Qu'est-ce que le Fiat rédempteur ?

Le Fiat rédempteur est, dans la spiritualité de Luisa Piccarreta, le deuxième des trois Fiat de Dieu : l'œuvre par laquelle le Verbe incarné rachète l'humanité — bien plus que la seule Croix — avec le concours du Fiat de la Vierge Marie.

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Le Fiat rédempteur désigne, dans la spiritualité transmise par la Servante de Dieu Luisa Piccarreta (1865-1947), le deuxième des trois grands « Fiat » de Dieu : après le Fiat créateur qui tire le monde du néant et avant le Fiat sanctificateur qui doit faire régner la volonté divine dans les âmes, le Fiat rédempteur est l'œuvre par laquelle le Verbe incarné rachète l'humanité.[1]

Ce Fiat ne se réduit pas à la Croix. Il embrasse toute l'Humanité du Christ : sa conception, ses trente années de vie cachée, sa vie publique, sa Passion et sa Résurrection. Jésus dit à Luisa qu'il s'agit d'un acte qui, du sein de la Volonté éternelle de Dieu, a réordonné et « divinisé » tout l'agir humain — non seulement par la souffrance expiatoire, mais par chacun des actes du Verbe fait chair.[2]

À la différence du premier, ce Fiat a voulu le concours d'une créature : Dieu a choisi la Vierge Marie, et c'est par son Fiat de l'Annonciation que la Rédemption « tient son origine » dans le temps.[3][4] Le Fiat rédempteur a rendu à l'homme la grâce, rouvert le Ciel et fait de nous des fils adoptifs ; mais, selon ce que Jésus a dit à Luisa, il n'a pas encore établi sur la terre le Royaume de la Divine Volonté tel qu'Adam le possédait avant la chute — ce qui appelle un troisième Fiat.[5]

Précisons le vocabulaire : « vivre dans » la Divine Volonté n'est pas seulement « faire » la volonté de Dieu — ceux qui font sa Volonté gardent la leur, dit Jésus à Luisa, tandis que celui qui vit dans sa Volonté « agit avec [sa] Volonté », ne formant plus avec elle qu'une seule volonté, comme Adam avant la faute en qui elle « régnait ».[6] C'est ce Règne — la Volonté régnant « sur la terre comme au Ciel » — qu'appelle le troisième Fiat.[7]

Cet article répond à une seule question : qu'est-ce que le Fiat rédempteur exactement ? Il en décrit la place parmi les trois Fiat, la manière dont le Christ l'a opéré, l'étendue « intemporelle » de son Humanité, le rôle de Marie, et ce qu'il a accompli sans encore tout achever. Pour la nature du don de vivre dans la Divine Volonté, voir Le don de vivre dans la Divine Volonté ; pour l'ensemble de la doctrine, l'article de fond La Divine Volonté.

Qu'appelle-t-on un « Fiat » dans les écrits de Luisa Piccarreta ?

Avant de définir le Fiat rédempteur, il faut comprendre ce que le mot « Fiat » désigne dans ce vocabulaire spirituel. Le terme vient du latin fiat, « qu'il soit fait » — la parole créatrice de la Genèse, Fiat lux, « que la lumière soit » (Gn 1, 3), et la parole de Marie à l'Annonciation, Fiat mihi secundum verbum tuum, « qu'il me soit fait selon ta parole » (Lc 1, 38).

Une parole efficace de Dieu, non un simple souhait

Dans la langue biblique, la parole de Dieu n'est jamais un vœu impuissant : elle fait ce qu'elle dit. « Il parla, et ce qu'il dit exista ; il commanda, et ce qu'il dit survint » (Ps 33, 9). Jésus reprend avec Luisa cette conviction et l'applique à trois grandes interventions divines, qu'il appelle les trois Fiat : par le premier, Dieu crée ; par le deuxième, il rachète ; par le troisième, il sanctifie en faisant régner sa volonté. Chacun est un « Fiat » au sens fort : une parole de Dieu qui produit irrésistiblement son effet.

Trois Fiat, un seul acte éternel

Dans ces dictées, ces trois Fiat ne sont pas trois décisions successives prises par un Dieu qui changerait d'avis. Ils sont les trois faces d'un acte unique et éternel, car en Dieu il n'y a pas de succession :

« Ma Volonté est un Acte simple et non pas une succession d'actes. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XVIII, 24 octobre 1925[8]

La dictée enseigne que la Création, la Rédemption et la Sanctification forment un seul acte simple pour la Divine Volonté.

Ce qui se déploie pour nous dans le temps — d'abord la Création, puis la Rédemption, enfin la Sanctification — n'est, du côté de Dieu, qu'un seul vouloir. « L'Œuvre du Divin Fiat » — c'est le nom que Jésus donne à Luisa à l'œuvre qu'il lui confie — « doit tout embrasser : Création, Rédemption et Sanctification. […] Tout est renfermé en Elle. N'ayant pas de commencement, elle est le début de toutes choses, la fin et l'accomplissement de nos œuvres ».[9]

Un reflet de la Très Sainte Trinité

Si les trois Fiat ne font qu'un tout en restant distincts, c'est qu'ils sont, dans ce que Jésus confie à Luisa, un reflet de la Trinité elle-même :

« Les trois Fiats sont inséparables, chacun complétant les deux autres. Ils sont un reflet de la Très Sainte Trinité, ne faisant qu'Un et étant distincts entre eux. Mon Amour et ma Gloire réclament ce troisième Fiat. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XII, 24 janvier 1921[10]

La tradition catholique attribue — on dit approprie — chacune des grandes œuvres divines à l'une des trois Personnes, sans les diviser, car toute œuvre ad extra est commune aux Trois. Ces dictées reprennent exactement ce langage : la Création est attribuée au Père, la Rédemption au Fils, et l'accomplissement du « que ta volonté soit faite » au Saint-Esprit.[11] Le Fiat rédempteur est donc le Fiat du Fils : l'œuvre attribuée au Fils, le Verbe envoyé dans la chair.

Les trois Fiat sont distincts dans leur déploiement historique, mais inséparables dans l'unique acte éternel de la Volonté divine. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le tableau suivant situe le Fiat rédempteur parmi les trois œuvres divines, telles que Luisa les distingue.

