Comment vivre la Divine Volonté sans sacrements disponibles ?

Maladie, prison, persécution, absence de prêtre : quand les sacrements manquent, Dieu n'est pas lié à ses sacrements. Contrition parfaite, communion spirituelle et la « communion perpétuelle » de la Divine Volonté que rien ne peut empêcher.

Ignispedia

Comment vivre la Divine Volonté quand les sacrements ne sont pas disponibles ? La question n'est ni théorique ni marginale : elle se pose au malade cloué au lit, au prisonnier, au fidèle confiné, au missionnaire isolé, au chrétien persécuté, à celui qu'aucun prêtre ne peut atteindre. Elle s'est posée avec une acuité nouvelle lors des confinements de 2020, quand des millions de catholiques se sont retrouvés, du jour au lendemain, privés des sacrements.[1]

La réponse catholique tient en deux mouvements qu'il ne faut jamais séparer. D'un côté, les sacrements demeurent les voies ordinaires et irremplaçables de la grâce : on ne s'en passe jamais de gaieté de cœur, et celui qui le peut doit y courir. De l'autre, Dieu n'est pas prisonnier de ses propres sacrements : quand l'âme est sincèrement empêchée, il a prévu des voies extraordinaires — la contrition parfaite, la communion spirituelle — par lesquelles il continue de se donner.

C'est ici que la spiritualité de la Divine Volonté, révélée à la Servante de Dieu Luisa Piccarreta, déploie une lumière propre. Jésus y enseigne une communion perpétuelle dans son vouloir, « sujette à aucun empêchement », que ni la maladie, ni l'absence de prêtre, ni la persécution ne peuvent interrompre.[2] Loin d'être un substitut commode qui dispenserait de l'autel, cette communion continuelle est le prolongement du sacrément désiré : elle suppose la faim de l'Eucharistie, et la transforme en union ininterrompue. Cet article tient les deux ensemble — la rigueur catholique sur la valeur des sacrements, et la profondeur mystique offerte à qui en est privé malgré lui.

Quand les sacrements viennent à manquer

Avant de répondre, il faut prendre au sérieux la souffrance que recouvre la question. Être privé des sacrements n'est pas une situation neutre : c'est une vraie pauvreté, et c'est souvent le signe d'un vrai amour.

Des situations réelles, jamais des prétextes

Les cas où les sacrements deviennent inaccessibles sont nombreux et concrets :

  • la maladie ou le grand âge qui clouent au lit et empêchent de se rendre à l'église ;
  • le confinement sanitaire, qui a fermé les églises et suspendu les messes publiques en 2020 ;[3]
  • la prison et la persécution, qui privent des chrétiens entiers de prêtre, parfois pour des générations ;
  • l'isolement géographique des missions, des marins, des soldats, des explorateurs ;
  • l'absence de prêtre, dans des régions où un curé dessert des dizaines de clochers ;
  • les situations irrégulières qui, sans interdire la prière, empêchent provisoirement d'accéder à la communion.

Dans tous ces cas, le point commun est décisif : l'âme ne peut pas recevoir les sacrements, alors qu'elle le voudrait. Cette distinction — ne pas pouvoir et non ne pas vouloir — commande toute la réponse, comme on le verra.

Une privation qui révèle un amour

Loin d'être un détail de discipline, la faim des sacrements est le signe d'une foi vivante. Celui que la privation déchire montre qu'il croit vraiment à la présence réelle : on ne pleure que ce qu'on aime. Cette douleur a une valeur d'offrande. Jésus dit à Luisa qu'il récompense précisément la privation acceptée par amour — non pour la dévaloriser, mais pour la transfigurer.[4]

C'est pourquoi la bonne manière d'aborder la question n'est pas de chercher comment se passer des sacrements, mais comment rester uni au Christ quand ils manquent — sans jamais cesser de les désirer. Les questions voisines de la bonne manière de recevoir la communion et de la validité de la messe traitent du cas normal où l'autel est accessible ; le présent article traite du cas où il ne l'est pas.

Dieu n'est pas prisonnier de ses sacrements

La première certitude à poser est un principe catholique : Dieu a confié sa grâce aux sacrements, mais il ne s'y est pas enfermé. Cette vérité libère sans rien retirer aux sacrements.

« Dieu n'est pas lié à ses sacrements »

Le Catéchisme de l'Église catholique énonce ce principe à propos du baptême :

« Dieu a lié le salut au sacrement du Baptême, mais il n'est pas lui-même lié à ses sacrements. »[5]

Contrition parfaite et communion spirituelle : deux voies extraordinaires enseignées par l'Église, qui incluent le désir de revenir aux sacrements dès qu'ils sont accessibles. Infographie Ignispedia.

Autrement dit : les sacrements sont les canaux ordinaires que Dieu a institués et qu'il nous ordonne d'emprunter ; mais sa toute-puissance et sa miséricorde ne sont pas captives de ces canaux. Quand un homme, sans faute de sa part, est empêché d'y accéder, Dieu garde mille manières de lui donner la grâce qu'il aurait reçue par le sacrement. Ce n'est pas une faille du système sacramentel : c'est la liberté souveraine de l'Amour, qui ne se laisse arrêter par aucun obstacle extérieur.

