Dominique Barberi — en religion Dominique de la Mère de Dieu (Pallanzana, 1792 — Reading, 1849) — est un théologien et missionnaire passioniste italien, la grande figure de l'implantation de son ordre hors d'Italie et l'un des artisans les plus décisifs du réveil catholique anglais du XIXᵉ siècle.[1][2] Orphelin de parents paysans, berger sans instruction formelle, il devint pourtant un théologien prolifique avant de consacrer les dix dernières années de sa vie à un projet qu'il portait depuis l'adolescence : ramener l'Angleterre, séparée de Rome depuis Henri VIII, dans la communion catholique.[3][4]
Fondateur en 1840 de la première maison passioniste hors d'Italie, à Ere en Belgique, puis en 1842 de la première maison passioniste d'Angleterre, à Aston Hall dans le Staffordshire, le père Dominique passa sept années à prêcher, dans un anglais hésitant et sous les quolibets, à travers les Midlands industriels.[5][6] C'est dans ce contexte qu'il reçut, dans la nuit du 8 au 9 octobre 1845, à Littlemore près d'Oxford, la confession générale puis l'abjuration du plus célèbre converti du siècle : le théologien anglican John Henry Newman, qui devait devenir cardinal, puis, en 2019, saint canonisé.[7][8] Newman lui-même écrira que le père Dominique « eut une grande part » dans sa propre conversion et dans celle de plusieurs autres.[9]
Barberi ne reçut pas seulement Newman : il reçut aussi dans l'Église John Dobree Dalgairns et Elizabeth Prout, future fondatrice des Sœurs de la Croix et de la Passion, et il accueillit dans la congrégation passioniste George Spencer, devenu le père Ignace de la Mère de Dieu — déjà catholique depuis 1830.[10][11] Épuisé par sept ans de missions incessantes à travers l'Angleterre, l'Écosse et l'Irlande, il mourut d'une crise cardiaque le 27 août 1849, à Reading, faute d'un hôtel acceptant de l'héberger en pleine épidémie de choléra.[12][13]
Déclaré vénérable par Pie XI en 1937, il fut béatifié par Paul VI le 27 octobre 1963, en pleine session du concile Vatican II — un rapprochement que le pape lui-même souligna en saluant le théologien qui avait « anticipé » la définition du premier concile du Vatican sur l'infaillibilité pontificale.[14] Sa cause reste aujourd'hui liée à celle de son converti le plus illustre : l'archevêque de Birmingham a exprimé l'espoir de voir un jour Barberi canonisé aux côtés de Newman.[15]
Biographie
En quelques dates
- 22 juin 1792Naissance à Pallanzana
- 1795 — vers 1803Orphelin de père puis de mère
- 1814Entrée chez les Passionistes
- 1ᵉʳ mars 1818Ordination sacerdotale
- 1830Vision et rencontre décisive à Rome
Vers la fin septembre ou au début octobre, priant devant l'autel de la Vierge, il reçoit la conviction intérieure d'un appel apostolique vers l'Angleterre et le nord de l'Europe. La même année, il se lie avec le converti anglais Ambrose Phillipps de Lisle et le futur passioniste George Spencer[24][25].
- Juin 1840Fondation d'Ere, en Belgique
- 1841Lettre aux professeurs d'Oxford
- Octobre 1841 — février 1842Débarquement puis fondation d'Aston Hall
- 8-9 octobre 1845Réception de John Henry Newman
À Littlemore, près d'Oxford, il entend la confession générale de Newman et le reçoit, au matin du 9 octobre, dans l'Église catholique[32][33].
- 1846-1848Nouvelles fondations
Fondations de Woodchester (Gloucestershire, 1846) puis de Hampstead à Londres (1848) ; négociations pour Sutton, dans le Lancashire[34].
- 27 août 1849Mort à Reading
- 1911-1937Cause de béatification
- 27 octobre 1963Béatification par Paul VI
Une enfance orpheline dans les collines de Viterbe
Domenico Giovanni Barberi naît le 22 juin 1792 à Pallanzana, modeste hameau agricole des environs de Viterbe, dans les États pontificaux, au sein d'une famille de paysans du Latium sans instruction ni ressources.[41][42] Le malheur le frappe tôt : son père meurt alors qu'il n'a que trois ans, en 1795 ; sa mère le suit dans la tombe alors qu'il a onze ans, vers 1803.[43] Orphelin complet, l'enfant est recueilli par son oncle maternel, Bartolomeo Pacelli, qui l'élève dans le hameau voisin de Merlano.[44][45]
Il abandonne alors toute scolarité pour devenir berger et garçon de ferme, un labeur qui occupera son adolescence jusque vers ses vingt et un ans.[46] Un vieux prêtre capucin lui enseigne néanmoins les rudiments de la lecture — un apprentissage tardif dont le jeune Domenico usera avec une avidité qu'il regrettera plus tard, confessant avoir surchargé son imagination adolescente de romans de chevalerie, notamment l'Orlando furioso de l'Arioste, avant de se tourner vers une lecture plus austère.[47]
La rencontre providentielle avec les passionistes proscrits
Sous l'occupation française, Napoléon supprime les congrégations religieuses des États pontificaux et disperse leurs membres.[48] Plusieurs passionistes, chassés de leurs couvents, se réfugient alors dans les environs de Viterbe : le jeune Domenico se lie d'amitié avec eux et sert quotidiennement leur messe, s'imprégnant de leur spiritualité centrée sur la Passion du Christ.[49] Un épisode décida, selon la tradition biographique, de sa vocation : seul parmi les jeunes hommes de son village, il échappa à la conscription militaire napoléonienne — signe qu'il interpréta comme un appel divin explicite.[50]
