Comment grandir dans la confiance

Grandir dans la confiance ne se décrète pas : cela s'apprend pas à pas. Voici les degrés, les moyens concrets et les exercices que proposent les saints pour s'appuyer toujours plus sur l'amour de Dieu.

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Grandir dans la confiance n'est pas devenir optimiste ni sûr de soi : c'est apprendre, pas à pas, à s'appuyer sur Dieu plutôt que sur ses propres forces. La confiance chrétienne n'est pas un tempérament heureux — elle est un acte du cœur par lequel l'âme tient pour certain que Dieu l'aime, veille sur elle et fera tourner toutes choses à son bien, même ce qu'elle ne comprend pas.

La difficulté est qu'on ne décide pas un matin de « faire confiance ». Comme l'humilité, la confiance s'acquiert lentement, par des degrés, des exercices et des épreuves acceptées. Les saints ne se sont pas contentés d'en faire l'éloge : ils en ont décrit le chemin — la « petite voie » de sainte Thérèse, l'« acte de confiance » de saint Claude de la Colombière, le « croire à l'Amour » du Père d'Elbée, le « Jésus, j'ai confiance en Toi » de sainte Faustine.

Cet article est consacré à ce chemin pratique : comment progresser, par quels moyens, en évitant quels pièges. Pour la voix propre des saints sur ce thème, on se reportera au florilège Que disent les saints sur la confiance. Pour le fondement — la confiance qui jaillit de la misère reconnue et de la miséricorde infinie —, voir Le double abîme : introduction. Pour son prolongement, l'abandon total à la volonté de Dieu, voir Comment grandir dans l'abandon à Dieu.

Pourquoi chercher à grandir dans la confiance ?

La confiance, ce qui touche le plus le Cœur de Dieu

Dans toute la révélation, Dieu se présente moins comme un maître à craindre que comme un Père en qui se reposer. La confiance n'est donc pas une option de tempérament : elle est la réponse que Dieu attend de ses enfants. À Jaïre, le Christ en fait la condition du miracle espéré — une exigence que l'on retrouve avant bien des guérisons :

« Ne crains pas, crois seulement. » — Évangile selon saint Marc 5, 36[1]

Sainte Thérèse de Lisieux, qui a fait de la confiance le cœur de sa doctrine, va jusqu'à dire que ce qui blesse le plus le Cœur de Jésus n'est pas le péché de faiblesse, mais le refus de se fier à lui :

« Ce qui offense Jésus, ce qui le blesse au cœur, c'est le manque de confiance. » — Sainte Thérèse de Lisieux, lettre à sa cousine Marie Guérin, 30 mai 1889[2]

Chercher à grandir dans la confiance, ce n'est donc pas viser une qualité psychologique : c'est consoler le Cœur de Dieu et lui rendre amour pour amour. Le Père d'Elbée résume toute la vie spirituelle dans ce mouvement : « L'Amour appelle l'amour. Comment rendez-vous à Jésus amour pour Amour ? Avant tout et par-dessus tout par votre confiance en lui. »[3]

« Dans la confiance sera votre force »

La deuxième raison est que la confiance est une source de puissance. L'Écriture en fait le secret de la force des justes : non l'appui sur soi, mais l'appui sur Dieu.

« Par la conversion et le calme, vous serez sauvés ; dans la tranquillité, dans la confiance sera votre force. » — Livre d'Isaïe 30, 15[4]

Le Psautier en a fait la prière de tout croyant : « Sur Dieu, je prends appui : plus rien ne me fait peur ! Que peuvent sur moi des êtres de chair ? » (Ps 55, 5)[5]. La confiance ne supprime pas l'épreuve ; elle ôte la peur qui paralyse. Une âme qui grandit dans la confiance ne devient pas insouciante : elle devient forte, parce qu'elle ne compte plus sur ses propres ressources mais sur celles, infinies, de Dieu. Saint Paul l'avait éprouvé : « Je peux tout en celui qui me donne la force » (Ph 4, 13)[6].

La confiance ouvre les mains de Dieu

Enfin, la confiance est la mesure de ce que nous recevons. Dieu se donne à proportion de l'attente que nous mettons en lui. Sainte Faustine a reçu cette parole, devenue une des clés de la dévotion à la Miséricorde divine :

« Les grâces de ma miséricorde se puisent avec un seul vase, et c'est la confiance. Plus une âme aura confiance, plus elle recevra. » — Jésus à sainte Faustine, Petit Journal, § 1577[7]

C'est exactement ce que vérifiait Thérèse : « La confiance fait des miracles. »[8] Plus on attend de Dieu, plus il donne ; plus on s'appuie sur lui, plus il porte. À l'inverse, le manque de confiance ferme l'âme et lui interdit de recevoir. Grandir dans la confiance, c'est donc élargir sans cesse le vase que Dieu ne demande qu'à remplir.

📖 Voir aussi : Comment grandir dans l'espérance — la vertu théologale (l'une des trois vertus que Dieu met lui-même dans le cœur : la foi, l'espérance et la charité) dont la confiance est l'exercice filial et affectif.

Comprendre ce qu'on cherche à acquérir

Ce qu'est la confiance chrétienne : un appui humble et croyant sur la fidélité de Dieu. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Avant les moyens, une mise au point : beaucoup échouent à grandir dans la confiance parce qu'ils en visent une contrefaçon. On la confond avec l'optimisme, l'assurance en soi, ou un sentiment chaleureux qui irait et viendrait au gré des humeurs. La confiance chrétienne est tout autre chose.

