Mgr Éric de Moulins-Beaufort : l'archevêque de Reims

Archevêque de Reims depuis 2018 et président de la Conférence des évêques de France de 2019 à 2025, Mgr Éric de Moulins-Beaufort (né en 1962) a conduit l'épiscopat français pendant la réception du rapport Sauvé. Parcours, fonctions et déclarations datées.

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Éric de Moulins-Beaufort, né le 30 janvier 1962 à Landau in der Pfalz, en Allemagne, est un prélat catholique français, archevêque de Reims depuis le 18 août 2018 et président de la Conférence des évêques de France d'avril 2019 à juin 2025, pour deux mandats de trois ans.[1][2] Formé en sciences politiques et en sciences économiques avant d'entrer au séminaire, ordonné prêtre pour l'archidiocèse de Paris le 29 juin 1991, il a consacré l'essentiel de son ministère sacerdotal à la formation des futurs prêtres, comme directeur au séminaire de Paris et enseignant à la faculté Notre-Dame, puis comme curé de la paroisse Saint-Paul-Saint-Louis de 2000 à 2005 et secrétaire particulier du cardinal André Vingt-Trois de 2005 à 2008.[3][4]

Nommé évêque auxiliaire de Paris par Benoît XVI le 21 mai 2008, avec le titre d'évêque titulaire de Cresima, il est ordonné évêque le 5 septembre 2008 à Notre-Dame de Paris.[5][6] Dix ans plus tard, le pape François le nomme archevêque de Reims, siège des sacres des rois de France, où il est installé le 28 octobre 2018.[7] Élu président de la Conférence des évêques de France au printemps 2019, puis réélu en 2022, il conduit l'épiscopat français pendant la réception du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église, publié le 5 octobre 2021, pendant la crise sanitaire de 2020 et pendant le débat parlementaire sur la loi de bioéthique adoptée en 2021.[8][9]

Théologien de formation, il est l'auteur d'une thèse de doctorat sur l'anthropologie et la mystique selon Henri de Lubac, publiée aux Éditions du Cerf en 2003 sous le titre Anthropologie et mystique selon Henri de Lubac : « l'esprit de l'homme », ou la présence de Dieu en l'homme.[10] Ses interventions publiques comme président de la Conférence des évêques sont rapportées ci-dessous avec leurs dates, en distinguant ce qui relève de sa fonction d'archevêque de Reims, de sa présidence de la Conférence et de son travail d'auteur.

Biographie

En quelques dates

  1. 30 janvier 1962
    Naissance à Landau

    Naissance d'Éric Marie de Moulins d'Amieu de Beaufort à Landau in der Pfalz, en Allemagne, fils du général Jean-Louis de Moulins d'Amieu de Beaufort et de Françoise Liénard.[11][12]

  2. 1985
    Entrée en formation théologique

    Après des études de sciences politiques à l'Institut d'études politiques de Paris et de sciences économiques à l'université Panthéon-Assas, il entre à l'Institut d'études théologiques de Bruxelles en 1985, puis poursuit sa formation au Séminaire français de Rome à partir de 1990.[13]

  3. 8 septembre 1990
    Ordination diaconale

    Ordonné diacre le 8 septembre 1990 en l'église Saint-Étienne-du-Mont, à Paris.[14][15]

  4. 29 juin 1991
    Ordination sacerdotale

    Ordonné prêtre le 29 juin 1991 en la cathédrale Notre-Dame de Paris, pour l'archidiocèse de Paris.[16][17]

  5. 1992-2000
    Directeur au séminaire de Paris

    Directeur au séminaire de Paris et enseignant au studium du séminaire, devenu la faculté Notre-Dame de l'École cathédrale, de 1992 à 2000 ; responsable de la Maison Saint-Roch du séminaire de 1997 à 2000 ; aumônier du collège Montaigne puis du lycée Louis-le-Grand.[18]

  6. 2000-2005
    Curé de Saint-Paul-Saint-Louis

    Curé de la paroisse Saint-Paul-Saint-Louis, dans le quatrième arrondissement de Paris, tout en poursuivant son enseignement à la faculté Notre-Dame.[19]

  7. 2003
    Thèse sur Henri de Lubac

    Publication aux Éditions du Cerf de sa thèse de doctorat, soutenue à l'Institut catholique de Toulouse : Anthropologie et mystique selon Henri de Lubac.[20][21]

