Le Dicastère pour les Évêques

Le Dicastère pour les Évêques choisit, au nom du pape, la quasi-totalité des évêques de rite latin. Fondé en 1588 sous Sixte V, réorganisé par Pie X en 1908 puis par le pape François en 2022, il fut dirigé par Robert Francis Prevost avant son élection comme pape Léon XIV en 2025.

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Le Dicastère pour les Évêques est l'organe de la Curie romaine chargé, selon la constitution apostolique Praedicate Evangelium, de « tout ce qui concerne l'établissement et la provision des Églises particulières et l'exercice de l'office épiscopal dans l'Église latine »[1]. C'est, très concrètement, le dicastère qui choisit la quasi-totalité des évêques du monde catholique de rite latin — un pouvoir institutionnel sans équivalent ailleurs dans la Curie, puisqu'il façonne directement le visage épiscopal de l'Église pour les décennies à venir.

Son nom latin, Dicasterium pro Episcopis, ne date que de 2022. L'institution elle-même remonte au 22 janvier 1588, quand le pape Sixte V l'érige, sous le nom de Congregatio pro erectione ecclesiarum et provisionibus consistorialibus, comme l'une des quinze congrégations permanentes de sa grande réforme de la Curie[2]. Pendant près de quatre siècles, de 1588 à 1967, une singularité structurelle la distingue de presque toutes les autres congrégations romaines : le pape lui-même en est le préfet en titre, tandis qu'un cardinal-secrétaire en assure la direction quotidienne[3].

L'événement le plus spectaculaire de son histoire récente n'a toutefois rien d'ancien : de janvier 2023 à mai 2025, son préfet fut Mgr Robert Francis Prevost, augustin américain devenu évêque de Chiclayo au Pérou — jusqu'à son élection comme pape sous le nom de Léon XIV le 8 mai 2025[4]. Pour la première fois de l'histoire moderne de la Curie, un homme qui avait présidé pendant deux ans le choix des évêques catholiques du monde entier s'est retrouvé, du jour au lendemain, à la tête de l'Église à laquelle ce même dicastère continue de proposer des noms d'évêques. Depuis le 26 septembre 2025, c'est Mgr Filippo Iannone, carme napolitain et canoniste chevronné, qui lui a succédé comme préfet[5].

Le présent article traite exclusivement de l'institution romaine — son histoire, ses compétences juridiques, sa procédure de nomination des évêques, sa Commission pontificale pour l'Amérique latine, ses préfets. Il ne développe pas l'organisation des Églises catholiques orientales (compétence du Dicastère pour les Églises orientales), ni l'évangélisation des territoires de mission (compétence du Dicastère pour l'Évangélisation), ni les questions strictement doctrinales touchant un évêque (compétence du Dicastère pour la Doctrine de la Foi) : simples wikilinks vers ces articles pour ces sujets.

Histoire institutionnelle : de Sixte V à Praedicate Evangelium

PériodeDénominationActe fondateurPape
1588-1908Congregatio pro erectione ecclesiarum et provisionibus consistorialibus, puis Congregatio ConsistorialisConstitution apostolique Immensa Aeterni Dei (22 janvier 1588)Sixte V
1908-1967Sacra Congregatio Consistorialis, compétences considérablement élargiesConstitution apostolique Sapienti Consilio (29 juin 1908)Pie X
1967-2022Sacra Congregatio pro Episcopis (Congrégation pour les Évêques)Constitution apostolique Regimini Ecclesiae Universae (15 août 1967)Paul VI
Depuis 2022Dicasterium pro Episcopis (Dicastère pour les Évêques)Constitution apostolique Praedicate Evangelium (19 mars 2022, en vigueur le 5 juin 2022)François

La Congrégation pour l'érection des Églises et les provisions consistoriales (1588)

Infographie — illustration originale IA. D’après les constitutions apostoliques citées dans l’article.

Quand Sixte V réorganise l'ensemble de la Curie romaine par la bulle Immensa Aeterni Dei du 22 janvier 1588, il crée quinze congrégations permanentes de cardinaux, chacune chargée d'un secteur défini du gouvernement de l'Église[6]. La future congrégation pour les évêques y figure au troisième rang, sous le nom de Congregatio pro erectione ecclesiarum et provisionibus consistorialibus — littéralement la « Congrégation pour l'érection des Églises et les provisions consistoriales »[7]. Son nom se simplifie presque aussitôt en Congregatio Rebus Consistorialibus Praeposita, puis en Congregatio Consistorialis[8].

Fait notable et rare dans l'histoire des congrégations romaines : à l'origine, elle n'est pas composée uniquement de cardinaux, mais constitue une « congrégation mixte, composée de cardinaux et de prélats »[9]. Sa mission initiale reste étroitement liée, comme son nom l'indique, aux consistoires — ces assemblées solennelles de cardinaux réunies autour du pape pour délibérer des affaires les plus importantes de l'Église, dont la création de nouveaux diocèses et la nomination de certains évêques faisaient partie.

Le pape, préfet en titre ; le cardinal, secrétaire (1588-1967)

Durant près de quatre siècles, la Congrégation Consistoriale partage avec le Saint-Office (aujourd'hui Dicastère pour la Doctrine de la Foi) une singularité structurelle unique dans la Curie : « la préfecture du Saint-Office et de la Consistoriale est réservée au pape », la direction effective étant confiée à un cardinal portant le titre de secrétaire, et non de préfet[10]. Le pape reste ainsi, en droit, le préfet de la congrégation qui décide du sort de chaque diocèse et de chaque évêque du monde catholique — configuration qui traduit combien Rome considérait cette matière comme relevant directement de l'autorité suprême du Souverain Pontife plutôt que d'une simple délégation administrative.