Le 4 septembre 1813, sur la place de Viterbe, le jeune homme fait le choix définitif de la vie religieuse contre les attachements du monde.[51] Sa vocation, dès l'origine, se tourne vers un but précis et singulier pour un paysan italien du début du XIXᵉ siècle : l'évangélisation de l'Angleterre, dans la ligne du souhait qu'avait formé, dès le XVIIIᵉ siècle, le fondateur des passionistes, saint Paul de la Croix, pour la conversion de ce royaume séparé de Rome depuis la rupture d'Henri VIII.[52][53]
Chez les passionistes : formation et rayonnement intellectuel (1814-1840)
L'entrée en religion et le nom de Dominique de la Mère de Dieu
Dominique entre dans la Congrégation de la Passion de Jésus-Christ en 1814, dès que la réouverture des couvents des États pontificaux le permet après la chute de Napoléon.[54][55] Il y reçoit, selon l'usage de l'ordre, un nom de religion : Dominique de la Mère de Dieu (Domenico della Madre di Dio), sous lequel il est encore officiellement inscrit au martyrologe romain.[56] Fait rare dans la congrégation, il fut d'abord admis comme frère lai avant d'être élevé, par exception, au noviciat clérical — signe précoce d'un jugement porté sur ses dispositions intellectuelles, qu'il s'efforça pourtant toute sa vie de minimiser par humilité.[57]
Il est ordonné prêtre le 1ᵉʳ mars 1818.[58][59][60]
Un professeur brillant et un théologien prolifique
Ses études terminées, le jeune prêtre passioniste enseigne la philosophie et la théologie pendant environ dix ans, d'abord au couvent de Sant'Angelo, puis à celui des Saints-Jean-et-Paul, sur le Cælius à Rome — l'une des maisons mères historiques de l'ordre.[61][62] De cet enseignement naît une œuvre écrite considérable : selon les estimations les plus généreuses, Dominique Barberi aurait rédigé au cours de sa vie plus de cent quatre-vingts écrits, entre traités, sermons et ouvrages de controverse — dont au moins quinze traités considérables de philosophie et de théologie déjà achevés avant son départ définitif pour l'Angleterre en 1840.[63][64]
Parmi ces écrits figurent des cours complets de philosophie et de théologie morale, un ouvrage sur la Passion du Christ, une Divina Paraninfa consacrée aux douleurs de la Vierge à l'usage des religieuses, ainsi qu'une réfutation des thèses de Félicité de Lamennais, alors en pleine controverse avec Rome.[65] En 1841, dans la dernière ligne droite avant son passage en Angleterre, il rédige une Lettre aux professeurs d'Oxford rédigée en latin, dont il sera longuement question plus bas.[66][67]
Paul VI, dans son discours de béatification de 1963, retiendra tout particulièrement un point : Barberi avait, dans un de ses traités théologiques consacrés à l'infaillibilité pontificale, « anticipé avec une vision sûre de la doctrine » la définition que le premier concile du Vatican formulerait des décennies plus tard.[68] Le pape le qualifiera à cette occasion de théologien, de philosophe — et, plus largement, d'esprit ayant devancé son temps.[69]
Charges administratives et premiers liens avec l'Angleterre
Sans jamais interrompre ses missions et retraites prêchées à travers l'Italie, Barberi occupe successivement les charges de recteur, de consulteur provincial puis de provincial de sa congrégation.[70] En 1830, à trente-huit ans, il est chargé de fonder un nouveau couvent à Lucques.[71]
C'est aussi en 1830 qu'a lieu, selon le récit rapporté par Paul VI lui-même, un épisode déterminant : priant un jour, vers la fin septembre ou le début d'octobre, devant l'autel de la Vierge, Dominique reçoit la conviction intime et irrévocable d'un appel apostolique le destinant à l'Angleterre et au nord de l'Europe — territoires où les passionistes n'avaient alors jamais pris pied.[72] La même année, il vient en aide à un gentilhomme anglais converti, Sir Henry Trelawney, sur des questions de rubriques liturgiques, et se lie avec deux figures majeures du catholicisme anglais renaissant : Ambrose Phillipps de Lisle, aristocrate converti et fervent partisan de la réunion des chrétiens, et George Spencer (futur père Ignace de la Mère de Dieu), prêtre anglican converti alors en séjour romain (1830-1832).[73] De cette rencontre naît une correspondance suivie qui entretient, chez Barberi, l'espoir d'une mission anglaise.[74]
« Vers la fin septembre ou au début octobre, sur le midi, tandis qu'il priait devant l'autel de la Vierge, lui fut révélée [sa mission apostolique vers l'Angleterre]... » — Pape Paul VI, discours pour la béatification de Dominique de la Mère de Dieu, 27 octobre 1963[75]
Vingt-huit ans d'attente
L'aspiration à l'Angleterre ne se traduit pas immédiatement en fondation concrète : les supérieurs de la congrégation, prudents, diffèrent à plusieurs reprises le projet.[76] Barberi, dans sa correspondance de ces années, laisse percer son impatience grandissante : selon le témoignage conservé, il écrivait alors qu'« il me semble que chaque heure dure mille ans avant de voir ma chère Angleterre ».[77] Il faudra attendre 1840 — soit vingt-six ans après son entrée chez les passionistes en 1814 — pour que le projet devienne enfin réalité, à l'âge de quarante-huit ans.[78]
La première fondation hors d'Italie : Ere, en Belgique (1840)
En juin 1840, Dominique Barberi fonde, près de Tournai, à Ere, la toute première maison passioniste établie hors d'Italie — un jalon dans l'histoire de la congrégation fondée un siècle plus tôt par saint Paul de la Croix.[79][80] Il en devient le supérieur.[81]
