De toutes les vertus théologales, l'espérance est celle dont on parle le moins. On célèbre volontiers la foi et la charité ; l'espérance, on la suppose acquise, comme un fond d'optimisme dont chacun disposerait à sa mesure. Les saints, eux, n'ont jamais traité l'espérance à distance : ils l'ont nommée, chantée, défendue, et surtout vécue comme la force qui tient l'âme debout quand tout semble perdu. Réunir leurs paroles, c'est découvrir que la vertu réputée la plus tiède est en réalité la plus audacieuse — celle qui ose tout attendre de Dieu.
Cet article est un florilège : il rassemble la voix propre des saints, des docteurs et des mystiques sur l'espérance, en laissant parler leurs textes. Pour la doctrine et le chemin pratique — la nature de l'espérance, ses deux objets selon saint Thomas, ses deux ennemis et les moyens concrets de la faire croître —, on se reportera à Comment grandir dans l'espérance. Pour les contresens courants — espérance confondue avec l'optimisme, le fatalisme ou la fuite —, voir Les erreurs fréquentes concernant l'espérance. Pour la face filiale et affective de cette vertu, voir Comment grandir dans la confiance et Comment grandir dans l'abandon à Dieu. Et pour la voix des saints sur les deux vertus sœurs, voir Que disent les saints sur la foi et Que disent les saints sur la charité.
Une vertu qu'on croit facile
« L'espérance ne va pas de soi »
Le premier service que rendent les saints est de détruire l'illusion d'une espérance facile. Le poète Charles Péguy, dans Le Porche du mystère de la deuxième vertu — lui qui n'est ni saint, ni docteur, ni mystique — a exprimé avec une force rare que c'est la foi, et non l'espérance, qui va de soi :
« La foi va de soi. La foi marche toute seule. Pour croire il n'y a qu'à se laisser aller, il n'y a qu'à regarder. […] Mais l'espérance ne va pas de soi. L'espérance ne va pas toute seule. Pour espérer, mon enfant, il faut être bien heureux, il faut avoir obtenu, reçu une grande grâce. » — Charles Péguy, Le Porche du mystère de la deuxième vertu[1]
Péguy en tire une conséquence redoutable : si l'espérance est la plus difficile des trois vertus, son contraire — le découragement — est la pente naturelle de l'âme. « C'est d'espérer qui est difficile », écrit-il ; « le facile et la pente est de désespérer, et c'est la grande tentation. »[2] Tout l'enseignement des saints sur l'espérance vise précisément à remonter cette pente.
Ce que les saints appellent « espérance »
Avant de chanter l'espérance, les docteurs la définissent, pour qu'on ne la confonde pas avec un vague optimisme. Saint Augustin pose la première borne : l'espérance ne regarde ni le passé, ni le présent, ni le mal, mais seulement un bien à venir.
« L'espérance n'a pour objet que de bonnes choses, et seulement des choses à venir, et qui concernent celui dont on dit qu'il porte cette espérance. » — Saint Augustin, Manuel de la foi, de l'espérance et de la charité[3]
Saint Thomas d'Aquin précise la structure de cet objet : l'espérance se tend vers « un bien futur, ardu, possible à obtenir »[4]. Quatre notes inséparables : un bien (non un mal), futur (non possédé), ardu (difficile, qui passe la portée de nos seules forces) et pourtant possible — possible parce qu'un Autre nous aide. Car le propre de la vertu théologale d'espérance, ajoute le docteur angélique, est de ne pas s'appuyer sur soi mais sur Dieu :
« Dans la mesure où nous espérons obtenir quelque chose par le secours divin, notre espérance atteint Dieu lui-même, sur l'aide duquel elle s'appuie. » — Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIa-IIae, q. 17, a. 2[5]
C'est ce que résume le Catéchisme lorsqu'il définit l'espérance : « L'espérance est la vertu théologale par laquelle nous désirons comme notre bonheur le Royaume des cieux et la Vie éternelle, en mettant notre confiance dans les promesses du Christ et en prenant appui, non sur nos forces, mais sur le secours de la grâce du Saint-Esprit »[6]. Espérer, au sens des saints, ce n'est donc pas prévoir que tout ira bien : c'est attendre Dieu lui-même d'un Dieu qui a promis.
« Espérer contre toute espérance » : l'audace des saints
Abraham, père de ceux qui espèrent
La figure que l'Écriture donne aux saints comme modèle d'espérance n'est pas un rêveur tranquille, mais un vieillard sans descendance à qui Dieu promet une postérité innombrable. Saint Paul forge à son sujet la formule qui résume toute l'audace chrétienne :
« Espérant contre toute espérance, il a cru ; ainsi est-il devenu le père d'un grand nombre de nations. » — Lettre aux Romains 4, 18[7]
Espérer « contre toute espérance » : non pas quand les chances sont bonnes, mais quand elles sont nulles. L'espérance des saints commence exactement là où l'espoir humain s'arrête. Et Paul en donne le fondement : cette espérance « ne déçoit pas », parce qu'elle ne repose pas sur nous.
