Les erreurs fréquentes concernant l'espérance

L'espérance est la « deuxième vertu », la plus discrète et la plus confondue. Optimisme, attente passive, espoir de biens terrestres, foi dans le progrès, présomption, désespoir, fausse certitude du salut : passage en revue des contresens les plus courants sur l'espérance chrétienne, et de ce que l'Église enseigne vraiment.

Ignispedia

L'espérance est, dans la foi catholique, la deuxième des trois vertus théologales, entre la foi et la charité (1 Co 13, 13). Charles Péguy l'appelait « la petite espérance », la cadette qu'on remarque à peine entre ses deux grandes sœurs. C'est aussi, sans doute, la plus mal comprise des trois. On croit la connaître parce qu'on emploie chaque jour le mot « espoir » — « j'espère qu'il fera beau », « tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir » — et l'on transporte sans y penser ce mot d'usage courant sur la vertu surnaturelle, qui n'a pourtant ni le même objet, ni la même certitude, ni la même source.

Ces glissements ne sont pas anodins. Quand l'espérance est mal comprise, l'âme oscille entre deux abîmes : le découragement qui la fait renoncer, et la fausse sécurité qui l'endort. L'Église a depuis toujours nommé ces deux dérives — le désespoir et la présomption — les « péchés contre l'espérance »[1]. Entre elles, la vraie espérance tient un chemin de crête : elle ose tout attendre de Dieu, sans jamais se croire dispensée de l'effort ni du combat.

Cet article passe en revue les contresens les plus fréquents sur l'espérance. Pour chacun, il énonce l'erreur dans sa formulation courante, montre pourquoi elle séduit, pourquoi elle est fausse, puis rappelle ce que l'Église enseigne vraiment. Il ne s'agit ni d'un florilège ni d'un guide pratique : pour la voix propre des saints, voir Que disent les saints sur l'espérance ; pour le chemin concret de croissance, voir Comment grandir dans l'espérance. Ici, comme dans l'article jumeau Les erreurs fréquentes concernant la charité, on déblaie le terrain : on apprend d'abord à reconnaître les fausses monnaies pour mieux recevoir l'or véritable.

Pourquoi l'espérance est-elle si souvent mal comprise ?

Une vertu réduite à un sentiment optimiste

Peu de mots chrétiens ont été autant affaiblis que celui-ci. Dans le langage courant, « espérer » signifie souhaiter que l'avenir soit favorable : qu'on guérisse, qu'on réussisse, que les choses « s'arrangent ». L'espérance y devient une humeur, un tempérament, une disposition à voir le bon côté — bref, de l'optimisme. Cette réduction séduit parce que la vertu d'espérance s'accompagne souvent, de fait, d'une certaine sérénité, et parce qu'une culture du ressenti tend à ramener toute réalité à ce qu'on en éprouve.

Mais l'optimisme et l'espérance ne sont pas de même nature. L'optimisme est un pari sur les chances : il calcule que « ça devrait bien se passer ». L'espérance théologale, elle, ne mise pas sur des probabilités, mais s'appuie sur une Personne et sur ses promesses. C'est pourquoi elle peut tenir là où tout optimisme s'effondre — au lit d'un mourant, dans l'échec, devant la mort — précisément là où il n'y a plus « aucune raison d'espérer » humainement.

La confusion entre l'espoir humain et l'espérance théologale

Le contresens le plus profond consiste à confondre l'espoir humain et l'espérance théologale. Saint Augustin l'avait pourtant délimitée avec une précision décisive : l'espérance ne porte que sur ce qui est bon, seulement sur ce qui est futur, et seulement sur ce qui nous concerne ; la foi, elle, peut porter sur le mal comme sur le bien, sur le passé comme sur l'avenir, sur soi comme sur autrui[2]. L'espoir humain, lui, vise des biens terrestres incertains : sa réalisation dépend de mille causes, et l'on peut être déçu.

« L'espérance n'a pour objet que ce qui est bon, que ce qui est à venir, et que ce qui concerne celui qui espère. » — Saint Augustin, Manuel (Enchiridion) sur la foi, l'espérance et la charité, ch. 8[3]

Espoir humain ou espérance théologale — infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'espérance théologale est d'une tout autre solidité, parce que son objet — « la gloire du ciel promise par Dieu »[4] — repose sur la fidélité de « Dieu qui ne ment pas » (Tt 1, 2). Elle est « une ancre sûre et solide pour notre âme », dit la lettre aux Hébreux, « une ancre qui pénètre au-delà du voile », jusque dans le sanctuaire céleste où le Christ est entré (He 6, 18-19)[5]. L'espoir flotte ; l'espérance tient au fond, parce que son ancre n'est pas plantée dans le sable de nos prévisions, mais dans le Ciel.

