Les miracles de Lourdes : 72 guérisons médicalement inexpliquées et ecclésialement authentifiées

Depuis 1858, Lourdes soumet les guérisons à une enquête médicale puis au jugement de l’évêque. Les 72 miracles reconnus, les critères du Bureau et les témoignages sur Bernadette, à partir de Chiron, Messori et des documents officiels.

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Les miracles de Lourdes sont des guérisons reconnues par l'Église après une enquête médicale et un jugement de l'évêque du diocèse de la personne guérie. Le sanctuaire en dénombre 72, parmi plus de 7 500 dossiers déposés depuis les apparitions de 1858. La dernière reconnaissance, celle d'Antonia Raco le 16 avril 2025, concerne une guérison survenue en 2009.[1][2]

Leur singularité tient à une expertise médicale permanente : le Bureau des constatations examine les déclarations depuis les années 1880 ; un comité créé en 1947, devenu international en 1954, réexamine les dossiers retenus. Maladie objectivement établie, absence de traitement expliquant le résultat, soudaineté, complétude et durée de la guérison sont confrontées aux pièces cliniques. Le constat médical et la reconnaissance religieuse restent deux décisions distinctes.[3][4][5]

L'enquête repose aussi sur la crédibilité de Bernadette : ses déclarations, les interrogatoires de 1858, son refus des cadeaux et la constance de son témoignage jusqu'à sa mort. Les travaux d'Yves Chiron sur les guérisons et de Vittorio Messori sur la voyante permettent de retrouver les médecins, les témoins et les documents derrière les récits les plus connus.[6][7]

Des premières guérisons de 1858 aux dossiers modernes de Micheli, Perrin, Bély et Moriau, l'histoire de Lourdes associe des faits extraordinaires et un tri exigeant. Gabriel Gargam et Marie Bailly, célèbres dans cette histoire, n'appartiennent pas à la liste des 72 : distinguer les récits documentés, les conclusions médicales et les proclamations canoniques est indispensable pour comprendre la portée du dossier.[8]

Le cadre : les apparitions de 1858

Cinq repères parmi les dix-huit apparitions, suivis de la reconnaissance de 1862. Infographie ; scène de Massabielle reconstituée. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le sanctuaire de Lourdes ne se comprend pas sans ses origines précises : un événement spirituel daté, public, enquêté et reconnu canoniquement en moins de quatre ans. C'est dans cette ancre historique — Bernadette Soubirous, quatorze ans, illettrée, gasconne, témoin de dix-huit apparitions à la grotte de Massabielle entre le 11 février et le 16 juillet 1858 — que s'enracinent ensuite la source miraculeuse, les pèlerinages, l'organisation médicale des guérisons et le dossier des 72 miracles authentifiés. Sans ce socle, le reste serait flottant ; avec lui, chaque pièce ultérieure s'inscrit dans une chaîne ininterrompue de témoignages, de documents et de décisions épiscopales vérifiables.

Bernadette Soubirous (1844-1879) : une fille de meunier des Pyrénées

Bernadette Soubirous en 1863. Billard-Perrin ; Wikimedia Commons, domaine public. Photographie conservée sans retouche.

Marie-Bernarde Soubirous — dite Bernadette — naît le 7 janvier 1844 à Lourdes, dans les Hautes-Pyrénées, fille de François Soubirous et de Louise Castérot, meuniers que leur générosité et leurs mauvaises affaires ont ruinés[9]. En février 1858, la famille et ses quatre enfants vivent depuis 1857 dans le « cachot », une ancienne cellule de la prison de Lourdes abandonnée comme trop insalubre même pour les détenus, pièce de moins de quatorze mètres carrés mise à leur disposition par un cousin[10]. À quatorze ans, Bernadette mesure à peine plus d'un mètre quarante ; mal nourrie, elle garde de l'épidémie de choléra de 1855 un début d'asthme. Elle ne va pas à l'école, ne parle ni ne comprend le français, n'a pas appris le catéchisme et n'a pas fait sa première communion ; elle ne connaît que le gascon, le patois dans lequel la Dame lui parlera[11].

Le 11 février 1858, vers onze heures, Bernadette part avec sa sœur cadette et une amie ramasser des branches et des os le long du Gave, pour les revendre à la chiffonnière. Elle s'arrête devant la grotte de Massabielle (« roche vieille »), le temps d'ôter ses bas pour traverser le canal d'un moulin[12]. Selon le récit qu'elle refera pendant vingt et un ans, elle voit alors dans une cavité du rocher, dans une lumière douce, une jeune fille vêtue d'une robe blanche, d'un long voile blanc et d'une ceinture bleue, une rose jaune sur les pieds et un chapelet à la main ; Bernadette récite son chapelet devant elle[13]. C'est la première des dix-huit apparitions, qui se poursuivront jusqu'au 16 juillet 1858. Messori souligne la qualité de ce témoignage, raconté « sans jamais hésiter, sans jamais se contredire, en ne retirant jamais rien, en n'ajoutant jamais rien »[14].

Les dix-huit apparitions du 11 février au 16 juillet 1858

La chronologie des dix-huit apparitions s'établit ainsi[15] :

  1. 11 février 1858
    Première apparition

    Bernadette voit la Dame à Massabielle. La deuxième apparition a lieu le 14 février.

  2. 18 février 1858
    La promesse des quinze jours

    À la troisième apparition, la Dame demande : « Voulez-vous me faire la grâce de venir ici pendant quinze jours ? » Les apparitions se succèdent presque quotidiennement jusqu'au 4 mars.

  3. 25 février 1858
    La source

    À la neuvième apparition, Bernadette découvre l'eau en grattant le sol et boit à la fontaine.

  4. 2 mars 1858
    Le message aux prêtres

    À la treizième apparition, la Dame demande une procession et une chapelle.

  5. 25 mars 1858
    Je suis l'Immaculée Conception

    À la seizième apparition, fête de l'Annonciation, la Dame révèle son nom.

  6. 7 avril 1858
    Le cierge

    Le Dr Dozous observe la flamme au contact des mains de Bernadette pendant la dix-septième apparition.

  7. 16 juillet 1858
    Dernière apparition

    La dix-huitième apparition clôt le cycle de Massabielle, en la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel.

L'apparition la plus dense théologiquement reste celle du 25 mars 1858, fête de l'Annonciation. René Laurentin en a reconstitué la scène à partir des témoignages :

« À la quatrième fois, Aqueró ne rit plus. Elle vient de passer son chapelet au bras droit. Ses mains jointes s'écartent, s'étendent vers la terre. De ce geste si simple, une majesté rayonne : sa silhouette de petite fille en prend une sorte de grandeur ; sa jeunesse, un poids d'éternité. D'un même mouvement, elle joint maintenant les mains à la hauteur de la poitrine, lève les yeux au Ciel et dit : Je suis l’Immaculée Conception [traduction du gascon]. » — René Laurentin, Lourdes. Histoire authentique des apparitions, t. VI, Lethielleux, 1964, p. 119-121, cité par Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés, MDN Productions, 2023, p. 187[16]

Apparition de Notre-Dame de Lourdes, carte postale datée de 1906. Bibliothèque patrimoniale de Pau, B6-149, via Gallica ; Wikimedia Commons, domaine public.

« Je suis l'Immaculée Conception » : la formule déconcerte Bernadette, jusqu'à ce qu'on lui explique qu'elle désigne un privilège de Marie, défini comme dogme par Pie IX le 8 décembre 1854, moins de quatre ans plus tôt[17]. L'expression, qui fait d'un privilège le nom propre de la Vierge, n'appartenait pas au vocabulaire d'une adolescente illettrée qui ne parlait que le gascon.

Une source miraculeuse jaillie du sol

Lors de la neuvième apparition, le 25 février 1858, Bernadette, sur l'indication de la Dame, gratte le sol au fond de la grotte jusqu'à faire sourdre un peu d'eau boueuse, qu'elle boit et dont elle se lave le visage ; la Dame lui demande aussi de manger de l'herbe qui pousse là[18]. Dès le 26 février, selon une relation reprise par Chiron, la source « débitait plus d'un litre par seconde » ; le 28, des ouvriers de Lourdes lui creusent un premier bassin. L'eau est captée en 1862 ; un « bâtiment des bains » permet dès 1864 de s'y plonger tout entier, et trois pavillons de piscines sont mis en service en 1891[19]. Le lien avec l'eau reste la règle : sur les soixante-six miracles recensés par Chiron à la fin du XXᵉ siècle, quarante-huit sont liés à l'eau de Lourdes — bain, pansement, boisson ou injection[20] ; le sanctuaire en compte aujourd'hui cinquante sur soixante-douze[21]. Mais d'autres guérisons surviennent hors de toute immersion : neuf au moment de la procession du Saint-Sacrement, d'autres après l'onction des malades, et six chez des personnes qui n'étaient pas venues à Lourdes[22].

La parole de la Dame ce jour-là est restée célèbre : « Allez boire à la fontaine et vous y laver »[23]. Sa portée n'est pas seulement matérielle : la source rejoint le motif biblique des eaux vives qui jaillissent du Temple (Ézéchiel 47), de la source ouverte pour laver le péché (Zacharie 13, 1) et du « fleuve d'eau vive » qui sort du trône de Dieu et de l'Agneau (Apocalypse 22, 1).

Les analyses chimiques et bactériologiques de l'eau

Trois analyses distinguées par leur objet et leur date. Synthèse de Chiron, p. 54–58 ; instruments illustratifs. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

La source est alimentée par un bassin naturel d'environ 30 km², recueillant des apports souterrains : elle n'a pas été créée de rien[24]. Le 3 juin 1858, le conseil municipal de Lourdes demande une analyse officielle au professeur E. Filhol, qui enseigne la chimie à la faculté des sciences de Toulouse ; cinq jours plus tard, le maire interdit l'accès de la grotte au nom de la « santé publique locale ». Le rapport de Filhol, daté du 7 août, conclut :

« Cette eau ne renferme aucune substance active capable de lui donner des propriétés thérapeutiques marquées ; elle peut être bue sans inconvénient. » — Professeur E. Filhol, rapport d'analyse du 7 août 1858, cité par Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 55[25]

L'interdiction d'accès à la grotte est levée le 5 octobre suivant[26]. L'hypothèse d'une radioactivité particulière, avancée au début du XXᵉ siècle, est écartée par Alfred Nodon, qui procède à six séries de mesures les 27 et 28 juillet 1915, puis par le professeur Lepape, du Collège de France, qui qualifie en 1938 l'eau de la source de « tout à fait banale » du point de vue radioactif[27]. En 1964, l'Institut de recherches hydrologiques de Nancy décrit encore une « minéralisation légère formée essentiellement de bicarbonate de calcium »[28]. Une analyse bactériologique conduite en 1948 par le professeur Prévot, de l'Institut Pasteur, relève par centimètre cube dix bactéries dans l'eau de la source, quatre mille cinq cents dans une piscine des hommes et dix-huit mille dans le Gave[29]. Chiron en tire la conclusion qui s'impose :

« Cette analyse bactériologique atteste bien qu'il n'y a pas de « miracle permanent » dans les piscines. » — Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 59[30]

Pour le Dr Vivienne d'Andria, que cite Chiron, si les baigneurs ne s'infectent presque jamais, c'est grâce à « l'immersion brève, à la basse température (12-14° C) et au barrage imperméable de la peau ». Le Dr François Leuret, président du Bureau de 1947 à 1954, voyait pourtant dans ces bains glacés un fait digne d'attention :

« Et c'est là sans doute le plus grand miracle permanent des piscines de Lourdes : c'est qu'aucun des malades qu'on y plonge ainsi, quelle que soit la gravité de leur état, n'en éprouve de mal ni n'en ressente une aggravation... » — Dr François Leuret, Les Guérisons miraculeuses modernes, PUF, p. 179, cité par Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 60[31]

L'absence de toute propriété thérapeutique démontrable n'affaiblit pas le dossier de Lourdes : elle le clarifie. L'extraordinaire, pour Chiron, n'est pas dans la nature de l'eau, « ni magique, ni miraculeuse, ni même minérale », mais dans l'indication reçue par Bernadette : si la source n'a pas été créée de rien, « sa mise au jour par Bernadette l'a été d'après une indication surnaturelle : une parole de la Vierge Marie »[32].

La reconnaissance officielle (18 janvier 1862)

Le 18 janvier 1862 — moins de quatre ans après les apparitions — l'évêque de Tarbes, Mgr Bertrand-Sévère Laurence, publie un mandement épiscopal qui déclare officiellement après enquête canonique :

« Nous jugeons que l'Immaculée Marie, Mère de Dieu, a réellement apparu à Bernadette Soubirous, le 11 février 1858 et jours suivants, au nombre de dix-huit fois, dans la grotte de Massavielle, près la ville de Lourdes ; que cette apparition revêt tous les caractères de la vérité, et que les fidèles sont fondés à la croire certaine. » — Mgr Bertrand-Sévère Laurence, mandement du 18 janvier 1862, article premier[33]

Le même mandement se prononce sur les guérisons : sans nommer personne ni donner de nombre, il les déclare « l'œuvre de Dieu » et en tire un argument en faveur des apparitions :

« Quelle est la puissance qui a produit ces guérisons ? Est-ce la puissance de l'organisme ? La science consultée à ce sujet a répondu négativement. Ces guérisons sont donc l'œuvre de Dieu. Or, elles se rapportent à l'apparition : c'est elle qui en est le point de départ ; c'est elle qui a inspiré la confiance des malades : il y a donc une liaison étroite entre les guérisons et l'apparition ; l'apparition est divine, puisque les guérisons portent un cachet divin (…) Le doigt de Dieu est ici. » — Mgr Bertrand-Sévère Laurence, mandement du 18 janvier 1862, cité par Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 93[34]

Moins de quatre ans séparent ainsi les apparitions de leur reconnaissance. Suivent les édifices — la Crypte, inaugurée le 21 mai 1866 ; la basilique de l'Immaculée Conception, bénie le 15 août 1871 et consacrée en juillet 1876 ; la basilique du Rosaire, consacrée le 6 octobre 1901[35] — et les grands pèlerinages : pèlerinage des bannières du 5 octobre 1872, Pèlerinage national des assomptionnistes à partir de 1873, pèlerinage du Rosaire des dominicains à partir d'octobre 1908[36]. En 1907, saint Pie X étend la fête de Notre-Dame de Lourdes, le 11 février, à l'Église universelle ; le calendrier romain de 1969 la maintient comme mémoire facultative[37].

La canonisation de Bernadette Soubirous (8 décembre 1933)

La basilique de l’Immaculée Conception au-dessus du dôme du Rosaire, février 2014. José Luiz Bernardes Ribeiro ; Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0. Image redimensionnée.

Bernadette quitte définitivement Lourdes en 1866 pour entrer chez les Sœurs de la Charité de Nevers, où elle vit dans le silence et la souffrance — sa tuberculose osseuse devient progressivement insupportable. Elle meurt à 35 ans, le 16 avril 1879, en prononçant ces dernières paroles : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour moi, pauvre pécheresse… pauvre pécheresse. »[38] Son corps, exhumé à trois reprises (1909, 1919, 1925) au cours des procès canoniques, est trouvé incorrompu — phénomène attesté par les médecins commis et reproduit dans les archives diocésaines de Nevers[39]. Il est aujourd'hui visible dans une châsse à la chapelle Saint-Gildard, à Nevers ; le visage et les mains portent une fine protection de cire.[40]

L'enquête diocésaine précède l'introduction de la cause à Rome, le 13 août 1913. Bernadette est béatifiée par Pie XI le 14 juin 1925, puis canonisée le 8 décembre 1933, fête de l'Immaculée Conception. Dans son homélie, Pie XI invite à imiter ses vertus :

« Imitons donc son abaissement et son humilité chrétienne ; sa foi, l'ardente charité dont elle brûlait. » — Pie XI, homélie de canonisation, 8 décembre 1933, traduction du latin[41]

La cause porte sur la sainteté de Bernadette, au-delà de son rôle de voyante : son humilité, sa foi et sa charité vécues notamment à Nevers. Les miracles examinés pour la béatification et la canonisation sont des guérisons attribuées à son intercession ; la conservation de son corps est un constat distinct de ces reconnaissances.[42]

Les papes et Lourdes : visites et enseignements

Les visites pontificales et les messages adressés aux malades situent Lourdes dans la vie de l'Église. Les pèlerinages de Jean-Paul II et de Benoît XVI ont donné lieu à des homélies et des prières conservées dans les archives du Saint-Siège ; François a accompagné le sanctuaire par ses messages, sans y venir en personne.[43][44][45]

PapeDateÉvénement
Jean-Paul II14-15 août 1983Pèlerinage de l'Année sainte de la Rédemption, 125 ans après les apparitions ; prière et messe à la grotte
Jean-Paul II14-15 août 2004Pèlerinage pour les 150 ans du dogme de l'Immaculée Conception ; dernier voyage apostolique hors d'Italie
Benoît XVI13-15 septembre 2008Étape de Lourdes de son voyage en France pour les 150 ans des apparitions ; messe avec les malades le 15 septembre
FrançoisMessage du 8 décembre 2016Journée mondiale du malade célébrée particulièrement à Lourdes le 11 février 2017
Léon XIV26-27 septembre 2026Visite de Lourdes au cours de son voyage apostolique en France

Le 14 août 2004, Jean-Paul II s'adresse aux malades en partageant lui-même leur condition :

« Je suis avec vous, chers frères et sœurs, comme un pèlerin auprès de la Vierge » — Jean-Paul II, grotte de Massabielle[46]

Le 15 septembre 2008, Benoît XVI explique le sens spirituel de la source en la reliant à la maternité de Marie :

« De son cœur de croyante et de mère, jaillit une eau vive qui purifie et qui guérit. » — Benoît XVI, homélie de la messe avec les malades[47]

François insiste sur la dignité personnelle de celle qui reçoit ce regard :

« Bernadette, pauvre, analphabète et malade, se sent regardée par Marie comme une personne. » — François, message pour la Journée mondiale du malade 2017[48]

Les 26 et 27 septembre 2026, Léon XIV prolonge cette histoire des pèlerinages pontificaux à Lourdes.[49]

