Saint François de Laval (1623-1708)

Prêtre normand formé par les jésuites, François de Laval devient à 35 ans le premier évêque de Nouvelle-France. Fondateur du Séminaire de Québec, il lutte vingt ans contre la traite de l'eau-de-vie. Canonisé par le pape François en 2014, il demeure le père de l'Église canadienne.

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François de Laval (Montigny-sur-Avre, 1623 — Québec, 1708) est un prêtre normand de haute noblesse, formé par les jésuites de La Flèche, qui renonça à une carrière ecclésiastique déjà bien engagée en France pour devenir, à trente-cinq ans, vicaire apostolique de la Nouvelle-France dès 1658, puis premier évêque en titre de Québec à partir de 1674.[1][2] Il gouverna pendant près de trente ans un diocèse qui s'étendait, sur le papier, de la baie d'Hudson à la Louisiane — le plus vaste diocèse catholique jamais érigé sur un seul continent.[3]

Pendant ce quart de siècle et jusqu'à sa mort en 1708, Mgr de Laval mena de front trois combats qui façonnèrent durablement l'Église et la société du Canada français : la formation d'un clergé authentiquement canadien par le Séminaire de Québec qu'il fonde en 1663 — matrice directe de l'actuelle Université Laval —, la lutte de vingt ans contre la traite de l'eau-de-vie qui ravageait les nations amérindiennes, et l'affirmation d'une Église libre face aux empiètements du pouvoir civil, jusqu'à s'attirer les remontrances de Colbert lui-même.[4][5] Vivant dans un dépouillement volontaire que ses contemporains comparèrent à celui des évêques des premiers siècles, il fut, dès sa mort, spontanément vénéré par le peuple de Québec : l'intendant Jacques Raudot notera que « les peuples l'ont pour ainsi dire canonisé ».[6]

Béatifié par saint Jean-Paul II en 1980, il est canonisé par le pape François en 2014, par voie équipollente, en même temps que sainte Marie de l'Incarnation, faisant de ces deux figures les premiers saints d'origine ou d'adoption québécoise reconnus par l'Église universelle.[7]

Une jeunesse normande entre noblesse désargentée et vocation missionnaire (1623-1641)

Montigny-sur-Avre : le cadet d'une grande famille

François de Laval naît le 30 avril 1623 à Montigny-sur-Avre, dans le Perche, aux confins de la Normandie et du diocèse de Chartres.[8][9][10] Il appartient à la branche cadette d'une des plus anciennes maisons de la noblesse française, les Montmorency-Laval, que l'on qualifiait alors de « premiers barons du royaume » — mais son père, Hugues de Laval, seigneur de Montigny, ne dispose que d'une fortune très modeste au regard du prestige du nom.[11] Sa mère, Michelle de Péricard, issue d'une famille de robe normande ayant donné plusieurs officiers royaux et prélats, apporte à la maison une piété exigeante : selon la tradition familiale, elle encouragea très tôt son fils à la charité envers les plus pauvres.[12] Le jeune François, prénommé en l'honneur de saint François-Xavier — canonisé seulement l'année précédente, en 1622 —, gardera toute sa vie une dévotion particulière pour ce saint jésuite missionnaire et pour saint François d'Assise.[13]

De six frères et sœurs, deux suivront eux aussi une vie consacrée : son frère Henri devient bénédictin, et sa sœur Anne-Charlotte entre dans la Congrégation des Sœurs du Saint-Sacrement — indice d'une famille tout entière tournée vers l'état religieux, dans une France du XVIIᵉ siècle où le sacerdoce demeurait, pour une noblesse de province appauvrie, l'une des rares voies d'élévation spirituelle et sociale pleinement honorable.[14]

Le collège de La Flèche : la marque des jésuites

Le collège de La Flèche en 1695, après les années d’étude de Laval. Louis Boudan — BnF/Gallica, via Wikimedia Commons, domaine public.

De 1631 à 1641, Laval poursuit ses études au collège jésuite de La Flèche, où il mène « avec grand succès ses études littéraires et philosophiques ».[15] C'est là qu'il croise deux figures qui orientent durablement son regard vers l'Amérique : le père Énemond Massé, l'un des tout premiers missionnaires jésuites en Nouvelle-France, et le père Gabriel Lalemant, futur martyr canadien.[16] Plus tard, évoquant sa dette envers la Compagnie de Jésus, Laval écrira dans une lettre de 1659 :

« [La Compagnie de Jésus] m'a réchauffé dans son sein lorsque j'étais enfant, qui m'a nourri de sa doctrine salutaire dans ma jeunesse. » — François de Laval, lettre de 1659[17]

Du sous-diaconat à l'archidiaconé d'Évreux (1641-1654)

Ordonné prêtre à vingt-quatre ans

Infographie — illustration originale IA : formation de Laval, de La Flèche à Caen. D’après André Vachon, DBC. Scènes évocatrices.

