La confession générale est la pratique par laquelle un pénitent reprend, en une seule démarche, l'ensemble des péchés d'une longue période de sa vie — ou de sa vie entière — au lieu de se borner aux fautes commises depuis sa dernière confession[1][2]. Elle n'est pas un huitième sacrement ni un rite à part : c'est une manière particulière de vivre l'unique sacrement de Pénitence et de Réconciliation, en élargissant l'aveu à tout un passé déjà confessé, ou que l'on craint d'avoir mal confessé[3].
Cette pratique tient une place singulière dans la tradition spirituelle catholique. Saint Ignace de Loyola la place au cœur de ses Exercices spirituels, à la fin de la « Première Semaine »[4]. Saint François de Sales en fait le seuil concret de la vie dévote dans l'Introduction à la vie dévote[5]. Saint Alphonse de Liguori et les missionnaires populaires y voient l'instrument privilégié des grandes conversions[6]. Loin d'être une dévotion marginale, la confession générale est un classique de la conduite des âmes.
Mais c'est aussi une pratique exigeante et délicate, qui peut devenir nuisible si on la détourne : répétée sans fin par scrupule, elle ronge la paix au lieu de la donner. C'est pourquoi les maîtres spirituels l'entourent de précautions précises[7][8].
Cet article présente la confession générale comme pratique : sa définition exacte, ses deux espèces (de nécessité et de dévotion), ses fruits, ses grandes occasions, sa préparation, ses dangers et son histoire. Pour le sacrement lui-même (institution, matière, forme, ministre, sceau), on se reportera à l'article La confession ; pour l'examen préalable, à l'article L'examen de conscience ; pour la pratique habituelle, aux articles Comment faire une bonne confession ? et Comment grandir dans la confession régulière.
Qu'est-ce qu'une confession générale ?
Une définition précise
Le mot « générale » ne désigne pas ici une absolution donnée à une foule (ce que l'on appelle l'absolution générale, réservée à des cas de nécessité grave[9]), ni une confession faite « en gros ». Il désigne l'étendue de l'aveu : au lieu de confesser seulement les péchés commis depuis la dernière fois, le pénitent embrasse une période entière, parfois toute son existence depuis l'âge de raison.
Le catéchiste Francis Spirago en donne une formule classique : la confession générale « comprend tous les péchés de la vie passée, ou du moins ceux d'une période considérable », et se distingue ainsi de la confession ordinaire qui ne porte que sur l'intervalle écoulé[10].
« Je parle d'une confession générale de toute la vie, laquelle certes je confesse bien n'être pas toujours absolument nécessaire, mais je considère bien aussi qu'elle vous sera extrêmement utile en ce commencement. » — Saint François de Sales, Introduction à la vie dévote, Iʳᵉ partie, ch. XIX[11]
Cette définition appelle aussitôt trois mises au point, car le terme « confession générale » prête à confusion.
Ce n'est pas le Confiteor
Dans la liturgie, on appelle aussi « confession générale » le Confiteor — la prière « Je confesse à Dieu tout-puissant… » récitée au début de la messe et à d'autres moments. La Catholic Encyclopedia la définit explicitement comme « une confession générale des péchés »[12]. Mais cette confession-là est non sacramentelle : c'est un aveu général de notre condition de pécheurs, sans énumération des fautes ni absolution sacramentelle.
| Confession générale (pratique) | Le Confiteor | |
|---|---|---|
| Nature | Acte du sacrement de pénitence | Prière liturgique pénitentielle |
| Contenu | Aveu détaillé des péchés d'une période | Reconnaissance générale d'être pécheur |
| Effet | Absolution sacramentelle | Disposition, pardon des péchés véniels |
| Lieu | Au confessionnal, devant le prêtre | À la messe, à l'office, avant la communion[13] |
Les deux réalités portent le même nom, mais elles n'ont ni le même contenu ni le même effet. Le présent article traite de la première : la confession sacramentelle élargie.
Ce n'est pas une répétition scrupuleuse
La confession générale n'est pas davantage le réflexe du pénitent inquiet qui « refait » sans cesse ses confessions par peur de n'avoir pas tout dit. Cette répétition anxieuse est précisément ce que les maîtres spirituels interdisent aux âmes scrupuleuses[14]. La confession générale authentique est un acte posé, paisible, ponctuel — non une rumination.
