Comment saint Joseph a-t-il vécu dans la Divine Volonté ?

Dans les écrits de Luisa Piccarreta, Nazareth est la première maison où la Divine Volonté a régné sur la terre. Saint Joseph y vécut « dans les reflets » de cette Volonté, comme gardien et premier ministre du Royaume — modèle pour qui veut laisser Dieu régner en tout.

Ignispedia

Demander comment saint Joseph a vécu dans la Divine Volonté, c'est interroger l'un des points les plus discrets et les plus lumineux des écrits de Luisa Piccarreta. L'Évangile présente Joseph comme un « homme juste »[1], silencieux, gardien de l'Enfant et de sa Mère. La spiritualité de la Divine Volonté ajoute une perspective : à Nazareth, selon Jésus parlant à Luisa, la Divine Volonté régnait déjà sur la terre comme elle règne au Ciel — et Joseph faisait partie de cette maison où elle régnait.

La réponse demande une distinction. Jésus est la Volonté divine ; la Vierge Marie possédait pleinement son Fiat ; Joseph, lui, vivait « dans les reflets » de cette Volonté[2]. L'image est précise : il n'en est pas la source, il en reçoit le rayonnement, il s'y laisse entièrement dominer. Et pourtant, Jésus affirme aussi que « la Reine du ciel, le Roi céleste Jésus et saint Joseph vivaient dans le Royaume de la Divine Volonté »[3]. Joseph n'est donc pas un simple spectateur : il habite réellement ce Royaume, à sa place propre.

Cette place a un nom dans le Livre du Ciel : Jésus appelle Joseph son gardien, son tuteur, son coopérateur, et même son « Premier ministre »[4] [5]. Loin d'être marginal, l'époux de Marie devient le modèle accessible de tous ceux qui ne reçoivent pas des grâces extraordinaires mais veulent, dans le travail, le silence et l'obéissance, laisser Dieu régner en eux.

Cet article reste dans le cadre d'une révélation privée. Les écrits de Luisa n'ajoutent rien au dépôt de la foi ; ils éclairent une figure que le Magistère lui-même décrit comme le sommet de « l'obéissance de la foi »[6]. Lus dans cette lumière, ils ne contredisent jamais l'Évangile : ils en prolongent la contemplation.

Une question qui suppose deux clarifications

Avant de répondre, il faut s'entendre sur deux mots : qui est saint Joseph dans la foi catholique, et que signifie « vivre dans la Divine Volonté ». Sans ces repères, la formule des « reflets » resterait obscure ou, pire, mal comprise.

Qui est saint Joseph dans la foi de l'Église

La Sainte Famille à Nazareth (Murillo, vers 1650). Joseph y tient la place du père qui travaille, protège et se tait.

Joseph est l'époux de la Vierge Marie et le père nourricier — ou père adoptif — de Jésus. L'Évangile selon saint Matthieu le qualifie d'« homme juste »[7] : non pas seulement honnête, mais ajusté à Dieu, prompt à faire sa volonté dès qu'elle se manifeste. Saint Luc le montre conduisant la Sainte Famille à Bethléem, en Égypte, puis dans la vie cachée de Nazareth, « où Jésus grandissait en sagesse, en taille et en grâce »[8]. Le Catéchisme fait de cette vie cachée une « école » du silence, du travail et de l'obéissance ordinaire[9] — précisément les vertus que la Divine Volonté va révéler comme un chemin de sainteté.

L'Église a peu à peu mesuré la grandeur de ce silence. Le 8 décembre 1870, le bienheureux Pie IX déclara saint Joseph Patron de l'Église universelle par le décret Quemadmodum Deus[10]. Léon XIII lui consacra l'encyclique Quamquam Pluries (1889)[11]. Jean-Paul II publia Redemptoris Custos (1989), et le pape François Patris Corde (2020), ouvrant une Année saint Joseph. Ces textes décrivent un homme dont toute la sainteté tient dans une obéissance parfaite à la volonté de Dieu — précisément le terrain sur lequel le Livre du Ciel va le situer.

