Joseph Vaz (Benaulim, 1651 — Kandy, 1711) est un prêtre indien de l'Oratoire de Saint-Philippe-Néri, né dans une famille brahmane convertie de Goa, qui renonça à une carrière ecclésiastique prometteuse pour se faire mendiant clandestin au service des catholiques persécutés de Ceylan sous l'occupation calviniste hollandaise.[1][2] Pendant près de vingt-quatre ans, déguisé en ascète itinérant puis en simple coolie, il parcourut l'île à pied, célébrant la messe de nuit dans des huttes et des maisons dérobées, avant de conquérir la confiance du roi de Kandy et de rebâtir, seul puis avec quelques compagnons, une Église entière que l'occupant avait voulu effacer.[3][4]
Fondateur en 1685 de l'Oratoire de Goa — première communauté religieuse indigène d'Asie de rite latin —, il en démissionne volontairement pour partir vers une mission jugée sans espoir : cinquante années durant, aucun prêtre catholique n'avait pu exercer légalement à Ceylan.[5][6] Arrivé en 1687 déguisé en mendiant, un rosaire visible au cou pour se faire reconnaître des catholiques cachés, il connaît la dysenterie, la clandestinité, puis l'arrestation et l'emprisonnement à Kandy, où le roi le soupçonne d'espionnage portugais.[7][8]
C'est en prison que se noue le tournant de sa mission : gagné par sa droiture et bientôt par le miracle de la pluie de 1696, qui met fin à une sécheresse après que les rites bouddhistes eurent échoué, le roi Vimaladharmasuriya II lui accorde une liberté de prêcher sans précédent.[9][10] Vicaire général de Ceylan en 1697, organisateur d'un réseau de huit districts confiés à des catéchistes laïcs, traducteur de catéchismes en cinghalais et en tamoul, Joseph Vaz laisse à sa mort, en 1711, une Église reconstituée de 70 000 catholiques, quinze églises et quatre cents chapelles — là où ses prédécesseurs n'avaient laissé que le silence.[11][12]
Béatifié par saint Jean-Paul II le 21 janvier 1995 à Colombo, il est canonisé par le pape François le 14 janvier 2015, vingt ans après, à une semaine près, devant un demi-million de fidèles rassemblés sur l'esplanade de Galle Face Green.[13][14][15][16] Premier saint du Sri Lanka, premier saint originaire de Goa, il demeure pour l'Église un modèle de « sortie vers les périphéries » — selon le mot même du pape qui l'éleva aux autels.[17][18]
Un brahmane catholique de Goa (1651-1676)
Naissance à Benaulim et famille de Sancoale
Joseph Vaz naît le 21 avril 1651 à Benaulim, dans le territoire de Sancoale, sur la côte de Goa, alors possession portugaise depuis plus d'un siècle.[19][20] Il est le troisième de six enfants de Cristóvão Vaz et de Maria de Miranda, tous deux catholiques fervents issus de la caste des brahmanes convertis, sa famille paternelle portant le titre honorifique de Naik propre à la noblesse indigène christianisée de la région.[21][22] Goa, évangélisée depuis le XVIᵉ siècle et marquée par le passage de saint François-Xavier, offre alors à ces familles brahmanes converties une position sociale intermédiaire, respectée mais fragile, entre l'aristocratie portugaise et la population hindoue majoritaire.
Le jeune Joseph reçoit une première instruction dans l'école paroissiale de Sancoale, où il apprend le portugais, puis à Benaulim, où il commence le latin — formation classique du clergé indigène goanais de son temps.[23][24] Ses parents, remarqués pour leur piété, orientent tôt leur fils vers l'état ecclésiastique, dans une région où le sacerdoce représentait, pour une famille brahmane convertie, l'une des rares voies d'élévation spirituelle et sociale pleinement reconnues par l'Église et la couronne portugaise.
Les jésuites, puis les dominicains : une formation solide
Joseph Vaz poursuit ses études d'humanités et de rhétorique au collège Saint-Paul des jésuites, à Velha Goa (Vieille-Goa), avant de suivre philosophie et théologie à l'Académie Saint-Thomas-d'Aquin, tenue par les dominicains.[25][26] Cette double formation, ignatienne puis thomiste, marque durablement sa spiritualité : rigueur doctrinale, discipline intellectuelle, et cette discrétion apostolique propre aux missionnaires jésuites d'Asie, qu'il retrouvera plus tard dans sa propre méthode d'évangélisation en pays hostile.
Diaconat et ordination sacerdotale (1675-1676)
Vaz est ordonné diacre en 1675 par Custódio de Pinho, vicaire apostolique de Bijapur et de Golconde, puis prêtre en 1676, des mains de l'archevêque de Goa, António Brandão.[27][28] Dès les premières années de son sacerdoce, il se distingue par une austérité radicale : il choisit de marcher pieds nus, refuse tout confort, et devient rapidement un prédicateur et confesseur recherché dans la région de Sancoale — signe précoce d'une vocation qui ne se satisfera jamais d'un exercice confortable du ministère.[29][30]
« À Kandy dans l'île de Taprobane de l'Océan Indien, en 1711, le bienheureux Joseph Vaz, prêtre de l'Oratoire. Avec une ardeur admirable, dans de périlleux itinéraires à travers champs, il ne cessa de confirmer dans la foi les catholiques disséminés et cachés, et de prêcher avec zèle l'Évangile du salut. » — Martyrologe romain, notice du 16 janvier[31]
Le prêtre pauvre de Sancoale (1676-1681)
« Esclave de Marie » : la consécration de 1677
En 1677, un an après son ordination, Joseph Vaz scelle sa dévotion mariale par un acte solennel de consécration : il se déclare « esclave de Marie », formalisant cet engagement par un document écrit connu sous le nom d'« acte d'esclavage » ou Deed of Bondage.[32][33] Ce geste, dans la ligne de la spiritualité mariale de l'esclavage volontaire alors répandue dans le catholicisme baroque ibérique, place toute sa vie sacerdotale sous la dépendance filiale de la Vierge — dévotion qui l'accompagnera jusque dans les circonstances les plus périlleuses de sa mission clandestine.
