Dans la spiritualité de la Divine Volonté, Marie n'est pas un ornement pieux ajouté après coup : elle en est la clef de voûte. Jésus dit à Luisa Piccarreta que sa Mère est la première créature à avoir vécu pleinement « dans le Divin Fiat », et qu'elle en est devenue, à ce titre, la « souveraine Reine »[1]. Là où Adam avait perdu pour tous le Royaume du Fiat reçu en Éden, Marie l'a possédé sans interruption — depuis le premier instant de son Immaculée Conception jusqu'à son Assomption.
Cette place explique un fait souvent ignoré : Jésus a dicté à Luisa un livre entier consacré à Marie, La Vierge Marie dans le Royaume de la Divine Volonté (trente et une méditations rédigées en 1929-1930), où c'est la Vierge elle-même qui enseigne, jour après jour, comment entrer dans ce Royaume[2]. Marie n'y est donc pas seulement un exemple : elle est la Maîtresse, la porte et le modèle vivant de la vie dans la Divine Volonté.
Sa fonction est double, et Jésus la résume d'un mot : Marie est à la fois Reine — pour former les « sujets » du Royaume — et Mère — pour former ses « enfants ». Et cette mission, dit-il, « n'est pas achevée » : elle ne le sera « que lorsque la Divine Volonté régnera sur la terre parmi les créatures »[3]. La Reine du Ciel attend donc, avec un désir maternel, que le Royaume où elle vit déjà devienne aussi celui de ses enfants ici-bas.
Cet article situe précisément cette place : pourquoi Marie est la première à vivre dans le Fiat, pourquoi on l'appelle « Reine de la Divine Volonté », comment elle s'articule aux trois Fiat de la Création, de la Rédemption et de la Sanctification, et quels garde-fous empêchent cette doctrine de verser dans l'exagération. Ce que signifie « vivre dans la Divine Volonté » en général est traité dans l'article sur le don de vivre dans la Divine Volonté ; on ne reprend ici que ce qui éclaire la place propre de la Vierge.
Un livre où Marie elle-même enseigne le Royaume
La Vierge Marie dans le Royaume de la Divine Volonté (1929-1930)
La meilleure preuve de la centralité de Marie est que Jésus a voulu, pour elle, un ouvrage à part. Entre 1929 et 1930, il fait écrire à Luisa un livre de trente et une méditations — une pour chaque jour d'un mois, sur le modèle des « mois de Marie » traditionnels — intitulé La Vierge Marie dans le Royaume de la Divine Volonté. Sa particularité : ce n'est pas Jésus mais Marie qui y parle et qui guide l'âme. L'ouvrage s'ouvre par une invitation maternelle d'une grande tendresse :
« Je t'invite à entrer dans le Royaume de ta Maman, le Royaume de la Volonté Divine. Je frappe à la porte de ton cœur pour être accueillie par toi. Je t'apporte ce livre comme un cadeau… Tu y savoureras la nourriture délicieuse de la Volonté Divine. Tu ne manqueras de rien. » — La Vierge Marie à Luisa, La Vierge Marie dans le Royaume de la Divine Volonté, préliminaires[4]
Le but que Marie assigne à son propre livre est explicitement missionnaire et universel : former, pour toute l'humanité, des « sujets » et des « enfants » du Royaume.
« Je ferai le tour du monde, je visiterai chaque personne, chaque famille, chaque communauté religieuse et chaque nation et, si nécessaire, je poursuivrai pendant des siècles, jusqu'à ce que j'aie formé tous mes sujets, en tant que Reine, et tous mes enfants, en tant que Mère, pour que tous connaissent la Volonté Divine et la laissent régner en eux. Voilà le but de ce livre. » — La Vierge Marie à Luisa, La Vierge Marie dans le Royaume de la Divine Volonté, préliminaires[5]
Pourquoi Marie occupe une place à part
On pourrait croire que toute âme appelée à vivre dans la Divine Volonté occupe, en ce Royaume, le même rang. Or les écrits distinguent nettement trois figures fondatrices, sans les confondre : Jésus, source du don ; Marie, première créature à le recevoir et à le médiatiser ; Luisa, première créature « conçue dans le péché » à en recevoir la connaissance pour l'annoncer à tous. Cette hiérarchie est essentielle pour comprendre la place de Marie : elle n'est ni l'auteur du don (c'est le Christ), ni sa simple bénéficiaire parmi d'autres, mais la créature-modèle par qui tout passe.