Les débuts sont rudes : pauvreté matérielle, maladies parmi les frères de la communauté naissante, et une maîtrise limitée du français qui complique l'installation.[82] Mais la communauté finit par s'enraciner, et Barberi lui-même y retrouve la santé après une période d'épreuve physique.[83] Ere n'est pourtant, dans l'esprit de son fondateur, qu'une étape : le véritable objectif, depuis plus de vingt-cinq ans, reste l'Angleterre elle-même.[84]
L'apôtre de l'Angleterre : la fondation d'Aston Hall (1841-1844)
Le débarquement à Folkestone
En octobre 1841, Dominique Barberi débarque à Folkestone, sur la côte anglaise.[85][86] Un témoin de l'époque, cité par la tradition passioniste anglaise, résumera plus tard la scène en des termes devenus classiques : « le second printemps ne commença ni à la conversion de Newman ni à la restauration de la hiérarchie catholique ; il commença un morne jour d'octobre 1841, quand un petit prêtre italien à l'accoutrement comique descendit en titubant la passerelle d'un navire. »[87]
L'accueil est loin d'être chaleureux : les catholiques anglais de l'époque, minoritaires, prudents et échaudés par des siècles de pénalisation légale, redoutent qu'une présence religieuse aussi voyante ne ranime les persécutions.[88] Barberi lui-même essuie railleries et incompréhension dès ses premiers pas sur le sol anglais.[89]
Aston Hall, première maison passioniste d'Angleterre
Après vingt-huit ans d'efforts et d'attente depuis son entrée en religion, Dominique Barberi établit en février 1842 les passionistes à Aston Hall, dans le Staffordshire, rebaptisé retraite Saint-Michel — la toute première maison de la congrégation en terre anglaise.[90][91] La petite communauté grandit rapidement, comptant bientôt une quinzaine de religieux.[92]
Hostilité, pierres et conversions à Stone
De sa résidence d'Aston Hall, Barberi se rend à pied, trois fois par semaine et pendant près de deux ans, jusqu'au bourg voisin de Stone, où il célèbre la messe dans une modeste auberge, la Crown Inn.[93] Le trajet ne se fait pas sans épreuve : insultes, menaces et jets de pierres accompagnent régulièrement ses déplacements — il en gardera d'ailleurs une cicatrice au visage.[94]
Sa réaction devant cette hostilité devint elle-même un instrument d'évangélisation. Selon le récit conservé par la tradition passioniste, lorsque des jeunes gens du bourg lui lancèrent des pierres, Barberi ramassa chacune d'elles, l'embrassa, et la glissa dans sa poche plutôt que d'y répondre par la colère.[95] Deux de ces jeunes gens, témoins de cette douceur inattendue, se convertirent au catholicisme après avoir observé la patience du prêtre sous les coups.[96]
C'est à Stone, précisément, qu'une jeune Anglaise de vingt ans, Elizabeth Prout, fut témoin de la même scène : elle vit Barberi « traité comme un criminel, lapidé, insulté et couvert de boue » tandis qu'il se rendait dire la messe, et fut bouleversée par la douceur et l'humilité avec lesquelles il supportait ce traitement.[97] Cette rencontre décida de sa conversion, puis, des années plus tard, de la fondation des Sœurs de la Croix et de la Passion, aujourd'hui présentes sur cinq continents.[98]
« Ayez confiance, mes Sœurs. Vous êtes toutes bien trop vieilles et bien trop laides. » — Dominique Barberi, répondant avec humour à des religieuses inquiètes de le voir instruire de jeunes convertis[99]
La première procession du Saint-Sacrement depuis la Réforme
En 1844, Aston Hall organise une procession publique du Saint-Sacrement (Fête-Dieu) à travers les rues du voisinage, rassemblant des milliers de fidèles et de curieux — considérée comme la première procession publique de ce type dans l'Angleterre moderne.[100][101] L'événement, impensable quelques années plus tôt dans un pays où le catholicisme demeurait juridiquement et socialement marginalisé, marque symboliquement l'enracinement de la présence catholique voulue par Barberi.[102]
La Lettre aux professeurs d'Oxford et le mouvement d'Oxford (1841)
Depuis le début des années 1830, un groupe de théologiens anglicans réunis autour d'Oxford — le mouvement d'Oxford, dont John Henry Newman est l'une des figures les plus en vue — publie une série de Tracts for the Times qui redécouvrent, contre le protestantisme libéral ambiant, l'héritage patristique, sacramentel et épiscopal de l'Église ancienne.[103] Barberi suit cette évolution avec un intérêt croissant depuis l'Italie, correspondant avec Ambrose Phillipps de Lisle et George Spencer sur les développements du mouvement.[104]
En 1841, peu avant son départ définitif pour l'Angleterre, il rédige une Lettre aux professeurs d'Oxford, en latin, où il expose sa conviction que les hommes du mouvement d'Oxford seraient l'instrument providentiel du retour de l'Angleterre à Rome.[105][106] Le texte connaît une diffusion notable : il est notamment publié en traduction française dans le journal catholique L'Univers.[107] Selon plusieurs biographes, Newman et ses proches étudient cette lettre avec une attention particulière — un premier contact indirect, par l'écrit, avant la rencontre personnelle qui aura lieu quatre ans plus tard.[108]
Cette confiance placée dans le mouvement d'Oxford par un missionnaire italien encore inconnu en Angleterre témoigne d'un discernement spirituel remarquable : au moment où Barberi écrit sa lettre, rien ne permet encore de prévoir que l'aile la plus engagée du mouvement — Newman en tête — franchira le pas vers Rome.
