Le Dicastère pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens (en latin : Dicasterium pro Promotione Unitatis Christianorum) est, depuis le 5 juin 2022, l'organe de la Curie romaine chargé de conduire l'engagement de l'Église catholique en faveur du rétablissement de la pleine unité entre tous les chrétiens[1]. Institué sous son nom actuel par la constitution apostolique Praedicate Evangelium du pape François, il est l'héritier direct du tout premier organisme romain jamais consacré exclusivement à l'oecuménisme : le Secrétariat pour la promotion de l'unité des chrétiens, fondé le 5 juin 1960 par le pape Jean XXIII comme commission préparatoire du concile Vatican II, sous la présidence du cardinal jésuite Augustin Bea[2].
Ce dicastère occupe une place singulière dans l'architecture de la Curie : il n'exerce aucune juridiction sur les fidèles catholiques, ne gouverne aucun territoire et ne dispose d'aucun pouvoir disciplinaire. Sa mission est relationnelle — nouer, entretenir et approfondir des liens de dialogue théologique et de charité fraternelle avec les Églises orthodoxes, les Églises orientales non catholiques, la Communion anglicane, les communautés issues de la Réforme protestante et le monde chrétien non catholique dans son ensemble, en vue de l'unité que le Christ a voulue pour son Église et pour laquelle il a prié la veille de sa Passion[3]. Il abrite en son sein, depuis 1974, la Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme, chargée spécifiquement du dialogue avec le peuple juif à la suite de la déclaration conciliaire Nostra Aetate[4].
Distinct du Dicastère pour le Dialogue interreligieux, compétent pour les religions non chrétiennes, distinct aussi du Dicastère pour les Églises orientales, qui gouverne les Églises catholiques de rite oriental en pleine communion avec Rome, le Dicastère pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens s'adresse d'abord à des chrétiens qui ne sont pas en communion complète avec le Siège de Pierre — orthodoxes, orientaux non catholiques, anglicans, protestants de toutes dénominations[5]. Six décennies après sa fondation, il demeure sous la conduite d'un même préfet depuis 2010, le cardinal suisse Kurt Koch, théologien spécialiste de l'oecuménisme, arrivé à sa tête en 2010 sous le statut de Conseil pontifical, il a conduit sa transformation en Dicastère en 2022 — troisième statut d'une institution née Secrétariat en 1960 — sans que sa mission de fond n'ait jamais varié.
Pourquoi un organisme romain pour l'unité des chrétiens ?
Quatre siècles de division avant l'ouverture d'un dialogue
Depuis les ruptures de la Réforme protestante au XVIe siècle et le schisme d'Orient plusieurs siècles auparavant, l'Église catholique n'avait, jusqu'au milieu du XXe siècle, aucune structure permanente dédiée au dialogue avec les chrétiens séparés. La position officielle du Saint-Siège restait celle d'une attente du retour individuel des dissidents à l'unique Église du Christ, plutôt que celle d'une recherche mutuelle de rapprochement institutionnel. Cette position trouve sa formulation la plus nette dans l'encyclique Mortalium Animos de Pie XI, publiée le 6 janvier 1928, en réaction directe au mouvement oecuménique protestant alors en plein essor :
« [...] il n'est pas permis, en effet, de procurer la réunion des chrétiens autrement qu'en poussant au retour des dissidents à la seule véritable Église du Christ [...]. » — Pape Pie XI, encyclique Mortalium Animos, 6 janvier 1928[6]
Le même texte met en garde contre les tentatives d'union fondées sur des compromis doctrinaux, qu'il juge porteuses d'un risque théologique précis :
« [...] par là, une étape est facilement franchie vers la négligence de la religion ou indifférentisme et vers ce qu'on nomme le modernisme. » — Pape Pie XI, encyclique Mortalium Animos, 6 janvier 1928[7]
Le pape y interdit explicitement au Saint-Siège de participer aux « assemblées pancristiennes » alors organisées par les Églises protestantes et anglicane, estimant qu'y participer reviendrait à mettre sur un pied d'égalité la vraie foi et des positions doctrinalement erronées.
Le mouvement oecuménique protestant et la naissance du Conseil oecuménique des Églises (1948)
Pendant que Rome maintenait cette réserve doctrinale, un authentique mouvement de rapprochement se développait depuis le début du XXe siècle entre les Églises issues de la Réforme et les Églises orthodoxes, structuré autour de deux courants distincts : Vie et Action (Life and Work), centré sur la coopération sociale pratique entre Églises, et Foi et Constitution (Faith and Order), consacré aux questions doctrinales qui divisent les confessions[8]. Ces deux courants fusionnent le 23 août 1948 à Amsterdam pour former le Conseil oecuménique des Églises (COE), qui réunit d'emblée 147 Églises membres[9]. L'Église catholique n'y adhère pas — elle n'en est aujourd'hui encore pas membre —, mais des théologiens catholiques participeront, à titre d'observateurs puis de membres à part entière, à la commission Foi et Constitution à partir de 1968[10].
Les Conversations de Malines (1921-1925), un prélude oublié
Un précédent notable, resté sans suite institutionnelle immédiate, avait pourtant eu lieu quelques décennies plus tôt entre catholiques et anglicans. De 1921 à 1925, sous la présidence du cardinal Désiré-Joseph Mercier, archevêque de Malines, se tiennent en Belgique les Conversations de Malines, premières discussions théologiques substantielles entre catholiques et anglicans depuis la Réforme[11]. Nées de l'amitié entre le laïc anglican Lord Halifax et l'abbé français Fernand Portal, elles réunissent côté anglican les évêques Walter Frere et Charles Gore ainsi que le doyen de Wells Armitage Robinson, et côté catholique Mercier lui-même, Pierre Batiffol et son successeur Jozef-Ernest van Roey[12]. Menées avec la connaissance du pape et de l'archevêque de Canterbury, ces conversations aboutissent à un constat d'accord partiel sur certains points doctrinaux, mais la mort de Mercier en 1926 puis la publication de Mortalium Animos deux ans plus tard referment provisoirement cette piste — qui ne sera véritablement rouverte que quatre décennies plus tard, avec la création d'ARCIC.
La fondation du Secrétariat pour la promotion de l'unité des chrétiens (1960)
Jean XXIII et l'intuition oecuménique du futur concile
Élu le 28 octobre 1958, le pape Jean XXIII annonce dès le 25 janvier 1959 sa décision de convoquer un concile oecuménique. Parmi les intentions qu'il lui assigne d'emblée figure le souci de l'unité chrétienne : le concile Vatican II doit devenir, selon son voeu, l'occasion pour l'Église catholique de s'engager activement dans le mouvement de rapprochement entre chrétiens qui se développait alors hors de son giron[13]. Le 5 juin 1960, par la lettre apostolique Superno Dei Nutu instituant les commissions préparatoires du concile, Jean XXIII crée le Secrétariat pour la promotion de l'unité des chrétiens (Secretariatus ad Christianorum Unitatem Fovendam), première structure permanente du Saint-Siège consacrée exclusivement au dialogue oecuménique, et en confie la présidence au cardinal Augustin Bea[14].
