Le 19 mars, en plein milieu du Carême, l'Église catholique célèbre avec une solennité l'un des saints les plus silencieux de l'Évangile : saint Joseph, l'époux de la Vierge Marie et le père nourricier de Jésus[1]. C'est la principale des deux fêtes qui lui sont consacrées dans le calendrier romain, l'autre étant celle de saint Joseph artisan, le 1er mai[2].
Cette date ne doit rien au hasard : elle honore celui à qui Dieu a confié les commencements du salut, Jésus enfant et sa Mère, et que Pie IX a pour cela déclaré patron de l'Église universelle le 8 décembre 1870[3]. Le 19 mars est ainsi une fête de la paternité vigilante : celle d'un charpentier de Nazareth qui n'a laissé aucune parole dans les Évangiles, mais dont chaque acte — prendre Marie chez lui, fuir en Égypte, chercher l'enfant perdu — a gardé le Christ[4].
Le présent article traite de la fête liturgique : d'où vient la date du 19 mars, comment elle est devenue une solennité, ce que l'on célèbre et chante ce jour-là, et ce qui se passe quand le 19 mars tombe un dimanche ou en Semaine sainte. Pour le sens du patronage sur l'Église, voir l'article spécialisé Pourquoi Joseph est-il patron de l'Église ? ; pour la vie intérieure de Joseph, voir Comment saint Joseph a-t-il vécu dans la Divine Volonté.
Qui est fêté le 19 mars ?
L'époux de Marie dans les Évangiles
Tout ce que l'Église sait de certain sur saint Joseph tient dans quelques chapitres de Matthieu (chapitres 1 et 2) et de Luc (chapitre 2)[5]. Joseph est de la maison de David : c'est par lui, et par son mariage avec Marie, que Jésus est juridiquement rattaché à la lignée davidique, accomplissant la promesse faite à David d'une dynastie éternelle[6]. L'Évangile le présente comme un « homme juste » qui, découvrant la grossesse de Marie avant leur vie commune, décide de la répudier en secret pour ne pas la diffamer[7].
C'est alors que tout bascule, dans un songe :
« Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint. »[8]
Joseph obéit sans un mot : il prend Marie chez lui, accueille l'enfant, puis, averti de nouveau en songe, fuit en Égypte pour soustraire Jésus à Hérode, avant de revenir s'installer à Nazareth[9]. Douze ans plus tard, c'est encore lui qui, avec Marie, cherche l'enfant resté au Temple de Jérusalem et le ramène à Nazareth, où Jésus leur est soumis[10]. Après cet épisode, Joseph disparaît du récit évangélique : les Évangiles ne rapportent ni sa mort ni aucune de ses paroles, et la tradition y voit le signe qu'il s'est éteint avant le ministère public de Jésus, entre les bras de Jésus et de Marie — d'où son titre de patron de la bonne mort[11].
Ce que cette fête n'est pas
Le 19 mars célèbre Joseph époux de Marie, dans le mystère de l'enfance du Christ. Il ne faut pas le confondre avec deux célébrations voisines[12]. D'abord la fête de saint Joseph artisan, le 1er mai, instituée par Pie XII en 1955 pour donner un patron céleste au monde du travail : elle honore le travailleur, là où le 19 mars honore l'époux et le père[13]. Ensuite la fête de la Sainte Famille, célébrée le dimanche après Noël, qui contemple ensemble Jésus, Marie et Joseph : le 19 mars, lui, s'attache à la personne de Joseph et à sa mission propre[14].
D'où vient la date du 19 mars ?
Un culte tardif en Occident
Saint Joseph est l'un des saints dont le culte liturgique est le plus tardif en Occident[15]. Pendant plus d'un millénaire, l'Église d'Orient comme celle d'Occident honorent surtout les martyrs, les apôtres et Marie ; le « silence » de Joseph dans les Évangiles se prolonge en quelque sorte dans la liturgie. Les premiers calendriers occidentaux qui inscrivent son nom au 19 mars datent du Xe siècle, et la dévotion semble avoir germé d'abord en Égypte avant de remonter vers l'Occident[16].
Au début du XIVe siècle, les Servites de Marie sont parmi les premiers à observer sa fête au 19 mars, jour tenu par la tradition pour celui de sa mort[17]. Mais à cette époque, rien n'est encore fixé pour l'ensemble de l'Église : la fête reste locale, portée par des ordres religieux et des dévotions régionales.
Le tournant du XVe siècle
Le grand basculement vient d'une poignée de théologiens et de saints qui, autour de 1400, se font les avocats du charpentier de Nazareth[18]. Le chancelier de l'université de Paris Jean Gerson (1363-1429) compose dès 1400 un office des Fiançailles de Joseph et Marie et plaide sa cause avec toute son autorité, notamment au concile de Constance en 1414[19]. À ses côtés, le cardinal Pierre d'Ailly (1351-1420) et le franciscain saint Bernardin de Sienne (1380-1444), le grand prédicateur du Nom de Jésus, portent la même conviction : celui que Dieu a établi gardien de ses plus grands trésors mérite une fête à la mesure de sa mission[20].