Après La Flèche, Laval étudie la théologie au collège de Clermont, à Paris, tenu lui aussi par les jésuites.[18] Il est ordonné sous-diacre en 1646, diacre en 1647, puis, le 1ᵉʳ mai 1647, prêtre, à l'âge de vingt-quatre ans, en la cathédrale d'Évreux, des mains de son oncle François de Péricard, évêque du diocèse.[19][20] Dès 1637, ce même oncle l'avait nommé chanoine de la cathédrale d'Évreux — première marque d'une carrière ecclésiastique qui s'annonce alors sans obstacle.[21]

L'archidiacre modèle d'un diocèse de 155 paroisses

En décembre 1648, Laval est nommé archidiacre du diocèse d'Évreux, qui compte alors 155 paroisses.[22] Il s'y révèle un administrateur rigoureux et un réformateur zélé : le supérieur des jésuites de la région note « l'exactitude de ses visites » et salue « la réforme et le bon ordre qu'il établit dans les paroisses ».[23]

« L'exactitude de ses visites […] la réforme et le bon ordre qu'il établit dans les paroisses. » — témoignage contemporain sur l'archidiaconat d'Évreux, rapporté par le Dictionnaire biographique du Canada[24]

En 1649, il complète sa formation canonique par une licence en droit canon de l'université de Paris — bagage juridique qui lui servira, des décennies plus tard, dans ses innombrables conflits de juridiction avec les gouverneurs et les intendants de la Nouvelle-France.[25]

Les « Bons Amis » et la Compagnie du Saint-Sacrement

À Paris comme en Normandie, Laval fréquente un cercle de prêtres et de laïcs fervents connu sous le nom des « Bons Amis », en lien avec la Compagnie du Saint-Sacrement, société dévote et discrète vouée à la charité, à la réforme du clergé et — déjà — au soutien des missions lointaines.[26] C'est dans ce milieu, marqué par l'esprit de la Contre-Réforme française et par la mystique du Grand Siècle, que mûrit chez le jeune archidiacre le désir d'un engagement missionnaire radical.

Choisi pour le Tonkin, puis écarté (1652-1654)

En février 1653 — ou, selon d'autres sources, dès 1652 —, le jésuite Alexandre de Rhodes, de retour d'Extrême-Orient, cherche des candidats pour un projet inédit : des vicaires apostoliques envoyés directement par Rome en Asie du Sud-Est, indépendamment des réseaux missionnaires portugais du Padroado.[27][28] Le 7 mars 1653, Laval est choisi, aux côtés de François Pallu et de Bernard Picques, pour une mission au Tonkin et au Siam.[29][30] Mais le projet, freiné par l'opposition portugaise et par les réticences de la Propagande à l'égard de l'indépendance jésuite en Asie, est finalement abandonné en 1654.[31]

Laval tire de cet échec une conséquence radicale : il résigne son archidiaconat, cède son patrimoine à son frère Jean-Louis, et se retire du monde — sans savoir encore que cette même vocation missionnaire, refusée pour l'Asie, allait s'ouvrir quelques années plus tard sur un autre continent.[32]

L'Ermitage de Caen : trois années de désert (1654-1657)

Jean de Bernières-Louvigny et la vie mystique

Caen au XVIIe siècle : plan attribué à Matthäus Merian, daté de 1657 dans la notice ; contexte urbain du séjour de Laval. Archives municipales de Caen, via Wikimedia Commons, domaine public.

Dès 1654, Laval se retire pour trois ans à l'Ermitage de Caen, maison de retraite spirituelle fondée et dirigée par Jean de Bernières-Louvigny, laïc mystique très influent dans les milieux dévots normands de son temps — le Dictionnaire biographique du Canada le qualifie d'« un des grands mystiques de son temps ».[33] Laval y mène une vie de prière et de pauvreté volontaire, partageant son temps entre l'oraison et les œuvres de charité auprès des malades et des indigents.[34] C'est également là qu'il rencontre Henri de Bernières, frère de Jean, qui deviendra plus tard, à Québec, l'un de ses plus précieux collaborateurs — « un assistant inestimable dans les années suivantes », selon le mot de l'historiographie anglophone.[35]

Vers l'épiscopat canadien

Cette retraite, loin d'être une simple parenthèse, façonne l'homme qui gouvernera bientôt l'Église de Nouvelle-France : dépouillement matériel total, discipline de prière quotidienne, et cette disponibilité intérieure à une mission qu'il ne choisit jamais lui-même mais qu'il reçoit, à chaque étape, comme une obéissance.

Vicaire apostolique de la Nouvelle-France (1657-1659)

Une nomination disputée : Laval contre l'abbé de Queylus

Infographie — illustration originale IA : trois étapes du ministère de Laval. D’après André Vachon, DBC. Vue de Québec évocatrice.

En janvier 1657, les jésuites, soucieux de préserver leur influence sur l'Église naissante du Canada, proposent le nom de Laval pour l'épiscopat canadien, contrant ainsi la candidature de l'abbé Gabriel de Queylus, soutenue par les Associés de Montréal (la Compagnie de Notre-Dame de Montréal).[36] Ce conflit de personnes, doublé d'un conflit d'influence entre jésuites et sulpiciens naissants, retardera durablement la pacification du jeune diocèse : Queylus, une fois nommé grand vicaire à Montréal par l'archevêque de Rouen, contestera pendant plusieurs années l'autorité de Laval.

La consécration secrète de Saint-Germain-des-Prés (8 décembre 1658)

Le 3 juin 1658, Rome expédie les bulles nommant Laval vicaire apostolique de la Nouvelle-France, avec le titre honorifique d'évêque in partibus infidelium de Pétrée.[37][38][39] Sa consécration épiscopale a lieu le 8 décembre 1658, dans la chapelle de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés, à Paris, des mains du nonce apostolique — cérémonie tenue secrète en raison de l'opposition du parti gallican, l'archevêque de Rouen et le parlement de Paris prétendant que tout évêque exerçant en Nouvelle-France devait relever de leur juridiction.[40][41] Laval a alors trente-cinq ans.