Le FiatŒuvre de DieuPersonne attribuéeConcours d'une créatureFruit principal
Fiat créateurLa Création de l'universLe PèreAucun — nulle créature n'existe encoreLe monde tiré du néant, l'homme créé pour vivre dans la Volonté divine
Fiat rédempteurLa Rédemption de l'hommeLe FilsLe Fiat de la Vierge MarieLa grâce rendue, le Ciel rouvert, la filiation adoptive
Fiat sanctificateurLe Règne de la Divine VolontéL'Esprit SaintLuisa Piccarreta, choisie selon le Livre du Ciel, puis les âmes qui accueillent le don« Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel »

Le deuxième Fiat : la Rédemption opérée par le Verbe incarné

Le Fiat rédempteur est donc, dans cette spiritualité, toute l'œuvre du Christ Rédempteur. Le P. Iannuzzi le résume ainsi : le « second Fiat de la Trinité, qui suit le Fiat de Création » et qui « découvre sa provenance dans la Volonté éternelle » de Dieu.[12]

Le premier Fiat sans créature, le deuxième avec le concours de Marie

La différence la plus frappante entre le premier et le deuxième Fiat tient au concours d'une créature. Quand Dieu crée, nul ne peut coopérer, car rien n'existe encore. Quand il rachète, il veut au contraire l'acquiescement d'une créature :

« Le premier 'Fiat', qui a trait à la Création, fut prononcé sans l'intervention d'aucune créature. Pour le second, qui a trait à la Rédemption, J'ai voulu l'intervention d'une créature et ce fut ma Mère qui fut choisie. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XII, 24 janvier 1921[13]

Le Fiat créateur et le Fiat rédempteur comme deux œuvres en écho : Dieu crée sans concours créé, puis accueille librement le consentement de Marie pour l'Incarnation. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le Fiat créateur et le Fiat rédempteur sont ainsi, selon la méditation même de Luisa, « liés, chacun étant comme l'écho de l'autre ».[14] L'un manifeste l'amour de Dieu en créant ; l'autre, en visitant l'homme déchu pour le racheter, écrit-elle dans sa réflexion : « Par son second Fiat, le Fiat de la Rédemption, Dieu nous a visités en donnant Vie à chacun des actes du Verbe Éternel. »[15]

Un Fiat éternel dans l'esprit de Dieu, commencé dans le temps

Comme acte de la Volonté divine, le Fiat rédempteur est éternel ; comme événement parmi les hommes, il a un commencement, une durée, une histoire. Jésus tient les deux ensemble :

« Ma Volonté est éternelle, dans le temps et dans l'éternité, n'ayant ni début ni fin. Tandis que la Rédemption, bien qu'Elle fût éternelle dans l'Esprit Divin, eut un commencement dans le temps étant le produit de l'Éternelle Volonté. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XIX, 19 mars 1926[16]

C'est pourquoi la Rédemption a pris un temps si long. Dieu aurait pu sauver l'homme « d'un seul mot » ; il a choisi de tout reprendre patiemment, acte par acte :

« J'aurais pu accomplir la Rédemption dans un temps très bref, et même d'un seul mot. Mais, pendant de longues années, avec tant de privations et de souffrances, J'ai voulu faire Miennes les misères de l'homme. J'ai voulu M'adonner à de nombreuses et diverses actions pour que l'homme puisse être renouvelé et divinisé, même dans ses plus petits travaux. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome III, 12 janvier 1900[17]

Le nouvel Adam qui refait ce que le premier avait perdu

Le ressort théologique du Fiat rédempteur est l'antithèse paulinienne entre les deux Adam : « de même que tous les hommes meurent en Adam, de même c'est dans le Christ que tous recevront la vie » (1 Co 15, 22), car « le dernier Adam [...] est devenu l'être spirituel qui donne la vie » (1 Co 15, 45). Les Pères ont nommé cette logique la récapitulation : le Christ reprend en lui toute l'histoire humaine pour la refaire à neuf, comme l'enseigne saint Irénée.[18] Jésus la reprend avec Luisa dans le vocabulaire du « Royaume » :

« Je représentais le nouvel Adam qui devait non seulement apporter les remèdes pour sauver les créatures, mais Je devais refaire et restaurer ce qu'Adam avait perdu. Par conséquent, Il me fallait prendre une nature humaine afin d'inclure en elle ce que la créature avait perdu et pouvait retrouver à travers Moi. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XXI, 16 mars 1927[19]

Le Christ, nouvel Adam, assume notre nature, récapitule l'histoire humaine et restaure ce qui fut perdu en Adam. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Pour « inclure en elle » ce que la créature avait perdu — c'est le mot de la dictée, que le P. Iannuzzi rend par « enclore » —, le Verbe a assumé une nature humaine représentant l'Adam déchu : passible et mortelle, capable de souffrir, mais sans péché ni concupiscence, à la différence de notre nature blessée et inclinée au mal.[20] C'est tout le mystère de l'Incarnation, que l'Église confesse depuis Nicée : le Fils de Dieu, « pour nous les hommes et pour notre salut, descendit du ciel […] et s'est fait homme ».[21]

Plus que la Croix : toute l'Humanité du Christ rachète

Le Christ crucifié, Diego Vélazquez, vers 1632 (Musée du Prado, Madrid). La Croix est le sommet du Fiat rédempteur, mais ce Fiat embrasse aussi la vie cachée et publique du Christ : chacun de ses actes humains a une valeur rédemptrice. Wikimedia Commons (domaine public).
Le Fiat rédempteur embrasse toute l'Humanité du Christ : Conception, vie cachée, vie publique, Passion et Résurrection. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Une idée reçue limite la Rédemption à la Passion : le Christ nous aurait sauvés « sur la Croix », et seulement là. Le Catéchisme pose d'abord la même ampleur : « Toute la vie du Christ est mystère de Rédemption », ce mystère étant « à l'œuvre dans toute la vie du Christ » — y compris « dans sa vie cachée qui, par sa soumission, répare notre insoumission » (cf. Lc 2, 51).[22] Ce que Jésus dit à Luisa va dans le même sens : sans rien retrancher à la valeur unique du sacrifice de la Croix, le Fiat rédempteur embrasse toute la vie du Christ. Chacun de ses actes humains, jusqu'au plus humble, a une portée rédemptrice.

