Le Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral (en latin : Dicasterium ad Integram Humanam Progressionem fovendam) est, depuis le 1er janvier 2017, l'organe de la Curie romaine chargé de la doctrine sociale de l'Église et de son application concrète : justice, paix, sauvegarde de la création, économie et travail, migrations, santé et œuvres de charité[1]. Institué par le pape François au moyen du motu proprio Humanam Progressionem du 17 août 2016, il regroupe en une seule structure les compétences de quatre conseils pontificaux nés dans le sillage du concile Vatican II — Justice et Paix, Cor Unum, la Pastorale des Migrants et des Personnes en déplacement, et la Pastorale des Services de Santé —, tous supprimés le même jour[2].
Le nom même du Dicastère reprend, mot pour mot, l'expression forgée par le pape Paul VI dans l'encyclique Populorum Progressio (26 mars 1967) : le développement intégral, celui qui ne réduit pas l'homme à sa seule croissance économique mais promeut « tout homme et tout l'homme »[3]. Entre 2016 et 2023, le Dicastère a hébergé une structure sans équivalent dans toute la Curie romaine : une Section Migrants et Réfugiés dirigée non par un préfet mais personnellement par le pape François lui-même, en raison de ce qu'il a qualifié de « situation scandaleuse », résumée d'un mot : « honte »[4]. Depuis le 19 mars 2022, la constitution apostolique Praedicate Evangelium a confirmé et détaillé cette mission en douze articles (163 à 174)[5]. En 2026, le Dicastère est devenu le théâtre d'une nomination inédite : à compter du 1er septembre 2026, Sœur Alessandra Smerilli, religieuse salésienne et économiste, en devient la première préfète, secondée par un cardinal pro-préfet, le père Fabio Baggio[6].
Un nom théologique avant d'être une structure administrative
Populorum Progressio (1967) : la source du concept
Le concept de « développement intégral » ne naît pas en 2016 : il vient directement de l'encyclique sociale Populorum Progressio, publiée par Paul VI le 26 mars 1967, moins de dix-huit mois après la clôture du concile Vatican II. Le paragraphe 14 de cette encyclique — texte fondateur de toute la doctrine sociale contemporaine sur le sujet — pose la thèse centrale que le nouveau Dicastère est appelé à incarner institutionnellement :
« Le développement ne se réduit pas à la simple croissance économique. Pour être authentique, il doit être intégral, c'est-à-dire promouvoir tout homme et tout l'homme. » — Pape Paul VI, encyclique Populorum Progressio, § 14, 26 mars 1967[7]
Cette phrase — « tout homme et tout l'homme » — devient, un demi-siècle plus tard, la clé de voûte théologique du Dicastère : elle explique pourquoi une seule institution romaine réunit des matières aussi diverses que l'économie, l'écologie, les migrations, les prisons, la peine de mort et la santé. Pour Paul VI, ces domaines ne sont pas juxtaposés par commodité administrative : ils forment les facettes d'une même réalité, celle de la personne humaine considérée dans sa totalité — corporelle, sociale, spirituelle —, et non réduite à une seule de ses dimensions.
Gaudium et Spes (1965) : l'appel conciliaire à un organisme universel
L'idée d'un organisme romain dédié à la justice sociale et au développement des peuples précède même Populorum Progressio : elle est inscrite dans la constitution pastorale Gaudium et Spes du concile Vatican II, promulguée le 7 décembre 1965. Au terme de son chapitre sur la communauté internationale, le Concile exprime un vœu explicite :
« Le Concile, pour sa part, estime très souhaitable la création d'un organisme de l'Église universelle, chargé d'inciter la communauté catholique à promouvoir l'essor des régions pauvres et la justice sociale entre les nations. » — Concile Vatican II, constitution pastorale Gaudium et Spes, n° 90 § 3, 7 décembre 1965[8]
C'est très exactement ce vœu conciliaire que le pape Paul VI réalise treize mois plus tard, le 6 janvier 1967, en fondant la Commission pontificale « Justice et Paix » par le motu proprio Catholicam Christi Ecclesiam[9]. Gaudium et Spes et Populorum Progressio demeurent, aujourd'hui encore, les deux textes de référence que le Dicastère cite comme ses actes fondateurs théologiques, bien avant Humanam Progressionem[10].
Le congrès du cinquantenaire (2017) : un nouveau dicastère se réclame de Paul VI
À peine trois mois après son entrée en fonction, le nouveau Dicastère organise, les 3 et 4 avril 2017 dans la Nouvelle Salle du Synode, un congrès international intitulé « Perspectives pour le développement humain intégral, cinquante ans après l'encyclique Populorum Progressio »[11]. Le cardinal Gerhard Ludwig Müller, alors préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, y prononce le discours d'ouverture sur « la vision anthropologique chrétienne, fondement du concept de développement humain intégral », et le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État, célèbre la messe du congrès à l'autel de la Chaire dans la basilique Saint-Pierre[12]. Reçu en audience le 4 avril, le pape François y résume la mission qu'il vient de confier au nouveau Dicastère par une image simple :
« La vie humaine est comme un orchestre qui joue bien si les différents instruments s'accordent entre eux. » — Pape François, discours aux participants du congrès pour le cinquantenaire de Populorum Progressio, 4 avril 2017[13]
L'image musicale traduit la logique même de la fusion de 2016 : économie, écologie, migrations et santé ne sont pas des dossiers séparés confiés par commodité à un même bureau, mais des instruments d'un seul orchestre, celui du développement intégral de la personne humaine.
