Le Dicastère pour l'Évangélisation

Le Dicastère pour l'Évangélisation est le premier organisme cité dans la Curie romaine, seul dicastère dont le préfet est le pape en personne. Il prolonge quatre siècles d'histoire missionnaire, depuis la Congrégation de Propaganda Fide fondée en 1622 jusqu'à sa fusion avec le Conseil pour la nouvelle évangélisation en 2022.

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Le Dicastère pour l'Évangélisation (en latin : Dicasterium pro Evangelizatione) est, depuis le 5 juin 2022, l'organe de la Curie romaine chargé de l'ensemble de l'œuvre missionnaire de l'Église catholique. Institué par la constitution apostolique Praedicate Evangelium du pape François, il résulte de la fusion de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples — héritière directe de la Sacrée Congrégation de Propaganda Fide, fondée en 1622 par Grégoire XV — et du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, créé par Benoît XVI en 2010[1].

Le Dicastère présente un trait institutionnel sans équivalent parmi les dicastères actuels de la Curie romaine : il est présidé directement par le pape lui-même, qui en est le préfet en titre, tandis que deux pro-préfets — l'un pour chacune de ses deux sections — gouvernent en son nom et sous son autorité[2]. Aucun autre dicastère ne connaît cette configuration. Praedicate Evangelium place en outre ce Dicastère en tête de la liste des seize dicastères de la Curie, signe explicite de la primauté de la mission évangélisatrice dans la réforme voulue par François[3].

L'institution recouvre aujourd'hui deux héritages distincts, réunis en une seule structure à deux sections. La Section pour les questions fondamentales de l'évangélisation dans le monde, dirigée par Mgr Fisichella, prolonge le travail du Conseil pontifical fondé en 2010 : catéchèse, nouvelle évangélisation des pays de vieille chrétienté sécularisée, organisation des Jubilés. La Section pour la première évangélisation et les nouvelles Églises particulières, dirigée par le cardinal Tagle, prolonge quant à elle quatre siècles d'histoire missionnaire : elle gouverne aujourd'hui plus d'un millier de circonscriptions ecclésiastiques de mission — archidiocèses, diocèses, vicariats et préfectures apostoliques — et a la charge des quatre Œuvres Pontificales Missionnaires[4].

Quatre cents ans séparent la bulle Inscrutabili Divinæ de Grégoire XV du motu proprio de Benoît XVI Ubicumque et Semper, et pourtant les deux textes répondent à la même urgence : porter l'Évangile là où il n'est pas encore reçu, ou là où il a cessé d'être vécu. C'est cette double urgence — mission ad gentes vers les peuples qui n'ont jamais entendu l'annonce du Christ, et nouvelle évangélisation des sociétés déchristianisées — que le Dicastère pour l'Évangélisation a pour tâche de porter, sous l'autorité directe du successeur de Pierre.

Une primauté voulue : le premier dicastère de la Curie

Le pape, préfet en personne

Infographie — illustration originale Ignispedia créée par IA. La présidence pontificale et les deux sections. D’après Praedicate Evangelium, art. 53–54.

L'article 54 de Praedicate Evangelium énonce sans ambiguïté la gouvernance du nouveau Dicastère :

« Le Dicastère pour l'Évangélisation est présidé directement par le Pontife romain. Chacune des deux sections est gouvernée en son nom et par son autorité par un pro-préfet, lui-même assisté selon l'article 14 § 2. » — Pape François, constitution apostolique Praedicate Evangelium, 19 mars 2022, art. 54[5]

Cette disposition est sans équivalent parmi les seize dicastères actuels de la Curie romaine[6]. Chaque autre dicastère — Doctrine de la Foi, Évêques, Clergé, Culte divin, etc. — est dirigé par un cardinal préfet nommé par le pape mais distinct de lui. Ici, le pape ne délègue pas la présidence : il l'exerce lui-même, tandis que les deux pro-préfets assument la gestion quotidienne « en son nom et par son autorité ». Le choix n'est pas seulement protocolaire. Il signifie que la responsabilité missionnaire de l'Église catholique n'est déléguée à personne : elle demeure, au sommet, entre les mains directes du successeur de Pierre, successeur des Apôtres à qui le Christ ressuscité confia le mandat « Allez, de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28, 19).

Pourquoi ce rang au sein de la Curie romaine

Dans la liste des seize dicastères qu'établit Praedicate Evangelium, le Dicastère pour l'Évangélisation figure en tout premier, avant même le Dicastère pour la Doctrine de la Foi qui occupait la première place dans l'ancienne constitution Pastor Bonus de 1988[7]. Un commentaire de l'agence Catholic News Agency, repris et traduit par le portail ACI Afrique, explique la portée de ce choix :

« Si tous les dicastères jouissent d'une égale dignité juridique et exercent tous un pouvoir de juridiction, l'ordre de leur énumération n'a pas de valeur juridique en soi ; il est néanmoins significatif, au moins pour les trois premiers. En donnant au Dicastère pour l'Évangélisation le rang de préséance, ce choix rend explicite la perspective missionnaire dans laquelle a été conduite la vision d'ensemble de la réforme curiale. » — Catholic News Agency, cité par ACI Afrique, commentaire sur Praedicate Evangelium[8]

Le préambule de la constitution rappelle lui-même que l'annonce de l'Évangile constitue « le premier service que l'Église peut rendre à tout homme et à l'humanité entière dans le monde actuel »[9]. Placer l'évangélisation en tête de la Curie ne revient pas à subordonner la doctrine, le gouvernement des Églises particulières ou la charité : il s'agit d'orienter toute la Curie vers sa finalité missionnaire, dans le droit fil de l'exhortation de François dans Evangelii Gaudium : une Église dont les agents pastoraux sont mis « en constante attitude de "sortie" », et où « toute structure ecclésiale devienne un canal adéquat pour l'évangélisation du monde actuel »[10]. Pour le développement complet de cette théologie de la nouvelle évangélisation, voir l'article dédié : La nouvelle évangélisation.