Ce que l'article ne traite pas
Pour ne pas redoubler les articles voisins, on renvoie :
- au sacrement lui-même — institution, matière et forme, ministre, sceau, effets — dans La confession (sacrement de pénitence et de réconciliation) ;
- à la préparation par l'examen, dans L'examen de conscience ;
- à la réparation reçue du prêtre, dans La pénitence imposée ;
- à la pratique ordinaire et régulière, dans Comment faire une bonne confession ? et Comment grandir dans la confession régulière.
Les deux espèces : de nécessité et de dévotion
La tradition morale distingue nettement deux cas de confession générale : celle qui est obligatoire parce qu'elle répare un passé sacramentel défaillant, et celle, facultative, qui sert un renouveau spirituel[15]. Confondre les deux est la source de la plupart des malentendus.
La confession générale de nécessité
Une confession générale devient nécessaire lorsque des confessions antérieures ont été invalides. L'absolution n'a alors rien remis : les péchés graves demeurent, et il faut les reprendre[16].
Quand une confession antérieure est-elle nulle ?
Le concile de Trente a défini que le pénitent doit confesser tous les péchés mortels dont il a conscience après un examen sérieux : taire volontairement un péché grave, ce n'est pas se confesser, c'est « opposer à la divine bonté quelque chose à cacher »[17][18]. De là, les principaux cas où une confession est nulle — et même sacrilège :
- on a dissimulé par honte un péché mortel qu'on savait devoir avouer ;
- on a menti au confesseur ou tu une circonstance qui changeait l'espèce du péché ;
- on s'est confessé sans contrition réelle ni propos de ne plus pécher ;
- on a reçu l'absolution alors qu'on ne pouvait pas être absous (par exemple sans volonté de réparer).
« Si le malade rougit de découvrir sa plaie au médecin, la médecine ne soigne pas ce qu'elle ignore. » — Saint Jérôme, cité par le Catéchisme (n° 1456)[19]
L'obligation de tout reprendre
Lorsqu'une confession a été nulle, toutes les confessions qui l'ont suivie, tant que le péché caché n'est pas avoué, restent elles aussi sans fruit : le péché dissimulé « bloque » la grâce, et chaque communion reçue ensuite en état de péché mortel ajoute un sacrilège[20]. La seule issue est une confession générale couvrant toute la période compromise. Spirago le formule sans détour : « Une confession générale est indispensable lorsqu'une confession invalide a déjà été faite. »[21]
Cette confession de nécessité n'a rien d'angoissant si on la comprend bien : elle est une délivrance. Elle dénoue d'un coup ce qui pesait parfois depuis des années, et rend au pénitent la certitude de l'amitié de Dieu.
La confession générale de dévotion
L'autre espèce ne répare aucune faute d'aveu : elle reprend des péchés déjà validement pardonnés, non parce qu'ils subsisteraient, mais pour le profit spirituel de la démarche[22]. C'est la confession générale recommandée aux conversions, aux retraites, aux grands seuils de la vie. Elle n'est jamais obligatoire ; elle est « extrêmement utile »[23].
Le pape Benoît XI, dans sa constitution Inter cunctas (17 février 1304), note que, même sans nécessité, « il n'est pas requis de confesser de nouveau les mêmes péchés ; néanmoins nous tenons pour salutaire de répéter cette confession, à cause de la honte qu'elle comporte, laquelle est une grande part de la pénitence »[24].
| Critère | De nécessité | De dévotion |
|---|---|---|
| Cause | Confessions passées invalides | Désir de renouveau spirituel |
| Caractère | Obligatoire | Facultative, conseillée |
| Péchés visés | Mortels mal ou non confessés | Fautes déjà pardonnées |
| Fruit principal | Validité retrouvée, fin du sacrilège | Ferveur, humilité, paix |
| Occasion type | Découverte d'un aveu dissimulé | Conversion, retraite, état de vie |
Pourquoi faire une confession générale ?
Pour la confession de nécessité, la raison est évidente : sans elle, l'âme reste en péché mortel. Mais pourquoi conseiller une confession générale de dévotion, alors que les fautes sont déjà pardonnées ? Les saints répondent par quatre fruits.