La traversée et la première messe à Percé

Laval s'embarque à La Rochelle le 13 avril 1659, avec une rente annuelle de 1 000 livres pour toute ressource.[42] Le 16 mai 1659, alors que son navire fait escale à Percé, en Gaspésie, il célèbre sa toute première messe sur le sol du Nouveau Monde et confirme 140 personnes, dont 55 Micmacs — premier geste sacramentel d'un épiscopat qui embrassera aussi bien les colons français que les nations amérindiennes.[43] Il atteint enfin Québec le 16 juin 1659.[44][45] La colonie qu'il découvre alors ne compte qu'environ 2 000 habitants français, répartis entre Québec (1 200 âmes), Trois-Rivières et Montréal.[46][47]

  1. 30 avril 1623
    Naissance à Montigny-sur-Avre
    Famille cadette des Montmorency-Laval, Perche

    Fils d'Hugues de Laval et de Michelle de Péricard.[48]

  2. 1631-1641
    Collège jésuite de La Flèche
    Rencontre des pères Massé et Lalemant

    Premiers contacts avec l'esprit missionnaire canadien.[49]

  3. 1ᵉʳ mai 1647
    Ordination sacerdotale
    Cathédrale d'Évreux, par Mgr de Péricard

    Puis archidiacre d'Évreux (1648), licence en droit canon (1649).[50]

  4. 1652-1654
    Choisi pour le Tonkin, puis écarté
    Projet de vicariat apostolique en Asie abandonné

    Résigne son archidiaconat et se retire du monde.[51]

  5. 1654-1657
    L'Ermitage de Caen
    Auprès du mystique Jean de Bernières-Louvigny

    Vie de prière et de pauvreté volontaire.[52]

  6. 8 décembre 1658
    Consécration épiscopale
    Saint-Germain-des-Prés, Paris — cérémonie secrète

    Vicaire apostolique de la Nouvelle-France, évêque titulaire de Pétrée.[53]

  7. 16 juin 1659
    Arrivée à Québec
    Après une première messe à Percé le 16 mai

    Confirmation de 140 personnes à Percé, dont 55 Micmacs.[54]

  8. 26 mars 1663
    Fondation du Séminaire de Québec
    Ordonnance parisienne, confirmée par le roi

    Matrice future de l'Université Laval (1852).[55]

  9. 4 octobre 1674
    Érection du diocèse de Québec
    Bulles pontificales, Laval devient premier évêque en titre

    Diocèse s'étendant de la baie d'Hudson à la Louisiane.[56][57]

  10. 25 janvier 1688
    Démission officielle
    Saint-Vallier consacré comme successeur

    Laval devient « Mgr l'Ancien ».[58][59]

  11. 6 mai 1708
    Mort à Québec
    À 85 ans, après 49 ans passés en Nouvelle-France

    « Les peuples l'ont pour ainsi dire canonisé » (Jacques Raudot).[60]

  12. 22 juin 1980
    Béatification
    Par saint Jean-Paul II

    Première reconnaissance solennelle de son culte.[61]

  13. 3 avril 2014
    Canonisation équipollente
    Par le pape François, avec Marie de l'Incarnation

    Décret rendu lors de l'audience générale de Rome.[62]

Le fléau de l'eau-de-vie : premier grand combat (1659-1663)

Un continent à évangéliser, deux mille colons

Dès son arrivée, Laval affirme son autorité malgré les contestations locales — celles de l'abbé de Queylus à Montréal, celles aussi du gouverneur en exercice, prompt à défendre les prérogatives temporelles face à un évêque déterminé.[63] En 1660, il achève sa première visite pastorale, conférant la confirmation à des « centaines de Blancs et d'Indiens » à travers la colonie.[64]

L'excommunication comme arme spirituelle

Infographie — illustration originale IA : sanctions, voyage en France et édit royal. D’après André Vachon, DBC.

Le vice le plus destructeur que Laval affronte dès ses premières années est la traite de l'eau-de-vie avec les nations amérindiennes — pratique qui ruine des communautés entières, provoque violences et désordres, et compromet gravement l'œuvre d'évangélisation. Le 5 mai 1660, Laval interdit sous peine d'excommunication de fournir des boissons enivrantes aux Amérindiens.[65] Le gouverneur d'Argenson s'oppose à cette sanction, qu'il juge être une intrusion de l'Église dans les affaires de l'État.[66] Son successeur, d'Avaugour, tente d'éviter le conflit en décrétant lui-même de sévères pénalités civiles contre les vendeurs d'alcool — solution que Laval juge cependant moins efficace et moins juste que l'excommunication, arme spirituelle qu'il estime plus adaptée à la conscience des fidèles.[67] Lorsque le trafic reprend malgré tout, Laval renouvelle l'excommunication générale le 24 février 1662.[68]

Un voyage décisif auprès de Louis XIV (1662)

Face à l'échec des mesures locales, Laval s'embarque pour la France en août 1662 afin de porter directement l'affaire devant le roi.[69][70] Il obtient à la fois le rappel du gouverneur d'Avaugour et la promesse de Louis XIV d'interdire formellement la traite — le roi le nomme à cette occasion à l'évêché de Québec, dont l'érection canonique traînera cependant encore douze ans.[71] Selon la notice des Archives de l'Archidiocèse de Québec, le ministre Colbert, qui n'y voyait qu'une question de police, accusait l'évêque de confondre zèle et intolérance — paraphrase du récit de la notice, qui ne cite ni lettre, ni date, ni cote pour ce propos.[72]

Le combat, loin de s'achever en 1662, se poursuivra en réalité pendant vingt années encore — le gouverneur Frontenac lui-même s'y opposera dans les années 1670, avant que le roi ne cède enfin par un édit royal du 24 mai 1679 interdisant la traite hors des habitations françaises.[73][74]

La fondation du Séminaire de Québec (1663-1674)

« Un lieu de réserve d'où nous puissions tirer des sujets pieux »

Infographie — illustration originale IA : l’œuvre du Séminaire dans la vie de son fondateur. D’après André Vachon, DBC et les notes de l’article. Architecture évocatrice.