Leurs efforts sont récompensés sous le pontificat de Sixte IV (1471-1484) : vers 1479-1480, la fête de saint Joseph au 19 mars entre dans le calendrier de Rome[21]. Les sources hésitent d'une année sur l'autre — 1479 ou 1480 — mais s'accordent sur l'essentiel : c'est Sixte IV qui donne à Joseph sa place officielle dans la liturgie romaine, d'abord à un rang modeste de fête simple[22].
L'extension à toute l'Église
À partir de Rome, la dévotion gagne rapidement en dignité, au rythme exact de sa popularité[23]. Élevée au rite double sous Innocent VIII (1484-1492), elle est portée au XVIe siècle par les missionnaires qui l'étendent à l'Église universelle, et par la grande mystique carmélite sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), qui en devient l'infatigable propagatrice et place sa première fondation d'Avila, en 1562, sous le nom de Saint-Joseph[24].
Le pas décisif est franchi en 1621 : Grégoire XV fait du 19 mars une fête de précepte pour toute l'Église[25]. Le rang continue ensuite de monter — double de seconde classe sous Clément XI (1700-1721) — et Benoît XIII inscrit en 1726 le nom de Joseph dans les litanies des saints[26]. En deux siècles et demi, le charpentier sans parole des Évangiles est ainsi devenu l'un des saints les plus fêtés de la chrétienté.
- Xe sièclePremiers calendriers
Plusieurs calendriers occidentaux inscrivent déjà le nom de Joseph au 19 mars ; la dévotion a germé d'abord en Égypte[27].
- Début du XIVe siècleLes Servites
L'ordre des Servites de Marie observe la fête de saint Joseph au 19 mars, jour tenu pour celui de sa mort[28].
- 1400-1414Gerson et Constance
Jean Gerson compose un office des Fiançailles de Joseph et Marie (1400) et défend son culte au concile de Constance (1414), avec Pierre d'Ailly et saint Bernardin de Sienne[29].
- 1479-1480Sixte IV : entrée à Rome
- XVIe siècleMissionnaires et Thérèse
Les missionnaires étendent la fête à l'Église universelle ; sainte Thérèse d'Avila en devient la grande propagatrice[31].
- 1621Grégoire XV : fête de précepte
Le 19 mars devient une fête d'obligation pour toute l'Église[32].
- 1700-1726Clément XI et Benoît XIII
Rang élevé sous Clément XI ; inscription aux litanies des saints par Benoît XIII en 1726[33].
Trois siècles d'honneurs croissants
Le patronage de 1870 et sa doctrine
Le 8 décembre 1870, en la fête de l'Immaculée Conception, quelques semaines après la suspension du concile Vatican I, la Sacrée Congrégation des Rites publie le décret Quemadmodum Deus, par lequel le bienheureux Pie IX déclare solennellement saint Joseph patron de l'Église catholique et élève sa fête du 19 mars au rite double de première classe[34] :
« De même que Dieu établit le patriarche Joseph, fils de Jacob, gouverneur de toute l'Égypte, pour assurer au peuple le froment nécessaire à la vie, ainsi […] il choisit un autre Joseph dont le premier était la figure ; il l'établit seigneur et prince de sa maison et de ses biens ; il commit à sa garde ses plus riches trésors. »[35]
Le décret proclame le patronage ; c'est l'encyclique Quamquam pluries de Léon XIII, le 15 août 1889, qui en donne l'exposé doctrinal le plus complet[36] :
« La divine maison que Joseph gouverna comme avec l'autorité du père contenait les prémices de l'Église naissante. »[37]
Parce qu'il a gardé la Sainte Famille, « prémices » de l'Église, Joseph garde désormais l'Église entière : « il couvre maintenant de son céleste patronage et défend l'Église de Jésus-Christ »[38]. Pour tout le dossier du patronage — raisons, objections, histoire — voir Pourquoi Joseph est-il patron de l'Église ?.
Le XXe siècle : Canon, préface et solennité
Le XXe siècle comble Joseph d'honneurs liturgiques inédits. Le 19 mars 1937, Pie XI date délibérément de la fête de saint Joseph son encyclique contre le communisme athée, Divini Redemptoris, et place tout le combat de l'Église « sous l'égide du puissant protecteur de l'Église, saint Joseph »[39]. En 1955, Pie XII institue la fête de saint Joseph artisan au 1er mai, sans rien retirer au 19 mars qui reste la fête principale[40].