La confiance n'est pas l'optimisme ni l'assurance en soi

L'optimisme parie que « tout ira bien » ; la confiance, elle, croit que Dieu fera bien, même si tout va mal humainement. L'assurance en soi s'appuie sur ses propres qualités ; la confiance s'appuie sur un Autre. C'est pourquoi elle peut grandir précisément quand les forces humaines s'effondrent. Le secret en est paradoxal, comme le note Thérèse à propos du petit roseau qu'elle se sent être :

« C'est sa faiblesse qui fait toute sa confiance. » — Sainte Thérèse de Lisieux, lettre 55 à Sœur Agnès de Jésus, 5-9 juillet 1888[9]

La vraie confiance ne dit donc jamais : « j'y arriverai » ; elle dit : « il y arrivera en moi. » Elle suppose qu'on ait d'abord renoncé à se fier à soi-même. C'est en ce sens qu'elle est inséparable de l'humilité.

La sœur jumelle de l'humilité

La tradition tient toujours ensemble ces deux vertus : l'humilité, qui désespère de soi, et la confiance, qui espère tout de Dieu. L'une sans l'autre se corrompt — l'humilité seule tourne au découragement, la confiance seule à la présomption. C'est ce que Jésus a dit à la Servante de Dieu Luisa Piccarreta (1865-1947) — la laïque italienne à qui Jésus a confié, dans Le Livre du Ciel, la doctrine de la vie dans la Divine Volonté, non la simple obéissance à Dieu mais une seule volonté avec lui — en une image saisissante :

« Si tu savais combien j'aime l'humilité ! L'humilité est la plus petite des plantes, mais ses branches s'élèvent jusqu'au Ciel […]. Les branches produites par l'humilité correspondent à la confiance. En somme, pas d'humilité vraie sans la confiance. L'humilité sans la confiance est une fausse vertu. » — Jésus à la Servante de Dieu Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 2, 3 avril 1899[10]

La vénérable Marthe Robin exprimait la même loi sous forme de balance : plus l'humilité descend, plus la confiance monte, et plus l'âme s'élève à l'amour[11]. Grandir dans la confiance et grandir dans l'humilité sont donc un seul et même chemin, parcouru des deux côtés. C'est pourquoi cet article est jumeau de Comment grandir dans l'humilité.

Le double abîme : la confiance naît de la misère reconnue

D'où vient alors la confiance ? Non de l'illusion d'être bon, mais de la découverte, faite en même temps, de deux abîmes : celui de notre misère, et celui — infiniment plus grand — de la miséricorde de Dieu. C'est l'intuition centrale de toute l'école de la confiance. Sainte Faustine la formule ainsi :

« Jésus, je me sens étrangement bien près de votre Cœur durant cette retraite. Rien ne trouble la profondeur de cette paix. Je place sous mes yeux, d'un côté, l'abîme de ma misère, et de l'autre, l'abîme de votre Miséricorde. » — Sainte Faustine, Petit Journal, § 1344[12]

Loin de décourager, la vue de notre faiblesse devient ici le point d'appui de la confiance : c'est la misère qui attire la miséricorde, comme le vide appelle ce qui le comble. Cette doctrine est développée pour elle-même dans l'article Le double abîme ; nous y renvoyons pour le fondement.

Les degrés de la croissance : de la demande à l'abandon

Les trois degrés de la confiance, de la demande à l'abandon. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

La confiance n'est pas un état qu'on possède d'un coup : c'est une dilatation progressive du cœur. On peut en distinguer trois étapes, du plus accessible au plus héroïque.

La confiance qui demande

Le premier degré est celui de la prière de demande. Croire que Dieu écoute, qu'il est bon, qu'il peut et veut donner — c'est déjà un acte de confiance. Jésus l'a multiplié dans l'Évangile : « Tout ce que vous demanderez dans la prière avec foi, vous l'obtiendrez » (Mt 21, 22)[13]. À ce stade, la confiance est encore intéressée à ses besoins, et c'est légitime : Dieu veut qu'on s'adresse à lui comme un enfant à son père, « combien plus votre Père du ciel donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui le lui demandent » (Lc 11, 13)[14]. Demander avec insistance, sans se lasser, est le premier exercice de la confiance.

La confiance qui se repose

Le deuxième degré dépasse la demande : c'est la confiance qui se repose en Dieu, qui cesse de s'agiter parce qu'elle se sait gardée. Le psalmiste en donne l'image du nourrisson contre sa mère : « Je tiens mon âme égale et silencieuse ; mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère » (Ps 130, 2)[15]. Ici, la confiance n'attend plus seulement un don : elle goûte une paix qui ne dépend plus des circonstances. C'est le repos du croyant qui, ayant tout remis à Dieu, n'a plus à porter le poids de sa propre vie.