La crédibilité de Bernadette comme témoin

Désintéressement, interrogatoire et examen médical : trois volets de l’enquête de Messori. Infographie, représentation illustrative de Bernadette. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Tout l'édifice ultérieur — source, pèlerinages, Bureau Médical, miracles reconnus — repose sur un fait premier : la fiabilité du témoignage d'une adolescente de quatorze ans, illettrée, interrogée par un commissaire de police hostile, par un procureur impérial, par des médecins chargés d'envisager son internement et, plus tard, par sa propre communauté religieuse. Pour les « gardiens de l'ordre » de 1858 — le commissaire Dominique Jacomet, le procureur impérial Vital Dutour, le maréchal des logis d'Angla, auxquels l'évêque de Tarbes donna d'abord raison —, il n'y avait que trois pistes : une escroquerie intéressée, montée par la famille ou par le clergé local ; une comédie jouée par Bernadette elle-même ; ou des hallucinations d'une adolescente malade[50]. Le journaliste et écrivain catholique italien Vittorio Messori les examine une à une, pièces d'archives à l'appui, dans Bernadette ne nous a pas trompés. Dom Bernard Billet, qui avait assisté René Laurentin dans ses recherches, lui en avait donné la clé :

« La vérité des apparitions dépend de la transparence, de la cohérence, bref, de la vérité du témoignage de Bernadette, et les guérisons inexpliquées n'en sont qu'une confirmation. Ce sont les historiens, bien plus que les médecins, qui peuvent prouver la réalité de ce qui s'est passé. » — Dom Bernard Billet, propos rapporté par Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés, MDN Productions, 2023, p. 43[51]

Le désintéressement financier, une piste abandonnée par les autorités

Bernadette refuse systématiquement argent et cadeaux. Une riche dame venue de Paris, sachant qu'elle n'acceptait rien, glisse en l'embrassant un rouleau de francs or dans la poche de son tablier, chez le collecteur d'impôts Jean-Baptiste Estrade, sceptique de la première heure devenu l'un des témoins les plus fervents des apparitions :

« Comme si un charbon ardent était tombé sur elle, Bernadette se leva d'un bond et laissa tomber le cadeau de la dame. Confuse de son mouvement, elle ramassa le rouleau d'or et le remit gentiment à la charitable étrangère. Aucune supplication ne put la décider à prendre ce trésor. » — Jean-Baptiste Estrade, Les Apparitions de Lourdes, souvenirs intimes d'un témoin, Tours, A. Mame et fils, 1899, p. 285, cité par Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés, MDN Productions, 2023, p. 89[52]

Une autre fois, à une visiteuse qui lui avait mis de force une pièce d'or dans la main, elle la laisse tomber en s'écriant : « Ça me brûle ! »[53]. Messori en tire la conclusion à laquelle les autorités elles-mêmes durent se rendre :

« Ce qui donna de la crédibilité au témoignage de Bernadette (et écarta les soupçons des autorités, qui, à contrecœur, finirent par abandonner la piste d'une simulation intéressée) fut le total désintéressement de la jeune fille et son souci d'éviter tout avantage, pour elle ou pour les membres de sa famille, qui pouvait découler de ce qui était arrivé. » — Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés, MDN Productions, 2023, p. 91[54]

Le faux aveu fabriqué par le commissaire Jacomet

Le 21 février 1858, après la sixième apparition, Bernadette subit chez le commissaire Jacomet un premier interrogatoire, en présence de la femme du commissaire et de leur voisin Estrade[55]. Jacomet fait ensuite venir le père et lui lance :

« Cette comédie ne peut plus durer. […] Je sais tout maintenant. La petite elle-même est fatiguée […]. Elle en a assez qu'on la force d'aller là-bas. » — le commissaire Jacomet à François Soubirous, 21 février 1858, dialogue reconstitué par René Laurentin, cité par Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés, MDN Productions, 2023, p. 73[56]

« Qu'on la force… ? Mais on l'empêchait !… », balbutie le meunier. Jacomet lui lit alors une prétendue confession de sa fille, qui l'aurait supplié de défendre à ses parents « de me forcer à aller à la Grotte, j'en suis fatiguée, je ne veux plus y aller ! »[57]. Le brouillon du commissaire, qu'il avait emporté au lieu de le verser aux archives de la préfecture, n'est parvenu au sanctuaire qu'en 1957. René Laurentin y a constaté que la phrase est « un ajout à part, à la fin de la minute de l'interrogatoire », écrit « en caractères deux fois plus gros que le reste » — pour que le père, à demi analphabète, puisse la lire ; qu'elle ne figure ni dans le rapport officiel adressé au préfet ni dans aucun rapport ultérieur ; et que, loin de pousser leur fille à la grotte, les Soubirous « tentèrent par tous les moyens de l'empêcher d'y aller »[58].

Le même jour, quand le commissaire lui relit le procès-verbal, Bernadette l'interrompt pour le faire corriger[59] :

« Je n'ai pas dit la Sainte Vierge. — Bon… une fille habillée de blanc, âgée de vingt ans. — Non. Je n'ai pas dit vingt ans. » — Bernadette au commissaire Jacomet, 21 février 1858, cité par Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés, MDN Productions, 2023, p. 213[60]

Le 25 février, au procureur impérial Dutour qui lit « J'eus alors la vision de la Sainte Vierge… », elle réplique : « Monsieur, je ne vous ai pas dit cela ! » Pendant près d'un mois et demi et seize apparitions, la vision n'est pour elle qu'Aqueró — « cela », dans son dialecte[61].

Une accessibilité totale, sans mise en scène ni protecteur

Le rapport rédigé en 1862 par le chanoine Fourcade, secrétaire de la commission d'enquête, souligne que Bernadette est restée accessible à tous :

« Elle n'a jamais été soustraite ni à la curiosité du public, ni même aux questions des incrédules ; elle a été accessible à tout le monde ; elle a été appelée dans quelques familles sans être accompagnée ; on a pu la voir seule, et l'interroger toujours, chacun selon son désir. » — Abbé J.-G. Fourcade, L'Apparition à la grotte de Lourdes en 1858, Lecoffre, 1862, p. 56, cité par Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés, MDN Productions, 2023, p. 164[62]

Le curé Peyramale écrivait à l'évêque, le 17 mai 1860 : « Elle est à la disposition de tous, amis et ennemis, et jusqu'ici, elle a édifié les uns et étonné, confondu les autres. » Selon Messori, il calcula que, dans les deux années qui suivirent les apparitions, près de vingt mille personnes avaient vu Bernadette et l'avaient pressée de questions[63]. Son entrée en religion, souvent présentée comme un exil, fut lente et libre. À Mgr Forcade, évêque de Nevers, qui la lui propose à l'automne 1863, elle répond : « Puisqu'il en est ainsi, j'y penserai. Mais je ne me sens pas encore décidée. » Plus de six mois plus tard, elle explique son choix : « Je vais à Nevers […] parce que j'aime à soigner les malades, [mais aussi] parce qu'on ne m'y a pas attirée. »[64] Son postulat dure « deux bonnes années » ; l'évêque de Tarbes la retient encore jusqu'à la consécration de la crypte, et elle part le 4 juillet 1866[65].

L'épidémie des faux visionnaires et la légende de l'« enfermement »

À partir d'avril 1858, une cinquantaine de visionnaires — presque uniquement des femmes — se déclarent à leur tour, certaines suivies par des foules pendant des mois. Après une rapide enquête, l'Église menace de sanctions canoniques les fidèles qui leur accorderaient foi, et l'évêque se réjouit même en privé de la disposition du préfet :

« Toute personne qui se dit visionnaire sera immédiatement arrêtée et conduite à l'hospice de Tarbes. » — disposition du préfet des Hautes-Pyrénées, citée par Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés, MDN Productions, 2023, p. 156[66]

Le même lieu et la même ferveur ont donc produit des dizaines de cas que l'Église a écartés : l'enthousiasme populaire n'a pas dicté son jugement. Quant à la légende d'une Bernadette « enfermée », elle est démentie dès 1872. Le professeur Auguste Voisin, élève de Charcot, affirme alors dans ses cours à la faculté de médecine de Paris que « le miracle de Lourdes a été affirmé sur la foi d'une enfant hallucinée qui est aujourd'hui enfermée dans le couvent des Ursulines de Nevers ». Mgr Forcade répond par une lettre ouverte : Bernadette n'a jamais mis les pieds chez les Ursulines ; elle est entrée librement chez les Sœurs de la Charité de Nevers ; et « loin d'être folle, [elle] est au contraire une personne d'une sagesse peu commune et d'un calme dont rien n'approche ». Il invite le professeur à venir l'interroger « aussi longtemps qu'il lui plairait » ; le défi n'est pas relevé[67]. La même année, le médecin de la communauté écrivait à un confrère :

« Vous voyez, mon cher Confrère, que cette jeune sœur est bien loin d'être aliénée. Je dirai mieux : sa nature calme, simple et douce ne la dispose pas le moins du monde à glisser de ce côté. » — Dr Robert Saint-Cyr, lettre au Dr Joseph Damoiseau, 1872, citée par Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés, MDN Productions, 2023, p. 236[68]

L'examen médical officiel du 27 mars 1858

Bernadette vers 1861–1862, par l’abbé P. Bernadou. Wikimedia Commons, domaine public ; sans retouche.

Le cas le plus direct contre l'hypothèse hallucinatoire est l'examen conduit le 27 mars 1858 par trois médecins publics, présidés par Jean-Baptiste Balencie et nommés par le maire sur ordre du préfet, le baron Massy, pour établir un document autorisant l'internement de la jeune fille. Ils se présentent sans prévenir à l'institut des sœurs, sans dire qui ils sont, et l'interrogent plus de deux heures. Leur rapport aux autorités écrit :

« Rien ne démontre que Bernadette ait voulu en imposer au public. » — rapport des trois médecins, mars 1858, cité par Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés, MDN Productions, 2023, p. 240[69]

Pour satisfaire l'autorité, le rapport évoque un « reflet de lumière » qui aurait frappé son imagination ; mais il juge que cette « maladie » ne peut faire courir « aucun risque à la santé de cette enfant » — ce qui écartait l'internement. « Ils voulaient me faire croire que je suis malade, mais je ne le suis pas du tout », dira Bernadette[70]. Des années plus tard, libéré de la tutelle du préfet, Balencie désavoue le rapport :

« Nous n'avons jamais pu soupçonner de fraude chez Bernadette ; aussi étions-nous déconcertés, en considérant, non pas une de ses visions, mais leur continuité ! Ce qui nous rendait encore peu acceptable l'hypothèse de l'hallucination, c'était la variété et, tout ensemble, l'unité des phénomènes qui se produisaient dans les diverses apparitions. » — Dr Jean-Baptiste Balencie, cité par Georges Bertrin, repris par Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés, MDN Productions, 2023, p. 238[71]

Balencie se mettra ensuite au service du Bureau des constatations[72]. La commission épiscopale, de son côté, a testé l'hypothèse des jeux de lumière : « on se procure des échelles, on s'introduit dans les excavations et les sinuosités de la Grotte, (…) on y place des lumières » — sans voir « se manifester la moindre apparence de forme humaine »[73].

Le médecin sceptique du 7 avril 1858

Le Dr Pierre-Romain Dozous, médecin de Lourdes initialement sceptique, venu à la grotte « au nom de la science », observe le 7 avril la flamme d'un cierge passer entre les doigts de Bernadette pendant près d'un quart d'heure. Il saisit ensuite ses mains, n'y trouve aucune trace de brûlure et, selon la reconstitution de René Laurentin, s'écrie : « Je ne sais pas ce que tu vois, mais maintenant je crois que tu vois quelque chose ! […] À présent, j'y crois ! »[74]. Dozous documente également la guérison de son patient Louis Bouriette, survenue en mars, et devient le premier référent médical de l'évêché[75].

Le « si je m'étais trompée » et le témoignage jusqu'au bout

L'objection la plus sérieuse tirée des sources elles-mêmes est une phrase de Bernadette rapportée par Mgr Joseph-Chrétien Bourret, évêque de Rodez, qui la vit à Nevers au début de septembre 1877, alors qu'elle était très malade :

« Je n'aime pas trop en parler car, mon Dieu, si je m'étais trompée ! » — Bernadette à Mgr Bourret, septembre 1877, citée par Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés, MDN Productions, 2023, p. 294[76]

Cette phrase n'est connue que par la lettre que l'évêque écrivit à Henri Lasserre deux ans plus tard, six mois après la mort de Bernadette — et cette lettre conclut à l'authenticité :

« Je fus frappé des paroles de cette fille peu instruite et même… assurent les Sœurs, d'une piété ordinaire, et je vis là parfaitement les caractères des visions célestes décrites par les mystiques… elle me décrivit presque mot à mot, et sans s'en douter, tous les phénomènes de la transfiguration. » — Mgr Bourret, lettre à Henri Lasserre, citée par Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés, MDN Productions, 2023, p. 294[77]

L'évêque ajoutait, selon Messori, qu'il transmettait ces paroles parce qu'elles lui semblaient « les plus convaincantes de l'authenticité des faits de Lourdes »[78]. Le témoin qui a recueilli ce doute passager n'y a vu qu'une marque de sincérité. Le 7 avril 1879, neuf jours avant sa mort, Bernadette dit à mère Éléonore Cassagnes, secrétaire générale de la congrégation : « J'ai dit les choses. Qu'on s'en rapporte à ce que j'ai dit la première fois. Je puis avoir oublié, et les autres aussi peuvent avoir oublié. Ce qu'on écrira de plus simple sera le meilleur. »[79] Trois jours avant sa mort, au capucin père Moïse qui lui demande si la Vierge lui a parlé en patois ou en français, elle répond « En patois » et répète spontanément les mots qui signifient : « Je suis l’Immaculée Conception. »[80]

Deux légendes anticléricales démontées par la méthode historique

Deux accusations de complot ont circulé contre Lourdes. En 1905, à l’approche du cinquantenaire, le polémiste Jean de Bonnefon publie dans Lourdes et ses tenanciers une prétendue lettre du procureur général de Pau, Pierre-Claude Falconnet, datée du 28 décembre 1857 — quarante-cinq jours avant la première apparition —, qui ordonnait de surveiller des manifestations « affectant un caractère surnaturel et prenant un aspect miraculeux » : preuve, selon lui, que les apparitions avaient été préparées par le clergé. Sommé de produire l'original, Bonnefon en fut incapable ; ni l'expéditeur ni le destinataire n'y firent jamais allusion ; une telle surveillance relevait de la police, non d'un magistrat ; et le Mémorial des Pyrénées du 31 décembre 1857 annonçait que le procureur général, « empêché par des préoccupations de famille », ne recevrait pas le 1ᵉʳ janvier[81].

En 2011, le mathématicien italien Piergiorgio Odifreddi préface Lourdes. I dossier sconosciuti, de Luigi Garlaschelli ; Messori y relève l'insinuation selon laquelle Bernadette aurait « reçu la becquée » de son curé. Il répond dans le Corriere della Sera : Bernadette n'a rencontré le curé Peyramale que le 2 mars, après la treizième apparition ; le prêtre la chassa du presbytère avec ses tantes, menaçant de leur refuser la communion ; et, sur ordre du curé et de l'évêque, aucun prêtre n'assista aux apparitions, à une seule exception près — un prêtre qui n'était pas de Lourdes[82].

« Cette histoire dit que les événements extraordinaires de Lourdes s'imposèrent à l'Église, ce ne fut certainement pas l'Église qui les imposa à la crédulité des gens. » — Vittorio Messori, Corriere della Sera, repris dans Bernadette ne nous a pas trompés, MDN Productions, 2023, p. 115[83]

Comment l'Église reconnaît un miracle : la méthodologie de Lourdes

Le tri des guérisons commence avec les apparitions elles-mêmes. L'ordonnance du 28 juillet 1858 par laquelle Mgr Laurence institue sa commission d'enquête place en tête des questions à trancher celle de savoir « si des guérisons ont été opérées par l'usage de l'eau de la Grotte de Lourdes, soit en boisson, soit en lotion, et si ces guérisons peuvent s'expliquer naturellement, ou si elles doivent être attribuées à une cause surnaturelle »[84]. Une sous-commission, créée en novembre 1858, reprend les rapports du Dr Dozous, qui a signalé une centaine de guérisons pour la seule année 1858 : le chanoine Baradère en retient vingt-neuf ; consulté en 1860, le professeur Henri Vergez, ancien agrégé de Montpellier, n'en garde que neuf, puis sept après examen clinique[85]. Ces sept cas, jamais nommés dans le mandement de 1862, sont comptés depuis comme les premiers miracles de Lourdes[86]. La même exigence conduit, en 1884, à la création d'un contrôle médical permanent : Chiron souligne qu'aucun autre sanctuaire au monde ne possède « des instances de contrôle médical des guérisons aussi anciennes et aussi rigoureuses »[87].