La connaissance de soi et l'humilité
Embrasser tout son passé d'un seul regard fait apparaître les pentes durables du cœur — l'orgueil, la sensualité, la lâcheté — bien mieux que l'examen fragmenté de chaque quinzaine. François de Sales en fait le premier fruit :
« Cette confession générale nous appelle à la connaissance de nous-mêmes, nous provoque à une salutaire confusion pour notre vie passée, nous fait admirer la miséricorde de Dieu qui nous a attendus si patiemment. » — Saint François de Sales, Introduction à la vie dévote, Iʳᵉ partie, ch. XIX[25]
Une douleur plus vive et un mérite plus grand
Saint Ignace, dans les Exercices spirituels, énumère trois avantages de la confession générale faite à la fin de la Première Semaine. Le premier tient à la qualité du repentir :
« Bien que celui qui se confesse chaque année ne soit pas obligé de faire une confession générale, en la faisant il y a plus de profit et de mérite, à cause de la plus grande douleur actuelle ressentie pour tous les péchés et toute la malice de sa vie entière. » — Saint Ignace de Loyola, Exercices spirituels, n° 44[26]
Le deuxième avantage, ajoute-t-il, vient de ce que, dans la retraite, « les péchés et leur malice sont compris plus intimement qu'au temps où l'on ne s'adonnait pas autant aux choses intérieures » ; et le troisième, de la meilleure disposition qui en résulte pour recevoir l'Eucharistie[27].
La paix de la conscience et la certitude
Le sacrement de pénitence donne « la paix et la sérénité de la conscience, avec une très vive consolation de l'esprit »[28]. La confession générale porte ce fruit à son comble : elle clôt le passé. En reprenant toute sa vie devant Dieu, le pénitent anticipe en un sens le jugement auquel il sera soumis au terme de son existence[29]. Il sait désormais que tout a été déposé, et il n'a plus à y revenir. C'est cette certitude, et non l'oubli, qui libère.
Un nouveau départ
Dans l'histoire des missions paroissiales, la confession générale est souvent le point de bascule d'une conversion. Saint Alphonse de Liguori rapporte que, lors d'exercices spirituels à Rome, à ce sermon de deux mots — « Forever, forever ! » (« Pour toujours, pour toujours ! ») — « beaucoup de jeunes gens du Séminaire romain firent une confession générale et changèrent de vie »[30]. La démarche scelle la rupture avec le passé et inaugure une vie nouvelle.
« Si nous disons que nous sommes sans péché, nous nous égarons nous-mêmes, et la vérité n'est pas en nous. Si nous reconnaissons nos péchés, lui qui est fidèle et juste va jusqu'à pardonner nos péchés et nous purifier de tout mal. » — Première lettre de saint Jean 1, 8-9[31]
Quand faire une confession générale ?
La tradition désigne quelques grands seuils où la confession générale de dévotion trouve sa place naturelle[32]. En dehors de ces occasions, elle n'a pas à être répétée.
Au seuil de la vie dévote
C'est le cas de François de Sales : à celui qui veut « commencer » une vie chrétienne sérieuse après des années de tiédeur, il conseille de purifier d'abord l'âme — d'où les chapitres sur le retranchement des péchés mortels puis des affections au péché[33] — et de couronner cette purgation par une confession générale qui « apaise les cœurs, délasse les esprits, excite de bonnes résolutions »[34].
Lors d'une retraite spirituelle
Les Exercices spirituels d'Ignace placent la confession générale à la charnière de la retraite : après la Première Semaine consacrée à la considération du péché et de la miséricorde, avant d'entrer dans la contemplation de la vie du Christ[35]. Aujourd'hui encore, beaucoup de retraites prévoient cette possibilité.
Avant un changement d'état de vie
Spirago range parmi les occasions privilégiées l'entrée dans un nouvel état de vie[36] : avant le mariage, avant l'ordination sacerdotale, avant les vœux religieux. On veut aborder l'engagement décisif le cœur entièrement net, sans rien traîner du passé.
À l'approche de la mort
Le malade qui sent venir sa fin désire souvent reprendre toute sa vie. La Catholic Encyclopedia précise toutefois que cette confession générale du mourant n'est pas, en elle-même, obligatoire — sauf si existent par ailleurs les raisons qui la rendraient nécessaire en tout temps[37]. Surtout, le prêtre ne doit pas l'imposer à qui n'en a plus la force :
« Là où la personne est incapable d'un effort mental soutenu sans grave préjudice pour ses forces déclinantes, le prêtre ne doit se faire aucun scrupule de se contenter de formes d'accusation incomplètes ou moins précises. » — Catholic Encyclopedia, « Preparation for Death »[38]
Le passage du Christ au mourant se prolonge alors par le don eucharistique du viatique.
