Le Dicastère pour le Dialogue interreligieux (en latin : Dicasterium pro Dialogo Inter Religiones) est, depuis le 5 juin 2022, l'organe de la Curie romaine chargé des relations du Saint-Siège avec les religions non chrétiennes — hindouisme, bouddhisme, islam, religions traditionnelles africaines et asiatiques, sikhisme, jaïnisme, etc. — à l'unique exception du judaïsme, dont le dialogue relève du Dicastère pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens[1]. Institué sous son nom actuel par la constitution apostolique Praedicate Evangelium du pape François, il est l'héritier direct du Secrétariat pour les non-chrétiens, fondé le 19 mai 1964 par le pape Paul VI — un an avant même la promulgation de la déclaration conciliaire Nostra Aetate, qui en deviendra le fondement doctrinal[2].
Plus de six décennies séparent la lettre apostolique fondatrice Progrediente Concilio de la constitution Praedicate Evangelium, mais la mission de fond demeure : conduire, au nom de l'Église catholique, un dialogue « mené de manière appropriée, dans une attitude d'écoute, d'estime et de respect » avec les adeptes des autres traditions religieuses, sans jamais confondre ce dialogue avec l'annonce missionnaire de l'Évangile, qui reste la tâche propre du Dicastère pour l'Évangélisation[3]. Le Dicastère a traversé, en soixante ans d'existence, les grandes étapes du dialogue interreligieux contemporain : les rencontres de prière pour la paix à Assise sous Jean-Paul II, la publication des documents doctrinaux Dialogue et Mission (1984) puis Dialogue et Annonce (1991), et plus récemment la signature, le 4 février 2019, du controversé Document sur la fraternité humaine entre le pape François et le grand imam d'Al-Azhar, Ahmad Al-Tayyeb — un texte dont une formulation a exigé, quelques semaines plus tard, une clarification doctrinale publique du pape lui-même[4].
Le 28 octobre 2025, pour le soixantième anniversaire de Nostra Aetate, le pape Léon XIV a réaffirmé devant les représentants des grandes religions mondiales que ce dialogue n'est « pas une tactique ou un outil, mais un mode de vie »[5]. C'est dans cette double fidélité — à la charité du dialogue et à la vérité intégrale de la foi catholique, qui « n'exclut rien de ce qui est vrai et saint » dans les autres religions sans jamais renoncer à annoncer que le Christ est « la voie, la vérité et la vie »[6] — que s'inscrit l'ensemble de l'œuvre du Dicastère.
Une compétence définie par Praedicate Evangelium
Ce que couvre le Dicastère aujourd'hui
Les articles 147 à 152 de Praedicate Evangelium définissent en six points brefs la mission du Dicastère. Le texte fondateur en fixe d'abord précisément le périmètre :
« Le Dicastère pour le Dialogue Interreligieux favorise et réglemente les relations avec les membres et les groupes de religions qui ne sont pas incluses sous le nom de chrétiennes, à l'exception du judaïsme, dont la compétence relève du Dicastère pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens. » — Pape François, constitution apostolique Praedicate Evangelium, art. 147[7]
Cette exclusion du judaïsme n'est pas un détail administratif : elle traduit la conviction théologique, déjà présente dans Nostra Aetate n° 4, que le lien entre l'Église et le peuple juif est d'une nature différente du dialogue avec les autres religions, puisque l'Alliance ancienne demeure au fondement même de la Révélation chrétienne — d'où le rattachement de ce dialogue spécifique au dicastère œcuménique plutôt qu'au dicastère interreligieux[8]. L'article 148 précise ensuite l'esprit et le but du dialogue avec les autres traditions :
« Le Dicastère veille à ce que le dialogue avec les adeptes d'autres religions soit mené de manière appropriée, dans une attitude d'écoute, d'estime et de respect. Il favorise diverses formes de relations avec eux afin de promouvoir, grâce à la contribution de tous, la paix, la liberté, la justice sociale, la protection et la sauvegarde de la création ainsi que les valeurs spirituelles et morales. » — Praedicate Evangelium, art. 148[9]
L'article 149 ajoute deux précisions structurantes : le Dicastère « promeut une véritable recherche de Dieu parmi tous les hommes » par l'action, l'échange théologique et l'expérience spirituelle, et il a pour tâche d'aider les évêques diocésains à former les personnes engagées dans le dialogue interreligieux — une compétence de formation qui explique la présence, au sein du Dicastère, de commissions spécialisées par aire religieuse[10].
