Les lévitations de saint Joseph de Cupertino (1603-1663)

Saint Joseph de Cupertino est le cas de lévitation le plus documenté de l'histoire catholique : trente-cinq ans de témoignages, un pape, un duc converti, des médecins et un procès de canonisation minutieux.

Ignispedia

Saint Joseph de Cupertino (1603-1663), franciscain conventuel des Pouilles, constitue le dossier de lévitation le plus documenté de l'histoire catholique : des extases rapportées dès 1628, des envols publics à partir de 1630, des témoignages nombreux recueillis sous serment, et une convergence rare entre trois historiens majeurs de la lévitation — Josef Görres, Herbert Thurston et Olivier Leroy — qui le désignent unanimement comme l'exemple le plus impressionnant de tous les cas chrétiens connus[1]. Sa biographie complète, sa spiritualité et le récit détaillé de sa vie font l'objet d'un article distinct, Saint Joseph de Cupertino (1603-1663) ; cette monographie-ci se concentre exclusivement sur le dossier des lévitations : combien de cas, quels témoins, quelle procédure de vérification, et quelles tentatives d'explication leur ont été opposées.

Ce dossier repose sur des témoins nommés et datés : un pape, un amiral-ambassadeur d'Espagne, un prince allemand converti au catholicisme, des cardinaux et, lors de la dernière maladie, un chirurgien accompagné d'un médecin. Il comprend aussi trois examens successifs du Saint-Office, des années de surveillance et de transferts discrets, puis une cause de béatification examinée par le futur pape Benoît XIV dans sa fonction de promoteur de la foi[2]. Selon Olivier Leroy, la bulle de sa canonisation affirmerait qu'« aucun saint ne peut lui être comparé à cet égard »[3].

Deux études modernes abordent le dossier sous des angles complémentaires : Joachim Bouflet, dans La Lévitation, situe Copertino dans le corpus mystique et le compare aux cas médiumniques ; Bob Rickard, dans le Journal for the Study of Religious Experience en 2023, confronte les récits anciens à une critique sceptique récente. La Vita italienne de Domenico Bernini (1722) et le dossier latin des Acta Sanctorum (1755) donnent accès aux témoignages qu’ils discutent, avec des références aux procès et, déjà, un examen des divergences de dates.[4]

Un dossier hors norme dans l'histoire de la mystique

Le jugement convergent des historiens de la lévitation

Trois auteurs sont considérés comme les historiens de référence du phénomène de lévitation dans le christianisme : l'historien et philosophe allemand Josef Görres (1776-1848), auteur d'une encyclopédie en quatre volumes de la mystique chrétienne (1836-1842) ; le jésuite britannique Herbert Thurston (1856-1939), dont l'étude fondatrice The Physical Phenomena of Mysticism fait toujours autorité ; et le Français Olivier Leroy (1884-1976), dont l'ouvrage La Lévitation (1928) reste le recensement le plus complet de tous les cas connus et propose une grille critique en cinq points pour évaluer la valeur des témoignages anciens[5][6]. Ces trois auteurs, qui ne partagent ni la même génération ni la même méthode, s'accordent sur un même verdict : Joseph de Cupertino est le cas le plus impressionnant de lévitation chrétienne jamais documenté[7].

Infographie : repères biographiques et étapes de la reconnaissance ecclésiale ; voir la chronologie détaillée ci-dessous. Illustration pédagogique générée par IA.

Görres écrivait, en évaluant le dossier pour son encyclopédie de la mystique chrétienne :

« Il n'est donc aucun fait historique où l'on ait cherché avec plus de soin à découvrir la vérité ; et nous pouvons ajouter une entière confiance aux choses qui nous sont racontées touchant cette merveilleuse propriété de notre saint. » — Josef Görres, La Mystique divine, naturelle et diabolique, édition française de 1861, t. 2[8]

Ce jugement n'est pas resté isolé au XIXe siècle : en 2016, le philosophe Stephen Braude, ancien président de la Parapsychological Association, écrivait, selon la citation qu'en donne Rickard, dans le Journal of Scientific Exploration que « le cas de saint Joseph fournit la plus ancienne preuve remarquable de lévitation humaine, et sans doute la meilleure disponible pour toute époque »[9].

« Passa la moitié de sa vie en extase dans les airs. » — Blaise Cendrars, Le Lotissement du ciel (édition originale, 1949), formule rapportée — en anglais — par B. Rickard (2023), p. 39[10]

Ce que dit la bulle de canonisation

Le document le plus solennel que l'Église ait produit sur Joseph de Cupertino n'est pas un récit populaire mais l'acte juridique de sa propre canonisation. Olivier Leroy rapporte que la bulle affirmerait qu'« aucun saint ne peut lui être comparé à cet égard »[11] — c'est-à-dire pour le nombre, la constance et la qualité de la documentation relative à ses élévations corporelles. Le texte de la bulle n'ayant pas été retrouvé dans les Acta Sanctorum, la formule est maintenue au conditionnel, attribuée à Leroy. La canonisation intervient cent quatre ans après la mort de Joseph. Il faut cependant distinguer les enquêtes ouvertes après 1663, l’introduction romaine de la cause en 1686, le jugement sur les vertus en 1735 et l’approbation de miracles posthumes en 1752 : ce sont des actes différents, dont les Acta Sanctorum donnent la succession.[12]

La phénoménologie des envols

Les déclencheurs de l'extase

D'après les dépositions recueillies durant sa vie, l'extase de Joseph pouvait être déclenchée par presque tout ce qui touchait au sacré : le nom de Dieu, de la Vierge Marie ou d'un saint, une phrase pieuse, un chant liturgique, une icône de la Madone, la vue d'un ciel dégagé, une flamme de bougie, voire un agneau ou un oursin de mer posé devant lui[13]. Une fois entré en extase, son corps s'élevait fréquemment du sol, restait suspendu, se déplaçait parfois vers un autel ou une statue, avant de retomber lorsque le supérieur lui ordonnait, au nom de son vœu d'obéissance, de revenir à lui[14].

L'écrivain Blaise Cendrars, qui a consacré des années de recherche personnelle au dossier durant la Seconde Guerre mondiale, raconte qu'un Joseph en extase pouvait s'élancer « de sa place au réfectoire, en brandissant un oursin de mer »[15] — exemple de la diversité des circonstances rapportées, plutôt que démonstration isolée de leur caractère involontaire.

Le cri et l'envol

Le trait le plus constant et le plus troublant du phénomène est un cri perçant, plus proche du hurlement que de l'exclamation, poussé au moment précis où le corps quittait le sol. De nombreux témoins, pris par surprise, décrivent ce cri comme la première chose qui les alertait, avant même de voir Joseph s'élever[16]. Bernini, son biographe le plus complet, note que la réaction des assistants variait selon les tempéraments : « certains s'inclinaient, d'autres priaient, d'autres pleuraient, et d'autres fuyaient la scène »[17].

Lorsque Joseph s'éleva vers le plafond peint par Cimabue dans la basilique d'Assise, Bernini rapporte que « tout se produisit si rapidement que les assistants furent saisis d'une terreur sacrée, s'étonnant les uns auprès des autres et demeurant frappés de stupeur »[18].

Durées et hauteurs rapportées

Les dépositions ne se contentent pas d'affirmer un phénomène : elles en précisent, à plusieurs reprises, la durée et la hauteur, avec des repères concrets — la longueur d'un pas, la largeur d'une main ouverte (l'unité de mesure appelée span, environ quinze à vingt-deux centimètres)[19]. La durée du maintien en l'air variait de quelques secondes à plus d'une demi-heure ; certains épisodes de suspension immobile ont duré, selon les témoins, jusqu'à deux heures[20]. Un cas emblématique concerne un vol dans le jardin du couvent de Fossombrone, où des frères le virent « planer dans les airs à hauteur des cimes des arbres du jardin. Il resta là, agenouillé dans les airs, pendant plus de deux heures »[21].

Registre observéLieu ou circonstanceDurée ou hauteur rapportéeSource
Vol stationnaire vers un objet sacréÉpisode de Noël, devant un autelEnviron quinze minutesBernini, cité par Grosso (2017), p. 26[22]
Vol vers la voûteBasilique d'Assise, plafond de CimabueQuelques instants, effet de sidération collectiveBernini, cité par Grosso (2017), p. 62[23]
Suspension immobile dans un jardinFossombronePlus de deux heuresBernini, cité par Grosso (2017), p. 138[24]
Élévation rapportée au chevetDernière maladie, Osimo, 1663Presque un palmo au-dessus de la chaise ; un demi-quart d’heureDéposition de Pierpaoli, Bernini (1722), p. 265–266[25]
Élévation devant un duc allemandAssise, visite précédant la conversion de 1651Un palmo de hauteur, environ un huitième d'heureActa Sanctorum, Vita, nos 43–44[26]

L'insensibilité extatique

Un second trait constant est l'insensibilité totale de Joseph durant ses extases : les témoins, souvent pour s'assurer qu'il ne s'agissait pas d'une supercherie, le tiraient, le pinçaient, lui tordaient les doigts ou approchaient une flamme de son visage sans obtenir de réaction[27]. Son biographe Roberto Nuti note que « pour le ramener à lui, on le traînait au sol, on le pinçait, on lui tordait les doigts, on lui mettait des bougies dans la bouche, et ainsi de suite »[28]. Lors de la dernière lévitation observée à Osimo, un détail troublant a été consigné sous serment par le chirurgien qui l'opérait : une mouche s'était posée sur la pupille de son œil ouvert, et « plus j'essayais de la chasser, plus elle s'obstinait à revenir au même endroit ; finalement, j'ai dû la laisser »[29].

Les variantes extraordinaires : vols arrière, vols porteurs, vols en hauteur

Au-delà de la simple élévation verticale, les dépositions rapportent des formes de vol beaucoup plus rares dans les annales de la mystique corporelle. Joseph fut vu voler en arrière, en position agenouillée : le cas le plus célèbre concerne la visite du prince de Brunswick, lorsqu’il « poussa un grand cri et vola dans les airs en arrière, en position agenouillée »[30] devant un prince allemand venu le consulter. On le vit aussi franchir des distances horizontales notables : un jour, au son des mots liturgiques « Mère de la divine grâce », il « vola vers l'avant par-dessus trois rangées de frères »[31].

