Pape François (1936-2025)

Jorge Mario Bergoglio, premier pape jésuite et premier pape venu des Amériques, a gouverné l'Église de 2013 à 2025. Le pape des « périphéries » et de la miséricorde laisse quatre encycliques, une réforme de la Curie, et des décisions très débattues : Amoris laetitia, Traditionis custodes, Fiducia supplicans. Mort le lundi de Pâques 2025, il est inhumé à Sainte-Marie-Majeure.

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François (Franciscus), né Jorge Mario Bergoglio le 17 décembre 1936 à Buenos Aires, en Argentine, gouverne l'Église catholique du 13 mars 2013 au 21 avril 2025. Jésuite, archevêque de Buenos Aires devenu cardinal, il est élu au terme d'un conclave de cinq scrutins pour succéder à Benoît XVI, premier pape à avoir renoncé à sa charge depuis le Moyen Âge.[1][2]

Son élection est une triple première : premier pape jésuite, premier pape venu des Amériques et de l'hémisphère Sud, et premier pape né hors d'Europe depuis le Syrien Grégoire III, mort en 741.[3][4] Dès le balcon de la basilique Saint-Pierre, il rompt avec le protocole : soutane blanche sans la mozette rouge, croix pectorale de fer, simple « Frères et sœurs, bonsoir ». Il choisit le nom de François en mémoire de saint François d'Assise, « l'homme de la pauvreté, l'homme de la paix », et s'installe non dans les appartements pontificaux mais à la résidence Sainte-Marthe.[5]

Le pontificat tient en une tension qui structure tout l'article : un élan missionnaire et pastoral considérable — « Église en sortie », primat de la miséricorde, attention aux pauvres, aux migrants et aux « périphéries » — porté par quatre encycliques et des dizaines de voyages ; et une série de décisions disciplinaires et doctrinales contestées — Amoris laetitia et les dubia, Traditionis custodes sur la messe traditionnelle, Fiducia supplicans sur les bénédictions — qui ont nourri les débats internes les plus vifs de l'Église contemporaine.[6][7][8][9]

François meurt le lundi de Pâques 21 avril 2025, à 88 ans, après une longue maladie. Fidèle à son testament, il est inhumé non à Saint-Pierre mais à la basilique Sainte-Marie-Majeure — premier pape enterré hors du Vatican depuis Léon XIII en 1903.[10][11] Le collège cardinalice qu'il avait profondément renouvelé élit, trois semaines plus tard, l'augustinien américano-péruvien Robert Francis Prevost, qui prend le nom de Léon XIV.[12]

Pourquoi François est le pape des « périphéries » et des réformes

Comprendre François, c'est tenir ensemble deux héritages qui se croisent en lui. Le premier est jésuite : la spiritualité ignatienne du discernement, l'attention aux situations concrètes plutôt qu'aux principes abstraits, l'idée d'aller aux frontières. Le second est latino-américain : la pastorale d'un archevêque qui a passé sa vie dans les villas miseria de Buenos Aires, marqué par la « théologie du peuple » argentine — une lecture de la foi enracinée dans la piété populaire et le souci des pauvres, distincte des courants marxisants de la théologie de la libération.[13][14]

De là vient le mot-programme de son pontificat : la périphérie. Pour Bergoglio, l'Église ne doit pas attendre le monde au centre, dans ses palais et ses certitudes, mais sortir vers les marges géographiques et existentielles — les pauvres, les migrants, les divorcés, les malades, les détenus, les croyants des bouts du monde.[15] Cette intuition explique aussi bien ses gestes (Lampedusa, le lavement des pieds de détenus, la résidence Sainte-Marthe) que ses réformes (un collège cardinalice ouvert aux petits pays, une Curie repensée comme service missionnaire).

« Je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu'une Église malade de la fermeture et du confort de s'accrocher à ses propres sécurités. » — Pape François, exhortation apostolique Evangelii gaudium, 24 novembre 2013, n. 49[16]

François, douze ans de pontificat — frise synthétique des jalons majeurs, de l'élection du 13 mars 2013 à la mort du 21 avril 2025. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Mais ce même primat du concret a engendré les tensions doctrinales du règne. En privilégiant le discernement pastoral cas par cas sur la règle générale, François a paru, à ses critiques, fragiliser des points de discipline reçus — la communion des divorcés remariés, l'usage de la messe traditionnelle, le statut des couples irréguliers. Ses défenseurs y voient un approfondissement de la miséricorde dans la continuité ; ses contradicteurs, une ambiguïté dangereuse. Le présent article cherche à exposer les faits et les textes, sans réduire le pontificat ni à une hagiographie ni à un réquisitoire.

De Buenos Aires au conclave : qui était Jorge Mario Bergoglio

L'article étant centré sur le pontificat, on résume ici l'avant-2013 : il suffit de saisir d'où vient l'homme élu en 2013, car ses choix de pape prolongent presque tous une trajectoire commencée en Argentine.

Un jésuite argentin d'origine piémontaise

Jorge Mario Bergoglio naît le 17 décembre 1936 à Buenos Aires, aîné de cinq enfants d'une famille d'immigrés piémontais : son père Mario, comptable, avait émigré d'Italie.[17] Diplômé technicien chimiste, le jeune homme connaît une grave pneumonie qui lui vaut l'ablation partielle d'un poumon — séquelle qui marquera sa santé toute sa vie. À vingt et un ans, il entre au noviciat de la Compagnie de Jésus le 11 mars 1958.[18]

Ordonné prêtre le 13 décembre 1969, il prononce ses vœux perpétuels en 1973. Formé à la philosophie et à la théologie, il enseigne, puis est très tôt appelé au gouvernement.[19]

Le provincial des jésuites sous la dictature

À trente-six ans seulement, Bergoglio est nommé provincial des jésuites d'Argentine (1973-1979) — charge écrasante dans un pays qui bascule, en 1976, dans la dictature militaire et sa « sale guerre ».[20][21] Son attitude pendant ces années a fait l'objet de polémiques, notamment l'accusation d'avoir insuffisamment protégé deux jésuites enlevés par la junte ; les enquêtes et les témoignages ultérieurs — dont celui du prix Nobel de la paix Adolfo Pérez Esquivel — ont conclu qu'il n'avait pas trahi, et qu'il avait au contraire aidé clandestinement des personnes recherchées.[22] Cet épisode éclaire, selon plusieurs de ses biographes, un trait du futur pape : un gouvernant prudent — jugé parfois autoritaire —, façonné par des années où une parole imprudente pouvait tuer.[23]

L'archevêque de Buenos Aires

Jean-Paul II le nomme évêque auxiliaire de Buenos Aires en 1992, puis archevêque coadjuteur en 1997. À la mort du cardinal Antonio Quarracino, il devient archevêque de Buenos Aires le 28 février 1998, primat d'Argentine.[24][25] Le 21 février 2001, Jean-Paul II le crée cardinal, du titre de Saint-Robert-Bellarmin.

Bergoglio confie ses difficultés à sainte Thérèse de Lisieux : quand il a un problème, explique-t-il, il ne demande pas à la sainte de le résoudre, mais de le prendre dans ses mains et de l'aider à l'accepter, et il reçoit presque toujours, comme signe, une rose blanche. Il connaît bien la « neuvaine à la rose » lancée en 1925 par le jésuite Anton Puntigam : vingt-quatre Gloire au Père chaque jour pour remercier la Trinité des grâces accordées à Thérèse pendant ses vingt-quatre années de vie, et une rose demandée à la sainte en signe de la grâce espérée.[26] Le 7 août 2010, le cardinal se rend comme chaque année à la fête du sanctuaire de San Cayetano : une messe en plein air, puis une marche à la rencontre des fidèles des quartiers. Une douleur à la jambe que les analgésiques n'apaisent pas lui fait douter de pouvoir continuer, raconte Federico Wals, alors responsable du bureau de presse de l'archevêché ; un homme s'avance et lui offre une rose blanche. Bergoglio y reconnaît le signe de la petite Thérèse : l'homme disparaît, la douleur aussi, et il va jusqu'au bout de la marche. Federico Wals a toutefois raconté ce même épisode avec des répliques un peu différentes au quotidien bolivien El Deber, où c'est l'inconnu qui annonce lui-même au cardinal le signe attendu.[27]

Archevêque, Bergoglio se forge la réputation d'un pasteur austère et de proximité : il renonce au palais épiscopal pour un appartement, prend le métro, multiplie les visites dans les bidonvilles et soutient les curas villeros, les prêtres des quartiers pauvres. Au conclave de 2005 qui élit Benoît XVI, il aurait recueilli un nombre notable de voix selon les récits ultérieurs — signe qu'il était déjà, parmi les cardinaux, une figure connue.[28] Huit ans plus tard, l'histoire revient à lui.

