Les apparitions mariales inexplicables

Certaines apparitions mariales laissent une trace matérielle difficile à réduire à l'imagination collective : icône qui exsude de l'huile sous contrôle policier, foules de toutes confessions pendant trois ans, photographies, guérisons et stigmates constatés par des médecins.

Ignispedia

Certaines apparitions mariales ne reposent pas seulement sur le récit d'un ou deux voyants isolés. Dans une poignée de dossiers, un fait matériel ou collectif accompagne l'événement : une icône qui se met à exsuder de l'huile sous les yeux d'un policier, une forme lumineuse observée pendant trois ans par des foules de toutes confessions, une statue qui cesse de pleurer dès qu'on la déplace, des centaines de photographies dont la plupart ne montrent rien. Ce sont ces dossiers-là — et seulement ceux-là — que rassemble cet article : non pas toutes les apparitions mariales reconnues par l'Église, mais celles où un élément vérifiable en principe par un tiers vient s'ajouter au témoignage des voyants.

L'Église catholique n'oblige jamais un fidèle à croire à une apparition privée, même reconnue par un évêque. Le Catéchisme rappelle que ces révélations n'ont pas pour rôle de compléter la Révélation publique, close avec la mort du dernier apôtre, mais d'aider une génération à vivre plus pleinement de cette Révélation à un moment précis de son histoire[1]. Le discernement ecclésial ne porte donc jamais sur la vérité de la foi elle-même, mais sur la crédibilité d'un signe particulier — et sur la question, toujours seconde, de savoir si ce signe mérite d'être accueilli dans la prière du peuple chrétien.

Soufanieh, Zeitoun, Choubra, Assiout, Betania, Akita et Naju constituent les sept dossiers principaux. Ils permettent de comparer des phénomènes très différents : écoulements recueillis, observations collectives, images photographiques, interventions policières et enquêtes épiscopales. Leurs statuts ne se confondent pas : Betania a reçu une reconnaissance diocésaine explicite en 1987 ; Akita une décision favorable de l'évêque de Niigata en 1984 ; les décisions coptes relèvent d'une autre autorité ecclésiale ; Naju a reçu un jugement négatif dès 1998, confirmé par un décret de 2008 assorti d'une excommunication encourue, avec l'appui de la Congrégation pour la doctrine de la foi en 2008 et 2011 — restrictions rappelées par les évêques coréens en 2026[2][3][4][5][6][7].

Deux ouvrages fournissent l'essentiel de cette enquête : Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui de René Laurentin, dans son édition de 1991, et La Vierge de l'Égypte de François Brune, publié en 2004. Ils réunissent des témoignages nominatifs, des extraits de décisions religieuses et des comptes rendus d'analyses. Les documents ecclésiaux cités directement permettent de préciser leur lecture ; pour les analyses, il faut distinguer l'identification d'une substance, les conditions de son prélèvement et l'explication de son apparition.

Comment examiner un signe matériel

Ce qu'un fait matériel change au discernement

Un récit d'apparition sans aucun élément extérieur repose entièrement sur la fiabilité psychologique et morale du voyant. Un dossier avec fait matériel change la nature du problème : il ne s'agit plus seulement de juger une personne, mais d'expliquer un événement qui s'est produit devant témoins, dans des conditions au moins partiellement contrôlées. Laurentin résume la question centrale que pose tout dossier de ce type :

« Y a-t-il des signes sérieux que le doigt de Dieu est là [...] : guérisons, conversions, et autres miracles, comme la danse du soleil à Fatima, et autres signes du ciel. [...] Les experts des diverses compétences — médecins et psychiatres notamment — discernent-ils santé ou pathologie dans les voyants, et surtout dans l'extase même ? » — René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 39[8]

Mais un signe matériel spectaculaire ne dispense jamais d'un travail d'enquête long. Laurentin insiste sur ce point à partir de son expérience personnelle des dossiers les mieux étudiés du XIXe et du XXe siècle :

« Il faut un travail immense pour bien juger d'une apparition. Lourdes m'a demandé plus de 20 ans ; Pontmain plus de 5 ans ; la Médaille miraculeuse, 9 ans ; et cela avec des équipes de travail. » — René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 41[9]

L'enquête historique rassemble des témoignages dispersés, compare leurs dates et leurs variantes, puis les confronte aux documents contemporains. Elle peut établir ce qui a été déclaré et contrôlé sans résoudre pour autant toutes les questions physiques. Une décision pastorale répond encore à une autre question : comment l'Église doit-elle accompagner les fidèles qui fréquentent le lieu ?

Une échelle graduée de probabilités, pas un verdict binaire

Le risque inverse, tout aussi réel, consiste à transformer un « non constat de surnaturalité » en réfutation définitive, ou à l'inverse à traiter tout phénomène inexpliqué comme une preuve d'origine divine. Laurentin met en garde contre les deux excès :

« Le discernement n'est pas facile. L'Église ne le donne jamais comme infaillible. Il aboutit selon une échelle graduée de probabilités. » — René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 192[10]

Les normes romaines du 17 mai 2024 prévoient six conclusions de discernement, allant du Nihil obstat, qui permet une valorisation pastorale, à l'interdiction d'adhérer au phénomène ou à une déclaration de non-surnaturalité. Un Nihil obstat ne certifie pas l'origine surnaturelle des faits. L'évêque transmet son évaluation au Dicastère pour la Doctrine de la Foi, dont l'approbation précède la décision publique. Le pape conserve la possibilité d'autoriser exceptionnellement une procédure visant à reconnaître une origine surnaturelle[11].

Soufanieh : l'icône qui exsude de l'huile (Damas, 1982-1990)

Infographie IA : les premières étapes rapportées par Brune (p. 223) et Laurentin (p. 74, 79). Les scènes sont symboliques.

À Soufanieh, quartier chrétien de Damas, les récits réunissent plusieurs catégories d'observations : de l'huile sur les mains de Myrna Nazzour et sur une icône, une intervention policière, des analyses du liquide et des marques corporelles examinées par des médecins. Brune nomme aussi des visiteurs extérieurs au foyer, dont une jeune femme musulmane et des responsables politiques syriens[12][13][14]. Ces épisodes ne sont pas interchangeables : le contrôle du support concerne un éventuel dispositif caché ; l'analyse du liquide concerne sa composition ; l'examen des plaies concerne le corps de Myrna.

Une huile qui coule sous les yeux d'une jeune femme musulmane

Le 22 novembre 1982, Myrna Nazzour, jeune femme syrienne, se trouve au chevet de sa belle-sœur Leila, alitée par une douleur intense, en compagnie de sa belle-mère Alice. Myrna raconte la réaction d'une jeune femme musulmane présente dans la pièce :

« Une jeune femme musulmane a crié : “Qu'est-ce qu'il y a sur tes mains ?” De l'huile coulait de mes mains ! » — Myrna Nazzour, témoignage rapporté par le Père François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 223[15]

Cinq jours plus tard, le 27 novembre 1982, l'icône de la Vierge conservée dans la maison familiale commence à son tour à exsuder de l'huile goutte à goutte ; une soucoupe d'albâtre placée sous elle se remplit progressivement[16]. Le 9 janvier 1983, l'icône est transférée à l'église Sainte-Croix de Damas ; le phénomène cesse alors, pour reprendre quarante-quatre jours plus tard, à son retour dans la maison familiale[17].

La police déchire le support, l'huile continue de couler

Ce qui distingue Soufanieh de la plupart des dossiers d'exsudation est le contrôle exercé sur le phénomène lui-même, en train de se produire. Brune rapporte l'intervention d'une équipe de police :

« Un officier de la Sûreté, accompagné de trois policiers et d'un médecin, viennent faire leur enquête et le phénomène se reproduit sous leurs yeux. L'un des agents démonte l'icône et déchire même un coin du papier. L'huile aussitôt se met à couler. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 223-224[18]

Le démontage et la déchirure du support, tels que Brune les rapporte, confrontent le récit à une manipulation de l'objet par des intervenants extérieurs. Mais l'auteur ne reproduit ni procès-verbal détaillé ni examen technique complet : cet épisode ne permet pas, à lui seul, d'exclure tous les dispositifs de réserve ou d'alimentation possibles.

À Paris, un examen comparable, mais mené par un illusionniste, aboutit à un résultat inverse : chez Michel Merhej, où l'exsudation d'huile commence le 12 août 1988, l'illusionniste Gérard Majax contrôle le phénomène devant huissier — et l'exsudation ne se produit pas ce jour-là[19]. Majax en tire une conclusion négative. Le patriarche grec orthodoxe d'Antioche Ignace IV Hazim[20] nomme cependant une commission qui, après examen scientifique de l'huile, reconnaît l'authenticité du phénomène et le recommande à la prière[21]. Laurentin note que la commission fonde ses conclusions sur des observations et des tests que son livre ne reproduit pas — la question, à cette date, demeure ouverte[22].