Plus rares encore sont les épisodes où Joseph soulevait une autre personne avec lui. Rickard en dénombre quatre dans la Vita de Bernini : un incident précoce à Copertino où il enlaça un frère dans une danse qui se poursuivit dans les airs, « l'un hors de lui de peur, l'autre hors de lui parce qu'il était un saint »[32] ; l'élévation, à Assise en 1642, du Père custode Raffaelle Palma[33] ; le cas d'un berger soulevé et balancé « en le tenant d'une seule main sous le bras »[34] ; et le cas le plus célèbre, celui d'un homme troublé mentalement soulevé par les cheveux nommé Balthasar Rossi dans la Vita de Bernini[35].

Les débuts publics : la Grottella et la tournée de 1636

Le premier envol

Résidences successives : lire les étapes numérotées de 1 à 7, de Copertino vers Osimo. Carte schématique, sans échelle ; les flèches ne constituent pas un relevé du trajet. Bouflet, p. 13 et 20–24. Illustration pédagogique générée par IA.

Après une jeunesse marquée par le rejet — refusé chez les Frères mineurs conventuels pour son ignorance, renvoyé des Capucins de Martina Franca au bout de quelques mois —, Joseph fut finalement admis en 1625, à vingt-deux ans, au couvent de la Grottella, près de Copertino, comme frère convers, malgré sa réputation d'« ignorant, peu instruit, à peine lettré »[36]. Ordonné prêtre trois ans plus tard, en mars 1628, il connut immédiatement, à l'âge de vingt-quatre ans, ses premières extases spontanées[37].

Son premier envol public daterait du 4 octobre 1630, à l'âge de vingt-sept ans, durant une procession publique : selon le franciscain Gustavo Parisciani, qui a étudié les archives, Joseph « s'éleva dans les airs et demeura extatique et immobile devant la foule stupéfaite »[38]. Une tradition concurrente, rapportée par son confident l'abbé Arcangelo Rosmi, situe plutôt ce tout premier envol à Assise, alors que Joseph méditait devant une icône de la Vierge à l'Enfant qui aurait été portée en procession[39]. Rickard souligne honnêtement cette divergence entre les deux traditions anciennes plutôt que de trancher artificiellement en faveur de l'une ou de l'autre ; la distinction entre une première extase, un premier envol public et un premier épisode à Assise reste nécessaire.

En quatre ans, Joseph fut connu dans toute la province des Pouilles comme un « nouveau saint François »[40]. Son régime de vie accompagnait cette réputation : sept carêmes de quarante jours chaque année, un sommeil très réduit, une discipline corporelle régulière au point que les murs de sa cellule en étaient parfois éclaboussés de sang, jusqu'à ce que son supérieur lui en ordonne l'arrêt[41].

La tournée du père San Mauro et l'incident de Giovinazza (1636)

En 1636, un nouveau père provincial, Antonio di San Mauro, entreprit une tournée inaugurale de cinquante couvents des Pouilles et emmena Joseph avec lui, calculant que la perspective d'assister à une lévitation pendant la messe attirerait les foules et rehausserait son propre prestige[42]. Joseph, terrifié à l'idée de cette exposition publique organisée, dut néanmoins obéir par vœu religieux. La tournée réussit au-delà des espérances de San Mauro — mais l'intérêt du public se porta sur Joseph, non sur le prélat, ce qui provoqua entre eux des disputes ouvertes[43].

La tension culmina dans la ville de Giovinazza, où des autorités locales, méfiantes, firent revenir le convoi sur ses pas pour observer Joseph de plus près. Comme prévu, il lévita pendant la messe, son cri effrayant l'assemblée ; certains officiels y virent une « campagne théâtrale » orchestrée par Joseph et ses confrères pour se faire passer pour une sorte de messie[44]. L'accusation n'était pas anodine dans le contexte religieux et judiciaire de l'époque : Michael Grosso rappelle que « récemment, trois hommes avaient été brûlés vifs pour avoir célébré la messe en public sans avoir été ordonnés »[45]. Au retour de la tournée, San Mauro, furieux, accusa Joseph de « sainteté feinte » et le traita de « complètement fou » pour avoir ruiné son « spectacle »[46]. Convoqué des années plus tard par l'Inquisition pour s'expliquer sur son propre comportement envers Joseph, San Mauro se déroba prudemment :

« Je ne peux rien dire sinon qu'il était un saint qui entrait continuellement en extase et qui était adoré de tous. » — Antonio di San Mauro, père provincial, déposition citée par B. Rickard (2023)[47]

Le catalogue des témoins de rang

Le dossier réunit des témoins de milieux différents : religieux, paysans, fidèles de passage, diplomates, princes et praticiens. Leur identification permet de comparer leurs fonctions et leurs conditions d'observation ; le rang social ne garantit pas à lui seul l'exactitude d'un témoignage. Le tableau ci-dessous présente les récits développés dans les sections suivantes.

TémoinQualitéDate et lieuCe qui est rapporté
Urbain VIIIPapeRome, durant le procès d'InquisitionExtase et élévation au moment où Joseph baise ses pieds
Grand Amiral de CastilleAmbassadeur d'Espagne1645, AssiseVol de douze pas au-dessus de l'assistance vers une statue de la Vierge
Jean-Frédéric de Brunswick-LunebourgPrince de la maison de BrunswickVisite avant sa conversion de 1651, AssisePlusieurs lévitations observées sur plusieurs jours ; conversion au catholicisme
Blume, compagnon luthérien du princeGentilhomme de sa suiteMême visite, AssiseTémoin troublé ; conversion ultérieure rapportée
Trois cardinaux cités par RickardDignitaires ecclésiastiquesTémoignages recueillis après 1663Observations antérieures ; ne signifie pas trois témoins présents au décès
Francesco de Pierpaoli et Giacinto CarosiChirurgien et médecin1663, OsimoÉlévation estimée à un empan durant un acte chirurgical

Le pape Urbain VIII

Convoqué à Rome au cours de son procès devant l'Inquisition, Joseph fut amené en présence du pape Urbain VIII (1568-1644). En s'inclinant pour baiser les pieds du pontife, il entra en extase et s'éleva du sol. Selon le récit rapporté par Olivier Leroy, Urbain VIII fut « saisi de crainte » devant la scène, mais promit plus tard, si Joseph mourait durant son pontificat, de déposer lui-même son témoignage sur ce qu'il avait vu[48].

Le Grand Amiral de Castille et son épouse (1645)

Représentation ancienne de la scène devant le Grand Amiral ; gravure d’après F. A. Lorenzini selon le catalogue. Wellcome Collection, V0032346, CC BY 4.0.

L’un des épisodes les mieux documentés se déroule en 1645, lors du passage à Assise du Grand Amiral de Castille, Juan Alfonso Enríquez de Cabrera, ambassadeur d’Espagne auprès du Saint-Siège. Bernini imprime cette date en marge de son récit, p. 176 ; les Acta Sanctorum la reprennent explicitement. Après avoir rencontré Joseph dans sa cellule, l’amiral souhaite que son épouse puisse aussi lui parler. Le gardien ordonne alors au religieux de descendre dans l’église : la scène n’est pas présentée comme une messe commandée pour les visiteurs.[49]

« Ce fut tout un : entrer, voir la statue, pousser un cri et s’élancer en vol sur une distance de douze pas au-dessus des têtes de l’amiral et des dames. » — Domenico Bernini, Vita, Rome, 1722, p. 177, traduction de l’italien.[50]

Joseph rejoint les pieds de la statue de l’Immaculée, y demeure un court moment puis revient par les airs vers son point de départ. Bernini distingue les réactions : l’épouse s’évanouit et reçoit de l’eau au visage ainsi que des fumigations ; l’amiral reste debout, stupéfait ; certains membres de la suite s’enfuient. À la page suivante, le biographe nomme un autre assistant, le prêtre Giovanni Martelli de Spolète, qui rapporte avoir interrogé Joseph quelques jours plus tard sur cette rencontre. Le récit possède ainsi un relais nommé au-delà du couple de dignitaires.[51]

Cette scène, restée l'une des plus célèbres du dossier, a nourri l'iconographie du saint[52]. La gravure reproduite ici est cataloguée par la Wellcome Collection comme une œuvre d'après F. A. Lorenzini ; sa dédicace à Benoît XIV en fait une représentation postérieure aux événements, non une image prise sur le vif.

Le duc de Brunswick-Lüneburg : d'une lévitation à une conversion (1649-1651)

Jean-Frédéric de Brunswick-Lunebourg, Robert Nanteuil d’après Jean Michelin, XVIIe siècle. Metropolitan Museum of Art, 2000.416.63, CC0.

Le prince Jean-Frédéric de Brunswick-Lunebourg vient à Assise accompagné de deux gentilshommes. Bernini précise qu’un des compagnons est catholique, l’autre luthérien : les trois visiteurs ne forment donc pas un groupe uniformément protestant. Les Acta Sanctorum situent la conversion en 1651, tout en discutant la date de la première visite ; leur commentaire privilégie un séjour en 1650 plutôt que le millésime 1649 des biographies de Bernini et de Pastrovicchi.[53]

Deux observations à l’insu du célébrant

Le premier matin, un dimanche, les visiteurs gagnent par un escalier secret la porte de la chapelle de l’ancien noviciat. Joseph ignore leur présence. Bernini, p. 181, précise ce dispositif ; Aimé Michel le reprend dans Métanoïa, p. 220, en nommant les compagnons Blume et Sittig. Cette disposition est importante : le récit décrit une observation préparée par l’entourage du prince, sans annonce préalable au célébrant.[54]

« Il poussa un très grand cri et vola en arrière dans les airs, à genoux, sur cinq pas. » — Domenico Bernini, Vita, 1722, p. 181, traduction de l’italien.[55]

Le prince demande à revenir le lendemain. Lors de cette seconde messe, les visiteurs voient Joseph élevé d’un palmo au-dessus de la marche de l’autel pendant l’élévation de l’hostie. Les Acta Sanctorum, dans la Vita, nos 43–44, donnent « uno palmo » et « octava circiter horæ parte », soit environ un huitième d’heure : c’est cette leçon du latin, ouverte pour cette correction, qui est retenue ici, contre le « quart d’heure » des reprises (Thurston, Michel). Aimé Michel insiste sur cette seconde observation demandée par les visiteurs : ce ne sont pas deux traditions indépendantes, mais deux épisodes successifs transmis dans le même récit.[56][57]