La réception de John Henry Newman dans l'Église (8-9 octobre 1845)
Un homme en chemin depuis des années
À l'automne 1845, John Henry Newman, retiré depuis plusieurs années à Littlemore, près d'Oxford, a achevé sa lente et douloureuse migration intellectuelle et spirituelle depuis l'anglicanisme vers la conviction que l'Église catholique romaine seule porte la plénitude de la Tradition apostolique.[109] Il travaille alors à l'achèvement de son Essai sur le développement de la doctrine chrétienne, ouvrage qui doit justifier théologiquement le pas qu'il s'apprête à franchir.[110]
Un ami de Newman à Littlemore, John Dobree Dalgairns, avait déjà été reçu par Barberi à Aston, le jour de la Saint-Michel (29 septembre) 1845 — un précédent immédiat qui rapproche encore Newman de sa propre décision.[111]
La lettre de Newman du 8 octobre 1845
Newman lui-même a laissé un témoignage écrit, daté du jour même, de son attente du père Dominique. Dans une lettre envoyée à plusieurs amis le soir du 8 octobre 1845, alors qu'il achève de rédiger son Essai sur le développement, il écrit :
« Littlemore, 8 octobre 1845. J'attends cette nuit le père Dominique, le passioniste, qui, depuis sa jeunesse, a été conduit à avoir des pensées distinctes et précises, d'abord des pays du Nord, puis de l'Angleterre. Après trente années (presque) d'attente, il fut, sans qu'il y soit lui-même pour rien, envoyé ici. Mais il n'a eu que peu de part aux conversions. Je l'ai vu ici quelques minutes le jour de la Saint-Jean-Baptiste de l'an dernier. C'est un homme simple et saint, doué cependant de facultés remarquables. Il ignore mon intention ; mais j'ai le dessein de lui demander mon admission dans l'unique Bercail du Christ… » — John Henry Newman, Apologia Pro Vita Sua (1865), lettre du 8 octobre 1845[112]
Cette lettre, intégrée telle quelle par Newman vingt ans plus tard dans son autobiographie spirituelle, l'Apologia Pro Vita Sua, constitue la source primaire la plus sûre pour dater et comprendre l'état d'esprit de Newman à la veille de sa réception dans l'Église.[113]
La confession générale et la réception dans l'Église
Le père Dominique, alors en route depuis Aston vers la Belgique via Londres, s'arrête à Littlemore le soir du 8 octobre 1845, sous une pluie battante.[114][115] Newman relate lui-même, dans l'Apologia, qu'à peine le religieux avait-il commencé à se sécher devant le feu de la cheminée que lui, Newman, s'agenouilla à ses pieds et lui demanda d'entendre sa confession générale.[116] Celle-ci dure une bonne partie de la nuit.[117]
Le lendemain matin, 9 octobre 1845, Newman, âgé de quarante-quatre ans, est reçu dans l'Église catholique par Dominique Barberi.[118][119] Le père Dominique célèbre la messe le matin suivant pour Newman et deux compagnons également reçus à cette occasion.[120] Le fait, aussitôt connu, bouleverse l'Angleterre religieuse et intellectuelle : l'homme le plus admiré d'Oxford, au faîte de sa réputation, renonce à sa carrière universitaire, à ses amitiés anglicanes et à son statut social pour rejoindre une Église alors pauvre et socialement méprisée dans le royaume.[121]
Le témoignage de Newman sur le père Dominique
Des années plus tard, dans une lettre adressée au cardinal Lucido Maria Parocchi, à Rome, Newman revient sur cette rencontre décisive en des termes restés célèbres et largement rapportés par ses biographes :
« Le père Dominique fut un missionnaire admirable et un prédicateur plein de zèle. Il eut une grande part dans ma propre conversion et dans celle d'autres personnes. Son seul regard avait en lui quelque chose de saint. Quand sa silhouette venait à paraître, j'étais remué jusqu'au fond de l'âme d'une manière étrange. La gaieté et l'affabilité de ses manières, au milieu même de toute sa sainteté, étaient en elles-mêmes un saint sermon. Il n'est pas étonnant que je sois devenu son converti et son pénitent. » — John Henry Newman, lettre au cardinal Parocchi, citée par Alexander Lucie-Smith, The Catholic Herald, 28 août 2017[122]
Newman expliquera ailleurs qu'il avait besoin, avant de franchir le pas, de voir incarnée chez un catholique une sainteté concrète, austère, vécue « pauvre et pieds nus parmi les membres les plus délaissés de la société » — et qu'il trouva précisément cette incarnation dans le petit religieux italien qui le reçut à Littlemore.[123] L'archevêque Bernard Longley résumera plus tard cette intuition : Newman « reconnut chez le bienheureux Dominique quelque chose qu'il avait cherché — un exemple mouvant de bonté et de sainteté qui venait confirmer sa conviction intellectuelle que les prétentions de l'Église catholique étaient vraies ».[124]
Le récit ne serait pas complet sans une note qui dit tout du caractère du personnage : au moment même de recevoir Newman, encore ruisselant de pluie devant l'âtre, Barberi ne put s'empêcher, selon la tradition passioniste, de glisser l'un de ses jeux de mots les plus discutables — « attendons encore un peu, et un peu plus sera fait pour la gloire de Dieu » — manière bien à lui de désamorcer la solennité du moment sans jamais en diminuer la gravité spirituelle.[125]
D'autres âmes conduites à Rome
Newman ne fut ni le premier ni le seul converti notable du père Dominique. En sept années de mission anglaise, Barberi reçut dans l'Église plusieurs centaines de personnes, clercs et laïcs, et fonda trois églises et plusieurs chapelles.[126][127] Le tableau suivant présente les conversions les plus significatives pour l'histoire du catholicisme anglais :
| Converti | Date / lieu | Devenir |
|---|---|---|
| John Dobree Dalgairns | Septembre 1845, à Aston | Ami de Littlemore, reçu quelques semaines avant Newman ; devient prêtre oratorien[128] |