Le geste le plus remarqué vient de saint Jean XXIII : le 13 novembre 1962, en plein concile du Vatican, il fait insérer le nom de saint Joseph dans le Canon romain de la messe, juste après celui de la Vierge Marie[41]. C'était une brèche dans une tradition multiséculaire, tant le Canon était resté intangible. La réforme du calendrier qui suit le concile, en 1969, confirme le 19 mars au rang de solennité — le plus haut degré du calendrier — sous le titre de « saint Joseph, époux de la bienheureuse Vierge Marie »[42].
Le XXIe siècle : 2013 et l'année 2020-2021
Le 1er mai 2013, premier décret liturgique du pontificat, la Congrégation pour le culte divin achève l'œuvre de Jean XXIII : le nom de saint Joseph est ajouté aux prières eucharistiques II, III et IV, après celui de la Vierge Marie[43]. Désormais, dans toutes les messes ou presque, le nom du charpentier de Nazareth est prononcé au cœur de l'action de grâce.
Le 8 décembre 2020, le pape François signe la lettre apostolique Patris corde (« Avec un cœur de père ») et ouvre une année spéciale dédiée à saint Joseph, jusqu'au 8 décembre 2021, pour le 150e anniversaire du patronage de 1870[44] :
« Avec un cœur de père : c'est ainsi que Joseph a aimé Jésus, qui est appelé dans les quatre Évangiles “le fils de Joseph”. »[45]
En 2021, sept invocations nouvelles enrichissent les litanies de saint Joseph — Gardien du Rédempteur, Serviteur du Christ, Ministre du salut, Soutien dans les difficultés, Patron des exilés, des affligés et des pauvres[46]. Jamais le 19 mars n'avait été précédé d'autant d'honneurs accumulés en un siècle et demi.
| Date | Pape | Geste pour saint Joseph |
|---|---|---|
| 8 décembre 1870 | Bienheureux Pie IX | Patron de l'Église universelle (Quemadmodum Deus) ; fête élevée |
| 15 août 1889 | Léon XIII | Encyclique Quamquam pluries ; doctrine du patronage ; triduum recommandé |
| 19 mars 1937 | Pie XI | Encyclique Divini Redemptoris, datée de la fête |
| 1955 | Pie XII | Fête de saint Joseph artisan (1er mai) |
| 13 novembre 1962 | Saint Jean XXIII | Nom de Joseph inséré au Canon romain |
| 1969 | Saint Paul VI | 19 mars confirmé comme solennité au calendrier réformé |
| 15 août 1989 | Saint Jean-Paul II | Exhortation Redemptoris Custos (centenaire de 1889) |
| 1er mai 2013 | François | Nom de Joseph aux prières eucharistiques II, III et IV |
| 8 décembre 2020 | François | Patris corde ; année Saint-Joseph jusqu'au 8 décembre 2021 |
Une solennité en plein Carême
Le rang et ses signes visibles
Le 19 mars est une solennité, le degré le plus élevé du calendrier liturgique : elle l'emporte sur les féries de Carême et sur les mémoires des saints qui tomberaient le même jour[47]. Concrètement, le fidèle qui entre dans l'église ce jour-là voit et entend la différence : les ornements sont blancs, couleur des fêtes du Seigneur et des saints non martyrs ; on chante le Gloria, qui s'est tu depuis le mercredi des Cendres ; et l'on proclame le Credo, comme aux dimanches et aux grandes fêtes[48]. La messe a ses oraisons propres et une préface propre qui chante la mission de Joseph, gardien des mystères du salut[49].
Autre signe que le 19 mars interrompt vraiment la pénitence quadragésimale : quand la solennité tombe un vendredi, l'abstinence de viande habituelle des vendredis de Carême est levée. Le Code de droit canonique dispose en effet qu'il n'y a pas d'abstinence « quand une solennité tombe un vendredi » — et plusieurs évêques l'ont rappelé expressément, par décret, lors du vendredi 19 mars 2021, en pleine année Saint-Joseph[50].
Quand le 19 mars rencontre un dimanche ou la Semaine sainte
Le 19 mars tombe toujours en Carême, parfois même en pleine Semaine sainte. L'Église a prévu deux cas de figure, qu'il ne faut pas confondre avec une suppression : la fête n'est jamais annulée, elle est déplacée[51].
Premier cas : le 19 mars tombe un dimanche de Carême. Or un dimanche de Carême l'emporte sur toute solennité de saint : la fête de Joseph est alors reportée au lundi 20 mars. C'est ce qui s'est produit en 2023, où le 19 mars était le quatrième dimanche de Carême[52].
