Walter Kasper, né le 5 mars 1933 à Heidenheim an der Brenz, est un cardinal allemand, théologien de l’école de Tübingen, évêque de Rottenburg-Stuttgart de 1989 à 1999, puis président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens de 2001 à 2010.[1][2] Son nom reste attaché à trois dossiers : le dialogue œcuménique avec les luthériens, les orthodoxes et les anglicans, une christologie universitaire traduite dans le monde entier, et une théologie de la miséricorde que le pape François a publiquement saluée dès le premier Angélus de son pontificat, le 17 mars 2013.[3]
Walter Kasper n’est pas un fondateur d’ordre, ni un mystique, ni un auteur spirituel au sens courant. C’est un théologien devenu évêque, puis un homme de gouvernement de l’Église chargé pendant onze ans du dossier de l’unité des chrétiens à Rome.[4] Le lire demande donc de distinguer trois plans que cet article ne confondra jamais : les faits datés de son parcours, les thèses de ses livres avec leurs éditeurs et leurs années, et les propositions pastorales qu’il a défendues en 1993 puis en 2014, qui ont été débattues et qui ne sont pas, à elles seules, l’enseignement de l’Église.
Cette distinction compte d’autant plus que son nom a souvent été réduit, dans la presse, à une seule controverse : celle des divorcés remariés. Son œuvre est plus large. Elle commence par une thèse sur Schelling, passe par un Jésus le Christ de 1974 devenu un classique des facultés, préside à la signature de la Déclaration commune sur la justification en 1999, et aboutit à un livre sur la miséricorde en 2012 dont François dit qu’il lui a fait beaucoup de bien.[5][6][7][8]
De Heidenheim à Tübingen : la formation d’un théologien
Naissance en 1933 et ordination en 1957
Walter Kasper naît le 5 mars 1933 à Heidenheim an der Brenz, dans le Bade-Wurtemberg, au sud de l’Allemagne.[9] De 1952 à 1956, il étudie la philosophie et la théologie à Tübingen.[10] Il est ordonné prêtre le 6 avril 1957 pour le diocèse de Rottenburg-Stuttgart.[11] Il exerce d’abord un ministère paroissial à Stuttgart, comme vicaire, en 1957 et 1958, avant de revenir aux études.[12]
Ce point de départ est simple, mais il explique la suite : Kasper est un prêtre diocésain allemand devenu professeur, et non un religieux formé dans une école d’ordre. Son terrain premier est l’université publique allemande, où la théologie catholique se fait en dialogue permanent avec la philosophie, l’histoire et les facultés protestantes voisines. Tübingen, où catholiques et protestants travaillent côte à côte depuis le XIXe siècle, marque durablement sa manière : argumenter, distinguer, chercher un langage commun sans effacer les différences.
Doctorat, Scheffczyk, Küng et l’habilitation sur Schelling
Après son vicariat, Kasper obtient un doctorat en théologie dogmatique à la faculté de théologie de Tübingen.[13] Il enseigne à Tübingen de 1958 à 1961 et travaille trois ans comme assistant de deux professeurs que tout oppose en apparence : Leo Scheffczyk, dogmaticien d’une grande rigueur classique, et Hans Küng, alors jeune théologien en pleine ascension.[14] Cette double fréquentation compte pour comprendre Kasper : il apprend chez Scheffczyk le souci de la précision doctrinale, et chez Küng le goût des grandes questions posées à l’Église de son temps. Il ne deviendra pourtant le disciple ni de l’un ni de l’autre, et son œuvre propre prendra une voie médiane, universitaire et ecclésiale.
Son habilitation, le diplôme qui ouvre en Allemagne l’accès au professorat, porte sur la philosophie et la théologie de l’histoire dans la philosophie tardive de Friedrich Schelling.[15] Elle paraît en 1965 sous le titre Das Absolute in der Geschichte, l’Absolu dans l’histoire.[16] Le choix du sujet n’est pas anodin : comment Dieu peut-il être pensé dans l’histoire, sans être réduit à l’histoire ? Cette question traverse ensuite ses deux grands livres, Jésus le Christ et Le Dieu de Jésus-Christ. Le lecteur pressé peut retenir ceci : avant d’être un homme de débats pastoraux, Kasper est un métaphysicien de formation, formé à l’école allemande de la théologie fondamentale.
Professeur de dogmatique à Münster puis à Tübingen
Kasper enseigne la théologie dogmatique à l’université de Münster de 1964 à 1970, et il devient doyen de la faculté de théologie en 1969.[17] Il exerce ensuite la même fonction de doyen à Tübingen en 1970, où il poursuit son enseignement de dogmatique.[18] En 1983, il enseigne comme professeur invité à la Catholic University of America, à Washington.[19] Il participe aussi à la direction du Lexikon für Theologie und Kirche, le grand dictionnaire de référence de la théologie catholique de langue allemande.[20]
Pendant ces années universitaires, il publie les livres qui font sa réputation. Glaube und Geschichte, foi et histoire, paraît en 1970, puis Einführung in den Glauben, introduction à la foi, en 1972.[21] Ce sont des ouvrages de professeur, écrits pour des étudiants et des prêtres, qui cherchent à dire la foi chrétienne dans une culture marquée par la critique historique et par la philosophie moderne de l’histoire. Leur langue est technique, leur visée est pédagogique : donner des raisons ordonnées de croire, sans esquiver les objections du temps.
- 5 mars 1933Naissance à Heidenheim
Walter Kasper naît à Heidenheim an der Brenz, dans le Bade-Wurtemberg.