« Ce qu'il fit est pure "obéissance de la foi". » — Saint Jean-Paul II, Redemptoris Custos, n. 4[12]

Que veut dire « vivre dans la Divine Volonté »

Le vocabulaire de Luisa distingue deux niveaux. Faire la volonté de Dieu, c'est lui obéir : garder les commandements, accepter ses devoirs, renoncer au péché. Vivre dans la Divine Volonté désigne une union plus profonde, où l'âme consent à ce que Dieu opère en elle, de sorte que ses actes humains soient assumés dans l'unique acte divin. Ce don ne supprime ni les vertus, ni les sacrements, ni l'obéissance à l'Église : il les porte à une modalité plus intérieure[13].

Faire ou vivre dans la Divine Volonté — infographie originale Ignispedia créée par IA.

C'est pourquoi la question « comment Joseph a-t-il vécu dans la Divine Volonté ? » n'est pas anecdotique. Elle revient à demander : à quel degré, et selon quel mode, cet homme du quotidien a-t-il participé à la vie la plus haute que Dieu propose à une créature ? La réponse de Jésus à Luisa est nuancée, et c'est cette nuance qui fait tout l'intérêt du sujet. Pour la distinction complète entre les deux niveaux, voir la différence entre faire la volonté de Dieu et vivre dans la Divine Volonté.

Nazareth, première maison où la Divine Volonté régna sur la terre

Le cœur de la réponse se trouve dans une entrée du tome 24, datée du 7 juillet 1928. Luisa contemple la vie cachée de Nazareth et se demande si la Divine Volonté y régnait. Jésus confirme, en des termes d'une portée considérable.

« Il est vrai que la Divine Volonté régnait dans la maison de Nazareth sur la terre comme Elle règne au Ciel. Ma céleste Maman et Moi ne connaissions pas d'autre Volonté. Saint Joseph vivait dans les reflets de notre Volonté. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 24, 7 juillet 1928[14]

Cette affirmation est décisive pour toute la spiritualité de la Divine Volonté : le Royaume qu'elle annonce a déjà existé sur la terre, concrètement, dans une maison, autour d'un établi de charpentier. Il n'est donc ni une utopie, ni une nouveauté sans racine. Jésus le redira dans le tome 29 : ce Royaume « n'est pas étranger à la terre », car « la maison de Nazareth, la famille qui y vivait, appartenaient à ce Royaume et il y régnait parfaitement »[15].

Un Royaume réel, mais « sans peuple »

Jésus apporte aussitôt une précision capitale, qui empêche tout triomphalisme. Le Royaume régnait à Nazareth, mais il n'avait pas encore de peuple : l'ordre de la Création et la royauté de l'homme n'étaient pas restaurés à l'échelle de l'humanité.

« J'avais saint Joseph comme Premier ministre. Mais un ministre seul ne constitue pas un ministère. […] Notre Royaume était uniquement pour nous, car l'ordre de la Création et la royauté de l'homme n'étaient pas restaurés. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 24, 7 juillet 1928[16]

Nazareth, Royaume sans peuple : Jésus Roi, Marie Reine et Joseph Premier ministre — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Nazareth est ainsi « le point de rappel du Royaume de notre Volonté »[17] : la semence est semée, le levain est formé, tout est préparé pour que ce règne se lève un jour sur la terre. Joseph n'est pas un détail de ce tableau : il en est le premier serviteur visible, l'unique ministre d'un royaume encore caché. C'est dire la dignité que Jésus lui reconnaît. Pendant ces années cachées, dit-il, « tout le bien se faisait entre Moi et le Père du Ciel, ma céleste Mère et le cher saint Joseph »[18] : un cercle de quatre, dont Joseph est le seul homme de la terre. Dès la Nativité déjà, « saint Joseph et les anges priaient » devant l'Enfant[19] — image de l'adoration qui occupe toute sa vie.

« Les reflets de notre Volonté » : comment Joseph y participe exactement

C'est ici que la réponse demande la plus grande rigueur. Jésus ne dit pas que Joseph possédait la Divine Volonté de la même manière que lui-même ou que Marie. Il dit qu'il vivait dans ses reflets. Comprendre cette image, c'est comprendre tout le sujet.