« La détresse produit la persévérance ; la persévérance produit la vertu éprouvée ; la vertu éprouvée produit l'espérance ; et l'espérance ne déçoit pas, puisque l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné. » — Lettre aux Romains 5, 3-5[8]
C'est pourquoi Paul peut écrire que le salut lui-même nous est donné sous le mode de l'espérance : « Car nous avons été sauvés, mais c'est en espérance […] ; nous l'attendons avec persévérance »[9]. Déjà sauvés, et pourtant encore en marche : telle est la condition du voyageur que les saints n'ont cessé de méditer.
Saint Jean de la Croix : « on obtient autant qu'on espère »
Aucun saint n'a poussé plus loin l'audace de l'espérance que le docteur mystique du Carmel. Dans un de ses poèmes, saint Jean de la Croix énonce une loi spirituelle que toute la tradition retiendra : l'espérance reçoit à la mesure exacte de ce qu'elle ose attendre.
« Car l'espérance du ciel obtient autant qu'elle espère. » — Saint Jean de la Croix, Tras un amoroso lance[10]
La formule est vertigineuse : Dieu ne se mesure pas, et l'espérance est la main qui puise. Plus elle est large, plus elle reçoit ; petite, elle ne reçoit que peu — non que Dieu donne avec parcimonie, mais parce que l'âme ne lui tend qu'un dé à coudre. Le péché contre l'espérance, dans cette lumière, n'est pas de trop attendre de Dieu : c'est de ne pas en attendre assez.
Sainte Thérèse de Lisieux : la confiance qui ose tout
Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus a fait de cette maxime de Jean de la Croix le cœur de sa « petite voie ». Ses sœurs rapportent qu'elle aimait à la répéter, en l'appliquant à l'audace de la confiance :
« On reçoit de Dieu tout autant qu'on en espère. » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, citée dans Conseils et souvenirs[11]
Là est toute sa découverte : ce n'est pas la grandeur des mérites qui touche Dieu, mais la grandeur de la confiance. Plus une âme se sait petite et pauvre, plus elle peut espérer grand — à condition de tout attendre de la miséricorde, et rien d'elle-même. C'est le sens de la parole devenue célèbre, écrite à sa sœur Marie quelques mois avant sa mort :
« C'est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l'Amour. » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Lettre 197[12]
Cette confiance n'est pas naïveté : Thérèse l'a tenue dans l'épreuve, dès ses premières années au Carmel. « Je souffre !… mais l'espoir de la Patrie me donne du courage », écrivait-elle à sa sœur Agnès en 1889, « bientôt nous serons au Ciel »[13]. L'espérance, chez elle, n'est jamais un sentiment : c'est un acte renouvelé contre l'évidence, « contre toute espérance ».
L'espérance, ancre dans la tempête
« Une ancre sûre et solide »
Le symbole que l'Écriture donne à l'espérance n'est pas une aile mais une ancre — ce qui retient le navire immobile sous la tempête, planté dans un fond qu'on ne voit pas.
« Cette espérance, nous la tenons comme une ancre sûre et solide pour l'âme ; elle entre au-delà du rideau, dans le Sanctuaire. » — Lettre aux Hébreux 6, 19[14]
L'ancre de l'âme n'est pas accrochée à ce monde, mais au Ciel où le Christ est déjà entré. C'est ce qui explique le calme étrange des saints dans l'épreuve : ils sont tenus par le haut.
Sainte Thérèse d'Avila : « Que rien ne te trouble »
La grande réformatrice du Carmel a laissé, sur un signet glissé dans son bréviaire et retrouvé à sa mort, les vers les plus célèbres jamais écrits sur la paix de l'espérance :
« Que rien ne te trouble, que rien ne t'effraie ; tout passe, Dieu ne change pas ; la patience obtient tout ; celui qui possède Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit. » — Sainte Thérèse d'Avila, « Nada te turbe »[15]
Tout y est : l'espérance désarme la peur (« que rien ne t'effraie ») parce qu'elle relativise tout ce qui passe (« tout passe ») et s'attache à l'unique qui demeure (« Dieu ne change pas »). La conclusion — « Dieu seul suffit » (Sólo Dios basta) — est le condensé de toute l'espérance théologale : qui a Dieu pour terme ne peut être déçu, car Dieu ne se perd pas.
