Certains miracles ne se contentent pas d'être inexpliqués : ils sont anatomiquement absurdes. Une jambe amputée depuis deux ans et demi qui réapparaît en une nuit. Un bassin entièrement rongé par un cancer qui se reconstruit à l'os près. Une rétine irrémédiablement mouchetée qui redevient fonctionnelle en quatorze jours. Un adolescent noyé pendant huit heures, veillé mort pendant dix-neuf heures, qui rouvre les yeux. Ce sont des dossiers que l'imagination populaire qualifierait spontanément d'« impossibles à croire » — et c'est précisément cette extrémité qui, une fois documentée, retourne l'objection contre elle-même.
L'improbabilité seule ne prouve rien : un fait très étonnant peut simplement être faux, mal rapporté ou embelli avec le temps. Mais lorsqu'un état antérieur est établi par un tiers qualifié et indépendant, que l'événement est soudain, complet et durable, qu'aucun traitement efficace n'est en cause, et qu'une enquête contradictoire a activement cherché la fraude sans la trouver, l'improbabilité change de statut. Elle cesse d'être un obstacle à la crédibilité pour devenir un obstacle à l'explication naturelle concurrente — qui doit alors, elle, rendre compte de tous les faits sans en écarter aucun.
Cet article rassemble des dossiers qui satisfont ce niveau d'exigence, choisis dans deux traditions d'enquête indépendantes : l'instruction canonique catholique, qui juge de la sainteté et de la crédibilité d'une cause depuis le XVIIe siècle, et une démarche évangélique contemporaine qui applique — sans le savoir — une grille de discernement presque identique. Il montre aussi, à dessein, des dossiers où le système a dit non : un visage dans une hostie finalement expliqué par la réfraction, un bombardement épargné qui s'est révélé naturel, une guérison jamais soumise à enquête faute de démarche. Car un dossier qui ne sait jamais dire non n'a pas de valeur probante.
Le paradoxe de l'invraisemblance
Ce que l'improbabilité ne prouve pas, à elle seule
L'historien Joachim Bouflet, dont l'ouvrage de référence sert de fil conducteur méthodologique à cet article, met en garde contre la confusion entre le caractère spectaculaire d'un fait et sa valeur religieuse. Il cite à ce sujet une formule qu'il fait sienne :
« La valeur du miracle n'est pas son invraisemblance, mais l'œuvre qu'il accomplit. » — Henry Leenhardt, article « Miracle », dans André Westphal (dir.), Dictionnaire encyclopédique de la Bible, t. II, 1973, p. 168[1]
Un miracle n'est donc pas d'abord une performance qui impressionne : c'est un signe qui doit conduire à Dieu et servir le bien des hommes[2]. Mais cette juste réserve théologique n'interdit pas de reconnaître que, sur le plan strictement probatoire, l'extrémité d'un fait peut renforcer un dossier : plus l'écart entre l'état antérieur et l'état postérieur est grand, plus les explications naturelles concurrentes deviennent coûteuses à soutenir — erreur de diagnostic massive, coïncidence statistiquement extraordinaire, fraude organisée sur plusieurs années, ou témoins en nombre trop grand pour s'être tous trompés de la même manière.
Le premier verrou : sans état antérieur, aucun jugement sérieux
Bouflet illustre ce premier verrou par les guérisons votives de l'antique sanctuaire d'Épidaure, où l'on rapportait le nom du malade et son mal, mais jamais de diagnostic établi avant l'événement :
« Cette carence ne permet pas de prendre la mesure exacte des maladies guéries, et donc des guérisons alléguées. » — Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 23[3]
C'est le critère qui structure tout cet article : un « avant » spectaculaire raconté après coup ne vaut pas une comparaison clinique établie par un tiers qualifié avant que le fait extraordinaire ne survienne. Chacun des dossiers retenus ci-dessous dispose d'un diagnostic, d'un certificat, d'un compte rendu opératoire ou d'une déposition sous serment antérieurs à la guérison — c'est le tri qui écarte l'anecdote du dossier.
Deux traditions, une même grille
Le philosophe et médecin Prospero Lambertini, futur pape Benoît XIV, fixe au XVIIIe siècle les critères qui régissent encore aujourd'hui l'examen médical des miracles catholiques : maladie grave et difficile ou impossible à guérir, absence de régression prévisible, inefficacité des traitements employés, guérison soudaine et instantanée, complète, non précédée d'une crise décisive, sans rechute ultérieure[4]. Depuis la création de la consulta medica par Pie XII le 28 octobre 1946, l'examen médical est institutionnellement séparé du jugement théologique :
« Depuis cette date, il y a un double examen, médical et théologique, des faits extraordinaires en vue d'établir ou de réfuter leur caractère miraculeux. » — Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 189[5]
Ce qui frappe, dans le corpus étudié pour cet article, c'est qu'un auteur évangélique nord-américain totalement étranger à cette tradition institutionnelle, Joel B. Lantz, formule indépendamment une grille de discernement en trois volets pour son propre recueil de témoignages : la fiabilité du témoin, la fiabilité de la preuve médicale, et la plausibilité d'une explication naturelle concurrente[6]. Sans avoir jamais lu Lambertini, il pose les mêmes verrous : preuve documentaire de préférence à en-tête officiel, absence de collusion médicale suspecte, élimination explicite de toute « rémission déjà connue » du même patient avant de conclure à l'irréversibilité.
| Exigence | Prospero Lambertini (1734-1738) | Joel B. Lantz (2016) |
|---|---|---|
| Gravité et incurabilité | Maladie grave, impossible ou difficile à guérir[7] | Documentation médicale sur en-tête officiel, terminologie conforme à l'expertise professionnelle[8] |
| Soudaineté | Guérison soudaine et instantanée[9] | Guérison trop rapide pour correspondre à une cause biologique connue[10] |
| Absence de traitement efficace | Traitements employés jugés inefficaces[11] | Recherche explicite d'une collusion ou d'une malhonnêteté médicale[12] |
| Durabilité | Absence de rechute[13] | Élimination de l'hypothèse d'une « rémission déjà connue » (encore performance)[14] |
| Fiabilité du témoin | Comparution devant un tribunal ecclésiastique, sous serment | Vérification de la réputation du témoin, recherche d'éléments embarrassants qui iraient contre son intérêt[15] |
Cette convergence entre deux systèmes de vérification indépendants — l'un institutionnel et catholique, l'autre individuel et protestant — n'est pas un argument confessionnel : c'est un indice que ces critères ne sont pas arbitraires, mais s'imposent logiquement dès qu'on veut sérieusement instruire ce type de dossier.