Convaincu qu'une Église durable en Nouvelle-France exige un clergé formé sur place plutôt que perpétuellement importé de France, Laval obtient, par une ordonnance du 26 mars 1663 confirmée par le roi en avril, la création du Séminaire de Québec, communauté de prêtres séculiers vivant en commun selon les principes du concile de Trente.[75][76] Il en expose lui-même le projet en des termes restés célèbres :

« Un lieu de réserve d'où nous puissions tirer des sujets pieux et capables pour les envoyer à toutes rencontres et au besoin dans les paroisses. » — Mgr François de Laval, sur la fondation du Séminaire de Québec[77]

La dîme, nerf du clergé canadien

Le 10 octobre 1663, le mandement créant le séminaire est enregistré et instaure la dîme — prélèvement destiné à faire vivre les curés — d'abord fixée au treizième des récoltes, avant d'être réduite, sous la gestion prudente de Laval, au vingtième, puis finalement au vingt-sixième.[78] Ce choix, apparemment technique, a une portée décisive : en centralisant les revenus ecclésiastiques dans le séminaire, qui rétribue ensuite les curés, Laval s'assure que le clergé demeure sous son autorité directe plutôt que dépendant de bienfaiteurs locaux ou de seigneuries particulières.

Affiliation aux Missions étrangères de Paris et Petit Séminaire

Le 29 janvier 1665, le Séminaire de Québec s'affilie au séminaire des Missions étrangères de Paris, resserrant ainsi les liens de l'Église canadienne naissante avec l'un des grands foyers missionnaires de l'Église de France.[79] Le 9 octobre 1668, Laval ouvre le Petit Séminaire de l'Enfant-Jésus, avec huit jeunes Canadiens et six jeunes Hurons — geste significatif d'une pastorale qui n'exclut pas les nations amérindiennes de la formation du clergé local, même si peu d'entre eux accéderont alors à la prêtrise.[80] Ce Petit Séminaire deviendra plus tard le Collège François-de-Laval.[81]

La seigneurie de Beaupré

Pour assurer au séminaire des ressources propres, Laval acquiert, au terme d'une négociation de six ans avec les actionnaires de la Compagnie de Beaupré conclue en 1668, la seigneurie de Beaupré — pour 8 900 livres, afin de générer des revenus pour le Séminaire[82] —, en y engageant une part significative de son propre patrimoine ; le roi Louis XIV lui accorde par ailleurs, en France, les revenus de l'abbaye de Méobecq, dans le Berry.[83] En 1680, il ira jusqu'à faire donation de tous ses biens personnels au séminaire qu'il a fondé — dépouillement total, cohérent avec l'idéal de pauvreté qu'il pratiquait depuis l'Ermitage de Caen.[84]

Premier évêque en titre : le plus vaste diocèse du monde (1674-1685)

Les querelles gallicanes de la dépendance à Rouen

L'érection canonique d'un véritable diocèse de Québec traîne en longueur de 1662 à 1674, retardée par les mêmes querelles gallicanes qui avaient contraint sa consécration à rester secrète : l'archevêché de Rouen prétend en effet conserver une forme de tutelle sur le futur diocèse canadien.[85] En 1669, Laval accepte par pragmatisme une dépendance de principe envers Rouen si elle s'avérait nécessaire — concession qui, par un heureux concours de circonstances, coïncide justement avec l'abandon de cette exigence par le roi.[86]

Un territoire de la baie d'Hudson à la Louisiane

Le 4 octobre 1674, le pape Clément X expédie les bulles érigeant enfin le diocèse de Québec, avec Laval comme premier évêque en titre.[87][88][89] Sa juridiction s'étend alors, au moins sur le papier, à l'ensemble de l'Amérique française — de la baie d'Hudson à la Louisiane, soit plus de la moitié du continent nord-américain, à l'exclusion des colonies britanniques et espagnoles.[90] Laval revient à Québec fin mai 1675, après quatre années d'absence, et prend possession de sa cathédrale au début de septembre de la même année.[91]

Le tableau suivant résume l'expansion du diocèse sous l'épiscopat de Mgr de Laval, entre son arrivée en 1659 et sa démission en 1688.

Indicateur1659 (arrivée de Laval)1688 (démission de Laval)
Paroisses535
Prêtres24102, dont 13 Canadiens
Religieusesenviron 32environ 97, dont 50 Canadiennes de profession
Statut du culte catholiqueColonie missionnaire naissanteDiocèse constitué, clergé largement canadianisé

Lecture du tableau : les chiffres sont ceux retenus par le Dictionnaire biographique du Canada, référence académique de langue française sur l'histoire du Canada.[92]

Gouverneur suppléant, malgré lui

Infographie — illustration originale IA : développement du diocèse entre 1659 et 1688. Chiffres du tableau de l’article, d’après André Vachon, DBC.

