Le Dicastère pour les Causes des saints

Le Dicastère pour les Causes des saints instruit, depuis Sixte V (1588), les causes de béatification et de canonisation. Réformé par Paul VI (1969) et Jean-Paul II (Divinus Perfectionis Magister, 1983), il applique aujourd'hui Praedicate Evangelium (2022) sous le préfet cardinal Marcello Semeraro.

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Le Dicastère pour les Causes des saints est l'organe de la Curie romaine chargé, selon la constitution apostolique Praedicate Evangelium, de « tout ce qui concerne les causes de béatification et de canonisation, selon la procédure prescrite »[1]. C'est l'instrument par lequel l'Église catholique, comme le rappelle le Catéchisme, « reconnaît la puissance de l'Esprit de sainteté qui est en elle » lorsqu'elle canonise certains fidèles, « en proclamant solennellement que ces fidèles ont pratiqué héroïquement les vertus et vécu dans la fidélité à la grâce de Dieu », afin de les donner à tous « comme modèles et intercesseurs »[2].

Héritier direct de la Congrégation des Rites, instituée par le pape Sixte V le 22 janvier 1588 par la bulle Immensa Aeterni Dei[3], le dicastère a longtemps partagé son autorité entre deux missions bien distinctes — la régulation du culte divin et le discernement des causes de sainteté — avant que le pape Paul VI ne les sépare définitivement le 8 mai 1969[4]. Depuis cette date, une congrégation autonome, devenue dicastère en 2022, se consacre exclusivement à l'examen le plus rigoureux que l'Église ait jamais organisé sur la vie, les vertus et les miracles de ses fils et filles les plus habités par la grâce.

Sous le pontificat de Léon XIV, élu le 8 mai 2025, le dicastère demeure au cœur de l'actualité ecclésiale : c'est lui qui a instruit les causes des deux jeunes saints canonisés le 7 septembre 2025 en la place Saint-Pierre, Carlo Acutis et Pier Giorgio Frassati[5], et c'est le cardinal Marcello Semeraro, préfet depuis le 15 octobre 2020[6], qui continue de présenter chaque mois au pape les décrets de nouvelles causes — martyres, vertus héroïques, miracles authentifiés — dont le rythme, sous Léon XIV comme sous ses prédécesseurs, ne faiblit pas.

L'histoire de ce dicastère est celle d'une rationalisation progressive : d'une procédure d'abord confuse et locale, l'Église est passée, en quatre siècles, à un système d'enquête à la fois judiciaire, historique, théologique et médical, dont la rigueur documentaire n'a cessé de se renforcer — non pour douter de la sainteté, mais pour que chaque canonisation soit un acte de vérité autant qu'un acte de foi.

Histoire institutionnelle : quatre siècles au service de la reconnaissance de la sainteté

Avant 1588 : de l'acclamation populaire à la réserve romaine

Infographie — illustration originale IA. Repères historiques présentés dans l’article ; Praedicate Evangelium.

Durant le premier millénaire chrétien, la reconnaissance d'un saint relevait largement de la vénération populaire locale, ratifiée par l'évêque du lieu : c'est ainsi que naissent les cultes de la plupart des martyrs et des grands confesseurs de la foi. Le pape Alexandre III, dès 1170, commence à restreindre cette liberté épiscopale en exigeant une approbation apostolique pour toute nouvelle béatification[7]. Le mouvement de centralisation s'accélère à la fin du XIIᵉ siècle : les papes jugent nécessaire d'encadrer davantage l'autorité des évêques, afin d'éviter les cultes hâtifs, mal instruits ou entachés d'intérêts locaux[8].

Sixte V et la naissance de la Congrégation des Rites (1588)

C'est le pape Sixte V, grand réorganisateur de la Curie romaine, qui donne à cette centralisation sa forme institutionnelle définitive. Par la bulle Immensa Aeterni Dei du 22 janvier 1588, il érige la Sacra Congregatio Rituum — la Congrégation des Rites —, chargée à la fois de réguler le culte divin et de traiter les causes des saints[9]. Pendant près de quatre siècles, ces deux missions — liturgie et sainteté — resteront unies dans une seule et même institution, jusqu'à leur séparation par Paul VI en 1969.

Urbain VIII : la réserve pontificale exclusive (1625-1634)

Un demi-siècle plus tard, le pape Urbain VIII referme définitivement la porte aux initiatives locales. Par les décrets du 13 mars et du 2 octobre 1625, puis par la bulle Coelestis Hierusalem Cives du 5 juillet 1634, il réserve exclusivement au Siège apostolique le droit de canoniser et celui de béatifier, mettant fin à toute possibilité, pour un évêque diocésain, d'autoriser de sa seule autorité un culte public à un serviteur de Dieu[10]. Cette réforme introduit toutefois une soupape : pour les cultes très anciens, ininterrompus et déjà largement répandus avant 1534, Urbain VIII admet la possibilité d'une reconnaissance sans procès ordinaire — le germe de ce qui deviendra la canonisation équivalente[11].

Benoît XIV, ancien promoteur de la foi devenu législateur de la sainteté (1708-1758)

Benoît XIV, par Pierre Subleyras, 1746. Metropolitan Museum of Art. Wikimedia Commons · domaine public.

La figure la plus déterminante de l'histoire ancienne du dicastère n'est autre qu'un pape qui fut d'abord son propre fonctionnaire. Prospero Lambertini, nommé promoteur de la foi — c'est-à-dire chargé d'examiner d'un œil critique chaque cause — dès 1708, exerce cette fonction pendant des décennies avant de devenir pape sous le nom de Benoît XIV en 1740[12]. Fort de cette expérience unique, il rédige entre 1734 et 1738 son traité monumental De Servorum Dei Beatificatione et Beatorum Canonizatione (« De la béatification des serviteurs de Dieu et de la canonisation des bienheureux »)[13], qui demeure aujourd'hui encore la référence classique de tout le droit canonique de la sainteté. L'ouvrage, en quatre livres, y compris un traitement systématique des miracles qui a été salué comme « le premier exposé raisonné de paranormologie catholique » et qui donna à l'Église son véritable code médical pour l'examen des guérisons prodigieuses[14]. C'est également Benoît XIV qui, en tant que promoteur de la foi puis législateur, théorise formellement la canonisation équivalente, réservée aux causes bénéficiant d'un culte immémorial, d'une réputation constante de sainteté et d'une tradition ininterrompue de miracles[15].