Saint Claude de la Colombière : l'acte de confiance
Le directeur de sainte Marguerite-Marie a composé un Acte de confiance en Dieu qui est sans doute le plus pur acte d'espérance de la tradition. Il y pousse le raisonnement de l'espérance jusqu'à sa pointe logique : puisque Dieu ne peut tromper celui qui s'appuie sur lui, l'espérance est rigoureusement à l'abri de tout échec.
« Mon Dieu, je suis si persuadé que vous veillez sur ceux qui espèrent en vous, et qu'on ne peut manquer de rien quand on attend de vous toutes choses, que j'ai résolu de vivre à l'avenir sans aucun souci, et de me décharger sur vous de toutes mes inquiétudes. […] Je suis sûr que je ne puis trop espérer en vous, et que je ne puis avoir moins que ce que j'aurai espéré de vous. » — Saint Claude de la Colombière, Acte de confiance en Dieu[16]
« Je ne puis avoir moins que ce que j'aurai espéré de vous » : c'est exactement la maxime de Jean de la Croix, déployée en prière. L'espérance, ici, devient une certitude — non de nos forces, mais de la fidélité de Dieu.
Saint Padre Pio : « Prie, espère, et ne t'inquiète pas »
Le capucin de San Giovanni Rotondo a résumé toute une spiritualité de l'espérance en une formule que la tradition lui attribue et qui est devenue proverbiale : « Prie, espère et ne t'inquiète pas » (Prega, spera e non ti agitare)[17]. L'inquiétude est le contraire de l'espérance ; et la prière en est la respiration. Padre Pio le développait pour ses fils spirituels :
« Continuez à vivre tout en Dieu au milieu des épreuves auxquelles sa bonté vous expose. Quel bonheur que d'être tout en Dieu, car il aime les siens, il les protège, il les guide et les conduit aux portes de l'éternité souhaitée. » — Saint Padre Pio, Paroles de Padre Pio[18]
Contre le désespoir et la présomption
Les saints ne se contentent pas de chanter l'espérance : ils en gardent les deux flancs. Car l'espérance a deux ennemis exactement opposés — le désespoir, qui cesse d'attendre de Dieu, et la présomption, qui prétend se sauver sans lui ou obtenir le pardon sans conversion[19].
Ne jamais s'appuyer sur soi
Contre la présomption, qui fait fond sur ses propres forces, l'Imitation de Jésus-Christ — œuvre du chanoine régulier Thomas a Kempis, qui n'a jamais été béatifié ni canonisé — compte parmi les paroles les plus nettes de la tradition spirituelle :
« Insensé celui qui met son espérance dans les hommes ou dans quelque créature que ce soit. […] Ne vous appuyez point sur vous-même, et ne vous reposez que sur Dieu seul. » — Thomas a Kempis, L'Imitation de Jésus-Christ, livre I, ch. 7[20]
Saint Augustin avait posé l'équilibre exact entre la grâce et notre liberté, qui interdit à la fois le désespoir et la présomption : l'homme ne peut ni croire, ni espérer, ni aimer sans le vouloir, mais ce vouloir lui-même est un don de Dieu — « c'est Dieu qui produit en vous et le vouloir et le faire » (Ph 2, 13), et « il n'appartient pas à l'homme qui veut, ni à l'homme qui court, mais à Dieu qui fait miséricorde » (Rm 9, 16)[21].
Tenir les deux bouts — tout attendre de Dieu, sans rien refuser de l'effort — est précisément le travail de l'espérance.
L'espérance dans la miséricorde : sainte Faustine
Contre le désespoir, qui doute du pardon, la grande messagère de la Miséricorde divine oppose une confiance plus forte que le péché. Tout le Petit Journal tient dans la devise inscrite au bas de l'image du Christ : « Jésus, j'ai confiance en Toi. » Sainte Faustine apprend à l'âme à habiter le présent sous le regard d'un Dieu qui ne se lasse pas de donner :
« Ô vie grise et monotone, que de trésors tu recèles ! Aucune heure ne ressemble à une autre […]. La grâce qui m'est donnée à cette heure-ci ne se représentera pas à l'heure suivante. » — Sainte Faustine, Petit Journal, § 62[22]
L'espérance, ici, ne se projette pas anxieusement dans l'avenir : elle reçoit chaque instant comme une grâce scellée « du sceau éternel », et remet le reste à la miséricorde. « Donc, il faut remettre à Dieu ce que l'avenir contient », écrit-elle ailleurs[23].
Tourner son regard vers le Ciel
L'espérance, parce qu'elle attend un bien à venir, arrache le regard à la terre pour le tourner vers la Patrie. C'est sans doute le thème le plus constant des saints : nous ne sommes ici que des voyageurs.