  1. 22 novembre 1982
    Premières gouttes d'huile

    Myrna Nazzour, au chevet de sa belle-sœur, voit de l'huile couler de ses mains devant une jeune femme musulmane[23].

  2. 27 novembre 1982
    L'icône commence à exsuder

    L'icône de la maison familiale exsude de l'huile goutte à goutte ; une soucoupe d'albâtre se remplit[24].

  3. 9 janvier 1983
    Transfert à Sainte-Croix

    L'icône est transférée à l'église Sainte-Croix de Damas ; le phénomène cesse, puis reprend 44 jours plus tard au domicile familial[25].

  4. 22 octobre – 6 novembre 1983
    Multiplication chez les particuliers

    Le phénomène se répand : 15 cas le 22 octobre, 15 le 2 novembre, 9 le 3, 18 le 4, 10 le 5, 43 le 6 novembre[26].

  5. À partir du 12 août 1988
    Un dossier distinct à Paris

    Chez Michel Merhej, l'illusionniste Gérard Majax échoue à observer le phénomène sous contrôle d'huissier ; une commission du patriarche Ignace IV conclut ensuite à l'authenticité, après examen scientifique de l'huile[27].

Deux laboratoires, une même conclusion rapportée

Infographie IA : contrôles et analyses rapportés par Brune, p. 223-227. L'icône et les gestes dessinés sont symboliques ; aucun rapport de laboratoire n'est reproduit.

Brune rapporte l'envoi d'échantillons à deux laboratoires, l'un en Allemagne et l'autre à Damas :

« Des échantillons de cette huile ont été prélevés et envoyés pour analyse dans deux laboratoires, l'un en Allemagne, l'autre à Damas. Tous deux ont attesté qu'il s'agit d'une huile d'olive pure à 100 %. [...] En outre, curieusement cette huile ne tache pas. Elle s'évapore intégralement, sans laisser de trace, alors que toutes les autres huiles laissent une tache. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 227[28]

Brune ne nomme pas ces laboratoires et ne reproduit pas leurs rapports. La conclusion qu'il transmet porte sur la nature chimique du liquide, non sur son origine. Même une identification exacte d'huile d'olive ne permettrait pas de décider, à elle seule, comment elle est arrivée sur le support. L'affirmation d'une disparition sans tache demanderait une mesure distincte : quantité déposée, nature de la surface, durée et résidu. C'est le rapprochement de ces observations avec les conditions de contrôle de l'icône qui constitue la question physique de Soufanieh.

Des stigmates constatés par plusieurs médecins

Le phénomène s'étend au corps de Myrna elle-même. Brune rapporte l'apparition progressive de marques corporelles, constatées par des praticiens venus les examiner :

« Le 31 octobre, les premiers stigmates apparaissent progressivement. [...] Le 25 novembre, la plaie du côté saigne à nouveau. Plusieurs médecins viennent le constater. Au bout de plusieurs heures, les plaies se referment sans laisser de cicatrices. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 227[29]

Ce récit décrit une succession de plaies, de saignements puis de fermetures. Brune mentionne les médecins mais ne fournit ici ni relevé de profondeur des lésions, ni photographies cliniques datées, ni suivi cicatriciel. L'observation de sang et l'identification médicale d'une plaie doivent donc rester distinctes de l'affirmation d'une guérison inexplicable.

Des témoins de tous rangs, jusqu'au sommet de l'État syrien

Brune rapporte des visites de responsables politiques syriens et nomme le général Moustapha Tlass, ministre de la Défense. Il écrit :

« À de nombreuses reprises, des officiers supérieurs, des membres des services secrets et le ministre de la Défense lui-même ont assisté à des suintements d'huile ou à des guérisons. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 224[30]

Il rapporte également que Wahib Fadel, ministre de la présidence, musulman, vint chez les Nazzour avec un ami psychanalyste et vit de l'huile couler des mains de Myrna[31]. La fonction ou la confession d'un témoin ne remplace pas la description de ce qu'il a observé.

Une imitation démasquée à Paris

Le succès de Soufanieh entraîne aussi des imitations frauduleuses. Brune rapporte le cas d'un faussaire parisien, découvert grâce à une analyse filmée :

« À la suite de ces événements authentiques, un Syrien, à Paris, se fera de l'argent en imitant le phénomène. C'est en le filmant et en projetant le film au ralenti que Jean-Yves Casgha put le démasquer. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 223, note 236[32]

Brune ne décrit pas le procédé utilisé par le faussaire : il rapporte sa mise au jour grâce au film ralenti. La détection d'une imitation montre l'utilité de l'enregistrement et de son examen détaillé. Elle ne prouve, par elle-même, ni l'authenticité de Soufanieh ni la fausseté de tous les écoulements rapportés ailleurs : chaque objet et chaque témoin doivent être examinés séparément.

Zeitoun : trois années de manifestations au-dessus d'une église copte (1968-1971)

L'église de la Vierge à Zeitoun, au Caire. F50R2J, recadrage Rémih, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Le dossier de Zeitoun, quartier du Caire, fait l'objet d'un article Ignispedia dédié à son histoire complète, à son sanctuaire et à sa reconnaissance ecclésiale[33]. Cette section n'en reprend que l'angle probatoire : ce que les contrôles physiques, les commissions d'enquête et le corpus photographique permettent — et ne permettent pas — d'établir.

Quatre témoins musulmans et une nuit de plus de sept heures

Le phénomène s'étend du 2 avril 1968 au 29 mai 1971, soit un peu plus de trois ans, avec une fréquence très élevée au début puis un espacement progressif[34]. Les tout premiers témoins, le 2 avril 1968, sont quatre employés musulmans d'un garage d'autobus voisin de l'église copte orthodoxe Sainte-Marie :

« Le “Monde copte” a préservé le nom des premiers témoins tous musulmans : Farouk Mohammed Atwa, chauffeur de bus, Hussein Awwad, mécanicien, Abed-el-Aziz Ali, gardien et Mahmoun Afifi, chauffeur. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 9[35]

Ces quatre hommes pensent d'abord voir une religieuse sur le point de tomber ou de se donner la mort ; ils appellent la police et le gardien de l'église avant que l'interprétation religieuse de la scène ne s'impose[36]. Ce cadre interprétatif initial, non religieux, est une donnée importante pour reconstituer la genèse du témoignage : les premiers témoins n'attendaient rien de surnaturel.

Un des repères chronologiques les plus exploitables est celui de la nuit du 8 au 9 juin 1968, où Brune rapporte une apparition durant de 21 heures à 4 h 30 du matin — plus de sept heures d'affilée, sous les yeux d'une foule dont la composition varie au fil de la nuit[37].

  1. 2 avril 1968
    Première manifestation

    Quatre employés musulmans du garage voisin signalent une forme lumineuse au-dessus de l'église Sainte-Marie[38].

  2. 23 avril 1968
    Commission religieuse

    Le pape copte Cyrille VI institue une commission de douze évêques et prêtres[39].

  3. 8-9 juin 1968
    Une nuit de plus de sept heures

    Brune rapporte une apparition durant de 21 heures à 4 h 30 du matin[40].

  4. 11 avril 1969
    Une apparition encore rapportée un an après

    The Egyptian Gazette rapporte une apparition vue trente minutes le 4 avril précédent, un an après le début du phénomène[41].

Deux commissions, vingt-sept apparitions recensées

Le 23 avril 1968, le pape copte Cyrille VI institue une commission de douze évêques et prêtres. Ses membres affirment avoir passé plusieurs nuits sur place :

« Désirant voir l'apparition de nos propres yeux, afin de pouvoir en juger en toute certitude, nous avons passé plusieurs nuits dans le voisinage de l'église. Finalement, nous avons aperçu le buste de la Sainte Vierge entouré d'un halo. Ensuite, elle apparut en entier et se déplaça entre les dômes. » — commission copte citée par François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 23[42]

Une seconde enquête, de nature civile, associe le gouverneur du Caire, le colonel Saad Zayed, directeur de la Sécurité intérieure, Mahmoud el Sebai, plusieurs ingénieurs et des représentants coptes. Son rapport recense vingt-sept apparitions entre le 2 avril et sa date de rédaction, et conclut :

« Une enquête officielle a été menée dont la conclusion est que l'apparition de la Vierge Marie Bénie sur l'église de Zeitoun, en un corps clair et très lumineux, vu par toutes les personnes présentes, chrétiennes ou musulmanes, est un fait indéniable. » — rapport civil cité par François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 24[43]

Cette formule — « vu par toutes les personnes présentes » — doit être lue comme la conclusion du rapport cité, plus absolue que le reste du dossier : Brune rapporte ailleurs, sans contradiction, que certains témoins ne voyaient rien du tout (voir plus bas).

Le contrôle de l'évêque Amba Athanasios

Infographie IA d'après Brune, p. 12-13 et 31. L'église en coupe est un schéma symbolique, sans valeur de relevé architectural.