Second cas : le 19 mars tombe pendant la Semaine sainte, qui l'emporte sur tout. La solennité est alors avancée au samedi qui précède le dimanche des Rameaux, pour ne pas entrer en collision avec le Triduum pascal. En 2008, année où Pâques tombait le 23 mars, à l'une des dates les plus précoces possibles, le 19 mars était le mercredi saint : la Congrégation pour le culte divin a transféré la solennité au samedi 15 mars, et celle de l'Annonciation au lundi 31 mars[53]. Les conférences épiscopales disposent plus largement de la faculté de transférer la célébration à un autre jour hors du Carême quand les circonstances pastorales l'exigent[54].
| Année | Situation du 19 mars | Célébration effective |
|---|---|---|
| 2008 | Mercredi de la Semaine sainte | Solennité avancée au samedi 15 mars |
| 2021 | Vendredi de Carême | Solennité maintenue le 19 mars ; abstinence levée par décrets épiscopaux |
| 2023 | Quatrième dimanche de Carême | Solennité reportée au lundi 20 mars |
| 2024 | Mardi de la 5e semaine de Carême | 19 mars maintenu ; l'Annonciation (25 mars, lundi saint) reportée au 8 avril |
La messe du 19 mars
Les lectures : David, Abraham et le songe
La liturgie de la Parole du 19 mars est construite comme une démonstration : Joseph est le point de convergence des promesses faites à David et à Abraham, et l'homme du songe obéi[55]. La première lecture proclame l'oracle de Nathan à David : Dieu lui suscitera une descendance dont le règne n'aura pas de fin[56]. Le psaume chante cette dynastie éternelle[57]. La deuxième lecture montre en Abraham, qui « espéra contre toute espérance », le modèle de la foi de Joseph[58]. L'Évangile, enfin, raconte l'Annonciation à Joseph — au choix du célébrant, soit le songe de Matthieu, soit le recouvrement de Jésus au Temple selon Luc[59] :
| Lecture | Passage | Ce qu'elle proclame |
|---|---|---|
| Première lecture | 2 Samuel 7, 4-5a.12-14a.16 | La promesse à David : une descendance au règne éternel |
| Psaume | Psaume 88 (89) | « Sa dynastie subsistera toujours » : la fidélité de Dieu |
| Deuxième lecture | Romains 4, 13.16-18.22 | Abraham, qui espéra contre toute espérance : le modèle de Joseph |
| Évangile (au choix) | Matthieu 1, 16.18-21.24a | Le songe : « ne crains pas de prendre chez toi Marie » |
| Évangile (au choix) | Luc 2, 41-51a | L'enfant perdu et retrouvé au Temple ; Jésus soumis à Marie et Joseph |
Le choix laissé pour l'Évangile n'est pas indifférent : Matthieu montre Joseph recevant le mystère dans le secret du songe, Luc le montre cherchant l'enfant perdu pendant trois jours — les deux faces d'une même paternité, l'accueil et la quête[60].
Les oraisons et la préface
La messe du 19 mars possède ses oraisons propres : la collecte présente Joseph comme celui à qui Dieu a confié les premiers mystères du salut et demande à l'Église la même fidélité dans son service[61]. Surtout, le jour a sa préface propre, réservée aux grandes fêtes : là où les féries de Carême utilisent les préfaces du temps, le 19 mars chante exceptionnellement la gloire du « juste » établi gardien de la Vierge et du Sauveur[62]. C'est l'un des signes liturgiques les plus forts de la place unique de Joseph : en plein temps de pénitence, l'Église interrompt le jeûne des mots pour louer un saint.
Le nom de Joseph dans la prière eucharistique
Depuis 1962 puis 2013, il n'existe pour ainsi dire plus de messe où le nom de Joseph ne soit prononcé. Saint Jean XXIII l'a inscrit au Canon romain le 13 novembre 1962, juste après le nom de la Vierge Marie[63]. Et le décret du 1er mai 2013 a étendu cette mention aux prières eucharistiques II, III et IV, avec cette formule, après le nom de Marie : « avec saint Joseph, son époux »[64]. Le 19 mars ne fait donc que porter à son comble une présence devenue quotidienne : chaque jour de l'année, au cœur de l'action de grâce, l'Église nomme avec Marie l'homme qui garda l'enfant et sa mère.
Prier avec saint Joseph autour du 19 mars
Le triduum et les sept dimanches
Léon XIII, dans son encyclique de 1889, recommande un triduum de prière en l'honneur de saint Joseph avant sa fête du 19 mars, avec la prière « À toi, bienheureux Joseph » récitée après le chapelet[65]. C'est l'une des plus anciennes formes de préparation à la fête : trois jours pour se mettre, avec toute l'Église, sous la protection de celui qui a protégé le Christ enfant.
Une autre tradition prépare la fête de plus loin : les sept dimanches qui précèdent le 19 mars, en mémoire des sept joies et des sept douleurs de saint Joseph[66]. L'Oratoire Saint-Joseph de Montréal, le grand sanctuaire québécois dédié au saint, y consacre chaque année sept dimanches de prédication et de pèlerinage avant la solennité[67].