Le cardinal Augustin Bea, artisan du dialogue
Né le 28 mai 1881 à Riedböhringen, dans le Bade-Wurtemberg, Augustin Bea entre chez les jésuites et se spécialise dans l'exégèse de l'Ancien Testament à l'Institut biblique pontifical de Rome, dont il devient recteur en 1930, fonction qu'il occupe jusqu'en 1949[15]. Confesseur du pape Pie XII à partir de 1941, il inspire largement l'encyclique Divino Afflante Spiritu (1943), tournant décisif de l'exégèse catholique moderne[16]. Pour donner à Bea l'autorité nécessaire à des échanges au plus haut niveau avec les autres Églises chrétiennes, Jean XXIII le crée cardinal en décembre 1959, avant même la fondation officielle du Secrétariat[17]. Bea reste à la tête de l'institution jusqu'à sa mort, le 16 novembre 1968, ayant conduit le Secrétariat à travers l'ensemble du concile Vatican II et les deux premières années de la période post-conciliaire.
Les observateurs non catholiques à Vatican II : une première historique
Dès sa création, la tâche la plus visible du Secrétariat consiste à contacter les Églises et communautés chrétiennes non catholiques du monde entier afin de les inviter à envoyer des observateurs au concile[18]. Plus d'une centaine d'observateurs délégués — orthodoxes, anglicans, luthériens, réformés, méthodistes et représentants du Conseil oecuménique des Églises — assistent ainsi aux quatre sessions du concile (1962-1965), sans droit de vote ni de parole dans l'aula conciliaire, mais en participant activement aux échanges informels qui nourrissent la rédaction des textes[19]. C'est la toute première fois dans l'histoire qu'un concile de l'Église catholique admet la présence de délégués chrétiens non catholiques — un geste dont l'importance symbolique dépasse largement son cadre protocolaire, et qui installe d'emblée le Secrétariat comme l'interlocuteur romain naturel du monde chrétien non catholique.
Vatican II : les textes fondateurs de l'oecuménisme catholique
Unitatis Redintegratio (21 novembre 1964) : la charte de l'oecuménisme
Le décret Unitatis Redintegratio, préparé par le Secrétariat de Bea et promulgué par Paul VI le 21 novembre 1964 par un vote de 2 137 voix contre 11, ouvre par une affirmation programmatique qui fait du souci de l'unité l'un des axes majeurs du concile lui-même :
« Promouvoir la restauration de l'unité entre tous les chrétiens est l'un des objectifs principaux du saint Concile œcuménique de Vatican II. » — Concile Vatican II, décret Unitatis Redintegratio, n° 1, 21 novembre 1964[20]
Le texte définit ensuite précisément ce qu'est, et ce que n'est pas, l'oecuménisme catholique. D'un côté, il refuse absolument toute dilution doctrinale sous couvert de rapprochement :
« Rien n'est plus étranger à l'œcuménisme que ce faux irénisme qui altère la pureté de la doctrine catholique et obscurcit son sens authentique et assuré. » — Concile Vatican II, décret Unitatis Redintegratio, n° 4, 21 novembre 1964[21]
De l'autre, il place au coeur de la démarche non pas d'abord la négociation théologique, mais la conversion spirituelle et la prière :
« Cette conversion du cœur et cette sainteté de vie, ensemble avec les prières publiques et privées pour l'unité des chrétiens, doivent être regardées comme l'âme de tout l'œcuménisme et peuvent à bon droit être appelées œcuménisme spirituel. » — Concile Vatican II, décret Unitatis Redintegratio, n° 8, 21 novembre 1964[22]
C'est très exactement ce triple équilibre — fidélité doctrinale intégrale, primat de la conversion et de la prière, ouverture réelle au dialogue — que le Secrétariat puis le dicastère s'efforceront, pendant plus de soixante ans, de tenir en pratique face à des interlocuteurs très divers.
Nostra Aetate (28 octobre 1965) et la Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme
Bien que consacrée d'abord aux relations de l'Église avec les religions non chrétiennes, la déclaration Nostra Aetate, promulguée le 28 octobre 1965, est elle aussi préparée par le Secrétariat de Bea, en raison de son chapitre central sur les rapports entre l'Église et le peuple juif[23]. Le texte rejette la thèse d'une culpabilité collective du peuple juif dans la mort du Christ et condamne toute forme d'antisémitisme — geste théologique majeur qui vaudra à la déclaration d'être qualifiée de premier document de l'histoire catholique consacré spécifiquement à la relation aux Juifs[24]. Pour donner une suite institutionnelle concrète à ce texte, Paul VI crée le 22 octobre 1974, au sein même du Secrétariat pour l'unité des chrétiens, la Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme, dont le premier document officiel, publié dès le 1er décembre 1974, porte le titre Orientations et suggestions pour l'application de la déclaration conciliaire Nostra Aetate (n° 4)[25]. Placée sous la direction du préfet du dicastère lui-même, cette commission a depuis publié trois autres documents de référence — en 1985, en 1998 (Nous nous souvenons : une réflexion sur la Shoah) et en 2015, pour le cinquantenaire de Nostra Aetate (Les dons et l'appel de Dieu sont irrévocables)[26].
Lumen Gentium et la doctrine de l'unité déjà donnée
La théologie sous-jacente à tout cet effort institutionnel est fixée par la constitution dogmatique Lumen Gentium, également promulguée le 21 novembre 1964. Son n° 8 formule, en une phrase devenue l'une des plus commentées du concile, la conviction que l'Église du Christ subsiste pleinement dans l'Église catholique tout en reconnaissant, hors de ses limites visibles, des éléments authentiques de sanctification :
« Cette Église comme société constituée et organisée en ce monde, c'est dans l'Église catholique qu'elle subsiste, gouvernée par le successeur de Pierre et les évêques qui sont en communion avec lui, bien que des éléments nombreux de sanctification et de vérité se trouvent hors de sa sphère, éléments qui, appartenant proprement par le don de Dieu à l'Église du Christ, portent par eux-mêmes à l'unité catholique. » — Concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen Gentium, n° 8, 21 novembre 1964[27]
Cette formulation — le fameux subsistit in — est le socle doctrinal sur lequel repose tout le travail du dicastère : elle permet de reconnaître, chez les chrétiens séparés, la présence réelle d'éléments de grâce et de vérité (Écriture, baptême valide, vie de prière, engagement moral), sans pour autant relativiser l'affirmation que l'unique Église fondée par le Christ subsiste pleinement, et de façon identifiable, dans l'Église catholique gouvernée par le successeur de Pierre. C'est cet équilibre précis, réaffirmé sans ambiguïté par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi dans la déclaration Dominus Iesus en l'an 2000, qui distingue l'oecuménisme catholique authentique de l'indifférentisme relativiste déjà condamné par Mortalium Animos en 1928 : reconnaître le bien réel présent ailleurs n'équivaut jamais à nier l'unicité de l'Église du Christ.
De secrétariat conciliaire à dicastère permanent (1966-2022)
1966 : Paul VI confirme le Secrétariat comme organe permanent
Le concile clos, la question se pose de maintenir ou non les commissions préparatoires créées pour sa durée. Par le motu proprio Finis Concilio du 3 janvier 1966, le pape Paul VI réorganise l'ensemble des commissions post-conciliaires et confirme la pérennité de trois secrétariats nés dans l'orbite du concile : celui pour la promotion de l'unité des chrétiens, celui pour les religions non chrétiennes (créé le 19 mai 1964 par la lettre apostolique Progrediente Concilio) et celui pour les non-croyants[28]. Le Secrétariat pour l'unité des chrétiens devient ainsi, dès 1966, un organe permanent de la Curie romaine, et non plus une simple structure conciliaire temporaire — statut qu'aucun pape n'a depuis lors remis en cause.