La confiance qui s'abandonne

Le troisième degré est le sommet : la confiance devient abandon. On ne demande plus seulement que Dieu nous donne ce que nous voulons ; on lui remet le soin de vouloir et de choisir pour nous, certains qu'il aime mieux que nous-mêmes. C'est le mouvement de Thérèse :

« Je ne puis plus rien demander avec ardeur, excepté l'accomplissement parfait de la volonté du Bon Dieu sur mon âme. » — Sainte Thérèse de Lisieux, Manuscrits autobiographiques, Manuscrit A, f. 83r°[16]

Ce troisième degré rejoint la doctrine de l'abandon, traitée pour elle-même dans Comment grandir dans l'abandon à Dieu. La confiance en est la racine ; l'abandon, le fruit mûr.

La « petite voie » : grandir en rapetissant

Sainte Thérèse de Lisieux, 15 avril 1895. Photographie d'archive, Wikimedia Commons, domaine public.
La petite voie : reconnaître sa petitesse, tendre les bras et se laisser élever par la grâce. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Aucune sainte n'a autant éclairé le chemin pratique de la confiance que Thérèse de Lisieux (1873-1897), docteur de l'Église. Sa découverte est que l'on grandit dans la confiance non en devenant fort, mais en consentant à rester petit — car la petitesse seule attire la tendresse de Dieu.

L'image de l'ascenseur

Thérèse, se comparant aux grands saints, se voyait comme un grain de sable au pied d'une montagne. Au lieu de se décourager, elle chercha une « petite voie toute nouvelle » :

« Je voudrais trouver un ascenseur pour m'élever jusqu'à Jésus, car je suis trop petite pour monter le rude escalier de la perfection. […] L'ascenseur qui doit m'élever jusqu'aux cieux, ce sont vos bras, ô Jésus ! Pour cela je n'ai pas besoin de grandir ; au contraire, il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus. » — Sainte Thérèse de Lisieux, Manuscrits autobiographiques, Manuscrit C[17]

Le commentaire du Père d'Elbée est lumineux : « Ce que je ne peux faire, moi, Jésus le fera. Il me prendra et me montera lui-même au sommet de la montagne de l'amour. »[18] Grandir dans la confiance, c'est donc cesser de vouloir gravir par ses forces l'escalier de la perfection, et accepter d'être porté.

Avoir confiance « à cause de » ses misères

Le pas le plus audacieux de Thérèse est d'oser espérer non malgré ses fautes, mais à cause d'elles, puisqu'elles attirent la miséricorde. Peu avant sa mort, elle confiait à Mère Agnès :

« Si j'avais commis tous les crimes possibles, j'aurais toujours la même confiance, je sens que toute cette multitude d'offenses serait comme une goutte d'eau jetée dans un brasier ardent. » — Sainte Thérèse de Lisieux, Derniers Entretiens[19]

Le Père d'Elbée tire de là le renversement décisif : « Il faut avoir confiance, non pas malgré nos misères, mais à cause d'elles, puisque c'est la misère qui attire la Miséricorde. »[20] Et il diagnostique l'erreur la plus commune : « Je ne vous dis pas : "Vous croyez trop à votre misère." […] Mais je vous dis : "Vous ne croyez pas assez à l'Amour miséricordieux." »[21] Voilà le pivot de toute croissance : déplacer le regard de ses ténèbres vers le Soleil qui les consume. Sur l'art concret de relire ses fautes pour en faire un tremplin de confiance, voir Utiliser nos péchés pour augmenter notre humilité et notre confiance.

Les moyens concrets pour grandir dans la confiance

Six actes concrets, de la demande de grâce à la fidélité dans la nuit. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Voici le cœur pratique de cet article. Les maîtres spirituels n'ont pas seulement loué la confiance : ils ont indiqué des moyens précis, répétables, à la portée de chacun. On peut les regrouper en quelques grands chantiers.

Demander la confiance comme une grâce

Premier moyen, et le plus décisif : la confiance est d'abord un don, non une performance de la volonté. On ne se la fabrique pas par effort ; on la demande. Le Catéchisme rappelle que la prière filiale s'apprend dans un cœur qui se reconnaît pauvre et s'en remet à Dieu[22]. Demander chaque jour : « Jésus, augmente ma confiance », c'est déjà l'exercer. La répétition d'une courte invocation — « Jésus, j'ai confiance en Toi », donnée à sainte Faustine[23] — creuse peu à peu dans l'âme le sillon où la grâce s'établit.

Nourrir sa foi aux promesses de la Parole

La confiance s'appuie sur des promesses ; elle s'effondre quand on les oublie. Un moyen très concret est donc de méditer régulièrement les paroles par lesquelles Dieu s'engage : « Je ne te délaisserai pas, je ne t'abandonnerai pas » (He 13, 5)[24] ; « Même si une mère oubliait son nourrisson, moi je ne t'oublierai pas » (Is 49, 15)[25] ; « Venez à moi, vous tous qui peinez […], et moi je vous procurerai le repos » (Mt 11, 28)[26]. Apprendre par cœur quelques-unes de ces promesses, se les redire dans l'épreuve, c'est donner à la confiance un sol ferme. La foi nourrit la confiance : voir Comment grandir dans la foi.

Renoncer à l'inquiétude du lendemain

L'ennemi quotidien de la confiance est l'inquiétude — cette anticipation anxieuse de maux qui n'existent pas encore. Jésus la combat frontalement dans le Sermon sur la montagne :

« Ne vous inquiétez pas pour votre vie […]. Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, […] et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ? […] À chaque jour suffit sa peine. » — Évangile selon saint Matthieu 6, 25-34[27]

Saint François de Sales en a tiré une règle de vie : ne pas porter d'avance le poids de demain.