Un précédent ancien : la guérison de Marguerite Périer (1656)
Le recours à un médecin extérieur et si possible sceptique n'est pas une exigence moderne. Le 24 mars 1656, Marguerite Périer, nièce de Blaise Pascal et pensionnaire à Port-Royal, est guérie d'une fistule lacrymale chronique qui menaçait sa vie, après le contact d'une relique de la Sainte Épine. Deux chirurgiens de haut rang attestent le fait :
« MM. Guillard, chirurgien de la reine Anne d'Autriche (qui ne croit pas au miracle), et Félix, premier chirurgien du roi, ont attesté l'inexplicable guérison de la fillette [...] » — Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 45[16]
Le détail est capital : Guillard, chirurgien de la reine, ne croit pas au miracle — et l'atteste tout de même. Un tiers hostile à la conclusion religieuse du dossier, mais qui ne peut nier le fait clinique, est un témoin d'autant plus fort. C'est le même ressort qui structurera, un siècle plus tard, les critères de Lambertini, et trois siècles et demi plus tard, l'enquête administrative américaine sur le cas Greg Spencer.
Premier pilier : le membre ou l'organe restitué
Calanda, 1640 : la jambe rendue à Miguel Juan Pellicer
Le dossier le plus célèbre de ce type dispose désormais de son propre article détaillé sur Ignispedia ; il n'est résumé ici que pour situer le niveau d'exigence documentaire attendu dans la suite de ce dossier. Miguel Juan Pellicer, jeune paysan aragonais, a la jambe droite écrasée par un chariot fin juillet 1637 ; la gangrène impose une amputation à l'hôpital de Notre-Dame-du-Pilar de Saragosse, quatre doigts sous le genou, le moignon cautérisé au fer rouge[17]. Pendant plus de deux ans, des habitants de Calanda et de Saragosse le voient quotidiennement mendier avec sa jambe de bois — un fait public, répété, difficile à occulter. Le soir du 29 mars 1640, sa mère le trouve avec deux jambes ; la jambe restituée porte d'anciennes cicatrices qui permettent de l'identifier comme la sienne, et l'emplacement où le membre amputé avait été enterré est retrouvé vide[18].
L'enquête s'ouvre soixante-huit jours après l'événement ; l'archevêque de Saragosse préside un tribunal de neuf juges, entend des dizaines de témoins et rend sa sentence le 27 avril 1641[19]. Bouflet résume la force du dossier en une phrase :
« On dirait aujourd'hui qu'il y a une parfaite “traçabilité” des événements. » — Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 76[20]
Le détail complet de ce dossier — actes notariés, dépositions, sentence archiépiscopale — est développé dans l'article dédié La jambe rattachée de Miguel Juan Pellicer.
Vittorio Micheli, 1963 : un bassin détruit par un sarcome, reconstruit
En avril 1962, le soldat italien Vittorio Micheli, vingt-deux ans, développe des douleurs de hanche qui s'aggravent rapidement. Une radiographie du 22 mai 1962 confirme un sarcome ostéogénique du bassin — un cancer osseux primitif d'une extrême agressivité[21]. En quelques mois, la tumeur détruit presque tout l'os iliaque gauche ; les radiographies documentent l'état :
« Destruction quasi complète de l'hémi-bassin gauche. Il ne persiste qu'une partie des branches ischio- et ilio-pubiennes, et le tiers supérieur de l'aile iliaque. Très importante ostéoporose de la tête fémorale. » — dossier radiologique cité par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 288[22]
Les traitements sont abandonnés faute d'espoir. En mai 1963, Micheli se rend en pèlerinage militaire à Lourdes ; il rapporte une disparition de la douleur au retour. En avril 1964, lorsqu'on retire son plâtre, une nouvelle radiographie montre l'os iliaque reconstitué et une nouvelle cavité articulaire pour la tête fémorale :
« Reconstruction singulière des tissus osseux de l'hémi-bassin gauche qui étaient complètement détruits ; la tête fémorale s'est créé à nouveau une cavité articulaire... » — compte rendu radiologique d'avril 1964 cité par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 289[23]
Le professeur Fabre, anatomopathologiste à Toulouse, réalise une contre-expertise indépendante ; le Comité médical international de Lourdes approuve à l'unanimité le rapport du professeur Salmon le 3 mai 1971, concluant que la maladie était « réelle, certaine, incurable » et que « aucune explication médicale n'est susceptible d'être donnée à cette guérison »[24]. L'archevêque de Trente reconnaît le miracle en 1976. Ce dossier — treize années entre l'événement et le jugement canonique — est traité en détail dans l'article Les miracles de Lourdes.
Natalia Garcia Mora : une moelle épinière lésée, une marche retrouvée
Le 1er septembre 1993, à Medellín en Colombie, Natalia Garcia Mora, huit ans, est atteinte par une balle de calibre .38. Les examens documentent des fractures des vertèbres D7, D8 et D9, des fragments métalliques et osseux intramédullaires et un hémopneumothorax droit[25]. Une laminectomie est réalisée le 10 septembre 1993 ; le diagnostic médical, versé au dossier de canonisation, est sans ambiguïté :
« Diagnostic : traumatisme vertébro-médullaire avec lésion partielle de la moelle épinière au niveau des vertèbres [dorsales] D7-D10, ayant pour conséquences graves une paraplégie et des désordres sphinctériens. » — dossier médical cité par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 198-199[26]
Sortie paralysée de l'hôpital le 20 septembre, l'enfant récupère rapidement la marche et les fonctions sphinctériennes, sans aucune rééducation. La consulta medica vote à l'unanimité le 8 juillet 1999 une conclusion qui refuse tout triomphalisme prématuré tout en actant l'absence d'explication :
« récupération fonctionnelle très rapide, presque complète, durable, inexplicable scientifiquement, compte tenu de l'absence de toute thérapie de réhabilitation. » — conclusion de la consulta medica citée par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 198-199[27]
Le « presque complète » de cette formule mérite d'être souligné : le dossier n'a jamais prétendu à une perfection absolue, ce qui renforce plutôt qu'il n'affaiblit sa crédibilité — un dossier qui gomme ses propres limites serait plus suspect qu'un dossier qui les assume. Pabla Montal, intercesseur invoqué, est canonisée le 25 novembre 2001 sur la base, entre autres, de ce miracle.
La réserve porte sur une petite faiblesse du tendon d'Achille gauche, alors que des photographies antérieures à l'accident montraient déjà une légère déviation du pied gauche — un détail étranger à la guérison demandée[28].
