Bienheureux Adolph Kolping (1813-1865)

Le bienheureux Adolph Kolping (1813-1865), ancien cordonnier devenu prêtre à Cologne, fonda en 1849 l'association des jeunes artisans qui deviendra le Kolpingwerk, aujourd'hui présent dans 60 pays. Béatifié en 1991, il est resté le « père des compagnons ».

Ignispedia

Adolph Kolping (Kerpen, 1813 — Cologne, 1865) est un prêtre catholique allemand, ancien cordonnier devenu fondateur du Gesellenverein — l'association catholique des compagnons artisans — qui deviendra le Kolpingwerk, aujourd'hui présent dans plus de 60 pays avec environ 400 000 membres.[1][2] Surnommé de son vivant « Gesellenvater », le « père des compagnons », il consacra sa vie de prêtre à donner un foyer, une formation et une famille spirituelle aux jeunes artisans que la révolution industrielle arrachait à leurs villages et jetait, seuls, sur les routes d'Allemagne.[3]

Fils d'un berger pauvre de Rhénanie, cordonnier lui-même pendant dix ans, Kolping ne devient prêtre qu'à trente et un ans, après avoir repris des études secondaires à vingt-trois ans grâce à une bienfaitrice anonyme.[4][5] Cette double expérience — l'atelier et l'université — fait de lui un cas rare dans le clergé du XIXᵉ siècle : un prêtre qui connaît de l'intérieur la condition ouvrière et qui refuse d'y voir un obstacle à la sainteté.

Vicaire à Elberfeld (aujourd'hui un quartier de Wuppertal), il reprend en 1847 la présidence d'une petite association de jeunesse catholique fondée l'année précédente par l'instituteur Johann Gregor Breuer.[6][7] Muté à Cologne en 1849, il y fonde le 6 mai son propre Gesellenverein, avec sept compagnons réunis dans une salle d'école.[8][9] En seize ans, cette association locale devient un mouvement continental : plus de 400 sections et 24 000 membres à la mort de Kolping en 1865.[10][11]

Recteur de la Minoritenkirche de Cologne, chambellan secret du pape Pie IX, journaliste et écrivain prolifique, Kolping meurt épuisé le 4 décembre 1865, quatre jours avant son cinquante-deuxième anniversaire.[12][13] Béatifié par saint Jean-Paul II le 27 octobre 1991, il est salué par le pape comme un homme qui « a projeté la grande lumière de l'Évangile sur la question toujours difficile de la justice sociale »[14] — un précurseur, à la manière du bienheureux Frédéric Ozanam en France, de la doctrine sociale que Léon XIII codifiera en 1891 dans Rerum novarum.[15]

Une jeunesse pauvre entre Kerpen et l'atelier de cordonnerie (1813-1837)

Naissance à Kerpen dans une famille de bergers

Adolph Kolping naît le 8 décembre 1813 à Kerpen, un bourg rural à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Cologne, alors sous administration française du premier Empire finissant.[16][17] Il est le quatrième enfant d'une fratrie de cinq, fils de Peter Kolping, berger et petit fermier, et d'Anna Maria Zurheyden.[18][19] La documentation historique décrit un foyer marqué par une pauvreté réelle, mais aussi par « un environnement familial exemplaire, caractérisé par la religion »[20] — un terreau catholique populaire, simple et solide, qui façonne durablement la sensibilité du futur prêtre.

Sa mère meurt le 4 avril 1833, alors qu'Adolph n'a pas encore vingt ans ; son père mourra douze ans plus tard, à la veille même de son ordination sacerdotale.[21] De cette double épreuve familiale, Kolping garde une gravité et une compassion précoces pour les existences fragiles — celles précisément qu'il consacrera sa vie à soutenir.

Treize ans, apprenti cordonnier

De l’atelier au sacerdoce. D’après la biographie du Kolpingwerk et le portail LVR cités dans cette section. Infographie originale Ignispedia créée par IA ; évocation pédagogique.

À treize ans, en 1826, le jeune Adolph entre en apprentissage chez un maître cordonnier de Kerpen : les moyens de la famille ne permettent aucune autre perspective.[22][23] Il exerce ce métier pendant une dizaine d'années, d'abord comme apprenti puis, à partir de 1829, comme compagnon itinérant (Wandergeselle), travaillant successivement à Sindorf, Düren, Lechenich puis Cologne.[24]

Cette période de compagnonnage n'est pas une simple parenthèse professionnelle : c'est l'école où Kolping apprend, de l'intérieur, la condition du jeune artisan sans famille, livré à lui-même dans des villes inconnues, exposé à la misère matérielle autant qu'à la déchristianisation que l'industrialisation naissante commence à répandre dans les faubourgs ouvriers.[25] Tout ce qu'il fondera plus tard — les associations, les maisons de compagnons, l'esprit de famille du Gesellenverein — répond directement à ce qu'il a lui-même vécu et observé sur les routes rhénanes.

Le compagnon qui rêvait d'être prêtre

Malgré son métier, l'idée de la prêtrise ne quitte pas le jeune homme. Selon les biographes du mouvement, Kolping envisage un temps un mariage avantageux qui aurait assuré son avenir matériel, mais choisit finalement la voie, bien plus incertaine, d'une formation scolaire complémentaire en vue du sacerdoce.[26] Ce choix, à vingt-trois ans passés, alors que la plupart des candidats au séminaire ont déjà terminé leurs études secondaires, relève d'un pari risqué — improbable pour un fils de berger devenu artisan.