La vie cachée divinise les actes humains

Les trente années de Nazareth ne sont pas un temps neutre avant le « vrai » salut. En travaillant le bois, en mangeant, en dormant, le Verbe a communiqué une valeur divine à toutes les actions humaines :

« Ma fille, quand J'étais sur la terre, mes mains ne se sont-elles pas abaissées à travailler le bois, à enfoncer des clous, aidant ainsi mon père adoptif Joseph ? Ainsi, avec mes mains et mes doigts, Je créais des âmes et Je divinisais les actions humaines en leur donnant un Mérite divin. […] Je mettais dans leurs mains des petites pièces de monnaie divine d'une valeur inestimable. Si ma Passion les a rachetés, ma Vie cachée a attaché à leurs actes, même les plus anodins, des Mérites divins d'une Valeur infinie. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XI, 14 août 1912[23]

La vie cachée fut elle-même une forme d'offrande, une « victime » silencieuse pour tout l'homme intérieur :

« Durant ma Vie cachée, J'étais victime pour tout l'intérieur de l'homme en réparant pour ses mauvais désirs, pensées, tendances et affections. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XI, 8 mars 1912[24]

La Passion et les « deux Passions distinctes »

La Croix reste évidemment le sommet. Mais Jésus distingue à Luisa, dans sa Passion, deux Passions distinctes : celle que les hommes lui ont infligée, et celle qui lui venait de la Divinité — laquelle, dit-il, « surpasse de très loin » la première, accompagnée « d'un Amour immense » plutôt que de haine et d'injustice.

« Les souffrances qui M'ont été données par la Divinité surpassent de très loin celles qui M'ont été données par les créatures, autant en intensité qu'en nombre et en durée. […] C'est ainsi qu'aux dernières Heures de ma Vie terrestre, J'ai souffert la Passion de la part des créatures. Les injustices, la haine, les moqueries, les vengeances, les humiliations, etc., que les hommes M'ont fait subir furent si grandes, que ma pauvre Humanité devint l'opprobre et le rebut de tous […] En somme, J'ai vécu deux Passions distinctes. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XII, 4 juin 1919[25]

Cette insistance fait écho à la doctrine catholique : c'est « l'amour jusqu'à la fin » (Jn 13, 1) qui confère au sacrifice du Christ « sa valeur de rédemption et de réparation, d'expiation et de satisfaction ».[26] La Croix est « l'unique sacrifice » qui, offert « une fois pour toutes » (He 10, 10), fait asseoir le Christ « pour toujours à la droite de Dieu » (He 10, 12) et, « par son unique offrande », mène les sanctifiés « pour toujours à leur perfection » (He 10, 14).[27]

« Felix culpa » : un état surpassant l'état originel

Le Fiat rédempteur ne se contente pas de réparer : il surélève. Jésus reprend ici avec Luisa l'audacieuse exclamation de la liturgie pascale, l'Exsultet — « O heureuse faute qui a mérité un tel et un si grand Rédempteur » — que le Catéchisme reprend à son compte.[28]

« Dans leurs blessures et leurs difformités, J'ai placé les pierres précieuses de mes douleurs afin de couvrir toutes leurs misères. Je les ai habillés avec une telle magnificence que leur apparence surpasse en beauté leur état originel. C'est pourquoi l'Église s'exclame : "Heureuse faute !" À la suite du péché, la Rédemption est venue, par laquelle mon Humanité a nourri mes enfants de son sang, les a revêtus de sa personnalité et de sa beauté. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XIV, 26 février 1922[29]

L'« Humanité intemporelle » de Jésus : rétroactive, contemporaine, proactive

L'apport le plus original de ce que Jésus confie à Luisa sur le mystère de la Rédemption est ce que le P. Iannuzzi, dans sa thèse, appelle l'Humanité intemporelle de Jésus. Parce que le Verbe est Dieu, et que pour Dieu toutes choses sont présentes « de toute éternité », son Humanité touche tous les actes de tous les hommes, ceux du passé comme ceux de l'avenir.[30]

Toutes les âmes conçues dans son Humanité

Au moment de l'Incarnation, dit Jésus à Luisa, le Christ a « renfermé » en lui les vies de toutes les créatures, pour reprendre et diviniser chacun de leurs actes :

« Lorsque J'ai été conçu et que mon Humanité a été formée, J'ai fait renaître en Moi toutes les créatures, de telle sorte que mon Humanité percevait tous leurs actes. […] Ayant fait renaître toutes les créatures en Moi, Je leur ai offert toute ma Vie. Et sais-tu quand Je les ai fait renaître ? Sur la Croix, dans le lit de mes cruelles souffrances et de mon atroce Agonie, dans le dernier souffle de ma Vie, Je leur ai donné naissance. […] chacune marquée du sceau de mon Humanité. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XIII, 16 octobre 1921[31]

Un an plus tard, Luisa reçoit sur ce même mystère une image plus saisissante encore : celle d'une Humanité minuscule — pas plus grande qu'une noisette — et pourtant assez vaste pour concevoir en elle les vies de toutes les créatures des trois temps.

« Celui qui a tout créé a été enfermé dans une petite humanité créée ! […] Dès que le Pouvoir divin eût formé mon Humanité — à peu près de la dimension d'une noisette, quoique avec tous ses membres complètement formés — et que le Verbe prit possession de cette Humanité, alors l'immensité de ma Volonté, contenant toutes les créatures passées, présentes et futures, conçut les vies de toutes ces créatures. […] Même si Je semblais être seul, à travers le microscope de ma Volonté, la vie de toutes les créatures pouvait être perçue en Moi. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XV, 16 décembre 1922[32]

Une influence rétroactive, contemporaine et proactive

L'Humanité dite « intemporelle » du Christ rejoint le passé, le présent et l'avenir : ses mérites atteignent toute l'histoire humaine. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

