Baptême du Seigneur

Fête qui clôt le temps de Noël, le Baptême du Seigneur célèbre, le dimanche après l'Épiphanie, le baptême de Jésus par Jean dans le Jourdain : les cieux s'ouvrent, l'Esprit descend comme une colombe et le Père proclame son Fils bien-aimé.

Ignispedia

Le Baptême du Seigneur est la fête par laquelle l'Église catholique célèbre le baptême de Jésus par saint Jean-Baptiste dans le Jourdain, au seuil de sa vie publique : les cieux s'ouvrent, l'Esprit Saint descend sur lui comme une colombe, et la voix du Père proclame « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie » (Mt 3, 17)[1]. Le Catéchisme y reconnaît « la manifestation ("Épiphanie") de Jésus comme Messie d'Israël et Fils de Dieu »[2].

Fête du Seigneur, elle se célèbre le dimanche qui suit le 6 janvier — ou le lundi, là où l'Épiphanie, reportée au dimanche, tombe le 7 ou le 8 janvier — et elle clôt le temps de Noël : dès le lendemain commence le temps ordinaire[3][4].

La mémoire est très ancienne, la fête est récente. En Orient, le baptême du Christ fait dès l'Antiquité le cœur de la fête du 6 janvier, la Théophanie ; à Rome, il est honoré au jour octave de l'Épiphanie, le 13 janvier, jusqu'à ce que les réformes de 1955, de 1960 puis de 1969 en fassent une commémoraison, une fête, enfin un dimanche propre[5][6][7]. La liturgie y contemple la Trinité manifestée, l'onction du Messie par l'Esprit, les eaux sanctifiées au contact du Christ et la source de notre propre baptême : l'oraison du jour appelle les baptisés « tes enfants d'adoption »[8].

Une fête du Seigneur qui clôt le temps de Noël

Ce que l'Église célèbre au Jourdain

Infographie originale Ignispedia créée par IA — Le Baptême dans le cycle de Noël. Sources : Normes universelles, nos 33 et 38 ; rubrique du Missel romain.

L'événement est rapporté par les trois premiers évangiles et évoqué par le quatrième. Jésus vient de Galilée jusqu'au Jourdain, où Jean baptise les foules d'un baptême de conversion ; Jean veut l'en empêcher — « C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et c'est toi qui viens à moi ! » —, Jésus insiste — « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice » —, et au sortir de l'eau les cieux s'ouvrent[9]. Le Catéchisme situe là « le commencement » de la vie publique de Jésus[10] et en donne le sens en une phrase dense :

« Le Baptême de Jésus, c'est, de sa part, l'acceptation et l'inauguration de sa mission de Serviteur souffrant. Il se laisse compter parmi les pécheurs (cf. Is 53, 12) ; il est déjà "l'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde" (Jn 1, 29) ; déjà, il anticipe le "baptême" de sa mort sanglante (cf. Mc 10, 38 ; Lc 12, 50). » — Catéchisme de l'Église catholique, § 536[11]

La fête ne célèbre donc ni le sacrement du baptême pour lui-même, présenté dans l'article Le baptême, ni la figure du Précurseur, à qui est consacré l'article Saint Jean-Baptiste, ni le dossier historique et exégétique de l'épisode, réservé à l'article Le baptême de Jésus. Elle célèbre un mystère du Christ : une manifestation de Dieu, que la tradition range avec l'adoration des mages et les noces de Cana parmi les trois « épiphanies » du Seigneur[12]. C'est ce mystère que l'Église fait revivre chaque année, avec ses lectures, ses oraisons et ses chants.

Une fête du Seigneur qui prend la place du dimanche

En principe, le dimanche ne reçoit jamais de façon permanente une autre célébration. Les Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier prévoient quatre exceptions : la Sainte Famille, le Baptême du Seigneur, la Sainte Trinité et le Christ Roi[13]. Elles précisent la raison qui fait passer le Baptême avant le dimanche ordinaire :

« En raison de son importance particulière, le dimanche ne cède sa célébration qu'aux solennités, ainsi qu'aux fêtes du Seigneur ; et même les dimanches de l'Avent, du Carême et de Pâques ont la préséance sur toutes les fêtes du Seigneur et sur toutes les solennités. » — Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n. 5[14]

Dans la table de préséance qui clôt ces Normes, les « fêtes du Seigneur inscrites au calendrier général » occupent le cinquième rang, juste avant les « dimanches du temps de Noël et du temps ordinaire », au sixième[15]. Le Baptême n'est pas une solennité : c'est une fête, de même rang que la Présentation du Seigneur ou la Transfiguration, mais c'est une fête du Seigneur, et cela suffit à lui donner le dimanche. Le Missel romain le confirme en prescrivant ce jour-là le Gloria et le Credo, et le blanc des fêtes du Christ[16][17]. Cette primauté accordée aux mystères du Seigneur applique une consigne du concile Vatican II :

« On orientera l'esprit des fidèles avant tout vers les fêtes du Seigneur, par lesquelles se célèbrent pendant l'année les mystères du salut. » — Concile Vatican II, constitution Sacrosanctum Concilium, n. 108[18]

Quand tombe la fête ? Le dimanche après le 6 janvier, parfois le lundi

La règle générale tient en une ligne : « Le dimanche qui suit le 6 janvier, on célèbre la fête du Baptême du Seigneur »[19]. Elle se complique là où l'Épiphanie n'est pas un jour chômé : les conférences épiscopales peuvent alors la reporter au dimanche compris entre le 2 et le 8 janvier[20], ce qui est le cas en France. Si ce dimanche tombe le 7 ou le 8 janvier, l'Épiphanie occupe justement le « dimanche après le 6 janvier ». Le Missel romain règle le conflit par une rubrique placée en tête de la messe : là où l'Épiphanie est transférée au dimanche 7 ou 8 janvier, « la fête du Baptême du Seigneur est célébrée le lundi suivant »[21].

Cette solution date de 1977. De 1970 à 1977, dans les pays concernés, l'Épiphanie fêtée le 7 ou le 8 janvier supprimait purement et simplement la fête du Baptême cette année-là[22]. La Sacrée Congrégation pour les Sacrements et le Culte divin décida alors, avec l'approbation de Paul VI, de la reporter au lundi, pour une raison qu'elle énonce en tête de son décret :

« La célébration du Baptême du Seigneur a été mise en honneur par la restauration du calendrier romain général et assignée au dimanche qui suit l'Épiphanie, afin qu'elle soit plus facilement célébrée par toute la communauté chrétienne rassemblée ce jour-là. Les aspects doctrinaux, pastoraux et œcuméniques de cette fête ont en effet une grande importance dans l'histoire du salut et dans l'année liturgique. » — Sacrée Congrégation pour les Sacrements et le Culte divin, décret De celebratione Baptismatis Domini, 7 octobre 1977[23]

Le tableau suivant donne les dates de la fête pour les dix prochaines années, selon les deux manières de fixer l'Épiphanie. Il se lit ainsi : la première colonne vaut pour le calendrier romain général, où l'Épiphanie reste au 6 janvier ; la seconde pour les pays, dont la France, où elle est célébrée le dimanche compris entre le 2 et le 8 janvier[24].

AnnéeAnnée liturgiqueÉpiphanie le 6 janvier : date du BaptêmeÉpiphanie reportée au dimanche : date du Baptême
2026Adimanche 11 janvierdimanche 11 janvier
2027Bdimanche 10 janvierdimanche 10 janvier
2028Cdimanche 9 janvierdimanche 9 janvier
2029Adimanche 7 janvierlundi 8 janvier (Épiphanie le dimanche 7)
2030Bdimanche 13 janvierdimanche 13 janvier
2031Cdimanche 12 janvierdimanche 12 janvier
2032Adimanche 11 janvierdimanche 11 janvier
2033Bdimanche 9 janvierdimanche 9 janvier
2034Cdimanche 8 janvierlundi 9 janvier (Épiphanie le dimanche 8)
2035Adimanche 7 janvierlundi 8 janvier (Épiphanie le dimanche 7)
Infographie originale Ignispedia créée par IA — La règle du dimanche ou du lundi. Sources : Missel romain ; décret du 7 octobre 1977, Notitiae 13, p. 477-478.

En 2024, les deux régimes ont coexisté de façon visible : le calendrier romain général plaçait le Baptême le dimanche 7 janvier, tandis qu'en France, où l'Épiphanie tombait ce même dimanche, la fête était célébrée le lundi 8 janvier[25]. Dans ce cas, une seule lecture précède l'évangile, comme en semaine[26].

Le décret de 1977 et le Missel ne changent rien au sens de la fête : où qu'elle tombe, elle garde son rang de fête du Seigneur et ses textes propres, et elle reste la dernière célébration du temps de Noël.

La charnière entre Noël et le temps ordinaire

Le temps de Noël « s'étend des premières vêpres de la Nativité du Seigneur jusqu'au dimanche après l'Épiphanie, ou après le 6 janvier, inclusivement »[27]. Le temps ordinaire, lui, « commence le lundi qui suit le dimanche tombant après le 6 janvier »[28]. Le Baptême du Seigneur est donc le point de bascule entre les deux : la couleur blanche cède au vert dès le lendemain.

Ce passage explique un détail qui intrigue souvent : il n'y a pas, en pratique, de « premier dimanche du temps ordinaire ». Le Missel précise que « le dimanche où l'on célèbre la fête du Baptême du Seigneur tient la place du premier dimanche du temps ordinaire ; la semaine qui suit est cependant comptée comme la première »[29]. Le dimanche suivant est donc le deuxième, et si la fête a été célébrée le lundi, les lectures de la première semaine commencent le mardi[30]. L'article Le temps ordinaire développe cette architecture ; retenons ici que le Baptême ferme le cycle des manifestations ouvert à Noël. Benoît XVI le résumait ainsi en 2010, avant de baptiser quatorze enfants :

« Avec la fête du Baptême de Jésus se poursuit le cycle des manifestations du Seigneur, qui a commencé à Noël par la naissance à Bethléem du Verbe incarné, contemplé par Marie, Joseph et les pasteurs dans l'humilité de la crèche, et qui a connu une étape importante dans l'Épiphanie, lorsque le Messie, à travers les mages, s'est manifesté à toutes les nations. Aujourd'hui, Jésus se révèle, sur les rives du Jourdain, à Jean et au peuple d'Israël. » — Benoît XVI, homélie de la fête du Baptême du Seigneur, chapelle Sixtine, 10 janvier 2010[31]

Une mémoire née avec l'Épiphanie d'Orient

Le baptême, premier contenu de la fête du 6 janvier

La fête du 6 janvier est née en Orient, et son contenu le plus ancien n'était pas l'adoration des mages mais le baptême du Christ. Les témoignages patristiques qui l'établissent — Clément d'Alexandrie, les Constitutions apostoliques, saint Jérôme — sont présentés dans l'article Épiphanie (6 janvier), qui retrace cette histoire. Un nom suffit à en garder la trace : les Églises d'Orient appellent aussi ce jour la fête des « Lumières ». Dom Prosper Guéranger en donnait la raison au XIXᵉ siècle :

« Les Orientaux appellent encore cette solennité les saintes lumières, à cause du Baptême que l'on conférait autrefois en ce jour, en mémoire du Baptême de Jésus-Christ dans le Jourdain. On sait que le Baptême est appelé dans les Pères illumination, et ceux qui l'ont reçu illuminés. » — Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II[32]

Le grand sermon de saint Grégoire de Nazianze que l'Église lit aujourd'hui encore le jour de la fête porte précisément ce titre : Discours pour la fête des Lumières[33]. Le mot n'est pas une image décorative : pour les Pères, être baptisé, c'est être illuminé par le Christ, et le Christ lui-même inaugure cette illumination en descendant dans le Jourdain.

