Au premier fiat rapporté par la Genèse, la Bible met dans la bouche de Dieu un seul mot, et tout commence : « Dieu dit : Que la lumière soit. Et la lumière fut » (Gn 1, 3). La Vulgate latine le traduit par un terme devenu célèbre : Fiat lux. Ce Fiat — « qu'il soit » —, prononcé trois fois dans la Genèse (Gn 1, 3.6.14), le Livre du Ciel en fait le verbe même du dessein créateur : Dieu n'a pas façonné le monde à la manière d'un artisan qui lutte contre sa matière, il l'a fait surgir d'une parole. C'est ce premier Fiat que la spiritualité de la Divine Volonté, dans les écrits de Luisa Piccarreta, appelle le Fiat créateur.
Mais l'expression a, dans le Livre du Ciel, un sens plus précis qu'une simple paraphrase de la Genèse. Jésus y révèle à Luisa que Dieu a prononcé trois grands Fiat sur l'histoire : le Fiat de la Création, le Fiat de la Rédemption, le Fiat de la Sanctification. Le premier ne se contente pas de faire exister les choses : il porte un dessein sur l'homme — que la créature vive de la vie même de Dieu, en accomplissant sa Volonté « en toute chose ». Comprendre le Fiat créateur, ce n'est donc pas seulement relire le premier chapitre de la Genèse ; c'est découvrir ce que Dieu voulait vraiment en créant, pourquoi son œuvre est restée « inachevée », et comment elle doit un jour revenir « à son point de départ ».
Cet article répond à trois questions : qu'est-ce que ce premier Fiat dans l'Écriture et dans la foi de l'Église ; quel dessein portait-il sur l'homme ; et pourquoi la Création reste-t-elle, selon le Livre du Ciel, une œuvre en attente d'achèvement. Les deux autres Fiat — le Fiat rédempteur et le Fiat sanctificateur — sont traités dans leurs propres articles ; on n'en dira ici que ce qu'il faut pour situer le premier.
« Fiat » : le mot par lequel Dieu crée
Le Fiat lux de la Genèse
Le premier chapitre de la Genèse est rythmé par un refrain : « Dieu dit… et cela fut. » À huit reprises — les huit paroles proprement créatrices —, l'auteur sacré présente l'acte créateur comme une parole efficace qui réalise immédiatement ce qu'elle énonce : six fois introduite par un « Dixit… Deus », deux fois par un simple « ait » (Gn 1, 11.26). La Vulgate latine rend par trois fois ce commandement par le subjonctif fiat (« qu'il soit ») ou son pluriel fiant :
« Dieu dit : Que la lumière soit (Fiat lux). Et la lumière fut. » — Genèse 1, 3[1]
La même forme revient pour le firmament — « Fiat firmamentum » (Gn 1, 6) — et pour les luminaires du ciel — « Fiant luminaria » (Gn 1, 14) ; les autres paroles créatrices disent congregentur, germinet, producant, producat, faciamus.[2] Ce n'est donc pas un mot isolé : par trois fois, la Bible latine fait dire à Dieu fiat. C'est le Livre du Ciel qui en fait la signature de toute la Création, en y lisant le premier des trois grands Fiat divins (t. 12, 22 février 1921). De là vient l'usage, dans la spiritualité de la Divine Volonté, de nommer cette parole créatrice le Fiat créateur — par opposition au fiat humain de Marie à l'Annonciation (« Fiat mihi secundum verbum tuum », Lc 1, 38), qui ouvre la Rédemption.
« Il parla, et ce qu'il dit exista » : créer par la seule parole
Cette manière de créer — sans matière préexistante, sans effort, par la pure efficacité du Verbe — est au cœur de la foi biblique. Le Psaume la chante :
« Il parla, et ce qu'il dit exista ; il commanda, et ce qu'il dit survint. » — Psaume 33, 9 (traduction AELF)[3]
Le Nouveau Testament approfondit le mystère : cette Parole créatrice n'est pas un simple son, elle est une Personne. L'évangile de Jean ouvre par une relecture délibérée de la Genèse :
« Au commencement était le Verbe… C'est par lui que tout est venu à l'existence, et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui. » — Jean 1, 1.3 (traduction AELF)[4]
Le Fiat de la Genèse et le Verbe de Jean désignent ainsi la même réalité sous deux angles : Dieu crée en sa Parole, qui est son Fils éternel. L'épître aux Hébreux le confirme : « Grâce à la foi, nous comprenons que les mondes ont été formés par une parole de Dieu, et donc ce qui est visible n'a pas son origine dans ce qui apparaît au regard » (He 11, 3, traduction AELF).[5] Le Catéchisme rassemble ces données : Dieu a tout créé par le Verbe éternel, et la totalité de ce qui existe dépend de Celui qui lui donne d'être.[6]
Pourquoi parler d'un « Fiat créateur »
On objecte que l'univers s'expliquerait par lui-même — matière éternelle, hasard des forces aveugles — et que le premier chapitre de la Genèse ne serait qu'un poème symbolique, sans portée sur l'origine réelle du monde. Mais cette lecture laisse sans réponse la question première — pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien — et elle mutile le texte : lus à la lumière du Christ, ces chapitres « expriment, dans leur langage solennel, les vérités de la création, de son origine et de sa fin en Dieu » (CEC § 289).[7]
Nommer ce premier acte « Fiat créateur » n'est pas une coquetterie de vocabulaire. L'expression souligne trois choses que la foi catholique tient fermement contre toute réduction matérialiste.