Quatre siècles d'histoire : de Propaganda Fide au Dicastère pour l'Évangélisation

1622 : Grégoire XV et la fondation de la Sacrée Congrégation de Propaganda Fide

Portrait du pape Grégoire XV, Guido Reni, 1622, Corsham Court. Guido Reni (1575–1642), Wikimedia Commons, Domaine public.

Le 6 janvier 1622, en la solennité de l'Épiphanie — fête de la manifestation du Christ aux nations —, le pape Grégoire XV réunit treize cardinaux et deux prélats et leur annonce son intention de constituer une congrégation permanente et bien organisée pour la propagation de la foi catholique[11]. L'acte fondateur est confirmé et doté de ses pouvoirs juridiques par la bulle Inscrutabili Divinæ Providentiæ Arcano, publiée le 22 juin 1622[12]. Le pontificat de Grégoire XV, l'un des plus courts du XVIIᵉ siècle, est étudié en détail dans l'article consacré à ce pape ; voir Grégoire XV (1621-1623).

La fondation répond à une double urgence historique. D'une part, les grandes découvertes des XVᵉ-XVIᵉ siècles ont ouvert à l'Église des continents entiers — Amériques, Afrique, Asie — dont l'évangélisation dépendait jusque-là presque exclusivement des couronnes ibériques, par le régime du patronato espagnol et du padroado portugais : les rois d'Espagne et du Portugal nommaient les évêques, finançaient les missions et contrôlaient le clergé de leurs colonies en vertu de privilèges pontificaux anciens[13]. D'autre part, la Réforme protestante avait fragmenté l'unité religieuse de l'Europe du Nord, rendant urgente une coordination romaine de la reconquête catholique en Hollande, en Angleterre et dans l'Europe centrale[14]. Une commission cardinalice informelle existait déjà depuis le pontificat de Grégoire XIII (1572-1585) — les cardinaux Caraffa, Médicis et Santorio, chargés de promouvoir l'union avec Rome des chrétiens orientaux —, mais cette structure personnelle s'était éteinte après la mort de Clément VIII[15].

La bulle Inscrutabili Divinæ revendique pour le pape, au plus haut degré, le devoir et le droit de répandre la foi chrétienne sur toute la terre, comme tâche première du pasteur suprême des âmes[16]. L'enjeu de fond de la nouvelle congrégation est de rendre au Saint-Siège la direction effective des missions et de promouvoir, contre la tendance des puissances coloniales à traiter l'Église locale comme un prolongement de leur administration, un clergé indigène véritablement enraciné dans les Églises de mission — orientation qui restera l'un des grands principes de l'institution, parfois en tension ouverte avec les intérêts impériaux[17].

Urbain VIII et l'outillage missionnaire de Rome (1623-1644)

Infographie — illustration originale Ignispedia créée par IA. Deux instruments de Propaganda Fide ; scènes symboliques. D’après la Catholic Encyclopedia citée en note.

Le cardinal Maffeo Barberini, membre de la commission fondatrice de 1622, devient pape sous le nom d'Urbain VIII dès l'année suivante (1623-1644) et donne à la jeune congrégation ses instruments de travail durables. En 1627, par la bulle Immortalis Dei, il fonde le Collegium Urbanum — le Collège urbain de Propaganda Fide —, séminaire central romain destiné à former sur place, loin des influences coloniales, des prêtres missionnaires et des prêtres indigènes issus des terres de mission elles-mêmes[18]. Peu auparavant, en 1626, la congrégation s'était dotée d'une imprimerie polyglotte capable de produire des livres liturgiques et catéchétiques dans une multitude d'alphabets — arabe, arménien, syriaque, éthiopien, et bientôt les langues d'Asie et des Amériques —, afin que l'annonce de l'Évangile puisse se faire, autant que possible, dans la langue des peuples évangélisés[19].

Encadrer les empires sans s'y soumettre

Le rapport entre Propaganda Fide et les puissances coloniales reste, pendant deux siècles et demi, une tension structurelle. La congrégation cherche à garantir l'universalité de la mission de l'Église — non subordonnée à une couronne particulière — tout en composant avec des royaumes qui financent effectivement l'essentiel de l'effort missionnaire. Dès 1659, une instruction de la congrégation aux vicaires apostoliques d'Extrême-Orient encourage explicitement le développement d'un clergé indigène et une forme d'inculturation respectueuse des usages locaux compatibles avec la foi catholique[20]. La bulle Neminem Profecto de 1845 réaffirme ce mandat de formation d'évêques autochtones, même si son application concrète reste, pendant des décennies, minimale sur le terrain[21]. La question de la préséance entre clergé missionnaire étranger et clergé natif ne sera véritablement tranchée qu'au XXᵉ siècle : en 1924, la congrégation abolit la précédence automatique accordée aux prêtres étrangers sur le clergé né dans le pays[22].

La réforme de saint Pie X : Sapienti Consilio (1908)

Infographie — illustration originale Ignispedia créée par IA. Chronologie institutionnelle de 1622 à 2022 ; vues symboliques. Sources : références historiques de l’article.

Au tournant du XXᵉ siècle, une partie du monde catholique cesse d'être un « territoire de mission » au sens strict : les communautés catholiques des pays anglophones et néerlandophones se sont solidement enracinées et dotées de hiérarchies stables. Par la constitution apostolique Sapienti Consilio, en juin 1908, saint Pie X retire à Propaganda Fide sa juridiction sur les États-Unis, le Canada, Terre-Neuve, l'Angleterre, l'Irlande, les Pays-Bas et le Luxembourg, avec effet au 3 novembre 1908[23]. La même réforme restructure les compétences de la congrégation, qui perd son autorité générale sur les questions de doctrine, les causes matrimoniales et la discipline des rites sacrés dans les territoires qui demeurent sous sa tutelle, pour se concentrer sur une fonction de régulation administrative des missions proprement dites[24].