1988 : Jean-Paul II et le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens
Par la constitution apostolique Pastor Bonus du 28 juin 1988, qui refond en profondeur l'organisation de la Curie romaine après le concile, le pape Jean-Paul II rebaptise le Secrétariat en Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, sans modification substantielle de ses compétences[29]. Cette même réforme confirme le rattachement de la Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme au Conseil, sous l'autorité directe de son président.
2022 : Praedicate Evangelium et la naissance du Dicastère
Le 19 mars 2022, en la solennité de saint Joseph, le pape François signe la constitution apostolique Praedicate Evangelium sur la Curie romaine, fruit de neuf années de consultation du Conseil des cardinaux. Le texte entre en vigueur le 5 juin 2022, en la solennité de la Pentecôte — date qui n'est probablement pas indifférente pour un dicastère consacré à l'unité des disciples du Christ, l'Esprit-Saint étant traditionnellement présenté comme le principe de l'unité de l'Église. La réforme rebaptise la quasi-totalité des congrégations et conseils pontificaux romains en « dicastères », dans une volonté explicite d'aplanir les hiérarchies internes à la Curie. Le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens devient ainsi le Dicastère pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens, ses compétences étant désormais fixées aux articles 142 à 146 du nouveau texte[30].
Mission et compétences actuelles
Un double mandat fixé par Praedicate Evangelium
L'article 142 de Praedicate Evangelium fixe en une phrase la mission du Dicastère :
« Il revient au Dicastère pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens de mettre en œuvre l'engagement œcuménique par des initiatives et des activités appropriées, tant à l'intérieur de l'Église catholique que dans les relations avec les autres Églises et Communautés ecclésiales, afin de rétablir l'unité entre les chrétiens. » — Pape François, constitution apostolique Praedicate Evangelium, art. 142[31]
Ce mandat est double, et c'est précisément cette dualité qui distingue le dicastère de la plupart des autres institutions curiales : il doit d'abord veiller à ce que l'esprit oecuménique irrigue la vie interne de l'Église catholique elle-même — formation des séminaristes, prédication, catéchèse, liturgie — conformément à l'enseignement de Unitatis Redintegratio ; et il doit ensuite conduire, vers l'extérieur, le dialogue effectif avec les Églises et communautés non catholiques[32]. Les articles suivants de la constitution détaillent les moyens concrets de cette double mission : veiller à l'interprétation correcte et à l'application fidèle des principes et des normes oecuméniques établis par le magistère post-conciliaire ; promouvoir des rencontres et manifestations catholiques, nationales et internationales, favorables à l'unité des chrétiens ; et coordonner les initiatives oecuméniques des autres institutions de la Curie et du Saint-Siège avec les autres Églises et Communautés ecclésiales[33].
Nommer les délégués catholiques et coordonner les dialogues théologiques
Concrètement, c'est le Dicastère qui nomme les membres catholiques de l'ensemble des commissions de dialogue théologique bilatéral, ainsi que les observateurs et délégués catholiques envoyés aux rencontres et assemblées des autres Églises et Communautés ecclésiales — pratique directement héritière de l'envoi d'observateurs à Vatican II, mais désormais pratiquée en sens inverse[34]. Réciproquement, chaque fois que cela paraît opportun, le Dicastère invite des observateurs ou délégués fraternels des autres Églises aux événements les plus significatifs de la vie de l'Église catholique — synodes, canonisations, grandes célébrations liturgiques[35]. C'est également lui qui prépare, chaque année conjointement avec la commission Foi et Constitution du Conseil oecuménique des Églises, les documents de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens, célébrée du 18 au 25 janvier dans l'hémisphère nord[36].
La Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme aujourd'hui
Dirigée d'office par le préfet du Dicastère, la Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme constitue une structure à part entière au sein de l'institution, dotée de son propre secrétaire et de sa propre production documentaire, distincte de celle du Dicastère pour le Dialogue interreligieux[37]. Cette architecture reflète une conviction théologique précise, exprimée par Nostra Aetate et développée depuis : la relation entre l'Église et le peuple juif n'est pas de même nature qu'une relation interreligieuse ordinaire, en raison des liens spirituels irrévocables qui unissent le Nouveau Testament à l'Ancienne Alliance.
Structure et gouvernance
Deux sections, orientale et occidentale
Sur le plan opérationnel, le Dicastère est organisé en deux grandes sections : une section orientale, chargée des relations avec les Églises orthodoxes de tradition byzantine, les Églises orthodoxes orientales (coptes, syriaques, arméniennes, éthiopiennes) et l'Église assyrienne d'Orient ; et une section occidentale, chargée du dialogue avec la Communion anglicane, les Églises et communautés issues de la Réforme protestante (luthériens, réformés, méthodistes, baptistes) et le Conseil oecuménique des Églises[38]. Sous l'autorité du préfet et du secrétaire, le Dicastère compte un sous-secrétaire, Mgr Andrea Palmieri[39].
La succession des présidents et préfets depuis 1960
- 1960-1968Cardinal Augustin Beapremier président, artisan de Vatican II
Jésuite allemand, exégète et ancien confesseur de Pie XII ; conduit le Secrétariat à travers tout le concile Vatican II jusqu'à sa mort en 1968.
- 1969-1989Cardinal Johannes Willebrandssecrétaire puis président, artisan des premiers dialogues bilatéraux
Prélat néerlandais, secrétaire du Secrétariat dès 1960 puis président à partir de 1969 ; archevêque d'Utrecht à partir de 1975 ; lance les grandes commissions de dialogue bilatéral de l'après-concile.
- 1989-2001Cardinal Edward Idris Cassidypremier président australien
Ancien diplomate du Saint-Siège ; supervise la publication du Directoire oecuménique révisé de 1993 et conduit le dialogue avec les luthériens jusqu'à la signature de la Déclaration commune sur la doctrine de la justification, le 31 octobre 1999 à Augsbourg.
- 2001-2010Cardinal Walter Kasperthéologien allemand
Secrétaire du dicastère sous Cassidy lors de la signature de la Déclaration commune sur la doctrine de la justification en 1999 ; président de 2001 à 2010, il développe les dialogues avec les Églises orthodoxes orientales et relance le dialogue théologique avec l'orthodoxie byzantine.
- 2010-aujourd'huiCardinal Kurt Kochpréfet depuis 2010, conduit la transformation en Dicastère
Ancien évêque de Bâle (Suisse), nommé par Benoît XVI ; accompagne la transformation du Conseil pontifical en Dicastère en 2022 et la publication du document L'Évêque de Rome en 2024.
Cette succession — un jésuite allemand, un prélat néerlandais, un diplomate australien, un théologien allemand puis un évêque suisse — illustre, comme pour les autres grands dicastères de la Curie, la dimension résolument internationale d'une institution dont la vocation même est de dépasser les frontières confessionnelles et nationales.