Pie X et Sapienti Consilio : la grande centralisation de 1908

Pie X, photographie publiée en 1904. Photo : Underwood & Underwood — Wikimedia Commons, Public domain.

La réforme la plus décisive avant le XXIᵉ siècle est l'œuvre de Pie X. Par la constitution apostolique Sapienti Consilio du 29 juin 1908, le pape supprime la Congrégation des Évêques et Réguliers et transfère l'essentiel de ses compétences à la Congrégation Consistoriale, qui reçoit désormais « le contrôle effectif de tout ce qui concerne l'érection des diocèses et des chapitres et la nomination des évêques », ainsi que la surveillance des évêques, l'état des diocèses et les affaires des séminaires[11]. Si le texte de 1908 ne la classe qu'en deuxième position dans l'énumération des congrégations, un commentateur contemporain de la réforme notait qu'elle « pourrait être considérée comme la première en importance », tant l'étendue de ses nouvelles responsabilités dépasse celle de tout autre organisme curial de l'époque[12]. Sapienti Consilio précise aussi un point de gouvernance : « le secrétaire n'est plus un prélat mais un cardinal-prêtre, nommé par le Saint-Père lui-même »[13] — le pape demeurant, en titre, préfet.

Le premier secrétaire nommé sous ce nouveau régime, le cardinal Gaetano De Lai (secrétaire de 1908 à 1928), incarne à lui seul l'ampleur du pouvoir accumulé par la congrégation réformée. Considéré comme l'un des principaux instigateurs de la répression antimoderniste sous Pie X, De Lai apporte son soutien actif au réseau secret du Sodalitium Pianum (dit aussi la Sapinière), fondé par Mgr Umberto Benigni pour traquer les suspects de modernisme dans le clergé — un réseau « connu et encouragé par le Saint-Siège, en particulier par la Sacrée Congrégation Consistoriale dont le cardinal De Lai était préfet [de fait], et par Pie X lui-même », qui lui adressa trois lettres pontificales d'encouragement et lui assura un financement annuel[14]. L'épisode illustre, à sa manière, combien le contrôle du corps épiscopal — via la nomination des évêques justement confiée à cette congrégation — fut perçu par Pie X comme un levier stratégique de gouvernement doctrinal de l'Église, bien au-delà d'une simple gestion administrative des diocèses.

Paul VI : Regimini Ecclesiae Universae et la naissance du préfet cardinalice (1965-1967)

La transition vers un préfet cardinalice de plein exercice s'amorce dès 1965, avant même la promulgation officielle de la grande réforme curiale de Paul VI : le cardinal Carlo Confalonieri, secrétaire de la Congrégation Consistoriale depuis 1961, commence à porter le titre de préfet dès 1965, deux ans avant que ce changement ne soit formalisé pour l'ensemble de la Curie[15]. La constitution apostolique Regimini Ecclesiae Universae du 15 août 1967 entérine ce basculement : elle rebaptise la congrégation Sacra Congregatio pro Episcopis — Congrégation pour les Évêques — et généralise le titre de préfet cardinalice à toutes les congrégations romaines qui, jusque-là, en étaient dépourvues[16]. Après près de quatre siècles durant lesquels le pape en fut le préfet nominal, la congrégation acquiert enfin une direction cardinalice pleinement autonome, à l'instar des autres dicastères de la Curie.

Jean-Paul II : Pastor Bonus et l'intégration formelle de la Commission pontificale pour l'Amérique latine (1988)

La constitution apostolique Pastor Bonus de Jean-Paul II, du 28 juin 1988, réorganise l'ensemble de la Curie post-conciliaire et reconduit, pour l'essentiel, les compétences fixées en 1967. Son apport propre pour la Congrégation pour les Évêques est de consolider juridiquement le rattachement de la Commission pontificale pour l'Amérique latine (CAL), déjà opéré de fait par Paul VI en 1963, en la dotant d'une base statutaire précise au sein même de la congrégation[17] (voir plus bas).

François : la refonte en Dicastère (Praedicate Evangelium, 2022)

Le 19 mars 2022, en la solennité de saint Joseph, le pape François promulgue la constitution apostolique Praedicate Evangelium sur la Curie romaine, entrée en vigueur le 5 juin 2022, jour de la Pentecôte. Le texte remplace intégralement Pastor Bonus et substitue partout le mot « dicastère » à « congrégation ». La Congregatio pro Episcopis devient ainsi le Dicastère pour les Évêques, ses compétences étant redéfinies aux articles 103 à 112 de la nouvelle constitution — le socle juridique actuel de son action, détaillé ci-dessous.

Compétences actuelles selon Praedicate Evangelium

L'érection, la division et la suppression des diocèses

Infographie — illustration originale IA. D’après Praedicate Evangelium, art. 103–110.