Les commissions internes et la coopération interdicastérielle
L'article 150 institue, sous l'autorité directe du préfet et en coopération avec les conférences épiscopales, des commissions internes spécialisées par tradition religieuse — la plus ancienne et la plus structurée étant la Commission pour les relations religieuses avec les musulmans, créée dès 1974[11]. L'article 151 impose au Dicastère de procéder, chaque fois que la matière l'exige, « en commun accord » avec le Dicastère pour la Doctrine de la Foi et, si nécessaire, avec les dicastères pour les Églises orientales et pour l'Évangélisation — une clause de coordination doctrinale qui garantit qu'aucune initiative de dialogue ne puisse s'écarter, même implicitement, de l'enseignement magistériel sur l'unicité salvifique du Christ et de l'Église[12]. Enfin, l'article 152 confie au Dicastère la tâche de planifier ses initiatives en accord avec les Églises particulières et d'encourager celles-ci à prendre elles-mêmes des initiatives de dialogue interreligieux local[13].
Ce qui n'est pas de son ressort
Trois précisions délimitent le périmètre exact du Dicastère. D'abord, le judaïsme relève exclusivement du Dicastère pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens, en raison du lien spirituel unique reconnu par Nostra Aetate entre l'Église et « la souche d'Abraham »[14]. Ensuite, le dialogue avec les personnes sans appartenance religieuse déclarée — athées, agnostiques, chercheurs de sens hors de toute tradition constituée — relève, depuis Praedicate Evangelium art. 158, non du Dicastère pour le Dialogue interreligieux mais de la Section pour la Culture du Dicastère pour la Culture et l'Éducation[15]. Enfin, et c'est la clarification la plus décisive sur le plan doctrinal, le Dicastère ne se substitue jamais à la mission d'annonce explicite du Christ, qui demeure la tâche du Dicastère pour l'Évangélisation : le dialogue interreligieux est, selon la formule constante du magistère depuis 1991, « intimement lié » à l'annonce évangélique « mais non interchangeable » avec elle[16].
Nostra Aetate (1965) : le fondement conciliaire
Une institution plus ancienne que son texte fondateur
Fait rare dans l'histoire de la Curie romaine : l'institution a précédé le texte conciliaire qui allait la fonder doctrinalement. Le Secrétariat pour les non-chrétiens existe depuis le 19 mai 1964, tandis que la déclaration Nostra Aetate — Sur les relations de l'Église avec les religions non chrétiennes — n'est promulguée par Paul VI que le 28 octobre 1965, au terme de la quatrième et dernière session du concile Vatican II[17]. Le texte conciliaire, le plus court des seize documents de Vatican II, s'ouvre sur une affirmation d'unité du genre humain :
« Tous les peuples forment, en effet, une seule communauté ; ils ont une seule origine, puisque Dieu a fait habiter tout le genre humain sur toute la face de la terre ; ils ont aussi une seule fin dernière, Dieu, dont la providence, les témoignages de bonté et les desseins de salut s'étendent à tous. » — Concile Vatican II, déclaration Nostra Aetate, n° 1, 28 octobre 1965[18]
Ce que le Concile reconnaît — et ce qu'il n'abandonne jamais
Le n° 2 de la déclaration formule le principe qui gouvernera, six décennies durant, toute l'action du Dicastère : l'estime de ce qui est vrai dans les autres religions, sans jamais renoncer à l'annonce du Christ comme unique voie de salut.
« L'Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. […] Toutefois, elle annonce, et elle est tenue d'annoncer sans cesse, le Christ qui est "la voie, la vérité et la vie" (Jn 14, 6), dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse. » — Nostra Aetate, n° 2[19]
Cette double affirmation — reconnaissance d'un « rayon de la vérité qui illumine tous les hommes » dans les traditions religieuses non chrétiennes, et proclamation ferme et non négociable du Christ comme plénitude de la vie religieuse — est reprise presque mot pour mot par le Catéchisme de l'Église catholique, qui parle d'une recherche du « Dieu inconnu mais proche » présente dans les religions, recherche que l'Église considère « comme une préparation évangélique »[20]. Le texte conciliaire consacre ensuite un paragraphe à l'islam (n° 3) et un long développement au judaïsme (n° 4), avant de conclure, au n° 5, par une condamnation de toute discrimination fondée sur la religion — fondement doctrinal de la liberté religieuse promue simultanément par la déclaration Dignitatis Humanae du même concile.
« L'Église regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu unique, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes. […] Bien qu'ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète ; ils honorent sa Mère virginale, Marie, et parfois même l'invoquent avec piété. » — Nostra Aetate, n° 3[21]
Soixante ans d'histoire : du Secrétariat pour les non-chrétiens au Dicastère
1964 : Paul VI et la lettre apostolique Progrediente Concilio
Le 19 mai 1964, alors que le concile Vatican II entame sa troisième année de travaux, le pape Paul VI institue par la lettre apostolique Progrediente Concilio le Secrétariat pour les non-chrétiens (Secretariatus pro non Christianis)[22]. Premier président de la nouvelle instance : le cardinal Paolo Marella, en poste jusqu'en 1973, secondé par Mgr Piero Rossano et Mgr Marcello Zago[23]. Dès 1966, le Secrétariat publie un premier bulletin, initialement intitulé Secretariatus pro Non Christianis, rebaptisé plus tard Pro Dialogo — instrument permanent de diffusion des orientations doctrinales et des comptes rendus de rencontres interreligieuses[24].