1917 : la séparation des Églises orientales

Une seconde amputation de compétence intervient sous Benoît XV. Par le motu proprio Dei Providentis, daté du 1ᵉʳ mai 1917 et entré en vigueur le 1ᵉʳ décembre 1917, le pape rend autonome la section de Propaganda Fide consacrée aux chrétiens orientaux, créant une congrégation distincte pour l'Église orientale[25]. Le motu proprio explique ce choix par le souci de dissiper la crainte que les chrétiens orientaux ne reçoivent pas, au sein d'une congrégation pensée pour les missions lointaines, la considération particulière que leur devait le Siège romain[26]. C'est par un acte distinct, le motu proprio Orientis catholici du 15 octobre 1917, que le même pape fonde l'Institut pontifical oriental, voué aux études orientales[27]. Cet institut d'études supérieures, aujourd'hui rattaché à l'Université grégorienne, est distinct du Dicastère pour les Églises orientales[28]. Son histoire propre fera l'objet d'un article Ignispedia dédié.

1967 : Paul VI et la naissance de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples

Le grand concile Vatican II (1962-1965) redonne à la théologie missionnaire un fondement christologique et ecclésiologique explicite, notamment dans le décret Ad Gentes sur l'activité missionnaire de l'Église. Dans la foulée de la réforme générale de la Curie romaine, le pape Paul VI promulgue, le 15 août 1967, la constitution apostolique Regimini Ecclesiæ Universæ, qui rebaptise la Sacrée Congrégation de Propaganda Fide en Congrégation pour l'évangélisation des peuples[29]. Le changement de nom n'est pas cosmétique : le mot « propaganda », qui désignait simplement au XVIIᵉ siècle l'action de « propager » la foi, avait pris entre-temps, dans le vocabulaire politique du XXᵉ siècle, une connotation péjorative de manipulation des esprits, incompatible avec l'esprit d'une annonce libre et respectueuse de l'Évangile[30].

Les grands préfets du XXᵉ siècle

Neuf cardinaux se succèdent à la tête de la congrégation entre le début du XXᵉ siècle et sa fusion en 2022, dont plusieurs figures majeures de la diplomatie et de la théologie missionnaire catholiques contemporaines.

  1. 1918-1932
    Cardinal Willem Marinus van Rossum
    rédemptoriste néerlandais

    Premier cardinal rédemptoriste de l'histoire, il dirige la congrégation pendant les grandes réorganisations de l'entre-deux-guerres.

  2. 1933-1960
    Cardinal Pietro Fumasoni Biondi
    ancien délégué apostolique aux États-Unis

    Le plus long mandat de préfet de l'histoire de la congrégation au XXᵉ siècle, traversant la Seconde Guerre mondiale et la décolonisation naissante.

  3. 1958-1970
    Cardinal Grégoire-Pierre XV Agagianian
    patriarche arménien-catholique de Cilicie

    Considéré comme papabile lors des conclaves de 1958 et 1963, il est le premier préfet de rite oriental à la tête de la congrégation.

  4. 1970-1984
    Cardinal Agnelo Rossi
    ancien archevêque de São Paulo

    Premier préfet issu d'Amérique latine, à un moment où l'Église brésilienne connaît une croissance missionnaire considérable.

  5. 1985-2001
    Cardinal Jozef Tomko
    prélat slovaque

    Seize années de préfecture marquées par l'encyclique missionnaire Redemptoris Missio (1990) de Jean-Paul II, dont il accompagne la réception dans les Églises de mission.

  6. 2001-2006
    Cardinal Crescenzio Sepe
    futur archevêque de Naples

    Nommé cardinal en février 2001 puis préfet la même année ; quitte la charge en mai 2006 pour le siège archiépiscopal de Naples.

  7. 2006-2011
    Cardinal Ivan Dias
    ancien archevêque de Bombay

    Premier préfet d'origine indienne, nommé le 20 mai 2006.

  8. 2011-2019
    Cardinal Fernando Filoni
    diplomate vatican, ancien nonce en Irak

    Nommé le 10 mai 2011, il quitte la charge le 8 décembre 2019 pour devenir Grand Maître de l'Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem.

  9. 2019-2022
    Cardinal Luis Antonio G. Tagle
    dernier préfet de la Congrégation, premier pro-préfet du Dicastère

    Nommé le 8 décembre 2019, il devient pro-préfet de la Section pour la première évangélisation lors de la fusion du 5 juin 2022 — fonction qu'il occupe toujours aujourd'hui.

Cette succession de préfets — hollandais, arménien, brésilien, slovaque, italien, indien puis philippin — illustre la vocation universelle de l'institution, à la tête de laquelle se sont succédé des pasteurs venus de presque tous les continents évangélisés depuis 1622.

Les Œuvres Pontificales Missionnaires, bras populaire de la mission

À côté de son administration centrale, la congrégation devenue Dicastère s'appuie, depuis le XIXᵉ siècle, sur quatre associations nées de l'initiative de laïcs et de prêtres, devenues « pontificales » par la volonté de Pie XI en 1922 et aujourd'hui rattachées organiquement à la Section pour la première évangélisation[31].

Pauline Jaricot et la Propagation de la Foi (1822)

Portrait de Pauline Jaricot conservé par les Œuvres Pontificales Missionnaires en France, Lyon. Œuvres Pontificales Missionnaires de France (photographie), Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Le 3 mai 1822, à Lyon, une jeune laïque de vingt-trois ans, Pauline Jaricot, fonde l'Œuvre de la Propagation de la Foi. Son principe est d'une simplicité radicale : réunir de petits groupes de dix personnes, chacune s'engageant à prier pour les missions et à donner un centime par semaine, chaque membre étant à son tour chargé d'enrôler dix autres personnes selon le même schéma[32]. Ce système de collecte en réseau — que des historiens contemporains comparent à l'ancêtre du financement participatif — connaît une croissance foudroyante : l'Œuvre compte 150 000 membres en 1830 et 2,25 millions à la mort de sa fondatrice, le 9 janvier 1862[33]. Pauline Jaricot est également à l'origine du Rosaire Vivant, mouvement de diffusion populaire de la prière mariale. Elle a été béatifiée à Lyon le 22 mai 2022, quelques semaines avant l'entrée en vigueur de Praedicate Evangelium[34].