Pie XI et la section historique (1930)

Au XXᵉ siècle, l'essor des méthodes de la critique historique impose à la Congrégation des Rites de se doter d'experts capables d'évaluer scientifiquement les sources anciennes. Par le motu proprio Già da qualche tempo du 6 février 1930, le pape Pie XI crée au sein de la Congrégation une Section historique, chargée des recherches nécessaires à l'instruction des causes « historiques » — celles de serviteurs de Dieu morts depuis longtemps, pour lesquels aucun témoin oculaire ne subsiste — ainsi que de la révision critique des livres liturgiques[16]. Cette section restera en fonction jusqu'à la réforme de 1969, où son expertise historico-hagiographique sera reprise par les deux nouvelles congrégations issues de la scission[17].

Pie XII, Jean XXIII et la naissance de la Consulta Medica (1948-1959)

Parallèlement à l'expertise historique, l'Église organise depuis le Moyen Âge une expertise médicale des guérisons alléguées miraculeuses ; dès le XVIIIᵉ siècle, un registre formel de médecins experts est constitué pour cette tâche[18]. Cette pratique ancienne se structure véritablement au XXᵉ siècle : en 1948, le pape Pie XII institue une Commission de médecins et un Conseil médical distincts ; en 1959, le pape Jean XXIII fusionne les deux organes en un unique Conseil médical (Consulta Medica), qui demeure aujourd'hui encore l'instance chargée d'examiner, du strict point de vue de la science, chaque guérison présentée comme miraculeuse[19].

Paul VI : la scission de 1969 et la naissance d'une congrégation autonome

Après le concile Vatican II, la grande réforme de la Curie entreprise par Paul VI touche profondément l'antique Congrégation des Rites. Par la constitution apostolique Sacra Rituum Congregatio du 8 mai 1969, le pape sépare définitivement les deux missions qu'elle portait depuis 1588 : d'un côté la Congrégation pour le Culte divin, de l'autre la Congrégation pour les Causes des Saints, dotée de trois offices distincts — l'office judiciaire, celui du Promoteur général de la foi, et l'office historico-juridique[20]. Cette scission consacre, pour la première fois dans l'histoire de l'Église, une institution romaine exclusivement vouée au discernement de la sainteté, libérée des questions purement liturgiques.

Jean-Paul II et la réforme de 1983 : Divinus Perfectionis Magister

Un procès jugé trop lent, trop coûteux, trop peu collégial

Jean-Paul II, 21 mai 1984. © Quirinale.it, réutilisation autorisée avec attribution. Wikimedia Commons.

Dans les années 1970, la procédure héritée du XVIIᵉ siècle — affinée par Urbain VIII et codifiée en 1917 — apparaît de plus en plus lourde : elle multiplie les tribunaux (procès ordinaire diocésain puis procès dit « apostolique » romain, faisant doublon), s'étend sur des décennies, et laisse peu de place à l'évêque diocésain, dont le rôle se limite largement à instruire un dossier que Rome refait ensuite presque intégralement. Le 25 janvier 1983, le pape Jean-Paul II promulgue la constitution apostolique Divinus Perfectionis Magister — « Le Divin Maître de la perfection », en référence au Christ, modèle et source de toute sainteté[21]. Le texte s'ouvre par un rappel théologique fondamental : par le baptême, tous les fidèles « deviennent vraiment fils de Dieu et participants de la nature divine, et donc vraiment saints »[22], et l'Église propose certains d'entre eux à « l'imitation, la vénération et l'invocation » des fidèles comme témoins qui les attirent vers la sainteté[23].

Jean-Paul II motive sa réforme par un double constat : d'une part, « les progrès récents dans le domaine des études historiques » rendaient nécessaire de doter la Congrégation compétente « d'un appareil mieux adapté à sa tâche, pour répondre plus adéquatement aux exigences de la critique historique »[24] ; d'autre part, l'expérience la plus récente « a montré l'opportunité de réviser encore la manière d'instruire les causes », pour répondre aux « besoins des experts » et au « souhait de Nos Frères dans l'épiscopat, qui ont souvent demandé un procès plus simple, tout en conservant la solidité de l'enquête »[25].

Les changements décisifs de 1983

La réforme de 1983, complétée par les Normae servandae du 7 février 1983[26], bouleverse en profondeur la procédure :

  • Elle fusionne les deux procès distincts (diocésain puis apostolique romain) en une enquête unique, conduite sous l'autorité ordinaire de l'évêque diocésain, dans un esprit de collégialité conforme à Vatican II[27].
  • Elle supprime la fonction du Promoteur général de la foi telle qu'elle existait jusqu'alors — le fameux débat contradictoire entre le postulateur et un « avocat du diable » chargé de contester systématiquement chaque élément du dossier[28].
  • Elle crée un Collège des relateurs, prêtres spécialistes chargés de superviser la rédaction du récit historico-critique de la vie, des vertus ou du martyre du serviteur de Dieu — la future Positio[29].
  • Elle réduit les exigences de délai (le délai de cinquante ans après la mort, longtemps de règle, est ramené à cinq ans, sauf dispense pontificale) et le nombre de miracles requis[30].

« Le Christ Jésus, Maître et Modèle divin de la perfection […] a aimé l'Église comme son épouse et s'est livré pour elle afin de la sanctifier. » — Pape saint Jean-Paul II, constitution apostolique Divinus Perfectionis Magister, préambule, 25 janvier 1983[31]

Ce n'est donc pas un allègement de la rigueur que Jean-Paul II recherche, mais une procédure plus collégiale et plus scientifique : l'enquête reste confiée aux mêmes exigences de vérité historique, mais elle est désormais conduite d'abord par l'évêque du lieu, épaulé par des historiens et des théologiens compétents, avant d'être soumise au jugement romain.

François : transparence financière et nouvelles voies de sainteté (2016-2017)

La réforme de l'administration des biens des causes (2016)

Infographie — illustration originale IA. Normes de 2016, présentation citée dans l’article.

