Toute la vie chrétienne tient dans une seule prière : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ».[1] Mais cette demande du Notre Père peut être vécue à deux profondeurs très différentes. On peut faire la volonté de Dieu — lui obéir, se soumettre à ses ordres, accepter ses dispositions — et c'est déjà le chemin de tous les saints. On peut aussi, selon le langage de Luisa Piccarreta, vivre dans la Divine Volonté : non plus seulement obéir à Dieu, mais posséder sa Volonté comme la sienne propre et agir d'un seul vouloir avec lui.
La différence n'est pas une nuance de vocabulaire. Jésus la présente à Luisa comme une distance comparable à celle qui sépare le ciel de la terre, un fils d'un serviteur, un roi de son sujet.[2] Faire la volonté de Dieu, c'est recevoir des commandements et les exécuter fidèlement. Vivre dans la Divine Volonté, c'est entrer dans le mode même dont vivent les bienheureux au Ciel, là où il n'y a plus qu'une seule Volonté qui règne et plus aucun combat intérieur.
Cette distinction n'oppose pas deux spiritualités rivales : elle décrit deux étapes d'un unique itinéraire. On ne saute jamais par-dessus l'obéissance ; mais l'obéissance n'est pas le sommet. Le présent article expose ce que recouvre exactement faire la volonté de Dieu dans la grande tradition catholique, ce que Luisa appelle vivre dans la Divine Volonté, les trois images que Jésus emploie pour les distinguer — serviteur et fils, roi et sujet, ciel et terre —, auxquelles le P. Iannuzzi ajoute une analogie éclairante, et la manière dont l'une conduit à l'autre — sans jamais quitter la foi de l'Église.
Une même formule, deux réalités très différentes
Le malentendu le plus fréquent consiste à croire que faire et vivre dans la Divine Volonté désignent la même chose dite avec des mots différents. Luisa Piccarreta — Servante de Dieu, dont la cause a été ouverte le 20 novembre 1994 après le nihil obstat de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du 28 mars 1994, et dont les écrits ont reçu en juin 2024 le Nulla Osta du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, qui n'y constate aucune erreur doctrinale de nature à en empêcher la divulgation (confirmé par lettre du 3 décembre 2024, Prot. N. 94/37-102675, qui demande une édition critique officielle et met en garde contre la prolifération incontrôlée des textes et les dévotions inconsidérées)[3] — emploie au contraire ces deux expressions pour marquer l'opération de l'âme avant et après un seuil décisif.[4]
Le père Joseph L. Iannuzzi, dont la thèse doctorale sur ce sujet fut approuvée magna cum laude par l'Université pontificale grégorienne en 2012, résume la donnée fondamentale : Luisa affirme que « vivre dans la Divine Volonté » est le mode de vie « se rapprochant le plus des bienheureux au ciel » et qu'il est aussi distant de « faire la Divine Volonté » « que le ciel l'est de la terre ».[5]
En substance, Jésus y explique à Luisa que vivre dans sa Volonté, c'est régner en elle et avec elle, tandis que faire sa Volonté, c'est demeurer soumis à ses ordres : le premier état est possession, le second réception de dispositions et exécution de commandements.[6]
Tout est dans ces deux verbes : posséder et recevoir. Celui qui fait la volonté de Dieu la reçoit du dehors comme une consigne ; celui qui vit dans la Divine Volonté la fait sienne comme son propre bien, qu'il administre librement.[7] La première attitude est celle, admirable, du serviteur fidèle. La seconde est celle de l'héritier, du fils qui dispose des biens de son Père comme des siens.
Avant d'examiner ce seuil, il faut rendre justice à ce que faire la volonté de Dieu représente déjà : non pas un état médiocre, mais le cœur de toute sainteté chrétienne.
Faire la volonté de Dieu : la voie royale de toute sainteté
Toute la sainteté consiste à faire la volonté de Dieu
Avant Luisa Piccarreta, et indépendamment d'elle, la tradition catholique a toujours enseigné que la perfection ne consiste pas d'abord dans les pénitences, les extases ou les œuvres éclatantes, mais dans l'union de notre volonté à celle de Dieu. C'est la thèse centrale du petit traité de saint Alphonse de Liguori, De l'uniformité à la volonté de Dieu (1755), l'un des sommets de la spiritualité moderne : dès son premier chapitre, le saint y pose que la perfection repose tout entière sur l'amour de Dieu, et que le parfait amour de Dieu consiste en l'union complète de notre volonté avec la sienne.[8]
Le Seigneur lui-même a fixé la mesure : « Ce n'est pas en me disant : Seigneur, Seigneur, qu'on entrera dans le Royaume des cieux, mais en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux » (Mt 7, 21).[9] Et saint Paul résume tout l'Évangile moral d'un mot : « La volonté de Dieu, c'est votre sanctification » (1 Th 4, 3).[10] Faire la volonté de Dieu n'est donc pas une dévotion parmi d'autres : c'est la définition même de l'amour et le critère du salut.