Baptême de sang, baptême de désir

L'Église a toujours tiré de ce principe des conséquences précises. Pour le sacrement le plus nécessaire au salut, le baptême, elle reconnaît deux suppléances quand l'eau fait défaut. Le baptême de sang : ceux « qui subissent la mort en raison de la foi, sans avoir reçu le Baptême, sont baptisés par leur mort pour et avec le Christ ».[6] Le baptême de désir : le catéchumène qui meurt avant le sacrement obtient le salut par « son désir explicite de le recevoir, uni à la repentance de ses péchés et à la charité ».[7] Ces suppléances « portent les fruits du Baptême sans être sacrement ».[8]

Cette même logique, l'Église l'applique à toute la vie sacramentelle : le désir sincère, joint à la charité, obtient le fruit que le sacrement empêché ne peut plus donner par lui-même. C'est ce qu'enseignent, on va le voir, la contrition parfaite et la communion spirituelle.

Ce que ce principe n'autorise pas

Aussitôt, une mise en garde s'impose, car cette doctrine est régulièrement détournée. Que Dieu ne soit pas lié à ses sacrements n'autorise jamais à les négliger, à les mépriser ou à s'en croire dispensé. Le baptême de désir ne sauve que celui qui aurait reçu le baptême s'il l'avait pu ; la contrition parfaite n'efface le péché mortel que si elle « comporte la ferme résolution de recourir dès que possible à la confession sacramentelle ».[9] La voie extraordinaire inclut le désir de la voie ordinaire : elle la supplée, elle ne la remplace pas.

C'est exactement la position du père Iannuzzi pour le temps de la pandémie. Avant de proposer la moindre suppléance, il commence par exhorter à chercher d'abord les sacrements : se confesser et communier dès que possible, « rester en contact avec ces prêtres qui sont fidèles à la doctrine immuable du Magistère ».[10] La vie dans la Divine Volonté, on le redira, s'inscrit dans cette même hiérarchie : elle ne dispense pas de l'autel, elle y conduit.

Les voies extraordinaires que l'Église enseigne

Quand les sacrements manquent vraiment, l'Église ne laisse pas l'âme démunie : elle lui enseigne depuis toujours deux exercices précis, accessibles partout, à toute heure, sans prêtre.

La contrition parfaite, à défaut de confession

Le moyen ordinaire du pardon des péchés graves est la confession sacramentelle. Mais l'Église enseigne un moyen extraordinaire quand ce sacrement est inaccessible : l'acte de contrition parfaite. Le Catéchisme est formel :

« Quand elle provient de l'amour de Dieu aimé plus que tout, la contrition est appelée "parfaite" (contrition de charité). Une telle contrition remet les fautes vénielles ; elle obtient aussi le pardon des péchés mortels, si elle comporte la ferme résolution de recourir dès que possible à la confession sacramentelle. »[11]

Le droit de l'Église prévoit explicitement ce cas : celui qui a conscience d'être en état de péché grave ne communiera pas « sans recourir auparavant à la confession sacramentelle, à moins d'un motif grave et qu'il ne soit dans l'impossibilité de se confesser ; en ce cas, il n'oubliera pas qu'il est tenu par l'obligation de faire un acte de contrition parfaite, qui inclut la résolution de se confesser au plus tôt ».[12] La différence avec la contrition imparfaite (l'attrition, née de la crainte du châtiment) est essentielle : seule la contrition « parfaite », née de l'amour de Dieu par-dessus tout, obtient hors confession le pardon du péché mortel.[13] Le pardon n'est donc jamais hors de portée, même seul, même la nuit, même mourant sans prêtre : il suffit de se tourner vers Dieu avec un cœur qui l'aime plus que tout et qui veut sincèrement se confesser dès qu'il le pourra.

La communion spirituelle, ou communion de désir

Pour l'Eucharistie, l'Église propose la communion spirituelle : un acte de foi et de désir par lequel on demande à Jésus de venir spirituellement dans son cœur, « comme si on le recevait sacramentellement — Corps, Sang, Âme et Divinité ».[14] Cette pratique n'est pas un pis-aller récent : le Concile de Trente l'enseigne avec autorité. Distinguant trois manières de recevoir l'Eucharistie — sacramentellement seulement (les pécheurs), spirituellement seulement, et sacramentellement et spirituellement (les bien disposés) —, le concile loue ceux qui, « mangeant par le désir le pain céleste qui leur est offert, avec cette foi vive qui opère par la charité (Ga 5, 6), en ressentent le fruit et l'utilité ».[15]

Saint Alphonse de Liguori, s'appuyant sur saint Thomas, en donne la définition retenue par toute la tradition : la communion spirituelle consiste « dans un ardent désir de recevoir Jésus-Hostie et dans un acte d'amour tel qu'on le ferait si on l'avait reçu sacramentellement ».[16] Saint Thomas avait posé le principe — l'effet du sacrement peut être reçu par le désir (in voto), sans le recevoir en réalité (in re)[17] ; saint Alphonse en tire la formule, et affirme que ces communions « sont très agréables à Dieu et procurent de grandes grâces », au point que les âmes ferventes les multipliaient, et il rappelle que le Concile de Trente « loue grandement la communion spirituelle » et engage les fidèles à la pratiquer.[18]