La table, les douceurs et la fête des pères
En Italie, le 19 mars se fête aussi à table et dans la rue. La tradition de la tavola di San Giuseppe — la « table de saint Joseph » — remonte à la Sicile des famines : les familles qui avaient prié Joseph pendant la disette dressaient, l'abondance revenue, des autels chargés de pains, de plats et de douceurs offerts aux voisins et aux pauvres, en action de grâce[68]. De cette même piété sont nées les zeppole di San Giuseppe, ces pâtisseries à la crème surmontées d'une cerise que l'on déguste encore chaque 19 mars[69]. Le 19 mars est d'ailleurs, en Italie, le jour de la fête des pères — quoi de plus juste que d'honorer les pères le jour du père nourricier du Christ[70] ?
La voix de sainte Thérèse d'Avila
Aucune dévotion à saint Joseph ne s'est répandue sans la parole décisive de sainte Thérèse d'Avila. Dans le chapitre VI du Livre de sa Vie, elle raconte comment, malade et désespérée des médecins, elle prit Joseph pour avocat — et ce qui s'ensuivit[71] :
« Je pris pour avocat et seigneur le glorieux saint Joseph et je me recommandai très instamment à lui. […] Je ne me souviens pas de lui avoir jamais rien demandé, jusqu'à ce jour, qu'il ne me l'ait accordé. »[72]
Et elle ajoute ce défi, resté célèbre, à tous les incrédules :
« Je me contente de conjurer, pour l'amour de Dieu, ceux qui ne me croiraient pas d'en faire l'épreuve ; ils verront par expérience combien il est avantageux de se recommander à ce glorieux patriarche. »[73]
Ce que la fête dit de la paternité
Le silence qui agit
Le trait le plus frappant de Joseph, et le plus médité chaque 19 mars, c'est son silence : les Évangiles ne rapportent aucune parole de lui[74]. Mais ce silence n'est pas une absence, c'est une obéissance. À chaque songe, Joseph « fit comme l'ange du Seigneur lui avait prescrit » — sans discuter, sans délai, de nuit, vers l'Égypte ou vers Nazareth[75]. Jean-Paul II, dans Redemptoris Custos, rappelle que ce patronage silencieux demeure « toujours nécessaire à l'Église, non seulement pour la défendre contre les dangers sans cesse renaissants mais aussi et surtout pour la soutenir dans ses efforts redoublés d'évangélisation »[76].
Mourir comme Joseph
Enfin, le 19 mars prépare à bien mourir. La tradition, qui fait mourir Joseph entre les bras de Jésus et de Marie, en a fait le patron de la bonne mort : celui qui a assisté le Christ à Bethléem et l'a gardé à Nazareth assiste, dit-on, à l'heure dernière ceux qui l'invoquent[77]. C'est pourquoi tant de chrétiens achèvent leur journée, et tant de mourants leur vie, par la prière à Joseph — et pourquoi le 19 mars, en plein Carême, parle déjà de Pâques : le gardien de la crèche de Bethléem, si l'on ose dire, est aussi le gardien du passage.
Pour aller plus loin
- Pourquoi Joseph est-il patron de l'Église ? — le dossier complet du patronage de 1870 : raisons, doctrine de Léon XIII, objections et réponses.
- Comment saint Joseph a-t-il vécu dans la Divine Volonté — la vie intérieure de Joseph à la lumière des écrits de Luisa Piccarreta.
- Annonciation du Seigneur (25 mars) — la solennité voisine, neuf mois avant Noël, et ses propres transferts en Semaine sainte.
- Noël (25 décembre) — la Nativité, dont la fête du 19 mars garde les prémices.
- Présentation du Seigneur (2 février) — Joseph au Temple, offrant avec Marie l'enfant promis.
- Mercredi des Cendres — l'entrée dans le Carême au cœur duquel tombe le 19 mars.
Notes et références
Calendrier romain général : Solennité de saint Joseph, époux de la bienheureuse Vierge Marie, 19 mars. Titre officiel latin : Sollemnitas Sancti Ioseph, Sponsi Beatae Mariae Virginis.
1Outre le 19 mars, le calendrier romain fête saint Joseph artisan le 1er mai, institué par Pie XII en 1955 pour donner au monde du travail un patron céleste. Le 19 mars demeure la fête principale, celle de l'époux de Marie.
2Décret Quemadmodum Deus, Sacrée Congrégation des Rites, 8 décembre 1870, par lequel le bienheureux Pie IX déclare saint Joseph patron de l'Église universelle et élève sa fête du 19 mars au rite double de première classe.
3 34Les quatre Évangiles ne rapportent aucune parole de saint Joseph : ni dans les récits de l'enfance (Mt 1-2 ; Lc 2), ni dans les rares mentions ultérieures (Lc 3, 23 ; Jn 1, 45 ; Jn 6, 42). C'est un fait textuel vérifiable par toute concordance.