D'abord, la Création est libre et gratuite : Dieu n'avait nul besoin du monde ; il le tire du néant par pure surabondance d'amour, « non pour accroître la Gloire, mais pour manifester et communiquer cette gloire » (saint Bonaventure, cité dans CEC § 293).[8] Ensuite, elle est ordonnée et bonne : à chaque étape — hormis celle du firmament (Gn 1, 8) —, « Dieu vit que cela était bon » (Gn 1). Enfin, elle est trinitaire : « La création est l'œuvre commune de la Sainte Trinité » (CEC § 292) — « bien que l'œuvre de la création soit particulièrement attribuée au Père », le Père, le Fils et l'Esprit Saint en sont « l'unique et indivisible principe » (CEC § 316).[9][10] Le Fiat créateur est donc l'acte d'un Dieu personnel, libre, bon et trine — non le hasard d'une matière éternelle.
C'est exactement ce que retient le Livre du Ciel quand Jésus dit à Luisa :
« D'un seul Fiat de ma Volonté sont sorties des millions d'étoiles. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 2 février 1921[11]
Le premier des trois Fiat
Trois œuvres, un seul acte éternel
La grande intuition du Livre du Ciel est de relier la Création à toute l'histoire du salut par la catégorie des trois Fiat. Jésus la formule à Luisa avec une netteté de catéchisme :
« Ces trois Fiats sont ceux de la Création, de la Rédemption et de la Sanctification. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 22 février 1921[12]
Ces trois Fiat ne sont pas trois divinités ni trois époques étanches, mais trois œuvres d'un seul et même acte divin, à l'image de l'unité de la Trinité :
« Les trois Fiats sont inséparables, chacun complétant les deux autres. Ils sont un reflet de la Très Sainte Trinité, ne faisant qu'un et étant distincts entre eux. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 24 janvier 1921[13]
Jésus précise même que, du point de vue de Dieu, il n'y a là qu'un seul acte simple, sans succession ni morcellement :
« Ma Volonté est un acte simple et non pas une succession d'actes… La Création, la Rédemption et la Sanctification sont un seul acte pour ma Volonté. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 18, 24 octobre 1925[14]
Cette doctrine reste rigoureusement catholique : elle dit, dans un langage mystique, ce que la théologie classique nomme la simplicité et l'éternité de l'agir divin. Dieu ne « change pas d'avis » entre la Création, la Rédemption et la Sanctification ; il déploie dans le temps un dessein unique conçu de toute éternité.
Le Fiat créateur, prononcé « sans l'intervention d'aucune créature »
Ce qui distingue le premier Fiat des deux autres tient en un trait : il a été prononcé seul, lorsque rien ni personne n'existait encore pour y coopérer. Jésus oppose les trois moments :
« Ma fille, le premier Fiat, qui a trait à la Création, fut prononcé sans l'intervention d'aucune créature. Pour le second, qui a trait à la Rédemption, j'ai voulu l'intervention d'une créature et ce fut ma Mère qui fut choisie. Un troisième Fiat est prévu pour l'achèvement des deux premiers et, cette fois encore, une créature doit y participer. Et c'est toi que J'ai choisie. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 24 janvier 1921[15]
Le même enseignement revient sous la forme des trois fois où Dieu a agi « ad extra » — c'est-à-dire au-dehors de lui-même, dans l'histoire :
« Par trois fois, la Divinité a agi « ad extra » : la première fois, lors de la Création qui s'est accomplie sans le concours d'une créature, puisqu'aucune n'existait alors. La seconde, lors de la Rédemption qui a demandé le concours d'une femme, ma Mère céleste… La troisième a trait à l'accomplissement de notre Volonté sur la terre comme au Ciel. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 15, 11 juillet 1923[16]
Le Livre du Ciel présente Luisa comme cette créature appelée : « Et c'est toi que J'ai choisie » (t. 12, 24 janvier 1921) ; la suite de l'entrée du 11 juillet 1923 précise que, pour accomplir ce décret, Dieu veut se servir d'elle, et celle du 23 janvier 1924 que ce troisième Fiat est nécessaire pour compléter les deux premiers — appel destiné ensuite à se diffuser à toutes les âmes.[17]
Cette solitude du premier Fiat dit la souveraineté absolue du Créateur : la Création ne doit rien à personne, elle est pur don. La Rédemption, elle, attend le fiat de Marie ; la Sanctification attend celui de Luisa, puis, par diffusion, celui des âmes qui vivent dans la Divine Volonté. Le premier Fiat est donc à la fois le fondement et le modèle des deux suivants.