C'est pourquoi le présent article reste centré sur la Vierge. La place de Luisa est traitée ailleurs — pourquoi Luisa est appelée la petite fille de la Divine Volonté — de même que la question de savoir si elle est « la femme de la Genèse » (article dédié). Ce qui nous occupe ici est plus fondamental : Marie est la seule créature dont Jésus dise qu'elle a possédé le Royaume dans sa source, sans la moindre ombre.
Marie, première créature à vivre pleinement dans la Divine Volonté
Dès le premier instant de l'Immaculée Conception
Le point de départ est l'Immaculée Conception. La foi catholique enseigne que Marie fut, « par une grâce et une faveur singulières de Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ », « préservée intacte de toute souillure du péché originel » dès le premier instant de sa conception (CEC § 491)[6]. La spiritualité de la Divine Volonté lit dans ce privilège bien plus qu'une absence de tache : elle y voit l'ouverture immédiate d'une vie entièrement dominée par le Fiat divin.
« Dès le premier instant de son immaculée Conception, elle reçut cet acte de Vie de la Divine Volonté, pour le recevoir ensuite continuellement durant toute sa vie. Ce fut le très grand prodige, le miracle inouï : la vie de la Divine Volonté dans l'Impératrice du Ciel. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 20, 10 décembre 1926[7]
Là est la différence décisive avec tout autre saint. Les plus grands mystiques « font » la volonté de Dieu, et parfois la subissent héroïquement ; Marie, elle, vit dans cette Volonté comme dans son atmosphère native, parce que rien en elle n'a jamais résisté. La distinction entre « faire » et « vivre dans » la Volonté divine — capitale dans toute cette doctrine — trouve en Marie son cas-limite parfait : chez elle, il n'y a pas eu un instant où sa volonté propre ait pris le pas sur celle de Dieu (sur cette distinction, voir l'article dédié).
« Ce que je suis par nature, ma Mère l'est devenue par grâce »
Cette vie ininterrompue dans le Fiat produit en Marie une véritable divinisation — non par nature, mais par grâce. Les Pères grecs nommaient theosis cette participation de la créature à la vie de Dieu ; le Livre du Ciel l'applique à Marie dans les termes les plus forts :
« Les délices et les grâces déversées en elle étaient si grandes et si nombreuses que ce que je suis par nature, ma Mère l'est devenue par grâce. Puisqu'elle était sans péché, ma grâce régnait librement en elle. Il n'y a rien de mon Être que je ne lui aie communiqué. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 2, 26 septembre 1899[8]
Le même enseignement revient, vingt-quatre ans plus tard, rapporté explicitement à l'action de la Divine Volonté en elle :
« Par la vertu de la Divine Volonté qui agissait en elle, on peut dire que ce que Dieu est par nature, elle l'est devenue par grâce. Notre Volonté peut tout faire. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 16, 8 décembre 1923[9]
Cette affirmation reste rigoureusement catholique. Elle ne fait pas de Marie une déesse : elle dit, en langage mystique, ce que la tradition appelle sa plénitude de grâce (« Réjouis-toi, comblée de grâce », Lc 1, 28)[10] et sa coopération parfaite à l'Esprit Saint, « l'œuvre commune de l'Esprit Saint et de la Vierge » (CEC § 721-726)[11]. Marie est « petit dieu par participation », comme l'homme était appelé à l'être dès la Création — à cette différence près qu'en elle, ce dessein s'est réalisé sans faille.
La seule à n'avoir jamais retiré sa volonté
Ce qui fait de Marie un cas unique, c'est la continuité absolue de son union. Jésus présente cette continuité comme « le miracle des miracles » : une créature finie qui contient, sans le rompre, l'acte infini et ininterrompu de la Volonté divine.
« Veux-tu savoir qui est celle qui se laissa dominer par cet Acte continu de ma suprême Volonté et qui, sans jamais donner vie à sa volonté propre, a reçu cet Acte continu de Vie de la Divine Volonté, de manière à former en elle une Vie pleinement divine et à la ressemblance de son Créateur ? Ce fut la céleste et souveraine Reine. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 20, 10 décembre 1926[12]
L'image que Jésus emploie pour dire la disproportion est saisissante : un seul acte de la Divine Volonté peut « créer des cieux, des soleils, des mers, des étoiles » ; à côté de lui, tous les actes humains sont « comme autant de gouttes d'eau qui se dissolvent dans l'océan »[13]. Si une seule âme a porté en elle, sans interruption, cette Vie d'acte continu, alors sa grandeur est littéralement incommensurable. Voilà pourquoi Marie ne se range pas dans la série des saints : elle en est le sommet et la source créée.
Pourquoi l'appelle-t-on « Reine de la Divine Volonté » ?