Un des témoignages les plus précis, transmis par une source secondaire (la biographe Pearl Zaki), concerne l'évêque Amba Athanasios de Beni-Soueif, chargé d'une enquête par Cyrille VI. Pendant que la foule voit la figure sur le toit de l'église, il entre dans l'édifice pour vérifier l'extinction des lumières :

« Comme la Vierge était apparue sur la coupole, il entra dans l'église pour s'assurer que toutes les lumières étaient éteintes et donc qu'aucune lueur n'en provenait. Il ressortit et ferma à clefs la porte de l'église. Puis il s'éloigna de quelques pas afin d'apercevoir la coupole. L'image de la Vierge y était toujours. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 31[44]

D'autres contrôles, moins individualisés, visent directement l'hypothèse d'une projection lumineuse technique : la police casse un réverbère sans que l'apparition en soit affectée, coupe le courant dans tout le quartier sans qu'elle s'interrompe, et mène une enquête technique étendue autour de l'église :

« Une nuit, voulant prouver que cette lumière venait des réverbères, la police en cassa un, sans pour autant perturber l'apparition. Une autre fois le courant fut coupé, plongeant tout le quartier dans l'obscurité. L'apparition eut quand même lieu. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 12-13[45]

« La police mena une enquête rigoureuse dans toute la zone, parfois très loin de l'église, pour découvrir si éventuellement ces apparitions lumineuses pouvaient être produites par une quelconque installation technique. Résultat : néant. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 12-13[46]

Une foule immense, mais loin d'être unanime

Brune évalue une moyenne d'environ 50 000 fidèles présents pour la seule année 1968, avec des pointes à 100 000 certaines nuits ; il signale que l'estimation, parfois avancée, de 250 000 personnes est moins assurée :

« On estime que pour la seule année 1968, la moyenne des fidèles présents devait être d'environ 50 000 et pouvait monter jusqu'à 100 000 personnes certaines nuits. D'autres parlent même de 250 000, mais à partir d'un certain nombre, il devient difficile de donner une estimation exacte. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 19[47]

Ce qui rend ce chiffre plus significatif qu'un simple record d'affluence, c'est la composition de la foule : musulmans, coptes, catholiques, protestants, juifs, diplomates, fonctionnaires et touristes s'y côtoient. Mais Brune ajoute une précision qui interdit tout triomphalisme facile : tous ne voyaient pas la même chose, ni même quoi que ce soit.

« Tous ne voyaient pas la Sainte Vierge. Certains sont d'abord venus plusieurs fois sans la voir, puis l'ont aperçue une fois, mais n'ont pas pu la distinguer les fois suivantes. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 21[48]

Cette perception non uniforme revient dans presque tous les dossiers de ce corpus. Elle n'invalide pas le témoignage de ceux qui ont vu ; elle interdit en revanche de présenter la foule comme un instrument de mesure homogène, et elle doit être exposée honnêtement plutôt que passée sous silence.

Photographies publiées et prises de vue sans résultat

Le corpus photographique de Zeitoun est réel — plusieurs clichés, dont ceux d'Ali Ibrahim et de Wagih Rizk Matta, ont été publiés et reproduits — mais son statut probatoire reste limité. Brune rapporte que des laboratoires ont exclu toute retouche sur certaines images, sans préciser ni leurs noms ni leurs rapports :

« Plusieurs photographies ont été examinées dans des laboratoires spécialisés qui ont affirmé qu'il n'y avait eu aucune retouche. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 18[49]

Le fait le plus significatif touche cependant l'échec massif de la photographie professionnelle. Une fois le phénomène rendu public, des photographes envoyés par la presse égyptienne et internationale se pressent devant l'église :

« Une fois la nouvelle répandue, quantité d'autres photographes, envoyés par tous les journaux et magazines, se sont installés devant l'église. Ils ont fait des centaines et des centaines de photos. Mais, au développement, rien n'apparaissait. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 55-56[50]

L'échec de prises de vue et l'existence de quelques images ne suffisent pas à identifier la nature de la lumière. Sans connaître les réglages, le cadrage, le développement et l'instant exact de chaque photographie, on ne peut même pas affirmer que tous les appareils ont enregistré des conditions équivalentes. L'intérêt historique des clichés demeure : ils fixent certaines formes lumineuses et permettent d'en discuter la provenance. Leur valeur physique dépend de la documentation attachée à chacun.

La presse contemporaine, elle, atteste au minimum l'existence publique, massive et durable de l'événement. Brune cite des publications aussi diverses qu'Al Ahram, Al Ahbar, Watani, The Egyptian Gazette, le New York Times, Le Figaro, Le Monde, La Croix et les dépêches Reuters — sans que cette couverture, en elle-même, tranche la nature du phénomène rapporté[51].

Choubra, Assiout, Edfou, Chentena : les autres apparitions coptes

Zeitoun n'est pas un cas isolé en Égypte. Entre 1982 et 2000, plusieurs autres apparitions lumineuses sont rapportées au-dessus d'églises coptes orthodoxes, avec des degrés de documentation très inégaux — et, fait notable relevé par Brune lui-même, toutes exclusivement au-dessus de cette confession :

« Ce qui est frappant, c'est que toutes ces apparitions de la Vierge ont eu lieu exclusivement au-dessus d'églises coptes orthodoxes. Il y a pourtant d'autres Églises présentes un peu partout en Égypte. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 196[52]

Infographie IA : localisation schématique des cinq dossiers égyptiens de Brune, sans échelle. Les édifices dessinés sont symboliques.

Cette répartition est celle des cas réunis par Brune. Elle situe les manifestations dans des communautés, des lieux de culte et des traditions de prière précis ; elle ne constitue pas un recensement exhaustif de tous les phénomènes religieux en Égypte.

Choubra : une fraude locale démasquée, puis une observation épiscopale à l'aube

À Choubra, quartier voisin de Zeitoun, des apparitions sont rapportées entre 1983 et 1986. Le dossier comporte aussi une imitation lumineuse : la police surprend de jeunes coptes projetant des flashs sur l'église.

« Quelques jeunes coptes avaient été arrêtés par la police en train d'envoyer des effets de flashs sur l'église pour donner l'impression d'apparitions. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 78[53]

Ce fait doit être présenté comme une objection réelle, et non minimisé : une imitation a bien été tentée à Choubra, et démasquée. Mais le dossier ne s'arrête pas là. Dans la nuit du 11 avril 1986, une commission envoyée par le patriarche copte Chenouda III se rend à l'église Sainte-Demiane et observe, selon son propre rapport, un phénomène prolongé :

« À 3 h 40 du matin, donc à l'aube du vendredi 11 avril, tous les membres de la commission virent la Mère de Dieu. Sa forme était nette, entourée d'un halo de lumière, et l'apparition dura jusqu'à 5 h du matin. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 80[54]

La commission comprenait, selon la note détaillée de Brune, les évêques Amba Bishoï, Amba Moussa, Amba Paule et Amba Sérapion, le père Markos Ghaly, ainsi que le journaliste Mosaad Sadek ; le père Georgios Amin était également présent[55].

Ces manifestations se déroulent dans un climat de tension confessionnelle extrême : quelques années plus tôt, en juin 1981, un massacre entre coptes et musulmans avait éclaté à Zaouia-el-Hamra, à quelques centaines de mètres de Choubra[56]. Ce contexte n'établit rien sur la nature du phénomène ; il éclaire l'intensité de l'attente et de l'émotion collective qui l'entourait.

Theresa Soliman Youssef : une guérison oculaire rapportée

Brune rapporte également le cas de Theresa Soliman Youssef, publié par le journal copte Watani le 1er juin 1986. À six ans, le 17 novembre 1984, une aiguille à tricoter lui avait perforé l'œil droit, atteignant la cornée et le cristallin. Une opération pratiquée le 5 décembre avait visé à retirer le cristallin lésé ; une infection s'était ensuite installée. Le 18 mai 1986, après la communion à Sainte-Damienne de Choubra, sa mère décrit une lumière près du voile de l'autel et l'enfant annonçant qu'elle voit de nouveau. Theresa couvre alors son œil gauche sain et continue de voir du droit[57].

« Le Dr Fayez Akhnoukh examina l'enfant, testa l'acuité visuelle de ses yeux et constata que la petite fille pouvait voir de son œil droit, guéri miraculeusement. » — Watani, 1er juin 1986, cité par François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 88[58]

Brune précise que le père Raphael El-Amba Bishoï, qui aidait le curé Abdel Messih El-Sherbeeni, a consigné le récit avec les documents correspondants. Il s'agit donc d'une guérison attribuée au lieu avec un médecin nommé et une consignation paroissiale. Le passage ne donne ni valeur chiffrée de l'acuité retrouvée ni constat de reconstitution du cristallin : ce qu'il rapporte est le retour de la vision de l'œil blessé[59].