L'article 103 fixe le cœur de la mission du dicastère, tout en réservant la compétence du Dicastère pour l'Évangélisation sur les territoires de mission :

« Le Dicastère pour les Évêques est responsable de tout ce qui concerne l'établissement et la provision des Églises particulières et l'exercice de l'office épiscopal dans l'Église latine, restant sauve la compétence du Dicastère pour l'Évangélisation. » — Pape François, constitution apostolique Praedicate Evangelium, art. 103, 19 mars 2022[18]

L'article 104 précise le périmètre concret de cette responsabilité : le dicastère traite, en collaboration avec les évêques et les conférences épiscopales, « toutes les questions relatives à l'établissement des Églises particulières et de leurs groupements, à leur division, unification, suppression et autres changements », ainsi que l'érection des ordinariats militaires et des ordinariats personnels pour les fidèles anglicans entrant en pleine communion avec Rome, ces derniers après consultation du Dicastère pour la Doctrine de la Foi et de la conférence épiscopale concernée[19]. Lorsque la création ou la modification d'un diocèse implique un gouvernement civil, l'article 106 impose une consultation préalable de la Section pour les Relations avec les États de la Secrétairerie d'État[20].

La procédure de nomination des évêques : la terna

C'est la compétence la plus visible, et la plus scrutée, du dicastère. L'article 105 §1 en fixe le cadre général :

« Le Dicastère pourvoit à tout ce qui concerne la nomination des évêques diocésains et titulaires, des administrateurs apostoliques et, en général, la provision des Églises particulières. Il le fait en tenant compte des propositions des Églises particulières, des Conférences épiscopales et des représentations pontificales, et après avoir consulté les membres de la présidence de la Conférence épiscopale concernée et le métropolite. Dans ce processus, il implique également, sous une forme appropriée, des membres du Peuple de Dieu des diocèses concernés. » — Pape François, Praedicate Evangelium, art. 105 §1, 19 mars 2022[21]

En pratique, la procédure suit un parcours étroitement confidentiel. Tous les trois ans, les évêques de chaque province ecclésiastique dressent une liste de prêtres jugés aptes à l'épiscopat[22]. Quand un siège devient vacant, le nonce apostolique local mène une enquête discrète : il consulte, « avec précision et sous le sceau de la confidentialité », prêtres, religieux et laïcs les mieux placés pour connaître les candidats potentiels, puis transmet au dicastère un rapport accompagné d'une liste de trois noms — la terna[23].

Infographie — illustration originale IA. D’après la procédure décrite dans l’article et Praedicate Evangelium, art. 105.

Deux fois par mois, d'octobre à juin, les cardinaux et évêques membres du dicastère se réunissent pour examiner les dossiers, chacun étant présenté par un ponente — un membre chargé d'en rapporter les éléments essentiels à l'assemblée[24]. Le préfet soumet ensuite au pape les conclusions de cet examen ; celui-ci choisit le plus souvent l'un des trois noms de la terna, mais conserve toute liberté de nommer un candidat extérieur à la liste[25]. L'article 105 §2 confie par ailleurs au dicastère, en accord avec les conférences épiscopales et leurs unions régionales et continentales, la fixation des « critères de sélection des candidats », « évalués périodiquement » pour tenir compte de la diversité des besoins culturels des Églises particulières[26].

Les renonciations épiscopales

Infographie — illustration originale IA. D’après Praedicate Evangelium, art. 108.

L'article 105 §3 confie également au dicastère la gestion des renonciations épiscopales, « conformément aux dispositions canoniques »[27]. Le droit universel de l'Église fixe cette disposition au canon 401 §1 du Code de droit canonique de 1983 : tout évêque diocésain qui atteint l'âge de soixante-quinze ans est tenu de présenter sa renonciation au pape, celui-ci restant libre de l'accepter immédiatement, de la différer, ou — plus rarement — de la refuser[28].

Les visites ad limina Apostolorum

L'article 108 confie au dicastère l'organisation des visites ad limina Apostolorum — littéralement, « au seuil des Apôtres » — que chaque évêque diocésain doit accomplir tous les cinq ans :

« Il revient au Dicastère d'organiser les visites ad limina Apostolorum des Églises particulières confiées à ses soins. À cette fin, il examine les rapports envoyés par les évêques diocésains […] ; il assiste les évêques pendant leur séjour dans l'Urbs en organisant la rencontre avec le Pontife romain, les pèlerinages aux basiliques papales, et d'autres réunions. Enfin, une fois la visite terminée, il leur transmet par écrit les conclusions, les suggestions et les propositions du Dicastère pour les Églises particulières et les Conférences épiscopales concernées. » — Pape François, Praedicate Evangelium, art. 108, 19 mars 2022[29]

Chaque évêque diocésain doit ainsi, tous les cinq ans, se rendre à Rome pour prier sur les tombeaux de saint Pierre et de saint Paul, rencontrer le pape et rendre compte de l'état spirituel, pastoral et administratif de son diocèse — pratique dont l'origine remonte, sous une forme moins codifiée, à l'Antiquité chrétienne, mais que le dicastère organise aujourd'hui selon un calendrier réglé et un rapport écrit standardisé.

La formation des nouveaux évêques

L'article 109 confie au dicastère une mission de formation, distincte de celle du Dicastère pour l'Évangélisation pour les territoires de mission : « le Dicastère est responsable de la formation des nouveaux évêques, avec l'aide d'évêques dont la sagesse, la prudence et l'expérience sont prouvées, et d'experts venant de différentes régions de l'Église universelle », ainsi que d'« occasions de formation continue et [de] cours de mise à jour » offerts régulièrement à l'ensemble de l'épiscopat[30].

La collaboration avec les conférences épiscopales

Enfin, l'article 110 organise les rapports du dicastère avec les conférences épiscopales : soutien à la célébration des conciles particuliers, accompagnement de l'établissement de nouvelles conférences, examen des statuts et recognitio de leurs décrets, mise en œuvre des dispositions canoniques concernant les provinces et régions ecclésiastiques[31].