Le sens de l'image des « reflets »

Un reflet suppose une source de lumière et une surface qui la reçoit fidèlement. À Nazareth, la source est la Divine Volonté qui règne sans partage en Jésus — qui « était la Divine Volonté elle-même » — et en Marie, qui « possédait son Fiat »[20]. Joseph, placé « au milieu de ces mers de lumière », ne pouvait, dit Jésus, que « se laisser dominer par cette très sainte Volonté »[21]. Il en est totalement enveloppé, illuminé, transformé — mais comme celui qui reçoit, non comme celui d'où la lumière jaillit.

Cette nuance n'abaisse pas Joseph ; elle le situe avec justesse. Il vit dans le Royaume, il en respire l'air, il s'y meut en tout — et c'est déjà une grâce immense, refusée au reste de l'humanité d'alors. Mais le don plénier de vivre dans la Divine Volonté au sens constitutif, celui qui fait de Marie la Reine du Royaume, n'est pas décrit de la même façon pour lui. Joseph est le juste parfaitement consentant, immergé dans la lumière des deux qu'il garde.

Jésus, Marie, Joseph : trois manières d'habiter le même Royaume

Le tableau suivant résume, à partir des seuls textes du Livre du Ciel, comment chacun des trois membres de la Sainte Famille habite le Royaume de la Divine Volonté. Les colonnes distinguent le mode de présence et l'image employée par Jésus.

Membre de la Sainte FamilleMode de présence à la Divine VolontéImage / parole de Jésus à Luisa
JésusIl est la Divine Volonté« Il était la Divine Volonté elle-même » (t. 24)
MarieElle possède pleinement son Fiat ; Reine du Royaume« La Dame souveraine possédait son Fiat » (t. 24)
JosephIl vit dans les reflets ; gardien et premier ministre« Saint Joseph vivait dans les reflets de notre Volonté » (t. 24)
Trois manières d’habiter le même Royaume selon le tome 24 — infographie originale Ignispedia créée par IA.

La lecture du tableau est simple : un même Royaume, trois manières de l'habiter, sans confusion ni rivalité. C'est pourquoi Jésus peut dire d'un seul souffle que tous les trois « vivaient dans le Royaume de la Divine Volonté »[22], tout en réservant à chacun une place irréductible. Pour la place propre de Marie, voir la place de Marie dans le Royaume de la Divine Volonté.

Pourquoi Joseph n'a pas « tout su » dès le commencement

Un détail des écrits confirme cette position de réception. Au moment de la conception virginale, dit Jésus, « personne, pas même saint Joseph ne savait, au début de ma Conception, que J'étais déjà parmi eux »[23]. Et encore : dans le mystère du second Fiat — la Rédemption commençant dans le sein de Marie — « ma Mère fut la seule spectatrice. Même saint Joseph n'en sut rien. Si, par la suite, saint Joseph apprit la chose, ce fut Moi-même qui la lui révéla »[24].

Joseph reçoit donc la lumière par révélation, au temps voulu, et non par une possession native du mystère. C'est exactement ce que signifie vivre dans les reflets : être introduit, fidèlement et progressivement, dans une lumière dont on n'est pas la source. Loin d'amoindrir sa figure, ce trait la rend profondément fraternelle pour le croyant ordinaire, qui lui aussi entre dans la Divine Volonté par étapes.

Saint Joseph, « Premier ministre » et gardien du Royaume

Si Joseph vit dans les reflets, ce n'est pas dans la passivité : Jésus lui confie une fonction active et précise. Le Livre du Ciel la décrit avec un vocabulaire presque institutionnel.

Tuteur, coopérateur et surveillant

Dans le tome 19 (15 juin 1926), Jésus relie la mission de Joseph à celle des prêtres qui assistent Luisa, et il emploie trois mots qui définissent la charge de l'époux de Marie.

« J'ai choisi Joseph en tant que tuteur, coopérateur et surveillant de la Reine Souveraine et Moi. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 19, 15 juin 1926[25]

Tuteur : il protège et représente. Coopérateur : il agit avec eux, non à côté d'eux. Surveillant : il veille, garde, défend. Ces trois mots disent une participation réelle au Royaume, ordonnée au service de Jésus et de Marie. Le même tome 24 le confirme en l'appelant « Premier ministre » : seul ministre d'un royaume encore sans peuple, mais ministre véritable[26].

