Quelle est la bonne manière de recevoir la communion ?

Recevoir la communion exige l'état de grâce, le jeûne et la révérence. Au-delà des règles, la Divine Volonté apprend à communier à la manière de Jésus et à en faire une communion perpétuelle.

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Recevoir la communion, c'est recevoir non un symbole, mais le Corps, le Sang, l'Âme et la Divinité de Jésus-Christ réellement présents sous les espèces du pain et du vin (ses apparences sensibles). C'est d'abord Jésus qui désire se donner : une âme du purgatoire confie à Luisa que, dans le Très Saint Sacrement, Jésus « brûle d'Amour et du désir de se donner aux âmes »[1], et il a déposé toute sa Vie dans chaque Hostie pour nous rendre capables de le recevoir.[2] Devant un tel don, la question « quelle est la bonne manière de le recevoir ? » n'est jamais secondaire : saint Paul avertit que « celui qui mange et boit indignement, mange et boit sa propre condamnation » (1 Co 11, 29) — non pour faire peur, mais parce que tout don appelle à être reçu dignement : la disposition de l'âme décide si le plus grand don de Dieu devient en nous source de vie.

Pour protéger ce don, l'Église rappelle des conditions claires et stables : recevoir en état de grâce, observer le jeûne eucharistique, s'approcher avec révérence, foi et humilité, puis rendre grâce. Ces conditions ne ferment pas la porte : quand le péché grave fait obstacle, la confession rouvre le chemin ; et quand la communion sacramentelle est impossible, l'Église propose la communion spirituelle, par le désir. La forme de référence de la réception est la communion sur la langue ; la communion dans la main, permise par indult dans certains pays, reste licite quand elle est faite « avec la révérence, la dévotion, l'humilité, le respect, l'adoration et le décorum convenant à notre Sauveur ».[3]

Mais au-delà de la juste pratique extérieure, ce que Jésus a dit à la servante de Dieu Luisa Piccarreta sur la Divine Volonté ouvre une profondeur supplémentaire. Vivre dans la Divine Volonté, ce n'est pas seulement faire la volonté de Dieu : c'est recevoir sa Volonté elle-même, pour qu'elle vive et agisse en nous — « faire mourir ta volonté… laisser ma Volonté pénétrer tout ton être », dit Jésus à Luisa.[4] Dès lors, communier non pas par routine, mais « à la manière de Jésus », en laissant le Christ préparer lui-même l'âme, en faisant de son cœur une hostie vivante (une âme où Jésus vit par sa Volonté), et en prolongeant la communion de quelques minutes en une communion perpétuelle dans le vouloir divin.[5] Cet article tient les deux ensemble : la rigueur catholique sur les conditions de la réception, et la profondeur mystique sur la disposition intérieure.

Le sujet voisin de la communion de Judas à la Cène et celui de la vie dans la Divine Volonté sans sacrements disponibles sont traités dans des articles dédiés : on s'y reportera pour ces questions particulières.

Qu'est-ce que recevoir vraiment la communion ?

Avant de demander comment recevoir la communion, il faut se rappeler ce que l'on reçoit. Tout le sérieux de la « bonne manière » découle de cette réalité.

Ce n'est pas un symbole : c'est le Christ tout entier

La foi catholique professe que, par la transsubstantiation, le pain et le vin consacrés deviennent vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang du Christ. Le Concile de Trente l'a défini solennellement à sa session XIII (11 octobre 1551) : sous chaque espèce et sous chaque parcelle des espèces, le Christ est contenu « tout entier » — Corps, Sang, Âme et Divinité.[6] Ce n'est donc pas « un peu » de Jésus que l'on reçoit, mais Jésus tout entier, vivant et glorieux.

Jésus lui-même avait préparé cette vérité dans le discours du pain de vie : « Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n'avez pas la vie en vous » (Jn 6, 53), et : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui » (Jn 6, 56). Le père Jean du Cœur de Jésus d'Elbée résume l'audace de ce don :

Le Christ tout entier dans l'Eucharistie — infographie originale Ignispedia créée par IA.
L'institution de l'Eucharistie à la Cène, Juan de Juanes, vers 1560 (Museo del Prado ; Wikimedia Commons, domaine public).

« Comme si cela n'était pas encore assez, il invente l'Eucharistie. Un Dieu qui se fait pain, petite hostie pour descendre sur nos lèvres et dans nos cœurs, pour supprimer entre lui et nous toute distance. » — Père Jean du Cœur de Jésus d'Elbée, Croire à l'Amour, Pierre Téqui, p. 24[7]

Pourquoi la « manière » compte autant

Parce que c'est le Christ lui-même qui se donne, la disposition de celui qui le reçoit n'est pas indifférente. Le même aliment divin produit des effets opposés selon l'état de l'âme : « vie » pour qui le reçoit dignement, « condamnation » pour qui le reçoit en état de péché mortel (1 Co 11, 27-29). Jésus l'a redit à Luisa Piccarreta avec une image saisissante :

« Si l'âme n'a pas les bonnes dispositions pour me recevoir, je ne trouve pas en elle l'espace vide où déverser ma Vie. Tout se passe comme si j'étais mort pour elle et elle pour moi. Je brûle mais elle ne sent pas mes flammes. Je suis Lumière mais elle reste aveugle. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 15, 27 mars 1923[8]

La « bonne manière » de communier n'est donc pas un formalisme : c'est ce qui décide si le plus grand don de Dieu devient en nous source de vie ou occasion de jugement.