Le coût et la gestion financière des causes de béatification avaient fait, dans les années 2010, l'objet de critiques répétées — accusations de gestion opaque, de sommes disproportionnées demandées aux postulateurs, de conflits d'intérêts autour de certains administrateurs de causes. Le 4 mars 2016, le pape François approuve de nouvelles Normes sur l'administration des biens des causes de béatification et de canonisation, à titre expérimental pour trois ans, qui abrogent celles fixées par Jean-Paul II en 1983 ; le mot d'ordre de ce texte est explicitement la transparence[32]. Les nouvelles normes imposent qu'un administrateur des fonds distinct du postulateur soit nommé pour chaque cause, tenu de respecter l'intention des donateurs, de présenter des comptes annuels et de transmettre un bilan financier vérifiable à l'évêque puis au dicastère[33]. Une contribution, fixée par le dicastère et communiquée par le postulateur, est due par la partie qui soutient la cause à des étapes précises — remise des actes de l'enquête diocésaine, nomination du relateur, remise de la Positio, avant le Congrès plénier des théologiens[34] — de sorte que chaque paiement corresponde à une étape vérifiable de la procédure, et non à une somme forfaitaire opaque.

La même année, le 23 septembre 2016, un Règlement du Conseil médical (Consulta Medica) est approuvé par le cardinal Angelo Amato, alors préfet, et par Mgr Marcello Bartolucci, secrétaire : il fixe des seuils précis de majorité qualifiée — au moins 5 voix sur 7 ou 4 sur 6 pour qu'un miracle allégué passe l'examen médical —, limite à trois le nombre de réexamens possibles d'un même cas, porte à neuf le nombre de membres pour un réexamen, et impose le secret le plus strict à tous ceux qui participent à l'examen d'un miracle présumé[35]. Ce règlement vise expressément à garantir « la vérité historique et scientifique » de chaque cas soumis, par des experts médicaux compétents, avant même l'intervention des consulteurs théologiens et, en dernier ressort, du pape lui-même, seule autorité habilitée à reconnaître authentiquement un miracle[36].

L'offrande de la vie, quatrième voie vers la sainteté (2017)

Le 11 juillet 2017, par la lettre apostolique en forme de motu proprio Maiorem hac dilectionem — titre tiré de la parole du Christ, « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime » (Jn 15, 13)[37] —, le pape François ouvre une nouvelle voie canonique vers la béatification, distincte à la fois du martyre et de l'héroïcité des vertus : l'oblatio vitae, l'offrande de la vie. Le texte reconnaît que sont « dignes d'une estime et d'un honneur particuliers » les fidèles qui « ont offert volontairement et librement leur vie pour autrui et ont persévéré jusqu'à la mort dans cette intention »[38], sans pour autant subir la haine de la foi qui caractérise le martyre au sens strict — par exemple un prêtre ou une religieuse mort en soignant des malades contagieux, ou un père de famille qui refuse un traitement pour laisser vivre son enfant à naître. Cette nouvelle voie s'ajoute ainsi, dans le droit vivant de l'Église, au martyre et à la vertu héroïque.

Praedicate Evangelium (2022) : de la Congrégation au Dicastère

Le 19 mars 2022, en la solennité de saint Joseph, le pape François promulgue la constitution apostolique Praedicate Evangelium sur la Curie romaine, entrée en vigueur le 5 juin 2022, jour de la Pentecôte. Le texte substitue partout le mot « dicastère » à « congrégation », sans modifier la substance des compétences fixées par Pastor Bonus en 1988[39]. La Congregatio de Causis Sanctorum devient ainsi le Dicastère pour les Causes des saints, ses compétences étant redéfinies aux articles 98 à 102 — le socle juridique actuel de son action, détaillé ci-dessous.

Léon XIV : continuité et grandes canonisations (2025-2026)

Léon XIV à l’audience aux médias, 12 mai 2025. Edgar Beltrán / The Pillar, via Wikimedia Commons. CC BY-SA 4.0.

Le pape Léon XIV, élu le 8 mai 2025 après la mort de François le 21 avril précédent, confirme dès les premières semaines de son pontificat le cardinal Marcello Semeraro dans sa charge de préfet[40], et reçoit celui-ci en audience à de multiples reprises tout au long de 2025 et 2026 pour autoriser la promulgation de nouveaux décrets — martyres, vertus héroïques, miracles[41]. Le 6 décembre 2025, Léon XIV renouvelle également une partie du collège des membres du dicastère, nommant notamment les cardinaux Rainer Maria Woelki (archevêque de Cologne), Angelo De Donatis (grand pénitencier), Roberto Repole (archevêque de Turin) et Ángel Fernández Artime (pro-préfet du Dicastère pour les Instituts de vie consacrée), ainsi que les évêques Fortunato Morrone, Alfonso Vincenzo Amarante et Sławomir Oder — ce dernier bien connu pour avoir été le postulateur de la cause de saint Jean-Paul II[42].

L'événement le plus visible de ce début de pontificat pour le grand public reste la canonisation conjointe, le 7 septembre 2025 en la place Saint-Pierre, de deux jeunes laïcs : Carlo Acutis (1991-2006), adolescent italien passionné d'informatique et d'Eucharistie, et Pier Giorgio Frassati (1901-1925), étudiant turinois engagé auprès des pauvres — voir plus bas la section qui leur est consacrée[43].

Compétences actuelles selon Praedicate Evangelium

Instruire et juger les causes (art. 98-99)

Infographie — illustration originale IA. Praedicate Evangelium, art. 98–102.

L'article 98 de Praedicate Evangelium fixe en une phrase l'ensemble de la mission du dicastère : « Le Dicastère des Causes des Saints s'occupe, selon la procédure prescrite, de tout ce qui concerne les causes de béatification et de canonisation »[44]. L'article 99 précise le partage des rôles entre Rome et le diocèse :

« Le Dicastère établit des normes spéciales et assiste, par des conseils et des indications, les évêques diocésains/éparchiaux à qui il revient l'instruction de la cause. Il examine les actes des causes déjà instruites, vérifiant que la procédure a été suivie conformément aux normes, et exprimant un jugement sur le fond des causes afin de les soumettre au Pontife romain. » — Pape François, constitution apostolique Praedicate Evangelium, art. 99 §1-2, 19 mars 2022[45]

Cette double fonction — normative (fixer les règles et guider les évêques) et judiciaire (vérifier et juger le fond des dossiers déjà instruits) — résume l'articulation entre l'échelon diocésain, où se déroule l'essentiel de l'enquête concrète, et l'échelon romain, où se joue le jugement définitif avant la décision du pape lui-même, seul habilité à béatifier ou canoniser.