« De la part de tous, selon les possibilités, à tous, selon les nécessités ! » — Principe fondateur attribué à Pauline Jaricot, repris comme devise de l'Œuvre de la Propagation de la Foi[35]

La Sainte-Enfance de Mgr de Forbin-Janson (1843)

Infographie — illustration originale Ignispedia créée par IA. Les quatre œuvres et leurs missions ; scènes symboliques. D’après l’histoire des OPM citée en note.

En 1843, l'évêque de Nancy Mgr Charles de Forbin-Janson fonde l'Œuvre de la Sainte-Enfance (aujourd'hui Enfance missionnaire), destinée à faire participer les enfants d'Europe au soutien matériel et spirituel des enfants les plus pauvres et les plus menacés des terres de mission — orphelins, enfants abandonnés, enfants exposés à l'infanticide dans certaines régions d'Asie[36]. L'idée pédagogique est fondatrice pour la mission catholique moderne : associer les plus jeunes, dès l'enfance, à la responsabilité missionnaire universelle de l'Église.

Jeanne Bigard et l'Œuvre de Saint-Pierre-Apôtre (1889)

En 1889, à Caen, Jeanne Bigard et sa mère Stéphanie Bigard créent l'Œuvre de Saint-Pierre-Apôtre, consacrée spécifiquement au soutien financier et spirituel de la formation des séminaristes et des futurs prêtres indigènes dans les pays de mission[37]. Cette œuvre répond directement à la priorité pastorale, réaffirmée depuis le XVIIᵉ siècle par la congrégation romaine, d'un clergé véritablement enraciné dans les Églises locales plutôt que perpétuellement importé.

L'Union Pontificale Missionnaire du clergé (1916)

En 1916, à Parme, le père Paolo Manna, missionnaire de retour de Birmanie, fonde l'Union Missionnaire du Clergé, destinée à éveiller chez les prêtres, séminaristes et religieux du monde entier une conscience missionnaire personnelle — au-delà du seul don financier. L'association devient officiellement, en 1956, l'Union Pontificale Missionnaire (UPM), quatrième et dernière des Œuvres Pontificales Missionnaires[38].

Pie XI et la reconnaissance pontificale de 1922

Le centenaire de l'Œuvre de la Propagation de la Foi, en 1922, fournit à Pie XI l'occasion de donner à ces initiatives nées de la base leur statut définitif. Par le motu proprio Romanorum Pontificum, daté du 3 mai 1922, il élève les Œuvres au rang d'« Œuvres pontificales », transfère leur siège central de Lyon à Rome et les place sous l'égide directe de la congrégation romaine des missions[39]. Le pape reconnaît ainsi officiellement le charisme de ces initiatives laïques et populaires, en fait siennes, et les érige en instrument privilégié de son propre gouvernement missionnaire — par la prière et la charité de tous les fidèles.

L'Agence Fides et la Journée Mondiale des Missions

Pour faire connaître les missions par la presse, le Conseil supérieur général de l'Œuvre de la Propagation de la Foi obtient de Pie XI la fondation, le 5 juin 1927, de l'Agence Fides, première agence de presse missionnaire catholique et l'une des toutes premières agences d'information au monde spécialisées dans ce domaine[40]. Son premier directeur est le père John Considine, missionnaire de Maryknoll ; l'agence publie d'abord en anglais et en français, puis en italien (1929), espagnol (1930), allemand (1932) et, plus tard, en chinois, portugais et arabe[41]. La même année, en 1926, Pie XI institue la Journée Mondiale des Missions, célébrée depuis lors à l'avant-dernier dimanche d'octobre, comme « fête de la catholicité et de la solidarité universelle »[42] — moment où l'ensemble des diocèses du monde catholique verse une quête destinée à soutenir, par l'intermédiaire du Dicastère, les Églises les plus pauvres.

La nouvelle évangélisation : un second pilier institué par Benoît XVI (2010)

Infographie — illustration originale Ignispedia créée par IA. Les deux héritages institutionnels réunis en 2022. D’après Praedicate Evangelium.

Le second héritage institutionnel absorbé en 2022 naît d'un constat différent : celui, non plus des terres n'ayant jamais reçu l'annonce du Christ, mais des sociétés autrefois chrétiennes devenues, en quelques générations, largement étrangères à la foi. Par le motu proprio Ubicumque et Semper, promulgué le 21 septembre 2010, en la fête de saint Matthieu, Benoît XVI institue le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation[43]. Le texte pose un diagnostic sans détour :

« nous connaissons malheureusement également des régions qui apparaissent pratiquement entièrement déchristianisées, dans lesquelles la lumière de la foi est confiée au témoignage de petites communautés: ces terres, qui auraient besoin d'une première annonce renouvelée de l'Evangile semblent être particulièrement réfractaires à de nombreux aspects du message chrétien. » — Benoît XVI, motu proprio Ubicumque et Semper, 21 septembre 2010[44]

Le Conseil se voit confier une triple mission : approfondir la théologie de la nouvelle évangélisation, promouvoir les initiatives existantes ou nouvelles dans les Églises locales de vieille chrétienté, et encourager l'usage des moyens modernes de communication ainsi que la diffusion du Catéchisme de l'Église catholique[45]. Mgr Rino Fisichella, alors président du même Conseil, en assure la direction dès sa fondation ; c'est ce même prélat qui devient, en 2022, pro-préfet de la Section correspondante du nouveau Dicastère. Sous sa présidence, le Conseil organise notamment l'Année de la foi (octobre 2012 - novembre 2013) et le Synode des évêques d'octobre 2012 consacré à la nouvelle évangélisation.