Rappel : ce qu'est vraiment l'espérance

Avant de corriger les erreurs, il faut une boussole. Le Catéchisme donne la définition de référence, dont chaque mot dissipe un contresens :

« L'espérance est la vertu théologale par laquelle nous désirons comme notre bonheur le Royaume des cieux et la Vie éternelle, en mettant notre confiance dans les promesses du Christ et en prenant appui, non sur nos forces, mais sur le secours de la grâce du Saint-Esprit. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1817[6]

Trois traits décisifs en découlent. D'abord, l'espérance a un objet précis : « le Royaume des cieux et la Vie éternelle », c'est-à-dire Dieu lui-même comme notre béatitude — non d'abord la santé, la réussite ou un monde meilleur. Ensuite, elle a un appui déterminé : « les promesses du Christ », et non nos calculs. Enfin, elle s'appuie non sur nos forces, mais sur la grâce : elle exclut donc d'un même mouvement le désespoir (qui n'attend plus rien) et la présomption (qui attend tout de soi). Retirez l'un de ces trois traits, et vous obtenez une contrefaçon. Le détail de la nature, des ennemis et des moyens de cette vertu est développé dans Comment grandir dans l'espérance ; on ne le reprend pas ici.

Les erreurs sur la nature de l'espérance

Erreur — « L'espérance, c'est de l'optimisme »

Les trois appuis de l'espérance — infographie originale Ignispedia créée par IA.

C'est l'erreur mère de notre temps. Spontanément, on imagine l'espérance comme une disposition heureuse du tempérament : voir la vie en rose, faire confiance à l'avenir, « positiver ». L'erreur séduit parce que la vertu d'espérance produit en effet de la paix, et parce qu'une époque friande de « pensée positive » aime confondre la foi en Dieu avec une foi en soi et en la vie.

Pourquoi c'est faux. L'optimisme est un trait de caractère ; l'espérance est une vertu théologale, c'est-à-dire un don de Dieu qui a Dieu pour origine, motif et objet[7]. Le pessimiste de tempérament peut être un grand espérant ; l'optimiste insouciant peut n'avoir aucune espérance surnaturelle. Surtout, l'optimisme repose sur une évaluation des chances, qui s'écroule quand les chances disparaissent. L'espérance, elle, brille le plus fort là où l'optimisme se tait : « Espérant contre toute espérance, Abraham crut » (Rm 4, 18) — il a espéré quand il n'y avait, humainement, plus rien à espérer[8].

Ce que dit l'Église. L'espérance « répond à l'aspiration au bonheur placée par Dieu dans le cœur de tout homme » ; elle « préserve du découragement » et « soutient en tout délaissement »[9]. Elle n'est donc pas un climat psychologique, mais une force qui tient quand tout délaisse. Benoît XVI l'a redit dès la première ligne de son encyclique sur l'espérance : ce qui sauve n'est pas une humeur, mais une espérance « fiable », capable de faire affronter le présent même pénible[10].

Erreur — « Espérer, c'est attendre que les choses s'arrangent »

Variante répandue : l'espérance serait une attente passive, une patience résignée — croiser les bras et laisser faire le temps, « ça finira bien par s'arranger ». L'erreur séduit parce que l'espérance comporte en effet une part d'attente et d'abandon, et parce qu'il est confortable de confondre la confiance en Dieu avec la dispense d'agir.

Pourquoi c'est faux. L'espérance n'est pas l'attentisme : elle est un élan, une vertu « dynamique » qui met l'âme en marche vers le bien à atteindre. Loin d'endormir l'action, elle la soutient : c'est parce qu'on espère la couronne qu'on accepte le combat. Saint Paul unit l'espérance à l'effort dans une même phrase : « Ayez la joie de l'espérance, tenez bon dans l'épreuve, soyez assidus à la prière » (Rm 12, 12)[11]. L'espérance ne dit pas « ne fais rien » ; elle dit « ne renonce pas ». Elle ne supprime pas la rame, elle assure le cap.

Ce que dit l'Église. L'espérance « dilate le cœur dans l'attente de la béatitude éternelle »[12] — mais cette attente est tendue, agissante, militante. La tradition la représente sous les traits d'un navigateur tenant son ancre, non d'un dormeur. Attendre passivement, c'est confondre l'espérance avec le fatalisme ; le fataliste subit l'avenir, l'espérant marche vers lui.