Reine parce qu'elle a laissé régner le Fiat en elle
Le titre de « Reine de la Divine Volonté » n'est pas une métaphore décorative. Marie est Reine de la Divine Volonté parce qu'elle a, la première et parfaitement, laissé cette Volonté régner en elle. Le Livre du Ciel la nomme en propres termes « la céleste et souveraine Reine », celle en qui le Fiat suprême « a régné » et « a formé sa vie »[14]. La royauté de Marie n'est donc pas une domination qu'elle exerce, mais un règne qu'elle a accueilli : elle est Reine parce qu'elle a été parfaitement sujette.
Jésus relie cette royauté au culte marial de l'Église lui-même : honorer la Reine, c'est en réalité célébrer le Fiat qui l'a faite telle.
« Dans toutes les fêtes où l'Église honore ma Maman, le Ciel tout entier célèbre, glorifie, loue et remercie la suprême Volonté, parce qu'il voit sa Vie en elle… C'est donc avec justice que, lorsqu'ils célèbrent la Reine, ils célèbrent le Fiat suprême qui a créé sa Reine, a régné en elle, formé sa vie, et est la cause première de son bonheur éternel. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 20, 10 décembre 1926[15]
Cette doctrine prolonge le dogme de l'Assomption, qui culmine dans la royauté de Marie : « élevée à la gloire céleste, [elle] a été exaltée par le Seigneur comme Reine de l'univers » (CEC § 966)[16]. Le Livre du Ciel ajoute simplement le fondement intérieur de cette royauté : Marie règne au Ciel parce que la Divine Volonté a régné en elle sur la terre.
Le « miracle inouï » : la Divine Volonté formant une vie créée
Ce que Jésus appelle « le très grand prodige » mérite d'être compris, car c'est lui qui fonde la place de Marie. Une volonté infinie, immense, éternelle, vient « former sa vie » dans une créature « sans cesser de rester immense »[17]. Marie n'est pas absorbée ni anéantie : elle reste pleinement elle-même, une femme de Nazareth, tout en étant le lieu créé où la Volonté divine déploie sa vie comme nulle part ailleurs dans l'ordre des créatures. C'est ce paradoxe — l'infini contenu sans contrainte dans le fini consentant — que la doctrine nomme le sommet de la sainteté possible à une créature.
De là découle une conséquence cosmique que Jésus souligne : c'est « la Divine Volonté formant sa vie dans cette Créature d'excellence qui a ouvert le Ciel, fermé par la volonté humaine »[18]. La désobéissance d'Adam avait verrouillé le Ciel ; l'obéissance vivante de Marie — son Fiat permanent — en a tourné la clef. Avant même la Croix, la seule existence de Marie dans le Fiat rouvre, en germe, l'accès perdu.
Reine sans royaume de sujets — jusqu'à maintenant
Reste une nuance souvent mal comprise, et qui éclaire la mission encore inachevée de Marie. Une reine, normalement, règne sur un peuple. Or, durant des siècles, Marie a été « Reine de la Divine Volonté » presque sans sujets : aucune autre créature ne vivait comme elle dans le Fiat. Le Père Joseph Iannuzzi, dont la thèse sur la Divine Volonté fut soutenue et publiée avec les approbations ecclésiastiques requises, cite à ce sujet une révélation explicite :
« Comme Notre amour se réjouit et est dans la liesse quand Nous la voyons comme la première reine de l'œuvre de Nos mains créatrices ! Mais Notre amour ne se contente pas d'avoir une seule reine… afin d'avoir le cortège de Nos enfants : tous rois et reines. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 23, 13 janvier 1928, cité par J. L. Iannuzzi[19]
Dieu ne veut pas une Reine solitaire : il veut un peuple de rois et de reines vivant comme Marie dans la Divine Volonté. C'est exactement le sens du Règne de la Divine Volonté sur la terre : non un empire politique, mais une multitude d'âmes partageant enfin l'état de la Reine. La royauté de Marie appelle, par nature, un royaume peuplé.
Marie dans l'architecture des trois Fiat
Sa place propre entre Rédemption et Sanctification
La doctrine de Luisa organise toute l'histoire du salut autour de trois Fiat : le Fiat créateur (« Fiat lux », Gn 1, 3), le Fiat rédempteur (« Fiat mihi » de Marie, Lc 1, 38), et le Fiat sanctificateur (« Fiat voluntas tua » du Notre Père, Mt 6, 10). Le premier fut prononcé par Dieu seul ; les deux suivants requièrent la coopération d'une créature. Et la créature du deuxième Fiat, c'est Marie.