Ce qui reste hors de sa compétence

Le Dicastère pour les Évêques n'est pas un « ministère universel de l'épiscopat » : sa juridiction s'arrête précisément là où commence celle des dicastères voisins. Les évêques des vingt-trois Églises catholiques orientales sui iuris relèvent du Dicastère pour les Églises orientales, non de celui-ci ; les évêques et vicaires apostoliques des territoires de mission relèvent du Dicastère pour l'Évangélisation ; les questions strictement doctrinales concernant un évêque, de même que — depuis le motu proprio Vos estis lux mundi — les enquêtes pour abus sexuels ou négligence commis par un évêque, engagent la compétence conjointe ou exclusive du Dicastère pour la Doctrine de la Foi (voir plus bas).

La Commission pontificale pour l'Amérique latine (CAL)

Fondation par Pie XII et rattachement par Paul VI

Infographie — illustration originale IA. D’après les repères historiques de l’article et Praedicate Evangelium, art. 111–112.

La Commission pontificale pour l'Amérique latine naît d'abord comme un organisme indépendant de la Curie romaine, fondé par Pie XII le 19 avril 1958[32]. L'impulsion initiale répond à un besoin très concret : permettre aux Églises d'Amérique du Nord et d'Europe d'organiser leur aide face à la pénurie critique de prêtres frappant l'Amérique latine[33]. Si Pie XII en signe l'acte fondateur, c'est son successeur Jean XXIII qui préside la première réunion de la commission et donne l'impulsion décisive à la création d'organismes nationaux d'aide à l'Amérique latine dans plusieurs pays européens[34].

Le 30 novembre 1963, Paul VI rattache la Commission à la Congrégation Consistoriale — décision qui marque le début de son intégration institutionnelle au sein du futur dicastère pour les évêques — et crée un Conseil général réunissant des prélats représentant les conférences épiscopales latino-américaines et européennes[35]. Pastor Bonus (1988) consolide ce rattachement sur le plan juridique, avant que Praedicate Evangelium ne le confirme en 2022.

La Commission selon Praedicate Evangelium

Les articles 111 et 112 fixent le statut actuel de la Commission :

« La Commission Pontificale pour l'Amérique Latine est établie au sein du Dicastère ; elle a pour tâche d'étudier les questions relatives à la vie et au développement de ces Églises particulières en aide aux dicastères concernés selon leur compétence et de les assister par des conseils et des moyens financiers. » — Pape François, Praedicate Evangelium, art. 111 §1, 19 mars 2022[36]

L'article 112 précise sa composition : « Le président de la Commission est le préfet du Dicastère pour les Évêques, qui est assisté d'un ou plusieurs secrétaires. À ceux-ci s'ajoutent comme conseillers quelques évêques choisis soit dans la Curie romaine, soit dans les Églises d'Amérique latine », tous nommés pour cinq ans par le pape[37]. Le préfet Filippo Iannone en est donc, de droit, également le président. Ses secrétaires actuels, Emilce Cuda et Rodrigo Guerra López, sont tous deux laïcs — signe d'une ouverture progressive de responsabilités curiales à des fidèles non-clercs dans cette commission spécifique[38].

Le dicastère face à la crise des abus : Vos estis lux mundi (2019)

Infographie — illustration originale IA. D’après Vos estis lux mundi (2019), art. 8, 10 et 12.

La question de la responsabilité des évêques eux-mêmes, en cas d'abus ou de négligence dans le traitement d'abus commis par des clercs, s'est imposée comme l'un des dossiers les plus sensibles confiés au dicastère depuis 2019. Trois mois après le sommet sur la protection des mineurs convoqué par le pape François au Vatican en février 2019, celui-ci promulgue le 7 mai 2019 le motu proprio Vos estis lux mundi, qui institue un mécanisme d'enquête applicable aux évêques et aux supérieurs religieux[39].

Le texte adopte ce que les canonistes appellent le « modèle métropolitain » : tout signalement visant un évêque doit être transmis « soit au Saint-Siège soit au Métropolite » de la province ecclésiastique concernée[40]. Si le signalement lui est adressé, le métropolite « demande sans délai au Dicastère compétent la charge d'ouvrir une enquête »[41], puis « recueille les informations pertinentes concernant les faits » et accède, si nécessaire, aux archives ecclésiastiques du diocèse concerné[42]. Pour un évêque diocésain de rite latin, ce « dicastère compétent » est, selon la nature de l'accusation, le Dicastère pour les Évêques ou le Dicastère pour la Doctrine de la Foi — les deux organismes travaillant alors en étroite coordination.

Cette réforme procédurale répond directement à l'affaire Theodore McCarrick, ancien archevêque de Washington déchu de la dignité cardinalice en 2018 puis renvoyé de l'état clérical en février 2019 après la reconnaissance d'abus sur mineur[43]. Le 10 novembre 2020, le Saint-Siège publie un rapport de 449 pages intitulé Report on the Holy See's Institutional Knowledge and Decision-Making Related to Former Cardinal Theodore Edgar McCarrick (1930-2017), retraçant l'ensemble des décisions prises à son sujet à Rome sous les pontificats de Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI et François[44]. Ce document, qui examine notamment le rôle joué par la Congrégation pour les Évêques dans le suivi de sa carrière malgré des rumeurs anciennes, constitue l'un des exercices de transparence institutionnelle les plus poussés jamais publiés par le Saint-Siège sur ses propres processus décisionnels — et a directement nourri les réformes de Vos estis lux mundi.