Erreur — « Il faut sentir de la confiance pour espérer »

Beaucoup s'estiment « sans espérance » parce qu'ils ne ressentent rien : ni élan, ni assurance, ni consolation, mais l'angoisse ou la sécheresse. L'erreur consiste à faire du sentiment de confiance la condition de la vertu. Elle séduit parce qu'elle paraît honnête : pourquoi prétendre espérer quand on se sent au fond du gouffre ?

Pourquoi c'est faux. L'espérance ne réside pas dans la sensibilité, mais dans la volonté soutenue par la grâce. On peut donc espérer sans rien sentir, et même contre ce que l'on sent. C'est précisément l'épreuve des saints dans la nuit : l'âme privée de toute consolation s'accroche nue aux promesses de Dieu. Au jardin de Gethsémani, le Christ lui-même, « triste à en mourir » et suant le sang, remet tout au Père : son espérance n'est pas un sentiment agréable, mais un acte de la volonté au cœur de l'angoisse. Confondre la vertu avec son climat émotionnel, c'est croire qu'on ne tient l'ancre que les jours de calme.

Ce que dit l'Église. L'espérance est une disposition stable « infusée » par Dieu, non une émotion[13]. C'est pourquoi on peut la commander et la demander : « Mon Dieu, j'espère… ». Sur la manière de la raviver dans la sécheresse, voir Comment grandir dans l'espérance. Attendre de « ressentir » pour espérer, c'est confondre le combustible et la flamme.

Les erreurs sur l'objet de l'espérance

Erreur — « On espère d'abord que les choses s'arrangent ici-bas »

Petites espérances et grande Espérance selon Spe Salvi — infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'erreur la plus discrète, parce qu'elle ne nie rien : elle déplace seulement l'objet de l'espérance. On espère la guérison, la réussite, la paix du foyer, la fin de l'épreuve — et l'on appelle cela « mon espérance ». Ces désirs sont légitimes ; l'erreur consiste à y réduire l'espérance, comme si la vertu n'avait pas d'autre horizon que le bien-être terrestre.

Pourquoi c'est faux. L'objet propre de l'espérance théologale n'est pas un bien de ce monde, mais « le Royaume des cieux et la Vie éternelle »[14] — Dieu lui-même. Les biens terrestres ne sont espérés que « par surcroît », ordonnés au salut. C'est capital pour l'épreuve : si mon espérance était suspendue à la guérison, un diagnostic sans appel la détruirait. Mais si elle vise la vie éternelle, aucune circonstance ne peut me l'arracher, car « ni la mort ni la vie… ne pourront nous séparer de l'amour de Dieu » (Rm 8, 38-39). L'espérance déçue par les événements n'était souvent qu'un espoir mal placé.

« Dans l'espérance, nous avons été sauvés. Or, voir ce qu'on espère, ce n'est plus espérer : ce que l'on voit, comment l'espérer encore ? Mais nous, qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l'attendons avec persévérance. » — Saint Paul aux Romains 8, 24-25[15]

Benoît XVI, auteur de l'encyclique Spe Salvi (2007) — portrait de 2011 reproduit via Wikimedia Commons.

Ce que dit l'Église. Le Catéchisme range l'espérance des biens d'ici-bas sous l'espérance du Royaume : la vertu « reprend et purifie » les espérances humaines pour les ordonner au Royaume de Dieu[16]. Espérer la santé est bon ; en faire le tout de son espérance, c'est bâtir sur le sable. La vraie espérance traverse les deuils terrestres sans sombrer, parce que son trésor est ailleurs.

Erreur — « L'espérance chrétienne, c'est croire à un monde meilleur »

Erreur typiquement moderne : assimiler l'espérance à la foi dans le progrès, l'attente d'une humanité réconciliée, d'une société juste, d'un avenir radieux construit par les hommes. L'erreur séduit par sa générosité et parce qu'elle semble rendre l'espérance utile, concrète, engagée dans l'histoire.

Pourquoi c'est faux. Une espérance qui ne viserait qu'un « monde meilleur » terrestre serait à la merci de l'histoire : les utopies déçues du XXᵉ siècle ont montré où mène l'espérance reportée sur le seul progrès. Benoît XVI a fait de cette question le cœur de Spe Salvi : l'époque moderne, écrit-il, a souvent troqué la « grande Espérance » — être aimé et attendu pour toujours par Dieu — contre des espérances plus petites, le progrès scientifique, la révolution, la cité parfaite. Or aucun progrès ne rachète l'homme du mal et de la mort ; seul peut le faire Celui qui l'aime au-delà de la mort[17].