Le Bureau Médical de Lourdes (1884)

Quatre étapes de l’organisation de l’expertise selon Chiron. Les scènes et le réseau sont des illustrations pédagogiques. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le Dr Georges-Fernand Dunot de Saint-Maclou, docteur de l'Université catholique de Louvain, s'installe à Lourdes en 1883 et devient le premier médecin permanent du sanctuaire. Il y fonde le Bureau des constatations médicales — appelé aussi Bureau Médical depuis 1946 —, que le sanctuaire date de 1883 et Yves Chiron de 1884, année où un premier pavillon en planches est bâti près des piscines[88]. Sa mission : examiner sur place tout pèlerin qui se déclare guéri. Le Bureau est ouvert dès l'origine à tout médecin de passage, et Chiron le résume sans détour : « s'il faut attester de sa qualité de médecin pour participer aux travaux du Bureau Médical, il n'est pas nécessaire d'être catholique ni même d'être croyant »[89]. La fréquentation croît vite : 27 médecins en 1890, 120 en 1892, 624 en 1908, 670 en 1913, dont 236 étrangers et 71 agrégés, professeurs ou chefs de clinique[90]. Le jésuite anglais Richard Clarke, qui assista aux séances de 1887, s'attendait à trouver chez Dunot « une certaine crédulité pieuse » :

« Non seulement il ne manifestait aucune espèce de partialité en faveur d'une explication miraculeuse du changement survenu, mais au contraire, il avait tout l'air d'un homme faisant preuve d'une partialité déterminée pour toute explication qui exclurait le miraculeux. » — Richard Clarke s.j., Lourdes et ses miracles, 1892, cité par Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 72-73[91]

Près d'un siècle plus tard, le Dr Roger Pilon, qui présidera le Bureau de 1990 à 1997, décrit la même ouverture :

« Même si le médecin n'est pas catholique, à partir du moment où il a franchi le seuil du Domaine de la Grotte et où il a fait connaître sa qualité de médecin au Bureau Médical, sous les arcades, il est membre de ce Bureau Médical. Et même s'il est israélite, protestant, athée, russe ou américain, il peut, avec ses collègues catholiques, examiner les malades qu'on présente en cas de guérison et donner son avis ! » — Dr Roger Pilon, Recherches sur Lourdes hier et aujourd'hui, n° 44, octobre 1973, p. 190[92]

Pie X et la relance des procès canoniques

Entre 1862 et 1907, aucune guérison n'est proclamée miraculeuse dans les formes canoniques, alors que l'historien Georges Bertrin dénombre 4 445 « guérisons et améliorations » déclarées depuis 1858 jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale[93]. Saint Pie X débloque la situation, avec prudence. Recevant le Dr Gustave Boissarie, il met en garde : « Le mot de miracle ne doit pas être prononcé à la légère, car nous vivons à une époque où, plus que jamais, on peut évoquer la suggestion... » — et invite à distinguer « d'un côté, les plaies, les réparations de tissu, et, de l'autre, les troubles fonctionnels ou nerveux »[94]. Par une lettre du 22 octobre 1905, son médecin, le Dr Lapponi, demande que les évêques ouvrent des procès canoniques ; le premier, Mgr Meunier, évêque d'Évreux, instruit dès novembre 1905 le cas de l'abbé Cirette. Le mouvement aboutit à trente-trois proclamations épiscopales entre 1907 et 1913, dont vingt en 1908[95].

Combien de déclarations chaque année ?

Le volume des déclarations a beaucoup varié : 3 038 dossiers ouverts sous la présidence du Dr Boissarie (1892-1914), soit 144 par an en moyenne, puis une moyenne de 26 par an dans l'après-guerre, et 15 à 20 par an à la fin des années 1990. En 1994, sur 17 déclarations, 12 seulement offraient « un réel intérêt médical » justifiant l'instruction du dossier[96]. Les autres sont classées : malade qui ne se représente pas, maladie antérieure impossible à prouver, amélioration seulement fonctionnelle ou passagère, explication naturelle possible.

Du comité national (1947) au Comité médical international (1954)

En 1947, Mgr Pierre-Marie Théas, évêque de Tarbes et Lourdes, crée une instance nouvelle chargée d'examiner une seconde fois le dossier quand le Bureau Médical a conclu à la réalité d'une guérison. D'abord appelé « Comité médical national » — une vingtaine de spécialistes, tous français, présidés par le Dr Grenet —, il devient en 1954 le Comité médical international de Lourdes (CMIL)[97]. À la fin des années 1990, il comptait une trentaine de membres, choisis par cooptation et nommés par l'évêque, pour la plupart professeurs ou chefs de service de huit à dix pays ; il se réunissait une fois par an, à Paris[98].

Depuis 1975, le dossier transmis par le Bureau est accompagné du rapport d'une commission médicale du diocèse de la personne guérie. Le Comité désigne alors un rapporteur, spécialiste de la maladie concernée, libre de refaire examens et analyses et de consulter des confrères extérieurs[99] ; la présentation actuelle du sanctuaire précise que ces confrères peuvent examiner les pièces sans savoir qu'elles concernent Lourdes[100]. Un questionnaire de seize questions, adopté en 1977, oblige à examiner le diagnostic, la gravité, le pronostic, le rôle des traitements, la soudaineté, la complétude et la durée de la guérison ; il débouche sur une question de conclusion :

« La guérison constatée chez M. ou Mme.... constitue-t-elle, dans les conditions où elle s'est produite ou maintenue, un phénomène contraire aux observations et aux prévisions de l'expérience médicale, et scientifiquement inexplicable ? » — questionnaire du CMIL, 1977, reproduit par Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 86[101]

Depuis 1994, le vote porte sur cette seule conclusion, et « les deux tiers au moins des votants doivent formuler un avis positif » pour que le dossier soit transmis à l'évêque du diocèse[102]. Ce vote médical établit le caractère inexpliqué de la guérison ; la qualification religieuse appartient ensuite à l’évêque.

Deux compétences qui ne se confondent pas

Le vocabulaire théologique est exclu des instances médicales : « le mot « miracle » (…) a depuis longtemps été banni du Bureau Médical », note Chiron[103]. La répartition des rôles avait été formulée par le Dr Vallet, président du Bureau de 1927 à 1946, au moment où il relançait les évêques :

« Aux docteurs en médecine, la fonction de reconnaître si telle personne est passée instantanément de l'état de maladie à l'état de santé, sans emploi de médicaments, sans convalescence. Aux docteurs en théologie d'apprécier si ce changement d'état, d'après les circonstances où il s'est produit, revêt ou non un caractère miraculeux. » — Dr Vallet, lettre au Dr Cornet, publiée dans le bulletin de l'Association médicale internationale de Lourdes en octobre 1946, citée par Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 102-103[104]

Alessandro de Franciscis a exercé la fonction de médecin permanent du Bureau à partir de 2009. À la mi-avril 2026, la chirurgienne italienne Giada Monami lui succède : elle est la première femme nommée à ce poste.[105]

Les critères de Lambertini (1734)

Les exigences médicales présentées par le sanctuaire. Cette synthèse moderne se distingue de la formulation historique de Lambertini. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Lorsque le CMIL a qualifié une guérison de « médicalement inexpliquée », le dossier est transmis à l'évêque du diocèse de résidence de la personne guérie, et non à l'évêque de Tarbes. C'est lui qui décide, après enquête canonique sur les circonstances de la guérison et sur la vie chrétienne de la personne, si elle peut être proclamée miraculeuse, c'est-à-dire signe d'une intervention particulière de Dieu. Cette compétence remonte au concile de Trente (session XXV, 1563) : « On ne reconnaîtra pas de nouveaux miracles, on ne recevra pas de nouvelles reliques, sans l'examen et l'approbation de l'évêque »[106].

Les critères classiques remontent à Prospero Lambertini, futur pape Benoît XIV (1740-1758), dans son traité De Servorum Dei Beatificatione et Beatorum Canonizatione (Bologne, 1734-1738), livre IV, chapitre VIII[107]. Chiron les énumère ainsi :

« 1. Que la maladie soit grave et impossible ou difficile à guérir ; 2. Que la maladie dont on guérit ne soit pas arrivée à son dernier stade, de telle façon que, peu après, elle aurait dû décliner ; 3. Que des médicaments n'aient pas été pris ou qu'ils se soient avérés inefficaces ; 4. Que la guérison soit soudaine et instantanée ; 5. Que la guérison soit parfaite ; 6. Qu'elle ne soit précédée ni d'une "évacuation" notable ni d'une crise ... ; 7. Enfin que la maladie effacée ne revienne pas. » — Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 32[108]

À Lourdes, précise Chiron, ces critères « ne font pas officiellement partie des procédures médicales mises en œuvre », mais chaque médecin du Bureau ou du Comité « les connaît et les a à l'esprit »[109]. La présentation médicale actuelle du sanctuaire les reformule en sept exigences ; le tableau ci-dessous met en regard chacune d'elles, la question qu'elle pose au dossier et un cas où elle a été vérifiée[110].

#Exigence médicale du sanctuaireQuestion posée au dossierPièces qui la vérifientExemple documenté
1Maladie grave, au pronostic défavorableL'affection menaçait-elle la vie ou imposait-elle une invalidité lourde ?Certificats antérieurs au pèlerinage, décisions d'invaliditéSerge Perrin, classé en 1969 en invalidité de catégorie 3
2Maladie connue et répertoriéeLe diagnostic correspond-il à une affection décrite par la médecine ?Diagnostic écrit, avis de spécialistesGinette Nouvel, maladie de Budd-Chiari (thrombose des veines sus-hépatiques)
3Lésion organique objectivéeExiste-t-il des signes matériels, et pas seulement des symptômes ressentis ?Radiographies, analyses, comptes rendus opératoiresPierre de Rudder : fracture ouverte de la jambe, non consolidée depuis huit ans
4Aucun traitement n'explique la guérisonUn traitement suivi pourrait-il rendre compte du résultat ?Dossier thérapeutique completSerge Perrin : guérison « en l'absence de traitement efficace » (CMIL, 1976)
5Guérison soudaine, sans convalescenceLe changement a-t-il été subit ?Témoignages, examen au Bureau aussitôt aprèsAlice Couteault, examinée au Bureau le 16 mai 1952, dernier jour du pèlerinage
6Rétablissement completToutes les fonctions sont-elles revenues ?Bilans de contrôleMarie Bigot : hémiparésie, surdité puis cécité guéries en 1953-1954
7Guérison durableLa guérison se maintient-elle ?Réexamens successifsAlice Couteault, réexaminée en 1953, 1954 et 1955

Les exemples de ce tableau sont tirés des dossiers exposés par Chiron[111]. Aux critères médicaux, l'Église ajoute des critères d'ordre religieux, qui distinguent le miracle d'un simple prodige ; Lambertini demandait d'examiner avec soin les circonstances de la guérison :

« Si dans la fin, l'agent, les moyens, les conditions, les effets du phénomène extraordinaire accompli, il ne se rencontre rien de frivole, de ridicule, de déshonnête, de honteux, de violent, d'impie, d'orgueilleux, de mensonger ou de défectueux, à quelque titre que ce soit, si au contraire tout y est convenable, sérieux, portant à la piété, à la religion, à la sainteté, il n'y a aucun doute, ce préternaturel ne peut être diabolique. » — Prospero Lambertini, cité par Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 33[112]

Les trois étapes du processus complet

Le processus de reconnaissance d'un miracle de Lourdes se déroule donc en trois grandes étapes institutionnellement distinctes :

  1. Constatation médicale sur place, par le Bureau Médical, au moment de la guérison ou peu après, puis réexamens pendant plusieurs années.
  2. Expertise médicale internationale par le Comité médical international (CMIL), qui se prononce à la majorité des deux tiers sur le caractère « médicalement inexpliqué » de la guérison.
  3. Enquête canonique conduite par l'évêque du diocèse de la personne guérie, qui peut prononcer la reconnaissance du miracle après examen du contexte spirituel de la guérison.

Un dossier suivi pas à pas : Alice Couteault (1952-1956)

Chiron illustre la procédure par le cas d'Alice Couteault, atteinte d'une sclérose en plaques depuis trois ans. Guérie au cours d'un pèlerinage à Lourdes du 12 au 16 mai 1952, elle se présente au Bureau le dernier jour : l'examen constate la disparition des troubles de la marche et des réflexes et des contractures. Son médecin traitant, le Dr Cacault, fait le même constat le 19 mai ; d'autres examens suivent en juillet et en août. Elle revient au Bureau le 5 mai 1953, le 30 mai 1954 et le 19 août 1955 ; en août 1955 seulement, le Bureau conclut au caractère inexplicable de la guérison et transmet le dossier au CMIL, qui désigne comme rapporteur le professeur Thiébaut, de Strasbourg. Le 18 mars 1956, le Comité adopte cette conclusion : « La guérison est médicalement inexplicable ». Le caractère miraculeux est proclamé le 16 juillet 1956[113].

Le délai varie fortement selon les dossiers : Bernadette Moriau, guérie en juillet 2008, est reconnue en février 2018 ; Antonietta Raco, guérie en août 2009, en avril 2025 ; John Traynor, guéri en juillet 1923, en décembre 2024, à titre posthume[114].

Le questionnaire du Bureau et les motifs réels de rejet

Du constat médical à la reconnaissance religieuse : trois responsabilités distinctes. Procédure du sanctuaire. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le Bureau interroge chaque dossier à partir d'un questionnaire écrit. Au milieu des années 1920, le Dr Marchand, alors responsable du Bureau, en avait fixé quatre questions ; une version plus détaillée date de 1938 ; celle que décrit Chiron en compte six : la maladie décrite existait-elle avec certitude au moment du pèlerinage ? A-t-elle été brusquement arrêtée alors qu'il n'y avait pas tendance vers le mieux ? Y a-t-il guérison, sans emploi de médicaments ? Y a-t-il lieu de surseoir à la conclusion ? Une explication médicale est-elle susceptible d'être donnée ? La guérison échappe-t-elle aux lois naturelles ?[115] Si au moins les deux tiers des médecins présents à la dernière séance jugent la guérison certaine, durable et médicalement inexplicable, le dossier part au CMIL. Les motifs d'écartement suivent une typologie constante : malade qui ne se représente pas, maladie antérieure impossible à prouver, guérison explicable, amélioration seulement fonctionnelle, rechute — et Chiron précise que « seront classées sans suite aussi, systématiquement, les guérisons de nature psychiatrique parce qu'elles ne présentent pas assez d'éléments objectifs suffisants »[116].

Le contrôle contradictoire : quand le diocèse contredit Lourdes

Le système ne s'autovalide pas : il est arrivé qu'une commission médicale diocésaine refuse une conclusion favorable des médecins de Lourdes. Joséphine Chaboud, affligée d'un pied bot traumatique depuis 1938 et menacée d'amputation, se relève guérie le 8 octobre 1941 à la sortie d'une piscine ; le Bureau reconnaît la guérison en 1943. En juillet 1946, la commission médicale du diocèse de Montpellier l'examine et conclut que la déformation « est probablement due à une contraction dont la guérison spontanée et soudaine ne peut être considérée comme un fait inexplicable rationnellement » ; l'évêque ne proclame pas le miracle[117]. Une thèse de médecine citée par Chiron relève une dizaine d'oppositions de ce genre entre 1947 et 1975 ; en 1964 encore, la commission de l'archevêque de Salerne refuse de conclure en faveur du miracle pour Anna Santaniello[118]. D'où la réforme de 1975 : le rapport de la commission médicale diocésaine accompagne désormais le dossier transmis au CMIL, qui se prononce ainsi en dernier sur le plan médical[119].

Le contrôle joue aussi après une proclamation. En 1908, l'évêque de Beauvais reconnaît la guérison d'Aurélie Huprelle, guérie en 1895 d'une tuberculose pulmonaire ; contestée par une campagne de presse, elle est réexaminée en 1909 par trois professeurs de la faculté de médecine de Paris, qui confirment le diagnostic de tuberculose avancée[120]. Et le dossier accepte ses propres limites : Ginette Nouvel, guérie en 1954 d'une maladie de Budd-Chiari et reconnue miraculée en 1963, vit seize ans sans trace de la maladie ; après sa mort, en 1970, le CMIL conclut à une « probable reprise évolutive de son affection initiale » dans les derniers temps de sa vie, tout en reconnaissant le caractère exceptionnel de cette longue rémission. C'est le Dr Mangiapan, président du Bureau, qui l'a publié[121].

En chiffres : des guérisons déclarées aux miracles reconnus

Plus de 7 500 guérisons déclarées depuis 1858

Le sanctuaire fait état aujourd'hui de plus de 7 500 dossiers de guérisons déposés depuis les apparitions, dont 72 reconnus miraculeux par l'Église[122]. Dans son enquête publiée en 2000, Yves Chiron recensait 66 miracles reconnus, dont celui de Jean-Pierre Bély proclamé en 1999, et 6 772 guérisons déclarées à la fin de 1998 ; parmi ces déclarations, environ 2 000 avaient été constatées par le Bureau Médical comme non explicables[123]. Le relevé ne devient systématique qu'avec le temps : les chapelains tiennent un registre à partir de 1866, publient les relations de guérison dans les Annales à partir de 1868, ouvrent en 1878 le plus ancien registre de constatations conservé, avant la création du Bureau en 1884[124]. Beaucoup de dossiers s'arrêtent dès l'ouverture : une thèse de médecine citée par Chiron regrette « qu'un certain nombre de dossiers ont dû être classés, sitôt après avoir été ouverts, faute d'avoir obtenu les renseignements indispensables de la part des médecins traitants ou hospitaliers »[125].

Le tri progressif : de la déclaration au miracle reconnu

Deux séries historiques séparées : la dernière étape de 1959 est une proclamation, celle de 1972–1990 une transmission au CMIL. D’après Chiron, p. 135–136. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le passage d'une déclaration à une reconnaissance traverse plusieurs filtres distincts, et les nombres se réduisent à chaque étage. Chiron le mesure sur des séries précises plutôt que sur des estimations globales. Pour la période 1928-1946, sous la présidence du Dr Vallet, le Bureau enregistre 406 déclarations, en accepte 119 comme inexplicables selon les connaissances de l'époque, et 6 seulement seront proclamées miraculeuses[126]. Pour la seule année 1959, le Bureau ouvre 51 dossiers ; 2 sont acceptés ; 1, celui de Juliette Tamburini, est reconnu par le CMIL puis proclamé miraculeux par l'archevêque de Marseille le 11 mai 1965[127]. Sous la présidence du Dr Mangiapan (1972-1990), 284 déclarations donnent lieu à 45 examens personnels, 26 enquêtes approfondies et 3 transmissions au CMIL ; parmi les 23 dossiers refusés figurent quatre « simulations plus ou moins conscientes et organisées », cinq guérisons fonctionnelles et cinq guérisons dues au traitement suivi[128]. Enfin, de 1947 à la fin des années 1990, le Comité médical a examiné près d'une soixantaine de dossiers, en a retenu trente, dont vingt ont été déclarés miraculeux par leur évêque[129].