1967-1979 : les premiers gestes de dialogue concret
La constitution apostolique Regimini Ecclesiae Universae de Paul VI, du 15 août 1967, précise la structure et les objectifs du Secrétariat au sein de la Curie réformée[25]. La même année, l'institution envoie son premier message de salutations aux musulmans à l'occasion de la fin du Ramadan — geste devenu depuis une tradition annuelle ininterrompue[26]. En 1971, deux nouvelles sections sont créées à l'intérieur du Secrétariat, l'une pour les religions asiatiques, l'autre pour les religions traditionnelles[27]. La première Assemblée plénière du Secrétariat se tient en 1979, sous le nouveau pontificat de Jean-Paul II[28].
1974 : la Commission pour les relations religieuses avec les musulmans
Le 22 octobre 1974, le Secrétariat crée en son sein la Commission pour les relations religieuses avec les musulmans, organe permanent qui deviendra le modèle des commissions ultérieures prévues par l'article 150 de Praedicate Evangelium[29]. Quelques jours plus tard, du 24 au 27 octobre 1974, une délégation saoudienne effectue une visite officielle à Rome — l'un des tout premiers contacts institutionnels directs entre le Saint-Siège et une autorité religieuse musulmane de rang étatique[30].
1984 : Dialogue et Mission, premier texte doctrinal de synthèse
Le Secrétariat publie, en 1984, un document intitulé L'attitude de l'Église face aux croyants des autres religions : réflexions et orientations concernant le dialogue et la mission — connu sous le nom abrégé de Dialogue et Mission. C'est le premier texte magistériel qui tente de codifier les principes du dialogue interreligieux tel que pratiqué depuis vingt ans par l'institution romaine, en distinguant déjà les formes multiples du dialogue de la tâche propre de l'annonce missionnaire[31].
1986 : la première Journée mondiale de prière pour la paix à Assise
Le 27 octobre 1986, à l'invitation de Jean-Paul II, plus de cent-cinquante représentants de religions du monde entier — chrétiens de toutes confessions, juifs, musulmans, hindous, bouddhistes, sikhs, jaïns, zoroastriens, représentants de religions traditionnelles africaines — se réunissent à Assise, ville de saint François, pour une Journée mondiale de prière pour la paix[32]. L'événement, organisé sous l'égide du Secrétariat pour les non-chrétiens, suscite d'immédiates et vives réactions dans l'Église : certains y voient un risque de confusion doctrinale entre les religions. Deux mois plus tard, le 22 décembre 1986, Jean-Paul II consacre une part de son traditionnel discours de vœux à la Curie romaine à dissiper ce malentendu :
« Avec elle et par elle, nous avons réussi, grâce à Dieu, à mettre en pratique, sans aucune ombre de confusion ni de syncrétisme, notre conviction commune de la dimension transcendante de la paix. » — Jean-Paul II, discours à la Curie romaine, 22 décembre 1986[33]
Le pape y précise que les participants ne sont pas venus prier ensemble d'une seule voix commune, mais bien être ensemble pour prier, chacun selon sa propre tradition et « dans la recherche de la vérité »[34] — distinction devenue la clé de lecture officielle de toutes les rencontres interreligieuses organisées depuis lors par le Dicastère.
1988 : Pastor Bonus et le Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux
Par la constitution apostolique Pastor Bonus du 28 juin 1988, qui réorganise l'ensemble de la Curie romaine dans le sillage de Vatican II, Jean-Paul II élève le Secrétariat pour les non-chrétiens au rang de Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, dont les compétences sont fixées aux articles 159 à 162 de la nouvelle constitution[35]. La même année, le Conseil publie la lettre Attention pastorale aux religions traditionnelles africaines, complétée en 1993 par un texte analogue pour les Amériques, l'Asie et l'Océanie[36].
1991 : Dialogue et Annonce, le texte doctrinal de référence
Le 19 mai 1991, jour de la Pentecôte, le Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux publie conjointement avec la Congrégation pour l'Évangélisation des peuples le document Dialogue et Annonce — Réflexions et orientations concernant le dialogue interreligieux et l'annonce de l'Évangile de Jésus-Christ, fruit de cinq années de travail commun entre les deux dicastères[37]. Ce texte, dont l'analyse doctrinale est développée plus loin dans cet article, demeure aujourd'hui encore la référence magistérielle la plus complète sur l'articulation entre dialogue et mission.