Matthew Pelissery : des pieds bots redressés sans aucune chirurgie
Matthew Kuruthukulangara Pelissery naît le 9 juillet 1956 au Kerala, en Inde, avec un pied bot bilatéral sévère (talipes equino-varus). Pendant quatorze ans, il marche sur le bord des pieds. Dans la nuit du 21 juin 1970, sa jambe droite se redresse ; celle de gauche suit le 5 août 1971[29]. Vingt-deux ans plus tard, en 1992, des spécialistes convoqués par la cause de canonisation étudient les photographies anciennes, les radiographies et l'examen clinique du patient adulte. Leur constat écarte l'hypothèse la plus simple, celle d'une correction chirurgicale dissimulée :
« L'apparence des pieds est semblable à celle de club feet opérés. Or, il n'y a aucune cicatrice d'intervention chirurgicale, non plus qu'aucune trace d'appareil de plâtre, de manipulation, de massage ou de soins par attelles. » — rapport d'expertise cité par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 194[30]
Le miracle est reconnu le 27 janvier 2000 après vote unanime de la consulta medica. Ce dossier illustre un type de preuve différent de Calanda ou de Micheli : ce n'est pas la disparition d'une lésion acquise, mais la correction d'une malformation congénitale — sans aucune des interventions qui, seules, permettent normalement ce type de résultat.
Des cas à la limite : quand une pièce manque au dossier
Tous les cas rapportés par le corpus étudié pour cet article n'atteignent pas ce niveau d'instruction, et l'honnêteté du dossier exige de le dire. Trois guérisons attribuées à Padre Pio en 1947-1948 sont, prises isolément, aussi frappantes que celles retenues plus haut. Gemma Di Giorgi, sept ans, née sans pupilles et aveugle de naissance, aurait recouvré la vue après avoir communié des mains du religieux ; un médecin constate ultérieurement que l'anomalie anatomique persiste :
« Pourtant, toujours sans pupilles, elle voit désormais parfaitement ! » — Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 150[31]
La même année, Rosetta Polo Riva, atteinte d'un emphysème pulmonaire et d'une endocardite aiguë, et Giuseppe Canaponi, dont le genou détruit après plusieurs opérations infructueuses retrouve instantanément sa mobilité, sont examinés par des médecins qui jugent leur rétablissement inexplicable en l'état des connaissances de l'époque[32]. Mais Bouflet ajoute, à propos de ces trois dossiers, la réserve précise qui les exclut du corpus probatoire retenu ici :
« Or aucune commission n'a jamais été instituée dans ce but. » — Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 150[33]
Sans enquête contradictoire, sans contre-expertise et sans recherche active d'une explication naturelle concurrente, ces cas restent au niveau du témoignage frappant — pas du dossier instruit. C'est le même principe qui explique pourquoi cet article n'a pas construit de troisième pilier « résurrection » sur des sources plus fragiles que celles retenues pour les deux premiers piliers.
Second pilier : une lésion réputée irréversible, guérie hors des dossiers catholiques
Les quatre dossiers précédents ont en commun d'avoir été instruits par une autorité ecclésiale catholique. Le corpus assigné à cet article comprend également des cas documentés en dehors de toute procédure catholique, dans la littérature apologétique évangélique nord-américaine. Ils ne bénéficient d'aucune reconnaissance ecclésiale — ni évêque, ni consulta medica, ni comité médical international — et l'article le signale sans ambiguïté à chaque usage. Leur intérêt est ailleurs : ce sont des dossiers médicaux et administratifs de première main, avec médecins nommés, institutions identifiables et pièces reproduites, qui montrent que la même grille d'exigence documentaire peut s'appliquer en dehors du cadre catholique — et y produire des résultats du même ordre de rigueur.
Le cas Greg Spencer : une cécité légale par dégénérescence maculaire
Ancien policier devenu routier, Greg Spencer perd progressivement la vision centrale des deux yeux à l'âge adulte. Le diagnostic est établi par le Dr Richard G. Weleber, ophtalmologiste à l'Oregon Health and Science University (OHSU), spécialiste reconnu des dystrophies rétiniennes et de la dégénérescence maculaire, à la fois clinicien et chercheur[34]. Sa lettre, datée et reproduite en fac-similé par l'auteur qui a recueilli le dossier, précise le contexte de l'examen :
« Le 21 mai 1999, j'ai examiné Greg Spencer, homme de quarante ans que vous m'avez adressé pour évaluation en raison de la dégradation de son acuité visuelle centrale. » — Dr Richard G. Weleber, lettre citée par Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016, annexe consacrée au cas Spencer[35]
« Son acuité visuelle était encore de 20/40 en août 1998, mais en avril [1999] elle était tombée à 20/60, et il a complètement cessé de conduire. » — Dr Richard G. Weleber, lettre citée par Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016, annexe consacrée au cas Spencer[36]
Au test au trou sténopéique, censé isoler tout problème purement optique, aucune amélioration n'est observée : la perte n'est donc pas due à un simple besoin de lunettes, mais à une atteinte organique de la rétine elle-même[37]. L'État de l'Oregon reconnaît à Greg le statut de cécité légale et lui accorde une aide de la Commission des aveugles. Un second médecin indépendant, l'optométriste Dr John Boyer, confirme et aggrave le constat peu avant la guérison :
« Le Dr Boyer confirma ensuite, indépendamment, une acuité visuelle sévèrement compromise, en réalité encore dégradée depuis : 20/300 et 20/500, contre 20/200 et 20/400 auparavant. » — résumé de la lettre du Dr Boyer, adressée à la Oregon Commission for the Blind, cité par Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016[38]
Un ophtalmologiste rétinologue consulté ultérieurement par l'auteur, d'abord sceptique, formule le diagnostic anatomique qui rend la situation réputée irréversible :
« Le mottling de l'épithélium pigmentaire rétinien, une fois présent, ne disparaît jamais. » « Si l'épithélium pigmentaire rétinien est endommagé, les photorécepteurs meurent, et cliniquement, ils ne reviennent pas. » — ophtalmologiste rétinologue cité par Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016[39]
La guérison et ses témoins
Lors d'une retraite spirituelle en avril 2002, Greg recouvre subitement une vision normale pendant un temps de prière collective. L'auteur qui a documenté le cas a interrogé séparément deux témoins directs, sans qu'ils sachent au préalable ce que l'autre avait dit. Leurs récits convergent sur une vérification immédiate et concrète de la vue retrouvée :
« Nous sommes sortis sur le parking [...] ; il se tenait là, en train de lire à voix haute les plaques d'immatriculation à l'autre bout du parking [...]. Cela faisait au moins quarante-cinq à soixante mètres. » — Randy Webb, pasteur présent lors de la retraite, témoignage recueilli par Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016[40]
Cinq jours plus tard, le Dr Jon Burpee rédige une lettre confirmant le changement, avec une description clinique du fond d'œil radicalement différente de celle du Dr Weleber :
« L'examen montre une légère dispersion pigmentaire maculaire, mais aucun œdème ni dépôt maculaire actuellement » — contre le « mottling assez frappant de l'épithélium pigmentaire, bilatéral, sur une zone ovale d'environ un diamètre papillaire » relevé par le Dr Weleber avant la guérison. — Dr Jon Burpee et Dr Richard Weleber, comparaison citée par Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016[41]
- 1999Diagnostic princeps
Le Dr Richard Weleber (OHSU) diagnostique une dégénérescence maculaire ; le test au trou sténopéique confirme une atteinte organique, non réfractive.