Le conclave de 2013 et l'élection d'un pape « du bout du monde »

La renonciation de Benoît XVI

Le 11 février 2013, Benoît XVI annonce en latin, devant un consistoire stupéfait, qu'il renonce au ministère pétrinien, faute de forces. La renonciation prend effet le 28 février 2013 : pour la première fois depuis Grégoire XII (1415), un pape quitte volontairement sa charge, ouvrant une situation inédite avec un « pape émérite » vivant.[29][30] Le détail de cette renonciation et la question du « bénévacantisme » — la thèse erronée selon laquelle Benoît XVI serait resté le vrai pape — relèvent d'articles propres ; ce qui revient au conclave de 2013, c'est qu'il s'ouvre dans un climat sans précédent.

Cinq scrutins, 13 mars 2013

Le conclave réunit 115 cardinaux électeurs dans la chapelle Sixtine à partir du 12 mars 2013 ; la majorité requise est de soixante-dix-sept voix.[31] Au terme de cinq scrutins sur deux jours, le 13 mars 2013 au soir, la fumée blanche s'élève à 19 h 06. Jorge Mario Bergoglio, âgé de 76 ans, est élu 266ᵉ pape. Il inaugure officiellement son ministère le 19 mars 2013, en la solennité de saint Joseph.[32][33]

Au moment décisif, raconte le pape lui-même, son ami le cardinal brésilien Cláudio Hummes l'embrasse et lui glisse à l'oreille un mot qui décidera de tout :

« Et lui m'a embrassé, m'a donné l'accolade et m'a dit : "N'oublie pas les pauvres !". Et cette parole est entrée ici : les pauvres, les pauvres. Aussitôt, en lien avec les pauvres, j'ai pensé à François d'Assise. » — Pape François, audience aux représentants des médias, 16 mars 2013[34]

Le choix du nom François et les premiers gestes

Bergoglio est le premier pape de l'histoire à porter le nom de François, en référence au Poverello d'Assise. La première apparition au balcon est restée célèbre par sa sobriété : il salue la foule d'un simple « Frères et sœurs, bonsoir », fait précéder sa bénédiction d'un silence où il demande au peuple de prier pour lui, et se présente comme l'évêque de Rome venu « presque au bout du monde ».[35]

« Frères et sœurs, bonsoir ! Vous savez que le devoir du Conclave était de donner un Évêque à Rome. Il semble que mes frères cardinaux soient allés le chercher presque au bout du monde. » — Pape François, bénédiction Urbi et Orbi, loggia de Saint-Pierre, 13 mars 2013[36]

Les gestes suivent les mots. Il garde sa croix pectorale de fer d'archevêque, refuse la mozette rouge bordée d'hermine, conserve ses chaussures noires, et choisit de résider à la Domus Sanctae Marthae, la maison d'hôtes du Vatican, plutôt que dans les appartements du Palais apostolique.[37][38] Ces choix, anodins en apparence, fixent d'emblée le ton d'un pontificat marqué par la simplicité.

Un style de gouvernement nouveau

Avant d'examiner les textes, il faut saisir la manière François : un gouvernement par les gestes, les formules brèves et les symboles, autant que par les documents. Quelques moments ont défini son image publique mondiale.

« Une Église pauvre et pour les pauvres »

« Une Église pauvre et pour les pauvres » — François au milieu des fidèles, place Saint-Pierre, mai 2013 : la proximité physique avec le peuple, marque de son style de gouvernement. Photo Edgar Jiménez, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.

Trois jours après son élection, devant les journalistes, François livre la clef de son programme dans une phrase devenue emblématique :

« Ah, comme je voudrais une Église pauvre et pour les pauvres ! » — Pape François, audience aux représentants des médias, 16 mars 2013[39]

Ce n'est pas une formule isolée : elle commande toute la suite, de la dénonciation de l'« économie qui tue » dans Evangelii gaudium à l'attention constante aux migrants.

« Qui suis-je pour juger ? »

Le 28 juillet 2013, dans l'avion qui le ramène des Journées mondiales de la jeunesse de Rio de Janeiro, interrogé sur la situation des personnes homosexuelles, François répond par une phrase qui fera le tour du monde et nourrira d'innombrables interprétations :

« Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? » — Pape François, conférence de presse, vol de retour des JMJ de Rio, 28 juillet 2013[40]

La phrase ne change rien à la doctrine — François rappelle ailleurs le Catéchisme — mais elle inaugure un changement de ton dans l'approche pastorale des personnes homosexuelles, dont la portée et les limites seront débattues jusqu'à Fiducia supplicans.

Lampedusa et la « mondialisation de l'indifférence »

Le 8 juillet 2013, pour son tout premier déplacement hors de Rome, François se rend à Lampedusa, l'île italienne où s'échouent les migrants de la Méditerranée. Il y célèbre une messe sur un autel fait d'une barque et lance une dénonciation qui deviendra un fil rouge du pontificat :

« Dans ce monde globalisé, nous sommes tombés dans la mondialisation de l'indifférence. » — Pape François, homélie à Lampedusa, 8 juillet 2013[41]

La cause des migrants restera l'un des marqueurs les plus constants — et les plus politiquement clivants — de son magistère.

L'Urbi et Orbi de la place déserte

Le 27 mars 2020, en pleine pandémie de Covid-19, François préside seul, sous la pluie, un moment de prière sur une place Saint-Pierre absolument vide, puis donne une bénédiction Urbi et Orbi extraordinaire avec indulgence plénière — d'ordinaire réservée à Noël et à Pâques. L'image du pape âgé, claudicant et solitaire devant la basilique déserte est devenue l'une des plus marquantes du pontificat et de la pandémie.

« D'épaisses ténèbres se sont amassées sur nos places, nos rues et nos villes ; elles se sont emparées de nos vies en remplissant tout d'un silence assourdissant et d'un vide désolant. » — Pape François, moment de prière extraordinaire, 27 mars 2020[42]

Le magistère de François en quatre encycliques

Le cœur doctrinal du pontificat tient dans quatre encycliques et plusieurs exhortations. On les présente ici au niveau du pontificat ; les sujets de fond (écologie, fraternité interreligieuse) renvoient aux articles spécialisés.

Le tableau suivant récapitule les grands documents magistériels du règne, leur nature canonique et leur date, avant que chacun ne soit développé.