Assiout : coupure de courant, vidéos et témoins négatifs

À Assiout, en Haute-Égypte, des manifestations lumineuses commencent le 17 août 2000. Comme à Zeitoun, la police tente une coupure de courant généralisée, sans effet apparent sur le phénomène rapporté :

« La police coupa le courant dans tout le quartier pendant une nuit, avec le même insuccès. La lumière n'en fut pas altérée. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 92[60]

Le Cairo Times estime plus d'un million de visiteurs avant la mi-octobre 2000 ; Brune avance environ deux millions au 15 octobre. Le phénomène est filmé sur vidéocassette selon l'auteur, et une photographie est datée du 16 septembre à 5 heures du matin. Mais le succès du site attire aussitôt des faussaires : le Conseil presbytéral local publie un avertissement officiel.

« Malheureusement, certains ont saisi l'occasion de profiter de ces glorieux événements pour faire circuler de fausses images des manifestations. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 95[61]

Le dossier d'Assiout comporte aussi des témoins négatifs explicites, précisément documentés — un gage d'honnêteté plutôt qu'une faiblesse à dissimuler. Le pasteur protestant voisin, Baki Sedka, veille toute une nuit sans rien voir d'autre que des pigeons ordinaires ; un prêtre interrogé par la BBC rapporte la même observation.

« CNN rapportait aussi que le pasteur de l'église protestante voisine, Baki Sedka, avait veillé toute la nuit, mais n'avait vu aucune lumière, seulement quelques pigeons. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 109[62]

Le corpus d'Assiout ne doit donc jamais être présenté comme homogène : il mêle images considérées authentiques localement, faux commerciaux dénoncés par l'autorité ecclésiale elle-même, simples lumières ou oiseaux, témoins affirmatifs et témoins négatifs.

Edfou : deux prêtres, deux visions différentes au même instant

Le 21 août 1982, à Edfou, plusieurs fidèles désignent simultanément le même point de la coupole d'une église. Mais deux prêtres présents rapportent, au même instant, deux contenus différents : l'un voit une figure mariale proche d'une icône, l'autre voit le Christ montrant ses plaies. Brune, avec une honnêteté qui mérite d'être soulignée, en tire lui-même la conséquence méthodologique :

« Il semble qu'il y ait eu là, au moins à ce moment-là, vision et non apparition. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 113[63]

L'observation d'Edfou empêche de confondre le fait de regarder ensemble et celui de percevoir la même figure. Brune y envisage une vision plutôt qu'une apparition. Cette distinction porte ici sur le récit précis des deux prêtres : elle ne fournit pas une règle permettant de classer automatiquement toutes les expériences mystiques, mais elle oblige à interroger séparément les témoins avant de composer un récit collectif.

Chentena el-Hagar : cinq évêques, cent cinquante mille fidèles, aucune photographie

À Chentena el-Hagar, à partir du 13 août 1997, une commission de cinq évêques est envoyée sur place et rapporte avoir elle-même vu la Vierge bénir les pèlerins :

« Ils les confirmèrent, attestant qu'ils avaient eux-mêmes vu la Vierge saluer et bénir les pèlerins. Plus de 150 000 fidèles étaient déjà venus voir Marie à Chentena. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 118-119[64]

La reconnaissance est publiée le 12 septembre 1997 dans le bulletin ecclésial El-Keraza. Brune rapporte toutefois l'échec de plusieurs tentatives de photographie ou de film.

« […] plusieurs fidèles tentèrent de filmer ou de photographier ces apparitions, mais qu'au développement il n'y avait rien. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 118-119[65]

Chentena montre qu'un témoignage collectif et institutionnel fort — cinq évêques, un bulletin officiel, une foule considérable — ne s'accompagne pas nécessairement d'une trace instrumentale. Le contraire de Zeitoun, où la trace photographique existe mais ne possède pas la même documentation pour chaque cliché, illustre les deux visages possibles d'un même type de dossier.

Betania : l'enquête personnelle de l'évêque

Des témoignages recueillis individuellement

Le sanctuaire de Betania, au Venezuela, en 2008. María Auxiliadora Ramírez Prato, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0. Photo non modifiée.

Le dossier vénézuélien de Finca Betania, près de Cúa, se distingue par la formation de son enquêteur. L'évêque de Los Teques, Mgr Pío Bello Ricardo, avait soutenu une thèse de psychologie, enseigné cette discipline à l'Université centrale de Caracas et étudié les phénomènes mystiques[66]. Laurentin souligne que les personnes décrivent leurs perceptions sans perdre le contact avec leur entourage :

« Ils voient sans transe ni extase aucune, sans déconnexion avec le monde extérieur. » — René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 52[67]

L'instruction du 21 novembre 1987 précise les effectifs : environ 200 personnes interrogées, 381 déclarations portant 490 signatures, certaines étant collectives. L'évêque estime y avoir consacré 400 à 500 heures. Le 25 mars 1984, il situe environ 150 personnes sur place ; 108 attestent par leur signature avoir vu les apparitions. Ces chiffres ne désignent donc ni le même ensemble ni la même opération[68].

La distinction permet de lire correctement le bilan : un entretien personnel est une occasion de poser des questions ; une déclaration collective réunit plusieurs signatures sur une même relation. Les 490 signataires ne correspondent donc pas à 490 interrogatoires séparés. Cette précision donne une mesure plus exacte de l'enquête sans diminuer son ampleur.

La reconnaissance du 21 novembre 1987 et sa portée

Laurentin rapporte aussi que l'évêque a réuni des certificats médicaux concernant trois guérisons[69]. Il cite sa conclusion :

« Après avoir étudié les apparitions de la Vierge Marie à Finca Betania [...] je déclare qu'à mon jugement lesdites apparitions sont authentiques et ont un caractère surnaturel. » — Mgr Pío Bello Ricardo, cité par René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 53[70]

L'instruction autorise le lieu comme sanctuaire de prière et de pèlerinage. Elle précise que l'approbation ne s'étend pas à chaque vision revendiquée : l'évêque a écarté certains témoignages qu'il jugeait imaginaires[71].

Le 27 avril 1991, il revient par écrit sur cette distinction à l'intention de María Esperanza Bianchini. Il rapporte un entretien avec le cardinal Ratzinger et délimite son approbation aux éléments contenus dans l'instruction de 1987. Permettre une dévotion, l'approuver et attester un événement sont des interventions différentes ; il demande que ces distinctions soient claires pour les fidèles[72]. Betania possède ainsi une reconnaissance explicite dont le contenu peut être lu, et non une simple réputation d'approbation.

Des foules et des signes dans le soleil : quand le nombre ne suffit pas

Plusieurs dossiers rassemblés par Laurentin combinent une foule considérable avec un phénomène lumineux ou solaire. Leur intérêt principal, pour cet article, n'est pas de fournir chacun une preuve définitive, mais de montrer, cas par cas, ce qu'une grande affluence permet — et ne permet pas — d'établir.

L'Île-Bouchard : un éclairage inhabituel dans l'église

L'intérieur de Saint-Gilles en 2012. © Peter Potrowl, Wikimedia Commons, CC BY 3.0. Photo non modifiée ; elle ne représente pas le phénomène de 1947.

En France, entre le 8 et le 14 décembre 1947, quatre enfants rapportent une série d'apparitions à L'Île-Bouchard. Lors de la dernière, un fait matériel ponctuel mais précis retient l'attention de Laurentin :

« Des signes ont été donnés : entre autres, un rayon de soleil inexplicable éclairait les voyantes lors de la dernière apparition, dans l'église où le soleil ne pouvait donner. » — René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 153[73]

Laurentin situe le signe dans l'église et le rattache à la dernière apparition. Sa notice ne fournit cependant ni relevé d'orientation, ni horaire d'observation, ni calcul de trajectoire solaire. Le caractère inhabituel de l'éclairage est donc rapporté par l'auteur ; une impossibilité géométrique ne se déduit pas de la seule description du rayon.

Wu Fung Chi : cinq alpinistes bouddhistes et quatre bougies

Le 9 novembre 1980, à Taïwan, neuf alpinistes bouddhistes et deux guides atteignent un refuge marial en montagne. Cinq d'entre eux repartent de nuit avec seulement quatre bougies et deux allumettes — une autonomie estimée à environ une heure — pour une descente qui dure plus de quatre heures.

« Ils tombèrent plusieurs fois, toujours du bon côté. Les quatre bougies qui ne pouvaient guère durer qu'une heure les éclairèrent jusqu'au bout. » — René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 159[74]

Au bas de la montagne, l'un des marcheurs voit une femme en blanc suspendue au-dessus du sol ; les autres disent la voir également, sous des angles différents.

« Les compagnons regardèrent et virent cette femme comme moi, mais sous différents angles. Divers contrôles les ont persuadés qu'il s'agit d'une apparition. » — René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 160[75]

Les marcheurs sont bouddhistes, mais Laurentin précise qu'avant la descente l'un d'eux a prié Marie devant sa statue. Leur récit associe une durée de combustion jugée inhabituelle et une figure aperçue de plusieurs positions[76][77]. Cela permet d'interroger des éléments concrets — durée, trajet, emplacement des témoins — sans convertir une estimation d'autonomie des bougies en mesure expérimentale. La notice ne décrit pas les contrôles auxquels renvoie la dernière phrase citée.