Saint Jean-Paul II a fait sienne cette tradition dans son encyclique sur l'Eucharistie, citant sainte Thérèse d'Avila :

« Lorsque vous entendrez la messe sans y communier, vous pourrez y communier spirituellement, parce que cette pratique sainte est extrêmement utile. […] Son amour s'imprime ainsi merveilleusement dans l'âme. »[19]

La communion spirituelle, soulignait le pape, « s'est heureusement répandue depuis des siècles » dans l'Église et « est recommandée par de saints maîtres de vie spirituelle ».[20] Elle est gratuite, immédiate, sans condition extérieure — comme le notait la bienheureuse Jeanne de la Croix, elle « ne réclame ni jeûne, ni permission du directeur ; nous pouvons la faire à toute heure : un acte d'amour, il n'en faut pas davantage ».[21]

L'acte de communion spirituelle

La formule transmise par saint Alphonse, reprise presque mot pour mot par le père Iannuzzi pour le temps de la pandémie, peut se dire en quelques secondes, plusieurs fois par jour :

« Mon Jésus, je crois à votre présence dans le très Saint Sacrement. Je vous aime plus que toute chose et je désire que vous veniez dans mon âme. Je ne puis maintenant vous recevoir sacramentellement dans mon cœur : venez-y au moins spirituellement. Je vous embrasse comme si vous étiez déjà venu, et je m'unis à vous tout entier. Ne permettez pas que j'aie jamais le malheur de me séparer de vous. »[22]

Voilà déjà, pour tout catholique privé de sacrements, une réponse solide et pleinement ecclésiale. La spiritualité de la Divine Volonté ne la contredit pas : elle la porte à son sommet.

La Divine Volonté : une communion que rien ne peut empêcher

C'est ici l'apport propre du Livre du Ciel. Jésus y enseigne à Luisa que vivre dans la Divine Volonté est en soi une communion continuelle, d'une nature telle qu'aucun obstacle extérieur ne peut l'interrompre.

« Il suffit que l'âme la veuille »

Le texte décisif est daté du 23 mars 1910. Luisa s'attendait presque à entendre que vivre dans la Volonté divine serait « plus grand que la communion elle-même » ; Jésus le lui confirme — non pour rabaisser le sacrement, mais pour en montrer le prolongement sans limite :

« La communion sacramentelle dure quelques minutes. Alors que la Vie dans ma Volonté est une communion perpétuelle, plus encore, une communion éternelle : elle se prolonge éternellement dans le Ciel. La communion sacramentelle peut rencontrer des obstacles : par exemple, on peut ne pas pouvoir communier à cause de la maladie ou pour d'autres raisons, ou encore celui qui doit l'administrer peut être indisposé. La communion dans ma Divine Volonté n'est sujette à aucun empêchement. Il suffit que l'âme la veuille et c'est fait. »[23]

La communion dans la Divine Volonté ne remplace pas la communion sacramentelle : elle la désire et la prolonge lorsque l'autel est inaccessible. Infographie Ignispedia d'après le Livre du Ciel, tomes 6, 8 et 9.

Le passage vise explicitement notre question : la maladie, les « autres raisons », le ministre empêché — c'est-à-dire l'absence de prêtre. Jésus ajoute que cette communion-là, « personne ne peut empêcher l'âme d'obtenir ce si grand bien, lequel constitue le bonheur de la terre et du Ciel : ni les démons, ni les créatures, ni même mon omnipotence elle-même. L'âme est libre ».[24] Là où la persécution peut fermer une église, confisquer un ciboire ou emprisonner un prêtre, elle ne peut rien contre une volonté unie à la Volonté de Dieu.

Une communion « continuelle comme la respiration »

Cette doctrine n'est pas une nouveauté de 1910 : dès 1903, Jésus l'avait annoncée à Luisa, en pleine privation de la communion sacramentelle. Il lui révèle que le saint désir de le recevoir, joint au sacrifice accepté quand on ne le peut pas, procure une union qui ne s'arrête jamais :

« Il en résulte pour elle non seulement une communion par jour, comme l'Église le permet, mais une communion continuelle, au même titre que la respiration est continuelle. Il s'agit de communions d'amour le plus pur, en esprit seulement, pas avec le corps ; et comme l'esprit est plus parfait que le corps, l'amour y est plus intense. »[25]

La privation elle-même devient le combustible de cette communion : « Ta privation de Moi excite ton désir. Et, à travers ce désir ardent, ton âme respire Dieu », dit Jésus. Et Dieu, enflammé par ce désir de l'âme : « Il respire cette âme. »[26] L'âme empêchée de communier sacramentellement n'est donc pas exclue de l'union : son désir brûlant la fait « respirer Dieu » à chaque instant.

