Bienheureuse Pauline Jaricot (1799-1862)

La bienheureuse Pauline Jaricot (1799-1862), laïque lyonnaise, fonda en 1822 l'Œuvre de la Propagation de la Foi et en 1826 le Rosaire vivant. Ruinée par la trahison de gérants malhonnêtes, elle mourut pauvre en 1862 et fut béatifiée à Lyon le 22 mai 2022 après la guérison inexpliquée d'une fillette.

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Pauline-Marie Jaricot (Lyon, 1799 — Lyon, 1862) est une laïque catholique française, fondatrice de l'Œuvre de la Propagation de la Foi (1822) et du Rosaire vivant (1826), deux réseaux de prière et de solidarité qui allaient irriguer l'Église universelle bien au-delà de sa Lyon natale.[2][3] Fille d'un riche négociant en soie, elle connaît à dix-sept ans une conversion qui la détourne du monde pour la tourner tout entière vers le service des missions et des pauvres.[4][5]

De cette conversion naît une intuition d'une simplicité redoutable : et si chaque chrétien, même le plus modeste, donnait un sou par semaine pour les missions, en s'appuyant sur des groupes de dix personnes reliées les unes aux autres ? Ce petit geste, organisé à l'échelle de tout un peuple, devient en quelques années le premier réseau social missionnaire de l'histoire catholique, ancêtre direct des Œuvres Pontificales Missionnaires reconnues par Pie XI en 1922.[6][7] Quatre ans plus tard, en 1826, elle invente sur le même principe le Rosaire vivant : quinze associés, quinze mystères, une seule dizaine de chapelet récitée par chacun chaque jour sans que personne n'ait à prier le Rosaire en entier.[8][9]

Amie spirituelle du curé d'Ars, témoin des révoltes ouvrières lyonnaises, guérie par miracle à Mugnano en 1835, Pauline Jaricot engage ensuite toute sa fortune dans une entreprise de réforme sociale chrétienne — une usine de hauts fourneaux censée offrir aux ouvriers un salaire juste, un toit et une chapelle. Trahie par des gérants malhonnêtes, elle y perd tout, jusqu'à passer les dix dernières années de sa vie dans une pauvreté extrême, s'efforçant inlassablement de rembourser ses créanciers.[10][11]

Morte oubliée le 9 janvier 1862, désignée comme fondatrice officielle par le pape Léon XIII (bref du 13 juin 1881), déclarée vénérable par saint Jean XXIII en 1963, elle est finalement béatifiée le 22 mai 2022 à Lyon devant près de 13 000 fidèles venus du monde entier, après la reconnaissance d'une guérison inexpliquée survenue en 2012.[12][13] Le pape François la propose en 2019 comme modèle missionnaire, aux côtés de sainte Thérèse de Lisieux et de saint François Xavier, lors du Mois missionnaire extraordinaire d'octobre 2019[14] : l'humble « sou de Pauline » est devenu, deux siècles plus tard, l'un des piliers du financement missionnaire de toute l'Église catholique.[15][16]

Une jeunesse lyonnaise entre soie et piété (1799-1816)

Une famille de soyeux attachée à la foi

Pauline-Marie Jaricot naît le 22 juillet 1799 à Lyon, septième et dernier enfant d'Antoine Jaricot, originaire de Soucieu-en-Jarrest devenu prospère négociant en soie, et de Jeanne Lattier, ancienne ouvrière du quartier Saint-Paul que ce dernier avait épousée le 9 avril 1782.[17] La famille, bourgeoise et pratiquante, possède des propriétés à Tassin et au château de Saint-Vallier ; elle appartient au monde très fermé des soyeux lyonnais, dont la prospérité repose alors sur le travail acharné — et souvent misérable — des tisserands de la Croix-Rousse.[18][19]

À dix ans, Pauline est envoyée en pension près de Fourvière ; le 16 avril 1812, elle reçoit sa confirmation et sa première communion en la cathédrale Saint-Jean.[20] Entre treize et dix-sept ans, cependant, la jeune fille se laisse gagner par la vie mondaine de la haute société lyonnaise — bals, toilettes, mondanités — au grand contraste avec la piété de son enfance.[21][22]

Une adolescence marquée par l'épreuve

La mort de sa mère, le 26 novembre 1814 — Pauline a alors quinze ans —, à la suite d'une grave maladie, la plonge dans un profond isolement affectif.[23][24] Deux ans plus tard, vers dix-sept ans, une chute grave lui laisse des séquelles nerveuses affectant sa parole et ses mouvements — un état que les biographes modernes rapprochent rétrospectivement d'une chorée de Sydenham.[25] De cette double épreuve — affective puis physique — naît chez elle une intériorité nouvelle, un premier détachement du monde brillant qu'elle avait commencé à fréquenter.

La conversion et le vœu de virginité (1816-1818)

« Malheur à vous qui riez » : le sermon du dimanche des Rameaux

Le tournant décisif survient au Carême de 1816. En l'église Saint-Nizier de Lyon, un sermon de l'abbé Würtz sur la vanité du monde frappe Pauline en plein cœur : elle y reconnaît, dit-elle plus tard, le portrait exact de la jeune fille frivole qu'elle était devenue.[26][27] La grâce de ce dimanche des Rameaux 1816 bouleverse durablement son existence — elle renonce d'un coup aux mondanités, aux bijoux, aux plaisirs de son rang, pour se tourner vers une vie de prière intense.