Le tableau ci-dessous situe sa place exacte dans cette architecture. Il ne reprend pas le détail de chaque Fiat — traité dans les articles correspondants — mais montre où se tient la Vierge.
| Fiat | Parole-clé | Créature associée | Rôle de Marie |
|---|---|---|---|
| Créateur | « Fiat lux » (Gn 1, 3) | Aucune (Dieu seul) | Marie est le fruit le plus pur de la Création, « la première reine de l'œuvre » des mains de Dieu |
| Rédempteur | « Fiat mihi » (Lc 1, 38) | La Vierge Marie | Elle prononce le Fiat qui fait descendre le Verbe ; co-rédemptrice |
| Sanctificateur | « Fiat voluntas tua » (Mt 6, 10) | Les âmes dans la Divine Volonté | Elle en est la Reine et la Mère, qui forme et obtient les sujets du Royaume |
Marie n'est donc pas cantonnée au seul Fiat rédempteur : elle traverse les trois. Fruit le plus achevé de la Création, actrice du deuxième Fiat, Reine du troisième — elle est le fil d'or qui relie les trois œuvres d'un même dessein.
Co-rédemptrice : « elle ne me laissa jamais seul »
Au cœur de sa place se trouve son Fiat de l'Annonciation. En répondant « Qu'il m'advienne selon ta parole » (Lc 1, 38)[20], Marie ne donne pas seulement son corps au Verbe : elle s'unit d'avance à toute sa Passion. Le Livre du Ciel parle d'elle comme co-rédemptrice — terme qu'il faut entendre dans son sens catholique de coopération subordonnée et dépendante du Christ, unique Rédempteur :
« En même temps qu'elle me conçut, ma Mère devint co-rédemptrice de l'humanité et embrassa toutes mes souffrances, mes satisfactions et mes réparations, auxquelles elle joignit son amour maternel envers tous… Elle m'accompagna dans tout : dans l'amour et la souffrance. Elle ne me laissa jamais seul. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 17, 1ᵉʳ mai 1925[21]
Pourquoi Dieu avait-il besoin d'une créature pour la Rédemption ? Parce que, après vingt siècles d'attente, « les vraies et pures joies de la Création » ne pouvaient reprendre sans « choisir une créature toute proche des générations humaines », capable du « dépouillement total de la volonté humaine »[22]. Cette créature, seule capable de ce dépouillement parfait, ne pouvait être que l'Immaculée. La Rédemption a donc reposé, du côté humain, sur le Fiat de Marie — ce que développe l'article sur le Fiat rédempteur.
Reine du troisième Fiat, mais non sa source
Si Marie est l'actrice du deuxième Fiat, elle est la Reine du troisième — celui de la Sanctification, le Règne de la Divine Volonté. Mais ici une précision doctrinale s'impose, et elle est décisive pour ne pas dévier. Le don de vivre dans la Divine Volonté est médiatisé « à travers Jésus et Marie » : Marie n'en est pas une source indépendante, mais le canal maternel voulu par Dieu. Iannuzzi le formule avec netteté :
« De même que Marie fut la première créature à participer activement à la médiation du Fiat de la Rédemption à toutes les générations, ainsi Luisa fut la première créature conçue dans le péché à participer à la médiation du Fiat de la Sanctification… mais toujours à travers Jésus et Marie. » — J. L. Iannuzzi, Le don de vivre dans la Divine Volonté[23]
Autrement dit : le don descend du Christ, passe par Marie, et n'atteint Luisa — puis l'Église — qu'à travers elle. C'est la loi constante du salut catholique : « par Marie », jamais « sans elle », jamais « au-dessus d'elle ». Sa médiation maternelle, « subordonnée à la médiation du Christ » et qui « ne fait que montrer la puissance » de celle-ci (CEC § 970)[24], trouve dans le Royaume du Fiat son expression la plus haute.
Mère et modèle du Royaume
« Le moteur, la vie, le guide, le modèle parfait »
Le titre de Reine ne dit pas tout. Marie est aussi, et d'abord, Mère : c'est par tendresse maternelle qu'elle veut le Royaume pour ses enfants. Dans la grande page de l'Ascension (tome 34), Jésus la décrit comme l'âme même du Royaume à venir :
« Elle est la Reine de mon Église pour l'aider, la protéger et la défendre. Elle sera présente parmi les enfants de ma Volonté. Elle sera toujours le moteur, la vie, le guide, le modèle parfait, la majesté du Royaume du divin Fiat si cher à son Cœur. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 34, 20 mai 1936[25]
Cinq mots résument sa fonction : moteur (elle met en mouvement), vie (elle anime), guide (elle conduit), modèle parfait (elle montre comment vivre), majesté (elle en est la gloire). Aucune âme n'entre dans le Royaume sans la rencontrer sur le chemin.