Une vocation tardive : reprendre les études à vingt-trois ans (1837-1845)

Une bienfaitrice, deux prêtres et un pari improbable

Le retour de Kolping sur les bancs de l'école ne doit rien au hasard ni à sa seule volonté. Deux ecclésiastiques de sa région natale, le curé Lauffs de Nideggen et le vicaire Wollersheim de Kerpen, le préparent intensivement — notamment au latin, condition d'accès au gymnase.[27] Une bienfaitrice, dont le nom n'a pas été conservé par les sources disponibles, accepte de garantir sa subsistance matérielle pendant ces années d'études sans revenu.[28] Sans ce triple soutien — deux prêtres de campagne et une donatrice anonyme — l'histoire du Gesellenverein n'aurait probablement jamais commencé.

Le gymnase Marzellen, puis Munich, Bonn et Cologne

L’université de Munich, vue en 2012. A.Schnurrenberger — CC0 1.0 ; Commons.

À l'automne 1837, Kolping, alors âgé de vingt-trois ans, est admis directement en classe de Tertia du prestigieux gymnase Marzellen de Cologne — sa préparation avec les abbés Lauffs et Wollersheim lui permet de sauter les classes inférieures.[29] Il obtient son baccalauréat (Abitur) au printemps 1841.[30][31]

Il poursuit alors des études de théologie et de philosophie, d'abord à l'université de Munich (1841-1842), puis à celle de Bonn (1842-1844), avant d'achever sa formation au séminaire épiscopal de Cologne (1844-1845).[32][33] À Munich, il suit notamment les cours de figures majeures du renouveau catholique allemand : le théologien anti-hermésien Friedrich Windischmann, l'historien Ignaz von Döllinger et le publiciste catholique Joseph Görres — dont le salon munichois anime alors le grand réveil intellectuel catholique d'Allemagne. À Bonn, il suit les cours de l'historien de l'Église Franz Xaver Dieringer.[34] Cette fréquentation du meilleur du catholicisme intellectuel allemand donne à l'ancien cordonnier une solidité doctrinale peu commune, qu'il mettra ensuite tout entière au service des artisans les plus simples.

Une ordination endeuillée : 13 avril 1845

Adolph Kolping est ordonné prêtre le 13 avril 1845, en la Minoritenkirche (église des Frères mineurs) de Cologne.[35][36] La date porte un poids particulier : son père, Peter Kolping, meurt la veille même de l'ordination, le 12 avril 1845, sans avoir pu voir son fils accéder au sacerdoce qu'il avait rendu possible par tant de sacrifices.[37][38] Le nouveau prêtre commence ainsi son ministère dans le deuil, avec pour seul viatique la mémoire d'un père berger et d'une mère disparue douze ans plus tôt.

Vicaire à Elberfeld : la rencontre qui décide de tout (1845-1849)

Johann Gregor Breuer et l'association de jeunesse catholique de 1846

Elberfeld vers 1845, gravure anonyme. Graveur anonyme — Domaine public ; Commons.

Sa première affectation conduit Kolping à Elberfeld (aujourd'hui un quartier de Wuppertal, alors l'une des villes les plus industrialisées de Rhénanie), où il devient vicaire de la paroisse Saint-Laurent et professeur de religion.[39][40] C'est là qu'il découvre l'ampleur de la prolétarisation ouvrière provoquée par l'essor du textile — un choc qui confirme les intuitions nées de son propre compagnonnage.[41]

En 1846, un instituteur catholique, Johann Gregor Breuer (1821-1897), directeur de l'école catholique de filles d'Elberfeld, fonde le premier Katholischer Jünglingsverein — la première association catholique de compagnons d'Allemagne — avec le concours du maître menuisier Josef Thiel.[42][43] Contrairement à une idée répandue, l'initiative ne vient donc pas de Kolping lui-même : il en reprendra la présidence spirituelle un an plus tard, et c'est cette reprise qui change le cours de sa vie.[44][45]

Président du Gesellenverein en 1847

En juin 1847, Kolping devient le second président (Präses) de l'association fondée par Breuer.[46][47] Il y apporte immédiatement sa marque : l'association ne doit pas seulement occuper les loisirs des jeunes compagnons, elle doit leur offrir une véritable formation intégrale — religieuse, professionnelle et sociale — et surtout l'esprit d'une famille pour ceux que le compagnonnage a coupés de la leur.

« La racine de l'humanité, c'est la famille. » — Adolph Kolping[48]

Ce principe, formulé plus tard dans ses écrits, gouverne déjà sa pratique à Elberfeld : contre l'anonymat des grandes villes industrielles, il veut recréer, pour le jeune artisan déraciné, la chaleur d'un foyer.

Le père des compagnons : la fondation de Cologne (1849-1858)

Sept compagnons et une salle d'école, 6 mai 1849

Breuer, Kolping et la fondation de Cologne : repères tirés du LVR et de l’histoire du Kolpingwerk cités dans le texte. Scènes et villes symboliques. Infographie originale Ignispedia créée par IA ; évocation pédagogique.