- 6 avril 1957Ordination sacerdotale
Il est ordonné prêtre pour le diocèse de Rottenburg-Stuttgart.
- 1965Habilitation sur Schelling
Das Absolute in der Geschichte paraît, sur la philosophie tardive de Schelling.
- 1974Jésus le Christ
Jesus der Christus paraît chez Matthias-Grünewald et devient son livre le plus traduit.
- 17 avril 1989Évêque de Rottenburg-Stuttgart
Jean-Paul II le nomme évêque ; consécration épiscopale le 17 juin 1989.
- 1er juin 1999Secrétaire pour l’unité des chrétiens
Il quitte son diocèse allemand pour le Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, à Rome.
- 21 février 2001Cardinal
Saint Jean-Paul II le crée cardinal, du titre de Ognissanti in Via Appia Nuova.
- 3 mars 2001Président du Conseil pour l’unité
Il succède à la présidence du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens.
- 1er juillet 2010Président émérite
Fin de sa présidence du Conseil pour l’unité des chrétiens ; Kurt Koch lui succède à ce poste.
- 20 février 2014Discours au consistoire sur la famille
Son adresse sur l’Évangile de la famille ouvre le débat qui conduira aux synodes de 2014 et 2015.
Évêque de Rottenburg-Stuttgart de 1989 à 1999
Nomination en 1989 et consécration le 17 juin
Le 17 avril 1989, saint Jean-Paul II nomme Walter Kasper évêque de Rottenburg-Stuttgart, l’un des grands diocèses catholiques d’Allemagne.[22] Il reçoit la consécration épiscopale le 17 juin 1989, des mains de l’archevêque Oskar Saier de Fribourg-en-Brisgau, avec les évêques Karl Lehmann et Franz Kühnle comme coconsécrateurs.[23] Le professeur devient pasteur d’un diocèse : il y reste dix ans, jusqu’au 31 mai 1999, lorsqu’il part pour Rome.[24]
Ce passage de la chaire au siège épiscopal change son écriture. L’évêque Kasper parle davantage de pastorale, de transmission de la foi en Allemagne réunifiée, de la place des laïcs et du dialogue avec les protestants, très présents dans le Bade-Wurtemberg. La Conférence des évêques allemands lui confie en 1991 la présidence de sa commission pour les affaires étrangères, et la vice-présidence de sa commission pour la doctrine de la foi.[25] En 1994, il devient coprésident de la Commission internationale de dialogue luthéro-catholique.[26] Le futur président romain de l’unité des chrétiens se forme donc d’abord sur le terrain allemand, là où catholiques et luthériens vivent dans les mêmes villes et parfois dans les mêmes familles.
La lettre pastorale de 1993 sur les divorcés remariés
En 1993, Kasper signe, avec d’autres évêques allemands, une lettre pastorale qui propose d’examiner, au cas par cas, le retour aux sacrements de catholiques divorcés et remariés civilement.[27] La proposition est alors désapprouvée par le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et par saint Jean-Paul II.[28] Il faut rapporter ce fait exactement, sans l’amplifier ni l’effacer : dès 1993, Kasper défend une voie pastorale d’examen individuel pour certaines situations matrimoniales irrégulières, et Rome, à cette date, ne la retient pas.
Ce dossier de 1993 éclaire celui de 2014, vingt et un ans plus tard. Ce n’est pas une improvisation de vieillard médiatique, mais une conviction ancienne chez lui, formée dans la pastorale allemande, discutée, écartée une première fois, puis représentée sous une forme nouvelle devant le consistoire de 2014. Le lecteur peut approuver ou contester cette persistance ; il ne peut pas la comprendre s’il ignore sa date de naissance réelle : Rottenburg, 1993.
À Rome pour l’unité des chrétiens, de 1999 à 2010
Secrétaire en 1999, président en 2001, cardinal la même année
Le 1er juin 1999, Kasper est nommé secrétaire du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, le dicastère romain chargé des relations avec les autres chrétiens et, par sa Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme, du dialogue avec le peuple juif.[29] À ce titre, il est aussi président de cette Commission pour les relations avec les juifs.[30] Il démissionne alors de son siège de Rottenburg-Stuttgart.[31]
Saint Jean-Paul II le crée cardinal au consistoire du 21 février 2001, avec le titre de Ognissanti in Via Appia Nuova, Tous les Saints de la via Appia Nuova, d’abord comme diaconie, puis élevée pro hac vice au rang de titre presbytéral le 21 février 2011.[32] Quelques jours plus tard, le 3 mars 2001, il devient président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, succédant au cardinal Edward Cassidy.[33] Le Saint-Siège le présente depuis comme président émérite depuis le 1er juillet 2010, date à laquelle l’évêque suisse Kurt Koch prend sa suite.[34]
Kasper participe au conclave d’avril 2005 qui élit Benoît XVI, qui le confirme dans sa charge le 21 avril 2005, puis au conclave de mars 2013 qui élit François.[35] Il est alors le plus âgé des cardinaux électeurs encore en âge de voter, puisqu’il atteint 80 ans le 5 mars 2013, quelques jours après la renonciation de Benoît XVI le 28 février 2013.[36] Ces dates ne sont pas des anecdotes de protocole : elles disent qu’un même homme a servi l’unité des chrétiens sous Jean-Paul II, sous Benoît XVI, et qu’il a ensuite été écouté par François sur la miséricorde et sur la famille.