Une école latine pour les futurs séminaristes
Toujours à Sancoale, le jeune prêtre ouvre une école de latin destinée à préparer de futurs séminaristes indigènes, prolongeant ainsi, à son échelle locale, l'effort missionnaire d'implantation d'un clergé véritablement goanais que l'Église portugaise avait engagé depuis un siècle.[34][35] Il partage son ministère entre la prédication, la confession et le rachat d'esclaves chrétiens captifs — trois formes de charité concrète qui annoncent déjà, en modèle réduit, ce que sera son apostolat de Ceylan.[36]
Vicaire foraine du Canara : une mission difficile (1681-1684)
Une charge dans une région déchirée par un conflit juridictionnel
En 1681, la Padroado — l'autorité missionnaire exercée par la couronne portugaise — nomme Joseph Vaz vicaire foraine du Canara, région côtière au sud de Goa alors disputée entre l'autorité portugaise du Padroado et celle, plus récente, de la Propaganda Fide romaine, représentée localement par Mgr Thomas de Castro.[37] Ce conflit de juridiction, typique des tensions coloniales et romaines du XVIIᵉ siècle missionnaire, scandalisait les fidèles autant qu'il paralysait l'action pastorale. Vaz lui-même s'en inquiète dans une lettre datée du 14 septembre 1681 :
« Beaucoup croient en effet que l'Église catholique est divisée, et que nous et les prêtres de l'évêque ne sommes pas enfants de la même Mère l'Église ; que nos doctrines et nos sacrements sont différents ; et que ce que font les uns, les autres le détruisent. Ainsi l'Église catholique est fort méprisée et n'est pas reçue. » — Joseph Vaz, lettre du 14 septembre 1681[38]
Par la diplomatie, il obtient à Mangalore une trêve temporaire entre les deux juridictions, en attendant que Rome tranche définitivement le différend — premier signe d'un sens aigu du gouvernement d'Église que sa mission de Ceylan développera à une tout autre échelle.[39]
Reconstruire des églises, fonder des confréries
Sur le terrain, Vaz déploie une intense activité de reconstruction : il rebâtit la cathédrale du Rosaire de Mangalore, fait édifier de nouvelles églises à Onore, Basroor, Cundapore et Gangolim, multiplie les confréries pieuses (irmandades) et ouvre de petites écoles pour les futurs séminaristes de la région.[40] Une tradition locale, conservée près de Mudipu (Bantwal), rapporte qu'alors curé de Notre-Dame-de-la-Merci à Paneer, il aurait été attaqué par des assaillants hostiles à sa prédication ; agenouillé en prière, il aurait planté son bâton dans le sol, d'où aurait jailli une source, mettant en fuite ses agresseurs — un sanctuaire y fut plus tard élevé en sa mémoire.[41] Cette tradition, transmise oralement dans la mémoire populaire du Canara, illustre la réputation de sainteté qui entoure déjà le jeune vicaire foraine, bien avant son départ pour Ceylan.
Le nouvel archevêque de Goa, Manuel de Sousa e Meneses, désapprouvant l'accommodement conclu par Vaz avec Mgr de Castro, le rappelle en 1684 : Vaz quitte le Canara, non sans avoir, en trois années, redonné vie à une Église exsangue.[42]
La fondation de l'Oratoire de Goa (1684-1685)
Une communauté indigène inspirée de saint Philippe Néri
De retour à Goa en 1684, Joseph Vaz rejoint une petite communauté de prêtres séculiers désireux de vivre en vie commune, rassemblée autour de l'église de la Sainte-Croix-des-Miracles.[43][44] Il en devient rapidement l'animateur, et le 25 septembre 1685, le groupe est formellement érigé en Congrégation de l'Oratoire de Saint-Philippe-Néri — la toute première communauté religieuse née sur le sol même du diocèse de Goa, et l'une des premières congrégations pleinement indigènes d'Asie de rite latin.[45][46] Vaz en est élu premier supérieur (provost).[47]
L'esprit oratorien — vie commune de prêtres séculiers sans vœux perpétuels, fidélité au ministère paroissial, insistance sur la prédication et la direction spirituelle, héritée de saint Philippe Néri — donne à Vaz un cadre spirituel qui structurera toute sa mission ultérieure : l'Oratoire de Ceylan, qu'il fondera lui-même une décennie plus tard, en sera le prolongement direct.[48][49]
« L'Oratoire de Goa dédié à Saint-Philippe-Néri est considérée comme la première communauté religieuse pleinement indigène de rite latin en Asie. » — d'après la tradition oratorienne recueillie par les Missionnaires Oblats de Marie-Immaculée[50]
L'appel de Ceylan : une île sans prêtres depuis cinquante ans (1686-1687)
La persécution calviniste hollandaise
Après la conquête de Ceylan par la Compagnie hollandaise des Indes orientales en 1658, le culte catholique y est formellement interdit et le calvinisme imposé comme religion officielle ; les prêtres catholiques sont expulsés ou pourchassés, l'exercice du culte catholique passible d'amende, de confiscation, voire d'emprisonnement.[51][52] En 1686, cela fait déjà cinquante ans qu'aucun prêtre catholique n'a pu exercer légalement dans l'île, et les communautés de catholiques survivantes — héritières de l'ancienne évangélisation portugaise — vivent dans une clandestinité presque totale, privées de sacrements.[53]
Le renoncement à la charge de supérieur
Informé de cette détresse spirituelle, Joseph Vaz sollicite et obtient de sa congrégation la permission de renoncer à sa charge de supérieur de l'Oratoire pour se porter volontaire vers cette mission jugée par tous sans espoir raisonnable de succès.[54][55] Le choix est radical : quitter une communauté stable, respectée, en pleine expansion, pour une île où l'exercice même du sacerdoce catholique constitue un délit.