| John Henry Newman | 9 octobre 1845, à Littlemore | Prêtre catholique (1847), cardinal (1879), canonisé saint en 2019[129] |
| George (Ignace) Spencer | 1847, entrée dans la congrégation passioniste | Prêtre anglican converti dès 1830, devient passioniste ; sa cause est aujourd'hui, elle aussi, à l'étude[130] |
| Elizabeth Prout | Début des années 1840, à Stone | Fondatrice des Sœurs de la Croix et de la Passion, aujourd'hui présentes sur cinq continents ; déclarée vénérable[131] |
Ces conversions ne sont pas des épisodes isolés : elles dessinent, autour de Barberi, tout un réseau de figures qui structureront durablement le catholicisme anglais du second XIXᵉ siècle — clergé, vie religieuse féminine et masculine, intellectuels.[132]
Extension de la mission passioniste en Angleterre (1846-1849)
Les dernières années de la vie de Barberi sont marquées par une expansion continue de la présence passioniste en terre anglaise. En 1846, une nouvelle fondation voit le jour à Woodchester, dans le Gloucestershire.[133] En 1848, les passionistes s'installent à Hampstead, à Londres.[134] Au moment de sa mort, Barberi négocie encore l'établissement d'une retraite à Sutton, dans le Lancashire — celle-là même où reposeront un jour ses propres restes.[135]
Nommé provincial de la mission anglaise de sa congrégation, Barberi étend inlassablement son champ d'action : missions et retraites prêchées à travers les villes industrielles du nord de l'Angleterre — Manchester, Liverpool, Birmingham, Wolverhampton, Bilston — mais aussi en Écosse, au pays de Galles et en Irlande.[136][137] Sa voix affaiblie et son accent italien prononcé n'empêchent nullement les foules d'affluer : plusieurs témoins contemporains attribuent à la seule évidence de sa sainteté personnelle l'efficacité de sa prédication, indépendamment même de sa maîtrise imparfaite de l'anglais.[138]
Une vie d'austérité et de charité
Malgré des ennuis de santé chroniques — hernie, rhumatismes, palpitations cardiaques —, Barberi ne s'accorde aucun repos après ses missions, évite le feu même en plein hiver, et va, à l'occasion, une journée entière sans manger.[139] Il montre en revanche une tendresse presque maternelle envers les religieux malades de sa communauté et les victimes du typhus et du choléra qui frappent l'Angleterre à la fin des années 1840.[140] Cette même décennie voit d'ailleurs les grandes épidémies de choléra ravager les villes anglaises — fléau qui jouera, on le verra, un rôle macabre jusque dans les circonstances mêmes de sa mort.[141]
La mort à Reading (27 août 1849)
Le dernier voyage vers Woodchester
Le 27 août 1849, Dominique Barberi voyage depuis la gare londonienne de Paddington en direction de Woodchester, où il doit dédicacer une nouvelle église.[142][143] Près de Pangbourne, dans le Berkshire, il est saisi d'une violente crise cardiaque.[144]
Le choléra qui ferme les portes des auberges
En pleine épidémie de choléra qui frappe alors l'Angleterre, aucun hôtel ne consent à héberger un homme visiblement malade : la peur de la contagion prime sur toute compassion.[145] On le transporte finalement à Reading, dans une auberge nommée alors Railway Tavern — rebaptisée plus tard Duke of Edinburgh Hotel —, sise au 57 Caversham Road.[146] Le bâtiment d'origine, frappé par un incendie criminel en 2001, a depuis été démoli ; une plaque commémorative, plus petite que le format habituel des plaques bleues anglaises, signale toujours l'emplacement.[147]
« Que Ta volonté soit faite »
Barberi attend plus d'une heure l'arrivée d'un médecin, dans une agonie intense mais empreinte de paix, répétant sans relâche une seule phrase : « Que Ta volonté soit faite. »[148] Selon une autre tradition biographique, ses derniers mots articulés furent : « Ô Jésus, je sais maintenant quels tourments Tu as endurés sur la Croix. »[149] Il meurt dans l'après-midi, à l'âge de cinquante-sept ans, sans que le médecin espéré ait pu arriver à temps.[150]
« Que Ta volonté soit faite » — dernières paroles répétées du bienheureux Dominique Barberi, agonisant à Reading, 27 août 1849[151]
Les funérailles et la sépulture
Les mêmes habitants de Stone qui l'avaient autrefois raillé et lapidé bordent les rues lors du passage de son corps, en signe de vénération tardive mais sincère.[152] Il est finalement inhumé dans l'église Sainte-Anne-et-Bienheureux-Dominique, à Sutton (Merseyside) — le sanctuaire même dont il négociait l'établissement au moment de sa mort — où reposent aujourd'hui également les dépouilles du père Ignace Spencer et de mère Elizabeth Prout.[153][154]
De vénérable à bienheureux : la cause de béatification
Ouverture de la cause et décret d'héroïcité des vertus
Les écrits spirituels de Dominique Barberi sont approuvés en deux temps, le 12 avril 1905 puis le 20 novembre 1940.[155] Sa cause de béatification, elle, s'ouvre officiellement le 14 juin 1911, sous le titre de Serviteur de Dieu.[156] Le 16 mai 1937, le pape Pie XI signe le décret reconnaissant qu'il a pratiqué les vertus « à un degré héroïque », et Barberi devient officiellement vénérable.[157]
Le miracle retenu
Pour la béatification, l'Église retient la guérison instantanée d'un jeune étudiant passioniste italien, atteint depuis plus d'un an d'une tumeur au genou résistante à tout traitement : à la veille d'un remède particulièrement douloureux, le malade prie le P. Dominique en posant sur son genou une image arrachée d'une biographie — et l'examen constate ensuite la disparition complète de la tumeur.[158] Le Saint-Siège statue au vu des déclarations des deux médecins qui avaient soigné le genou en vain et des dépositions sous serment de deux spécialistes commis à l'enquête sur les faits.[159]