Le vœu de virginité perpétuelle à Fourvière (25 décembre 1816)

Le 25 décembre 1816, en la chapelle Notre-Dame de Fourvière qui domine Lyon, Pauline Jaricot fait vœu de virginité perpétuelle.[28][29] Ce choix, qu'elle tient secret de longues années, ne l'éloigne pas du monde : bien au contraire, il libère en elle une énergie missionnaire qui va bientôt se déployer à l'échelle universelle. Rien, dans ce vœu silencieux d'une adolescente de dix-sept ans, ne laissait deviner qu'il ouvrirait la voie à l'un des plus vastes mouvements de solidarité missionnaire de l'histoire de l'Église.

Les Réparatrices du Cœur de Jésus (1817)

Dès 1817, à peine convertie, Pauline fonde une première association de piété : « Les Réparatrices du Cœur de Jésus, méconnu et méprisé », un groupe de jeunes filles engagées à une vie de prière réparatrice et de charité discrète.[30] Ce premier essai associatif, modeste, contient déjà en germe la méthode qu'elle généralisera bientôt : rassembler des volontés isolées en un réseau organisé et priant.

« Pour donner beaucoup aux autres, il faut puiser dans son propre cœur ; et pour alimenter ce cœur, il faut puiser dans celui de Dieu. » — Bienheureuse Pauline Jaricot[31]

Naissance de l'Œuvre de la Propagation de la Foi (1818-1822)

L'appel du frère Philéas et les missions de Chine

En 1818, le frère de Pauline, Philéas Jaricot, alors séminariste à Saint-Sulpice et candidat aux Missions étrangères de Paris, sollicite sa sœur pour trouver des soutiens financiers aux missions lointaines, en particulier en Chine.[32][33] Entre 1815 et 1820, un vent missionnaire nouveau souffle sur l'Église de France, meurtrie par la Révolution — mais les missions manquent cruellement de moyens.[34] C'est ce double appel, familial et ecclésial, qui met en branle l'intuition de Pauline.

Le « sou de Pauline » et le système des dizaines (1819-1820)

Schéma explicatif — illustration originale IA. Le réseau missionnaire de Pauline. Source : Association Pauline Jaricot.

Entre 1819 et 1820, avec des ouvrières employées à la fabrique de soie que dirigent sa sœur et son beau-frère, Pauline met au point une collecte hebdomadaire d'un sou par semaine, remise « de la main à la main », accompagnée d'une intention de prière pour les missions.[35][36] L'idée décisive lui vient un soir de décembre 1819 : au lieu de multiplier les quêtes isolées, constituer des groupes de dix personnes, chacune s'engageant à donner un sou hebdomadaire, à réciter une prière quotidienne pour les missions, et à recruter à son tour dix nouveaux donateurs.[37]

Le système se déploie alors en pyramide : dix cotisants forment une dizaine, dont le responsable est une dizainière ; dix dizainières élisent une centenaire qui coordonne cent foyers ; et ainsi de suite, jusqu'à couvrir des quartiers entiers, puis des villes, puis des pays.[38][39] Ce maillage, d'une simplicité presque enfantine, permet de mobiliser des sommes considérables sans jamais demander à personne un sacrifice financier disproportionné — reprenant, à sa manière, le principe évangélique de l'obole de la veuve : peu, donné par le plus grand nombre, devient beaucoup.[40]

La fondation officielle du 3 mai 1822

Le 3 mai 1822, à Lyon, l'Œuvre de la Propagation de la Foi est officiellement constituée, avec son siège installé dans la ville même où tout avait commencé « main à la main » trois ans plus tôt.[41][42] Lorsque la structure se révèle capable de fonctionner sans elle et de dépasser largement son échelle personnelle, Pauline ne cherche jamais à en garder la maîtrise :

« Tant mieux, si l'œuvre a été prise en charge par des mains plus expertes que les miennes. » — Bienheureuse Pauline Jaricot[43]

Convaincue par ailleurs que l'information sur les missions devait être largement diffusée pour nourrir la générosité des donateurs, Pauline organise dès 1822 l'impression et la distribution de bulletins et de lettres missionnaires — germe des futures Annales de la Propagation de la Foi, qui deviendront l'une des principales sources d'information sur les missions catholiques au XIXᵉ siècle.[44]

D'une intuition lyonnaise aux Œuvres Pontificales Missionnaires (1889-1926)

Ce qui n'était en 1819 qu'une collecte de quartier devient, en un siècle, l'ossature du financement missionnaire de toute l'Église catholique. En 1843, sur la sollicitation de Mgr de Forbin-Janson, Pauline conseille la fondation de la Sainte-Enfance, œuvre destinée aux enfants baptisés qui prient et cotisent pour d'autres enfants à travers le monde.[45] En 1889 naît l'Œuvre de Saint-Pierre-Apôtre, consacrée à la formation des clergés locaux ; en 1916, l'Union Pontificale Missionnaire mobilise les prêtres et religieux au service de la mission.[46]

En mai 1922 — cent ans presque jour pour jour après la fondation lyonnaise —, le pape Pie XI unifie ces initiatives en quatre Œuvres Pontificales Missionnaires (OPM), donnant à l'intuition de Pauline Jaricot le statut d'œuvre pontificale universelle ; en 1926, le même pape institue la Journée mondiale des missions, reprenant explicitement le principe originel : « de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ».[47] Deux siècles plus tard, les OPM sont présentes dans plus de 140 pays et financent chaque année plus de 5 000 projets de coopération missionnaire.[48]

Le Rosaire vivant : prier le chapelet à quinze (1826)

Une chaîne de prière plutôt qu'un chapelet solitaire

Schéma explicatif — illustration originale IA. Le Rosaire vivant de 1826. Source : Association Pauline Jaricot.