Nous ne sommes que des voyageurs
Saint Augustin a donné à cette intuition sa formule classique :
« Notre patrie est le ciel ; là, nous ne serons plus comme des étrangers. Ici-bas, chacun de nous est voyageur jusque dans sa maison. » — Saint Augustin, Sermon 111[24]
Saint Basile de Césarée en tire la conséquence pour toute la conduite de la vie : ce qui compte se mesure à l'aune de la vie à venir.
« C'est bien plus haut que nous plaçons nos espérances, et tout ce que nous faisons, nous le faisons pour nous préparer à une autre vie. » — Saint Basile de Césarée, Petit recueil ascétique[25]
Ne pas réclamer la couronne avant la course
Mais ce regard vers le Ciel n'est pas une fuite : il est patience. Saint Ambroise rappelle à l'impatient que la récompense est promise pour après le combat, non pendant :
« Pourquoi réclames-tu la couronne avec trop de hâte, avant de vaincre ? Pourquoi désires-tu te reposer ? […] Le peuple regarde encore, les athlètes sont encore dans l'arène, et toi déjà tu aspires au repos ? » — Saint Ambroise, Traité des Devoirs (De officiis ministrorum), livre I, ch. 16, § 59[26]
L'espérance n'abrège pas le chemin : elle donne la force de le tenir jusqu'au bout. Sainte Thérèse de Lisieux, malade, le disait dans l'image du port enfin atteint :
« Oh ! qu'il en coûte de vivre, de rester sur cette terre d'amertume et d'angoisse… Mais demain… dans une heure, nous serons au port, quel bonheur ! » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Lettre 94[27]
C'est l'écho exact de l'épître aux Hébreux : « Nous n'avons pas ici-bas de cité permanente, mais nous recherchons celle qui doit venir »[28].
L'espérance, mère qui pacifie et donne la force
Une mystique du XXe siècle, la servante de Dieu Luisa Piccarreta, a laissé sur l'espérance des pages d'une rare densité, datées de l'année 1899. Elle y donne à l'espérance un visage inattendu : non la cadette timide des trois sœurs, mais la mère qui réconcilie la foi et la charité et rend la paix à l'âme troublée.
« Si la Foi est roi et la Charité, reine, l'Espérance est la mère médiatrice et pacificatrice. […] Consciente de sa misère, [l'âme] ose à peine s'approcher de Dieu. Alors, cette Mère médiatrice se place entre la Foi et la Charité et commence à jouer son rôle de pacificatrice. Elle redonne la paix à l'âme, elle la pousse à se relever, elle lui donne des forces nouvelles. » — Le Livre du Ciel, tome 2, 19 septembre 1899[29]
Cette espérance-mère ne rend pas l'âme molle : elle la rend inébranlable. La même page de 1899 la compare à un pilier dressé sous l'orage :
« L'Espérance lui donnera Force et Courage afin qu'elle devienne stable comme un pilier au milieu des intempéries. C'est-à-dire que les diverses tribulations de la vie ne l'ébranleront aucunement. […] L'Espérance permet à l'âme d'obtenir tout ce qu'elle veut. Elle est la porte du ciel, le seul moyen d'y entrer. Car "qui espère tout, obtient tout". » — Le Livre du Ciel, tome 2, 19 septembre 1899[30]
On reconnaît, sous une autre plume, la maxime de Jean de la Croix : « qui espère tout, obtient tout. » Luisa la met en récit dans une parabole — celle du « noble voyageur » qui traverse en paix une terre hostile parce qu'il sait que son héritage l'attend :
« Une âme remplie [d'espérance] est semblable à un noble voyageur en marche pour aller prendre possession d'une terre qui sera toute sa fortune. […] Certains se moquent de lui, d'autres l'insultent, certains lui arrachent ses vêtements, d'autres vont jusqu'à le battre […]. En est-il troublé ? Pas du tout ! […] Il est convaincu que plus il souffrira, plus il sera honoré et glorifié lorsqu'il prendra possession de sa terre. […] C'est ainsi que l'Espérance conduit à l'Amour. » — Le Livre du Ciel, tome 2, 19 septembre 1899[31]
Et la mystique prête à la création elle-même l'appel le plus simple de toute la spiritualité de l'espérance : lever les yeux.