La béatification par Paul VI, en plein concile Vatican II
Le 27 octobre 1963, en pleine session du concile œcuménique Vatican II, le pape Paul VI béatifie Dominique Barberi place Saint-Pierre, au cours d'une messe pontificale célébrée dans la chapelle de la Chaire de Saint-Pierre le matin, suivie l'après-midi de la vénération des reliques du nouveau bienheureux.[160][161] Le contexte n'est pas indifférent : béatifier, en plein concile consacré notamment à l'unité des chrétiens, un religieux qui avait consacré sa vie à la réconciliation de l'Angleterre avec Rome, revêtait une portée symbolique que Paul VI ne manqua pas de souligner en le saluant comme un « apôtre de l'unité ».[162]
Les mots de Paul VI
Dans son discours, Paul VI insiste sur trois traits du nouveau bienheureux : le théologien qui avait « plus d'un titre à un mérite insigne » ; le philosophe dont la pensée sur l'infaillibilité pontificale avait devancé la définition du premier concile du Vatican ; et le missionnaire dont l'exemple de sainteté, plus que l'argumentation, avait décidé Newman à franchir le pas vers Rome.[163] Sa fête liturgique est fixée au 27 août, jour anniversaire de sa mort — la famille passioniste la célèbre traditionnellement le 26 août.[164][165]
Héritage : l'apôtre de l'Angleterre aujourd'hui
Un sanctuaire commun avec ses propres convertis
Le sanctuaire de Sainte-Anne-et-Bienheureux-Dominique, à Sutton (Merseyside), demeure aujourd'hui le principal lieu de vénération de Dominique Barberi.[166] Il y repose aux côtés du père Ignace Spencer et de mère Elizabeth Prout — deux des âmes que sa prédication avait conduites, directement ou indirectement, jusqu'à la sainteté catholique.[167] Une relique du bienheureux a par ailleurs été remise, en 2013, à l'Ordinariat personnel de Notre-Dame de Walsingham, structure créée par Benoît XVI pour accueillir dans l'Église catholique des communautés anglicanes entières — accomplissement, d'une certaine manière, du songe même de Barberi.[168]
Newman et Barberi, deux causes liées
La canonisation de John Henry Newman, en 2019, a relancé l'attention portée à celui qui l'avait reçu dans l'Église. Dès 2013, à l'occasion du cinquantenaire de la béatification de Barberi, l'archevêque de Birmingham, Mgr Bernard Longley, exprimait le vœu de voir un jour l'Église reconnaître ensemble la sainteté de Newman et celle de son bienheureux passioniste.[169] Le bienheureux Dominique Barberi demeure ainsi, pour l'heure, sur le seuil de la canonisation — précisément là où se trouvait Newman lui-même pendant plus d'un siècle.
Une intercession pour l'unité chrétienne
Ce que retient d'abord la mémoire catholique de Dominique Barberi n'est ni l'ampleur de son œuvre théologique — considérable pourtant —, ni le nombre de ses fondations, mais la manière dont un homme simple, mal préparé selon les critères humains, devint l'instrument d'un rapprochement entre deux traditions chrétiennes séparées depuis trois siècles. Le martyrologe romain le résume en une phrase : il « travailla à restaurer l'unité chrétienne et reçut de nombreuses personnes dans l'Église catholique ».[170] Prêcher, recevoir des coups de pierre en silence, embrasser la pierre qui blesse : c'est par ces gestes concrets, plus encore que par ses traités savants, que le berger orphelin de Pallanzana devint l'apôtre de l'Angleterre.
Pour aller plus loin
- Saint John Henry Newman — le converti le plus célèbre de Dominique Barberi, reçu dans l'Église le 9 octobre 1845
- Saint Paul de la Croix — fondateur de la Congrégation de la Passion dont Barberi accomplit le songe missionnaire pour l'Angleterre
- L'anglicanisme — la tradition religieuse dont est issu Newman, et le contexte du mouvement d'Oxford dans lequel Barberi intervient
- Elizabeth Prout — convertie par Barberi à Stone, fondatrice des Sœurs de la Croix et de la Passion
- George (Ignace) Spencer — prêtre anglican converti, devenu passioniste
Notes et références
Wikipedia (EN), « Dominic Barberi » : en.wikipedia.org/wiki/Dominic_Barberi. Notice biographique détaillée : naissance le 22 juin 1792 près de Viterbe, parents décédés dans son enfance, entrée chez les passionistes en 1814, ordination le 1ᵉʳ mars 1818, enseignement de la philosophie et de la théologie, fondation d'Ere (Belgique) en juin 1840, fondation d'Aston Hall (Staffordshire) en 1842, réception de Newman le 9 octobre 1845, réception de Dalgairns et George Spencer, fondations de Woodchester (1846) et Hampstead (1848), mort le 27 août 1849 près de Reading, béatification en 1963 par Paul VI, sépulture à Sutton.
1 5 13 21 23 25 26 31 34 36 37 40 48 49 50 52 55 57 62 65 71 73 74 79 81 82 83 84 86 88 89 91 92 99 103 104 105 111 120 121 126 128 130 132 133 134 135 143 153 155 156 157 166 168Wikipédia (FR), « Dominique Barberi » : fr.wikipedia.org/wiki/Dominique_Barberi. Naissance à Viterbe en 1792, perte des deux parents à onze ans, recueilli par un oncle maternel, travail agricole jusqu'à vingt et un ans, entrée chez les passionistes en 1814 sous le nom de Dominique de la Mère de Dieu, ordination en 1818, plus de 180 ouvrages rédigés, rencontre avec George Spencer à Rome (1830-1832), fondation d'Ere en 1840, fondation d'Aston Hall en 1842, Lettre aux professeurs d'Oxford (1841) publiée dans L'Univers, trois cents conversions en huit ans, conversion d'Elizabeth Prout à Stone, réception de Newman le 9 octobre 1845 à quarante-quatre ans, mort par épuisement le 27 août 1849 à la gare de Reading à cinquante-sept ans, sépulture à Sainte-Anne-et-Bienheureux-Dominique à St Helens, béatification le 27 octobre 1963 par Paul VI durant Vatican II, salué comme « apôtre de l'unité », fête le 27 août (26 août chez les passionistes).