La conversion et ses conséquences

Les entretiens qui suivent comptent également. Le prince parle longuement avec Joseph, assiste à l’office et prépare son adhésion à l’Église catholique. Bernini, p. 193, rapporte le témoignage du cardinal Cesare Facchinetti sur le rôle des prières et des explications du religieux. L’événement ne se réduit donc pas à l’effet d’un spectacle : la démarche comprend un dialogue religieux et une décision personnelle.[58]

L’un des compagnons luthériens, Blume, exprime au contraire son trouble devant ce qui remet en question ses convictions. Aimé Michel le nomme Johann Heinrich Blume et rapporte sa conversion en 1653 ; les formes de son prénom varient dans les reprises. Michel distingue explicitement la force de l’observation de la valeur spirituelle d’une conversion, pour laquelle il donne la priorité à une vie vertueuse plutôt qu’au seul prodige.[59]

Après sa conversion, le prince gouverne le Calenberg depuis Hanovre de 1665 à 1679. Son frère Ernest-Auguste lui succède après sa mort, en l’absence de fils.[60]

Des témoignages de cardinaux, distincts du constat médical

Rickard mentionne trois cardinaux parmi les ecclésiastiques ayant témoigné de leurs observations après la mort de Joseph. Cette indication ne permet pas de les placer tous dans la chambre du mourant. Les Acta Sanctorum donnent notamment une lettre du cardinal Cesare Facchinetti, écrite après l’annonce du décès, et citent le cardinal Benedetto Odescalchi, futur Innocent XI, parmi les prélats liés à Joseph : chaque pièce doit être rattachée à sa circonstance propre.[61]

Un autre récit présente deux futurs cardinaux parmi les assistants d’un envol devant le tabernacle. La présence de hauts dignitaires élargit le milieu social des témoins ; elle ne dispense pas de distinguer ce qu’ils ont observé, la date de leur déclaration et la source qui la transmet.[62]

Le témoignage médical de la dernière lévitation (1663)

Ce que le chirurgien déclare

Déposition médicale, édition de 1722, p. 266 : « un mezzo quarto d’hora », soit un demi-quart d’heure. Fac-similé Bibliothèque nationale de Naples / Internet Archive, domaine public.

La dernière maladie de Joseph à Osimo fournit un récit circonstancié de deux praticiens : le chirurgien Francesco Pierpaoli et le médecin Giacinto Carosi. Bernini reproduit la déposition du premier dans sa Vita, chapitre XVII, p. 265–266. Le chirurgien applique un cautère à la jambe droite, posée sur son genou, lorsque Joseph entre en extase.[63]

« J’observai qu’il était élevé de presque un palmo au-dessus de cette chaise, dans la même position qu’avant d’être ravi hors de ses sens ; et, essayant d’abaisser cette jambe, je ne le pus : elle restait toujours de la même manière. » — Francesco Pierpaoli, déposition reproduite par Domenico Bernini, Vita, 1722, p. 265–266 ; traduction de l’italien.[64]

Il décrit les bras ouverts, les yeux levés, la bouche entrouverte et l’absence de signe visible de respiration. Une mouche revient se poser sur la pupille sans provoquer de clignement. Pierpaoli s’agenouille pour mieux examiner Joseph ; il précise que Carosi observe lui aussi le corps élevé. Le père Silvestro Evangelista entre ensuite et rappelle Joseph à lui par l’obéissance. Le religieux se rassied, demande que l’on procède au soin et s’étonne d’apprendre qu’il est déjà fait ; le chirurgien lui montre la jambe bandée.[65]

La durée et la portée de l’observation

L’édition de 1722 porte « un mezzo quarto d’hora », littéralement un demi-quart d’heure, soit environ sept minutes et demie. Les reprises de Bouflet et de Rickard donnent un quart d’heure ; le texte ancien ne permet pas de conserver cette durée doublée. De même, quasi un palmo indique une hauteur estimée par comparaison avec la main, sans instrument ni conversion exacte en centimètres.[66]

Ce récit se distingue par la proximité du soin, l’identité des deux praticiens et le geste de vérification décrit. Il ne comporte ni passage de la main sous le corps ni dispositif expérimental. La déposition est celle de Pierpaoli : elle rapporte aussi ce qu’il dit avoir constaté avec Carosi, sans constituer deux procès-verbaux indépendants. Ce sont ces éléments précis, plutôt que le seul titre de médecin, qui donnent à l’observation son intérêt historique.[67]

Le poids de la procédure

Le journal d’Arcangelo Rosmi et les années d’Assise

Infographie : événements et témoignages sont des unités différentes ; ces décomptes ne s’additionnent pas. Bouflet, p. 13 ; Rickard, p. 42–43. Illustration pédagogique générée par IA.

Le témoin le plus systématique du dossier est l'abbé Arcangelo Rosmi (mort en 1654), qui vécut au couvent franciscain d'Assise durant la plus grande partie des quatorze années que Joseph y passa (1639-1653) et tint un journal de ses observations, aujourd'hui édité sous le titre I tre diari (1645-1652) dell'abate Arcangelo Rosmi su san Giuseppe da Copertino[68]. Rosmi consigna environ soixante-dix élévations durant les années d’Assise ; les trois journaux édités portent plus précisément sur 1645–1652[69]. Il précisa lui-même qu'il jugeait superflu d'en noter davantage, tant le phénomène était devenu familier :

« Si [ces soixante-dix cas] ne constituent pas une preuve suffisante, trois cents de plus n'y changeraient rien. » — Arcangelo Rosmi, journal cité par B. Rickard (2023)[70]

Bernini rapporte le même constat de banalisation quotidienne : « chaque fois qu'il faisait ses dévotions, il s'élevait »[71].

Un autre chiffre voisin concerne un ensemble différent : Bouflet indique que les actes du procès retiennent plus de soixante-dix cas à Copertino et dans ses environs, avant le départ de 1639[72]. Ce décompte ne se confond ni avec celui du journal de Rosmi pour Assise ni avec le nombre de témoignages retrouvé par Parisciani. Plusieurs personnes peuvent décrire le même événement ; plusieurs sources peuvent reprendre le même témoignage.

Les archives vaticanes de Gustavo Parisciani

Le franciscain moderne Gustavo Parisciani, qui a étudié les dépositions conservées aux archives vaticanes pour la seule période d'Assise, y a retrouvé au moins cent cinquante témoignages oculaires distincts[73] — un nombre de récits qui ne fournit pas, à lui seul, le total des envols de Joseph[74]. Il faut distinguer les dépositions judiciaires des biographies qui les utilisent. La Vita de Domenico Bernini est un ouvrage imprimé en un volume, à Rome en 1722. L’auteur renvoie en marge aux procès de Nardò, d’Assise et d’Osimo ; ces références documentaires ne sont pas des tomes supplémentaires de sa biographie.[75]

Source documentaireNatureVolume / portéeDate de rédaction
Journal d'Arcangelo RosmiJournal de témoin direct, années d'AssiseEnviron 70 élévations pour les années d’AssiseJournaux édités : 1645–1652
Vita de Roberto NutiPremière biographie, nombreux témoignages oculairesUn volume1678, quinze ans après la mort
Vita de Domenico BerniniBiographie de référence, collecte de témoignages depuis 1628Un volume imprimé, fondé notamment sur les procèsPubliée en 1722, cinquante-neuf ans après la mort
Dépositions retrouvées par Gustavo PariscianiMinutes de procès, archives vaticanesAu moins 150 témoignages pour la seule période d'AssiseTémoignages anciens étudiés et publiés au XXe siècle

Les trois examens du Saint-Office

Infographie : les procédures examinent la conduite, les témoignages et la sainteté de Joseph. Bouflet, p. 12–13 et 20–24 ; Rickard, p. 51–52. Illustration pédagogique générée par IA.

En 1638, un vicaire apostolique mécontent, Mgr Joseph Palamolla, dénonça Joseph à l'Inquisition de Naples, l'accusant d'accomplir des guérisons et des miracles « comme s'il était un autre Messie »[76]. Incapable de monter à cheval, Joseph parcourut à pied les quelque trois cents kilomètres séparant la Grottella de Naples, accompagné d'un surveillant[77]. Il y subit trois examens distincts du Saint-Office échelonnés sur plusieurs mois, avant que son dossier ne fût transmis à Rome pour un examen complémentaire sur sa motivation et sa piété[78]. Durant cette période, à Naples comme à Rome, il fut sommé de célébrer la messe sous la pleine surveillance de congrégations composées presque uniquement de clercs — et lévita, sous leurs yeux, aux moments-clés de chaque célébration[79].

L'ensemble du processus dura près de deux ans et plongea Joseph dans une dépression profonde[80]. Il fut finalement pleinement innocenté — non seulement des soupçons d'hérésie ou de démonisme, mais aussi de toute affectation de sainteté ou de recherche de notoriété[81]. Les Inquisiteurs choisirent néanmoins de le maintenir définitivement à l'écart du public, non par doute sur sa sincérité, mais par crainte qu'un culte populaire incontrôlé ne se développe autour de lui[82].

L'affaire San Mauro : l'accusateur devenu suspect

L'épisode de la tournée de 1636 eut un prolongement révélateur pour la crédibilité du dossier : lorsque San Mauro fut lui-même convoqué par les Inquisiteurs pour expliquer son comportement envers Joseph, il se trouvait dans une position délicate. S'il persistait dans ses accusations et que Joseph était innocenté, San Mauro risquait d'être qualifié de faux accusateur ; si au contraire les phénomènes de Joseph s'avéraient d'origine démoniaque, San Mauro pouvait être considéré comme complice pour ne pas les avoir dénoncés plus tôt[83]. Cette situation contradictoire illustre le sérieux avec lequel la procédure inquisitoriale traitait chaque partie, accusateur compris — un contexte qui rend d'autant plus significative l'innocence finalement reconnue à Joseph.