« L'homme a besoin de Dieu, sinon il reste sans espérance. […] Ce n'est pas la science qui rachète l'homme. L'homme est racheté par l'amour. » — Benoît XVI, Spe Salvi, 30 novembre 2007[18]

Ce que dit l'Église. L'engagement pour un monde plus juste est un devoir, mais il ne constitue pas la grande Espérance : il en découle. Spe Salvi distingue soigneusement les « espérances » relatives, qui jalonnent une vie, et l'« espérance » absolue qui seule peut tout porter[19]. Confondre les deux, c'est promettre au Ciel ce que seule la terre peut donner — et préparer le désespoir du lendemain.

Les deux ennemis de l'espérance : désespoir et présomption

L'espérance est encadrée par deux gouffres, que la tradition appelle ses « péchés » contraires. Tous deux la trahissent, mais en sens inverse : l'un cesse d'espérer, l'autre espère mal.

Le chemin de crête de l'espérance — infographie originale Ignispedia créée par IA.

« Le premier commandement vise aussi les péchés contre l'espérance, qui sont le désespoir et la présomption. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 2091[20]

Le désespoir — « C'est foutu, mes péchés sont trop grands »

Le désespoir est le premier ennemi. Il prend souvent un visage humble — « je ne mérite pas le pardon », « il est trop tard pour moi » — et c'est ce qui le rend dangereux : il se déguise en lucidité. L'erreur séduit parce qu'elle paraît plus réaliste que la confiance, et qu'elle dispense, au fond, de se convertir.

Pourquoi c'est faux. Désespérer, c'est mesurer Dieu à soi : faire de ses propres péchés une limite à la miséricorde infinie. Or « là où le péché a abondé, la grâce a surabondé » (Rm 5, 20). Le contraste est tout entier dans deux apôtres : Judas et Pierre ont tous deux trahi le Christ ; mais Pierre a pleuré et espéré le pardon, tandis que Judas a désespéré et s'est perdu — non parce que sa faute était plus grande, mais parce qu'il a cessé d'espérer. Saint Thomas tient le désespoir pour particulièrement périlleux : en coupant l'âme de la source du pardon, il ferme la porte par laquelle la grâce pourrait entrer[21].

Ce que dit l'Église. Le Catéchisme est net :

« Par le désespoir, l'homme cesse d'espérer de Dieu son salut personnel, le secours pour y parvenir ou le pardon de ses péchés. Il s'oppose à la bonté de Dieu, à sa justice — car le Seigneur est fidèle à ses promesses — et à sa miséricorde. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 2091[22]

Le désespoir n'est donc pas une humilité : c'est une offense à la miséricorde de Dieu, qui doute de sa fidélité. Contre lui, la voix des saints — Faustine, Thérèse, Padre Pio — est développée dans Que disent les saints sur l'espérance.

La présomption sur soi — « Je me sauverai par mes propres forces »

Présumer de soi ou de la miséricorde sans conversion — infographie originale Ignispedia créée par IA.

À l'opposé du désespoir, la présomption espère trop — ou plutôt, elle espère mal. Sa première forme consiste à compter sur soi : croire qu'on gagnera le Ciel par ses seules vertus, ses œuvres, sa volonté, sans le secours de la grâce. L'erreur séduit parce qu'elle flatte l'orgueil sous couvert de générosité morale.

Pourquoi c'est faux. La définition même de l'espérance l'exclut : nous espérons « non sur nos forces, mais sur le secours de la grâce »[23]. Prétendre se sauver soi-même, c'est l'erreur que l'Église a condamnée sous le nom de pélagianisme : faire de la grâce un luxe et du salut une conquête humaine. Or « sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5). L'espérance n'est pas la confiance en soi habillée de religion : elle est tout entière suspendue à un Autre.

Ce que dit l'Église. Le Catéchisme distingue les deux présomptions :

« Il y a deux sortes de présomption. Ou bien l'homme présume de ses capacités (en espérant pouvoir se sauver sans le secours d'en haut), ou bien il présume de la puissance ou de la miséricorde de Dieu (en espérant obtenir son pardon sans conversion, et la gloire sans mérite). » — Catéchisme de l'Église catholique, § 2092[24]

La présomption sur la miséricorde — « Dieu est si bon qu'il sauvera tout le monde »

La seconde forme de présomption est aujourd'hui la plus répandue : tabler sur la bonté de Dieu pour se dispenser de la conversion. « Dieu pardonne tout, je n'ai pas à changer de vie » ; « il est trop bon pour condamner qui que ce soit ». L'erreur séduit parce qu'elle a l'air de magnifier la miséricorde, alors qu'elle la vide de son sens.