- Avril 2002Guérison instantanée
Lors d'une retraite spirituelle, Greg Spencer recouvre subitement une vision normale ; deux témoins vérifient immédiatement sa capacité à lire à distance.
- Quelques jours après avril 2002Confirmation médicale
Le Dr Jon Burpee constate un fond d'œil transformé, sans le mottling documenté par le Dr Weleber.
- 12 juin 2003Clôture de l'enquête administrative
La Social Security Administration met fin à ses allocations d'invalidité après une enquête pour fraude potentielle, concluant à une amélioration « remarquable ».
L'argument anti-simulation
Une objection immédiate se présente : et si Greg avait simplement menti sur l'étendue de sa cécité, avant de « guérir » d'un mal en partie feint ? L'examen princeps repose sur la périmétrie de Goldmann, un test que la littérature spécialisée sur la simulation de déficit visuel identifie précisément comme difficile à truquer :
« Un technicien du test de Goldmann surveille en permanence, à travers un œilleton, la fixation du regard du patient [...]. Les simulateurs doivent deviner l'angle d'où vient la lumière — mais ils ne peuvent la voir avant que leur œil ne soit capable de la détecter, moment où le technicien enregistre des données qu'ils ne peuvent influencer. » — Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016, citant le protocole du test de Goldmann[42]
Une source technique externe, citée par l'auteur pour objectiver ce critère, liste les signatures typiques d'une simulation sur un tracé de Goldmann — signatures absentes du dossier de Greg :
« Certains déficits caractéristiques trahissent un patient simulateur : isoptères en spirale, isoptères qui se croisent, champs sévèrement rétrécis. » — Inci Dursu et al., Understanding Visual Fields, Part I: Goldmann Perimetry, cité par Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016[43]
Le consultant note toutefois, avec une honnêteté qui renforce la crédibilité de l'ensemble, que la coopération du patient était elle-même exigeante compte tenu de la sévérité du déficit :
« Compte tenu de la taille et de la densité d'un tel scotome central, même si le patient a coopéré du mieux qu'il pouvait, maintenir la fixation pendant le test aurait été très, très difficile. » — ophtalmologiste consulté, cité par Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016[44]
L'argument se retourne également sur le versant « guérison » : mentir sur une mauvaise vue est relativement facile ; simuler une bonne vue à un examen digital moderne ne l'est pas.
« Si je prétends faussement avoir une bonne vue, quelques échecs à lire les lettres d'un tableau optométrique révéleront mon mensonge. [...] Il est pratiquement impossible de tricher avec des tableaux numériques, dont la disposition des lettres, générée aléatoirement, ne peut être mémorisée. » — Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016[45]
Un contrôle inattendu : la Social Security Administration
Cinq jours après la guérison, Greg informe l'administration américaine qu'il n'est plus aveugle — déclenchant une enquête d'un an de la Social Security Administration pour fraude potentielle à l'invalidité. L'enquête se conclut, le 12 juin 2003, par l'arrêt officiel des allocations, dans un document qui reconnaît lui-même un changement « remarquable »[46]. Ce détail administratif constitue un contrôle négatif inversé, structurellement différent de tous les autres dossiers de cet article : l'institution qui vérifie n'a ici aucun intérêt religieux et, au contraire, un intérêt financier à démontrer une fraude plutôt qu'une guérison réelle.
« Qu'est-ce qui aurait pu le pousser à informer la Social Security Administration de l'amélioration de sa vue [...] alors qu'il aurait pu continuer, sans effort, à percevoir indéfiniment une aide, étant donné l'irréversibilité naturelle de la dégénérescence maculaire ? » — Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016[47]
Éliminer l'hypothèse la plus simple : ce n'est pas une « rémission bis »
Adolescent, Greg avait déjà connu un épisode de perte de vision suivi d'une récupération progressive sur environ dix mois — vraisemblablement un œdème maculaire cystoïde, une affection généralement résolutive. L'objection la plus évidente à écarter est donc que l'épisode adulte ne soit qu'une répétition de ce précédent bénin. L'auteur consacre une section entière à établir la différence entre les deux épisodes :
| Critère | Épisode de l'adolescence | Épisode de l'âge adulte |
|---|---|---|
| Constat clinique | Gonflement rétinien diagnostiqué | Aucune mention de gonflement ; mottling irréversible de l'épithélium pigmentaire |
| Statut fonctionnel | Vision restée fonctionnelle | Cécité légale déclarée officiellement, aide de l'État |
| Qualification médicale | Perte non qualifiée d'irréversible | Perte qualifiée de naturellement irréversible par le médecin traitant |
| Récupération | Progressive, sur environ dix mois | Soudaine, documentée en quatorze jours |
« La perte de vision de Greg à l'âge adulte, et sa restauration soudaine, n'étaient clairement pas une redite du scénario de jeunesse. » — Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016[48]
L'auteur conclut son annexe consacrée à ce cas par une remarque méthodologique, transposable à l'ensemble de cet article :
« Cette preuve et cette analyse démontrent-elles qu'une intervention surnaturelle a eu lieu ? Non, elles ne le démontrent pas [au sens de la preuve mathématique]. [...] Ce sont les standards de preuve juridiques — non les standards de la recherche scientifique expérimentale — qui s'appliquent à ce genre d'événements uniques. Je soutiens que si les miracles étaient jugés comme des affaires pénales, les pièces produites dans ce dossier suffiraient aisément à convaincre n'importe quel tribunal légitime. » — Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016[49]
Cette distinction entre standard de preuve « judiciaire » (au faisceau d'indices convergents) et standard de preuve scientifique expérimental (reproductible en laboratoire) est décisive : elle explique pourquoi des dossiers historiques comme Calanda peuvent rester solides sans avoir été « reproduits » — un miracle est par nature un événement singulier, jugé comme on juge un fait historique unique, non comme on valide une expérience de physique.