Une mission maternelle inachevée
Voici le trait le plus émouvant de sa place : Marie n'est pas une Reine satisfaite, installée dans sa gloire. Elle désire, d'un désir maternel ardent, que ses enfants vivent sur la terre dans le Royaume où elle vit déjà au Ciel. Tant que cela n'est pas, elle considère sa mission comme inachevée :
« Ses ardents désirs, ses délires d'amour maternel sont de vouloir que ses enfants vivent sur terre dans le Royaume où elle a vécu. Elle ne se contente pas d'avoir ses enfants au Ciel… Elle pense que la mission de Mère et de Reine que Dieu lui a donnée n'est pas achevée, qu'elle ne sera terminée que lorsque la Divine Volonté régnera sur la terre parmi les créatures. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 34, 20 mai 1936[26]
Cette parole donne à la place de Marie une dimension active et présente. Les apparitions mariales modernes, l'insistance de l'Église sur le triomphe du Cœur Immaculé, la prière du Notre Père récitée chaque jour : tout cela peut se lire, dans cette perspective, comme le travail d'une Mère qui « met tout son Cœur et tout son Amour à aider la créature qu'elle voit disposée à vouloir vivre dans la Divine Volonté »[27]. Marie n'attend pas passivement : elle œuvre au Royaume.
Reine pour les sujets, Mère pour les enfants
On retrouve ici la double fonction annoncée dès les préliminaires du livre marial : Marie veut former « tous ses sujets, en tant que Reine, et tous ses enfants, en tant que Mère »[28]. Les deux titres ne se concurrencent pas, ils se complètent. Comme Reine, elle communique l'ordre, la dignité, la royauté du Fiat ; comme Mère, elle communique la vie, la tendresse, la familiarité de l'enfant avec Dieu. Le sujet obéit ; l'enfant ressemble. Marie veut les deux : des âmes qui laissent régner la Volonté divine et qui héritent de leur Maman.
« Elle veut que ses enfants lui ressemblent et possèdent l'héritage de leur Maman. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 34, 20 mai 1936[29]
C'est pourquoi venir au Royaume de la Divine Volonté, dans cette spiritualité, c'est toujours passer par Marie : non comme par une étape facultative, mais comme par la Mère qui, la première, a reçu cet héritage pour pouvoir le transmettre.
Les paroles de Jésus sur Marie, au fil du Livre du Ciel
La place de Marie ne se déduit pas d'un seul texte : elle se construit, tome après tome, dans une vingtaine d'années de révélations. La chronologie suivante donne les jalons principaux.
- 26 septembre 1899 — tome 2« Par nature / par grâce »
« Ce que je suis par nature, ma Mère l'est devenue par grâce. » La sainteté de Marie est posée comme incomparable, fruit d'une grâce qui « régnait librement » en l'Immaculée.
- 8 décembre 1923 — tome 16Marie divinisée par la Divine Volonté
La même vérité est désormais rapportée à l'action du Fiat : « ce que Dieu est par nature, elle l'est devenue par grâce », par la vertu de la Divine Volonté agissant en elle.
- 22 février 1924 — tome 16Pourquoi une créature pour la Rédemption
Dieu devait « choisir une créature toute proche des générations humaines », capable du « dépouillement total de la volonté humaine » : ce sera l'Immaculée.
- 1ᵉʳ mai 1925 — tome 17Marie co-rédemptrice
« En même temps qu'elle me conçut, ma Mère devint co-rédemptrice… Elle ne me laissa jamais seul. »
- 10 décembre 1926 — tome 20La « souveraine Reine » de la Divine Volonté
Le texte central : Marie reçoit « dès le premier instant de son immaculée Conception » l'acte continu de la Divine Volonté ; elle est « l'Impératrice du Ciel » qui « a ouvert le Ciel fermé par la volonté humaine ».
- 13 janvier 1928 — tome 23« La première reine »
Dieu se réjouit de Marie comme de « la première reine de l'œuvre de Nos mains créatrices », mais veut « un cortège de rois et de reines » : un peuple du Royaume.
- 1929-1930Le livre « La Vierge Marie dans le Royaume »
Jésus dicte à Luisa trente et une méditations où Marie elle-même enseigne le chemin du Royaume et promet de « faire le tour du monde » pour former ses sujets et ses enfants.
- 20 mai 1936 — tome 34La mission inachevée
À l'Ascension, Marie est dite « moteur, vie, guide, modèle parfait » du Royaume ; sa mission « ne sera terminée que lorsque la Divine Volonté régnera sur la terre ».
Cette progression montre une chose : la place de Marie n'est pas une intuition isolée, mais une doctrine cohérente, énoncée sur près de quarante ans, et toujours articulée à la foi de l'Église — Immaculée Conception, maternité divine, co-rédemption, Assomption et royauté.