Les 72 miracles officiellement reconnus

L'Église a aujourd'hui reconnu 72 guérisons comme miraculeuses — la dernière le 16 avril 2025, celle d'Antonietta Raco, guérie en août 2009 d'une sclérose latérale primitive[130]. Le rapport global — 6 772 guérisons signalées à la fin de 1998 pour 66 miracles recensés par Chiron en 2000, « soit un rapport de 1 à 100 » — ne signifie pas que 99 % des guérisons seraient fausses : Chiron juge qu'il serait « évidemment exagéré » de l'affirmer et reprend la formule du Dr Patrick Theillier, alors président du Bureau : « l'arbre du miracle cache la forêt des guérisons »[131]. René Laurentin décrivait le même écart :

« Parmi les nombreux malades guéris à Lourdes chaque année, un certain nombre ne se déclarent pas et gardent cette faveur dans la discrétion. (…) Parmi ceux qui peuvent présenter un dossier, beaucoup sont éliminés, soit parce que le dossier est incomplet, soit parce que la preuve fait défaut sur un point quelconque. (…) Pour une guérison reconnue, combien de guérisons survenues ? » — René Laurentin, Lourdes. Histoire authentique des apparitions, t. 6, p. 278, note 70, cité par Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 139-140[132]

L'entonnoir documenté : de la déclaration au décret épiscopal

Le tableau ci-dessous suit un dossier dans l'ordre des instances, avec les ordres de grandeur que les sources permettent d'établir :

ÉtapeInstanceCe qui est tranchéOrdre de grandeur documenté
DéclarationLa personne guérie, son médecin ou son pèlerinage« Je crois avoir été guéri »6 772 déclarations de 1858 à la fin de 1998 ; plus de 7 500 dossiers aujourd'hui
Constat et instructionBureau Médical, depuis 1884Réalité de la maladie et de la guérison, puis caractère inexpliqué (deux tiers des médecins présents)15 à 20 déclarations par an vers 1999 ; de 1972 à 1990, 26 enquêtes approfondies et 3 transmissions
Expertise collégialeComité médical créé en 1947, international depuis 1954« Médicalement inexpliqué » (deux tiers des votants)De 1947 à la fin des années 1990, une soixantaine de dossiers, 30 retenus
Jugement canoniqueÉvêque du diocèse de la personne guérieCaractère miraculeux66 proclamations dans le bilan publié en 2000 ; 72 en 2025

Cette chaîne d'instances étagées explique deux choses : pourquoi la grande majorité des déclarations n'apparaissent jamais dans la liste des miracles, et pourquoi la qualification médicale et la proclamation théologique restent dissociées — l'une relève des médecins, l'autre de l'évêque[133].

Pourquoi un déclin des reconnaissances ?

Le rythme des reconnaissances est très irrégulier : vingt proclamations pour la seule année 1908, cinquantenaire des apparitions, contre cinq entre 1990 et 2018[134]. Le tableau qui suit regroupe les proclamations en quatre grandes périodes, à distinguer des dates de guérison :

Période de proclamationMiracles proclamésRepère historique
18627Première reconnaissance par Mgr Laurence
1907–191333Dont vingt guérisons reconnues en 1908
1946–196522Reprise des proclamations et création du comité médical
1976–202510De Micheli à Raco, avec Traynor reconnu en 2024
Total72Décrets cumulés jusqu’au 16 avril 2025

L'année 1908 illustre cette distinction : Chiron compte 118 dossiers ouverts, dont deux aboutiront à une proclamation, tandis que vingt guérisons survenues à différentes dates sont proclamées miraculeuses cette année-là. Les vingt reconnaissances du cinquantenaire ne sont donc pas vingt guérisons observées en 1908. Une statistique par date de proclamation renseigne sur le rythme des décisions ; elle ne suffit pas à mesurer la fréquence des guérisons[135].

Les silences ne signifient pas que les guérisons cessent : sous la seule présidence du Dr Vallet, le Bureau accepte 119 guérisons alors que les évêques n'en proclament que six[136]. Chiron en avance plusieurs causes. Entre 1862 et 1907, l'anticléricalisme d'État incite bien des évêques à « adopter un profil bas pour ne pas ajouter un motif supplémentaire de critique à l'encontre de l'Église ». Après 1947, le passage obligé par le Comité médical allonge la procédure et la rend « encore plus sévère que dans le passé », tandis que les avis divergents des commissions diocésaines bloquent certains dossiers. Entre 1965 et 1976 enfin, aucune guérison n'est reconnue : dans l'effervescence de l'après-concile, nombre d'évêques ont pu juger ces proclamations « inadaptées pastoralement »[137]. Le cas de Maria Schito, guérie à la piscine le 11 septembre 1935 d'une ascite qui imposait tous les quinze jours la ponction d'environ quinze litres, déclarée inexplicable par le Bureau mais jamais soumise à une procédure canonique, montre qu'un dossier solide peut rester hors de la liste faute d'avoir été porté devant un évêque[138].

Onze cas emblématiques étudiés en détail

Ces onze dossiers permettent de suivre les faits, les examens et le discernement dans des situations très différentes. Neuf appartiennent à la liste officielle ; Gabriel Gargam et Marie Bailly sont deux guérisons célèbres étudiées dans la littérature médicale et historique de Lourdes, sans figurer parmi les 72 miracles reconnus.

Catherine Latapie (mars 1858) : la première guérison reconnue

Catherine Latapie, mère de famille de Loubajac, souffrait depuis dix-huit mois d’une paralysie de type cubital après un traumatisme du plexus brachial, le réseau de nerfs qui commande le bras. Sa guérison du 1ᵉʳ mars 1858, quelques jours après la découverte de la source, ouvre la liste du Sanctuaire. Âgée d’environ trente-huit ans, elle compte parmi les sept personnes dont la guérison est retenue dans l’enquête préalable au mandement de Mgr Laurence du 18 janvier 1862.[139]

À l’aube, elle arrive à la Grotte, prie et baigne sa main dans l’eau de la source : ses doigts se redressent et retrouvent leur mobilité. De retour chez elle le même jour, elle donne naissance à son troisième enfant, Jean-Baptiste, qui deviendra prêtre en 1882. La notice du Sanctuaire relie ces deux événements pour établir la date de sa guérison.[140]

Pierre De Rudder (7 avril 1875) : une fracture consolidée après huit ans

La guérison de Pierre De Rudder (1822-1898), ouvrier belge de Jabbeke, s’est produite à Oostakker, près de Gand, devant une réplique de la grotte de Lourdes. Le 16 février 1867, un arbre lui brise le tibia et le péroné gauches. Pendant huit ans, la fracture ouverte ne se consolide pas : les fragments restent mobiles, les plaies suppurent et la marche exige des béquilles. Le dossier relève d’une pseudarthrose, c’est-à-dire d’une fracture qui ne forme pas une union osseuse stable.[141]

Le 7 avril 1875, venu prier avec sa femme, De Rudder retrouve l’usage de sa jambe. Les examens constatent une consolidation, la fermeture des plaies et le retour des deux membres à la même longueur. Le rapport médical reproduit par Vittorio Messori décrit précisément le phénomène :

« Surtout, les morceaux du tibia et du péroné fracturés se sont rejoints en dépit de l’espace qui les séparait. La soudure est complète, en sorte que les deux jambes sont à nouveau de longueur égale. » — Rapport des médecins, cité par Vittorio Messori, Le Miracle impensable, 2000, p. 37.[142]

Le dossier possède une suite anatomique exceptionnelle. Après la mort de De Rudder, le 22 mars 1898, ses restes sont exhumés le 24 mai 1899. Le Dr Van Hoestenberghe prélève les deux jambes pour examiner les os : les traces de l’ancienne fracture restent visibles, tandis que l’axe du membre et sa longueur permettent la marche. Le récit de Bertrin précise même une déviation du fragment supérieur compensée par la consolidation ; il ne décrit donc pas des os devenus absolument identiques à des os jamais fracturés.[143]

Des radiographies réalisées en 1929 complètent ultérieurement cette documentation. Il faut distinguer ces clichés tardifs des observations anatomiques et photographies de 1899. L’évêque de Bruges, Mgr Gustave Waffelaert, avait reconnu la guérison le 25 juillet 1908 : De Rudder porte le n° 8 dans la liste du Sanctuaire.[144][145]

Gabriel Gargam (20 août 1901) : la reprise de la marche devant les médecins

Départ pour Lourdes, gare d’Austerlitz, 21 août 1912. Agence Rol, BnF, Rol 22867 ; Wikimedia Commons, domaine public. Cette scène de pèlerinage ne représente pas le voyage de Gargam en 1901.

Gabriel Gargam (1870-1953) est commis ambulant des postes. Dans la nuit du 17 au 18 décembre 1899, son train Bordeaux-Paris, immobilisé près d’Angoulême, est percuté par un autre convoi. Son wagon est broyé. Le récit recueilli par Georges Bertrin situe la projection du blessé à dix-huit mètres de la voie et son sauvetage au matin. Après la guérison des premières blessures, Gargam reste paralysé de la ceinture aux pieds et ne peut plus s’alimenter normalement ; une sonde devient nécessaire.[146]

L’état du blessé a été expertisé avant toute démarche religieuse, dans le cadre d’une action en responsabilité contre la compagnie ferroviaire. Cet élément donne au cas une importance particulière : des médecins intervenant pour les parties au procès avaient intérêt à apprécier exactement son invalidité. Après vingt mois de maladie, sa famille l’emmène à Lourdes. Le 20 août 1901, après le passage aux piscines, il retrouve le mouvement pendant la procession eucharistique, se redresse et fait quelques pas.[147]

Le Dr Gustave Boissarie, président du Bureau des constatations, raconte son arrivée :

« Soixante médecins nous entouraient, médecins des hôpitaux, professeurs de clinique, médecins étrangers ». — Gustave Boissarie, L’Œuvre de Lourdes, chap. V, p. 103-104.[148]

Le chiffre désigne les médecins présents à cette première présentation ; l’examen approfondi est remis au lendemain, tant la foule presse le Bureau. Boissarie décrit alors Gargam habillé, marchant et racontant son histoire. Il distingue la reprise du mouvement de la fermeture des plaies : celles des pieds, encore à vif la veille, se ferment pendant les constatations du lendemain. Gargam a également pu abandonner sa sonde et manger le soir de sa guérison. Ces observations successives sont plus précises qu’un constat qui placerait tous les changements à la même seconde.[149]

Bertrin rencontre ensuite Gargam au service des piscines, où il aide les malades. Son retour à la vie active et son engagement d’hospitalier sont ainsi attestés par des témoins directs. Son cas appartient à l’histoire des guérisons constatées à Lourdes, mais ne figure pas dans la liste des 72 reconnaissances ecclésiales.[150][151]

Marie Bailly et Alexis Carrel (28 mai 1902) : un médecin face à une guérison

Alexis Carrel en juin 1922. Bain News Service, Library of Congress, LC-B2-5761-10 ; Wikimedia Commons, domaine public.

En mai 1902, Alexis Carrel, chirurgien lyonnais de vingt-huit ans, accompagne des malades à Lourdes. Il rencontre Marie Bailly, atteinte d’une péritonite tuberculeuse, et assiste à sa guérison le 28 mai. Il la retrouve ensuite au Bureau médical. Ce médecin deviendra, dix ans plus tard, prix Nobel de physiologie ou médecine pour ses travaux sur la suture vasculaire et la transplantation des vaisseaux et des organes.[152][153]

Carrel met cette expérience en récit dans Le Voyage de Lourdes, publié après sa mort en 1949. Le médecin y porte le nom de Lerrac, anagramme de Carrel, et la malade celui de Marie Ferrand. Le changement physique de la jeune femme bouleverse les catégories avec lesquelles il était venu observer Lourdes. Le texte conserve les hésitations du médecin et son interrogation sur la portée d’un événement qu’il ne sait pas expliquer.[154]

« Il est impossible que des phénomènes d’ordre naturel guérissent ainsi les malades. […] Les autosuggestions n’expliquent pas tout. » — Alexis Carrel, paroles de Lerrac dans Le Voyage de Lourdes, citées par Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, 2000, p. 156.[155]

Le cas ne se résume donc pas à la présence d’un futur prix Nobel : un médecin examine une malade, observe un changement majeur et revient par écrit sur ce qu’il a vu. Son prestige ultérieur ne remplace pas les observations, mais explique l’écho particulier de ce témoignage. Marie Bailly ne figure pas dans les 72 guérisons officiellement reconnues. Son histoire doit être lue comme un dossier médical et biographique distinct, sans lui attribuer un décret absent de cette liste.[156][157]

John Traynor (25 juillet 1923) : les archives retrouvées d’un blessé de guerre

L’examen de 1926 et la reprise des archives en 2023 éclairent la reconnaissance posthume. Déclaration de l’archevêque de Liverpool, 8 décembre 2024. Scènes illustratives. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

John Traynor (1883-1943), de Liverpool, sert dans le bataillon Anson de la division navale britannique. Blessé à la tête devant Anvers en octobre 1914, il est de nouveau atteint le 8 mai 1915, à Gallipoli : deux balles traversent sa poitrine et une troisième endommage les nerfs du bras droit. Le procès-verbal médical de 1926 décrit une paralysie de ce bras avec fonte musculaire, des crises d’épilepsie pouvant atteindre trois par jour et une paraplégie partielle. Une intervention crânienne d’avril 1920 n’a pas rétabli ses fonctions.[158]

Il participe en juillet 1923 au premier pèlerinage de Liverpool. Le 25 juillet, après les piscines et au cours de la procession eucharistique, il retrouve le mouvement. Le récit de l’association diocésaine distingue la marche encore difficile du premier soir et la capacité de courir vers la Grotte le lendemain matin. En juillet 1926, le Dr Vallet, président par intérim du Bureau, l’examine avec les Drs Azurdia, Finn et Marley, qui l’avaient observé avant et après sa guérison en 1923.[159][160]

Traynor revient à Lourdes comme brancardier jusqu’en 1939. Il meurt le 8 décembre 1943 d’une autre affection. La pièce décisive pour la reconnaissance posthume est un rapport de Vallet publié dans le Journal de la Grotte en décembre 1926, dont la transmission à Liverpool n’avait pas abouti. En 2023, le Dr Kieran Moriarty reprend les recherches ; une commission canonique se réunit le 29 novembre 2024.[161][162]

Le 8 décembre 2024, Mgr Malcolm McMahon, archevêque de Liverpool, reconnaît la guérison comme un miracle par l’intercession de Notre-Dame de Lourdes. Traynor devient le 71ᵉ miraculé officiellement reconnu, cent un ans après les faits : ce délai correspond aussi à l’histoire de la conservation et de la circulation des pièces médicales.[163]

Jeanne Frétel (8 octobre 1948) : la communion et le retour des forces

Jeanne Frétel (1914-2005), de Rennes, souffre d’une péritonite tuberculeuse. Sa notice officielle décrit de nombreuses opérations entre 1938 et 1946. Elle arrive à Lourdes le 5 octobre 1948, avec le pèlerinage du Rosaire, dans un état très grave. Le 8 octobre, elle participe à la messe des malades à l’autel Sainte-Bernadette ; le dominicain Pie Roques lui donne la communion.[164]

La notice du Sanctuaire place les premiers signes de guérison après cette messe et son passage devant la Grotte : le ventre retrouve un aspect normal, la fièvre et les douleurs cessent. Elle peut se lever, marcher et manger. Son témoignage, publié avec celui du père Roques sous le titre Un miracle eucharistique à Lourdes, met l’Eucharistie au centre de l’événement.[165]

La guérison est reconnue le 20 novembre 1950 par le cardinal Clément Roques, archevêque de Rennes. Jeanne Frétel figure au n° 52 du catalogue officiel, établi pour cette partie selon la date des guérisons. Elle meurt le 1ᵉʳ avril 2005, plus d’un demi-siècle après les faits.[166][167]

Vittorio Micheli (1ᵉʳ juin 1963) : sarcome et reconstruction du bassin

Vittorio Micheli, né en 1940 à Scurelle, dans le Trentin, est soldat lorsqu’apparaissent ses douleurs à la hanche gauche en 1962. La radiographie du 22 mai révèle une destruction de la partie inférieure de l’os iliaque et du toit de l’articulation de la hanche. L’examen d’un prélèvement tissulaire montre des cellules de caractère sarcomateux. La destruction du demi-bassin gauche devient presque totale ; un plâtre maintient le membre.[168]

Il part avec le pèlerinage du diocèse de Trente, du 25 mai au 2 juin 1963. Le 1ᵉʳ juin, il est baigné à Lourdes avec son plâtre. La douleur disparaît et l’appétit revient. Les radiographies des années suivantes documentent la reconstruction osseuse. Le plâtre est retiré en février 1964 ; la guérison restaure la marche, avec une légère boiterie et une cavité articulaire reconstruite un peu plus haut que sa position normale. Il s’agit donc d’une restauration fonctionnelle durable, accompagnée de transformations anatomiques observables.[169][170]

Le dossier permet de suivre le contrôle contradictoire. En 1969, le comité vote par douze voix favorables, aucune voix contraire et six abstentions que la guérison est inexplicable. Les abstentionnistes demandent un troisième avis anatomopathologique. En 1971, douze voix favorables et trois abstentions permettent la transmission à une commission canonique. Le 26 mai 1976, Mgr Alessandro Maria Gottardi, archevêque de Trente, reconnaît la guérison : elle porte le n° 63.[171][172]

Deux publications médicales exposent le dossier : J. Garner, dans le Canadian Medical Association Journal en 1974, et Barbara A. Neilan, dans The Linacre Quarterly en 2013, cette dernière à partir du rapport du professeur Michel-Marie Salmon. Elles permettent d’examiner les radiographies, l’analyse des tissus et les délibérations ; leur conclusion ne repose pas sur le seul souvenir du pèlerin.[173][174]

Serge Perrin (1ᵉʳ mai 1970) : une hémiplégie et une vue presque perdue

Guérison en 1970, avis médicaux, puis reconnaissance en 1978 : chronologie documentée par Chiron, p. 108–110. Examens et personnages illustratifs, sans reproduction des pièces cliniques. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

En février 1964, à 35 ans, Serge Perrin, affilié à la mutualité agricole dans le diocèse d'Angers, est frappé d'une hémiplégie droite qui cède à un traitement médical. En décembre 1968, l'accident neurologique se reproduit, cette fois sans rémission : son état s'aggrave de mois en mois, et le diagnostic d'une affection vasculaire à retentissement cérébral est confirmé. En 1969, sa caisse le classe en invalidité de catégorie 3 — incapacité absolue d'exercer une profession et obligation de recourir à une tierce personne pour les actes ordinaires de la vie. À partir de novembre 1969, des pertes de connaissance très fréquentes et des troubles visuels croissants le rendent presque aveugle[175].