La fusion de 2016 : quatre conseils pontificaux en un seul dicastère
Le texte fondateur : le motu proprio Humanam Progressionem
Le 17 août 2016, en la fête du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, le pape François signe la lettre apostolique en forme de motu proprio Humanam Progressionem, dont l'ouverture pose d'emblée le principe théologique de la réforme :
« Dans tout son être et par tout son agir, l'Église est appelée à promouvoir le développement intégral de l'homme à la lumière de l'Évangile. Ce développement se réalise à travers le soin que l'on porte aux biens incommensurables de la justice, de la paix et de la sauvegarde de la création. » — Pape François, lettre apostolique Humanam Progressionem, 17 août 2016[14]
Le texte institue le nouveau Dicastère et précise son champ de compétence en une phrase dense qui deviendra la matrice de toute son action : il sera « particulièrement compétent pour les questions qui concernent les migrations, les personnes dans le besoin, les malades et les exclus, les personnes marginalisées et les victimes des conflits armés et des catastrophes naturelles, les détenus, les chômeurs et les victimes de toute forme d'esclavage et de torture »[15]. Régi par des Statuts approuvés le même jour ad experimentum, le Dicastère absorbe, à compter du 1er janvier 2017, les compétences de quatre conseils pontificaux qui cessent leurs fonctions et sont supprimés à cette date, entraînant l'abrogation des articles 142 à 153 de la constitution apostolique Pastor Bonus de 1988[16].
Le Conseil pontifical Justice et Paix (1967-2016)
Le premier des quatre organismes fusionnés est aussi le plus ancien et, doctrinalement, le plus central : la Commission pontificale Justice et Paix, fondée par Paul VI le 6 janvier 1967 par le motu proprio Catholicam Christi Ecclesiam, en réponse directe au vœu de Gaudium et Spes n° 90[17]. Son premier président est le cardinal Maurice Roy (1905-1985), archevêque de Québec et primat de l'Église du Canada, nommé le jour même de la fondation[18]. Après une décennie d'existence expérimentale, Paul VI lui donne un statut définitif par le motu proprio Justitiam et Pacem du 10 décembre 1976, puis Jean-Paul II la transforme en Conseil pontifical lors de la réforme générale de la Curie par Pastor Bonus, le 28 juin 1988[19]. Parmi ses présidents successifs figurent les cardinaux Roger Etchegaray, François-Xavier Nguyên Van Thuân — ancien prisonnier politique vietnamien, dont le témoignage a durablement marqué la doctrine du Conseil sur la dignité des prisonniers —, Renato Raffaele Martino, et enfin le cardinal ghanéen Peter Turkson, président de 2009 à 2016, qui devient tout naturellement le premier préfet du nouveau Dicastère fusionné[20].
Le Conseil pontifical Cor Unum (1971-2016)
Le second organisme, Cor Unum (littéralement « un seul cœur », d'après Actes 4, 32), est fondé par Paul VI le 15 juillet 1971 par la lettre apostolique Amoris Officio, avec pour mission de coordonner l'ensemble des initiatives caritatives catholiques dans le monde et d'exprimer « la sollicitude de l'Église catholique pour les nécessiteux »[21]. Son premier président est le cardinal Jean Villot, alors secrétaire d'État de Paul VI, en fonction de 1971 à 1978 ; il est remplacé, le 4 septembre 1978 — seule nomination administrative du très bref pontificat de Jean-Paul Ier —, par le cardinal béninois Bernardin Gantin[22]. Cor Unum a notamment coordonné les grandes opérations catholiques de secours humanitaire d'urgence à la suite de catastrophes naturelles et de conflits armés, en lien avec les organisations caritatives nationales telles que Caritas.
Le Conseil pontifical pour la Pastorale des Migrants et des Personnes en déplacement (1970/1988-2016)
Le troisième organisme trouve son origine dans la Commission pontificale pour la Pastorale spirituelle des migrants et des personnes en déplacement, instituée par Paul VI le 19 mars 1970 par le motu proprio Apostolicae Caritatis, alors rattachée à la Congrégation pour les Évêques[23]. La constitution apostolique Pastor Bonus de Jean-Paul II, le 28 juin 1988, l'élève au rang de Conseil pontifical autonome et lui confie la charge de tous ceux qui ont dû quitter leur patrie ou n'en ont aucune — réfugiés et exilés, migrants, nomades et gens du cirque, marins en mer et dans les ports, ainsi que le personnel des aéroports et de l'aviation[24]. C'est ce conseil qui fournit, en 2016, le noyau institutionnel de la future Section Migrants et Réfugiés.
Le Conseil pontifical pour la Pastorale des Services de Santé (1985-2016)
Le quatrième et dernier organisme, plus récent, est le Conseil pontifical pour la Pastorale des Services de Santé, institué par Jean-Paul II le 11 février 1985 — fête de Notre-Dame de Lourdes — par le motu proprio Dolentium Hominum[25]. À l'origine simple Commission rattachée au Conseil pontifical pour les Laïcs, il en est détaché et transformé en Conseil autonome par Pastor Bonus en 1988[26]. Sa mission est d'exprimer la sollicitude de l'Église envers les malades, les personnes handicapées et l'ensemble des professionnels de santé, dans la ligne de la lettre apostolique Salvifici Doloris (1984) de Jean-Paul II sur le sens chrétien de la souffrance humaine.
| Conseil pontifical fusionné | Fondation | Fondateur et texte | Statut définitif |
|---|---|---|---|
| Justice et Paix | 6 janvier 1967 | Paul VI, Catholicam Christi Ecclesiam | Conseil pontifical (Pastor Bonus, 1988) |
| Cor Unum | 15 juillet 1971 | Paul VI, Amoris Officio | Conseil pontifical dès l'origine |
| Pastorale des Migrants et Personnes en déplacement | 19 mars 1970 | Paul VI, Apostolicae Caritatis | Conseil pontifical (Pastor Bonus, 1988) |
| Pastorale des Services de Santé | 11 février 1985 | Jean-Paul II, Dolentium Hominum | Conseil pontifical (Pastor Bonus, 1988) |
Lecture du tableau : les quatre organismes nés entre 1967 et 1985, tous érigés en Conseils pontificaux autonomes lors de la grande réforme curiale de 1988, ont été simultanément supprimés le 1er janvier 2017 pour former le nouveau Dicastère.