« Ô homme, je t'en prie, ne sois pas insensé en regardant toujours la terre. Regarde plutôt vers le ciel. Ta destinée, ta patrie, se trouve là-haut. Là se trouve notre Créateur, et il t'attend. » — Le Livre du Ciel, tome 2, 13 mars 1899[32]
Marie, Mère de la sainte espérance
On n'apprend pas une vertu en la fixant comme un idéal abstrait, mais en contemplant celle qui l'a vécue parfaitement. L'Église la salue chaque jour comme son espérance même :
« Salut, ô Reine, Mère de miséricorde : notre vie, notre douceur, notre espérance, salut ! » — Antienne Salve Regina[33]
Saint Bernard de Clairvaux a donné à cette dévotion mariale ses mots les plus célèbres. Dans la nuit du doute, écrit-il, il faut fixer l'étoile et appeler Marie :
« Dans les périls, les angoisses, les incertitudes, pense à Marie, invoque Marie. […] En la suivant, tu ne dévies pas ; en la priant, tu ne désespères pas ; si elle te tient, tu ne tombes pas ; si elle te conduit, tu ne te fatigues pas ; si elle t'est favorable, tu arrives au but. » — Saint Bernard de Clairvaux, homélie Super Missus est[34]
« En la priant, tu ne désespères pas » : Marie est nommée par toute la tradition « Mère de la sainte espérance ». Saint Bernard va jusqu'à dire d'elle, l'« échelle des pécheurs » par qui l'on remonte vers Dieu, qu'elle est « toute la raison de mon espérance »[35].
« Sauvés dans l'espérance » : la synthèse de Benoît XVI
L'enseignement des saints a trouvé sa formulation magistérielle la plus haute dans l'encyclique Spe salvi de Benoît XVI (2007), tout entière consacrée à l'espérance. Le pape y ramène toutes les espérances humaines à leur vérité : aucune d'elles ne suffit, parce que seule Dieu peut combler le cœur.
« La vraie, la grande espérance de l'homme, qui résiste malgré toutes les déceptions, ce ne peut être que Dieu. » — Benoît XVI, Spe salvi, § 27[36]
Et lorsque tout appui humain manque, l'espérance ouvre la dernière porte qui ne se ferme jamais — celle de la prière :
« Si personne ne m'écoute plus, Dieu m'écoute encore. » — Benoît XVI, Spe salvi, § 32[37]
Là est le dernier mot des saints sur l'espérance : tant qu'il reste Dieu à qui parler, rien n'est perdu. L'espérance est « la bienheureuse espérance » (Tt 2, 13)[38], la « vivante espérance » née de la Résurrection (1 P 1, 3)[39], que le « Dieu de l'espérance » (Rm 15, 13)[40] verse dans le cœur de ceux qui osent tout attendre de lui.
Les grandes voix de l'espérance
| Voix | Époque | Parole-phare | Ce qu'elle éclaire |
|---|---|---|---|
| Saint Augustin | IVe-Ve s. | « L'espérance n'a pour objet que de bonnes choses, et seulement à venir » | La nature de l'espérance |
| Saint Bernard | XIIe s. | « Pense à Marie, invoque Marie… tu ne désespères pas » | Marie, Mère de l'espérance |
| Saint Thomas d'Aquin | XIIIe s. | L'espérance « atteint Dieu lui-même, sur l'aide duquel elle s'appuie » | Le fondement : Dieu, non nos forces |
| Saint Jean de la Croix | XVIe s. | « On obtient autant qu'on espère » | L'audace : tout attendre de Dieu |
| Sainte Thérèse d'Avila | XVIe s. | « Que rien ne te trouble… Dieu seul suffit » | La paix de l'espérance |
| Saint Claude de la Colombière | XVIIe s. | « Je ne puis avoir moins que ce que j'aurai espéré » | La certitude de l'espérance |
| Sainte Thérèse de Lisieux | XIXe s. | « C'est la confiance et rien que la confiance » | La petite voie de la confiance |
| Sainte Faustine | XXe s. | « Jésus, j'ai confiance en Toi » | L'espérance dans la miséricorde |
| Saint Padre Pio | XXe s. | « Prie, espère et ne t'inquiète pas » | L'espérance contre l'inquiétude |
| Luisa Piccarreta | XXe s. | « L'Espérance est la porte du ciel » | L'espérance, mère qui pacifie |
Lecture du tableau : de saint Augustin à Luisa Piccarreta, c'est la même vertu qui se déploie — l'attente confiante d'un bien que Dieu seul peut donner —, mais chaque saint en éclaire une facette : sa nature, son audace, sa paix, sa certitude, son combat contre le désespoir.
Pour aller plus loin
- Comment grandir dans l'espérance — la doctrine et le chemin pratique : nature de l'espérance, ses deux objets selon saint Thomas, ses deux ennemis (désespoir et présomption) et les moyens concrets de la faire croître.
- Les erreurs fréquentes concernant l'espérance — les contresens à éviter : espérance confondue avec l'optimisme, le fatalisme ou la fuite hors du présent.
- Comment grandir dans la confiance — la face filiale et affective de l'espérance, la « petite voie » de l'abandon au Dieu Père.
- Comment grandir dans l'abandon à Dieu — remettre l'avenir entre les mains de Dieu, cœur pratique de l'espérance.
- Que disent les saints sur la foi et Que disent les saints sur la charité — la voix des saints sur les deux vertus sœurs de l'espérance.