Pourquoi c'est faux. Espérer « le pardon sans conversion et la gloire sans mérite »[25], ce n'est pas faire confiance à la miséricorde : c'est en abuser. La miséricorde offerte appelle une réponse — le repentir, le changement de vie. Présumer du pardon en persévérant dans le péché, c'est ce que la tradition nomme « pécher contre l'Esprit » en se rendant volontairement sourd à l'appel de la grâce. Une espérance qui sert d'alibi au péché n'est plus l'espérance : c'est sa caricature paresseuse.

Ce que dit l'Église. L'espérance vraie ne dispense jamais de la « crainte filiale » : nous espérons la gloire du ciel, mais en « craignant » de nous en rendre indignes, et en demandant la grâce de « persévérer jusqu'à la fin »[26]. La miséricorde est infinie ; elle n'est pas complice. Dieu sauve gratuitement, mais « il ne nous sauve pas sans nous ».

Erreur — « Je suis certain d'être sauvé »

Variante subtile de la présomption : tenir pour acquise sa propre persévérance, comme si le salut était déjà en poche. « Je suis sauvé, c'est sûr. » L'erreur séduit parce qu'elle paraît être le comble de la confiance, alors qu'elle dépasse ce que l'espérance autorise.

Pourquoi c'est faux. L'espérance est ferme quant à son objet — Dieu est fidèle, le Ciel est promis — mais elle n'est pas, pour le sujet, une certitude infaillible d'y parvenir, car notre liberté peut encore défaillir. Le concile de Trente a précisément condamné l'idée qu'on puisse tenir pour certain et infaillible le don de la persévérance finale, « à moins de l'avoir appris par une révélation spéciale »[27]. Nul, sans révélation privée, ne connaît avec certitude son salut : il l'espère. Cette docte ignorance n'affaiblit pas l'espérance ; elle la garde humble et vigilante, « avec crainte et tremblement » (Ph 2, 12).

Ce que dit l'Église. L'espérance se tient entre le désespoir, qui dit « je n'y arriverai jamais », et la présomption, qui dit « j'y suis déjà arrivé ». Elle dit, elle : « avec la grâce de Dieu, j'espère y parvenir, et je le demande chaque jour »[28]. C'est l'attitude des saints, qui travaillaient à leur salut « en confiance, sans présumer ».

Les erreurs sur l'exigence de l'espérance

Erreur — « L'espérance dispense d'agir et de combattre »

Puisque tout vient de la grâce, à quoi bon lutter ? On invoque l'espérance pour justifier la paresse spirituelle : « Dieu y pourvoira », « je m'abandonne » — et l'on ne fait plus rien. L'erreur séduit parce qu'elle ressemble à l'abandon des saints, dont elle n'est que la contrefaçon.

Pourquoi c'est faux. L'abandon véritable n'est pas l'inertie : c'est l'action menée avec confiance, comme si tout dépendait de nous, en sachant que tout dépend de Dieu. L'espérance soutient le combat, elle ne le supprime pas : elle est ce qui empêche le combattant de déposer les armes. La tradition appelle « quiétisme » l'erreur qui fait de la confiance un prétexte à la passivité — une espérance qui aurait perdu ses muscles. « Aide-toi, le Ciel t'aidera » n'est pas une maxime profane : elle dit la juste articulation de la grâce et de l'effort.

Ce que dit l'Église. L'espérance « nous garde de l'égoïsme et conduit au bonheur de la charité »[29] : loin de désengager, elle pousse à aimer et à agir. Espérer le Ciel, c'est précisément travailler à y entrer, « en confiance, sans présumer ». La fausse espérance croise les bras ; la vraie retrousse ses manches.

Erreur — « L'espérance, c'est pour les moments de crise seulement »

On ne penserait à l'espérance que dans le malheur : à l'hôpital, dans le deuil, devant la mort. Le reste du temps, elle dormirait, inutile. L'erreur séduit parce que l'espérance se révèle en effet de façon éclatante dans l'épreuve, ce qui fait oublier qu'elle agit aussi dans le quotidien le plus ordinaire.

Pourquoi c'est faux. L'espérance n'est pas un remède d'urgence, mais le climat permanent de la vie chrétienne : elle oriente chaque jour vers le but, comme l'aiguille de la boussole indique le nord par beau temps comme par tempête. Le chrétien est, par nature, un « voyageur » (homo viator) tendu vers la patrie ; l'espérance n'est pas le parachute des mauvais jours, c'est le cap de toute la traversée. L'éclipser dans le bonheur, c'est se préparer à ne pas la trouver dans le malheur.