Fait rare pour un évêque, Laval assure lui-même à deux reprises les fonctions de gouverneur provisoire de la Nouvelle-France en l'absence d'autorité civile : du 23 juillet au 15 août 1663, puis du 9 mai au 9 octobre 1682.[93] Ce cumul, révélateur du poids institutionnel considérable de l'évêque dans une colonie encore fragile, illustre aussi la conception que Laval se faisait de sa charge : non celle d'un simple administrateur spirituel, mais celle d'un père responsable, au besoin, de l'ordre temporel autant que du salut des âmes.

La victoire de 1679 et les curés perpétuels

En 1678, Laval s'entend avec le gouverneur Frontenac et l'intendant Duchesneau pour assurer la subsistance matérielle des curés de paroisse.[94] Un édit royal de mai 1679 sur les « dîmes et cures fixes » établit des curés perpétuels, inamovibles, à la place des prêtres jusque-là simplement amovibles au gré des besoins du séminaire — évolution majeure vers une Église paroissiale stable, que Laval complète en 1681 en fixant lui-même les limites territoriales des paroisses.[95][96] En 1684, il érige canoniquement un chapitre cathédral et crée six nouvelles cures ; la même année, il institue la fête de la Sainte Famille, le 4 novembre — dévotion qui restera profondément ancrée dans la piété populaire du Québec catholique pendant des générations.[97][98]

Renoncement et dernières années (1685-1708)

Le choix douloureux de Saint-Vallier

À l'automne 1684, sa santé déclinant, Laval s'embarque pour la France avec l'intention de se retirer de sa charge.[99] L'abbé Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier, choisi comme son successeur, arrive au Canada dès 1685 en qualité de grand vicaire. Dès janvier 1687, des tensions éclatent entre les deux hommes au sujet du gouvernement du séminaire ; Laval tente même, en vain, de convaincre Saint-Vallier de renoncer à l'évêché qui lui est promis.[100] Au printemps 1687, le marquis de Seignelay, craignant que le retour de Laval au Canada ne ravive les divisions, l'en empêche.[101]

« Mgr l'Ancien » retiré au séminaire

Le 25 janvier 1688, Saint-Vallier est consacré évêque de Québec ; Laval, revenu au Canada le 3 juin suivant, devient officiellement « Mgr l'Ancien ».[102][103] Il se retire alors au séminaire qu'il a fondé, dans la prière et la mortification, aidant les pauvres et n'omettant, malgré une santé déclinante, ni la messe quotidienne ni les jeûnes prescrits.[104] En 1692, Saint-Vallier obtient du roi la séparation des cures et du séminaire, réduisant ce dernier au rôle d'une simple école de formation cléricale : Laval, pour éviter tout affrontement public avec son successeur, se retire prudemment à Saint-Joachim, mais souffre profondément de voir ainsi démantelée « du coup la grande œuvre de Mgr de Laval », selon le mot d'un témoin rapporté par le Dictionnaire biographique du Canada.[105]

Les incendies de 1701 et 1705

Le 15 novembre 1701, un incendie consume le séminaire, la chapelle et le presbytère.[106] Le 1ᵉʳ octobre 1705, une nouvelle catastrophe détruit la presque totalité du bâtiment reconstruit. Le frère Ambroise Houssart, qui accompagne Laval dans ses dernières années, rapporte qu'il « n'en perdit pas pour un seul instant sa paix, sa joie, ni sa tranquillité » — trait de caractère resté emblématique de sa vieillesse.[107]

« Il n'en perdit pas pour un seul instant sa paix, sa joie, ni sa tranquillité. » — frère Ambroise Houssart, sur la réaction de Mgr de Laval à l'incendie du séminaire de 1705[108]

Durant l'absence prolongée de Saint-Vallier, retenu en France de 1700 à 1713, Laval supplée occasionnellement aux fonctions épiscopales dans le diocèse qu'il a lui-même érigé — signe que, malgré la démission officielle, l'Église canadienne continue de se reposer sur son autorité morale.[109]

La mort, le 6 mai 1708

Durant la Semaine sainte de 1708, Laval, en assurant fidèlement les offices de sa cathédrale malgré le froid, contracte une engelure au pied qui s'infecte gravement.[110] Il meurt à sept heures trente du matin, le 6 mai 1708, à l'âge de 85 ans ; ses funérailles ont lieu le 9 mai, et il est inhumé dans la cathédrale.[111][112][113]

La spiritualité de Mgr de Laval : l'évêque pauvre

Cilice, confession quotidienne, aumônes secrètes

Infographie — illustration originale IA : quatre dimensions de sa spiritualité. D’après les Archives de l’Archidiocèse de Québec et le DBC ; scène évocatrice.

Toute sa vie durant, Laval mena une existence marquée par « les mortifications corporelles » et « le renoncement aux biens terrestres ».[114] Il portait le cilice, se confessait chaque jour, et traversa l'Atlantique à neuf reprises, voyages alors longs et périlleux, pour défendre en France les intérêts de son Église canadienne.[115] Bien que sa rente officielle ne s'élevât qu'à 1 000 livres par an, il distribua en secret, selon la tradition recueillie par ses contemporains, jusqu'à 10 000 écus en trois ans aux pauvres de sa colonie.[116]

La charité de l'épidémie de 1659

Dès son arrivée, à l'automne 1659, une épidémie frappe Québec : Laval se rend « constamment à l'hôpital », malgré les tentatives faites pour l'en dissuader, soignant lui-même les malades les plus délaissés.[117] Cette charité concrète, exercée dès les premiers mois de son épiscopat, annonce le trait le plus constamment loué par ses contemporains : selon le frère Houssart, « les seuls intérêts de Dieu, de la vertu et de la religion étaient capables de l'émouvoir ».[118]