De cette présence intemporelle découle que les mérites du Christ atteignent les trois temps à la fois. Iannuzzi parle d'une influence « rétroactive, contemporaine et proactive » sur les actes de tous les êtres humains.[33] Concrètement : les justes de l'Ancien Testament, qui ne connaissaient pas le Baptême, ont été « justifiés, sanctifiés et sauvés par les mérites intemporels de l'Humanité de Jésus » même avant l'institution du sacrement.[34] Iannuzzi, s'appuyant sur A. Hulbosch (God in Creation and Evolution, 1965), lit dans le titre paulinien du Fils « premier-né de toute créature » (Col 1, 15) l'expression de sa présence éternelle avant que les mondes ne fussent — présence en vertu de laquelle, selon ces dictées, son Humanité « anticipa le Péché originel avec la promesse du Fiat de Rédemption ».[35] On retrouve ici le protévangile de la Genèse, première annonce du Rédempteur faite à Adam aussitôt après la chute (Gn 3, 15).[36]

L'image du soleil

Pour dire cette irradiation universelle, Jésus emploie avec Luisa l'image du soleil : de même que l'unique soleil donne lumière et chaleur à toutes les créatures sans se diviser, son Humanité fait rayonner la Divine Volonté sur tous les actes humains. Le P. Iannuzzi commente cette image : du centre du « soleil éternel de la Divine Volonté », les rayons spirituels de l'Humanité de Jésus pénètrent et investissent tous les actes humains pour les réordonner.[37] C'est Jésus lui-même qui, dans une dictée à Luisa, file cette image de la lumière cachée puis révélée : « Je devais par conséquent faire un plus grand miracle en cachant la Lumière dans le voile de mon Humanité […] Mais en ressuscitant après la mort, représentant Adam innocent, le nouvel Adam, […] Je me suis revêtu d'une très pure Lumière. »[38] — à rapprocher de la Transfiguration, où « son visage devint brillant comme le soleil » (Mt 17, 2).

Marie, associée au Fiat rédempteur

L'Annonciation, Fra Angelico (vers 1426, Musée du Prado, Madrid). C'est par le Fiat de Marie à l'Annonciation — « qu'il me soit fait selon ta parole » (Lc 1, 38) — que le Fiat rédempteur « tient son origine » dans le temps. Wikimedia Commons (domaine public).

Le deuxième Fiat « voulait l'intervention d'une créature » : cette créature est la Vierge Marie. Sa place dans le Fiat rédempteur est, dans ce que Jésus dit à Luisa, considérable — mais toujours subordonnée et dépendante de l'unique médiation du Christ, conformément à la doctrine de l'Église.

Le Fiat de l'Annonciation, origine de la Rédemption dans le temps

C'est le consentement de Marie qui ouvre, dans le temps, l'œuvre rédemptrice : « Dieu envoya son Fils, né d'une femme » (Ga 4, 4). Luisa le dit en parallèle du Fiat lux de la Création :

Dieu appelle, Marie consent et le Verbe s'incarne : une coopération réelle, mais toujours reçue et subordonnée à l'unique médiation du Christ. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

« D'un seul Fiat de ma Volonté sont sorties des millions d'étoiles. Du Fiat de ma Mère, duquel ma Rédemption tient son origine, sont sorties pour les âmes des millions de grâces, plus belles, plus brillantes et plus variées que les étoiles. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XII, 2 février 1921[39]

C'est pourquoi Jésus dit à Luisa que « par trois fois, la Divinité a agi ad extra » — à l'extérieur d'elle-même, vers les créatures : « la première fois, lors de la Création [...] ; la seconde, lors de la Rédemption, qui a demandé le concours d'une femme, ma Mère céleste [...] ; la troisième » ayant trait à l'accomplissement de la Volonté divine sur la terre.[40]

Conçue immaculée pour coopérer pleinement

Si Marie a pu coopérer si parfaitement, c'est, selon ce que Jésus a dit à Luisa, parce qu'elle fut conçue sans le Péché originel et vécut, seule des créatures, continuellement dans la Divine Volonté. Iannuzzi explique qu'« exempte de cette interruption » qui a blessé toute l'humanité, Marie a reçu dès son Immaculée Conception la prérogative de « dépositaire » de tous les actes humains, et a ainsi disposé « toutes les générations humaines pour l'Incarnation ».[41] Sa coopération est traitée pour elle-même dans l'article La Vierge Marie dans le Royaume de la Divine Volonté.

« Corédemptrice » : un mot à comprendre avec l'Église

Les textes rapportés par Luisa emploient parfois, pour Marie, le mot « Co-Rédemptrice ».[42] Cet usage historique ne se comprend que dans le sens d'une coopération entièrement subordonnée : l'Église confesse que Marie a véritablement coopéré au salut « par son obéissance, sa foi, son espérance, son ardente charité » (concile Vatican II, Lumen gentium, 61), mais que cette coopération, reçue du Christ, n'ajoute rien à son unique médiation : « Aucune créature en effet ne peut jamais être mise sur le même plan que le Verbe incarné et rédempteur » (Catéchisme de l'Église catholique, 970).[43] Le titre lui-même n'a jamais été défini comme dogme, et le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, dans sa note Mater Populi fidelis (4 novembre 2025, approuvée par Léon XIV le 7 octobre 2025), juge « toujours inopportune » son utilisation pour définir la coopération de Marie (n. 22).[44] L'article retient donc le langage du Magistère — association et coopération subordonnée — sans promouvoir le titre : dans ce que Jésus a dit à Luisa, le rôle de Marie dérive toujours des mérites de l'Humanité de Jésus.

Ce que le Fiat rédempteur a rendu — et ce qu'il n'a pas encore donné

On touche ici au point décisif, celui qui justifie l'existence même d'un troisième Fiat. La Rédemption est achevée en ce qui concerne le salut : rien ne lui manque. Et pourtant, selon ce que Jésus a dit à Luisa, elle a laissé une œuvre en suspens.

Ce que la Rédemption a pleinement rendu

La Rédemption rend la grâce, rouvre le Ciel et donne la filiation adoptive ; le troisième Fiat concerne le plein fruit de la sanctification dans le Règne de la Divine Volonté. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le Fiat rédempteur a rendu à l'homme tout ce qui est nécessaire au salut : il a expié le péché, rouvert les portes du Ciel fermées depuis Adam, et fait des baptisés des fils adoptifs de Dieu, héritiers de la vie éternelle (Ga 4, 4-7). Le Catéchisme le dit sans réserve : par sa mort, le Christ nous libère du péché, et par sa Résurrection, il nous ouvre l'accès à une vie nouvelle — « la justification qui nous remet dans la grâce de Dieu » ; et l'Écriture atteste que nous avons été « réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils » (Rm 5, 10).[45] Sur ce plan, la Rédemption est parfaite, unique, définitive.