Foi, espérance et charité : trois vertus unies mais distinctes — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Ce que dit l'Église. « En toutes circonstances », enseigne le Catéchisme, « chacun doit espérer » la grâce de persévérer jusqu'à la fin[30]. « En toutes circonstances » : non pas seulement dans les crises, mais dans la durée grise des jours ordinaires, où l'espérance se vit en silence.

Erreur — « L'espérance est une vertu facultative et mineure »

Dernier contresens, le plus rassurant : l'espérance serait la cadette modeste des vertus, une « petite » affaire à côté de la foi qui éclaire et de la charité qui couronne. On pourrait, à la rigueur, s'en passer. L'erreur séduit parce que l'espérance est en effet discrète, et qu'on la croit volontiers secondaire.

Pourquoi c'est faux. Cette discrétion est trompeuse. Péguy l'a chantée mieux que personne : la « petite espérance » paraît se laisser traîner par ses deux grandes sœurs, mais c'est elle, en vérité, qui les entraîne — sans elle, ni la foi ni la charité n'avanceraient.

« La petite espérance s'avance entre ses deux grandes sœurs et on ne prend seulement pas garde à elle. […] Et les deux grandes ne marchent que pour la petite. » — Charles Péguy, Le Porche du mystère de la deuxième vertu, 1911[31]

Sans espérance, la foi se durcit en doctrine sans avenir, et la charité s'épuise sans horizon. C'est elle qui empêche l'âme de renoncer ; c'est sur elle que veille l'ennemi quand il veut faire tomber un juste, car il sait qu'en éteignant l'espérance, il éteint le reste. Loin d'être facultative, elle est nécessaire au salut : on ne peut être sauvé sans désirer le salut et l'attendre de Dieu.

Ce que dit l'Église. L'espérance est l'une des trois vertus théologales « infusées par Dieu dans l'âme des fidèles »[32], inséparable de la foi et de la charité. La plus petite des trois est aussi celle dont les deux autres ne peuvent se passer.

L'erreur et la vérité, en un coup d'œil

Le tableau ci-dessous résume les principaux contresens et la vérité catholique qui leur répond. La colonne de gauche donne l'erreur dans sa formulation courante ; celle du milieu, pourquoi elle est fausse ; celle de droite, le repère doctrinal qui la corrige.

Erreur courante sur l'espérancePourquoi c'est fauxRepère catholique
C'est de l'optimismeL'optimisme mise sur les chances ; l'espérance, sur les promesses du ChristVertu théologale (CEC § 1817)
Espérer, c'est attendre passivementL'espérance est un élan qui soutient l'action« Joie de l'espérance » (Rm 12, 12)
Il faut sentir de la confianceOn espère sans rien sentir, par la volontéVertu infuse (CEC § 1817)
On espère que ça s'arrange ici-basL'objet propre est le Ciel ; le reste « par surcroît »CEC § 1817-1818
C'est croire à un monde meilleurLe progrès ne rachète pas ; seul Dieu le peutSpe Salvi § 30-31
C'est foutu, mes péchés sont trop grands« La grâce a surabondé » (Rm 5, 20) ; Pierre vs JudasDésespoir (CEC § 2091)
Je me sauverai par mes forces« Sans moi, vous ne pouvez rien » (Jn 15, 5)Présomption (CEC § 2092)
Dieu sauvera tout le monde sans conversionPardon « sans conversion » = abus de la miséricordePrésomption (CEC § 2092)
Je suis certain d'être sauvéNul n'a la certitude infaillible de persévérerTrente, sess. VI, can. 16
L'espérance dispense d'agirElle soutient le combat, ne le supprime pasContre le quiétisme (CEC § 1818)
C'est pour les crises seulement« En toutes circonstances, chacun doit espérer »CEC § 1821
C'est une vertu mineure« Les deux grandes ne marchent que pour la petite »Vertu théologale (CEC § 1813)

Espérance, foi et charité : ne pas confondre les trois sœurs

Beaucoup de contresens viennent enfin de ce qu'on confond les trois vertus théologales. Elles sont sœurs, inséparables, mais distinctes : les mêler, c'est perdre le propre de chacune.

Erreur — « Espérer, c'est croire »

On prend l'espérance pour un simple chapitre de la foi : croire que le Ciel existe. L'erreur séduit parce que les deux vertus regardent le même invisible.