4 74Matthieu 1-2 (songes, fuite en Égypte, retour à Nazareth) et Luc 2 (recensement, naissance, présentation, pèlerinage aux douze ans) ; mentions indirectes en Lc 3, 23, Jn 1, 45 et Jn 6, 42.
52 Samuel 7, 12-16 : l'oracle de Nathan promet à David une descendance dont « le règne n'aura pas de fin ». Joseph, « fils de David » (Mt 1, 20), transmet juridiquement cette filiation à Jésus.
6Matthieu 1, 19 : « Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. »
7Matthieu 1, 20-21 : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. »
8Matthieu 2, 13-14 (fuite en Égypte), 2, 19-23 (retour et installation à Nazareth). À chaque fois, le texte souligne l'obéissance immédiate : « Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l'enfant et sa mère. » (Mt 2, 14).
9Luc 2, 41-52 : le pèlerinage annuel à Jérusalem, l'enfant resté au Temple, trois jours de recherche, puis le retour à Nazareth où Jésus « leur était soumis ». Dernière apparition de Joseph dans les Évangiles.
10La tradition du patronage de la bonne mort repose sur la conviction, constante depuis les premiers siècles, que Joseph s'est éteint en présence de Jésus et de Marie — la plus douce des morts, entre les bras du Sauveur et de sa Mère. Aucun texte évangélique ne raconte sa mort ; c'est une lecture traditionnelle, jamais définie, mais universellement reçue dans la piété.
11 77Le calendrier romain distingue trois célébrations : saint Joseph époux de Marie (19 mars), saint Joseph artisan (1er mai) et la Sainte Famille (dimanche après Noël). Chacune a son propre, son rang et sa théologie.
12Pie XII institue en 1955 la fête de saint Joseph artisan au 1er mai, en contrepoint chrétien de la fête du travail, pour proposer aux travailleurs le modèle du charpentier de Nazareth.
13 40La fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph se célèbre le dimanche qui suit Noël (ou le 30 décembre) : elle contemple la vie commune de Nazareth, là où le 19 mars honore la personne et la mission de Joseph.
14Contrairement aux martyrs et aux apôtres, honorés dès les premiers siècles, saint Joseph n'a pas de culte liturgique attesté dans l'Antiquité chrétienne en Occident. La Catholic Encyclopedia (art. « St. Joseph », vol. 8, 1910, newadvent.org) fait commencer le récit romain avec les efforts de Gerson et de ses contemporains, récompensés sous Sixte IV.
15Plusieurs calendriers occidentaux du Xe siècle commémorent déjà Joseph au 19 mars ; cf. le calendrier liturgique du diocèse de Crookston (États-Unis), notice du 19 mars : « Several Western calendars dating from the tenth century commemorated Joseph on March 19. In 1479 his feast was introduced at Rome and in 1621 was extended to the universal calendar. »
16 27L'ordre des Servites de Marie, fondé au XIIIe siècle, observe la fête de saint Joseph au 19 mars dès le début du XIVe siècle, date tenue par la tradition pour celle de sa mort ; cf. Encyclopaedia Britannica, art. « St. Joseph ».
17 28Jean Gerson, le cardinal Pierre d'Ailly et saint Bernardin de Sienne sont les trois grands promoteurs du culte public de saint Joseph autour de 1400, d'après la Catholic Encyclopedia (art. « St. Joseph », newadvent.org).
18Jean Gerson (1363-1429), chancelier de Paris, compose en 1400 un office des Fiançailles de Joseph et Marie et défend le culte de saint Joseph au concile de Constance (1414) ; cf. Catholic Encyclopedia, art. « St. Joseph ».
19 29Saint Bernardin de Sienne (1380-1444), franciscain, prédicateur du saint Nom de Jésus, compte parmi les promoteurs du culte de saint Joseph au XVe siècle, avec Pierre d'Ailly (1351-1420) ; cf. Catholic Encyclopedia, art. « St. Joseph ».
20C'est sous le pontificat de Sixte IV (1471-1484) que la fête de saint Joseph au 19 mars entre dans le calendrier romain : 1479 selon plusieurs calendriers diocésains, 1480 selon Vatican News (« Solemnity of Saint Joseph », vaticannews.cn) qui précise qu'elle devient obligatoire sous Grégoire XV en 1621.
21 30La fête entre d'abord comme simple fête (festum simplex), avant d'être élevée au rite double sous Innocent VIII (1484-1492) ; cf. Catholic Encyclopedia, art. « St. Joseph ».
22« From that time the devotion acquired greater and greater popularity, the dignity of the feast keeping pace with this steady growth. » — Catholic Encyclopedia, art. « St. Joseph ».
23Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), réformatrice du Carmel, grande propagatrice de la dévotion à saint Joseph au XVIe siècle ; sa première fondation réformée, à Avila en 1562, est placée sous le vocable de Saint-Joseph. Cf. Vie écrite par elle-même, chap. VI.