Une architecture inédite : la Section Migrants et Réfugiés sous l'autorité personnelle du pape
La décision de François : une exception dans toute la Curie romaine
Dès la création du Dicastère, le pape François prend une décision sans précédent dans l'histoire récente de la Curie romaine : il annonce qu'il dirigera lui-même, personnellement, la section consacrée aux migrants, réfugiés et victimes de la traite — alors que toutes les autres matières du Dicastère relèvent de l'autorité ordinaire du préfet. Le 5 novembre 2016, s'adressant à des milliers de représentants des Mouvements populaires, il explique ce choix en des termes qui ne laissent aucun doute sur son caractère volontairement exceptionnel :
« Dans le dicastère dont le cardinal Turkson est responsable, il existe une section qui s'occupe de ces situations. J'ai décidé que, au moins pendant un certain temps, cette section dépendra directement du Pape, car il s'agit d'une situation scandaleuse, que je ne peux décrire que par un mot que j'ai spontanément prononcé à Lampedusa : honte. » — Pape François, discours aux participants à la 3e rencontre des Mouvements populaires, 5 novembre 2016[27]
Le mot par lequel François résume la situation — « honte », qu'il dit avoir spontanément prononcé à Lampedusa — signale la gravité avec laquelle il perçoit alors le traitement réservé aux migrants et réfugiés dans le monde, quelques mois après le pic de la crise migratoire européenne de 2015-2016 et son propre voyage sur l'île de Lesbos (16 avril 2016).
Deux sous-secrétaires nommés directement par le pape
Le 14 décembre 2016, François nomme deux sous-secrétaires chargés spécifiquement de cette Section, tous deux issus de traditions religieuses tournées vers la mobilité humaine : le père Michael Czerny, jésuite canadien d'origine tchèque, et le père Fabio Baggio, missionnaire scalabrinien italien — l'ordre des Scalabriniens ayant été fondé au XIXe siècle spécifiquement pour l'accompagnement pastoral des émigrants italiens[28]. Pendant plus de six ans, la Section travaille sous la conduite directe du pape, tout en demeurant administrativement intégrée au Dicastère dirigé par le cardinal Turkson[29].
Michael Czerny lui-même incarne, par sa propre histoire, l'enjeu confié à cette Section. Né à Brno (Tchécoslovaquie) le 18 juillet 1946, dans une famille dont la branche maternelle, juive convertie au catholicisme, a été frappée par la Shoah — ses grands-parents maternels internés à Terezín, son grand-père mort en déportation, ses oncles morts en camp de travail —, la famille Czerny fuit le régime communiste et émigre au Canada en 1948[30]. Devenu jésuite en 1964, cofondateur en 1979 du Centre jésuite pour la foi sociale et la justice à Toronto, puis fondateur en 2002 du Réseau jésuite africain contre le sida, il est appelé à Rome par François en 2016 précisément pour cette mission auprès des migrants[31]. Il est créé cardinal le 5 octobre 2019[32].
Fabio Baggio, né le 15 janvier 1965 à Bassano del Grappa (Vénétie), entre chez les Scalabriniens en 1976, est ordonné prêtre en 1992 et obtient un doctorat en histoire de l'Église à l'Université pontificale grégorienne en 1998[33]. Missionnaire pendant huit ans en Amérique latine puis huit ans aux Philippines, il collabore dès 1999 avec le cardinal Jorge Mario Bergoglio à Buenos Aires, où il dirige à partir de 2002 le bureau diocésain des migrations — collaboration qui explique sa nomination rapide à Rome dès l'élection de son ancien archevêque comme pape[34]. Il est créé cardinal le 7 décembre 2024[35].
L'intégration définitive de la Section au Dicastère (2023)
Après six ans de fonctionnement sous conduite pontificale directe, la Section Migrants et Réfugiés est pleinement intégrée à la structure ordinaire du Dicastère à compter du 1er janvier 2023, retrouvant le régime commun des autres sections placées sous l'autorité du préfet[36]. Cette réintégration, annoncée sans tambour ni communiqué fracassant, marque la fin d'une période transitoire de sept années durant laquelle le pape a personnellement suivi, semaine après semaine, l'un des dossiers les plus sensibles de son pontificat.
Durant son mandat sous conduite pontificale, la Section a publié des documents pastoraux de référence — notamment les « Vingt points d'action » proposés en 2017 pour les Pactes mondiaux des Nations unies sur les migrations et les réfugiés, articulés autour des quatre verbes que François fera ensuite siens dans son magistère sur la question : accueillir, protéger, promouvoir, intégrer.
Praedicate Evangelium (2022) : la mission détaillée en douze articles
Une mission générale en quatre paragraphes
Le 19 mars 2022, en la solennité de saint Joseph, le pape François signe la constitution apostolique Praedicate Evangelium sur la Curie romaine, entrée en vigueur le 5 juin 2022, en la solennité de la Pentecôte. Le texte confirme le Dicastère sous son nom actuel et lui consacre une section détaillée, les articles 163 à 174, qui précisent et élargissent la mission fixée en 2016. L'article 163 pose la définition générale :
« Le Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral a pour mission de promouvoir la personne humaine et sa dignité reçue de Dieu, les droits de l'homme, la santé, la justice et la paix. Il s'intéresse principalement aux questions liées à l'économie et au travail, à la protection de la création et de la terre comme "maison commune", aux migrations et aux urgences humanitaires. » — Pape François, constitution apostolique Praedicate Evangelium, art. 163 § 1, 19 mars 2022[37]
Les paragraphes suivants du même article précisent que le Dicastère « approfondit et diffuse la doctrine sociale de l'Église sur le développement humain intégral », qu'il soutient les Églises particulières et les conférences épiscopales « dans le domaine de la promotion humaine intégrale », et qu'il fait appel à des experts des instituts de vie consacrée ainsi qu'à des organismes de développement et d'intervention humanitaire, en coopération avec la société civile et les organismes internationaux, dans le respect des compétences de la Secrétairerie d'État[38].