Trois merveilles en un seul jour : l'étoile, le Jourdain et Cana

L'Occident, qui a centré le 6 janvier sur les mages, n'a jamais oublié le Jourdain. Le Bréviaire romain chantait aux secondes vêpres de l'Épiphanie une antienne qui réunit les trois manifestations du Christ en un seul regard :

« Nous honorons un jour marqué par trois prodiges : aujourd'hui, l'étoile a conduit les Mages à la crèche ; aujourd'hui, l'eau a été changée en vin au festin nuptial ; aujourd'hui, le Christ a voulu être baptisé par Jean dans le Jourdain, pour notre salut. Alléluia. » — Antienne du Magnificat de l'Épiphanie, traduction de Dom Guéranger[34]

L'antienne des laudes du même jour va plus loin : elle lit les trois mystères comme les noces du Christ et de l'Église, et c'est au Jourdain que l'Épouse est lavée.

« Aujourd'hui, l'Église s'unit au céleste Époux : ses péchés sont lavés par le Christ dans le Jourdain ; les Mages accourent aux Noces royales, apportant des présents ; l'eau est changée en vin, et les convives du festin sont dans la joie. Alléluia. » — Antienne du Benedictus de l'Épiphanie, traduction de Dom Guéranger[35]

Dom Guéranger rapporte à ce propos un mot du pape Innocent III sur ce « mariage […] qui fut promis au patriarche Abraham, juré au roi David, accompli en Marie devenue Mère, et aujourd'hui consommé, confirmé et déclaré : consommé dans l'adoration des Mages, confirmé dans le baptême du Jourdain, déclaré dans le miracle de l'eau changée en vin »[36]. Mais la liturgie romaine ne pouvait tout célébrer à la fois. Guéranger explique le partage qui en est résulté : la venue des mages occupant surtout le 6 janvier, « il a été nécessaire, pour que le mystère de la sanctification des eaux fût dignement honoré, d'en attacher la mémoire à un autre jour. L'Octave de l'Épiphanie a été choisie par l'Église d'Occident pour honorer spécialement le Baptême du Sauveur », tandis que Cana était rappelé au deuxième dimanche après l'Épiphanie[37].

La Théophanie des Églises d'Orient et la grande bénédiction des eaux

Dans les Églises de tradition byzantine, catholiques comme orthodoxes, le 6 janvier est resté tout entier la fête du Baptême, la Théophanie, c'est-à-dire « manifestation de Dieu ». Guéranger le notait déjà : l'Église grecque a rattaché les mages à Noël, et « toutes ses louanges, dans la présente solennité, ont pour objet unique le Baptême de Jésus-Christ »[38]. Les Églises qui suivent le calendrier julien célèbrent ce même jour le 19 janvier de notre calendrier, en raison des treize jours qui séparent aujourd'hui les deux comptes[39]. Le tropaire de la fête, chanté à chaque office, est une confession de foi trinitaire :

« Lors de Ton baptême dans le Jourdain, Seigneur, fut manifestée l'adoration due à la Trinité : car la voix du Père Te rendit témoignage en Te donnant le nom de Fils bien-aimé, et l'Esprit, sous la forme d'une colombe, confirmait l'irréfragable vérité de cette parole. Christ Dieu qui es apparu et qui as illuminé le monde, gloire à Toi ! » — Tropaire de la Théophanie, ton 1, liturgie byzantine[40]

Théophanie à Glenelg, 6 janvier 2008. Photo Jim Maggas, CC BY 3.0 ; image réduite.

Le rite le plus visible de la fête est la grande bénédiction des eaux. Guéranger en décrivait la forme solennelle : le célébrant « plonge dans les eaux une croix enrichie de pierreries qui signifie le Christ, imitant ainsi l'action du Précurseur. À Saint-Pétersbourg, la cérémonie a lieu sur la Neva ; et c'est à travers une ouverture pratiquée dans la glace que le Métropolite fait descendre la croix dans les eaux »[41]. Il ajoutait que l'Occident avait gardé, « en plusieurs lieux », l'usage de bénir l'eau avec une solennité particulière le jour de l'Épiphanie, même si Rome, dès saint Léon, avait réservé le baptême solennel à Pâques et à la Pentecôte[42]. La coutume a suivi les chrétiens d'Orient dans leurs migrations : à Tarpon Springs, en Floride, la communauté grecque célèbre ainsi l'Épiphanie chaque 6 janvier depuis 1906[43].

Les hymnes byzantines de la fête, que Guéranger traduisait des Ménées, font parler le Précurseur saisi de crainte devant celui qu'il doit baptiser :

« Les eaux t'ont vu, et elles ont tremblé. Le Précurseur a été saisi de crainte, et il s'est écrié, disant : "Comment la faible lampe allumera-t-elle la Lumière ? Comment le serviteur imposera-t-il la main sur le Maître ? Sanctifie-moi, et sanctifie les eaux, ô Sauveur ! qui effaces le péché du monde." » — Ménées de l'Église grecque, office de la Théophanie, traduction de Dom Guéranger[44]

Saint Proclus de Constantinople, au Vᵉ siècle, disait la joie cosmique de ce jour, où la mer elle-même reçoit sa part de bénédiction : « avec la fête des Théophanies, c'est la mer qui se réjouit hautement ; elle se réjouit de ce que, par l'intermédiaire du Jourdain, elle a reçu la bénédiction qui la sanctifie »[45]. Pour la liturgie orientale dans son ensemble, on se reportera aux articles La liturgie orientale et Que dit l'Église sur les orthodoxes ?.

De l'octave de l'Épiphanie à une fête propre : l'histoire romaine

Le 13 janvier, jour octave consacré au Baptême

Infographie originale Ignispedia créée par IA — Les réformes du calendrier romain. Sources : décrets de 1955 et 1977 ; Code des rubriques de 1960 ; Calendarium Romanum de 1969.

Dans le Missel romain issu du concile de Trente, la messe du jour octave de l'Épiphanie, le 13 janvier, reprend celle de la fête, sauf l'évangile et les trois oraisons ; l'évangile est celui du témoignage de Jean : « Voici l'Agneau de Dieu, voici celui qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29-34)[46][47]. Guéranger, qui commente ce jour dans L'Année liturgique, y voit la fête propre du mystère du Jourdain et en donne une lecture qui passe tout entière dans la liturgie actuelle :

« Notre divin Roi s'avance aussi vers le fleuve, non pour y chercher la sanctification, car il est le principe de toute justice, mais pour donner enfin aux eaux la vertu d'enfanter, comme chante l'Église, une race nouvelle et sainte. » — Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, L'Octave de l'Épiphanie[48]

La collecte de ce jour octave demandait à Dieu, « dont le Fils unique est apparu sur la terre, revêtu de la substance de notre chair », que « nous méritions d'être réformés intérieurement par celui que nous avons reconnu semblable à nous extérieurement »[49]. Cette prière a traversé toutes les réformes : c'est aujourd'hui la seconde collecte, au choix, de la messe du Baptême du Seigneur[50], et Paul VI l'a citée en 1969, dans le motu proprio Mysterii Paschalis qui promulguait le nouveau calendrier, pour dire la force sacramentelle du cycle de Noël : « lorsque nous célébrons le mystère de la Nativité du Christ et de sa manifestation dans le monde, nous demandons de mériter d'être réformés intérieurement par celui que nous avons reconnu semblable à nous extérieurement »[51].

Des antiennes carolingiennes supprimées puis retrouvées

Dom Prosper Guéranger, par Claude-Ferdinand Gaillard, vers 1878. Cleveland Museum of Art, 1956.734, domaine public.

Le bréviaire de la Curie romaine de la fin du Moyen Âge, sur lequel fut établi celui de saint Pie V, possédait, pour ce jour octave, un ensemble complet d'antiennes propres consacrées au Baptême, datant de l'époque carolingienne et visiblement inspirées de la liturgie byzantine. La réforme tridentine du bréviaire les supprima, fait inhabituel pour une réforme par ailleurs très conservatrice ; les dominicains, les cisterciens et les carmes de l'ancienne observance continuèrent de les chanter[52]. Guéranger les donnait encore comme des « restes précieux de l'antique Liturgie Gallicane », d'origine orientale, « conservées au Bréviaire de Cîteaux »[53]. L'une d'elles est devenue célèbre :

« Le soldat baptise son Roi ; le serviteur, son Maître ; Jean, son Sauveur. L'eau du Jourdain s'étonne, la colombe témoigne, et la voix du Père proclame : Celui-ci est mon Fils. » — Antienne des laudes du Baptême du Seigneur, Liturgie des Heures[54]

La Liturgie des Heures issue de la réforme de Vatican II les a reprises. L'antienne ci-dessus ouvre aujourd'hui les laudes de la fête ; la troisième, « Toi qui purifies l'humanité dans l'esprit et le feu, toi, notre Sauveur et notre Dieu, nous te glorifions », rend presque mot pour mot l'antique Te, qui in Spiritu et igne purificas[55][56]. Les vêpres chantent « Au Jourdain, le Sauveur a brisé la tête du dragon, pour que l'homme échappe à son pouvoir » et « Aujourd'hui, se dévoile un grand mystère : dans le Jourdain, le Créateur des hommes enlève leurs péchés »[57]. La réforme liturgique a ainsi rendu à la fête un patrimoine que le bréviaire romain du XVIᵉ siècle avait écarté.

1955 : la commémoraison du Baptême

Le premier pas vers une fête propre vint de la simplification des rubriques voulue par Pie XII. Le décret général de la Sacrée Congrégation des Rites Cum nostra hac aetate, daté du 23 mars 1955 et entré en vigueur le 1ᵉʳ janvier 1956, ne garde que trois octaves — Noël, Pâques et la Pentecôte — et supprime donc celle de l'Épiphanie[58]. Il en tire aussitôt la conséquence pour le 13 janvier :

« Le 13 janvier, on fait la commémoraison du Baptême de Notre-Seigneur Jésus-Christ, sous le rite double majeur ; l'office et la messe se disent tels qu'ils sont actuellement à l'octave de l'Épiphanie. » — Sacrée Congrégation des Rites, décret Cum nostra hac aetate, 23 mars 1955, titre II, n. 16[59]

Le 13 janvier ne porte donc plus le nom d'octave de l'Épiphanie : il est désigné par le mystère du Baptême lui-même. Le même article prévoit toutefois que, si le 13 janvier tombe un dimanche, on célèbre la fête de la Sainte Famille, fixée alors au dimanche qui suit l'Épiphanie, sans aucune commémoraison du Baptême[60].

1960 : une fête de deuxième classe

Le Code des rubriques promulgué par Jean XXIII avec le motu proprio Rubricarum instructum du 25 juillet 1960 élève la commémoraison au rang de fête de deuxième classe, toujours au 13 janvier[61]. Le martyrologe romain en porte la trace : à la place de l'éloge « Octave de l'Épiphanie du Seigneur », on inscrit désormais « Commémoraison du Baptême de Notre-Seigneur Jésus-Christ »[62]. La messe reste celle de l'ancienne octave, avec l'évangile de Jean 1, 29-34, et la préface de l'Épiphanie devient sa préface propre[63][64]. C'est cette forme que conservent les communautés qui célèbrent selon le Missel romain de 1962.

1969 : le dimanche après l'Épiphanie

La réforme du calendrier qui suit Vatican II donne à la fête sa place actuelle. Le Calendrier romain promulgué par le motu proprio Mysterii Paschalis du 14 février 1969, en vigueur au 1ᵉʳ janvier 1970, assigne le Baptême du Seigneur au dimanche après le 6 janvier et la Sainte Famille au dimanche dans l'octave de Noël ; le décret de la Sacrée Congrégation des Rites qui le promulgue précise que, en attendant le nouveau Missel et le nouveau Bréviaire, les fêtes du Baptême du Seigneur et du Christ Roi seront célébrées « aux jours qui leur sont nouvellement assignés »[65]. En passant du 13 janvier au dimanche, la fête gagne ce que le décret de 1977 appellera sa dimension pastorale : elle est célébrée par « toute la communauté chrétienne rassemblée ce jour-là »[66].