« Les seuls intérêts de Dieu, de la vertu et de la religion étaient capables de l'émouvoir. » — frère Ambroise Houssart, compagnon des dernières années de Mgr de Laval[119]

Marie de l'Incarnation, ursuline mystique et cofondatrice de l'Église canadienne, témoignera dans le même sens de la vie de l'évêque qu'elle côtoya pendant plus d'une décennie :

« Il vit saintement et en apôtre. » — sainte Marie de l'Incarnation, à propos de Mgr de Laval[120]

Hariaouagi : le regard des nations amérindiennes

Les Hurons, peuple auprès duquel Laval déploya une attention pastorale constante — notamment par l'accueil de jeunes Hurons au Petit Séminaire dès 1668 —, lui donnèrent un nom qui résume, à leur manière, l'ensemble de son ministère : Hariaouagi.[121] Ce nom se traduit par une formule que la tradition huronne attachait à sa personne :

« L'homme du grand acte de salut. » — traduction du nom huron Hariaouagi, donné à Mgr de Laval par les Amérindiens qu'il servit[122]

Aujourd'hui encore, selon le sanctuaire du Vieux-Québec qui conserve sa mémoire, plus de 15 000 personnes recourent chaque année à son intercession — pour des dépendances, des difficultés financières, la naissance d'un enfant longtemps attendu, la guérison d'un malade, ou la réussite d'un projet professionnel.[123] La notice de Nominis rapporte par ailleurs un enseignement attribué à l'évêque sur la patience missionnaire :

« Que [les missionnaires] se souviennent que la semence de la parole de Dieu porte son fruit dans la patience. » — enseignement attribué à Mgr de Laval, rapporté par la notice de Nominis[124]

D'une réputation de sainteté à la canonisation équipollente (1708-2014)

« Les peuples l'ont pour ainsi dire canonisé »

Infographie — illustration originale IA : les étapes de la cause de François de Laval. D’après l’Église catholique de Québec et les notes de l’article ; paysage de Québec évocateur.

Dès l'annonce de sa mort, en mai 1708, une vénération spontanée entoure sa dépouille. L'intendant Jacques Raudot, témoin direct, écrit :

« Aussitôt après son décès, les peuples l'ont pour ainsi dire canonisé. » — Jacques Raudot, intendant de la Nouvelle-France, à la mort de Mgr de Laval[125]

Des fidèles découpent alors des morceaux de sa robe, conservés comme des reliques — geste de piété populaire qui, plus de deux siècles avant sa canonisation officielle, atteste déjà la réputation de sainteté que Laval s'était acquise de son vivant.[126] Son cœur, séparé du reste de son corps selon un usage funéraire alors répandu chez les grands ecclésiastiques, est conservé dans la chapelle du séminaire auquel il avait donné le meilleur de sa vie et de sa fortune.[127]

Un procès ouvert en 1890

La cause de béatification de François de Laval est formellement introduite à Rome en 1890 — plus de cent quatre-vingts ans après sa mort, mais dans la continuité directe d'une dévotion populaire ininterrompue.[128][129]

Béatification par Jean-Paul II (1980)

Le 22 juin 1980, le pape saint Jean-Paul II proclame François de Laval bienheureux — première reconnaissance officielle, par l'Église universelle, d'un culte que le peuple de Québec lui rendait depuis près de trois siècles.[130][131]

La canonisation équipollente du pape François (2014)

Le 3 avril 2014, lors de son audience générale à Rome, le pape François procède, par décret, à la canonisation équipollente de François de Laval et de sainte Marie de l'Incarnation.[132] Cette procédure exceptionnelle — dite aussi « canonisation par extension de culte » — permet au pape d'étendre d'autorité, à l'Église universelle tout entière, un culte immémorial déjà rendu localement à un bienheureux, sans exiger la reconnaissance d'un nouveau miracle.[133] C'était alors la troisième fois que le pape François recourait à cette voie, après saint Pierre Favre et sainte Angèle de Foligno en 2013.[134]

Le tableau ci-dessous résume la différence entre les deux voies de canonisation, dont celle empruntée pour Mgr de Laval demeure l'exception plutôt que la règle.

CritèreCanonisation ordinaireCanonisation équipollente
Miracle requis après la béatificationOui, en principe un second miracleNon
ProcédureEnquête, consistoire, cérémonie publique de canonisationDécret pontifical, sans cérémonie de canonisation proprement dite
FondementReconnaissance d'un signe surnaturel nouveauConstat d'un culte ancien, continu et largement répandu
ExemplesLa grande majorité des canonisations modernesPierre Favre, Angèle de Foligno (2013) ; François de Laval, Marie de l'Incarnation (2014)

Deux célébrations d'action de grâces suivent le décret romain : la première a lieu à Québec, le 18 mai 2014, coïncidant avec les fêtes du 350ᵉ anniversaire de Notre-Dame-de-Québec ; la seconde se tient à Rome, en la basilique Saint-Pierre, le 12 octobre 2014, en présence d'une délégation québécoise conduite par le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec.[135][136] Ce dernier résumera l'événement avec une simplicité toute pastorale :

« Saint François de Laval. Sainte Marie de l'Incarnation. Nous nous habituerons vite à ces nouveaux vocables ! » — cardinal Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec, au lendemain de la canonisation équipollente de 2014[137]

Dans son homélie, le pape François présenta les deux nouveaux saints comme le modèle des missionnaires qui rompent « le pain de la parole de Dieu » aux pauvres et aux lointains :

« Such was the case with Saint François de Laval and Saint Marie de l'Incarnation. » — pape François, homélie de la messe d'action de grâces pour les saints canadiens, basilique Saint-Pierre, 12 octobre 2014 (traduction anglaise publiée par Salt + Light Media)[138]

Héritage : le père de l'Église canadienne

Du Séminaire à l'Université Laval

Notre-Dame de Québec, où repose François de Laval, dans son état de 2009. Photo Marie Bournonville — Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0, fichier original non retouché.

