe une prière qui a depuis fait le tour du monde catholique : la Litanie de l'humilité. Elle demande, ligne après ligne, d'être délivré non seulement du désir d'être loué, honoré, préféré, mais aussi de la peur d'être humilié, oublié, méprisé :
« Du désir d'être estimé… du désir d'être loué… de la crainte d'être humilié… de la crainte d'être oublié… délivrez-moi, Jésus. Que les autres soient plus aimés que moi, pourvu que je devienne aussi saint que je le puis, Jésus, donnez-moi la grâce de le désirer. » — Litanie de l'humilité, attribuée au cardinal Rafael Merry del Val[46]
Cette prière condense tout l'enseignement des saints : l'humilité n'est pas seulement renoncer à la gloire, c'est consentir d'avance à l'effacement, et même à le désirer pour l'amour de Dieu.
Ce que l'humilité produit, selon les saints
Au-delà des définitions, les saints décrivent abondamment les fruits de l'humilité. Trois reviennent sans cesse : elle attire la grâce, elle donne la paix, elle ouvre la porte du Ciel.
Le tableau suivant rassemble, pour quelques grands témoins, l'idée maîtresse qu'ils attachent à cette vertu — une manière de voir d'un coup d'œil la convergence de leurs voix.
| Témoin | Œuvre | Idée maîtresse sur l'humilité |
|---|---|---|
| Saint Augustin | Lettre 118 ; Doctrine chrétienne | Première condition du chemin vers Dieu ; remède à l'orgueil |
| Saint Benoît | Règle, ch. 7 | Une échelle de douze degrés vers l'amour filial |
| Saint Bernard | Les Degrés de l'humilité | Se connaître soi-même pour se jeter en Dieu |
| Sainte Catherine de Sienne | Le Dialogue | La terre où s'enracine la charité |
| L'Imitation | Livre I | Aimer à être inconnu, garder la paix du cœur |
| Saint François de Sales | Introduction à la vie dévote | Patience douce envers ses propres fautes |
| Sainte Thérèse de Lisieux | Manuscrits | La petite voie : rester petit pour être élevé |
Elle attire la grâce : « Dieu résiste aux orgueilleux »
Le principe biblique est net : « Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne sa grâce aux humbles » (1 P 5, 5 ; Jc 4, 6, citant Pr 3, 34)[47]. Les saints en font la loi fondamentale de la vie spirituelle. Luisa Piccarreta l'entend dire au Christ sous une image de tendresse :
« Ma fille, plus tu t'abaisses, plus je me sens attiré à me courber vers toi et à te remplir de mes grâces. L'humilité attire ma lumière. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 3, 17 mars 1900[48]
L'humilité agit ainsi comme un aimant : plus l'âme descend, plus Dieu se penche. C'est l'exacte inversion de l'orgueil, qui croit monter et ne fait que repousser la grâce.
Elle donne la paix et la liberté du cœur
Les saints insistent : l'humble est paisible, parce qu'il n'a plus rien à défendre. N'attendant pas l'estime, il ne souffre pas du mépris. Saint Jean Chrysostome y voyait même une cuirasse contre les offenses : l'humilité « permet de ne pas sentir la morsure des insultes et de ne pas être mis en fureur par les outrages »[49]. L'Imitation promet à l'humble une sérénité que l'orgueilleux ne connaîtra jamais, et Luisa Piccarreta entend le Christ rapporter cette paix à la simple connaissance de soi :
« Lorsqu'un cœur est rempli de la connaissance de soi, les louanges des hommes sont comme les vagues de la mer qui montent et débordent, mais sans jamais dépasser leurs frontières. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 2, 23 avril 1899[50]
Elle est la racine de la prière et la clef du Paradis
Le Catéchisme l'enseigne : « L'humilité est le fondement de la prière » (CEC § 2559)[51], car on ne prie vraiment qu'en mendiant. Les saints vont plus loin : ils font de l'humilité la condition même du salut. Luisa Piccarreta l'entend dire en une formule lapidaire :
« L'humilité est la clef du Paradis, où personne ne peut entrer sans elle. L'humilité est le sourire de Dieu et de tout le Paradis. » — Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 3, 12 janvier 1900[52]
À l'inverse, tous dénoncent l'orgueil comme la racine de toute chute. « C'est par l'orgueil que les anges se sont perdus, par orgueil qu'Adam est tombé », fait dire le Christ à Charles de Foucauld[53]. Sur ce combat précis contre la racine de tous les vices, voir Comment grandir dans le combat contre l'orgueil.