En 1826, Pauline transpose au chapelet la logique associative qui avait fait le succès de la Propagation de la Foi. Le principe du Rosaire vivant est simple et génial : diviser les quinze dizaines traditionnelles du Rosaire entre quinze associés, chacun s'engageant à réciter chaque jour une seule dizaine, en méditant le mystère qui lui est attribué.[49][50] Ainsi, sans que personne ne récite le Rosaire en entier, c'est le Rosaire complet qui monte chaque jour vers le Ciel, porté par la communion des « quinze ».

L'approbation romaine et l'expansion du mouvement

L'association reçoit l'approbation officielle du pape Grégoire XVI par un bref pontifical.[51] Elle connaît un succès foudroyant : au moment de la mort de Pauline, en 1862, on compte environ 2 250 000 associés en France, un chiffre considérable pour une initiative née de la seule imagination d'une jeune laïque lyonnaise.[52][53] Le mouvement traverse les siècles : après l'ajout des mystères lumineux par saint Jean-Paul II en 2002, le Rosaire vivant se prie désormais à vingt plutôt qu'à quinze, sans rien perdre de son principe fondateur.[54]

Ce charisme du « peu qui devient beaucoup par la mise en commun » rejoint la pédagogie même de bien des saints du Rosaire : voir à ce sujet Pourquoi les catholiques récitent-ils le Rosaire ? et Que disent les saints sur le Rosaire ?.

Une amitié spirituelle avec le curé d'Ars

Une rencontre en 1816, une dévotion partagée

Pauline Jaricot rencontre pour la première fois Jean-Marie Vianney en 1816, alors jeune vicaire d'une trentaine d'années reçu chez son père à Lyon : les deux partagent d'emblée une dévotion commune à sainte Philomène.[55] Lorsque Vianney devient curé d'Ars en 1821, les liens ne se distendent pas : le saint curé sollicite même le soutien financier de Pauline pour son ministère.[56] En 1834, elle lui offre une châsse contenant une statue de sainte Philomène destinée à la petite église d'Ars.[57]

La dernière rencontre, en mars 1859

Leur dernière rencontre a lieu en mars 1859. Pauline, alors âgée de cinquante-neuf ans, arrive transie de froid ; elle dit au saint curé :

« Monsieur le Curé, n'essayez pas de remédier au froid ; j'y suis habituée. Réchauffez plutôt ma pauvre âme par quelques étincelles de foi et d'espérance. » — Bienheureuse Pauline Jaricot, à Ars, mars 1859[58]

Le curé d'Ars lui remet alors une petite croix de bois destinée à l'aider à méditer les mystères douloureux du Rosaire, puis la bénit.[59] Jean-Marie Vianney meurt le 4 août 1859 ; Pauline lui survit un peu moins de trois ans.[60] Que le fondateur du Rosaire vivant et le futur patron des curés de paroisse se soient ainsi soutenus mutuellement, à la veille de leurs morts respectives, dit assez la profondeur de leur amitié dans la foi.

Devant les révoltes ouvrières de Lyon (1830-1834)

Synthèse — illustration originale IA. Les objectifs du projet de Rustrel (1845), scènes évocatrices. Source : Association Pauline Jaricot.

Lyon, au tournant des années 1830, est une ville sous tension : les canuts, ouvriers tisserands de la Croix-Rousse, travaillent jusqu'à dix-sept heures par jour pour des salaires dérisoires, et leur colère éclate à plusieurs reprises en insurrections violemment réprimées.[61][62] Pauline Jaricot, fille de soyeux, ne se tient jamais à distance de cette souffrance ouvrière.

S'offrir « comme victime pour la France » (juillet-août 1830)

Lors de l'insurrection révolutionnaire de la fin juillet 1830, Pauline se rend à Fourvière et s'y offre en prière « comme victime pour la France », dans un geste d'intercession qui deviendra caractéristique de toute sa spiritualité de laïque engagée.[63]

Aux côtés des blessés canuts (novembre 1831)

Lors de la première insurrection des canuts, en novembre 1831, Pauline se porte au pont Morand, au cœur des combats, pour venir en aide aux blessés aux côtés des médecins. Le 22 novembre, jour du combat le plus sanglant, elle prie ainsi :

« Je prie la Vierge pour qu'elle me donne la force, et je la supplie d'alléger les souffrances de ces hommes qui se sont battus pour une juste cause. » — Bienheureuse Pauline Jaricot, 22 novembre 1831[64]

En avril 1834, lors d'une nouvelle insurrection encore plus meurtrière, Pauline se réfugie avec le Saint-Sacrement dans un abri souterrain, où elle demeure trois jours et trois nuits en prière continue, tandis que les combats font rage dans les rues de Lyon.[65]

Les « trois tyrannies » dénoncées par Pauline Jaricot

De ce contact direct avec la misère ouvrière, Pauline tire une critique sociale précise, formulée bien avant les grandes encycliques sociales du Magistère. Elle dénonce ce qu'elle appelle trois tyrannies exercées sur la classe ouvrière lyonnaise :

Tyrannie dénoncéeForme concrète dénoncée par Pauline Jaricot
L'avariceLe refus d'accorder aux ouvriers un salaire réellement juste
L'impiétéL'obligation de travailler le dimanche, jour du Seigneur
La prodigalitéDes conditions de vie si dégradantes qu'elles poussaient certaines ouvrières à la prostitution

Cette dénonciation, portée par une héritière de la bourgeoisie soyeuse contre les pratiques de son propre milieu social, annonce — un demi-siècle à l'avance — les intuitions que Léon XIII développera dans Rerum novarum (1891).[66] Le contemporain lyonnais de Pauline, le bienheureux Frédéric Ozanam, portera au même moment le même combat depuis Paris — preuve que cette génération de laïcs du XIXᵉ siècle a vu, avant beaucoup de clercs, que la charité devait aussi devenir justice.