DocumentType d'acteDateThème central
Lumen fideiEncyclique29 juin 2013La foi (texte commencé par Benoît XVI)
Evangelii gaudiumExhortation apostolique24 nov. 2013La joie de l'Évangile, l'« Église en sortie »
Laudato si'Encyclique24 mai 2015Écologie intégrale, « maison commune »
Amoris laetitiaExhortation post-synodale19 mars 2016L'amour dans la famille
Gaudete et exsultateExhortation apostolique19 mars 2018L'appel universel à la sainteté
Fratelli tuttiEncyclique3 oct. 2020Fraternité et amitié sociale
Dilexit nosEncyclique24 oct. 2024Le Sacré-Cœur de Jésus

Lumen fidei (2013), l'encyclique à quatre mains

La première encyclique, Lumen fidei (« La lumière de la foi »), signée le 29 juin 2013, est un cas singulier : le texte avait été largement rédigé par Benoît XVI pour clore sa trilogie sur les vertus théologales (Deus caritas est sur la charité, Spe salvi sur l'espérance). François l'achève et le publie, reconnaissant ouvertement cette paternité — manière de signifier la continuité entre les deux pontificats.[43]

« [Benoît XVI] avait déjà presque achevé une première rédaction d'une Lettre encyclique sur la foi. Je lui en suis profondément reconnaissant et, dans la fraternité du Christ, j'assume son précieux travail, en ajoutant au texte quelques contributions. » — Pape François, encyclique Lumen fidei, 29 juin 2013, n. 7[44]

Evangelii gaudium (2013), la charte du pontificat

L'exhortation Evangelii gaudium (« La joie de l'Évangile »), du 24 novembre 2013, est considérée comme le véritable programme de François. Il y développe la vision d'une « Église en sortie », missionnaire et joyeuse, et y formule sa critique sociale la plus tranchée, contre une économie de l'exclusion et l'« idolâtrie de l'argent ».[45]

« De même que le commandement de "tu ne tueras pas" pose une limite claire pour assurer la valeur de la vie humaine, aujourd'hui nous devons dire "tu ne tueras pas" à une économie de l'exclusion et de la disparité sociale. Une telle économie tue. » — Pape François, Evangelii gaudium, 24 novembre 2013, n. 53[46]

Laudato si' (2015) et l'écologie intégrale

L'encyclique Laudato si', du 24 mai 2015, « sur la sauvegarde de la maison commune », fait de François une voix mondiale sur la question environnementale. Sa thèse centrale est l'écologie intégrale : il n'y a pas d'un côté une crise écologique et de l'autre une crise sociale, mais une seule crise, où le mépris de la nature et le mépris des pauvres ont la même racine.[47] Le fond de la question — ce qu'un catholique doit penser de l'écologie — est traité dans un article dédié : Que penser de l'écologie ?.

« Il n'y a pas deux crises séparées, l'une environnementale et l'autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-environnementale. » — Pape François, encyclique Laudato si', 24 mai 2015, n. 139[48]

François prolongera cet appel par l'exhortation Laudate Deum (4 octobre 2023), plus brève et plus pressante sur l'urgence climatique.[49]

Fratelli tutti (2020) et la fraternité universelle

L'encyclique Fratelli tutti (« Tous frères »), signée le 3 octobre 2020 sur le tombeau de saint François à Assise — première encyclique signée hors de Rome —, développe une théologie de la fraternité universelle et de l'amitié sociale, contre le repli nationaliste et l'indifférence, autour de la parabole du bon Samaritain.[50] Elle prolonge le Document sur la fraternité humaine signé à Abou Dhabi le 4 février 2019 avec le grand imam d'Al-Azhar, Ahmad al-Tayyeb — geste interreligieux majeur, mais aussi objet de débats théologiques sur la phrase relative à la « diversité des religions voulue par Dieu ».[51]

Dilexit nos (2024), le retour au Sacré-Cœur

La dernière encyclique, Dilexit nos (« Il nous a aimés »), du 24 octobre 2024, surprend par son classicisme : elle est consacrée à la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, pour le 350ᵉ anniversaire des apparitions de Paray-le-Monial à sainte Marguerite-Marie. Contre un monde qu'il dit « liquide » et désincarné, François y appelle à revenir au Cœur du Christ comme centre de l'amour divin et humain — manière de rappeler que sa pastorale sociale s'enracine dans une spiritualité, non dans une idéologie.[52]

Les décisions doctrinales qui ont fait débat

Aucun pontificat récent n'a suscité, à l'intérieur même de l'Église, autant de controverses doctrinales. Elles tournent toutes autour d'un même point : jusqu'où le discernement pastoral peut-il infléchir une discipline sans toucher au dogme ? On les expose ici honnêtement, avec les objections et les réponses, sans trancher au-delà de ce que l'Église a elle-même établi.

Amoris laetitia (2016) et les dubia des quatre cardinaux

L'exhortation post-synodale Amoris laetitia (« La joie de l'amour »), du 19 mars 2016, clôt deux synodes sur la famille (2014 et 2015). Son chapitre VIII — « Accompagner, discerner et intégrer la fragilité » — et surtout sa note 351 ont déclenché la controverse la plus longue du pontificat : peut-on, au terme d'un discernement, admettre aux sacrements certains divorcés remariés vivant maritalement ?[53]

« À cause des conditionnements ou des facteurs atténuants, il est possible que, dans une situation objective de péché — qui ne soit pas subjectivement imputable, ou qui ne le soit pas pleinement — l'on puisse vivre dans la grâce de Dieu. » — Pape François, Amoris laetitia, 19 mars 2016, n. 305[54]

La fameuse note 351 ajoute : « Dans certains cas, il peut s'agir aussi de l'aide des sacrements. »[55] Le 19 septembre 2016, quatre cardinaux — Walter Brandmüller, Raymond Burke, Carlo Caffarra et Joachim Meisner — adressent au pape cinq dubia (« doutes »), demandant une réponse par oui ou par non sur la conformité de ce passage à la doctrine constante (notamment Familiaris consortio de Jean-Paul II). Faute de réponse, ils rendent la lettre publique le 14 novembre 2016.[56]

François n'a jamais répondu formellement aux dubia. Il a en revanche approuvé comme interprétation authentique les directives des évêques de la région de Buenos Aires, publiées aux Acta Apostolicae Sedis — ce qui leur a conféré valeur de magistère ordinaire, et indique le sens qu'il donnait à son texte : un discernement strict, au cas par cas, non une autorisation générale.[57] Le débat n'en a pas moins divisé durablement théologiens et épiscopats. La doctrine de l'indissolubilité du mariage, elle, n'a jamais été remise en cause dans le texte.

La peine de mort déclarée « inadmissible » (2018)

Le 1ᵉʳ août 2018, François fait modifier le numéro 2267 du Catéchisme de l'Église catholique : la peine de mort y est déclarée « inadmissible », l'Église s'engageant à œuvrer pour son abolition dans le monde.[58]

« L'Église enseigne, à la lumière de l'Évangile, que "la peine de mort est inadmissible, car elle attente à l'inviolabilité et à la dignité de la personne", et elle s'engage avec détermination en vue de son abolition partout dans le monde. » — Catéchisme de l'Église catholique, n. 2267, version de 2018[59]

La modification a relancé un débat technique : s'agit-il d'un développement homogène de la doctrine ou d'une rupture avec un enseignement qui admettait la licéité de principe de la peine capitale ? La lettre d'accompagnement du cardinal Ladaria, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, soutient que la nouvelle formulation ne contredit pas l'enseignement antérieur mais en explicite le développement à la lumière de la dignité de la personne.[60]

Traditionis custodes (2021) et la messe traditionnelle

Le 16 juillet 2021, le motu proprio Traditionis custodes restreint fortement l'usage de la messe selon le missel de 1962 (forme « tridentine »), en renversant la libéralisation accordée par Benoît XVI dans Summorum Pontificum (2007). Le texte affirme que les livres liturgiques issus de Vatican II sont désormais l'unique expression de la lex orandi du rite romain, et soumet la célébration de l'ancien missel à l'autorisation de l'évêque.[61]

« Les livres liturgiques promulgués par les saints Pontifes Paul VI et Jean-Paul II, en conformité avec les décrets du Concile Vatican II, sont l'unique expression de la lex orandi du Rite Romain. » — Pape François, motu proprio Traditionis custodes, 16 juillet 2021, art. 1[62]

François justifie la mesure, dans une lettre aux évêques, par une enquête menée auprès de l'épiscopat en 2020, qui aurait montré que l'attachement à l'ancien rite allait souvent de pair avec un rejet de Vatican II et un risque de division.[63] La décision a provoqué une douleur profonde dans les milieux attachés à la liturgie traditionnelle, qui l'ont vécue comme un désaveu de Benoît XVI — alors encore vivant. La question de fond — la place des rites liturgiques catholiques et du mouvement liturgique — déborde le pontificat et relève d'articles propres ; ce qui revient à François, c'est d'avoir voulu réaffirmer l'unité du rite romain au prix d'une fracture avec une partie des fidèles.