Comment la préparer et la vivre
Un examen de conscience élargi
La confession générale suppose un examen plus ample que l'examen ordinaire : on parcourt sa vie par tranches — enfance, adolescence, âge adulte — ou selon les commandements et les états de vie traversés[39]. L'Église recommande de faire cet examen « à la lumière de la Parole de Dieu »[40]. Pour la méthode détaillée, voir l'article L'examen de conscience ; on se gardera de transformer cet examen en enquête anxieuse.
La contrition, cœur de la démarche
L'aveu n'est rien sans la contrition — « une douleur de l'âme et une détestation du péché commis avec la résolution de ne plus pécher à l'avenir »[41]. La confession générale est l'occasion d'une contrition d'ensemble, qui embrasse toute une vie de fautes et s'élève, autant que possible, jusqu'au regret parfait, né de l'amour de Dieu plus que de la peur du châtiment[42].
« Aie pitié de moi, mon Dieu, dans ton amour ; selon ta grande miséricorde, efface mon péché. […] Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. » — Psaume 50 (51), le Miserere[43]
Le rôle du confesseur
La confession générale gagne à être préparée avec un confesseur ou un directeur, qui en fixe l'opportunité, en règle l'étendue et en garantit la paix[44]. C'est lui qui jugera s'il convient de la faire, et qui rappellera, au besoin, qu'elle ne se répète pas.
Faut-il écrire ses fautes ?
Beaucoup notent par écrit, pour ne rien omettre, les points à confesser. La pratique est légitime et utile pour une confession générale ; mais la note doit rester un aide-mémoire sobre, détruit ensuite, et ne jamais devenir le support d'une introspection sans fin.
Les dangers et les limites
La confession générale est un remède puissant ; comme tout remède puissant, elle peut nuire si on la prend à contretemps. Les maîtres spirituels signalent trois écueils.
Le piège du scrupule
Le danger le plus grave est le scrupule. L'âme scrupuleuse, jamais sûre d'avoir tout dit, est tentée de multiplier les confessions générales, qui aggravent son trouble au lieu de l'apaiser. La consigne de la tradition est ferme :
« On doit interdire aux personnes scrupuleuses de faire une confession générale ; pour elles, la pratique de l'obéissance est plus salutaire. » — Francis Spirago, The Catechism Explained[45]
Pour le scrupuleux, le chemin n'est pas de tout reprendre, mais de s'en remettre au jugement du confesseur et de lui obéir contre son propre sentiment.
Ne pas rejouer indéfiniment le passé pardonné
Hors nécessité, rien n'oblige à reconfesser des péchés déjà validement absous[46]. Y revenir par habitude, sans direction, c'est douter en pratique de la parole d'absolution et de la fidélité de Dieu. Le passé remis à Dieu lui appartient.
Garder confiance dans la miséricorde
Le fruit propre de la confession générale n'est pas l'angoisse rétrospective mais l'admiration de la miséricorde[47]. Le pénitent qui en sort doit regarder en avant, comme l'enfant prodigue relevé par son père :
« Mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. » — Évangile selon saint Luc 15, 24[48]
Histoire et tradition de la pratique
Des racines pénitentielles anciennes
L'idée d'une reprise solennelle de toute une vie de péché plonge ses racines dans la pénitence des premiers siècles, où le pécheur public confessait et expiait longuement ses fautes graves avant d'être réconcilié[49]. La confession privée et réitérable, diffusée par les moines irlandais à partir du VIIᵉ siècle, a rendu possible une démarche personnelle et renouvelable — terrain sur lequel la confession générale de dévotion put se développer[50].
Les Exercices spirituels (1548)
C'est saint Ignace de Loyola qui en fixe la forme classique. Les Exercices spirituels, approuvés par Paul III en 1548, intègrent la confession générale comme fruit de la Première Semaine, avec ses trois avantages spirituels[51]. La pratique se répand avec la Compagnie de Jésus et les retraites.