L'appropriation trinitaire : la Création au Père
La théologie catholique enseigne que les œuvres de Dieu « au-dehors » sont communes aux trois Personnes, mais qu'on en approprie certaines à l'une d'elles pour mieux en manifester la propriété personnelle (S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, Iª, q. 39, a. 7-8 ; CEC § 258).[18] La tradition approprie ainsi la Création au Père, la Rédemption au Fils, la Sanctification à l'Esprit. Le Livre du Ciel reprend exactement cette grammaire :
« La Création est attribuée au Père, la Rédemption au Fils, et la réalisation du « que ta Volonté soit faite » au Saint-Esprit. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 17, 17 mai 1925[19]
Le tableau suivant récapitule la correspondance, en gardant à l'esprit que les trois Personnes agissent ensemble dans chaque œuvre :
| Fiat | Œuvre | Personne appropriée | Coopération d'une créature | Parole-clé |
|---|---|---|---|---|
| Fiat créateur | Création | Le Père | Aucune (Dieu seul) | « Fiat lux » (Gn 1, 3) |
| Fiat rédempteur | Rédemption | Le Fils | La Vierge Marie | « Fiat mihi » (Lc 1, 38) |
| Fiat sanctificateur | Sanctification | L'Esprit Saint | Luisa, puis les âmes dans la Divine Volonté | « Fiat voluntas tua » (Mt 6, 10) |
Cette architecture est précieuse pour la suite : elle montre que le Fiat créateur n'est pas un épisode clos « au commencement », mais le premier terme d'un mouvement qui ne s'achèvera que lorsque la Volonté de Dieu sera faite « sur la terre comme au Ciel ».
Ce que voulait le Fiat créateur : l'homme vivant dans la Divine Volonté
L'homme, chef-d'œuvre de la Création
Le Fiat créateur n'a pas dispersé sa puissance également sur toutes les créatures : il l'a concentrée sur l'homme. Le Catéchisme le dit nettement : l'homme est « le sommet de l'œuvre de la création », « la seule créature sur terre que Dieu a voulue pour elle-même » (CEC § 343, § 356).[20] Tout le reste est ordonné à lui : « Il a destiné toutes les créatures matérielles au bien du genre humain » (CEC § 353).[21] Le Livre du Ciel exprime cette hiérarchie avec une tendresse saisissante :
« Tu n'as encore rien dit concernant la création de l'homme, lui, le chef-d'œuvre de la Création en qui l'Éternel jeta tout son Amour, sa beauté et son savoir-faire, pas goutte à goutte, mais par rivières… On pourrait dire que son âme est un petit Dieu et un petit univers. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 24 février 1919[22]
Cette expression — « un petit Dieu » — n'a rien d'orgueilleux : elle traduit en langage mystique la doctrine de l'image de Dieu (Gn 1, 26 : « Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance ») et de la divinisation (theosis) que les Pères grecs plaçaient au cœur de la vocation humaine. L'homme est « petit dieu » non par nature, mais par participation à la vie de son Créateur.
L'ordre même de la Création le manifeste : l'homme, créé en dernier, est pourtant la raison de tout le reste.
« La raison de la Création était l'homme ; pourtant je n'ai pas créé l'homme en premier… Sans le soleil qui devait l'illuminer, sans le pavillon des cieux qui devait lui servir de chambre, sans les plantes qui le nourriraient, tout était désordre, et mon Fiat a réordonné et créé toutes choses ; et après avoir formé la plus merveilleuse demeure, il créa l'homme. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 27, 20 novembre 1929[23]
Cette image rejoint exactement celle de saint Jean Chrysostome : l'homme y est comme un roi pour qui l'on tient « le palais prêt pour que le roi y entre » — de même le Créateur, comme pour installer un roi sur la terre, a d'abord dressé tout le décor avant d'y faire entrer l'homme.[24]
Adam possédait déjà le Royaume du Fiat
Voici le point décisif, propre à la spiritualité de la Divine Volonté : le dessein du Fiat créateur n'était pas seulement de faire exister l'homme, mais de le faire vivre dans la Volonté de Dieu comme dans son atmosphère naturelle. Avant la chute, Adam ne se contentait pas d'obéir à Dieu de l'extérieur : il agissait « dans le Divin Fiat », possédant ce que Jésus appelle le Royaume de la Divine Volonté.