L'héritage institutionnel le plus visible de Mgr de Laval demeure le Séminaire de Québec, fondé en 1663 pour former un clergé canadien, qui se transforme peu à peu, après 1765, en collège classique.[139] Le 8 décembre 1852, la reine Victoria signe la charte royale qui confère au Séminaire de Québec le droit de « conférer des grades » et « tous les droits, pouvoirs et privilèges d'une université » — donnant naissance à l'Université Laval, première université de langue française d'Amérique du Nord.[140][141]

Une toponymie tout entière marquée par son nom

Plus de 150 lieux du Québec portent aujourd'hui le nom de Laval, à commencer par la ville de Laval, sur l'île Jésus, ainsi que d'innombrables écoles, paroisses et institutions.[142] Cette omniprésence toponymique, rare pour une figure du XVIIᵉ siècle, témoigne de la place structurante que Mgr de Laval occupe dans la mémoire collective du Canada français — au point d'avoir été reconnu par le gouvernement du Québec, en 2018, comme « personnage d'intérêt historique ».[143]

Un modèle pour l'épiscopat canadien

Aujourd'hui encore, saint François de Laval demeure présenté comme le modèle et le protecteur des évêques catholiques du Canada — le père fondateur d'une Église qui, par sa politique délibérée de canadianisation du clergé et son indépendance vis-à-vis de tout diocèse français tout en restant fidèle à Rome, a su traverser intacte la Conquête britannique de 1760, quand tant d'autres institutions coloniales françaises disparurent avec le régime qui les avait portées.[144]

Cette trajectoire n'est pas sans rappeler celle de son contemporain français saint Jean-Baptiste de La Salle, qui renonça lui aussi, à la même époque, à son rang et à sa fortune pour fonder une œuvre éducative durable au service de l'Église.[145] Elle évoque également celle du missionnaire goanais saint Joseph Vaz, autre grand bâtisseur d'Église en terre de mission, qui refusa lui aussi l'épiscopat par souci de demeurer au plus près de son peuple — quand Laval, à l'inverse, l'accepta comme une obéissance à laquelle il ne pouvait se dérober.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. André Vachon, « LAVAL, FRANÇOIS DE », Dictionnaire biographique du Canada, vol. II (1701-1740), Université Laval / University of Toronto, 2003– : biographi.ca/fr/bio/laval_francois_de_2F.html. Référence académique de langue française sur l'histoire du Canada. Source principale des dates et faits de la biographie : naissance à Montigny-sur-Avre (30 avril 1623), formation à La Flèche, ordination sacerdotale (1647), archidiaconat d'Évreux (1648), licence en droit canon (1649), projet de mission au Tonkin (1652-1654), retraite à l'Ermitage de Caen, nomination comme vicaire apostolique (1657-1658), consécration épiscopale secrète (8 décembre 1658), traversée et arrivée à Québec (1659), lutte contre la traite de l'eau-de-vie (excommunications de 1660 et 1662, voyage en France de 1662), fondation du Séminaire de Québec (1663) et citation sur sa finalité, dîme et ses réductions successives, affiliation aux Missions étrangères de Paris (1665), Petit Séminaire (1668), érection du diocèse de Québec (4 octobre 1674), gouvernorats provisoires, chapitre cathédral et fête de la Sainte Famille (1684), démission (1685-1688), incendies du séminaire (1701, 1705), suppléance épiscopale (1700-1713), mort (6 mai 1708), citation de l'intendant Raudot, aumônes secrètes, charité lors de l'épidémie de 1659, citations des frères Houssart et de Marie de l'Incarnation, bilan chiffré du diocèse en 1688, ouverture de la cause en 1890.

    1 6 8 15 17 19 21 22 23 24 25 27 29 31 32 33 34 36 37 40 42 44 46 48 50 51 52 53 55 56 58 60 63 64 65 68 69 71 73 75 77 78 79 80 85 86 87 91 92 94 95 97 99 100 101 102 105 106 107 108 109 110 111 116 117 118 119 120 125 126 131 144
  2. Wikipédia (FR), « François de Laval » : fr.wikipedia.org/wiki/François_de_Laval. Précisions complémentaires : appartenance à la maison de Montmorency, dévotion à saint François-Xavier et à saint François d'Assise, rencontre des pères Massé et Lalemant à La Flèche, sélection du 7 mars 1653 pour la mission du Tonkin, détails de la traversée de 1659 (première messe à Percé le 16 mai, confirmation de 140 personnes dont 55 Micmacs), acquisition de la seigneurie de Beaupré et de l'abbaye de Méobecq, érection du diocèse en 1674 et étendue territoriale (baie d'Hudson à la Louisiane), gouvernorats provisoires de 1663 et 1682, institution de la fête de la Sainte Famille (1684), postérité toponymique (ville de Laval, Université Laval).