Le tableau ci-dessous résume les quatre états successifs de la fête dans le rite romain.

PériodeJourNom et rangÉvangile de la messe
Jusqu'en 1955 (Missel issu de Trente)13 janvierJour octave de l'Épiphanie, consacré au BaptêmeJean 1, 29-34
1956-1960 (décret de 1955)13 janvier, sauf dimancheCommémoraison du Baptême, rite double majeurJean 1, 29-34
1961-1969 (Code des rubriques de 1960)13 janvier, sauf dimancheCommémoraison du Baptême, fête de IIᵉ classeJean 1, 29-34
Depuis 1970 (calendrier de 1969 et décret de 1977)Dimanche après le 6 janvier, ou lundiFête du Baptême du SeigneurMatthieu, Marc ou Luc selon l'année

On le voit : la fête n'a pas été inventée en 1969. Elle est l'aboutissement d'une mémoire que l'Occident gardait depuis des siècles au 13 janvier, et que la réforme a rendue visible à tous en lui donnant un dimanche.

  1. IVe siècle
    La fête des Lumières en Orient
    le 6 janvier, fête du Baptême

    En Orient, le 6 janvier célèbre avant tout le baptême du Christ ; on y administre le baptême, d'où le nom de fête des « Lumières ».

  2. XVIe siècle
    Réforme tridentine
    octave du 13 janvier

    Le Missel romain garde au jour octave de l'Épiphanie l'évangile Jean 1, 29-34 ; le nouveau bréviaire supprime les antiennes propres du Baptême.

  3. 23 mars 1955
    Décret Cum nostra hac aetate
    Pie XII

    L'octave de l'Épiphanie est supprimée ; le 13 janvier devient la commémoraison du Baptême du Seigneur (en vigueur au 1er janvier 1956).

  4. 25 juillet 1960
    Code des rubriques
    Jean XXIII

    La commémoraison du Baptême devient une fête de deuxième classe au 13 janvier.

  5. 14 février 1969
    Nouveau calendrier romain
    Paul VI

    La fête est fixée au dimanche après le 6 janvier et clôt le temps de Noël (en vigueur au 1er janvier 1970).

  6. 7 octobre 1977
    Décret De celebratione Baptismatis Domini
    le lundi

    Là où l'Épiphanie tombe le dimanche 7 ou 8 janvier, le Baptême est célébré le lundi suivant.

  7. 1981
    Premiers baptêmes du pape
    Jean-Paul II

    Jean-Paul II baptise des enfants le jour de la fête, d'abord à la chapelle Pauline, puis à la chapelle Sixtine à partir de 1983.

  8. 16 octobre 2002
    Rosarium Virginis Mariae
    mystères lumineux

    Le Baptême au Jourdain devient le premier des mystères lumineux du Rosaire.

  9. 11 janvier 2026
    Léon XIV à la chapelle Sixtine
    vingt baptêmes

    Le pape Léon XIV baptise vingt enfants d'employés du Vatican en la fête du Baptême du Seigneur.

Trois évangiles du Jourdain : les lectures de la messe

Le lectionnaire sur trois ans

Le lectionnaire romain le dit sobrement : « en la fête du Baptême du Seigneur, les textes ont été choisis en fonction de ce mystère »[67]. Il prévoit pour les trois années les lectures d'Isaïe 42 et des Actes des Apôtres 10, et propose au choix, en années B et C, des lectures propres que retient l'usage francophone ; l'évangile, lui, change chaque année[68][69].

AnnéePremière lecturePsaume ou cantiqueDeuxième lectureÉvangile
A (2026, 2029, 2032)Isaïe 42, 1-4.6-7 : le Serviteur sur qui repose l'EspritPsaume 28 (29) : « Le Seigneur bénit son peuple en lui donnant la paix »Actes 10, 34-38 : « Dieu lui a donné l'onction d'Esprit Saint »Matthieu 3, 13-17
B (2027, 2030, 2033)Isaïe 55, 1-11 : « Venez, voici de l'eau ! »Isaïe 12 : « Exultant de joie, vous puiserez les eaux aux sources du salut ! »1 Jean 5, 1-9 : l'Esprit, l'eau et le sangMarc 1, 7-11
C (2028, 2031, 2034)Isaïe 40, 1-5.9-11 : « Consolez mon peuple »Psaume 103 (104) : « Bénis le Seigneur, ô mon âme »Tite 2, 11-14 ; 3, 4-7 : « le bain du baptême »Luc 3, 15-16.21-22
Infographie originale Ignispedia créée par IA — Les trois évangiles du cycle A-B-C. Source : Ordo lectionum Missae, no 21.

Chaque évangéliste, en racontant la même scène, souligne un trait que les autres laissent dans l'ombre : Matthieu le dialogue, Marc les cieux déchirés, Luc la prière de Jésus.

Année A — Matthieu : « Laisse faire pour le moment »

Seul Matthieu rapporte l'échange entre Jean et Jésus. Jean, qui annonçait « celui qui est plus fort que moi », recule : « C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et c'est toi qui viens à moi ! » Jésus répond : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice »[70]. Le Catéchisme explique cette « justice » : Jésus « se soumet tout entier à la volonté de son Père : il accepte par amour le baptême de mort pour la rémission de nos péchés »[71]. Benoît XVI le disait en 2008 d'une formule simple : « Jean ne voulait pas, mais Jésus insista, car telle était la volonté du Père »[72]. L'humilité du Christ et son obéissance filiale sont une seule et même chose.

Le récit de Matthieu s'achève sur la voix venue des cieux, à la troisième personne, comme une proclamation adressée à tous : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie »[73]. La deuxième lecture de l'année A, tirée du discours de Pierre chez le centurion Corneille, en donne la portée : « Jésus de Nazareth, Dieu lui a donné l'onction d'Esprit Saint et de puissance »[74].

Année B — Marc : les cieux « se déchirent »

Marc, le plus bref, choisit un verbe violent : au sortir de l'eau, Jésus « vit les cieux se déchirer et l'Esprit descendre sur lui comme une colombe », et la voix s'adresse à lui seul : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie »[75]. Le verbe grec (schizō, « fendre, déchirer ») répond à la prière du prophète : « Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais » (Is 63, 19)[76]. Marc ne l'emploie qu'une autre fois, au moment de la mort de Jésus : « Le rideau du Sanctuaire se déchira en deux, depuis le haut jusqu'en bas » (Mc 15, 38)[77]. Du Jourdain à la Croix, le même déchirement ouvre le passage entre Dieu et les hommes.

La lecture propre de l'année B, tirée de la première lettre de Jean, en tire la leçon sacramentelle : « C'est lui, Jésus Christ, qui est venu par l'eau et par le sang : non pas seulement avec l'eau, mais avec l'eau et avec le sang » (1 Jn 5, 6)[78]. Le psaume de ce jour est emprunté à Isaïe : « Exultant de joie, vous puiserez les eaux aux sources du salut ! »[79].

Année C — Luc : Jésus en prière sous le ciel ouvert

Luc situe le baptême de Jésus au milieu de « tout le peuple » qui se faisait baptiser, et il ajoute un détail propre : « après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s'ouvrit », et l'Esprit descendit « sous une apparence corporelle, comme une colombe »[80]. Saint Thomas d'Aquin a vu dans cette mention une leçon pour tout baptisé : « la prière est nécessaire aux fidèles après le baptême »[81]. Luc note aussi que « le peuple […] était en attente » ; Benoît XVI y lisait « le désir profond d'un monde différent et de paroles nouvelles » chez ceux qui avaient quitté leur maison pour venir au Jourdain[82].

La deuxième lecture de l'année C, empruntée à la lettre à Tite, est aussi celle de la Théophanie byzantine : « Par le bain du baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l'Esprit Saint »[83][84]. L'Orient et l'Occident lisent ce jour-là le même texte.

Le Serviteur annoncé par Isaïe

La première lecture commune aux trois années donne la clé de la voix du Père : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur. J'ai fait reposer sur lui mon esprit ; aux nations, il proclamera le droit » (Is 42, 1)[85]. Le Catéchisme rapproche explicitement la parole du Jourdain de ce verset : « A cette acceptation répond la voix du Père qui met toute sa complaisance en son Fils (cf. Lc 3, 22 ; Is 42, 1) »[86]. Celui que le Père désigne comme son Fils est aussi le Serviteur qui « ne brisera pas le roseau qui fléchit » : la toute-puissance de Dieu se présente, au Jourdain, sous les traits de la douceur.

Un événement historique solidement établi

Le mystère célébré repose sur un fait. Même les historiens qui travaillent avec les méthodes les plus critiques tiennent le baptême de Jésus par Jean pour l'un des faits les mieux assurés de sa vie. Le bibliste John P. Meier en fait l'exemple type de ce qu'il appelle le critère d'« embarras » : un récit qui gênait les premiers chrétiens — le Christ sans péché baptisé par son inférieur, d'un baptême de conversion — n'aurait pas été inventé par eux[87]. Il écrit ailleurs :

« L'une des choses les plus certaines que nous sachions de Jésus est qu'il s'est volontairement soumis au baptême de Jean pour la rémission des péchés, un événement embarrassant que chaque évangéliste s'efforce de neutraliser à sa manière. » — John P. Meier, A Marginal Jew, vol. 2, 1994[88]

L'historien juif Flavius Josèphe atteste de son côté l'activité baptismale de Jean au bord du Jourdain, comme le détaille l'article Saint Jean-Baptiste[89]. La fête ne célèbre donc pas un symbole : elle célèbre ce qui s'est réellement passé au Jourdain, et ce que Dieu y a révélé.

Le mystère du Jourdain dans la prière de l'Église

La préface : « le baptême nouveau »

La préface propre de la fête, dans le Missel romain actuel, condense en trois phrases toute la théologie du jour :

« Dans les eaux du Jourdain, tu as préfiguré par d'admirables mystères le baptême nouveau. Une voix venue du ciel atteste que ton Verbe habite parmi les hommes. Par l'Esprit descendu sous l'aspect d'une colombe, le Christ, ton Serviteur, reçoit l'onction d'allégresse : il est reconnu comme le messager de la Bonne Nouvelle aux pauvres. » — Missel romain, préface du Baptême du Seigneur[90]

Trois signes, trois vérités : l'eau annonce le baptême chrétien ; la voix révèle que le Verbe éternel a vraiment pris chair parmi nous ; la colombe désigne Jésus comme le Christ, c'est-à-dire l'« Oint », consacré par l'Esprit pour la mission annoncée par Isaïe : « L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres » (Is 61, 1), texte que la Liturgie des Heures lit aux laudes de la fête[91].

Une semaine de catéchèse : l'Office des lectures après l'Épiphanie

L'Office des lectures de la Liturgie des Heures prépare la fête pendant toute la semaine qui suit l'Épiphanie : presque chaque jour, un Père de l'Église commente le mystère du Jourdain. Le tableau suivant donne les lectures patristiques de cette semaine et de la fête, dans l'ordre de l'office[92][93].