2 16 19 27 28 41 45 46 59 63 66 80 106 107 108 119 127 136 160 162 165Catholic Encyclopedia (New Advent), « Dominic of the Mother of God » : newadvent.org/cathen/05113a.htm. Naissance près de Viterbe le 22 juin 1792, parents paysans morts durant son enfance, benjamin d'une fratrie de six, recueilli par l'oncle Bartolomeo Pacelli, instruction élémentaire donnée par un prêtre capucin, entrée chez les passionistes en 1814, ordination le 1ᵉʳ mars 1818, dix années d'enseignement de la philosophie et de la théologie, charges de recteur, consulteur provincial et provincial, fondation de la première maison passioniste de Belgique près de Tournai en 1840, fondation d'Aston Hall (Staffordshire) en 1842 après vingt-huit ans d'efforts, réception de Newman et de ses compagnons E. S. Bowles et Richard Stanton en 1845, réception de Dalgairns et de George Spencer, mort le 27 août 1849 près de Reading, sépulture sous le maître-autel de la retraite Sainte-Anne, écrits de philosophie, théologie, sermons et controverse, dont une lettre de 1841 sur les objections d'Oxford au catholicisme.
3 10 20 22 29 38 53 54 56 58 61 67 70 164Rév. Edmund Thorpe, C.P., Dominic Barberi, C.P., brochure de la Catholic Truth Society, reproduite sur ecatholic2000.com/cts/untitled-135.shtml. Naissance le 22 juin 1792 à Pallanzana près de Viterbe, benjamin d'une famille paysanne, mort du père en 1795, mort de la mère durant l'enfance, éducation par un oncle à Merlano, autodidacte lisant l'Arioste, choix de la vie religieuse le 4 septembre 1813 sur la place de Viterbe, entrée chez les passionistes en 1814, ordination en 1818 (corrigée : la source secondaire indique par erreur 1821 dans une reformulation, mais le texte original et les sources croisées confirment 1818), rédaction d'au moins quinze traités considérables avant 1840, correspondance exprimant l'impatience d'un appel anglais, arrivée en Angleterre en 1840-1841, installation à Aston Hall (rebaptisé Saint-Michel) en 1841, trajets à pied trois fois par semaine vers Stone pendant près de deux ans, hostilité et jets de pierres laissant une cicatrice, rencontre avec Newman limitée à trois ou quatre entrevues, réception de Newman le 8-9 octobre 1845 sous la pluie, missions à travers l'Angleterre, l'Écosse, l'Irlande et le pays de Galles, première procession du Saint-Sacrement des îles Britanniques depuis la Réforme le 10 juin 1844, fondations de Woodchester (1846), Hampstead (1848) et Sutton, austérités et charité envers les malades du typhus et du choléra, mort le 27 août 1849 d'une crise cardiaque en train près de Reading avec les mots « Ô Jésus, je sais maintenant quels tourments Tu as endurés sur la Croix », ouverture de la cause en 1911, décret d'héroïcité des vertus en 1937, guérison miraculeuse d'une tumeur retenue pour la béatification, pétition de 1945 (centenaire de la conversion de Newman) pour la canonisation.
4 6 17 18 30 42 43 44 47 51 60 64 76 77 78 85 90 93 94 100 102 137 138 139 140 149 152Independent Catholic News, « Bl Dominic Barberi and Newman » : indcatholicnews.com/news/38096. Réception de Newman à Littlemore le 9 octobre 1845, circonstances de l'arrivée de Barberi trempé de pluie en chemin d'Aston vers la Belgique, déclaration de Mgr Bernard Longley sur ce que Newman reconnut chez Barberi, déclaration du père John Kearns (provincial anglais des passionistes) sur la nécessité pour Newman de voir une sainteté catholique incarnée « pauvre et pieds nus parmi les plus délaissés », biographie sommaire de Barberi (naissance 1792, mission anglaise dès 1841, fondation d'Aston Hall, mort en 1849, béatification en 1963).
7 32 109 114 118 123 129John Henry Newman, Apologia Pro Vita Sua, Londres, 1865, chapitre « Position of my Mind since 1845 », lettre datée de Littlemore, 8 octobre 1845, texte intégral consulté sur newmanreader.org/works/apologia65/chapter4-2.html (édition de référence, pages 234-235). Texte original anglais : "Littlemore, October 8th, 1845. I am this night expecting Father Dominic, the Passionist, who, from his youth, has been led to have distinct and direct thoughts, first of the countries of the North, then of England. After thirty years' (almost) waiting, he was, without his own act, sent here. But he has had little to do with conversions. I saw him here for a few minutes on St. John Baptist's day last year. He is a simple, holy man; and withal gifted with remarkable powers. He does not know of my intention; but I mean to ask of him admission into the one Fold of Christ…"
8 33 112 113Alexander Lucie-Smith, The Catholic Herald, 28 août 2017, citation de Newman rapportée dans « The Story Behind the Conversion of St. John Henry Newman », Inside the Vatican : insidethevatican.com/magazine/culture/education/the-story-behind-the-conversion-of-st-john-henry-newman. Citation de Newman sur le père Dominique, « marvellous missioner », « something holy », « moved to the depths in the strangest way », attribuée à une lettre de Newman au cardinal Parocchi.
9 122Sisters of the Cross and Passion, « Elizabeth Prout » : crossandpassion.com/elizabeth-prout. Elizabeth Prout (1820-1864), devenue en religion mère Marie-Joseph de Jésus, convertie au catholicisme dans sa vingtaine sous l'influence de Dominique Barberi et du passioniste Gaudentius Rossi, témoin à Stone du traitement infligé à Barberi (lapidation, insultes, boue) et de sa patience, fondatrice des Sœurs de la Croix et de la Passion, congrégation portant depuis le nom passioniste en hommage à Barberi et Ignace Spencer, aujourd'hui plus de trois cents religieuses présentes au Royaume-Uni, en Irlande, aux États-Unis, au Botswana, en Jamaïque, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Argentine, au Pérou et au Chili ; sépulture commune avec Barberi et Ignace Spencer au sanctuaire de Sainte-Anne à Sutton.