En avril 1849, Kolping est nommé vicaire de la cathédrale (Domvikar) de Cologne.[49][50] Il y transpose sans attendre l'expérience d'Elberfeld : le 6 mai 1849, il fonde le Gesellenverein de Cologne avec sept compagnons réunis dans la salle de l'école Sainte-Colombe (Kolumbaschule).[51][52] Le succès est immédiat et dépasse toute attente : dès le 1ᵉʳ janvier 1850, l'association compte déjà 550 membres.[53]

Le Rheinischer Gesellenbund (1850) : une expansion fulgurante

À l'automne 1850, Kolping fédère les associations d'Elberfeld, de Cologne et de Düsseldorf en une structure commune, le Rheinischer Gesellenbund (« Ligue rhénane des compagnons ») ; à partir de 1851, l'ensemble prend le nom de Katholischer Gesellenverein, l'« Association catholique des compagnons ».[54][55] La croissance est spectaculaire pour l'époque : le mouvement, parti d'un noyau de sept hommes, franchit rapidement les frontières régionales puis nationales, porté par des compagnons eux-mêmes qui, en changeant de ville selon la coutume du Wanderschaft, essaiment de nouvelles sections partout où ils passent.

AnnéeSectionsMembresSources
1850 (1ᵉʳ janvier)1 (Cologne)550[56]
1858180—[57]
1865 (mort de Kolping)plus de 400environ 24 000[58][59]
1879—environ 70 000[60]
Aujourd'huiplus de 9 000 « Kolping-Familien »environ 400 000, dans plus de 60 pays[61]

Lecture du tableau : chaque ligne indique le nombre de sections locales et/ou de membres du mouvement fondé par Kolping à une date donnée, depuis la fondation de 1849 jusqu'à la situation actuelle du Kolpingwerk international.

Les maisons de compagnons (Gesellenhäuser)

Se loger, apprendre et se retrouver. Dates et fonctions exposées dans cette section ; le bâtiment et le paysage ne sont pas une reconstitution historique. Infographie originale Ignispedia créée par IA ; évocation pédagogique.

Au-delà des réunions associatives, Kolping veut offrir aux jeunes artisans un toit sûr au sens le plus concret. Le 14 août 1852, il fait acquérir pour l'association de Cologne un immeuble de la Breite Straße, pour la somme de 14 200 thalers ; la première Gesellenhaus (« maison des compagnons ») y ouvre ses portes le 8 mai 1853.[62] Ces maisons combinent logement modeste, bibliothèque, salle de réunion et parfois formation professionnelle complémentaire — une alternative chrétienne aux tavernes et aux dortoirs insalubres où s'entassaient alors nombre de jeunes travailleurs migrants.

Face à l'industrie naissante, Kolping dénonce une condition ouvrière qui réduit l'ouvrier de fabrique à une forme de servitude envers l'entreprise qui l'emploie[63] — et c'est précisément à cette dignité bafouée que ses maisons et ses associations veulent rendre un visage humain.

Generalpräses de tout le mouvement (1858)

En 1858, l'ensemble des sociétés catholiques de compagnons déjà fondées — 180 associations à cette date — élit Kolping Generalpräses, président général de tout le mouvement.[64] Il occupera cette fonction fédératrice jusqu'à sa mort, coordonnant depuis Cologne un réseau qui s'étend déjà bien au-delà de la Rhénanie, jusqu'en Autriche, en Suisse et jusqu'aux communautés allemandes d'Amérique du Nord.

L'écrivain au service du peuple chrétien

« Der Gesellenverein » : le manifeste programmatique

Kolping n'est pas seulement un organisateur : c'est aussi un écrivain prolifique, convaincu que la presse catholique populaire est une arme spirituelle de premier ordre. Dès 1848-1849, il publie Der Gesellenverein (« L'Association des compagnons »), texte programmatique qui expose les principes fondateurs du mouvement — formation religieuse, professionnelle et sociale des jeunes artisans — et sert de charte à toutes les sections qui se créent ensuite.[65][66]

Les Rheinische Volksblätter (1854) et les calendriers populaires

En parallèle de son œuvre associative, Kolping dirige le Rheinisches Kirchenblatt de 1850 à 1854, avant de fonder, le 1ᵉʳ avril 1854, son propre journal : les Rheinische Volksblätter für Haus, Familie und Handwerk (« Feuilles populaires rhénanes pour la maison, la famille et l'artisanat »), qui deviendra l'un des organes de presse catholique les plus lus de son temps.[67][68] Il publie en outre, chaque année de 1850 à 1866, un calendrier catholique populaire mêlant piété, conseils pratiques et culture générale — dix-sept almanachs au total, best-sellers de la presse religieuse rhénane.[69]

« Je veux d'abord m'efforcer d'être un homme, et apprendre à comprendre la haute vocation à laquelle il est né. » — Adolph Kolping[70]

Cette conviction — que la sainteté chrétienne ne dispense jamais de la pleine humanité, et que l'éducation chrétienne doit d'abord former des hommes avant de former des dévots — traverse toute son œuvre écrite comme son action sociale.

Recteur de la Minoritenkirche et reconnaissance romaine (1862-1865)

Chambellan secret de Pie IX

Le portail de la Minoritenkirche en travaux, août 2009. D-Kuru/Wikimedia Commons — CC BY-SA 3.0 AT ; Commons.