« Pensons seulement à bien faire aujourd'hui ; et quand le jour de demain sera arrivé, il s'appellera aussi aujourd'hui, et alors nous y penserons. [...] Il faut faire provision de manne pour chaque jour, et non plus ; et ne doutons point, Dieu en pleuvra demain d'autre, et passé demain, et tous les jours de notre pèlerinage. » — Saint François de Sales, lettre à Mademoiselle de Soulfour, 22 juillet 1603[28]

Le moyen pratique est de ramener sans cesse son cœur au moment présent — le seul où Dieu nous donne sa grâce. Le Père d'Elbée le redit : « C'est le moment présent qui importe. Vous pouvez toujours, dans le moment présent, tirer parti de tout le passé en le lui donnant. »[29] Cette manière de vivre « au jour le jour » est la porte de l'abandon (voir Comment grandir dans l'abandon à Dieu).

Transformer ses misères en élan de confiance

C'est l'exercice le plus libérateur. Au lieu de se laisser abattre par la vue de ses fautes — ce qui est encore de l'amour-propre déçu —, on apprend à s'en servir comme d'un tremplin vers la miséricorde. Saint Paul en avait découvert le secret :

« Je me glorifierai bien plutôt de mes faiblesses, afin que repose sur moi la puissance du Christ. […] Car lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort. » — Deuxième lettre aux Corinthiens 12, 9-10[30]

Concrètement : chaque fois qu'on tombe, au lieu de ruminer, faire aussitôt un acte de confiance et se jeter dans les bras de Dieu, comme l'enfant prodigue. La confession régulière est ici une école : non un tribunal qui condamne, mais le lieu où l'on apprend à se laisser relever. Sur ce renversement du regard, voir Humilité et confiance : changer de regard sur nos péchés et Comment grandir dans la confession régulière.

Poser des actes de confiance répétés

La confiance, comme tout habitus (comme toute disposition stable que la répétition installe durablement en nous), se forme par la répétition d'actes : comme une habitude qui s'ancre à force de recommencer. Les saints ont composé pour cela des prières d'abandon qu'on peut faire siennes. La plus célèbre est l'Acte de confiance en Dieu de saint Claude de la Colombière (1641-1682), confesseur de sainte Marguerite-Marie :

« Mon Dieu, je suis si persuadé que vous veillez sur ceux qui espèrent en vous […] que j'ai résolu de vivre désormais sans aucun souci, et de me décharger sur vous de toutes mes inquiétudes. […] Je puis tout perdre, mais non l'espérance que j'ai en votre miséricorde. » — Saint Claude de la Colombière, Acte de confiance en Dieu[31]

Réciter chaque jour un tel acte, lentement, en y engageant la volonté, imprime peu à peu dans l'âme la disposition qu'il exprime. On ne sent pas toujours la confiance ; mais on peut toujours la vouloir et la dire — et c'est cela qui la fait grandir.

Tenir dans la nuit : la confiance qui ne sent rien

La confiance se vérifie surtout dans l'épreuve, lorsque Dieu semble absent et que rien ne console. C'est précisément là qu'elle devient héroïque et qu'elle grandit le plus. Thérèse, dans la nuit de la foi qui marqua ses derniers mois, ne cessa de choisir la confiance contre le sentiment du néant. Elle écrivait déjà à Céline :

« Oh ! qu'il est exil, l'exil de la terre, surtout à ces heures où tout semble nous abandonner… Mais c'est alors qu'il est précieux. » — Sainte Thérèse de Lisieux, lettre à Céline[32]

Le moyen, dans ces moments, n'est pas de chercher à ressentir la confiance, mais de répéter l'acte dans la nuit : « Mon Dieu, je crois que vous m'aimez, même si je ne le sens pas. » C'est la confiance la plus pure, parce qu'elle ne s'appuie plus sur aucune consolation, mais sur la seule parole de Dieu. Job en est le modèle : « Quand il me tuerait, j'espérerais encore en lui » (Jb 13, 15, selon la Vulgate latine, la traduction latine de la Bible en usage dans l'Église)[33].

Imiter et invoquer ceux qui ont eu confiance

Enfin, on grandit dans une vertu en contemplant ceux qui l'ont vécue, et en leur demandant de la communiquer. La liturgie, les vies de saints, les psaumes de confiance (Ps 23, Ps 27, Ps 91, Ps 131) sont une nourriture quotidienne. Lire et relire ceux qui ont fait de la confiance leur chemin — Thérèse, Faustine, Claude de la Colombière, Charles de Foucauld, le Père d'Elbée — entretient et dilate la nôtre. Le florilège Que disent les saints sur la confiance rassemble pour cela leurs plus fortes paroles.

Les pièges à éviter en cherchant la confiance

Deux contrefaçons de la confiance et la voie juste entre elles. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

La confiance a deux contrefaçons symétriques : l'une qui présume, l'autre qui désespère. Les connaître protège la croissance.