L'Introduction à la vie dévote (1609)
Saint François de Sales la fait passer du cloître au monde. Dans l'Introduction à la vie dévote, écrite pour des laïcs, la confession générale devient le seuil concret par lequel l'âme tiède entre dans la vie dévote, avant la « protestation » solennelle de servir Dieu[52].
Les missions populaires
Aux XVIIᵉ-XIXᵉ siècles, les missions paroissiales — prêchées notamment par saint Alphonse de Liguori et ses Rédemptoristes — font de la confession générale le sommet d'une semaine de prédication : on y reprend toute sa vie pour en finir avec le péché et repartir[53].
- Premiers sièclesLa pénitence publique
Le pécheur grave confesse et expie longuement ses fautes avant la réconciliation : première forme d'une reprise solennelle de la vie passée.
- VIIᵉ siècleLa confession privée et réitérable
Les moines irlandais diffusent la confession individuelle, répétable, qui rend possible une démarche personnelle d'ensemble.
- 1548Les Exercices spirituels de saint Ignace
Approuvés par Paul III, ils placent la confession générale à la fin de la Première Semaine, avec ses trois avantages.
- 1609L'Introduction à la vie dévote
Saint François de Sales propose la confession générale à tous les laïcs comme seuil de la vie dévote.
- XVIIᵉ-XIXᵉ s.Les missions populaires
Saint Alphonse de Liguori et les missionnaires font de la confession générale le sommet des missions paroissiales.
Aujourd'hui
Le Code de droit canonique de 1983 rappelle que « la confession individuelle et intégrale ainsi que l'absolution constituent l'unique mode ordinaire » de réconciliation après une faute grave[54]. Dans ce cadre, la confession générale demeure une pratique vivante : proposée dans les retraites, conseillée aux conversions et aux grands tournants, encadrée par la direction spirituelle. Comprise selon la tradition — paisible, ponctuelle, confiante — elle reste l'un des plus puissants instruments de renouveau spirituel offerts au chrétien.
Questions fréquentes
Dois-je tout reconfesser à chaque confession ?
Non. La confession ordinaire ne porte que sur les péchés commis depuis la dernière fois. La confession générale est exceptionnelle : nécessaire si des confessions passées ont été invalides, conseillée à certains grands seuils, mais jamais à répéter par habitude ou par peur[55].
La confession générale efface-t-elle des péchés déjà pardonnés ?
Les péchés validement absous sont déjà effacés : on ne les « refait » pas disparaître. Les reprendre dans une confession générale de dévotion sert le repentir, l'humilité et la paix du pénitent, non la validité — celle-ci était déjà acquise[56].
Est-elle obligatoire avant le mariage ou l'ordination ?
Elle n'est pas obligatoire en soi : ce qui est requis avant de recevoir ces sacrements, c'est l'état de grâce, donc une bonne confession des péchés graves. La confession générale est vivement conseillée comme préparation, mais relève du conseil, non du précepte[57].
Que faire si j'oublie un péché ?
Un péché grave oublié de bonne foi est pardonné avec les autres ; il suffira de le mentionner à la confession suivante s'il revient à la mémoire[58]. Cet oubli involontaire ne rend pas la confession invalide et n'oblige pas, à lui seul, à une confession générale.
Pour aller plus loin
- La confession (sacrement de pénitence et de réconciliation) — l'institution, la matière et la forme, le ministre, le sceau et les effets du sacrement.
- L'examen de conscience — la préparation de l'aveu, à la lumière de la Parole de Dieu.
- La pénitence imposée — la satisfaction reçue du prêtre et son sens.
- Comment faire une bonne confession ? — la pratique concrète, étape par étape.
- Comment grandir dans la confession régulière — la fécondité d'une confession fréquente.
- L'adoration eucharistique — prolonger la grâce du pardon dans l'adoration.
Notes et références
Francis Spirago (éd. Richard F. Clarke, s.j.), The Catechism Explained, Benziger Brothers, New York, 1899, 3ᵉ partie (les moyens de grâce), traité du sacrement de Pénitence, chap. « General Confession », pp. 624-626 : § 1, la confession générale embrasse les péchés de toute la vie passée ou d'une longue période ; § 2, elle procure « une plus grande connaissance de soi, une humilité plus profonde, une tranquillité de conscience accrue » ; § 3, elle est « indispensable lorsqu'une confession invalide a déjà été faite » et « conseillée pour les personnes qui entrent dans un nouvel état de vie ou qui sont en danger de mort » ; « on doit interdire aux personnes scrupuleuses de faire une confession générale ; pour elles, la pratique de l'obéissance est plus salutaire ». Texte intégral du chapitre : https://bellarmineforum.org/bf_catechism/the-catechism-explained/part-iii-the-means-of-grace/ii-the-sacraments/4-the-sacrament-of-penance/general-confession/ ; relais TAN Direction, « Purification and General Confession » : https://tandirection.com/pursuit-of-perfection/purification-and-general-confession/.