Ce qui reste en suspens : le Royaume de la Volonté sur la terre

Mais Jésus dit à Luisa une parole étonnante : en montant au Ciel, le Christ n'a pas laissé sur la terre le Royaume de sa Divine Volonté tel qu'Adam le possédait avant la chute. Il l'a refait dans sa propre Humanité[46], puis l'a promis pour plus tard, dans le Notre Père :

« Je suis descendu du Ciel et J'ai formé le Royaume de la Rédemption. Mais avant de remonter au Ciel, J'ai fait une promesse plus solennelle encore : celle du Royaume de ma Volonté. C'était dans le Notre Père. […] Que ta Volonté soit faite sur la terre comme au Ciel. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XXIII, 5 février 1928[47]

Autrement dit, la demande même du Notre Père — « que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » — serait la preuve que ce Règne n'est pas encore pleinement réalisé : on ne demande pas ce que l'on possède déjà.[48] Le second Fiat « me fit descendre sur la terre pour que je vive parmi les hommes » ; le troisième « fera descendre ma Volonté dans les âmes où elle régnera sur la terre comme au Ciel ».[49]

Le Fiat rédempteur a RENDULe Fiat rédempteur n'a PAS encore donné
Le péchéExpié, pardonné—
Le CielRouvert à tous les rachetés—
La filiationAdoptive (fils par grâce)La filiation de « possession »[50], le règne effectif d'Adam avant la faute
La grâceDonnée par les sacrementsLe « mode » continu de la Vie dans la Divine Volonté sur la terre
Le RoyaumeLe Royaume de la RédemptionLe Royaume de la Divine Volonté « sur la terre comme au ciel »

Pourquoi un troisième Fiat est nécessaire

C'est ici que les trois Fiat se nouent. Le troisième n'est pas une « super-rédemption » qui rendrait la première insuffisante : il est l'application et le couronnement de ce que les deux premiers ont préparé.

« Par le Fiat de la Création, plusieurs choses merveilleuses et belles sont sorties de Nous. Par le Fiat de la Rédemption, il y eut satisfaction pour tous les actes des créatures, prenant celles-ci par la main et les ramenant dans le sein du Père Céleste. De même, le troisième Fiat devra parcourir son trajet et manifester ses effets : ma Volonté connue, aimée et régnant sur la terre. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XVI, 23 janvier 1924[51]

Luisa reçoit cette même nécessité sous la forme d'un « triple équilibre » entre les trois Fiat : la Création, la Rédemption et le règne promis du Fiat Voluntas Tua possèdent, dit Jésus à Luisa, « la même valeur, le même poids et la même mesure » d'actes divins déjà prêts — et c'est l'attente de cet équilibre encore incomplet qui, dans une confidence bouleversante, tient Dieu comme « fatigué » de patienter :

« Ma Rédemption va de pair avec la Création. Elle possède autant d'Actes que la Création possède. Elles sont en parfait équilibre l'une avec l'autre […] De telle sorte qu'ils auront le triple équilibre des Actes, la même valeur, le même poids et la même mesure. Je suis obligé d'attendre, et Je ressens en Moi-même la multiplicité de ces Actes que Je veux accomplir, sans les accomplir, parce que le Royaume de mon Fiat n'est pas connu et ne règne pas sur la terre. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XXVII, 10 décembre 1929[52]

La Rédemption demeure donc la racine : sans elle, rien. Mais elle appelle son fruit, comme la semence appelle la moisson. C'est ce qu'expose l'article Le don de vivre dans la Divine Volonté. Quant au soupçon de « millénarisme », il ne tient pas : le Règne attendu est intérieur — la Volonté qui « descendra dans les âmes où Elle régnera » (tome XII, 2 mars 1921)[53] — et non un retour visible du Christ avant le jugement dernier, ce que l'Église a rejeté même sous sa forme atténuée (Catéchisme, n° 676 ; décret du Saint-Office, juillet 1944). L'objection est traitée plus au long dans Réponses aux objections faites à l'œuvre de Luisa Piccarreta.

Le Fiat rédempteur et nous : entrer dans l'œuvre du Christ

Reste une question pratique : qu'est-ce que ce Fiat change pour le fidèle d'aujourd'hui ? La réponse donnée à Luisa est qu'on ne contemple pas seulement le Fiat rédempteur de loin : on est appelé à y entrer, à faire siens les actes du Christ Rédempteur.

Recevoir les mérites comme s'ils étaient siens

Parce que l'Humanité du Christ a renfermé tous les actes humains, l'âme qui vit dans la Divine Volonté peut « parcourir » l'œuvre rédemptrice et se l'approprier — non pour y ajouter, mais pour la recevoir et la rendre à Dieu en action de grâces. C'est l'un des sens des tournées (les giri) de la spiritualité luisienne, où l'âme repasse par chacune des œuvres de Dieu, Rédemption comprise, pour y déposer son amour ; cette pratique est exposée dans Que signifie faire les tournées dans la Divine Volonté ?.

Vivre la Passion « du dedans »

Concrètement encore, méditer et accompagner la Passion « du dedans » — par exemple à travers les 24 Heures de la Passion dictées à Luisa — est une manière privilégiée d'entrer dans le Fiat rédempteur, en s'unissant aux actes que le Christ a posés pour chaque âme. Cet exercice est présenté dans l'article Les 24 Heures de la Passion. L'enjeu n'est jamais de « refaire » la Rédemption, mais de laisser ses fruits porter pleinement en soi — ce qui prépare, selon ces dictées, le troisième Fiat.