La présomption : la fausse confiance qui dispense de l'effort

Premier piège : confondre la confiance avec la présomption, qui attend tout de Dieu sans rien faire de son côté — comme si la grâce dispensait du combat. C'est tenter Dieu plutôt que de se fier à lui. La vraie confiance n'oppose jamais la grâce et l'effort : elle agit comme si tout dépendait d'elle, tout en attendant tout de Dieu. C'est la formule d'équilibre devenue proverbiale, traditionnellement attribuée à saint Ignace de Loyola[34]. Mère Yvonne-Aimée résumait cette juste tension : se mettre à l'œuvre « avec une sincère et entière défiance de moi-même, unie à une pleine confiance en Lui »[35]. La confiance ne supprime donc pas la responsabilité : elle la soutient.

Le découragement : la défiance déguisée en humilité

Second piège, inverse et plus subtil : le découragement, qui se prend pour de l'humilité. Se croire un cas désespéré, ressasser ses échecs, douter que Dieu puisse encore nous relever — tout cela paraît humble, mais c'est en réalité un manque de confiance, donc une blessure faite au Cœur de Dieu. La vraie humilité ne désespère jamais, parce qu'elle ne comptait pas sur soi de toute façon. Comme le redit le Père d'Elbée, « nous sommes encore bien plus misérables que nous ne le voyons » — mais cela même doit augmenter la confiance, non la diminuer[36]. Le découragement regarde le péché ; la confiance regarde le Sauveur. Sur cette confusion fréquente, voir Humilité et confiance : changer de regard sur nos péchés.

Les fruits d'une confiance grandissante

Les fruits mûrs de la confiance et les racines qui les nourrissent. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

À quoi reconnaît-on qu'on grandit réellement dans la confiance ? Non à un sentiment, mais à des fruits stables.

La paix, même dans la tempête

Le premier fruit est une paix qui ne dépend plus des circonstances. Celui qui s'est remis à Dieu n'a plus à porter le poids de l'avenir : il dort, comme Jésus, dans la barque battue par les flots (Mc 4, 38). Saint Paul promet cette paix précisément à ceux qui remettent tout à Dieu par la prière confiante : « la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu'on peut concevoir, gardera vos cœurs » (Ph 4, 6-7)[37]. Cette paix est le thermomètre de la confiance : là où l'inquiétude domine, la confiance est encore faible ; là où la paix demeure dans l'épreuve, elle a grandi.

L'audace et la joie des enfants de Dieu

Le deuxième fruit est une liberté audacieuse. Celui qui se sait aimé et porté ose entreprendre, demander, espérer de grandes choses — non par présomption, mais parce qu'il compte sur Dieu et non sur lui. Thérèse osait tout précisément à cause de sa petitesse. La confiance engendre aussi la joie : non l'euphorie, mais la sérénité profonde de l'enfant qui sait son Père tout-puissant et bon. « Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur » (Ph 4, 4)[38] : cette joie est le signe d'une confiance qui s'est établie.

Une prière qui obtient

Enfin, la confiance ouvre la main de Dieu. Le Christ lie expressément l'exaucement à la foi confiante : « Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l'avez déjà reçu, et cela vous sera accordé » (Mc 11, 24)[39]. Plus la confiance grandit, plus la prière devient hardie et féconde — non que la confiance force la main de Dieu, mais parce qu'elle dispose l'âme à recevoir ce qu'il brûle de donner. On retrouve la loi de Faustine : la grâce se puise « avec le vase de la confiance ».

Marie et Jésus, maîtres de la confiance

Giotto, Les Noces de Cana, chapelle des Scrovegni. Reproduction patrimoniale, Wikimedia Commons, domaine public.

On ne grandit pas dans une vertu en la fixant comme un idéal abstrait, mais en contemplant ceux qui l'ont vécue parfaitement. Or la confiance a deux maîtres souverains.

Marie : « Faites tout ce qu'il vous dira »

Marie est le modèle accompli de la confiance. À l'Annonciation, sans rien comprendre du « comment », elle s'en remet entièrement à la parole de Dieu : « Qu'il me soit fait selon ta parole » (Lc 1, 38)[40]. À Cana, devant une situation sans issue humaine, elle ne dicte rien à son Fils ; elle lui remet le problème et oriente les serviteurs vers une obéissance confiante :

« Faites tout ce qu'il vous dira. » — Évangile selon saint Jean 2, 5[41]

C'est la formule même de la confiance agissante : on expose à Dieu le manque, puis on fait, dans la paix, ce qu'il demande, en lui laissant le soin du résultat. Prendre Marie pour maîtresse, c'est apprendre à espérer contre toute espérance (cf. Rm 4, 18), comme elle au pied de la Croix.

Jésus : « Père, entre tes mains »

Jésus, lui, a vécu la confiance jusqu'à son point extrême. À Gethsémani, devant l'angoisse, il ne cesse pas de dire « Père », et remet sa volonté à celle, plus grande, de son Père : « non pas ma volonté, mais la tienne » (Lc 22, 42)[42]. Et sur la Croix, dans l'abandon apparent, il prononce l'acte de confiance suprême, qui récapitule tout le chemin :

« Père, entre tes mains je remets mon esprit. » — Évangile selon saint Luc 23, 46[43]

Contempler ce Fils qui se confie jusque dans la mort est le plus puissant des moyens : devant tant de confiance, la nôtre n'a plus d'excuse pour rester timide. Grandir dans la confiance, en définitive, c'est ressembler au Christ, et faire nôtre, à chaque heure, le mot par lequel il s'est remis à son Père.