Le développement théologique complet de cette notion — de Evangelii Nuntiandi de Paul VI (1975) aux discours fondateurs de Jean-Paul II sur « la nouvelle évangélisation », jusqu'à l'exhortation Evangelii Gaudium de François (2013) — dépasse le cadre du présent article institutionnel ; il est traité en détail dans l'article dédié : La nouvelle évangélisation (1975-aujourd'hui).

Praedicate Evangelium (2022) : la fusion et la naissance du Dicastère

Une gouvernance inédite : le Pontife romain, préfet direct

Le 19 mars 2022, en la solennité de saint Joseph, le pape François signe la constitution apostolique Praedicate Evangelium sur la Curie romaine et son service à l'Église dans le monde, après neuf années de consultations conduites par le Conseil des cardinaux (le « C9 »)[46]. Le texte entre en vigueur le 5 juin 2022, en la solennité de la Pentecôte[47] — date hautement symbolique, puisque c'est à la Pentecôte que l'Église reçoit l'Esprit Saint qui la lance dans sa mission universelle (Ac 2). L'article 53 § 1 fixe l'objet même du Dicastère nouvellement fusionné :

« Le Dicastère est au service de l'œuvre d'évangélisation afin que le Christ, lumière des nations, soit connu et qu'il lui soit rendu témoignage en paroles et en actes et que s'édifie son Corps mystique, qui est l'Église. » — Pape François, Praedicate Evangelium, art. 53 § 1[48]

La Section pour les questions fondamentales de l'évangélisation dans le monde

Infographie — illustration originale Ignispedia créée par IA. Une répartition complémentaire des tâches. D’après Praedicate Evangelium.

La première section prolonge la mission du Conseil pontifical de 2010. L'article 55 § 1 lui confie la tâche d'étudier, en collaboration avec les Églises particulières et avec les autres dicastères concernés, les questions fondamentales de l'évangélisation dans le monde contemporain — sécularisation, indifférence religieuse, nouveaux langages de communication, promotion et diffusion du Catéchisme[49]. Concrètement, cette section organise également l'Année sainte ou Jubilé, événement dont Mgr Fisichella a la charge directe depuis 2016 — année du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde — jusqu'au récent Jubilé ordinaire de 2025.

La Section pour la première évangélisation et les nouvelles Églises particulières

La seconde section, héritière directe de l'ancienne Congrégation pour l'évangélisation des peuples, soutient l'annonce de l'Évangile et l'approfondissement de la vie de foi dans les territoires de première évangélisation, selon les termes de l'article 61[50]. Concrètement, cette section conserve, presque à l'identique, les compétences historiques de Propaganda Fide : nomination des évêques dans les territoires de mission (à l'exclusion des Églises orientales, du ressort d'un dicastère distinct), érection de nouvelles circonscriptions ecclésiastiques, formation du clergé indigène par le réseau des collèges pontificaux issus du Collegium Urbanum de 1627, et supervision générale de l'effort missionnaire.

D'après les données rendues publiques lors de la fusion en 2022, la Section gouverne encore aujourd'hui, à travers le monde, environ 186 archidiocèses, 785 diocèses, 82 vicariats apostoliques et 39 préfectures apostoliques[51] — soit plus d'un millier de circonscriptions ecclésiastiques, principalement en Afrique subsaharienne, en Asie et en Océanie, où l'implantation de l'Église reste, à des degrés divers, en phase de consolidation missionnaire.

CompétenceSection I (fondamentale)Section II (première évangélisation)
Héritage institutionnelConseil pontifical pour la nouvelle évangélisation (2010)Congrégation pour l'évangélisation des peuples (Propaganda Fide, 1622)
Pro-préfet actuelMgr Salvatore FisichellaCardinal Luis Antonio G. Tagle
Territoire d'actionSociétés sécularisées de vieille chrétientéTerritoires n'ayant pas encore d'Église particulière stable
Compétence phareCatéchèse, diffusion du Catéchisme, organisation des JubilésNomination des évêques de mission, érection de circonscriptions
Œuvres rattachées—Les quatre Œuvres Pontificales Missionnaires, l'Agence Fides

Les Œuvres Pontificales Missionnaires rattachées à la Section II

L'article 67 § 1 précise que les Œuvres Pontificales Missionnaires demeurent formellement confiées à la Section pour la première évangélisation[52] : l'Œuvre pontificale pour la Propagation de la Foi, l'Œuvre pontificale de Saint-Pierre-Apôtre, l'Œuvre pontificale de la Sainte-Enfance et l'Union Pontificale Missionnaire continuent ainsi, un à deux siècles après leur fondation respective, à alimenter — par la prière et par la collecte annuelle du Dimanche des Missions — le fonds central de solidarité missionnaire administré par le Dicastère.

Le Dicastère aujourd'hui

Organigramme actuel

D'après l'organigramme officiel publié sur le site du Saint-Siège, la structure de direction du Dicastère se présente, à l'été 2026, ainsi[53] :

FonctionTitulaireSection
PréfetLe pape Léon XIVLes deux sections
Pro-préfetMgr Salvatore « Rino » FisichellaSection I
Délégué pour la catéchèseMgr Franz-Peter Tebartz-van ElstSection I
Sous-secrétairesMgr Graham Bell, Mgr Graziano BorgonovoSection I
Pro-préfetCardinal Luis Antonio G. TagleSection II
SecrétaireMgr Fortunatus NwachukwuSection II
Secrétaire adjoint (administration)Mgr Samuele SangalliSection II
Sous-secrétaireMgr Erwin José Aserios BalagapoSection II
Chefs de bureauMgr Han Hyuntaek, Mgr Sergio Bertocchi, Mgr Gilbert Ndyamukama GosbertSection II

Le sous-secrétariat de Mgr Erwin José Aserios Balagapo, philippin de 53 ans, docteur en droit canonique et en théologie, ordonné prêtre en 1996 pour le diocèse de Palo, illustre bien la continuité entre l'ancienne administration missionnaire et la nouvelle : nommé le 7 novembre 2024, il occupait déjà, au sein de la même Section II, la fonction de chef de bureau[54].