Un premier pèlerinage à Lourdes, en mai 1969, ne change rien. Au cours du second, le 1ᵉʳ mai 1970, après avoir reçu l'onction des malades dans la basilique souterraine Saint-Pie-X, il se sent soudain guéri ; dans les heures qui suivent, il constate qu'il a retrouvé l'usage complet de ses jambes et la vue. Reparti le jour même, il est examiné dans le train du retour par son médecin traitant, puis, à Rennes, dans le service de neurologie du professeur Pecker et par des ophtalmologistes : la guérison clinique est confirmée. Comme chez Jean-Pierre Bély, la guérison s'accompagne d'une sensation de chaleur ; elle survient hors de toute immersion[176].

L'instruction dure huit ans. Le Bureau ouvre le dossier en octobre 1970 et conclut le 4 mai 1972, après quatre examens, à une guérison « parfaite, instantanée et durable » ; une commission médicale diocésaine, réunie par Mgr Mazerat, aboutit aux mêmes conclusions en novembre 1973. Pour le CMIL, le professeur Mouren, chef du service des maladies nerveuses des hôpitaux de Marseille, et le Dr Bartoli, ophtalmologiste à Troyes, réexaminent Serge Perrin ; en octobre 1976, le Comité conclut :

« La guérison de cet état, en l'absence de traitement efficace, par son caractère d'instantanéité, et l'absence de vraies séquelles, certaine et stable depuis six ans, peut être considérée comme acquise de façon tout à fait inhabituelle, du point de vue médical. » — Comité médical international de Lourdes, octobre 1976, cité par Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 109[177]

Le nouvel évêque d'Angers, Mgr Jean Orchampt, n'était pas disposé à la crédulité : « Par tempérament, je suis peu porté à admettre guérisons, apparitions, phénomènes inhabituels ... Ma première réaction fut donc de prudence et de scepticisme. » Il confie le dossier à une commission canonique de prêtres qualifiés, chargée de « pousser la critique aussi loin que possible » ; elle siège à partir du 12 décembre 1977, entend Serge Perrin, ses proches et ses médecins, et conclut le 29 mai 1978[178]. Le 17 juin 1978, l'évêque signe sa déclaration :

« (…) je prends acte du fait que cette guérison est humainement inexplicable et, en tant qu'Évêque d'Angers, j'en reconnais le caractère miraculeux. Le contexte dans lequel cette guérison s'est produite nous invite à rendre grâces pour cet événement : le croyant y discernera un signe de Dieu. Ce signe s'ajoute à beaucoup d'autres qui se réalisent à Lourdes, lieu privilégié de la prière à Marie et avec Marie, mère de Jésus-Christ, Fils de Dieu. C'est pourquoi j'invite les chrétiens de ce diocèse à discerner dans ce signe un acte de l'amour miséricordieux du Seigneur. » — Mgr Jean Orchampt, évêque d'Angers, déclaration du 17 juin 1978, citée par Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 110-111[179]

Jean-Pierre Bély (9 octobre 1987) : une guérison reconnue après onze ans

Jean-Pierre Bély (1936-2005), infirmier de La Couronne, en Charente, présente depuis 1972 les signes d’une maladie neurologique ensuite diagnostiquée comme une sclérose en plaques. En octobre 1987, lorsqu’il part à Lourdes avec le pèlerinage du Rosaire, il est grabataire et reconnu invalide à 100 %. Le 9 octobre, il reçoit l’onction des malades après avoir pu se confesser. Une paix profonde précède le retour des sensations et de la motricité ; la reprise de la marche intervient dans la nuit suivante.[180]

L’instruction ne se contente pas de ce premier changement. Le suivi médical se prolonge pendant onze ans. Une commission canonique se réunit le 4 janvier 1999. La déclaration de Mgr Claude Dagens, datée du 9 février 1999, précise que le CMIL a souhaité que l’Église formule son propre jugement, sans prétendre fournir des preuves médicales absolues. L’évêque reconnaît le caractère authentique de la guérison et la désigne comme un don de Dieu et un signe du Christ Sauveur, par l’intercession de Notre-Dame de Lourdes.[181]

Cette décision inscrit Bély au n° 66 des guérisons reconnues. La formulation du décret associe l’examen médical et le discernement spirituel ; elle ne réduit pas le second au premier. Bély meurt le 27 octobre 2005, d’une maladie distincte de l’affection qui avait motivé le pèlerinage.[182][183]

Bernadette Moriau (11 juillet 2008) : la guérison au retour de Lourdes

Procession eucharistique à la basilique Saint-Pie-X, le 22 août 2019. Photo : Thomon, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Image redimensionnée.

Sœur Bernadette Moriau, née en 1939, appartient aux Sœurs franciscaines Oblates du Sacré-Cœur de Jésus, à Bresles, dans l’Oise. Des douleurs lombosciatiques apparaissent en 1966 ; quatre interventions chirurgicales n’apportent pas de bénéfice durable. Son syndrome de la queue de cheval, atteinte des racines nerveuses à la base de la colonne, provoque des déficits neurologiques et une invalidité définitive en 1987. Le traitement comprend un neurostimulateur médullaire à partir de 1992, de la morphine à partir de 1994, un corset rigide puis une attelle pour le pied gauche déformé.[184]

Elle participe au pèlerinage diocésain de Beauvais du 3 au 7 juillet 2008 et regagne sa communauté le 8. Le 11 juillet, pendant l’adoration dans la chapelle de Bresles, elle ressent chaleur et relâchement. Revenue dans sa chambre, elle se sent appelée à retirer ses appareils. Le pied retrouve une position normale, les douleurs cessent et elle reprend une marche libre. Elle interrompt le jour même les antalgiques et le neurostimulateur.[185][186]

Le Bureau étudie le dossier en 2009, 2013 et 2016. Le 7 juillet 2016, une réunion collégiale constate la guérison ; le 18 novembre, le CMIL conclut, à l’unanimité moins une voix, qu’elle demeure inexpliquée dans l’état des connaissances scientifiques. Le 11 février 2018, Mgr Jacques Benoit-Gonnin, évêque de Beauvais, Noyon et Senlis, en reconnaît le caractère miraculeux. C’est le 70ᵉ miracle du catalogue, survenu au domicile de la religieuse après le pèlerinage.[187][188]

Antonietta Raco (2009) : une sclérose latérale primitive guérie

Chaque cas comporte deux dates. Les flèches relient la guérison au décret sans représenter une échelle temporelle. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Antonia Raco, couramment appelée Antonietta, vit à Francavilla in Sinni, dans le diocèse italien de Tursi-Lagonegro. En 2006, elle reçoit le diagnostic de sclérose latérale primitive, une maladie des neurones moteurs distincte de la sclérose latérale amyotrophique. En 2009, elle utilise un fauteuil roulant et souffre notamment de difficultés de déglutition, d’alimentation et de respiration.[189]

Elle se rend à Lourdes avec l’UNITALSI du 30 juillet au 5 août 2009. Aux piscines, elle éprouve une sensation de bien-être et entend une voix féminine qui l’invite à ne pas avoir peur. Elle garde d’abord le silence et reste dans son fauteuil. Le soir du 5 août, revenue chez elle, elle appelle son mari Antonio, se lève et marche devant lui. Son témoignage distingue ainsi l’expérience vécue aux piscines et la première marche dont son entourage est témoin en Italie.[190]

Les examens au centre spécialisé de l’hôpital Molinette de Turin, où elle était suivie, et les contrôles ultérieurs confirment la disparition des signes de la maladie. En novembre 2024, le CMIL conclut à la majorité au caractère médicalement inexplicable de cette guérison. Le 16 avril 2025, pendant la messe chrismale à la cathédrale de Tursi, Mgr Vincenzo Carmine Orofino en proclame le caractère miraculeux. Raco devient le 72ᵉ cas reconnu ; le suivi s’étend alors sur près de seize ans.[191][192]

Les 72 guérisons officiellement reconnues

Le Sanctuaire recense 72 guérisons reconnues miraculeuses en septembre 2026. Son classement historique a été complété au fil des reconnaissances : Anna Santaniello, guérie en 1952 mais reconnue en 2005, porte le n° 67 ; Traynor, guéri en 1923 et reconnu en 2024, le n° 71. Le numéro ne correspond donc pas systématiquement à l’ordre des décrets. Les diagnostics sont abrégés d’après les notices officielles.[193]

Première vague (1862) — 7 miracles reconnus simultanément

L’historien Joachim Bouflet précise la sélection confiée par Mgr Laurence au professeur Henri Vergez : sur vingt-neuf dossiers soumis par la sous-commission médicale, neuf sont d’abord retenus, puis deux écartés. En juin 1860, les sept cas conservés sont ceux que retiendra finalement la commission diocésaine. Ce premier filtrage précède de près de deux ans le mandement de reconnaissance.[194]

N°PersonneAffectionGuérisonReconnaissance
1Catherine LatapieParalysie cubitale post-traumatique01/03/185818/01/1862
2Louis BourietteCécité de l’œil droit après traumatismeMars 185818/01/1862
3Blaisette CazenaveInflammation oculaire chronique et ectropionMars 185818/01/1862
4Henri BusquetAdénite cervicale fistulisée28/04/185818/01/1862
5Justin BouhortDénutrition chronique et retard moteur06/07/185818/01/1862
6Madeleine RizanHémiplégie gauche17/10/185818/01/1862
7Marie MoreauBaisse majeure de la vue avec inflammation09/11/185818/01/1862

Des premières décennies aux guérisons de 1911

N°PersonneAffectionGuérisonReconnaissance
8Pierre De RudderFracture ouverte non consolidée de la jambe gauche07/04/187525/07/1908
9Joachime DehantUlcère gangreneux de la jambe droite13/09/187825/04/1908
10Élisa SeissonHypertrophie cardiaque et œdèmes29/08/188202/07/1912
11Sœur Eugenia (Marie Mabille)Abcès pelvien, fistules et phlébites21/08/188330/08/1908
12Sœur Julienne (Aline Bruyère)Tuberculose pulmonaire cavitaire01/09/188907/03/1912
13Sœur Joséphine-Marie (Anne Jourdain)Tuberculose pulmonaire21/08/189010/10/1908
14Amélie ChagnonTuberculose articulaire du genou et du pied21/08/189108/09/1910
15Clémentine Trouvé (sœur Agnès-Marie)Ostéopériostite fistulisée du pied droit21/08/189106/06/1908
16Marie Lebranchu (épouse Wuiplier)Tuberculose pulmonaire20/08/189206/06/1908
17Marie Lemarchand (épouse Authier)Tuberculose pulmonaire et ulcères21/08/189206/06/1908
18Élise LesageTuberculose articulaire du genou21/08/189204/02/1908
19Sœur Marie de la Présentation (Sylvie Delporte)Gastro-entérite tuberculeuse29/08/189215/08/1908
20Abbé CiretteSclérose spinale antérolatérale31/08/189311/02/1907
21Aurélie HuprelleTuberculose pulmonaire aiguë21/08/189501/05/1908
22Esther BrachmannPéritonite tuberculeuse21/08/189606/06/1908
23Jeanne TulasneTuberculose vertébrale et pied bot08/09/189727/10/1907
24Clémentine MalotTuberculose pulmonaire avec hémoptysies21/08/189801/11/1908
25Rose FrançoisPhlegmon fistulisé du bras droit20/08/189906/06/1908
26Père SalvatorPéritonite tuberculeuse25/06/190001/07/1908
27Sœur MaximilienKyste hydatique hépatique et phlébite20/05/190105/02/1908
28Marie SavoyeAtteinte mitrale rhumatismale décompensée20/09/190115/08/1908
29Johanna BézenacCachexie et impétigo08/08/190402/07/1908
30Sœur Saint-Hilaire (Lucie Jupin)Tumeur abdominale20/08/190410/05/1908
31Sœur Sainte-Béatrix (Rosalie Vildier)Laryngobronchite probablement tuberculeuse31/08/190425/03/1908
32Marie-Thérèse NobletSpondylite dorsolombaire31/08/190511/02/1908
33Cécile Douville de FranssuPéritonite tuberculeuse21/09/190508/12/1909
34Antonia MoulinOstéite fistulisée du fémur et arthrite du genou10/08/190706/11/1910
35Marie BorelFistules abdominales et lombaires21–22/08/190704/06/1911
36Virginie HaudebourgCystite tuberculeuse et néphrite17/05/190825/11/1912
37Marie BiréCécité et atrophie papillaire05/08/190830/07/1910
38Aimée AllopeAbcès tuberculeux de la paroi abdominale28/05/190905/08/1910
39Juliette OrionTuberculose pulmonaire et laryngée, mastoïdite22/07/191018/10/1913
40Marie FabreEntérite et prolapsus utérin26/09/191108/09/1912

Les guérisons de 1924 à 1959

N°PersonneAffectionGuérisonReconnaissance
41Henriette BressollesTuberculose vertébrale et paraplégie03/07/192404/06/1957
42Lydia BrosseFistules tuberculeuses multiples11/10/193005/08/1958
43Sœur Marie-Marguerite (Françoise Capitaine)Abcès rénal, œdème et crises cardiaques22/01/193720/05/1946
44Louise JamainTuberculose pulmonaire, intestinale et péritonéale01/04/193714/12/1951
45Francis PascalCécité et paralysie des jambes31/08/193831/05/1949
46Gabrielle ClauzelSpondylose rhumatismale15/08/194318/03/1948
47Yvonne FournierSyndrome post-traumatique du bras gauche19/08/194514/11/1959
48Rose MartinCancer du col de l’utérus03/07/194717/03/1958
49Jeanne GestasTroubles digestifs et occlusions postopératoires22/08/194713/07/1952
50Marie-Thérèse CaninTuberculose vertébrale et péritonite fistulisée09/10/194706/06/1952
51Maddalena CariniTuberculoses péritonéale, pulmonaire et osseuse15/08/194802/06/1960
52Jeanne FrételPéritonite tuberculeuse08/10/194820/11/1950
53Théa Angele (sœur Marie-Mercédès)Sclérose en plaques20/05/195028/06/1961
54Evasio GanoraMaladie de Hodgkin02/06/195031/05/1955
55Edeltraud FuldaMaladie d’Addison12/08/195018/05/1955
56Paul PellegrinFistule après opération d’un abcès hépatique03/10/195008/12/1953
57Frère Léo SchwagerSclérose en plaques30/04/195218/12/1960
58Alice CouteaultSclérose en plaques15/05/195216/07/1956
59Marie BigotArachnoïdite, cécité, surdité et hémiplégie08/10/1953 et 10/10/195415/08/1956
60Ginette NouvelThrombose des veines sus-hépatiques21/09/195431/05/1963
61Elisa AloiTuberculose ostéoarticulaire et fistules05/06/195826/05/1965
62Juliette TamburiniOstéopériostite fistulisée du fémur17/07/195911/05/1965

Les derniers dossiers du XXᵉ siècle et les reconnaissances récentes

N°PersonneAffectionGuérisonReconnaissance
63Vittorio MicheliSarcome de la hanche gauche01/06/196326/05/1976
64Serge PerrinHémiplégie et lésions oculaires01/05/197017/06/1978
65Delizia CirolliSarcome d’Ewing du genou droit24/12/197628/06/1989
66Jean-Pierre BélySclérose en plaques9/10/19879/02/1999
67Anna SantanielloDécompensation d’une maladie mitrale19/08/195221/09/2005
68Sœur Luigina TraversoLombosciatique paralysante23/07/196511/10/2012
69Danila CastelliCrises hypertensives graves et répétées04/05/198920/06/2013
70Sœur Bernadette MoriauSyndrome de la queue de cheval11/07/200811/02/2018
71John TraynorSéquelles invalidantes de blessures de guerre25/07/19238/12/2024
72Antonia (« Antonietta ») RacoSclérose latérale primitive200916/04/2025

Ce classement comprend sept reconnaissances en 1862, 33 entre 1907 et 1913, 22 entre 1946 et 1965 et dix entre 1976 et 2025. L’année 1908 concentre vingt guérisons proclamées miraculeuses. Certaines ont été reconnues ensemble : vingt guérisons ne signifient donc pas nécessairement vingt décrets distincts.[195]

Le cas de Serge François, déclaré « remarquable » par l’évêque d’Angers en 2011, ne fait pas partie de ces 72 miracles. Le n° 68 appartient à sœur Luigina Traverso, dont la guérison a été reconnue le 11 octobre 2012.[196]

Lectures statistiques de ce tableau

Béquilles laissées à la grotte, photographie historique. Wellcome Library, London, V0048857 ; source, CC BY 4.0. Sans retouche.

Quelques observations tirées de ces 72 dossiers :

  • Sexe : plus de 80 % des miraculés sont des femmes — 53 sur 66 à la fin des années 1990, 58 sur 72 aujourd'hui. Chiron note que la part féminine dépasse même celle des femmes parmi les malades venus en pèlerinage[197].
  • Âges : les deux plus jeunes avaient 2 ans (Justin Bouhort, en 1858) et 3 ans et 10 mois (Francis Pascal, en 1938). Dans le bilan de Chiron publié en 2000, la plus âgée était sœur Marie-Marguerite, guérie à 64 ans en 1937[198]. Les reconnaissances ultérieures élargissent cette tranche d’âge : sœur Bernadette Moriau, née en 1939, est guérie en juillet 2008[199].
  • Nationalités : la France compte 56 miraculés, dont sœur Bernadette Moriau reconnue en 2018 ; l'Italie 9, soit huit au décompte du sanctuaire plus Antonietta Raco reconnue en 2025 ; la Belgique 3 ; l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse et le Royaume-Uni — John Traynor, reconnu en 2024 — un chacun.[200]
  • Maladies : la tuberculose, sous toutes ses formes, est la plus souvent guérie jusqu'au milieu du XXᵉ siècle ; quatre guérisons de sclérose en plaques figurent parmi les miracles, toutes survenues dans la seconde moitié du siècle. Le Dr Mangiapan résumait : « Presque toutes les maladies acquises, mais pas les maladies héréditaires, ont été guéries »[201].
  • Lieux et circonstances : la plupart des guérisons sont liées à l'eau, mais neuf surviennent au passage du Saint-Sacrement, d'autres après l'onction des malades, dans le train du retour ou même des mois après le pèlerinage[202].
  • Délais : les sept guérisons de 1858 sont reconnues en 1862 ; les délais ultérieurs varient de quelques années à un siècle, comme le montre le cas posthume de John Traynor[203].