Le cardinal Kurt Koch, préfet depuis 2010
Né le 15 mars 1950 à Emmenbrücke, dans le diocèse de Bâle, Kurt Koch étudie la théologie catholique à Lucerne puis à Munich avant d'être ordonné prêtre en 1982[40]. Docteur en théologie après une thèse sur la théologie de l'histoire du penseur luthérien Wolfhart Pannenberg — signe précoce de son intérêt pour le dialogue oecuménique —, il devient professeur de théologie dogmatique à Lucerne en 1989, puis évêque de Bâle le 6 décembre 1995[41]. Après avoir présidé la Conférence des évêques suisses de 2007 à 2009, il est appelé par Benoît XVI en 2010 pour succéder à Walter Kasper à la tête du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, et créé cardinal le 20 novembre 2010[42]. Quinze ans après sa nomination, il demeure à ce poste sous le pontificat de Léon XIV, ayant conduit l'institution à travers sa dernière mue statutaire en 2022 et la publication en 2024 du document L'Évêque de Rome, jalon majeur de son mandat.
Les grands textes normatifs de l'oecuménisme catholique
Le Directoire pour l'oecuménisme (1967, 1970, 1993)
Conformément au voeu de Unitatis Redintegratio, le Secrétariat publie en deux temps, en 1967 puis en 1970, un Directoire oecuménique destiné à traduire en normes pratiques les principes doctrinaux du décret conciliaire[43]. Ce texte est entièrement refondu et unifié en un seul document sous le pontificat de Jean-Paul II : approuvé le 25 mars 1993 et présenté à la presse le 8 juin suivant par le cardinal Cassidy, le Directoire pour l'application des principes et des normes sur l'oecuménisme demeure aujourd'hui la référence normative de base pour toute activité oecuménique catholique — mariages mixtes, partage eucharistique dans des cas exceptionnels, formation oecuménique des séminaristes, coopération pastorale locale[44].
Ut Unum Sint (1995) : l'encyclique qui ouvre la question de la papauté
Le 25 mai 1995, saint Jean-Paul II publie Ut Unum Sint, première encyclique de l'histoire entièrement consacrée à l'engagement oecuménique, dans laquelle il affirme l'irréversibilité de l'orientation prise par Vatican II en la matière. Le texte identifie cinq domaines où un accord théologique plus approfondi reste nécessaire avec les autres traditions chrétiennes : le rapport entre Écriture et Tradition, l'Eucharistie, l'ordination sacramentelle, le magistère pontifical et la place de la Vierge Marie. C'est cependant son n° 95, consacré à la primauté du successeur de Pierre, qui aura l'écho le plus durable dans le dialogue oecuménique des décennies suivantes :
« Je prie l'Esprit Saint de nous donner sa lumière et d'éclairer tous les pasteurs et théologiens de nos Églises, afin que nous puissions chercher, évidemment ensemble, les formes dans lesquelles ce ministère pourra réaliser un service d'amour reconnu par les uns et par les autres. » — Pape Jean-Paul II, encyclique Ut Unum Sint, n° 95, 25 mai 1995[45]
Cette invitation — chercher ensemble comment la primauté de l'évêque de Rome pourrait s'exercer d'une manière acceptable par des chrétiens non catholiques, sans rien renier de sa nature propre — a été reprise et prolongée aussi bien par Benoît XVI que par François, et constitue depuis trente ans le fil directeur de plusieurs dialogues théologiques bilatéraux, jusqu'à sa synthèse la plus aboutie dans le document L'Évêque de Rome de 2024.
L'Évêque et l'unité des chrétiens : le Vademecum oecuménique (2020)
Pour marquer conjointement le 25e anniversaire de Ut Unum Sint et le 60e anniversaire de la fondation du dicastère, le cardinal Koch présente le 4 décembre 2020 un guide pratique destiné aux évêques diocésains, intitulé L'Évêque et l'unité des chrétiens : un Vademecum oecuménique[46]. Ce texte, demandé dès 2016 par les membres du Conseil pontifical, articule l'engagement oecuménique du pasteur diocésain autour de quatre dimensions complémentaires : l'oecuménisme spirituel (prière commune), le dialogue de la charité (culture de la rencontre), le dialogue de la vérité (recherche théologique commune) et le dialogue de la vie (collaboration concrète)[47].
Les grands dialogues théologiques bilatéraux
Depuis Vatican II, le Dicastère conduit des dialogues théologiques structurés avec la quasi-totalité des grandes familles chrétiennes non catholiques. Le tableau suivant en résume les principales étapes normatives :
| Partenaire de dialogue | Instance | Début | Document-clé le plus marquant |
|---|---|---|---|
| Églises orthodoxes | Commission mixte internationale pour le dialogue théologique | 1980 (Patmos-Rhodes) | Déclaration de Balamand (1993) ; Document de Ravenne (2007) |
| Communion anglicane | ARCIC (Anglican-Roman Catholic International Commission) | 1969-1970 | Déclarations sur l'Eucharistie (1971), le Ministère (1973), l'Autorité (1976) |
| Fédération luthérienne mondiale | Commission mixte catholique-luthérienne | 1967 | Déclaration commune sur la doctrine de la justification (1999) |
| Communion mondiale d'Églises réformées | Dialogue réformé-catholique | 1970 | Adhésion à la Déclaration commune sur la justification (2017) |
| Conseil méthodiste mondial | Commission internationale catholique-méthodiste | 1967 | Adhésion à la Déclaration commune sur la justification (2006) |
| Alliance baptiste mondiale | Conversations catholiques-baptistes | 1984 | Rapports quinquennaux successifs |
| Conseil oecuménique des Églises | Groupe mixte de travail | 1965 | Rapports périodiques conjoints |
Sources : christianunity.va, section des dialogues bilatéraux et multilatéraux[48].
Le dialogue avec les orthodoxes : de Balamand (1993) à Ravenne (2007)
La Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l'Église catholique et l'Église orthodoxe se réunit pour la première fois en 1980, à Patmos puis Rhodes. Sa sixième session plénière, tenue le 23 juin 1993 au monastère Notre-Dame de Balamand, au Liban, aboutit à un document consacré spécifiquement à la question sensible de l'uniatisme — c'est-à-dire le rattachement à Rome, aux XVIe-XVIIIe siècles, de communautés orthodoxes locales constituées en Églises catholiques orientales[49]. La déclaration affirme sans détour que cette méthode d'union, historiquement datée, ne saurait plus servir de modèle pour la recherche actuelle de la pleine communion entre catholiques et orthodoxes, et invite les deux Églises à cesser tout prosélytisme réciproque[50]. Quatorze ans plus tard, réunie à Ravenne du 8 au 14 octobre 2007, la même Commission mixte publie un second document majeur, consacré aux conséquences ecclésiologiques et canoniques de la nature sacramentelle de l'Église : le Document de Ravenne y examine la conciliarité et l'autorité aux trois niveaux local, régional et universel, et reconnaît que l'évêque de Rome est, historiquement et canoniquement, le protos — le premier — parmi les patriarches, tout en réservant à des travaux ultérieurs l'étude précise des prérogatives concrètes attachées à cette primauté[51]. Ce dialogue se poursuit aujourd'hui avec le patriarche oecuménique Bartholomée Ier de Constantinople, principal interlocuteur orthodoxe du Saint-Siège depuis son élection en 1991.