Nsimalen : la forêt illuminée et deux guérisons alléguées

Le 13 mai 1986, au Cameroun, huit écoliers rapportent avoir vu la Vierge au-dessus du pignon d'une église, puis à cinquante mètres de là, tandis que la forêt environnante s'illumine tout entière selon leur témoignage.

« Toute la forêt s'est illuminée. La petite Jacqueline Atangana (6 ans), sourde-muette depuis sa naissance (la première voyante) aurait parlé pour la première fois pour désigner du doigt l'apparition : “Maria ! Maria ! Maria !” » — René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 159[78]

Un second épisode allégué concerne un catéchiste aveugle :

« Pierre Zang Nvondo, 41 ans, catéchiste, aveugle, dit avoir recouvré la vue sous l'arbre où apparaît la Vierge : ses voisins et proches ont confirmé. Mgr Zoa, évêque de Yaoundé, a recommandé la prudence. » — René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 159[79]

Laurentin distingue lui-même les témoignages des conclusions médicales : il écrit « aurait parlé » pour l'enfant et « dit avoir recouvré la vue » pour Pierre Zang Nvondo. Les deux récits sont nominatifs ; la notice n'y joint pas d'examens avant et après les événements. La réserve de Mgr Zoa concerne donc un dossier encore soumis au discernement à la date de l'ouvrage.

Belpasso et Lubbock : des foules immenses, une preuve incomplète

Infographie IA : estimations de Laurentin (p. 144, 167-168, 182) et Brune (p. 19). Les foules dessinées sont symboliques ; ces chiffres ne dénombrent pas des témoins concordants.

À Belpasso, en Sicile, les apparitions attribuées à Rosario Toscano cessent le 1er mai 1988, jour où la dernière manifestation rassemble entre 70 000 et 100 000 personnes, attirées par des signes rapportés dans le soleil :

« La foule grossit jusqu'à 70 et 100 000 personnes (à la dernière apparition du 1er mai 1988) attirée par des signes dans le soleil, mais priante, avec de bons fruits de conversion. » — René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 167-168[80]

Aucun protocole optique ni corpus photographique n'accompagne cependant ce chiffre dans la notice de Laurentin : l'affluence, aussi impressionnante soit-elle, reste ici un indice social — la ferveur qu'a suscitée le lieu — plus qu'une preuve instrumentale.

Aux États-Unis, à Lubbock au Texas, plus de 12 000 personnes se rassemblent le 15 août 1988 après l'annonce d'un signe attendu. La plupart déclarent avoir vu des signes solaires, et une vidéocassette les aurait enregistrés :

« Une foule de plus de 12 000 personnes se rassembla dès le matin. La plupart des gens disent avoir vu des signes dans le soleil. Une vidéo-cassette les a enregistrés. » — René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 182[81]

La commission diocésaine chargée du dossier, nommée par Mgr Michael J. Sheehan, aboutit à une conclusion volontairement mesurée :

« La conclusion fut que le surnaturel (au sens de prodigieux) n'est pas évident (sans être exclu). » — René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 182[82]

Cette formule — « pas évident, sans être exclu » — mérite d'être retenue comme modèle : elle refuse à la fois le triomphalisme et le rejet a priori, et distingue nettement trois niveaux qu'il faut se garder de confondre — la perception collective d'un phénomène, la trace instrumentale alléguée, et le jugement prudent d'une autorité compétente lorsque cette trace n'a pas été formellement expertisée.

Pescara et Ballinspittle : quand la foule ne prouve rien

Deux dossiers italien et irlandais fonctionnent comme des contrôles négatifs indispensables à l'équilibre de l'ensemble.

À Pescara, en Italie, des signes solaires et célestes sont annoncés publiquement pour le 28 février 1988. Malgré les mises en garde de l'évêque et d'un prêtre local, environ 120 000 personnes se déplacent, avec la presse et la télévision :

« Rien ne vint, sinon la déception générale... Le prêtre reconnut son erreur. » — René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 144[83]

L'échec de l'annonce est ici le fait décisif. Le récit de Pescara montre qu'une attente collective intense n'entraîne pas nécessairement des témoignages affirmant qu'un signe s'est produit. Il ne démontre pas, inversement, que la suggestion serait incapable d'influencer les perceptions dans d'autres circonstances.

En Irlande, durant l'été 1985, plus de vingt cas de statues paraissant bouger sont signalés ; Ballinspittle, le plus fréquenté de ces lieux, attire un quart de million de pèlerins. Mais les perceptions rapportées sont hétérogènes et parfois incompatibles[84] :

« Une journaliste juive a témoigné avoir vu à la place de la statue... la tête d'un rabbin. D'autres ont vu Padre Pio. Point d'enquête scientifique, point de commission ecclésiastique. » — René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 165-166[85]

Laurentin décrit en 1991 un phénomène très fréquenté auquel il n'associe ni enquête scientifique ni commission ecclésiastique. Ce constat est daté : il ne permet pas d'affirmer qu'aucune étude n'a jamais existé depuis. Les perceptions divergentes qu'il rapporte restent, elles, une raison concrète de distinguer chaque déposition plutôt que de compter tous les visiteurs comme des témoins concordants.

Akita et Naju : statues qui pleurent et qui se taisent

Akita : cent une lacrimations et une décision épiscopale

Infographie IA d'après Laurentin, p. 106-108. La durée des lacrimations est distincte des onze années d'étude ; la statue dessinée est symbolique.

Au Japon, une statue de bois conservée dans un couvent d'Akita répand successivement du sang, de la sueur et des parfums, puis des larmes, sur une période exceptionnellement longue et documentée :

« Cette statue répandit du sang — 5 juillet —, de la sueur et des parfums de lis et de roses — à partir du 29 septembre —, enfin des larmes : 101 fois du 4 janvier 1975 au 15 septembre 1981. » — René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 106[86]

Après onze années d'étude, l'évêque de Niigata, Mgr Jean Shojiro Itô, autorise formellement la vénération publique du site :

« Ces faits, établis après 11 ans d'études, sont indéniables [...]. Par conséquent j'autorise la vénération de Notre-Dame d'Akita. » — Mgr Jean Shojiro Itô, cité par René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 108[87]

La décision du 22 avril 1984 est celle de l'évêque diocésain : Mgr Itô reconnaît un caractère surnaturel aux événements et autorise la vénération dans son diocèse, tout en réservant un jugement définitif du Saint-Siège[88]. Les onze années évoquées par Laurentin courent depuis les premiers événements de 1973 ; elles ne correspondent pas à onze années de lacrimations.

Le couvent Seitai Hoshikai, dépositaire de la statue, confirme le total de 101 lacrimations, du 4 janvier 1975 au 15 septembre 1981. Il indique que les cotons utilisés pour recueillir les larmes furent envoyés aux laboratoires de médecine légale des universités d'Akita et de Gifu, qui les identifièrent comme du liquide corporel[89]. Cette indication nomme les institutions et le mode de recueil ; elle ne donne pas le protocole permettant d'expliquer la présence du liquide sur le bois.

Naju : la statue cesse de pleurer hors de son lieu

En Corée du Sud, une statue conservée chez une particulière, Julia Kim, commence à pleurer le 30 juin 1985 à 23 h 50. Le phénomène évolue avec le temps, jusqu'à des larmes de sang :

« Les premières larmes étaient des larmes ordinaires, puis vinrent des larmes de sang — les 19, 20, 21 octobre 1986. [...] Il la prit au presbytère le 5 novembre 1986. [...] La statue cessa de pleurer. [...] De retour chez Julia, les larmes reprirent : eau et sang. » — René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 110[90]

Le 23 avril 1987, le phénomène aurait duré près de sept heures ; le 30 juin suivant, environ 300 personnes se pressent dans l'appartement et l'escalier lors d'une nouvelle manifestation. À partir du 2 mai 1990, des effusions d'huile s'ajoutent aux larmes[91].

Le déplacement de la statue introduit un changement de lieu, mais également de gardien, d'accès à l'objet et de conditions d'observation. La cessation puis la reprise rapportées par Laurentin ne constituent donc pas, à elles seules, une expérience qui isolerait une cause[92].