Le Catéchisme de l'Église catholique rattache cette demande au modèle du Christ lui-même, qui pouvait dire : « Je fais toujours ce qui lui plaît » (Jn 8, 29), et qui, à Gethsémani, livre le secret de toute obéissance : « Non pas ma volonté, mais la tienne » (Lc 22, 42).[11] C'est en s'unissant à cette prière du Christ que le baptisé apprend à faire, lui aussi, la volonté du Père.[12]
Les trois degrés traditionnels : résignation, conformité, uniformité
La théologie spirituelle classique distingue plusieurs degrés dans cette obéissance d'amour. On les présente souvent comme une ascension : on commence par subir la volonté de Dieu, on en vient à l'accueillir, puis à ne plus rien vouloir d'autre qu'elle.
La résignation dans l'épreuve
Le premier degré est la résignation : accepter, sans révolte, ce que Dieu permet de douloureux. L'âme ne veut pas encore la croix, mais elle ne s'y oppose plus ; elle dit oui à la maladie, au deuil, à l'échec. C'est le seuil de la paix, mais une paix encore mêlée de combat. Luisa décrit précisément cet état comme celui de l'âme « résignée » et « conformée » à la Volonté de Dieu, qui se soumet à ses « ordres ».[13]
La conformité habituelle
Le deuxième degré est la conformité : non plus seulement subir, mais vouloir ce que Dieu veut, faire sienne sa volonté dans les événements comme dans les commandements. C'est l'objet du grand œuvre de saint François de Sales, qui consacre tout le neuvième livre du Traité de l'amour de Dieu à « l'amour de soumission par lequel notre volonté s'unit au bon plaisir de Dieu », et qui forge l'image célèbre de la sainte indifférence : le cœur indifférent est comme une boule de cire entre les mains de son Dieu, prête à recevoir toutes les impressions de son bon plaisir.[14]
L'uniformité et l'abandon des saints
Le troisième degré est ce que saint Alphonse nomme l'uniformité : non plus seulement conformer sa volonté à celle de Dieu dans tel ou tel événement, mais n'avoir plus qu'une seule et même volonté avec lui, vouloir tout ce qu'il veut parce qu'il le veut. C'est le sommet de l'abandon des saints, enseigné par saint Alphonse à la suite de saint François de Sales : ne plus rien vouloir d'autre que ce que Dieu veut, parce que c'est lui qui le veut.[15]
Ces trois degrés constituent les plus hautes saintetés connues dans l'histoire de l'Église. Et pourtant — c'est le point décisif — Luisa affirme qu'au terme même de cette ascension commence quelque chose d'autre.
Ce que « faire la volonté de Dieu » laisse subsister : deux volontés
Aussi élevée soit-elle, la voie de l'obéissance, de la résignation et de la conformité garde une caractéristique : l'âme vit encore avec deux volontés. Sa volonté humaine demeure distincte de celle de Dieu, et même chez les plus grands saints, elle continue de peser. Jésus le dit à Luisa avec une lucidité saisissante :
En substance, Jésus y explique à Luisa que faire sa Volonté, c'est vivre avec deux volontés : lorsque Dieu donne des ordres, l'âme sent le poids de sa propre volonté, ce qui cause des contrastes, et même en exécutant fidèlement ces ordres, elle sent peser sa nature humaine rebelle, ses passions et ses inclinations.[16]
C'est le combat que décrit saint Paul lui-même : « Qui me délivrera de ce corps de mort ? » (Rm 7, 24) — c'est-à-dire, explique Jésus à Luisa en substance, de cette volonté propre qui veut donner la mort au bien que l'on veut faire.[17] Tant que subsiste cette dualité, il reste une distance, un frottement, une fatigue intérieure. Faire la volonté de Dieu sauve et sanctifie ; mais cela ne supprime pas encore la racine du combat. C'est précisément ce que prétend faire le don de vivre dans la Divine Volonté.