Bruce Van Natta : un intestin sectionné, un allongement jugé naturellement impossible
Le 16 novembre 2006, le mécanicien américain Bruce Van Natta est écrasé par l'essieu d'un camion forestier ; son intestin grêle est en grande partie détruit. Il est opéré en urgence à l'University of Wisconsin Hospital de Madison ; les comptes rendus opératoires, rédigés par le chirurgien résident Dr Fumito Ito et signés par le chirurgien senior Dr Michael J. Schurr, documentent une résection étendue du duodénum et de l'intestin grêle[50]. Après une longue convalescence marquée par plusieurs interventions supplémentaires, une série d'imagerie de 2007 conduit le radiologue traitant à estimer que l'intestin restant a retrouvé une longueur bien supérieure à celle mesurée après les premières chirurgies. Consultés séparément, deux gastro-entérologues américains — le Dr Michael Frankel (Gastroenterology Associates, Cleveland, Ohio) et le Dr Jon A. Vanderhoof, praticien référent de la Short Bowel Syndrome Foundation — jugent qu'un tel allongement de l'intestin grêle adulte réséqué est, en l'état des connaissances médicales, naturellement impossible[51].
Ce dossier appelle une prudence particulière : la mesure exacte de la longueur intestinale par imagerie reste, de l'aveu même du radiologue traitant, approximative — l'intestin grêle est trop sinueux pour être mesuré « à la règle »[52]. L'article retient donc ce cas pour son fait le plus robuste — l'existence de comptes rendus opératoires nominatifs et l'avis convergent de deux spécialistes indépendants sur l'impossibilité naturelle du phénomène observé — sans reprendre les évaluations chiffrées précises (centimètres, pourcentages) qui relèvent d'une reconstruction et non d'une mesure médicale directe.
Van Natta lui-même anticipe l'objection la plus prévisible — pourquoi cette guérison n'est-elle pas totale ? — par une réponse désarmante de simplicité, qui évite à l'article d'avoir à l'inventer :
« Mes muscles abdominaux ont disparu. J'ai comme un filet. Quand je mange, mon ventre gonfle. Quand je vais à la selle, il redescend. Si j'avais retrouvé tous mes intestins, j'aurais une quantité folle de hernies. » — Bruce Van Natta, cité via l'auteur Max Davis, rapporté par Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016[53]
Pourquoi pas de résurrection au sens strict ?
Le troisième volet annoncé par cet article — le retour à la vie après un constat de mort — est le plus exigeant à documenter, et le corpus assigné pour cette tâche n'a fourni aucun cas moderne satisfaisant simultanément les deux critères requis : un constat de décès établi par un tiers qualifié et une absence prolongée de tout signe vital sans réanimation en cours. Plutôt que de gonfler artificiellement ce pilier avec des récits de seconde main, cet article assume cette limite et la traite avec la même rigueur que le reste du dossier.
Jérôme Genin (1623) : le cas canoniquement instruit
Le meilleur dossier disponible sur Ignispedia pour ce pilier est bien antérieur au corpus de cette tâche, mais s'articule directement avec lui : en mai 1623, l'adolescent savoyard Jérôme Genin passe environ huit heures immergé dans le Fier après une chute, puis est veillé mort pendant environ dix-neuf heures avant de rouvrir les yeux[54]. Le second procès de canonisation de saint François de Sales, en 1656, recueille sous serment la déposition de dix témoins directs ; le cas figure en tête des miracles retenus dans la bulle de canonisation du saint, promulguée par Alexandre VII le 19 avril 1665[55].
Ce dossier n'a évidemment pas la rigueur clinique moderne des cas catholiques du premier pilier : aucun médecin n'a signé de certificat de décès en 1623, faute d'une telle procédure à l'époque. C'est précisément pourquoi l'article dédié à ce cas lui consacre une discussion approfondie des dix objections qu'un lecteur critique peut légitimement soulever — et y répond une à une. L'analyse complète, les dépositions et la discussion de la fiabilité du témoignage judiciaire sont développées dans l'article La résurrection de Jérôme Genin (1623).
Margit Heim : une réanimation, non une résurrection
Un dossier contemporain, souvent présenté de façon imprécise, mérite d'être distingué avec la plus grande netteté. Le 23 juin 1986, en Bavière, Margit Heim, treize ou quatorze ans, est aspirée dans un siphon et reste immergée quarante à cinquante minutes. Extraite sans battement cardiaque, pupilles dilatées et électrocardiogramme plat, elle reçoit immédiatement intubation, ventilation, massage cardiaque et défibrillation :
« Elle était cliniquement morte, les pupilles dilatées, sans aucun battement cardiaque, l'électrocardiogramme plat. » — Dr Forster, témoignage rapporté par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 200[56]
À l'arrivée à l'hôpital de Kempten, à 16 h 40, le dossier mentionne un score de 3 sur l'échelle de Glasgow et une température rectale de 29,4 °C. Le Dr Forster estimait le refroidissement insuffisant pour expliquer une survie sans lésions cérébrales ; cette appréciation accompagne son récit de la reprise cardiaque obtenue par réanimation[57].
Le cœur repart sous l'effet de la réanimation ; l'extraordinaire ne porte donc pas sur un retour spontané à la vie sans intervention, mais sur l'absence totale de séquelle neurologique malgré une anoxie cérébrale prolongée, confirmée par des tests en 1988 puis en 1998. La consulta medica conclut à l'unanimité le 11 janvier 2000 :
« Mort clinique avérée par noyade, avec ischémie cérébrale prolongée. Guérison rapide, complète et durable, sans aucune séquelle neurologique, scientifiquement inexplicable. » — conclusion unanime de la consulta medica, citée par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 204[58]
Ce dossier — remarquable en lui-même — n'est donc pas un cas de « membre repoussé » ni de « résurrection » : c'est le troisième type de preuve que peut fournir la médecine, la survie neurologique intacte après une agression cérébrale qui, statistiquement, laisse presque toujours des séquelles sévères ou entraîne la mort. L'article consacré au cas Genin développe cette même distinction en détail.