La Déclaration commune sur la justification, signée à Augsbourg en 1999
Le 31 octobre 1999, à Augsbourg, des représentants de l’Église catholique et de la Fédération luthérienne mondiale signent la Déclaration commune sur la doctrine de la justification.[37] Augsbourg n’est pas un lieu neutre : c’est la ville de la Confession d’Augsbourg de 1530, texte fondateur du luthéranisme. La Déclaration affirme un consensus sur des vérités fondamentales de la justification par la grâce, et elle précise que les condamnations du XVIe siècle ne s’appliquent pas aux positions ainsi présentées en commun.[38]
Kasper est alors secrétaire du Conseil pour l’unité depuis juin 1999, et coprésident depuis 1994 de la Commission internationale de dialogue luthéro-catholique.[39][40] Il n’est pas l’unique auteur du texte, qui est le fruit de décennies de travail commun, du rapport de Malte de 1972 aux dialogues nationaux et allemands. Mais son double rôle, à Rome et dans la commission, fait de lui l’un des artisans institutionnels de sa réception. Pour Ignispedia, la juste mesure est celle-ci : un document signé par deux parties, préparé par des commissions, et porté à Rome par le dicastère dont Kasper vient de prendre la charge de secrétaire.
La portée du texte doit aussi être dite sans exagération. La Déclaration ne supprime ni la messe catholique, ni la doctrine catholique des sacrements, ni les différences sur le ministère ordonné et sur l’Eucharistie. Elle dit qu’un motif central de séparation au XVIe siècle, la manière de comprendre la justification du pécheur par la foi et par la grâce, peut désormais être confessé en commun sous une forme différenciée. C’est un pas doctrinal réel, et limité : exactement le type de pas que Kasper cherchera ensuite à décrire comme un consensus différencié, où l’accord sur le centre n’efface pas les accents propres de chaque tradition.
Œcuménisme spirituel, orthodoxes et anglicans
Pendant ses onze années romaines, Kasper conduit à plusieurs reprises la délégation annuelle du Saint-Siège au Patriarcat œcuménique de Constantinople pour la fête de saint André, et il conduit en août 2007 la délégation catholique aux funérailles du patriarche Teoctist de Roumanie.[41] Ces gestes comptent dans sa méthode : l’unité ne se négocie pas seulement dans des documents, elle se pratique par la présence, la prière commune quand elle est possible, et la reconnaissance publique du deuil et de la fête de l’autre.
Il nomme volontiers cette dimension l’œcuménisme spirituel : la conversion du cœur, la prière pour l’unité et le changement de regard priment sur la seule ingénierie institutionnelle. Lorsqu’il s’adresse aux évêques anglicans le 5 juin 2006, il soutient en même temps que l’ordination de femmes à l’épiscopat remettrait en cause la place spéciale reconnue à la Communion anglicane par le concile Vatican II dans Unitatis redintegratio, au numéro 13, et rendrait la restauration d’une pleine communion irréaliste en l’état.[42] Les deux phrases appartiennent au même homme : accueil spirituel large, et franchise doctrinale sur les obstacles. Réduire Kasper à un œcuméniste qui dissoudrait la doctrine est aussi inexact que le réduire à un gardien fermé : ses textes romains tiennent ensemble l’estime pour les autres chrétiens et la liste précise de ce qui continue de séparer.
Relations avec le judaïsme et Dominus Iesus
Comme président de la Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme, Kasper reconnaît que la déclaration Dominus Iesus de l’an 2000 a blessé beaucoup d’interlocuteurs juifs dans sa présentation, tout en affirmant la validité de son contenu doctrinal.[43] Sa formule rapportée est qu’un tel texte n’est pas la fin du dialogue, mais un défi pour un dialogue plus intense encore.[44] En 2003, il écrit pour la Journée européenne de la culture juive un texte intitulé en anglais Anti-semitism: A wound to be healed, l’antisémitisme, une blessure à guérir.[45] Le 10 juillet 2004, à Buenos Aires, la Fondation internationale Raoul Wallenberg lui remet une distinction pour son engagement en faveur de la compréhension entre juifs et catholiques.[46]
Là encore, la méthode est visible : ne pas retirer le contenu d’un document romain, et reconnaître en même temps qu’une formulation peut blesser et doit alors être reprise dans le dialogue. Un lecteur peut juger cette position trop prudente ou trop conciliante ; il doit d’abord la recevoir telle qu’elle a été tenue, avec ses deux volets, doctrinal et relationnel.
L’œuvre théologique : du Christ au Dieu de miséricorde
Le tableau suivant donne les livres majeurs avec leur éditeur quand il est établi et leur année, pour que chaque référence puisse être vérifiée dans un catalogue de bibliothèque.