Qui Jésus récompense : « celui qui ne peut pas me recevoir »

C'est dans ce même texte que se trouve la clé pastorale de toute la question. Jésus précise qui reçoit cette communion continuelle :

« C'est de cette façon que Je récompense, non pas celui qui ne veut pas Me recevoir, mais celui qui ne peut pas Me recevoir et qui M'offre cela pour Me contenter. »[27]

Tout est dans cette distinction. La communion perpétuelle dans la Divine Volonté n'est pas offerte au tiède qui se dispense des sacrements par paresse ou par mépris : celui-là « ne veut pas ». Elle est offerte à celui qui « ne peut pas » — le malade, le prisonnier, le persécuté, le fidèle privé de prêtre — et qui offre sa privation à Dieu comme un sacrifice d'amour. La condition n'est donc pas l'indifférence aux sacrements, mais leur désir contrarié et offert.

Vivre dans la Volonté est déjà une communion

Enfin, Jésus enseigne que la vie dans sa Volonté est, par nature même, communion ininterrompue :

« Ma Volonté est communion continuelle avec l'âme. C'est non seulement une fois par jour, mais à chaque heure, à chaque instant, que l'âme qui fait ma Volonté est en étroite communion avec Moi. »[28]

Faire la Volonté de Dieu, à chaque acte, c'est déjà recevoir Dieu : chaque pensée, parole et œuvre accomplie dans son vouloir devient un point de contact réel avec lui. Celui qui ne peut plus s'approcher de l'autel peut, lui, faire de toute sa journée une communion. C'est précisément ce que développe l'article sur le don de vivre dans la Divine Volonté.

Vivre concrètement la Divine Volonté privé de sacrements

Une journée dans la Divine Volonté : acte prévenant, actes actuels, tournées et communion spirituelle entretiennent une union continuelle. Infographie Ignispedia.

Cette communion perpétuelle n'est pas un état vague : elle s'exerce par des actes précis, que la spiritualité de Luisa appelle à poser jour après jour, et qui ne demandent ni prêtre, ni église, ni objet.

Commencer la journée par l'acte prévenant du matin

Le premier acte est de donner sa volonté à Dieu dès le réveil, avant que la sienne ne se mette en mouvement, pour que toute la journée soit accomplie « dans » la Volonté divine et non seulement « selon » elle. C'est l'acte prévenant du matin : un offertoire de tout son être, qui transforme d'avance chaque battement de cœur et chaque souffle en acte divin. Pour l'âme privée de sacrements, cet acte est capital : il fait de la journée entière la « messe » que les circonstances lui refusent à l'autel.

Faire les tournées dans la création

Luisa enseigne aussi à parcourir toute la création et toute la vie du Christ pour y déposer son amour et sa réparation : ce sont les tournées dans la Divine Volonté. Dans l'une d'elles, l'âme parcourt précisément les sacrements, joignant son « Je t'aime » à chaque baptême administré, à chaque absolution, à chaque hostie consacrée dans le monde. Le fidèle privé d'Eucharistie peut ainsi, par la pensée et l'amour, s'unir à toutes les messes célébrées sur la terre à cet instant — une manière de communier au sacrifice eucharistique universel quand le sien est empêché.

Se fondre dans la Volonté divine

L'exercice le plus intérieur est de se fondre dans la Volonté de Dieu : dissoudre sa propre volonté dans la sienne au point de ne plus faire qu'un seul vouloir. C'est l'objet de l'article se fondre dans la Divine Volonté. Cette fusion réalise la « communion continuelle » du tome 8 : l'âme ne reçoit plus seulement le Christ à des instants donnés, elle demeure en lui sans interruption.

Désirer ardemment les sacrements absents

Aucun de ces actes ne dispense du désir des sacrements ; au contraire, ils le nourrissent. L'âme qui vit dans la Divine Volonté privée de l'Eucharistie multiplie les communions spirituelles, fait des actes de contrition parfaite, et tient son cœur tendu vers le jour où elle pourra de nouveau s'approcher de l'autel. Le désir n'est pas une frustration stérile : il est, selon le mot de Jésus à Luisa, ce par quoi l'âme « respire Dieu ».[29]

Témoins : la foi vécue quand l'autel manque

Trois contextes, un même fil : foi, désir et offrande lorsque l'autel manque. Infographie Ignispedia.

Cette doctrine n'est pas restée théorique. L'histoire de l'Église est pleine d'âmes qui ont gardé — et transmis — la foi sans sacrements, parfois pendant des siècles.

Les chrétiens cachés du Japon

Une « Maria Kannon » : sous l'apparence d'une divinité bouddhique de la miséricorde, les chrétiens cachés du Japon vénéraient la Vierge. Privés de prêtres de 1639 à 1865, ils gardèrent la foi par le baptême, la prière et le désir des sacrements.