24 31Grégoire XV fait du 19 mars une fête de précepte (fête d'obligation) en 1621 ; cf. Catholic Encyclopedia, art. « St. Joseph », et Vatican News, « Solemnity of Saint Joseph ».
25 32Fête élevée au double de seconde classe sous Clément XI (1700-1721), puis nom de Joseph inséré dans les litanies des saints par Benoît XIII en 1726 ; cf. Catholic Encyclopedia, art. « St. Joseph ».
26 33Décret Quemadmodum Deus, 8 décembre 1870 : le texte s'ouvre sur le parallèle entre Joseph d'Égypte (Gn 41) et Joseph de Nazareth, établi « seigneur et prince » de la maison de Dieu et gardien de ses « plus riches trésors », Jésus et Marie.
35Léon XIII, encyclique Quamquam pluries sur la dévotion à saint Joseph, 15 août 1889 (vatican.va).
36Léon XIII, Quamquam pluries, 15 août 1889 : « La divine maison que Joseph gouverna comme avec l'autorité du père contenait les prémices de l'Église naissante. »
37Léon XIII, Quamquam pluries, 15 août 1889 : « Il est donc naturel et très digne du bienheureux Joseph que, de même qu'il subvenait autrefois à tous les besoins de la famille de Nazareth et l'entourait saintement de sa protection, il couvre maintenant de son céleste patronage et défende l'Église de Jésus-Christ. »
38Pie XI, encyclique Divini Redemptoris sur le communisme athée, donnée « en la fête de saint Joseph, patron de l'Église universelle, le 19 mars 1937 », n. 81 : « […] Nous mettons la grande action de l'Église catholique contre le communisme athée mondial sous l'égide du puissant protecteur de l'Église, saint Joseph. » (vatican.va, texte vérifié).
39Le 13 novembre 1962, en plein concile Vatican II, saint Jean XXIII fait insérer le nom de saint Joseph dans le Canon romain, après celui de la Vierge Marie. Le décret de 2013 (Congrégation pour le culte divin, 1er mai 2013, vatican.va) rappelle lui-même ce précédent : « Already on November 13, 1962, Pope John XXIII had inserted the name of St. Joseph into the first Eucharistic Prayer (the Roman Canon). »
41 63La réforme du calendrier romain (1969), à la suite du concile Vatican II, maintient le 19 mars au rang de solennité sous le titre de « saint Joseph, époux de la bienheureuse Vierge Marie » (Sollemnitas Sancti Ioseph, Sponsi Beatae Mariae Virginis).
42Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, décret du 1er mai 2013 (publié le 20 juin 2013), par facultés accordées par le pape François : le nom de saint Joseph, époux de la Vierge Marie, est ajouté aux prières eucharistiques II, III et IV (vatican.va).
43François, lettre apostolique Patris corde, 8 décembre 2020, à l'occasion du 150e anniversaire de la déclaration de saint Joseph comme patron de l'Église ; année spéciale Saint-Joseph du 8 décembre 2020 au 8 décembre 2021 (vatican.va).
44François, Patris corde, 8 décembre 2020, ouverture : « Avec un cœur de père : c'est ainsi que Joseph a aimé Jésus, qui est appelé dans les quatre Évangiles “le fils de Joseph”. » (vatican.va).
45En 2021, le pape François approuve sept invocations nouvelles dans les litanies de saint Joseph : Gardien du Rédempteur, Serviteur du Christ, Ministre du salut, Soutien dans les difficultés, Patron des exilés, des affligés et des pauvres ; cf. Vatican News, « Solemnity of Saint Joseph ».
46Le 19 mars figure au Calendrier romain général au rang de solennité, qui prime sur les féries de Carême et les mémoires des saints.
47Ornements blancs, chant du Gloria et proclamation du Credo : les trois marques visibles d'une solennité en plein temps de Carême, où les féries ne les connaissent pas (cf. Missel romain, propre du 19 mars).
48Le 19 mars possède une préface propre de saint Joseph, là où les féries de Carême utilisent les préfaces du temps (cf. Missel romain, messe du 19 mars).
49 62Code de droit canonique, can. 1251 : pas d'abstinence quand une solennité tombe un vendredi. En 2021, où le 19 mars était un vendredi de Carême, plusieurs évêques (par ex. Atlanta, Camden) l'ont rappelé par décret en pleine année Saint-Joseph.
50Quand une solennité est empêchée par une célébration de rang supérieur (dimanche de Carême, Semaine sainte, octave de Pâques), elle n'est pas supprimée mais transférée à un autre jour, selon les Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier.
51En 2023, le 19 mars tombait le quatrième dimanche de Carême : la solennité de saint Joseph a été célébrée le lundi 20 mars dans toute l'Église latine.