Vivre dans la Divine Volonté : non plus obéir, mais posséder
La grande parole de Jésus à Luisa : régner et non être soumis
Le seuil que franchit la Vie dans la Divine Volonté se résume dans un renversement : il ne s'agit plus que Dieu commande et que l'âme exécute, mais que la Volonté divine devienne le principe intérieur des actes humains, de sorte que l'âme « règne en elle et avec elle ». L'âme ne perd pas sa liberté ni sa personnalité — elle les reçoit enfin pleinement, en laissant la Volonté de Dieu agir comme « sa propre vie ».
En substance, Jésus y explique à Luisa que vivre dans sa Volonté, c'est faire de sa Volonté la sienne propre, comme un bien dont on dispose librement ; tandis que faire sa Volonté, c'est la considérer comme la Volonté de Dieu, et non comme son propre bien, dont on ne peut disposer à son gré.[18]
Une seule Volonté qui règne : la fin du combat intérieur
Là où faire la volonté de Dieu laissait subsister deux volontés en tension, vivre dans la Divine Volonté n'en laisse plus qu'une.
En substance, Jésus y explique à Luisa que vivre dans sa Volonté, c'est vivre d'une seule Volonté : et puisque sa Volonté est toute sainte, toute pure et toute paisible, et que c'est une seule Volonté qui règne dans l'âme, il n'existe plus aucun contraste entre Dieu et elle.[19]
Ce n'est pas que la volonté humaine soit détruite ou absorbée jusqu'à disparaître — l'orthodoxie catholique l'interdit, car le Christ lui-même a possédé une vraie volonté humaine, libre et entière.[20] C'est que la volonté humaine cesse de tirer à elle, de « vouloir pour son compte », et laisse continuellement la Volonté divine l'animer. La paix n'est plus un fruit arraché au combat : elle devient l'état natif de l'âme, à l'image des bienheureux. Luisa décrit cette âme comme « enracinée dans le soleil » de la Volonté de Jésus, où elle « grandit et fleurit ».[21]
Le don, pas la conquête : ce que les vertus ne peuvent obtenir
Point capital, et garde-fou contre tout orgueil spirituel : la Vie dans la Divine Volonté n'est pas la récompense méritée d'un héroïsme ascétique. C'est un don gratuit, une pure faveur de Dieu, qui ne découle pas de la perfection des vertus.
« La sainteté dans Ma Volonté est totalement différente des autres saintetés… La vie dans Ma Volonté n'est rien d'autre que la vie intérieure des bienheureux dans le ciel. » — Jésus à Luisa Piccarreta, cité dans la thèse du P. Iannuzzi[22]
Iannuzzi le souligne en théologien : « le don de la Vie dans la Divine Volonté ne découle pas de la perfection des vertus, mais d'une pure faveur de Dieu ».[23] Les vertus restent nécessaires — elles disposent l'âme et la maintiennent en état de grâce — mais elles ne produisent pas le don, pas plus que la préparation du sol ne produit la pluie. Cette gratuité protège la doctrine de tout volontarisme : on ne fabrique pas la Vie dans la Divine Volonté à force d'efforts ; on s'y dispose et on la reçoit.
Le « mode éternel » : agir à la mesure de Dieu
Iannuzzi propose une distinction technique éclairante. La vie spirituelle ordinaire conduit l'âme, par les étapes de purgation, d'illumination et d'union, au mode divin d'union mystique habituelle avec Dieu. Le don de la Vie dans la Divine Volonté introduit à un mode éternel : l'âme coopère désormais à l'unique opération de Dieu, qui n'a ni commencement ni fin, et dont les actes « touchent simultanément la vie et les actes de toutes les créatures du passé, du présent et de l'avenir ».[24] En mots d'enfant : le mode divin, c'est vivre uni à Dieu comme les plus grands saints ; le mode éternel, c'est agir avec Dieu d'un seul acte qui touche à la fois le passé, le présent et l'avenir — agir comme Dieu lui-même agit.
C'est pourquoi Jésus assure Luisa que les actes accomplis dans sa Volonté ne sont pas enfermés dans l'instant : ils participent à l'acte unique et éternel de Dieu et portent un fruit pour toute la création. On entrevoit ici la portée missionnaire de cette vie, qui rejoint la question d'un règne de la Divine Volonté sur la terre et celle du don de vivre dans la Divine Volonté lui-même.