Cette continuité est elle-même un indice de solidité : le premier texte cité remonte à 1899, quand Luisa a trente-quatre ans ; le dernier date de 1936, onze ans avant sa mort en 1947, alors qu'elle achève, à soixante et onze ans, une vie presque entièrement recluse consacrée à cette seule dictée. La doctrine sur la place de Marie n'est donc ni une intuition de jeunesse ni un ajout de vieillesse : elle traverse, inchangée dans sa substance, l'ensemble de la vie mystique de Luisa.
Garde-fous : ce que Marie n'est pas dans cette doctrine
Une place aussi haute appelle des garde-fous, sous peine de glisser vers l'exagération. La spiritualité de la Divine Volonté, telle qu'enseignée par Luisa et relue par les théologiens autorisés, en pose plusieurs.
Marie ne dépasse jamais le Christ
Premier garde-fou : tous les titres de Marie — Reine, Mère, co-rédemptrice, médiatrice — restent subordonnés au Christ, unique Médiateur (1 Tm 2, 5). Le Catéchisme est formel : la fonction maternelle de Marie « ne fait que montrer la puissance de l'intercession unique du Christ » et « ne supprime ni ne diminue en rien cette unique médiation » (CEC § 970)[30]. Si Marie « a ouvert le Ciel », c'est « en vue des mérites de Jésus-Christ » (CEC § 491)[31] et parce que la Divine Volonté — c'est-à-dire Dieu lui-même — régnait en elle. La Reine n'a rien qu'elle n'ait reçu.
Luisa ne dépasse jamais Marie
Deuxième garde-fou, propre à cette doctrine : le parallèle entre Marie et Luisa ne fait pas de cette dernière une « nouvelle Vierge ». Iannuzzi y insiste : « Luisa ne dépasse pas la sainteté de Marie »[32]. Marie reste la première et la plus haute des créatures ; Luisa est seulement la première « conçue dans le péché » à recevoir la connaissance du don pour l'annoncer. Toute lecture qui placerait Luisa au-dessus ou à côté de Marie trahit la doctrine. C'est l'un des points vérifiés par l'Église dans l'examen des écrits de Luisa.
Aucun millénarisme : un règne spirituel
Troisième garde-fou : le « Royaume » dont Marie est Reine n'est pas un empire terrestre, politique ou temporel. L'Église a condamné le millénarisme — l'attente d'un règne historique du Christ avant la fin (CEC § 676)[33]. Le Royaume de la Divine Volonté est un accomplissement spirituel et intérieur du « que ta Volonté soit faite sur la terre comme au Ciel », l'extension à l'Église de l'état que Marie a vécu en plénitude — non une utopie du monde. La Reine ne promet pas un trône terrestre : elle promet que la Volonté de Dieu vivra dans les cœurs comme elle a vécu dans le sien.
Une doctrine en cohérence avec les dogmes mariaux
Dernier point : loin de concurrencer la foi mariale de l'Église, cette doctrine en prolonge les quatre dogmes. La Maternité divine fonde le Fiat rédempteur ; l'Immaculée Conception fonde la possession du Royaume dès le premier instant ; la Virginité perpétuelle dit le don total à la Volonté divine ; l'Assomption couronne par la royauté céleste celle qui avait laissé régner le Fiat sur la terre. La place de Marie dans le Royaume de la Divine Volonté n'est, au fond, que la lecture intérieure de ce que les dogmes proclament au-dehors.
En résumé : la Reine et la Mère du Royaume
Quelle place Marie tient-elle dans le Royaume de la Divine Volonté ? La première de toutes. Non comme l'auteur du don — c'est le Christ — mais comme la créature en qui ce don s'est réalisé sans la moindre ombre, depuis le premier instant de son Immaculée Conception. Elle est la « souveraine Reine » parce qu'elle a parfaitement laissé régner le Fiat en elle ; elle est la Mère parce qu'elle veut, d'un désir ardent, que ses enfants vivent sur la terre dans le Royaume où elle vit déjà au Ciel. Sa mission, dit Jésus, « ne sera achevée que lorsque la Divine Volonté régnera sur la terre ».
Marie est donc à la fois le modèle accompli — ce que toute âme dans la Divine Volonté est appelée à devenir —, la porte par laquelle ce don descend du Christ jusqu'à l'Église, et la Reine qui attend un peuple. Comprendre sa place, c'est comprendre que le Royaume de la Divine Volonté n'a rien d'une nouveauté étrangère à la foi catholique : il est l'Évangile du Notre Père vécu comme Marie l'a vécu, sous la conduite de celle qui en est, de toute éternité, la Reine et la Mère.