1993-2011 : nouvelles rencontres d'Assise et diversification des dialogues
En 1993, un deuxième rassemblement de prière se tient à Assise, centré sur le conflit dans les Balkans[38]. Le Conseil diversifie par ailleurs, tout au long des années 1990, ses gestes de reconnaissance envers les autres traditions : envoi de vœux aux bouddhistes pour la fête du Vesakh à partir de 1995, puis aux hindous pour Diwali à partir de 1996[39]. Après les attentats du 11 septembre 2001, Jean-Paul II convoque une nouvelle Journée mondiale de prière pour la paix à Assise, le 24 janvier 2002[40]. Sous Benoît XVI, une troisième grande rencontre se tient le 27 octobre 2011, pour le vingt-cinquième anniversaire de la première réunion, réunissant environ cent quatre-vingts représentants religieux sous le titre Pèlerins de la vérité, pèlerins de la paix[41]. Le Conseil publie, en 2013, un nouveau texte de synthèse pastorale, Dialogue dans la vérité et la charité[42].
La théologie du dialogue interreligieux
Quatre formes de dialogue, sans hiérarchie de facilité
Dialogue et Annonce distingue, en son numéro 42, quatre formes distinctes de dialogue interreligieux, sans établir entre elles d'ordre de priorité :
« Le dialogue de la vie, où les gens s'efforcent de vivre dans un esprit d'ouverture et de bon voisinage […] ; le dialogue des œuvres, où il y a collaboration en vue du développement intégral […] ; le dialogue des échanges théologiques, où des spécialistes cherchent à approfondir la compréhension de leurs héritages religieux respectifs […] ; le dialogue de l'expérience religieuse, où des personnes […] partagent leurs richesses spirituelles. » — Dialogue et Annonce, n° 42, Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux et Congrégation pour l'Évangélisation des peuples, 19 mai 1991[43]
Cette typologie, reprise systématiquement par le Dicastère dans ses documents ultérieurs, permet de comprendre pourquoi la pratique concrète du dialogue va bien au-delà des grandes rencontres médiatisées comme Assise : elle recouvre la coexistence quotidienne dans les quartiers pluriconfessionnels, la coopération humanitaire, les colloques universitaires entre théologiens des différentes traditions, et le partage discret d'expériences de prière et de contemplation entre moines et mystiques de traditions différentes.
Le dialogue ne remplace jamais l'annonce
C'est ici que se joue la ligne de crête doctrinale la plus décisive de tout le dossier. Dialogue et Annonce affirme sans ambiguïté que l'annonce explicite du Christ demeure, par-delà toutes les formes de dialogue, la finalité ultime de la mission de l'Église :
« L'annonce du mystère du Christ demeure néanmoins centrale […] : l'évangélisation contiendra aussi toujours, base, centre et sommet à la fois de son dynamisme, une claire proclamation qu'en Jésus Christ […] le salut est offert à tout homme, comme don de la grâce et de la miséricorde de Dieu lui-même. » — Dialogue et Annonce, n° 75, citant Paul VI, Evangelii Nuntiandi, n° 27[44]
Le document précise ensuite, au n° 77, que dialogue et annonce « sont intimement liés mais non interchangeables », et rappelle au n° 82 que le dialogue « ne peut pas simplement remplacer l'annonce, mais demeure orienté vers l'annonce en tant que le processus dynamique de la mission évangélisatrice de l'Église y atteint son sommet et sa plénitude »[45]. Cette clarification doctrinale trouve un écho direct dans la déclaration Dominus Iesus de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, publiée le 6 août 2000 sous la signature du cardinal Joseph Ratzinger, qui met explicitement en garde contre toute dérive relativiste :
« La pérennité de l'annonce missionnaire de l'Église est aujourd'hui mise en péril par des théories relativistes, qui entendent justifier le pluralisme religieux, non seulement de facto mais aussi de iure (ou de principe). » — Dominus Iesus, n° 4, Congrégation pour la Doctrine de la Foi, 6 août 2000[46]
Le même texte précise, au n° 22, que le dialogue interreligieux « fait partie de la mission évangélisatrice de l'Église » mais « n'en est qu'une des actions » et « exclut radicalement la mentalité indifférentiste "imprégnée d'un relativisme religieux qui porte à considérer que toutes les religions se valent" »[47]. C'est très exactement pour garantir cette cohérence doctrinale, entre l'ouverture pastorale du dialogue et la fermeté de l'enseignement sur l'unicité salvifique du Christ, que l'article 151 de Praedicate Evangelium impose au Dicastère de coordonner ses initiatives avec le Dicastère pour la Doctrine de la Foi[48].