L'exemple le plus stupéfiant est celui des kakure kirishitan, les chrétiens cachés du Japon. Après les édits de proscription et la fermeture du pays achevée en 1639, des communautés entières ont vécu plus de deux siècles (1639-1865) sans aucun prêtre, sans messe, sans confession, sans Eucharistie : des sacrements, seul le baptême fut conservé — transmis au sein des familles par des baptiseurs laïcs (les mizukata) — tandis qu'étaient gardées en outre les prières apprises par cœur (orasho : le Pater, l'Ave et le Credo transmis oralement) et le calendrier liturgique gardé de mémoire.[30] Quand, le 17 mars 1865, le père Bernard Petitjean accueillit dans l'église d'Ōura à Nagasaki (bénie en février 1865) ces descendants de chrétiens cachés, ils lui confièrent qu'ils avaient gardé la foi transmise de génération en génération. Leur fidélité, racontée dans les articles sur l'Église au Japon et sur les missions jésuites au Japon, montre qu'une vie chrétienne intense peut survivre, par le désir et la prière, à la disparition prolongée des sacrements — sans jamais cesser de les espérer.

Le cardinal Van Thuân : une prison changée en cathédrale

Plus près de nous, le cardinal vietnamien François-Xavier Nguyên Van Thuân (1928-2002) fut emprisonné par le régime communiste pendant treize ans (1975-1988), dont neuf en isolement, sans jamais être jugé. Privé de tout, il obtint de l'extérieur quelques gouttes de vin — sous l'étiquette « médicament contre les maux d'estomac » — et de minuscules fragments d'hostie. Chaque jour où ce ravitaillement lui parvenait, il célébrait la messe au creux de sa main :

« Chaque jour, avec trois gouttes de vin et une goutte d'eau dans la paume de la main, je célébrais la messe. »[31]

Quand même cela lui manquait, il vivait de la communion du désir et de l'offrande de sa détention. Devenu cardinal, c'est lui que saint Jean-Paul II choisit pour prêcher la retraite de carême de la Curie romaine en l'an 2000, sous le titre Témoins de l'espérance ; l'Église l'a déclaré vénérable en 2017.[32] Sa vie est la démonstration que l'union au Christ ne dépend pas d'abord des circonstances, mais de la volonté offerte.

Luisa elle-même, dépendante des prêtres

Luisa Piccarreta (1865-1947, photographie d'archive, domaine public). À elle Jésus révèle la « communion perpétuelle » sans empêchement — alors qu'elle-même reste, sa vie durant, dépendante des prêtres et avide de l'Eucharistie quotidienne.

Il y a enfin un paradoxe éclairant : Luisa Piccarreta, à qui Jésus révèle la communion perpétuelle « sans empêchement », vécut elle-même clouée au lit pendant des décennies, dans une étroite dépendance au ministère des prêtres : c'est par l'obéissance à son confesseur qu'elle tenait son état, allant jusqu'à lui demander la permission de s'asseoir dans son lit ou de reprendre son ouvrage.[33] Loin de mépriser le sacerdoce, elle demeura affligée de ne pouvoir communier chaque jour et avide de l'Eucharistie.[34] La mystique qui enseigne la communion que rien n'arrête est donc aussi celle qui montre la plus extrême vénération des sacrements : preuve que les deux ne s'opposent jamais.

L'avertissement : la Divine Volonté ne remplace pas les sacrements

Le sacrement donne réellement la grâce ; la disposition du cœur en accueille le fruit. Infographie Ignispedia d'après le Livre du Ciel, tome 11, 25 septembre 1913.

Il faut maintenant fermer la porte à un contresens qui pourrait défigurer tout ce qui précède. La communion perpétuelle dans la Divine Volonté n'est ni un substitut, ni une dispense, ni une religion « sans Église ».

Les sacrements restent source et sommet

L'Eucharistie demeure, selon Vatican II, « source et sommet de toute la vie chrétienne » (Lumen Gentium, 11). La communion spirituelle, écrivait saint Pierre Favre — le « Père Pierre Faber » d'Alphonse, premier compagnon de saint Ignace, canonisé par le pape François le 17 décembre 2013 —, aide puissamment à recevoir dignement la communion sacramentelle[35] : elle tend vers le sacrement, elle ne s'y substitue pas. De même, la vie dans la Divine Volonté prolonge la communion sacramentelle au-delà des quelques minutes où subsistent les espèces — mais elle suppose qu'on ait communié, ou qu'on brûle de le faire. Faire de la Divine Volonté un prétexte pour délaisser la messe ou la confession quand on y a accès serait exactement l'attitude de « celui qui ne veut pas » recevoir le Christ — celui-là même que Jésus oppose à l'âme récompensée.[36]

« Recevoir la communion et rester l'estomac vide »

Jésus avertit d'ailleurs Luisa que le sacrement lui-même ne porte du fruit qu'en proportion de l'union de la volonté à la sienne :

« Les sacrements produisent des fruits selon que l'âme est ajustée à ma Volonté. Si l'âme n'est pas ajustée à ma Volonté, elle peut recevoir la communion et rester l'estomac vide, aller à confesse et rester sale. »[37]

On retrouve l'avertissement de saint Paul : « celui qui mange et boit indignement mange et boit sa propre condamnation » (1 Co 11, 29). La leçon est double : la Divine Volonté ne dévalue pas les sacrements, elle en conditionne le fruit ; et inversement, l'âme privée de sacrements mais parfaitement unie à la Volonté de Dieu peut recevoir plus de grâce qu'un communiant distrait. Ce n'est jamais la matérialité du geste qui sauve, mais la disposition de la volonté ouverte à la grâce.