Le dialogue avec la Communion anglicane : ARCIC (depuis 1969)
Fruit d'une rencontre entre Paul VI et l'archevêque de Canterbury Michael Ramsey en 1966 — quatre décennies après les Conversations de Malines —, la Commission internationale anglicane-catholique romaine (ARCIC) est instituée en 1969, après une phase préparatoire ayant produit le Rapport de Malte (1968)[52]. ARCIC I (1970-1981) publie des déclarations d'accord substantiel sur l'Eucharistie (1971), le ministère ordonné (1973) et l'autorité dans l'Église (1976), assorties de précisions ultérieures en 1979 et 1981[53]. ARCIC II (1983-2006) approfondit les questions du salut, de la communion ecclésiale, de l'autorité doctrinale et de la place de Marie dans le plan du salut[54]. Les relations se tendent cependant fortement au tournant des années 2000, sous l'effet des ordinations féminines dans la Communion anglicane puis de l'ordination épiscopale de Gene Robinson, prélat non célibataire vivant en couple homosexuel, en 2003 — le cardinal Kasper qualifiant alors l'ordination de femmes de rupture avec la tradition apostolique[55]. Une troisième phase, ARCIC III, s'ouvre néanmoins en 2011 et se poursuit à ce jour, signe que le dialogue, bien que ralenti sur certains dossiers, n'a jamais été interrompu.
Le dialogue avec les luthériens : la justification enfin réconciliée (1999)
Le dialogue théologique le plus abouti reste, à ce jour, celui mené avec la Fédération luthérienne mondiale, engagé dès 1967. Signée le 31 octobre 1999 — jour anniversaire de l'affichage des 95 thèses de Luther — en l'église Sainte-Anne d'Augsbourg par les représentants du Dicastère et de la Fédération luthérienne mondiale, la Déclaration commune sur la doctrine de la justification affirme un accord fondamental sur l'article même autour duquel s'était noué le conflit de la Réforme :
« C'est par la grâce seule, dans la foi en l'œuvre salvifique du Christ et non en raison d'un quelconque mérite de notre part, que nous sommes accueillis par Dieu [...]. » — Déclaration commune sur la doctrine de la justification, n° 15, 31 octobre 1999 (traduction du texte officiel anglais)[56]
Le texte lève réciproquement les condamnations doctrinales prononcées au XVIe siècle par le concile de Trente et par les confessions luthériennes sur ce point précis, sans pour autant nier que subsistent, sur d'autres sujets, des différences réelles entre catholiques et luthériens[57]. Le Conseil méthodiste mondial s'y associe formellement en 2006, à Séoul, puis la Communion mondiale d'Églises réformées en 2017, à Wittenberg ; la Communion anglicane, quant à elle, n'y adhère pas formellement : son Conseil consultatif, réuni à Lusaka en 2016, se borne à en « accueillir et affirmer la substance » (welcomes and affirms the substance, résolution 16.17)[58]. Ce texte reste l'exemple le plus abouti de résolution oecuménique d'une controverse doctrinale majeure de la Réforme[59].
Les autres dialogues : réformés, méthodistes, baptistes, Conseil oecuménique
Au-delà de ces trois axes majeurs, le Dicastère entretient des commissions de dialogue théologique bilatéral avec la Communion mondiale d'Églises réformées (depuis 1970), le Conseil méthodiste mondial (depuis 1967), l'Alliance baptiste mondiale (conversations engagées en 1984) et, plus ponctuellement, avec des communautés pentecôtistes et évangéliques. Il participe en outre, via le Groupe mixte de travail créé en 1965, à une coordination permanente avec le Conseil oecuménique des Églises, sans que l'Église catholique n'en devienne pour autant membre — la question de l'adhésion catholique au COE, régulièrement posée depuis les années 1960, n'a jamais reçu de réponse positive du magistère romain.
L'Évêque de Rome (2024) : la primauté en débat oecuménique
Trente ans après l'invitation lancée par Ut Unum Sint n° 95, le Dicastère publie le 13 juin 2024, avec l'approbation du pape François, un volumineux document d'étude intitulé L'Évêque de Rome. Primauté et synodalité dans les dialogues oecuméniques et dans les réponses à l'encyclique Ut Unum Sint[60]. Fort de plus de 150 pages et 40 000 mots, ce texte présente pour la première fois une synthèse systématique des trente années de réponses officielles reçues d'Églises orthodoxes, orientales, anglicanes et protestantes à l'invitation de Jean-Paul II, ainsi que des conclusions des dialogues bilatéraux sur la primauté[61]. Il dégage plusieurs axes de convergence possible : l'interdépendance structurelle entre primauté et synodalité à tous les niveaux de la vie ecclésiale, la nécessité de comprendre la synodalité comme une qualité fondamentale de l'Église tout entière et non comme une simple procédure, et la distinction entre collégialité épiscopale et synodalité au sens large[62]. Le cardinal Koch présente ce document comme la démonstration que la primauté pontificale, loin d'être un obstacle irréductible à l'unité, peut s'exercer de manière synodale — un service reconnu, et non une souveraineté imposée.
Le Dicastère à l'heure du pape Léon XIV
Les 1700 ans du concile de Nicée : la déclaration commune avec Bartholomée Iᵉʳ
Élu le 8 mai 2025, le pape Léon XIV hérite d'un dossier oecuménique marqué par une coïncidence calendaire de premier plan : l'année 2025 correspond au 1700e anniversaire du premier concile oecuménique de l'histoire, celui de Nicée (325), qui a fixé le Credo commun à l'ensemble des chrétiens et tenté, sans y parvenir, de fixer une date commune de célébration de Pâques[63]. Le 23 novembre 2025, Léon XIV publie à cette occasion la lettre apostolique In unitate fidei, avant de se rendre en Turquie où, le 28 novembre 2025, il préside avec le patriarche oecuménique Bartholomée Ier une prière oecuménique à Iznik, l'antique Nicée[64]. Le lendemain, 29 novembre 2025, les deux chefs d'Église signent une déclaration commune dans laquelle ils s'engagent à poursuivre les efforts en vue d'une date commune de célébration de Pâques entre calendriers julien et grégorien, et appellent conjointement les dirigeants des nations à mettre fin aux guerres en cours[65].
Léon XIV et le roi Charles III : une prière commune inédite depuis la Réforme
Quelques semaines auparavant, le 23 octobre 2025, Léon XIV avait déjà posé un geste d'une portée symbolique comparable en recevant au Vatican le roi Charles III, gouverneur suprême de l'Église d'Angleterre, pour une prière commune célébrée dans la chapelle Sixtine — la toute première fois qu'un monarque britannique prie publiquement aux côtés d'un pape depuis le schisme anglican du XVIe siècle[66]. Centrée sur la protection de la création, dix ans après l'encyclique Laudato Si', cette célébration d'une trentaine de minutes, en anglais et en latin, était présidée conjointement par Léon XIV et l'archevêque anglican d'York Stephen Cottrell, en présence de prélats des deux communions et sous l'accompagnement conjoint des choeurs de la chapelle Sixtine et de la chapelle Saint-Georges de Windsor[67].
Léon XIV et l'archevêque de Canterbury (avril 2026)
Le 27 avril 2026, soixante ans après la rencontre historique de Paul VI et de Michael Ramsey en 1966, Léon XIV reçoit au Palais apostolique la visite officielle de l'archevêque de Canterbury. Reprenant l'objectif fixé en 1966 — le rétablissement de la pleine communion dans la foi et la vie sacramentelle —, le pape y affirme, sous sa devise épiscopale In Illo uno unum (« Dans le Christ unique, nous sommes un »), en écho aux paroles adressées par le pape François aux primats anglicans en 2024 :
« Pour ma part, j'ajoute que ce serait également un scandale si nous ne continuions pas à œuvrer pour surmonter nos différences, aussi insurmontables qu'elles puissent paraître. » — Pape Léon XIV, discours à l'archevêque de Canterbury, 27 avril 2026[68]
En janvier 2026, à l'occasion de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens, le cardinal Koch avait résumé dans un entretien à Vatican News la conviction qui anime aujourd'hui le Dicastère, au-delà même de son objet propre : l'œcuménisme comme instrument de paix pour le monde — titre même de l'entretien (« Ecumenism is a tool of peace for the world »)[69].