Les conditions pour bien recevoir la communion

Bien recevoir la communion — synthèse de CEC 1385-1387 et du canon 919 ; infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'Église distingue clairement les conditions indispensables et les dispositions convenables qui font fructifier la grâce. La première est l'état de grâce : communier en état de péché mortel reste valide — le Christ est réellement reçu — mais c'est un sacrilège, sans aucun fruit. Le jeûne, lui, relève de la licéité : le rompre rend la communion illicite, non sacrilège. Les dispositions convenables, elles, relèvent de la ferveur et doivent être cultivées.

Être en état de grâce : la condition absolue

La première condition, absolue et non négociable, est d'être en état de grâce, c'est-à-dire sans conscience d'avoir commis un péché mortel non confessé. Le Catéchisme de l'Église catholique l'énonce sans détour :

« Celui qui est conscient d'un péché grave doit recevoir le sacrement de la Réconciliation avant d'accéder à la communion. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1385[9]

Cette exigence n'est pas une invention récente : elle remonte à saint Paul lui-même, qui ordonne : « Que chacun s'éprouve soi-même, et qu'ainsi il mange de ce pain et boive de cette coupe » (1 Co 11, 28). Le Concile de Trente en a fait une obligation grave : celui qui a conscience d'un péché mortel, « si contrit qu'il se croie », doit d'abord se confesser, « s'il se trouve un confesseur ».[10] Seule exception, en cas de motif grave et d'impossibilité de se confesser : une contrition parfaite, avec la résolution de se confesser au plus tôt (can. 916 ; CEC 1457). Communier en état de péché mortel n'est pas un don de plus : c'est un sacrilège, un péché grave ajouté au précédent. Comme l'écrit le père Iannuzzi, « quiconque n'est pas en état de grâce et reçoit la Communion, soit sur la langue soit dans la main, commet un sacrilège ».[11]

Le Catéchisme appelle d'ailleurs à un véritable examen de conscience avant chaque communion, dans l'esprit du centurion de l'Évangile, dont l'Église reprend la parole à chaque messe : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri. »[12]

Le jeûne eucharistique : préparer le corps

La deuxième condition prépare le corps au don qu'il va recevoir. Le droit de l'Église demande un jeûne eucharistique : s'abstenir de tout aliment et boisson — l'eau et les médicaments exceptés — pendant au moins une heure avant la communion.[13] Ce jeûne, jadis observé depuis minuit, a été allégé par étapes pour faciliter la communion fréquente[14], mais il garde tout son sens : par une petite privation, le fidèle marque que l'Hostie n'est pas une nourriture comme les autres. Le Catéchisme relie ce jeûne à l'attitude générale du corps :

« Pour se préparer convenablement à recevoir ce sacrement, les fidèles observeront le jeûne prescrit dans leur Église. L'attitude corporelle (gestes, vêtement) traduira le respect, la solennité, la joie de ce moment où le Christ devient notre hôte. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1387[15]

Les personnes âgées, les malades et ceux qui les soignent peuvent communier « même si elles ont pris quelque chose moins d'une heure auparavant » (can. 919, § 3) : l'Église n'impose jamais un fardeau qui empêcherait de communier.[16]

Révérence, foi et humilité : la disposition de l'âme

La troisième condition est intérieure : s'approcher avec foi, humilité, désir et adoration. On ne reçoit pas un roi avec négligence. Le Catéchisme demande que l'attitude corporelle — gestes, vêtement — exprime « le respect, la solennité, la joie » de la rencontre.[17] Saint Jean-Paul II, dans sa lettre Dominicae Cenae, adresse aux ministres de l'Eucharistie cette exigence d'attention à leurs gestes à l'autel :

« Il faut naturellement éviter le scrupule, mais Dieu nous préserve d'un comportement privé de respect, d'une hâte inopportune, d'une impatience scandaleuse ! » — Saint Jean-Paul II, Dominicae Cenae, n. 11, 24 février 1980[18]

Cette révérence n'est pas du scrupule : c'est la simple cohérence de la foi. Si l'on croit vraiment que c'est Dieu que l'on reçoit, le corps et le maintien le diront d'eux-mêmes.

ConditionTypeFondementCe qu'elle protège
État de grâceIndispensable (sans elle : sacrilège)1 Co 11, 28 ; Trente XIII ; CEC 1385Évite le sacrilège ; ouvre l'âme à la grâce
Jeûne d'une heureRequis (sans lui : illicite)Canon 919 ; CEC 1387Dispose le corps ; distingue l'Hostie de toute nourriture
Révérence et foiDisposition dueCEC 1386-1387 ; Dominicae CenaeExprime et nourrit la foi en la présence réelle
Action de grâceProlongement recommandéInaestimabile Donum 17 ; tradition spirituelleLaisse la grâce porter du fruit

Sur la langue ou dans la main ?