Le gardien qui détient seul le secret

Joseph n'est pas seulement utile : il est le confident du travail caché de la Rédemption. Dans le tome 21 (30 avril 1927), Jésus souligne que, tandis que la Mère et le Fils se consumaient en silence pour le salut du monde, une seule personne sur la terre savait ce qui se tramait.

« Seul saint Joseph savait ce que Nous étions en train de faire. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 21, 30 avril 1927[27]

Les fonctions de saint Joseph dans le Royaume caché de Nazareth — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Garder ce secret sans le divulguer, l'envelopper de travail et de silence, c'est la forme propre de la sainteté de Joseph. Le Livre du Ciel rejoint ici l'Évangile, qui ne rapporte de lui aucune parole : son obéissance est tout entière dans ses actes. Jésus va jusqu'à dire que, lorsqu'il donne à Luisa un confesseur fidèle, il le considère « comme remplissant l'office de saint Joseph et de ma Mère »[28], tant la fonction de gardien lui paraît élevée.

Le travail de Nazareth, sanctifié dans la Divine Volonté

Saint Joseph charpentier (Georges de La Tour, vers 1642). L'atelier de Nazareth, lieu d'un travail que Jésus dit accompli « avec » Joseph.

Aucun trait de saint Joseph n'est plus connu que son travail manuel. Le Livre du Ciel en fait l'un des lieux où la Divine Volonté circule réellement entre les membres de la Sainte Famille.

« C'est l'Amour qui courait »

Dans le tome 32 (16 avril 1933), Jésus décrit sa vie cachée comme une conquête d'amour continuelle. Le travail partagé avec Joseph y tient une place explicite : non pas une nécessité subie, mais un débordement d'amour.

« Ainsi, lorsque Je travaillais avec saint Joseph pour nous procurer les nécessités de la vie, c'est l'Amour qui courait. Ce sont des conquêtes et des triomphes que Je remportais. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 32, 16 avril 1933[29]

Le Dieu qui aurait pu, d'un seul Fiat, mettre toute chose à sa disposition[30], choisit d'abaisser ses mains au bois et aux clous, aux côtés de Joseph, par amour. C'est dans ce travail commun que Jésus dit avoir « prolongé sa vie de Nazareth en chaque créature »[31] : tout chrétien qui travaille pour Dieu retrouve quelque chose de l'atelier de Joseph.

Marteler le bois, marteler la volonté humaine

Luisa pousse plus loin la contemplation de ce travail. Suivant Jésus dans ses actes cachés, elle entend dans le geste du charpentier une portée spirituelle.

« En martelant le bois, Tu martèles la volonté humaine pour la détruire afin que ta Divine Volonté puisse se lever au milieu des créatures. » — Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 23, 11 mars 1928[32]

Le travail ordinaire de Nazareth offert dans la Divine Volonté — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le travail de Nazareth devient ainsi une parabole de la Divine Volonté elle-même : patient, répété, humble, il défait peu à peu la volonté propre pour faire place au règne de Dieu. Et Luisa précise que son « je t’aime » coule jusque « dans les rivières d’amour qui passent entre toi, ta Maman et saint Joseph »[33] : la Divine Volonté circule entre les trois comme un même fleuve.

Le silence, l'obéissance et le « fiat » de Joseph

Le mot-clé de la Divine Volonté est le Fiat — « qu'il soit fait ». Or l'Évangile montre Joseph posant, sans une parole, des actes d'obéissance parfaite : prendre Marie chez lui, partir pour l'Égypte, revenir. Le Magistère y voit la forme la plus pure du fiat.

« Dans chaque circonstance de sa vie, Joseph a su prononcer son "fiat", tout comme Marie à l'Annonciation. » — Pape François, Patris Corde, n. 3[34]

Cette parole du pape François éclaire de l'intérieur ce que dit Luisa. Si Joseph vit dans les reflets de la Divine Volonté, c'est parce que toute sa vie est un fiat silencieux et continu. Il n'a pas eu besoin de discours : son obéissance était son langage. Jean-Paul II nomme cela « l'obéissance de la foi »[35], et il rappelle que « Joseph fit ce que l'Ange du Seigneur lui avait prescrit »[36] — formule que l'Écriture répète à chaque ordre divin reçu.