En mai 1862, Kolping se rend à Rome, où il est reçu en audience privée par le pape Pie IX, qui le nomme chambellan secret pontifical (Monsignore) et lui remet un vêtement liturgique.[71][72] La même année, il devient recteur de la Minoritenkirche de Cologne — l'église même où il avait été ordonné dix-sept ans plus tôt — et y mène d'importantes collectes pour sa restauration intérieure.[73][74]

Les derniers mois et la mort, 4 décembre 1865

À l'automne 1865, en dépit d'une santé déjà affaiblie, Kolping se rend encore à Trèves pour l'inauguration d'une nouvelle Gesellenhaus.[75] Il meurt à Cologne, dans la Gesellenhaus de la Breite Straße qu'il avait lui-même fait acquérir treize ans plus tôt, le 4 décembre 1865, quatre jours avant son cinquante-deuxième anniversaire.[76][77]

De Melaten à la Minoritenkirche

Le tombeau de Kolping dans la Minoritenkirche, 2006. Elke Wetzig (Elya) — CC BY-SA 2.5 ; Commons.

Trois jours après sa mort, Kolping est inhumé au cimetière de Melaten de Cologne, en attendant qu'une autorisation officielle permette son inhumation définitive dans l'enceinte de son église.[78] Le 30 avril 1866, ses restes sont transférés, avec l'autorisation royale, à la Minoritenkirche, où ils reposent aujourd'hui dans un sarcophage moderne réalisé en 1957 par l'artiste colonais Josef Höntgesberg.[79][80] Une statue monumentale de Kolping est érigée dans l'église en 1903 ; en 2009-2010, un buste supplémentaire y est ajouté lors d'une nouvelle campagne de restauration.[81][82]

Ce qu'enseigne le « Gesellenvater » : la doctrine spirituelle et sociale de Kolping

« Les deux pieds sur terre, le cœur tourné vers le ciel »

Une formation intégrale : synthèse de cette section, éclairée par l’homélie de Jean-Paul II du 27 octobre 1991. Infographie originale Ignispedia créée par IA ; évocation pédagogique.

En béatifiant Kolping en 1991, saint Jean-Paul II résume d'une formule dense toute la spiritualité du fondateur, dans son discours en allemand aux pèlerins venus à Rome pour l'occasion :

« Il se tenait debout, les deux pieds fermement enracinés sur la terre, et s'orientait vers le ciel. » — Saint Jean-Paul II, discours aux pèlerins de la béatification d'Adolph Kolping, 29 octobre 1991[83]

Cette formule résume ce qui distingue Kolping de bien des réformateurs sociaux de son siècle : il ne sépare jamais l'engagement concret — logement, formation professionnelle, journal, association — de la vie intérieure qu'il veut nourrir chez chaque compagnon. Dans son homélie de béatification, le pape précise que pour Kolping, « le christianisme ne devait pas être compris simplement comme une "chambre de prière" »[84] : la foi devait descendre jusque dans l'atelier, le logement, le salaire et l'amitié quotidienne des jeunes travailleurs.

La famille, cellule de toute société

Pour Kolping, la reconstruction sociale passe d'abord par la famille, cellule qu'il juge menacée par le déracinement industriel des jeunes travailleurs. Dans son homélie de béatification du 27 octobre 1991, le pape Jean-Paul II rappelle la maxime que Kolping répétait, et que les « Kolpingfamilien » (les « familles Kolping », nom donné depuis 1933 aux sections locales du mouvement) ont faite leur :

« Ce qui doit briller dans la patrie doit commencer à la maison. » — Adolph Kolping, maxime rappelée par saint Jean-Paul II dans son homélie de béatification, 27 octobre 1991[85]

Et, plus directement encore, dans son discours du 25 octobre 2001 aux membres du mouvement rassemblés à Rome pour le dixième anniversaire de la béatification :

« Dieu n'a pas besoin de chrétiens à mi-temps, mais de catholiques authentiques ! » — Saint Jean-Paul II, discours aux Kolpingfamilien, 25 octobre 2001[86]

Le même discours rappelle la devise que le mouvement attribue à son fondateur et que revendiquent aujourd'hui plus de cinq mille familles Kolping à travers le monde : porter le christianisme, « en esprit et en pratique », dans la réalité concrète de la vie sociale.[87]

Un précurseur de la doctrine sociale, comme Frédéric Ozanam

Né la même année que le bienheureux Frédéric Ozanam — tous deux voient le jour en 1813 — Kolping développe, de l'autre côté du Rhin et sans lien direct connu entre eux, une intuition similaire : la charité chrétienne ne peut rester une aumône individuelle, elle doit s'organiser pour répondre structurellement à la « question sociale » posée par l'industrialisation.[88] Là où Ozanam envoie des étudiants visiter les pauvres à domicile à Paris, Kolping construit, en Rhénanie industrielle, un réseau de maisons, de formations et de solidarités professionnelles pour les jeunes artisans migrants.

Bienheureux Adolph KolpingBienheureux Frédéric Ozanam
Naissance1813, Kerpen (Rhénanie)1813, Milan
Terrain d'actionJeunes artisans et compagnons itinérantsFamilles pauvres des grandes villes
Œuvre fondéeGesellenverein (1849), devenu KolpingwerkConférence de charité (1833), devenue Société de Saint-Vincent-de-Paul
MéthodeLogement, formation, association professionnelleVisite à domicile, accompagnement personnel
Béatification27 octobre 1991, par saint Jean-Paul II22 août 1997, par saint Jean-Paul II
Portée aujourd'huiEnviron 400 000 membres, 60 paysPrésente dans plus de 150 pays

Lecture du tableau : les deux bienheureux, nés la même année dans deux pays différents, illustrent deux voies complémentaires de la charité catholique organisée au XIXᵉ siècle, toutes deux reconnues par l'Église comme des anticipations de la doctrine sociale formulée en 1891 dans Rerum novarum.