« Adam, avant de pécher, accomplissait ses actes dans le Divin Fiat. Cela veut dire que la Trinité lui avait donné possession de ce Royaume… Adam possédait donc ce Royaume et le divin Fiat depuis le moment de la Création. Et comme il était le chef de la génération humaine tout entière, toutes les créatures ont reçu ce droit de possession. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 21, 10 mars 1927[25]
Cette lecture ne contredit pas la doctrine catholique : elle en explicite un aspect. Le Catéchisme enseigne que nos premiers parents « ont été constitués dans un état "de sainteté et de justice originelle" » (CEC § 375), d'où découlaient « l'harmonie intérieure de la personne humaine », « l'harmonie entre l'homme et la femme » et « l'harmonie entre le premier couple et toute la création » (CEC § 376).[26] Le Père Joseph Iannuzzi, dans sa thèse de doctorat soutenue à l'Université pontificale grégorienne (Rome, 2012), rattache ce que Jésus a dit à Luisa sur l'état d'Adam à la théologie patristique de la divinisation (chapitre II, p. 38s), et confronte l'ensemble à la Tradition — conciles, Pères, Maxime le Confesseur, scolastique — au chapitre V (p. 432-433).[27] On peut en rapprocher le « Royaume du Fiat » du Livre du Ciel, sans confondre les registres : ce que Jésus révèle à Luisa, c'est une sainteté divine, la Volonté de Dieu agissant elle-même dans l'homme.
« Le Fiat de la Création prévoyait que l'homme accomplirait notre Volonté en toute chose »
On touche ici au dessein même du premier Fiat. Pourquoi Dieu a-t-il créé ? Pour que sa Volonté soit la vie de la créature. C'est le dessein de la Création :
« Le Fiat de la Création prévoyait que l'homme accomplirait notre Volonté en toute chose. Notre Volonté devait être la vie, la nourriture et la couronne de la créature. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 14, 11 septembre 1922[28]
Le Fiat créateur n'était donc pas une fin en soi : il était ordonné à une réponse. Dieu dit « Fiat » en créant, pour que l'homme dise à son tour « Fiat » en vivant — non par une obéissance servile, mais dans une seule volonté agissante : la Volonté divine opérant elle-même dans l'acte humain, devenu acte divin, comme en Adam avant la faute (cf. t. 18, 24 octobre 1925). La Création était l'ouverture d'un dialogue ; elle attendait l'écho de la créature. C'est précisément ce dialogue que le péché a brisé.
Une œuvre interrompue : le Fiat créateur après la chute
« L'œuvre de la Création n'est pas achevée »
La chute d'Adam n'a pas seulement blessé l'homme : elle a, d'une certaine manière, laissé en suspens l'œuvre de Dieu lui-même. Car si le but du Fiat créateur était que l'homme vive dans la Divine Volonté, et que cela ne s'est pas réalisé, alors la Création n'a pas atteint sa fin :
« Et comme cela ne s'est pas réalisé, l'œuvre de la Création n'est pas achevée… Nous ne pourrons jamais dire que l'œuvre de la Création et celle de la Rédemption sont achevées si nous ne voyons pas tous les actes des créatures être le prolongement de notre Volonté. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 14, 11 septembre 1922[29]
L'affirmation est forte, et il faut la lire correctement. Elle ne signifie pas que Dieu aurait raté la Création, ni qu'il lui manquerait quelque chose en lui-même. Elle signifie que le dessein porté par le Fiat créateur — l'homme vivant pleinement dans la Volonté divine — n'est pas encore réalisé dans l'histoire. La Création est « achevée » quant à son existence, mais « inachevée » quant à sa fin. C'est une œuvre parfaite en attente de son couronnement.
Le point qui manque : la famille humaine
Jésus emploie une image de peintre pour dire ce qui manque : un tableau magnifique auquel il manque « un point, une nuance, une couleur ».
« Rien ne manque à notre œuvre de Création […] . Mais il y manque un point : c'est la couleur la plus vive qui manque dans la Création : toute chose vit dans mon Fiat, excepté un seul point de la Création, c'est-à-dire la famille humaine, qui se trouve au-dehors, à l'extérieur de mon Royaume, où elle est malheureuse. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 26, 16 mai 1929[30]
Le paradoxe est saisissant : le soleil, les étoiles, les mers, les plantes — toute la création « vit dans le Fiat », obéissant spontanément à la Volonté qui les a faits. Seul l'homme, le chef-d'œuvre, vit « au-dehors », parce qu'il est seul à posséder une volonté libre qui peut se retirer de Dieu. Le drame du péché originel se laisse alors nommer avec précision : « Mais l'homme est sorti de ma Volonté pour vivre dans la sienne » (t. 25, 21 décembre 1928)[31], comme le développe l'article sur le jardin d'Éden et le péché originel.