Guérison à Mugnano et rayonnement romain (1835-1839)

Frappée par une grave maladie, Pauline entreprend en 1835 un pèlerinage à Mugnano del Cardinale, en Italie, sur la tombe de sainte Philomène, dont elle est l'une des grandes propagatrices en France. Le 10 août 1835, elle est guérie ; elle attribue sa guérison à l'intercession de la jeune martyre.[67][68] Reçue par le pape Grégoire XVI, elle repart pour Rome en 1839, où elle est accueillie triomphalement comme la fondatrice de deux œuvres déjà florissantes dans toute la chrétienté.[69]

L'œuvre des Hauts Fourneaux de Rustrel et la ruine (1844-1852)

Un projet de réforme sociale chrétienne

Hauts-fourneaux de Rustrel, carte postale Éditions Émeraude. Wikimedia Commons, domaine public ; document sur le site industriel, sans identification de l’ouvrage acquis par Pauline.
Crédit et identification du document.[70]

En 1844, Pauline écrit au cardinal Lambruschini pour proposer la création d'une banque de prêts gratuits destinée aux familles pauvres.[71] L'année suivante, en 1845, deux hommes d'affaires lui proposent de reprendre une usine en faillite, des hauts fourneaux situés près d'Apt, dans le Vaucluse, dotée de tous les gisements de minerai de fer, de combustible et de fondants nécessaires à la production d'une fonte de première qualité.[72] Pauline y voit l'occasion de réaliser en grand son idéal de réforme sociale chrétienne : offrir à des ouvriers honnêtes un salaire décent, un logement digne pour leurs familles, une école pour leurs enfants et une chapelle pour leur vie de foi.[73][74] Elle avouera plus tard avoir été saisie par ce projet comme par un vertige :

« Il fallait moins que cela pour me faire battre le cœur. Ce fut pour moi comme le regard d'Ève sur la pomme fatale. » — Bienheureuse Pauline Jaricot, à propos du projet de Rustrel[75]

L'investissement d'une fortune entière (8 septembre 1845)

Le 8 septembre 1845, Pauline investit dans ce projet l'intégralité de sa fortune personnelle, soit 700 000 francs-or.[76] Une centaine d'ouvriers, logés sur place avec leurs familles, travaillent alors dans l'usine ; une chapelle dédiée à Notre-Dame des Anges y accueille des messes hebdomadaires, et des écoles y sont ouvertes pour les enfants du personnel.[77][78]

La trahison des gérants et l'effondrement (1846-1852)

L'entreprise, cependant, échappe rapidement au contrôle de sa fondatrice : Pauline en confie la gestion à des hommes recommandés qui se révèlent malhonnêtes.[79] Dès mai 1846, deux gérants sont emprisonnés pour détournements de fonds.[80] Malgré ses efforts pour redresser la situation, l'usine ne se relève pas : elle doit finalement être vendue le 12 mai 1852.[81] Pauline s'engage alors solennellement à rembourser elle-même tous les créanciers et actionnaires qui lui avaient fait confiance — un engagement qu'elle poursuivra, dans le dénuement, jusqu'à son dernier souffle.[82][83]

Les dix dernières années dans la pauvreté (1852-1862)

Chronologie — illustration originale IA, scènes évocatrices. Rustrel et ses conséquences. Source : Association Pauline Jaricot.

Si la ruine financière date de l'affaire de Rustrel (1845-1852), les biographes comptent volontiers vingt années de souffrances, de 1841 à 1861 : c'est toute la dernière traversée de Pauline, bien au-delà du seul désastre industriel.[84]

Le chemin de Fourvière

Cherchant des ressources pour honorer ses dettes, Pauline conçoit en 1852 un chemin payant reliant la montée Saint-Barthélemy à la basilique de Fourvière ; il est inauguré le 8 décembre 1852, jour de la fête de l'Immaculée Conception.[85] Ce petit revenu, comme tous ceux qu'elle parvient encore à réunir, est aussitôt versé à ses créanciers.

Des voyages à Rome pour rembourser ses créanciers

En 1856, Pauline se rend une nouvelle fois à Rome pour solliciter l'aide du pape Pie IX dans ses efforts de remboursement.[86] Elle qui avait fondé deux œuvres portées par des millions de fidèles à travers le monde se retrouve, à la fin de sa vie, réduite à mendier littéralement de quoi honorer sa parole donnée.

La Maison de Lorette

Depuis 1832, Pauline vivait à la Maison de Lorette, acquise montée Saint-Barthélemy, sur le fronton de laquelle elle avait fait inscrire : « Marie conçue sans péché, priez pour nous ».[87] Elle y avait établi l'adoration eucharistique permanente et une petite communauté, les Filles de Marie, qui devint le siège du Rosaire vivant.[88] C'est dans cette maison, dépouillée de tout mais toujours habitée par la prière, qu'elle passe ses vingt dernières années.

« Une pauvre qui n'a que Dieu seul pour ami, Dieu seul pour soutien… mais Dieu seul suffit. » — Bienheureuse Pauline Jaricot[89]

Six ans avant sa mort, dans un testament spirituel, elle résume d'une phrase toute sa dernière traversée :

« Mon seul trésor est la Croix ! » — Bienheureuse Pauline Jaricot, testament spirituel[90]

Mort et réhabilitation posthume (1862-1881)

Crédit de la photographie.[91]

La mort à la Maison de Lorette (9 janvier 1862)

Maison de Lorette, vue en août 2022. John Samuel / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

L'état cardiaque de Pauline se dégrade dans le courant de l'année 1861. Elle meurt à la Maison de Lorette, à Lyon, le 9 janvier 1862, à l'âge de soixante-deux ans, ruinée, endettée, mais fidèle jusqu'au bout à son engagement de rembourser ses créanciers.[92][93] Elle est inhumée au cimetière de Loyasse, dans le caveau familial.[94] De ceux qui avaient ruiné son œuvre par malhonnêteté, elle avait pardonné jusqu'au bout :