Prospero Lambertini, futur Benoît XIV, promoteur de la foi

La fonction de promoteur de la foi consistait à examiner les objections à une cause de sainteté. Prospero Lambertini (1675–1758), futur Benoît XIV, l’exerça lors de l’étude du dossier de Joseph. Dans son traité De servorum Dei beatificatione et beatorum canonizatione, livre III, chapitre 49, no 9 — dans le texte cité par Herbert Thurston (1952), p. 17, n. 3 —, il crédite ainsi les déposants :

« Des témoins oculaires, au-dessus de toute objection, attestent les très célèbres élévations au-dessus du sol et les grands vols de ce serviteur de Dieu, en extase et ravi. » — Prospero Lambertini, De servorum Dei beatificatione, III, 49, 9, latin cité par H. Thurston, traduction du latin.[84]

Ce jugement concerne la qualité des témoignages. La reconnaissance des vertus et celle des miracles restent des décisions séparées : les vertus héroïques sont approuvées sous Clément XII en 1735 ; devenu pape, Lambertini approuve deux guérisons posthumes en 1752, puis béatifie Joseph en 1753.[85]

Pour le philosophe Michael Grosso, auteur d’une étude sur Joseph et associé à l’édition anglaise de la Vita de Bernini, une explication d’ensemble doit prendre en compte la répétition des récits, les différents lieux et la diversité des déposants. Son objection au rejet global du dossier est cumulative : expliquer un épisode par une méprise ne suffit pas à expliquer tous les autres. Elle ne signifie pas que chaque déposition soit indépendante ni qu’une erreur collective soit logiquement impossible.[86]

Béatification et canonisation

Joseph fut béatifié en 1753 par Benoît XIV — le pape qui avait autrefois examiné sa cause comme promoteur de la foi[87]. Il fut canonisé le 16 juillet 1767 par Clément XIII[88]. L'historien de l'occultisme Eric Dingwall, auteur d'une bibliographie exhaustive sur Joseph, exprimait ainsi son refus de l’hypothèse d’une fraude concertée à cette échelle : il ne pouvait croire que tous les officiels catholiques ayant attesté les élévations de Joseph « mentaient tous ou étaient engagés dans un système de tromperie destiné à soutenir la réputation d'un frère fraudeur »[89].

Des actes et des critères distincts

La chronologie juridique précise le contenu du jugement ecclésial. Les Acta Sanctorum, dans leur commentaire préalable, nos 118–124, donnent les étapes suivantes :

DateActeObjet de l’examen
Après la mort de 1663Procès ordinaires de Nardò, Assise et OsimoVie, vertus et faits rapportés
31 août 1686Introduction de la cause par Innocent XIOuverture de la procédure romaine
10 juillet 1711Dispense de Clément XIPoursuite de la cause avant l’écoulement du délai de cinquante ans
15 août 1735Décret de Clément XIIVertus pratiquées à un degré héroïque
4 octobre 1752Décret de Benoît XIVDeux guérisons : l’œil blessé de Stefano de Matthæis et la tumeur au genou de Vittorio de Matthæis
1753BéatificationAutorisation du culte du bienheureux

Le décret de 1752 distingue l’examen des preuves, les avis écrits des médecins, les débats des consulteurs et le vote des cardinaux. Les miracles approuvés sont des guérisons attribuées à l’intercession du défunt, et non ses envols de son vivant.[90]

Herbert Thurston formule la distinction canonique, reprise par Bouflet dans Une histoire des miracles, p. 112 : une lévitation peut corroborer l’examen des vertus, mais elle ne remplace pas les miracles posthumes requis dans cette procédure.[91]

Repères de la vie et de la cause

  1. 17 juin 1603
    Naissance à Copertino

    Giuseppe Maria Desa naît dans une famille pauvre du royaume de Naples.

  2. Mars 1628
    Ordination sacerdotale

    À vingt-quatre ans, Joseph est ordonné prêtre ; ses premières extases spontanées commencent presque immédiatement.

  3. 4 octobre 1630
    Premier envol public

    Selon la tradition rapportée par Parisciani, Joseph s'élève dans les airs devant la foule lors d'une procession, à la Grottella.

  4. 1636
    Tournée et incident de Giovinazza

    Le père San Mauro emmène Joseph dans une tournée des Pouilles ; les autorités de Giovinazza le scrutent après une lévitation publique.

  5. 1638-1639
    Trois examens du Saint-Office

    Joseph comparaît devant l'Inquisition à Naples puis à Rome ; il est innocenté après près de deux ans d'examen.

  6. 1639-1653
    Quatorze ans à Assise

    L'abbé Rosmi consigne environ soixante-dix élévations dans son journal ; le prince de Brunswick lui rend visite avant sa conversion de 1651.

  7. 1645
    Visite du Grand Amiral de Castille

    L'ambassadeur d'Espagne et sa famille assistent à l'une des lévitations les plus spectaculaires du dossier.

  8. 1653-1657
    Pietrarubbia puis Fossombrone

    Nouveaux transferts discrets, motivés par l'afflux de curieux à chaque étape.

  9. 1657-1663
    Dernières années à Osimo

    Joseph s’éteint le 18 septembre 1663 ; des enquêtes sur sa vie et ses miracles sont ouvertes après sa mort.

  10. 1753
    Béatification

    Benoît XIV — l'ancien Prospero Lambertini, promoteur de la foi lors du procès — béatifie Joseph.

  11. 16 juillet 1767
    Canonisation

    Clément XIII canonise Joseph de Cupertino à Rome.

Distinguer la lévitation mystique du phénomène médiumnique

Le dossier Copertino ne se comprend pleinement que par contraste. Joachim Bouflet, dans son étude de référence La Lévitation, consacre de longues pages à examiner les cas de lévitation attribués à des médiums spirites du XIXe siècle, précisément pour établir des critères de discernement transposables au dossier catholique.

Le contre-modèle de Daniel Dunglas Home

Infographie : une grille de lecture des conditions, à appliquer à chaque épisode. Bouflet, p. 31–40 et 68, d’après Leroy. Illustration pédagogique générée par IA.

Le médium écossais Daniel Dunglas Home (1833-1886), surnommé le « prince des médiums », est le cas le plus célèbre de lévitation revendiquée hors du cadre religieux. Ses séances, qui impressionnèrent des témoins de rang — Lord Adare, Lord Lindsay (futur président de la Royal Astronomical Society), le physicien William Crookes ou encore l'écrivain Léon Tolstoï —, présentaient des conditions d’éclairage variables ; le célèbre épisode entre deux fenêtres en décembre 1868 soulève notamment la question de la lumière disponible[92]. Un témoin de séance rapporte :

« Nous entendîmes soulever la fenêtre de la chambre voisine et, presque immédiatement, nous vîmes Home flotter en l'air en dehors de la fenêtre. » — Lord Lindsay, témoin de la séance de décembre 1868, cité par J. Bouflet (2006)[93]

Mais Bouflet relève aussitôt la fragilité de ce récit : « l'un des meilleurs spécialistes actuels de Daniel D. Home, l'historien John Sladek, a procédé à une étude comparative des trois versions [du même épisode] et en a tiré des conclusions accablantes »[94], notamment des contradictions matérielles sur la date exacte de l'événement.

Bouflet mentionne aussi une pièce brillamment éclairée dans le dossier Home, p. 47. Son argument ne se réduit donc pas à l’opposition entre lumière chez les saints et obscurité chez les médiums. Il cite le jugement comparatif de Leroy :

« Pas même Home, qui semble être chez les médiums une réplique de Joseph de Copertino, ne donne des phénomènes aussi francs et intenses que ceux du frère mineur. » — Olivier Leroy, La Lévitation, p. 288–289, cité par Joachim Bouflet, 2006, p. 47.[95]

Eusapia Palladino, la médium démasquée

La médium napolitaine Eusapia Palladino (1854-1918), étudiée par des scientifiques aussi sérieux que Camille Flammarion, Cesare Lombroso ou Charles Richet, fut finalement démasquée lors de sa tournée américaine de 1909. Les enquêteurs découvrirent que :

« Elle cache dans les plis de ses amples jupes noires le matériel qui lui permet de produire des ectoplasmes [...] et surtout elle a mis au point une astucieuse technique pour simuler des déplacements d'objets à distance. » — Joachim Bouflet, récit de la tournée américaine de 1909, La Lévitation, 2006, p. 40–41[96]

Bouflet cite sa demande « Meno luce ! » (« moins de lumière ! ») et décrit les procédés de substitution de mains ou de pieds permettant de tromper certains contrôles. Ce constat vise des séances et des dispositifs précis ; il ne permet pas d’attribuer automatiquement les mêmes procédés à Home ou à Joseph.[97]

Ce que permet la comparaison de Leroy

Le tableau de Bouflet, p. 68, adapte celui de Leroy et oppose les types « mystique » et « médium » selon la volonté, les circonstances, la publicité et la conduite personnelle. Pour comparer des cas historiques, les critères les plus vérifiables sont les conditions de chaque observation :[98]

QuestionJoseph de CupertinoHome et Palladino
Le phénomène est-il recherché ?Extases décrites comme involontaires ; Joseph redoute leur publicitéSéances organisées pour obtenir des manifestations
Quel éclairage ?Plusieurs récits en pleine lumière ; conditions à préciser pour chaque scènePénombre dans plusieurs séances ; Bouflet signale aussi un épisode de Home en pièce éclairée
Quel contrôle ?Témoins de proximité, gestes décrits par Pierpaoli, observation du prince à l’insu du célébrantTémoignages et essais de contrôle ; substitutions et fraudes repérées chez Palladino
Quelles sources confronter ?Journaux, dépositions, biographies et citations des procèsRelations de séances, comptes rendus d’expériences et versions parfois contradictoires
Quelle place pour la conduite personnelle ?Vertus et obéissance examinées dans la causeLes jugements sur les personnes ne remplacent pas l’examen matériel d’une séance

L’intérêt de la comparaison est d’éprouver les récits sur des critères communs. Les fraudes observées chez Palladino n’expliquent pas par elles-mêmes les épisodes de Cupertino ; inversement, la vertu d’un témoin ne transforme pas son estimation d’une hauteur en mesure instrumentale.[99][100]

Un parallèle décisif : Pierre d'Alcantara

Pierre d’Alcantara, peintre brésilien anonyme, XIXe siècle. Museu Nacional de Belas Artes, Rio de Janeiro ; reproduction Wikimedia Commons, domaine public.