Quatre images pour saisir la différence
Pour rendre sensible un écart qui échappe aux concepts, Jésus emploie auprès de Luisa trois comparaisons, auxquelles le P. Iannuzzi ajoute une quatrième analogie. Elles disent toutes la même chose sous quatre angles.
Le serviteur et le fils
Le serviteur reçoit des ordres et les exécute ; le fils possède les biens de la maison et en dispose. Le serviteur obéit du dehors ; le fils agit du dedans, par communauté de vie avec son père. Faire la volonté de Dieu est la fidélité du serviteur ; vivre dans la Divine Volonté est la liberté de l'héritier.[25]
Le roi et le sujet
Le sujet se soumet à une loi qui lui demeure extérieure ; le roi règne, la loi vit en lui comme l'expression de sa propre volonté. Vivre dans la Divine Volonté, c'est régner en elle et avec elle — non par usurpation, mais parce que Dieu a librement communiqué à l'âme sa propre manière d'agir.[26]
Le ciel et la terre
C'est l'image la plus forte : la distance entre les deux états est, selon Jésus, comme celle du ciel à la terre.[27] Faire la volonté de Dieu appartient encore au régime de la terre, où l'on chemine au milieu des contrastes ; vivre dans la Divine Volonté fait déjà goûter, en exil, la vie intérieure des bienheureux au ciel.
Le nourrisson baptisé et l'adulte baptisé
Iannuzzi ajoute une quatrième image, empruntée à la théologie sacramentelle, pour situer le cas de saint Joseph : la différence entre celui qui jouit des reflets de la Divine Volonté et celui qui en possède le don est « analogue à la différence entre un nourrisson baptisé et un adulte baptisé ».[28] Les deux ont la grâce ; mais l'un la possède passivement et en germe, l'autre la déploie activement et consciemment. Saint Joseph, selon Luisa, vivait des « reflets » de la Divine Volonté qui émanaient de Jésus et de Marie, sans posséder le don dans sa source comme eux.[29]
Là où finissent les autres saintetés commence la Vie dans la Divine Volonté
Le couronnement de toutes les saintetés
Loin de mépriser les saintetés antérieures, Luisa enseigne que la Vie dans la Divine Volonté les suppose et les couronne. Jésus lui révèle que ce don ne commence pas en deçà des autres états mystiques, mais au point précis où ils s'achèvent.
« C'est la sainteté non encore connue sur la terre et que Je ferai connaître, la plus belle et la plus brillante, qui sera la couronne et l'achèvement de toutes les autres saintetés. » — Jésus à Luisa Piccarreta, cité dans la thèse du P. Iannuzzi[30]
Cette « nouvelle et divine sainteté » ne s'ajoute pas comme une rivale aux voies de saint Benoît, de saint François ou de sainte Thérèse : elle en recueille tout l'héritage. C'est l'objet propre de l'article sur la nouvelle et divine sainteté.
Se fondre dans la Divine Volonté : au-delà de la conformité
Pour nommer l'acte par lequel l'âme entre dans cet état, Luisa emploie le verbe se fondre. Iannuzzi prend soin de préciser que ce « se fondre » « ne signifie pas une confusion des volontés » : il suppose, en plus de la résignation et de la conformité, une passivité de l'âme sous l'empire de la Volonté de Dieu que fait apparaître l'Esprit Saint.[31]
Autrement dit, se fondre n'efface pas l'obéissance ni la conformité : cela les présuppose, puis les dépasse. On ne se fond pas dans la Divine Volonté en sautant par-dessus la résignation, mais en la laissant s'épanouir jusqu'au point où Dieu lui-même prend l'initiative. La nuance est traitée plus à fond dans l'article sur ce que signifie se fondre dans la Divine Volonté.
Marie, premier modèle de la Vie dans la Volonté
La Vie dans la Divine Volonté n'est pas une nouveauté sans précédent : elle a un visage. La Vierge Marie l'a vécue en plénitude, et Luisa s'y voit appelée la « première » à former sa vie dans la Volonté divine : c'est en elle qu'est fait le « premier dépôt » de cette vie.[32] Marie n'a jamais connu la dualité du combat intérieur ; en elle, dès le premier instant, une seule Volonté a régné. Elle est ainsi le modèle et la Reine de cette manière de vivre, comme le développe l'article sur la Vierge Marie dans le Royaume de la Divine Volonté.