Le Jubilé de 2025 et le rôle organisateur de Mgr Fisichella

Le pro-préfet de la Section I, Mgr Fisichella, a pris en charge l'organisation logistique et pastorale complète du Jubilé ordinaire de 2025, dans la continuité de sa mission déjà exercée lors du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde en 2016. Interrogé par plusieurs médias catholiques au cœur de l'Année sainte, il a témoigné de l'ampleur inédite de l'afflux de pèlerins à Rome, décrivant l'expérience de « voir tous ces pèlerins prier » à Rome comme donnant « une très grande impression »[55]. L'organisation d'un Jubilé — accueil de plusieurs millions de pèlerins, gestion des passages de la Porte sainte, catéchèses et célébrations dédiées — relève statutairement de la Section I, conformément à l'article 55 de Praedicate Evangelium.

Le pontificat de Léon XIV : continuité et premières nominations

Le cardinal Luis Antonio Tagle à la cathédrale de Manille, 29 juin 2016. Perrant / Giovanni Guida, Wikimedia Commons, CC BY 3.0. Recadrage publié sur Commons.

À la mort du pape François, le 21 avril 2025, le mandat des pro-préfets du Dicastère a, selon les termes mêmes de Praedicate Evangelium, cessé de plein droit[56] — comme celui de l'ensemble des titulaires de la Curie. Le nouveau pape, Léon XIV, élu le 8 mai 2025, a provisoirement reconduit l'ensemble des titulaires en fonction, dont Mgr Fisichella et le cardinal Tagle, qui continuent d'exercer leurs charges respectives[57]. Le cardinal Tagle a ainsi poursuivi, sous le nouveau pontificat, ses missions de représentation — présidant par exemple, le 2 juillet 2026, en tant qu'envoyé de Léon XIV, une messe de béatification d'un prêtre martyr vietnamien[58].

Le 27 juin 2026, Léon XIV a procédé à de nouvelles nominations de membres — non de titulaires — au sein de la Section pour les questions fondamentales de l'évangélisation : Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et ancien président de la Conférence des évêques de France, Mgr Filippo Iannone, préfet du Dicastère pour les Évêques, et Mgr Peter Andrew Comensoli, archevêque de Melbourne[59]. Ces nominations de prélats extérieurs à l'administration romaine, appelés à siéger comme membres consultatifs du Dicastère, illustrent la pratique désormais constante, depuis Praedicate Evangelium, d'associer des évêques diocésains du monde entier aux grandes orientations des dicastères romains.

Signification théologique : pourquoi l'évangélisation vient en premier

Infographie — illustration originale Ignispedia créée par IA. Les deux champs missionnaires évoqués dans l’article. D’après Mt 28, 19–20 et Redemptoris Missio.

Le Catéchisme de l'Église catholique rappelle que l'Église, par nature, est missionnaire : « De par sa nature, l'Église, durant son pèlerinage sur terre, est missionnaire » (CEC § 850), envoyée par le Christ ressuscité selon le mandat que rapporte l'évangile selon saint Matthieu :

« Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde. » — Matthieu 28, 19-20 (traduction liturgique AELF)

Cette conviction traverse tout le magistère missionnaire contemporain. Jean-Paul II, dans l'encyclique Redemptoris Missio du 7 décembre 1990, rappelait que « La mission du Christ Rédempteur, confiée à l'Eglise, est encore bien loin de son achèvement » (n. 1) et qu'« Aucun de ceux qui croient au Christ, aucune institution de l'Eglise ne peut se soustraire à ce devoir suprême: annoncer le Christ à tous les peuples » (n. 3)[60]. Le même texte distingue avec précision la mission ad gentes proprement dite — qui s'adresse «aux peuples et aux groupes humains qui ne croient pas encore au Christ» (n. 34) — de la nouvelle évangélisation des baptisés ayant « perdu le sens de la foi vivante » et menant « une existence éloignée du Christ et de son Evangile » (n. 33) ; et il précise que, sans la mission ad gentes, « cette dimension missionnaire de l'Eglise serait privée de sa signification fondamentale et de sa réalisation exemplaire » (n. 34)[61]. C'est très exactement cette double urgence, mission ad gentes et nouvelle évangélisation, que le Dicastère pour l'Évangélisation a pour tâche de coordonner depuis 2022 à travers ses deux sections.

L'ecclésiologie du concile Vatican II fournit le fondement dogmatique de cette conviction. Le décret Ad Gentes enseigne que « Par nature, l'Église, durant son pèlerinage sur terre, est missionnaire, puisqu'elle-même tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le Père »[62]. Le Dicastère pour l'Évangélisation, en réunissant sous une même autorité pontificale directe l'héritage de Propaganda Fide et celui de la nouvelle évangélisation, traduit institutionnellement cette conviction centrale : l'annonce de l'Évangile n'est pas une activité parmi d'autres de l'Église, à côté du gouvernement, de la liturgie ou de la charité — elle est la raison d'être de l'Église elle-même, « le premier service » qu'elle rend au monde[63].

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Pape François, constitution apostolique Praedicate Evangelium sur la Curie romaine et son service à l'Église dans le monde, signée le 19 mars 2022, en vigueur depuis le 5 juin 2022, art. 53-68 (section consacrée au Dicastère pour l'Évangélisation), notamment art. 53 § 1, 54, 55 § 1, 61 et 67 § 1. Texte intégral en français sur vatican.va.

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  2. Saint-Siège, Dicastère pour l'Évangélisation — Structure, page officielle de la Curie romaine, vatican.va/content/romancuria/fr/dicasteri/dicastero-evangelizzazione/struttura.html, consultée en juillet 2026. Liste nominative des pro-préfets, secrétaires et sous-secrétaires des deux sections.