Structure et gouvernance

Le préfet, le secrétaire et le sous-secrétaire aujourd'hui

FonctionTitulaire (2026)Depuis
PréfetMgr Filippo Iannone, O.Carm.26 septembre 2025 (fonction : 15 octobre 2025)
SecrétaireMgr Ilson de Jesus Montanari12 octobre 2013
Sous-SecrétaireMgr Ivan Kovač29 juin 2023

Les membres : cardinaux, évêques, et — depuis 2022 — des femmes

Le collège des membres du dicastère est composé de cardinaux et d'évêques nommés par le pape, chargés d'examiner collégialement les dossiers de nomination lors des réunions bimensuelles. Le 13 juillet 2022, François y opère une nomination inédite dans toute l'histoire de l'institution : il nomme pour la première fois des femmes membres du dicastère chargé du choix des évêques — la religieuse salésienne Yvonne Reungoat, la théologienne laïque argentine María Lía Zervino et la religieuse franciscaine Raffaella Petrini[45]. Le 14 février 2026, la religieuse consolata Simona Brambilla, déjà préfète du Dicastère pour les Instituts de vie consacrée, rejoint à son tour le collège des membres[46]. Cette évolution, minoritaire mais réelle, associe pour la première fois des voix non-épiscopales et féminines au processus délibératif qui façonne le choix des évêques catholiques.

Tableau des secrétaires et préfets

PériodeTitulaireTitre
1908-1928Gaetano De LaiSecrétaire (le pape est préfet)
1928-1930Carlo PerosiSecrétaire
1930-1948Raffaele RossiSecrétaire
1948-1957Adeodato Giovanni PiazzaSecrétaire
1957-1961Marcello MimmiSecrétaire
1961-1965Carlo ConfalonieriSecrétaire
1965-1973Carlo ConfalonieriPremier préfet cardinalice
1973-1984Sebastiano BaggioPréfet
1984-1998Bernardin GantinPréfet
1998-2000Lucas Moreira Neves, O.P.Préfet
2000-2010Giovanni Battista RePréfet
2010-2023Marc Ouellet, P.S.S.Préfet
2023-2025Robert Francis Prevost, O.S.A.Préfet (élu pape Léon XIV le 8 mai 2025)
Depuis 2025Filippo Iannone, O.Carm.Préfet

Ce tableau confirme la stabilité inhabituelle de certains mandats — De Lai (vingt ans), Gantin (quatorze ans), Ouellet (treize ans) — signe que Rome a toujours considéré la direction de cette congrégation comme une charge exigeant continuité et longue expérience du gouvernement épiscopal, plutôt qu'une simple rotation administrative[47].

Infographie — illustration originale IA. Chronologie présentée dans le tableau ci-contre.
Gaetano De Lai, en 1922. Agence Meurisse / BnF. Photo : Agence de presse Meurisse — Wikimedia Commons, Public domain.

Le cardinal Marc Ouellet et la fin d'un long mandat (2010-2023)

Marc Ouellet, en 2012. Recadrage publié sur Commons. Photo : Giansa25 — Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Le cardinal québécois Marc Ouellet, ancien archevêque de Québec et primat du Canada, dirige le dicastère pendant treize ans, de 2010 à 2023 — l'un des plus longs mandats de son histoire moderne. Son départ intervient dans un contexte troublé : à partir de janvier 2023, plusieurs femmes formulent des allégations de comportements sexuels inappropriés le concernant, portant sur des faits antérieurs remontant à son époque de supérieur du Grand Séminaire de Montréal ou d'archevêque de Québec[48]. Une enquête préliminaire canonique diligentée par le Saint-Siège conclut ne pas disposer d'éléments suffisants pour engager une procédure canonique formelle[49].

Le cardinal Ouellet présente sa démission de la charge de préfet, officiellement motivée par la limite d'âge de la retraite, démission acceptée par le pape François et effective le 12 avril 2023[50]. Ouellet engage par ailleurs, devant les tribunaux civils, une poursuite en diffamation contre l'agente de pastorale Pamela Groleau, qui avait adressé au pape François une lettre détaillant des faits qu'elle lui reprochait remontant à 2008 ; une audience est fixée au tribunal de Lorient (France) pour le 4 octobre 2023, dans le cadre d'une plainte distincte déposée par une religieuse française[51].

De Robert Francis Prevost à Léon XIV : un préfet devenu pape (2023-2025)

Robert Francis Prevost au consistoire de 2023. Recadrage publié sur Commons. Photo : Ricardo Perna (AIIC) — Wikimedia Commons, Public domain.

Le successeur immédiat du cardinal Ouellet est un choix qui surprend une partie des observateurs : le 30 janvier 2023, le pape François nomme préfet du dicastère Mgr Robert Francis Prevost, religieux augustin, alors évêque de Chiclayo au Pérou depuis 2014[52]. Ordonné prêtre en 1982, ancien supérieur général de l'Ordre de Saint-Augustin, membre du dicastère depuis 2020 et ayant siégé au conseil permanent de la conférence épiscopale péruvienne de 2018 à 2020, Prevost apportait à cette charge une expérience directe du gouvernement d'un diocèse missionnaire autant qu'une connaissance approfondie du fonctionnement de la Curie[53]. Sa fonction propre, en tant que préfet, était de proposer au pape François les noms de prêtres à promouvoir à l'épiscopat pour les diocèses ne relevant pas d'une procédure particulière[54].