JourAuteur et œuvreRéférenceCe que le texte fait voir
Lundi après l'ÉpiphanieSaint Pierre Chrysologue, sermon 160PL 52, 620-622Dieu révélé dans l'homme, des mages au Jourdain ; « le serviteur s'empare du Seigneur »
MardiHomélie du IVᵉ siècle pour l'Épiphanie, attribuée à saint HippolytePG 10, 854-862L'eau et l'Esprit ; le baptisé « remonte fils de Dieu et cohéritier du Christ »
MercrediSaint Proclus de Constantinople, sermon 7 sur la sainte ThéophaniePG 65, 758-759Les eaux sanctifiées ; « le Soleil de justice qui se baigne dans le Jourdain »
JeudiSaint Cyrille d'Alexandrie, commentaire sur l'évangile de Jean, livre 5, ch. 2PG 73, 751-754Le Christ reçoit l'Esprit « pour nous, qui étions en lui »
VendrediSaint Maxime de Turin, sermon 100 sur la sainte ÉpiphanieCCL 23, 398-400Pourquoi le Saint a voulu être baptisé
SamediFauste de Riez, sermon 5 pour l'ÉpiphaniePLS 3, 560-562Cana, la troisième manifestation
Fête du BaptêmeSaint Grégoire de Nazianze, discours 39 pour la fête des LumièresPG 36, 350-359« Le Christ est illuminé par le baptême, resplendissons avec lui »
Grégoire de Nazianze, fresque de Chora. Photo © José Luiz Bernardes Ribeiro, CC BY-SA 3.0 ; image réduite.

Le discours de saint Grégoire de Nazianze, lu le jour de la fête, commence par une invitation qui résume toute la spiritualité du Baptême du Seigneur :

« Le Christ est illuminé par le baptême, resplendissons avec lui ; il est plongé dans l'eau, descendons avec lui pour remonter avec lui. […] Jean est en train de baptiser, et Jésus s'approche ; peut-être pour sanctifier celui qui va le baptiser ; certainement pour ensevelir tout entier le vieil Adam au fond de l'eau. Mais avant cela et en vue de cela, il sanctifie le Jourdain. » — Saint Grégoire de Nazianze, Discours 39 pour la fête des Lumières, 14-16[94]

Grégoire voit dans le dialogue de Jean et de Jésus l'humilité d'un serviteur ébloui : « Voilà comment la lampe s'adresse au soleil, la voix à la Parole, l'ami de l'Époux à l'Époux ». Et il lit dans les cieux ouverts la fin de l'exil d'Adam : Jésus « voit les cieux se déchirer et s'ouvrir, alors qu'Adam les avait fermés pour lui et sa descendance, quand il fut expulsé du paradis que défendait l'épée de feu »[95]. Son exhortation finale est une vocation pour chaque baptisé : « Soyez comme des sources de lumière dans le monde, une force vitale pour les autres hommes »[96].

Pourquoi le Christ, qui était sans péché, a-t-il voulu être baptisé ?

La question est aussi vieille que la fête, et Jean la posait déjà au bord du fleuve. Benoît XVI la formulait sans détour en 2013 : « Jésus a-t-il besoin de pénitence et de conversion ? Assurément pas. Et pourtant, c'est précisément Celui qui est sans péché qui se place parmi les pécheurs pour se faire baptiser »[97]. Saint Maxime de Turin, dans le sermon que l'Église lit le vendredi après l'Épiphanie, y répond en retournant la perspective :

« Quelqu'un dira peut-être : "Lui qui est Saint, pourquoi a-t-il voulu être baptisé ?" Écoutez donc. Le Christ est baptisé non pas pour être sanctifié par l'eau, mais pour sanctifier lui-même l'eau et pour purifier par sa pureté ces flots qu'il touche. » — Saint Maxime de Turin, Sermon 100 sur la sainte Épiphanie[98]

Infographie originale Ignispedia créée par IA — Quatre éclairages patristiques et catéchétiques. Sources : Maxime, Sermon 100 ; Ignace, Éphésiens 18 ; Grégoire, Discours 39 ; Thomas, IIIa, q. 39, a. 1 ; CEC 536.

La réponse est très ancienne. Dès le début du IIᵉ siècle, saint Ignace d'Antioche, en route vers le martyre, écrivait aux chrétiens d'Éphèse que le Christ « est né et a été baptisé pour purifier l'eau par sa passion »[99]. Saint Thomas d'Aquin rassemble au XIIIᵉ siècle les raisons des Pères dans l'article qui ouvre sa question sur le baptême du Christ :

« Il convenait que le Christ soit baptisé. 1° Selon S. Ambroise, "le Seigneur fut baptisé non pour être purifié mais pour purifier les eaux, afin que, purifiées par la chair du Christ, qui n'a pas connu le péché, elles aient le pouvoir de baptiser". […] 3° Il a voulu être baptisé, dit S. Augustin "parce qu'il a voulu faire ce qu'il a demandé à tous de faire". » — Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 39, a. 1[100]

Thomas ajoute, d'après saint Ambroise, une parole qui vaut pour tous les hésitants : « Que personne ne se dérobe au bain de la grâce, quand le Christ ne s'est pas dérobé au bain de la pénitence »[101]. Le pape Léon XIV, en 2026, en tirait la conclusion qui rend la fête si consolante : « le Seigneur se laisse trouver là où on ne l'attend pas : il est le Saint parmi les pécheurs, qui veut demeurer parmi nous sans garder ses distances, au contraire, en assumant pleinement tout ce qui est humain »[102]. Personne n'est trop loin pour que le Christ ne soit déjà descendu jusqu'à lui.

La Trinité manifestée au Jourdain

Le Baptême est la première grande révélation publique de la Trinité : le Fils est dans l'eau, l'Esprit descend sur lui, le Père parle. Saint Thomas cite saint Jérôme pour le dire, en expliquant pourquoi il convenait que le Père se fasse entendre ce jour-là :

« C'est le mystère de la Trinité qui se manifeste. Car le Seigneur, dans sa nature humaine, est baptisé ; l'Esprit Saint descend sous l'aspect d'une colombe ; on entend la voix du Père rendant témoignage au Fils. » — Saint Jérôme, cité par saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 39, a. 8[103]

Thomas en donne la raison profonde : dans le baptême du Christ « devait se montrer tout ce qui s'accomplit dans notre baptême, dont il est le prototype », et notre baptême est donné « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit »[104]. Benoît XVI parlait d'« une véritable manifestation de la Très Sainte Trinité, qui rend témoignage de la divinité de Jésus »[105], et le tropaire byzantin chante que ce jour-là « fut manifestée l'adoration due à la Trinité »[106]. L'article Le dogme de la Sainte Trinité expose la doctrine elle-même.

Infographie originale Ignispedia créée par IA — La manifestation de la Trinité et ses échos bibliques. Sources : Mt 3, 17 ; CEC 535-537 et 1224 ; Pierre Chrysologue, Sermon 160.

La colombe elle-même est un signe chargé d'Écriture. Saint Pierre Chrysologue la rapproche de celle de Noé : « De même qu'une autre avait annoncé à Noé que le déluge du monde se retirait, c'est ainsi qu'en voyant cette colombe, on apprenait que le naufrage inéluctable du monde avait cessé »[107]. Saint Grégoire de Nazianze fait la même lecture, et ajoute que l'Esprit, en prenant « une apparence corporelle », « honore le corps, puisque Dieu, en se montrant sous une apparence corporelle, divinise aussi le corps »[108]. Le Catéchisme rattache enfin la scène au premier récit de la Bible : « L'Esprit qui planait sur les eaux de la première création, descend alors sur le Christ, en prélude de la nouvelle création »[109].

L'onction de l'Esprit : Jésus, le Christ

« Christ » signifie « oint ». Au Jourdain, Jésus reçoit publiquement l'onction qui fait de lui le Messie : c'est ce que proclament la deuxième lecture de l'année A et la lecture brève des vêpres, tirées du discours de Pierre : « Jésus de Nazareth, Dieu l'a consacré par l'Esprit Saint et rempli de sa force »[110]. Cette onction ne signifie pas que Jésus manquait de l'Esprit : le Catéchisme précise que « l'Esprit que Jésus possède en plénitude dès sa conception, vient "reposer" sur lui », et qu'« il en sera la source pour toute l'humanité »[111].

Saint Irénée de Lyon, à la fin du IIᵉ siècle, voyait dans cette descente de l'Esprit le commencement d'une cohabitation de Dieu avec les hommes :

« L'Esprit saint est donc descendu d'abord sur le fils de Dieu, devenu fils de l'homme, afin de commencer à habiter avec l'humanité et de se reposer sur les hommes, sans cependant quitter le sein de Dieu, dont il exécute les desseins, faisant ainsi du vieil homme un homme nouveau et régénéré dans le Christ. » — Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III, 17[112]

Saint Cyrille d'Alexandrie, lu le jeudi après l'Épiphanie, en tire la conclusion : « le Christ n'a pas reçu l'Esprit Saint pour lui-même, mais plutôt pour nous, qui étions en lui. Car c'est par lui que nous parviennent tous les biens »[113].

Fils adoptifs : du Jourdain aux fonts baptismaux

La collecte de la fête relie directement la voix du Père au baptême des chrétiens :

« Dieu éternel et tout-puissant, quand le Christ fut baptisé dans le Jourdain, et que l'Esprit Saint descendit sur lui, tu l'as manifesté solennellement comme ton Fils bien-aimé ; accorde à tes enfants d'adoption, qui ont reçu la nouvelle naissance de l'eau et de l'Esprit, d'être toujours fidèles à ce qui te plaît. » — Missel romain, collecte de la fête du Baptême du Seigneur[114]

Ce que le Père dit à son Fils unique au Jourdain, il le dit désormais, par grâce, à chaque baptisé. Le Catéchisme cite ici saint Hilaire de Poitiers : « Tout ce qui s'est passé dans le Christ nous fait connaître qu'après le bain d'eau, l'Esprit Saint vole sur nous du haut du ciel et qu'adoptés par la Voix du Père, nous devenons fils de Dieu »[115]. L'homélie du IVᵉ siècle lue le mardi après l'Épiphanie décrit le baptisé qui sort de la fontaine : « Il sort du bain, brillant comme le soleil, rayonnant de justice. Mais surtout il en remonte fils de Dieu et cohéritier du Christ »[116]. Et la prière après la communion demande : « accorde-nous d'écouter fidèlement ton Fils unique, afin de pouvoir être appelés tes fils, et de l'être vraiment »[117].

Infographie originale Ignispedia créée par IA — Du Jourdain au baptême chrétien. Sources : collecte de la fête ; CEC 537 ; Thomas, IIIa, q. 39, a. 5 et 8.

Saint Thomas donne à ces correspondances leur forme la plus nette : les cieux se sont ouverts au baptême du Christ « afin de montrer que le chemin du ciel était ouvert aux baptisés », car « c'est spécialement par le baptême du Christ que nous est ouverte l'entrée du royaume céleste, que le péché avait fermée au premier homme »[118]. Le Catéchisme en tire la vocation de chacun : le chrétien doit « descendre dans l'eau avec Jésus, pour remonter avec lui, renaître de l'eau et de l'Esprit pour devenir, dans le Fils, fils bien-aimé du Père »[119]. Le sacrement lui-même est présenté dans l'article Le baptême.

Le Jourdain, annonce de la Croix

Le Baptême du Seigneur n'est pas une scène isolée : il ouvre un chemin qui mène au Calvaire. Jésus parlera lui-même de sa passion comme d'un baptême : « Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu'à ce qu'il soit accompli ! » (Lc 12, 50)[120]. Le Catéchisme dit qu'au Jourdain il « anticipe le "baptême" de sa mort sanglante »[121], et l'on a vu que Marc emploie pour les cieux ouverts le même verbe que pour le voile du Temple déchiré à sa mort. Saint Ignace d'Antioche l'avait compris dès l'origine : le Christ a été baptisé « pour purifier l'eau par sa passion »[122].

Infographie originale Ignispedia créée par IA — Le Jourdain annonce la Croix ; scènes symboliques. Sources : Mc 1, 10 et 15, 38 ; Lc 12, 50 ; CEC 536 ; Ignace, Éphésiens 18.