L'Église catholique tient aujourd'hui les deux hommes pour des précurseurs directs de l'enseignement social que Léon XIII codifiera un quart de siècle après la mort de Kolping. Sur ce terrain, on peut également rapprocher son œuvre de la réflexion menée aujourd'hui par Ignispedia sur les syndicats et la doctrine sociale de l'Église, dont le Gesellenverein constitue l'une des matrices historiques les plus anciennes.

De la béatification au Kolpingwerk d'aujourd'hui

L'ouverture de la cause (1934) et la béatification (27 octobre 1991)

Repères biographiques du Kolpingwerk et de l’homélie de béatification de Jean-Paul II, cités dans l’article. Infographie originale Ignispedia créée par IA ; évocation pédagogique.

Le procès de béatification d'Adolph Kolping s'ouvre officiellement le 21 mars 1934, sous l'impulsion du cardinal-archevêque de Cologne Karl Joseph Schulte.[89] Interrompu par les années de guerre, il reprend le 12 octobre 1950.[90] Après l'approbation historique (24 février 1987) et théologique (15 janvier 1988) de son dossier, puis celle de la Congrégation pour les Causes des Saints (18 avril 1989), le pape Jean-Paul II proclame Kolping Vénérable le 13 mai 1989.[91]

La béatification elle-même a lieu le 27 octobre 1991, place Saint-Pierre, à Rome, en présence de nombreux délégués du Kolpingwerk international.[92][93] Sa fête liturgique est fixée au 4 décembre, jour anniversaire de sa mort.[94][95]

Jean-Paul II et les familles Kolping (2001)

Dix ans après la béatification, le 25 octobre 2001, Jean-Paul II reçoit à Rome une délégation des « Kolpingfamilien » du monde entier. Il choisit pour thème l'appel évangélique lancé au publicain Matthieu — « Suis-moi » (Mt 9, 9) — pour rappeler que la vocation de Kolping, comme celle de tout chrétien engagé socialement, prend sa source non dans un programme politique mais dans un appel personnel du Christ.[96] Il cite également la parole de Jésus à ses disciples — « Je ne vous appelle plus serviteurs [...] je vous appelle amis » (Jn 15, 15) — et l'image du sel de la terre et de la lumière du monde (Mt 5, 13-14) pour décrire la mission des Kolpingfamilien dans la société contemporaine.[97]

Le Kolpingwerk aujourd'hui : 60 pays, 400 000 membres

Le mouvement fondé par un ancien cordonnier dans une salle d'école de Cologne rassemble aujourd'hui environ 400 000 membres répartis en plus de 9 000 « Kolping-Familien », dans plus de 60 pays sur tous les continents.[98] Depuis son siège international, toujours situé sur la Kolpingplatz de Cologne, l'organisation dispose d'un statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC) à New York et auprès de l'Organisation internationale du travail à Genève.[99] Les priorités actuelles du Kolpingwerk international — formation professionnelle des jeunes, accompagnement des migrants, programmes d'auto-assistance dans les pays en développement — restent, plus de cent soixante ans après la mort de son fondateur, d'une continuité frappante avec l'intuition originelle de la Gesellenhaus de la Breite Straße.[100]

Ce que le bienheureux Adolph Kolping enseigne aujourd'hui

L'itinéraire de Kolping — du billot du cordonnier au sarcophage de la Minoritenkirche — porte trois leçons qui restent actuelles :

  • La sainteté n'exige pas de renier son origine. Cordonnier pendant dix ans, Kolping ne cache jamais ce passé : il en fait au contraire la source de sa crédibilité auprès des jeunes artisans qu'il veut servir. Il n'a pas fallu qu'il cesse d'être un homme de métier pour devenir un saint prêtre — les deux se sont nourris l'un l'autre.
  • La charité efficace s'organise. Comme Ozanam à Paris, Kolping comprend que la compassion individuelle, si sincère soit-elle, ne suffit pas face à un phénomène de masse comme l'exode rural et la prolétarisation industrielle. Il fallait des maisons, des statuts, des journaux, une fédération : une structure, au service d'une charité qui ne se dilue pas.
  • Le corps et l'âme se forment ensemble. Contre toute spiritualité désincarnée, Kolping martèle qu'« il faut d'abord s'efforcer d'être un homme »[101] avant de prétendre former des chrétiens accomplis — logement décent, salaire juste et formation professionnelle vont, chez lui, du même pas que la prière et les sacrements.

« Il se tenait debout, les deux pieds fermement enracinés sur la terre, et s'orientait vers le ciel. » — Saint Jean-Paul II, à propos d'Adolph Kolping, 29 octobre 1991[102]

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Kolping International, « Our organisation » : kolping.net/en/about-us/our-organisation. Kolping International fondé en 1850 par le prêtre et réformateur social Adolph Kolping ; présent dans plus de 60 pays, environ 400 000 membres organisés en plus de 9 000 « Kolping Families » ; siège à Kolpingplatz 5-11, Cologne ; statut consultatif auprès du Conseil économique et social de l'ONU (ECOSOC, New York) et de l'Organisation internationale du travail (Genève).