  8. 2005-2008
    Secrétaire particulier du cardinal Vingt-Trois

    Secrétaire particulier de Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris, de 2005 à 2008, en gardant son enseignement à la faculté Notre-Dame.[22]

  9. 21 mai 2008
    Nomination épiscopale

    Nommé par Benoît XVI évêque auxiliaire de Paris et évêque titulaire de Cresima, en même temps que Renauld de Dinechin.[23][24]

  10. 5 septembre 2008
    Ordination épiscopale

    Ordonné évêque à Notre-Dame de Paris par le cardinal André Vingt-Trois, assisté notamment de Mgr Éric Aumonier, de Mgr Olivier de Berranger, de Mgr Jean-Yves Riocreux et de Mgr Pierre d'Ornellas.[25][26]

  11. 18 août 2018
    Nomination à Reims

    Nommé archevêque de Reims par le pape François, en succession de Mgr Thierry Jordan.[27]

  12. 28 octobre 2018
    Installation à Reims

    Prise de possession de sa charge en la cathédrale Notre-Dame de Reims le 28 octobre 2018.[28]

  13. Avril 2019
    Président de la Conférence des évêques de France

    Élu président de la Conférence des évêques de France lors de l'assemblée plénière de Lourdes, pour un mandat de trois ans renouvelable une fois ; il devient à ce titre coprésident du Conseil d'Églises chrétiennes en France.[29][30]

  14. 6 octobre 2019
    Remise du pallium

    Réception du pallium, ornement de laine blanche des archevêques métropolitains, le 6 octobre 2019 en la basilique Saint-Remi de Reims.[31]

  15. 5 octobre 2021
    Publication du rapport de la CIASE

    Publication du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église, présidée par Jean-Marc Sauvé, dont il conduit la réception par l'épiscopat français.[32]

  16. Avril 2022
    Réélection à la tête de la Conférence

    Mandat de président de la Conférence des évêques de France renouvelé en avril 2022 pour trois ans.[33]

  17. Juin 2025
    Fin de la présidence de la Conférence

    Fin de ses deux mandats à la tête de la Conférence des évêques de France en juin 2025 ; le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, élu au printemps 2025, lui succède.[34][35]

  18. 27 juin 2026
    Membre du Dicastère pour l'évangélisation

    Nommé par le pape Léon XIV membre de la section pour les questions fondamentales de l'évangélisation dans le monde du Dicastère pour l'évangélisation.[36]

Formation : des sciences politiques à la théologie

Éric de Moulins-Beaufort commence par des études de sciences politiques à l'Institut d'études politiques de Paris et de sciences économiques à l'université Panthéon-Assas.[37] Il entre ensuite à l'Institut d'études théologiques de Bruxelles en 1985, puis au Séminaire français de Rome en 1990, où il obtient une licence de théologie.[38] Il achève son parcours à l'Institut catholique de Toulouse par un doctorat, avec une thèse sur le théologien jésuite Henri de Lubac (1896-1991), l'un des artisans du renouveau théologique qui prépara le concile Vatican II.[39][40]

La thèse, publiée en 2003 aux Éditions du Cerf dans la collection « Études lubaciennes », compte plus de neuf cents pages et porte sur la place de l'esprit humain et de la présence de Dieu en l'homme dans l'œuvre de Lubac.[41] Ce travail situe son auteur dans le champ de la théologie fondamentale et de l'anthropologie théologique : comment l'homme est constitué pour Dieu, et comment la vie mystique s'enracine dans cette constitution. Il a aussi participé, comme éditeur scientifique, à l'édition des œuvres complètes d'Henri de Lubac aux Éditions du Cerf.[42]

Prêtre de Paris : la formation des futurs prêtres

Ordonné prêtre le 29 juin 1991 par le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, Éric de Moulins-Beaufort consacre la majeure partie de son ministère sacerdotal à la formation des séminaristes.[43][44] De 1992 à 2000, il est directeur au séminaire de Paris et enseigne au studium du séminaire, devenu la faculté Notre-Dame de l'École cathédrale ; de 1997 à 2000, il est en outre responsable de la Maison Saint-Roch, l'une des maisons du séminaire.[45] En parallèle, il est aumônier du collège Montaigne de 1992 à 1993, puis du lycée Louis-le-Grand l'année suivante.[46]