Pourquoi c'est faux. La foi fait tenir pour vrai ce que Dieu révèle ; l'espérance fait désirer et attendre le bien promis. Saint Augustin l'avait posé : la foi peut porter sur le mal comme sur le bien, sur le passé comme sur l'avenir, sur autrui comme sur soi ; l'espérance, seulement sur un bien futur qui me concerne[33]. Le démon « croit » que Dieu existe (Jc 2, 19), mais il n'espère rien : il a la foi sans l'espérance. Croire que le Ciel existe et l'attendre pour soi sont deux actes différents.

Erreur — « Espérer, c'est déjà aimer »

On confond l'espérance avec la charité, comme si attendre le Ciel revenait à aimer Dieu. L'erreur séduit parce que l'espérance, en désirant Dieu, semble déjà l'aimer.

Pourquoi c'est faux. L'espérance désire Dieu comme notre bien — elle l'attend pour nous ; la charité aime Dieu pour lui-même — elle se réjouit de ce qu'il est, indépendamment de notre intérêt. L'espérance est encore tournée vers la béatitude « qui nous revient » ; la charité est pur don. C'est pourquoi l'espérance passera : au Ciel, ayant obtenu ce qu'elle attendait, elle cédera la place à l'amour, tandis que « la charité ne passera jamais » (1 Co 13, 8). « Maintenant donc demeurent la foi, l'espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c'est la charité » (1 Co 13, 13)[34]. Sur cette plus grande des sœurs, voir Les erreurs fréquentes concernant la charité.

Rendre à l'espérance sa vraie grandeur

L'espérance et ses contrefaçons — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Tous ces contresens ont une racine commune : on a détaché l'espérance de ce qui la fonde — tantôt de son objet, le Ciel, tantôt de son appui, la grâce, tantôt de la volonté, tantôt du combat. Rendue à elle-même, l'espérance n'est ni un optimisme, ni une attente passive, ni un espoir terrestre, ni une certitude acquise : elle est l'attente confiante de Dieu et de la vie éternelle, « non sur nos forces, mais sur le secours de la grâce »[35].

Entre le désespoir qui n'attend plus rien et la présomption qui attend tout sans rien faire, elle tient le chemin de crête : tout espérer de Dieu, et tout mettre en œuvre avec lui. La formule de saint Paul résume le remède : spe salvi facti sumus — « dans l'espérance, nous avons été sauvés » (Rm 8, 24). Non par nos calculs, non par le progrès, non par nos seules forces : dans l'espérance, c'est-à-dire dans cette attente certaine d'un bien que nous ne voyons pas encore, mais que Celui « qui ne ment pas » (Tt 1, 2) a promis.

Apprendre à reconnaître les fausses monnaies, c'est déjà se disposer à recevoir l'or véritable : pour la voix des saints sur cette vertu, voir Que disent les saints sur l'espérance ; pour le chemin de sa croissance, Comment grandir dans l'espérance.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Catéchisme de l'Église catholique, § 2091 : « Le premier commandement vise aussi les péchés contre l'espérance, qui sont le désespoir et la présomption. Par le désespoir, l'homme cesse d'espérer de Dieu son salut personnel, le secours pour y parvenir ou le pardon de ses péchés. Il s'oppose à la bonté de Dieu, à sa justice — car le Seigneur est fidèle à ses promesses — et à sa miséricorde. »

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  2. Saint Augustin, Enchiridion (Manuel sur la foi, l'espérance et la charité), ch. 8 (vers 420), à Laurentius : l'espérance « n'a pour objet que ce qui est bon, que ce qui est à venir, et que ce qui concerne celui qui espère », tandis que la foi peut porter sur le mal comme sur le bien, sur le passé, le présent et l'avenir, sur soi et sur autrui. Texte latin : « spes… non nisi bonarum rerum est, nec nisi futurarum, et ad eum pertinentium qui earum spem gerere perhibetur » (PL 40, 235).

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  3. Catéchisme de l'Église catholique, § 1821 : « Nous pouvons donc espérer la gloire du ciel promise par Dieu à ceux qui l'aiment et qui font sa volonté. En toutes circonstances, chacun doit espérer, avec la grâce de Dieu, "persévérer jusqu'à la fin" » ; l'Église prie pour que tous les hommes soient sauvés, et l'espérant pour tous, elle l'espère pour elle-même.

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  4. Lettre aux Hébreux 6, 18-19, traduction liturgique officielle (AELF) : l'espérance qui nous est offerte est « pour l'âme une ancre sûre et solide », « qui pénètre au-delà du voile », là où Jésus est entré pour nous comme précurseur.