    2 3 9 11 13 16 18 26 28 30 38 41 43 45 49 54 57 76 81 83 84 88 90 93 98 142
  3. Archives de l'Archidiocèse de Québec, « Mgr François de Laval » : archivesacrq.org/biographies/eveques-et-archeveques-de-quebec/1-mgr-francois-de-laval/. Source des dates clés de l'épiscopat, de l'austérité personnelle (cilice, confession quotidienne, neuf traversées de l'Atlantique), du récit de la critique de Colbert (l'évêque accusé de confondre zèle et intolérance — propos rapporté en paraphrase par la notice, sans lettre, date ni cote), de la date d'ouverture de la cause de béatification (1890) et de la date de démission (25 janvier 1688).

    4 20 59 72 103 112 114 115 128
  4. Université Laval, « Origin and history » : ulaval.ca/en/about-us/origin-and-history. Source de la fondation du Séminaire de Québec en 1663, de la charte royale de 1852 accordée par la reine Victoria, et du statut de première université de langue française d'Amérique du Nord.

    5 139 140
  5. Église catholique de Québec, « Canonisations de François de Laval et Marie de l'Incarnation » : ecdq.org/canonisations-de-francois-de-laval-et-marie-de-lincarnation/. Source du décret du 3 avril 2014, de la procédure de canonisation équipollente et de sa justification (culte ancien reconnu sans nouveau miracle, troisième usage de cette voie par le pape François après Pierre Favre et Angèle de Foligno en 2013), des deux célébrations d'action de grâces (Québec, 18 mai 2014 ; Rome, basilique Saint-Pierre, 12 octobre 2014) et de la citation du cardinal Gérald Cyprien Lacroix.

    7 62 132 133 134 135 137
  6. Catholic Encyclopedia (1913), art. « Francois de Montmorency Laval » : newadvent.org/cathen/09045a.htm. « First bishop of Canada, b. at Montigny-sur-Avre, 30 April, 1623 [...] ; d. at Quebec on 6 May, 1708 » ; renvoie aux travaux de Gosselin (Vie de Mgr de Laval, Québec, 1890), Garneau, Ferland et aux Lettres de Marie de l'Incarnation (Tournai, 1876).

    10 113
  7. Wikipedia (EN), "François de Laval" : en.wikipedia.org/wiki/François_de_Laval. Précisions complémentaires : composition de la fratrie (frère Henri bénédictin, sœur Anne-Charlotte chez les Sœurs du Saint-Sacrement), détails sur l'Ermitage de Caen et Henri de Bernières, noms des gouverneurs impliqués dans le conflit sur l'eau-de-vie (d'Argenson, d'Avaugour, chevalier de Mézy, Frontenac), édit royal de 1679, délimitation des paroisses en 1681, dernières années et austérité, conservation du cœur dans la chapelle du séminaire, ouverture de la cause en 1890, dates de béatification et canonisation.

    12 14 35 66 67 70 74 96 104 127 129 145
  8. Catholic Encyclopedia (1913), art. « Quebec » (histoire du diocèse) : newadvent.org/cathen/12593c.htm. « François de Montmorency Laval, consecrated (1658) Bishop of Petræa and Vicar Apostolic of New France, landed at Quebec (1659) » ; son premier rapport au Saint-Siège (1660) recense vingt-six prêtres et environ 2 000 habitants.

    39 47
  9. Église catholique de Québec, « Monseigneur François de Laval » : ecdq.org/diocese-de-quebec/histoire/monseigneur-francois-de-laval/. Confirmation des dates de béatification (1980, Jean-Paul II) et de canonisation (2014, pape François), et de sa mission de fondation d'une communauté chrétienne évangélique le long du Saint-Laurent.

    61 130
  10. Bibliothèque et Archives nationales du Québec — Musée canadien de l'histoire, récit « Monseigneur François de Laval (1623–1708) » (Portraits de nos ancêtres) : communitystories.ca. Négociation de six ans avec les actionnaires de la Compagnie de Beaupré, acquisition de la seigneurie conclue en 1668 pour 8 900 livres afin de doter le Séminaire de Québec de revenus.

    82
  11. GCatholic, diocèse de Québec : gcatholic.org/dioceses/diocese/queb0.htm. Succession du siège : vicariat apostolique (1658-1674) puis diocèse érigé en 1674, avec saint François de Laval de Montmorency pour premier ordinaire.

    89
  12. Pèlerinage Vieux-Québec, « Saint François de Laval » : pelerinagequebec.ca/en/our-saint-founders/saint-francois-de-laval/. Source du nom huron Hariaouagi et de sa traduction, du nombre de pèlerins annuels (plus de 15 000), et de la reconnaissance comme « personnage d'intérêt historique » par le gouvernement du Québec en 2018.

    121 122 123 143
  13. Nominis — Église catholique en France, notice « Saint François de Laval » (6 mai) : nominis.cef.fr/contenus/saint/9968/Saint-François-de-Laval.html. Source des dates liturgiques (fête au 6 mai), de la date de béatification (22 juin 1980) et de canonisation (2014), et d'un enseignement attribué à Mgr de Laval sur la patience missionnaire.

    124
  14. Salt + Light Media, « Pope Francis' Homily for Thanksgiving Mass of Canadian Saints » (basilique Saint-Pierre, 12 octobre 2014) : slmedia.org. « Such was the case with Saint François de Laval and Saint Marie de l'Incarnation. »

    136 138
  15. Parcs Canada, « Événement historique national de la Fondation de l'Université Laval » : pc.gc.ca/apps/dfhd/page_nhs_fra.aspx?id=1365. Source de la date précise de la charte royale : 8 décembre 1852.

    141