Un chemin concret, jour après jour

La confiance ne grandit pas par grandes résolutions héroïques, mais par une fidélité menue et répétée. On peut résumer les moyens étudiés en un programme simple, gradué du plus accessible au plus exigeant :

Un rythme quotidien pour apprendre à se confier, du réveil à l'action de grâce du soir. Infographie originale Ignispedia créée par IA.
FréquenceExercice de confianceCe qu'il travaille
Chaque jourUne courte invocation : « Jésus, j'ai confiance en Toi »La confiance comme don
Chaque jourMéditer une promesse de l'Écriture et se la redireLe sol ferme de la foi
Chaque jourRamener son cœur au moment présent, lâcher l'inquiétude du lendemainLe repos en la Providence
À chaque chuteFaire aussitôt un acte de confiance plutôt que ruminerLa misère changée en élan
SouventRéciter lentement un acte d'abandon (Colombière, Foucauld)La répétition des actes
Dans l'épreuveChoisir la confiance contre le sentiment, tenir dans la nuitLa confiance héroïque
RégulièrementConfession et relecture paisible de ses fautesLe regard tourné vers le Sauveur

Lecture du tableau : aucun de ces exercices n'est spectaculaire ; c'est leur répétition fidèle qui transforme. On commence par un ou deux, on les tient, on ajoute ensuite.

L'essentiel est de ne pas viser la confiance en général, mais de saisir, aujourd'hui, l'occasion concrète qui se présente — cette inquiétude à déposer, cette faute à transformer en élan, cette épreuve où il faut choisir de s'appuyer sur Dieu. Car la confiance est, des trois, la vertu qui réjouit le plus le Cœur de Dieu : à chaque pas vrai vers lui, il répond par un don qui élève. Comme le résume Thérèse, « c'est la confiance, et rien que la confiance, qui doit nous conduire à l'Amour »[44].

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Évangile selon saint Marc 5, 36, traduction liturgique officielle (AELF). Parole de Jésus à Jaïre, à l'annonce de la mort de sa fille. La même exigence de confiance précède la guérison.

    1
  2. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus (1873-1897), lettre 92 (LT 92) à sa cousine Marie Guérin, datée du jeudi 30 mai 1889, sur les scrupules autour de la communion. Texte vérifié verbatim (« Ce qui offense Jésus, ce qui le blesse au coeur c'est le manque de confiance !... »). Édition critique : Correspondance générale, t. I (1877-1890) ; Œuvres complètes, Cerf / Desclée de Brouwer, 1992. Texte consultable aux Archives du Carmel de Lisieux (LT 92 à Marie Guérin, 30 mai 1889).

    2
  3. Père Jean du Cœur de Jésus d'Elbée (1892-1982), Croire à l'Amour, éd. Pierre Téqui, ch. II « La confiance », p. 43-44. L'ouvrage est un commentaire spirituel de la « petite voie » de sainte Thérèse.

    3
  4. Livre d'Isaïe 30, 15, traduction liturgique officielle (AELF). Reproche de Dieu à Israël qui cherche sa sécurité dans les alliances politiques au lieu de se confier en lui.

    4
  5. Psaume 55, 5, traduction liturgique officielle (AELF). Refrain de confiance répété au verset 12. La numérotation liturgique suit ici les traductions anciennes de la Bible — la Septante (la traduction grecque) et la Vulgate (la traduction latine en usage dans l'Église) — qui numérotent ce psaume 55 ; 56 dans la Bible hébraïque.

    5
  6. Lettre de saint Paul aux Philippiens 4, 13, traduction liturgique officielle (AELF). Citée par le Père d'Elbée comme charte de la confiance (Croire à l'Amour, avec renvoi explicite « Ph 4, 13 »).

    6
  7. Sainte Faustine Kowalska (1905-1938), Petit Journal. La Miséricorde divine dans mon âme, § 1577 de l'édition française (Association Marie-Reine de la Paix), éd. Marians of the Immaculate Conception. Le même passage est numéroté § 1578 dans l'édition anglaise des Marians (décalage d'un paragraphe entre les deux éditions ; le § 1578 français est le passage sur l'hypocrisie). Le sens est confirmé par la trad. anglaise des Marians : « The graces of My mercy are drawn by means of one vessel only, and that is – trust. The more a soul trusts, the more it will receive. » (le polonais naczynie = vase, vaisseau).

    7
  8. Sainte Thérèse de Lisieux, lettre LT 129 à Céline, datée du 8 juillet 1891 : « Ne nous lassons pas de prier, la confiance fait des miracles » — à propos de la prière pour la conversion du « malheureux prodigue », un prêtre défroqué parcourant la France. Édition : Correspondance générale, t. II (1890-1897), Cerf / Desclée de Brouwer ; texte consultable aux Archives du Carmel de Lisieux.

    8
  9. Sainte Thérèse de Lisieux, lettre 55 (LT 55) à Sœur Agnès de Jésus, 5-9 juillet 1888, image du « petit roseau » : « C'est sa faiblesse qui fait toute sa confiance, il ne saurait se briser puisque, quelque chose qui lui arrive, il ne veut voir que la douce main de son Jésus. » Édition : Correspondance générale, Cerf / Desclée de Brouwer.