L'attente de Dieu et le repos différé
De là vient un thème étonnant du Livre du Ciel : Dieu attend. Non par impuissance, mais par amour — comme un père qui guette le retour de ses enfants. L'œuvre de la Création reste comme suspendue tant que l'homme n'y répond pas :
« Et nous aspirons à son accomplissement et à notre repos. C'est pourquoi je désire tellement que la manière de vivre dans notre Volonté soit connue… En voyant les créatures revenir dans notre Volonté, quel merveilleux repos nous ne manquerons pas de leur offrir, parachevant ainsi la Création ! » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 14, 11 septembre 1922[32]
Ce « repos » de Dieu évoque le septième jour de la Genèse, où « Dieu se reposa de toute l'œuvre qu'il avait faite » (Gn 2, 2). Le Livre du Ciel suggère que ce repos sabbatique n'est pleinement atteint que lorsque la créature, librement, rentre dans le Fiat dont elle était sortie. La Création attend ainsi son « huitième jour » : après les six jours de l'œuvre et le septième du repos, le huitième — jour de la Résurrection du Christ — ouvre la création nouvelle et l'éternité.[33]
Le Fiat créateur, mesure et modèle des deux autres
La Rédemption porte « l'empreinte » du Fiat créateur
Le premier Fiat n'est pas effacé par les suivants : il les mesure. La Rédemption elle-même se réfère à lui comme à son étalon. Jésus dit à Luisa que le fiat de Marie à l'Annonciation, prononcé dans la Divine Volonté, « portant le même Pouvoir que mon Fiat créateur » :
« La Rédemption résulte du fiat de ma chère Maman, prononcé dans ma Volonté, et portant le même Pouvoir que mon Fiat créateur. Par conséquent, tout, dans la Rédemption, contient l'empreinte du fiat de ma Mère. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 17 janvier 1921[34]
Luisa elle-même médite ainsi le lien des deux Fiat, « chacun étant comme l'écho de l'autre » :
« Par son Fiat Créateur, la Divinité forma tout l'univers… Par son second Fiat, le Fiat de la Rédemption, Dieu nous a visités en donnant vie à chacun des actes du Verbe Éternel. Le Fiat de la Création et celui de la Rédemption sont liés, chacun étant comme l'écho de l'autre. » — Luisa Piccarreta, méditation consignée dans Le Livre du Ciel, tome 16, 23 janvier 1924[35]
On mesure ici l'erreur qu'il faudrait éviter : opposer la Création et la Rédemption, comme si la seconde corrigeait un échec de la première. Le Livre du Ciel dit l'inverse : la Rédemption sert la Création, elle la remet sur ses rails pour qu'elle atteigne enfin sa fin. Le développement de ce point appartient à l'article sur le Fiat rédempteur.
Le troisième Fiat ramène au premier
Si la Rédemption restaure, c'est la Sanctification — le troisième Fiat — qui achève. Et son but n'est pas d'inventer quelque chose de nouveau : il est de ramener l'homme au point de départ, à l'état que voulait le Fiat créateur.
Le 3 juin 1925, Jésus précise que c'est la Rédemption qui « n'a rien ajouté à l'œuvre de la Création » : elle a réparé le mal sans ajouter à l'œuvre. La Sanctification, elle, est la grâce déjà donnée, qui portera ses « effets complets » quand l'homme adoptera la Divine Volonté comme vie (Le Livre du Ciel, tome 17, 3 juin 1925).[36]
Le troisième Fiat « donnera à l'homme tant de grâces qu'il reviendra presque à son état originel », et « seulement alors, quand Je verrai l'homme tel qu'il est sorti de Moi, mon travail sera complété » — car « c'est par la Vie dans ma Volonté que l'homme sera restauré dans son état originel ».[37] On comprend pourquoi la spiritualité de la Divine Volonté est si tournée vers l'origine : le Royaume promis n'est pas un au-delà étranger à la Création, c'est l'Éden restitué, le Fiat créateur enfin honoré. Cet accomplissement, vécu non plus par une seule âme mais offert à toute l'Église, est le sujet de l'article sur le Fiat sanctificateur et du règne de la Divine Volonté sur la terre.
Il faut ici un garde-fou doctrinal : ce « retour » n'est pas un millénarisme — l'attente d'un retour visible du Christ pour régner politiquement sur la terre avant le Jugement, que l'Église a rejetée « même sous sa forme mitigée… sous le nom de millénarisme » (CEC § 676 ; décret du Saint-Office, juillet 1944 : DS 3839).[38] Le règne du Fiat est un accomplissement spirituel et intérieur du Notre Père : le Christ ne revient pas régner visiblement, c'est sa Volonté qui vient régner dans les âmes — une ère de paix intra-historique, d'ordre spirituel, comme le troisième Fiat, révélé dès le 22 février 1921, doit parachever dans le temps l'œuvre de la Création et de la Rédemption.
« Notre Acte Créateur, toujours en acte » : entrer dans le Fiat aujourd'hui
Reste une conséquence pratique, qui empêche le Fiat créateur de demeurer une abstraction cosmologique. Pour le Livre du Ciel, l'acte créateur de Dieu n'est pas un événement passé et clos : il est toujours actuel. Celui qui entre dans la Divine Volonté entre dans cet acte même :
« Quiconque entre dans notre Volonté expérimente véritablement notre Acte Créateur, qui est toujours en acte. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 30, 24 janvier 1932 (cité par J. Iannuzzi, La splendeur de la création, p. 156)[39]
C'est là que le grand récit des trois Fiat rejoint la vie spirituelle la plus concrète : chaque fois qu'une âme fait « couler » son action dans la Divine Volonté, elle prolonge le Fiat créateur — car, dit Jésus, « c'est la couleur la plus vive qui manque » dans la Création. La manière de faire est l'objet de l'article Comment faire un acte actuel dans la Divine Volonté ? ; la différence entre faire la volonté de Dieu et vivre dans la Divine Volonté est traitée dans l'article correspondant.