Le dossier ne bénéficie d'aucune reconnaissance ecclésiale : il a reçu au contraire une série de jugements négatifs. Le 1er janvier 1998, l'archevêque de Gwangju Mgr Victorinus Youn Kong-hi déclare, après consultation de la Congrégation pour la doctrine de la foi et trois années d'enquête d'une commission créée le 30 décembre 1994 sur l'indication du cardinal Ratzinger, que les phénomènes ne présentent aucune preuve de surnaturalité[93]. Le 21 janvier 2008, son successeur Mgr Andreas Choi Chang-mou promulgue un décret qui interdit au clergé, aux religieux et aux laïcs de présider ou de participer aux sacrements et sacramentaux célébrés malgré l'interdiction dans tout « oratoire » présumé ou sur la « colline de Notre-Dame » de Naju : les contrevenants encourent une excommunication latae sententiae. Le décret, qui s'impose à tous les fidèles catholiques et pas seulement au diocèse, retire en outre au P. Aloysius Chang Hong-bin ses facultés sacerdotales[94]. La Congrégation confirme ce jugement par lettre du 23 avril 2008 (Prot. N. 112/1993-27066), puis le reconfirme le 30 mars 2011 (Prot. N. 112/1993-35015), en ajoutant que les dossiers transmis par les partisans de Naju ont peu de rapport avec la piété chrétienne et que le Saint-Siège n'envisage aucun changement de position ; l'archidiocèse publie dans la foulée une déclaration (1er mai 2011) puis des lignes directrices (6 juillet 2012)[95]. Dans sa lettre du 11 mars 2026 adressée à la Fédération des conférences épiscopales d'Asie, la Conférence épiscopale coréenne rappelle ces interventions successives (1998, 2001, 2005, 2007, 2008, 2009, 2011, 2012) ainsi que l'interdiction de diffuser les documents de promotion, et demande aux évêques de dissuader clercs, religieux et fidèles de participer aux manifestations organisées à Naju. Elle dément également l'annonce d'une reconnaissance officielle imminente[96].

Ce que révèle une analyse chimique : Toulouse et Damas

Infographie IA : les analyses rapportées par Laurentin (p. 188), éclairées par la norme COI de 2026. Le seuil de 0,5 % concerne les stérols totaux, pas la masse de l'huile.

Un second dossier d'exsudation d'huile, distinct de Soufanieh mais chronologiquement voisin, éclaire les limites précises de ce que peut établir une analyse chimique. Le 11 février 1990, une copie de l'icône « Marie Porte du ciel », installée chez un particulier à Toulouse, se met à répandre un liquide onctueux et parfumé ; l'affluence crée bientôt une file d'attente de plusieurs centaines de mètres[97].

Le dossier est remis à Jean-Paul II le 7 août 1990, l'icône est présentée au pape le 26 septembre, puis retenue vingt-quatre heures par la Congrégation pour la doctrine de la foi le 7 octobre. Les analyses demandées par le docteur Loron aboutissent à une conclusion inattendue :

« À Toulouse, le liquide onctueux n'est pas de l'huile. » — René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 188[98]

À Damas, en revanche, Laurentin rapporte une identification d'huile d'olive avec des traces de cholestérol. Il en tire une interprétation qui nécessite une correction scientifique :

« L'huile de Damas n'est pas odoriférante. C'est de l'huile d'olive pure, mais avec des traces de cholestérol. Le corps humain ne peut produire de l'huile d'olive, ont dit tous les médecins qui ont entrepris de divers côtés ces analyses. Pas davantage l'icône. Les traces de cholestérol manifestent pourtant l'origine humaine, car un olivier ne produit pas de cholestérol. » — René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 188[99]

L'interprétation chimique de Laurentin doit être corrigée sur un point précis : des traces de cholestérol peuvent se rencontrer dans l'huile d'olive. Le Conseil oléicole international fixe pour ce composé une limite de 0,5 % des stérols totaux — et non de l'huile entière ; une étude sur des huiles d'Empeltre a également mesuré de petites quantités de cholestérol dans tous ses échantillons[100]. Sa seule présence ne démontre donc ni une provenance humaine ni une anomalie. Il faudrait connaître les concentrations, la méthode d'analyse et les conditions de prélèvement pour juger les échantillons de Damas. Cette rectification concerne l'argument tiré de leur composition : elle n'explique pas, à elle seule, les effusions rapportées sur les mains ou l'icône.

Ce que les sceptiques opposent, objection par objection

Un dossier probatoire n'a de valeur que s'il expose loyalement les meilleures objections qu'on peut lui adresser — pas seulement leurs versions les plus faciles à réfuter.

Objection 1 — Tout viendrait de l'imagination collective

Une première hypothèse consiste à réduire l'ensemble du corpus à des hallucinations collectives, portées par l'attente religieuse et la contagion émotionnelle d'une foule. François Brune, tout en défendant l'authenticité du dossier égyptien, reconnaît qu'il faut d'abord répondre sérieusement à cette objection avant d'aller plus loin :

« Première étape, capitale : il ne me semble pas possible de réduire tous ces phénomènes à des illusions d'optique ou à des hallucinations collectives. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 177[101]

Son argument principal porte sur le nombre et la simultanéité : plusieurs centaines de milliers de témoins, sur plusieurs années, décrivant au même moment des gestes et une attitude identiques, dépassent selon lui ce qu'une hallucination purement psychologique, individuelle par nature, peut expliquer par simple sommation de cas isolés[102]. Il ajoute la photographie comme second argument contre une explication purement psychologique :

« Dans le cas de ces apparitions mariales, en Égypte, il est difficile de les réduire à un simple mécanisme strictement psychologique, car nous avons d'innombrables photos des effets de lumière, des colombes et même de la Vierge, bien que la lumière qui émane d'elle ne permette pas d'en distinguer nettement les traits. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 182[103]

Il invoque enfin les guérisons attribuées à ces sites comme un troisième ordre d'argument, distinct de la seule perception collective :

« Un autre élément très important en faveur de l'authenticité du phénomène des apparitions, ce sont les nombreuses guérisons, dûment constatées par des médecins compétents et souvent très étrangers, voire hostiles a priori à l'origine miraculeuse de ces guérisons. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 183[104]

Il conclut son chapitre méthodologique par une prise de position personnelle, à lire comme telle et non comme un constat scientifique établi :

« Au terme de cette brève étude, je considère la réalité de ces apparitions comme acquise. Il y a eu des apparitions et massives de surcroît. » — François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 184[105]

Réponse : l'argument de Brune réunit trois questions distinctes : ce que les personnes perçoivent, ce que les appareils enregistrent et ce que les médecins constatent. Une explication par la seule perception ne suffit pas à rendre compte d'une substance effectivement recueillie ; mais l'existence d'une photographie ne suffit pas davantage à identifier Marie dans la lumière qu'elle montre. La convergence a une valeur lorsqu'elle repose sur des observations dont l'indépendance, la date et le contenu sont établis. Elle s'évalue cas par cas, sans supposer que les milliers de personnes présentes ont toutes livré une déposition identique.

Objection 2 — Les témoins se suggéreraient leurs visions

Une objection fondée sur des examens de voyants vient d’Italie. À Oliveto Citra, en 1985, douze enfants rapportent d'abord une vision, suivie d'une multiplication rapide de voyants adultes ; le 20 juillet, environ 2 000 personnes se rassemblent et déclarent voir un nuage lumineux rouge, visible selon certains jusqu'à dix kilomètres de distance, avec cinquante témoins affirmant avoir vu la Madone elle-même[106]. Deux médecins, les docteurs Marco Margnelli et Giorgio Gagliardi, examinent plusieurs voyants et proposent une explication alternative précise :

« Les Drs Gagliardi et Margnelli [...] décelaient un phénomène collectif de “protagonisme”, de stimulation en chaîne qui induisait la vision. » — cité par René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 94[107]

Infographie IA : les examens associés aux cinq objections discutées ici. Les photographies et négatifs dessinés sont des illustrations symboliques.

Réponse : Laurentin rapporte l'explication de ces deux médecins à partir de leurs examens à Oliveto Citra[108]. Leur hypothèse mérite donc d'être confrontée aux réactions des personnes examinées. Elle ne constitue pas une expérience menée à Zeitoun ou à Soufanieh : la transporter dans ces lieux demanderait d'y vérifier les mêmes mécanismes. La diversité des premiers témoins est un élément de comparaison, mais la confession religieuse d'une personne ne l'immunise pas contre une méprise visuelle. Inversement, l'hypothèse de suggestion ne résout pas par son seul nom les observations matérielles qui l'accompagnent.

Objection 3 — Les photographies seraient trompeuses

Un cliché ancien de l'apparition américaine de Necedah circule, à un moment donné, avec un tampon prétendant certifier une origine différente :

« Une photographie de l'apparition [...] circule, certifiée par un tampon du Patriarcat. Mais c'est une réplique dégradée d'un cliché connu depuis longtemps : pris à Necedah, aux USA [...] D'autres épreuves dégradées du cliché de Necedah ont circulé comme cliché pris “à Medjugorje par un sourd-muet italien”. » — René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 73[109]

Réponse : la réattribution d'un même cliché à plusieurs sanctuaires suffit à invalider les légendes incompatibles. L'examen doit porter sur l'image la plus proche de l'original, l'identité du photographe, les publications successives et les circonstances de prise de vue. Un négatif conservé permet certains contrôles supplémentaires ; son absence ne rend pas toute photographie historiquement inutile, mais réduit ce que l'on peut conclure sur sa fabrication. Une fausse attribution identifiée n'autorise pas à classer toutes les autres images comme truquées.