En résumé

Le Fiat rédempteur est, dans la spiritualité de Luisa Piccarreta, le deuxième des trois Fiat de Dieu : l'œuvre de la Rédemption, attribuée au Fils, accomplie avec le concours du Fiat de Marie. Il embrasse toute l'Humanité du Christ — Incarnation, vie cachée, vie publique, Passion, Résurrection — et non la seule Croix. Par son « Humanité intemporelle », le Christ a touché les actes de tous les hommes, du premier juste de l'Ancien Testament jusqu'au dernier des hommes. Ce Fiat a pleinement rendu la grâce, rouvert le Ciel et fait de nous des fils adoptifs ; mais il a laissé en suspens le Royaume de la Divine Volonté « sur la terre comme au ciel », objet de la promesse du Notre Père et du troisième Fiat. Comprendre le Fiat rédempteur, c'est donc comprendre à la fois tout ce que la Rédemption a accompli et pourquoi elle appelle encore son couronnement.

Pour aller plus loin

Sources

  • Servante de Dieu Luisa Piccarreta (1865-1947), Le Livre du Ciel, tomes III, XI, XII, XIII, XIV, XV, XVI, XVII, XVIII, XIX, XX, XXI, XXIII, XXVII (citations identifiées par tome et date ; passages vérifiés dans l'éd. française GE – La Volonté Divine – Lumen Luminis, trad. Guy Harvey, pour usage privé — pages indiquées en notes ; tome XIV cité d'après le P. Iannuzzi, thèse, ch. III, note 6).
  • R.P. Joseph L. Iannuzzi, Le Don de la Vie dans la Divine Volonté dans les écrits de Luisa Piccarreta, trad. Jean-Claude Lemyze — thèse de doctorat, Université pontificale grégorienne, Rome, 2012, chapitre III (p. 95-109), « La doctrine de Luisa sur le "Fiat de Rédemption" ».
  • Catéchisme de l'Église catholique : n° 411-412 (protévangile, Felix culpa), 456-460 (l'Incarnation), 599-618 (le mystère rédempteur), 968-970 (la coopération de Marie).
  • Concile œcuménique Vatican II, constitution dogmatique Lumen gentium, n° 60-62 (Marie et l'unique médiation du Christ).
  • Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies (la récapitulation de toute chose dans le Christ).

Notes et références

  1. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XII, 22 février 1921 (dictée 12-153) : « Ma fille, ces trois Fiats sont ceux de la Création, de la Rédemption et de la Sanctification. » Voir aussi tome XII, 24 janvier 1921.

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  2. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome III, 12 janvier 1900 (cité dans Iannuzzi, Le Don de la Vie dans la Divine Volonté, ch. III, note 4 ; vérifié dans l'éd. fr. GE – La Volonté Divine – Lumen Luminis, trad. Guy Harvey, pour usage privé, p. 41).

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  3. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XII, 24 janvier 1921 (cité dans Iannuzzi, Le Don de la Vie dans la Divine Volonté, ch. III, note 1 ; vérifié dans l'éd. fr. GE – La Volonté Divine – Lumen Luminis, trad. Guy Harvey, pour usage privé, p. 198) : « Le premier 'Fiat', qui a trait à la Création, fut prononcé sans l'intervention d'aucune créature. Pour le second, qui a trait à la Rédemption, J'ai voulu l'intervention d'une créature et ce fut ma Mère qui fut choisie. »

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  4. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XII, 2 février 1921 (dictée 12-150), éd. fr. GE – La Volonté Divine – Lumen Luminis (trad. Guy Harvey, pour usage privé), p. 199-200.

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  5. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XII, 2 mars 1921 : « Alors que le second Fiat Me fit descendre sur la terre pour que Je vive parmi les hommes, le troisième Fiat fera descendre ma Volonté dans les âmes où Elle régnera "sur la terre comme au Ciel". »

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  6. Sur « faire » et « vivre dans » : L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XVII (éd. fr. GE – La Volonté Divine – Lumen Luminis, trad. Guy Harvey, pour usage privé, p. 122) : « Je te rappelle que vivre dans ma Volonté est très différent : ceux qui font ma Volonté sont libres de donner la leur et de la reprendre [...] ; mais celui qui vit dans ma Volonté [...] agit avec ma Volonté » ; cf. tome IV (éd. fr. GE, p. 169) : l'obéissance « lie la Volonté Divine à la volonté humaine pour former une seule volonté » ; et tome XX, 12 octobre 1926 (cité par Iannuzzi, thèse, ch. III) : Adam « fils premier-né de ma Volonté », « Ma Volonté régnant en Adam ».

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  7. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XVIII, 24 octobre 1925 (dictée intitulée « Jésus ne peut répéter sa Passion qu'en les créatures qui ont sa Volonté comme centre de leur vie. La Création, la Rédemption et la Sanctification forment un seul acte simple pour la Divine Volonté »), éd. fr. GE – La Volonté Divine – Lumen Luminis (trad. Guy Harvey, pour usage privé), p. 27-28 : « Ma Volonté est un Acte simple et non pas une succession d'actes. »

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  8. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XIX, 18 mai 1926, éd. fr. GE – La Volonté Divine – Lumen Luminis (trad. Guy Harvey, pour usage privé), p. 82-83 : « L'Œuvre du Divin FIAT doit tout embrasser : Création, Rédemption et Sanctification. Elle est à la base de tout, la Vie qui coule en tout. [...] Tout est renfermé en Elle. N'ayant pas de commencement, elle est le début de toutes choses, la fin et l'accomplissement de nos Œuvres. » — « Elle » désigne l'Œuvre du Divin Fiat, l'œuvre que Jésus confie à Luisa (« Nous te confions [...] tout le capital de la Rédemption »).

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  9. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XII, 24 janvier 1921, éd. fr. GE – La Volonté Divine – Lumen Luminis (trad. Guy Harvey, pour usage privé), p. 198 : « Les trois Fiats sont inséparables, chacun complétant les deux autres. Ils sont un reflet de la Très Sainte Trinité, ne faisant qu'Un et étant distincts entre eux. »

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  10. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XVII, 17 mai 1925 : « La Création est attribuée au Père, la Rédemption au Fils, et la réalisation du "que ta Volonté soit faite" au Saint-Esprit. » L'appropriation des œuvres divines aux Personnes est un enseignement classique (cf. Catéchisme de l'Église catholique, n° 258).