Ce qu'il faut retenir
Le Fiat créateur est le premier des trois grands Fiat que Jésus révèle dans le Livre du Ciel. C'est d'abord la parole créatrice de la Genèse — « Fiat lux », « il dit, et cela fut » — par laquelle Dieu tire de rien tout l'univers, par son Verbe éternel, librement, dans l'ordre et la bonté. C'est ensuite, et surtout, un dessein : que l'homme, chef-d'œuvre de la Création et « petit Dieu » par participation, vive dans la Volonté divine comme dans son atmosphère naturelle, ainsi qu'Adam la possédait avant la chute.
Ce dessein a été interrompu par le péché. Aussi le Livre du Ciel ose-t-il dire que « l'œuvre de la Création n'est pas achevée » : non que Dieu ait échoué, mais que sa fin — l'homme vivant pleinement dans le Fiat — n'est pas encore atteinte. La Création est parfaite quant à son existence, en attente quant à son couronnement ; il y manque « un seul point », la famille humaine rentrée dans le Royaume. C'est pourquoi les deux autres Fiat se réfèrent au premier : le Fiat rédempteur le restaure, le Fiat sanctificateur le ramène « à son point de départ ». Comprendre le Fiat créateur, c'est donc comprendre que toute l'histoire du salut est le long retour d'une parole — « Fiat » — qui attend, depuis le commencement, l'écho libre de la créature.
Pour aller plus loin
- La Divine Volonté — la doctrine d'ensemble du Fiat divin.
- Luisa Piccarreta (1865-1947) — vie, écrits et statut ecclésial.
- Le Livre du Ciel — le corpus où Jésus révèle les trois Fiat.
- Le projet de Dieu pour le monde — Création, chute, Rédemption, Règne : la fresque complète.
- Le jardin d'Éden et le péché originel — comment l'homme est sorti du Fiat.
- Qu'est-ce que le Fiat rédempteur ? — le deuxième Fiat, accompli par le fiat de Marie.
- Qu'est-ce que le Fiat sanctificateur ? — le troisième Fiat, qui ramène l'homme au premier.
- Pourquoi parler d'un règne de la Divine Volonté sur la terre ? — sans millénarisme.
Notes et références
Genèse 1, 3. Vulgate : « Dixitque Deus : Fiat lux. Et facta est lux. » La forme fiat est la 3e personne du singulier du subjonctif présent de fio, fieri — verbe semi-déponent qui supplée le passif de facere (« faire ») — valeur de commandement : « qu'il soit fait, qu'il advienne ». Le texte hébreu porte yehî 'ôr ; le grec de la Septante genēthētō phōs.
1Genèse 1, 6 (« Fiat firmamentum in medio aquarum ») ; 1, 14 (« Fiant luminaria in firmamento caeli »). Seules ces trois paroles emploient fiat ou fiant ; les autres disent congregentur (1, 9), germinet (1, 11), producant (1, 20), producat (1, 24), faciamus (1, 26). Le premier récit de la Création (Gn 1, 1 – 2, 3) structure les six jours par huit paroles créatrices (Gn 1, 3.6.9 ; ait en 1, 11 ; 1, 14.20.24 ; ait en 1, 26), six introduites par « Dixit… Deus », suivies de leur réalisation immédiate (« et factum est ita »). Un neuvième « Dixitque Deus » en Gn 1, 29 introduit non une œuvre nouvelle mais le don des nourritures ; d'où le compte de huit paroles créatrices.
2Psaume 33, 9, traduction AELF : « Il parla, et ce qu'il dit exista ; il commanda, et ce qu'il dit survint. » Vulgate : « Quoniam ipse dixit, et facta sunt ; ipse mandavit, et creata sunt. » (Ps 33 AELF et hébreu = Ps 32 Vulgate/Septante.)
3Jean 1, 1.3, traduction AELF : « Au commencement était le Verbe… C'est par lui que tout est venu à l'existence, et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui. » Le prologue johannique relit délibérément « Au commencement » (Gn 1, 1) en identifiant la Parole créatrice au Verbe (Logos) qui « était Dieu ». Cf. aussi Col 1, 16 : « Tout a été créé par lui et pour lui. »
4Hébreux 11, 3, traduction AELF : « Grâce à la foi, nous comprenons que les mondes ont été formés par une parole de Dieu, et donc ce qui est visible n'a pas son origine dans ce qui apparaît au regard. » Affirmation classique de la création ex nihilo.
5Catéchisme de l'Église catholique, § 291, citant Jean 1, 1-3 : Dieu « a tout créé par le Verbe Éternel, son Fils bien-aimé » (cf. Col 1, 16-17). Cf. § 290 : « La totalité de ce qui existe (…) dépend de Celui qui lui donne d'être. »
6Catéchisme de l'Église catholique, § 289 : les trois premiers chapitres de la Genèse « expriment, dans leur langage solennel, les vérités de la création, de son origine et de sa fin en Dieu » et « demeurent la source principale pour la catéchèse des mystères du "commencement" ».