C'est la question pratique que beaucoup se posent. La réponse de l'Église est précise, sans être polémique.

Sur la langue ou dans la main ? La norme et la permission encadrée par Memoriale Domini — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Dans la Somme théologique (III, q. 82, a. 3), saint Thomas d'Aquin relie la distribution de l'Eucharistie au rôle du prêtre, intermédiaire entre Dieu et le peuple. Il rattache au respect du sacrement la consécration des mains du prêtre, ainsi que du corporal et du calice, et réserve le contact avec le sacrement à ce qui est consacré. Il prévoit toutefois une exception en cas de nécessité, par exemple si le sacrement tombe à terre.[19]

La norme : la communion sur la langue

La manière de référence (praxis normative) de l'Église latine est de recevoir la communion sur la langue. C'est la manière qui réduit le mieux le risque d'irrévérence et de profanation, et qui protège les fragments de l'Hostie — valeur rappelée par Memoriale Domini (1969) et confirmée par Redemptionis Sacramentum (2004, n. 92).[20][21] Le père Iannuzzi le rappelle nettement : « la praxis et la manière normative de l'Église pour bien recevoir la Communion est sur la langue ».[22]

La communion dans la main : un indult, jamais une obligation

La communion dans la main a été permise dans certains pays par un indult — une autorisation particulière — à partir de la fin des années 1960, encadrée par l'instruction Memoriale Domini de 1969.[23] Cette instruction rappelait la valeur et la sagesse de l'usage de la communion sur la langue, tout en concédant la communion dans la main là où elle était déjà répandue, à condition d'éviter tout danger d'irrévérence ou de fausse opinion sur l'Eucharistie. Recevoir dans la main n'est donc ni un sacrilège en soi, ni une obligation : c'est une permission qui n'a de sens que portée par la révérence.

Saint Cyrille de Jérusalem, icône murale de tradition orthodoxe (Wikimedia Commons, domaine public). Il enseignait aux néophytes à faire de leurs mains un trône pour « recevoir le Roi ».

Cette pratique n'est d'ailleurs pas une nouveauté absolue. Au IVᵉ siècle, saint Cyrille de Jérusalem enseignait déjà aux nouveaux baptisés à recevoir le Corps du Christ en faisant de leurs mains un trône pour « recevoir le Roi », l'une posée sur l'autre, paume vers le haut.[24] Ce qui faisait alors la dignité du geste, ce n'était pas la main en elle-même, mais l'adoration qui l'habitait.

Ce qui compte plus que le geste

Le père Iannuzzi rapporte un signe éloquent : sainte Faustine Kowalska, à qui une seconde Hostie tomba un jour dans les mains, entendit Jésus lui dire :

« Je désirais reposer sur tes mains et pas seulement dans ton cœur. » — Jésus à sainte Faustine, Petit Journal, n. 160[25]

Jésus accepta de reposer dans ses mains « en raison de sa sainteté ». Le récit montre que la disposition du cœur prime sur la matérialité du geste — sans pour autant abolir la prudence de l'Église, qui maintient la communion sur la langue comme norme protectrice.[26] La conclusion du père Iannuzzi vaut pour les deux manières :

« La préférence de l'Église pour la Communion sur la langue et la permission de la Communion dans la main doivent toujours être accompagnées de la révérence, de la dévotion, de l'humilité, du respect, de l'adoration et du décorum convenant à notre Sauveur. » — Père Joseph L. Iannuzzi, The Proper Way of Receiving Communion, ltdw.org, 2020[27]

À quelle fréquence communier ?

La bonne manière de communier inclut aussi la bonne fréquence. L'Église impose un minimum et recommande beaucoup plus.

Le minimum et la recommandation

Communier souvent : le chemin ouvert par saint Pie X — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le minimum obligatoire est le devoir pascal : recevoir l'Eucharistie au moins une fois l'an, si possible au temps de Pâques.[28] Mais l'Église « recommande vivement aux fidèles de recevoir la sainte Eucharistie les dimanches et les jours de fête, ou plus souvent encore, même tous les jours ».[29] La communion fréquente, et même quotidienne, est un trésor.

La libération opérée par saint Pie X

Saint Pie X, photographie du 23 avril 1910 par Bain News Service (Library of Congress ; Wikimedia Commons, domaine public).

Cette invitation à la communion fréquente n'a pas toujours été évidente. L'hérésie janséniste avait répandu l'idée qu'il fallait être presque parfait pour s'approcher de l'autel, éloignant les fidèles de la table eucharistique. En 1905, saint Pie X trancha par le décret Sacra Tridentina Synodus : la communion fréquente et quotidienne est ouverte à tous les fidèles, et ne requiert que deux conditions — l'état de grâce et une intention droite, c'est-à-dire communier non par routine ou vanité, mais pour s'unir à Dieu et progresser dans la charité.[30] En 1910, par le décret Quam Singulari, le même pape avança l'âge de la première communion, rendant l'Eucharistie aux enfants dès l'âge de raison.[31] Cette libération demeure : on ne communie pas parce qu'on est digne, mais pour le devenir.