La controverse autour du Document sur la fraternité humaine (Abou Dabi, 2019)
Un texte de coopération inédite avec l'islam sunnite
Le 4 février 2019, lors du premier voyage d'un pape dans la péninsule Arabique, François signe à Abou Dabi, aux côtés du grand imam d'Al-Azhar Ahmad Al-Tayyeb, le Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune[49]. Le texte condamne fermement l'instrumentalisation religieuse du terrorisme, appelle à la protection des lieux de culte de toutes confessions et affirme la pleine citoyenneté des minorités religieuses dans les pays à majorité musulmane[50]. Cette dimension du document — condamnation univoque de la violence commise au nom de la religion, défense des chrétiens d'Orient, appel à la liberté de conscience — a été largement saluée, y compris par des voix catholiques peu suspectes d'indulgence envers l'islamisme politique.
La phrase qui a suscité l'objection théologique
Une phrase du document a néanmoins provoqué une controverse doctrinale sérieuse et publique au sein même de l'Église catholique :
« La liberté est un droit de toute personne : chacune jouit de la liberté de croyance, de pensée, d'expression et d'action. Le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains. » — Document sur la fraternité humaine, Abou Dabi, 4 février 2019[51]
L'objection, formulée notamment par Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d'Astana, mérite d'être présentée dans toute sa force : associer, dans une même liste, la diversité des sexes — voulue positivement par Dieu selon Genèse 1, 27 — et la diversité des religions revient, à lecture littérale, à faire de la pluralité même des fausses religions un objet de la volonté divine positive, ce qui contredirait frontalement l'enseignement constant selon lequel il n'existe qu'une seule vraie religion révélée par Dieu[52]. C'est une objection théologiquement sérieuse : elle ne repose pas sur un simple malaise sentimental, mais sur une distinction technique précise, familière à toute la théologie scolastique, entre ce que Dieu veut positivement — le bien — et ce qu'il permet seulement sans l'approuver (voluntas permissiva, selon le vocabulaire scolastique repris publiquement par le pape, qui rend compte de l'existence du mal et de l'erreur sans en faire Dieu l'auteur).
La clarification publique du pape François
Contrairement à ce qu'affirment certains commentaires superficiels sur ce dossier, cette clarification n'est pas restée confinée à un échange privé : le pape François l'a donnée publiquement, lors de l'audience générale du 3 avril 2019, deux mois après la signature d'Abou Dabi, en commentant son récent voyage au Maroc :
« Pourquoi Dieu permet-il qu'il y ait tant de religions ? Dieu a voulu permettre cela : les théologiens de la Scholastique faisaient référence à la voluntas permissiva de Dieu. Il a voulu permettre cette réalité : il y a beaucoup de religions […]. Mais ce que Dieu veut est la fraternité entre nous. » — Pape François, audience générale, 3 avril 2019[53]
Cette clarification publique, en reprenant explicitement le vocabulaire scolastique de la voluntas permissiva, confirme la lecture proposée par les théologiens les plus critiques du texte d'Abou Dabi eux-mêmes[54] : la diversité des religions n'est pas voulue par Dieu au même titre que la diversité des sexes ou la dignité de la personne humaine, mais seulement permise, dans l'ordre d'une Providence qui respecte la liberté humaine sans jamais approuver l'erreur qui en résulte — de la même manière que la tradition catholique enseigne que Dieu permet le péché sans le vouloir ni l'approuver. Mgr Schneider, tout en saluant cette clarification comme un pas dans la bonne direction, a continué de demander une correction formelle du texte lui-même, jugeant la réponse orale insuffisante pour dissiper toute ambiguïté dans un document déjà largement diffusé et cité comme fondement de programmes éducatifs interreligieux à travers le monde[55]. Cet épisode illustre une règle constante de la théologie catholique du dialogue : aucune formule pastorale, même signée par le pape lui-même, ne saurait être lue indépendamment du corps de doctrine constant de l'Église sur l'unicité du Christ et de l'Église comme voie de salut, rappelé sans ambages par Dominus Iesus[56].
Assise et l'esprit du dialogue sans confusion
Le sens donné par Jean-Paul II demeure la clé de lecture
L'épisode d'Abou Dabi rejoint, sur le fond, la controverse plus ancienne suscitée par les rencontres d'Assise : dans les deux cas, l'objection porte sur le risque de faire passer, dans le langage même du dialogue, l'idée que toutes les religions se vaudraient également devant Dieu. Et dans les deux cas, la réponse magistérielle est identique dans sa structure : réaffirmer, sans retirer un mot au geste de dialogue lui-même, que celui-ci ne touche en rien à la vérité unique de la Révélation chrétienne. C'est tout le sens de la distinction posée par Jean-Paul II dès 1986 entre « être ensemble pour prier » — juxtaposition respectueuse de traditions distinctes, chacune fidèle à sa propre identité — et « prier ensemble », qui supposerait une communion de foi inexistante entre chrétiens et non-chrétiens[57].