    9
  10. Jésus à la Servante de Dieu Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 2, 3 avril 1899 (« Sans la confiance, l'humilité est fausse »). Passage vérifié page à page : éd. française traduite du manuscrit italien par Guy Harvey, GE-La Volonté Divine – Lumen Luminis (pour usage privé), p. 20. Le crochet [...] couvre : « entourant mon trône et pénétrant profondément dans mon Cœur ».

    10
  11. Vénérable Marthe Robin (1902-1981), Journal : décembre 1929 - novembre 1932, Éditions Foyer de Charité, 2012, p. 36.

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  12. Sainte Faustine, Petit Journal, § 1344 (retraite, quatrième jour) : « Jésus, je me sens étrangement bien près de Votre Cœur durant cette retraite. Rien ne trouble la profondeur de cette paix. Je place sous mes yeux, d'un côté, l'abîme de ma misère, et de l'autre, l'abîme de Votre Miséricorde. » Édition : Petit Journal. La Miséricorde divine dans mon âme, Association Marie-Reine de la Paix / Marians of the Immaculate Conception. La doctrine des « deux abîmes » (misère et miséricorde) est au cœur de la spiritualité de la confiance.

    12
  13. Évangile selon saint Matthieu 21, 22, traduction liturgique officielle (AELF). Promesse de Jésus liée à la prière « avec foi » après l'épisode du figuier desséché.

    13
  14. Évangile selon saint Luc 11, 13, traduction liturgique officielle (AELF). Conclusion de l'enseignement sur la prière confiante (l'ami importun) : le Père donne « combien plus » l'Esprit Saint.

    14
  15. Psaume 130 ; 131 dans la Bible hébraïque, 2, traduction liturgique officielle (AELF). L'un des psaumes de confiance les plus purs ; image de l'enfant rassasié contre sa mère. La numérotation liturgique suit ici les traductions anciennes de la Bible — la Septante (la traduction grecque) et la Vulgate (la traduction latine en usage dans l'Église) — qui numérotent ce psaume 130 ; 131 dans la Bible hébraïque.

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  16. Sainte Thérèse de Lisieux, Manuscrits autobiographiques, Manuscrit A, f. 83r° (rédigé en janvier 1895, vers la fin du récit) : « ...maintenant c'est l'abandon seul qui me guide, je n'ai point d'autre boussole !... Je ne puis plus rien demander avec ardeur, excepté l'accomplissement parfait de la volonté du Bon Dieu sur mon âme sans que les créatures puissent y mettre obstacle. » Édition : Œuvres complètes, Cerf / Desclée de Brouwer, 1992. Le désir unique de l'accomplissement de la volonté de Dieu marque le passage de la confiance à l'abandon.

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  17. Sainte Thérèse de Lisieux, Manuscrits autobiographiques, Manuscrit C, f. 2-3 (l'image de l'« ascenseur » qui sont les bras de Jésus). Cité par le Père d'Elbée, Croire à l'Amour, p. 46-47. Référence scripturaire : Pr 9, 4 et Is 66, 12-13.

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  18. Père d'Elbée, Croire à l'Amour, éd. Téqui, p. 47-48, commentaire de la « petite voie » de sainte Thérèse.

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  19. Sainte Thérèse de Lisieux, Derniers Entretiens, parole rapportée par Mère Agnès de Jésus (Pauline). Édition : Derniers Entretiens, Cerf / DDB, 1971. Citée par le Père d'Elbée, Croire à l'Amour, p. 50.

    19
  20. Père d'Elbée, Croire à l'Amour, éd. Téqui, p. 49 : « Il faut avoir confiance, non pas malgré nos misères, mais à cause d'elles, puisque c'est la misère qui attire la Miséricorde. »

    20
  21. Père d'Elbée, Croire à l'Amour, éd. Téqui, p. 48-49 : « Vous ne croyez pas assez à l'Amour miséricordieux. »

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  22. Catéchisme de l'Église catholique, § 2734-2741, sur la prière de demande et la « confiance filiale » qui s'éprouve dans le combat de la prière. Édition officielle française, Mame/Plon, 1992.

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  23. Sainte Faustine, Petit Journal, § 47-48 : inscription que le Christ demande de placer sous l'image de la Miséricorde — « Jésus, j'ai confiance en Toi » (polonais : Jezu, ufam Tobie).

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  24. Lettre aux Hébreux 13, 5, traduction liturgique officielle (AELF), citant Dt 31, 6 et Jos 1, 5.

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  25. Livre d'Isaïe 49, 15, traduction liturgique officielle (AELF). Image de la tendresse de Dieu supérieure à celle d'une mère.

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  26. Évangile selon saint Matthieu 11, 28, traduction liturgique officielle (AELF). Invitation au repos, immédiatement suivie de l'appel à apprendre du Christ « doux et humble de cœur » (Mt 11, 29).

    26
  27. Évangile selon saint Matthieu 6, 25-34 (Sermon sur la montagne, sur la Providence), traduction liturgique officielle (AELF). Versets-clés : 26 (les oiseaux), 28-29 (les lis), 33 (« cherchez d'abord le Royaume »), 34 (« à chaque jour suffit sa peine »).