Fiducia supplicans (2023) et le refus africain

Le 18 décembre 2023, le Dicastère pour la doctrine de la foi, sous la signature du cardinal Víctor Manuel Fernández et avec l'approbation du pape, publie la déclaration Fiducia supplicans. Elle autorise des bénédictions pastorales, non liturgiques et non ritualisées, pour les personnes vivant en « situation irrégulière » et les couples de même sexe — tout en réaffirmant que le mariage demeure l'union d'un homme et d'une femme, et en interdisant toute confusion avec une bénédiction nuptiale.[64]

« Apparaît la possibilité de bénir les couples en situation irrégulière et les couples de même sexe, sous une forme qui ne doit pas être fixée rituellement par les autorités ecclésiales, afin de ne pas créer de confusion avec la bénédiction propre au sacrement du mariage. » — Déclaration Fiducia supplicans (Dicastère pour la doctrine de la foi), 18 décembre 2023, n. 31[65]

La déclaration a déclenché la plus large contestation collective d'un acte du pontificat. Le 11 janvier 2024, le Symposium des conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar (SCEAM), sous la signature de son président le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, publie une réponse commune de tout le continent : ces bénédictions ne pourront pas être pratiquées en Afrique sans provoquer le scandale et la confusion. Le texte, élaboré en accord avec Rome, maintient la communion avec le pape tout en refusant l'application.[66]

« Le langage de Fiducia supplicans demeure trop subtil pour être compris des gens simples. […] Les conférences épiscopales de toute l'Afrique […] estiment que les bénédictions de couples de même sexe ne peuvent être réalisées en Afrique sans s'exposer à des scandales. » — Cardinal Fridolin Ambongo, au nom du SCEAM, 11 janvier 2024[67]

Quatre décisions débattues — Amoris laetitia, modification du CEC 2267 sur la peine de mort, Traditionis custodes et Fiducia supplicans. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Face au tollé mondial, le Dicastère a dû publier un communiqué de précision le 4 janvier 2024, insistant sur le caractère bref, spontané et non approbateur de ces bénédictions. La doctrine sur le mariage et sur la moralité des actes, elle, demeure inchangée dans le texte — point que l'on retrouve dans le dossier L'Église est-elle homophobe ?.

La réforme de la Curie et du gouvernement de l'Église

Élu en partie sur un mandat de réforme — les cardinaux réunis avant le conclave avaient dénoncé les dysfonctionnements de la Curie —, François a engagé une refonte du gouvernement central de l'Église qui restera l'un des acquis les plus concrets de son règne.

Le Conseil des cardinaux et Praedicate evangelium

Dès le 13 avril 2013, un mois après son élection, François crée un Conseil des cardinaux (d'abord « C8 », puis « C9 ») venu des cinq continents, chargé de l'aider à gouverner et de préparer la réforme de la Curie.[68] Le chantier aboutit, après neuf ans de travail, à la constitution apostolique Praedicate evangelium (« Annoncez l'Évangile »), promulguée le 19 mars 2022 et entrée en vigueur à la Pentecôte 2022, qui remplace Pastor bonus de Jean-Paul II (1988).[69]

La réforme place l'évangélisation au premier rang (le nouveau Dicastère pour l'évangélisation, présidé par le pape, devient le premier de la Curie) et introduit une nouveauté juridique discutée : tout fidèle baptisé, y compris un laïc, homme ou femme, peut être appelé à diriger un dicastère, le pouvoir de gouvernement étant rattaché à la mission canonique reçue du pape et non plus exclusivement au sacrement de l'ordre — point théologiquement débattu.[70]

La réforme des finances vaticanes et le procès Becciu

François a fait de l'assainissement des finances une priorité. Le motu proprio Fidelis dispensator et prudens (24 février 2014) crée le Secrétariat pour l'économie, confié au cardinal George Pell, et un Conseil pour l'économie ; l'« banque du Vatican » (IOR) est réorganisée dans un sens de transparence et de conformité antiblanchiment.[71]

Le volet le plus spectaculaire fut judiciaire. L'affaire de l'achat ruineux d'un immeuble de luxe à Londres (60 Sloane Avenue) par la Secrétairerie d'État aboutit, le 16 décembre 2023, à la condamnation du cardinal Angelo Becciu, ancien « numéro trois » du Saint-Siège, à cinq ans et demi de prison pour détournement de fonds — première fois en cinq siècles qu'un cardinal est jugé au pénal par un tribunal du Vatican, et première fois devant des juges laïcs.[72] Le Vatican estimait ses pertes dans l'opération à plusieurs dizaines, voire centaines de millions d'euros selon les estimations.[73]

La lutte contre les abus sexuels

Le dossier des abus sexuels a marqué tout le pontificat, entre réformes structurelles et erreurs reconnues. François crée en 2014 une Commission pontificale pour la protection des mineurs, présidée par le cardinal Sean O'Malley.[74]

Le tournant est l'affaire chilienne : en janvier 2018, le pape défend publiquement l'évêque Juan Barros, accusé d'avoir couvert le prédateur Fernando Karadima, provoquant un tollé. Après une enquête de Mgr Scicluna, François reconnaît ses erreurs, écrit aux évêques chiliens, les convoque à Rome — et reçoit en mai 2018 la démission collective des trente-quatre évêques en exercice du Chili.[75] En février 2019, il réduit à l'état laïc l'ex-cardinal Theodore McCarrick — première fois qu'un cardinal est ainsi sanctionné pour des abus.[76]

Du 21 au 24 février 2019, François réunit au Vatican un sommet mondial sur la protection des mineurs avec les présidents de toutes les conférences épiscopales. Il en sort le motu proprio Vos estis lux mundi (mai 2019), qui impose à chaque diocèse un système de signalement et engage la responsabilité des évêques, y compris pour la dissimulation ; puis, en décembre 2019, l'abolition du « secret pontifical » sur les cas d'abus, facilitant la coopération avec la justice civile.[77]

Un collège cardinalice mondialisé

Au fil de dix consistoires, François a créé 163 cardinaux (dont 133 électeurs), en privilégiant délibérément les « périphéries » : pour la première fois, des cardinaux de la Dominique, d'Haïti, des Tonga, de Papouasie-Nouvelle-Guinée, du Cap-Vert, de Centrafrique, du Lesotho ou de Mongolie.[78] Ce faisant, il a profondément internationalisé le collège et façonné l'assemblée qui élirait son successeur : la majorité des électeurs du conclave de 2025 avaient été créés par lui.

La synodalité et la place des femmes

Le mot-clef des dernières années est la synodalité — l'idée d'une Église qui « marche ensemble », écoute à tous les niveaux avant de décider. Le Synode sur la synodalité, processus lancé en 2021, culmine en deux assemblées romaines (octobre 2023 et octobre 2024). Innovation majeure : en avril 2023, François autorise des laïcs et des femmes à voter dans l'assemblée synodale — une première pour le Synode des évêques.[79] Le traitement de fond des synodes dans l'histoire de l'Église relève d'un article propre.

Sur la place des femmes, François a multiplié les nominations sans toucher à la réserve du sacerdoce aux hommes. Le motu proprio Spiritus Domini (janvier 2021) ouvre officiellement aux femmes les ministères institués de lectorat et d'acolytat.[80] Il nomme la première femme sous-secrétaire du Synode avec droit de vote (sœur Nathalie Becquart, 2021) et, en 2025, la première femme présidente du Gouvernorat de la Cité du Vatican (sœur Raffaella Petrini).[81] En revanche, la question du diaconat féminin, confiée à deux commissions d'étude successives, est restée non tranchée : François a maintenu que l'ordination des femmes n'était pas envisageable, tout en laissant l'étude ouverte.[82]

La diplomatie d'un pape global

Pasteur autant que chef d'État du plus petit État du monde, François a déployé une diplomatie active, marquée par des gestes d'ouverture spectaculaires et par des controverses sur sa lecture des conflits.