Administrer le Fonds des biens des causes (art. 100)

L'article 100 confie au dicastère une compétence discrète mais essentielle à sa crédibilité : « Le Dicastère veille sur l'application des normes qui régissent l'administration du Fonds des biens des causes »[46]. C'est directement dans la ligne des réformes de transparence financière de 2016 évoquées plus haut : le dicastère ne se contente pas d'examiner la sainteté d'un candidat, il supervise aussi la bonne gestion des sommes collectées pour financer chaque cause.

Authentifier les reliques sacrées (art. 101)

L'article 101 attribue au dicastère une mission moins connue du grand public : « Le Dicastère établit la procédure canonique à suivre pour vérifier et déclarer l'authenticité des reliques sacrées et garantir leur conservation »[47]. Cette compétence prolonge une tradition très ancienne de l'Église — l'authentification des reliques par un sceau ecclésiastique — mais elle est désormais rattachée institutionnellement au même organe qui juge de la sainteté de la personne dont ces reliques sont issues.

Le titre de docteur de l'Église (art. 102)

Enfin, l'article 102 confie au dicastère une prérogative doctrinale rare : « Il appartient au Dicastère de juger sur le fond de l'attribution du titre de docteur de l'Église à un saint après avoir obtenu le votum du Dicastère pour la Doctrine de la Foi sur son éminente doctrine »[48]. Un saint canonisé — condition préalable indispensable — ne devient docteur de l'Église qu'après un second jugement, cette fois sur l'éminence de son enseignement doctrinal, rendu conjointement par ce dicastère et par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, dont l'avis théologique (votum) est requis avant toute décision finale. L'article 84 §2 de la même constitution rappelle d'ailleurs, du point de vue symétrique, que la compétence des Causes des Saints reste « spécifique et exclusive » et ne saurait être absorbée par un autre dicastère, pas même celui des Églises orientales pour les causes de saints orientaux[49].

De serviteur de Dieu à saint : la procédure en détail

La phase diocésaine : le postulateur et l'enquête de l'évêque

Infographie — illustration originale IA. Divinus Perfectionis Magister.

Toute cause commence par la démarche d'un postulateur, personne ou institut mandaté pour porter la demande de reconnaissance devant l'évêque du diocèse où le candidat est mort. Dans la phase romaine, le rôle principal du postulateur est de préparer la Positio, le dossier qui démontrera le martyre ou les vertus héroïques du futur bienheureux et que devront étudier les théologiens du dicastère[50]. Avant cela, dans la phase diocésaine, le postulateur soutient l'évêque dans la collecte des témoignages, des écrits du candidat et des documents historiques disponibles. Cette instruction diocésaine, conduite sous l'autorité ordinaire de l'évêque depuis la réforme de 1983, constitue le socle documentaire sur lequel repose tout le reste de la procédure.

La Positio : la thèse de la sainteté

Une fois l'enquête diocésaine transmise à Rome, le Collège des relateurs, créé en 1983, désigne un relateur chargé de superviser, avec le postulateur, la rédaction de la Positio super vita, virtutibus et fama sanctitatis (ou super martyrio pour les martyrs) — littéralement, le « dossier sur la vie, les vertus et la réputation de sainteté ». La Positio est une véritable thèse académique, présentant de façon critique la vie, l'œuvre et la pratique des vertus du serviteur de Dieu à partir des actes de l'enquête diocésaine[51]. Pour les causes anciennes — concernant un candidat mort depuis longtemps, sans témoin oculaire survivant — une commission d'historiens intervient en complément des théologiens, prolongeant directement l'héritage de la Section historique fondée par Pie XI en 1930[52].

Le Congrès des consulteurs théologiens

La Positio, une fois achevée, est soumise à l'examen d'un groupe de théologiens consulteurs, réunis en Congrès : leur tâche est d'évaluer si le dossier établit de façon suffisamment solide, selon les critères théologiques et historiques requis, soit le martyre, soit la pratique héroïque des vertus, soit l'offrande de la vie du candidat[53]. Un avis favorable de ce Congrès conditionne le passage à l'étape suivante.

Le promoteur de la foi : la fin de l'« avocat du diable » ?

La réforme de 1983 a supprimé l'ancien office du Promoteur général de la foi tel qu'il fonctionnait depuis le XVIIᵉ siècle — chargé, dans une procédure quasi judiciaire, de soulever systématiquement toutes les objections possibles contre la cause, d'où son surnom populaire d'« avocat du diable »[54]. Le dicastère conserve aujourd'hui un promoteur de la foi, prélat théologien qui veille à la rigueur théologique et méthodologique de chaque dossier — poste occupé depuis le 7 janvier 2023 par Mgr Alberto Royo Mejía[55] — mais sa fonction n'est plus celle d'un contradicteur institutionnel systématique : la critique du dossier est désormais répartie entre l'évêque diocésain, les relateurs, les consulteurs théologiens et, pour le miracle, les médecins de la Consulta Medica.

La Consulta Medica : le miracle sous le regard de la science

Infographie — illustration originale IA. Règlement du Conseil médical, 2016.

Lorsque la cause requiert un miracle — c'est le cas pour la plupart des béatifications et canonisations par la voie de la vertu héroïque ou de l'offrande de la vie —, le dossier médical est soumis à la Consulta Medica, le Conseil médical né de la fusion de 1959. Selon le Règlement approuvé en 2016, un collège de six à sept médecins (porté à neuf en cas de réexamen) étudie les scanners, radiographies et rapports médicaux disponibles ; la majorité qualifiée requise pour qu'un cas franchisse cette étape est d'au moins 5 voix sur 7 ou 4 sur 6, et aucun dossier ne peut être réexaminé plus de trois fois[56]. Cette expertise strictement scientifique ne se prononce jamais sur le caractère « miraculeux » d'une guérison — jugement d'ordre théologique, réservé au pape lui-même — mais uniquement sur l'inexplicabilité médicale du fait au regard de l'état actuel de la science. Benoît XIV distinguait déjà, dans son traité de 1734-1738, plusieurs degrés de miracles selon leur objet — depuis la résurrection d'un mort jusqu'à la guérison instantanée d'un mal réputé incurable[57] : une classification qui, adaptée, continue d'informer le travail des médecins de la Consulta Medica aujourd'hui.