Un peu plus de deux ans plus tard, le 8 mai 2025, à l'issue du conclave réuni après la mort du pape François le 21 avril précédent, les cardinaux électeurs portent Robert Francis Prevost sur le trône de Pierre : il choisit le nom de Léon XIV, devenant le premier pape né aux États-Unis et le premier pape issu de l'Ordre de Saint-Augustin[55]. La situation institutionnelle qui en résulte est sans précédent direct dans l'histoire récente de la Curie : l'homme qui, deux ans durant, examinait avec ses confrères cardinaux les dossiers de candidats à l'épiscopat et proposait des noms au pape est devenu, du jour au lendemain, celui à qui le même dicastère continue de proposer des noms d'évêques pour approbation finale — avec, désormais, une connaissance de l'intérieur unique du fonctionnement de cette procédure.

Mgr Filippo Iannone, préfet depuis 2025

Mgr Filippo Iannone, photographie publiée en 2026. Photo : Lorenzo Iorfino — Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Né à Naples le 13 décembre 1957, Filippo Iannone entre chez les Carmes en 1976 et prononce ses vœux définitifs en 1980, avant d'être ordonné prêtre en 1982[56]. Après des études de théologie en Campanie puis de droit canonique et civil (in utroque iure) à l'université pontificale du Latran, il se forme au tribunal de la Rote romaine — l'un des trois organes judiciaires suprêmes de la Curie — et y reçoit le titre d'avocat rotal[57]. Jean-Paul II le nomme évêque auxiliaire de Naples en 2001 ; Benoît XVI le place à la tête du diocèse de Sora-Aquino-Pontecorvo en 2009 ; il devient ensuite vice-gérant du diocèse de Rome en 2012[58].

Iannone dirigeait depuis un peu plus de trois ans le Dicastère pour les Textes législatifs — chargé de la mise à jour des deux codes de droit canonique, latin et oriental — lorsque le pape Léon XIV le reçoit en audience le 30 août 2025, puis le nomme préfet du Dicastère pour les Évêques le 26 septembre 2025[59]. Il prend officiellement ses fonctions le 15 octobre 2025, mémoire liturgique de sainte Thérèse d'Avila et en plein mois missionnaire, désormais chargé de présenter au pape les prêtres proposés à l'épiscopat — la même fonction qu'exerçait deux ans plus tôt son prédécesseur devenu pape[60].

Ce qu'il faut retenir

Le Dicastère pour les Évêques n'est ni un simple bureau de ressources humaines épiscopales ni une survivance administrative sans portée réelle : c'est, depuis 1588 et plus encore depuis la réforme de Pie X en 1908, l'instrument institutionnel par lequel Rome exerce concrètement l'un des pouvoirs les plus structurants de son gouvernement universel — le choix de ceux qui succéderont aux Apôtres à la tête de chaque Église particulière de rite latin. Son histoire — quatre siècles durant lesquels le pape lui-même en fut le préfet en titre, une centralisation décisive sous Pie X, une procédure de nomination restée volontairement confidentielle jusque dans ses moindres détails, une Commission pontificale dédiée à l'Amérique latine, une réforme récente de sa responsabilité en matière d'abus — traduit combien cette institution discrète pèse, plus que toute autre peut-être, sur le visage concret de l'Église catholique à travers le monde. Le fait qu'un de ses préfets récents, Robert Francis Prevost, soit devenu le pape Léon XIV rappelle enfin, de façon presque symbolique, le lien organique qui unit depuis toujours cette charge à l'autorité suprême du Successeur de Pierre.

Pour aller plus loin

  • Lire La Curie romaine pour situer ce dicastère dans l'ensemble de l'architecture centrale de l'Église depuis Praedicate Evangelium.
  • Lire Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi pour un dicastère de rang comparable, compétent en matière strictement doctrinale et associé aux enquêtes canoniques sur les évêques.
  • Lire Le Dicastère pour l'Évangélisation pour la nomination des évêques dans les territoires de mission, hors compétence du présent dicastère.
  • Lire Le Dicastère pour les Églises orientales pour la nomination des évêques et patriarches des vingt-trois Églises catholiques orientales sui iuris.
  • Lire Nihil Obstat et Imprimatur pour un autre mécanisme romain de discernement et d'approbation ecclésiale.
  • Consulter le texte intégral de la constitution apostolique Praedicate Evangelium (19 mars 2022) sur vatican.va pour le détail des articles 103 à 112.
  • Consulter le profil officiel du Dicastère pour les Évêques sur vatican.va pour sa présentation institutionnelle actualisée.

Notes et références

  1. Pape François, constitution apostolique Praedicate Evangelium sur la Curie romaine, 19 mars 2022 (en vigueur le 5 juin 2022), art. 103. Texte intégral en français sur vatican.va.

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  2. Pape Sixte V, constitution apostolique Immensa Aeterni Dei, 22 janvier 1588, érigeant quinze congrégations permanentes de la Curie romaine, dont la Congregatio pro erectione ecclesiarum et provisionibus consistorialibus placée au troisième rang. Synthèse sur en.wikipedia.org, « Immensa aeterni Dei », consulté en juillet 2026.

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  3. Catholic Encyclopedia (1913), article « Roman Congregations » / section « Congregation of the Consistory », sur newadvent.org, consulté en juillet 2026. Citations : fondation par Sixte V sous le nom pro erectione ecclesiarum et provisionibus consistorialibus ; congrégation mixte de cardinaux et de prélats à l'origine ; « the prefecture is still retained by the sovereign pontiff » ; réforme de Pie X par Sapienti Consilio (1908) donnant à la congrégation « the effective control of all matters concerning the erection of dioceses and chapters and the appointment of bishops » et « the secretary, however, is no longer a prelate but a cardinal priest, who is appointed by the Holy Father himself ».