Objection 4 — Les signes solaires auraient une cause visuelle

Fixer directement le soleil peut léser la rétine. Ce risque médical est distinct de la question de l'origine d'une apparition. En avril 1982, à La Talaudière, Laurentin rapporte une interdiction épiscopale du culte et cette observation :

« Il a déploré les graves affections des yeux advenues aux pèlerins qui avaient regardé le soleil. » — René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 163[110]

Réponse : une étude clinique de Monique Hope-Ross, Stephen Travers et David Mooney, publiée en décembre 1988, décrit quatre patients atteints de rétinopathie solaire après avoir regardé le soleil dans un contexte religieux ; tous ont conservé une perte visuelle irréversible[111]. Ce constat établit un dommage lié à l'observation solaire. Il ne démontre pas que les phénomènes rapportés à Belpasso ou Lubbock proviennent de la même cause : les personnes, les circonstances et les symptômes devraient être comparés. L'examen d'un signe solaire doit ainsi distinguer les effets sur l'œil, les conditions atmosphériques et un éventuel enregistrement. Regarder directement le soleil ne constitue pas une méthode de vérification.

Objection 5 — Tout pourrait être truqué

À Choubra, les faux flashs surpris par la police établissent une tentative précise d'imitation[112]. À Paris, Brune rapporte le faux exsudat démasqué par Jean-Yves Casgha au moyen d'un ralenti vidéo[113]. D'autres cas se situent sur un autre registre. À Palmar de Troya, environ 20 000 personnes se rassemblent le 15 mai 1970 et l'archevêque de Séville dénonce trois jours plus tard une « hystérie collective » ; les attaques contre le pape évoquées par Laurentin sont postérieures, en décembre 1974[114]. À Gorizia, les affirmations du photographe V. Spolverini ne convainquent ni les médecins Gagliardi et Margnelli ni l'évêque : la notice rapporte ce jugement défavorable, sans décrire un trucage démasqué[115].

Réponse : une fraude prouvée disqualifie les faits qu'elle explique. Une réserve médicale, une interdiction de culte ou une dérive religieuse ne désignent pas nécessairement, à elles seules, un trucage matériel identifié. Le film ralenti cité pour Paris et les faux flashs de Choubra donnent des cas concrets de tromperie ; leur méthode de détection est utile pour examiner d'autres objets. L'authenticité ou la fausseté d'un autre dossier demande ensuite ses propres preuves.

Quand un dossier reste incertain : Grouchevo et Garabandal

Certains dossiers de ce corpus illustrent, mieux que les précédents, la nécessité de distinguer le témoignage initial des récits ultérieurs. À Grouchevo (Hrushiv), dans la région de Lviv, en Ukraine[116], une partie des observateurs ne distingue qu'un motif produit par de vieilles planches tachées :

« Si on le voulait, et avec une assez forte imagination, on pouvait voir sur l'une des faces du tambour octogonal une silhouette de femme. » — un pèlerin cité par René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 139[117]

Laurentin interroge personnellement la première voyante, Maria Kizyn, en 1990, et précise ce qu’elle-même déclare avoir vu :

« Elle n'a eu que des apparitions très simples, à distance, depuis sa maison, au-dessus du balcon de la chapelle, située à 300 mètres : sans message. Les messages diffusés viennent donc des voyants ultérieurs. » — René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 141[118]

Ce cas illustre une règle méthodologique générale : il faut toujours distinguer soigneusement le premier témoin d'un phénomène, les voyants qui s'ajoutent ensuite, et les récits amplifiés par la diffusion médiatique — trois strates que la mémoire collective tend spontanément à confondre.

L'apparition espagnole de Garabandal (1961-1965) appartient à une autre catégorie encore : celle des dossiers explicitement contestés, sur lesquels des auteurs sérieux restent en désaccord, y compris à l'intérieur du monde catholique favorable aux apparitions. Laurentin lui-même formule des réserves sur certains phénomènes rapportés à Garabandal, tout en documentant les notes négatives des évêques successifs de la région et les périodes de doute traversées par les voyantes elles-mêmes[119]. Ces réserves méritent d'être connues et exposées loyalement ; elles ne constituent cependant pas, à elles seules, un dernier mot sur ce dossier, dont l'argumentation complète — favorable comme critique — est développée dans l'article Ignispedia qui lui est spécifiquement consacré[120].

Résister à la persécution : Heede sous la Gestapo, Varsovie sous la milice

Infographie IA d'après les récits cités par Brune, p. 252-255. Les scènes sont symboliques ; la répression ne constitue pas un protocole d'expertise.

Deux récits cités par Brune éclairent le contexte politique de certains rassemblements : à Heede comme à Varsovie, les autorités cherchent à disperser les fidèles et à faire cesser les témoignages. Ces mesures répressives doivent être distinguées des contrôles matériels étudiés plus haut.

Heede (Allemagne, à partir de 1937)

Le lieu de prière de Heede en 2018. Frank Vincentz, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 ; version réduite.

À Heede, en Basse-Saxe, des apparitions rapportées à quatre fillettes attirent des foules croissantes en pleine Allemagne nazie :

« Le 7 novembre, il y avait 5 000 personnes et le 9 le nombre oscilla entre 7 000 à 8 000. À partir du 8 novembre, la Gestapo commença sa surveillance et ses interrogatoires. Dans la nuit du 12 au 13 novembre, la Gestapo débarqua en force avec 80 hommes. [...] les quatre fillettes [furent] transférées à Osnabrück, puis dans un hôpital psychiatrique à Göttingen où elles furent soumises à de nouveaux interrogatoires interminables. » — cité par François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 252[121]

Le passage documente l'ampleur de la répression et les moyens employés contre les enfants. Les interrogatoires et l'internement ne constituent toutefois pas un protocole d'expertise du phénomène : ils renseignent d'abord sur les pressions subies par les témoins.

Varsovie (Pologne, octobre 1959)

Sous le régime communiste polonais, en octobre 1959, une manifestation attribuée à la Vierge se heurte directement aux forces de l'ordre :

« Dès le 15 octobre, un triple cordon de miliciens empêchait chaque soir l'accès au parvis du sanctuaire, mais l'apparition était visible de loin [...] Il y eut cependant des chocs assez violents entre la foule et les forces de l'ordre, des heurts qui aboutissaient à l'arrestation de personnes. » — cité par François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 255[122]

À Varsovie, le récit reproduit par Brune précise que les circonstances empêchèrent la curie archiépiscopale de mener une enquête[123]. Cette absence ne doit pas être étendue à Heede : Brune y rapporte au contraire l'attention persistante de la hiérarchie ecclésiastique[124]. Dans les deux cas, la répression renseigne sur les obstacles opposés aux témoins ; elle ne remplace pas l'examen du phénomène.

Ce que ces dossiers ont en commun

Le tableau suivant synthétise, pour chaque dossier principal, le type de preuve disponible et sa limite la plus sérieuse — sans hiérarchie de crédibilité absolue, chaque dossier restant à des degrés d'instruction très différents.

DossierType de preuve principaleTémoins remarquablesLimite la plus sérieuse
Soufanieh (Damas, 1982-1990)Intervention policière, analyses et examens médicaux rapportés par BruneJeune femme musulmane, officier de police, ministre de la Défense, ministre de la présidenceLaboratoires non nommés et rapports non reproduits dans le livre
Zeitoun (Le Caire, 1968-1971)Deux commissions d'enquête, contrôles anti-projection, corpus photographiqueQuatre employés musulmans, douze évêques et prêtres, gouverneur du CaireExpertises photographiques non reproduites par Brune, perception non uniforme
Choubra (1983-1986)Observation directe d'une commission épiscopale à l'aubeSix membres nommés de la commission, dont un journalisteFraude locale démasquée par ailleurs
Assiout (2000)Coupure de courant sans effet, vidéos alléguéesPasteur protestant négatif, journalistes internationauxFaux clichés officiellement dénoncés par l'Église locale
Betania (Venezuela)Environ 200 entretiens, 381 déclarations, 490 signatairesÉvêque enquêteur ; témoignages individuels et collectifsReconnaissance distincte de chaque témoignage particulier
Akita (Japon, 1973-1981)101 lacrimations rapportées de 1975 à 1981 ; onze ans d'enquête diocésaineÉvêque de Niigata, autorisation diocésaine de vénérationAnalyses rapportées ; protocoles non reproduits
Naju (Corée, 1985-1990)Cessation du phénomène au déplacement, reprise au retourJulia Kim ; 300 visiteurs le 30 juin 1987Jugement négatif (1998), décret de 2008 avec excommunication encourue, confirmé par la Congrégation en 2008 et 2011 ; restrictions rappelées par la CBCK en mars 2026

Les observations les plus intéressantes sont celles qui précisent un geste de contrôle, un témoin nommé, un document daté ou une substance recueillie. Leur rapprochement n'efface pas leurs différences : un prélèvement chimique, une déclaration épiscopale et le souvenir d'une foule répondent à des questions différentes.