Cuba, Kirill et l'accord avec la Chine

François a joué un rôle de médiateur discret dans le rapprochement entre les États-Unis et Cuba, annoncé le 17 décembre 2014 : il avait écrit personnellement à Barack Obama et à Raúl Castro, et le Vatican avait hébergé les délégations — rôle salué publiquement par les deux présidents.[83]

Le 12 février 2016, à La Havane, il rencontre le patriarche Kirill de Moscou : c'est la première rencontre de l'histoire entre un pape de Rome et un patriarche de Moscou, geste œcuménique majeur vers l'orthodoxie russe.[84] Plus contesté, l'accord provisoire de 2018 avec la Chine sur la nomination des évêques, renouvelé en 2020, 2022 et 2024 : ses partisans y voient une voie pragmatique pour l'Église en Chine ; ses critiques — dont le magazine jésuite américain America dans son édition du 22 octobre 2024 — y voient une concession au régime, affirmant que Rome n'aurait jamais exercé son droit de veto sur des nominations imposées par Pékin. Le Saint-Siège répond que l'accord vise le bien pastoral des catholiques chinois et que la décision finale sur les nominations appartient au pape.[85]

Le voyage en Irak et la fraternité avec l'islam

Du 5 au 8 mars 2021, François réalise le premier voyage papal de l'histoire en Irak, malgré la guerre et la pandémie. Le 6 mars, à Najaf, il rencontre le grand ayatollah Ali al-Sistani, plus haute autorité du chiisme irakien — première rencontre d'un pape avec un grand ayatollah.[86] Le voyage prolonge le geste d'Abou Dhabi (2019) et la signature du Document sur la fraternité humaine : le dialogue avec l'islam fut l'une des constantes du pontificat.

L'Ukraine et les limites de la « neutralité »

L'invasion russe de l'Ukraine, en 2022, a mis à l'épreuve la diplomatie pontificale. Fidèle à la neutralité traditionnelle du Saint-Siège, François a multiplié les appels à la paix, mais certaines de ses formules — l'OTAN qui « aboie aux portes de la Russie », ou, en mars 2024, l'évocation du « courage du drapeau blanc » pour appeler l'Ukraine à négocier — ont provoqué l'indignation à Kiev, qui y voyait une équivalence injuste entre l'agresseur et l'agressé. Le Vatican a précisé que « négocier n'est jamais se rendre ».[87] L'épisode illustre la difficulté — relevée notamment par Kiev — d'une diplomatie de la paix perçue comme hésitant à désigner clairement l'agresseur.[88]

La diplomatie des périphéries — 47 voyages internationaux, 68 pays, et quelques jalons emblématiques du pontificat. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Au total, François aura effectué 47 voyages internationaux dans 68 pays, du tout premier déplacement à Lampedusa (2013) au plus long voyage du pontificat, en Asie-Océanie (Indonésie, Papouasie, Timor oriental, Singapour) en septembre 2024 — complétant la visite de tous les continents.[89]

La maladie, la mort et la postérité

Les dernières années

La santé de François s'est dégradée à partir de 2021. En juillet de cette année-là, il subit une opération du côlon au Gemelli (ablation d'environ 33 cm d'intestin).[90] À partir de 2022, des douleurs au genou le contraignent au fauteuil roulant. Au 14 février 2025, il est hospitalisé pour une pneumonie bilatérale sévère ; le séjour, de trente-huit jours, le mène au bord de la mort avant une sortie le 23 mars 2025.[91]

La mort, le lundi de Pâques 2025

Le dimanche de Pâques 20 avril 2025, affaibli, François paraît une dernière fois à la loggia de Saint-Pierre pour souhaiter « Joyeuses Pâques » et donner sa bénédiction. Le lendemain, lundi de Pâques 21 avril 2025, il meurt à la résidence Sainte-Marthe, à l'âge de 88 ans. Le Vatican attribue le décès à un accident vasculaire cérébral suivi d'un collapsus cardio-circulatoire irréversible, sur un terrain déjà fragilisé.[92]

« Ce matin, à 7 h 35, l'Évêque de Rome, François, est retourné à la maison du Père. Toute sa vie a été consacrée au service du Seigneur et de son Église. » — Cardinal Kevin Farrell, camerlingue, annonce du décès, 21 avril 2025[93]

Sainte-Marie-Majeure, hors les murs du Vatican

Sainte-Marie-Majeure — façade de la basilique romaine où François a voulu être inhumé, près de l'icône Salus Populi Romani. Photo Diego Delso, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Fidèle à un testament rédigé dès 2022, François a voulu être inhumé non dans les grottes vaticanes, mais à la basilique Sainte-Marie-Majeure, devant l'icône mariale Salus Populi Romani qu'il vénérait avant et après chaque voyage. Sa tombe, marquée du seul mot Franciscus, fait de lui le premier pape enterré hors de la Cité du Vatican depuis Léon XIII (1903).[94] Les funérailles, le 26 avril 2025, simplifiées selon ses volontés (cercueil de bois unique, sans catafalque surélevé), rassemblent environ 250 000 personnes et de nombreux chefs d'État place Saint-Pierre.[95]

Léon XIV, l'héritier

Le conclave réuni en mai 2025 — composé en grande majorité de cardinaux qu'il avait créés — élit, au quatrième tour de scrutin, le 8 mai 2025, le cardinal Robert Francis Prevost, augustinien né à Chicago et longtemps missionnaire puis évêque au Pérou. Il prend le nom de Léon XIV — premier pape des États-Unis et premier augustinien.[96] Le choix d'un homme connaissant à la fois la Curie (il dirigeait le Dicastère pour les évêques) et les périphéries missionnaires fut largement lu comme un gage de continuité dans l'équilibre.

Comment lire le pontificat de François

Douze ans après le balcon du « bout du monde », le bilan du pontificat échappe aux résumés partisans. François restera comme le pape de la miséricorde, de l'Église en sortie et du souci des plus pauvres, qui a ouvert l'Église aux dimensions du monde, réformé sa Curie et ses finances, et affronté de front la crise des abus. Il restera aussi comme le pape dont certains actes — Amoris laetitia, Traditionis custodes, Fiducia supplicans — ont nourri de profondes divisions internes sur la frontière entre miséricorde pastorale et clarté doctrinale.

La réponse catholique à ces tensions n'est ni le rejet de sa légitimité — le sédévacantisme et le bénévacantisme, qui prétendent que François ne fut pas un vrai pape, sont des impasses doctrinales —, ni la dissolution du dogme sous prétexte de pastorale. Elle est la lecture des actes d'un pape légitime dans l'herméneutique de la continuité chère à son prédécesseur : recevoir ce qui est conforme à la foi reçue, distinguer la discipline réformable de la doctrine immuable, et tenir que l'indissolubilité du mariage, la vérité sur le mariage et la morale demeurent, dans les textes mêmes, intactes. C'est à l'Église, sous Léon XIV et ses successeurs, qu'il revient de recevoir et d'interpréter durablement cet héritage contrasté.

Pour aller plus loin

  • Le pape Benoît XVI — son prédécesseur, dont la renonciation de 2013 ouvre le conclave, et dont François a voulu prolonger l'« herméneutique de la continuité ».
  • Le pape Léon XIV — son successeur, premier pape des États-Unis, élu en mai 2025 par le collège que François avait renouvelé.
  • Le pape saint Jean-Paul II — qui créa Bergoglio cardinal en 2001, et dont Familiaris consortio sert de référence au débat sur Amoris laetitia.
  • Le concile Vatican II — la référence constante de Traditionis custodes et l'horizon revendiqué du pontificat.
  • Que penser de l'écologie ? — le dossier de fond derrière l'encyclique Laudato si'.
  • L'Église en Amérique latine — le terreau ecclésial dont est issu le premier pape du continent.
  • L'Église est-elle homophobe ? — pour situer Fiducia supplicans et le « qui suis-je pour juger ? » dans la doctrine catholique sur l'homosexualité.
  • Les synodes dans l'histoire de l'Église — pour comprendre la portée du Synode sur la synodalité.
  • Le sédévacantisme — la thèse, réfutée, du « siège vacant », ravivée par les crispations du pontificat.