    1 61 98 99
  2. Kolpingwerk Deutschland (kolping.de), « Adolph Kolping » : kolping.de/verband/adolph-kolping. Naissance le 8 décembre 1813 à Kerpen ; apprentissage chez le maître cordonnier Meuser à treize ans ; baccalauréat au Marzellengymnasium de Cologne en 1841 ; études théologiques à Munich puis à l'université de Bonn (1842) ; ordination sacerdotale le 13 avril 1845 à la Minoritenkirche de Cologne ; vicaire à Elberfeld (1845-1849) ; domvicaire à Cologne à partir d'avril 1849 ; fondation du Gesellenverein de Cologne le 6 mai 1849 ; assemblée de Düsseldorf du 20 octobre 1850 fondant le « Rheinischer Gesellenbund » ; mort le 4 décembre 1865, enterré au cimetière de Melaten ; béatification le 27 octobre 1991.

    2 22 31
  3. Kirche-und-Leben.de, « Vor 175 Jahren gründete Adolph Kolping seinen ersten Gesellenverein » : kirche-und-leben.de/artikel/vor-175-jahren-gruendete-adolph-kolping-seinen-ersten-gesellenverein. Fondation du Kölner Gesellenverein le 6 mai 1849 avec sept compagnons ; l'idée des associations de compagnons ne vient pas de Kolping lui-même, mais de l'instituteur Johann Gregor Breuer qui avait fondé en 1846 le premier Gesellenverein catholique d'Allemagne ; surnom de « Gesellenvater » ; 418 associations et environ 24 000 membres en Allemagne en 1865 ; environ 400 000 adhérents dans le monde aujourd'hui au sein de Kolping International.

    3 8 44 51
  4. Kolpingsfamilie Rohrbach, « Kolpings Leben » : kolping-rohrbach.de/kf/adolph-kolping/kolpings-leben. Préparation aux études gymnasiales assurée par le curé Lauffs de Nideggen et le vicaire Wollersheim de Kerpen ; admission au Marzellengymnasium de Cologne à l'automne 1837 ; « eine Wohltäterin gefunden hatte, die für die Sicherung des Lebensunterhaltes aufkommen wollte » (une bienfaitrice s'était trouvée pour assurer sa subsistance) ; Abitur au printemps 1841 ; études théologiques à Munich (1841-1842), puis Bonn et Cologne (automne 1842-1845) ; ordination le 13 avril 1845 ; vicaire à Elberfeld (1845-1847) ; engagement auprès des compagnons (1847-1849) ; activités à Cologne comme vicaire de la cathédrale (1849-1865) ; mort le 4 décembre 1865.

    4 27 28 30
  5. Portail Rheinische Geschichte (Landschaftsverband Rheinland — LVR), « Adolph Kolping » : rheinische-geschichte.lvr.de/Persoenlichkeiten/adolph-kolping. Parents Peter Kolping (berger et petit fermier) et Anna Maria Zurheyden, quatrième enfant sur cinq ; apprentissage de cordonnier à treize ans, compagnonnage dès 1829 ; admission en Tertia du Marzellengymnasium de Cologne en 1837 après préparation par le curé Lauffs de Nideggen et le vicaire Wollersheim de Kerpen ; Abitur en 1841 ; études de théologie et philosophie à Munich (auprès de Friedrich Windischmann, Ignaz von Döllinger et Joseph Görres), Bonn (auprès notamment de Franz Xaver Dieringer) et Cologne ; ordination le 13 avril 1845, un jour après la mort de son père le 12 avril 1845 ; vicaire et professeur de religion à Elberfeld dès 1845 ; second président (responsable spirituel) du Gesellenverein d'Elberfeld fondé en 1846 par le professeur Johann Gregor Breuer, à partir de 1847 ; nommé vicaire de la cathédrale de Cologne en 1849 ; chambellan pontifical de Pie IX et recteur de la Minoritenkirche de Cologne à partir de 1862 ; publication du texte programmatique « Der Gesellenverein » (1848-1849), direction du Rheinisches Kirchenblatt (1850-1854), fondation des Rheinische Volksblätter für Haus, Familie und Handwerk (à partir de 1854), publication de dix-sept calendriers populaires annuels (1850-1866) ; plus de 400 associations et 25 000 membres en Europe et outre-mer à la mort de Kolping en 1865, environ 70 000 membres en 1879 ; renommage des sections locales en « Kolpingfamilie » en 1933 ; admission des femmes en 1966 ; inhumation à la Minoritenkirche de Cologne, statue monumentale érigée en 1903.

    5 7 10 12 16 19 20 26 29 32 34 35 38 39 41 45 46 49 54 58 60 65 67 69 72 74 82
  6. Portail Rheinische Geschichte (LVR), « Johann Gregor Breuer » : rheinische-geschichte.lvr.de/Persoenlichkeiten/johann-gregor-breuer. Instituteur né le 26 novembre 1821 à Neuss, mort le 2 avril 1897 à San Remo ; enseignant à l'école catholique de filles d'Elberfeld (Grünstraße) à partir de 1838, directeur à partir de 1845 ; fondation en 1846 du Gesellenverein d'Elberfeld, première association catholique de compagnons d'Allemagne, avec le concours du maître menuisier Josef Thiel, à destination des jeunes artisans de 18 à 25 ans.