Le départ déguisé en mendiant (Pâques 1687)
Vaz embarque à Goa et atteint le port de Tuticorin le jour de Pâques 1687, accompagné d'un seul compagnon, son serviteur Jean.[56] Déguisés en coolies, portant vases sacrés et pierre d'autel dissimulés sur eux, les deux hommes s'embarquent pour Ceylan ; une violente tempête contraint leur navire à se réfugier à Mannar, où ils sont mis à terre épuisés, affamés et sans ressources. Après avoir mendié leur subsistance, ils obtiennent des laissez-passer et gagnent enfin Jaffna.[57]
- 21 avril 1651Naissance à BenaulimFamille brahmane convertie de Sancoale, Goa
Troisième de six enfants de Cristóvão Vaz et Maria de Miranda.[58]
- 1676Ordination sacerdotaleGoa, par l'archevêque António Brandão
Après des études chez les jésuites puis les dominicains ; austérité et pieds nus dès les premières années.[59]
- 1677« Esclave de Marie »Consécration mariale et école latine de Sancoale
Acte formel de consécration à la Vierge ; ouverture d'une école pour futurs séminaristes.[60]
- 1681-1684Vicaire foraine du CanaraReconstruction d'églises, conflit Padroado-Propaganda
- 25 septembre 1685Fondation de l'Oratoire de GoaPremier supérieur de la communauté
Première congrégation religieuse indigène d'Asie de rite latin.[62]
- Pâques 1687Départ clandestin pour CeylanDéguisé en mendiant, via Tuticorin et Mannar
Cinquante ans après l'interdiction hollandaise du catholicisme dans l'île.[63]
- vers 1690Arrêté comme espion présuméDénoncé à Veuda, conduit enchaîné à Kandy
Emprisonné sous surveillance étroite par ordre du roi Vimaladharmasuriya II.[64]
- Noël 1691Première messe à KandyDans une hutte, sans opposition du roi
Début d'une célébration régulière ; il apprend le cinghalais durant sa détention.[65]
- 1696Le miracle de la pluieFin d'une sécheresse devant le palais royal
- 1697Vicaire général de CeylanNommé par Mgr Pedro Pacheco, évêque de Cochin
Organisation de la mission clandestine en huit districts (achevée en 1705).[68]
- 16 janvier 1711Mort à KandyAprès vingt-quatre ans de mission
70 000 catholiques, quinze églises et quatre cents chapelles laissés à ses successeurs.[69]
- 21 janvier 1995BéatificationColombo, par saint Jean-Paul II
- 14 janvier 2015CanonisationColombo, par le pape François, voie équipollente
Le missionnaire clandestin (1687-1692)
Jaffna : la dysenterie et le rosaire au cou
À Jaffna, Vaz découvre une forte implantation calviniste et une persécution catholique organisée par les autorités hollandaises.[75] Il adopte l'apparence d'un sannyasi indien, ascète itinérant pieds nus, et souffre d'une dysenterie sévère provoquée par les épreuves du voyage ; une femme compatissante le soigne quotidiennement au riz bouilli jusqu'à sa guérison, tandis que son compagnon Jean, atteint du même mal, se rétablit à ses côtés.[76] Pour se faire reconnaître des catholiques clandestins sans se trahir auprès des autorités, Vaz porte un rosaire visible et observe les réactions des passants — méthode discrète qui lui permet peu à peu de retrouver des noyaux de fidèles dispersés depuis un demi-siècle.[77]
Sillalai : le système des catéchistes
Craignant de mettre en danger, par sa seule présence, les catholiques influents qui le reconnaissent et l'hébergent — confiscation de biens, emprisonnement —, Vaz se retire en 1689 au village de Sillalai, où le catholicisme s'est maintenu grâce à un système de catéchistes laïcs assurant, en l'absence de tout prêtre, la transmission de la foi, la prière commune et la préparation aux sacrements.[78] Vaz observe, adopte et généralise cette institution à l'ensemble de l'île : elle deviendra l'ossature de toute sa mission, bien avant l'arrivée de renforts sacerdotaux.[79]
Puttalam : une chrétienté oubliée depuis trente-six ans
En 1690, Vaz s'installe à Puttalam, où il retrouve une importante population catholique privée de prêtre depuis trente-six ans.[80] Il y exerce un ministère particulièrement fructueux pendant plus d'une année — confessions, baptêmes, mariages en retard de plusieurs décennies, catéchèse reprise à zéro — avant de poursuivre sa route vers l'intérieur des terres, en direction du royaume indépendant de Kandy.