Benoît XVI voyait dans le mot même de baptême, qui signifie « immersion », le résumé de toute la mission du Christ :

« Au fond, tout le mystère du Christ dans le monde peut être résumé par ce mot, "baptême", qui en grec signifie "immersion". Le Fils de Dieu, qui partage depuis toute éternité avec le Père et avec l'Esprit Saint la plénitude de la vie, a été "immergé" dans notre réalité de pécheurs, pour nous faire participer à sa vie elle-même. » — Benoît XVI, homélie de la fête du Baptême du Seigneur, chapelle Sixtine, 13 janvier 2008[123]

Et Léon XIV le disait en 2026 : Jésus, baptisé par Jean, « fait de ce geste un signe nouveau de mort et de résurrection, de pardon et de communion »[124].

Le baptême a-t-il fait de Jésus le Fils de Dieu ?

Une lecture ancienne de la scène a soutenu que Jésus serait devenu Fils de Dieu, ou « Christ », au moment de son baptême. Au IIᵉ siècle, le gnostique Cérinthe enseignait, selon saint Irénée, que Jésus, né de Joseph et de Marie « de la même manière que naissent les autres hommes », reçut au Jourdain un être céleste distinct de lui : « Dieu envoya sur lui, aussitôt qu'il eut été baptisé, le Christ, sous la forme d'une colombe ; […] À la fin, le Christ se sépara de lui et s'envola dans les régions supérieures »[125]. Cette théorie a trouvé un appui apparent dans une variante de l'évangile de Luc : certains manuscrits font dire à la voix du Père, avec le psaume 2, « Tu es mon Fils, aujourd'hui je t'ai engendré ». Le grand spécialiste du texte grec Bruce Metzger note que cette leçon fut « largement répandue durant les trois premiers siècles », mais qu'elle est « secondaire », empruntée au psaume 2, 7[126].

L'objection a donc une vraie force apparente : un verset lu au Jourdain semblait parler d'un engendrement « aujourd'hui ». Elle ne résiste pourtant pas à l'examen, pour quatre raisons.

La première est textuelle : le texte le mieux attesté de Luc porte « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie », comme Marc, et c'est ce texte que lit l'Église[127][128]. La deuxième tient aux évangiles eux-mêmes : Luc a déjà présenté l'enfant comme « Fils de Dieu » dès l'annonce à Marie (Lc 1, 35), et le Catéchisme rappelle que l'Esprit, Jésus « le possède en plénitude dès sa conception »[129]. La troisième est patristique : quand les Pères lisent « aujourd'hui je t'ai engendré » à propos du baptême, ils l'entendent de notre adoption, non de l'origine du Fils. Saint Cyrille d'Alexandrie, dans la lecture que l'Église propose le jeudi après l'Épiphanie, l'explique ainsi :

« Sans doute, il est le Fils de Dieu le Père, et engendré de sa substance, et cela avant l'incarnation et même avant tous les siècles. Malgré cela, il n'éprouve aucune tristesse à entendre le Père lui dire, maintenant qu'il s'est fait homme : Tu es mon Fils ; moi, aujourd'hui, je t'ai engendré. Celui qui était Dieu, engendré par lui avant les siècles, le Père dit qu'il est engendré aujourd'hui : cela signifie qu'il nous accueille en lui comme des fils adoptifs, car toute l'humanité était contenue dans le Christ en tant qu'il était homme. » — Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur l'évangile de Jean, livre 5, ch. 2[130]

La quatrième est théologique. Saint Thomas pose le principe dans sa Somme : « Le Christ homme n'a pas commencé d'être Fils de Dieu au baptême, comme certains hérétiques l'ont pensé ; il était Fils de Dieu dès le début de sa conception. » Pourquoi, alors, la voix du Père au Jourdain plutôt qu'à la naissance ? Parce que la divinité du Christ devait d'abord « se cacher sous les faiblesses de l'enfance », puis être manifestée par le témoignage du Père quand il commençait à enseigner, « et cela surtout au baptême, par lequel les hommes renaissent en fils adoptifs de Dieu »[131]. Saint Irénée avait déjà répondu aux gnostiques que les apôtres n'ont jamais dit qu'un « Christ » céleste était descendu sur Jésus, mais « que le Saint-Esprit était descendu sur notre Seigneur sous la forme d'une colombe, lors de son baptême »[132]. Le concile de Nicée, en 325, a fixé la foi de l'Église : le Fils est engendré, non créé, de même nature que le Père — voir Concile de Nicée I (325). Le Jourdain ne fait pas le Fils : il le manifeste, et c'est pourquoi la fête est une épiphanie.

Le Baptême du Seigneur dans la vie de l'Église

Le pape baptise des enfants à la chapelle Sixtine

Depuis 1981, le pape célèbre chaque année, en la fête du Baptême du Seigneur, le baptême d'enfants d'employés du Vatican. La tradition a été inaugurée par saint Jean-Paul II ; les premières célébrations eurent lieu à la chapelle Pauline, et depuis 1983 elles se déroulent à la chapelle Sixtine[133]. Benoît XVI a présidé ces messes chaque année de son pontificat, par exemple le 11 janvier 2009, le 10 janvier 2010, le 9 janvier 2011, le 8 janvier 2012 et le 13 janvier 2013[134]. En 2008, avant de baptiser treize enfants, il résumait le sens du geste par une image qui s'adresse à tout homme :

« Voilà le mystère du Baptême : Dieu a voulu nous sauver en allant lui-même jusqu'au fond de l'abîme de la mort, pour que chaque homme, même celui qui est tombé si bas qu'il ne voit plus le ciel, puisse trouver la main de Dieu à laquelle se raccrocher et remonter des ténèbres pour revoir la lumière pour laquelle il est fait. » — Benoît XVI, homélie, chapelle Sixtine, 13 janvier 2008[135]

Le dimanche 11 janvier 2026, le pape Léon XIV a baptisé vingt enfants au cours de la même messe. Il a dit aux parents qui présentaient leurs enfants : « si la nourriture et les vêtements sont nécessaires pour vivre, la foi est plus que nécessaire, car avec Dieu la vie trouve le salut »[136].

Sous la fresque du Pérugin et le Déluge de Michel-Ange

Le Pérugin, Le Baptême du Christ, vers 1482, chapelle Sixtine. Wikimedia Commons, domaine public.

Le lieu de ces baptêmes parle de lui-même. Sur le mur nord de la chapelle Sixtine, le cycle des histoires du Christ, peint en 1481-1482 par l'équipe du Pérugin, de Botticelli, de Ghirlandaio et de Rosselli, commence aujourd'hui par un Baptême du Christ attribué au Pérugin et à son atelier, vers 1482[137][138]. Au-dessus, sur la voûte peinte par Michel-Ange, le Déluge est probablement une allusion à la première lettre de Pierre, qui voit dans l'eau du déluge « le signe prophétique de l'eau du Baptême », selon la présentation qu'en donnent les Musées du Vatican[139]. Les enfants baptisés ce jour-là le sont donc entre la figure du déluge et la scène du Jourdain. Bien avant la Sixtine, les baptistères de Ravenne plaçaient déjà le Baptême du Christ au sommet de leur coupole, comme le montre l'article Les mosaïques de Ravenne[140].

Le premier mystère lumineux du Rosaire

En 2002, saint Jean-Paul II a proposé d'ajouter au Rosaire cinq « mystères lumineux », tirés de la vie publique du Christ. Le premier est le Baptême au Jourdain :

« Le Baptême au Jourdain est avant tout un mystère de lumière. En ce lieu, alors que le Christ descend dans les eaux du fleuve comme l'innocent qui se fait "péché" pour nous (cf. 2 Co 5, 21), les cieux s'ouvrent, la voix du Père le proclame son Fils bien-aimé (cf. Mt 3, 17 par), tandis que l'Esprit descend sur Lui pour l'investir de la mission qui l'attend. » — Saint Jean-Paul II, lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, 16 octobre 2002, n. 21[141]

Méditer ce mystère avec Marie, c'est prolonger la fête tout au long de l'année. Les articles Pourquoi les catholiques récitent-ils le rosaire ? et Comment grandir dans le rosaire présentent cette prière.

Béthanie au-delà du Jourdain : le lieu du baptême

Infographie originale Ignispedia créée par IA — Béthanie au-delà du Jourdain : repérage non à l’échelle, édifices symboliques. Sources : Vatican News ; Patriarcat latin de Jérusalem ; UNESCO, bien 1446.

L'évangile de Jean situe le baptême de Jean-Baptiste « à Béthanie, au-delà du Jourdain » (Jn 1, 28). Le lieu, que plusieurs Pères appelaient Bethabara et que mentionne au VIᵉ siècle la carte en mosaïque de Madaba, s'appelle aujourd'hui Al-Maghtas, mot arabe qui signifie « baptême » ou « immersion » ; une première église dédiée à saint Jean-Baptiste y fut élevée sous l'empereur Anastase Iᵉʳ, à la fin du Vᵉ ou au début du VIᵉ siècle[142]. Le site a été inscrit en 2015 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, et trois papes s'y sont rendus en pèlerins : saint Jean-Paul II lors du Jubilé de l'an 2000, Benoît XVI en 2009, François en 2014[143].

Benoît XVI y a béni en 2009 la première pierre d'une église catholique ; l'église du Baptême du Seigneur a été solennellement consacrée en janvier 2025, en présence du cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État, qui représentait le pape François ; c'est aujourd'hui la plus grande église catholique de Jordanie[144][145]. Chaque année en janvier, le Patriarcat latin de Jérusalem y conduit un pèlerinage où l'on célèbre la messe et renouvelle les promesses du baptême[146].

Se souvenir de son propre baptême

La fête du Baptême du Seigneur est aussi, pour chaque chrétien, l'anniversaire caché de son propre baptême. Dom Guéranger concluait déjà son commentaire du jour octave par cette invitation : « Remercions-le pour cette grâce du Baptême qui nous a ouvert les portes de l'Église de la terre et de l'Église du ciel. Enfin, renouvelons les engagements que nous avons contractés sur la fontaine sacrée »[147]. Le pape François a donné à ce souvenir une forme très concrète :

« Aujourd'hui, à la maison, cherchez, demandez la date de votre baptême et ainsi vous connaîtrez bien le si beau jour du baptême. Connaître la date de notre baptême signifie connaître une date heureuse. » — Pape François, audience générale, 8 janvier 2014[148]

Ce que la fête rappelle, au terme du temps de Noël, c'est qu'au-dessus de chaque baptisé les cieux se sont ouverts comme au Jourdain. Saint Grégoire de Nazianze en faisait une joie et une mission : « Soyez comme des sources de lumière dans le monde »[149].

Pour aller plus loin

Sources principales

  • Congrégation pour le Culte divin, Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier (1969), dans le Missale Romanum, éd. typique 2002.
  • Missale Romanum, éd. typique 2002, p. 190-193 ; Missel romain, traduction française 2021.
  • Ordo lectionum Missae, éd. typique 1981.
  • Sacrée Congrégation des Rites, décret Cum nostra hac aetate, 23 mars 1955, AAS 47 (1955), p. 218-224.
  • Code des rubriques (1960), AAS 52 (1960) ; Missale Romanum 1962.
  • Paul VI, motu proprio Mysterii Paschalis, 14 février 1969 ; Calendarium Romanum, 1969.
  • Sacrée Congrégation pour les Sacrements et le Culte divin, décret De celebratione Baptismatis Domini, 7 octobre 1977, Notitiae 13 (1977), p. 477-478.
  • Catéchisme de l'Église catholique, § 535-537 et 1224-1225.
  • Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 39.
  • Liturgie des Heures, laudes, vêpres et Office des lectures du temps de l'Épiphanie et de la fête (AELF).
  • Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II.
  • Saint Jean-Paul II, Rosarium Virginis Mariae, 2002 ; Benoît XVI, homélies de 2008, 2010 et 2013 ; François, audience du 8 janvier 2014 ; Léon XIV, homélie du 11 janvier 2026.