« Mon Dieu, pardonnez-leur et comblez-les de bénédictions. » — Bienheureuse Pauline Jaricot[95]

Le bref de Léon XIII (13 juin 1881)

Il faut attendre 1881 pour qu'un pape restaure publiquement l'honneur de la fondatrice, mort dans l'oubli et sous le soupçon d'imprudence financière. Le 13 juin 1881, le pape Léon XIII réhabilite solennellement Pauline Jaricot par un bref pontifical :

« Par sa foi, sa confiance, sa force d'âme, sa douceur et l'acceptation sereine de toutes les croix, Pauline se montra une vraie disciple du Christ. » — Pape Léon XIII, bref du 13 juin 1881[96]

La cause de béatification (1930-2022)

L'ouverture de la cause et la vénérabilité (1930-1963)

Chronologie — illustration originale IA ; personnages symboliques. De la cause à la béatification. Sources : notes de cette section et diocèse de Lyon.

La cause de béatification de Pauline Jaricot est officiellement introduite le 18 janvier 1930, qui lui vaut le titre de Servante de Dieu.[97] Après une congrégation préparatoire sur l'héroïcité de ses vertus tenue le 22 avril 1952, le pape saint Jean XXIII signe, le 25 février 1963, le décret proclamant l'héroïcité des vertus de Pauline-Marie Jaricot, qui devient dès lors vénérable.[98]

Le miracle de la petite Mayline (2012-2020)

Le 29 mai 2012, à Nice, la petite Mayline Tran, âgée de trois ans et demi, s'étouffe avec un morceau de saucisse au cours d'un repas familial ; son cœur s'arrête entre les bras de son père.[99] Malgré plusieurs réanimations, l'enfant reste dans un état neurologique catastrophique — un score de 3 sur l'échelle de Glasgow, la plus grave, avec une anoxie cérébrale sévère ; les médecins évoquent des lésions irréversibles et un pronostic vital très réservé.[100] À la mi-juin 2012, une neuvaine à Pauline Jaricot est entamée par la famille, tandis que les Missionnaires du Rosaire vivant prient également pour l'enfant ; la neuvaine s'achève le 23 juin 2012.[101]

Dans les jours qui suivent, l'état de Mayline s'améliore de façon inattendue ; à la fin de l'année 2012, l'enfant est totalement rétablie, sans aucune séquelle, au grand étonnement du corps médical.[102] Une enquête diocésaine est ouverte en 2019 ; la commission médicale de la Congrégation pour les causes des saints conclut à une guérison médicalement inexplicable, et la commission théologique reconnaît l'intercession de Pauline Jaricot.[103] Le 26 mai 2020, le pape François autorise la publication du décret reconnaissant ce miracle, ouvrant définitivement la voie à la béatification.[104][105]

La béatification à Lyon (22 mai 2022)

La cérémonie de béatification est célébrée le 22 mai 2022, au complexe Eurexpo de Lyon, devant environ 13 000 fidèles venus des cinq continents, en présence de plus de cinq cents prêtres.[106][107] Le cardinal Luis Antonio Tagle, préfet de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples, préside la messe au nom du pape François. Dans son homélie, il médite sur les dons reçus par Pauline Jaricot — la parole de Jésus, l'Esprit Saint, la paix — pour inviter à sa suite les fidèles à devenir, comme elle, « amoureux de Jésus » et missionnaires au service des plus pauvres.[108]

  1. 22 juillet 1799
    Naissance à Lyon
    Septième enfant d'une famille de soyeux

    Pauline-Marie Jaricot naît à Lyon, fille d'Antoine Jaricot et de Jeanne Lattier.

  2. 25 décembre 1816
    Vœu de virginité à Fourvière
    Consécration silencieuse

    Après sa conversion du Carême 1816, Pauline fait vœu de virginité perpétuelle en la chapelle Notre-Dame de Fourvière.

  3. 3 mai 1822
    Fondation de la Propagation de la Foi
    Le « sou par semaine » à l'échelle de l'Église

    L'Œuvre de la Propagation de la Foi est officiellement constituée à Lyon.

  4. 1826
    Fondation du Rosaire vivant
    Quinze associés, quinze mystères

    Pauline invente le principe des « quinzaines » priant chaque jour une dizaine du Rosaire.

  5. 8 septembre 1845
    Investissement dans les Hauts Fourneaux de Rustrel
    700 000 francs engagés

    Pauline engage toute sa fortune dans une usine modèle destinée aux ouvriers, bientôt ruinée par des gérants malhonnêtes.

  6. 9 janvier 1862
    Mort à la Maison de Lorette
    Ruinée mais fidèle à sa parole

    Pauline meurt à Lyon, endettée, après avoir consacré ses dix dernières années à rembourser ses créanciers.

  7. 25 février 1963
    Déclarée vénérable
    Décret du pape saint Jean XXIII

    Jean XXIII proclame l'héroïcité des vertus de Pauline Jaricot.

  8. 22 mai 2022
    Béatification à Lyon
    Devant 13 000 fidèles à Eurexpo

    Le cardinal Luis Antonio Tagle préside, au nom du pape François, la messe de béatification de Pauline Jaricot.