    2 53
  3. Catholic News Agency, explication de Praedicate Evangelium, citée et traduite par ACI Afrique, Comment Praedicate Evangelium change les dicastères du Vatican, aciafrique.org/news/5137. Sur la portée de l'ordre de préséance des dicastères dans le texte de 2022.

    3 8
  4. Wikipédia (anglais), Congregation for the Evangelization of Peoples, en.wikipedia.org/wiki/Congregation_for_the_Evangelization_of_Peoples, consulté en juillet 2026. Statistiques 2022 : 186 archidiocèses, 785 diocèses, 82 vicariats apostoliques, 39 préfectures apostoliques sous la juridiction de la congrégation à la veille de sa fusion dans le Dicastère.

    4 51
  5. Wikipédia (anglais), Dicastery for Evangelization, en.wikipedia.org/wiki/Dicastery_for_Evangelization, consulté en juillet 2026. Entrée en vigueur au 5 juin 2022 (Pentecôte) ; structure de gouvernance par le pape en personne comme préfet, cas unique parmi les dicastères de la Curie romaine.

    6 47
  6. Pape François, Praedicate Evangelium, art. 69 et préambule sur la genèse du texte : neuf années de consultation du Conseil des cardinaux (« C9 ») avant promulgation le 19 mars 2022, entrée en vigueur le 5 juin 2022. Texte sur vatican.va.

    7 46
  7. Pape François, Praedicate Evangelium, préambule n. 1 : l'annonce de l'Évangile comme « le premier service que l'Église peut rendre à tout homme et à l'humanité entière dans le monde actuel ». Texte intégral sur vatican.va.

    9 63
  8. Pape François, exhortation apostolique Evangelii Gaudium, 24 novembre 2013, n. 27 : « toute structure ecclésiale devienne un canal adéquat pour l'évangélisation du monde actuel », les agents pastoraux « en constante attitude de "sortie" ». Texte sur vatican.va.

    10
  9. Agenzia Fides, VATICAN - On January 6, 1622, Pope Gregory XV founded the Congregation "de Propaganda Fide" for the reunification of Christians and the spread of the faith, fides.org/en/news/71395. Réunion des treize cardinaux et deux prélats le 6 janvier 1622, en la solennité de l'Épiphanie.

    11
  10. Catholic Encyclopedia (1907-1912), article Sacred Congregation of Propaganda, newadvent.org/cathen/12456a.htm. Bulle Inscrutabili Divinæ Providentiæ Arcano du 22 juin 1622 ; contexte des grandes découvertes et de la Réforme protestante ; commission cardinalice de Grégoire XIII ; fondation du Collegium Urbanum par la bulle Immortalis Dei (1627) ; imprimerie polyglotte (1626) ; instruction de 1659 sur le clergé indigène ; bulle Neminem Profecto (1845) ; abolition de la préséance du clergé étranger (1924).

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  11. Denver Catholic, Rethinking "mission territory", denvercatholic.org/rethinking-mission-territory, consulté en juillet 2026 (republié à partir de First Things, février 2018). Constitution apostolique Sapienti Consilio de saint Pie X, juin 1908, effective le 3 novembre 1908 : retrait de la juridiction de Propaganda Fide sur les États-Unis, le Canada, Terre-Neuve, l'Angleterre, l'Irlande, les Pays-Bas et le Luxembourg ; restriction des compétences de la congrégation à la régulation administrative des missions.

    23 24
  12. Wikipédia (français), Congrégation pour les Églises orientales, fr.wikipedia.org/wiki/Congrégation_pour_les_Églises_orientales, consulté en juillet 2026. Motu proprio Dei Providentis de Benoît XV, 1ᵉʳ mai 1917, effectif le 1ᵉʳ décembre 1917 : séparation de la section orientale de Propaganda Fide en congrégation autonome.

    25 26
  13. Benoît XV, motu proprio Orientis catholici (De Instituto Pontificio studiis rerum orientalium provehendis), 15 octobre 1917 : fondation de l'Institut pontifical oriental, par un acte distinct du motu proprio Dei Providentis (1ᵉʳ mai 1917). Texte (latin) sur vatican.va.

    27
  14. Salle de presse du Saint-Siège, New configuration of the Pontifical Gregorian University, 18 mars 2024, press.vatican.va : les nouveaux statuts généraux de l'Université grégorienne, qui incorporent définitivement l'Institut pontifical biblique et l'Institut pontifical oriental (fondé en 1917, consacré aux études supérieures), entrent en vigueur le 19 mai 2024. Cf. unigre.it. L'Institut pontifical oriental est donc un institut d'études supérieures, non un dicastère de la Curie, et il est distinct du Dicastère pour les Églises orientales.

    28
  15. Wikipédia (français), Congrégation pour l'évangélisation des peuples, fr.wikipedia.org/wiki/Congrégation_pour_l'évangélisation_des_peuples, consulté en juillet 2026. Constitution apostolique Regimini Ecclesiæ Universæ de Paul VI, 15 août 1967 : renommage de la Sacrée Congrégation de Propaganda Fide en Congrégation pour l'évangélisation des peuples, motivé notamment par la connotation négative prise par le terme « propaganda » au XXᵉ siècle.

    29 30
  16. Œuvres Pontificales Missionnaires, Cardinal Préfet Luis Antonio Tagle, ppoomm.va/fr/chi-siamo/organigramma/card-prefetto-tagle.html, consulté en juillet 2026. Biographie du cardinal Tagle et rattachement institutionnel des quatre Œuvres Pontificales Missionnaires à la Section pour la première évangélisation.

    31
  17. Vatican News, L'Œuvre de la Propagation de la Foi fête son bicentenaire, mai 2022, vaticannews.va/fr/vatican/news/2022-05/opm-oeuvres-pontificales-missionnaires-vatican-pauline-jaricot.html. Fondation le 3 mai 1822 à Lyon par Pauline Jaricot (1799-1862) ; 150 000 membres en 1830, 2,25 millions à sa mort en 1862 ; béatification le 22 mai 2022.