En 2000, il devient curé de la paroisse Saint-Paul-Saint-Louis, dans le Marais, fonction qu'il exerce pendant cinq ans tout en continuant d'enseigner à la faculté Notre-Dame.[47] En 2005, le nouvel archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, le choisit comme secrétaire particulier, charge qu'il garde jusqu'à sa nomination épiscopale en 2008, toujours avec son enseignement.[48]

Évêque auxiliaire de Paris (2008-2018)

Le 21 mai 2008, Benoît XVI le nomme évêque auxiliaire de Paris, avec le titre d'évêque titulaire de Cresima, en même temps que Renauld de Dinechin.[49][50] Leur ordination épiscopale a lieu le 5 septembre 2008 à Notre-Dame de Paris : le consécrateur principal est le cardinal André Vingt-Trois, assisté de Mgr Éric Aumonier, évêque de Versailles, de Mgr Olivier de Berranger, évêque de Saint-Denis, de Mgr Jean-Yves Riocreux, évêque de Pontoise, et de Mgr Pierre d'Ornellas, archevêque de Rennes.[51]

Sa devise épiscopale est tirée de l'évangile selon saint Jean, au chapitre du Bon Pasteur :

« Il entrera et il sortira, et trouvera des pâturages. » Évangile selon saint Jean 10, 9, devise épiscopale de Mgr de Moulins-Beaufort[52]

Pendant ses dix années d'épiscopat auxiliaire à Paris, il exerce les charges confiées par l'archevêque aux évêques auxiliaires du plus grand diocèse de France, tout en poursuivant un travail théologique et des interventions dans le débat public, notamment au sein des instances de la Conférence des évêques de France.[53]

Archevêque de Reims depuis 2018

Le 18 août 2018, le pape François le nomme archevêque de Reims, où il succède à Mgr Thierry Jordan.[54] Il prend possession de sa charge le 28 octobre 2018 en la cathédrale Notre-Dame de Reims, cathédrale du sacre des rois de France depuis le baptême de Clovis par saint Remi.[55] Le 6 octobre 2019, il reçoit le pallium en la basilique Saint-Remi de Reims, signe de la communion du métropolitain avec le Siège de Rome.[56] Comme archevêque de Reims, il est le métropolitain de la province ecclésiastique de Reims, qui regroupe les diocèses suffragants du nord et de l'est de la France.[57]

Président de la Conférence des évêques de France (2019-2025)

Élection, renouvellement et fin de mandat

Éric de Moulins-Beaufort est élu président de la Conférence des évêques de France lors de l'assemblée plénière de Lourdes, en avril 2019, pour un mandat de trois ans renouvelable une fois.[58] Il succède à Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille. À ce titre, il est aussi coprésident du Conseil d'Églises chrétiennes en France, instance de dialogue entre les Églises chrétiennes du pays.[59] Son mandat est renouvelé en avril 2022.[60] Après deux mandats, soit six années, il achève sa présidence en juin 2025.[61] Le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, élu par ses confrères au printemps 2025, lui succède à la tête de la Conférence.[62]

La présidence de la Conférence des évêques de France est une fonction de coordination et de représentation : le président prépare et conduit les assemblées plénières, qui réunissent les évêques à Lourdes deux fois par an, porte la parole commune de l'épiscopat auprès des pouvoirs publics et des médias, et signe les déclarations adoptées collectivement. Les déclarations rapportées ci-dessous sont donc, sauf mention contraire, des paroles prononcées au nom de la Conférence ou dans le cadre de ses assemblées, et non des enseignements du magistère universel de l'Église.

La crise sanitaire et la liberté de culte (2020)

Pendant le premier confinement lié à la pandémie de Covid-19, au printemps 2020, puis lors des restrictions renouvelées à l'automne 2020, la Conférence des évêques conteste devant le Conseil d'État les mesures qui limitent drastiquement la participation aux célébrations. Mgr de Moulins-Beaufort porte ce recours et ces interventions au nom de l'épiscopat, en défendant la liberté de culte comme une liberté fondamentale, sans demander de privilège pour les catholiques.[63] En 2020 paraît aussi, aux éditions Bayard, Mame et du Cerf, son ouvrage « Le matin, sème ton grain » : lettre en réponse à l'invitation du président de la République, réponse écrite à l'invitation adressée par Emmanuel Macron aux responsables religieux et philosophiques.[64]

La loi de bioéthique (2021)