Le royaume de Kandy : de la prison à la faveur royale (1690-1697)
Dénoncé comme espion, enchaîné
En route vers Kandy, alors qu'il séjourne temporairement à Veuda, porte d'entrée du royaume, Vaz est dénoncé comme espion portugais par un Français violemment anticatholique nommé Lanerolle.[81] Le roi Vimaladharmasuriya II ordonne son arrestation immédiate et son transfert enchaîné jusqu'à Kandy, où il est emprisonné sous surveillance étroite, chaque geste rapporté au souverain.[82][83]
La captivité fructueuse : apprendre le cinghalais
Loin de se laisser abattre, Vaz met à profit cette inactivité forcée pour apprendre méthodiquement le cinghalais, langue qu'il maîtrisera assez pour prêcher, traduire et catéchiser directement dans la langue du pays — effort linguistique rare chez les missionnaires portugais de son temps, davantage enclins à imposer le portugais comme langue liturgique.[84] Peu à peu convaincu de l'innocuité et de la sincère religiosité de son prisonnier, le roi assouplit sa surveillance et l'autorise à quitter ses quartiers, à la seule condition de ne jamais franchir la rivière qui ceint la capitale.[85]
La première messe de Kandy (Noël 1691)
Dans la nuit de Noël 1691, Vaz célèbre, pour la première fois, la messe à Kandy même, dans une hutte sommaire qu'il a lui-même dressée avec son compagnon ; aucune opposition ne se manifestant, il continue dès lors à célébrer régulièrement.[86] L'affluence des fidèles grandissant, le roi finit par autoriser la construction d'une église permanente en remplacement de la hutte, et le 2 septembre 1692, Vaz écrit à sa congrégation de Goa pour demander l'envoi de renforts sacerdotaux.[87]
Le témoignage sur la grâce en captivité
Dans sa correspondance de cette période, Vaz relate comment, en dépit de « la surveillance particulière » qui pèse sur lui, la « grâce et la sainteté » se développent malgré tout parmi les fidèles chrétiens clandestins — transformant, à ses propres yeux, sa captivité même en instrument de mission :
« Malgré l'emprisonnement et la surveillance particulière, la grâce et la sainteté se sont développées parmi les fidèles chrétiens cachés. » — Joseph Vaz, correspondance de la période de Kandy[88]
Le miracle de la pluie et le tournant de la mission (1696)
En 1696, une sécheresse prolongée frappe le royaume de Kandy ; les cérémonies rituelles bouddhistes traditionnellement destinées à faire tomber la pluie ayant échoué, le roi Vimaladharmasuriya II met Vaz au défi de prier, lui aussi, pour la pluie, comme épreuve de son crédit auprès de Dieu.[89][90] Vaz dresse un autel surmonté d'une croix sur la place publique, face au palais, et prie. Selon les témoignages recueillis par la tradition, une pluie abondante commence à tomber dès qu'il se relève de sa prière — sans qu'une seule goutte, chose remarquée par tous, ne touche le prêtre lui-même ni son autel.[91][92]
« La pluie se mit à tomber en abondance, tandis que Joseph et son autel restaient secs. » — tradition rapportée à propos du miracle de la pluie de Kandy, 1696[93]
L'événement bouleverse le regard du roi : il accorde désormais à Vaz une liberté sans précédent — droit de prêcher dans tout le royaume, et même au-delà de la frontière, en territoire hollandais.[94] Ce tournant, obtenu non par la force ni la diplomatie mais par la seule médiation d'une prière publique exaucée, ouvre à Vaz vingt années d'apostolat à ciel presque découvert.
L'épidémie de variole : la charité jusqu'au bout (1697)
Cette même année 1697, une épidémie de variole ravage Kandy ; le roi et la cour, comme l'essentiel de la population, fuient la ville par crainte de la contagion.[95][96] Vaz, accompagné de son neveu, va chercher les malades abandonnés jusque dans les bois, les installe dans des huttes de fortune, leur apporte deux fois par jour nourriture, remèdes et vêtements. Lorsque les moyens manquent, les deux hommes en viennent à laver eux-mêmes les malades, nettoyer les pustules, ensevelir les corps, porter les cercueils et creuser les tombes — au plus fort de l'épidémie, jusqu'à dix ou douze morts par jour.[97]
L'épidémie dure douze mois. À son retour, le roi reconnaît publiquement que, sans la charité de Vaz, « les rues auraient été jonchées de cadavres ».[98] Nombre de malades, bouleversés par une compassion sans précédent dans leur expérience, demandent le baptême dans la foi qui inspire un tel dévouement — sans distinction, insiste la tradition oratorienne, « de race ni de religion ».[99]
Vicaire général et organisateur d'une Église clandestine (1697-1705)
Une charge confiée par l'évêque de Cochin
En 1697, alors que trois premiers missionnaires oratoriens venus de Goa le rejoignent enfin, Mgr Pedro Pacheco, évêque de Cochin, nomme Joseph Vaz vicaire général de Ceylan, avec pleine juridiction spirituelle et temporelle sur l'ensemble de l'île.[100][101] Un légat pontifical proposera plus tard de faire de Ceylan un diocèse et d'en nommer Vaz le premier évêque — proposition qu'il décline, préférant demeurer simple missionnaire au service direct des âmes plutôt que d'endosser la charge épiscopale.[102][103]
Huit districts, un réseau de catéchistes
D'ici 1705, Vaz organise méthodiquement la mission de Ceylan en huit districts, chacun confié à la responsabilité d'un prêtre lorsque les effectifs le permettent, mais surtout structuré par le réseau de catéchistes laïcs (les Muhuppus et Annavis) qu'il a généralisé depuis son expérience de Sillalai — hommes de confiance chargés, en l'absence prolongée du prêtre, de maintenir la prière, la catéchèse et la cohésion des communautés.[104] Ce dispositif, remarquablement moderne pour son époque, permet à une Église sans existence légale de survivre et de croître en dépit d'une pénurie chronique de clergé.
Une littérature catholique en langue du pays
Convaincu que la foi ne s'enracine véritablement que dans la langue du peuple, Vaz traduit en cinghalais et en tamoul prières, catéchismes et textes de piété, créant une véritable littérature catholique locale, comparable en diffusion aux textes bouddhistes traditionnels de l'île.[105][106] Son collaborateur et successeur, le prêtre goanais Jácome Gonçalves, poursuivra et amplifiera considérablement cet effort de traduction après la mort de Vaz.[107]
Le tableau suivant résume l'état de l'Église catholique de Ceylan avant l'arrivée de Vaz et à sa mort, vingt-quatre ans plus tard.