Le cas le plus proche de celui de Copertino dans l'histoire de la mystique catholique est celui de saint Pierre d'Alcantara (1499-1562), franciscain espagnol mort quarante et un ans avant la naissance de Joseph. Bouflet établit un parallèle direct et daté entre les deux hommes, relevant qu'ils partagent le trait le plus singulier du phénomène :

« Il fut sujet à de nombreuses et impressionnantes lévitations, fort semblables à celles de Joseph de Copertino ; comme ce dernier, il poussait au début du phénomène un grand cri. » — Joachim Bouflet, La Lévitation, Le Jardin des Livres, 2006, p. 177-178[101]

Les témoignages sur Pierre d'Alcantara, consignés dans les Acta Sanctorum, précisent : « il n'était pas rare alors qu'il poussât des cris terrifiants, au point de remplir d'une crainte horrifiée les frères qui l'entendaient »[102]. Comme Copertino, il était vu « soulevé du sol jusqu'à atteindre le plafond du chœur conventuel, ou bien on le voyait planer dans le jardin du couvent au niveau des plus hautes branches des arbres [...] parfois, il était projeté comme une flèche à travers cloîtres et couloirs [...] franchissant sans se blesser les portes les plus étroites »[103].

Un détail retient particulièrement l'attention de Bouflet : sainte Thérèse d'Avila, témoin direct des extases de Pierre d'Alcantara qu'elle prit pour directeur spirituel, ne mentionne jamais dans ses écrits le moindre soulèvement corporel — silence que Bouflet relève explicitement comme notable, dans la mesure où une observatrice aussi attentive et sincère qu'elle « n'aurait pas manqué de le signaler si elle l'avait vu »[104]. Ce silence ne permet donc pas de compter Thérèse parmi les témoins directs de ses lévitations : elle atteste ici un ravissement, tandis que le soulèvement corporel repose sur d'autres récits.

La cohérence critique de Joachim Bouflet

Infographie : Bouflet examine aussi les divergences d’un épisode de Cupertino. La faveur accordée à l’ensemble du dossier ne dispense pas de la critique de détail ; p. 18, 24 et 175–177. Illustration pédagogique générée par IA.

Joachim Bouflet ne donne pas la même valeur à tous les récits de lévitation. Il écarte plusieurs attributions mal établies et juge particulièrement consistant l'ensemble du dossier Copertino. Ce jugement favorable coexiste cependant avec la mention de divergences entre certains témoignages : il faut donc distinguer l'appréciation globale du dossier de la validation de chacun de ses détails.

Bouflet rejette ainsi un récit isolé de lévitation attribué à Padre Pio : « le phénomène n'est signalé dans la vie du saint capucin qu'une seule fois, sur la base de documents peu crédibles émanant d'un seul témoin ; et l'éminent connaisseur — et ami — de Padre Pio que fut Ennemond Boniface ne cite pas la lévitation dans l'étude rigoureuse qu'il a consacrée à la phénoménologie mystique du stigmatisé. Le récit en est copié presque mot à mot d'une biographie populaire de saint Jean-Joseph de la Croix »[105]. Il traite de la même façon une prétendue lévitation d'un prêtre italien du XXe siècle, Don Carlo Monclin, dont l'attribution est jugée gratuite « vérification faite », les récits disparaissant après l'éloignement du prêtre par son évêque[106]. Bouflet rappelle enfin qu'Herbert Thurston et Olivier Leroy eux-mêmes ont écarté, après examen critique des sources, les lévitations traditionnellement attribuées à Bernard de Clairvaux, à saint Dominique et à saint Ignace de Loyola, faute de témoignages contemporains solides[107].

Bouflet situe néanmoins Copertino parmi les cas qu’il retient et écrit :

« Joseph de Copertino, le saint volant, en est l'exemple le plus connu. » — Joachim Bouflet, La Lévitation, Le Jardin des Livres, 2006, p. 177[108]

Il situe Copertino au sein d'une catégorie entière de prêtres-saints observés en lévitation pendant la célébration de la messe — parmi lesquels saint Vincenzo Pallotti, saint Alphonse de Liguori, saint Michel Garicoïts, le Curé d'Ars, saint Giuseppe Benedetto Cottolengo, saint Bernardino Realino ou le bienheureux Francisco de Posadas[109] — et propose une explication théologique au déclencheur commun : la présence réelle de Jésus dans l'eucharistie « dans l'adoration du très Saint Sacrement, dans l'assistance à la messe, sa célébration, pour le prêtre » semble être « le point de départ, voire la cause » du soulèvement[110]. Bouflet note d'ailleurs que ce même trait rapproche Copertino d'une autre figure méconnue, la Santinha d'Arrifana, mystique portugaise dont les lévitations quasi quotidiennes durant vingt-neuf ans se déclenchaient elles aussi le plus souvent après la communion : « les faits observés tant chez la Santinha d'Arrifana que chez saint Joseph de Copertino sont, à ce titre, exemplaires »[111].

Bouflet discute pourtant un épisode de Cupertino : le transport d'une grande croix près de la Grottella. Il précise que les témoignages furent recueillis plus de trente ans après l'incident et divergent notamment sur les distances ; il conteste ensuite la conclusion négative qu'en tirait Thurston[112]. Son jugement demeure favorable à l'ensemble des lévitations, et son désaccord avec Thurston porte sur la valeur à donner à ces divergences, non sur leur existence.

Cas examiné par BoufletVerdict de l'historienFragilité relevée
Padre Pio (lévitation isolée)Attribution rejetéeDocument unique, peu crédible, copié presque mot à mot d'un récit sur saint Jean-Joseph de la Croix
Don Carlo MonclinAttribution rejetéeRécits disparus après l'éloignement du prêtre par son évêque
Bernard de Clairvaux, Dominique, Ignace de LoyolaLévitations écartées par Thurston et LeroyAbsence de témoignages contemporains solides
Daniel Dunglas HomeCas retenu mais critiquéContradictions matérielles entre les versions du même épisode
Eusapia PalladinoFraude matérielle démontréeDispositif de simulation retrouvé dans ses vêtements en 1909
Joseph de CupertinoEnsemble du dossier jugé solideDistances divergentes et témoignages tardifs pour l’épisode de la croix (p. 18)

Le débat contemporain : Nickell et la réponse de Rickard

Le dossier Copertino n'a pas cessé d'être discuté à l'époque moderne. En 2018, dans le Skeptical Inquirer, revue du Committee for Skeptical Inquiry, l'enquêteur américain Joe Nickell a publié une critique intitulée « Secrets of the Flying Friar: Did St. Joseph of Copertino Really Levitate? », en réaction aux deux ouvrages du philosophe Michael Grosso sur le sujet[113]. En 2023, le chercheur indépendant Bob Rickard, spécialiste des phénomènes anomaux, lui a répondu point par point dans le Journal for the Study of Religious Experience, en confrontant les récits des biographies anciennes à travers leurs éditions et les études de Leroy, Thurston et Grosso[114].

La thèse sceptique de Joe Nickell (2018)

Infographie : synthèse du débat Nickell (2018) / Rickard (2023). Les scènes évoquent les arguments des auteurs ; elles ne constituent pas des preuves supplémentaires. Illustration pédagogique générée par IA.

Nickell combine deux explications : des mouvements interprétés comme des vols et l’amplification des récits par la mémoire ou la dévotion. Il n’a donc pas besoin de supposer tous les témoins menteurs.[115] Pour la simulation corporelle, Joseph aurait, selon lui, développé par ses génuflexions prolongées une musculature exceptionnelle des jambes, lui permettant de se dresser subtilement sur la pointe des pieds tout en restant apparemment agenouillé, créant ainsi une illusion de lévitation pour des témoins jugés « crédules »[116]. Pour les vols vers des hauteurs plus importantes — la cime d'un olivier, la voûte d'une chapelle —, Nickell avance l'hypothèse d'un « bond » athlétique, comparant Joseph à un acrobate capable de « bondir » vers un point d'appui dissimulé, comme une branche d'arbre ou une console de statue[117]. Il interprète également le cri caractéristique de Joseph comme un procédé délibéré destiné à détourner l'attention des témoins au moment précis du « saut »[118].

Les réponses de Bob Rickard (2023)

Rickard reconnaît le principe même de l'exigence sceptique — une preuve extraordinaire mérite un examen extraordinaire — mais relève que l'explication de Nickell échoue à rendre compte de plusieurs éléments du dossier qu'elle ignore ou minimise[119] :

  1. Aucune trace d'entraînement. Dans l'ensemble des archives disponibles, aucun témoin, même hostile, ne rapporte avoir surpris Joseph en train de s'exercer à de tels mouvements acrobatiques — malgré les années de vie commune et de surveillance. C’est un argument tiré du silence des sources, non une observation continue de chacun de ses gestes[120].
  2. Des témoins qualifiés, non de simples « paysans crédules ». Nickell qualifie certains témoins de « paysans crédules du XVIIe siècle » ; or le dossier compte, on l'a vu, un pape, un amiral-ambassadeur, un duc, des cardinaux et deux praticiens observant pendant un soin rapproché[121].
  3. Des durées incompatibles avec une pose athlétique. Rester en équilibre sur la pointe des pieds, en position agenouillée, sur une branche « qui tremblait », pendant près d'une demi-heure, ou immobile deux heures dans un jardin, demande une explication distincte d’un simple saut[122].
  4. Le témoignage médical de 1663. Le chirurgien et le médecin observent Joseph pendant un soin ; le premier rapporte une élévation de presque un palmo ; l’édition de Bernini donne un demi-quart d’heure et une tentative infructueuse d'abaisser sa jambe. Il s'agit d'une estimation et d'une observation rapprochée, sans mesure instrumentale décrite[123].
  5. L'absence de mobile crédible. Joseph ne recherchait jamais l'exposition publique, priait pour que le phénomène cesse et fut, à plusieurs reprises, plongé dans la honte et la confusion par ses propres extases publiques[124].
  6. L’explication de l’ensemble. Une fraude concertée à travers plusieurs villes et milieux serait une hypothèse lourde. Mais Nickell invoque aussi la méprise et l’embellissement : la réponse pertinente consiste donc à confronter ces hypothèses aux observations rapprochées, aux épisodes répétés et à la transmission de chaque récit, plutôt qu’à lui prêter la nécessité d’un complot général.[125][126]

Rickard souligne enfin que la procédure inquisitoriale elle-même ne s'est jamais focalisée sur la preuve du phénomène physique, mais sur l'examen des vertus morales de Joseph — indifférence à la pauvreté, obéissance immédiate, absence de recherche de prestige — jugées plus décisives que l'extraordinaire lui-même pour établir sa sincérité[127]. Sa conclusion est directe :

« Les lévitations de saint Joseph, expliquées ? Je ne le pense pas. » — Bob Rickard, « The Levitations of St Joseph of Copertino: Explained? », Journal for the Study of Religious Experience, 2023, p. 71[128]

Ce que le désaccord permet d’établir

Les sauts, appuis et erreurs de perception proposés par Nickell peuvent être confrontés aux détails de chaque scène. Ils ne rendent pas compte, sans hypothèses supplémentaires, du chirurgien tentant d’abaisser une jambe, du vol en arrière observé depuis une porte ou des déplacements avec une autre personne. Ce sont les points les plus exigeants du dossier, à condition de conserver la distinction entre événement, déposition et reprise imprimée.[129][130][131]

Le nombre des témoins ne suffit pas à lui seul : trois biographies qui recopient un même passage ne font pas trois attestations indépendantes. La force du dossier tient aux sources nommées, aux circonstances précises et à la possibilité de discuter leurs divergences. La lecture catholique y reconnaît des raisons sérieuses de croire aux lévitations de Joseph, sans faire de chaque détail transmis une condition de sa sainteté.