Le fiat silencieux de Joseph exprimé par ses actes — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Ainsi, là où la Vierge prononce un Fiat explicite à l'Annonciation, Joseph prononce un fiat d'actes. Les deux convergent vers la même réalité que Luisa appelle vivre dans la Divine Volonté : laisser Dieu décider, opérer et régner. Saint Joseph en est, dans l'ordre de la vie ordinaire, le premier témoin parfait.

Une chronologie de saint Joseph dans le « Livre du Ciel »

Les mentions de saint Joseph parcourent les tomes du Livre du Ciel sur plus de trente ans, depuis les premières visions de la grotte de Bethléem jusqu'aux grandes pages sur le Royaume. La frise suivante en retient les jalons les plus significatifs.

  1. 26 décembre 1900 — tome 4
    Joseph et Marie en extase devant l'Enfant

    La présence continuelle de l'Enfant Jésus tient « Joseph et Marie plongés dans une extase continuelle » ; sans un prodige, ils n'auraient pu vaquer à leurs devoirs[37].

  2. 14 août 1912 — tome 11
    Jésus travaille le bois avec son père adoptif

    Jésus rappelle qu'il a abaissé ses mains « à travailler le bois, à enfoncer des clous, aidant ainsi mon père adoptif Joseph », et qu'il prolonge cette vie de Nazareth en chaque créature qui travaille pour lui[38].

  3. 25 décembre 1920 — tome 12
    Le gardien de la grotte

    Dans la grotte de Bethléem, « saint Joseph ne me privait jamais d'un peu de lumière ou d'une petite lampe pendant la nuit » : image de la veille attentive du gardien[39].

  4. 15 juin 1926 — tome 19
    Tuteur, coopérateur et surveillant

    Jésus déclare avoir choisi Joseph « en tant que tuteur, coopérateur et surveillant de la Reine Souveraine et Moi »[40].

  5. 30 avril 1927 — tome 21
    Seul Joseph savait

    Parmi les hommes, « seul saint Joseph savait ce que Nous étions en train de faire » pour le salut du monde[41].

  6. 7 juillet 1928 — tome 24
    « Les reflets de notre Volonté » et le Premier ministre

    Page maîtresse : la Divine Volonté régnait à Nazareth, « saint Joseph vivait dans les reflets de notre Volonté », et Jésus l'avait « comme Premier ministre » d'un Royaume encore sans peuple[42].

  7. 31 mai 1931 — tome 29
    Tous trois vivaient dans le Royaume

    « La Reine du ciel, le Roi céleste Jésus et saint Joseph vivaient dans le Royaume de la Divine Volonté » ; ce Royaume « n'est pas étranger à la terre »[43].

  8. 16 avril 1933 — tome 32
    Le travail comme conquête d'amour

    « Lorsque Je travaillais avec saint Joseph pour nous procurer les nécessités de la vie, c'est l'Amour qui courait »[44].

Cette chronologie montre une figure qui ne cesse de grandir au fil des tomes : d'abord présence silencieuse dans les scènes de l'enfance, Joseph devient peu à peu, sous la plume de Luisa, le premier habitant terrestre du Royaume de la Divine Volonté après Jésus et Marie.

Ce que Joseph enseigne à qui veut vivre dans la Divine Volonté

L'intérêt de ce dossier n'est pas seulement historique ou contemplatif. Saint Joseph offre un chemin praticable à ceux qui désirent vivre dans la Divine Volonté sans recevoir de grâces extraordinaires.

Un modèle pour les « petits »

Joseph n'a ni visions racontées, ni paroles consignées, ni mission publique. Il a un atelier, une famille, des devoirs, des soucis matériels — Jésus rappelle qu'il était « si pauvre qu'il avait besoin de travailler pour soutenir notre famille »[45]. Et c'est dans cette vie entièrement ordinaire qu'il habite le Royaume le plus haut. Il prouve que la Divine Volonté ne se mesure pas aux phénomènes, mais au consentement : un travail offert, un silence gardé, une obéissance immédiate suffisent à laisser Dieu régner.