| Aspect | Avant l'arrivée de Vaz (1687) | À la mort de Vaz (1711) |
|---|---|---|
| Clergé catholique légal dans l'île | Aucun depuis cinquante ans | Mission organisée en huit districts |
| Statut du culte catholique | Interdit, passible de sanctions | Toléré et pratiqué à Kandy, clandestin ailleurs |
| Fidèles catholiques | Communautés dispersées, sans sacrements réguliers | Environ 70 000 catholiques recensés |
| Lieux de culte | Aucun officiellement reconnu | 15 églises et 400 chapelles |
| Langue de la catéchèse | Portugais, peu accessible au peuple | Traductions en cinghalais et en tamoul |
| Encadrement des communautés isolées | Aucun | Réseau de catéchistes laïcs (Muhuppus, Annavis) |
Lecture du tableau : les chiffres de 1711 sont ceux généralement retenus par la tradition oratorienne et repris par les sources contemporaines de la canonisation.[108][109]
Un apôtre en marche : les tournées missionnaires
Colombo, Negombo, Mannar : ministère de nuit
Au fil de ses tournées, Vaz visite Hanwella, où il retrouve une foi vive parmi les descendants de familles portugaises et les convertis locaux, Malwana, poste important doté d'une église établie, et le quartier du Pettah à Colombo, où il exerce de nuit un ministère auprès des catholiques du territoire hollandais, faisant plusieurs conversions avant que sa présence ne soit découverte par les autorités.[110] À Negombo, où la population catholique est nombreuse, il institue le notable catholique local (Mudaliyar) comme Muhuppu responsable de la communauté.[111]
Mantota, Trincomalee, Batticaloa : les circuits du nord et de l'est
Il établit également des chapelles et nomme des catéchistes à Mantota, avant de retrouver, après quatre années d'absence, la communauté de Jaffna.[112] Ses tournées le conduisent encore jusqu'à Punarin, Kottiyar, Trincomalee et Batticaloa, où il fonde des chapelles jusque dans des territoires sous contrôle kandyen.[113] En 1710, à Batticaloa, dans une église du quartier de Thandavanveli — aujourd'hui église Notre-Dame-de-la-Présentation —, il est attaché à un arbre et battu par des opposants à sa mission ; il n'en effectue pas moins une seconde visite dans la même région avant de regagner Kandy.[114]
La traversée miraculeuse de la Deduru Oya
En chemin vers Puttalam, Vaz se trouve un jour arrêté par la crue de la rivière Deduru Oya, que des marchands attendaient depuis plusieurs jours de pouvoir franchir. Vaz, confiant, entre dans le courant avec son bâton, invite ses compagnons à le suivre, et attend au milieu du gué que tous aient traversé sans dommage avant de continuer lui-même sa route.[115]
Le refus de l'épiscopat, jusqu'au bout missionnaire
Le trait le plus frappant du gouvernement de Vaz reste peut-être ce refus constant des honneurs proportionnés à son succès. Alors qu'un légat pontifical envisage sérieusement l'érection de Ceylan en diocèse, avec Vaz comme premier titulaire, celui-ci s'y dérobe, jugeant sans doute qu'un évêque, plus visible et plus contraint par le protocole, servirait moins bien une Église condamnée à vivre dans l'ombre qu'un simple prêtre, libre de ses déplacements et de son incognito.[116][117] Ce choix, rare dans l'histoire missionnaire, révèle une conception du ministère entièrement subordonnée à l'efficacité apostolique plutôt qu'à la dignité de la charge.
Les dernières années et la mort (1707-1711)
Un roi successeur plus favorable encore
Le roi Vimaladharmasuriya II, protecteur malgré lui devenu bienfaiteur, meurt en 1707 ; son successeur, Vira Narendra Sinha, se montre plus favorable encore à la mission catholique.[118] De nouveaux missionnaires arrivent en 1708, allégeant enfin la charge que Vaz porte depuis plus de vingt ans presque seul.
La dernière tournée (1710)
Malgré une santé déclinante, Vaz entreprend en 1710 une nouvelle tournée apostolique, celle-là même qui le conduit à Batticaloa où il est maltraité. À son retour à Kandy, des fièvres et des infections l'affaiblissent gravement.[119]
Les huit jours de retraite inachevés
Sentant sa fin proche, Vaz entame les huit jours d'exercices spirituels prescrits par la règle oratorienne pour la préparation à la mort ; il meurt avant d'en avoir achevé le septième jour, le 16 janvier 1711, à Kandy, à l'âge de cinquante-neuf ans.[120][121] Selon le témoignage recueilli par la tradition oratorienne, il rend l'âme en prononçant le saint nom de Jésus « avec une grande clarté et ferveur ».[122]
« Il sera bien difficile de faire à l'heure de la mort ce que l'on n'a pas fait pendant la vie. » — parole attribuée à saint Joseph Vaz, rapportée en singhalais par la tradition oratorienne[123]
La foule accourue à l'annonce de sa mort est telle que son corps demeure exposé trois jours durant avant les obsèques — signe déjà d'une réputation de sainteté que la population de Kandy, catholique ou non, lui reconnaissait unanimement.[124]
Le successeur : Jácome Gonçalves et la continuité de la mission
À la mort de Vaz, la mission ne s'effondre pas : son collaborateur, le prêtre oratorien goanais Jácome Gonçalves, reprend le flambeau et développe considérablement l'œuvre de traduction religieuse en cinghalais et en tamoul entreprise par son maître, assurant la continuité d'une Église que Vaz avait voulue enracinée dans la langue et la culture du pays plutôt que simplement transplantée depuis l'Europe.[125] Cette transmission réussie — rare dans l'histoire des missions dépendant d'une seule figure charismatique — atteste la solidité des structures (catéchistes, districts, littérature vernaculaire) que Vaz avait patiemment bâties.