La session des cardinaux et évêques, puis le jugement du pape

Si l'avis théologique est favorable, et si un miracle a, le cas échéant, franchi l'examen médical, le dossier est soumis à un dernier jugement collégial : la session ordinaire des membres du dicastère, cardinaux et évêques, qui examinent l'ensemble du dossier avant de le transmettre au pape[58]. C'est le pape seul, en dernière instance, qui décrète la béatification ou la canonisation — acte qui, pour la canonisation, engage l'infaillibilité du magistère pontifical selon l'enseignement théologique commun, quoique cette question reste débattue en théologie dogmatique quant à son statut technique précis.

Les quatre voies vers la sainteté canonique

Le droit actuel des causes reconnaît quatre voies distinctes par lesquelles un serviteur de Dieu peut être déclaré bienheureux, puis saint :

VoieFondementMiracle requis pour la béatificationMiracle requis pour la canonisation
MartyreMort volontairement acceptée par haine de la foi (odium fidei)Aucun (dispense de miracle)Un miracle
Vertu héroïquePratique héroïque, constante et exemplaire, des vertus théologales et cardinalesUn miracleUn second miracle
Offrande de la vie (oblatio vitae, 2017)Don volontaire et libre de sa vie pour autrui, jusqu'à la mortUn miracleUn second miracle
Canonisation équivalenteCulte immémorial, réputation constante de sainteté, tradition ininterrompue de miracles— (procédure suspendue par décision pontificale directe)—

Le martyre

Infographie — illustration originale IA. Repères de l’article ; Maiorem hac dilectionem.

La voie la plus ancienne et la plus radicale reste le martyre : la mort acceptée librement par haine de la foi. Depuis la réforme de 1983, aucun miracle n'est exigé pour la béatification d'un martyr — le don total de sa vie suffisant à établir la sainteté héroïque —, mais un miracle demeure requis pour la canonisation elle-même.

La vertu héroïque

La voie la plus fréquente aujourd'hui est celle de la vertu héroïque : il s'agit d'établir, à partir de témoignages et d'écrits, que le serviteur de Dieu a pratiqué, de façon constante et à un degré éminent, les vertus théologales (foi, espérance, charité) et cardinales (prudence, justice, force, tempérance). Cette voie exige un miracle pour la béatification, et un second pour la canonisation.

L'offrande de la vie (2017)

Introduite par Maiorem hac dilectionem, cette voie couvre les cas où le don de la vie n'est pas causé par la haine de la foi (ce qui exclurait le martyre au sens strict), mais résulte d'un acte libre d'amour héroïque — un prêtre restant volontairement au chevet de malades contagieux, un secouriste se substituant à une victime, une mère refusant un traitement qui compromettrait la vie de l'enfant qu'elle porte[59]. Comme pour la vertu héroïque, un miracle est requis pour la béatification et un second pour la canonisation.

La canonisation équivalente

Théorisée par Benoît XIV, la canonisation équivalente (ou canonizatio aequipollens) permet au pape de reconnaître directement, sans procès formel ni miracle examiné, la sainteté d'une figure bénéficiant d'un culte ancien, ininterrompu et largement répandu, d'une réputation constante de sainteté et d'une tradition de miracles reconnue de longue date[60]. Le pape François y a eu recours à plusieurs reprises : ainsi d'Angela de Foligno (9 octobre 2013), du jésuite Pierre Favre, compagnon de saint Ignace (17 décembre 2013), de José de Anchieta, de Marie de l'Incarnation et de François de Laval (3 avril 2014), ou encore des Martyrs de Compiègne, les seize carmélites guillotinées en 1794, canonisées de cette manière le 18 décembre 2024[61].

Structure et gouvernance aujourd'hui

Les titulaires actuels

FonctionTitulaire (2026)Depuis
PréfetCardinal Marcello Semeraro15 octobre 2020
SecrétaireMgr Fabio Fabene18 janvier 2021
Sous-secrétaireMgr Bogusław Stanisław Turek, C.S.M.A.—
Promoteur de la foi (prélat théologien)Mgr Alberto Royo Mejía7 janvier 2023
Relateur généralP. Angelo Romano13 janvier 2024
Infographie — illustration originale IA. Structure du dicastère.

Ces cinq fonctions constituent l'ossature permanente du dicastère[62]. Autour d'elles gravitent le Collège des relateurs — prêtres spécialistes chargés de superviser la rédaction des Positiones —, un corps de consulteurs théologiens convoqués en Congrès selon les causes, et la Consulta Medica, qui réunit un large corps de médecins experts, dont un collège restreint de six à sept membres examine chaque miracle allégué[63].

Le cardinal Marcello Semeraro, préfet depuis 2020

Marcello Semeraro en 2025. Lorenzo Iorfino, via Wikimedia Commons. CC BY-SA 4.0.

Né le 22 décembre 1947 à Monteroni di Lecce, dans les Pouilles, Marcello Semeraro est ordonné prêtre le 8 septembre 1971, après des études de théologie sacrée à l'Université pontificale du Latran, où il obtient une licence puis un doctorat, avant d'y enseigner la théologie dogmatique et l'ecclésiologie[64]. Il est nommé évêque d'Oria en 1998, puis transféré au siège suburbicaire d'Albano le 1ᵉʳ octobre 2004[65]. Sa proximité avec le pape François se manifeste lorsqu'il est nommé, dès la création en 2013 du Conseil des cardinaux (le « C9 »), secrétaire de ce groupe chargé d'assister le pape dans le gouvernement de l'Église universelle et de préparer la réforme de la Curie qui aboutira à Praedicate Evangelium[66], charge qu'il occupe jusqu'à sa nomination comme préfet en octobre 2020. Le 15 octobre 2020, François le nomme préfet du Dicastère pour les Causes des saints, puis le crée cardinal lors du consistoire du 28 novembre 2020, lui attribuant le titre diaconal de Santa Maria in Domnica[67]. Sous Léon XIV, Semeraro demeure à la tête du dicastère, reçu en audience à intervalles réguliers pour l'autorisation des décrets de causes[68].