| Année | Livre | Éditeur ou édition citée | Sujet principal |
|---|---|---|---|
| 1965 | Das Absolute in der Geschichte | Édition de l’habilitation | Philosophie et théologie de l’histoire chez Schelling |
| 1974 | Jesus der Christus | Matthias-Grünewald | Christologie : qui est Jésus, que dit l’histoire, qu’est-ce que l’Église en reçoit |
| 1982 | Der Gott Jesu Christi | Édition allemande de 1982 | Dieu Trinité, liberté de Dieu, souffrance et amour |
| 1987 et 1999 | Theologie und Kirche, 2 vol. | Éditions allemandes de 1987 et 1999 | Théologie et Église, questions de méthode et d’ecclésiologie |
| 2004 | Sakrament der Einheit | Édition allemande de 2004 | Eucharistie et Église, sacrement de l’unité |
| 2011 | Katholische Kirche: Wesen, Wirklichkeit, Sendung | Herder | Nature, réalité et mission de l’Église catholique |
| 2012 | Barmherzigkeit | Herder | La miséricorde, notion fondamentale de l’Évangile et clé de la vie chrétienne |
| 2014 | Das Evangelium von der Familie | Herder | Le discours au consistoire du 20 février 2014 sur la famille |
| 2015 | Papst Franziskus: Revolution der Zärtlichkeit und der Liebe | Édition allemande de 2015 | Lecture théologique du pontificat de François |
Jésus le Christ en 1974 : une christologie en trois approches
Jesus der Christus paraît en 1974 chez Matthias-Grünewald.[53] Sa traduction anglaise, Jesus the Christ, paraît en 1976 chez Burns and Oates, dans la traduction de V. Green.[54] En français, Jésus le Christ est publié aux Éditions du Cerf.[55] Dès la page 16 de l’édition anglaise, Kasper annonce une christologie conduite selon trois approches successives : une approche contemporaine, qui part des questions de l’homme d’aujourd’hui ; une approche historique, qui interroge le Jésus de l’histoire ; et une approche systématique, qui déploie ce que l’Église confesse du Christ.[56] Après ces trois approches, le livre traite de la résurrection, du mystère du Christ et de son sacerdoce.[57]
Le point décisif du livre est ecclésial autant que christologique. Pour Kasper, l’Église fait partie de la christologie, parce que le Christ n’a pas seulement dit des choses : il a fait des choses, rassemblé des disciples, institué une communauté qui continue son œuvre.[58] Autrement dit, on ne comprend pas Jésus comme un maître isolé dont on garderait seulement les paroles ; on le comprend avec le peuple qu’il a formé. Cette conviction explique pourquoi, chez Kasper, la théologie ne se sépare jamais longtemps de l’Église concrète : paroisses, évêques, sacrements, dialogue avec les autres chrétiens.
Le Dieu de Jésus-Christ en 1982 : un Dieu libre d’aimer et de souffrir
Der Gott Jesu Christi paraît en allemand en 1982, et sa traduction anglaise, The God of Jesus Christ, chez Crossroad en 1986.[59] Aux pages 191 et 195 de cette édition, Kasper conclut que Jésus a donné à la souffrance une portée éternelle, la portée de l’amour.[60] Il y convoque Grégoire de Nysse et Augustin, qui parlent d’un Dieu capable de choisir librement la compassion, puis Origène, qui lui fournit sa formule la plus nette.[61]
« D’abord Dieu a souffert, puis il est descendu. Quelle est la souffrance qu’il a acceptée pour nous ? La souffrance de l’amour. » Origène, cité par Walter Kasper, The God of Jesus Christ, Crossroad, 1986, pp. 191 et 195, traduit en français[62]
Kasper précise que, chez Origène, ce n’est pas seulement le Fils qui souffre ainsi, mais aussi le Père, et que cela n’est possible que par la liberté de Dieu dans l’amour.[63] Il faut entendre cette phrase à son juste degré : ce n’est pas un dogme nouveau, c’est une théologie de la Trinité qui refuse un Dieu froid et impassible au sens d’indifférent, sans pour autant faire de Dieu un être soumis au mal comme une créature. Dieu reste Dieu ; mais son amour n’est pas une idée, il est capable de se laisser toucher. Toute la théologie kasperienne de la miséricorde est déjà contenue dans ce mouvement de 1982 : de la doctrine de Dieu vers la pastorale des personnes blessées.
L’Église catholique en 2011 : nature, réalité, mission
En 2011, Kasper publie chez Herder Katholische Kirche: Wesen, Wirklichkeit, Sendung, c’est-à-dire l’Église catholique dans sa nature, sa réalité et sa mission.[64] Le livre paraît l’année qui suit sa retraite romaine : c’est en quelque sorte le testament ecclésiologique du président de l’unité des chrétiens. Il y défend une Église comprise comme communion, enracinée dans les sacrements, et il y traite des ministères, de la primauté et de la collégialité sans les opposer comme des blocs ennemis.
Ce livre aide à situer ses interventions ultérieures sur la synodalité. Kasper n’est pas un partisan d’une Église gouvernée par un parlement permanent ; il reviendra sur ce point en 2021 et 2022. Son ecclésiologie de 2011 tient ensemble le don reçu d’en haut, la structure sacramentelle de l’Église, et la responsabilité réelle des baptisés et des pasteurs. Le reproche parfois adressé à Kasper d’être un théologien du changement permanent ne survit pas à une lecture suivie de ce volume, qui est un livre d’équilibre institutionnel autant que d’ouverture œcuménique.
La miséricorde au centre : le livre de 2012 et l’éloge de François
Barmherzigkeit en 2012 : la miséricorde comme notion fondamentale
Barmherzigkeit: Grundbegriff des Evangeliums, Schlüssel christlichen Lebens paraît chez Herder en 2012.[65] Le titre dit le programme : la miséricorde comme notion fondamentale de l’Évangile et comme clé de la vie chrétienne. La traduction anglaise, Mercy: The Essence of the Gospel and the Key to Christian Life, paraît chez Paulist Press en 2014, dans la traduction de William Madges.[66] En français, le livre circule sous le titre La miséricorde : notion fondamentale de l’Évangile, clé de la vie chrétienne.[67]
La thèse du livre est doctrinale avant d’être pastorale. Kasper y soutient que la miséricorde n’est pas un sentiment vague ni une simple indulgence envers le péché, mais un attribut central de Dieu, révélé dans l’histoire d’Israël puis dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus, et que l’Église trahit son propre message lorsqu’elle parle de Dieu sans faire entendre cette miséricorde. Il y relie réflexion théologique, considérations spirituelles, pastorales et sociales.[68] De ce socle de 2012 découlent logiquement ses questions de 2014 sur les personnes dont le mariage a échoué : si la miséricorde est au centre de l’Évangile, comment l’Église accompagne-t-elle concrètement ceux qui reconnaissent un échec et demandent à revenir ?