Les récits de résurrection en milieu évangélique : une prudence redoublée
La littérature apologétique évangélique contemporaine rapporte, de son côté, des cas présentés comme des résurrections au sens strict — une personne déclarée cliniquement morte par des soignants, restée sans aucun signe vital pendant plusieurs heures voire plusieurs jours, puis revenue à la vie sans réanimation en cours. Le théologien américain Craig S. Keener en recense plus d'une centaine, pour l'essentiel issus de contextes missionnaires en Afrique, en Asie ou en Amérique latine[59]. Ces récits soulèvent une difficulté méthodologique récurrente que les critiques relèvent systématiquement : les constats de décès y sont souvent brefs, réalisés par du personnel non spécialisé, dans des conditions matérielles qui rendent une erreur de diagnostic — coma profond, ralentissement extrême du pouls — plus difficile à exclure qu'un électrocardiogramme plat en milieu hospitalier occidental. Cet article ne retient donc aucun de ces cas dans son dossier probatoire : non parce qu'ils seraient nécessairement faux, mais parce qu'ils ne satisfont pas, en l'état de la documentation disponible, le même niveau d'exigence que les dossiers retenus ci-dessus. L'absence d'un tel cas dans cet article n'est donc pas un silence gêné : c'est l'application cohérente du même filtre qui a permis d'écarter, plus haut, les récits sans état antérieur documenté.
Les contrôles négatifs : quand le système dit non
Un dossier qui accepterait systématiquement tout événement rapporté comme extraordinaire n'aurait aucune valeur probante. Le corpus étudié pour cet article documente au contraire plusieurs cas où l'enquête a activement cherché — et trouvé — une explication naturelle, ou n'a simplement jamais été engagée faute de démarche du bénéficiaire.
Mourão : un visage expliqué par la réfraction de la lumière
Entre 1996 et 1998, des milliers de personnes affirment voir le visage du Christ dans une hostie exposée dans l'église de Mourão, au Portugal. L'archevêque d'Évora ouvre une enquête et réunit des scientifiques. Leur conclusion écarte le prodige :
« un phénomène naturel, provoqué par la réfraction de la lumière sur les figures incrustées dans l'ostensoir » — conclusion de la commission scientifique citée par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 141[60]
Le curé de la paroisse lui-même, le père Miranda, voyait comme les autres : il tenta ses propres expériences — déplaçant l'ostensoir et modifiant la lumière — avant de conclure, à tort, à un événement surnaturel[61].
Kaufbeuren : un bombardement épargné, puis expliqué
Dans le dossier de canonisation de Kreszentia Höss, un premier prodige — la ville de Kaufbeuren épargnée par un bombardement en 1944 — avait d'abord semblé extraordinaire. L'ouverture des archives militaires en 1983 a permis de trouver une explication naturelle, écartant ce fait du dossier retenu pour la cause :
« on avait finalement admis que, malgré des circonstances extraordinaires, le cas était explicable par des causes naturelles. » — Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 201[62]
Ce rejet, survenu au sein même d'une cause de canonisation par ailleurs poursuivie, illustre qu'un même dossier peut retenir certains faits et en écarter d'autres — la preuve d'une instruction réellement contradictoire, non d'une adhésion systématique.
Symphorose Chopin : une guérison jamais soumise à enquête
Symphorose Chopin aurait été guérie instantanément, le 15 août 1954, d'une paralysie consécutive à la section accidentelle du nerf sciatique — un rétablissement que ses médecins jugeaient absolument inexplicable. Elle a cependant toujours refusé d'engager les démarches qui auraient permis d'instruire le dossier :
« elle se refusa toujours à faire les démarches qui auraient sans aucun doute avalisé le caractère miraculeux d'un rétablissement que les médecins estimaient absolument inexplicable. » — Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 292[63]
Ce cas rappelle que les statistiques officielles de miracles reconnus ne recensent pas toutes les guérisons jugées extraordinaires : l'absence de proclamation peut résulter d'un simple défaut de saisine, non d'une réfutation.
Bassam Assaf : quand un illusionniste démasque une commission médicale
Une commission médicale avait un jour conclu à l'absence d'explication naturelle ou rationnelle pour une exsudation d'huile attribuée à Bassam Assaf — avant que l'illusionniste professionnel Gérard Majax ne mette en évidence une supercherie que les médecins n'avaient pas su déceler. Bouflet en tire une leçon méthodologique directement applicable au tri opéré dans cet article :
« Le médecin le mieux sur ses gardes peut être mystifié, il devrait être assisté d'une personne rompue aux jongleries et aux prestidigitations. » — Jean Lhermitte, Mystiques et Faux Mystiques, Bloud, 1952, p. 101, cité par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 107[64]
Bouflet rapporte que les écoulements d'huile avaient été filmés par des télévisions françaises, mais qu'aucun phénomène ne se produisit lors du contrôle de Gérard Majax accompagné d'un huissier. Il cite ensuite Le Monde du 17 août 1991 : Bassam Assaf avait avoué la supercherie ; lui et son frère Jouhar avaient été inculpés pour escroquerie le 14 août. Le passage établit une inculpation, pas une condamnation. Bouflet précise qu'à l'étape antérieure de l'enquête religieuse qu'il décrit, aucune conclusion officielle n'avait été rendue ; il laisse au rang d'hypothèses les explications des débuts de l'affaire et des écoulements rapportés chez des assistants[65].
C'est cette même exigence qui rend décisifs, dans les dossiers retenus plus haut, les détails apparemment techniques : la contre-expertise indépendante du professeur Fabre pour Micheli, l'impossibilité de simuler un tracé de Goldmann moderne pour Spencer, ou l'auto-dénonciation de Greg Spencer à une administration qui avait, elle, intérêt à démontrer une fraude plutôt qu'une guérison.
Comment l'Église instruit ces dossiers
Une compétence, deux ordres
Les normes les plus récentes du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, publiées le 17 mai 2024, portent d'abord sur le discernement des phénomènes surnaturels allégués comme les apparitions et rappellent la nécessité d'éviter les conclusions hâtives et de distinguer les niveaux de certitude avant toute reconnaissance publique[66]. Le même principe de prudence institutionnelle gouverne, depuis bien plus longtemps, l'examen des guérisons et des faits physiques extraordinaires traités dans cet article.
Le médecin établit un diagnostic, observe une évolution, recherche activement une explication naturelle ou une fraude, et déclare — ou non — le fait médicalement inexpliqué. Il ne lui appartient pas, en revanche, de qualifier un fait de miraculeux : cette appréciation relève d'un autre ordre de compétence, théologique et canonique.