Soixante ans après Nostra Aetate : le message de Léon XIV
Le 28 octobre 2025, pour le soixantième anniversaire de Nostra Aetate, le pape Léon XIV a présidé, en salle Paul VI, une célébration intitulée « Marcher ensemble dans l'espérance », réunissant des délégations des grandes traditions religieuses mondiales aux côtés du Dicastère pour le Dialogue interreligieux[58]. Dans son discours, le pape a explicitement repris la même prudence doctrinale qui gouverne le dossier depuis six décennies, en refusant de faire du dialogue une fin en soi détachée de la conviction de foi :
« Le dialogue authentique ne commence pas par un compromis, mais par une conviction, par les racines profondes de notre propre croyance. Le dialogue n'est pas une tactique ou un outil, mais un mode de vie, un cheminement du cœur qui transforme toutes les personnes impliquées. » — Pape Léon XIV, discours pour le 60e anniversaire de Nostra Aetate, 28 octobre 2025[59]
Cette formule — le dialogue enraciné dans la conviction et non dans le compromis — résume assez fidèlement la ligne constante suivie par le Dicastère depuis Paul VI : un dialogue de charité et d'écoute réelle, qui ne demande à aucun de ses participants de relativiser sa propre foi, et qui se distingue en cela aussi bien du prosélytisme agressif que du relativisme indifférentiste dénoncé par Dominus Iesus.
Le Dicastère aujourd'hui : gouvernance et organigramme
Structure actuelle
D'après les données officielles disponibles à l'été 2026, la direction du Dicastère se présente ainsi :
| Fonction | Titulaire | Depuis |
|---|---|---|
| Préfet | Cardinal George Jacob Koovakad | 24 janvier 2025 |
| Secrétaire | Mgr Indunil Janakaratne Kodithuwakku Kankanamalage | 3 juillet 2019 |
| Sous-secrétaire | P. Paulin Batairwa Kubuya, S.X. | 11 novembre 2019 |
Source : biographie officielle du cardinal Koovakad, Bureau de presse du Saint-Siège[60], et historique officiel du Dicastère[61].
Le cardinal George Jacob Koovakad, premier préfet indien
Né le 11 août 1973 à Chethipuzha (Inde), ordonné prêtre le 24 juillet 2004 pour l'archéparchie syro-malabare de Changanacherry, Mgr George Jacob Koovakad entre au service diplomatique du Saint-Siège en juillet 2006 : nonciatures d'Algérie (2006-2009), de Corée (2009-2012), d'Iran (2012-2015), du Costa Rica (2015-2018) puis du Venezuela (2018-2020)[62]. Rattaché à la Section pour les Affaires générales de la Secrétairerie d'État à partir de juillet 2020, il est chargé dès 2021 de l'organisation des voyages apostoliques du pape François[63]. Nommé archevêque titulaire de Nisibe des Chaldéens le 25 octobre 2024 et ordonné évêque le 24 novembre suivant, il est créé cardinal par François le 7 décembre 2024, avant d'être nommé préfet du Dicastère pour le Dialogue interreligieux le 24 janvier 2025[64][65] — devenant le premier Indien, et le premier prélat de rite syro-malabare, à diriger cette institution. Sous Léon XIV, il a notamment accompagné et commenté le premier grand voyage africain du pontificat en 2026, insistant sur le rôle des religions comme « chemin privilégié vers la paix »[66].
La succession des présidents et préfets depuis 1964
- 1964-1973Cardinal Paolo Marellapremier président du Secrétariat pour les non-chrétiens
Nommé par Paul VI dès la fondation de l'institution le 19 mai 1964, il en pose les bases avant même la promulgation de Nostra Aetate.
- 1973-1980Cardinal Sergio Pignedolidéveloppement des premiers contacts institutionnels
Sous sa présidence sont notamment organisées les premières visites de délégations religieuses officielles, dont la délégation saoudienne de 1974.
- 1980-1984Archevêque Jean Jadotprélat belge, ancien nonce apostolique
Il prépare la publication du document doctrinal Dialogue et Mission de 1984.
- 1984-2002Cardinal Francis Arinzele plus long mandat de l'histoire de l'institution
Prélat nigérian, il conduit le Conseil à travers la première rencontre d'Assise (1986), le renommage en Conseil pontifical (1988) et la publication de Dialogue et Annonce (1991).
- 2002-2006Archevêque Michael Louis Fitzgerald, M.Afr.spécialiste des études islamiques, créé cardinal en 2019
Ancien professeur d'islamologie, il quitte la présidence en 2006 pour devenir nonce apostolique en Égypte ; le pape François le crée cardinal en 2019, en reconnaissance de son œuvre au service du dialogue islamo-chrétien.
- 2006-2007Cardinal Paul Poupardprésidence conjointe avec le Conseil pour la Culture
Benoît XVI unit temporairement la présidence du Conseil interreligieux à celle du Conseil pontifical pour la Culture.