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  18. Œuvres Pontificales Missionnaires France, Aux origines de la Journée Missionnaire Mondiale, opm-france.org/actualite/aux-origines-de-la-journee-missionnaire-mondiale, consulté en juillet 2026. Devise fondatrice de Pauline Jaricot et centenaire de l'Œuvre en 1922.

    35
  19. Œuvres Pontificales Missionnaires France, Histoire, opm-france.org/tout-savoir/histoire, consulté en juillet 2026. Fondation de l'Œuvre de la Sainte-Enfance par Mgr Charles de Forbin-Janson, évêque de Nancy, en 1843 ; fondation de l'Union Missionnaire du Clergé par le père Paolo Manna à Parme en 1916, devenue Union Pontificale Missionnaire en 1956.

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  20. RCF, L'Œuvre de Saint Pierre Apôtre, de ses origines à aujourd'hui, par Romaric Bexon, rcf.fr/articles/points-de-vue/loeuvre-de-saint-pierre-apotre-de-ses-origines-a-aujourdhui-par-romaric, consulté en juillet 2026. Fondation par Jeanne Bigard et sa mère Stéphanie Bigard à Caen en 1889, pour le soutien de la formation du clergé indigène dans les pays de mission.

    37
  21. Œuvres Pontificales Missionnaires France, Histoire, opm-france.org/tout-savoir/histoire, consulté en juillet 2026. Motu proprio Romanorum Pontificum de Pie XI, 3 mai 1922 (centenaire de l'Œuvre de la Propagation de la Foi) : reconnaissance du statut d'« Œuvres pontificales », transfert du siège central de Lyon à Rome.

    39
  22. Portail catholique suisse (cath.ch), La première agence missionnaire a été créée en 1927, cath.ch/newsf/rome-l-agence-fides-a-80-ans-en-decembre, consulté en juillet 2026. Fondation de l'Agence Fides le 5 juin 1927 à l'initiative du Conseil supérieur général de l'Œuvre de la Propagation de la Foi, approuvée par Pie XI ; premier directeur le père John Considine (Maryknoll) ; éditions successives en anglais, français, italien (1929), espagnol (1930), allemand (1932).

    40 41
  23. ZENIT, La Journée missionnaire mondiale, une "invention" de Pie XI, octobre 2002, fr.zenit.org/2002/10/14/la-journee-missionnaire-mondiale-une-invention-de-pie-xi. Institution de la Journée Mondiale des Missions par Pie XI en 1926, célébrée à l'avant-dernier dimanche d'octobre.

    42
  24. Benoît XVI, lettre apostolique en forme de motu proprio Ubicumque et Semper, instituant le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, 21 septembre 2010 (fête de saint Matthieu), sixième année du pontificat. Texte intégral en français sur vatican.va.

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  25. ZENIT, Un nouveau sous-secrétaire au sein du Dicastère pour l'évangélisation, 7 novembre 2024, fr.zenit.org/2024/11/07/un-nouveau-sous-secretaire-au-sein-du-dicastere-pour-levangelisation. Nomination de Mgr Erwin José Aserios Balagapo, 53 ans, docteur en droit canonique et théologie, ordonné en 1996 pour le diocèse de Palo (Philippines), auparavant chef de bureau de la même Section II.

    54
  26. ZENIT, Mgr Rino Fisichella : Voir tous ces pèlerins prier à Rome, "cela donne une très grande impression", 19 juin 2025, fr.zenit.org/2025/06/19/mgr-rino-fisichella-voir-tous-ces-pelerins-prier-a-rome-cela-donne-une-tres-grande-impression. Témoignage de Mgr Fisichella, pro-préfet et organisateur du Jubilé 2025, sur l'afflux des pèlerins à Rome.

    55
  27. Wikipédia (anglais), Luis Antonio Tagle, en.wikipedia.org/wiki/Luis_Antonio_Tagle, consulté en juillet 2026. Cessation de plein droit des charges curiales à la mort du pape François (21 avril 2025), reconduction provisoire par Léon XIV après son élection (8 mai 2025).

    56 57
  28. Vatican News, Cardinal Tagle : un martyr aide un monde désorienté à découvrir la vérité de Jésus, juillet 2026, vaticannews.va/fr/eglise/news/2026-07/messe-beatification-pretre-vietnamien-charite-verite-souffrance.html. Le cardinal Tagle préside le 2 juillet 2026, comme envoyé du pape Léon XIV, la messe de béatification d'un prêtre martyr vietnamien.

    58
  29. Tribune Chrétienne, Le pape Léon XIV nomme Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort membre du Dicastère pour l'Évangélisation, juin 2026, tribunechretienne.com/le-pape-leon-xiv-nomme-monseigneur-eric-de-moulins-beaufort-membre-du-dicastere-pour-levangelisation. Nomination du 27 juin 2026, Section pour les questions fondamentales de l'évangélisation ; nominations simultanées de Mgr Filippo Iannone et Mgr Peter Andrew Comensoli.

    59
  30. Saint Jean-Paul II, encyclique Redemptoris Missio sur la validité permanente du mandat missionnaire, 7 décembre 1990 (passages cités : n. 1, n. 3, n. 33 et n. 34). Texte intégral en français sur vatican.va. Sur l'achèvement inachevé de la mission du Christ Rédempteur (n. 1), le devoir suprême d'annoncer le Christ à tous les peuples (n. 3), la distinction entre mission ad gentes (n. 34) et nouvelle évangélisation des baptisés déchristianisés (n. 33).

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  31. Catéchisme de l'Église catholique, § 850, citant le décret conciliaire Ad Gentes de Vatican II (7 décembre 1965), n° 2, sur la nature intrinsèquement missionnaire de l'Église, fondée dans la mission trinitaire du Fils et de l'Esprit selon le dessein du Père. Texte du CEC sur vatican.va.

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