Faut-il opposer les deux ? La continuité d'un même chemin
Le mot Fiat lui-même se dit en mots d'enfant : c'est le mot par lequel Dieu crée — quand Dieu dit, cela est. Trois fois, Dieu a dit ce mot pour nous : pour nous créer, pour nous racheter, pour nous rendre sa propre Vie.
Faire la volonté de Dieu reste indispensable
Il serait gravement erroné de conclure que, le don de vivre dans la Divine Volonté étant supérieur, on pourrait négliger l'obéissance, les commandements ou les sacrements. C'est exactement l'inverse. On ne reçoit jamais le don sans la fidélité, et l'on ne le garde pas sans elle : Iannuzzi rappelle que « la stabilité dans les vertus » est requise, « sans quoi l'âme ne peut conserver le don de la Vie dans la Divine Volonté ».[33] Faire la volonté de Dieu n'est pas une étape qu'on laisse derrière soi : c'est le sol permanent sur lequel le don s'enracine.
De la résignation à la possession : un seul itinéraire
La bonne image n'est donc pas celle de deux routes concurrentes, mais d'une seule montée : la résignation prépare la conformité, la conformité appelle l'abandon, et l'abandon dispose au don de la Vie dans la Divine Volonté. C'est le mouvement que décrit l'article sur le passage de la volonté propre à la Volonté de Dieu : on commence par retirer à sa volonté propre le droit de gouverner, jusqu'à ce que la Volonté de Dieu puisse régner sans partage.
Une grâce offerte, pas réservée à quelques mystiques
Enfin, cette vie n'est pas le privilège de rares âmes extraordinaires. Si Luisa en est la « petite fille » et le premier dépôt, c'est précisément pour que ce don se communique. Le Catéchisme rappelle que « c'est la volonté de notre Père que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tm 2, 3-4).[34] La Vie dans la Divine Volonté s'inscrit dans cette volonté universelle de salut : elle est offerte à quiconque consent à laisser Dieu être pleinement Dieu en lui — ce que demande, sans le savoir tout à fait, chaque chrétien qui prie « que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ».
Pour aller plus loin
- La Divine Volonté — la doctrine d'ensemble dans laquelle s'inscrit cette distinction.
- Qu'est-ce que le don de vivre dans la Divine Volonté ? — le contenu propre du don reçu par Luisa.
- Le passage de la volonté propre à la Volonté de Dieu — l'itinéraire intérieur qui y conduit.
- Que signifie se fondre dans la Divine Volonté ? — l'acte d'entrée dans cette vie.
- La nouvelle et Divine sainteté — comment ce don couronne toutes les saintetés.
- La Vierge Marie dans le Royaume de la Divine Volonté — le modèle accompli de la Vie dans la Volonté.
- Luisa Piccarreta (1865-1947) — la vie et la mission de la « petite fille de la Divine Volonté ».
Notes et références
Évangile selon saint Matthieu, 6, 10 (Bible de Jérusalem) : troisième demande du Notre Père.
1L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 17, 18 septembre 1924, passage sur la différence entre vivre dans la Volonté de Dieu et faire la Volonté de Dieu ; cité dans R. P. Joseph L. Iannuzzi, Le Don de la vie dans la Divine Volonté dans les écrits de Luisa Piccarreta, thèse doctorale, Université pontificale grégorienne, 2012, p. 135-136 (note 83), et dans ses 70 questions sur le Don de la Vie dans la Divine Volonté, question 65. Le texte anglais (éd. Lumen Luminis, feuillet du 18 septembre 1924 : « To live in my Will is to reign… To do my Will is to be submitted to my orders… ») a été contrôlé quant au fond ; les formulations françaises du présent article sont des paraphrases, l'original italien n'ayant pu être contrôlé.
2 6 7 16 17 18 19 25 26 27Luisa Piccarreta (1865-1947) : Servante de Dieu depuis l'ouverture de sa cause le 20 novembre 1994 par Mgr Carmelo Cassati, archevêque de Trani ; nihil obstat de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, alors présidée par le cardinal Ratzinger, le 28 mars 1994 ; Nulla Osta du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, juin 2024, pour la poursuite de la cause, ne constatant aucune erreur doctrinale dans ses écrits de nature à en empêcher la divulgation ; lettre officielle du 3 décembre 2024 (Prot. N. 94/37-102675) de Mgr Philippe Curbelié, sous-secrétaire du Dicastère, à Mgr Benoît Bertrand, président de la Commission doctrinale de la Conférence des évêques de France, confirmant ce Nulla Osta, demandant une édition officielle, typique et critique avec notes pédagogiques, et mettant en garde contre la prolifération incontrôlée des écrits et les dévotions inconsidérées.