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  7. Wikipédia (EN), « Adolph Kolping » (article encyclopédique, sources croisées) : en.wikipedia.org/wiki/Adolph_Kolping. Fondation du Gesellenverein de Cologne le 6 mai 1849 avec sept membres ; 550 membres au 1ᵉʳ janvier 1850 ; mort le 4 décembre 1865 ; inhumation initiale au cimetière de Melaten, transfert à la Minoritenkirche le 30 avril 1866, sarcophage moderne de 1957 par l'artiste colonais Josef Höntgesberg ; procès de béatification ouvert le 21 mars 1934 ; titre de Vénérable en 1989 ; béatification le 27 octobre 1991 en la place Saint-Pierre par Jean-Paul II.

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  8. Wikipédia (DE), « Adolph Kolping » (article encyclopédique, sources croisées) : de.wikipedia.org/wiki/Adolph_Kolping. Naissance le 8 décembre 1813 à Kerpen ; parents Peter Kolping (mort le 12 avril 1845) et Anna Maria Zurheyden (morte le 4 avril 1833) ; apprentissage de cordonnier dès 1826-1829, puis compagnon itinérant à Sindorf, Düren, Lechenich et Cologne (1829-1832) ; Abitur au Marzellengymnasium le 3 avril 1841 ; études à Munich (1841-1842), Bonn (1842-1844), séminaire épiscopal de Cologne (dès le 26 mars 1844) ; ordination le 13 avril 1845 à la Minoritenkirche ; chaplain à Elberfeld (Laurentiuspfarrei, 1845-1847) ; deuxième Präses du Gesellenverein d'Elberfeld (fondé en 1846 par Johann Gregor Breuer) à partir de juin 1847 ; fondation du Gesellenverein de Cologne le 6 mai 1849 avec sept membres à la Kolumbaschule ; 550 membres au 1ᵉʳ janvier 1850 ; fusion des associations d'Elberfeld, Cologne et Düsseldorf en « Rheinischer Gesellenbund » à l'automne 1850, renommé « Katholischer Gesellenverein » à partir de 1851 ; achat d'un immeuble Breite Straße 110 le 14 août 1852 pour 14 200 thalers ; ouverture de la Gesellenhaus le 8 mai 1853 ; élection comme Generalpräses des 180 associations existantes en 1858 ; audience privée du pape Pie IX en mai 1862, nomination comme chambellan secret pontifical ; recteur de la Minoritenkirche à partir de 1862 ; 418 associations et 24 000 membres en 1865 ; mort le 4 décembre 1865 à la Gesellenhaus de la Breite Straße ; inhumation à la Minoritenkirche le 30 avril 1866 après inhumation provisoire au cimetière de Melaten ; ouverture du procès de béatification le 21 mars 1934 sous le cardinal Karl Joseph Schulte ; reprise du procès le 12 octobre 1950 ; approbation historique le 24 février 1987, théologique le 15 janvier 1988, de la Congrégation pour les Causes des Saints le 18 avril 1989 ; proclamation comme Vénérable le 13 mai 1989 ; béatification le 27 octobre 1991.

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  9. Ökumenisches Heiligenlexikon, « Adolf Kolping » : heiligenlexikon.de/BiographienA/Adolf_Kolping.html. Naissance le 8 décembre 1813 à Kerpen, mort le 4 décembre 1865 à Cologne, fête liturgique le 4 décembre ; formation de cordonnier puis études au Marzellengymnasium de Cologne à partir de 1837, théologie au Georgianum de Munich, à Bonn et au séminaire de Cologne ; ordination en 1845 à la Minoritenkirche ; vicaire à la Laurentiuskirche d'Elberfeld, président du Gesellenverein en 1847 ; fondation du Gesellenverein de Cologne en 1849 après mutation à la cathédrale ; ouverture de la première Gesellenhaus près de la Minoritenkirche en 1853 ; près de 200 sociétés et 25 000 adhérents à la mort de Kolping ; recteur de la Minoritenkirche et chambellan secret pontifical à partir de 1862 ; sépulture à la Minoritenkirche dans un sarcophage moderne de 1957 par Josef Höntgesberg ; béatification le 27 octobre 1991 par Jean-Paul II ; cause de canonisation en cours, un miracle supplémentaire étant requis.

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  10. Saint Jean-Paul II, homélie de la messe de béatification d'Adolph Kolping, place Saint-Pierre, Rome, 27 octobre 1991 (texte original italien) : vatican.va/content/john-paul-ii/it/homilies/1991/documents/hf_jp-ii_hom_19911027_adolph-kolping.html. Texte original : « [Kolping] ha gettato la grande luce del Vangelo sulla sempre difficile questione della giustizia sociale » ; « il cristianesimo non doveva intendersi semplicemente come una "stanza di preghiera" » ; « Deve cominciare in casa ciò che dovrà brillare in patria ».

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  11. Kolpingwerk Deutschland (kolping.de), « Von den Gesellenvereinen zum Kolpingwerk » : kolping.de/verband/geschichte. Premier Gesellenverein fondé à Elberfeld en 1846 ; expansion à plus de 400 Gesellenvereine du vivant de Kolping ; fusion de trois associations régionales en « Rheinischer Gesellenbund » en 1850 ; acquisition de la première Gesellenhaus à Cologne en 1852 ; continuité assurée après 1865 par Sebastian Georg Schäffer pendant trente-six ans ; création d'un secrétariat général international en 1902 ; renommage « Kolpingwerk Deutschland » en 1994.