Jésus et Marie, sommet de l'humilité
Toutes les paroles des saints renvoient finalement à deux modèles. L'humilité n'est pas d'abord une doctrine : c'est un visage — celui du Christ, et celui de sa Mère.
« Apprenez de moi, je suis doux et humble de cœur »
Une seule fois dans tout l'Évangile, le Christ propose explicitement de l'imiter — et c'est pour l'humilité :
« Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur. » — Évangile selon saint Matthieu 11, 29[54]
Saint Paul en a chanté le mouvement dans l'hymne de la kénose : le Christ, « de condition divine, s'est anéanti, prenant la condition de serviteur… il s'est abaissé, devenant obéissant jusqu'à la mort, et la mort de la croix » (Ph 2, 6-8)[55]. Le soir de la Cène, ce Dieu qui s'abaisse lave les pieds de ses disciples : « C'est un exemple que je vous ai donné » (Jn 13, 15)[56]. Tout ce que les saints disent de l'humilité n'est que le commentaire de ce geste.
Le Magnificat : l'humilité qui chante
La Vierge Marie est, après le Christ, le modèle achevé de l'humilité — non d'une humilité crispée, mais d'une humilité joyeuse, qui chante. Dans le Magnificat, elle ne nie pas la grandeur reçue ; elle la rapporte tout entière à Dieu :
« Il s'est penché sur son humble servante… Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. » — Cantique du Magnificat, Évangile selon saint Luc 1, 48-52[57]
C'est l'humilité parfaite : reconnaître les « merveilles » de Dieu en soi sans se les attribuer. Jésus le rappelait à la mystique Consolata Betrone : les petites âmes « sont fières des vertus dont elles sont ornées parce que Dieu les leur a données », et reportent sur lui seul « louange, honneur et gloire »[58]. Telle est la dernière leçon des saints : l'humilité n'efface pas les dons, elle les rend à leur Donateur — et, ce faisant, elle libère le cœur pour la louange.
Pour aller plus loin
- Comment grandir dans l'humilité — le chemin pratique : les degrés, les moyens concrets et les exercices pour avancer dans cette vertu.
- La connaissance du néant de l'homme, qui produit l'humilité — la nature et le fondement doctrinal de l'humilité.
- Comment grandir dans le combat contre l'orgueil — le combat contre le vice que l'humilité guérit.
- Utiliser nos péchés pour augmenter humilité et confiance — l'art salésien de tirer profit de ses fautes.
- Comment grandir dans la confiance — la vertu sœur de l'humilité, à laquelle elle ouvre toujours.
- Que disent les saints sur la confiance et Que disent les saints sur la charité — d'autres florilèges de la même série.
Notes et références
Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), Le Château intérieur (Las Moradas, 1577), Sixièmes Demeures, ch. 10. Texte original espagnol : « la humildad es andar en verdad ». Traduction française de référence : Œuvres complètes, Cerf / Seuil (trad. Marcelle Auclair), ou éd. du Carmel.
1 5Saint Grégoire le Grand (vers 540-604), Homélies sur les Évangiles, homélie 7 (prêchée le 17 décembre 590). Édition de référence : Sources Chrétiennes 485, Cerf, 2005. La sentence est devenue proverbiale : « qui sans humilité rassemble les vertus porte de la poussière au vent. »
2Saint Vincent de Paul (1581-1660), Saint Vincent de Paul par ses écrits, Médiaspaul, 2003, p. 88.
3Saint Augustin (354-430), Lettre 118 à Dioscore, § 22 (composée vers 410-411). Texte latin : « Prima est humilitas, secunda humilitas, tertia humilitas… » Édition de référence : Lettres, Bibliothèque augustinienne, Desclée de Brouwer / Institut d'Études Augustiniennes.
4Le Père éternel à sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Le Livre des Dialogues, Traité de la Discrétion, ch. IX, 5. Traduction française de référence : Le Dialogue, éd. du Cerf (coll. Sagesses chrétiennes).
6Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Sermons sur le Cantique des cantiques, sermon 36, §§ 5-6. Édition : Sancti Bernardi Opera II, Rome, 1958 (PL 183, 968-970) ; trad. Sources Chrétiennes, Cerf.
7Thomas a Kempis (vers 1380-1471), L'Imitation de Jésus-Christ, livre I, ch. 3, 4. Traduction de référence : Félicité de Lamennais (1824). L'attribution à Thomas a Kempis est la plus largement reçue.
8Thomas a Kempis, L'Imitation de Jésus-Christ, livre I, ch. 1, 3. Traduction Lamennais.