3R. P. Joseph L. Iannuzzi, Le Don de la vie dans la Divine Volonté dans les écrits de Luisa Piccarreta, thèse doctorale, Université pontificale grégorienne, 2012, p. 135 (section « Faire et Vivre dans la Divine Volonté »).
4 5Saint Alphonse-Marie de Liguori, De l'uniformité à la volonté de Dieu (rédigé vers 1755), ch. 1 (résumé) : la perfection repose tout entière sur l'amour de Dieu, et le parfait amour de Dieu consiste en l'union complète de notre volonté avec la sienne.
8 15Évangile selon saint Matthieu, 7, 21 (Bible de Jérusalem).
9Première lettre aux Thessaloniciens, 4, 3 (Bible de Jérusalem).
10Catéchisme de l'Église catholique, § 2824 : « C'est dans le Christ, et par sa volonté humaine, que la Volonté du Père a été parfaitement et une fois pour toutes accomplie » (cf. Jn 8, 29 ; Lc 22, 42).
11Catéchisme de l'Église catholique, § 2825 : unis au Christ, les fidèles peuvent unir leur volonté à la sienne pour accomplir la volonté du Père.
12L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 14 août 1917 ; cité dans Iannuzzi, thèse, 2012, p. 136 (notes 84-86) : l'âme « résignée » et « conformée » à la Volonté de Dieu, soumise à ses « ordres ».
13Saint François de Sales, Traité de l'amour de Dieu (1616), livre IX, « De l'amour de soumission par lequel notre volonté s'unit au bon plaisir de Dieu », chap. IV : « Le cœur indifférent est comme une boule de cire entre les mains de son Dieu, pour recevoir semblablement toutes les impressions du bon plaisir éternel ».
14Sur la réalité et la liberté de la volonté humaine du Christ (contre le monothélisme), cf. IIIᵉ concile de Constantinople (680-681) ; Iannuzzi, thèse, 2012, sur l'opération inséparable mais distincte des deux volontés dans le Christ.
20L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 19, 21 juin 1926 ; cité dans Iannuzzi, thèse, 2012, p. 136 (note 88) : l'âme « enracinée dans le soleil » de la Volonté de Jésus, qui « grandit et fleurit » en lui.
21R. P. Joseph L. Iannuzzi, Le Don de la vie dans la Divine Volonté, thèse, Université pontificale grégorienne, 2012, p. 131-132 : le don ne découle pas de la perfection des vertus mais d'une pure faveur de Dieu ; la stabilité dans les vertus est cependant requise pour le conserver.
22 23 33R. P. Joseph L. Iannuzzi, Le Don de la vie dans la Divine Volonté, thèse, 2012, p. 134-135 : du « mode divin » de l'union mystique au « mode éternel » de l'opération divine, qui touche toutes les créatures du passé, du présent et de l'avenir.
24R. P. Joseph L. Iannuzzi, 70 questions sur le Don de la Vie dans la Divine Volonté, questions 17 et 20 : saint Joseph vivait des « reflets » (le « débordement ») de la Divine Volonté émanant de Jésus et de Marie ; analogie du nourrisson baptisé et de l'adulte baptisé.
28 29R. P. Joseph L. Iannuzzi, Le Don de la vie dans la Divine Volonté, thèse, 2012, p. 131 : une « nouvelle sainteté » qui constitue « le couronnement et l'achèvement de toutes les autres saintetés ».
30R. P. Joseph L. Iannuzzi, Le Don de la vie dans la Divine Volonté, thèse, 2012, p. 136-137 : se « fusionner » dans la Divine Volonté ne signifie pas une confusion des volontés.
31L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 14, 6 juillet 1922 : Luisa appelée comme « la première » à former sa vie dans la Volonté divine et à en être « le premier dépôt » ; cf. Iannuzzi, 70 questions, questions 18 et 20.
32Catéchisme de l'Église catholique, § 2822 (citant 1 Tm 2, 3-4) : « C'est la volonté de notre Père que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. »
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