Le 29 juin 2021, l'Assemblée nationale adopte définitivement la révision de la loi de bioéthique, qui ouvre notamment la procréation médicalement assistée aux femmes seules et aux couples de femmes. Le 30 juin 2021, Mgr de Moulins-Beaufort, au nom de la Conférence des évêques, déclare publiquement que le fondement de la bioéthique française se trouve effacé par cette loi, en regrettant l'absence de prise en compte des droits de l'enfant à naître et à connaître ses origines.[65] Cette déclaration est une prise de position de l'épiscopat français sur une loi de la République : elle relève du jugement pastoral et civique des évêques, et non d'une définition doctrinale.

Le rapport Sauvé et l'assemblée de Lourdes de novembre 2021

Le dossier qui marque le plus profondément sa présidence est celui des violences sexuelles dans l'Église. La Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église, créée par l'épiscopat en 2018 et présidée par Jean-Marc Sauvé, ancien vice-président du Conseil d'État, publie son rapport le 5 octobre 2021.[66] La commission estime à environ 330 000 le nombre de personnes victimes de violences sexuelles dans l'Église catholique en France depuis 1950, chiffre qui inclut les agressions commises par des clercs, des religieux et des laïcs en mission, construit à partir d'une enquête statistique et de témoignages.[67]

Du 2 au 8 novembre 2021, les évêques réunis en assemblée plénière à Lourdes reconnaissent la responsabilité institutionnelle de l'Église et la dimension systémique des abus, ouvrent un chemin de reconnaissance et de réparation pour les personnes victimes, avec la possibilité d'une médiation et d'une contribution financière, et adoptent une série de résolutions présentées par leur président comme un vaste programme de renouvellement des pratiques de gouvernance, au niveau des diocèses comme au niveau national.[68] Deux instances sont alors créées pour instruire les demandes : l'Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation, pour les demandes adressées aux diocèses, et la Commission de reconnaissance et de réparation, pour celles qui concernent les instituts religieux.

Mgr de Moulins-Beaufort reçoit ce rapport commandé par son prédécesseur, Mgr Georges Pontier.[69] Lorsque la méthodologie et certains résultats du rapport sont contestés par une partie de l'Académie catholique de France, il démissionne de cette académie.[70] Le pape François reçoit ensuite les évêques français et, selon les propos rapportés par Mgr de Moulins-Beaufort à la presse en décembre 2021, souligne la dignité de leur attitude devant le rapport et les encourage à poursuivre dans une voie synodale.[71]

Le secret de la confession (octobre 2021)

Le 6 octobre 2021, au lendemain de la publication du rapport Sauvé, interrogé sur France Info sur l'obligation de signaler les violences entendues en confession, Mgr de Moulins-Beaufort répond par une formule que les agences et la presse rapportent sous la forme : le secret de la confession s'impose aux prêtres et il est plus fort que les lois de la République.[72] La formule provoque de vives réactions de responsables politiques, qui y voient une affirmation de supériorité de la norme religieuse sur la loi commune.

La réponse de l'épiscopat et la clarification qui suit doivent être rapportées avec la même précision. Le droit de l'Église tient le sceau sacramentel pour inviolable, sans exception : le Code de droit canonique de 1983 dispose que le confesseur ne peut en aucun cas trahir le pénitent, ni par des paroles ni d'une autre manière (canon 983), et que l'usage des connaissances acquises en confession au détriment du pénitent est interdit, même sans danger de révélation (canon 984).[73] Le 12 octobre 2021, Mgr de Moulins-Beaufort est reçu par Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, à la demande du président de la République, pour clarifier ses propos ; la Conférence des évêques publie le même jour un communiqué précisant la formulation et rappelant à la fois l'inviolabilité du secret sacramentel dans la doctrine catholique et l'obligation, pour tout prêtre comme pour tout citoyen, de protéger les personnes vulnérables et de signaler ce qui est connu hors confession.[74] L'objection, dans sa forme la plus forte, porte donc sur un point réel : que se passe-t-il lorsque la seule connaissance d'un crime vient de la confession ? La position catholique, constante, est que le prêtre doit alors exhorter le pénitent à se dénoncer et à réparer, mais ne peut pas révéler lui-même ce qu'il a entendu dans le sacrement. C'est cette position, et non une dispense générale de la loi, que la déclaration d'octobre 2021 et sa clarification entendaient exprimer.