    27
  28. Saint François de Sales (1567-1622), lettre CXC à Mademoiselle de Soulfour, Annecy, 22 juillet 1603. Texte cité d'après l'original (orthographe modernisée) : « ...n'ayons soin du lendemain (Mt 6,34). Pensons seulement a bien faire aujourd'huy ; et quand le jour de demain sera arrivé il s'appellera aussy aujourd'huy, et lhors nous y penserons... Il faut faire provision de manne pour chasque jour, et non plus (Ex 16,16) ; et ne doutons point, Dieu en pleuvra demain d'autre, et passé demain, et tous les jours de nostre pelerinage. » Édition : Œuvres, édition d'Annecy (Visitandines), t. XI, lettre CXC.

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  29. Père d'Elbée, Croire à l'Amour, éd. Pierre Téqui, 2007, p. 273-274 (orthographe modernisée dans l'article) : « Vous pouvez toujours dans la minute presente vous jeter dans les bras de Jesus... C'est le moment present qui importe. Vous pouvez toujours dans le moment present tirer parti de tout le passe en le lui donnant, pour vous enfoncer au fond de son cœur. » Voir aussi Jean-Pierre de Caussade, L'Abandon à la divine Providence.

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  30. Deuxième lettre de saint Paul aux Corinthiens 12, 9-10, traduction liturgique officielle (AELF). « L'écharde dans la chair » : la faiblesse acceptée devient le lieu de la puissance du Christ.

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  31. Saint Claude de la Colombière (1641-1682), Acte de confiance en Dieu (aussi appelé Acte d'abandon), prière composée d'après ses écrits de retraite. Jésuite, confesseur de sainte Marguerite-Marie Alacoque à Paray-le-Monial, canonisé en 1992. Texte largement diffusé dans les recueils de prières ; édition des Œuvres complètes, éd. Guibert.

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  32. Sainte Thérèse de Lisieux, lettre LT 129 à Céline, datée du 8 juillet 1891 : « Oh ! qu'il est exil, l'exil de la terre surtout à ces heures où tout semble nous abandonner... Mais c'est alors qu'il est précieux, c'est alors que luisent les jours du salut... » Édition : Correspondance générale, t. II (1890-1897), Cerf / Desclée de Brouwer ; texte consultable aux Archives du Carmel de Lisieux. La confiance « à ces heures où tout semble nous abandonner » annonce la nuit de la foi de ses derniers mois.

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  33. Livre de Job 13, 15, cité ici selon la leçon de la Vulgate latine (la traduction latine de la Bible en usage dans l'Église : « Etiam si occiderit me, in ipso sperabo »). L'hébreu se lit autrement, d'où les traductions modernes : « S'il doit me tuer, je n'ai plus d'espoir : je veux seulement, face à lui, justifier ma conduite » (traduction liturgique officielle, AELF). Modèle vétérotestamentaire de la confiance qui résiste à l'épreuve extrême.

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  34. Maxime traditionnellement attribuée à saint Ignace de Loyola (1491-1556) : agir comme si tout dépendait de Dieu, et se donner comme si tout dépendait de nous (la formulation circule en deux versions inversées). Aucun texte d'Ignace ne la contient en ces termes ; l'équilibre entre la grâce attendue de Dieu et l'effort demandé à l'homme traverse en revanche toute sa spiritualité, notamment les Exercices spirituels.

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  35. Mère Yvonne-Aimée de Malestroit (1901-1951), Écrits spirituels présentés par René Laurentin, François-Xavier de Guibert, 2011, p. 53 ([14] novembre 1922, n° 417) : « Ainsi fera pour moi le soleil du Bon Dieu, dès le moment où je me mettrai à l'œuvre avec calme, avec suite, avec une sincère et entière défiance de moi-même, unie à une pleine confiance en Lui. »

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  36. Père d'Elbée, Croire à l'Amour, éd. Téqui, p. 49 : « Nous sommes encore bien plus misérables que nous ne le voyons » — mais cette vue doit augmenter la confiance, non la détruire.

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  37. Lettre de saint Paul aux Philippiens 4, 6-7, traduction liturgique officielle (AELF) : la prière confiante et l'action de grâce comme remède à l'inquiétude, et la « paix de Dieu » comme fruit.

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  38. Lettre de saint Paul aux Philippiens 4, 4, traduction liturgique officielle (AELF) : « Soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie. »

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  39. Évangile selon saint Marc 11, 24, traduction liturgique officielle (AELF). Lien explicite entre la foi confiante et l'exaucement de la prière.

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  40. Évangile selon saint Luc 1, 38, traduction liturgique officielle (AELF). Le fiat de l'Annonciation, acte parfait de confiance et d'abandon de Marie.

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  41. Évangile selon saint Jean 2, 5, traduction liturgique officielle (AELF). Dernière parole de Marie rapportée par l'Évangile, aux noces de Cana.

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  42. Évangile selon saint Luc 22, 42, traduction liturgique officielle (AELF). Prière de Jésus à Gethsémani : la confiance filiale au sommet de l'épreuve.

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  43. Évangile selon saint Luc 23, 46, traduction liturgique officielle (AELF), citant le Psaume 30 ; 31 dans la Bible hébraïque, v. 6. Dernier mot du Christ en croix selon saint Luc : l'acte de confiance suprême.

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  44. Sainte Thérèse de Lisieux, lettre 197 (LT 197) à Sœur Marie du Sacré-Cœur, 17 septembre 1896 : « C'est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l'Amour. » Édition : Correspondance générale, Cerf / DDB. Reprise par le Père d'Elbée comme devise de tout son ouvrage.

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