Le 17 mars 2013 : François dit que ce livre lui a fait beaucoup de bien
Le 17 mars 2013, quatre jours après son élection, le pape François consacre son premier Angélus dominical à la miséricorde et recommande, sans détour, le livre du cardinal Kasper.[69]
« Ces jours-ci, j’ai pu lire un livre d’un cardinal, le cardinal Kasper, un théologien habile, un bon théologien, sur la miséricorde. Ce livre m’a fait beaucoup de bien. » Pape François, Angélus du 17 mars 2013, texte du Saint-Siège, traduit et cité d’après la version officielle[70]
François ajoute aussitôt qu’il ne fait pas de publicité pour les livres de ses cardinaux, et il rapporte la phrase de Kasper selon laquelle faire l’expérience de la miséricorde change tout.[71] Le fait est public, daté, et vérifiable sur le site du Saint-Siège : le premier dimanche du pontificat, le nouveau pape place la miséricorde au centre et nomme Kasper. Cela ne transforme pas le livre de Kasper en document du magistère. Cela établit, en revanche, pourquoi ce théologien de 80 ans devient, dès 2013, un interlocuteur écouté du nouveau pape sur la famille et sur l’accompagnement des personnes.
Famille, pénitence et communion : la proposition de 2014 et sa réception
Le discours au consistoire du 20 février 2014
Le 20 février 2014, Kasper prononce devant un consistoire de cardinaux une adresse sur l’Évangile de la famille, Das Evangelium von der Familie, publiée la même année chez Herder.[72] Le texte est ensuite au cœur des travaux préparatoires des synodes sur la famille de 2014 et de 2015, auxquels François le nomme comme participant.[73] Sa proposition peut être résumée sans caricature en quatre temps : l’Église ne peut pas remettre en question la parole de Jésus sur l’indissolubilité du mariage ; il faut pourtant explorer des voies nouvelles pour des divorcés remariés civilement qui reconnaissent leur échec, se convertissent, et demandent, après un temps de pénitence, à être réadmis aux sacrements ; aucune solution générale et facile ne peut s’appliquer à tous de la même manière.[74]
« L’Église ne peut pas remettre en question les paroles de Jésus sur l’indissolubilité du mariage. Celui qui attend du consistoire et du synode des solutions générales faciles, applicables à tous, se trompe. Mais, devant les difficultés que rencontrent aujourd’hui les familles et devant la forte augmentation des mariages qui échouent, des voies nouvelles peuvent être explorées pour répondre aux besoins profonds des divorcés remariés civilement, qui reconnaissent leur échec, se convertissent et, après un temps de pénitence, demandent à être réadmis aux sacrements. » Walter Kasper, discours au consistoire du 20 février 2014, traduit en français[75]
Chaque membre de la phrase compte. La première affirme l’indissolubilité. La deuxième refuse une règle automatique pour tous. La troisième ouvre un examen pastoral limité, sous conditions de reconnaissance de l’échec, de conversion et de pénitence. Présenter Kasper comme s’il avait proposé d’abolir l’indissolubilité est donc inexact au regard de son propre texte. Présenter sa proposition comme si elle n’avait rien de nouveau serait tout aussi inexact : admettre, même au cas par cas et après pénitence, des personnes vivant dans une seconde union civile à la communion, alors que le premier lien sacramentel demeure, était et reste l’objet précis du débat.
La réponse de 2014 : Remaining in the Truth of Christ
La proposition reçoit l’opposition publique de plusieurs cardinaux, dont Gerhard Ludwig Müller, Raymond Burke, Walter Brandmüller et Carlo Caffarra, qui publient en octobre 2014, avec d’autres théologiens, Remaining in the Truth of Christ, Demeurer dans la vérité du Christ, pour défendre la discipline alors en vigueur.[76] Leur argument central est que la discipline de l’Église sur la communion des divorcés remariés découle de la doctrine elle-même sur l’indissolubilité et sur l’Eucharistie, et qu’elle ne peut donc pas être changée par une simple voie pastorale. Kasper, de son côté, soutient qu’il distingue précisément doctrine et chemin pastoral de pénitence.
Ignispedia rapporte ce débat comme un débat réel entre cardinaux, avec ses livres et ses dates, sans transformer l’un des camps en caricature. D’un côté, un discours de consistoire publié chez Herder en 2014 ; de l’autre, un livre collectif publié en octobre 2014 pour y répondre. Le lecteur dispose ainsi des pièces : il peut lire les deux, comparer leurs usages de l’Écriture, des Pères et du magistère récent, et juger où porte exactement le désaccord. Ce désaccord ne porte pas sur la question de savoir si Dieu est miséricordieux, que les deux camps confessent ; il porte sur le lien entre vérité du mariage, état de vie public et accès à la communion eucharistique.
Amoris Laetitia en 2016 et la lecture qu’en donne Kasper
En 2016, le pape François publie l’exhortation apostolique Amoris Laetitia, à l’issue des deux synodes sur la famille.[77] Kasper salue le texte et soutient que son interprétation correcte permet, dans certains cas individuels et après discernement, l’admission de divorcés remariés aux sacrements.[78] En 2018, il prolonge cette lecture dans Die Botschaft von Amoris Laetitia, le message d’Amoris Laetitia, présenté comme un disput amical sur l’exhortation.[79]
Le degré d’autorité doit ici être énoncé calmement. Amoris Laetitia est un acte du magistère pontifical de François. L’interprétation qu’en donne Kasper est celle d’un cardinal théologien très écouté au début du pontificat, mais elle reste son interprétation, discutée par d’autres cardinaux et théologiens. Confondre les deux plans, en prêtant à Kasper l’autorité du pape ou en réduisant l’exhortation du pape à la seule proposition de Kasper de 2014, fausse également les deux textes. La succession exacte est : lettre allemande de 1993 écartée, discours de consistoire de 2014 débattu, deux synodes en 2014 et 2015, exhortation de François en 2016, lectures divergentes ensuite.