De la cause interrompue à la canonisation (1737-2015)
Une cause ouverte dès 1737, puis suspendue
Dès 1737, Francisco de Vasconcellos, évêque de Cochin, presse le Saint-Siège d'ouvrir la cause de béatification de Joseph Vaz ; le procès s'engage à Goa et de nombreux miracles y sont consignés.[126] Le pape Benoît XIV suspend cependant la procédure pour vices de forme, avant d'en ordonner la reprise — épisode révélateur de la rigueur canonique qu'imposait alors Rome, y compris pour des causes déjà bien étayées.[127]
Zaleski et la redécouverte du missionnaire
Au tournant du XXᵉ siècle, Mgr Ladislaus Zaleski (1852-1925), délégué apostolique résidant précisément à Kandy et admirateur passionné de Vaz, mène des recherches approfondies et publie une biographie en plusieurs volumes qui relance durablement l'intérêt pour sa cause.[128] Le procès moderne, repris par l'archidiocèse de Goa et Daman, est finalement achevé en 1953.[129]
Béatification par saint Jean-Paul II (1995)
Le 21 janvier 1995, saint Jean-Paul II béatifie Joseph Vaz à Colombo, lors de son voyage apostolique au Sri Lanka — première reconnaissance publique et solennelle du culte du missionnaire dans le pays même de son apostolat.[130][131][132] La veille, dès son arrivée à l'aéroport de Katunayake, le pape avait présenté le futur bienheureux comme « un homme saint et un homme de paix », qui avait gagné le respect de ses contemporains « par son humilité, sa bonté et sa tolérance ».[133]
Canonisation équipollente par le pape François (2015)
En octobre 2013, une enquête diocésaine s'ouvre sur un miracle attribué à l'intercession de Vaz ; dès novembre 2013, le cardinal Filipe Neri Ferrão annonce que la cause a atteint une « étape cruciale ».[134] Le 17 septembre 2014, le pape François approuve la canonisation sans exiger le second miracle habituellement requis, recourant à la procédure dite « équipollente » ou par extension de culte — la même voie exceptionnelle qu'avait empruntée la canonisation du pape saint Jean XXIII.[135][136]
La canonisation a lieu le 14 janvier 2015, à Colombo, sur l'esplanade de Galle Face Green, en présence de plus de cinq cent mille fidèles rassemblés face à l'océan Indien — vingt ans après la béatification, à une semaine près.[137][138] L'homélie, prononcée en anglais et traduite en cinghalais et en tamoul, salue en Joseph Vaz un modèle toujours actuel[139] :
« Comme nous, [le Père Vaz] a vécu à un moment de rapide et profonde transformation. […] Il nous apprend à sortir vers les périphéries, pour que Jésus-Christ soit connu et aimé. » — Pape François, homélie de canonisation, Colombo, 14 janvier 2015[140][141]
« Il fut un prêtre exemplaire, [qui] servit avec soin affectueux l'Église de Dieu. […] Son amour indivis de Dieu l'a ouvert à l'amour pour le prochain ; il a exercé son ministère pour les personnes qui étaient dans le besoin. » — Pape François, homélie de canonisation, Colombo, 14 janvier 2015[142][143]
Le pape insiste enfin sur la portée œcuménique et sociale de cet exemple, dans une île marquée par des tensions religieuses persistantes : « l'authentique adoration de Dieu ne conduit pas à la discrimination, à la haine et à la violence. »[144]
La spiritualité de Joseph Vaz
L'esclave de Marie, pauvre parmi les pauvres
La consécration mariale de 1677 n'est pas un épisode isolé : elle inaugure une existence tout entière vécue dans le dépouillement volontaire. Prêtre pieds nus dès Sancoale, mendiant à Mannar, ascète itinérant à Jaffna, prisonnier sans plainte à Kandy, Vaz choisit systématiquement, chaque fois qu'un choix se présente, la voie de la pauvreté effective plutôt que celle du confort ou même de la sécurité — jusqu'à décliner un épiscopat qui l'aurait éloigné du contact direct avec les plus humbles de ses fidèles.[145][146]
L'esprit oratorien : zèle et vie commune
Formé à l'école de saint Philippe Néri, Vaz porte dans sa mission l'empreinte durable de la spiritualité oratorienne : primauté de la charité fraternelle, souplesse d'une vie religieuse sans vœux perpétuels mais fondée sur l'engagement mutuel, insistance sur la prédication et l'accompagnement spirituel individuel plutôt que sur l'appareil institutionnel.[147][148] C'est cet esprit, éprouvé d'abord à Goa, qu'il transplante intégralement à Ceylan, y fondant à son tour, dans les dernières années de sa vie, une communauté oratorienne locale destinée à assurer la continuité de son œuvre après lui.
La charité sans distinction
Le trait le plus constamment souligné par les témoins de son ministère — de l'épidémie de variole de 1697 aux tournées nocturnes de Colombo — est une charité concrète et sans exception, exercée « de race ni de religion », selon le mot même de la tradition oratorienne recueillie à son sujet.[149] Cette universalité de la charité, avant même toute conversion espérée, est précisément ce que le pape François choisira de mettre en avant lors de sa canonisation, comme un modèle de dépassement des divisions religieuses au service de la paix.[150]
Enseignement pastoral : vivre selon l'inspiration de Dieu
Aux fidèles qu'il forme et qu'il confie, en son absence, aux catéchistes laïcs, Vaz laisse une consigne simple, rapportée par la tradition oratorienne anglaise :
« Vivez toujours selon l'inspiration de Dieu. » — enseignement pastoral attribué à saint Joseph Vaz[151]
Cette parole, qui pourrait sembler générale, prend tout son relief dans le contexte d'une Église privée de prêtres résidents pendant des mois, parfois des années : elle fait de chaque catholique cinghalais ou tamoul, jusque dans les villages les plus isolés, un responsable direct de sa propre fidélité à la foi reçue — préfigurant, à sa manière, une conception très active du laïcat catholique.