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  4. Wikipedia contributors, « Pope Leo XIV », Wikipedia, The Free Encyclopedia, version consultée en juillet 2026, sur en.wikipedia.org. Mort du pape François le 21 avril 2025 ; conclave des 7-8 mai 2025 ; élection du cardinal Robert Francis Prevost, prenant le nom de Léon XIV, le 8 mai 2025 — premier pape né aux États-Unis, premier pape issu de l'Ordre de Saint-Augustin.

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  5. Vatican News, « Mgr Iannone, canoniste, figure de la Curie, va présider le dicastère pour les Évêques », sur vaticannews.va ; ZENIT, « Mgr Filippo Iannone est le nouveau préfet du Dicastère pour les évêques », sur fr.zenit.org, consultés en juillet 2026. Né à Naples le 13 décembre 1957 ; entrée chez les Carmes en 1976, vœux définitifs en 1980, ordination sacerdotale en 1982 ; études de théologie en Campanie et de droit canonique et civil (in utroque iure) au Latran ; avocat de la Rote romaine ; évêque auxiliaire de Naples (2001, Jean-Paul II) ; évêque de Sora-Aquino-Pontecorvo (2009, Benoît XVI) ; vice-gérant du diocèse de Rome (2012) ; préfet du Dicastère pour les Textes Législatifs (jusqu'en 2025) ; audience avec Léon XIV le 30 août 2025 ; nomination comme préfet du Dicastère pour les Évêques le 26 septembre 2025 ; entrée en fonction le 15 octobre 2025, mémoire liturgique de sainte Thérèse d'Avila.

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  6. The Eponymous Flower, « Msgr. Umberto Begnigni and the Anti-Modernist Battle of the Sodalitium Pianum », 2014, sur theeponymousflower.com ; voir aussi l'étude académique Émile Poulat / archives HAL, « La Curie romaine et le mouvement catholique au début du XXe siècle : la congrégation manquée du cardinal De Lai », sur hal.science, consultée en juillet 2026, sur le rôle du cardinal Gaetano De Lai (secrétaire de la Congrégation Consistoriale, 1908-1928) comme soutien du réseau antimoderniste Sodalitium Pianum de Mgr Umberto Benigni, encouragé par trois lettres autographes de Pie X et un financement pontifical annuel.

    14
  7. Wikipedia contributors, « Dicastero per i vescovi », Wikipedia, l'enciclopedia libera, version consultée en juillet 2026, sur it.wikipedia.org. Précise que de 1588 à 1965/1967 le chef de la congrégation portait le titre de secrétaire « poiché a capo del dicastero vi era il Papa » (car le pape en était le chef), et que le cardinal Carlo Confalonieri, secrétaire depuis 1961, commence à porter le titre de préfet dès 1965.

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  8. Pape Paul VI, constitution apostolique Regimini Ecclesiae Universae sur la Curie romaine, 15 août 1967, rebaptisant la Congrégation Consistoriale en Sacra Congregatio pro Episcopis (Congrégation pour les Évêques) et généralisant le titre de préfet cardinalice. Synthèse sur en.wikipedia.org, « Dicastery for Bishops », consulté en juillet 2026.

    16
  9. Wikipedia contributors, « Pontifical Commission for Latin America », Wikipedia, The Free Encyclopedia, version consultée en juillet 2026, sur en.wikipedia.org. Rattachement à la Congrégation Consistoriale par Paul VI le 30 novembre 1963 ; création d'un Conseil général de prélats latino-américains et européens ; consolidation par Pastor Bonus (1988) et Praedicate Evangelium (2022) ; secrétaires actuels Emilce Cuda et Rodrigo Guerra López, laïcs, nommés en 2021-2022.

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  10. Pape François, Praedicate Evangelium, art. 104, 19 mars 2022. Texte sur vatican.va.

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  11. Pape François, Praedicate Evangelium, art. 106, 19 mars 2022. Texte sur vatican.va.

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  12. Pape François, Praedicate Evangelium, art. 105 §1, 19 mars 2022. Texte sur vatican.va.

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  13. Synthèse de plusieurs explications diocésaines et canoniques du processus de nomination des évêques (« terna ») : Église catholique en Meurthe-et-Moselle, « Quelle est la mission d'un évêque et comment est-il nommé ? », sur catholique-nancy.fr ; ASVPNF, « La procédure de nomination des évêques... », sur asvpnf.com, consultés en juillet 2026, sur les listes triennales, l'enquête du nonce sous secret, la réunion bimensuelle des cardinaux et évêques membres (octobre-juin), le rôle du ponente, et la liberté finale du pape de choisir hors de la terna.

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  14. Pape François, Praedicate Evangelium, art. 105 §2, 19 mars 2022. Texte sur vatican.va.

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  15. Pape François, Praedicate Evangelium, art. 105 §3, 19 mars 2022. Texte sur vatican.va.

    27
  16. Code de droit canonique de 1983, canon 401 §1 : tout évêque diocésain ayant atteint l'âge de soixante-quinze ans est tenu de présenter sa renonciation au pape, qui pourvoit après examen de toutes les circonstances.

    28
  17. Pape François, Praedicate Evangelium, art. 108, 19 mars 2022. Texte sur vatican.va.

    29
  18. Pape François, Praedicate Evangelium, art. 109 §1-2, 19 mars 2022. Texte sur vatican.va.