Notes et références

  1. Évangile selon saint Matthieu 3, 13-17, traduction liturgique française (AELF), évangile de l'année A (messe du dimanche 11 janvier 2026) : « Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu'au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui. Jean voulait l'en empêcher et disait : "C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et c'est toi qui viens à moi !" Mais Jésus lui répondit : "Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice." […] Et des cieux, une voix disait : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie." »

    1 9 70 73
  2. Catéchisme de l'Église catholique, § 535 : « Le commencement (cf. Lc 3, 23) de la vie publique de Jésus est son Baptême par Jean dans le Jourdain (cf. Ac 1, 22). […] C'est la manifestation ("Épiphanie") de Jésus comme Messie d'Israël et Fils de Dieu. »

    2 10
  3. Congrégation pour le Culte divin, Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier (Normae universales de anno liturgico et de calendario), éd. du Missale Romanum 2002, n. 33 : « Le temps de Noël s'étend des premières vêpres de la Nativité du Seigneur jusqu'au dimanche après l'Épiphanie, ou après le 6 janvier, inclusivement » ; n. 38 : « Le dimanche qui suit le 6 janvier, on célèbre la fête du Baptême du Seigneur. » Traduction française non officielle de ceremoniaire.net ; texte latin du n. 38 : « Dominica post diem 6 ianuarii occurrente, fit festum Baptismatis Domini. »

    3 27
  4. Missale Romanum, editio typica tertia, 2002, p. 190, en tête de la messe In Baptismate Domini (et au calendrier général) : « Ubi sollemnitas Epiphaniæ ad dominicam transfertur, quæ die 7 vel 8 ianuarii occurrit, festum Baptismatis Domini celebratur feria secunda sequenti. » Traduction : « Là où la solennité de l'Épiphanie est transférée au dimanche qui tombe le 7 ou le 8 janvier, la fête du Baptême du Seigneur est célébrée le lundi suivant. »

    4 21
  5. Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, Paris-Poitiers, H. Oudin, [s. d.], p. 92 (texte relu sur l'exemplaire numérisé de l'Institut pontifical d'études médiévales de Toronto ; le t. I de la même série porte « dix-huitième édition, 1911 »).

    5 37 38
  6. Sacrée Congrégation des Rites, décret général De rubricis ad simpliciorem formam redigendis (incipit Cum nostra hac aetate), 23 mars 1955, titre II, n. 16, AAS 47 (1955), p. 221 : « Die 13 Ianuarii fit commemoratio Baptismatis D. N. Iesu Christi sub ritu duplici maiore; officium et Missa dicuntur uti nunc sunt in octava Epiphaniae. Si vero commemoratio Baptismatis D. N. Iesu Christi occurrerit in dominica, tunc fit de festo S. Familiae, sine ulla commemoratione. »

    6 59 60
  7. Calendarium Romanum ex decreto Sacrosancti Œcumenici Concilii Vaticani II instauratum auctoritate Pauli PP. VI promulgatum, Typis Polyglottis Vaticanis, 1969 : décret de promulgation de la Sacrée Congrégation des Rites, Prot. N. R 21/969 (calendrier en vigueur « a die 1 ianuarii proximi anni 1970 » ; dispositions pour les livres encore en usage, « dum vero novum Breviarium novumque Missale […] exspectantur », lettre b) : « Festa Baptismatis Domini, et D. N. I. C. universorum Regis diebus noviter ipsis assignatis celebrentur; festum vero S. Familiae dominica infra octavam Nativitatis, iam hoc anno, recolatur » ; calendrier général : « Dominica post diem 6 ianuarii : Baptismatis Domini — Festum ».

    7 65
  8. Missel romain, traduction française officielle (2021), collecte de la messe du Baptême du Seigneur, texte reproduit par Prions en Église (Bayard), messe du dimanche 11 janvier 2026. Texte latin (Missale Romanum 2002, p. 190) : « Omnipotens sempiterne Deus, qui Christum, in Iordane flumine baptizatum, Spiritu Sancto super eum descendente, dilectum Filium tuum sollemniter declarasti, concede filiis adoptionis tuae, ex aqua et Spiritu Sancto renatis, ut in beneplacito tuo iugiter perseverent. »

    8 114
  9. Catéchisme de l'Église catholique, § 536 (texte intégral du paragraphe : acceptation de la mission de Serviteur souffrant, « accomplir toute justice », voix du Père, Esprit qui vient « reposer » sur Jésus, cieux ouverts, eaux sanctifiées).

    11 71 86 111 121 129
  10. Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, p. 90-91 : au 6 janvier, « trois manifestations de la gloire du Christ vinrent s'y réunir dans une même Épiphanie : le mystère des Mages […] ; le mystère du Baptême du Christ, proclamé Fils de Dieu, dans les eaux du Jourdain, par la voix même du Père céleste ; enfin le mystère de la puissance divine de ce même Christ, transformant l'eau en vin, au festin symbolique des Noces de Cana ».

    12
  11. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n. 6 : « Le dimanche exclut de soi l'assignation perpétuelle d'une autre célébration. Cependant : a) le dimanche dans l'octave de la Nativité du Seigneur, on célèbre la fête de la Sainte Famille ; b) le dimanche après le 6 janvier, on célèbre la fête du Baptême du Seigneur ; c) le dimanche après la Pentecôte, on célèbre la solennité de la Sainte Trinité ; d) le dernier dimanche per annum, on célèbre la solennité de Notre Seigneur Jésus Christ Roi de l'univers. »

    13
  12. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n. 5 (traduction non officielle de ceremoniaire.net). Texte latin : « Propter suum peculiare momentum, dominica suam cedit celebrationem solummodo sollemnitatibus necnon festis Domini; dominicae vero Adventus, Quadragesimae et Paschae super omnia festa Domini et super omnes sollemnitates praecedentiam habent. »

    14
  13. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, table des jours liturgiques selon leur ordre de préséance, II, n. 5 : « Festa Domini in Calendario generali inscripta » ; n. 6 : « Dominicae temporis Nativitatis et dominicae "per annum" ».

    15
  14. Missale Romanum, éd. typique 2002, p. 190-193 : messe In Baptismate Domini, « Festum » ; « Dicitur Gloria in excelsis » ; « Dicitur Credo » ; deux collectes, la seconde au choix : « Deus, cuius Unigenitus in substantia nostrae carnis apparuit, praesta, quaesumus, ut, per eum, quem similem nobis foris agnovimus, intus reformari mereamur » ; préface propre De Baptismate Domini.

    16 50
  15. Association épiscopale liturgique pour les pays francophones (AELF), calendrier liturgique : « Le Baptême du Seigneur — Fête », degré « Fête du Seigneur », couleur liturgique « blanc » (messes du 12 janvier 2025, du 11 janvier 2026 et du 10 janvier 2027, api.aelf.org).

    17
  16. Concile Vatican II, constitution sur la sainte liturgie Sacrosanctum Concilium, 4 décembre 1963, n. 108, texte français officiel (vatican.va).

    18
  17. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n. 38 (voir la note sur les n. 33 et 38).

    19
  18. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n. 37 : « L'Épiphanie est célébrée le 6 janvier, à moins que, là où elle n'est pas de précepte, elle ne soit transférée au dimanche inclus dans la période du 2 au 8 janvier (cf. n. 7). » Pour la France, voir l'article Épiphanie (6 janvier).

    20
  19. Commentarium in decretum de celebratione Baptismatis Domini, Notitiae 13 (1977), n. 136, p. 478 : lorsque le dimanche auquel l'Épiphanie est transférée tombe le 7 ou le 8 janvier, « celebratio Epiphaniae excludit celebrationem Baptismatis Domini » (renvoi aux Normes universelles, n. 60 b, au Calendarium Romanum, Commentarius, p. 61, et à la Liturgia Horarum, vol. I, p. 466).

    22
  20. Sacra Congregatio pro Sacramentis et Cultu Divino, décret De celebratione Baptismatis Domini, Prot. CD 1400/77, 7 octobre 1977, signé par le cardinal James R. Knox, préfet, et Mgr Antonio Innocenti, secrétaire, avec l'approbation de Paul VI, Notitiae 13 (1977), n. 136, p. 477. Texte original : « Celebratio Baptismatis Domini in honore posita est per instaurationem Calendarii Romani generalis et dominicae post Epiphaniam occurrenti assignata, quo facilius ab universa communitate christiana hac die congregata ageretur. Magni enim momenti sunt aspectus doctrinales, pastorales et oecumenici huius festi in historia salutis et in anno liturgico. » Dispositif : « In locis ubi sollemnitas Epiphaniae in dominicam est transferenda et haec die 7 vel 8 ianuarii incidit, ita ut festum Baptismatis Domini, eadem die occurrens, esset omittendum, idem festum Baptismatis Domini ad feriam II immediate sequentem transferatur. » Traduction française de la rédaction.

    23 66
  21. Dates calculées d'après les Normes universelles, n. 37 et 38, et la rubrique du Missale Romanum 2002 (lundi si l'Épiphanie tombe le dimanche 7 ou 8 janvier). Année liturgique : A pour les années civiles dont la division par 3 laisse un reste de 1 (2026, 2029, 2032, 2035), B pour un reste de 2, C pour un reste de 0 ; contrôle sur le calendrier de l'AELF (année C en janvier 2025, A en janvier 2026, B en janvier 2027).

    24
  22. AELF, calendrier 2024 : pour la France, « Le Baptême du Seigneur — Fête » le lundi 8 janvier 2024 (semaine II du psautier), l'Épiphanie ayant été célébrée le dimanche 7 janvier ; dans le calendrier romain général, fête le dimanche 7 janvier 2024 (api.aelf.org, messes du 7 et du 8 janvier 2024).

    25
  23. Ordo lectionum Missae, editio typica altera, Libreria Editrice Vaticana, 1981, n. 21, In Baptismate Domini : lectures Is 42, 1-4.6-7 ; Ps 28 ; Ac 10, 34-38 ; évangile Mt 3, 13-17 (A), Mc 1, 7-11 (B), Lc 3, 15-16.21-22 (C) ; « Ad libitum, pro anno B » : Is 55, 1-11 ; Is 12 ; 1 Jn 5, 1-9 ; « Ad libitum, pro anno C » : Is 40, 1-5.9-11 ; Ps 103 ; Tt 2, 11-14 ; 3, 4-7 ; et : « In locis ubi sollemnitas Epiphaniae in dominicam est transferenda, et haec die 7 vel 8 ianuarii recurrit, atque festum Baptismatis Domini ad feriam II immediate sequentem transfertur, ante Evangelium una tantum lectio eligitur. »

    26 68
  24. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n. 44 : « Le temps per annum commence le lundi qui suit le dimanche tombant après le 6 janvier, et se poursuit jusqu'au mardi avant le Carême inclusivement… » (traduction non officielle de ceremoniaire.net).

    28
  25. Missale Romanum, éd. typique 2002, rubriques du temps « per annum », n. 2 a : « Dominica in qua fit festum Baptismatis Domini locum tenet primæ dominicæ "per annum"; hebdomada tamen quæ sequitur computatur prima "per annum". » Traduction de la rédaction.

    29
  26. Ordo lectionum Missae, éd. typique 1981, Praenotanda, p. XLI : « In festo Baptismatis Domini, textus selecti sunt de hoc mysterio » ; p. XLIV-XLV : le dimanche du Baptême tient lieu de dimanche I « per annum » ; si la fête est célébrée le lundi, les lectures de la semaine I commencent le mardi ; le dimanche suivant est le IIe.

    30 67
  27. Benoît XVI, homélie de la fête du Baptême du Seigneur, chapelle Sixtine, 10 janvier 2010, texte français officiel (vatican.va) ; ce jour-là, sept garçons et sept filles furent baptisés.

    31 82
  28. Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, p. 88.