L'écologie intégrale, héritage de Laudato Si'
L'article 164 confie au Dicastère l'accompagnement de la mise en œuvre du magistère de l'Église « dans les domaines de la protection et du développement intégral de l'environnement », en coopération avec les autres confessions chrétiennes, les autres religions, les autorités civiles et les organismes internationaux[39]. Cette compétence, absente de la lettre initiale de 2016, reflète l'influence de l'encyclique Laudato Si' (24 mai 2015) du pape François sur « la sauvegarde de la maison commune », publiée un an avant la fondation du Dicastère et dont la thématique de l'écologie intégrale est aujourd'hui pilotée, au sein du Dicastère, par une Commission pour l'Écologie dédiée.
Justice, paix et lutte contre l'esclavage
L'article 165 égrène quatre missions concrètes dans le domaine de la justice et de la paix : la prévention et la résolution des conflits en lien avec la Secrétairerie d'État ; la défense de la dignité et des droits fondamentaux de la personne, y compris les droits sociaux, économiques et politiques ; le soutien aux initiatives « contre la traite des êtres humains, la prostitution forcée, l'exploitation des mineurs et des personnes vulnérables et les diverses formes d'esclavage et de torture », ainsi que l'attention portée aux conditions de détention des prisonniers et l'engagement « en faveur de l'abolition de la peine de mort »[40] ; enfin l'aide matérielle et spirituelle aux migrants, réfugiés et personnes déplacées dans les Églises particulières[41].
La pastorale de la mer et de l'aviation
L'article 166 confie au Dicastère la pastorale des marins, « tant en mer que dans les ports », notamment à travers l'Œuvre de l'Apostolat de la Mer (Stella Maris), qu'il dirige, ainsi que la sollicitude envers ceux qui travaillent dans les aéroports ou les aéronefs[42]. Cette compétence, héritée directement de l'ancien Conseil pontifical pour la Pastorale des Migrants, illustre la continuité entre l'ancienne et la nouvelle institution sur des dossiers moins médiatisés que les migrations terrestres.
Pauvreté, corruption et modèles économiques
Les articles 167 et 168 précisent l'action du Dicastère en matière économique : lutte contre la pauvreté en collaboration avec les instituts de coopération nationaux et internationaux, encouragement des initiatives « contre la corruption et en faveur de la bonne gouvernance »[43], promotion de « modèles économiques équitables et [de] styles de vie sobres », et lutte contre « l'exploitation économique et sociale des pays pauvres, les relations commerciales asymétriques, la spéculation financière et les modèles de développement qui provoquent l'exclusion »[44]. Cette dernière formule reprend, presque littéralement, le vocabulaire de la critique que François développe depuis l'exhortation Evangelii Gaudium (2013) contre ce qu'il nomme « l'économie qui tue ».
Les Journées mondiales rattachées au Dicastère
L'article 169 associe le Dicastère à la promotion, avec les évêques diocésains et les conférences épiscopales, de « la sensibilité pour la paix, l'engagement pour la justice et la solidarité envers les personnes les plus faibles et socialement fragiles, en particulier à l'occasion des Journées mondiales qui leur sont consacrées »[45]. Trois Journées mondiales relèvent directement de ce périmètre : la Journée mondiale du migrant et du réfugié, instituée en décembre 1914, sous Benoît XV[46], et célébrée chaque année en septembre ou octobre ; la Journée mondiale des malades, instituée par Jean-Paul II le 13 mai 1992 et célébrée le 11 février, fête de Notre-Dame de Lourdes[47] ; et la Journée mondiale des pauvres, instituée par François dans la lettre apostolique Misericordia et Misera, datée du 20 novembre 2016, au terme du Jubilé de la Miséricorde, et célébrée chaque année le 33e dimanche du temps ordinaire — la première édition ayant eu lieu le 19 novembre 2017[48].
Les migrations, la santé et les relations institutionnelles
L'article 170 confie au Dicastère l'analyse des causes de la migration et de la fuite des pays d'origine, la promotion de « l'intégration dans les pays d'accueil », et la coopération, en accord avec la Secrétairerie d'État, avec les agences de développement et les organisations internationales pour l'élaboration de réglementations favorables aux réfugiés, demandeurs d'asile et migrants[49]. L'article 171 confie la promotion d'une « assistance sanitaire juste et intégrale », avec une attention particulière à la marginalisation des malades et des personnes handicapées et au manque de personnel, d'équipement et de médicaments dans les pays pauvres[50]. Les articles 172 et 173 organisent la coopération du Dicastère avec la Secrétairerie d'État pour toute expression publique touchant aux relations internationales, ainsi que sa collaboration avec les œuvres humanitaires du Saint-Siège dans les zones de crise[51].
La supervision de Caritas Internationalis
L'article 174, enfin, place le Dicastère en relation étroite avec l'Académie pontificale des Sciences sociales et l'Académie pontificale pour la Vie, et lui confère une compétence directe « à l'égard de Caritas Internationalis et de la Commission Catholique Internationale des Migrations, conformément à leurs statuts »[52]. Cette dernière disposition est d'une portée pratique considérable : Caritas Internationalis, la confédération mondiale des cent soixante-deux organisations caritatives catholiques nationales, se trouve ainsi placée sous la supervision canonique directe du même Dicastère qui a absorbé l'ancien Cor Unum — dont la coordination des œuvres caritatives catholiques mondiales était précisément la vocation originelle de 1971.