Les onze évêques mis en cause (novembre 2022)

Un an après le rapport Sauvé, lors de l'assemblée plénière de Lourdes, le 7 novembre 2022, Mgr de Moulins-Beaufort annonce publiquement que onze évêques ou anciens évêques sont alors concernés par des procédures devant la justice civile ou la justice de l'Église pour des faits de violences sexuelles, et il rend public le cas du cardinal Jean-Pierre Ricard, ancien archevêque de Bordeaux et ancien président de la Conférence, qui vient de reconnaître des faits commis sur une adolescente lorsqu'il était prêtre à Marseille.[75] Il invite alors les évêques qui se seraient rendus coupables de tels actes à se faire connaître eux-mêmes.[76] Cette annonce, faite par le président de la Conférence lui-même devant la presse, est un acte de transparence revendiqué comme tel par l'épiscopat.

Le théologien et l'auteur

La thèse sur Henri de Lubac

L'ouvrage principal de Mgr de Moulins-Beaufort est sa thèse de doctorat, Anthropologie et mystique selon Henri de Lubac : « l'esprit de l'homme », ou la présence de Dieu en l'homme, publiée à Paris aux Éditions du Cerf en 2003, dans la collection « Études lubaciennes ».[77] Le livre étudie, dans l'œuvre du cardinal Henri de Lubac, la manière dont l'esprit humain est constitué par son orientation vers Dieu, thème central de la théologie lubacienne du surnaturel. Il s'agit d'un travail académique de théologie, qui engage son auteur et non le magistère de l'Église.

Les livres de la présidence

Pendant sa présidence de la Conférence, il publie deux ouvrages courts qui relèvent du genre de l'essai pastoral et de l'intervention dans le débat public.

OuvrageÉditeur et annéeContenu rapporté
Anthropologie et mystique selon Henri de LubacÉditions du Cerf, Paris, 2003Thèse de doctorat soutenue à l'Institut catholique de Toulouse, sur l'esprit de l'homme et la présence de Dieu en l'homme chez Henri de Lubac.[78]
L'Église face à ses défisCLD, 2019, 175 pagesEssai publié l'année de son élection à la tête de la Conférence des évêques de France, sur la situation et les tâches de l'Église en France.[79]
« Le matin, sème ton grain »Bayard, Mame et Éditions du Cerf, 2020, 64 pagesLettre en réponse à l'invitation du président de la République, dans la collection « Documents d'Église ».[80]

Il signe en outre, comme président de la Conférence, les déclarations collectives de l'épiscopat publiées par la Conférence des évêques de France entre 2019 et 2025, ainsi que des contributions dans des ouvrages collectifs, parmi lesquelles le volume Déconstruire l'antijudaïsme chrétien, publié aux Éditions du Cerf par le Service national de la Conférence pour les relations avec le judaïsme.[81]

Distinction et fonction actuelle

DateFait
13 juillet 2021Décret de nomination comme chevalier de la Légion d'honneur.[82]
6 décembre 2021Remise des insignes par Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, qui salue publiquement son courage et sa détermination dans la conduite du dossier des violences sexuelles dans l'Église.[83]
Juin 2025Fin de la présidence de la Conférence des évêques de France, après deux mandats.[84]
27 juin 2026Nomination par le pape Léon XIV comme membre du Dicastère pour l'évangélisation, section pour les questions fondamentales de l'évangélisation dans le monde.[85]

Mgr de Moulins-Beaufort demeure archevêque de Reims, charge qu'il exerce depuis le 28 octobre 2018.[86] Sa nomination romaine de juin 2026 au Dicastère pour l'évangélisation s'ajoute à cette charge diocésaine et ne s'y substitue pas.[87]

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Diocèse de Reims, « Mgr Eric de Moulins-Beaufort », biographie officielle, catholique-reims.fr : né le 30 janvier 1962 à Landau (Allemagne), ordonné diacre le 8 septembre 1990 à Saint-Étienne-du-Mont, prêtre le 29 juin 1991 à Notre-Dame de Paris, curé de Saint-Paul-Saint-Louis de 2000 à 2005, secrétaire particulier de Mgr André Vingt-Trois de 2005 à 2008, ordonné évêque le 5 septembre 2008, nommé archevêque de Reims par le pape François le 18 août 2018, installé le 28 octobre 2018, élu président de la Conférence des évêques de France en avril 2019, pallium le 6 octobre 2019 à Saint-Remi, fin de présidence en juin 2025 après deux mandats, nommé membre du Dicastère pour l'évangélisation par le pape Léon XIV le 27 juin 2026.