Comment lire ce dossier en catholique

Infographie : distinguer l’examen des récits du jugement sur les vertus. Synthèse de la lecture catholique présentée dans cette section. Illustration pédagogique générée par IA.

La théologie catholique n'a jamais accordé à la lévitation le statut d'une preuve en soi. Olivier Leroy formule cette position doctrinale dans une synthèse reprise par Bouflet en conclusion de son propre chapitre :

« La théologie catholique traditionnelle refuse de donner à la lévitation une cause naturelle. Elle en fait un prodige divin ou un artifice démoniaque. Les lévitations des possédés ou des médiums sont une parodie, sinistre ou burlesque, du charisme de ses saints. Pour celles des mystiques non catholiques ou même païens, elle ne leur dénie pas a priori une origine divine. » — Olivier Leroy, La Lévitation. Contribution historique et critique à l'étude du merveilleux, Paris, Librairie Valois, 1928, p. 350, cité par J. Bouflet, La Lévitation, Le Jardin des Livres, 2006, p. 199[132]

Les vertus et les signes

La distinction canonique exposée par Thurston permet de comprendre la place de ces récits : l’extraordinaire peut appuyer l’examen d’une vie, tandis que la reconnaissance de la sainteté porte sur la personne et ses vertus. Dans la cause de Joseph, les deux guérisons approuvées en 1752 sont séparées des lévitations de son vivant.[133][134]

L’obéissance traverse les témoignages : un ordre du supérieur rappelle Joseph à lui alors que les sollicitations physiques restent sans effet. Cette constante apparaît aussi bien dans le récit de l’audience d’Urbain VIII que dans celui du soin à Osimo. Elle relie le phénomène corporel à la vie religieuse dans laquelle il s’inscrit.[135][136]

La lecture spirituelle de Jean-Paul II

Dans son message pour le quatrième centenaire de Joseph, Jean-Paul II évoque les extases, puis insiste sur la prière eucharistique, la simplicité et l’obéissance du franciscain. Son portrait fait ressortir la joie transmise à ceux qui le rencontraient :

« Il était l’homme de la joie, affable et cordial avec tous. » — Saint Jean-Paul II, message aux Frères mineurs conventuels, 2003, no 8.[137]

Les lévitations prennent ainsi leur place dans une existence tournée vers le Christ : elles attirent l’attention sur Joseph, mais l’exemple proposé aux fidèles reste une sainteté vécue dans la prière, la charité et l’accomplissement du devoir quotidien.[138]

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Bob Rickard, « The Levitations of St Joseph of Copertino: Explained? », Journal for the Study of Religious Experience, vol. 9, n° 1, 2023, p. 39-40 : convergence de Josef Görres, Herbert Thurston et Olivier Leroy pour désigner Copertino comme le cas de lévitation chrétienne le plus impressionnant. Source : rerc-journal.tsd.ac.uk.

    1 7
  2. Prospero Lambertini, De servorum Dei beatificatione et beatorum canonizatione, livre III, chap. 49, no 9 ; voir la citation dans la section consacrée au promoteur de la foi.

    2
  3. Olivier Leroy, La Lévitation, Paris, Valois, 1928, p. 89, cité par B. Rickard (2023), p. 57 : la bulle de canonisation affirmerait qu'« aucun saint ne peut lui être comparé à cet égard » (« No saint can be compared to Joseph in this respect »). Texte de la bulle non retrouvé dans les Acta Sanctorum (septembre, t. V, 1755) : attribution maintenue à Leroy, au conditionnel.

    3 11
  4. Acta Sanctorum, septembre, t. V, Anvers, 1755, « De B. Josepho a Cupertino », Commentarius prævius, nos 1–4 : Nuti (1678), Bernini (1722), Agelli et Pastrovicchi (1753), méthode d’édition et renvois aux procès. Texte latin.

    4 75
  5. Rickard (2023), p. 39-40, notes 1-3 : présentation de Josef Görres (1776-1848), Herbert Thurston (1856-1939) et Olivier Leroy (1884-1976) comme les trois historiens de référence de la lévitation chrétienne ; la grille critique en cinq points de Leroy pour évaluer les récits anciens.

    5
  6. Bibliothèque nationale de France, notice d’autorité « Leroy, Olivier (1884–1976) ». L’édition française de 1928 paraît à Paris chez Valois, sous le titre La Lévitation. Contribution historique et critique à l’étude du merveilleux ; voir le compte rendu contemporain dans la Revue néo-scolastique de philosophie, 1930, p. 366.

    6
  7. Josef Görres, La Mystique divine, naturelle et diabolique, trad. C. Sainte-Foi, Paris, 1861, t. 2 : « Il n'est donc aucun fait historique où l'on ait cherché avec plus de soin à découvrir la vérité ; et nous pouvons ajouter une entière confiance aux choses qui nous sont racontées touchant cette merveilleuse propriété de notre saint. » Édition numérisée. Antérieurement cité d'après la version anglaise de Rickard (2023), p. 41 (« with no historical fact has so much care been taken to bring the truth to light »).

    8
  8. Stephen Braude, compte rendu de M. Grosso, The Man Who Could Fly, dans Journal of Scientific Exploration, vol. 30, n° 2, 2016, cité par Rickard (2023), p. 41. Texte original : « the case of St. Joseph provides the earliest outstanding evidence for human levitation and quite possibly the best from any era » (formulation corroborée par la notice PhilPapers de la recension ; original non consulté en intégralité).

    9
  9. Blaise Cendrars, Le Lotissement du ciel, Denoël, 1949 (édition originale), p. 137, cité par Rickard (2023), p. 39. Texte anglais cité par Rickard : « spent half his life in ecstasy in the air ». Édition originale française non consultée : la phrase française donnée dans le corps est présentée comme citation rapportée.

    10
  10. Acta Sanctorum, septembre, t. V, 1755, Commentarius prævius, nos 118–124 : introduction de la cause (31 août 1686), dispense (10 juillet 1711), vertus (15 août 1735), décret de Benoît XIV du 4 octobre 1752 et deux guérisons approuvées. Texte latin du décret reproduit.

    12 85 90 134
  11. Rickard (2023), p. 48-49 : liste des déclencheurs habituels de l'extase de Joseph (nom de Dieu, de la Vierge, des saints, musique, icônes, ciel dégagé, bougies, etc.).

    13
  12. Catholic Encyclopedia, « St. Joseph of Cupertino », The Catholic Encyclopedia, New York, Robert Appleton Company, 1910 ; canonisation le 16 juillet 1767 par Clément XIII. Source : New Advent.

    14 88
  13. Rickard (2023), p. 46, citant Cendrars (1992), p. 41. Texte anglais cité : « from his place in the refectory, brandishing a sea urchin! ».

    15
  14. Rickard (2023), p. 47 : le cri de Joseph, plus proche du hurlement que de l'exclamation, systématiquement rapporté par les témoins au moment de l'envol.

    16
  15. Rickard (2023), p. 62, citant Bernini d'après Grosso (2017). Texte anglais cité : « some people bowed, some prayed, some cried, and some ran from the scene ».

    17
  16. Rickard (2023), p. 62, citant Bernini d'après Grosso (2017), p. 62. Texte anglais cité : « It all happened so quickly that those present were filled with sacred terror, marvelling to each other, and remaining in a stupor ».

    18 23
  17. Rickard (2023), p. 68, note 33 : le span est une unité de mesure correspondant à l'écart entre le pouce et l'auriculaire d'une main ouverte, soit environ quinze à vingt-deux centimètres.

    19
  18. Rickard (2023), p. 61 : durées de suspension immobile rapportées par les témoins, de quelques secondes à plus de deux heures selon les épisodes.

    20
  19. Rickard (2023), p. 61, citant Bernini d'après Grosso (2017), p. 138. Texte anglais cité : « soaring through the air on a level with the crowns of the trees in the garden. He remained there, kneeling in the air, for more than two hours ».

    21 24
  20. Rickard (2023), p. 54-55, citant Bernini d'après Grosso (2017), p. 26. Texte anglais cité : « suddenly sighed and loudly screamed and flew up in the air like a bird, halfway to the ceiling, where he continued dancing above the main altar, and went to embrace the tabernacle [...] for about fifteen minutes ».

    22
  21. Domenico Bernini, Vita del ven. padre fr. Giuseppe da Copertino, Rome, Ludovico Tinassi et Girolamo Mainardi, 1722, chap. XVII, p. 265–266 : presque un palmo, « un mezzo quarto d’hora ». Édition numérisée.

    25
  22. Acta Sanctorum, septembre, t. V, 1755, Vita, nos 43–44 : « uno palmo supra scabellum altaris [...] octava circiter horæ parte » (un palmo, environ un huitième d'heure). Texte latin. Pour la chronologie, Commentarius prævius, no 40. La traduction anglaise citée par Rickard, d'après Thurston (1952), p. 98, porte « about a quarter of an hour » : durée doublée par rapport au latin.