Dès que les sacrements reviennent, y courir

La conclusion pratique est sans ambiguïté. Tant que les sacrements manquent : contrition parfaite, communion spirituelle, vie continuelle dans la Divine Volonté, désir ardent de l'autel. Dès qu'ils reviennent : on y court. Le père Iannuzzi, après avoir enseigné toutes les suppléances de la pandémie, conclut en exhortant les fidèles à reprendre dès que possible la confession et la communion régulières.[38] La privation, vécue dans la Divine Volonté, n'est jamais une fin : elle est un exil habité par le désir du retour.

En résumé

Que faire lorsque les sacrements sont réellement inaccessibles : chercher les moyens ordinaires, vivre les voies extraordinaires, puis revenir aux sacrements dès que possible. Infographie Ignispedia.

Vivre la Divine Volonté sans sacrements disponibles, c'est tenir ensemble trois certitudes :

  • Dieu n'est pas prisonnier de ses sacrements : à qui en est sincèrement privé, il donne la grâce par des voies extraordinaires — la contrition parfaite à défaut de confession (CEC 1452 ; canon 916), la communion spirituelle à défaut d'Eucharistie (Trente, sess. XIII ; Ecclesia de Eucharistia 34).
  • La Divine Volonté offre une communion perpétuelle que rien n'arrête : « il suffit que l'âme la veuille, et c'est fait ». Elle est donnée non à « celui qui ne veut pas » recevoir le Christ, mais à « celui qui ne peut pas » et qui offre sa privation par amour. Elle se vit par l'acte prévenant du matin, les tournées, la fusion dans le vouloir divin, et le désir multiplié des sacrements absents.
  • Cette communion ne remplace jamais les sacrements : elle les désire, les prolonge, en conditionne le fruit, et conduit à y revenir dès qu'ils sont de nouveau accessibles.

Les chrétiens cachés du Japon, le cardinal Van Thuân au fond de sa cellule, Luisa elle-même clouée à son lit, le disent d'une même voix : ce n'est pas l'autel qui manque qui sépare du Christ, mais la volonté qui se retire. Là où la volonté demeure unie à la sienne, « personne ne peut empêcher l'âme d'obtenir ce si grand bien ».[39]

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Père Joseph L. Iannuzzi, S.T.L., S.Th.D., « Can you please share Prayers of Repentance and Deliverance during the Covid Pandemic when we are w/o the Sacraments ? », Questions et réponses sur la Divine Volonté, Question 5 (page « Questions and Answers » du site ltdw.org ; PDF 5-prayers_for_these_end_times_for_and_end_to_covid_for_confession_communion_and_deliverance.pdf, rédigé pendant les confinements — métadonnées : 6 décembre 2020 ; texte anglais contrôlé le 4 octobre 2026). Le père Iannuzzi y évoque, « selon des prophéties chrétiennes approuvées et l'Écriture sainte » (« according to approved Christian prophesies and Sacred Scripture »), une éclipse publique des sacrements — sans nommer aucune prophétie en particulier, de sorte qu'aucun statut ecclésial précis ne peut être rattaché à cette allusion, et sans que l'article en reprenne la durée chiffrée (aucune date, en fidélité à Mt 24, 36) ; l'exhortation à chercher d'abord la confession (bimensuelle) et la communion (hebdomadaire) — « to seek out the Sacrament of Confession (bi-monthly) and Communion (weekly) » —, et à « rester en contact avec les prêtres fidèles à la doctrine immuable du Magistère » (« to remain in contact with those priests who are loyal to the unchanging doctrine of the Magisterium ») ; et, à défaut, l'acte de contrition parfaite (canon 916, CEC 1451-1453 cités en notes) puis la communion spirituelle, « comme si on l'avait reçu sacramentellement — Corps, Sang, Âme et Divinité » (« as if you received Him sacramentally – Body, Blood, Soul, and Divinity », formule reprise de saint Alphonse). Les citations françaises de l'article traduisent cet original anglais, traductions contrôlées.

    1 3 10 14 38
  2. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 9, entrée du 23 mars 1910 (même éd. — verbatim français contrôlé) — la communion sacramentelle « dure quelques minutes » et peut rencontrer des obstacles (maladie, autres raisons, ministre indisposé), tandis que la communion dans la Divine Volonté « n'est sujette à aucun empêchement. Il suffit que l'âme la veuille et c'est fait » ; « personne ne peut empêcher l'âme d'obtenir ce si grand bien, lequel constitue le bonheur de la terre et du Ciel : ni les démons, ni les créatures, ni même mon omnipotence elle-même ».