52En 2008 (Pâques le 23 mars), le 19 mars tombait le mercredi saint : la Congrégation pour le culte divin a transféré la solennité de saint Joseph au samedi 15 mars, et celle de l'Annonciation au lundi 31 mars ; cf. archidiocèse de Baltimore (2008) et calendrier liturgique 2008 de la conférence américaine.
53Les conférences des évêques ont la faculté de transférer la célébration du 19 mars à un autre jour hors du Carême pour des raisons pastorales ; cf. calendrier liturgique du diocèse de Crookston : « the Conferences of bishops have permission to transfer this celebration to another day outside Lent. »
54Lectionnaire de la solennité du 19 mars : 2 S 7, 4-5a.12-14a.16 ; Ps 88 ; Rm 4, 13.16-18.22 ; Mt 1, 16.18-21.24a ou Lc 2, 41-51a.
552 Samuel 7, 4-5a.12-14a.16 : oracle de Nathan à David — « Je susciterai après toi ta descendance… J'affermirai pour toujours son règne. »
56Psaume 88 (89) : psaume de la fidélité de Dieu à l'alliance davidique — « Sa dynastie subsistera toujours. »
57Romains 4, 13.16-18.22 : Abraham « espéra contre toute espérance » et « crut, et cela lui fut compté comme justice » — le modèle de la foi obéissante de Joseph.
58Le lectionnaire propose deux Évangiles au choix pour le 19 mars : Matthieu 1, 16.18-21.24a (le songe) ou Luc 2, 41-51a (l'enfant au Temple).
59Matthieu montre la paternité de Joseph comme accueil du mystère ; Luc la montre comme quête de l'enfant perdu. Les deux lectures convergent vers la même mission : garder le Christ.
60La collecte (oraison d'ouverture) du 19 mars présente Joseph comme celui à qui Dieu a confié les premiers mystères du salut (cf. Missel romain, messe du 19 mars).
61Décret du 1er mai 2013 : dans la prière eucharistique II, « avec la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, avec saint Joseph, son époux, les bienheureux apôtres… » ; formules équivalentes dans les prières III et IV (traduction française du Missel romain).
64Un triduum en l'honneur de saint Joseph avant sa fête du 19 mars, avec la prière « À toi, bienheureux Joseph » après le chapelet, est recommandé par Léon XIII dans l'encyclique Quamquam pluries du 15 août 1889 ; cf. Catholic Encyclopedia, vol. 15 (1912), art. « Triduum ».
65La dévotion des sept dimanches de saint Joseph médite ses sept joies et ses sept douleurs dans les semaines qui précèdent le 19 mars.
66L'Oratoire Saint-Joseph de Montréal (Québec), fondé par le saint frère André, célèbre chaque année les sept dimanches précédant la fête du 19 mars par des offices et des pèlerinages (février-mars).
67La tavola di San Giuseppe sicilienne : des autels chargés de pains, de plats et de douceurs, offerts aux voisins et aux pauvres en action de grâce après les famines, quand les familles avaient prié Joseph pendant la disette ; cf. National Catholic Register, « Sweet Treats for a Saint » (zeppole et table de saint Joseph).
68Les zeppole di San Giuseppe, pâtisseries à la crème surmontées d'une cerise, se dégustent traditionnellement chaque 19 mars en Italie ; cf. National Catholic Register, « Sweet Treats for a Saint ».
69En Italie, le 19 mars est aussi la fête des pères (festa del papà), adossée à la fête du père nourricier du Christ.
70Sainte Thérèse d'Avila, Livre de la Vie (autobiographie), chapitre VI (d'après le texte espagnol : « Tomé por abogado y señor al glorioso San José y encomendeme mucho a él. […] No me acuerdo hasta ahora haberle suplicado cosa que la haya dejado de hacer. »).
71Sainte Thérèse d'Avila, Livre de la Vie, chap. VI : « Je pris pour avocat et seigneur le glorieux saint Joseph et je me recommandai très instamment à lui. […] Je ne me souviens pas de lui avoir jamais rien demandé, jusqu'à ce jour, qu'il ne me l'ait accordé. »
72Sainte Thérèse d'Avila, Livre de la Vie, chap. VI : « Je me contente de conjurer, pour l'amour de Dieu, ceux qui ne me croiraient pas d'en faire l'épreuve ; ils verront par expérience combien il est avantageux de se recommander à ce glorieux patriarche. »
73Matthieu 1, 24 : « À son réveil, Joseph fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit. » ; cf. Mt 2, 14 et 2, 21 pour les départs nocturnes vers l'Égypte puis vers Nazareth.
75Jean-Paul II, exhortation apostolique Redemptoris Custos sur saint Joseph, 15 août 1989 (centenaire de Quamquam pluries) : « Ce patronage doit être invoqué, et il est toujours nécessaire à l'Église, non seulement pour la défendre contre les dangers sans cesse renaissants mais aussi et surtout pour la soutenir dans ses efforts redoublés d'évangélisation du monde. » (n. 29, vatican.va).
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