Pour aller plus loin
- Qu'est-ce que le don de vivre dans la Divine Volonté ? — le don dont Marie est le modèle parfait.
- Qu'est-ce que le Fiat rédempteur ? — le Fiat de Marie à l'Annonciation.
- Qu'est-ce que le Fiat sanctificateur ? — le Royaume dont Marie est la Reine.
- Pourquoi parler d'un règne de la Divine Volonté sur la terre ? — le peuple que la Reine attend.
- Pourquoi Luisa est-elle appelée la petite fille de la Divine Volonté ? — la première créature conçue dans le péché à recevoir le don.
- Quelle différence entre faire la volonté de Dieu et vivre dans la Divine Volonté ? — la distinction dont Marie est le cas parfait.
- Les quatre dogmes mariaux — le socle dogmatique de la place de Marie.
Notes et références
L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 20, 10 décembre 1926 — Jésus nomme Marie « la céleste et souveraine Reine » et « l'Impératrice du Ciel », seule créature « qui se laissa dominer par cet Acte continu de [sa] suprême Volonté ».
1L. Piccarreta, La Vierge Marie dans le Royaume de la Divine Volonté (1929-1930), ouvrage de trente et une méditations dicté par Jésus, dans lequel c'est la Vierge qui enseigne à l'âme le chemin du Royaume. Édité avec les approbations ecclésiastiques d'usage (Centro Studi Piccarreta / éditions Résiac).
2L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 34, 20 mai 1936 — « la mission de Mère et de Reine que Dieu lui a donnée n'est pas achevée, qu'elle ne sera terminée que lorsque la Divine Volonté régnera sur la terre parmi les créatures. »
3L. Piccarreta, La Vierge Marie dans le Royaume de la Divine Volonté, préliminaires — invitation initiale de Marie à l'âme : « Je t'invite à entrer dans le Royaume de ta Maman… Je t'apporte ce livre comme un cadeau. »
4L. Piccarreta, La Vierge Marie dans le Royaume de la Divine Volonté, préliminaires — but missionnaire du livre : former « tous mes sujets, en tant que Reine, et tous mes enfants, en tant que Mère, pour que tous connaissent la Volonté Divine et la laissent régner en eux. »
5Catéchisme de l'Église catholique, n° 491 — la bulle Ineffabilis Deus (Pie IX, 1854) : la Bienheureuse Vierge Marie fut, « dès le premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulières de Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel. »
6L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 20, 10 décembre 1926 — « Dès le premier instant de son immaculée Conception, elle reçut cet acte de Vie de la Divine Volonté, pour le recevoir ensuite continuellement durant toute sa vie. »
7L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 2, 26 septembre 1899 — « Ce que je suis par nature, ma Mère l'est devenue par grâce. Puisqu'elle était sans péché, ma grâce régnait librement en elle. Il n'y a rien de mon Être que je ne lui aie communiqué. »
8L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 16, 8 décembre 1923 — « Par la vertu de la Divine Volonté qui agissait en elle, on peut dire que ce que Dieu est par nature, elle l'est devenue par grâce. »
9Évangile selon saint Luc 1, 28 — salutation de l'ange Gabriel : « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. » Le grec kекharitôménê exprime une plénitude de grâce déjà acquise.
10Catéchisme de l'Église catholique, n° 721-726 — Marie, « le chef-d'œuvre de la mission du Fils et de l'Esprit dans la plénitude du temps » ; en elle s'accomplit « l'œuvre commune de l'Esprit Saint et de la Vierge ».
11L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 20, 10 décembre 1926 — « qui se laissa dominer par cet Acte continu de ma suprême Volonté et qui, sans jamais donner vie à sa volonté propre, a reçu cet Acte continu de Vie de la Divine Volonté… Ce fut la céleste et souveraine Reine. »
12L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 20, 10 décembre 1926 — comparaison de la disproportion : un seul acte du Fiat peut « créer des cieux, des soleils, des mers, des étoiles », et « tous les actes humains » à côté sont « comme autant de gouttes d'eau qui se dissolvent dans l'océan ».