L'action de grâce : la moitié oubliée de la communion

Après la communion : demeurer avec le Christ — infographie originale Ignispedia créée par IA.

On parle beaucoup de la préparation à la communion ; on oublie souvent son prolongement recommandé : l'action de grâce. Or recevoir le Christ et le congédier aussitôt par distraction, c'est gaspiller la visite la plus précieuse.

Pourquoi rester avec le Christ reçu

Après la communion, le Christ demeure réellement présent en nous tant que subsistent les espèces — quelques minutes. Ce temps est unique : Dieu est réellement et substantiellement présent au plus intime de nous. L'Église recommande de ne pas omettre une vraie action de grâce après la communion[32], et la tradition spirituelle, de l'Imitation de Jésus-Christ (livre IV, ch. 12) à saint Alphonse, invite à demeurer avec le Christ reçu, à rester en silence adorant, à lui parler comme l'on parle à un ami présent.[33] Le saint Curé d'Ars rappelait la familiarité que crée cette nourriture :

« Non seulement vous êtes frères, mais, ce qu'il y a de plus beau, vous ne faites tous ensemble qu'un même corps avec Jésus-Christ, dont la chair et le sang vous servent chaque jour de nourriture. » — Saint Jean-Marie Vianney, Pensées (Sermons « Mystère »)[34]

L'action de grâce selon Luisa : remercier « à l'aide de Jésus lui-même »

C'est ici que la spiritualité de la Divine Volonté apporte une lumière propre. Le 10 avril 1910, par obéissance, Luisa Piccarreta décrit comment elle se prépare à la communion et comment elle rend grâce. Sa réponse est désarmante : elle ne s'appuie pas sur ses propres efforts, mais laisse Jésus tout faire en elle.

« Sachant que je veux le recevoir à tout prix, et afin de ne pas être déshonorée en venant en moi — mais plutôt d'y recevoir les plus grands honneurs —, il prépare lui-même ma pauvre âme. Il me donne ses propres choses, ses mérites, ses vêtements, ses œuvres, ses désirs, en somme tout lui-même. » — Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 9, 10 avril 1910[35]

Luisa appelle alors tout le Ciel à la secourir — la Vierge, les anges, les saints — pour offrir à Jésus des honneurs dignes de lui. Et elle conclut sur la formule qui résume toute l'action de grâce dans la Divine Volonté :

« Il me semble que je me prépare en Jésus lui-même, et que je le remercie à l'aide de lui-même. » — Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 9, 10 avril 1910[36]

Le secret n'est donc pas de produire de beaux sentiments, mais de se laisser revêtir du Christ pour le recevoir et le remercier avec ses propres dispositions. Dix ans plus tard, Luisa elle-même élargit cette action de grâce aux dimensions de toute la création : rendant grâce à Jésus, au nom de toutes les créatures, pour tout ce qu'il a fait en la Très Sainte Vierge :

« Je veux m'emparer de chaque action, chaque parole, chaque pensée, chaque battement de cœur et chaque pas des créatures. Et je veux, par chacun, te dire au nom de tous : je t'aime, te remercie, te bénis et t'adore. » — Luisa Piccarreta à Jésus, Le Livre du Ciel, tome 12, 18 décembre 1920[37]

Recevoir la communion « à la manière de Jésus »

Voici le cœur de l'approfondissement propre à la Divine Volonté. Pour Luisa, la bonne manière ultime de communier, c'est de refaire en soi ce que Jésus fit lorsqu'il institua et reçut l'Eucharistie.

Communier à la manière de Jésus selon le Livre du Ciel — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Cette manière dépasse les forces de l'âme laissée à elle-même : c'est Jésus qui, par amour, a déposé toute sa Vie dans chaque Hostie pour rendre la créature capable de le recevoir. Il dit à Luisa :

Luisa Piccarreta vers 1945 (Wikimedia Commons, domaine public en Italie). C'est à elle que Jésus enseigne à communier « à la manière de Jésus ».

« Comme [la créature] était inapte à me recevoir, cet Amour excessif me conduisit à donner la totalité de ma Vie pour la préparer. Ainsi, j'ai placé mes œuvres, mes pas et mon Amour en elle… Donc, revêts-toi de moi, couvre-toi de chacun de mes actes, et viens me recevoir. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 24 octobre 1918[38]

Laisser Jésus continuer son acte en nous

Jésus enseigne à Luisa que, chaque fois qu'une âme communie, il veut continuer en elle l'acte même qu'il accomplit à la Cène, lorsqu'il se reçut lui-même en instituant l'Eucharistie :

« Chaque fois qu'une créature communie, je continue en elle mon action comme si je me recevais moi-même. L'âme doit se transformer en moi, faire siens ma Vie, mes Prières, mes Gémissements d'amour et mes Souffrances […]. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 11, 24 février 1917[39]

Quand l'âme entre dans cette dynamique, le fruit pour Dieu lui-même est immense :

« Quand, en communiant, une âme refait ce que je fis, je me sens comme si je me recevais moi-même ; et je reçois une complète Gloire, de contentements divins, ainsi que des déversements d'amour qui me conviennent. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 11, 24 février 1917[40]

C'est pourquoi Jésus demande explicitement à Luisa : « Quand tu me reçois, fais ce que j'ai fait. »[41] Communier à la manière de Jésus, c'est s'unir à lui pour, comme lui, vouloir embrasser toutes les âmes et tout ce que lui-même veut.