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  11. R.P. Joseph L. Iannuzzi, Le Don de la Vie dans la Divine Volonté, thèse, Grégorienne, 2012, ch. III, § 3.1 : le « Fiat de Rédemption » comme « second Fiat de la Trinité qui suit le "Fiat de Création", et découvre sa provenance dans la "Volonté éternelle" de Dieu ».

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  12. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XVI, 23 janvier 1924 (méditation de Luisa ouvrant la dictée, avant la réponse de Jésus) : « Par son Fiat Créateur, la Divinité forma tout l'univers […] Par son second Fiat, le Fiat de la Rédemption, Dieu nous a visités en donnant Vie à chacun des actes du Verbe Éternel. Le Fiat de la Création et celui de la Rédemption sont liés, chacun étant comme l'écho de l'autre. »

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  13. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XIX, 19 mars 1926 (cité dans Iannuzzi, Le Don de la Vie dans la Divine Volonté, ch. III, note 2 ; vérifié dans l'éd. fr. GE – La Volonté Divine – Lumen Luminis, trad. Guy Harvey, pour usage privé, p. 25) : « Ma Volonté est éternelle, dans le temps et dans l'éternité, n'ayant ni début ni fin. Tandis que la Rédemption, bien qu'Elle fût éternelle dans l'Esprit Divin, eut un commencement dans le temps étant le produit de l'Éternelle Volonté. »

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  14. Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III, 18, 1 et V, 21 : le Christ « récapitule » en lui toute l'humanité d'Adam pour la restaurer. Cf. Catéchisme de l'Église catholique, n° 518.

    18
  15. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XXI, 16 mars 1927 (cité dans Iannuzzi, Le Don de la Vie dans la Divine Volonté, ch. III, note 9 ; vérifié dans l'éd. fr. GE – La Volonté Divine – Lumen Luminis, trad. Guy Harvey, pour usage privé, p. 22).

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  16. Catéchisme de l'Église catholique, n° 467 (Chalcédoine : le Christ « semblable à nous en tout, à l'exception du péché », He 4, 15) et n° 612 (« à la différence de la nôtre, elle est parfaitement exempte du péché ») — à distinguer de notre nature « blessée dans ses propres forces naturelles [...] et inclinée au péché » (n° 405). Le mot de la dictée est « inclure en elle » (éd. fr. GE, tome XXI, 16 mars 1927) ; le P. Iannuzzi rend le même passage par « enclore » (thèse, ch. III). Jésus y dit aussi de son Humanité qu'elle « représentait non pas Adam innocent, mais Adam déchu » (tome XX, 12 décembre 1926).

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  17. Symbole de Nicée-Constantinople ; cf. Catéchisme de l'Église catholique, n° 456-460 (« Pourquoi le Verbe s'est-il fait chair ? »), n° 460 : « Car le Fils de Dieu s'est fait homme pour nous faire Dieu » (saint Athanase, De l'Incarnation du Verbe, 54, 3) — la phrase de saint Irénée citée au même numéro étant une autre : « c'est pour que l'homme [...] devienne fils de Dieu » (Contre les hérésies, III, 19, 1).

    21
  18. Catéchisme de l'Église catholique, n° 517 : « Toute la vie du Christ est mystère de Rédemption. La Rédemption nous vient avant tout par le sang de la Croix [...], mais ce mystère est à l'œuvre dans toute la vie du Christ : dans son Incarnation déjà [...] ; dans sa vie cachée qui, par sa soumission (cf. Lc 2, 51), répare notre insoumission ; [...] dans sa Résurrection, par laquelle il nous justifie (cf. Rm 4, 25). »

    22
  19. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XI, 14 août 1912 (dictée 11-29 ; cité dans Iannuzzi, Le Don de la Vie dans la Divine Volonté, ch. III ; vérifié dans l'éd. fr. GE – La Volonté Divine – Lumen Luminis, trad. Guy Harvey, pour usage privé, p. 43-44).

    23
  20. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XI, 8 mars 1912 (dictée 11-10 ; cité dans Iannuzzi, Le Don de la Vie dans la Divine Volonté, ch. III, note 5 ; vérifié dans l'éd. fr. GE – La Volonté Divine – Lumen Luminis, trad. Guy Harvey, pour usage privé, p. 21).

    24
  21. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XII, 4 juin 1919 (dictée 12-106 ; cité dans Iannuzzi, Le Don de la Vie dans la Divine Volonté, ch. III, note 7 ; vérifié dans l'éd. fr. GE – La Volonté Divine – Lumen Luminis, trad. Guy Harvey, pour usage privé, p. 143-144).

    25
  22. Catéchisme de l'Église catholique, n° 616 : « C'est l'amour "jusqu'à la fin" (Jn 13, 1) qui confère sa valeur de rédemption et de réparation, d'expiation et de satisfaction au sacrifice du Christ. »

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  23. Catéchisme de l'Église catholique, n° 613-614 (le n° 614 cite He 10, 10) ; Lettre aux Hébreux 10, 10 (« par l'offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes »), 10, 12 (« après avoir offert pour les péchés un unique sacrifice, s'est assis pour toujours à la droite de Dieu ») et 10, 14 (« par son unique offrande, il a mené pour toujours à leur perfection ceux qu'il sanctifie »), trad. AELF.

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  24. Catéchisme de l'Église catholique, n° 412, citant saint Thomas d'Aquin (Somme théologique, III, q. 1, a. 3, ad 3) : « O heureuse faute qui a mérité un tel et un si grand Rédempteur » — le chant de l'Exsultet reprenant ces paroles.

    28
  25. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XIV, 26 février 1922 (cité dans Iannuzzi, Le Don de la Vie dans la Divine Volonté, ch. III, note 6).

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  26. R.P. Joseph L. Iannuzzi, Le Don de la Vie dans la Divine Volonté, thèse, Grégorienne, 2012, ch. III, § 3.1.1.2 : l'« Humanité intemporelle » de Jésus, centre de tous les actes divins dans la nature humaine, présente à Dieu ab aeterno.

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  27. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XIII, 16 octobre 1921 (cité dans Iannuzzi, Le Don de la Vie dans la Divine Volonté, ch. III, note 8 ; vérifié dans l'éd. fr. GE – La Volonté Divine – Lumen Luminis, trad. Guy Harvey, pour usage privé, p. 39-40).