Que deviennent les miraculés ?

Plusieurs miraculées entrent en religion : Amélie Chagnon et Clémentine Trouvé, guéries en 1891, ou Marie-Thérèse Noblet, guérie en 1905, qui fondera une congrégation avec Mgr de Boismenu en Papouasie. D'autres fondent une famille : Marie Lemarchand, guérie à 18 ans en 1892, aura huit enfants ; Elisa Aloi, guérie en 1958, quatre. Cécile Douville de Franssu, venue à Lourdes mourante en 1905, meurt à 105 ans, en 1991. Lydia Brosse, guérie en 1930, revient pendant plus de vingt ans accompagner les malades du pèlerinage du Rosaire[204].

Les évolutions récentes (2006-2026)

Depuis 2006 : reconnaître une guérison sans anticiper le jugement sur le miracle

En 2006, Mgr Jacques Perrier et le professeur François-Bernard Michel présentent une nouvelle approche des guérisons : des étapes permettent d'en reconnaître la réalité et le caractère exceptionnel avant une éventuelle proclamation de miracle. La présentation publiée par le sanctuaire distingue alors guérison constatée, confirmée, ratifiée, certifiée, puis proclamée. Cette dernière étape demeure la compétence de l'évêque du diocèse de la personne guérie ; les étapes précédentes ne constituent donc pas autant de miracles officiellement reconnus.[205]

Une application éclaire la distinction : le 27 mars 2011, l'évêque d'Angers reconnaît publiquement le caractère remarquable de la guérison de Serge François. Celui-ci ne figure pas dans la liste des 72 miracles. Le vocabulaire pastoral ne doit donc pas être confondu avec un décret reconnaissant une guérison miraculeuse.[206]

Bernadette Moriau : la reconnaissance de 2018

De Jean-Pierre Bély en 1999 à Bernadette Moriau en 2018, cinq guérisons sont reconnues : celles de Bély, Anna Santaniello (2005), Luigina Traverso (2012), Danila Castelli (2013) et Moriau.[207] La proclamation de sœur Moriau, le jour du 160ᵉ anniversaire de la première apparition de 1858, relie l'événement fondateur à la vie contemporaine du sanctuaire.

Trois proclamations entre 2018 et 2025, trois chronologies différentes

Les proclamations concernant Bernadette Moriau en 2018, John Traynor en 2024 et Antonietta Raco en 2025 portent respectivement sur des guérisons survenues en 2008, 1923 et 2009. Leur rapprochement dans le calendrier des reconnaissances ne signifie donc pas une augmentation récente du nombre des guérisons. Le cas Traynor montre notamment qu'un dossier ancien peut recevoir son aboutissement canonique plus d'un siècle après les faits.[208]

D'Alessandro de Franciscis à Giada Monami

Après les dix-sept années d'Alessandro de Franciscis, nommé en 2009, la chirurgienne italienne Giada Monami lui succède à la mi-avril 2026 comme médecin permanent du Bureau des Constatations Médicales. Elle est la première femme à exercer cette fonction. Le sanctuaire lui confie la continuité de l'accueil des déclarations, de leur examen et des relations avec le Comité Médical International.[209]

Les objections sceptiques et leurs limites

Les objections adressées à Lourdes portent sur des questions différentes : la qualité des témoignages, les diagnostics, les explications naturelles et le passage du constat médical au jugement religieux. Pour les évaluer, il faut distinguer une critique d'un dossier précis d'une position philosophique qui exclut tout miracle avant l'examen des faits.

Objection 1 — La « jambe de bois » d'Anatole France

Anatole France, portrait par Wilhelm Benque (1843-1903). New York Public Library, Tucker Collection ; Wikimedia Commons, domaine public.

Dans Le Jardin d'Épicure, Anatole France raconte qu'un compagnon lui montre les béquilles suspendues à la grotte de Lourdes et murmure :

« Une seule jambe de bois en dirait bien davantage. » — Anatole France, Le Jardin d'Épicure, p. 204.[210]

La demande est intelligible : l'abandon d'une béquille ne suffit pas, à lui seul, à prouver la disparition d'une lésion. Mais France ajoute aussitôt que, même si une jambe amputée repoussait, l'observateur devrait chercher une propriété naturelle jusque-là inconnue, comparable à la régénération de certains animaux. Il ne fixe donc pas seulement un seuil de preuve plus élevé : son raisonnement exclut qu'une observation puisse établir le miracle. Le débat devient philosophique, puisqu'aucun événement imaginable ne pourrait modifier cette conclusion.[211]

La réponse catholique n'est pas de confondre consolidation osseuse et recréation d'un membre. Les dossiers de Pierre de Rudder et de Vittorio Micheli, présentés plus haut, portent sur des lésions osseuses et sur leur évolution ; ils doivent être appréciés selon leurs propres documents. Leur intérêt est de déplacer l'enquête des objets laissés à la grotte vers les examens des personnes. L'objection des béquilles justifie ainsi la nécessité du contrôle médical ; elle ne dispense pas d'examiner ce que ce contrôle a constaté.

Objection 2 — Émile Zola : distinguer le roman de l'enquête

Émile Zola photographié par Paul Nadar en 1895. Wikimedia Commons, domaine public.

Émile Zola séjourne à Lourdes du 12 août au 1ᵉʳ septembre 1892. Il observe le pèlerinage national et se rend au Bureau des Constatations, notamment les 20 et 31 août. Chiron distingue les personnes déjà guéries qui y sont examinées, comme Clémentine Trouvé, des guérisons déclarées pendant le séjour du romancier. Marie Lebranchu et Marie Lemarchand appartiennent à ce second groupe ; Zola rencontre Lemarchand au Bureau. Être présent à Lourdes et voir une personne après sa guérison ne signifie pas avoir assisté au moment même de celle-ci.[212]

Dans Lourdes (1894), Lebranchu devient « la Grivotte », et Lemarchand « Élise Rouquet ». La première rechute pendant le voyage de retour ; la seconde n'obtient qu'une amélioration incomplète. Or, selon les dossiers repris par Chiron, les deux guérisons réelles sont durables, et Lebranchu vit jusqu'en 1920 sans récidive de tuberculose pulmonaire. Toutes deux feront l'objet d'une reconnaissance épiscopale en 1908. La fin du personnage romanesque ne peut donc pas servir de constat clinique sur son modèle.[213]

Le Dr Boissarie répond publiquement au livre. Le 21 novembre 1894, lors d'une conférence à Paris, il fait venir quatorze personnes guéries à Lourdes, dont Marie Lemarchand, qu'il présente à l'assistance. Chiron renvoie au témoignage d'Alfred Van den Brule, présent ce jour-là. Le désaccord porte ainsi sur des personnes qu'il est encore possible de voir et d'interroger, non seulement sur des récits lointains.[214]

Cette confrontation ne donne pas accès aux intentions intimes de Zola. Elle établit une différence vérifiable entre le destin qu'il invente pour ses personnages et celui des personnes réelles. La liberté du romancier est entière ; elle ne transforme pas sa fiction en réfutation médicale.

Objection 3 — Suggestion, diagnostic erroné ou rémission spontanée

Ce que Charcot soutient réellement

Jean-Martin Charcot, photographie anonyme du XIXᵉ siècle éditée par Deschiens. National Library of Medicine, 101425121 ; Wikimedia Commons, domaine public.

Dans La foi qui guérit, publié en français en décembre 1892 puis repris dans les Archives de neurologie en 1893, Jean-Martin Charcot propose d'expliquer certaines guérisons religieuses par la suggestion. Il compare ces phénomènes à ceux qu'il observe à la Salpêtrière. Sa conclusion précise le champ de son hypothèse :

« Il faut à la faith-healing des sujets spéciaux et des maladies spéciales, de celles qui sont justiciables de l'influence que l'esprit possède sur le corps. » — Jean-Martin Charcot, La foi qui guérit, 1893, p. 87.[215]

Son raisonnement repose notamment sur les troubles alors classés comme hystériques, les erreurs de diagnostic et la persistance de signes cliniques après une amélioration spectaculaire. Il demande de vérifier les tissus, la sensibilité, la force musculaire et la durée de la récupération. Ces questions sont pertinentes pour l'examen d'une guérison ; elles ne constituent pas une explication automatique de toute lésion organique. Chiron montre justement que le Bureau écarte les troubles psychiatriques et les améliorations seulement fonctionnelles, faute d'éléments objectifs suffisants pour une reconnaissance de miracle.[216][217]

L'objection contemporaine de Joe Nickell

L'enquêteur sceptique Joe Nickell invoque plusieurs familles d'explications : diagnostic initial erroné, effet d'un traitement antérieur, trouble psychosomatique, mécanismes naturels de guérison ou rémission spontanée. Dans un article de 2011, il applique cette liste aux guérisons religieuses et renvoie explicitement au cas de Lourdes. Il ne suffit pas de répondre à cette objection en affirmant que toute rémission spontanée serait impossible.[218]

La réponse consiste à confronter chaque explication au dossier concerné : quel diagnostic a été posé et sur quels examens ? Quels traitements avaient été administrés ? Qu'est-ce qui a changé, à quelle vitesse et avec quel recul ? Une erreur démontrée affaiblit un dossier ; une possibilité générale, sans confrontation à ses pièces, ne l'explique pas. Réciproquement, la seule absence actuelle d'explication médicale ne formule pas encore le jugement religieux : celui-ci considère aussi les circonstances de prière et la signification de l'événement.[219]

Les récits d'amélioration ressentie doivent ainsi être distingués des cas documentés par des examens avant et après la guérison. Les cas modernes étudiés plus haut montrent pourquoi la question est plus exigeante qu'un choix entre « tout est psychosomatique » et « aucune évolution naturelle n'est possible » : l'enquête porte sur une évolution individuelle précise, contrôlée par des spécialistes, et non sur une liste de maladies réputées incurables.

Objection 4 — Moins de 1 % de reconnaissances signifie-t-il 99 % d'échecs ?

Le rapport entre 72 miracles reconnus et plus de 7 500 déclarations est inférieur à 1 %. Mais ces deux nombres comptent des actes de déclaration et de reconnaissance, pas les résultats d'un essai clinique. Ils ne donnent ni la probabilité de guérir en allant à Lourdes, ni le pourcentage de déclarants malhonnêtes. Les personnes non guéries n'entrent pas dans le registre des guérisons déclarées ; inversement, toutes les personnes qui se disent guéries ne poursuivent pas la procédure.[220]

Chiron distingue plusieurs causes de classement : explication naturelle, amélioration uniquement fonctionnelle, insuffisance d'éléments objectifs ou abandon du suivi. Il souligne qu'une personne réellement guérie peut aussi refuser la publicité et les démarches nécessaires. Un dossier non reconnu n'est donc pas synonyme de faux miracle. Le nombre réduit de proclamations témoigne d'une sélection, mais la force probante de chaque cas dépend de ses pièces, non du seul taux d'élimination.[221]

La distinction se retrouve dans le bilan du CMIL pour 1947-1998 : sur une soixantaine de dossiers examinés en profondeur, une trentaine ont été retenus médicalement, mais seulement vingt avaient alors abouti à une reconnaissance ecclésiale. Le constat médical et la proclamation ne sont pas deux noms pour une seule décision.[222]

Objection 5 — Une expertise médicale peut-elle être indépendante dans un sanctuaire ?

La question mérite une réponse institutionnelle précise. Le Bureau des Constatations est ouvert aux médecins présents à Lourdes, quelles que soient leurs convictions. Le CMIL est une autre instance, composée de spécialistes cooptés ; sa composition et son mode de nomination se distinguent de la participation ouverte des médecins visiteurs. La documentation du sanctuaire distingue bien ces deux niveaux.[223][224]

Le contrôle ne repose pas seulement sur la diversité des opinions : il demande des documents médicaux antérieurs, des examens répétés, l'avis de spécialistes et un vote collégial. La majorité des deux tiers est requise pour un avis favorable du CMIL. L'exemple de Joséphine Chaboud, dont le dossier fut réexaminé par le diocèse, montre aussi que la procédure peut corriger une première appréciation favorable.[225][226]

L'historienne de la médecine Jacalyn Duffin fournit un éclairage complémentaire dans Medical Miracles (2009), consacré aux procès de canonisation et non exclusivement à Lourdes. Son étude porte sur des témoignages relatifs à plus de 1 400 miracles. Dans le résumé du chapitre consacré aux médecins, elle explique que leur témoignage est recherché :

« Pour son contenu scientifique et son expertise clinique. » — Jacalyn Duffin, Medical Miracles, chapitre IV.[227]

Elle relève des désaccords entre experts, le recours à des méthodes nouvelles et, avec le temps, à des témoins médicaux non catholiques. Cette histoire explique pourquoi la compétence clinique peut servir le discernement religieux sans que le médecin ait à professer la conclusion théologique. Elle n'est pas une certification globale de tous les dossiers : chacun reste à examiner.[228]

Objection 6 — Pourquoi Dieu ne guérit-il pas tout le monde ?

Le miracle chrétien est un signe de salut, non la promesse d'une suppression immédiate de toute maladie. Le Catéchisme le formule sans ambiguïté :

« Il n'a pas guéri tous les malades. Ses guérisons étaient des signes de la venue du Royaume de Dieu. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1505.[229]

Les Évangiles montrent à la fois la générosité des guérisons et leur orientation vers le salut. À Lourdes aussi, l'appel à la prière, à la pénitence et à la conversion dépasse la guérison physique : celle-ci est un don réel, mais elle n'est ni un salaire de la foi ni un critère pour mesurer l'amour de Dieu envers celui qui demeure malade.[230]

La maladie qui marque les dernières années de Bernadette en donne un exemple particulièrement fort. La réalité des miracles ne rend pas sa souffrance illusoire, et sa maladie finale ne rend pas son témoignage faux. Le pèlerinage unit donc la demande de guérison aux soins, à l'accompagnement et à l'espérance chrétienne ; il ne fait pas peser sur la personne malade la responsabilité d'un miracle qui n'aurait pas eu lieu.

Ce que la confrontation des objections permet de conclure

La basilique du Rosaire de nuit, 22 octobre 2017. Moahim ; Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Image redimensionnée.

Une béquille abandonnée ne prouve pas à elle seule une guérison ; une rémission possible ne suffit pas à expliquer un dossier ; un roman ne remplace pas une observation médicale. Ces distinctions donnent au débat son véritable objet : la qualité des pièces et la portée exacte des conclusions. Elles permettent de reconnaître des défauts dans un témoignage particulier sans éliminer d'avance tout événement extraordinaire.

La défense catholique de Lourdes repose sur cette enquête concrète : des personnes identifiées, des lésions documentées, des guérisons suivies dans le temps, puis un discernement ecclésial distinct. Le jugement de miracle engage une lecture de l'action de Dieu dans l'histoire ; sa crédibilité bénéficie du contrôle médical sans se réduire à une statistique ni à la seule formule « inexpliqué aujourd'hui ». Les objections utiles précisent ce qui doit être établi ; elles ne rendent pas déraisonnable la reconnaissance d'un signe lorsque les pièces convergent.

Que conclure de ce dossier ?

Pourquoi Lourdes est unique

La force du dossier de Lourdes tient à cinq éléments complémentaires :

  1. Un témoignage fondateur éprouvé : les apparitions sont reconnues moins de quatre ans après les faits, au terme d'une enquête qui a confronté Bernadette à un commissaire, à un procureur, à des médecins et à une commission épiscopale.
  2. Un médecin permanent : le sanctuaire souligne qu'« aucun autre sanctuaire, toutes religions confondues, ne dispose de la présence permanente d'un médecin en charge de constater, vérifier et enquêter sur des cas de guérisons supposées »[231].
  3. Une expertise collégiale : depuis 1954, des spécialistes de plusieurs pays se prononcent à la majorité des deux tiers.
  4. Une séparation stricte des jugements : les médecins constatent, l'évêque du diocèse de la personne guérie juge.
  5. Une extrême sélectivité : 72 proclamations sur plus de 7 500 dossiers.

La rigueur médicale comme garde-fou

Erreur de diagnostic, traitement, amélioration transitoire, symptômes subjectifs : quatre hypothèses à confronter aux pièces du dossier. Infographie méthodologique. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Cette rigueur a un coût apparent — reconnaître peu, là où la ferveur voudrait reconnaître beaucoup —, mais elle protège le dossier. Joris-Karl Huysmans, converti, le remarquait dès 1907 :

« L'on peut vraiment attester que le Bureau des Constatations ne pousse pas aux miracles, car toute affection qui peut provenir d'un détraquement du système nerveux est, de prime abord, écartée ; et quant aux autres, l'on ne se prononce réellement que quelques années après, alors que l'on a pu s'assurer que la guérison s'était maintenue. » — J.-K. Huysmans, Les Foules de Lourdes, Stock, 1907, p. 87-88, cité par Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 152-153[232]

Les contestations les plus sérieuses — Aurélie Huprelle en 1908, Jeanne Tulasne peu après, Gabrielle Clauzel analysée par le Dr West en 1957 — ont reçu une réponse sur pièces ; et lorsque la maladie de Ginette Nouvel a probablement récidivé, c'est le Comité médical lui-même qui l'a établi. Un dossier qui intègre ses propres limites n'en est que plus crédible.