Structure interne et commissions
Sections et commissions actuelles
D'après l'organigramme officiel du Dicastère, l'activité quotidienne s'organise autour de trois sections transversales — Écoute et Dialogue, Réflexion et Recherche, Communication et Restitution — et de commissions thématiques spécialisées, au premier rang desquelles la Commission pour la Charité, héritière directe de Cor Unum, et la Commission pour l'Écologie, en charge du suivi de Laudato Si' et de la Plateforme d'Action Laudato Si' lancée en 2021[53]. Une Commission pour les Opérateurs Sanitaires, héritière du Conseil pontifical pour la Pastorale des Services de Santé, complète ce dispositif, aux côtés du bureau chargé de la pastorale de la mer (Stella Maris) et de celui des migrations, héritiers respectifs des deux autres conseils fusionnés en 2016.
La Commission COVID-19 du Vatican (2020)
L'activité la plus visible du Dicastère durant le mandat du cardinal Turkson reste la création, le 20 mars 2020, en pleine première vague de la pandémie de Covid-19, d'une Commission vaticane Covid-19 placée sous son autorité directe. Le pape François en explique la mission en ces termes :
« Il faut penser dès maintenant aux conséquences économiques et sociales de la pandémie, pour ne pas être pris au dépourvu. » — Pape François, cité par le cardinal Peter Turkson, entretien à Vatican News, avril 2020[54]
La Commission, dirigée par le cardinal Turkson, assisté du secrétaire du Dicastère Bruno-Marie Duffé et du secrétaire adjoint Augusto Zampini, s'organise en cinq groupes de travail distincts : le premier agit en coopération avec Caritas Internationalis pour recenser les besoins réels des Églises locales ; le deuxième, décrit par Turkson comme une veille de nuit « comme une sentinelle qui attend l'aube », réunit des experts en écologie, économie, santé et sécurité publique pour anticiper l'après-crise ; le troisième assure la communication et la sensibilisation ; le quatrième, coordonné par la Secrétairerie d'État, traite des relations avec les États et les instances multilatérales ; le cinquième enfin recherche les fonds nécessaires selon les principes d'une « circulation vertueuse des richesses »[55]. Cette structure éphémère mais dense illustre concrètement, en situation de crise mondiale, la vocation intégrale du Dicastère : elle mobilise simultanément l'aide caritative d'urgence, l'expertise scientifique, la communication, la diplomatie et le financement — c'est-à-dire les quatre héritages combinés des anciens conseils Cor Unum, Justice et Paix, Migrants et Santé.
Gouvernance : la succession des préfets
Cardinal Peter Turkson, premier préfet (2016-2021)
Né le 11 octobre 1948 à Wassaw Nsuta (Ghana), ordonné prêtre en 1975 pour l'archidiocèse de Cape Coast, le cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson est archevêque de Cape Coast de 1992 à 2009, puis créé cardinal par Jean-Paul II en 2003 — le premier cardinal ghanéen de l'histoire[56]. Président du Conseil pontifical Justice et Paix de 2009 à 2016, il est tout naturellement désigné par François comme premier préfet du nouveau Dicastère fusionné, fonction qu'il occupe du 31 août 2016 au 31 décembre 2021[57]. Sous son mandat, le Dicastère traverse la crise migratoire européenne, la publication de Laudato Si' dans son application institutionnelle, et la pandémie de Covid-19. Après une visite d'évaluation menée durant l'été 2021, les responsables du Dicastère remettent leur mandat au pape, qui les remercie de leur service ; Turkson devient ensuite chancelier des Académies pontificales des sciences (2022)[58].
Cardinal Michael Czerny, second préfet (2022-2026)
À compter du 1er janvier 2022, François confie la gestion intérimaire du Dicastère au cardinal Michael Czerny, déjà sous-secrétaire de la Section Migrants et Réfugiés depuis 2016, avec pour secrétaire intérimaire Sœur Alessandra Smerilli[59]. Le 23 avril 2022, ces deux nominations deviennent définitives, pour un mandat quinquennal[60]. Sous la préfecture de Czerny, la Section Migrants et Réfugiés est pleinement réintégrée au Dicastère (1er janvier 2023) et le père Bruno-Marie Duffé cède sa fonction de secrétaire à Sœur Smerilli. Le cardinal Czerny atteint l'âge de la retraite canonique de quatre-vingts ans le 18 juillet 2026.
Sœur Alessandra Smerilli, première préfète (à partir du 1er septembre 2026)
Le 30 juin 2026, le pape Léon XIV annonce que Sœur Alessandra Smerilli, religieuse salésienne de Don Bosco (F.M.A.), succédera au cardinal Czerny à la tête du Dicastère à compter du 1er septembre 2026 — devenant ainsi la deuxième femme de l'histoire nommée préfète d'un dicastère de la Curie romaine, après Sœur Simona Brambilla[61]. Née en 1974 à Vasto (Italie), économiste de formation, docteure en économie politique de l'université La Sapienza de Rome et docteure en sciences économiques de l'université d'East Anglia (Norwich), ancienne professeure d'économie politique à la Faculté pontificale des sciences de l'éducation Auxilium à Rome, elle avait déjà fait figure de pionnière en devenant, sous le pontificat de François, la première femme nommée secrétaire d'un dicastère romain (2021), puis en étant nommée conseillère d'État de la Cité du Vatican en 2019 — une première pour une femme dans cette fonction[62]. Elle avait également coordonné le premier groupe de travail de la Commission Covid-19 du Vatican en 2020.
En raison de certains actes réservés par le droit canonique aux clercs ordonnés, la nomination de Sœur Smerilli comme préfète s'accompagne de celle du cardinal Fabio Baggio, alors sous-secrétaire, comme pro-préfet à compter de la même date, chargé notamment du nouveau Centre d'Études Supérieures Laudato Si'[63]. Cette architecture bicéphale — une religieuse préfète assistée d'un cardinal pro-préfet pour les actes hiérarchiques qui l'exigent — reproduit un schéma déjà inauguré en janvier 2025 au Dicastère pour les Instituts de Vie Consacrée, où Sœur Simona Brambilla avait été nommée préfète aux côtés d'un cardinal pro-préfet. Monseigneur Jozef Barlaš, jusqu'alors sous-secrétaire, est simultanément promu secrétaire du Dicastère[64].