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  28. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XV, 16 décembre 1922 (cité dans Iannuzzi, Le Don de la Vie dans la Divine Volonté, ch. III, note 27 ; vérifié dans l'éd. fr. GE – La Volonté Divine – Lumen Luminis, trad. Guy Harvey, pour usage privé, p. 15-16) : « Celui qui a tout créé a été enfermé dans une petite humanité créée ! […] Dès que le Pouvoir divin eût formé mon Humanité — à peu près de la dimension d'une noisette, quoique avec tous ses membres complètement formés — et que le Verbe prit possession de cette Humanité, alors l'immensité de ma Volonté, contenant toutes les créatures passées, présentes et futures, conçut les vies de toutes ces créatures. »

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  29. R.P. Joseph L. Iannuzzi, Le Don de la Vie dans la Divine Volonté, thèse, Grégorienne, 2012, ch. III, § 3.1 : le « Fiat de Rédemption » « influença de manière rétroactive, contemporaine et proactive les actes de tous les êtres humains » (thème repris au § 3.1.1.2.2, « Transtemporalité de l'Humanité de Jésus »).

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  30. R.P. Joseph L. Iannuzzi, Le Don de la Vie dans la Divine Volonté, thèse, Grégorienne, 2012, ch. III, § 3.1.1.2.1 : les justes de l'Ancien Testament « justifiés, sanctifiés et sauvés par les mérites intemporels de l'Humanité de Jésus » avant l'institution du Baptême ; cette Humanité « anticipa le Péché originel avec la promesse du Fiat de Rédemption ». Sur Col 1, 15, Iannuzzi cite A. Hulbosch (God in Creation and Evolution, 1965, p. 79) : le titre « premier-né de toute créature » exprime la présence éternelle de Jésus avant que les mondes ne fussent.

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  31. Catéchisme de l'Église catholique, n° 410-411 (le « protévangile » de Gn 3, 15, première annonce du Messie rédempteur et du « nouvel Adam »).

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  32. R.P. Joseph L. Iannuzzi, Le Don de la Vie dans la Divine Volonté, thèse, Grégorienne, 2012, ch. III, § 3.1.1.2.1 : l'Humanité de Jésus opérant « du centre du "soleil éternel de la Divine Volonté" », dont les rayons spirituels, « pénétrant et investissant [...] tous les actes humains », les portent vers la substance divine.

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  33. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XX, 12 décembre 1926 (cité dans Iannuzzi, Le Don de la Vie dans la Divine Volonté, ch. III, note 10).

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  34. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XV, 11 juillet 1923, éd. fr. GE – La Volonté Divine – Lumen Luminis (trad. Guy Harvey, pour usage privé), p. 96 : « Par trois fois, la Divinité a agi "ad extra" : la première fois, lors de la Création [...] ; la seconde, lors de la Rédemption, qui a demandé le concours d'une femme, ma Mère céleste [...] ; la troisième a trait à l'accomplissement de notre Volonté sur la terre comme au Ciel [...] » (ad extra : à l'extérieur d'elle-même, vers les créatures).

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  35. R.P. Joseph L. Iannuzzi, Le Don de la Vie dans la Divine Volonté, thèse, Grégorienne, 2012, ch. III, § 3.1.2 : Marie, conçue sans le Péché originel, « dépositaire » des actes humains, « Co-Rédemptrice » disposant les générations pour l'Incarnation, en vertu des mérites intemporels de l'Humanité de Jésus.

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  36. Concile Vatican II, Lumen gentium, n° 60-62 (la coopération subordonnée de Marie à l'unique médiation du Christ) ; Catéchisme de l'Église catholique, n° 970 : « Aucune créature en effet ne peut jamais être mise sur le même plan que le Verbe incarné et rédempteur ».

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  37. Dicastère pour la Doctrine de la Foi, Mater Populi fidelis, Note doctrinale sur certains titres mariaux qui se réfèrent à la coopération de Marie à l'œuvre du salut, 4 novembre 2025 (approuvée par Léon XIV le 7 octobre 2025), n. 22 : « l'utilisation du titre de Co-rédemptrice pour définir la coopération de Marie est toujours inopportune ».

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  38. Catéchisme de l'Église catholique, n° 599-618 (le mystère rédempteur), spéc. n° 654 : « par sa mort il nous libère du péché, par sa Résurrection il nous ouvre l'accès à une nouvelle vie. Celle-ci est d'abord la justification qui nous remet dans la grâce de Dieu » (cf. Rm 4, 25) ; cf. Romains 5, 10 : « nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils » (trad. AELF).

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  39. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XXIII, 5 février 1928, éd. fr. GE – La Volonté Divine – Lumen Luminis (trad. Guy Harvey, pour usage privé), p. 136-137.

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  40. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XXIII, 5 février 1928, éd. fr. GE – La Volonté Divine – Lumen Luminis (trad. Guy Harvey, pour usage privé), p. 137 : « […] qu'avec ma venue sur la terre, le Royaume de ma Volonté ne serait pas établi chez les créatures. Sinon, j'aurais dit : "notre Royaume que j'ai déjà établi […]". Au lieu de cela, j'ai dit : "Viens !" »

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  41. Expression du P. Iannuzzi (thèse, ch. IV, § 4.1.26) : avec le don de vivre dans la Divine Volonté, Dieu accorde à l'âme la filiation de « possession », qu'on peut représenter « comme un approfondissement continu de liberté intérieure de la filiation de l'âme reçue au baptême » — non une autre filiation : seul le Christ est Fils par nature (cf. Catéchisme, n° 654 : frères « non par nature, mais par don de la grâce »).

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  42. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XVI, 23 janvier 1924 : « De même, le troisième Fiat devra parcourir son trajet et manifester ses effets : ma Volonté connue, aimée et régnant sur la terre. »

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  43. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome XXVII, 10 décembre 1929, éd. fr. GE – La Volonté Divine – Lumen Luminis (trad. Guy Harvey, pour usage privé), p. 64 : « Ma Rédemption va de pair avec la Création. Elle possède autant d'Actes que la Création possède. Elles sont en parfait équilibre l'une avec l'autre […] De telle sorte qu'ils auront le triple équilibre des Actes, la même valeur, le même poids et la même mesure. »

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