Cette leçon rejoint le titre que la tradition de la Divine Volonté donne à Luisa elle-même, « petite fille de la Divine Volonté » : Dieu choisit les petits pour les plus grandes œuvres. Pour la suite de cette pédagogie, voir pourquoi Luisa est appelée la petite fille de la Divine Volonté.

Entrer dans le Royaume par des actes simples

Concrètement, imiter Joseph signifie offrir le travail présent, accomplir le devoir d'état comme un acte d'amour, et renouveler souvent un fiat silencieux. Luisa décrit ce mouvement par l'acte prévenant du matin, où l'âme consacre dès le début du jour ses pensées, ses paroles et ses actions à la Divine Volonté. Joseph en est le modèle vivant : chacun de ses gestes était déjà cet acte offert. Pour la pratique, voir comment commencer l'acte prévenant du matin.

Le chemin quotidien de Joseph pour vivre dans les reflets de la Divine Volonté — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Demander à saint Joseph d’introduire dans ce Royaume est, dans la logique du Livre du Ciel, parfaitement cohérent : celui que Jésus appelait son « Premier ministre » peut bien présenter les âmes au Roi qu’il a servi. La dévotion traditionnelle l’avait pressenti : sainte Thérèse d’Avila confiait n’avoir jamais demandé une grâce à saint Joseph sans l’obtenir[46].

Une lecture qui demeure dans la foi de l'Église

Tout ce qui précède relève d'une révélation privée. Les écrits de Luisa Piccarreta ne sont pas l'Évangile et n'obligent pas la foi ; ils proposent une contemplation que l'Église discerne. Sur le statut exact de ces textes et leur examen par le Saint-Siège, voir les écrits de Luisa sont-ils approuvés par l'Église ?.

Le critère de lecture reste l'harmonie avec la foi. Or, sur saint Joseph, cette harmonie est manifeste : ce que Luisa décrit — un homme totalement consentant, gardien du mystère, obéissant en actes — est exactement ce que le Magistère célèbre dans Redemptoris Custos et Patris Corde. Le Livre du Ciel ne contredit pas l'Évangile ; il en prolonge la méditation.

Ne pas confondre les deux Joseph

Une précision évite une confusion fréquente. Le Livre du Ciel mentionne aussi Joseph le patriarche de l'Ancien Testament, fils de Jacob, que Jésus présente comme « le symbole du pouvoir » qui sera celui des enfants de la Divine Volonté, parce qu'il ne laissa pas son peuple périr de faim[47]. Ce Joseph d'Égypte n'est pas saint Joseph de Nazareth : l'un est une figure annonçant le Royaume, l'autre en est un habitant réel. Les deux se rejoignent toutefois dans une même idée : par Joseph, le peuple reçoit le pain — hier le froment d'Égypte, demain « le pain de ma Volonté »[48].

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Évangile selon saint Matthieu 1, 19 : « Joseph, son époux, qui était un homme juste… ». Traduction liturgique officielle.

    1 7
  2. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 24, 7 juillet 1928 — page maîtresse : la Divine Volonté régnait à Nazareth ; « saint Joseph vivait dans les reflets de notre Volonté » ; Jésus l'avait « comme Premier ministre » ; Nazareth, « point de rappel du Royaume ».

    2 4 14 16 17 20 21 26 42
  3. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 29, 31 mai 1931 — « La Reine du ciel, le Roi céleste Jésus et saint Joseph vivaient dans le Royaume de la Divine Volonté » ; ce Royaume « n'est pas étranger à la terre ».

    3 15 22 43
  4. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 19, 15 juin 1926 — « J'ai choisi Joseph en tant que tuteur, coopérateur et surveillant de la Reine Souveraine et Moi. »

    5 25 40
  5. Saint Jean-Paul II, Redemptoris Custos, 15 août 1989, n. 4 : « Ce qu'il fit est pure "obéissance de la foi". »

    6 12 35
  6. Évangile selon saint Luc 2, 4-7.39-52 : Bethléem, présentation au Temple, retour et vie cachée à Nazareth ; « Jésus grandissait en sagesse, en taille et en grâce » (Lc 2, 52).