- 1967-2016Cardinal Peter Turkson, alors président de Justice et Paix1967-2016, avant la fusion
Le cardinal ghanéen préside le Conseil pontifical Justice et Paix de 2009 à 2016, avant de devenir le premier préfet du Dicastère fusionné.
- 31 août 2016 - 31 décembre 2021Cardinal Peter Turksonpremier préfet du Dicastère fusionné
Conduit le Dicastère à travers la crise migratoire européenne, l'application institutionnelle de Laudato Si' et la pandémie de Covid-19.
- 1er janvier 2022 - 23 avril 2022Cardinal Michael Czernypréfet par intérim
Ancien sous-secrétaire de la Section Migrants et Réfugiés depuis 2016, il assure la gestion ordinaire avant sa nomination définitive.
- 23 avril 2022 - 31 août 2026Cardinal Michael Czernypréfet en titre
Mandat quinquennal ; réintégration complète de la Section Migrants et Réfugiés au Dicastère le 1er janvier 2023.
- À partir du 1er septembre 2026Sœur Alessandra Smerilli, F.M.A.première préfète, avec le cardinal Fabio Baggio comme pro-préfet
Deuxième femme à diriger un dicastère de la Curie romaine, après Sœur Simona Brambilla ; économiste salésienne, ancienne première femme secrétaire d'un dicastère romain.
Le fondement théologique : la doctrine sociale au service de la personne
Le développement intégral, une anthropologie avant d'être une politique
Aucune réforme administrative de ce Dicastère ne se comprend sans le socle théologique qui la précède : la conviction catholique que la personne humaine, créée à l'image de Dieu, possède une dignité qui ne se laisse enfermer dans aucune catégorie unique — ni purement économique, ni purement biologique, ni purement juridique. Le Catéchisme de l'Église catholique rappelle que la doctrine sociale de l'Église « fait partie intégrante de la mission d'évangélisation de l'Église »[65] et qu'elle « appartient non au domaine de l'idéologie mais de la théologie morale »[66]. C'est cette conviction — que la charité chrétienne s'exerce nécessairement dans l'ordre social, économique et politique, et pas seulement dans la sphère privée — qui explique pourquoi Paul VI, puis François, ont jugé nécessaire une institution romaine permanente pour ce service, plutôt que de laisser la doctrine sociale à l'état de simple enseignement théorique.
Une continuité magistérielle : Rerum Novarum, Populorum Progressio, Laudato Si'
Le Dicastère s'inscrit dans une lignée magistérielle continue depuis l'encyclique fondatrice de la doctrine sociale catholique, Rerum Novarum de Léon XIII (1891), en passant par Populorum Progressio (1967), qui lui donne son nom, jusqu'à Laudato Si' (2015) et Fratelli Tutti (2020) de François, qui élargissent le développement intégral à la sauvegarde de la création et à la fraternité universelle. Cette continuité, loin d'être une simple commodité rhétorique, garantit que le Dicastère demeure un organe de service de la doctrine reçue de l'Église, et non un simple bureau technique de politique sociale calqué sur les agences internationales séculières auxquelles il collabore.
Pour aller plus loin
- La Curie romaine — l'ensemble des dicastères, tribunaux et offices par lesquels le pape gouverne l'Église catholique.
- Le Dicastère pour le Clergé — un autre grand dicastère né de la fusion et du redécoupage curial engagé depuis Vatican II.
- Le Dicastère pour l'Évangélisation — l'organe compétent pour la nouvelle évangélisation et l'annonce missionnaire.
- Le Concile Vatican II (1962-1965) — le concile dont la constitution Gaudium et Spes a appelé de ses vœux la création d'un organisme romain pour la justice et le développement des peuples.
- Rerum Novarum et la doctrine sociale — l'encyclique fondatrice de la doctrine sociale de l'Église catholique.
- Les syndicats et la doctrine sociale — un autre volet de l'enseignement social catholique aujourd'hui porté par ce même Dicastère.
Notes et références
Pape François, lettre apostolique en forme de motu proprio Humanam Progressionem, par laquelle est institué le Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral, 17 août 2016, en vigueur le 1er janvier 2017. Texte intégral en français sur vatican.va.
1 2 14 15 16Pape Paul VI, encyclique Populorum Progressio, sur le développement des peuples, 26 mars 1967, § 14. Texte intégral en français sur vatican.va.
3 7Pape François, discours aux participants à la 3e rencontre des Mouvements populaires, 5 novembre 2016. Texte intégral en français sur vatican.va.
4 27Pape François, constitution apostolique Praedicate Evangelium sur la Curie romaine et son service à l'Église dans le monde, signée le 19 mars 2022, en vigueur depuis le 5 juin 2022, section « Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral », art. 163 à 174. Texte intégral en français sur vatican.va.
5 37 38 39 40 41 42 43 44 45 49 50 51 52Vatican News, Sœur Smerilli, nouveau préfet du dicastère pour le Développement humain intégral, 30 juin 2026, vaticannews.va/fr/vatican/news/2026-06/vatican-s-ur-smerilli-prefete-dicastere-developpement-integral.html, consulté en juillet 2026 ; America Magazine, Pope Leo appoints Italian sister to top Vatican post, 30 juin 2026, americamagazine.org/vatican-dispatch/2026/06/30/pope-leo-alessandra-smerilli-prefect-dicastery-integral-development, consulté en juillet 2026. Nomination par le pape Léon XIV de Sœur Alessandra Smerilli comme préfète à compter du 1er septembre 2026, en remplacement du cardinal Michael Czerny (80 ans le 18 juillet 2026) ; nomination simultanée du cardinal Fabio Baggio comme pro-préfet et de Mgr Jozef Barlaš comme secrétaire.