Ce que l'oecuménisme catholique n'est pas
Ni indifférentisme, ni relativisme doctrinal
Il serait profondément erroné de lire dans cette intense activité diplomatique et théologique une dilution de la conviction catholique que l'Église fondée par le Christ subsiste pleinement dans l'Église catholique. Le Catéchisme de l'Église catholique rappelle que l'unité voulue par le Christ pour son Église n'est pas un simple projet humain à négocier, mais un don déjà reçu qu'il s'agit sans cesse d'approfondir :
« Le Christ donne toujours à son Église le don de l'unité, mais l'Église doit toujours prier et travailler pour maintenir, renforcer et parfaire l'unité que le Christ veut pour elle. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 820, citant Jean 17, 21[70]
Cette précision doctrinale n'est pas une simple clause de style destinée à rassurer les catholiques les plus attachés à la tradition : elle est la condition même de la crédibilité du dialogue oecuménique. Un dialogue qui se contenterait de gommer les différences réelles entre catholiques, orthodoxes, anglicans et protestants — sur l'Eucharistie, le ministère ordonné, la place de Marie, l'autorité du magistère — ne produirait ni unité véritable, ni respect mutuel, mais un accord de façade rapidement démenti par les faits, exactement le risque que dénonçait déjà Mortalium Animos en 1928. C'est pourquoi chaque document produit par le Dicastère depuis 1960 — Directoire oecuménique, déclarations bilatérales, Vademecum de 2020, L'Évêque de Rome de 2024 — prend soin de distinguer les points d'accord réel, souvent longuement négociés et vérifiés, des points sur lesquels le désaccord demeure et doit être nommé honnêtement plutôt que masqué.
Une unité déjà donnée dans le Christ, à faire grandir en plénitude
L'oecuménisme catholique authentique, tel que l'a fixé Vatican II et que le Dicastère s'efforce depuis six décennies de mettre en oeuvre, repose ainsi sur une conviction à double face : d'une part, les chrétiens séparés de Rome ne sont jamais considérés comme des étrangers à la foi, mais comme des frères avec lesquels une communion réelle, bien qu'imparfaite, existe déjà par le baptême, l'Écriture partagée et une part souvent considérable de la vie sacramentelle et morale ; d'autre part, cette communion imparfaite appelle par elle-même, selon les mots mêmes de Lumen Gentium, sa propre plénitude dans l'unité catholique visible. C'est cette tension féconde — entre une communion déjà réelle et une plénitude encore à venir — que résume le titre même de l'encyclique fondatrice de 1995 : Ut Unum Sint, « afin qu'ils soient un », prière du Christ lui-même la veille de sa Passion, et horizon vers lequel le Dicastère pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens continue, un peu plus de six décennies après sa fondation par Jean XXIII, de conduire patiemment l'Église catholique.
Pour aller plus loin
- Dicastère pour la Doctrine de la Foi — l'instance compétente pour la doctrine catholique et l'interprétation authentique du subsistit in de Lumen Gentium.
- Le Dicastère pour le Dialogue interreligieux — l'organisme distinct compétent pour les relations avec les religions non chrétiennes.
- Le Dicastère pour les Églises orientales — l'institution compétente pour les Églises catholiques de rite oriental, en pleine communion avec Rome.
- Le Grand Schisme d'Orient — la rupture entre Rome et Constantinople à l'origine de la division entre catholiques et orthodoxes.
- La Réforme protestante — la rupture du XVIe siècle à l'origine du dialogue avec les luthériens, réformés et anglicans.
- Le Concile Vatican II (1962-1965) — le concile qui a fait de l'oecuménisme l'un de ses axes majeurs et fondé le Secrétariat pour l'unité des chrétiens.
- Que dit l'Église sur les orthodoxes ? — synthèse doctrinale sur la relation entre catholiques et orthodoxes.
- Que dit l'Église sur les protestants ? — synthèse doctrinale sur la relation entre catholiques et protestants.
- Que dit l'Église sur le judaïsme ? — synthèse doctrinale sur la relation entre l'Église et le peuple juif depuis Nostra Aetate.
- La Curie romaine — l'ensemble des dicastères, tribunaux et offices par lesquels le pape gouverne l'Église catholique.
Notes et références
Pape François, constitution apostolique Praedicate Evangelium sur la Curie romaine et son service à l'Église dans le monde, signée le 19 mars 2022, en vigueur depuis le 5 juin 2022, section « Dicastère pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens », art. 142. Texte intégral en français sur vatican.va.
1 30 31ZENIT (français), Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens : 60e anniversaire, 4 juin 2020, fr.zenit.org/2020/06/04/conseil-pontifical-pour-la-promotion-de-lunite-des-chretiens-60e-anniversaire ; Saint-Siège, Dicastère pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens — Profil, vatican.va/content/romancuria/fr/dicasteri/dicastero-promozione-unita-cristiani/profilo.html. Fondation du Secrétariat le 5 juin 1960 par Jean XXIII, lettre apostolique Superno Dei Nutu instituant les commissions préparatoires du concile ; premier président le cardinal Augustin Bea ; confirmation comme organe permanent par Paul VI en 1966 ; transformation en Conseil pontifical par Pastor Bonus de Jean-Paul II, 28 juin 1988.
2 13 14 29Concile Vatican II, décret Unitatis Redintegratio, 21 novembre 1964, n° 8, sur la conversion du coeur et la prière comme « âme de tout le mouvement oecuménique » (oecuménisme spirituel). Texte sur vatican.va.
3 22Wikipédia (anglais), Commission for Religious Relations with the Jews, en.wikipedia.org/wiki/Commission_for_Religious_Relations_with_the_Jews, consulté en juillet 2026 ; Dicastère pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens, page de la Commission, christianunity.va. Création par Paul VI le 22 octobre 1974 ; premier document le 1er décembre 1974 (Orientations et suggestions pour l'application de Nostra Aetate n° 4) ; documents suivants en 1985, 1998 (Nous nous souvenons : une réflexion sur la Shoah) et 2015 (Les dons et l'appel de Dieu sont irrévocables, pour le cinquantenaire de Nostra Aetate) ; commission dirigée d'office par le préfet du Dicastère.
4 25 26 37Wikipédia (anglais), Dicastery for Promoting Christian Unity, en.wikipedia.org/wiki/Dicastery_for_Promoting_Christian_Unity, consulté en juillet 2026. Liste complète des présidents/préfets (Bea 1960-1968, Willebrands 1969-1989, Cassidy 1989-2001, Kasper 2001-2010, Koch 2010-) et secrétaires (Willebrands, Hamer, Duprey, Périsset, Kasper, Ouellet, Farrell 2002-2024, Pace depuis 2024) ; structure en deux sections orientale/occidentale ; liste des documents normatifs (Guidelines for Interconfessional Cooperation in Translating the Bible 1987, Directoire 1993, The Bishop and Christian Unity 2020, L'Évêque de Rome 2024) ; confirmation de Pastor Bonus (1988) renommant en Conseil pontifical.