Le tableau ci-dessous compare les deux missions confiées successivement à Joseph Vaz avant sa mort.
| Mission du Canara (1681-1684) | Mission de Ceylan (1687-1711) | |
|---|---|---|
| Statut juridique | Reconnue, mais disputée (Padroado / Propaganda Fide) | Interdite, entièrement clandestine |
| Durée | Trois ans | Vingt-quatre ans |
| Difficulté principale | Conflit de juridiction ecclésiale | Persécution d'État, emprisonnement, dénonciation |
| Méthode principale | Reconstruction d'églises, confréries | Déguisement, catéchistes laïcs, traduction en langue locale |
| Résultat principal | Diplomatie réussie, églises rebâties | Église reconstituée : 70 000 fidèles, 15 églises, 400 chapelles |
Héritage : premier saint du Sri Lanka, premier saint de Goa
Joseph Vaz demeure, plus de trois siècles après sa mort, le premier saint canonisé du Sri Lanka et le premier saint originaire de Goa — double distinction qui en fait une figure de référence pour deux Églises locales à la fois, indienne et srilankaise.[152][153][154] À Goa, sa fête est célébrée chaque 16 janvier, et le sanctuaire de Saint-Joseph-Vaz de Sancoale, où sont vénérés sa statue et une relique, demeure un centre actif de pèlerinage.[155] Saint patron de l'archidiocèse de Goa et Daman, il y est honoré chaque année par une neuvaine du 7 au 15 janvier à l'ancienne église Notre-Dame-de-la-Santé de Sancoale, culminant en la fête solennelle du 16 janvier, qui rassemble plus de cent mille fidèles.[156] Plusieurs établissements portent aujourd'hui son nom, dont le Joseph Vaz College de Wennappuwa, au Sri Lanka, fondé en 1935 par les Frères Maristes, ainsi que des écoles à Sancoale et à Cortalim, en Goa.[157]
Son intuition missionnaire la plus durable — l'inculturation, la formation de laïcs responsables, la traduction en langue vernaculaire, le refus des honneurs incompatibles avec le service des plus pauvres — continue d'être présentée par l'Église comme un modèle pour toute mission conduite en contexte minoritaire ou hostile, à l'exemple de son quasi-contemporain français saint Jean-Baptiste de La Salle, né la même année 1651, qui renonça lui aussi à son rang pour se faire pauvre parmi les pauvres.[158]
Pour aller plus loin
- Saint Philippe Néri — fondateur de l'Oratoire dont Joseph Vaz reçut et transmit l'esprit, à Goa puis à Ceylan.
- Saint Jean-Baptiste de La Salle (1651-1719) — né la même année que Joseph Vaz, autre grand renonçant devenu apôtre des pauvres.
- Saint Damien de Molokai (1840-1889) — autre missionnaire canonisé qui donna sa vie au service d'une population marginalisée et persécutée par la maladie.
- Saint Daniel Comboni (1831-1881) — figure missionnaire de l'inculturation et de l'évangélisation en contexte hostile, en Afrique.
- Sainte Thérèse de Lisieux (1873-1897) — patronne des missions, dont l'« abandon confiant » rejoint la spiritualité de Vaz face à l'échec apparent.
- Pape François — pape qui canonisa Joseph Vaz en 2015, lors de son premier voyage apostolique en Asie.
- L'Église en Inde — contexte plus large de l'évangélisation de Goa et de la formation d'un clergé catholique indigène dont Joseph Vaz est issu.
Notes et références
Wikipedia (EN), "Joseph Vaz" : en.wikipedia.org/wiki/Joseph_Vaz. Article encyclopédique détaillé, citant notamment Cosme José Costa, Life and Achievements of Blessed Joseph Vaz: Apostle of Canara and Sri Lanka (1996), Michael Mascarenhas, Through Storm and Tempest: A Biography of Blessed Joseph Vaz (2001), S. G. Perera, Life of Blessed Joseph Vaz, Apostle of Sri Lanka (1942), V. Perniola, The Catholic Church in Sri Lanka: The Dutch Period (1983), et Letters of Blessed Joseph Vaz: Son of Goa, Apostle of Canara and Sri Lanka, éd. Eremito M. Rebelo (2011). Source des dates de naissance, ordination, fondation de l'Oratoire de Goa, chronologie de la mission de Ceylan (Jaffna, Sillalai, Puttalam, Veuda, Kandy), citation de la lettre du 14 septembre 1681, organisation en huit districts, tournées missionnaires, mort le 16 janvier 1711, procès de canonisation et canonisation du 14 janvier 2015.
1 5 7 14 19 21 25 27 29 32 35 37 38 39 40 41 42 44 45 47 51 54 56 57 58 59 61 62 63 64 65 68 76 77 78 79 80 81 82 84 85 86 87 100 104 106 107 110 111 112 113 114 115 118 119 120 125 126 127 128 129 130 134 135 152 157 158Diocèse de Ratnapura (Sri Lanka), « The Life History of St. Joseph Vaz » : dioceseofratnapura.com/pages.php?id=81&d=josephvas. Biographie diocésaine srilankaise : naissance à Benaulim, famille brahmane convertie, ordination en 1676, ouverture de l'école latine de Sancoale, consécration comme « esclave de Marie », arrivée à Tuticorin à Pâques 1687, organisation de la mission en huit districts, miracle de la pluie de 1696 (« abondante pluie tomba, tandis que Joseph et son autel restaient secs »), mort et exposition du corps pendant trois jours, canonisation du 14 janvier 2015.
2 10 20 24 30 33 34 36 52 53 60 67 89 91 94 96 124Ernest R. Hull, "Blessed Joseph Vaz", The Catholic Encyclopedia, vol. XV, Robert Appleton Company, New York, 1912 : newadvent.org/cathen/15317b.htm. Notice biographique de référence de 1912 : naissance à Goa le 21 avril 1651, mort à Kandy le 16 janvier 1711, ordination en 1676, mission de Ceylan à partir de 1686, persécution calviniste hollandaise à Jaffna, disguise et clandestinité, emprisonnement à Kandy sur dénonciation d'espionnage, faveur royale obtenue, refus de l'épiscopat proposé par un légat pontifical, déclin de santé en 1710, ouverture et suspension du procès de béatification.
3 6 28 75 83 102 116 121 145Missionnaires Oblats de Marie-Immaculée, « Saint Joseph Vaz (1651-1711) — Biography » : omiworld.org/our-charism/our-saints/non-oblate-causes/saint-joseph-vaz-1651-1711/biography. Formation à Goa, mission du Canara (arrivé à Mangalore en 1682, de retour à Goa en 1684), découverte de la communauté de la Sainte-Croix-des-Miracles et fondation de l'Oratoire de Goa (« première communauté religieuse pleinement indigène de rite latin en Asie »), arrivée à Ceylan en avril 1687, emprisonnement et libération, nomination comme vicaire général avec pleine juridiction spirituelle et temporelle, traduction de prières et catéchismes en cinghalais et tamoul, chiffres de l'héritage (70 000 catholiques, 15 églises, 400 chapelles).