Devenir soi-même une hostie vivante

L'aboutissement de cette union est étonnant : l'âme qui vit dans la Divine Volonté devient elle-même, par grâce, une hostie vivante où le Christ continue de demeurer. Le 17 décembre 1914, Jésus explique à Luisa comment, en faisant couler dans sa Volonté tout son être et tous ses actes, il renouvelle en elle une véritable consécration :

« Je continuerai de vivre en toi comme dans une Hostie vivante — pas une hostie morte comme les hosties où je ne suis pas. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 11, 17 décembre 1914[42]

L'âme n'absorbe donc pas seulement l'Hostie : elle devient un tabernacle vivant. Jésus y demeure d'une présence d'un autre ordre — par sa Volonté — qui ne remplace ni ne prolonge la présence sacramentelle, liée aux espèces : la dictée elle-même distingue ensuite ces hosties vivantes des hosties des tabernacles. C'est la plus haute « manière » de recevoir la communion : non comme un objet que l'on consomme, mais comme une Personne avec qui l'on ne fait plus qu'un.

La communion perpétuelle dans la Divine Volonté

Deux communions qui se complètent : la seconde ne remplace pas la première, elle la prolonge — infographie originale Ignispedia créée par IA.

La communion sacramentelle, si grande soit-elle, est limitée : elle dure quelques minutes et peut être empêchée par la maladie, l'absence de prêtre ou les circonstances. La Divine Volonté ouvre une voie qui n'abolit pas la communion sacramentelle, mais la prolonge sans interruption.

Une communion « continuelle comme la respiration »

Dès 1903, Jésus révèle à Luisa que le saint désir de le recevoir, joint au sacrifice accepté quand on ne le peut pas, procure une union qui ne s'arrête jamais :

« Il en résulte pour elle non seulement une communion par jour, comme l'Église le permet, mais une communion continuelle, au même titre que la respiration est continuelle. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 6, 5 décembre 1903[43]

Et il précise qu'il récompense ainsi « non pas celui qui ne veut pas me recevoir, mais celui qui ne peut pas me recevoir et qui m'offre cela pour me contenter ».[44] Vivre dans la Volonté divine, ajoute-t-il, est en soi une communion ininterrompue :

« Ma Volonté est communion continuelle avec l'âme. C'est non seulement une fois par jour, mais à chaque heure, à chaque instant, que l'âme qui fait ma Volonté est en étroite communion avec moi. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 8, 8 avril 1908[45]

Plus longue que la communion sacramentelle, sans aucun empêchement

Le 23 mars 1910, Jésus établit la comparaison la plus explicite. Il ne dévalue jamais le sacrement — source et sommet de toute la vie chrétienne — mais montre que la vie dans sa Volonté en prolonge le fruit au-delà de toute limite de temps :

« La communion sacramentelle dure quelques minutes. Alors que la Vie dans ma Volonté est une communion perpétuelle — plus encore, une communion éternelle : elle se prolonge éternellement dans le Ciel. […] La communion dans ma Divine Volonté n'est sujette à aucun empêchement : il suffit que l'âme la veuille, et c'est fait. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 9, 23 mars 1910[46]

Ce que Jésus a dit à Luisa éclaire la question, traitée à part, de la vie dans la Divine Volonté quand les sacrements manquent : la communion perpétuelle dans le vouloir divin n'est pas un substitut commode au sacrement, mais son prolongement, offert à celui qui, empêché, désire ardemment recevoir le Christ.

Les fruits dépendent de l'accord avec la Volonté divine

Luisa reçoit enfin un avertissement décisif : la mesure du fruit d'une communion dépend de l'accord de l'âme avec la Volonté de Dieu. Jésus va jusqu'à dire que, sans cet accord, le sacrement peut rester stérile :

« Les sacrements produisent des fruits selon que l'âme est ajustée à ma Volonté. Si l'âme n'est pas ajustée à ma Volonté, elle peut recevoir la communion et rester l'estomac vide, aller à confesse et rester sale. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 11, 25 septembre 1913[47]

On retrouve ici, sous une autre forme, l'avertissement de saint Paul (1 Co 11, 29) : ce n'est pas la réception matérielle qui sauve, mais la disposition de la volonté qui s'ouvre, ou se ferme, à la grâce. La meilleure des préparations reste donc d'unir sa volonté à celle de Dieu avant, pendant et après la communion.

La communion spirituelle : recevoir Jésus par le désir

Adoration eucharistique à l'église du Sacré-Cœur de Cabramatta, Australie (PerfectUnityOrg ; Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0).