Ce que la bienheureuse Pauline Jaricot enseigne aujourd'hui

L'itinéraire de Pauline Jaricot tient en une leçon centrale, déclinée sous plusieurs formes : le peu, mis en commun et porté par la prière, devient beaucoup. Trois traits demeurent particulièrement actuels :

  • La mission n'attend pas le clergé. À dix-neuf ans, sans autorité ecclésiastique, sans fortune propre à distribuer, une jeune laïque invente une méthode de collecte qui financera les missions catholiques pendant deux siècles. La sainteté missionnaire n'est pas réservée aux religieux envoyés au loin : elle commence dans le sou donné chaque semaine et la prière fidèlement tenue.
  • La charité doit devenir justice. En dénonçant, dès les années 1830, les « trois tyrannies » infligées aux ouvriers lyonnais, puis en risquant toute sa fortune pour leur offrir un travail digne, Pauline anticipe d'un demi-siècle l'enseignement social de l'Église — au prix, pour elle, d'une ruine totale.
  • La fidélité vaut plus que la réussite. Trahie, ruinée, réduite à la misère par la malhonnêteté d'autrui, Pauline ne renie jamais son engagement envers ses créanciers ni sa confiance en la Providence. Sa sainteté n'est pas celle du succès visible, mais celle d'un abandon tenu jusqu'au bout — un écho, dans une existence de laïque du XIXᵉ siècle, à la remise totale de la volonté propre entre les mains de Dieu que la tradition spirituelle appelle l'abandon à la Divine Volonté.

« Une pauvre qui n'a que Dieu seul pour ami, Dieu seul pour soutien… mais Dieu seul suffit. » — Bienheureuse Pauline Jaricot[109]

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Crédit iconographique — OPM France, photographie du portrait conservé à Lyon : notice Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Fichier original, sans modification.

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  2. Association Pauline Jaricot (paulinejaricot.org), « Biographie de Pauline Jaricot » : paulinejaricot.org. Naissance le 22 juillet 1799 à Lyon, fille d'Antoine Jaricot et de Jeanne Lattier (mariés le 9 avril 1782) ; pension à Fourvière dès 10 ans ; confirmation et communion le 16 avril 1812 ; vie mondaine de 13 à 17 ans ; conversion au Carême 1816 (sermon de l'abbé Würtz à Saint-Nizier) ; vœu de virginité perpétuelle le 25 décembre 1816 à Fourvière ; fondation des Réparatrices du Cœur de Jésus en 1817 ; appel du frère Philéas en 1818 pour les missions de Chine ; « sou hebdomadaire » 1819-1820 ; fondation officielle de la Propagation de la Foi le 3 mai 1822 ; citation « Tant mieux, si l'œuvre a été prise en charge par des mains plus expertes que les miennes » ; fondation du Rosaire vivant en 1826, approuvé par bref de Grégoire XVI, environ 2 250 000 associés à sa mort ; insurrections lyonnaises de 1830 (offrande « comme victime pour la France »), 1831 (aide aux blessés du pont Morand, citation du 22 novembre 1831) et 1834 (trois jours sous terre avec le Saint-Sacrement) ; « trois tyrannies » dénoncées (avarice, impiété, prodigalité) ; guérison de 1835 attribuée à sainte Philomène ; voyages à Rome en 1835 et 1839 ; lettre au cardinal Lambruschini en 1844 ; achat des Hauts Fourneaux de Rustrel en 1845, investissement de 700 000 francs le 8 septembre 1845, une centaine d'ouvriers logés sur place, chapelle Notre-Dame des Anges, gérants emprisonnés en mai 1846, vente de l'usine le 12 mai 1852 ; Maison de Lorette acquise en 1832, inscription « Marie conçue sans péché, priez pour nous », Filles de Marie ; chemin payant de Fourvière ouvert le 8 décembre 1852 ; voyage à Rome en 1856 auprès de Pie IX ; mort le 9 janvier 1862 à la Maison de Lorette, inhumation au cimetière de Loyasse ; citation « Une pauvre qui n'a que Dieu seul pour ami… » ; réhabilitation par le bref de Léon XIII du 13 juin 1881, citation intégrale.

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  3. Œuvres Pontificales Missionnaires — OPM France (opm-france.org), « Histoire » : opm-france.org. Fondation de la Propagation de la Foi le 3 mai 1822 par Pauline Jaricot, décrite comme « le premier réseau social missionnaire » ; principe du collecteur de dix personnes elles-mêmes collectrices de dix autres ; fondation de la Sainte-Enfance le 19 mai 1843 à l'initiative de Mgr de Forbin-Janson après consultation de Pauline Jaricot ; fondation de l'Œuvre de Saint-Pierre-Apôtre en 1889 par Mgr Cousin et Jeanne Bigard ; fondation de l'Union Pontificale Missionnaire en 1916 par le bienheureux Paolo Manna ; unification des quatre œuvres en Œuvres Pontificales Missionnaires par le pape Pie XI en mai 1922 ; institution de la Journée mondiale des missions par Pie XI en 1926, avec la formule « de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins » ; présence actuelle des OPM dans 140 pays, soutenant plus de 1100 diocèses.