Notes et références
Charles Péguy (1873-1914), Le Porche du mystère de la deuxième vertu, Cahiers de la Quinzaine, 1911 ; rééd. Œuvres poétiques complètes, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade ». Texte intégral sur Wikisource. Péguy y établit, en vers libres, que la foi et la charité « vont de soi » tandis que l'espérance, la plus difficile des trois, est aussi la plus agréable à Dieu.
1Charles Péguy, Le Porche du mystère de la deuxième vertu (1911) : « C'est d'espérer qui est difficile. […] Et le facile et la pente est de désespérer et c'est la grande tentation. » Texte intégral sur Wikisource.
2Saint Augustin (354-430), Enchiridion (Manuel de la foi, de l'espérance et de la charité), ch. 8 : « L'espérance n'a pour objet que de bonnes choses, et seulement des choses à venir, et qui concernent celui dont on dit qu'il porte cette espérance. » Texte latin : « Spes autem non nisi bonarum rerum est, nec nisi futurarum, et ad eum pertinentium qui earum spem gerere perhibetur. »
3Saint Thomas d'Aquin (1225-1274), Somme théologique. La définition de l'objet de l'espérance — « un bien futur, ardu, possible à obtenir » (bonum futurum arduum possibile adipisci) — est énoncée en Ia-IIae, q. 40, a. 1 (l'espérance-passion) et reprise pour la vertu théologale en IIa-IIae, q. 17, a. 1. Édition de référence : Summa Theologiae, Éditions du Cerf.
4Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIa-IIae, q. 17, a. 2 : l'objet principal de l'espérance est la béatitude éternelle, mais ce sur quoi elle s'appuie (innititur) est le secours divin (divinum auxilium) ; ainsi « notre espérance atteint Dieu lui-même, sur l'aide duquel elle s'appuie ». Sur le fait que l'espérance disparaît dans la patrie céleste (on n'espère plus ce qu'on possède), voir q. 18, a. 2.
5Catéchisme de l'Église catholique, § 1817, citant He 10, 23 : « Maintenons indéfectiblement la confession de notre espérance, car il est fidèle, celui qui a promis. » Édition officielle française, Mame/Plon, 1992. Texte de la définition vérifié sur vatican.va. Définition canonique de l'espérance comme vertu théologale.
6Lettre aux Romains 4, 18, traduction liturgique officielle (AELF) : « Espérant contre toute espérance, il a cru ; ainsi est-il devenu le père d'un grand nombre de nations, selon cette parole : Telle sera la descendance que tu auras ! » Abraham est le modèle paulinien de l'espérance appuyée sur la seule fidélité de Dieu.
7Lettre aux Romains 5, 3-5, traduction liturgique officielle (AELF) : « … la détresse produit la persévérance ; la persévérance produit la vertu éprouvée ; la vertu éprouvée produit l'espérance ; et l'espérance ne déçoit pas, puisque l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné. »
8Lettre aux Romains 8, 24-25, traduction liturgique officielle (AELF) : « Car nous avons été sauvés, mais c'est en espérance […]. Mais nous, qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l'attendons avec persévérance. » (Spe salvi facti sumus.) Verset placé en exergue de l'encyclique Spe salvi de Benoît XVI (2007).
9Saint Jean de la Croix (1542-1591), poème Tras un amoroso lance (« À la poursuite d'un élan d'amour »), refrain : « porque esperanza de cielo / tanto alcanza cuanto espera » — « car l'espérance du ciel obtient autant qu'elle espère. » La formule populaire « on obtient de Dieu autant qu'on en espère » en est la reprise française traditionnelle. (Elle ne figure pas, contrairement à une attribution répandue, dans les Dichos de luz y amor.)
10Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus (1873-1897), parole rapportée dans Conseils et souvenirs recueillis par Sœur Marie de la Trinité : « On reçoit de Dieu tout autant qu'on en espère. » Thérèse y reprend explicitement la doctrine de saint Jean de la Croix sur l'espérance. Derniers entretiens / Conseils et souvenirs, Cerf/DDB.
11Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Lettre 197 à Sœur Marie du Sacré-Cœur (sa marraine), 17 septembre 1896 : « C'est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l'Amour. » Correspondance générale, Cerf/DDB. Lettre liée au Manuscrit B.
12Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Lettre 95 à Sœur Agnès de Jésus (juillet-août 1889) : « Je souffre !… mais l'espoir de la Patrie me donne du courage, bientôt nous serons au Ciel… » Correspondance générale, Cerf/DDB. Texte vérifié sur archives.carmeldelisieux.fr.
13Lettre aux Hébreux 6, 18-19, traduction liturgique officielle (AELF) : « Cette espérance, nous la tenons comme une ancre sûre et solide pour l'âme ; elle entre au-delà du rideau, dans le Sanctuaire. » Citée au CEC § 1820.
14Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), « Nada te turbe », vers retrouvés sur un signet glissé dans son bréviaire à sa mort (Alba de Tormes, 1582). Texte espagnol : « Nada te turbe, nada te espante, todo se pasa, Dios no se muda, la paciencia todo lo alcanza ; quien a Dios tiene nada le falta : sólo Dios basta. » Poésies / Poesías.
15Saint Claude de la Colombière (1641-1682), Acte de confiance en Dieu, issu de sa Retraite spirituelle (Œuvres complètes). La prière entrelace plusieurs psaumes (Ps 4, 9-10 ; Ps 30, 2) et conclut : « je ne puis trop espérer en vous, et […] je ne puis avoir moins que ce que j'aurai espéré de vous. »
16Formule constamment attribuée à saint Padre Pio (1887-1968) par la tradition orale et la littérature dévotionnelle (« Prie, espère et ne t'inquiète pas »). Non retrouvée telle quelle dans son Epistolario (4 vol., Edizioni Padre Pio da Pietrelcina, vérification vol. I-IV) : à lire comme le résumé fidèle de sa doctrine — cf. notamment Epistolario, vol. III : « confidate, pregate, sperate ed amate sempre » (« ayez confiance, priez, espérez et aimez toujours ») — plutôt que comme une citation verbatim.
17Saint Padre Pio, Paroles de Padre Pio, Salvator, 2019, p. 104 : « Continuez à vivre tout en Dieu au milieu des épreuves auxquelles sa bonté vous expose. […] il les protège, il les guide et les conduit aux portes de l'éternité souhaitée. »
18Catéchisme de l'Église catholique, § 2091-2092. Les deux péchés contre l'espérance : le désespoir (cesser d'attendre de Dieu son salut, ses secours ou le pardon) et la présomption, sous ses deux formes (présumer de ses propres capacités, ou présumer de la miséricorde divine en espérant le pardon sans conversion et la gloire sans mérite).
19Thomas a Kempis (v. 1380-1471), chanoine régulier de la congrégation de Windesheim (mont Sainte-Agnès, près de Zwolle), jamais béatifié ni canonisé — la cause de béatification, à peine commencée sous le prince-évêque Max-Henri de Cologne, fut abandonnée à la mort de celui-ci en 1688 (cf. Catholic Encyclopedia, « Thomas à Kempis », newadvent.org) —, auteur présumé de L'Imitation de Jésus-Christ, livre I, ch. 7, 1 : « Insensé celui qui met son espérance dans les hommes ou dans quelque créature que ce soit. […] Ne vous appuyez point sur vous-même, et ne vous reposez que sur Dieu seul. »
20Saint Augustin, Enchiridion (Manuel de la foi, de l'espérance et de la charité), ch. 32, « La liberté du bon agir est, elle aussi, un don de Dieu » : l'homme ne peut croire, espérer et aimer que s'il le veut — mais ce vouloir est lui-même opéré par Dieu, qui « produit en vous et le vouloir et le faire » (Ph 2, 13) et devant qui « il n'appartient pas à l'homme qui veut, ni à l'homme qui court, mais à Dieu qui fait miséricorde » (Rm 9, 16). Texte latin : Patrologie latine, t. 40 ; trad. anglaise de référence Schaff, Nicene and Post-Nicene Fathers, 1re série, vol. 3. (L'ancienne formulation symétrique citée ici — « la volonté humaine impuissante sans la miséricorde… » — était une paraphrase, non un verbatim du chapitre.)
21Sainte Faustine Kowalska (1905-1938), Petit Journal, § 62 : « Ô vie grise et monotone, que de trésors tu recèles ! […] La grâce qui m'est donnée à cette heure-ci ne se représentera pas à l'heure suivante. […] Le temps passe et ne revient jamais. […] Il est scellé du sceau éternel. » Éd. Hovine / Marians.
22Sainte Faustine Kowalska, Petit Journal, § 2 : « Lorsque je regarde les lendemains, la peur me prend. Mais pourquoi sonder le futur ? […] Donc, il faut remettre à Dieu ce que l'avenir contient. » Éd. Hovine / Marians.