Les nouveaux membres nommés par Léon XIV (décembre 2025)

Le renouvellement du collège des membres du 6 décembre 2025 — voir plus haut — illustre la continuité voulue par Léon XIV avec la pratique de ses prédécesseurs : associer au jugement des causes des cardinaux et évêques aux profils variés, dont certains, comme Mgr Sławomir Oder, ancien postulateur de la cause de saint Jean-Paul II, apportent une expérience directe et concrète du travail de terrain que suppose une cause de canonisation[69].

Deux causes récentes qui font parler du dicastère : Carlo Acutis et Pier Giorgio Frassati

Pier Giorgio Frassati à Rocca Sella, 1924. Photographe non identifié. Wikimedia Commons · domaine public (PD-Italy).

La canonisation conjointe du 7 septembre 2025, en la place Saint-Pierre, offre un cas d'école récent du fonctionnement concret du dicastère. Carlo Acutis (1991-2006), jeune Italien mort d'une leucémie foudroyante à quinze ans, passionné d'informatique au point d'être surnommé « l'influenceur de Dieu », est reconnu bienheureux après un premier miracle — la guérison d'un enfant brésilien atteint d'une malformation congénitale du pancréas —, puis canonisé après un second miracle reconnu en mai 2024, la guérison d'une jeune Costaricaine victime d'un grave traumatisme crânien, survenue dans les dix jours suivant un pèlerinage de sa mère au tombeau d'Acutis pour implorer sa guérison[70]. Pier Giorgio Frassati (1901-1925), étudiant turinois engagé dans l'Action catholique, les Conférences de Saint-Vincent-de-Paul et le Tiers-Ordre dominicain, mort de la poliomyélite à vingt-quatre ans après avoir contracté la maladie au contact des malades qu'il visitait, est canonisé le même jour, au terme d'une cause ouverte de longue date[71].

Dans son homélie de canonisation, le pape Léon XIV résume en une formule ce que ces deux causes révèlent de la sainteté ordinaire recherchée par le dicastère :

« Les saints Pier Giorgio Frassati et Carlo Acutis sont une invitation, pour nous tous, spécialement les jeunes, à ne pas gâcher notre vie, mais à la diriger vers le haut et à en faire des chefs-d'œuvre. » — Pape Léon XIV, homélie de canonisation, place Saint-Pierre, 7 septembre 2025[72]

Il cite les mots mêmes des deux jeunes saints, qui résument selon lui « la formule simple mais gagnante de leur sainteté »[73] : Carlo Acutis avait coutume de dire « Non io, ma Dio » — « Pas moi, mais Dieu » —, et le pape rappelle son image devenue célèbre :

« Devant le soleil, on se bronze. Devant l'Eucharistie, on devient saint ! » — Carlo Acutis, cité par le pape Léon XIV, homélie de canonisation, 7 septembre 2025[74]

Pier Giorgio Frassati, quant à lui, avait résumé sa propre règle de vie dans une formule que le pape reprend comme un enseignement pour tous :

« Si tu places Dieu au centre de chacune de tes actions, alors tu iras jusqu'au bout. » — Pier Giorgio Frassati, cité par le pape Léon XIV, homélie de canonisation, 7 septembre 2025[75]

Et sur sa manière concrète de vivre la charité — que ses amis avaient surnommée en plaisantant « Frassati Impresa Trasporti », tant il multipliait les allers-retours chargés de provisions pour les pauvres de Turin[76] — Frassati confiait :

« Autour des pauvres et des malades, moi je vois une lumière que nous n'avons pas. » — Pier Giorgio Frassati, cité par le pape Léon XIV, homélie de canonisation, 7 septembre 2025[77]

Ces deux causes montrent, dans leur diversité même — un adolescent du XXIᵉ siècle mort d'une maladie foudroyante, un étudiant du début du XXᵉ siècle mort au service des pauvres —, que la procédure minutieuse décrite tout au long de cet article n'a d'autre finalité que de mettre au jour, avec toute la rigueur historique, théologique et médicale requise, des vies réellement configurées au Christ : ce que le pape Léon XIV appelle des « chefs-d'œuvre »[78] à donner en modèle à toute l'Église.

Ce qu'il faut retenir

Le Dicastère pour les Causes des saints n'est ni un simple bureau d'enregistrement ni une survivance bureaucratique de la Curie : c'est l'instrument institutionnel par lequel l'Église catholique, depuis Sixte V en 1588, s'assure qu'une canonisation — acte solennel par lequel elle « reconnaît la puissance de l'Esprit de sainteté qui est en elle »[79] — repose sur une enquête d'une rigueur comparable à celle des sciences historiques, théologiques et médicales les plus exigeantes. De la réserve pontificale d'Urbain VIII à la fusion de la Consulta Medica sous Jean XXIII, de la collégialité voulue par Jean-Paul II en 1983 à la transparence financière et à l'offrande de la vie instaurées par François, jusqu'aux canonisations retentissantes présidées par Léon XIV, cette institution incarne une conviction que l'Ignispedia tient pour centrale : la sainteté n'est ni un mythe édifiant ni une simple opinion pieuse, mais une réalité vérifiable, que l'Église a le devoir de discerner avec toute la prudence, toute la science et toute la foi dont elle dispose.

Pour aller plus loin

  • Lire La Curie romaine pour situer ce dicastère dans l'ensemble de l'architecture centrale de l'Église depuis Praedicate Evangelium.
  • Lire Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi pour le dicastère associé au jugement du titre de docteur de l'Église et compétent en matière strictement doctrinale.
  • Lire Le Dicastère pour les Églises orientales pour un autre dicastère de rang comparable, dont la compétence sur les causes orientales reste néanmoins réservée aux Causes des Saints.
  • Lire Nihil Obstat et Imprimatur pour un autre mécanisme romain de discernement et d'approbation ecclésiale.
  • Consulter le texte intégral de la constitution apostolique Praedicate Evangelium (19 mars 2022) sur vatican.va pour le détail des articles 98 à 102.
  • Consulter le texte intégral de Divinus Perfectionis Magister (25 janvier 1983) et de Maiorem hac dilectionem (11 juillet 2017) sur vatican.va.

Notes et références

  1. Pape François, constitution apostolique Praedicate Evangelium sur la Curie romaine, 19 mars 2022 (en vigueur le 5 juin 2022), art. 98. Texte intégral en français sur vatican.va.