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  4. Wikipédia (EN), « Pauline Jaricot » (article encyclopédique, sources croisées) : en.wikipedia.org. Née le 22 juillet 1799 à Lyon, plus jeune de sept enfants d'Antoine et Jeanne Jaricot, père possédant une fabrique de soie ; frère Philéas parti en mission ; introduction dans la vie sociale à quinze ans ; sermon sur la vanité ; chute grave à dix-sept ans avec séquelles nerveuses (chorée de Sydenham rétrospective) ; mort de la mère aggravant l'isolement ; vie de prière intense et vœu de virginité perpétuelle le 25 décembre 1816 ; fondation du Rosaire vivant en 1826 (quinze dizaines réparties entre quinze associés), approbation canonique par Grégoire XVI ; collecte hebdomadaire d'un sou avec les ouvrières de la fabrique de sa sœur et de son beau-frère, aboutissant à la fondation de la Société pour la Propagation de la Foi en 1822 ; déclaration « pontificale » par Pie XI le 3 mai 1922 ; direction spirituelle par saint Jean-Marie Vianney ; impression et distribution de littérature religieuse dès 1822 ; guérison du 10 août 1835 à Mugnano attribuée à sainte Philomène ; achat vers 1845 d'une usine de hauts fourneaux comme modèle de réforme sociale chrétienne (logements, école, chapelle), gestion confiée à des personnes malhonnêtes, faillite déclarée en 1862, fortune épuisée, fin de vie dans la destitution ; mort le 9 janvier 1862 à Lyon à 62 ans ; restes transférés en l'église Saint-Nizier de Lyon depuis 1935 ; cause de béatification ouverte le 18 janvier 1930 (Servante de Dieu) ; vénérable par décret du pape Jean XXIII ; miracle reconnu le 26 mai 2020 par le pape François ; béatification le 22 mai 2022 au stade Eurexpo de Lyon, cardinal Luis Antonio Tagle président au nom du pape.

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  5. Nominis (Conférence des évêques de France), « Bienheureuse Pauline Jaricot » : nominis.cef.fr. Née le 22 juillet 1799 à Lyon, morte le 9 janvier 1862 à Lyon ; laïque béatifiée en 2022 ; fondatrice de l'œuvre de la Propagation de la Foi devenue les Œuvres Pontificales Missionnaires ; créatrice du Rosaire vivant en 1826, rassemblant environ deux millions de personnes à sa mort ; conversion fulgurante à dix-sept ans ; miracle reconnu par décret du 26 mai 2020 ; citation « Pour donner beaucoup aux autres, il faut puiser dans son propre cœur ; et pour alimenter ce cœur, il faut puiser dans celui de Dieu » ; patronage des missions.

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  6. Association Pauline Jaricot (paulinejaricot.org), « La Propagation de la Foi » : paulinejaricot.org. Renaissance de l'esprit missionnaire entre 1815 et 1820 ; sollicitation du frère de Pauline pour recueillir des fonds ; méthode du « sou » de Pauline avec intention de prière, remis de la main à la main ; idée des groupes de dix personnes en décembre 1819 (prière quotidienne, sou hebdomadaire, recrutement de dix nouveaux membres) ; structure en dizaines (dizainière), centaines (centenaire) ; fondation officielle le 3 mai 1822 à Lyon.

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  7. Diocèse de Lyon (lyon.catholique.fr), « Bienheureuse Pauline Jaricot, missionnaire de Lyon » : lyon.catholique.fr. Conversion spirituelle à dix-sept ans ; fondation de l'œuvre de la Propagation de la Foi en 1819, reconnue officiellement en 1822 ; fondation du Rosaire vivant en 1826 ; engagement auprès des ouvriers de la soie lors des insurrections des canuts de 1831 et 1834 ; création d'une usine modèle à Rustrel en 1845 fondée sur la dignité humaine ; béatification le 22 mai 2022 à Lyon (Eurexpo), présidée par le cardinal Luis Antonio Tagle, environ 12 000 à 13 000 fidèles présents ; miracle reconnu en mai 2020, guérison de la petite Mayline, dont le père Emmanuel Tran a publié le témoignage sous le titre Sauvée par un miracle ; fête liturgique célébrée chaque 9 janvier, anniversaire de sa mort.

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  8. Aleteia (fr.aleteia.org), « La guérison de Mayline, le miracle qui a permis la béatification de Pauline Jaricot » (29 mai 2020) : fr.aleteia.org. Le 29 mai 2012, à Nice, Mayline Tran, trois ans et demi, s'étouffe avec un morceau de saucisse au cours d'un repas familial ; son cœur s'arrête dans les bras de son père, plusieurs arrêts cardio-respiratoires surviennent malgré les réanimations ; diagnostic d'un score de 3 sur l'échelle de Glasgow (la plus grave), anoxie cérébrale sévère, lésions jugées irréversibles, pronostic vital très réservé, enfant placée en état végétatif sous assistance respiratoire et alimentation artificielle ; mi-juin 2012, neuvaine de prière à Pauline Jaricot entamée par la famille et par les Missionnaires du Rosaire vivant, achevée le 23 juin 2012 ; amélioration inattendue de l'état de l'enfant dans les jours suivants ; guérison complète constatée avant la fin de l'année 2012, sans séquelle, provoquant l'étonnement du corps médical ; enquête diocésaine ouverte en 2019 ; commission médicale de la Congrégation pour les causes des saints concluant à une guérison médicalement inexpliquée ; commission théologique reconnaissant l'intercession de Pauline Jaricot ; décret du miracle autorisé par le pape François le 26 mai 2020.

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  9. Pape François, homélie des vêpres d'ouverture du Mois missionnaire extraordinaire, basilique vaticane, 1er octobre 2019 : vatican.va. « Nous entamons aujourd'hui le mois missionnaire d'octobre, accompagnés de trois "serviteurs" qui ont porté beaucoup de fruit » : sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, saint François Xavier et « la vénérable Pauline Jaricot, une ouvrière qui a soutenu les missions par son travail quotidien : par les offrandes qu'elle prélevait de son salaire, elle a été à l'origine des Œuvres Pontificales Missionnaires » ; « Une religieuse, un prêtre et une laïque nous accompagnent » : Pauline Jaricot y est proposée comme modèle missionnaire, sans aucun titre de patronne.