    2 23 24 39
  3. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 6, entrée du 5 décembre 1903 (éd. GE – La Volonté Divine – Lumen Luminis, texte pour usage privé — verbatim français contrôlé) — la privation acceptée par amour change en « communion continuelle, au même titre que la respiration est continuelle » ; Jésus récompense « non pas celui qui ne veut pas Me recevoir, mais celui qui ne peut pas Me recevoir et qui M'offre cela pour Me contenter ».

    4 25 26 27 29 36
  4. Catéchisme de l'Église catholique, § 1257 : « Le Seigneur lui-même affirme que le Baptême est nécessaire pour le salut […]. Dieu a lié le salut au sacrement du Baptême, mais il n'est pas lui-même lié à ses sacrements. » Texte officiel sur vatican.va.

    5
  5. Catéchisme de l'Église catholique, § 1258 : « L'Église a toujours tenu la ferme conviction que ceux qui subissent la mort en raison de la foi, sans avoir reçu le Baptême, sont baptisés par leur mort pour et avec le Christ. Ce Baptême du sang, comme le désir du Baptême, porte les fruits du Baptême sans être sacrement. » Texte officiel sur vatican.va.

    6 8
  6. Catéchisme de l'Église catholique, § 1259 : pour les catéchumènes qui meurent avant le Baptême, « leur désir explicite de le recevoir, uni à la repentance de leurs péchés et à la charité, leur assure le salut qu'ils n'ont pas pu recevoir par le sacrement ». Texte officiel sur vatican.va.

    7
  7. Catéchisme de l'Église catholique, § 1452 : « Quand elle provient de l'amour de Dieu aimé plus que tout, la contrition est appelée "parfaite" (contrition de charité). Une telle contrition remet les fautes vénielles ; elle obtient aussi le pardon des péchés mortels, si elle comporte la ferme résolution de recourir dès que possible à la confession sacramentelle. » Texte officiel sur vatican.va.

    9 11
  8. Code de droit canonique (1983), canon 916 : « Qui a conscience d'être en état de péché grave ne célébrera pas la Messe ni ne communiera au Corps du Seigneur sans recourir auparavant à la confession sacramentelle, à moins d'un motif grave et qu'il ne soit dans l'impossibilité de se confesser ; en ce cas, il n'oubliera pas qu'il est tenu par l'obligation de faire un acte de contrition parfaite, qui inclut la résolution de se confesser au plus tôt. » Texte officiel français contrôlé sur vatican.va.

    12
  9. Catéchisme de l'Église catholique, § 1453 : la contrition dite « imparfaite » (attrition), née de la considération de la laideur du péché ou de la crainte de la damnation, « n'obtient pas le pardon des péchés graves, mais elle dispose à l'obtenir dans le sacrement de la Pénitence ». Texte officiel sur vatican.va.

    13
  10. Concile de Trente, session XIII (11 octobre 1551), Décret sur le très saint sacrement de l'Eucharistie, chap. 8 (DH 1648 ; Dz 882) : les Pères distinguent trois manières de recevoir le sacrement — sacramentellement seulement (les pécheurs), spirituellement seulement, et à la fois sacramentellement et spirituellement (les bien disposés). Latin contrôlé : « …qui voto propositum illum coelestem panem edentes, fide viva, quae per dilectionem operatur, fructum eius et utilitatem sentiunt » (éd. Richter, Canones et decreta Concilii Tridentini, sess. XIII, c. 8). Trad. fr. : Denzinger, Symboles et définitions de la foi catholique (Cerf), DH 1648. Trad. anglaise Waterworth confirmée (« eating in desire that heavenly bread which is set before them… by a lively faith which worketh by charity »).

    15
  11. Saint Alphonse de Liguori, Visites au Saint-Sacrement et à la très Sainte Vierge Marie (éd. originale italienne, 1745), chapitre « De la communion spirituelle » : la communion spirituelle « consiste dans un ardent désir de recevoir Jésus-Hostie et dans un acte d'amour tel qu'on le ferait si on l'avait reçu sacramentellement » — formule d'Alphonse d'après saint Thomas, Somme théologique, III, q. 80, a. 1, ad 3 ; « ces communions spirituelles sont très agréables à Dieu et procurent de grandes grâces » ; le même chapitre loue la communion spirituelle avec le Concile de Trente et donne l'« Acte pour la communion spirituelle ». Texte anglais contrôlé : « a spiritual communion consists in desiring ardently to receive Jesus in the holy sacrament, and in embracing him with the same love as if you had already received him » ; « spiritual communions are very pleasing to him, and a great source of grace to us » (trad. anglaise, chap. « On Spiritual Communion »).

    16 18 22
  12. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, III, q. 80, art. 1, ad 3 — latin contrôlé sur l'édition léonine : « …effectus sacramenti potest ab aliquo percipi, si sacramentum habeatur in voto, quamvis non habeatur in re… ita etiam aliqui manducant spiritualiter hoc sacramentum antequam sacramentaliter sumant » (« l'effet du sacrement peut être reçu par quelqu'un s'il a le sacrement par le désir — in voto — quoiqu'il ne l'ait pas en réalité — in re — … c'est ainsi que certains mangent spirituellement ce sacrement avant de le recevoir sacramentellement »). Définition reprise par saint Alphonse de Liguori pour fonder la communion spirituelle.