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  2. Catéchisme de l'Église catholique, n° 828, Libreria Editrice Vaticana, 1992 : « En canonisant certains fidèles, c'est-à-dire en proclamant solennellement que ces fidèles ont pratiqué héroïquement les vertus et vécu dans la fidélité à la grâce de Dieu, l'Église reconnaît la puissance de l'Esprit de sainteté qui est en elle et elle soutient l'espérance des fidèles en les leur donnant comme modèles et intercesseurs. » Texte consultable sur vatican.va.

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  3. Wikipédia (contributeurs), « Dicastère pour les causes des Saints », Wikipédia, l'encyclopédie libre, version consultée en juillet 2026, sur fr.wikipedia.org. Fondation par la bulle Immensa Aeterni Dei de Sixte V le 22 janvier 1588 ; structure actuelle (34 membres, 1 promoteur de la foi, 5 rapporteurs, 83 consulteurs) ; statistique de plus de 3 500 causes parvenues à la congrégation entre 1814 et 2020, dont 507 canonisations.

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  4. Wikipedia contributors, « Dicastery for the Causes of Saints », Wikipedia, The Free Encyclopedia, version consultée en juillet 2026, sur en.wikipedia.org. Scission de 1969 par la constitution apostolique Sacra Rituum Congregatio de Paul VI (8 mai 1969) en Congrégation pour le Culte divin et Congrégation pour les Causes des Saints (offices judiciaire, Promoteur général de la Foi, historico-juridique) ; réforme de 1983 (délai ramené à cinq ans, suppression de l'avocat du diable, Collège des relateurs) ; liste complète des préfets depuis 1969 (Bertoli, Raimondi, Bafile, Palazzini, Felici, Bovone, Saraiva Martins, Amato, Becciu, Semeraro).

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  5. Vatican News (édition anglaise), « Carlo Acutis and Pier Giorgio Frassati to be canonized together », juin 2025, sur vaticannews.va ; et USCCB, « Pope sets Sept. 7 for joint canonization of Blesseds Acutis and Frassati », sur usccb.org. Annonce par Léon XIV le 13 juin 2025 de la canonisation conjointe le 7 septembre 2025.

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  6. Bureau de presse du Saint-Siège, biographie officielle du cardinal Marcello Semeraro, sur press.vatican.va. Naissance le 22 décembre 1947 à Monteroni di Lecce ; ordination sacerdotale le 8 septembre 1971 ; doctorat en théologie sacrée à l'Université pontificale du Latran ; nommé évêque d'Oria en 1998 puis transféré à Albano à partir du 1ᵉʳ octobre 2004 ; secrétaire du Conseil des cardinaux (C9) depuis sa création en 2013 et jusqu'à sa nomination comme préfet (octobre 2020) ; nommé préfet du Dicastère pour les Causes des saints le 15 octobre 2020 ; créé cardinal au consistoire du 28 novembre 2020 (titre de Santa Maria in Domnica). Dates du secrétariat du C9 : groupe annoncé le 13 avril 2013 avec Semeraro « in the role of secretary » (Vatican Information Service, 13 avril 2013) ; secrétaire en exercice en septembre 2017 (Radio Vatican, « Pope Francis and the C9: Interview with Council Secretary », 11 septembre 2017) ; « has acted as secretary of the Council of Cardinal Advisers since it was established in 2013 » (CNA, 15 octobre 2020) ; « until now bishop of Albano and secretary of the Council of Cardinals » (Bureau de presse du Saint-Siège, Bollettino du 15 octobre 2020). La page biographique en ligne du Bureau de presse porte par coquille « 13 avril 2020 ».

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  7. Wikipedia contributors, « Dicastery for the Causes of Saints », art. cit., sur en.wikipedia.org. Centralisation romaine dès Alexandre III (1170) ; fondation de la Congrégation des Rites par Sixte V (bulle Immensa Aeterni Dei, 22 janvier 1588) chargée à la fois du culte divin et des causes des saints ; scission de 1969 sous Paul VI ; réforme de 1983 sous Jean-Paul II (fusion des procès diocésain et apostolique, suppression de l'avocat du diable, Collège des relateurs, délai ramené à cinq ans).

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  8. 1911 Encyclopædia Britannica, art. « Canonization », sur en.wikisource.org. Décrets d'Urbain VIII des 13 mars et 2 octobre 1625, confirmés par la bulle Coelestis Hierusalem Cives du 5 juillet 1634, réservant exclusivement au Saint-Siège le droit de canonisation et de béatification.

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  9. Wikipedia contributors, « Equivalent canonization », Wikipedia, The Free Encyclopedia, version consultée en juillet 2026, sur en.wikipedia.org. Théorisation par Benoît XIV (avant son élection, dans De servorum Dei beatificatione) de la canonisation équivalente, réservée aux cultes attestés de longue date, à la réputation constante de vertu et à la tradition ininterrompue de miracles ; exemples sous le pape François : Angela de Foligno (9 octobre 2013), Pierre Favre (17 décembre 2013), José de Anchieta, Marie de l'Incarnation et François de Laval (3 avril 2014), Barthélemy des Martyrs (5 juillet 2019), Marguerite de Castello (24 avril 2021), Martyrs de Compiègne (18 décembre 2024).

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  10. Modernizing the Miraculous Body in Prospero Lambertini's De Servorum Dei, article universitaire consulté en juillet 2026 sur academia.edu ; voir aussi la notice bibliographique sur onlinebooks.library.upenn.edu. Prospero Lambertini, promoteur de la foi dès 1708, futur pape Benoît XIV (1740-1758) ; rédaction de De Servorum Dei Beatificatione et Beatorum Canonizatione entre 1734 et 1738, en quatre livres, dont un traité systématique des miracles qualifié de premier exposé raisonné de « paranormologie » catholique et de code médical de référence pour l'Église.

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  11. Encyclopedia.com, « Rites, Congregation of », synthèse encyclopédique consultée en juillet 2026 sur encyclopedia.com. Motu proprio Già da qualche tempo du pape Pie XI (6 février 1930) créant la Section historique de la Congrégation des Rites, chargée des recherches nécessaires aux causes historiques et de la révision des livres liturgiques, active jusqu'à la réforme de 1969.

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  12. Holyart.com (blog), « The Functions of the Dicastery for the Causes of Saints », consulté en juillet 2026, sur holyart.com. Registre de médecins experts constitué dès le XVIIIᵉ siècle ; Commission de médecins et Conseil médical distincts institués par Pie XII en 1948 ; fusion des deux organes en un unique Conseil médical (Consulta Medica) par Jean XXIII en 1959.