4 11 26 43 46 49 50 69 101 105 108 148Catholic Answers Encyclopedia, "Joseph Vaz" (d'après The Catholic Encyclopedia) : catholic.com/encyclopedia/joseph-vaz. Confirme les dates de naissance (21 avril 1651) et de mort (16 janvier 1711), l'ordination de 1676, l'arrivée à Ceylan en 1686-1687, la clandestinité et le déguisement forcés, l'emprisonnement à Kandy sur dénonciation d'espionnage, la faveur royale obtenue, le déclin de santé de 1710.
8 103 117Abbaye Saint-Joseph de Clairval, Flavigny-sur-Ozerain, lettre spirituelle consacrée à saint Joseph Vaz, 25 janvier 2022 : clairval.com/en/st-joseph-vaz. Biographie spirituelle : consécration mariale de 1677, fondation de l'Oratoire de Goa en 1685, miracle de la pluie de 1696, épidémie de variole de 1697 (soin des malades « de race ni de religion », reconnaissance publique du roi), traversée miraculeuse de rivière, chiffres de l'héritage (70 000 catholiques, 15 églises, 400 chapelles), dernière parole rapportée en singhalais, mort le 16 janvier 1711 à 59 ans.
9 12 66 90 92 93 95 97 98 99 109 123 146 149Missions Étrangères de Paris, « Le pape François a canonisé le P. Joseph Vaz, "un prêtre qui nous apprend à sortir vers les périphéries" », Églises d'Asie, 14 janvier 2015 : missionsetrangeres.com/eglises-asie/2015-01-14-le-pape-francois-a-canonise-le-p-joseph-vaz. Compte rendu de la cérémonie de canonisation à Galle Face Green (Colombo) devant plus de 500 000 fidèles, vingt ans jour pour jour après la béatification ; citations en français de l'homélie du pape François ; procédure de canonisation équipollente, sans second miracle requis, comme pour saint Jean XXIII.
13 17 70 72 131 136 137 140 142 144 150Saint-Siège, homélie de saint Jean-Paul II pour la messe de béatification du P. Joseph Vaz, Galle Face Green, Colombo, 21 janvier 1995 : vatican.va. Première reconnaissance solennelle du missionnaire dans le pays même de son apostolat.
15 71 132Saint-Siège, homélie du pape François pour la messe de canonisation du bienheureux Joseph Vaz, Galle Face Green, Colombo, 14 janvier 2015 : vatican.va. Texte original en anglais ; les citations françaises du présent article suivent la traduction diffusée par les Missions Étrangères de Paris.
16 18 73 138 139 141 143Oratoire de Hyères, « Saint Joseph Vaz, 16 janvier » : oratoire-hyeres.fr/congregation-de-loratoire/saints-oratoriens/saints/saint-joseph-vaz-16-janvier. Sur l'appartenance de Vaz à la famille spirituelle oratorienne et son « zèle apostolique » ; sur son témoignage de correspondance relatant la grâce se développant parmi les fidèles clandestins malgré la « surveillance particulière » subie en prison ; sur la fondation de l'Oratoire de Goa en 1684-1685.
22 48 88 147Gomantak Times (Goa), « Canonised by Pope Francis, who exactly is St Joseph Vaz? » : gomantaktimes.com/my-goa/art-culture/canonised-by-pope-francis-who-exactly-is-st-joseph-vaz. Précisions sur les origines goanaises de Vaz (Benaulim, école paroissiale de Sancoale, études de latin à Benaulim), sur le sanctuaire de Saint-Joseph-Vaz de Sancoale, sur sa méthode d'inculturation missionnaire et sur son statut de premier saint de Goa.
23 55 153 155Nominis — Église catholique en France, notice « Saint Joseph Vaz » (16 janvier) : nominis.cef.fr/contenus/saint/10152/Saint-Joseph-Vaz.html. Citation officielle du Martyrologe romain pour le 16 janvier ; dates de béatification (1995) et canonisation (2015) ; premier saint du Sri Lanka.
31Archidiocèse de Colombo (Sri Lanka), page « St. Joseph Vaz » : archdioceseofcolombo.lk. Retient le titre d'« Apôtre du Sri Lanka », la béatification de 1995 et la canonisation du 14 janvier 2015 comme premier saint du pays.
74 154Birmingham Oratory (Angleterre), « Saint Joseph Vaz » : birminghamoratory.org.uk/saint-joseph-vaz. Sur le surnom donné à Vaz par les Cinghalais, « Sammanasu Swami » (le prêtre angélique) ; sur son refus de l'épiscopat au profit du ministère direct ; sur son enseignement pastoral (« Vivez toujours selon l'inspiration de Dieu ») ; sur sa mort en prononçant le saint nom de Jésus « avec une grande clarté et ferveur ».
122 151Saint-Siège, allocution de saint Jean-Paul II à la cérémonie d'accueil, aéroport international de Katunayake, Colombo, 20 janvier 1995 : vatican.va. Texte original en anglais : « the Beatification of Father Joseph Vaz, a holy man and a man of peace, who won the respect of his contemporaries by his humility, goodness and tolerance » ; veille de la béatification.
133Archidiocèse de Goa et Daman, « Novena and Feast of St. Joseph Vaz 2026 » : archgoadaman.com. Neuvaine du 7 au 15 janvier et fête solennelle le 16 janvier à l'ancienne église Notre-Dame-de-la-Santé de Sancoale ; et compte rendu de la fête patronale (plus de cent mille fidèles, saint patron de l'archidiocèse) : archgoadaman.com.
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