Hypothèses naturelles et leurs limites

Cinq explications naturelles sont régulièrement opposées aux guérisons de Lourdes. Le tableau suivant montre, pour chacune, ce qu'elle explique réellement, comment la procédure la teste, et un dossier où elle a été confrontée aux pièces :

Hypothèse naturelleCe qu'elle explique réellementComment la procédure la testeDossier documenté
Suggestion, hystérieDes troubles fonctionnels ou nerveux, des douleursLes guérisons psychiatriques et fonctionnelles sont écartées ; le CMIL doit éliminer toute « surcharge psychopathique »Aurélie Huprelle : tuberculose avancée confirmée en 1909 par trois professeurs de Paris
Effet d'un traitementLes guérisons obtenues par la médecineLe CMIL doit « éliminer le rôle des traitements utilisés » ; entre 1972 et 1990, cinq dossiers refusés pour ce motifSerge Perrin : guérison « en l'absence de traitement efficace »
Rémission spontanée, amélioration passagèreDes évolutions naturelles, parfois longuesLe pronostic doit exclure une évolution spontanée ; les réexamens s'étalent sur des annéesGinette Nouvel : seize ans de rémission, puis récidive probable reconnue par le CMIL
Erreur de diagnosticDes maladies mal identifiées ou mal documentéesDiagnostic établi « sur des constatations objectives suffisantes », pièces antérieures au pèlerinageLa confusion de deux séries de radiographies décrite par les Drs Valot montre pourquoi les pièces originales sont exigées
SimulationDes guérisons prétenduesEnquête sur la personne, réexamens ; entre 1972 et 1990, quatre « simulations plus ou moins conscientes et organisées » écartéesLes dossiers refusés sous la présidence du Dr Mangiapan

Chacune de ces hypothèses rend compte de cas réels, que le filtre de Lourdes écarte précisément[233]. Les dossiers retenus sont ceux où, au vu des pièces, aucune ne s'applique : c'est ce que le Comité appelle une guérison « inexpliquée dans l'état actuel de nos connaissances ». Le jugement de foi vient ensuite, et d'une autre instance.

La sélectivité, force du dossier

La sélectivité est une caractéristique du dossier : 72 proclamations pour plus de 7 500 déclarations. Mais sa force repose sur les examens et le suivi des personnes retenues, non sur ce rapport numérique à lui seul.

Cette méthode laisse ouverte la possibilité du miracle tout en soumettant chaque témoignage à l'examen. G. K. Chesterton oppose précisément la discussion des preuves à une exclusion de principe :

« Ceux qui croient aux miracles les acceptent, à tort ou à raison, parce qu'ils disposent de preuves en leur faveur. Ceux qui n'y croient pas les nient, à tort ou à raison, parce qu'ils ont une doctrine qui s'y oppose. » — G. K. Chesterton, Orthodoxy, chapitre IX.[234]

Cette remarque ne dispense d'aucune vérification. Elle rappelle pourquoi le travail médical a un sens : accueillir une déclaration, la contredire si les faits l'exigent, puis reconnaître ce que l'enquête permet effectivement d'établir.

Bernadette distinguait elle-même sa mission de témoin de l'adhésion de ses interlocuteurs : « Je suis chargée de vous le dire, pas de vous le faire croire »[235]. Soudainement guérie le 28 avril 1862 d'une double fluxion de poitrine, après avoir reçu une parcelle d'hostie et un peu d'eau de Lourdes[236], elle ne fut pas délivrée de la maladie qui l'emporta à trente-cinq ans ; à qui lui demandait si elle souffrait, elle répondait : « Tout cela est bon pour le ciel »[237]. Chiron conclut son enquête sur ce double horizon :

« A Lourdes, l'espérance de la guérison est bien double : les malades recherchent la santé du corps, mais consciemment ou non, ils recherchent aussi la guérison de l'âme. » — Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 204[238]

Les soixante-douze guérisons reconnues ne sont pas le but de Lourdes, mais le sceau visible de ce que chaque pèlerin y vient chercher : un Dieu qui se penche sur les malades, comme la Vierge s'est penchée sur une enfant pauvre, illettrée et souffrante.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, Dossier de presse 2026, novembre 2025 (PDF), rubrique « Le bureau des constatations médicales : unique au monde ».

    1 21 122 231
  2. Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, « Antonia Raco, 72ᵉ miraculée de Lourdes », 16 avril 2025 : symptômes dès 2004, diagnostic en 2006, pèlerinage de 2009, vote du CMIL en novembre 2024 et déclaration épiscopale du 16 avril 2025.

    2 189 191
  3. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 71-72 : installation du Dr Dunot de Saint-Maclou à Lourdes en 1883, fondation du « bureau des constatations » en 1884, pavillon bâti à la fin de 1884 (d'après les Annales de Notre-Dame de Lourdes, janvier 1885) ; Chiron relève que d'autres auteurs donnent 1882, 1883 ou 1888. Le sanctuaire écrit « Fondé en 1883 » : Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, Dossier de presse 2026, novembre 2025 (PDF). Dénomination « Bureau Médical » à partir de 1946 : Chiron, p. 73 et 77.

    3 88
  4. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 82.

    4 97
  5. Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, Les miracles de Lourdes, sept critères médicaux présentés dans la section consacrée au discernement.

    5 110
  6. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 71-72 (récapitulation p. 233).

    6 50
  7. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 299, d'après René Laurentin, Bernadette vous parle, t. II, 1987, p. 273.

    7 79
  8. Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, « Les miracles de Lourdes », liste officielle des 72 guérisons reconnues, consultée le 28 septembre 2026 : numéros, diagnostics, dates de guérison et de reconnaissance.

    8 130 139 145 151 157 166 172 182 193 195
  9. Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, Dossier de presse 2026, novembre 2025 (PDF), « Les grandes dates de la vie de Bernadette Soubirous » ; Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 52-53.

    9
  10. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 52-53.

    10
  11. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 52 et 54 ; « pas d'école ni de catéchisme. À 14 ans, elle ne sait ni lire, ni écrire » : Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, Dossier de presse 2026, novembre 2025 (PDF).

    11
  12. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 53-54.

    12
  13. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 54-55.

    13
  14. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 54.

    14
  15. Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, Les apparitions, chronologie du 11 février au 16 juillet 1858 ; Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés, Paris, MDN Productions, 2023, p. 54-57.

    15
  16. René Laurentin, Lourdes. Histoire authentique des apparitions, t. VI, Paris, Lethielleux, 1964, p. 119-121, cité par Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 187.

    16
  17. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 215. Le dogme a été défini par Pie IX dans la bulle Ineffabilis Deus du 8 décembre 1854.

    17
  18. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 56 et 258 ; demande de manger de l'herbe : Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 60-61.

    18
  19. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 57, citant J. Mailhet, La Source miraculeuse, p. 8.

    19
  20. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 121-122.

    20
  21. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 121-124 ; Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, Dossier de presse 2026, novembre 2025 (PDF).

    22 202
  22. Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, Le message de Lourdes, neuvième apparition, 25 février 1858.

    23
  23. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 48.

    24
  24. Rapport d'analyse du professeur E. Filhol, daté du 7 août 1858, demandé par le conseil municipal de Lourdes le 3 juin 1858 ; interdiction municipale du 8 juin et levée du 5 octobre 1858 : Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 53-55.

    25 26
  25. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 55 (rapport Nodon, publié par J. Mailhet, La Source miraculeuse, p. 155-156 ; rapport Lepape du 16 novembre 1938, publié par le Dr Vallet, La Vérité sur Lourdes et ses guérisons miraculeuses, Paris, Flammarion, 1944, p. 187-189).

    27
  26. Rapport de l'Institut de recherches hydrologiques de Nancy, 8 octobre 1964, publié par Alphonse Oliviéri et Bernard Billet, Y a-t-il encore des miracles à Lourdes ?, 1989, p. 315-316, cité par Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 56.

    28
  27. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 58-59, d'après le Dr Vivienne d'Andria, « L'eau de Lourdes », bulletin de l'AMIL, n° 245-246, mai 1994, p. 20.

    29 30
  28. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 60, citant François Leuret, Les Guérisons miraculeuses modernes, Paris, PUF, p. 179 ; présidence du Dr Leuret (1947-1954) : Chiron, p. 74.

    31
  29. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 48 et 61.

    32
  30. Mgr Bertrand-Sévère Laurence, évêque de Tarbes, mandement du 18 janvier 1862, article premier, d'après René Laurentin, Lourdes. Documents authentiques, t. VI, 1961, p. 49, cité par Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 58. Le sanctuaire en donne une transcription modernisée (« dans la grotte de Massabielle, près de la ville de Lourdes ») : Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, Dossier de presse 2026, novembre 2025 (PDF).

    33
  31. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 93.

    34
  32. Nicolas Dargegen, archives du Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, La consécration de la basilique de l’Immaculée Conception, juillet 1876. Pour la basilique du Rosaire : Léon XIII, lettre du 8 septembre 1901, Acta Sanctae Sedis 34 (1901-1902), p. 193-195 ; Sanctuaire, anniversaires des dédicaces, Rosaire le 6 octobre 1901. Crypte : Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Perrin, 2000, p. 69.

    35
  33. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 164-166 : pèlerinage des bannières du 5 octobre 1872 ; Pèlerinage national organisé en juillet 1873 par les assomptionnistes Vincent de Paul Bailly et François Picard ; premier pèlerinage du Rosaire en octobre 1908, à l'initiative du dominicain Vayssière.

    36
  34. Sacrée Congrégation des Rites, décret Urbis et Orbis, 13 novembre 1907, Acta Sanctae Sedis 40 (1907), p. 747-748 (volume officiel). Calendarium Romanum, Typis Polyglottis Vaticanis, 1969, p. 67-68 et 116-117 : mémoire facultative du 11 février, sous le titre de Bienheureuse Vierge Marie de Lourdes.

    37
  35. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés, Paris, MDN Productions, 2023, p. 60, citant René Laurentin, Bernadette vous parle, t. II, Paris, Lethielleux, 1987, p. 284 (N 608).

    38
  36. André Ravier s.j., The Body of Saint Bernadette, d’après les archives de Saint-Gildard, texte reproduit par EWTN : exhumations des 22 septembre 1909, 3 avril 1919 et 18 avril 1925 ; médecins Jourdan et David (1909), Talon et Comte (1919 et 1925) ; masques protecteurs réalisés après la dernière exhumation.

    39 40
  37. Pie XI, homélie du 8 décembre 1933, Acta Apostolicae Sedis 26 (1934), p. 7-9 ; lettres décrétales Quidquid Immaculatae, même volume, p. 73-85 (volume officiel). Original latin du passage cité, p. 8-9 : « Eius nempe christianam animi demissionem humilitatemque imitemur; eius fidem, impensam eius, qua aestuabat, caritatem. » La bulle date l’introduction de la cause à Rome du 13 août 1913 (p. 77) et expose les guérisons examinées pour la béatification et la canonisation (p. 77-80).

    41 42
  38. Jean-Paul II, salut aux malades, grotte de Massabielle, 14 août 2004 ; homélie du 15 août 2004, Prairie de la Ribère ; prière du 14 août 1983. Le voyage de 2004 est le 104ᵉ et dernier hors d’Italie : chronologie du pontificat.

    43 46
  39. Benoît XVI, homélie de la messe avec les malades, esplanade du Rosaire, 15 septembre 2008 ; audience générale du 17 septembre 2008, consacrée au voyage en France.

    44 47
  40. François, message pour la XXVᵉ Journée mondiale du malade, 8 décembre 2016, pour le 11 février 2017. Absence de visite personnelle : Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, Les papes à Lourdes.

    45 48
  41. Ville de Lourdes, Lourdes a accueilli le Pape sur le pont Léon XIV, compte rendu du 26 septembre 2026 ; Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, visite pontificale des 26 et 27 septembre 2026.

    49
  42. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 43 (propos oral de Dom Bernard Billet rapporté par l'auteur).

    51
  43. Jean-Baptiste Estrade, Les Apparitions de Lourdes, souvenirs intimes d'un témoin, Tours, A. Mame et fils, 1899, p. 285, cité par Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 89.

    52
  44. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 89, d'après René Laurentin, Bernadette vous parle, t. II, Paris, Lethielleux, 1987, p. 301.

    53
  45. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 91.

    54
  46. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 73 et 289.

    55
  47. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 73, d'après René Laurentin, Lourdes. Histoire authentique des apparitions, t. IV, Paris, Lethielleux, 1963, p. 115-118.

    56
  48. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 288, d'après René Laurentin, Lourdes. Histoire authentique des apparitions, t. IV, 1963, p. 115-116.

    57
  49. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 74 et 285-291, d'après l'analyse du brouillon par René Laurentin.

    58
  50. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 74.

    59
  51. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 212-215.

    60 61
  52. Abbé J.-G. Fourcade, L'Apparition à la grotte de Lourdes en 1858, Paris, Lecoffre, 1862, p. 56, cité par Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 164.

    62
  53. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 169 ; la lettre du 17 mai 1860 est citée d'après René Laurentin, Lourdes. Documents authentiques, t. VI, Paris, Lethielleux, 1961, p. 110.

    63
  54. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 164-166, d'après René Laurentin, Bernadette vous parle, t. I, Paris, Lethielleux, 1972, p. 326, 330 et 333.

    64
  55. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 167-168.

    65
  56. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 155-156, d'après René Laurentin, Lourdes. Documents authentiques, t. II, Paris, Lethielleux, 1957, p. 32.

    66
  57. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 158-160, d'après Georges Bertrin, Histoire critique des événements de Lourdes, apparitions et guérisons, Paris, Lecoffre, 1909, p. 425-426, et François Trochu, Sainte Bernadette Soubirous, Lyon, Vitte, 1954, p. 624 ; lettre publiée dans L'Univers : Messori, p. 235.

    67
  58. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 236, d'après Henri Lasserre, Bernadette, 3ᵉ éd., Paris, Palmé, 1879, p. 306.

    68
  59. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 237-240, d'après René Laurentin, Lourdes. Documents authentiques, t. I, Paris, Lethielleux, 1957, p. 300.

    69
  60. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 240, 243 et 244 ; propos de Bernadette d'après René Laurentin, Bernadette vous parle, t. I, 1972, p. 139.

    70
  61. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 238 et 246, citant Georges Bertrin, Histoire critique des événements de Lourdes.

    71 72
  62. Abbé J.-G. Fourcade, L'Apparition à la grotte de Lourdes, Paris, Lecoffre, 1862, ch. IX, p. 47-48, cité par Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 245.

    73
  63. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 249-251, d'après René Laurentin, Lourdes. Histoire authentique des apparitions, t. VI, Paris, Lethielleux, 1964, p. 207-215.

    74
  64. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 64-65.

    75
  65. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 285 et 292-294, d'après René Laurentin, Bernadette vous parle, t. II, 1987, p. 198.

    76
  66. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 294-295 ; la première phrase est citée d'après René Laurentin, Lourdes. Histoire authentique des apparitions, t. I, Paris, Lethielleux, 1961, note 53, p. 80.

    77 78
  67. Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 300.

    80
  68. Jean de Bonnefon, Lourdes et ses tenanciers, Paris, Michaud, 1905, p. 117-118, discuté par Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 122-129, d'après René Laurentin, Lourdes. Documents authentiques, t. I, 1957, p. 145-146, et Georges Bertrin, Histoire critique des événements de Lourdes, 1909, p. 417.

    81
  69. Article de Vittorio Messori paru dans le Corriere della Sera, reproduit dans Vittorio Messori, Bernadette ne nous a pas trompés. Une enquête historique sur la vérité de Lourdes, Paris, MDN Productions, 2023, p. 113-115 ; le livre visé est Luigi Garlaschelli, Lourdes. I dossier sconosciuti, Italian University Press, 2011, préface de Piergiorgio Odifreddi.

    82 83
  70. Ordonnance de Mgr Laurence du 28 juillet 1858 (René Laurentin et Bernard Billet, Lourdes. Documents authentiques, Paris, Lethielleux, t. III, p. 210-214), citée par Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 65-66.

    84
  71. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 66-67 : sous-commission constituée en novembre 1858 ; une centaine de guérisons signalées par le Dr Dozous pour 1858 ; vingt-neuf retenues par le rapport du chanoine Baradère (six « susceptibles d'une explication naturelle », onze où « la commission inclinerait à admettre du surnaturel », douze présentant « un véritable caractère surnaturel ») ; neuf retenues par le professeur Henri Vergez en avril 1860, puis sept après examen clinique en juin.

    85
  72. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 68 et 93. Le sanctuaire présente ce premier acte comme la reconnaissance de « 7 guérisons miraculeuses, parmi les centaines qu'avait expertisées le Professeur Henri Vergez » : Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, Dossier de presse 2026, novembre 2025 (PDF).

    86
  73. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 174.

    87
  74. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 73 et 76.

    89 223
  75. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 73.

    90
  76. Richard Clarke s.j., Lourdes et ses miracles, 1892 (traduction d'articles parus dans la revue The Month), cité par Théodore Mangiapan, Les Guérisons de Lourdes, Lourdes, Œuvre de la Grotte, 1994, p. 84, puis par Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 72-73.

    91
  77. Dr Roger Pilon, « Le rôle du médecin de pèlerinage à Lourdes », Recherches sur Lourdes hier et aujourd'hui, n° 44, octobre 1973, p. 190, cité par Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 76-77. Présidence du Dr Pilon (1990-1997) : Chiron, p. 74.

    92
  78. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 93-97 et 133, d'après Georges Bertrin, Histoire critique des événements de Lourdes. Apparitions et guérisons, Lourdes/Paris, 1915, p. 443.

    93
  79. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 98, d'après Gustave Boissarie, L'Œuvre de Lourdes, Paris, Téqui, 1907, et Alfred Van den Brule, Le Docteur Boissarie, Paris, J. de Gigord, 1919.

    94
  80. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 97-100 : lettre du Dr Lapponi du 22 octobre 1905 ; premier procès ouvert par Mgr Meunier, évêque d'Évreux, en novembre 1905 ; 33 procédures canoniques abouties de 1907 à 1913, dont 20 en 1908.

    95
  81. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 133-134 (dossiers ouverts par présidence ; déclarations de 1994 et 1995 rapportées par le Dr Pilon au CMIL).

    96
  82. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 82-83 (état décrit à la fin des années 1990, d'après le Dr Jean-Louis Armand-Laroche, alors président du CMIL).

    98
  83. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 84.

    99
  84. Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, La reconnaissance d’un miracle, rôle du rapporteur et consultations de confrères extérieurs au Comité.

    100
  85. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 84-86 : questionnaire établi en septembre 1977 ; depuis 1994, les seize questions servent à la discussion et le vote ne porte plus que sur la conclusion.

    101
  86. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 86.

    102
  87. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 77.