    32
  29. Saint Grégoire de Nazianze, Discours 39 pour la fête des Lumières (Oratio 39 in sancta Lumina), 14-16 et 20, PG 36, 350-351, 354, 358-359 ; seconde lecture de l'Office des lectures de la fête du Baptême du Seigneur, traduction de la Liturgie des Heures (AELF, 11 janvier 2026). Le discours cité par le Catéchisme au § 537 est le Discours 40 (sur le saint baptême), 9.

    33 94 95 96 108 149
  30. Antienne du Magnificat des secondes vêpres de l'Épiphanie au Bréviaire romain, traduite par Dom Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, p. 117-118. Texte latin : « Tribus miraculis ornatum diem sanctum colimus : hodie stella Magos duxit ad praesepium : hodie vinum ex aqua factum est ad nuptias : hodie in Jordane a Johanne Christus baptizari voluit, ut salvaret nos. Alleluia. »

    34
  31. Antienne du Benedictus des laudes de l'Épiphanie, traduite par Dom Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, p. 128-129. Texte latin : « Hodie caelesti Sponso juncta est Ecclesia, quoniam in Jordane lavit Christus ejus crimina : currunt cum muneribus Magi ad regales nuptias, et ex aqua facto vino laetantur convivae. Alleluia. »

    35
  32. Mot du pape Innocent III (1198-1216) cité par Dom Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, p. 128.

    36
  33. Le calendrier julien, conservé par plusieurs Églises orthodoxes (dont celles de Russie et de Serbie) et par certaines Églises orientales catholiques, retarde aujourd'hui de treize jours sur le calendrier grégorien : le 6 janvier julien correspond au 19 janvier grégorien. Le même décalage place leur Noël au 7 janvier grégorien (voir l'article Noël (25 décembre)).

    39
  34. Tropaire de la Théophanie, ton 1, et épître du jour (Tt 2, 11-14 ; 3, 4-7), d'après le Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras, reproduit sur Orthodoxie.com, page « 6 janvier ». Kondakion, ton 4 : « Tu es apparu au monde en ce jour, Seigneur, et Ta lumière s'est manifestée à nous qui, Te connaissant, Te chantons : Tu es venu, Tu es apparu, Lumière inaccessible. »

    40 84 106
  35. Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, L'Octave de l'Épiphanie, p. 227-228 : « L'Église Romaine, dès le temps de saint Léon, insista pour faire réserver aux fêtes de Pâques et de Pentecôte l'honneur d'être les seuls jours consacrés à la célébration solennelle du premier des Sacrements ; mais l'usage se conserva et dure encore, en plusieurs lieux de l'Occident, de bénir l'eau avec une solennité toute particulière, au jour de l'Épiphanie. L'Église d'Orient a gardé inviolablement cette coutume. »

    41 42
  36. Florida Historical Society, « Epiphany in Tarpon Springs », série Florida Frontiers (myfloridahistory.org) : « Since 1906, the city of Tarpon Springs has held a unique Epiphany celebration every January 6 » — « Depuis 1906, la ville de Tarpon Springs célèbre chaque 6 janvier une fête de l'Épiphanie unique en son genre ». La célébration est organisée par la cathédrale orthodoxe grecque Saint-Nicolas.

    43
  37. Ménées de l'Église grecque, office de la Théophanie (6 janvier), traduits par Dom Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, p. 240.

    44
  38. Saint Proclus de Constantinople (mort en 446), Sermon 7 sur la sainte Théophanie, 1-3, PG 65, 758-759 ; Office des lectures du mercredi après l'Épiphanie, traduction de la Liturgie des Heures (AELF, 7 janvier 2026).

    45
  39. Gregory DiPippo, « Special Antiphons for the Baptism of the Lord », New Liturgical Movement, 13 janvier 2017 : dans le Missel tridentin, la messe de l'octave de l'Épiphanie est celle de la fête « except for the Gospel, John 1, 29-34, and the three prayers » ; les antiennes propres de l'ancien bréviaire de la Curie, « which date back to the Carolingian period », furent retirées du Bréviaire romain à la réforme tridentine et continuèrent d'être chantées « in many other Uses, such as those of the Dominicans, Cistercians and Old Observance Carmelites » ; l'auteur attribue leur suppression, fait « highly unusual » pour une réforme « in most respects extremely conservative », à leur inspiration byzantine ; parmi elles, à matines : « Te, qui in Spiritu et igne purificas humana contagia, Deum ac Redemptorem omnes glorificamus ». Traductions de la rédaction.

    46 52 56
  40. Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, p. 229-231 : messe de l'octave de l'Épiphanie (introït Ecce advenit, épître Is 60, 1-6, évangile Jn 1, 29-34) ; collecte : « Ô Dieu ! dont le Fils unique est apparu sur la terre, revêtu de la substance de notre chair ; faites, s'il vous plaît, que nous méritions d'être réformés intérieurement par celui que nous avons reconnu semblable à nous extérieurement. »

    47 49
  41. Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, L'Octave de l'Épiphanie, p. 225 (texte relu sur l'image de la page).

    48
  42. Paul VI, motu proprio Mysterii Paschalis, 14 février 1969 (vatican.va, texte latin) : « Recte igitur ac merito cum Sacramentum Nativitatis Christi eiusque in mundo agimus manifestationem, illud deprecamur, ut per eum, quem similem nobis foris agnovimus, intus reformari mereamur » ; la note renvoie à l'oraison du Missel romain que l'édition imprimée du Calendarium Romanum (1969) désigne comme « Oratio de festo Baptismatis Domini ». Traduction de la rédaction.

    51
  43. Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, p. 237 : « Les vénérables Antiennes que nous donnons ci-après, restes précieux de l'antique Liturgie Gallicane, ont une origine orientale, et sont encore conservées au Bréviaire de Cîteaux. » Texte latin de l'antienne : « Baptizat miles Regem, servus Dominum suum, Johannes Salvatorem : aqua Jordanis stupuit, columba protestabatur : paterna vox audita est : Hic est Filius meus. »

    53
  44. Liturgie des Heures, laudes de la fête du Baptême du Seigneur, AELF (11 janvier 2026) : antiennes des psaumes, lecture brève Is 61, 1-2a, antienne de Zacharie (« Marqué du signe de l'Esprit, Jésus remonte des eaux ; le Précurseur le reconnaît et prophétise : Voici l'Agneau qui nous donne la paix et consacre le monde »), oraison.

    54 55 91
  45. Liturgie des Heures, vêpres de la fête du Baptême du Seigneur, AELF (11 janvier 2026) : antiennes, lecture brève Ac 10, 37-38 (« Jésus de Nazareth, Dieu l'a consacré par l'Esprit Saint et rempli de sa force »), répons « Fils bien-aimé de Dieu, l'Esprit du Seigneur repose sur toi ».

    57 110
  46. Sacrée Congrégation des Rites, décret Cum nostra hac aetate, 23 mars 1955, signé par le cardinal Gaetano Cicognani, préfet, et Mgr Alfonso Carinci, secrétaire, AAS 47 (1955), p. 218-224 : entrée en vigueur « kalendis Ianuariis anni 1956 » ; titre II, n. 11 : « Celebrantur tantum octavae Nativitatis Domini, Paschatis et Pentecostes » ; n. 15 : « Dies a 7 ad 12 Ianuarii, suppressa octava Epiphaniae, fiunt feriae per annum ».

    58
  47. Jean XXIII, motu proprio Rubricarum instructum, 25 juillet 1960, et Code des rubriques, AAS 52 (1960) : calendrier, p. 686 : « 13 In Commemoratione Baptismatis D.N.I.C. — II cl. » ; variations du bréviaire, ch. IV, n. 21, p. 710 : « Die 13 ianuarii fit Commemoratio Baptismatis D. N. Iesu Christi (II classis). […] Quod si occurrat eodem die dominica I post Epiphaniam, fit Officium de S. Familia, sine commemoratione Baptismatis Domini… »

    61
  48. Code des rubriques (1960), variations du Martyrologe romain, AAS 52 (1960), p. 723 : « Loco elogii : Octava Epiphaniae Domini, ponatur Commemoratio Baptismatis Domini nostri Iesu Christi. »

    62
  49. Missale Romanum, éd. typique 1962, p. 42-43 : « Die 13 ianuarii — In Commemoratione Baptismatis D.N.I.C. — II classis » ; introït Ecce advenit ; oraison Deus, cuius Unigenitus ; leçon Is 60, 1-6 ; évangile Jn 1, 29-34.

    63
  50. Code des rubriques (1960), n. 485, AAS 52 (1960), p. 678 : la préface de l'Épiphanie se dit « tamquam propria in Missis de festo Epiphaniae et de Commemoratione Baptismatis D. N. Iesu Christi ».

    64
  51. AELF, lectures de la messe de la fête du Baptême du Seigneur : année A (11 janvier 2026), année B (8 janvier 2024 pour la France ; 10 janvier 2027), année C (12 janvier 2025), traduction liturgique française.

    69 79
  52. Benoît XVI, homélie de la fête du Baptême du Seigneur, chapelle Sixtine, 13 janvier 2008, texte français officiel (vatican.va) ; ce jour-là, treize enfants furent baptisés.

    72 123 135
  53. Actes des Apôtres 10, 34-38, traduction liturgique (AELF), deuxième lecture de l'année A : « Jésus de Nazareth, Dieu lui a donné l'onction d'Esprit Saint et de puissance. Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui. »

    74
  54. Évangile selon saint Marc 1, 7-11, traduction liturgique (AELF), évangile de l'année B : « Et aussitôt, en remontant de l'eau, il vit les cieux se déchirer et l'Esprit descendre sur lui comme une colombe. Il y eut une voix venant des cieux : "Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie." » Texte grec (SBLGNT) : « εἶδεν σχιζομένους τοὺς οὐρανούς ».

    75
  55. Livre d'Isaïe 63, 19, traduction liturgique (AELF) : « Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais, les montagnes seraient ébranlées devant ta face. »

    76
  56. Évangile selon saint Marc 15, 38, traduction liturgique (AELF). Texte grec (SBLGNT) : « καὶ τὸ καταπέτασμα τοῦ ναοῦ ἐσχίσθη εἰς δύο ἀπ' ἄνωθεν ἕως κάτω », avec le même verbe schizō qu'en Mc 1, 10.

    77
  57. Première lettre de saint Jean 5, 1-9, traduction liturgique (AELF), deuxième lecture de l'année B (au choix selon l'Ordo lectionum Missae).

    78
  58. Évangile selon saint Luc 3, 15-16.21-22, traduction liturgique (AELF), évangile de l'année C : « Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu'après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s'ouvrit. L'Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : "Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie." »

    80 127
  59. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 39, a. 5, réponse, trad. française (éd. numérique, Cerf, 1984) : « C'est spécialement par le baptême du Christ que nous est ouverte l'entrée du royaume céleste, que le péché avait fermée au premier homme. Aussi, au baptême du Christ, les cieux s'ouvrirent-ils afin de montrer que le chemin du ciel était ouvert aux baptisés » ; et, sur Lc 3, 21 : « la prière est nécessaire aux fidèles après le baptême ».

    81 118
  60. Lettre de saint Paul à Tite 2, 11-14 ; 3, 4-7, traduction liturgique (AELF), deuxième lecture de l'année C.

    83
  61. Livre d'Isaïe 42, 1-4.6-7, traduction liturgique (AELF), première lecture de la fête.

    85
  62. John P. Meier, A Marginal Jew: Rethinking the Historical Jesus, vol. 1, The Roots of the Problem and the Person, New York, Doubleday (Anchor Bible Reference Library), 1991, p. 168 : « A prime example is the baptism of the supposedly superior and sinless Jesus by his supposed inferior, John the Baptist, who proclaimed "a baptism of repentance for the forgiveness of sins." »

    87
  63. John P. Meier, A Marginal Jew, vol. 2, Mentor, Message, and Miracles, New York, Doubleday, 1994, p. 7. Texte original : « Yet one of the most certain things we know about Jesus is that he voluntarily submitted himself to John's baptism for the remission of sins, an embarrassing event each evangelist tries to neutralize in his own way. » Traduction de la rédaction.