5Pape Pie XI, encyclique Mortalium Animos sur la promotion de l'unité religieuse vraie, 6 janvier 1928. Texte intégral en français sur vatican.va.
6 7Wikipédia (français), Conseil oecuménique des Églises, fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_œcuménique_des_Églises, consulté en juillet 2026. Fondation le 23 août 1948 à Amsterdam par fusion des mouvements Vie et Action (Life and Work) et Foi et Constitution (Faith and Order), 147 Églises membres fondatrices ; participation de théologiens catholiques à la commission Foi et Constitution à titre de membres à part entière depuis 1968.
8 9 10Wikipédia (anglais), Malines Conversations, en.wikipedia.org/wiki/Malines_Conversations, consulté en juillet 2026 ; The Episcopal Church, Malines Conversations, glossaire, episcopalchurch.org/glossary/malines-conversations. Conversations tenues à Malines (Belgique) de 1921 à 1925 sous la présidence du cardinal Désiré-Joseph Mercier, à l'initiative de Lord Halifax et de l'abbé Fernand Portal ; participants anglicans Walter Frere, Charles Gore, Armitage Robinson ; participants catholiques Mercier, Pierre Batiffol, Hippolyte Hemmer, Jozef-Ernest van Roey.
11 12Cairn.info / revue Études, Augustin Bea : de son Allemagne natale à l'oecuménisme, 2001, shs.cairn.info/revue-etudes-2001-10-page-405c ; Thinking Faith (Jesuits in Britain), Augustin Bea: Scholar, teacher, cardinal, thinkingfaith.org/articles/augustin-bea-scholar-teacher-cardinal. Né le 28 mai 1881 à Riedböhringen (Bade-Wurtemberg), mort le 16 novembre 1968 à Rome ; recteur de l'Institut biblique pontifical 1930-1949 ; confesseur de Pie XII à partir de 1941 ; inspirateur de l'encyclique Divino Afflante Spiritu (1943) ; créé cardinal en décembre 1959.
15 16 17Wikipédia (français), Liste des observateurs non catholiques au concile Vatican II, fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_observateurs_non_catholiques_au_concile_Vatican_II, consulté en juillet 2026. Plus de 100 observateurs délégués par les Églises et communautés non catholiques, présents aux quatre sessions du concile (1962-1965), sans droit de vote ni de parole dans l'aula conciliaire ; première historique pour un concile catholique.
18 19Concile Vatican II, décret Unitatis Redintegratio sur l'oecuménisme, 21 novembre 1964, n° 1, adopté par 2 137 voix contre 11. Texte intégral en français sur vatican.va.
20Concile Vatican II, décret Unitatis Redintegratio, 21 novembre 1964, n° 4, sur la distinction entre oecuménisme authentique et « faux irénisme ». Texte sur vatican.va.
21Concile Vatican II, déclaration Nostra Aetate sur les relations de l'Église avec les religions non chrétiennes, 28 octobre 1965, adoptée par 2 221 voix contre 88. Texte sur vatican.va ; préparation par le Secrétariat pour l'unité des chrétiens en raison de son chapitre sur la relation au peuple juif ; rejet de la thèse d'une culpabilité collective juive dans la mort du Christ et condamnation de l'antisémitisme.
23 24Concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen Gentium sur l'Église, 21 novembre 1964, n° 8, sur le subsistit in : l'Église du Christ subsiste dans l'Église catholique tout en reconnaissant des éléments de sanctification et de vérité hors de ses structures visibles. Texte sur vatican.va ; confirmation de cette lecture par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, déclaration Dominus Iesus, 6 août 2000.
27Pape Paul VI, motu proprio Finis Concilio sur les commissions post-conciliaires, 3 janvier 1966. Texte en italien sur vatican.va ; confirmation comme organes permanents des Secrétariats pour la promotion de l'unité des chrétiens, pour les religions non chrétiennes (créé le 19 mai 1964 par la lettre apostolique Progrediente Concilio) et pour les non-croyants.
28Pape François, Praedicate Evangelium, art. 143-146 : interprétation et application des principes et normes oecuméniques établis par le magistère post-conciliaire, promotion de rencontres catholiques favorables à l'unité des chrétiens, coordination des initiatives oecuméniques des institutions curiales, nomination des membres catholiques des dialogues théologiques et des observateurs/délégués catholiques, invitation d'observateurs des autres Églises aux événements catholiques significatifs, établissement de la Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme dirigée par le préfet. Texte sur vatican.va.
32 33 34 35Wikipédia (anglais), Week of Prayer for Christian Unity, en.wikipedia.org/wiki/Week_of_Prayer_for_Christian_Unity, consulté en juillet 2026. Origine en 1908 (P. Paul Wattson et Lurana White, « Octave de l'unité de la Chaire »), reformulation par l'abbé Paul Couturier dans les années 1930 (« Semaine universelle de prière pour l'unité des chrétiens »), adoption officielle par l'Église catholique en 1966 ; préparation conjointe des documents par le dicastère et la commission Foi et Constitution du Conseil oecuménique des Églises depuis 1958, collaboration formalisée en 1968 ; dates du 18 au 25 janvier dans l'hémisphère nord.
36ZENIT (français), Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens : 60e anniversaire, 4 juin 2020, fr.zenit.org/2020/06/04/conseil-pontifical-pour-la-promotion-de-lunite-des-chretiens-60e-anniversaire. Structure en section orientale (Églises orthodoxes de tradition byzantine) et section occidentale (Églises et communautés issues de la Réforme protestante) ; propos du P. Jaromir Zadrapa sur l'« oecuménisme pastoral » (mariages mixtes, reconnaissance du baptême, communion).
38Salle de presse du Saint-Siège, bulletins officiels désignant « Monsignor Andrea Palmieri, Sottosegretario » du Dicastère (le seul sous-secrétaire nommé), par ex. bulletin n° 0949 du 30 novembre 2019, vatican.va ; direction actuelle (Koch, Pace, Palmieri) confirmée par Wikipédia (anglais), Dicastery for Promoting Christian Unity, en.wikipedia.org/wiki/Dicastery_for_Promoting_Christian_Unity. La loi-cadre (Praedicate Evangelium, art. 13 § 1) prévoit « un ou plusieurs sous-secrétaires » par institution curiale, sans fixer d'effectif pour ce Dicastère.
39Dicastère pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens, Biographie du cardinal Kurt Koch, christianunity.va/content/unitacristiani/fr/cardinal-koch/cardinale-kurt-koch.html ; Portail catholique suisse (cath.ch), articles biographiques sur Mgr Kurt Koch, cath.ch ; Dictionnaire du Jura, Koch, Kurt (1950-), diju.ch/f/notices/detail/3724. Né le 15 mars 1950 à Emmenbrücke (diocèse de Bâle) ; ordonné prêtre le 20 juin 1982 ; docteur en théologie 1987 (thèse sur Wolfhart Pannenberg) ; professeur de théologie dogmatique et liturgique à Lucerne à partir de 1989 ; évêque de Bâle du 6 décembre 1995 au 1er juillet 2010 ; président de la Conférence des évêques suisses 2007-2009 ; nommé président du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens en 2010 par Benoît XVI ; créé cardinal le 20 novembre 2010.