« Ils ne sont pas habilités à diagnostiquer le surnaturel, et moins encore le miracle. » — Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 108[67]
Une lettre de 1946, adressée par un médecin du Bureau des constatations médicales de Lourdes à un confrère, formule cette répartition des rôles avec une clarté qui structure encore aujourd'hui la procédure catholique :
« Aux docteurs en médecine la fonction de reconnaître si telle personne est passée instantanément de l'état de maladie à l'état de santé, sans emploi de médicaments, sans convalescence. Aux docteurs en théologie d'apprécier si ce changement d'état, d'après les circonstances où il s'est produit, revêt ou non un caractère miraculeux. » — Dr Vallet, lettre au Dr Cornet, 2 février 1946, citée par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 279[68]
Pour les phénomènes non médicaux (multiplications, phénomènes physiques inexpliqués), l'Église ne saisit pas la consulta medica mais constitue un conseil d'experts adapté au domaine concerné :
« Dans ce cas, l'examen ne revient pas aux médecins, mais à un conseil d'experts techniques qui examinent minutieusement tous les éléments du fait. » — Michele Di Ruberto, « La necessità dei miracoli », 30 Giorni della Chiesa e nel mondo, mars 2004, cité par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 204[69]
La procédure du Comité médical international de Lourdes
Le Comité médical international de Lourdes (CMIL), qui réunit une trentaine de spécialistes de nationalités et de disciplines différentes, illustre bien le fonctionnement contradictoire attendu de ce type d'instance : un rapporteur étudie le cas, les membres débattent, puis un vote tranche entre acceptation, rejet ou ajournement pour complément d'enquête.
« Elle se termine par un vote portant sur les conclusions du rapport, avec trois options possibles : acceptation pure et simple, rejet des conclusions du rapport ou ajournement pour supplément d'enquête [...]. Le CMIL élimine en effet toute guérison qui ne serait pas “organique” de manière évidente. » — Dr Alphonse Olivieri et dom Bernard Billet, Y a-t-il encore des miracles à Lourdes ? 22 dossiers de guérison, Lethielleux, 1990, p. 40, cité par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 280[70]
Un dossier bien instruit ne se limite pas à un constat ponctuel : il additionne les preuves sur la durée. Le dossier de Jeanne Fretel, guérie d'une péritonite tuberculeuse le 8 octobre 1948 après trois ans d'alitement, comprend trente feuilles de température, des observations quotidiennes pendant six mois et le suivi de plusieurs médecins :
« L'histoire de la maladie impressionnante, l'importance du dossier qui comprend trente feuilles de température (dix-huit avant la guérison, douze après), la qualité des médecins qui ont examiné la malade, les détails méticuleux de l'observation [...] doivent retenir longuement l'attention et ont permis de conclure à une guérison inexplicable. » — conclusion du CMIL du 14 mars 1950, citée par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 287[71]
Cette densité documentaire — et non la seule spectacularité du fait — est ce qui distingue un dossier publiable d'une anecdote, aussi frappante soit-elle.
Le délai entre le constat initial et la reconnaissance canonique n'est pas nécessairement un signe de faiblesse du dossier : il peut au contraire garantir l'absence de rechute. C'est le cas du dossier de Francis Pascal, dont le premier examen fut retardé de huit ans par la guerre :
« Ce retard dans le contrôle de la guérison, loin d'être une objection, est une garantie de plus de la réalité et du maintien de cette guérison extraordinaire. » — Dr Leuret, conclusion du 1er septembre 1948, citée par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 283[72]
La sélectivité comme garantie
Les chiffres disponibles dans le corpus étudié — datés de l'état du dossier en 2008 — montrent une institution qui filtre activement plutôt qu'elle ne valide par principe. Depuis 1946, le CMIL a déclaré inexpliquée une trentaine de guérisons sur environ un millier de guérisons alléguées, dont vingt-sept ont ensuite été proclamées miraculeuses par l'autorité ecclésiastique[73]. Pour l'incorruptibilité des corps, la sélectivité est plus sévère encore : sur plus de trois cents cas répertoriés dans l'histoire de l'Église latine, six seulement ont été formellement reconnus comme miracles[74]. Le cas de Maria Giuseppina di Gesù Crocifisso Catanea, où une trentaine de médecins attestent sous serment l'arrêt de la putréfaction sans que le fait soit retenu pour sa béatification, illustre cette exigence :
« Si étonnant que fût le phénomène, il n'a pas été retenu comme miracle pour la cause de béatification. » — Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 124[75]
Un médecin qui a longtemps présidé la consulta medica résume, dans une formule souvent citée, l'impression laissée par ces dossiers une fois réunis :
« Vous ne pouvez pas comprendre à quel point ces cas sont fantastiques, incroyables... et comme ils sont bien documentés. Ils sont plus invraisemblables que des récits romanesques. La science-fiction n'est rien en comparaison. » — Pr Raffaello Cortesini, cité par Kenneth L. Woodward, Comment l'Église fait les saints, Grasset, 1992, p. 215, rapporté par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles, Seuil, 2008, p. 191[76]
Objections et réponses
Objection 1 — « L'invraisemblance n'est pas une preuve en soi »
L'objection est juste dans sa formulation stricte : un fait très étonnant n'est pas, du seul fait de son étonnement, garanti véridique. Mais l'article ne fait jamais reposer un dossier sur la seule improbabilité. Chaque cas retenu combine improbabilité et état antérieur documenté par un tiers qualifié et absence d'explication naturelle activement recherchée. C'est cette combinaison, et non l'invraisemblance isolée, qui constitue l'argument — exactement ce que formalisent, indépendamment l'une de l'autre, la grille de Lambertini et celle de Lantz.
Objection 2 — « Sans diagnostic préalable, aucun jugement sérieux n'est possible »
C'est le premier verrou posé dès l'ouverture de cet article, à propos des guérisons votives d'Épidaure. C'est précisément la raison pour laquelle des cas par ailleurs frappants — comme certaines guérisons rapportées autour de Padre Pio, jamais soumises à une commission officielle — ne figurent pas dans le dossier probatoire de cet article, alors qu'ils auraient pu servir la démonstration s'ils avaient été instruits.
Objection 3 — « Et si c'était une fraude ou une simulation ? »
Le cas Spencer fournit la réponse la plus détaillée du corpus : un test de Goldmann pratiquement impossible à truquer, une auto-dénonciation contraire à l'intérêt financier immédiat de Greg. Les cas Micheli et Calanda l'illustrent autrement : contre-expertise indépendante du professeur Fabre pour l'un, cicatrices d'identification et emplacement vide du membre enterré pour l'autre. Le cas Bassam Assaf, retenu comme contrôle négatif, montre que cette vigilance n'est pas rhétorique : une fraude a bel et bien été démasquée dans un dossier voisin.