    88
  64. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XVIII, 5, 2 (§ 116-119), vers 93-94 : Jean « surnommé le Baptiste », prêchant la vertu et un baptême, mis à mort par Hérode Antipas à Machéronte. Voir l'article Saint Jean-Baptiste, qui présente ce témoignage.

    89
  65. Missel romain, traduction française officielle, préface « Le Baptême du Seigneur », texte reproduit par Prions en Église (Canada), Novalis-ALPEC, dimanche 12 janvier 2025, p. 15 (« T. : AELF »). Texte latin (Missale Romanum 2002, p. 191, préface De Baptismate Domini) : « Qui miris signasti mysteriis novum in Iordane lavacrum, ut, per vocem de caelo delapsam, habitare Verbum tuum inter homines crederetur; et, per Spiritum in columbae specie descendentem, Christus Servus tuus oleo perungi laetitiae ac mitti ad evangelizandum pauperibus nosceretur. »

    90
  66. Liturgie des Heures, Office des lectures, AELF : lundi 5 janvier 2026 (Pierre Chrysologue), mardi 6 (homélie du IVe siècle), mercredi 7 (Proclus), jeudi 8 (Cyrille d'Alexandrie), vendredi 9 (Maxime de Turin), samedi 10 (Fauste de Riez), dimanche 11 janvier 2026, fête du Baptême du Seigneur (Grégoire de Nazianze) ; même distribution en janvier 2025.

    92
  67. Références latines des lectures patristiques d'après la Liturgie des Heures en langue anglaise (liturgies.net) : Pierre Chrysologue, Sermo 160 (PL 52, 620-622) ; homélie attribuée à saint Hippolyte, Sermo in sancta Theophania, 2. 6-8. 10 (PG 10, 854. 858-859. 862) ; Proclus, Sermo 7 in sancta Theophania, 1-3 (PG 65, 758-759) ; Cyrille d'Alexandrie, In Ioannis Evangelium, lib. 5, cap. 2 (PG 73, 751-754) ; Maxime de Turin, Sermo 100, de sancta Epiphania, 1. 3 (CCL 23, 398-400) ; Grégoire de Nazianze, Oratio 39, 14-16. 20 (PG 36, 350-351. 354. 358-359). Fauste de Riez, Sermo 5, de Epiphania 2 (PLS 3, 560-562).

    93
  68. Benoît XVI, homélie de la fête du Baptême du Seigneur, chapelle Sixtine, 13 janvier 2013, texte français officiel (vatican.va).

    97 105
  69. Saint Maxime de Turin (mort vers 420), Sermon 100 sur la sainte Épiphanie, 1. 3, CCL 23, 398-400 ; Office des lectures du vendredi après l'Épiphanie, traduction de la Liturgie des Heures (AELF, 9 janvier 2026).

    98
  70. Saint Ignace d'Antioche (mort vers 110), Lettre aux Éphésiens, 18, 2 : « Notre Dieu Jésus-Christ a été selon le plan divin porté dans le sein de Marie, issu du sang de David et aussi du Saint-Esprit. Il est né et a été baptisé pour purifier l'eau par sa passion. » Texte français d'après la traduction de Th. Camelot (Ignace d'Antioche, Sources chrétiennes 10), cité par le cours « Les Pères apostoliques (II) : Ignace d'Antioche », patristique.org. Voir l'article Saint Ignace d'Antioche.

    99 122
  71. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 39, a. 1, réponse, trad. française (éd. numérique, Cerf, 1984, reprise par docteurangelique.free.fr, 2008). Voir l'article Saint Thomas d'Aquin.

    100
  72. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 39, a. 2, solution 1, citant saint Ambroise.

    101
  73. Léon XIV, homélie de la fête du Baptême du Seigneur, chapelle Sixtine, dimanche 11 janvier 2026, texte français officiel (vatican.va, « 20260111-battesimo »).

    102 124 136
  74. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 39, a. 8 : réponse (citation de saint Jérôme ; baptême du Christ « prototype » du nôtre, conféré au nom de la Trinité selon Mt 28, 19), objection 3 et solution 3 (manifestation de la divinité du Christ au baptême, « par lequel les hommes renaissent en fils adoptifs de Dieu »).

    103 104 131
  75. Saint Pierre Chrysologue (mort vers 450), Sermon 160, PL 52, 620-622 ; Office des lectures du lundi après l'Épiphanie, traduction de la Liturgie des Heures (AELF, 5 janvier 2026). Voir l'article Saint Pierre Chrysologue.

    107
  76. Catéchisme de l'Église catholique, § 1224 : « Notre Seigneur s'est volontairement soumis au Baptême de S. Jean, destiné aux pécheurs, pour "accomplir toute justice" (Mt 3, 15). Ce geste de Jésus est une manifestation de son "anéantissement" (Ph 2, 7). L'Esprit qui planait sur les eaux de la première création, descend alors sur le Christ, en prélude de la nouvelle création, et le Père manifeste Jésus comme son "Fils bien-aimé" (Mt 3, 16-17). »

    109
  77. Saint Irénée de Lyon (mort vers 202), Contre les hérésies, livre III, ch. 17 (III, 17, 1), trad. M. de Genoude, Les Pères de l'Église, t. III, Paris, Sapia, 1838. Voir l'article Saint Irénée de Lyon.

    112 132
  78. Saint Cyrille d'Alexandrie (mort en 444), Commentaire sur l'évangile de Jean, livre 5, ch. 2, PG 73, 751-754 ; Office des lectures du jeudi après l'Épiphanie, traduction de la Liturgie des Heures (AELF, 8 janvier 2026). Voir l'article Saint Cyrille d'Alexandrie.

    113 130
  79. Catéchisme de l'Église catholique, § 537, citant saint Grégoire de Nazianze, Discours 40, 9 (PG 36, 369B) et saint Hilaire de Poitiers, Commentaire sur Matthieu 2 (PL 9, 927). Voir l'article Saint Hilaire de Poitiers.

    115 119
  80. Homélie du IVe siècle pour l'Épiphanie, attribuée à saint Hippolyte (Sermo in sancta Theophania, PG 10, 854-862) ; Office des lectures du mardi après l'Épiphanie, traduction de la Liturgie des Heures (AELF, 6 janvier 2026).

    116
  81. Missel romain, traduction française officielle (2021), prière après la communion de la fête : « Rassasiés par ce don sacré, nous implorons ta bonté, Seigneur ; accorde-nous d'écouter fidèlement ton Fils unique, afin de pouvoir être appelés tes fils, et de l'être vraiment » (Prions en Église, 11 janvier 2026). Texte latin : « Sacro munere satiati, clementiam tuam, Domine, suppliciter exoramus, ut, Unigenitum tuum fideliter audientes, filii tui vere nominemur et simus. »

    117
  82. Évangile selon saint Luc 12, 50, traduction liturgique (AELF). Voir aussi Mc 10, 38.

    120
  83. Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies, livre I, ch. 26 (I, 26, 1), sur Cérinthe, trad. M. de Genoude, 1838 : « Cérinthe naquit en Asie […] ; celui-ci ne serait pas né d'une vierge ; c'est chose impossible à croire aux yeux de cet hérésiarque : il serait né de Joseph et de Marie, de la même manière que naissent les autres hommes. […] Dieu envoya sur lui, aussitôt qu'il eut été baptisé, le Christ, sous la forme d'une colombe […]. À la fin, le Christ se sépara de lui et s'envola dans les régions supérieures. »

    125
  84. Bruce M. Metzger, A Textual Commentary on the Greek New Testament, Londres-New York, United Bible Societies, 1971, p. 136, sur Lc 3, 22 : « The Western reading, "This day I have begotten thee," which was widely current during the first three centuries, appears to be secondary, derived from Ps 2.7. » Traduction de la rédaction. Parmi les témoins de cette leçon figure le Codex de Bèze (D, Ve siècle). Psaume 2, 7 (AELF) : « Tu es mon fils ; moi, aujourd'hui, je t'ai engendré. »

    126 128
  85. Vatican News, K. Gussie, « Pope baptizes 20 children: Now they have the meaning of life », 11 janvier 2026 : « Continuing a tradition begun in 1981 by Pope John Paul II » ; CNA / ACI Prensa, V. Cardiel, repris par le National Catholic Register, 11 janvier 2026 : « The first ceremonies were held in the Pauline Chapel, and since 1983 the annual celebration has taken place in the Sistine Chapel. » Traductions de la rédaction.

    133
  86. Livrets des célébrations pontificales publiés par l'Office des célébrations liturgiques du Souverain Pontife (vatican.va) : « Festa del Battesimo del Signore — Santa Messa e celebrazione del Battesimo dei bambini presieduti dal Santo Padre Benedetto XVI — Cappella Sistina », 11 janvier 2009, 10 janvier 2010, 9 janvier 2011, 8 janvier 2012 et 13 janvier 2013 ; homélies de la fête également en 2006 (8 janvier) et 2007 (7 janvier).

    134
  87. Musées du Vatican, « Storia della Cappella Sistina » (museivaticani.va) : décor mural du XVe siècle (histoires de Moïse au sud, histoires du Christ au nord) exécuté par une équipe comprenant Pietro Perugino, Sandro Botticelli, Domenico Ghirlandaio et Cosimo Rosselli, commencé en 1481 et achevé en 1482 ; chapelle consacrée par Sixte IV le 15 août 1483 ; sur la voûte, « è probabile il riferimento alla prima lettera di Pietro (3,20-22) dove l'acqua del diluvio è vista come segno profetico dell'acqua del Battesimo ».

    137 139
  88. Il Perugino 2023 (comité pour le cinquième centenaire de la mort du Pérugin), notice « Battesimo di Cristo – Cappella Sistina » : « Perugino, Battesimo di Cristo, 1482 circa, affresco, 335 x 540 cm, Città del Vaticano, Cappella Sistina » ; composition et cartons du Pérugin, avec la collaboration probable de Pintoricchio et de l'Ingegno.

    138
  89. Voir l'article Les mosaïques de Ravenne, section « Les deux baptistères : le Christ au Jourdain » (baptistère néonien ou des Orthodoxes, décor vers 458 ; baptistère des Ariens, vers 500), et ses sources.

    140
  90. Saint Jean-Paul II, lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, 16 octobre 2002, n. 21, texte français officiel (vatican.va). Voir l'article Pape saint Jean-Paul II.

    141
  91. Vatican News, P. Pawel Rytel-Andrianik, « Bethany Beyond the Jordan, the Place of Jesus' Baptism », 11 janvier 2026 : Jn 1, 28 ; nom de Bethabara chez Origène et Jean Chrysostome et sur la carte de Madaba (VIe siècle) ; Al-Maghtas, « baptême » ou « immersion » ; première église sous l'empereur Anastase Ier ; inscription au patrimoine mondial en 2015 ; visites de Jean-Paul II (2000), Benoît XVI (2009) et François (2014) ; église du Baptême du Seigneur consacrée en janvier 2025 sous la présidence du cardinal Pietro Parolin, « currently the largest Catholic church in Jordan ». Traductions de la rédaction.

    142 143 144
  92. Patriarcat latin de Jérusalem, « Al-Maghtas: A new church opens, reviving faith and history » (lpj.org) : première pierre posée par Benoît XVI le 10 mai 2009 ; l'église « hosts the annual pilgrimage to Al-Maghtas, every January », avec messes, prières et renouvellement des promesses du baptême. Traduction de la rédaction.

    145 146
  93. Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique. Le Temps de Noël, t. II, L'Octave de l'Épiphanie, p. 228.

    147
  94. Pape François, audience générale du mercredi 8 janvier 2014, catéchèse sur le baptême, texte français officiel (vatican.va). Voir l'article Pape François.

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