40 41 42Portail catholique suisse (cath.ch), Rome : publication d'un nouveau Directoire oecuménique, 8 juin 1993, cath.ch/newsf/rome-publication-d-un-nouveau-directoire-oecumenique-080693. Directoire oecuménique publié en deux parties en 1967 et 1970 ; refonte unifiée sous le titre Directoire pour l'application des principes et des normes sur l'oecuménisme, approuvée par Jean-Paul II le 25 mars 1993, présentée le 8 juin 1993 par le cardinal Edward Cassidy, Mgr Pierre Duprey (secrétaire) et Mgr Francesco Eleuterio Fortino (sous-secrétaire).
43 44Pape Jean-Paul II, encyclique Ut Unum Sint sur l'engagement oecuménique, 25 mai 1995, n° 95. Texte intégral en français sur vatican.va ; formulation reprise et commentée notamment par l'Osservatore Romano, Le primat du Pape est service et s'exerce de manière synodale, juin 2024, osservatoreromano.va/fr/news/2024-06/fra-025.
45Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, L'Évêque et l'unité des chrétiens : un Vademecum oecuménique, présenté le 4 décembre 2020. Communiqué de presse sur press.vatican.va ; texte sur christianunity.va. Document demandé en 2016 par les membres du Conseil pontifical, publié pour le 25e anniversaire de Ut Unum Sint et le 60e anniversaire de la fondation du dicastère ; quatre dimensions : oecuménisme spirituel, dialogue de la charité, dialogue de la vérité, dialogue de la vie.
46 47Dicastère pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens, pages officielles des dialogues bilatéraux et multilatéraux, sections orientale et occidentale, christianunity.va/content/unitacristiani/fr/dialoghi, consultées en juillet 2026.
48Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l'Église catholique romaine et l'Église orthodoxe, Document de Balamand — L'uniatisme, méthode d'union du passé et recherche actuelle de la pleine communion, 6e session plénière, monastère Notre-Dame de Balamand (Liban), 23 juin 1993. Texte sur christianunity.va ; questions de l'uniatisme discutées depuis la première session de Patmos-Rhodes (1980).
49 50Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l'Église catholique romaine et l'Église orthodoxe, Document de Ravenne — Les conséquences ecclésiologiques et canoniques de la nature sacramentelle de l'Église : communion ecclésiale, conciliarité et autorité, session plénière de Ravenne, 8-14 octobre 2007. Texte sur christianunity.va ; commentaire de ZENIT (français), Catholiques et orthodoxes reconnaissent le primat du pape mais sa fonction reste à l'étude, 15 novembre 2007, fr.zenit.org/2007/11/15/catholiques-et-orthodoxes-reconnaissent-le-primat-du-pape-mais-sa-fonction-reste-a-l-etude.
51Wikipédia (anglais), Anglican–Roman Catholic International Commission, en.wikipedia.org/wiki/Anglican–Roman_Catholic_International_Commission, consulté en juillet 2026. Commission instituée en 1969 après la phase préparatoire de la Commission mixte de préparation anglicane-catholique romaine (1967-1968, Rapport de Malte) ; ARCIC I (1970-1981) : déclarations sur l'Eucharistie (1971, élucidation 1979), le ministère (1973, élucidation 1979), l'autorité (1976, suites 1981) ; ARCIC II (1983-2006) : salut, communion, autorité doctrinale, Marie ; tensions liées aux ordinations féminines et à l'ordination épiscopale de Gene Robinson (2003) ; ARCIC III depuis 2011.
52 53 54 55Fédération luthérienne mondiale et Église catholique (Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens), Déclaration commune sur la doctrine de la justification, signée le 31 octobre 1999 en l'église Sainte-Anne d'Augsbourg (Allemagne), n° 15 (citation française traduite du texte officiel anglais). Association formelle du Conseil méthodiste mondial à Séoul le 23 juillet 2006, voir le Dicastère, Statement of Association with the Joint Declaration, christianunity.va ; adhésion de la Communion mondiale d'Églises réformées à Wittenberg en juillet 2017 ; acte distinct de la Communion anglicane : résolution 16.17 du Conseil consultatif anglican, Lusaka, avril 2016, « welcomes and affirms the substance of the JDDJ », iarccum.org/doc/1408. Chronologie d'ensemble sur lutheranworld.org.
56 57 58 59Dicastère pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens, L'Évêque de Rome. Primauté et synodalité dans les dialogues oecuméniques et dans les réponses à l'encyclique Ut Unum Sint, document d'étude publié le 13 juin 2024 avec l'approbation du pape François. Communiqué de presse officiel sur press.vatican.va ; texte sur christianunity.va ; commentaire de America Magazine, What's the right role of the Bishop of Rome and papal primacy?, 13 juin 2024, americamagazine.org/faith/2024/06/13/bishop-rome-study-document-dicastery-promoting-christian-unity-248153.
60 61 62Vatican News (français), Prière oecuménique à Iznik : Nicée invite les chrétiens à s'unir face à la violence, 28 novembre 2025, vaticannews.va/fr/pape/news/2025-11/voyage-apostolique-turquie-pape-leon-priere-oecumenique-iznik.html ; ZENIT (français), Déclaration conjointe du pape Léon XIV et de Sa Sainteté Bartholomée Ier, 29 novembre 2025, fr.zenit.org/2025/11/29/declaration-conjointe-du-pape-leon-xiv-et-sa-saintete-bartholomee-ier ; lettre apostolique Léon XIV, In unitate fidei, 23 novembre 2025, vatican.va/content/leo-xiv/fr/apost_letters/documents/20251123-in-unitate-fidei.html. Prière oecuménique à Iznik (ancienne Nicée) le 28 novembre 2025 pour le 1700e anniversaire du concile de Nicée (325) ; engagement commun pour une date de Pâques commune entre calendriers julien et grégorien et appel à la paix.
63 64 65Vatican News (français), La prière historique du Pape et du roi Charles III dans la chapelle Sixtine, 23 octobre 2025, vaticannews.va/fr/pape/news/2025-10/pape-leon-xiv-roi-charles-iii-vatican-anglicans-catholiques-uk.html ; ZENIT (français), Le pape Léon XIV et le roi Charles III entrent dans l'histoire avec leur première prière commune depuis la Réforme, 23 octobre 2025, fr.zenit.org/2025/10/23. Première prière publique commune d'un monarque britannique et d'un pape depuis le schisme anglican du XVIe siècle ; célébration présidée conjointement par Léon XIV et l'archevêque anglican d'York Stephen Cottrell, chapelle Sixtine, 23 octobre 2025, centrée sur la protection de la création.
66 67ZENIT (français), Le pape Léon XIV et l'archevêque de Canterbury réaffirment leur engagement pour l'unité des chrétiens, 27 avril 2026, fr.zenit.org/2026/04/27/le-pape-leon-xiv-et-larcheveque-de-canterbury-reaffirment-leur-engagement-pour-lunite-des-chretiens. Visite officielle de l'archevêque de Canterbury au Palais apostolique, 27 avril 2026, soixante ans après la rencontre de Paul VI et Michael Ramsey en 1966 ; devise épiscopale de Léon XIV In Illo uno unum.
68Vatican News (anglais), Cardinal Koch: 'Ecumenism is a tool of peace for the world', janvier 2026, vaticannews.va/en/vatican-city/news/2026-01/cardinal-kurt-koch-prayer-christian-unity-ecumenism.html, entretien donné à l'occasion de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens 2026.
69Catéchisme de l'Église catholique, § 820, sur l'unité de l'Église comme don du Christ à maintenir, renforcer et parfaire, citant Jean 17, 21. Texte sur vatican.va.
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