Quand on ne peut pas communier sacramentellement, la tradition catholique propose la communion spirituelle : un acte de foi et de désir par lequel on demande à Jésus de venir spirituellement dans son cœur. Loin d'être un pis-aller sans valeur, elle est recommandée par les maîtres spirituels et peut être faite de nombreuses fois dans la journée. Saint Alphonse de Liguori la recommande à la fin de chacune de ses Visites au Saint-Sacrement, certain que le Christ ne refuse jamais de se donner à qui le désire avec amour. L'introduction de l'ouvrage en donne la définition, d'après saint Thomas :

« D'après saint Thomas, la communion spirituelle consiste dans un ardent désir de recevoir Jésus-Hostie et dans un acte d'amour tel qu'on le ferait si on l'avait reçu sacramentellement. » — Introduction des Visites au Saint-Sacrement (« De la communion spirituelle »)[48]

Le Concile de Trente lui-même loue cette pratique et engage les fidèles à s'y adonner (session XIII, ch. 8).[49] La spiritualité de la Divine Volonté rejoint et dépasse cette pratique : le désir continuel de recevoir Jésus, vécu dans son vouloir, devient cette « communion continuelle » dont parle le Livre du Ciel.[50]

Les obstacles : routine, froideur, indignité

Une dernière dimension de la « bonne manière » est négative : éviter ce qui stérilise la communion.

Le pire obstacle : recevoir sans dispositions

Le danger le plus grave est de communier en état de péché mortel : on transforme alors la nourriture de vie en jugement (1 Co 11, 29). Mais il existe un obstacle plus subtil, dénoncé par Jésus à Luisa : recevoir sans faire la place, par habitude, sans se vider de soi pour laisser entrer le Christ.

« Si l'âme n'a pas les bonnes dispositions pour me recevoir, je ne trouve pas en elle l'espace vide où déverser ma Vie. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 15, 27 mars 1923[51]

La froideur et la routine

La routine est l'ennemie discrète de la communion. À force de répéter le geste, on peut le vider de sa foi. Le remède n'est pas le scrupule — qui irait jusqu'à s'abstenir de communier — mais le réveil du désir : se rappeler avant chaque communion qui l'on va recevoir, raviver la foi en la présence réelle, et confier au Christ lui-même le soin de préparer l'âme — exactement comme Luisa le décrit. Une âme du purgatoire confie même à Luisa le prix de l'excès inverse : s'être « souvent abstenue de communier pour des peccadilles : pour avoir été tentée, pour avoir été craintive » ; elle rapporte ce que Jésus « va répétant » : « Même les âmes qui disent être mes épouses ne désirent pas me recevoir. »[52] La bonne manière de communier commence par désirer vraiment celui que l'on reçoit — et par ne pas se laisser arrêter par le scrupule quand on est en état de grâce.

Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus écrivait dans le même sens à sa cousine qui, par scrupule, avait laissé passer ses communions :

« Jésus est là dans le tabernacle exprès pour toi, pour toi seule ; il brûle du désir d'entrer dans ton cœur. Va, n'écoute pas le démon, moque-toi de lui, et va sans crainte recevoir le Jésus de la paix et de l'amour. » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Lettre 92, à Marie Guérin, 30 mai 1889[53]

En résumé : la bonne manière de recevoir la communion

La « bonne manière » de recevoir la communion se déploie sur trois plans, du plus indispensable au plus parfait :

  • Le plan des conditions : être en état de grâce (la confession rouvre toujours le chemin en cas de péché mortel), observer le jeûne d'une heure, s'approcher avec révérence et foi. Ces conditions protègent le don : sans l'état de grâce, on s'expose au sacrilège.
  • Le plan du prolongement : faire l'action de grâce, rester avec le Christ reçu, ne pas gaspiller la visite. Communier souvent, voire chaque jour, avec une intention droite — et, quand communier est impossible, recevoir Jésus par le désir, dans la communion spirituelle.
  • Le plan de la profondeur : communier « à la manière de Jésus », en se laissant revêtir de lui, en faisant de son âme une hostie vivante, en unissant sa volonté à la Divine Volonté pour que la communion de quelques minutes devienne une communion perpétuelle.

Ces trois plans ne s'opposent pas : la rigueur des conditions protège le don, et la profondeur mystique en révèle la fin. Mère Eugénie Ravasio rapporte que le Père lui aurait dit avoir voulu l'Eucharistie « pour faire de chaque tabernacle le réservoir de Mes grâces »[54] — témoignage d'une révélation privée dont l'Église a autorisé la diffusion (imprimatur de 1989), sans se prononcer sur son origine surnaturelle. Bien recevoir la communion, c'est finalement laisser Jésus accomplir en nous ce qu'il désire depuis toujours : que la communion de quelques minutes devienne, dans sa Volonté, une communion perpétuelle.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 7, 14 octobre 1906 (« La vanité du prêtre… L'âme qui, pour des peccadilles, s'abstient de recevoir la sainte communion… ») : c'est une âme du purgatoire qui rapporte à Luisa ce que Jésus « va répétant » — dont « Même les âmes qui disent être mes épouses ne désirent pas Me recevoir » — et la leçon porte sur l'abstention de communier pour des peccadilles (tentation, crainte), contre le scrupule.

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  2. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 24 octobre 1918 — toute la Vie de Jésus déposée dans chaque Hostie pour préparer l'âme : « revêts-toi de moi… et viens me recevoir ».