Dernières interventions : inquiétude sur le Chemin synodal allemand
Après 2016, Kasper intervient plus rarement, mais ses prises de parole sur l’Église d’Allemagne ont été remarquées. En 2021, il se dit très inquiet au sujet du Chemin synodal allemand, le processus de discussion ouvert par les évêques et les laïcs organisés d’Allemagne, et il soutient que le renouveau ne peut venir que d’une croissance intérieure de la foi, de l’espérance et de la charité, en pointant aussi un problème sérieux de catéchèse.[80] En juin 2022, il avertit que les organisateurs risquent de se casser le cou, et il critique l’idée de transformer un conseil synodal en une sorte d’instance suprême de gouvernement de l’Église, étrangère, selon lui, à la tradition d’un gouvernement synodal de l’Église.[81]
Ces interventions interdisent de faire de Kasper le porte-drapeau commode de n’importe quel camp. Le même homme qui propose en 2014 une voie pénitentielle pour certains divorcés remariés met en garde, huit ans plus tard, contre une synodalité comprise comme un transfert de gouvernement à un conseil permanent. Sa ligne de fond est plus ancienne et plus simple : primat de la foi et de la conversion intérieure, méfiance envers les solutions seulement structurelles, et refus de gouverner l’Église par des majorités d’assemblée. On peut contester telle ou telle application qu’il en fait ; on ne peut pas honnêtement le peindre en théologien qui voudrait dissoudre l’Église dans les procédures de son temps.
Ce qu’il faut retenir, avec les degrés d’autorité
Walter Kasper est un cardinal allemand né en 1933, prêtre en 1957, professeur de dogmatique à Münster et à Tübingen, évêque de Rottenburg-Stuttgart de 1989 à 1999, secrétaire puis président du Conseil pour l’unité des chrétiens de 1999 à 2010, président émérite depuis le 1er juillet 2010.[82][83] Son œuvre compte un classique de christologie de 1974, une doctrine de Dieu de 1982 où la souffrance de l’amour tient une place centrale, une ecclésiologie de 2011, et un livre sur la miséricorde de 2012 salué par François dès le 17 mars 2013.[84][85][86][87]
Pour un lecteur catholique, la manière juste de le lire est donc triple. D’abord, recevoir ses livres comme l’œuvre d’un grand théologien universitaire devenu évêque : ils informent, ils argumentent, ils ne remplacent ni l’Écriture, ni le Catéchisme, ni le magistère. Ensuite, situer ses actes romains de 1999 à 2010 à leur vraie place : ce sont des actes officiels du dicastère de l’unité, portés notamment par la Déclaration commune sur la justification de 1999. Enfin, rapporter ses propositions pastorales de 1993 et de 2014 pour ce qu’elles sont : des propositions débattues entre cardinaux, dont le sort a été tranché, pour la part qui revient au pape, par Amoris Laetitia en 2016, que Kasper lit ensuite dans un sens qu’il assume comme le sien.
Ainsi présenté, Kasper cesse d’être un slogan pour ou contre un pontificat. Il redevient ce qu’il est documentairement : un théologien de Tübingen que trois papes ont employé ou écouté, un artisan de l’unité des chrétiens qui a signé son époque à Augsbourg en 1999, et un vieillard de l’Église qui, de la miséricorde de Dieu à la pénitence des personnes, a cherché jusqu’au bout comment la vérité de l’Évangile peut rejoindre des vies blessées sans cesser d’être la vérité.
Pour aller plus loin
- Gerhard Ludwig Müller : cardinal allemand, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, l’un des auteurs de la réponse de 2014 à la proposition Kasper.
- Raymond Burke : cardinal américain, autre voix critique de la proposition de 2014 sur la communion des divorcés remariés.
Notes et références
Bureau de presse du Saint-Siège, fiche « KASPER Card. Walter » : né le 5 mars 1933 à Heidenheim/Brenz, ordonné le 6 avril 1957 pour Rottenburg-Stuttgart, doctorat de théologie à Tübingen. Page officielle press.vatican.va, consultée en octobre 2026.
1 9 11 13 82Bureau de presse du Saint-Siège, fiche « KASPER Card. Walter » : secrétaire du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens le 1er juin 1999, président le 3 mars 2001, président émérite le 1er juillet 2010. Page officielle press.vatican.va, consultée en octobre 2026.
2 4 33 83Pape François, Angélus du 17 mars 2013, place Saint-Pierre : éloge du livre du cardinal Kasper sur la miséricorde, « un théologien habile, un bon théologien », livre qui lui a fait beaucoup de bien. Texte officiel du Saint-Siège, vatican.va, consulté en octobre 2026.
3 8 69 70 71 87Bureau de presse du Saint-Siège, fiche « KASPER Card. Walter » : habilitation par une thèse sur la philosophie et la théologie de l’histoire dans la philosophie tardive de Schelling. Page officielle press.vatican.va, consultée en octobre 2026.
5 15Walter Kasper, Jesus der Christus, Matthias-Grünewald Verlag, 1974. Titre, éditeur et année établis par les catalogues de bibliothèque, consultés en octobre 2026.