9Évangile selon saint Jean 15, 5, traduction liturgique officielle (AELF) : « En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. »
10Saint François d'Assise (1181/1182-1226), Admonitions, 19, 1-2. Édition de référence : François d'Assise — Écrits, Sources Chrétiennes 285, Cerf, 1981.
11Saint Benoît de Nursie (vers 480-547), Règle, ch. 4 (« Les instruments des bonnes œuvres »), §§ 42-43 : « Si l'on voit quelque bien en soi-même, l'attribuer à Dieu, non à soi ; mais le mal, savoir qu'on en est toujours l'auteur. » Édition critique : Sources Chrétiennes 181-186, Cerf, 1971-1972.
12Saint Vincent de Paul, Saint Vincent de Paul par ses écrits, Médiaspaul, 2003, p. 87.
13Saint Jean Climaque (vers 575-650), L'Échelle sainte (Klimax), premier degré, § 21. Traduction française : coll. Spiritualité orientale, abbaye de Bellefontaine.
14Saint Pacôme (vers 292-348), Conseils à un moine rancunier, éd. Saint-Léger, 2017, p. 31. Recueil tiré de la tradition pachômienne.
15Saint Augustin, La Doctrine chrétienne (De doctrina christiana), livre I, ch. 14. Édition de référence : Bibliothèque augustinienne, Institut d'Études Augustiniennes.
16Saint Augustin, Les Confessions, livre I, ch. 5. Édition de référence : Bibliothèque augustinienne, Institut d'Études Augustiniennes.
17Saint Jean Chrysostome (vers 349-407), homélie citée et traduite dans Trop occupé pour t'occuper de ta vie ?, anthologie chrysostomienne, Cerf, 2015, p. 36-37. L'image des deux chars commente la parabole du pharisien et du publicain (Lc 18, 9-14).
18Saint Jean Chrysostome, dans Trop occupé pour t'occuper de ta vie ?, Cerf, 2015, p. 37.
19Adam de Perseigne (vers 1145-1221), Lettres, lettre 15, §§ 157-158. Édition : Sources Chrétiennes 66, Cerf, p. 239.
20Saint Benoît, Règle, ch. 7 (« De l'humilité »), §§ 67-70 (conclusion sur les douze degrés). Parvenu au sommet, le moine garde les commandements « non plus par peur de l'enfer, mais par amour du Christ ». Édition Sources Chrétiennes 181-186, Cerf. Ce chapitre est l'un des plus longs (75 versets) et des plus commentés de la Règle ; l'image de l'échelle renvoie au songe de Jacob (Gn 28, 12).
21Saint Bernard de Clairvaux, La Considération (De consideratione), livre II, ch. 6 (Sancti Bernardi Opera III, p. 414). Trad. de référence : éd. du Cerf.
22Saint Bernard de Clairvaux, Sermons divers, 40, 3 (Sancti Bernardi Opera VI-1, p. 236). La connaissance de soi prend trois formes : « savoir ce qu'on a fait, ce qu'on a mérité, ce qu'on a perdu. »
23Saint Bernard de Clairvaux, Premier sermon pour la veille de Noël, § 3. Édition : Sources Chrétiennes, Cerf.
24Saint Thomas d'Aquin (1225-1274), Somme de théologie, IIa-IIae, question 161 (sur l'humilité), notamment a. 1-2. Thomas range l'humilité comme une espèce de la modestie, vertu annexe de la tempérance : elle modère et règle le mouvement de l'âme vers les choses élevées, en réprimant la présomption. Trad. de référence : éd. du Cerf / Revue thomiste.
25Le Père éternel à sainte Catherine de Sienne, Le Livre des Dialogues, Traité de la Discrétion, ch. IX, 4. Trad. Le Dialogue, éd. du Cerf.
26Le Père éternel à sainte Catherine de Sienne, Le Livre des Dialogues, Traité de la Discrétion, Introduction, IV, 5 : « Aucune vertu ne peut exister sans la charité et sans l'humilité, qui est la gouvernante et la nourrice de la charité. »
27Thomas a Kempis, L'Imitation de Jésus-Christ, livre I, ch. 2, 3. Traduction Lamennais : « Aimez à vivre inconnu et à n'être compté pour rien. »
28Thomas a Kempis, L'Imitation de Jésus-Christ, livre I, ch. 7, 3. Traduction Lamennais.
29Thomas a Kempis, L'Imitation de Jésus-Christ, livre I, ch. 3, 6. Traduction Lamennais.
30Saint François de Sales (1567-1622), Œuvres complètes, t. XIII, p. 29 (édition d'Annecy). Sur les deux sources de l'inquiétude : l'amour-propre et l'estime de soi.