- 2007-2018Cardinal Jean-Louis Tauranrestauration de l'indépendance de l'institution
Diplomate français chevronné, il rétablit dès 2007 la pleine autonomie du Conseil et le conduit à travers la deuxième rencontre d'Assise (2011) jusqu'à la veille de la réforme de la Curie.
- 2019-2024Cardinal Miguel Ángel Ayuso Guixot, M.C.C.J.premier préfet, conduit la transformation en Dicastère
Missionnaire comboni et islamologue espagnol, il accompagne l'entrée en vigueur de Praedicate Evangelium en 2022, qui transforme le Conseil pontifical en Dicastère.
- 2025-aujourd'huiCardinal George Jacob Koovakadpremier préfet indien
Nommé le 24 janvier 2025 par le pape François, il poursuit sous Léon XIV la célébration du soixantième anniversaire de Nostra Aetate et l'accompagnement des voyages pontificaux à dimension interreligieuse.
Cette succession de préfets — italiens, belge, nigérian, anglais, français, espagnol, indien — illustre, comme pour les autres grands dicastères de la Curie, la dimension résolument universelle d'une institution dont la mission consiste précisément à représenter l'Église catholique auprès de la totalité des traditions religieuses du monde.
Pour aller plus loin
- Nostra Aetate (1965) — le texte conciliaire fondateur du dialogue interreligieux catholique contemporain.
- Le Dicastère pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens — l'organisme compétent pour l'œcuménisme entre chrétiens et pour le dialogue avec le judaïsme.
- Le Dicastère pour l'Évangélisation — l'instance chargée de l'annonce missionnaire proprement dite, distincte du dialogue interreligieux.
- Dicastère pour la Doctrine de la Foi — garant de la cohérence doctrinale de toute initiative de dialogue avec l'enseignement magistériel.
- L'islam — présentation doctrinale de la foi musulmane et des questions apologétiques qu'elle soulève.
- Le judaïsme — présentation du judaïsme et de sa relation unique avec l'Église catholique.
- L'hindouisme et Comment répondre à l'objection des religions multiples ? — pour les questions doctrinales que soulève la pluralité religieuse.
- La Curie romaine — l'ensemble des dicastères, tribunaux et offices par lesquels le pape gouverne l'Église catholique.
Notes et références
Pape François, constitution apostolique Praedicate Evangelium sur la Curie romaine et son service à l'Église dans le monde, signée le 19 mars 2022, en vigueur depuis le 5 juin 2022, section « Dicastère pour le Dialogue Interreligieux », art. 147 à 152 ; art. 158 sur la compétence de la Section pour la Culture concernant le dialogue avec les personnes sans appartenance religieuse. Texte intégral en français sur vatican.va.
1 3 7 9 10 12 13 15 48Dicastère pour le Dialogue interreligieux, Our History, page officielle, dicasteryinterreligious.va/our-history, consultée en juillet 2026. Fondation le 19 mai 1964 par la lettre apostolique Progrediente Concilio de Paul VI ; premiers présidents Paolo Marella, Piero Rossano, Marcello Zago ; premier bulletin Secretariatus pro Non Christianis (1966) devenu Pro Dialogo ; constitution Regimini Ecclesiae Universae (15 août 1967) et premier message de Ramadan (1967) ; création des sections Asie et religions traditionnelles (1971) ; première Assemblée plénière (1979) ; document Dialogue et Mission (1984) ; première rencontre d'Assise (27 octobre 1986) ; lettre sur les religions traditionnelles africaines (1988) puis américaines/asiatiques/océaniennes (1993) ; deuxième rencontre d'Assise centrée sur les Balkans (1993) ; salutations Vesakh (1995) et Diwali (1996) ; rencontre d'Assise post-11-Septembre (24 janvier 2002) ; troisième rencontre d'Assise pour le 25e anniversaire (27 octobre 2011) ; Dialogue dans la vérité et la charité (2013).
2 22 23 24 25 26 27 28 31 32 36 38 39 40 41 42 61Pape François, audience générale, 3 avril 2019, catéchèse sur le voyage apostolique au Maroc, sur la « volonté permissive » (voluntas permissiva) de Dieu concernant la diversité des religions. Texte intégral en français sur vatican.va.
4 53Pape Léon XIV, discours pour la commémoration du soixantième anniversaire de la déclaration conciliaire Nostra Aetate, « Marcher ensemble dans l'espérance », salle Paul VI, Cité du Vatican, 28 octobre 2025. Texte intégral en français sur vatican.va.
5 58 59Concile Vatican II, déclaration Nostra Aetate — Sur les relations de l'Église avec les religions non chrétiennes, promulguée par Paul VI le 28 octobre 1965, n° 1 à 5. Texte intégral en français sur vatican.va.