Notes et références

  1. Biographie officielle du Saint-Siège, « Jorge Mario Bergoglio », vatican.va (rubrique biographie du pape François) — naissance le 17 décembre 1936 à Buenos Aires d'une famille piémontaise, diplôme de technicien chimiste, entrée au noviciat de la Compagnie de Jésus le 11 mars 1958, ordination sacerdotale le 13 décembre 1969, provincial des jésuites d'Argentine de 1973 à 1979, évêque auxiliaire de Buenos Aires en 1992, archevêque en 1998, cardinal le 21 février 2001, élu pape le 13 mars 2013, début du ministère le 19 mars 2013. URL : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/biography/documents/papa-francesco-biografia-bergoglio.html

    1 14 17 18 19 20 24 32
  2. « 2013 papal conclave », Wikipédia (recoupé avec la presse et vatican.va) — renonciation de Benoît XVI annoncée le 11 février 2013, effective le 28 février 2013 ; conclave ouvert le 12 mars 2013 avec 115 cardinaux électeurs (majorité requise 77) ; élection de Jorge Mario Bergoglio au cinquième scrutin le 13 mars 2013, fumée blanche à 19 h 06 ; 266ᵉ pape, âgé de 76 ans ; messe d'inauguration le 19 mars 2013. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/2013_papal_conclave

    2 3 29 31 33
  3. « Pape François » / « Pope Francis », Wikipédia (encyclopédie en ligne, recoupée avec la biographie vaticane et la presse) — provincial des jésuites à 36 ans pendant la dictature argentine et controverses afférentes (témoignage d'Adolfo Pérez Esquivel), réputation d'archevêque austère (métro, bidonvilles, curas villeros), voix recueillies au conclave de 2005 ; premier pape jésuite, premier pape des Amériques et de l'hémisphère Sud, premier pape né hors d'Europe depuis Grégoire III (mort en 741). URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_(pape)

    4 13 21 22 23 25 28 30 38
  4. Pape François, Discours aux représentants des médias, Salle Paul VI, 16 mars 2013 (texte officiel sur vatican.va) — récit du mot du cardinal Cláudio Hummes (« N'oublie pas les pauvres ! ») et du choix du nom François en référence à saint François d'Assise, « l'homme de la pauvreté, l'homme de la paix, l'homme qui aime et protège la création » ; vœu « comme je voudrais une Église pauvre et pour les pauvres ! ». Texte original italien : « E lui mi abbracciò, mi baciò e mi disse: "Non dimenticarti dei poveri!" […] Ah, come vorrei una Chiesa povera e per i poveri! ». URL : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2013/march/documents/papa-francesco_20130316_rappresentanti-media.html

    5 34 35 37 39
  5. Pape François, exhortation apostolique Evangelii gaudium, 24 novembre 2013 (texte officiel français sur vatican.va) — programme du pontificat : « Église en sortie », n. 49 (« je préfère une Église accidentée […] plutôt qu'une Église malade de la fermeture ») ; critique de l'économie, n. 53 (« une telle économie tue »). URL : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html

    6 15 16 45 46
  6. Cardinaux W. Brandmüller, R. Burke, C. Caffarra et J. Meisner, lettre des cinq dubia sur Amoris laetitia adressée au pape le 19 septembre 2016, rendue publique le 14 novembre 2016 (texte diffusé par le cardinal Burke ; recoupé presse catholique) — demande d'une réponse par oui ou par non sur la conformité de la note 351 à Familiaris consortio (n. 84) de Jean-Paul II. François n'a pas répondu formellement, mais a approuvé comme « interprétation authentique » les directives des évêques de la région pastorale de Buenos Aires, publiées aux Acta Apostolicae Sedis (2017).

    7 56 57
  7. Pape François, motu proprio Traditionis custodes et Lettre aux évêques d'accompagnement, 16 juillet 2021 (textes officiels sur vatican.va) — restriction de l'usage du missel de 1962, renversant Summorum Pontificum (2007) ; art. 1 (« les livres liturgiques promulgués par les saints Pontifes Paul VI et Jean-Paul II […] sont l'unique expression de la lex orandi du Rite Romain ») ; justification par une enquête menée auprès des évêques en 2020. URL : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/motu_proprio/documents/20210716-motu-proprio-traditionis-custodes.html

    8 61 62 63
  8. Déclaration Fiducia supplicans du Dicastère pour la doctrine de la foi, signée par le cardinal Víctor Manuel Fernández et approuvée par le pape François, 18 décembre 2023 (texte officiel français sur vatican.va) — possibilité de bénédictions pastorales, non liturgiques et non ritualisées, pour les couples « en situation irrégulière » et de même sexe, n. 31 ; réaffirmation de la doctrine sur le mariage ; communiqué de précision du Dicastère le 4 janvier 2024. URL : https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_ddf_doc_20231218_fiducia-supplicans_fr.html

    9 64 65
  9. « Décès du pape François », déclaration du cardinal camerlingue Kevin Farrell et de la Salle de presse du Saint-Siège (Matteo Bruni), 21 avril 2025 (press.vatican.va), recoupée avec la presse (Al Jazeera, BBC) — mort le lundi de Pâques 21 avril 2025 à la résidence Sainte-Marthe, à 88 ans, à la suite d'un accident vasculaire cérébral suivi d'un collapsus cardio-circulatoire irréversible ; dernière apparition publique le dimanche de Pâques 20 avril 2025. URL : https://press.vatican.va/content/salastampa/en/bollettino/pubblico/2025/04/21/250421a.html

    10 92 93
  10. « Tombe de François à Sainte-Marie-Majeure », presse de référence (USCCB, Vatican News) — testament exprimant le souhait d'être inhumé à la basilique Sainte-Marie-Majeure, devant l'icône Salus Populi Romani, dans une tombe portant le seul mot « Franciscus » ; premier pape enterré hors de la Cité du Vatican depuis Léon XIII (1903). URL : https://www.usccb.org/news/2025/poor-welcome-popes-casket-st-mary-major-where-simple-tomb-ready

    11 94
  11. « Conclave de 2025 et élection de Léon XIV », presse de référence (CNN, NCR, Wikipédia « 2025 conclave » et « Pope Leo XIV ») — conclave des 7 et 8 mai 2025 ; sur 135 cardinaux électeurs, 133 participants ; élection au quatrième scrutin, le 8 mai 2025, du cardinal Robert Francis Prevost, augustinien né à Chicago et ancien évêque de Chiclayo (Pérou), qui prend le nom de Léon XIV ; premier pape des États-Unis et premier augustinien, 267ᵉ successeur de saint Pierre ; messe d'inauguration le 18 mai 2025. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Leo_XIV

    12 96
  12. Camille Burette, Pluie de roses. Les plus beaux miracles de Thérèse de Lisieux, Éditions de l'Emmanuel, 2023, p. 190-191. L'histoire de la neuvaine à la rose du père Anton Puntigam et son texte figurent p. 188-190 ; le passage consacré au pape François commence p. 191, où ses paroles sur la rose blanche sont citées d'après Austen Ivereigh, François le réformateur, Paris, Emmanuel, 2017, p. 432-433, et le récit de Federico Wals, responsable du bureau de presse de l'archevêché de Buenos Aires, se termine p. 192. Burette cite la fin de ces paroles sous la forme « je reçois toujours une rose blanche » ; dans l'original espagnol des entretiens El Jesuita, de Sergio Rubin et Francesca Ambrogetti, Bergoglio dit la recevoir « casi siempre », c'est-à-dire « presque toujours » (Vatican News, avril 2025), URL : https://www.vaticannews.va/es/papa/news/2025-04/sobre-el-feretro-el-simbolo-de-teresita-que-lo-escucho.html ; Federico Wals a aussi raconté l'épisode du 7 août 2010 au quotidien bolivien El Deber, avec des répliques un peu différentes, l'inconnu y annonçant lui-même au cardinal le signe attendu (ACI Prensa, 2 juin 2015), URL : https://www.aciprensa.com/noticias/55746/los-pequenos-milagros-que-acompanan-la-devocion-del-papa-por-santa-teresita-de-lisieux ; pour le passage complet, avec la suite de l’épisode p. 192 : Camille Burette, Pluie de roses. Les plus beaux miracles de Thérèse de Lisieux, Éditions de l’Emmanuel, Paris, 2023, p. 190-192 ; note p. 191 renvoyant à Austen Ivereigh, François le réformateur, Emmanuel, 2017, p. 432-433.