7Catéchisme de l'Église catholique, § 293 : « Le monde a été créé pour la gloire de Dieu » (Concile Vatican I, DS 3025) ; « Dieu a créé toutes choses […] non pour accroître la Gloire, mais pour manifester et communiquer cette gloire » (saint Bonaventure, Sent. II, cité dans le CEC). Dieu crée par bonté, non par besoin.
8Catéchisme de l'Église catholique, § 292 : « La création est l'œuvre commune de la Sainte Trinité. » L'Ancien Testament la laisse pressentir (la Parole et le Souffle de Dieu, Gn 1, 2-3) ; le Nouveau la révèle (le Verbe et l'Esprit).
9Catéchisme de l'Église catholique, § 316 : « Bien que l'œuvre de la création soit particulièrement attribuée au Père, c'est également vérité de foi que le Père, le Fils et l'Esprit Saint sont l'unique et indivisible principe de la création. »
10L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 2 février 1921 : « D'un seul Fiat de ma Volonté sont sorties des millions d'étoiles. »
11L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 22 février 1921 : « Ces trois Fiats sont ceux de la Création, de la Rédemption et de la Sanctification » ; ailleurs nommés « le Fiat créateur, le Fiat rédempteur et le Fiat sanctificateur ». Passage repris par J. L. Iannuzzi dans ses 70 questions sur le Don de la Vie dans la Divine Volonté (citant le t. XII, 22 février 1921) ; cette entrée du 22 février 1921 est également citée dans sa thèse grégorienne.
12L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 24 janvier 1921 : « Les trois Fiats sont inséparables, chacun complétant les deux autres. Ils sont un reflet de la Très Sainte Trinité, ne faisant qu'un et étant distincts entre eux. »
13L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 18, 24 octobre 1925 : « Ma Volonté est un acte simple et non pas une succession d'actes… La Création, la Rédemption et la Sanctification sont un seul acte pour ma Volonté. » Écho mystique de la doctrine de la simplicité et de l'éternité divines (cf. S. Thomas, Somme théologique, Iª, q. 3 et q. 10).
14L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 24 janvier 1921 : sur les trois Fiat et la coopération d'une créature requise pour les deux derniers, non pour le premier.
15L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 15, 11 juillet 1923 : les trois actions « ad extra » de la Divinité — la Création sans créature, la Rédemption avec Marie, et l'accomplissement avec la créature appelée, Luisa, puis, par diffusion, les âmes qui vivent dans la Volonté de Dieu.
16L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 24 janvier 1921 (« Et c'est toi que J'ai choisie ») ; tome 15, 11 juillet 1923 (la suite de l'entrée précise que, pour accomplir ce décret, Dieu veut se servir de Luisa elle-même — texte anglais : « We want to make use of another woman – and that is you ») ; tome 16, 23 janvier 1924 (le troisième Fiat « nécessaire pour que les œuvres de la Création et de la Rédemption soient complétées »).
17Catéchisme de l'Église catholique, § 258 : « Toute l'économie divine est l'œuvre commune des trois personnes divines… chaque personne divine opère l'œuvre commune selon sa propriété personnelle. » Fondement doctrinal de l'« appropriation » (cf. S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, Iª, q. 39, a. 7-8). Cf. aussi § 257.
18L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 17, 17 mai 1925 : « La Création est attribuée au Père, la Rédemption au Fils, et la réalisation du « que ta Volonté soit faite » au Saint-Esprit. »
19Catéchisme de l'Église catholique, § 356 : l'homme « est la seule créature sur terre que Dieu a voulue pour elle-même » (cf. Gaudium et spes, 24) ; § 343 : « L'homme est le sommet de l'œuvre de la création. »
20Catéchisme de l'Église catholique, § 353 : « Il a destiné toutes les créatures matérielles au bien du genre humain. » Cf. § 358 : « Dieu a tout créé pour l'homme. »
21L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 24 février 1919 : l'homme « chef-d'œuvre de la Création », créé « à son image et à sa ressemblance » (Gn 1, 26), « un petit Dieu et un petit univers ». L'expression traduit la doctrine de l'image de Dieu et de la divinisation par participation, non une divinité de nature.
22L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 27, 20 novembre 1929 : l'ordre de la Création — l'homme créé en dernier, mais « raison » de toute la Création, qui devait d'abord lui préparer sa demeure.
23Saint Jean Chrysostome, Homélies sur la Genèse, homélie VIII (sur Gn 1, 26) : de même que la garde d'un roi tient « le palais prêt pour que le roi y entre » (« have the palace in readiness, and thus the king may enter his palace »), le Créateur, comme pour installer un roi sur la terre, a d'abord dressé tout le décor avant d'y faire entrer l'homme (trad. R. C. Hill, Homilies on Genesis 1–17, Fathers of the Church 74, Catholic University of America Press, p. 107). Image patristique reprise dans l'article Le projet de Dieu pour le monde.