    26
  23. Rickard (2023), p. 53 : témoins pinçant, tirant ou approchant une flamme de Joseph en extase pour vérifier l'authenticité du phénomène.

    27
  24. Roberto Nuti, Vita di Ven. Giuseppe da Copertino, 1678, cité par Rickard (2023), p. 53, note 22. Texte anglais cité : « to bring him back they would drag him on the ground, pinch him, twist his fingers, put candles in his mouth and the like ».

    28
  25. Domenico Bernini, Vita, Rome, 1722, p. 266 : mouche sur la pupille et absence de réaction ; déposition de Pierpaoli.

    29
  26. Rickard (2023), p. 57, citant Bernini d'après Grosso (2017), p. 82-85. Texte anglais cité : « gave a great scream and flew into the air backward in a kneeling position ».

    30
  27. Rickard (2023), p. 57, citant Bernini d'après Grosso (2017), p. 152. Texte anglais cité : « flew forward up and over three rows of friars ».

    31
  28. Rickard (2023), p. 58, citant Bernini d'après Grosso (2017), p. 70. Texte anglais cité : « one out of his mind because he was afraid, the other out of his mind because he was a saint ».

    32
  29. Rickard (2023), p. 58, citant Bernini d'après Grosso (2017), p. 68-69 : élévation du Père custode Raffaelle Palma à Assise en 1642.

    33
  30. Rickard (2023), p. 58, citant Bernini d'après Grosso (2017), p. 80. Texte anglais cité : « one hand under the arm ».

    34
  31. Domenico Bernini, Vita, 1722, récit de Balthasar Rossi ; repris dans les Acta Sanctorum, septembre, t. V, 1755, Vita, no 38 : homme amené attaché à un siège, puis soulevé avec Joseph devant les assistants. Texte latin.

    35 131
  32. Rickard (2023), p. 49 : admission de Joseph, en 1625, à vingt-deux ans, au couvent de la Grottella malgré sa réputation d'« ignorant, untutored, barely literate ».

    36
  33. Rickard (2023), p. 41–42, situe l’ordination en mars 1628. Joseph, né le 17 juin 1603, avait alors vingt-quatre ans révolus.

    37
  34. Rickard (2023), p. 49, citant Gustavo Parisciani. Texte anglais cité : « soared into the air and remained ecstatic and immovable before the eyes of the stupefied crowd ».

    38
  35. Rickard (2023), p. 49, note 18 : l'abbé Rosmi situe une première lévitation à Assise, devant une icône de la Vierge à l'Enfant, divergeant de la tradition de la Grottella rapportée par Parisciani.

    39
  36. Rickard (2023), p. 49 : en quatre ans, Joseph est connu dans toute la province des Pouilles comme un « new St Francis ».

    40
  37. Rickard (2023), p. 49-50 : sept carêmes de quarante jours par an, sommeil très réduit, discipline corporelle sévère jusqu'à ordre d'arrêt du supérieur.

    41
  38. Rickard (2023), p. 50 : le père provincial Antonio di San Mauro organise en 1636 une tournée de cinquante couvents des Pouilles avec Joseph, espérant en tirer un bénéfice de prestige personnel.

    42
  39. Rickard (2023), p. 50 : tensions publiques entre San Mauro et Joseph, l'intérêt populaire se portant sur ce dernier.

    43
  40. Rickard (2023), p. 50 : l'incident de Giovinazza, où des officiels locaux soupçonnent une « théâtrale campaign » orchestrée par Joseph et ses confrères.

    44
  41. Michael Grosso, The Man Who Could Fly: St Joseph of Copertino and the Mystery of Levitation, 2016, p. 25, cité par Rickard (2023), p. 50. Texte anglais cité : « Recently, three men were burned alive because they said Mass in public without having been ordained ».

    45
  42. Rickard (2023), p. 50 : San Mauro accuse Joseph de « feigned sanctity » et le qualifie de « downright crazy ».

    46
  43. Rickard (2023), p. 50. Texte anglais cité : « I can say nothing except that he was a saint who went into ecstasy continually and was adored by everybody ».

    47
  44. Acta Sanctorum, septembre, t. V, 1755, « De B. Josepho a Cupertino », Vita, no 35 : élévation devant Urbain VIII et promesse de témoigner si Joseph meurt durant son pontificat. Texte latin. Voir aussi Rickard (2023), p. 63, d’après Leroy (1928), p. 97–98.

    48 135
  45. Domenico Bernini, Vita del ven. padre fr. Giuseppe da Copertino de’ Minori conventuali, Rome, Ludovico Tinassi et Girolamo Mainardi, 1722, chap. XII, p. 176–178. Date « An. 1645 » imprimée en marge p. 176 ; citation p. 177 : « fugli tutt’una cosa l’entrare, il veder la statua, il dar’ uno strillo, e il lanciarsi à volo per la distanza di dodici passi sopra le teste dell’Ammiraglio, e delle Donne ». Giovanni Martelli est nommé p. 178. Fac-similé. Confirmation : Acta Sanctorum, Vita, nos 35–36, « anno MDCXLV ».

    49 50 51
  46. Wellcome Collection, notice V0032346, gravure d’après F. A. Lorenzini, dédicacée à Benoît XIV. La date de l’événement est donnée par Bernini (1722), p. 176, et les Acta Sanctorum, Vita, no 35 : 1645.

    52
  47. Acta Sanctorum, septembre, t. V, 1755, Commentarius prævius, no 40 : discussion explicite des millésimes 1649, 1650 et 1651. La conversion est fixée à 1651 d’après Antonio Cito ; les Bollandistes proposent 1650 pour la visite. Bouflet (2006), p. 21–22, et Aimé Michel (1986), p. 220, situent la visite en février 1651. Commentaire latin.

    53
  48. Aimé Michel, Métanoïa. Phénomènes physiques du mysticisme, Albin Michel, 1986, p. 220 : observation depuis la porte de la chapelle, à l’insu de Joseph, visiteurs conduits par un escalier privé ; noms Blume et Sittig. Le texte précise qu’un des compagnons est catholique. Voir également Bernini (1722), p. 181.

    54
  49. Domenico Bernini, Vita, Rome, 1722, chap. XII, p. 180–183 et 193 : compagnons catholique et luthérien, escalier secret, deux messes et entretiens. Citation p. 181 : « con un grandissimo strillo volò in aria all’indietro inginocchione per cinque passi ». Édition numérisée.

    55 58 130
  50. Aimé Michel, Métanoïa. Phénomènes physiques du mysticisme, Albin Michel, 1986, p. 220–221 : seconde observation demandée par les visiteurs, élévation d’une paume et quart d’heure rapporté ; conversion de Blume en 1653. L’auteur distingue l’observation du prodige du motif spirituel d’une conversion et préfère le témoignage d’une vie vertueuse.

    56 59
  51. Acta Sanctorum, septembre, t. V, 1755, Vita, nos 43–44, p. 1024 : deux messes, élévation d'un palmo, environ un huitième d'heure (« octava circiter horæ parte »), entretiens et conversion. Texte latin.

    57
  52. Georg Schnath, « Johann Friedrich », Neue Deutsche Biographie, t. 10, 1974, p. 478–479, notice de la Deutsche Biographie : conversion en 1651 et gouvernement du Calenberg de 1665 à 1679. Bernini (1722), p. 180, distingue lui aussi la succession d’Ernest-Auguste après une mort sans fils.

    60
  53. Acta Sanctorum, septembre, t. V, 1755, Commentarius prævius, no 55 : lettre de Cesare Facchinetti après le décès, avec référence au Summarium, f. 5, no 3, B, § 1 ; Vita, no 89 : Benedetto Odescalchi, alors légat à Ferrare. Rickard (2023), p. 52, mentionne trois cardinaux parmi les déposants sans établir leur présence au chevet.

    61
  54. Rickard (2023), p. 61, citant Bernini d'après Grosso (2017), p. 145 : deux futurs cardinaux témoins du vol de Joseph « through shutters of the choir to stop suspended in the air before the tabernacle », ses sandales tombant au sol.

    62
  55. Domenico Bernini, Vita, Rome, Ludovico Tinassi et Girolamo Mainardi, 1722, chap. XVII, p. 265–266, déposition du chirurgien. Original : « era sollevato quasi un palmo alto dalla detta sedia […] e provando io d’abbassarle la gamba sudetta, non fù possibile » ; durée : « passato un mezzo quarto d’hora ». Fac-similé, p. 265–266. Le chirurgien s’agenouille pour observer avec Carosi ; Joseph se rassied après le rappel à l’obéissance.

    63 64 65 66 67 129 136
  56. Arcangelo Rosmi, I tre diari (1645-1652) dell'abate Arcangelo Rosmi su san Giuseppe da Copertino, publié avec la Vita de Nuti dans Fra Giuseppe Desa da Copertino, Processo Assisano di Beatificazione (1666), Società di Storia Patria per la Puglia, Lecce, 2013 ; référencé par Rickard (2023), p. 42, note 6.

    68
  57. Rickard (2023), p. 41-42, citant Bernini d'après Grosso (2017), p. 137 : environ soixante-dix élévations consignées par Rosmi pour la période d'Assise (1639-1653).

    69
  58. Rickard (2023), p. 42, note 6, citant le journal de Rosmi : « if [70] is not proof enough another three hundred would be meaningless ». Traduction française dans le corps.

    70
  59. Rickard (2023), p. 42, citant Bernini. Texte anglais cité : « Every time he would say his devotions he would go up ».

    71
  60. Joachim Bouflet, La Lévitation, Paris, Le Jardin des Livres, 2006, p. 13 (PDF p. 15), décompte des cas retenus dans les actes pour Copertino et ses environs avant 1639.

    72
  61. Gustavo Parisciani, San Giuseppe da Copertino (1603-1663) alla luce dei nuovi documenti, cité par Rickard (2023), p. 42, référençant Grosso (2017), p. 224-225 : au moins cent cinquante témoignages oculaires retrouvés aux archives vaticanes pour la seule période d'Assise.

    73
  62. Rickard (2023), p. 42 : ces cent cinquante témoignages ne représentent qu'une fraction des manifestations quasi quotidiennes de Joseph sur trente-cinq ans.

    74
  63. Rickard (2023), p. 51 : dénonciation de Joseph par Mgr Joseph Palamolla à l'Inquisition de Naples en 1638. Texte anglais cité : « as if he was another Messiah ».