    26 27
  13. Pape François, Bénédiction Urbi et Orbi, loggia de la basilique Saint-Pierre, 13 mars 2013 (texte officiel sur vatican.va) — premiers mots du pontificat : « Frères et sœurs, bonsoir ! », évocation du « devoir du Conclave » et de l'Évêque allé chercher « presque au bout du monde ». Texte original italien : « Fratelli e sorelle, buonasera! […] Sembra che i miei fratelli Cardinali siano andati a prenderlo quasi alla fine del mondo. » URL : https://www.vatican.va/content/francesco/it/speeches/2013/march/documents/papa-francesco_20130313_benedizione-urbi-et-orbi.html

    36
  14. Pape François, Conférence de presse dans l'avion de retour des JMJ de Rio de Janeiro, 28 juillet 2013 (texte officiel sur vatican.va) — « Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? ». Texte original italien : « Se una persona è gay e cerca il Signore e ha buona volontà, ma chi sono io per giudicarla? ». URL : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2013/july/documents/papa-francesco_20130728_gmg-conferenza-stampa.html

    40
  15. Pape François, Homélie lors de la visite à Lampedusa, 8 juillet 2013 (texte officiel sur vatican.va) — premier déplacement du pontificat hors de Rome, en mémoire des migrants morts en Méditerranée ; dénonciation de la « mondialisation de l'indifférence ». URL : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/homilies/2013/documents/papa-francesco_20130708_omelia-lampedusa.html

    41
  16. Pape François, Moment de prière extraordinaire en temps d'épidémie, parvis de la basilique Saint-Pierre, 27 mars 2020 (texte officiel sur vatican.va) — méditation sur la tempête apaisée (Mc 4) devant une place Saint-Pierre déserte, suivie d'une bénédiction Urbi et Orbi avec indulgence plénière. URL : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/homilies/2020/documents/papa-francesco_20200327_omelia-epidemia.html

    42
  17. Pape François, encyclique Lumen fidei, 29 juin 2013, n. 7 (texte officiel français sur vatican.va) — reconnaissance que Benoît XVI avait « presque achevé une première rédaction » de l'encyclique sur la foi, complétant sa trilogie sur les vertus théologales (Deus caritas est, Spe salvi). URL : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20130629_enciclica-lumen-fidei.html

    43 44
  18. Pape François, encyclique Laudato si', 24 mai 2015 (texte officiel français sur vatican.va) — « sur la sauvegarde de la maison commune » ; écologie intégrale, n. 139 (« une seule et complexe crise socio-environnementale »). URL : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si.html

    47 48
  19. Pape François, exhortation apostolique Laudate Deum, 4 octobre 2023 (texte officiel sur vatican.va) — relance et durcissement de l'appel climatique de Laudato si', adressée « à toutes les personnes de bonne volonté ». URL : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/20231004-laudate-deum.html

    49
  20. Pape François, encyclique Fratelli tutti, signée le 3 octobre 2020 sur le tombeau de saint François à Assise, publiée le 4 octobre 2020 (texte officiel français sur vatican.va) — « sur la fraternité et l'amitié sociale » ; première encyclique signée hors de Rome ; parabole du bon Samaritain comme clef de lecture. URL : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html

    50
  21. Pape François et grand imam Ahmad al-Tayyeb, Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune, Abou Dhabi, 4 février 2019 (texte officiel sur vatican.va) — fondement interreligieux explicitement cité par Fratelli tutti ; controverse théologique sur la formule relative à la « diversité des religions » voulue par Dieu, précisée ultérieurement comme volonté permissive. URL : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/travels/2019/outside/documents/papa-francesco_20190204_documento-fratellanza-umana.html

    51
  22. Pape François, encyclique Dilexit nos, 24 octobre 2024 (texte officiel français sur vatican.va) — « sur l'amour humain et divin du Cœur de Jésus-Christ » ; quatrième et dernière encyclique, pour le 350ᵉ anniversaire des apparitions du Sacré-Cœur à sainte Marguerite-Marie Alacoque (Paray-le-Monial). URL : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/20241024-enciclica-dilexit-nos.html

    52
  23. Pape François, exhortation apostolique post-synodale Amoris laetitia, 19 mars 2016 (texte officiel français sur vatican.va) — chapitre VIII (« Accompagner, discerner et intégrer la fragilité »), n. 305 sur les facteurs atténuants, et note 351 (« Dans certains cas, il peut s'agir aussi de l'aide des sacrements »). URL : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20160319_amoris-laetitia.html

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  24. Rescrit de modification du Catéchisme de l'Église catholique, n. 2267, approuvé par le pape François le 11 mai 2018 et publié le 1ᵉʳ août 2018, accompagné d'une Lettre aux évêques du cardinal Luis Ladaria, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (textes sur vatican.va) — la peine de mort déclarée « inadmissible » ; la lettre soutient un développement homogène de la doctrine, sans contradiction avec l'enseignement antérieur. URL : https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20180801_catechismo-penadimorte_fr.html

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  25. Cardinal Fridolin Ambongo Besungu, au nom du Symposium des conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar (SCEAM), synthèse des conférences épiscopales africaines sur Fiducia supplicans, 11 janvier 2024 (Vatican News, fr) — refus continental d'appliquer les bénédictions des couples de même sexe au nom du risque de scandale et de confusion, tout en maintenant la communion avec le pape ; texte élaboré en accord avec Rome. URL : https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2024-01/ambongo-message-sceam-fiducia-supplicans.html

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  26. « Conseil des cardinaux », Wikipédia (recoupé avec Vatican News) — création informelle le 13 avril 2013, officialisée par chirographe le 28 septembre 2013 ; groupe de huit cardinaux des cinq continents (« C8 », puis « C9 » après l'entrée du secrétaire d'État Pietro Parolin) chargé d'assister le pape et de préparer la réforme de la Curie. URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_des_cardinaux

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  27. Pape François, constitution apostolique Praedicate evangelium, 19 mars 2022, entrée en vigueur le 5 juin 2022 (texte officiel français sur vatican.va) — réforme de la Curie remplaçant Pastor bonus (1988) ; primat du Dicastère pour l'évangélisation présidé par le pape ; possibilité pour tout fidèle baptisé, y compris laïc, de diriger un dicastère. URL : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_constitutions/documents/20220319-costituzione-ap-praedicate-evangelium.html

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  28. Motu proprio Fidelis dispensator et prudens, 24 février 2014 (vatican.va), et littérature de presse associée (Vatican News, Zenit) — création du Secrétariat pour l'économie (premier préfet : cardinal George Pell, 2014-2019) et du Conseil pour l'économie ; réorganisation de l'IOR (Institut pour les œuvres de religion) dans un sens de transparence et de conformité antiblanchiment. URL : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/motu_proprio/documents/papa-francesco-motu-proprio_20140224_fidelis-dispensator-et-prudens.html

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  29. « Procès financier du Vatican / immeuble de Londres », presse de référence (America Magazine, cath.ch, Reuters) — verdict du tribunal de la Cité du Vatican le 16 décembre 2023 condamnant le cardinal Angelo Becciu à 5 ans et 6 mois de prison pour détournement de fonds, à l'issue d'un procès ouvert en juillet 2021 ; première fois en environ cinq siècles qu'un cardinal est jugé au pénal par un tribunal vatican, et première fois devant des juges laïcs ; pertes estimées par le Saint-Siège à plusieurs dizaines de millions d'euros selon les estimations. URL : https://www.americamagazine.org/faith/2023/12/16/vatican-sentence-cardinal-becciu-prison-financial-crime-246743

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  30. « Commission pontificale pour la protection des mineurs », Vatican News et vatican.va — créée en 2014, présidée par le cardinal Sean Patrick O'Malley, archevêque de Boston ; organe consultatif chargé de promouvoir les bonnes pratiques de prévention et de protection des mineurs et personnes vulnérables.