    17
  13. Saint Jean-Paul II, encyclique Ecclesia de Eucharistia (17 avril 2003), n° 34 : sur la communion spirituelle, « heureusement répandue depuis des siècles dans l'Église et recommandée par de saints maîtres de vie spirituelle », le pape cite sainte Thérèse de Jésus (Thérèse d'Avila) : passage donné ici d'après les Œuvres françaises (Chemin de la perfection, ch. 35 — « lorsque vous entendrez la messe sans y communier, vous pourrez y communier spirituellement […] » ; la coupure marquée par […] est de l'article). Référence donnée par l'encyclique elle-même, note 70 : Camino de Perfección, ch. 35 (texte officiel contrôlé le 4 octobre 2026 sur le miroir de la Congrégation pour le clergé, clerus.org, et sources concordantes — les anciennes URL vatican.va ne répondant plus).

    19 20
  14. Même chapitre (texte anglais contrôlé : « Blessed Jane of the Cross used to say, that a spiritual communion may be made as often as we please, without being observed by any one, without being fasting, and without leave of our director. The entire consists in making an act of love ») : il s'agit de Juana Vázquez Gutiérrez (1481-1534), religieuse espagnole du Tiers-Ordre franciscain, abbesse de Cubas ; déclarée vénérable en 2015, son culte immémorial a été confirmé (béatification équipollente) par le pape François le 25 novembre 2024 — le titre de « bienheureuse » que lui donnait déjà Alphonse est donc aujourd'hui exact.

    21
  15. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 8, entrée du 8 avril 1908 (même éd. — verbatim français contrôlé) — « Ma Volonté est communion continuelle avec l'âme », à chaque heure et à chaque instant, pour qui fait la Volonté de Dieu.

    28
  16. Sur les chrétiens cachés (kakure kirishitan) : après les édits de proscription et l'achèvement de la fermeture du pays (1639), les communautés restées sans prêtres conservent le baptême (baptiseurs laïcs, les mizukata), les prières transmises oralement (orasho) et le calendrier liturgique ; l'église d'Ōura à Nagasaki, bénie en février 1865 — le 15 selon la biographie du consul Léon Dury (S. Chabre, Il aima le Japon et le fit aimer, 2022, p. 82 : jour précis non revérifié, l'article retient le mois), soit quelques semaines avant que, le 17 mars 1865, des villageois d'Urakami s'y présentent au père Bernard Petitjean. Cf. l'article Ignispedia sur l'Église au Japon, qui date la clandestinité de 1639 à 1865.

    30
  17. Cardinal François-Xavier Nguyên Van Thuân (1928-2002), archevêque coadjuteur de Saïgon, emprisonné par le régime communiste de 1975 à 1988 (treize ans, dont neuf en isolement). Témoignage rapporté dans Témoins de l'espérance. La retraite au Vatican (Nouvelle Cité, 2000), prêchée à la Curie romaine à la demande de saint Jean-Paul II pour l'an 2000 : « Chaque jour, avec trois gouttes de vin et une goutte d'eau dans la paume de la main, je célébrais la messe. » — les jours où ce ravitaillement clandestin lui parvenait : les treize ans de détention incluent de longues périodes sans vin ni hostie. Récit corroboré par le stratagème du vin étiqueté « médicament contre les maux d'estomac » avec des hosties brisées en petits morceaux (témoignage repris par de nombreuses sources diocésaines). Déclaré vénérable par l'Église en 2017.

    31 32
  18. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 8, entrée du 8 avril 1908 (même éd. — texte français contrôlé) — Luisa, tenue de demeurer continuellement dans son lit « sans mouvement ni occupation », demande à son confesseur la permission de s'asseoir dans son lit et de reprendre son ouvrage (que l'éd. fr. rend par « broderie ») ; celui-ci le lui défend absolument, et elle tient cet état « en vertu de l'obéissance ». La même entrée s'ouvre sur son affliction « de ne pouvoir communier chaque jour ».

    33 34
  19. Même chapitre (texte anglais contrôlé : « Peter Faber, the first companion of St. Ignatius, used to say, that spiritual communions are a most powerful help to receive the holy Eucharist with the proper dispositions ») : saint Alphonse y rapporte le mot du « Père Pierre Faber » — saint Pierre Favre (1506-1546), premier compagnon de saint Ignace de Loyola, béatifié en 1872 et canonisé par canonisation équipollente le 17 décembre 2013 (Alphonse, mort en 1787, ne pouvait lui donner que son titre de l'époque).

    35
  20. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 11, 25 septembre 1913, entrée 11-64 (et non 21 septembre, entrée 11-63 — date et numéro d'entrée vérifiés dans l'éd. ; même éd. — verbatim français contrôlé) — « Les sacrements produisent des fruits selon que l'âme est ajustée à ma Volonté. Si l'âme n'est pas ajustée à ma Volonté, elle peut recevoir la communion et rester l'estomac vide, aller à confesse et rester sale. »

    37