6 48 53 84Église catholique et Fédération luthérienne mondiale, Déclaration commune sur la doctrine de la justification, signée à Augsbourg le 31 octobre 1999. Texte officiel, vatican.va, consulté en octobre 2026.
7 37Notices biographiques du cardinal Kasper : études de philosophie et de théologie à Tübingen de 1952 à 1956. Synthèse du Bureau de presse du Saint-Siège et notices concordantes, consultées en octobre 2026.
10Notices biographiques du cardinal Kasper : vicaire paroissial à Stuttgart en 1957 et 1958, avant le retour aux études doctorales. Consultées en octobre 2026.
12Bureau de presse du Saint-Siège, fiche « KASPER Card. Walter » : assistant de Leo Scheffczyk et de Hans Küng pendant trois ans, enseignement à Tübingen de 1958 à 1961. Page officielle press.vatican.va, consultée en octobre 2026.
14Walter Kasper, Das Absolute in der Geschichte: Philosophie und Theologie der Geschichte in der Spätphilosophie Schellings, 1965. Titre et année établis par les catalogues de bibliothèque, consultés en octobre 2026.
16 47Notices biographiques du cardinal Kasper : professeur de dogmatique à Münster de 1964 à 1970, doyen de la faculté de théologie en 1969, puis doyen à Tübingen en 1970. Consultées en octobre 2026.
17 18Notices biographiques du cardinal Kasper : professeur invité à la Catholic University of America en 1983. Catholic University of America et notices concordantes, consultées en octobre 2026.
19Notices biographiques du cardinal Kasper : participation à la direction du Lexikon für Theologie und Kirche. Consultées en octobre 2026.
20Walter Kasper, Glaube und Geschichte, 1970 ; Einführung in den Glauben, 1972. Titres et années établis par les catalogues de bibliothèque, consultés en octobre 2026.
21Bureau de presse du Saint-Siège, fiche « KASPER Card. Walter » : nommé évêque de Rottenburg-Stuttgart le 17 avril 1989, consécration épiscopale le 17 juin 1989. Page officielle press.vatican.va, consultée en octobre 2026.
22Notices épiscopales de Walter Kasper : consécration le 17 juin 1989 par l’archevêque Oskar Saier de Fribourg-en-Brisgau, avec Karl Lehmann et Franz Kühnle comme coconsécrateurs. Catholic-Hierarchy et notices concordantes, consultées en octobre 2026.
23Bureau de presse du Saint-Siège, fiche « KASPER Card. Walter » : évêque de Rottenburg-Stuttgart jusqu’au départ pour Rome en 1999. Page officielle press.vatican.va, consultée en octobre 2026.
24 31Notices biographiques du cardinal Kasper : en 1991, la Conférence des évêques allemands lui confie la présidence de sa commission pour les affaires étrangères et la vice-présidence de sa commission pour la doctrine de la foi. Consultées en octobre 2026.
25Bureau de presse du Saint-Siège, fiche « KASPER Card. Walter » : coprésident de la Commission internationale de dialogue luthéro-catholique en 1994. Page officielle press.vatican.va, consultée en octobre 2026.
26 39Lettre pastorale de 1993 d’évêques allemands, dont Walter Kasper, proposant un examen au cas par cas du retour aux sacrements de divorcés remariés civilement, alors désapprouvée par le cardinal Joseph Ratzinger et par saint Jean-Paul II. Fait rapporté de manière concordante par les synthèses biographiques et les dossiers sur la miséricorde, consultés en octobre 2026.
27 28Bureau de presse du Saint-Siège, fiche « KASPER Card. Walter » : nommé secrétaire du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens le 1er juin 1999. Page officielle press.vatican.va, consultée en octobre 2026.
29 40Notices du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens : son président préside aussi la Commission pontificale pour les relations religieuses avec le judaïsme. Vatican.va, consulté en octobre 2026.
30Bureau de presse du Saint-Siège, fiche « KASPER Card. Walter » : créé cardinal par saint Jean-Paul II au consistoire du 21 février 2001, titre de Ognissanti in Via Appia Nuova, diaconie élevée pro hac vice au titre presbytéral le 21 février 2011. Page officielle press.vatican.va, consultée en octobre 2026.
32Bureau de presse du Saint-Siège, fiche « KASPER Card. Walter » : président émérite du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens le 1er juillet 2010. Page officielle press.vatican.va, consultée en octobre 2026.
34Bureau de presse du Saint-Siège, fiche « KASPER Card. Walter » : participation aux conclaves d’avril 2005 et de mars 2013, confirmation par Benoît XVI le 21 avril 2005. Page officielle press.vatican.va, consultée en octobre 2026.
35 36Déclaration commune sur la doctrine de la justification, Augsbourg, 31 octobre 1999 : consensus sur des vérités fondamentales de la justification et non-application des condamnations du XVIe siècle aux positions communément présentées. Texte officiel, vatican.va, consulté en octobre 2026.
38Notices biographiques du cardinal Kasper : délégations annuelles au Patriarcat œcuménique de Constantinople pour la fête de saint André, délégation catholique aux funérailles du patriarche Teoctist de Roumanie en août 2007. Consultées en octobre 2026.
41Walter Kasper, adresse aux évêques de l’Église d’Angleterre, 5 juin 2006 : l’ordination de femmes à l’épiscopat remettrait en cause la place spéciale de la Communion anglicane reconnue par Unitatis redintegratio, n. 13. Compte rendu et texte rapportés, consultés en octobre 2026.