23Saint Augustin, Sermon 111, ch. 2 (PL 38, 643) : « Notre patrie est le ciel ; là, nous ne serons plus comme des étrangers. Ici-bas, chacun de nous est voyageur jusque dans sa maison. »
24Saint Basile de Césarée (v. 330-379), Petit recueil ascétique, Abbaye de Bellefontaine, 2013, p. 88 : « Pour nous autres […] c'est bien plus haut que nous plaçons nos espérances, et tout ce que nous faisons, nous le faisons pour nous préparer à une autre vie. »
25Saint Ambroise de Milan (v. 339-397), Traité des Devoirs (De officiis ministrorum), livre I, ch. 16, § 59 (chapitrage de l'édition Schaff, Nicene and Post-Nicene Fathers, 2e série, vol. 10, consultable sur newadvent.org) : « Pourquoi réclames-tu la couronne avec trop de hâte, avant de vaincre ? […] Le peuple regarde encore, les athlètes sont encore dans l'arène, et toi déjà tu aspires au repos ? » Texte latin vérifié : « Quid praepropere coronam exigis ante quam vincas ? […] Adhuc populus spectat, adhuc athletae in schemate sunt, et tu iam otium petis ? »
26Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Lettre 94 à Céline (14 juillet 1889) : « Oh ! qu'il en coûte de vivre, de rester sur cette terre d'amertume et d'angoisse… Mais demain… dans une heure, nous serons au port, quel bonheur ! » Correspondance générale, Cerf/DDB. Texte vérifié sur archives.carmeldelisieux.fr.
27Lettre aux Hébreux 13, 14, traduction liturgique officielle (AELF) : « Car nous n'avons pas ici-bas de cité permanente, mais nous recherchons celle qui doit venir. »
28Jésus à Luisa Piccarreta (1865-1947), Le Livre du Ciel, tome 2, 19 septembre 1899 (« Fruits de la Foi, de l'Espérance et de la Charité ») : « Si la Foi est roi et la Charité, reine, l'Espérance est la mère médiatrice et pacificatrice… » Passages vérifiés verbatim dans l'édition française du tome 2 (trad. Lumen Luminis / La Volonté Divine, diffusion « pour usage privé »).
29Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 2, 19 septembre 1899 (même passage) : « Et l'Espérance lui donnera Force et Courage afin qu'elle devienne stable comme un pilier au milieu des intempéries… Elle est la porte du ciel, le seul moyen d'y entrer. Car "qui espère tout, obtient tout". » Édition française vérifiée : voir [^ldc-mere].
30Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 2, 19 septembre 1899 (même passage). Parabole du « noble voyageur » en marche vers la terre qui sera toute sa fortune : moqué, insulté, dépouillé, battu, il reste en paix, « convaincu que plus il souffrira, plus il sera honoré et glorifié lorsqu'il prendra possession de sa terre… C'est ainsi que l'Espérance conduit à l'Amour. » Édition française vérifiée : voir [^ldc-mere].
31Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 2, 13 mars 1899 (« Toute la création nous parle de l'amour de Dieu pour les hommes ») : l'appel est prononcé par la petite fleur des champs, dans les paroles que Jésus rapporte à Luisa — « Ô homme, je t'en prie, ne sois pas insensé en regardant toujours la terre. Regarde plutôt vers le ciel. Ta destinée, ta patrie, se trouve là-haut. Là se trouve notre Créateur et il t'attend. » Édition française vérifiée : voir [^ldc-mere].
32Antienne mariale Salve Regina (XIe siècle, attribuée à Hermann Contract) : « Salve, Regina, Mater misericordiæ, vita, dulcedo et spes nostra, salve » — « Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre douceur, notre espérance, salut. »
33Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), deuxième homélie Super Missus est (À la louange de la Vierge Mère), § 17. Latin : « In periculis, in angustiis, in rebus dubiis, Mariam cogita, Mariam invoca. […] Ipsam rogans non desperas […] ; ipsa duce non fatigaris ; ipsa propitia pervenis. » (Traductions françaises légèrement variables selon les éditions.)
34Saint Bernard de Clairvaux, Sermon pour la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie (dit Sermon de l'Aqueduc), § 7 : Marie, « échelle des pécheurs », est « ma plus grande confiance, toute la raison de mon espérance » (tota ratio spei meae).
35Benoît XVI, lettre encyclique Spe salvi (30 novembre 2007), § 27 : « La vraie, la grande espérance de l'homme, qui résiste malgré toutes les déceptions, ce ne peut être que Dieu. » Texte intégral sur Vatican.va.
36Benoît XVI, Spe salvi (2007), § 32 : « Si personne ne m'écoute plus, Dieu m'écoute encore. » La prière y est présentée comme école et lieu d'apprentissage de l'espérance.
37Lettre à Tite 2, 13, traduction liturgique officielle (AELF) : « … attendant que se réalise la bienheureuse espérance : la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ. »
38Première lettre de saint Pierre 1, 3, traduction liturgique officielle (AELF) : « … il nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d'entre les morts. »
39Lettre aux Romains 15, 13, traduction liturgique officielle (AELF) : « Que le Dieu de l'espérance vous remplisse de toute joie et de paix dans la foi, afin que vous débordiez d'espérance par la puissance de l'Esprit Saint. »
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