6 61Concile Vatican II, constitution pastorale Gaudium et Spes sur l'Église dans le monde de ce temps, 7 décembre 1965, n° 90 § 3. Texte intégral en français sur vatican.va.
8Wikipédia (anglais), Pontifical Council for Justice and Peace, en.wikipedia.org/wiki/Pontifical_Council_for_Justice_and_Peace, consulté en juillet 2026. Fondation par le motu proprio Catholicam Christi Ecclesiam de Paul VI, 6 janvier 1967, en réponse à Gaudium et Spes n° 90 ; statut définitif par Justitiam et Pacem, 10 décembre 1976 ; transformation en Conseil pontifical par Pastor Bonus, 28 juin 1988 ; absorption par le Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral au 1er janvier 2017.
9 17 19Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral, La storia, page officielle, humandevelopment.va/it/il-dicastero/chi-siamo/storia.html, consultée en juillet 2026. Fondation le 17 août 2016 par le motu proprio Humanam Progressionem ; fusion des quatre conseils pontificaux au 1er janvier 2017 ; référence explicite à Gaudium et Spes et à Populorum Progressio comme fondements théologiques.
10Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral, 50th Anniversary of Populorum Progressio (3-4 April 2017), humandevelopment.va, consulté en juillet 2026. Congrès international « Perspectives pour le développement humain intégral, cinquante ans après Populorum Progressio », Nouvelle Salle du Synode, Vatican, 3-4 avril 2017 ; discours d'ouverture du cardinal Gerhard Ludwig Müller ; messe célébrée par le cardinal Pietro Parolin.
11 12Pape François, discours aux participants au congrès organisé par le Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral à l'occasion du cinquantenaire de l'encyclique Populorum Progressio, 4 avril 2017. Texte intégral en français sur vatican.va.
13Wikipédia (français), Maurice Roy (cardinal), fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Roy_(cardinal), consulté en juillet 2026. Cardinal Maurice Roy (1905-1985), archevêque de Québec et primat de l'Église du Canada, nommé premier président de la Commission pontificale Justice et Paix le 6 janvier 1967.
18Wikipédia (anglais), Peter Turkson, en.wikipedia.org/wiki/Peter_Turkson, consulté en juillet 2026. Né le 11 octobre 1948 ; archevêque de Cape Coast (Ghana) 1992-2009 ; créé cardinal en 2003, premier cardinal ghanéen ; président du Conseil pontifical Justice et Paix 2009-2016 ; premier préfet du Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral, 31 août 2016 - 31 décembre 2021 ; chancelier des Académies pontificales des sciences depuis 2022.
20 56 57Wikipédia (anglais), Pontifical Council Cor Unum, en.wikipedia.org/wiki/Pontifical_Council_Cor_Unum, consulté en juillet 2026. Fondation par la lettre apostolique Amoris Officio de Paul VI, 15 juillet 1971 ; premier président le cardinal Jean Villot (1971-1978) ; succession du cardinal Bernardin Gantin à partir du 4 septembre 1978, seule nomination administrative du pontificat de Jean-Paul Ier ; suppression au 1er janvier 2017.
21 22Wikipédia (anglais), Pontifical Council for the Pastoral Care of Migrants and Itinerant People, en.wikipedia.org/wiki/Pontifical_Council_for_the_Pastoral_Care_of_Migrants_and_Itinerant_People, consulté en juillet 2026. Fondation comme Commission pontificale par le motu proprio Apostolicae Caritatis de Paul VI, 19 mars 1970, rattachée à la Congrégation pour les Évêques ; érigée en Conseil pontifical autonome par la constitution apostolique Pastor Bonus de Jean-Paul II, 28 juin 1988 ; compétence sur réfugiés, migrants, nomades, gens du cirque, marins et personnel aéroportuaire ; suppression au 1er janvier 2017.
23 24Wikipédia (anglais), Pontifical Council for Health Pastoral Care et Dolentium hominum, en.wikipedia.org/wiki/Pontifical_Council_for_Health_Pastoral_Care, consulté en juillet 2026. Fondation par le motu proprio Dolentium Hominum de Jean-Paul II, 11 février 1985, fête de Notre-Dame de Lourdes, comme Commission pontificale rattachée au Conseil pontifical pour les Laïcs ; érigée en Conseil pontifical autonome par Pastor Bonus, 28 juin 1988 ; suppression au 1er janvier 2017.
25 26Wikipédia (anglais), Migrants and Refugees Section, en.wikipedia.org/wiki/Migrants_and_Refugees_Section, consulté en juillet 2026. Création de la Section au sein du Dicastère en 2016-2017 ; décision du pape François de la diriger personnellement, annoncée le 5 novembre 2016 devant les Mouvements populaires ; nomination des sous-secrétaires Michael Czerny et Fabio Baggio le 14 décembre 2016 ; intégration complète au Dicastère au 1er janvier 2023.
28 29Wikipédia (anglais), Michael Czerny, en.wikipedia.org/wiki/Michael_Czerny, consulté en juillet 2026. Né le 18 juillet 1946 à Brno (Tchécoslovaquie) ; famille maternelle juive convertie, victime de la Shoah (internement à Terezín, déportation à Auschwitz) ; émigration au Canada en 1948 ; jésuite depuis 1964, ordonné prêtre en 1973 ; cofondateur du Centre jésuite pour la foi sociale et la justice de Toronto (1979) et du Réseau jésuite africain contre le sida (2002) ; sous-secrétaire de la Section Migrants et Réfugiés depuis 2016 ; créé cardinal le 5 octobre 2019 ; préfet du Dicastère depuis le 23 avril 2022.