6 8 14 17 18 19 21Dicastère pour le Dialogue interreligieux, 50 Years in the Service of Interreligious Dialogue, page officielle, dicasteryinterreligious.va/50-years-in-the-service-of-interreligious-dialogue, consultée en juillet 2026. Création de la Commission pour les relations religieuses avec les musulmans le 22 octobre 1974 ; visite d'une délégation saoudienne à Rome du 24 au 27 octobre 1974.
11 29 30Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux et Congrégation pour l'Évangélisation des peuples, Dialogue et Annonce — Réflexions et orientations concernant le dialogue interreligieux et l'annonce de l'Évangile de Jésus-Christ, 19 mai 1991 (Pentecôte), n° 42 (les quatre formes de dialogue), n° 75 (citant Paul VI, Evangelii Nuntiandi, n° 27), n° 76-77 et n° 82 (dialogue et annonce liés mais non interchangeables). Texte français sur relations-catholiques-musulmans.cef.fr ; texte officiel sur vatican.va.
16 37 43 44 45Catéchisme de l'Église catholique, § 843, sur la recherche de « Dieu inconnu mais proche » présente dans les religions non chrétiennes, considérée par l'Église « comme une préparation évangélique ». Texte du CEC sur vatican.va.
20Pape Jean-Paul II, discours aux cardinaux et aux membres de la Curie romaine à l'occasion des vœux de Noël, 22 décembre 1986, sur le sens de la Journée mondiale de prière pour la paix à Assise du 27 octobre 1986. Cité dans le dossier Faire mémoire de la rencontre d'Assise, Conférence des évêques de France, ec.cef.fr, consulté en juillet 2026. Texte original italien publié dans L'Osservatore Romano des 22-23 décembre 1986.
33 34 57Pape Jean-Paul II, constitution apostolique Pastor Bonus sur la Curie romaine, 28 juin 1988, art. 159-162 sur le Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux. Texte sur vatican.va.
35Congrégation pour la Doctrine de la Foi, déclaration Dominus Iesus — Sur l'unicité et l'universalité salvifique de Jésus-Christ et de l'Église, approuvée par le pape Jean-Paul II, signée par le cardinal Joseph Ratzinger, 6 août 2000, n° 4 (mise en garde contre le relativisme religieux), n° 21-22 (le dialogue comme partie, non l'ensemble, de la mission évangélisatrice ; rejet de la mentalité indifférentiste). Texte français sur vatican.va.
46 47 56Pape François et grand imam Ahmad Al-Tayyeb, Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune, Abou Dabi, 4 février 2019. Texte intégral en français sur vatican.va.
49 50 51Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d'Astana, entretiens et lettres publiques sur la formulation du Document sur la fraternité humaine relative à la « volonté divine » de la diversité religieuse, mars-mai 2019, rapportés notamment par LifeSiteNews (Diane Montagna) et OnePeterFive, Bp. Schneider: Pope's Revised "Diversity of Religions" Take "Remains Insufficient", onepeterfive.com/schneider-diversity-religions, consulté en juillet 2026 ; échange de lettres avec le pape François entre le 1er et le 5 mars 2019, confirmé et explicité publiquement par le pape lors de l'audience générale du 3 avril 2019.
52 54 55Bureau de presse du Saint-Siège, biographie officielle du cardinal George Jacob Koovakad, press.vatican.va/content/salastampa/en/documentation/cardinali_biografie/cardinali_bio_koovakad_g.html, consultée en juillet 2026. Naissance le 11 août 1973 à Chethipuzha (Inde) ; ordination sacerdotale le 24 juillet 2004 ; service diplomatique du Saint-Siège à partir de juillet 2006 (Algérie, Corée, Iran, Costa Rica, Venezuela) ; Secrétairerie d'État à partir du 10 juillet 2020 ; nomination épiscopale le 25 octobre 2024, ordination le 24 novembre 2024 ; création cardinalice le 7 décembre 2024 ; nomination comme préfet le 24 janvier 2025.
60 62 63 64Vatican News, Cardinal Koovakad: Interreligious dialogue can build peace, 24 janvier 2025, vaticannews.va/en/vatican-city/news/2025-01/cardinal-koovakad-interreligious-dialogue-prefect-interview.html : « The Holy See Press Office announced his appointment as Prefect on Friday, January 24 ».
65Vatican News, Cardinal Koovakad: Pope's Africa visit shows religions are a privileged path to peace, avril 2026, vaticannews.va/en/pope/news/2026-04/cardinal-koovakad-interreligious-aspects-pope-leo-africa-visit.html, consulté en juillet 2026. Commentaires du cardinal Koovakad sur les dimensions interreligieuses du voyage apostolique du pape Léon XIV en Algérie, au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale.
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