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  3. Père Joseph L. Iannuzzi, S.T.L., S.Th.D., The Proper Way of Receiving Communion (« Luisa Piccarreta and Communion in the hand », 2 avril 2020), ltdw.org (Living the Divine Will) — texte d'origine vérifié verbatim le 5 octobre 2026 sur la copie miroir datée du 4.2.20 (queenofthedivinewill.org) : « Nevertheless, anyone who is not in the state of grace and receives Communion, either on the tongue or in the hand, commits a sacrilege. » Le père Iannuzzi y cite Memoriale Domini (1969), Dominicae Cenae (1980), sainte Faustine (Petit Journal, n. 160) et saint Cyrille de Jérusalem.

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  4. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 11, 17 décembre 1914 — l'âme consacrée dans la Divine Volonté devient une « hostie vivante » où Jésus continue de vivre.

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  5. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 9, 23 mars 1910 — la communion sacramentelle de quelques minutes comparée à la communion perpétuelle et sans empêchement dans la Divine Volonté.

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  6. Concile de Trente, session XIII (11 octobre 1551), Décret sur le très saint sacrement de l'Eucharistie, chap. 3, 4, 7 et 8, et canons correspondants (DS 1640-1649 ; sur l'obligation de se confesser avant de communier en cas de péché mortel : chap. 7 et can. 11, DS 1646-1647, 1661 — « si contrit qu'il se croie », « s'il se trouve un confesseur » ; sur la communion spirituelle, louée et recommandée : chap. 8, DS 1648-1649). Exception en cas de motif grave et d'impossibilité de se confesser : can. 916 ; CEC 1457. Édition critique : Henri Denzinger, Symboles et définitions de la foi catholique, Cerf, 2010.

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  7. Père Jean du Cœur de Jésus d'Elbée (congrégation des Sacrés-Cœurs), Croire à l'Amour. Retraite de vie intérieure, Pierre Téqui éditeur, p. 24. Ces mots sont du P. d'Elbée lui-même : le chapitre 2 de la Pratique de l'amour envers Jésus-Christ de saint Alphonse de Liguori ne les contient pas.

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  8. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 15, 27 mars 1923 — sans dispositions, Jésus ne trouve pas dans l'âme « l'espace vide » où déverser sa Vie.

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  9. Catéchisme de l'Église catholique, § 1385 : « Celui qui est conscient d'un péché grave doit recevoir le sacrement de la Réconciliation avant d'accéder à la communion. » Voir aussi § 1415. Texte officiel sur vatican.va.

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  10. Catéchisme de l'Église catholique, § 1386 : reprise de la parole du centurion (Mt 8, 8) telle que la liturgie la fait dire avant la communion — « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri » (Missel romain). Texte officiel sur vatican.va.

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  11. Code de droit canonique (1983), canon 919 § 1 : « Qui va recevoir la très sainte Eucharistie s'abstiendra, au moins une heure avant la sainte communion, de prendre tout aliment et boisson, à l'exception seulement de l'eau et des médicaments. » § 3 : « Les personnes âgées et les malades, ainsi que celles qui s'en occupent, peuvent recevoir la très sainte Eucharistie même si elles ont pris quelque chose moins d'une heure auparavant. »

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  12. Sur l'histoire du jeûne eucharistique, jadis observé depuis minuit : Pie XII, constitution apostolique Christus Dominus (6 janvier 1953) puis motu proprio Sacram Communionem (19 mars 1957) ; Paul VI, discours de clôture de la 3ᵉ session du concile Vatican II (24 novembre 1964), qui réduit le jeûne à une heure ; puis can. 919 (1983).

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  13. Catéchisme de l'Église catholique, § 1387 : « Pour se préparer convenablement à recevoir ce sacrement, les fidèles observeront le jeûne prescrit dans leur Église. L'attitude corporelle (gestes, vêtement) traduira le respect, la solennité, la joie de ce moment où le Christ devient notre hôte. » Texte officiel sur vatican.va.

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  14. Saint Jean-Paul II, lettre Dominicae Cenae sur le mystère et le culte de l'Eucharistie, 24 février 1980, n. 11 : « Il faut naturellement éviter le scrupule, mais Dieu nous préserve d'un comportement privé de respect, d'une hâte inopportune, d'une impatience scandaleuse ! » — passage adressé aux « Ministres de l'Eucharistie », sur leurs gestes à l'autel ; il n'y est pas question de routine. Texte officiel sur vatican.va.

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  15. S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, III, q. 82, a. 3 : la dispensation du sacrement appartient au prêtre — établi intermédiaire entre Dieu et le peuple —, dont les mains sont consacrées pour toucher le sacrement, comme le sont le corporal et le calice ; nul autre n'a le droit de le toucher, sauf en cas de nécessité (par exemple si le sacrement tombe à terre).

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  16. Sacrée Congrégation pour le Culte divin, instruction Memoriale Domini sur la manière de distribuer la sainte communion, 29 mai 1969. Le document réaffirme la valeur de la communion sur la langue tout en concédant la communion dans la main là où l'usage existait déjà, sous condition de révérence.

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  17. Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, instruction Redemptionis Sacramentum, 25 mars 2004, n. 92 : tout fidèle garde le droit de recevoir la sainte communion sur la langue ; là où l'indult a été accordé, l'hostie est remise dans la main dans le respect des normes.