42Walter Kasper, réactions à Dominus Iesus en 2000 : validité du contenu affirmée, présentation jugée blessante pour beaucoup d’interlocuteurs juifs, dialogue présenté comme un défi à intensifier et non comme terminé. Texte hébergé par le Center for Christian-Jewish Learning de Boston College, consulté en octobre 2026.
43 44Walter Kasper, Anti-semitism: A wound to be healed, texte pour la Journée européenne de la culture juive, 2003. Texte officiel, vatican.va, consulté en octobre 2026.
45Fondation internationale Raoul Wallenberg : distinction remise au cardinal Kasper à Buenos Aires le 10 juillet 2004 pour son engagement en faveur de la compréhension entre juifs et catholiques. Compte rendu de la fondation, consulté en octobre 2026.
46Walter Kasper, Der Gott Jesu Christi, édition allemande de 1982 ; The God of Jesus Christ, Crossroad, New York, 1986. Titres et années établis par les catalogues, consultés en octobre 2026.
49 59 85Walter Kasper, Katholische Kirche: Wesen, Wirklichkeit, Sendung, Herder, Fribourg, 2011. Titre, éditeur et année établis par les catalogues, consultés en octobre 2026.
50 64 86Walter Kasper, Barmherzigkeit: Grundbegriff des Evangeliums, Schlüssel christlichen Lebens, Herder, Fribourg, 2012. Titre, éditeur et année établis par les catalogues, consultés en octobre 2026.
51 65Walter Kasper, Das Evangelium von der Familie: Die Rede vor dem Konsistorium, Herder, Fribourg, 2014. Titre, éditeur et année établis par les catalogues, consultés en octobre 2026.
52 72Walter Kasper, Jesus the Christ, traduit par V. Green, Burns and Oates, Londres et New Jersey, 1976. Édition anglaise établie par les catalogues, consultée en octobre 2026.
54Walter Kasper, Jésus le Christ, Éditions du Cerf, Paris. Édition française citée dans la littérature théologique francophone, notamment Cerf, Paris, 1980, p. 125. Consultée en octobre 2026.
55Walter Kasper, Jesus the Christ, Burns and Oates, 1976, p. 16 : christologie en trois approches, contemporaine, historique et systématique, puis résurrection, mystère et sacerdoce ; l’Église comme partie de la christologie. Page citée par les références de l’édition anglaise, consultée en octobre 2026.
56 57 58Walter Kasper, The God of Jesus Christ, Crossroad, 1986, pp. 191 et 195 : la souffrance reçoit du Christ une portée éternelle, celle de l’amour ; Grégoire de Nysse, Augustin et Origène sur un Dieu libre de compatir. Texte original d’Origène rapporté en note : premièrement Dieu a souffert, puis il est descendu, souffrance de l’amour acceptée pour nous.
60 61 62 63Walter Kasper, Mercy: The Essence of the Gospel and the Key to Christian Life, traduit par William Madges, Paulist Press, New York, 2014. Édition anglaise établie par les catalogues, consultée en octobre 2026.
66Walter Kasper, La miséricorde : notion fondamentale de l’Évangile, clé de la vie chrétienne, édition française du livre de 2012. Titre français établi par les catalogues francophones, consultés en octobre 2026.
67Walter Kasper, Barmherzigkeit, Herder, 2012 : réflexion théologique jointe à des considérations spirituelles, pastorales et sociales sur la miséricorde. Présentation de l’éditeur, consultée en octobre 2026.
68Bureau de presse du Saint-Siège, fiche « KASPER Card. Walter » : nommé par François participant à l’assemblée extraordinaire du Synode des évêques d’octobre 2014 et à l’assemblée ordinaire d’octobre 2015 sur la famille. Page officielle press.vatican.va, consultée en octobre 2026.
73Walter Kasper, discours au consistoire extraordinaire sur la famille, Rome, 20 février 2014, publié dans Das Evangelium von der Familie, Herder, 2014. Texte original anglais rapporté : l’Église ne peut pas remettre en question les paroles de Jésus sur l’indissolubilité ; des voies nouvelles après pénitence pour des divorcés remariés qui reconnaissent leur échec.
74 75Robert Dodaro, éd., avec notamment Gerhard Ludwig Müller, Raymond Burke, Walter Brandmüller et Carlo Caffarra, Remaining in the Truth of Christ: Marriage and Communion in the Catholic Church, Ignatius Press, édition anglaise d’octobre 2014. Livre collectif en réponse à la proposition de 2014, établi par les catalogues, consulté en octobre 2026.
76Pape François, exhortation apostolique Amoris Laetitia, 19 mars 2016, à l’issue des synodes sur la famille de 2014 et 2015. Texte officiel, vatican.va, consulté en octobre 2026.
77Lecture d’Amoris Laetitia par Walter Kasper à partir de 2016 : admission possible, au cas par cas et après discernement, de certains divorcés remariés aux sacrements. Entretiens et commentaires publics de 2016, consultés en octobre 2026.
78Walter Kasper, Die Botschaft von Amoris Laetitia: Ein freundlicher Disput, 2018. Titre et année établis par les catalogues, consultés en octobre 2026.
79Walter Kasper, entretien de juin 2021 sur le Chemin synodal allemand : inquiétude exprimée, renouveau par la croissance intérieure de la foi, de l’espérance et de la charité, problème sérieux de catéchèse. Catholic World Report, 10 juin 2021, consulté en octobre 2026.
80Walter Kasper, texte sur synodalité et renouveau, juin 2022 : avertissement sur le risque de se casser le cou et refus d’un conseil synodal érigé en instance suprême de gouvernement. Traduction anglaise diffusée en juin 2022 et comptes rendus concordants, consultés en octobre 2026.
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