1 7 10 14 15 21 32 36 44 45 46 55 56 57Saint François de Sales, Introduction à la vie dévote (1609), Iʳᵉ partie, ch. XIX « Comment il faut faire la confession générale » : « je parle d'une confession générale de toute la vie, laquelle certes je confesse bien n'être pas toujours absolument nécessaire, mais je considère bien aussi qu'elle vous sera extrêmement utile en ce commencement » ; elle « nous appelle à la connaissance de nous-mêmes, nous provoque à une salutaire confusion pour notre vie passée, nous fait admirer la miséricorde de Dieu qui nous a attendus si patiemment ; elle apaise nos cœurs, délasse nos esprits, excite en nous de bonnes résolutions ». Édition de référence : Projet Gutenberg, https://www.gutenberg.org/files/53540/53540-h/53540-h.htm.
2 5 11 23 25 34 47 52Catéchisme de l'Église catholique, n° 1456, citant le concile de Trente (DS 1680) et saint Jérôme (In Ecclesiasten 10, 11 ; PL 23, 1096) : obligation de confesser tous les péchés mortels dont on a conscience ; « si le malade rougit de découvrir sa plaie au médecin, la médecine ne soigne pas ce qu'elle ignore » ; les péchés graves oubliés de bonne foi sont remis et seront soumis au pouvoir des clés lorsqu'ils reviendront à la mémoire.
3 16 18 19 58Saint Ignace de Loyola, Exercices spirituels, n° 44, « Confession générale avec la communion » : trois avantages d'une confession générale faite à la fin de la Première Semaine (douleur plus actuelle pour toute la vie ; intelligence plus intime du péché dans la retraite ; meilleure disposition à recevoir l'Eucharistie). Traduction d'après l'édition Mullan ; texte sur la Christian Classics Ethereal Library : https://www.ccel.org/ccel/ignatius/exercises.xii.iv.html.
4 22 26 27 35 51Saint Alphonse de Liguori, Préparation à la mort, 3ᵉ partie, XXVIIᵉ considération (« The Eternity of Hell »), 3ᵉ point (« Eternity is Unchangeable ») : d'après les exercices spirituels du P. Paul Segneri relatés par Muratori, à Rome, un possédé interrogé sur la durée de l'enfer frappe un siège en répondant « Forever, forever ! » — « à ce grand sermon de deux mots, forever, forever, beaucoup d'étudiants du Séminaire romain, qui étaient présents, firent une confession générale et changèrent de vie » (trad. anglaise Preparation for Death, texte de contrôle ; édition française locale, Bibliothèque de Benoît).
6 30 53« Preparation for Death », The Catholic Encyclopedia, vol. 4, New Advent : la confession du mourant « n'a pas besoin d'être nécessairement de la sorte qu'on décrit comme générale, à moins, bien entendu, que n'existent les raisons qui la rendraient obligatoire en tout autre temps de la vie » ; lorsque le malade ne peut soutenir un effort mental sans grave préjudice, « le prêtre ne doit se faire aucun scrupule de se contenter de formes d'accusation incomplètes ou moins précises ». Source : https://www.newadvent.org/cathen/04660c.htm.
8 37 38Catéchisme de l'Église catholique, n° 1483, citant le CIC can. 961-962 : l'« absolution générale » donnée à plusieurs pénitents sans confession individuelle préalable n'est permise qu'en cas de nécessité grave ; elle est tout autre chose que la « confession générale » traitée ici.
9« Confiteor », The Catholic Encyclopedia, vol. 4, Robert Appleton Company, 1908, New Advent : « Le Confiteor (ainsi nommé d'après son premier mot, confiteor, je confesse) est une confession générale des péchés ; il est employé dans le rite romain au début de la messe et en diverses autres occasions comme préparation à la réception d'une grâce » (office divin à Prime et Complies, communion hors de la messe, etc.). Source : https://www.newadvent.org/cathen/04222a.htm.