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  18. Saint Cyrille de Jérusalem, Catéchèses mystagogiques, V, 21-22 (IVᵉ siècle) : instruction aux néophytes pour recevoir le Corps du Christ en faisant de la main gauche un trône pour la droite, afin de « recevoir le Roi ».

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  19. Sainte Faustine Kowalska, Petit Journal. La Miséricorde divine dans mon âme, n. 160 : une seconde Hostie tombée dans ses mains, et la parole entendue venant de l'Hostie — « Je désirais reposer sur tes mains et pas seulement dans ton cœur » (traduction française, texte vérifié au n. 160).

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  20. Catéchisme de l'Église catholique, § 1389 : l'Église fait obligation de recevoir la communion au moins une fois l'an, si possible au temps pascal (devoir pascal), et « recommande vivement » la communion les dimanches, jours de fête, ou plus souvent encore, « même tous les jours ». Texte officiel sur vatican.va.

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  21. Saint Pie X, décret Sacra Tridentina Synodus sur la communion fréquente et quotidienne, Sacrée Congrégation du Concile, 20 décembre 1905. Le décret pose deux conditions à la communion quotidienne : l'état de grâce et une intention droite (communier pour s'unir à Dieu, non par routine ou vanité).

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  22. Saint Pie X, décret Quam Singulari, Sacrée Congrégation des Sacrements, 8 août 1910, abaissant l'âge de la première communion à l'âge de raison (vers sept ans).

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  23. Congrégation pour les Sacrements et le Culte divin, instruction Inaestimabile Donum, 3 avril 1980, n. 17 : « On recommandera aux fidèles de ne pas omettre de faire une vraie action de grâce après la communion. » L'action de grâce est recommandée, non imposée.

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  24. Imitation de Jésus-Christ, livre IV (Du sacrement de l'autel), ch. 12, sur la préparation à la communion et l'action de grâce eucharistiques. Traité anonyme attribué à Thomas a Kempis (XVᵉ siècle).

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  25. Saint Jean-Marie Vianney (le Curé d'Ars), Pensées, éd. Artège, 2015 (texte des Sermons « Mystère », 11102) : « Non seulement vous êtes frères, mais, ce qu'il y a de plus beau, vous ne faites tous ensemble qu'un même corps avec Jésus-Christ, dont la chair et le sang vous servent chaque jour de nourriture. »

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  26. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 9, 10 avril 1910 — Jésus prépare lui-même l'âme à la communion ; l'action de grâce faite « à l'aide de Jésus lui-même ».

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  27. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 18 décembre 1920 (« Action de grâces rendue à Jésus pour tout ce qu'Il a fait en la Très Sainte Vierge ») : c'est Luisa qui parle à Jésus, au nom de toutes les créatures, pour la Vierge Marie — ni parole de Jésus, ni action de grâce après la communion.

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  28. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 11, 24 février 1917 — communier « à la manière de Jésus » : l'âme refait en elle l'acte du Christ, qui se sent « comme s'il se recevait lui-même ».

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  29. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 23 octobre 1917 — « Quand tu me reçois, fais ce que j'ai fait. »

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  30. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 6, 5 décembre 1903 — la communion continuelle « comme la respiration » accordée à qui désire recevoir Jésus et offre la privation quand il ne le peut.

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  31. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 8, 8 avril 1908 — la Volonté divine comme communion continuelle, à chaque heure et chaque instant.

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  32. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 11, 25 septembre 1913 (« La Volonté Divine se tient au centre de l'âme. Elle donne Vie aux Sacrements ») — les fruits des sacrements selon l'accord de l'âme avec la Volonté divine. Le 21 septembre 1913 est une autre dictée (« Les choses que l'âme fait avec Jésus et dans sa Volonté… »).

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  33. Saint Alphonse de Liguori, Visites au Saint-Sacrement, Introduction, « De la communion spirituelle » (trad. P. Oscar Lathoud, éd. Saint-Paul, 5ᵉ éd.) : la communion spirituelle recommandée à la fin de chaque visite ; définition d'après saint Thomas d'Aquin (Somme théologique, III, q. 80, a. 1, ad 3).

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  34. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Lettre 92, à sa cousine Marie Guérin, 30 mai 1889 : Marie avait laissé passer ses communions par scrupule ; Thérèse la presse de communier sans crainte — lettre pour la communion sacramentelle malgré les scrupules, non pour la communion spirituelle.

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  35. Dieu le Père à Mère Eugénie Ravasio, Le Message de Notre Père (1er cahier, 1er juillet 1932) : « J'ai voulu que Mon Fils institue l'Eucharistie pour faire de chaque Tabernacle le réservoir de Mes grâces… » Statut exact : l'évêque de Grenoble, Mgr Alexandre Caillot, ouvre une enquête diocésaine en 1935 (commission d'experts, dix ans d'enquête) et donne son témoignage favorable à son issue, dix ans plus tard ; imprimatur du cardinal Van Lierde le 13 mars 1989 (autorisation de diffusion, qui n'atteste pas l'origine surnaturelle) ; aucune décision romaine sur l'origine surnaturelle.

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