11 97 98 131 154 167Reading Civic Society, « The Blessed Dominic Barberi » : readingcivicsociety.org.uk/heritage/blessed-dominic-barberi. Crise cardiaque survenue près de Pangbourne le 27 août 1849 alors qu'il voyageait de Paddington vers Woodchester, refus des hôtels de Reading en raison de l'épidémie de choléra en cours, transport à la Railway Tavern (devenue plus tard Duke of Edinburgh Hotel), 57 Caversham Road, attente de plus d'une heure d'un médecin dans l'agonie mais dans la paix, dernières paroles répétées « Que Ta volonté soit faite », démolition du bâtiment après un incendie criminel en 2001, plaque commémorative de petit format posée avec l'aide de la Reading Civic Society, sépulture au sanctuaire passioniste de Sutton (St Helens, Merseyside).
12 35 141 142 144 145 146 147 148 150 151Pape Paul VI, discours pour la béatification de Dominique de la Mère de Dieu (Dominique Barberi), place Saint-Pierre, 27 octobre 1963, texte original italien : vatican.va/content/paul-vi/it/speeches/1963/documents/hf_p-vi_spe_19631027_beato-domenico.html. Mérites de théologien et de philosophe salués, traité sur l'infaillibilité pontificale jugé anticipateur de la définition du premier concile du Vatican, révélation de la vocation apostolique vers l'Angleterre reçue fin septembre ou début octobre 1830 devant l'autel de la Vierge, rôle décisif dans la conversion de Newman rappelé à travers les propres mots de Newman sur « un mirabile missionario » animé d'« un grande amore per l'Inghilterra », béatification célébrée en pleine session du concile Vatican II par une messe pontificale du matin suivie d'une vénération des reliques l'après-midi. Texte original italien du passage cité dans le corps : « Alla fine di settembre o ai primi di ottobre, sul mezzogiorno, mentre pregava avanti all'altare della Vergine, gli venne rivelata... ».
14 24 39 68 69 72 75 161 163Conférence des évêques catholiques d'Angleterre et du pays de Galles (CBCEW), déclaration de Mgr Bernard Longley, archevêque de Birmingham, à l'occasion du cinquantenaire de la béatification de Dominique Barberi (2013) : rapportée notamment par Independent Catholic News, indcatholicnews.com/news/23121. Espoir exprimé de voir un jour l'Église reconnaître ensemble la sainteté de Newman et de Dominique Barberi ; explication de ce que Newman reconnut chez Barberi : « un exemple mouvant de bonté et de sainteté qui venait confirmer sa conviction intellectuelle que les prétentions de l'Église catholique étaient vraies ».
15 124 169The Passionists, « Bl. Dominic Barberi » : passionists.com/saints-and-blessed/bl-dominic-barberi. Entrée chez les passionistes en 1814, fondation de la communauté belge d'Ere en préparation de la mission anglaise, invitation de Mgr Wiseman, citation sur « le petit prêtre italien à l'accoutrement comique » débarquant à Folkestone en octobre 1841, hostilité initiale et jets de pierres à Stone, anecdote des pierres embrassées et empochées entraînant la conversion de deux jeunes gens, mort le 27 août 1849 à la gare de Reading après une crise cardiaque, refus des hôtels par crainte du choléra.
87 95 96Universalis, « Today » (26 août, fête du bienheureux Dominique Barberi) : universalis.com/europe.wales.cardiff/20250826/today.htm. Depuis Aston Hall, en 1844, Barberi organisa une procession de la Fête-Dieu à travers les rues du voisinage — « believed to have been the first public procession of its kind in England in modern times ».
101Newman Friends International (FR), « Père Dominique Barberi » : newmanfriendsinternational.org/fr/pere-dominique-barberi. Récit de la réception de Newman à Littlemore : arrivée du père Dominique trempé par la pluie, confession générale demandée par Newman dès que le religieux commence à se sécher devant le feu, durée nocturne de la confession, réception dans l'Église catholique le lendemain matin.
110 115 116 117Saint Cardinal John Henry Newman Website, « Blessed Dominic, Faith and Good Humor » : cardinaljohnhenrynewman.com/blessed-dominic-faith-and-good-humor. Anecdote rapportée par le biographe Alfred Wilson : au moment de recevoir Newman à Littlemore le 9 octobre 1845, Dominique Barberi glisse un jeu de mots resté célèbre dans la tradition passioniste, "let us wait a little more and a little more will be done for the glory of God" — trait d'humour caractéristique du personnage, par ailleurs connu pour sa mémoire photographique et son art du récit.
125Marie de Nazareth, « Bl. Dominic Barberi: Great Missionary of the Second Spring of Catholicism in England » : delivery.mariedenazareth.com/nl_archives/47228. Un étudiant passioniste italien souffrait depuis plus d'un an d'une tumeur au genou résistante à tout traitement ; sa guérison instantanée, attribuée à l'intercession du vénérable Dominique, fut reconnue par le Saint-Siège dans le procès de béatification. Récit détaillé repris de la biographie Father Dominic Barberi, Apostle of England (consultable sur archive.org) : à la veille d'un remède particulièrement douloureux, le malade prie ainsi — « Father Dominic, if you are in Paradise, as they say you are, obtain for me the grace of a cure ! » — en posant sur la tumeur une image du P. Dominique arrachée à la hâte d'une biographie qu'un condisciple lui lisait ; l'examen prouva ensuite que la tumeur avait complètement disparu.
158 159Nominis (Conférence des évêques de France), « Bienheureux Dominique de la Mère de Dieu » : nominis.cef.fr/contenus/saint/10312/Bienheureux-Dominique-de-la-Mère-de-Dieu.html. Prêtre passioniste originaire de Pallanzana près de Viterbe, provincial de la mission anglaise de sa congrégation, œuvre pour l'unité chrétienne, réception de Newman en 1845, mort à Reading en 1849, citation du martyrologe romain le décrivant comme ayant « travaillé à restaurer l'unité chrétienne et reçu de nombreuses personnes dans l'Église catholique », fête le 27 août.
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