31Saint François de Sales, Œuvres complètes, t. XIX, p. 301 (édition d'Annecy) : « Quand vous ferez des fautes, ne vous en étonnez point. »
32Saint François de Sales, Introduction à la vie dévote (1609), IIIᵉ partie, ch. 9, « De la douceur envers nous-mêmes ». Éditions courantes : Seuil, Téqui.
33Saint François de Sales, Œuvres complètes, t. XIV, p. 22 (édition d'Annecy). Conseil de patience et de recommencement quotidien.
34Saint François de Sales, Introduction à la vie dévote, Iʳᵉ partie, ch. 5 : la conversion comparée à l'aube qui dissipe les ténèbres peu à peu.
35Saint François de Sales, Traité de l'Amour de Dieu (1616), livre X, ch. 7 : « Au monastère de la vie dévote, chacun s'estime toujours novice. »
36Père Joseph Tissot (1840-1894), L'Art d'utiliser ses fautes, Le Laurier, 1991, p. 18 ; la citation sur le découragement est de Jean de Bernières-Louvigny, Le Chrétien intérieur, livre V, ch. 2, reprise dans le même ouvrage.
37Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus (1873-1897), Manuscrits autobiographiques, Manuscrit C, f. 2-3 (sur l'« ascenseur » de l'amour et la petite voie). Édition de référence : Œuvres complètes, Cerf / Desclée de Brouwer, 1992.
38Sœur Agnès de Jésus (Pauline Martin), sœur de sainte Thérèse de Lisieux, lettre à sa sœur Thérèse, 18-19 mars 1888, citée dans la correspondance familiale des Martin.
39Jésus, selon saint Charles de Foucauld (1858-1916), Écrits spirituels, J. de Gigord, 1937 (Huit jours à Éphrem), p. 127-128.
40Jésus, selon saint Charles de Foucauld, Écrits spirituels, J. de Gigord, 1937 (Huit jours à Éphrem), p. 133.
41 53Sainte Faustine Kowalska (1905-1938), Petit Journal, § 616. Édition de référence : éd. du Dialogue / Marie-Claire (Cracovie).
42Maria Simma (1915-2004), Premier cahier — Le Péché et la Confession, Rassemblement à Son Image, 2014, p. 4.
43Jésus à Luisa Piccarreta (1865-1947), Le Livre du Ciel, tome 3, 12 janvier 1900.
44Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 3, 12 janvier 1900.
45Litanie de l'humilité (Litany of Humility), prière traditionnellement attribuée au cardinal Rafael Merry del Val (1865-1930), secrétaire d'État de saint Pie X, qui la récitait après la messe. L'attribution précise reste discutée par les historiens, mais sa diffusion dans la dévotion catholique du XXᵉ siècle est solidement établie.
46Première lettre de saint Pierre 5, 5, traduction liturgique officielle (AELF). Le verset cite Proverbes 3, 34 (version grecque des Septante), repris aussi en Jacques 4, 6.
47Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 3, 17 mars 1900.
48Saint Jean Chrysostome, dans Trop occupé pour t'occuper de ta vie ?, Cerf, 2015, p. 37 : l'humilité empêche de sentir la morsure des insultes.
49Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 2, 23 avril 1899.
50Catéchisme de l'Église catholique, § 2559, « L'humilité est le fondement de la prière », citant saint Augustin : « L'homme est un mendiant de Dieu » (Sermon 56, 6, 9). Édition officielle française, Mame/Plon, 1992. Cf. aussi § 2540 et § 2631.
51Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 3, 12 janvier 1900.
52Évangile selon saint Matthieu 11, 29, traduction liturgique officielle (AELF). Seul passage de l'Évangile où le Christ propose explicitement de l'imiter — et c'est pour la douceur et l'humilité du cœur.
54Lettre de saint Paul aux Philippiens 2, 6-8 (hymne christologique de la kénose), traduction liturgique officielle (AELF). Le verbe grec ekénōsen (« il s'est vidé, anéanti ») a donné le terme théologique de kénose.
55Évangile selon saint Jean 13, 14-15 (lavement des pieds à la Cène), traduction liturgique officielle (AELF) : « C'est un exemple que je vous ai donné. »
56Évangile selon saint Luc 1, 48-52 (cantique du Magnificat), traduction liturgique officielle (AELF). Chanté chaque soir aux Vêpres dans la liturgie des Heures.
57Jésus à la vénérable sœur Consolata Betrone (1903-1946), Jésus parle au monde, Parvis, 1994, p. 21.
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