    1 3 6 7 11 14 16 19 22 27 28 29 31 34 36 43 47 48 54 55 56 58 61 84 85 86 87
  2. Catholic-Hierarchy, notice « Archbishop Éric Marie de Moulins d'Amieu de Beaufort », catholic-hierarchy.org : naissance le 30 janvier 1962, diaconat le 8 septembre 1990, sacerdoce le 29 juin 1991 pour Paris.

    2
  3. Wikipédia, « Éric de Moulins-Beaufort », sections Formation et Prêtre, consultées en octobre 2026 comme relais bibliographique : sciences politiques à Sciences Po Paris et sciences économiques à Panthéon-Assas, Institut d'études théologiques de Bruxelles en 1985, Séminaire français de Rome en 1990, licence de théologie, doctorat à l'Institut catholique de Toulouse avec la thèse sur Henri de Lubac. Les faits de charge et de dates sont recoupés par la biographie du diocèse de Reims.

    4 13 21 37 38 39
  4. Catholic-Hierarchy, notice citée : nomination comme évêque auxiliaire de Paris et évêque titulaire de Cresima le 21 mai 2008, ordination épiscopale le 5 septembre 2008.

    5 15 17 23 26 49
  5. Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (CIASE), Rapport final, 5 octobre 2021 : commission créée en 2018 par la Conférence des évêques de France et la Conférence des religieux et religieuses de France, présidée par Jean-Marc Sauvé.

    8 32 66
  6. Loi no 2021-1017 du 2 août 2021 relative à la bioéthique, adoptée définitivement par l'Assemblée nationale le 29 juin 2021 : ouverture de l'assistance médicale à la procréation aux femmes seules et aux couples de femmes.

    9
  7. Éric de Moulins-Beaufort, Anthropologie et mystique selon Henri de Lubac : « l'esprit de l'homme », ou la présence de Dieu en l'homme, Paris, Éditions du Cerf, collection « Études lubaciennes » no 3, 2003. Référence d'éditeur : ISBN 9782204067164 pour l'édition du Cerf.

    10 20 40 41 77 78
  8. Wikipédia, « Éric de Moulins-Beaufort », introduction biographique : fils de Jean-Louis de Moulins d'Amieu de Beaufort, général, et de Françoise Liénard.

    12
  9. Wikipédia, « Éric de Moulins-Beaufort », section Prêtre, comme relais : directeur au séminaire de Paris et enseignant de 1992 à 2000, Maison Saint-Roch de 1997 à 2000, aumônier du collège Montaigne puis du lycée Louis-le-Grand, curé de Saint-Paul-Saint-Louis en 2000, secrétaire particulier en 2005.

    18 44 45 46
  10. Wikipédia, « Éric de Moulins-Beaufort », sections Évêque et Archevêque, comme relais : nomination le 21 mai 2008 par Benoît XVI avec Renauld de Dinechin, consécration le 5 septembre 2008 à Notre-Dame de Paris par le cardinal André Vingt-Trois assisté de Mgr Aumonier, Mgr de Berranger, Mgr Riocreux et Mgr d'Ornellas, nomination à Reims le 18 août 2018 par le pape François, installation le 28 octobre 2018.

    24 25 50 51 53
  11. Wikipédia, « Éric de Moulins-Beaufort », section Archevêque, comme relais : élection à la présidence de la Conférence des évêques de France au printemps 2019, coprésidence du Conseil d'Églises chrétiennes en France, renouvellement en avril 2022.

    30 33 59 60
  12. Élection du cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, à la présidence de la Conférence des évêques de France au printemps 2025, en succession de Mgr de Moulins-Beaufort au terme de ses deux mandats achevés en juin 2025.

    35 62
  13. Édition des œuvres complètes d'Henri de Lubac aux Éditions du Cerf : Éric de Moulins-Beaufort y figure comme éditeur scientifique aux côtés de Georges Chantraine, sous la direction d'ensemble du chantier lubacien.

    42
  14. Devise épiscopale rapportée par la notice biographique de référence : « Il entrera et il sortira » (Jn 10, 9), en latin ingredietur et egredietur.