    8
  7. Catéchisme de l'Église catholique, § 533 : la vie cachée de Nazareth, école du silence, du travail et de l'obéissance ordinaire.

    9
  8. Sacrée Congrégation des Rites, décret Quemadmodum Deus, 8 décembre 1870, par lequel le bienheureux Pie IX déclare saint Joseph Patron de l'Église universelle et élève sa fête du 19 mars.

    10
  9. Léon XIII, encyclique Quamquam Pluries, 15 août 1889, sur la dévotion à saint Joseph et son patronage sur l'Église.

    11
  10. J. L. Iannuzzi, Le don de la vie dans la Divine Volonté dans les écrits de Luisa Piccarreta, thèse de doctorat en théologie, Université pontificale grégorienne (Rome), 2012, chap. IV : § 4.1.2.1.4 « Faire » et « Vivre dans » la Divine Volonté (pp. 135-136) pour la distinction faire / vivre dans ; § 4.1.28 « La grâce sacramentelle et le don de la vie dans la Divine Volonté » (pp. 187 sq.) sur la complémentarité du don avec les sacrements.

    13
  11. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 30, 20 mars 1932 — pendant la vie cachée, « tout le bien se faisait entre Moi et le Père du Ciel, ma céleste Mère et le cher saint Joseph ».

    18
  12. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 17, 24 décembre 1924 — à la Nativité, « saint Joseph et les anges priaient aussi ».

    19
  13. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 27, 21 octobre 1929 — « Personne, pas même saint Joseph ne savait, au début de ma Conception, que J'étais déjà parmi eux. »

    23
  14. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 24 janvier 1921 — dans le second Fiat, Marie seule fut spectatrice : « même saint Joseph n'en sut rien », jusqu'à ce que Jésus le lui révèle.

    24
  15. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 21, 30 avril 1927 — « Seul saint Joseph savait ce que Nous étions en train de faire. »

    27 41
  16. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 25 décembre 1920 — Jésus considère le confesseur fidèle comme remplissant « l'office de saint Joseph et de ma Mère ».

    28
  17. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 32, 16 avril 1933 — « lorsque Je travaillais avec saint Joseph pour nous procurer les nécessités de la vie, c'est l'Amour qui courait » ; un seul Fiat aurait suffi, mais Jésus travaille par amour.

    29 30 44
  18. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 11, 14 août 1912 — Jésus travaille le bois en aidant son père adoptif Joseph ; il prolonge sa vie de Nazareth en chaque créature.

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  19. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 23, 11 mars 1928 — Luisa suit Jésus dans son travail caché : « en martelant le bois, Tu martèles la volonté humaine » ; rivières d'amour entre Jésus, Marie et Joseph.

    32 33
  20. Pape François, lettre apostolique Patris Corde, 8 décembre 2020, section 3 (« Père dans l'obéissance ») : « Dans chaque circonstance de sa vie, Joseph a su prononcer son "fiat", tout comme Marie à l'Annonciation. »

    34
  21. Saint Jean-Paul II, exhortation apostolique Redemptoris Custos, 15 août 1989, n. 3 : « Joseph fit ce que l'Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse. »

    36
  22. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 4, 26 décembre 1900 — la présence de l'Enfant tient Joseph et Marie en extase continuelle.

    37
  23. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 25 décembre 1920 — saint Joseph veille sur la grotte et ne prive jamais l'Enfant d'un peu de lumière.

    39
  24. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 20, 6 janvier 1927 — saint Joseph, gardien et homme vierge, « si pauvre qu'il avait besoin de travailler pour soutenir notre famille ».

    45
  25. Sainte Thérèse d'Avila, Le Livre de la Vie, chapitre 6 : la sainte témoigne de l'efficacité constante de sa dévotion à saint Joseph, dont elle dit n'avoir jamais demandé une grâce sans l'obtenir.

    46
  26. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 21, 8 avril 1927 — Joseph le patriarche d'Égypte, « symbole du pouvoir » des enfants de la Divine Volonté, qui empêche le peuple de périr de faim ; à distinguer de saint Joseph de Nazareth.

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