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  13. Pape saint Jean-Paul II, constitution apostolique Divinus Perfectionis Magister, 25 janvier 1983. Texte (anglais) sur vatican.va ; traduction française des passages cités propre à cet article. Préambule sur le Christ « Maître et Modèle divin de la perfection » et sur la sainteté baptismale universelle ; motifs de la réforme (progrès de la critique historique, souhait des évêques d'un procès plus simple).

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  14. Pape saint Jean-Paul II, Normae servandae in inquisitionibus ab Episcopis faciendis in causis Sanctorum, 7 février 1983, normes d'application complémentaires à Divinus Perfectionis Magister. Texte (anglais, « New Laws for the Causes of Saints ») sur vatican.va.

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  15. ZENIT (édition italienne), « Cause dei Santi: nuove norme per amministrazione beni. Ancora un passo verso la trasparenza », 10 mars 2016, sur it.zenit.org. Nouvelles normes sur l'administration des biens des causes approuvées par le pape François le 4 mars 2016, à titre expérimental pour trois ans, abrogeant celles de 1983 ; administrateur des fonds distinct du postulateur ; contribution due par étapes de procédure (actes diocésains, nomination du relateur, Positio, Congrès plénier des théologiens).

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  16. Bureau de presse du Saint-Siège, « Regulation of the Medical Board of the Congregation for the Causes of Saints », 23 septembre 2016, sur press.vatican.va. Règlement approuvé par le cardinal Angelo Amato (préfet) et Mgr Marcello Bartolucci (secrétaire) ; majorité qualifiée d'au moins 5/7 ou 4/6 pour l'examen d'un miracle présumé ; maximum trois réexamens ; neuf membres pour un réexamen ; secret professionnel imposé à tous les participants.

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  17. Pape François, lettre apostolique en forme de motu proprio Maiorem hac dilectionem sur l'offrande de la vie, 11 juillet 2017. Texte sur vatican.va ; traduction française des passages cités propre à cet article. Référence à Jn 15, 13 ; nouvelle voie de béatification pour l'offrande volontaire et libre de la vie, distincte du martyre et de la vertu héroïque.

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  18. Wikipedia (contributori), « Dicastero delle cause dei santi », Wikipedia, l'enciclopedia libera, version consultée en juillet 2026, sur it.wikipedia.org. Renommage de Congrégation en Dicastère par Praedicate Evangelium (19 mars 2022, en vigueur le 5 juin) sans changement de compétences ; structure actuelle avec Collège des relateurs et École de formation supérieure en Causes des Saints (Université pontificale du Latran).

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  19. EWTN (édition italienne), « Le nuove nomine di Papa Leone XIV al Dicastero dei Santi », 6 décembre 2025, sur ewtn.it. Nomination des cardinaux Rainer Maria Woelki, Angelo De Donatis, Roberto Repole, Ángel Fernández Artime, et des évêques Fortunato Morrone, Alfonso Vincenzo Amarante et Sławomir Oder (ancien postulateur de la cause de saint Jean-Paul II) comme nouveaux membres du dicastère.

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  20. Pape François, Praedicate Evangelium, art. 99 §1-2, 19 mars 2022. Texte sur vatican.va.

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  21. Pape François, Praedicate Evangelium, art. 100, 19 mars 2022. Texte sur vatican.va.

    46
  22. Pape François, Praedicate Evangelium, art. 101, 19 mars 2022. Texte sur vatican.va.

    47
  23. Pape François, Praedicate Evangelium, art. 102, 19 mars 2022. Texte sur vatican.va.

    48
  24. Pape François, Praedicate Evangelium, art. 84 §2, 19 mars 2022 : réserve expressément la compétence spécifique et exclusive du Dicastère pour les Causes des Saints (parmi d'autres) face au Dicastère pour les Églises orientales. Texte sur vatican.va.

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  25. Aleteia (édition française), « Le rôle clé du postulateur d'une cause de canonisation », 18 janvier 2026, sur fr.aleteia.org. Rôle du postulateur dans la rédaction de la Positio ; examen par les théologiens consulteurs et, pour les causes anciennes, par une commission d'historiens.

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  26. Dicastère pour les Causes des saints, page de structure officielle, sur vatican.va et profil français sur vatican.va, consultés en juillet 2026. Titulaires actuels : préfet cardinal Marcello Semeraro, secrétaire Mgr Fabio Fabene, sous-secrétaire Mgr Bogusław Stanisław Turek, promoteur de la foi Mgr Alberto Royo Mejía (depuis le 7 janvier 2023), relateur général P. Angelo Romano (depuis le 13 janvier 2024).

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  27. Vatican News (édition française), « Le dicastère des Causes des saints », présentation générale, juillet 2025, sur vaticannews.va. Étapes de la procédure : Positio, examen par les théologiens consulteurs, jugement des cardinaux et évêques du dicastère en session ordinaire, expertise médicale du miracle allégué.

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  28. USCCB, « Pope sets Sept. 7 for joint canonization of Blesseds Acutis and Frassati », sur usccb.org ; voir aussi Vatican News et EWTN News sur la même annonce. Carlo Acutis (1991-2006), mort d'une leucémie à quinze ans ; premier miracle (guérison d'un enfant brésilien atteint d'une malformation pancréatique), second miracle reconnu en mai 2024 (guérison d'une jeune Costaricaine victime d'un traumatisme crânien) ; Pier Giorgio Frassati (1901-1925), mort de la poliomyélite à vingt-quatre ans après avoir contracté la maladie au contact de malades qu'il visitait ; canonisation conjointe le 7 septembre 2025.

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  29. Pape Léon XIV, homélie de la messe de canonisation de Carlo Acutis et Pier Giorgio Frassati, place Saint-Pierre, 7 septembre 2025. Texte en français sur vatican.va et en anglais sur vatican.va. Citations : invitation à ne pas gâcher sa vie mais à en faire un chef-d'œuvre ; « Non io, ma Dio » de Carlo Acutis ; formule de Pier Giorgio Frassati sur Dieu au centre des actions ; surnom amical « Frassati Impresa Trasporti » ; lumière vue autour des pauvres et des malades.

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