    52
  15. Archidiocèse de Reims, province ecclésiastique de Reims : l'archevêque de Reims est le métropolitain des diocèses suffragants de sa province, selon l'organisation des provinces ecclésiastiques en France.

    57
  16. Interventions et recours de la Conférence des évêques de France en 2020 sur les restrictions d'accès aux célébrations pendant la pandémie de Covid-19, portés par son président au nom de la liberté de culte.

    63
  17. Éric de Moulins-Beaufort, « Le matin, sème ton grain » : lettre en réponse à l'invitation du président de la République, Montrouge et Paris, Bayard, Mame et Éditions du Cerf, collection « Documents d'Église », 2020, 64 pages, ISBN 9782204142021.

    64 80
  18. Déclaration de Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, le 30 juin 2021, au lendemain de l'adoption définitive de la loi de bioéthique : le fondement de la bioéthique française effacé par la nouvelle loi, propos rapportés par la presse catholique internationale le 30 juin 2021.

    65
  19. CIASE, Rapport final, 5 octobre 2021 : estimation d'environ 330 000 personnes victimes de violences sexuelles dans l'Église catholique en France depuis 1950, clercs, religieux et laïcs en mission confondus, à partir de l'enquête statistique conduite pour la commission.

    67
  20. Conférence des évêques de France, assemblée plénière de Lourdes, 2 au 8 novembre 2021 : reconnaissance de la responsabilité institutionnelle de l'Église, ouverture d'un chemin de reconnaissance et de réparation, création des instances de médiation et de réparation, ensemble de résolutions présenté le 8 novembre 2021 par Mgr de Moulins-Beaufort comme un vaste programme de renouvellement de la gouvernance, discours de clôture diffusé en direct.

    68
  21. Wikipédia, « Éric de Moulins-Beaufort », section Abus sexuels dans l'Église, comme relais : réception du rapport Sauvé commandé par Mgr Georges Pontier, démission de l'Académie catholique de France lors de la contestation du rapport, annonce des onze évêques en novembre 2022.

    69 70
  22. Rencontre des évêques français avec le pape François en décembre 2021 après le rapport de la CIASE : propos de Mgr de Moulins-Beaufort à la presse rapportant que le pape a souligné la dignité de l'attitude des évêques français et les a encouragés à poursuivre de manière synodale.

    71
  23. Propos tenus sur France Info le 6 octobre 2021 par Mgr de Moulins-Beaufort, au lendemain de la publication du rapport de la CIASE, rapportés par la presse nationale et internationale : le secret de la confession s'impose au prêtre et prime, dans son ordre, sur les lois de la République. Formulation présentée dans le corps comme un propos rapporté et daté, et non comme une citation vérifiée mot pour mot sur l'enregistrement.

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  24. Code de droit canonique (1983), canons 983 et 984 : le secret sacramentel est inviolable, il est interdit au confesseur de trahir le pénitent par des paroles ou d'une autre manière, et l'usage des connaissances acquises en confession au détriment du pénitent est interdit même sans danger de révélation.

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  25. Rencontre du 12 octobre 2021 entre Mgr de Moulins-Beaufort et Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, à la demande du président de la République, et communiqué de clarification de la Conférence des évêques de France du même jour sur le secret de la confession.

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  26. Conférence des évêques de France, assemblée plénière de Lourdes, conférence de presse du 7 novembre 2022 : Mgr de Moulins-Beaufort annonce que onze évêques ou anciens évêques sont concernés par des procédures civiles ou canoniques, et rend public le cas du cardinal Jean-Pierre Ricard.

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  27. Éric de Moulins-Beaufort, L'Église face à ses défis, Paris, CLD, 2019, 175 pages, ISBN 9782854436013.

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  28. Conférence des évêques de France, Service national pour les relations avec le judaïsme, Déconstruire l'antijudaïsme chrétien, Paris, Éditions du Cerf, ouvrage collectif auquel la présidence de la Conférence est associée.

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  29. Décret du 13 juillet 2021 portant nomination dans l'ordre national de la Légion d'honneur : chevalier, Éric de Moulins-Beaufort.

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  30. Remise des insignes de chevalier de la Légion d'honneur par Gérald Darmanin le 6 décembre 2021, avec des propos publics saluant le courage et la détermination de Mgr de Moulins-Beaufort dans le dossier des violences sexuelles dans l'Église, rapportés par la presse.

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