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  31. « Crise des abus au Chili (Karadima / Barros) », presse de référence (France 24, Radio-Canada, Vatican News, 2018) — défense initiale de l'évêque Juan Barros par François en janvier 2018, tollé, enquête de Mgr Charles Scicluna, reconnaissance des erreurs par le pape, lettre aux évêques chiliens, puis démission collective des 34 évêques chiliens en exercice en mai 2018. URL : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1101863/demission-eveques-chiliens-pape-francois-scandale-pedophilie

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  32. « Theodore McCarrick réduit à l'état laïc », Vatican News, 16 février 2019 — décret de la Congrégation pour la doctrine de la foi réduisant l'ex-cardinal Theodore McCarrick, ancien archevêque de Washington, à l'état laïc pour abus sexuels sur mineurs et adultes avec abus de pouvoir ; première fois dans l'histoire qu'un cardinal est ainsi sanctionné. URL : https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2019-02/saint-siege-vatican-abus-mccrarrick-cardinal-americain.html

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  33. Pape François, motu proprio Vos estis lux mundi, 7 mai 2019 (vatican.va), et abolition du « secret pontifical », rescrit du 4 décembre 2019 — sommet mondial sur la protection des mineurs au Vatican du 21 au 24 février 2019 ; normes universelles de signalement, responsabilité des évêques y compris pour la dissimulation, protection des lanceurs d'alerte ; abolition du secret pontifical sur les cas d'abus, facilitant la coopération avec la justice civile. URL : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/motu_proprio/documents/papa-francesco-motu-proprio-20190507_vos-estis-lux-mundi.html

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  34. « Liste des cardinaux créés par François », Wikipédia (recoupé avec Vatican News) — 163 cardinaux créés (dont 133 électeurs) au cours de 10 consistoires ordinaires, avec une internationalisation marquée vers les « périphéries » (Dominique, Haïti, Tonga, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Cap-Vert, Centrafrique, Lesotho, Mongolie, etc.) ; majorité des électeurs du conclave de 2025 créés par lui. URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_cardinaux_cr%C3%A9%C3%A9s_par_Fran%C3%A7ois

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  35. « Synode sur la synodalité », vatican.va et Vatican News — XVIᵉ Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques (« Pour une Église synodale : communion, participation, mission »), processus lancé en 2021, assemblées romaines d'octobre 2023 et octobre 2024 ; autorisation, en avril 2023, du droit de vote pour des laïcs et des femmes, première pour le Synode des évêques ; document final adopté le 26 octobre 2024, fait sien par le pape sans exhortation post-synodale distincte. URL : https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2022-10/le-pape-annonce-deux-sessions-du-synode-sur-la-synodalite.html

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  36. Pape François, motu proprio Spiritus Domini, 10 janvier 2021 (texte officiel sur vatican.va) — modification du canon 230 § 1 ouvrant officiellement aux femmes les ministères institués du lectorat et de l'acolytat, de manière stable et mandatée. URL : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/motu_proprio/documents/papa-francesco-motu-proprio-20210110_spiritus-domini.html

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  37. « Femmes dans la Curie sous François », Vatican News et Study Commission on the Women's Diaconate (Wikipédia) — sœur Nathalie Becquart nommée sous-secrétaire du Synode des évêques avec droit de vote (6 février 2021), sœur Raffaella Petrini nommée présidente du Gouvernorat de la Cité du Vatican (effectif le 1ᵉʳ mars 2025), premières historiques ; deux commissions d'étude sur le diaconat féminin (2016 et 2020) restées sans conclusion positive, François maintenant que l'ordination des femmes n'est pas envisageable. URL : https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2025-02/gouvernorat-s-ur-raffaella-petrini-officiellement-nommee.html

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  38. « Rôle du Vatican dans le dégel États-Unis / Cuba », presse de référence (TIME, 17 décembre 2014) — François a écrit personnellement à Barack Obama et à Raúl Castro et a fait héberger les délégations des deux pays par le Vatican à l'automne 2014 ; rôle salué publiquement par les deux présidents lors de l'annonce de la normalisation le 17 décembre 2014. URL : https://time.com/3637901/pope-francis-cuba-obama/

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  39. « Déclaration commune du pape François et du patriarche Kirill », La Havane, 12 février 2016 (texte sur vatican.va ; recoupé presse) — première rencontre de l'histoire entre un pape de Rome et un patriarche de Moscou, à l'aéroport de La Havane ; déclaration commune en 30 points soulignant la tradition du premier millénaire sans résoudre les divergences doctrinales. URL : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2016/february/documents/papa-francesco_20160212_dichiarazione-comune-kirill.html

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  40. « Accord provisoire Saint-Siège / Chine sur la nomination des évêques », Vatican News et America Magazine — signé en septembre 2018, renouvelé en 2020, 2022 et, pour quatre ans, le 22 octobre 2024 ; mécanisme de présentation des candidats par Pékin et validation par Rome, le pape conservant en théorie le dernier mot ; critiques sur l'absence d'exercice du droit de veto face à des nominations unilatérales chinoises. URL : https://www.americamagazine.org/faith/2024/10/22/vatican-china-bishops-agreement-renew-pope-francis-249087

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  41. « Voyage apostolique en Irak (5-8 mars 2021) », vatican.va et presse de référence (America Magazine, Al Jazeera) — premier voyage papal de l'histoire en Irak ; rencontre privée avec le grand ayatollah Ali al-Sistani à Najaf le 6 mars 2021, première rencontre d'un pape avec un grand ayatollah ; appel à la coexistence et à l'égalité des droits pour les chrétiens d'Irak. URL : https://www.americamagazine.org/faith/2021/03/06/pope-francis-iraq-visit-shia-ayatollah-sistani-najaf-ur-240169

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  42. « François, la guerre en Ukraine et le "drapeau blanc" », presse de référence (CBS News, Washington Post, Al Jazeera, mars 2024) — entretien à la télévision suisse RSI (mars 2024) évoquant le « courage du drapeau blanc » pour appeler à la négociation ; indignation du ministre ukrainien Dmytro Kuleba ; mise au point du Vatican (Matteo Bruni) selon laquelle « négocier n'est jamais se rendre ». URL : https://www.cbsnews.com/news/pope-francis-ukraine-courage-of-the-white-flag/

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  43. « Bilan des voyages apostoliques de François », Vatican News (avril 2025) et Rome Reports — 47 voyages internationaux dans 68 pays, du premier déplacement à Lampedusa (8 juillet 2013) au plus long voyage du pontificat en Asie-Océanie (Indonésie, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Timor oriental, Singapour, 2-13 septembre 2024) ; environ 469 770 km parcourus. URL : https://www.vaticannews.va/en/pope/news/2025-04/pope-francis-pilgrim-apostolic-journeys-jesus-closeness.html

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  44. « Opération du côlon du pape François (juillet 2021) », Catholic News Agency et presse de référence — hospitalisation à la polyclinique Gemelli le 4 juillet 2021 ; ablation d'environ 33 cm du côlon pour une sténose diverticulaire, sous anesthésie générale, par le chirurgien Sergio Alfieri ; séjour d'environ dix jours. URL : https://www.catholicnewsagency.com/news/248263/updated-pope-francis-well-after-surgery-on-colon-for-diverticulitis

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  45. « Hospitalisation de février-mars 2025 », USCCB et America Magazine — hospitalisation au Gemelli à partir du 14 février 2025, diagnostic de pneumonie bilatérale et infection respiratoire polymicrobienne, crise respiratoire sévère et légère insuffisance rénale ; séjour de 38 jours, sortie le 23 mars 2025. URL : https://www.usccb.org/news/2025/pope-diagnosed-bilateral-pneumonia

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  46. « Funérailles du pape François », presse de référence (NPR, Wikipédia « Death and funeral of Pope Francis ») — messe de Requiem sur la place Saint-Pierre le 26 avril 2025, environ 250 000 personnes et de nombreux chefs d'État ; rites funéraires simplifiés selon les volontés du défunt (cercueil de bois unique, sans catafalque surélevé) avant l'inhumation à Sainte-Marie-Majeure. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Death_and_funeral_of_Pope_Francis

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