    30
  19. Pape François, Praedicate Evangelium, art. 110, 19 mars 2022. Texte sur vatican.va.

    31
  20. Wikipédia contributeurs, « Commission pontificale pour l'Amérique latine », version consultée en juillet 2026, sur fr.wikipedia.org ; voir aussi le profil officiel sur vatican.va. Fondation par Pie XII le 19 avril 1958 comme organisme indépendant pour répondre à la pénurie de prêtres en Amérique latine ; première réunion présidée par Jean XXIII.

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  21. Pape François, Praedicate Evangelium, art. 111 §1-2, 19 mars 2022. Texte sur vatican.va.

    36
  22. Pape François, Praedicate Evangelium, art. 112 §1-3, 19 mars 2022. Texte sur vatican.va.

    37
  23. Pape François, motu proprio Vos estis lux mundi, 7 mai 2019 (promulgué le 9 mai 2019), instituant des normes de procédure contre les abus sexuels et la responsabilité des évêques et supérieurs religieux, à la suite du sommet sur la protection des mineurs de février 2019. Texte intégral en français sur vatican.va.

    39
  24. Pape François, Vos estis lux mundi, art. 8 §1, 7 mai 2019. Texte sur vatican.va : « L'Autorité qui reçoit un signalement le transmet soit au Saint-Siège soit au Métropolite » de la province ecclésiastique concernée.

    40
  25. Pape François, Vos estis lux mundi, art. 10 §1, 7 mai 2019. Texte sur vatican.va : « Le Métropolite demande sans délai au Dicastère compétent la charge d'ouvrir une enquête ».

    41
  26. Pape François, Vos estis lux mundi, art. 12 §1, 7 mai 2019. Texte sur vatican.va : le Métropolite « recueille les informations pertinentes concernant les faits » et accède aux archives ecclésiastiques nécessaires.

    42
  27. Secrétairerie d'État du Saint-Siège, Report on the Holy See's Institutional Knowledge and Decision-Making Related to Former Cardinal Theodore Edgar McCarrick (1930-2017), publié le 10 novembre 2020, 449 pages. Texte intégral (anglais) sur vatican.va ; synthèse par America Magazine, « Deep Dive: The McCarrick Report and the popes it implicates », 10 novembre 2020, sur americamagazine.org.

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  28. Wikipedia contributors, « Dicastery for Bishops », Wikipedia, The Free Encyclopedia, version consultée en juillet 2026, sur en.wikipedia.org. Nomination le 13 juillet 2022 des trois premières femmes membres du dicastère : Raffaella Petrini, Yvonne Reungoat et María Lía Zervino.

    45
  29. Wikipedia contributors, « Dicastery for Bishops », art. cit., mise à jour consultée en juillet 2026 : nomination de Sr Simona Brambilla comme membre le 14 février 2026.

    46
  30. Wikipedia contributors, « Dicastery for Bishops », Wikipedia, The Free Encyclopedia, version consultée en juillet 2026, sur en.wikipedia.org. Liste complète des secrétaires (1710-1965) et préfets (1965-aujourd'hui), siège actuel (Palazzo delle Congregazioni, Piazza Pio XII), fonctions (sélection des évêques, visites ad limina, création de diocèses, supervision des enquêtes sur les évêques).

    47
  31. Radio-Canada, « Le cardinal Marc Ouellet visé par une deuxième plainte et blanchi par le Vatican », sur ici.radio-canada.ca ; Présence Info, « Le cardinal Marc Ouellet poursuivi par une religieuse française », sur presence-info.ca, consultés en juillet 2026. Allégations de comportements sexuels inappropriés formulées par plusieurs femmes à partir de janvier 2023, portant sur des faits remontant à l'époque où Ouellet dirigeait le Grand Séminaire de Montréal ou était archevêque de Québec ; enquête préliminaire canonique du Saint-Siège jugeant les éléments insuffisants pour une procédure formelle.

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  32. La Presse, « Le cardinal Ouellet démissionne du Dicastère pour les évêques », 30 janvier 2023, sur lapresse.ca ; Le Devoir, « Le cardinal Marc Ouellet quitte le poste de préfet du Dicastère pour les évêques », sur ledevoir.com, consultés en juillet 2026. Démission officiellement motivée par la limite d'âge, acceptée par le pape François, effective le 12 avril 2023.

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  33. Journal Métro, « Le cardinal Marc Ouellet dépose une poursuite en diffamation », sur journalmetro.com ; Tribune Chrétienne, « Procès en diffamation : Qui en veut au cardinal Marc Ouellet ? », sur tribunechretienne.com, consultés en juillet 2026. Poursuite civile en diffamation engagée par Ouellet contre l'agente de pastorale Pamela Groleau ; audience fixée au tribunal de Lorient (France) pour le 4 octobre 2023 dans le cadre d'une plainte distincte déposée par une religieuse française.

    51
  34. InfoCatho, « Nomination d'un nouveau préfet à la tête du Dicastère des évêques », sur infocatho.fr, consulté en juillet 2026. Nomination de Mgr Robert Francis Prevost, alors évêque de Chiclayo (Pérou), le 30 janvier 2023, en remplacement du cardinal Marc Ouellet ; biographie : ordonné prêtre en 1982, ancien supérieur général des Augustins, membre du dicastère depuis 2020, membre du conseil permanent de la conférence épiscopale péruvienne (2018-2020) ; fonction du préfet : proposer au pape les prêtres à promouvoir à l'épiscopat pour les diocèses sans procédure spécifique.

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