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  12. Œuvre Kolping du Togo, « Adolph Kolping — portrait d'une vie » : oeuvrekolpingdutogo.org/adolph-kolping-portrait-dune-vie. Quatrième enfant d'une fratrie de cinq, fils d'un berger ; apprentissage et exercice du métier de cordonnier pendant dix ans dès treize ans ; reprise des études à vingt-trois ans grâce à l'aide d'une bienfaitrice ; ordination le 13 avril 1845 en la Minoritenkirche de Cologne ; découverte à Elberfeld de l'association fondée par Johann Gregor Breuer, dont il devient président en 1847 ; fondation de l'Association catholique des compagnons à Cologne ; création du Rheinischer Gesellenbund en 1850 ; plus de 400 associations fondées avant sa mort en 1865 ; qualifié de « père des compagnons » ; béatification le 27 octobre 1991.

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  13. Wikipédia (DE), « Johann Gregor Breuer » : de.wikipedia.org/wiki/Johann_Gregor_Breuer. Pédagogue social né en 1821 à Neuss, mort en 1897 à Sanremo ; fondateur en 1846 du Gesellenverein d'Elberfeld, germe du futur Kolpingwerk, aujourd'hui organisation catholique sociale de plus de 400 000 membres dans plus de 60 pays.

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  14. Adolph Kolping, Adolph Kolpings Schriften (édition critique de référence, abrégée « KS » dans la documentation du mouvement), tome 3, p. 150 : « Die Wurzel der Menschheit ist die Familie. » — cité par Kolpingsfamilie Hainsacker, « Weitere Zitate Adolph Kolpings » : vor-ort.kolping.de/kolpingsfamilie-hainsacker/adolph-kolping-kolpingwerk/weitere-zitate-adolph-kolping.

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  15. Adolph Kolping, Adolph Kolpings Schriften (« KS »), sur la condition de l'ouvrier de fabrique dans l'industrie moderne — pensée rapportée (en traduction française) par Kolpingsfamilie Hainsacker, « Zitate Adolph Kolpings » : vor-ort.kolping.de/kolpingsfamilie-hainsacker/adolph-kolping-kolpingwerk/zitate-adolph-kolping.

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  16. Adolph Kolping, Adolph Kolpings Schriften (« KS »), tome 1, p. 58 : « Erst will ich mich bestreben, Mensch zu sein, die hohe Bestimmung desselben begreifen lernen, zu der er geboren ward. » — cité par Kolpingsfamilie Hainsacker, « Weitere Zitate Adolph Kolpings » : vor-ort.kolping.de/kolpingsfamilie-hainsacker/adolph-kolping-kolpingwerk/weitere-zitate-adolph-kolping.

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  17. Wikipédia (DE), « Minoritenkirche (Köln) » : de.wikipedia.org/wiki/Minoritenkirche_(Köln). Église utilisée dès 1849 comme église de confrérie par le Gesellenverein fondé par Kolping ; Kolping nommé recteur en 1862, y menant d'importantes collectes pour la restauration intérieure ; tombeau de Kolping dans l'église ; ajout d'un buste de Kolping près de sa tombe lors des travaux de restauration de 2009-2010.

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  18. Saint Jean-Paul II, discours aux pèlerins venus à Rome pour la béatification d'Adolph Kolping, 29 octobre 1991 (texte original allemand) : vatican.va/content/john-paul-ii/de/speeches/1991/october/documents/hf_jp-ii_spe_19911027_pellegrini-kolping.html. Texte original : « Er stand mit beiden Beinen fest verwurzelt auf der Erde und orientierte sich am Himmel. »

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  19. Saint Jean-Paul II, discours aux membres des « Kolpingfamilien », Rome, 25 octobre 2001 (texte officiel en français) : vatican.va/content/john-paul-ii/fr/speeches/2001/october/documents/hf_jp-ii_spe_20011025_kolping-familien.html. Citations : « Suis-moi » (Mt 9, 9) ; « Je ne vous appelle plus serviteurs [...] je vous appelle amis » (Jn 15, 15-16) ; « sel de la terre » et « lumière du monde » (Mt 5, 13-14) ; « Dieu n'a pas besoin de chrétiens à mi-temps, mais de catholiques authentiques ! » ; devise du fondateur : « porter le christianisme en esprit et en pratique dans la réalité de la vie sociale », revendiquée par plus de cinq mille familles Kolping dans le monde.

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  20. Nominis (Conférence des évêques de France), « Bienheureux Adolphe Kolping » : nominis.cef.fr/contenus/saint/11238/Bienheureux-Adolphe-Kolping.html. Fête au 4 décembre ; notice du martyrologe : prêtre de Cologne qui, dans un souci ardent pour les travailleurs et la justice sociale, fonda une association de jeunes travailleurs et la répandit en de nombreux lieux.

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  21. Wikipédia (EN), « Kolping Society » : en.wikipedia.org/wiki/Kolping_Society. Fondation en 1850 à Cologne par Adolph Kolping ; objectif initial de formation professionnelle, éducation et logement pour les jeunes compagnons ; plus de 400 groupes locaux en Europe et en Amérique à la mort de Kolping en 1865 ; présence dans plus de quarante pays aujourd'hui, siège international à Cologne, représentation à l'ECOSOC et à l'Organisation internationale du travail ; unités locales appelées « Kolping Families » ; priorités actuelles : formation professionnelle, aide aux migrants, programmes d'auto-assistance dans les pays en développement.

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