12 13Concile de Trente, session XIV (1551), Doctrina de sacramento paenitentiae, ch. 5 De confessione et can. 7 (DS 1679-1680 ; 1707) : nécessité de droit divin de confesser tous les péchés mortels dont on a conscience après un examen diligent, y compris les circonstances qui changent l'espèce du péché. Texte sur Papal Encyclicals Online : https://www.papalencyclicals.net/council-of-trent/fourteenth-session.htm.
17Catéchisme de l'Église catholique, n° 1457, citant le concile de Trente (DS 1683 ; 1708) et le CIC can. 989, 916 : obligation de la confession annuelle des péchés graves ; nécessité de l'absolution avant de communier en état de péché mortel.
20Benoît XI, constitution Inter cunctas (17 février 1304) : après avoir rappelé que les pénitents confessés à un religieux ne sont pas tenus de réitérer leur confession à leur propre prêtre, le pape ajoute — « Though it is not necessary to confess the same sins over again, nevertheless we regard it as salutary to repeat the confession, because of the shame it involves, which is a great part of penance » (Denzinger-Bannwart, Enchiridion, n° 470). Passage rapporté par la Catholic Encyclopedia, « The Sacrament of Penance » : https://www.newadvent.org/cathen/11618c.htm.
24Catéchisme de l'Église catholique, n° 1468, citant le Catéchisme romain II, 5, 18 et le concile de Trente (DS 1674) : la réconciliation avec Dieu apporte « la paix et la sérénité de la conscience, avec une très vive consolation de l'esprit ».
28Catéchisme de l'Église catholique, n° 1470, citant Jn 5, 24 : par le sacrement, le pénitent anticipe en un sens le jugement auquel il sera soumis à la fin de sa vie terrestre.
29Première lettre de saint Jean 1, 8-9, traduction liturgique (AELF) : « Si nous disons que nous sommes sans péché… Si nous reconnaissons nos péchés, lui qui est fidèle et juste va jusqu'à pardonner. » Source : https://www.aelf.org/bible/1Jn/1.
31Saint François de Sales, Introduction à la vie dévote, Iʳᵉ partie, ch. VI « Du premier retranchement, qui est celui des péchés mortels » et ch. VII « Du second retranchement, qui est celui des affections au péché » : la purgation de l'âme précède et prépare la confession générale du ch. XIX. Source : Projet Gutenberg, https://www.gutenberg.org/files/53540/53540-h/53540-h.htm.
33Catéchisme de l'Église catholique, n° 1454 : l'examen de conscience fait « à la lumière de la Parole de Dieu » (Décalogue, Sermon sur la montagne, enseignements apostoliques).
39 40Catéchisme de l'Église catholique, n° 1451, citant le concile de Trente (DS 1676) : la contrition est « une douleur de l'âme et une détestation du péché commis avec la résolution de ne plus pécher à l'avenir ».
41Catéchisme de l'Église catholique, n° 1452, citant le concile de Trente (DS 1677) : la contrition « parfaite » (de charité) ; elle obtient le pardon des fautes mortelles si elle inclut la résolution de recourir dès que possible à la confession sacramentelle.
42Psaume 50 (51), le Miserere, traduction liturgique officielle (AELF) : « Aie pitié de moi, mon Dieu, dans ton amour… Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu. » Source : https://www.aelf.org/bible/Ps/50.
43Évangile selon saint Luc 15, 11-24, parabole de l'enfant prodigue, traduction liturgique (AELF) : « Mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie. » Source : https://www.aelf.org/bible/Lc/15.
48Edward Hanna, « The Sacrament of Penance », The Catholic Encyclopedia, vol. 11, New Advent, 1911 : développement de la pénitence publique des premiers siècles, puis de la confession privée et réitérable diffusée par les pénitentiels et les missionnaires irlandais (saint Colomban, d. 615). Source : https://www.newadvent.org/cathen/11618c.htm.
49 50Code de droit canonique (1983), can. 960 : « La confession individuelle et intégrale ainsi que l'absolution constituent l'unique mode ordinaire par lequel un fidèle conscient d'un péché grave est réconcilié avec Dieu et avec l'Église. » Source : Vatican.va.
54