13L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 20, 10 décembre 1926 — « Qui est celle qui se laissa dominer par cet Acte continu de ma suprême Volonté […] ? Ce fut la céleste et souveraine Reine. » Et : « C'est donc avec justice que lorsqu'ils célèbrent la Reine, ils célèbrent le Fiat suprême Qui a créé sa Reine, a régné en elle, a formé sa vie… »
14L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 20, 10 décembre 1926 — « lorsqu'ils célèbrent la Reine, ils célèbrent le Fiat suprême qui a créé sa Reine, a régné en elle, formé sa vie, et est la cause première de son bonheur éternel. »
15Catéchisme de l'Église catholique, n° 966 — citant la constitution Lumen Gentium (n° 59) : la Vierge immaculée, « préservée de toute atteinte de la faute originelle, à la fin de sa vie terrestre fut élevée corps et âme à la gloire céleste, et exaltée par le Seigneur comme Reine de l'univers. »
16L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 20, 10 décembre 1926 — Jésus montre « le plus grand prodige » : sa Volonté, « bien qu'immense, pouvait être contenue dans la petitesse de la créature, en restant immense, afin de la dominer et de former sa vie en elle. »
17L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 20, 10 décembre 1926 — « C'est précisément la Divine Volonté formant sa vie dans cette Créature d'excellence qui a ouvert le Ciel qui avait été fermé par la volonté humaine. »
18J. L. Iannuzzi, Le don de vivre dans la Divine Volonté dans les écrits de Luisa Piccarreta (thèse, Université pontificale grégorienne / Apostolat de la Divine Volonté), citant L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 23, 13 janvier 1928 — Dieu veut, au-delà de la « première reine », « le cortège de Nos enfants : tous rois et reines. »
19Évangile selon saint Luc 1, 38 — « Voici la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole » (« Fiat mihi secundum verbum tuum », Vulgate). Réponse de Marie à l'Annonciation, « Fiat » du deuxième acte de l'histoire du salut.
20L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 17, 1ᵉʳ mai 1925 — « ma Mère devint co-rédemptrice de l'humanité et embrassa toutes mes souffrances… Elle ne me laissa jamais seul. » Le terme « co-rédemptrice » s'entend au sens catholique d'une coopération subordonnée et dépendante de l'unique Rédempteur.
21L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 16, 22 février 1924 — pour reprendre « les vraies et pures joies de la Création », Dieu devait « choisir une créature toute proche des générations humaines », capable du « dépouillement total de la volonté humaine ».
22J. L. Iannuzzi, Le don de vivre dans la Divine Volonté — « De même que Marie fut la première créature à participer activement à la médiation du Fiat de la Rédemption à toutes les générations, ainsi Luisa fut la première créature conçue dans le péché à participer à la médiation du Fiat de la Sanctification… mais toujours à travers Jésus et Marie. »
23Catéchisme de l'Église catholique, n° 970 — la fonction maternelle de Marie « ne supprime ni ne diminue en rien cette unique médiation du Christ, mais en montre la puissance » ; toute son influence « découle de la surabondance des mérites du Christ ».
24L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 34, 20 mai 1936 — « Elle sera toujours le moteur, la vie, le guide, le modèle parfait, la majesté du Royaume du divin Fiat si cher à son Cœur. »
25L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 34, 20 mai 1936 — « Ses ardents désirs… sont de vouloir que ses enfants vivent sur terre dans le Royaume où elle a vécu… la mission de Mère et de Reine… ne sera terminée que lorsque la Divine Volonté régnera sur la terre. »
26L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 34, 20 mai 1936 — « la grande Dame met tout son Cœur et tout son Amour à aider la créature qu'elle voit disposée à vouloir vivre dans la Divine Volonté. »
27L. Piccarreta, La Vierge Marie dans le Royaume de la Divine Volonté, préliminaires — Marie veut former « tous mes sujets, en tant que Reine, et tous mes enfants, en tant que Mère ».
28L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 34, 20 mai 1936 — « Elle veut que ses enfants lui ressemblent et possèdent l'héritage de leur Maman. »
29Catéchisme de l'Église catholique, n° 970 — la médiation maternelle de Marie est « subordonnée » à l'unique médiation du Christ, dont elle dépend entièrement et dont elle « montre la puissance ».
30Catéchisme de l'Église catholique, n° 491 — l'Immaculée Conception est accordée « en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain » : Marie elle-même est rachetée « de manière éminente en considération des mérites de son Fils » (CEC § 492).
31J. L. Iannuzzi, 70 questions sur le don de vivre dans la Divine Volonté — précision doctrinale : Luisa « ne dépasse pas la sainteté de Marie » ; elle co-médiatise le don « avec Jésus et Marie », sans être une médiatrice indépendante ni supérieure à la Vierge.
32Catéchisme de l'Église catholique, n° 676 — l'Église rejette « cette falsification du Royaume à venir sous le nom de millénarisme », c'est-à-dire l'attente d'un triomphe historique et temporel du Christ avant la fin des temps. Le Royaume de la Divine Volonté est un accomplissement spirituel et intérieur, non un règne politique.
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