24L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 21, 10 mars 1927 : « Adam, avant de pécher, accomplissait ses actes dans le Divin Fiat… Adam possédait donc ce Royaume et le divin Fiat depuis le moment de la Création. »
25Catéchisme de l'Église catholique, § 375 : nos premiers parents « ont été constitués dans un état "de sainteté et de justice originelle" » ; § 376 : de ce don découlaient « l'harmonie intérieure de la personne humaine », « l'harmonie entre l'homme et la femme », « l'harmonie entre le premier couple et toute la création ». Le « Royaume du Fiat » du Livre du Ciel peut en être rapproché, sans équivalence posée par le magistère : la sainteté de la Divine Volonté est une sainteté divine.
26Joseph Léo Iannuzzi, thèse de doctorat, Université pontificale grégorienne, Rome, 2012 — titre original : « Les opérations de la volonté divine et humaine dans les écrits de la Servante de Dieu Luisa Piccarreta » (éd. française : Le don de la vie dans la Divine Volonté dans les écrits de Luisa Piccarreta). Voir le chapitre II (p. 38s) : ce que Jésus a dit à Luisa sur l'état d'Adam, rattaché à la théologie patristique de la divinisation ; et le chapitre V (p. 432-433) : la confrontation à la Tradition (conciles, Pères, Maxime le Confesseur, scolastique).
27L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 14, 11 septembre 1922 : « Le Fiat de la Création prévoyait que l'homme accomplirait notre Volonté en toute chose. Notre Volonté devait être la vie, la nourriture et la couronne de la créature. »
28L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 14, 11 septembre 1922 : « Et comme cela ne s'est pas réalisé, l'œuvre de la Création n'est pas achevée… » La phrase vise la fin (le dessein) de la Création, non son existence.
29L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 26, 16 mai 1929 : « Rien ne manque à notre œuvre de Création […] . Mais il y manque un point : c'est la couleur la plus vive qui manque dans la Création : toute chose vit dans mon Fiat, excepté un seul point de la Création, c'est-à-dire la famille humaine, qui se trouve au-dehors, à l'extérieur de mon Royaume, où elle est malheureuse. » (La coupe marque l'énumération : les cieux, les soleils, les œuvres.)
30L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 25, 21 décembre 1928 : « Mais l'homme est sorti de ma Volonté pour vivre dans la sienne. »
31L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 14, 11 septembre 1922 : « Et nous aspirons à son accomplissement et à notre repos… parachevant ainsi la Création ! » Écho du repos du septième jour (Gn 2, 2).
32Catéchisme de l'Église catholique, § 349 : « Le septième jour achève la première création. Le huitième jour commence la nouvelle création. » (jour de la Résurrection du Christ, qui ouvre l'éternité).
33L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 17 janvier 1921 : le fiat de Marie, « prononcé dans ma Volonté », « portant le même Pouvoir que mon Fiat créateur » ; « tout, dans la Rédemption, contient l'empreinte du fiat de ma Mère. »
34L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 16, 23 janvier 1924 (méditation de Luisa, non parole directe de Jésus) : « Le Fiat de la Création et celui de la Rédemption sont liés, chacun étant comme l'écho de l'autre » ; le troisième Fiat est « nécessaire pour que les œuvres de la Création et de la Rédemption soient complétées ».
35L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 17, 3 juin 1925 : « La Rédemption n'a été rien d'autre que la réparation pour le mal accompli par les créatures. Elle n'a rien ajouté à l'œuvre de la Création. La Sanctification n'est rien d'autre qu'aide, grâce et lumière pour que l'homme retourne à l'état originel dans lequel il a été créé, qu'il réponde au but pour lequel il a été créé. »
36L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 22 février 1921 : « Le troisième Fiat donnera à l'homme tant de grâces qu'il reviendra presqu'à son état originel. Seulement alors, quand Je verrai l'homme tel qu'il est sorti de Moi, mon travail sera complété […] C'est par la Vie dans ma Volonté que l'homme sera restauré dans son état originel. »
37Catéchisme de l'Église catholique, § 676 : l'Église a rejeté « même sous sa forme mitigée… sous le nom de millénarisme » (cf. DS 3839, décret du Saint-Office de juillet 1944 sur le millénarisme mitigé), « surtout sous la forme politique d'un messianisme sécularisé ». Le règne de la Divine Volonté est un accomplissement spirituel du Notre Père dans les âmes, non un royaume terrestre ; voir Pourquoi parler d'un règne de la Divine Volonté sur la terre ?.
38L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 30, 24 janvier 1932 : « Celle qui entre dans notre Volonté touche de ses mains notre Acte créateur, toujours en action, et notre Amour toujours nouveau qui se donne à la créature » ; cité par Joseph L. Iannuzzi, La splendeur de la création, p. 156, n. 402 (« Manuscrits, 24 janvier 1932 ») dans la formulation : « Quiconque entre dans notre Volonté expérimente véritablement notre Acte Créateur, qui est toujours en acte. » L'acte créateur de Dieu, éternel, n'est pas un événement clos mais une réalité toujours présente à laquelle l'âme peut s'unir.
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