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  5. Catéchisme de l'Église catholique, § 1817 : « L'espérance est la vertu théologale par laquelle nous désirons comme notre bonheur le Royaume des cieux et la Vie éternelle, en mettant notre confiance dans les promesses du Christ et en prenant appui, non sur nos forces, mais sur le secours de la grâce du Saint-Esprit. »

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  6. Catéchisme de l'Église catholique, § 1819 : l'espérance chrétienne reprend et accomplit l'espérance du peuple élu, qui trouve son origine et son modèle dans l'espérance d'Abraham, comblé en Isaac et purifié par l'épreuve du sacrifice ; « Espérant contre toute espérance, il crut » (Rm 4, 18).

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  7. Catéchisme de l'Église catholique, § 1818 : l'espérance « répond à l'aspiration au bonheur placée par Dieu dans le cœur de tout homme » ; elle reprend et purifie les espérances qui inspirent les activités des hommes, « préserve du découragement », « soutient en tout délaissement », « dilate le cœur dans l'attente de la béatitude éternelle » et « préserve de l'égoïsme et conduit au bonheur de la charité ».

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  8. Benoît XVI, Spe Salvi, lettre encyclique, 30 novembre 2007, § 1 : « "SPE SALVI facti sumus" — dans l'espérance, nous avons été sauvés, dit saint Paul aux Romains, et à nous aussi (Rm 8, 24). » Le pape ajoute qu'une « espérance fiable » permet d'affronter le présent, même pénible, s'il conduit vers un but assez grand pour justifier l'effort du chemin. Texte intégral sur vatican.va.

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  9. Lettre aux Romains 12, 12, traduction liturgique officielle (AELF) : « Ayez la joie de l'espérance, tenez bon dans l'épreuve, soyez assidus à la prière. »

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  10. Lettre aux Romains 8, 24-25, traduction liturgique officielle (AELF) : « Car nous avons été sauvés, mais c'est en espérance. Voir ce qu'on espère, ce n'est plus espérer : ce que l'on voit, comment l'espérer encore ? Mais nous, qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l'attendons avec persévérance. » Latin de la Vulgate : « spe enim salvi facti sumus ».

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  11. Benoît XVI, Spe Salvi, 30 novembre 2007, § 30-31 : distinction entre les « espérances » plus petites (progrès, projets, biens relatifs qui jalonnent une vie) et la « grande espérance » — être aimé et attendu pour toujours par Dieu — qui seule peut soutenir l'homme quand les espérances relatives se dérobent.

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  12. Benoît XVI, Spe Salvi, 30 novembre 2007, § 26 : « Ce n'est pas la science qui rachète l'homme. L'homme est racheté par l'amour. » Le progrès matériel et scientifique, sans Dieu, ne suffit pas à donner à l'homme l'espérance dont il a besoin.

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  13. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIª-IIae, q. 20, a. 3 : le désespoir est en un sens plus dangereux que d'autres péchés, car en cessant d'espérer le pardon, l'homme se ferme l'accès à la grâce qui le ramènerait au bien ; cf. q. 21 sur la présomption, qui pèche par excès en sens inverse.

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  14. Catéchisme de l'Église catholique, § 2092 : « Il y a deux sortes de présomption. Ou bien l'homme présume de ses capacités (en espérant pouvoir se sauver sans le secours d'en haut), ou bien il présume de la puissance ou de la miséricorde de Dieu (en espérant obtenir son pardon sans conversion, et la gloire sans mérite). »

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  15. Concile de Trente, VIᵉ session (13 janvier 1547), Décret sur la justification, ch. 13 (sur le don de persévérance) et canon 16 : est anathème quiconque affirme avoir la certitude absolue et infaillible du grand don de la persévérance finale « à moins de l'avoir appris par une révélation spéciale ». Nul ne connaît donc avec une certitude de foi qu'il a obtenu la grâce ni qu'il persévérera (Denzinger 1540-1541, 1566).

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  16. Charles Péguy, Le Porche du mystère de la deuxième vertu, 1911 : « La petite espérance s'avance entre ses deux grandes sœurs et on ne prend seulement pas garde à elle. […] Et les deux grandes ne marchent que pour la petite. » Texte vérifié sur Wikisource (Œuvres poétiques complètes).

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  17. Catéchisme de l'Église catholique, § 1813 : les vertus théologales — foi, espérance et charité — sont « infusées par Dieu dans l'âme des fidèles » ; elles fondent, animent et caractérisent l'agir moral du chrétien, ayant Dieu lui-même pour origine, motif et objet.

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  18. Première lettre aux Corinthiens 13, 8 et 13, traduction liturgique officielle (AELF) : « L'amour ne passera jamais » (v. 8) ; « Ce qui demeure aujourd'hui, c'est la foi, l'espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c'est la charité » (v. 13).

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