30 31 32Wikipédia (anglais), Fabio Baggio, en.wikipedia.org/wiki/Fabio_Baggio, consulté en juillet 2026. Né le 15 janvier 1965 à Bassano del Grappa (Italie) ; missionnaire scalabrinien depuis 1976, ordonné prêtre en 1992 ; doctorat en histoire de l'Église à l'Université pontificale grégorienne, 1998 ; missionnaire en Amérique latine et aux Philippines ; collaborateur du cardinal Bergoglio à Buenos Aires dès 1999, directeur du bureau des migrations de l'archidiocèse dès 2002 ; sous-secrétaire de la Section Migrants et Réfugiés depuis 2016 ; créé cardinal le 7 décembre 2024.
33 34 35Wikipédia (français), Dicastère pour le service du développement humain intégral, fr.wikipedia.org/wiki/Dicastère_pour_le_service_du_développement_humain_intégral, consulté en juillet 2026. Intégration complète de la Section Migrants, Réfugiés et Victimes de la Traite au Dicastère au 1er janvier 2023 ; confirmation de la mission par Praedicate Evangelium (2022).
36Sacrée Congrégation consistoriale, lettre circulaire aux évêques d'Italie, 6 décembre 1914, Acta Apostolicae Sedis 6 (1914), p. 699-701, vatican.va : collecte annuelle pour les œuvres d'assistance aux émigrants italiens, « in esecuzione degli ordini del Sommo Pontefice » (le pape Benoît XV) ; Pie X, mort le 20 août 1914 (AAS 6, p. 423), l'avait préparée par le motu proprio Iam pridem du 19 mars 1914 (AAS 6, p. 173-176) ; Vatican News, 20 novembre 2018 : « Pope Pius X called on all Christians to pray for migrants. A few months later, his successor Pope Benedict XV instituted the Day of the Migrant » (vaticannews.va) ; la Section Migrants et Réfugiés du Dicastère indique : « The Church has been celebrating the WDMR since 1914 » (migrants-refugees.va).
46Pape Jean-Paul II, lettre instituant la Journée mondiale des malades, 13 mai 1992, en la fête de Notre-Dame de Fatima, fixant la célébration annuelle au 11 février, fête de Notre-Dame de Lourdes, en lien avec la lettre apostolique Salvifici Doloris (11 février 1984) sur le sens chrétien de la souffrance humaine.
47ZENIT, Misericordia et misera : le pape François institue la « Journée mondiale des pauvres », 21 novembre 2016, fr.zenit.org/2016/11/21/misericordia-et-misera-le-pape-francois-institue-la-journee-mondiale-des-pauvres-et-un-dimanche-de-la-parole-de-dieu, consulté en juillet 2026. Institution par la lettre apostolique Misericordia et Misera, datée du 20 novembre 2016 (publiée le 21 novembre 2016), terme du Jubilé de la Miséricorde ; première célébration le 19 novembre 2017, XXXIIIe dimanche du temps ordinaire.
48Plateforme d'Action Laudato Si', présentation officielle, plate-formedactionlaudatosi.org/communaute/le-dicastere, consultée en juillet 2026. Initiative lancée en 2021 sous l'égide du Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral pour la mise en œuvre pratique de l'écologie intégrale dans les diocèses, paroisses, écoles et institutions catholiques.
53Vatican News, Cardinal Turkson : penser aux conséquences du Covid-19 pour ne pas être pris au dépourvu, avril 2020, vaticannews.va/fr/vatican/news/2020-04/cardinal-turkson-penser-aux-consequences-de-covid-19-pour-ne-pa.html, consulté en juillet 2026. Création de la Commission Covid-19 du Vatican le 20 mars 2020, sous l'autorité du Dicastère ; structure en cinq groupes de travail ; direction du cardinal Peter Turkson, assisté de Bruno-Marie Duffé et Augusto Zampini.
54 55ZENIT, Développement humain intégral : le cardinal Czerny préfet par intérim, 23 décembre 2021, fr.zenit.org/2021/12/23/developpement-humain-integral-le-card-czerny-prefet-par-interim, consulté en juillet 2026. Remise de mandat des responsables du Dicastère à l'issue d'une visite d'évaluation menée durant l'été 2021 ; nomination intérimaire du cardinal Michael Czerny comme préfet et de Sœur Alessandra Smerilli comme secrétaire, effective au 1er janvier 2022.
58 59Wikipédia (anglais), Dicastery for Promoting Integral Human Development, en.wikipedia.org/wiki/Dicastery_for_Promoting_Integral_Human_Development, consulté en juillet 2026. Confirmation définitive des nominations de Michael Czerny (préfet) et Alessandra Smerilli (secrétaire) le 23 avril 2022, pour un mandat de cinq ans.
60America Magazine, Pope Leo appoints Italian sister to top Vatican post, 30 juin 2026, americamagazine.org/vatican-dispatch/2026/06/30/pope-leo-alessandra-smerilli-prefect-dicastery-integral-development, consulté en juillet 2026. Née en 1974 à Vasto (Italie), religieuse salésienne (Filles de Marie Auxiliatrice) ; doctorats en économie politique (Université La Sapienza, Rome) et en sciences économiques (University of East Anglia, Norwich) ; ancienne professeure à la Faculté pontificale des sciences de l'éducation Auxilium ; première femme secrétaire d'un dicastère romain (2021) ; conseillère d'État de la Cité du Vatican depuis 2019 ; coordinatrice d'un groupe de travail de la Commission Covid-19 (2020) ; deuxième femme préfète d'un dicastère de la Curie romaine, après Sœur Simona Brambilla (Dicastère pour les Instituts de Vie Consacrée, janvier 2025). Sœur Raffaella Petrini avait quant à elle été nommée présidente du Gouvernorat de l'État de la Cité du Vatican en 2025 — une charge distincte de celle de préfète d'un dicastère.
62 63 64Catéchisme de l'Église catholique, § 2419, sur la doctrine sociale de l'Église comme partie intégrante de la mission d'évangélisation. Texte du CEC sur vatican.va.
65Catéchisme de l'Église catholique, § 2423, sur la doctrine sociale de l'Église relevant de la théologie morale et non de l'idéologie. Texte du CEC sur vatican.va.
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