Le sens catholique du signe

Le sens chrétien d'un signe n'est pas de compléter l'Évangile. Le Catéchisme situe les révélations privées au service de la Révélation reçue par l'Église[125]. À Zeitoun, Brune souligne le silence de la figure mariale : aucun discours public ni nouveau message verbal n'accompagne les manifestations qu'il décrit[126]. À Betania, l'instruction épiscopale associe au contraire les communications rapportées à la conversion, aux sacrements et à la charité[127]. Il n'existe donc pas un message uniforme qu'on pourrait attribuer indistinctement à tous ces lieux.

Les normes romaines de 2024 prennent en compte la vie chrétienne qui se développe autour d'un phénomène : prière, charité, conversions et communion ecclésiale. Elles examinent également les erreurs doctrinales, les intérêts personnels et les manipulations possibles[128]. Un fruit spirituel ne remplace pas une analyse physique ; une mesure physique ne porte pas, à elle seule, un jugement sur une proposition de foi.

« Ne méprisez pas les prophéties, mais discernez la valeur de toute chose : ce qui est bien, gardez-le. » — Saint Paul, première lettre aux Thessaloniciens 5, 20-21[129]

La question des apparitions mariales engage ainsi une enquête sur les faits et un discernement de leur sens. Les récits de contrôle à Soufanieh et Zeitoun, les dépositions de Betania ou le suivi des lacrimations d'Akita donnent des raisons précises d'examiner ces événements. La foi catholique accueille la possibilité d'une intervention de Dieu sans faire de chaque récit une certitude : elle recherche la vérité du signe pour mieux recevoir ce vers quoi Marie conduit, le Christ.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Catéchisme de l'Église catholique, nos 66-67, sur la Révélation définitive et les révélations privées.

    1 125
  2. Pío Bello Ricardo, évêque de Los Teques, Instrucción pastoral sobre las apariciones de la Santísima Virgen en Finca Betania, 21 novembre 1987, sections « Enquête ecclésiastique », « Déclaration et jugement », « Portée » ; texte en traduction anglaise.

    2 68 71 127
  3. Jean Shojiro Itô, évêque de Niigata, lettre pastorale du 22 avril 1984, conclusion, nos 1-2 ; reproduction en anglais de la lettre, également citée par Laurentin, 1991, p. 108.

    3 88
  4. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 23.

    4 39 42
  5. Archidiocèse de Gwangju, « The Guidelines of the Archbishop of Gwangju on ‘the phenomena in Naju’ », 6 juillet 2012 (repris par le Conseil national des laïcs des Philippines) : commission d'enquête du 30 décembre 1994, déclaration de Mgr Victorinus K. Youn, confirmation de la Congrégation pour la doctrine de la foi le 23 avril 2008 (Prot. N. 112/1993-27066), reconfirmation le 30 mars 2011 (Prot. N. 112/1993-35015), déclaration du 1er mai 2011.

    5 93 95
  6. Andreas Choi Chang-mou, archevêque de Gwangju, décret du 21 janvier 2008 (reproduction en anglais) : interdiction de présider ou de participer aux sacrements et sacramentaux célébrés malgré la prohibition à Naju, excommunication latae sententiae encourue (Can. 1336 et 1364), retrait des facultés du P. Aloysius Chang Hong-bin.

    6 94
  7. Conférence épiscopale coréenne, P. Stephanus Cheol Soo Lee, lettre au cardinal Filipe Neri Ferrão concernant Julia Youn de Naju, Prot. no 28/2026, 11 mars 2026, p. 1-2.

    7 96
  8. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui. Est-ce elle ? Que veut-elle dire ?, Librairie Arthème Fayard, 3e éd. mise à jour, 1991, ISBN 2-213-02712-9, p. 39.

    8
  9. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 41.

    9
  10. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 192.

    10
  11. Dicastère pour la Doctrine de la Foi, Normes procédurales pour le discernement de phénomènes surnaturels présumés, 17 mai 2024, partie I, nos 17-23 ; partie II, art. 1-3. Entrée en vigueur le 19 mai 2024.

    11 128
  12. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 223-224.

    12 18
  13. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 224.

    13 30 31
  14. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 227.

    14 28 29
  15. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 223.

    15 23
  16. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 74.

    16 24
  17. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 79.

    17 25
  18. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 164.

    19 21 27
  19. Jean-Paul II, Discours à Sa Béatitude Ignace IV Hazim, patriarche grec-orthodoxe d'Antioche, 13 mai 1983.

    20
  20. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 189, note 1.

    22
  21. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 226.

    26
  22. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 223, note 236.

    32 113
  23. Pour la chronologie complète, la reconnaissance patriarcale du 4 mai 1968 et l'histoire du sanctuaire, voir Notre-Dame de Zeitoun et Le sanctuaire de Zeitoun.

    33
  24. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 11-12.

    34 37 40
  25. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, Paris, 2004, p. 9.

    35 36 38
  26. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 62-63, citant The Egyptian Gazette, 11 avril 1969.

    41 51
  27. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 24.

    43
  28. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 31.

    44
  29. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 12-13.

    45 46
  30. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 19.

    47
  31. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 21.

    48
  32. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 18.

    49
  33. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 55-56.

    50
  34. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 196.

    52
  35. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 78.

    53 112
  36. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 80, note 48.

    54 55
  37. Jean-Pierre Péroncel-Hugoz, Le radeau de Mahomet, Lieu Commun, Paris, 1983, p. 159-160, cité par François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 236.

    56
  38. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 87-88, citant Watani, 1er juin 1986, au sujet de Theresa Soliman Youssef.

    57 58 59
  39. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 92.

    60
  40. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 95.

    61
  41. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 109.

    62
  42. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 113.

    63
  43. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 118-119.

    64 65
  44. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 53.

    66 69 70
  45. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 52.

    67
  46. Pío Bello Ricardo, communication écrite à María Esperanza Bianchini, 27 avril 1991, no 3.928/91, sur la portée de l'approbation de 1987.

    72
  47. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 153.

    73
  48. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 159.

    74 76
  49. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 160.

    75 77
  50. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 159.

    78 79
  51. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 167-168.

    80
  52. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 182.

    81 82
  53. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 144.

    83
  54. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 165.

    84
  55. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 165-166.

    85
  56. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 106.

    86
  57. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 108.

    87
  58. Seitai Hoshikai, présentation officielle de la statue de Notre-Dame d'Akita, section « The Statue of Our Lady of Akita », consultée le 28 septembre 2026.

    89
  59. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 110.

    90 92
  60. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 110–112.

    91
  61. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 188.

    97 98 99
  62. Conseil oléicole international, Norme commerciale applicable aux huiles d'olive et aux huiles de grignons d'olive, COI/T.15/NC no 3/Rév. 22, juin 2026, §3.3.1, p. 6 ; Raquel Rey-Giménez et Ana Cristina Sánchez-Gimeno, « Authenticity in Olive Oils from an Empeltre Clonal Selection in Aragon (Spain): How Environmental, Agronomic, and Genetic Factors Affect Sterol Composition », Foods, 2022, 11(17), 2587, §3.1 et tableau 1, DOI 10.3390/foods11172587.

    100
  63. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 177.

    101
  64. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 179.

    102
  65. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 182.

    103
  66. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 183.

    104
  67. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 184.

    105
  68. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 91.

    106
  69. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 94.

    107 108
  70. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 73.

    109
  71. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 163.

    110
  72. Monique Hope-Ross, Stephen Travers et David Mooney, « Solar retinopathy following religious rituals », British Journal of Ophthalmology, décembre 1988, 72(12), p. 931-934, DOI 10.1136/bjo.72.12.931, résumé des quatre observations cliniques.

    111
  73. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 143.

    114
  74. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 171.

    115
  75. Église gréco-catholique ukrainienne, notice de l'église de la Sainte-Trinité de Hrushiv, district de Drohobych, région de Lviv, consultée le 23 septembre 2026.

    116
  76. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 138-139.

    117
  77. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 141.

    118
  78. René Laurentin, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui, Librairie Arthème Fayard, 1991, p. 146-148.

    119
  79. Pour l'argumentation complète, favorable et critique, sur Garabandal, voir Garabandal (1961-1965).

    120
  80. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 252, citant Joachim Bouflet, Quand la Gestapo traquait les apparitions, Éditions CLD, 2003.

    121
  81. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 255, reproduisant avec autorisation Joachim Bouflet, Faussaires de Dieu, Presses de la Renaissance, 2000, p. 529-530.

    122 123
  82. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 253, sur l'attitude de la hiérarchie à Heede.

    124
  83. François Brune, La Vierge de l'Égypte, Le jardin des Livres, 2004, p. 22, sur le silence des apparitions de Zeitoun.

    126
  84. Saint Paul, première lettre aux Thessaloniciens 5, 20-21, traduction liturgique, AELF.

    129