    76
  64. Rickard (2023), p. 51 : Joseph, incapable de monter à cheval, parcourt à pied environ trois cents kilomètres entre la Grottella et Naples.

    77
  65. Rickard (2023), p. 51 : trois examens distincts du Saint-Office à Naples, puis transmission du dossier à Rome pour examen complémentaire.

    78
  66. Rickard (2023), p. 51 : à Naples et à Rome, Joseph est sommé de célébrer la messe sous pleine surveillance de congrégations essentiellement composées de clercs, et lévite à chaque fois.

    79
  67. Rickard (2023), p. 51 : la procédure dure près de deux ans et plonge Joseph dans une dépression profonde.

    80
  68. Rickard (2023), p. 51 : Joseph est finalement déclaré pleinement innocent par l'Inquisition.

    81
  69. Rickard (2023), p. 51 : les Inquisiteurs choisissent néanmoins de l'écarter du public par crainte d'un culte populaire incontrôlé.

    82
  70. Rickard (2023), p. 51 : la position délicate de San Mauro, convoqué lui-même par l'Inquisition à propos de son comportement envers Joseph.

    83
  71. Prospero Lambertini, De servorum Dei beatificatione et beatorum canonizatione, livre III, chap. 49, no 9. Latin : « testes omni exceptione majores et oculati celeberrimas a terra elevationes et ingentes volatus testantur de eo servo Dei ecstatico et rapto ». Cité par Herbert Thurston, The Physical Phenomena of Mysticism, Londres, Burns Oates, 1952, p. 17, note 3 (exemplaire numérisé) ; Bouflet (2006), p. 12–13.

    84
  72. Michael Grosso, The Man Who Could Fly: St. Joseph of Copertino and the Mystery of Levitation, Rowman & Littlefield, 2016, p. 87, cité et discuté par Rickard (2023), p. 70 : argument cumulatif contre le rejet global des témoignages.

    86
  73. Catholicireland.net et Catholic Encyclopedia (New Advent) : béatification de Joseph de Cupertino en 1753 par le pape Benoît XIV, ancien Prospero Lambertini.

    87
  74. Eric Dingwall, Some Human Oddities: Studies in the Queer, the Uncanny, and the Fanatical, 1947, p. 162, cité par Rickard (2023), p. 70. Texte anglais cité : « were all lying or engaged in a system of deceit for the purpose of bolstering up the reputation of a fraudulent friar ».

    89
  75. Herbert Thurston, Les Phénomènes physiques du mysticisme, p. 45, cité par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 112 : lévitation comme élément corroborant des vertus, distinct des miracles posthumes requis pour la béatification ou la canonisation dans la procédure décrite.

    91 133
  76. Joachim Bouflet, La Lévitation, Le Jardin des Livres, Paris, 2006, ISBN 2-914569-27-0, p. 25-35 : témoins de rang des séances de Daniel Dunglas Home (Lord Adare, Lord Lindsay, William Crookes, Léon Tolstoï), séances se déroulant le plus souvent dans la pénombre.

    92
  77. Bouflet (2006), p. 31–32, citant le récit de Lord Lindsay, séance de décembre 1868 à Londres ; les divergences avec Adare sont examinées p. 32.

    93
  78. Bouflet (2006), p. 32, citant l'historien John Sladek sur les contradictions matérielles entre les trois versions du même épisode Home.

    94
  79. Olivier Leroy, La Lévitation, Paris, Librairie Valois, 1928, p. 288–289, cité par Joachim Bouflet, La Lévitation, Le Jardin des Livres, 2006, p. 47 ; le contexte mentionne aussi une pièce brillamment éclairée chez Home.

    95 100
  80. Bouflet (2006), p. 40-41 : démasquage d'Eusapia Palladino lors de sa tournée américaine de 1909, citant Camille Flammarion, Cesare Lombroso, Charles Richet et le colonel de Rochas.

    96 97
  81. Bouflet (2006), p. 68, reprenant et actualisant le tableau comparatif d'Olivier Leroy (mystiques et médiums) : critères d'extase, hauteur, distance, vitesse, effets lumineux, effets sur la santé, moralité, ascèse, recherche de publicité, lieu.

    98 99
  82. Bouflet (2006), p. 177-178 : parallèle direct entre Pierre d'Alcantara (1499-1562) et Joseph de Cupertino, partageant le trait du grand cri précédant l'envol.

    101
  83. Bouflet (2006), p. 178, citant les Acta Sanctorum, octobre, t. VIII, p. 764-765.

    102
  84. Bouflet (2006), p. 178 : plafond du chœur conventuel, hautes branches du jardin, vols dans les cloîtres et couloirs, franchissement de portes étroites.

    103
  85. Bouflet (2006), p. 177-178 : silence de sainte Thérèse d'Avila, témoin direct des extases de Pierre d'Alcantara, sur tout soulèvement corporel.

    104
  86. Bouflet (2006), p. 176, citant Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1971, p. 246-286, et Herbert Thurston, op. cit., p. 37.

    105
  87. Bouflet (2006), p. 177 : critique de l’attribution de lévitations à Don Carlo Monclin et mention de son éloignement par l’évêque de Ferrare.

    106
  88. Bouflet (2006), p. 175 : Thurston et Leroy écartent, après critique des sources, les lévitations attribuées à Bernard de Clairvaux, saint Dominique et saint Ignace de Loyola.

    107
  89. Bouflet (2006), p. 177.

    108
  90. Bouflet (2006), p. 177-186 : catégorie des prêtres-saints observés en lévitation pendant la messe (Pallotti, Alphonse de Liguori, Michel Garicoïts, Curé d'Ars, Cottolengo, Realino, Posadas, Claude Dhière, Felice Maria Ghebre Amlak).

    109
  91. Bouflet (2006), p. 173 : la présence eucharistique du Christ (adoration du Saint-Sacrement, assistance à la messe, célébration pour le prêtre) comme point de départ, voire cause, du soulèvement.

    110
  92. Bouflet (2006), p. 173, sur la Santinha d'Arrifana (Ana de Jesus Maria José Magalhães), mystique portugaise aux lévitations quasi quotidiennes entre 1846 et 1875, citant Porfirio G. Moreira, Santinha de Arrifana, Ediçâo de Paroquia de Arrifana, 1975.

    111
  93. Joachim Bouflet, La Lévitation, 2006, p. 18, notes 16–17 (PDF p. 20) : épisode de la croix, dépositions recueillies plus de trente ans après les faits, divergences de distances ; renvois aux Acta Sanctorum, septembre, t. V, p. 1021 C, et à Herbert Thurston, Les Phénomènes extraordinaires du mysticisme, Gallimard, 1961, p. 26.

    112
  94. Joe Nickell, « Secrets of 'The Flying Friar': Did St. Joseph of Copertino Really Levitate? », Skeptical Inquirer, vol. 42, n° 4, juillet-août 2018, référencé par Rickard (2023), p. 43-45.

    113
  95. Rickard (2023), p. 39, présentation de l'objet de l'article : réponse critique aux deux articles de Joe Nickell (1991 et 2018) sur Joseph de Cupertino.

    114
  96. Joe Nickell, « Secrets of ‘The Flying Friar’: Did St. Joseph of Copertino Really Levitate? », Skeptical Inquirer, juillet–août 2018, sections « Performance Art », « The Levitations » et « Conclusions ». Article original. L’auteur invoque aussi les erreurs de perception et les embellissements de bonne foi, pas seulement une fraude concertée.

    115 125
  97. Rickard (2023), p. 59-60, résumant la théorie de Nickell sur la musculature des jambes développée par les génuflexions prolongées.

    116
  98. Rickard (2023), p. 60-61 : hypothèse de Nickell d'un « bounding » athlétique pour expliquer les vols vers les hauteurs (cime d'olivier, voûte de chapelle).

    117
  99. Rickard (2023), p. 62 : interprétation par Nickell du cri de Joseph comme un procédé de diversion volontaire.

    118
  100. Rickard (2023), p. 47 : reconnaissance par Rickard de la légitimité d'une exigence de preuve rigoureuse pour un phénomène extraordinaire.

    119
  101. Rickard (2023), p. 53 : absence, dans l'ensemble des archives, de toute mention d'un entraînement ou d'une répétition de mouvements acrobatiques par Joseph.

    120
  102. Rickard (2023), p. 56-57 : qualité sociale et professionnelle des témoins (pape, ambassadeur, duc, cardinaux, médecins), contredisant la généralisation de Nickell sur des « paysans crédules ».

    121
  103. Rickard (2023), p. 60-61 : durées de suspension (demi-heure sur une branche tremblante, deux heures dans un jardin) incompatibles avec une pose athlétique simulée.

    122
  104. Domenico Bernini, Vita, Rome, 1722, p. 265–266, déposition de Pierpaoli. Rickard (2023), p. 68–69, reprend le récit avec une durée d’un quart d’heure ; l’italien de 1722 donne un demi-quart d’heure.

    123
  105. Rickard (2023), p. 47 : absence de mobile identifiable, Joseph étant à plusieurs reprises humilié et troublé par ses propres extases publiques.

    124
  106. Rickard (2023), p. 70, citant Grosso (2016), p. 87 (voir citation complète plus haut) : impossibilité logique d'une collusion à cette échelle et sur cette durée.

    126
  107. Rickard (2023), p. 70-71 : lors de l'examen de 1638, l'Inquisition s'attache davantage aux vertus morales de Joseph (indifférence à la pauvreté, obéissance, sérénité) qu'aux phénomènes physiques eux-mêmes.

    127
  108. Rickard (2023), p. 71. Texte anglais cité : « The levitations of St Joseph, explained? I don't think so ».

    128
  109. Olivier Leroy, La Lévitation. Contribution historique et critique à l’étude du merveilleux, Paris, Librairie Valois, 1928, p. 350, cité par Joachim Bouflet, La Lévitation, Le Jardin des Livres, 2006, p. 199. Édition française à distinguer de Levitation: An Examination of the Evidence and Explanations, Londres, Burns Oates & Washbourne, 1928.

    132
  110. Jean-Paul II, message au ministre général des Frères mineurs conventuels pour le quatrième centenaire de Joseph de Copertino, daté du 22 février 2003, publié le 17 mars 2003, nos 5–9. Texte français officiel.

    137 138