    103
  88. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 102-103 ; présidence du Dr Vallet (1927-1946) : p. 74.

    104
  89. Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, « Nomination du docteur Giada Monami à Lourdes », 17 février 2026 : prise de fonction annoncée à la mi-avril 2026, après les dix-sept années d'Alessandro de Franciscis ; première femme nommée à ce poste.

    105 209
  90. Concile de Trente, session XXV (3-4 décembre 1563), décret sur l'invocation des saints et les reliques, cité par Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 99, d'après Les Conciles œcuméniques, Paris, Cerf, 1994, t. II, vol. 2, p. 1577.

    106
  91. Prospero Lambertini (Benoît XIV), De Servorum Dei Beatificatione et Beatorum Canonizatione, Bologne, 1734-1738, livre IV, chapitre VIII, n° 2, d'après Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 32.

    107
  92. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 32.

    108
  93. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 32-33.

    109
  94. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000 : Serge Perrin, p. 108-109 ; Ginette Nouvel, p. 129 ; Pierre de Rudder, p. 114 et 175 ; Alice Couteault, p. 87-88 ; Marie Bigot, p. 125.

    111
  95. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 33.

    112
  96. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 87-88 ; étude médicale du cas dans Marianne Sirop, Guérison inexpliquée à Lourdes. Un cas diagnostiqué : sclérose en plaques, thèse, Université Claude Bernard-Lyon I, 1994, p. 27-30.

    113
  97. Dates individuelles données par le Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes : Moriau, 11 juillet 2008 et 11 février 2018 ; Raco, août 2009 et 16 avril 2025 ; Traynor, juillet 1923 et décembre 2024. Voir les références propres à ces trois dossiers. Aucun délai moyen ou médian n’est déduit de ces trois cas.

    114 203
  98. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 78-80.

    115
  99. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 75 et 80-81.

    116
  100. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 103-105 (archives diocésaines de Montpellier : rapport du Dr Vallet et rapport de la commission médicale diocésaine).

    117 226
  101. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 106-107, citant Corinne Buonaguidi-Filippi, Le Contrôle médical des guérisons de Lourdes, thèse, faculté de médecine de Marseille, 30 novembre 1987, p. 22 ; la guérison d'Anna Santaniello, survenue en 1952, n'a été reconnue miraculeuse qu'en 2005.

    118
  102. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 84 et 106.

    119
  103. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 153-154, d'après Théodore Mangiapan, Les Guérisons de Lourdes, 1994, p. 96-97.

    120
  104. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 129-130, citant Théodore Mangiapan, Lourdes. Miracles et miraculés, Lourdes, Imprimerie de la Grotte, 1986, p. 129.

    121
  105. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 81, 92, 131 et 139, d'après le chiffre donné par Dom Bernard Billet, « Guérisons et miracles au regard de la foi », bulletin de l'AMIL, n° 268, octobre 1999, p. 4.

    123
  106. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 69-71.

    124
  107. Corinne Buonaguidi-Filippi, Le Contrôle médical des guérisons de Lourdes, thèse, faculté de médecine de Marseille, 1987, p. 21, citée par Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 75.

    125
  108. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 105, 135 et 137.

    126 136
  109. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 135, d'après la thèse de Corinne Buonaguidi-Filippi (1987), qui a étudié systématiquement l'année 1959 ; guérison de Juliette Tamburini, reconnue par Mgr Lallier, archevêque de Marseille, le 11 mai 1965.

    127
  110. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 136 et note 1, d'après Théodore Mangiapan, Les Guérisons de Lourdes, 1994, p. 270-271.

    128
  111. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 136.

    129 222
  112. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 139-140 : déclarations comptées à la fin de 1998, comparaison avec les 66 reconnaissances recensées dans son livre, dont celle de Jean-Pierre Bély en 1999 (p. 111).

    131
  113. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 139-140.

    132
  114. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 100 (« C'est à l'évêque, et à lui seul, de se prononcer de manière définitive sur la nature miraculeuse de la guérison ») et p. 102-103.

    133
  115. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 137-139 ; Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, liste des miraculés, dates des reconnaissances de Bély, Santaniello, Traverso, Castelli et Moriau.

    134 135
  116. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 95 (période 1862-1907), 106 (après 1947) et 107 (après 1965).

    137
  117. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 101-102, d'après Alphonse Oliviéri et Bernard Billet, Y a-t-il encore des miracles à Lourdes ? 22 dossiers de guérison, Paris/Lourdes, Lethielleux/Œuvre de la Grotte, 1990, p. 9-10.

    138
  118. Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, notice « Catherine Latapie detta Chouat », n° 1 : bain de la main, guérison et naissance de Jean-Baptiste le 1ᵉʳ mars 1858.

    140
  119. Georges Bertrin, Histoire critique des événements de Lourdes : apparitions et guérisons, Paris, Lecoffre, 1909, p. 239-263, dossier « Pierre De Rudder » ; édition numérisée.

    141
  120. Vittorio Messori, Le Miracle impensable, Groupe Fleurus-Mame, 2000, p. 37, rapport des médecins sur la consolidation de la jambe de Pierre De Rudder.

    142
  121. Georges Bertrin, Histoire critique des événements de Lourdes : apparitions et guérisons, Paris, Lecoffre, 1909, p. 239-263, notamment p. 262-263 ; édition numérisée. Exhumation du 24 mai 1899, prélèvement et examen comparatif des os.

    143
  122. Matthieu Lavagna, Soyez rationnel, devenez catholique !, MDN Productions, 2023, p. 407, note 648 renvoyant au Dr Philippe Madre, La guérison extraordinaire existe-t-elle ?, Berg, 1982, p. 65 : exhumation du 24 mai 1899 et radiographies de 1929.

    144
  123. Georges Bertrin, Histoire critique des événements de Lourdes : apparitions et guérisons, Paris, Lecoffre, 1909, p. 376-395, dossier « Gabriel Gargam » ; édition numérisée. Métier, accident, expertises et rencontre de l’auteur avec Gargam au service des piscines.

    146 147 150
  124. Gustave Boissarie, L’Œuvre de Lourdes, Paris, Pierre Téqui, 1909, chap. V, p. 89-108, notamment p. 103-104 ; édition numérisée. Présentation devant soixante médecins le soir de la guérison, interrogatoire reporté au lendemain et évolution des plaies des pieds.

    148 149
  125. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 155-156 : Carrel, Marie Bailly et citation du personnage de Lerrac dans Le Voyage de Lourdes.

    152 155 156
  126. Fondation Nobel, Alexis Carrel — Facts, prix Nobel de physiologie ou médecine 1912, motivation officielle.

    153
  127. Alexis Carrel, Le Voyage de Lourdes — Fragments de journal — Méditations, Paris, Plon, 1949 ; récit du voyage de 1902 sous les noms de Lerrac et Marie Ferrand. Voir Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Perrin, 2000, p. 155-156.

    154
  128. Bureau des constatations médicales de Lourdes, rapport publié dans le Journal de la Grotte de Lourdes, n° 52, décembre 1926 ; fac-similé publié par le Sanctuaire. Chronologie des blessures et opérations de John Traynor.

    158
  129. Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, « John Traynor, 71ᵉ miraculé de Lourdes », 8 décembre 2024 ; Liverpool Archdiocesan Lourdes Pilgrimage Association, « Jack Traynor » : guérison, retour annuel comme brancardier et décès du 8 décembre 1943.

    159 161
  130. Malcolm McMahon, archevêque de Liverpool, Statement on John Traynor Case, déclaration datée du 8 décembre 2024, p. 1–2 : rapport Vallet de décembre 1926, médecins Azurdia, Finn et Marley, recherche de Kieran Moriarty en 2023 et commission canonique du 29 novembre 2024.

    160 162 163
  131. Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, notice Jeanne Frétel ; Jeanne Frétel et père Pie Roques, o.p., Un miracle eucharistique à Lourdes : 8 octobre 1948. Entretiens et témoignages, entretiens avec François-Xavier de Guibert, préface de Patrick Theillier, Paris, F.-X. de Guibert, 2012, 109 p., ISBN 978-2-7554-0493-7 ; extrait.

    164 165
  132. Bibliothèque nationale de France, notice bibliographique de Un miracle eucharistique à Lourdes, et notice d’autorité Jeanne Frétel (1914-2005), ISNI 0000000436988604 : 25 mai 1914 – 1ᵉʳ avril 2005.

    167
  133. Barbara A. Neilan, « The Miraculous Cure of a Sarcoma of the Pelvis: Cure of Vittorio Micheli at Lourdes », The Linacre Quarterly, vol. 80, n° 3, août 2013, p. 277-281, DOI 10.1179/0024363913Z.00000000015. Exposé tiré du rapport de Michel-Marie Salmon, présenté au CMIL le 3 mai 1972.

    168 169 174
  134. Vittorio Micheli, entretien « Vittorio Micheli: “Io, miracolato a Lourdes” », Il Timone, 3 avril 2014 : pèlerinage du diocèse de Trente du 25 mai au 2 juin 1963 et bain du 1ᵉʳ juin.

    170
  135. J. Garner, « Spontaneous regressions: scientific documentation as a basis for the declaration of miracles », Canadian Medical Association Journal, vol. 111, 7 décembre 1974, p. 1254-1264, notamment p. 1257-1259 : dossier Micheli et votes de 1969 et 1971.

    171 173
  136. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 108.

    175
  137. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 108-109. Les rapports présentés au CMIL le 17 octobre 1976 ont été publiés dans La Guérison de M. Serge Perrin, Lourdes, Imprimerie de la Grotte, 1987.

    176 177
  138. Mgr Jean Orchampt, « Un évêque face à une ‘guérison miraculeuse’ », dans Guérisons et miracles, actes du congrès international de Lourdes (22-24 octobre 1993), Paris/Lourdes, CCMF/AMIL, 1994, p. 72-75, cité par Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 109-110.

    178
  139. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 110-111.

    179
  140. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 111-112, notamment note 2 ; Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, notice Jean-Pierre Bély : onction des malades, paix intérieure puis reprise de la marche dans la nuit suivante.

    180
  141. Mgr Claude Dagens, déclaration sur la guérison de Jean-Pierre Bély, 9 février 1999, publiée par la Conférence des évêques de France : commission du 4 janvier 1999, jugement du CMIL et reconnaissance ecclésiale.

    181
  142. Apic, « France : décès du 66ᵉ miraculé de Lourdes, à l’âge de 69 ans », 27 octobre 2005 ; déclaration du Dr Patrick Theillier sur une nouvelle maladie distincte de l’affection initiale.

    183
  143. Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, communiqué du 11 février 2018, reproduit par Zenit : chronologie des soins, guérison du 11 juillet 2008, Bureau médical et vote du CMIL du 18 novembre 2016.

    184 186 188 199
  144. Mgr Jacques Benoit-Gonnin, déclaration du 11 février 2018, et témoignage de sœur Bernadette Moriau, publiés par la Conférence des évêques de France, 12 février 2018.

    185 187
  145. Antonietta Raco, entretien « Antonietta Raco racconta il miracolo: “Sono tornata da Lourdes e cammino” », Avvenire, 16 avril 2025. Récit à la première personne des piscines et du retour à Francavilla in Sinni le 5 août 2009.

    190
  146. Diocèse de Tursi-Lagonegro, communiqué sur la reconnaissance de la guérison d’Antonia Raco, 16 avril 2025 : proclamation par Mgr Vincenzo Carmine Orofino, à la messe chrismale de 18 heures, cathédrale de Tursi.

    192
  147. Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Paris, Éditions du Seuil, 2008, p. 271 : vingt-neuf cas examinés par Henri Vergez, neuf retenus dans un premier temps, puis sept conservés en juin 1860.

    194
  148. Mgr Emmanuel Delmas, « Histoire d’une guérison remarquable », déclaration du 27 mars 2011 : reconnaissance du caractère remarquable de la guérison de Serge François.

    196
  149. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 115-116 ; « Plus de 80% des guérisons reconnues miraculeuses concernent des femmes » : Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, Dossier de presse 2026, novembre 2025 (PDF). Les six reconnaissances postérieures à 1999 concernent cinq femmes et un homme.

    197
  150. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 114-117 ; Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, Dossier de presse 2026, novembre 2025 (PDF).

    198
  151. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 117-118 (55 Français et 11 étrangers sur 66) ; Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, Dossier de presse 2026, novembre 2025 (PDF) : France 56 (dont Bernadette Moriau, Beauvais, 11 février 2018), Italie 8, Belgique 3, Allemagne 1, Autriche 1, Suisse 1, soit 70 — décompte non encore augmenté des deux dernières reconnaissances, John Traynor (Liverpool, Royaume-Uni, 8 décembre 2024) et Antonietta Raco (Tursi-Lagonegro, Italie, 16 avril 2025), qui portent le total à 72 : France 56, Italie 9, Royaume-Uni 1.

    200
  152. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 119-121, citant Théodore Mangiapan, Les Guérisons de Lourdes, 1994, p. 387.

    201
  153. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 128-129.

    204
  154. Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, « Reconnaissance d'un miracle », présentation des étapes mises en place en 2006, page officielle archivée le 20 décembre 2009. Annonce de Mgr Jacques Perrier et du Pr François-Bernard Michel lors de la conférence de presse du 16 mars 2006, rapportée par Apic le 17 mars 2006, « Lourdes : des nouvelles normes pour la reconnaissance des miracles ».

    205
  155. Mgr Emmanuel Delmas, déclaration du 27 mars 2011 sur la guérison de Serge François, dans « Histoire d'une guérison remarquable », dossier publié par la Conférence des évêques de France. La liste officielle du sanctuaire distingue les personnes dont la guérison a été proclamée miraculeuse : « Miracles et guérisons ».

    206
  156. Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, Les miracles de Lourdes, liste nominative, nos 66–72 ; Association médicale internationale de Lourdes, Médias, notice sur la reconnaissance « remarquable » de Serge François, 27 mars 2011. Pages consultées le 23 septembre 2026.

    207 208
  157. Anatole France, Le Jardin d'Épicure, Paris, Calmann-Lévy, édition numérisée sur Wikisource, p. 203-205, texte et fac-similé. Le propos du compagnon est p. 204 ; le commentaire de France le suit immédiatement.

    210 211
  158. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Perrin, 2000, p. 148-151 : dates du séjour, visites au Bureau, modèles des personnages et comparaison entre le roman et les guérisons. Émile Zola, Lourdes, Paris, Charpentier et Fasquelle, 1894, cinquième journée, récit du train de retour pour la Grivotte. Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, liste des guérisons reconnues, notices Marie Lebranchu et Marie Lemarchand.

    212 213
  159. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Perrin, 2000, p. 152 ; source citée : Alfred Van den Brule, Le Dr Boissarie, Paris, J. de Gigord, 1919, p. 254-266, récit de la conférence du 21 novembre 1894 par un témoin présent.

    214
  160. Jean-Martin Charcot, « La foi qui guérit », Archives de neurologie, t. XXV, 1893, p. 72-87, spécialement p. 85-87 ; publication antérieure dans la Revue hebdomadaire, décembre 1892. Texte repris dans La Foi qui guérit, Paris, Félix Alcan, 1897, exemplaire numérisé à la BnF. La citation reproduit un segment de la conclusion, p. 87 des Archives ; faith-healing désigne la guérison par la foi ou la confiance.

    215 216
  161. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Perrin, 2000, p. 81-82, « Les guérisons non reconnues » : guérison explicable, amélioration fonctionnelle, nature psychiatrique, absence de suivi ou refus de poursuivre la procédure malgré une guérison réelle. Pour le total contemporain : Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, Dossier de presse 2026, p. 24, PDF officiel.

    217 220 221
  162. Joe Nickell, « The Case of the Miracle Oil », rubrique « Investigative Files », Skeptical Inquirer, vol. 35, n° 3, mai-juin 2011, p. 17-19, spécialement p. 19, article original. L'auteur énumère erreurs de diagnostic, traitement antérieur, troubles psychosomatiques et guérison naturelle ; il évoque les rémissions de sclérose en plaques et renvoie à son texte de 2008 sur le Bureau de Lourdes.

    218
  163. Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, « La reconnaissance d'un miracle », critères médicaux, majorité des deux tiers et jugement de l'évêque ; « Le Bureau des Constatations médicales », distinction du Bureau et du CMIL.

    219 224 225
  164. Jacalyn Duffin, Medical Miracles: Doctors, Saints, and Healing in the Modern World, Oxford University Press, 2009, ISBN 978-0-19-533650-4. Présentation de l'ouvrage ; chap. IV, « The Doctors: Medical Knowledge in the Canonization Process », p. 113-144, résumé publié par Oxford University Press. Original du fragment traduit : « for its scientific content and clinical expertise ». L'étude concerne les procès de canonisation, non un réexamen clinique des seuls cas de Lourdes.

    227 228
  165. Catéchisme de l'Église catholique, § 1505, « L'onction des malades », dans l'exposé du Christ médecin. Voir aussi Mt 8, 16-17 ; Mc 1, 32-39 ; Jn 5, 1-9.

    229 230
  166. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 152-153.

    232
  167. Questionnaire du CMIL de 1977, questions 2, 4, 6 et 7 : Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 85 ; exclusion des guérisons psychiatriques et fonctionnelles : p. 81 ; motifs de refus de 1972-1990 : p. 136 ; Aurélie Huprelle : p. 153-154 ; Ginette Nouvel : p. 129-130 ; Serge Perrin : p. 109 ; Thérèse et Guy Valot, Lourdes et l'illusion, Paris, Maloine, 1956, résumé par Chiron, p. 156-158.

    233
  168. G. K. Chesterton, Orthodoxy, Londres, John Lane, 1908, chap. IX, « Authority and the Adventurer », texte intégral, Project Gutenberg. Traduction française du passage : « The believers in miracles accept them (rightly or wrongly) because they have evidence for them. The disbelievers in miracles deny them (rightly or wrongly) because they have a doctrine against them. »

    234
  169. Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, Dossier de presse 2026, novembre 2025 (PDF), rubrique « Quelques citations de Bernadette ».

    235 237
  170. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 68-69.

    236
  171. Yves Chiron, Enquête sur les miracles de Lourdes, Paris, Librairie Académique Perrin, 2000, p. 204.

    238