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  10. Œuvres Pontificales Missionnaires — OPM France (opm-france.org), « Pauline Jaricot, une sainte moderne » : opm-france.org. Mort en janvier 1862 à la Maison de Lorette d'une maladie cardiaque ; consécration laïque par vœu solennel à la chapelle de la basilique de Fourvière ; décret du miracle autorisé par le pape François le 26 mai 2020, confirmation de l'héroïcité des vertus par Jean XXIII en 1963 ; Rosaire vivant fondé en 1826 en groupes de quinze (aujourd'hui vingt), environ 2 250 000 fidèles associés à la mort de Pauline, principe de prière « vivante » car mise en pratique ; « sou de Pauline » fondé sur le modèle de l'obole de la veuve entre 1819 et 1820 ; Œuvre de la Propagation de la Foi officiellement créée le 3 mai 1822, devenue la première œuvre pontificale missionnaire, aujourd'hui présente dans plus de 140 pays et finançant plus de 5000 projets annuels ; plan d'évangélisation du monde ouvrier en 1845 par l'achat d'une usine modèle avec logements, écoles et chapelles ; ruine et pauvreté extrême après la trahison des gestionnaires ; pardon accordé par Pauline à ceux qui l'avaient ruinée ; citation du pape Léon XIII sur sa fidélité au Christ.

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  11. Aleteia (fr.aleteia.org), « La belle amitié entre Pauline Jaricot et le saint curé d'Ars » (27 mai 2020) : fr.aleteia.org. Première rencontre en 1816, Pauline âgée de dix-sept ans, chez son père à Lyon, avec le vicaire Jean-Marie Vianney (trente ans), autour d'une dévotion commune à sainte Philomène ; Vianney devient curé d'Ars en 1821 et sollicite le soutien de Pauline ; en 1834, Pauline offre une châsse avec statue de sainte Philomène pour l'église d'Ars ; dernière visite de Pauline à Ars en mars 1859, citation exacte « Monsieur le Curé, n'essayez pas de remédier au froid ; j'y suis habituée. Réchauffez plutôt ma pauvre âme par quelques étincelles de foi et d'espérance » ; remise d'une croix de bois pour méditer les mystères douloureux, puis bénédiction ; mort de Jean-Marie Vianney le 4 août 1859, de Pauline Jaricot le 9 janvier 1862.

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  12. Crédit iconographique — Éditions Émeraude, Arles, carte postale « Rustrel — Usine Gavot — Les Hauts-Fourneaux » : notice Wikimedia Commons, domaine public selon la notice. Date non précisée ; le document ne permet pas d’identifier l’ouvrage exact acquis par Pauline.

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  13. Colette Tempère (historienne), « Pauline Jaricot (1799-1862), une Lyonnaise engagée aux côtés des canuts » (article consulté via fr.readkong.com) : fr.readkong.com. En 1845, deux hommes d'affaires proposent à Pauline Jaricot de reprendre une usine de hauts fourneaux en faillite, située près d'Apt dans le Vaucluse, à proximité d'une chapelle dédiée à Notre-Dame des Anges, disposant de tous les gisements de minerai de fer, de combustible et de fondants propres à produire une fonte de première qualité ; Pauline envisage d'y investir des capitaux destinés à une œuvre de prêts gratuits en faveur des familles pauvres ; citation de Pauline rapportée par l'historienne sur son enthousiasme initial pour le projet, « Il fallait moins que cela pour me faire battre le cœur. Ce fut pour moi comme le regard d'Ève sur la pomme fatale ».

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  14. Collège des Bernardins (collegedesbernardins.fr), « Bienheureuse Pauline Jaricot, vie et fondations » : collegedesbernardins.fr. Naissance le 22 juillet 1799 ; conversion radicale au Carême 1816 ; vœu de virginité perpétuelle à Fourvière ; inspiration de la Propagation de la Foi à l'automne 1819 ; fondation du Rosaire vivant en 1826 ; affaire de l'usine entre 1841 et 1861 (vingt années de souffrances) ; déclaration de vénérabilité par Jean XXIII le 25 février 1963 ; béatification le 22 mai 2022 ; citation du testament spirituel rédigé six ans avant sa mort, « Mon seul trésor est la Croix ! » ; citation d'acceptation du pardon, « Mon Dieu, pardonnez-leur et comblez-les de bénédictions » ; fondation de trois œuvres principales : la Propagation de la Foi, le Rosaire vivant et les Filles de Marie ; perte de sa fortune de 700 000 francs-or par la malhonnêteté d'associés ; guérison attribuée à sainte Philomène après un pèlerinage à Rome.

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  15. Crédit iconographique — John Samuel, entrée de la maison de Pauline Jaricot, 17 août 2022 : notice Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Fichier original, sans modification.

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  16. Vatican News (EN), « The beatification of Pauline Jaricot brings pilgrims from all over the world to France » (mai 2022) : vaticannews.va. Béatification célébrée le 22 mai 2022 au stade Eurexpo de Lyon, présidée au nom du pape François par le cardinal Luis Antonio Tagle ; plus de 12 000 fidèles venus du monde entier, plus de 500 prêtres de cinq continents présents ; miracle reconnu le 26 mai 2020, guérison d'une fillette de trois ans, Mayline Tran, à Lyon ; biographie résumée : naissance le 22 juillet 1799, mort le 9 janvier 1862, membre du Tiers-Ordre de saint Dominique, fondatrice de la Société de la Propagation de la Foi et de l'Association du Rosaire vivant, collecte hebdomadaire d'un sou avec les ouvrières de la fabrique de soie de sa sœur et de son beau-frère, direction spirituelle par saint Jean-Marie Vianney, gestion confiée à des personnes malhonnêtes ayant conduit à une faillite déclarée en 1862 ; homélie du cardinal Tagle méditant sur les dons reçus par Pauline Jaricot (parole de Jésus, Esprit Saint, paix) et invitant les fidèles à devenir à sa suite « amoureux de Jésus » et missionnaires au service des pauvres.

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