Objection 4 — « Et si c'était une rémission spontanée déjà connue par ailleurs ? »
Cette hypothèse — que Lantz appelle une « redite » (encore performance) — est traitée en détail pour le cas Spencer, avec un tableau comparatif explicite entre l'épisode de l'adolescence et celui de l'âge adulte. Le même réflexe méthodologique — chercher activement un antécédent similaire chez le même patient avant de conclure à l'irréversibilité — doit être appliqué systématiquement, et l'est, pour chacun des dossiers retenus dans cet article.
Objection 5 — « Le médecin ne peut pas constater un miracle »
C'est vrai, et c'est précisément pourquoi l'article insiste sur la séparation entre le constat médical (inexplicable en l'état des connaissances) et le jugement théologique (miraculeux). La citation du Dr Vallet, dans la section précédente, résume cette répartition mieux qu'aucune paraphrase ne pourrait le faire.
Objection 6 — « L'Église canonise trop facilement, elle validerait n'importe quoi »
Les chiffres répondent directement à l'objection : six reconnaissances formelles sur plus de trois cents cas d'incorruptibilité, une trentaine de guérisons inexpliquées sur un millier de guérisons alléguées à Lourdes depuis 1946. Les contrôles négatifs documentés plus haut — Mourão, Kaufbeuren, Symphorose Chopin — montrent un système qui sait dire non, ou s'abstenir faute de démarche, plutôt qu'un système qui validerait automatiquement tout fait rapporté comme extraordinaire.
Ce que l'improbabilité démontre vraiment
Aucun des dossiers réunis dans cet article ne prétend clore le débat par sa seule extravagance. Ce que montre leur réunion, c'est plutôt que l'improbabilité extrême, une fois filtrée par une méthode exigeante — état antérieur documenté, soudaineté, absence de traitement efficace, durabilité, recherche active de fraude —, ne fragilise pas un dossier : elle en augmente le coût pour toute explication concurrente. Expliquer naturellement la restitution d'une jambe amputée depuis deux ans et demi, la reconstruction radiographiquement documentée d'un bassin détruit par un sarcome, ou la guérison en quatorze jours d'une rétine dont le mottling est réputé irréversible, suppose une accumulation d'hypothèses — erreur de diagnostic massive et répétée, coïncidence statistiquement extraordinaire, fraude organisée sur plusieurs années et déjouant des contre-expertises indépendantes — qui devient, à un certain seuil, moins économique que l'hypothèse d'un signe.
C'est aussi pourquoi cet article a délibérément renoncé à forcer un troisième pilier « résurrection » sur la base de sources trop fragiles : la rigueur qui rend les dossiers retenus probants est la même qui interdit d'accepter, par facilité, ce que le corpus assigné à cette tâche ne permettait pas d'établir. Un dossier qui sait reconnaître ses limites — et le fait sur Ignispedia, dans l'article consacré au cas Jérôme Genin — mérite plus de crédit qu'un dossier qui prétendrait n'en avoir aucune.
Pour aller plus loin
- Qu'est-ce qu'un miracle ? — définition théologique et enquête ecclésiale.
- La jambe rattachée de Miguel Juan Pellicer (Calanda, 1640) — le dossier complet du premier pilier.
- Les miracles de Lourdes — le cas Vittorio Micheli en détail, et soixante-douze autres dossiers.
- La résurrection de Jérôme Genin (1623) — le seul dossier canoniquement instruit du pilier « retour à la vie ».
- Les guérisons miraculeuses — fondements bibliques, patristiques et institutionnels du discernement catholique.
Notes et références
Henry Leenhardt, article « Miracle », dans André Westphal (dir.), Dictionnaire encyclopédique de la Bible, t. II, Valence-sur-Rhône, 1973, p. 168, cité par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 31.
1Catéchisme de l'Église catholique, § 1508 : le Christ invite ses disciples à le suivre en portant à leur tour leur croix ; les guérisons sont signes de la venue du Royaume de Dieu.
2Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 23.
3Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 189, résumant les critères de Prospero Lambertini (futur Benoît XIV).
4 7 9 11 13Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 189.
5Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., auto-publié, 2016, notes méthodologiques de l'introduction (grille de discernement en trois volets : fiabilité du témoignage, fiabilité de la preuve médicale, plausibilité d'une explication naturelle concurrente).
6 8 10 12 14 15Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 45.
16Vittorio Messori, Il Miracolo, Rizzoli, 1998, p. 24, cité par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 75. Voir le détail complet, sourcé aux actes du procès de 1640-1641, dans l'article dédié.
17Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 77-78.
18Vittorio Messori, Il Miracolo, Rizzoli, 1998, p. 24, cité par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 75.
19Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 76.
20Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 288.
21 22Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 289.
23Rapport du Pr Salmon, approuvé à l'unanimité par le CMIL le 3 mai 1971, cité par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 290. Voir le dossier complet dans Les miracles de Lourdes.
24Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 198-199. Référence vérifiée : Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 198-199. Référence avec lieu d'édition : Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, Paris, 2008, p. 198-199.
25 26 27 28Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 194. Récit des deux guérisons et expertise : Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 193-194. Suite de l'analyse et reconnaissance du miracle : p. 195. Référence vérifiée : Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Paris, Éditions du Seuil, 2008, p. 192-195.
29 30Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 150.
31Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 150.
32 33Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016, annexe consacrée à l'analyse des preuves du cas Greg Spencer.
34Dr Richard G. Weleber, lettre citée par Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016, annexe consacrée au cas Greg Spencer. Texte original anglais : « On May 21, 1999, I saw Greg Spencer, the 40-year-old gentleman who you referred for evaluation because of his failing central visual acuity. » et « His visual acuity was still 20/40 in August of 1998, but in April of this year the visual acuity had dropped to the 20/60 level and he stopped driving entirely. »
35 36 37Dr John Boyer, lettre adressée à la Oregon Commission for the Blind, résumée par Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016, annexe consacrée au cas Greg Spencer. Texte original anglais : « Dr. Boyer subsequently and independently confirmed seriously compromised visual acuity, which had in fact deteriorated further by that point in time: 20/300 and 20/500, vs. 20/200 and 20/400 before. »
38Ophtalmologiste rétinologue consulté par l'auteur, cité par Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016, annexe consacrée au cas Greg Spencer. Texte original anglais : « Retinal pigment epithelial mottling, once present, never goes away. » et « If the RPE is damaged, the photoreceptors die and they do not come back in clinical situations. »
39Randy Webb, témoignage recueilli séparément par l'auteur, cité par Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016. Texte original anglais : « We [including Travis] walked out in the parking lot... he was standing there reading [aloud] license plates on the other end of the parking lot... That was at least 150 to 200 feet away. »
40Dr Jon Burpee et Dr Richard Weleber, descriptions cliniques comparées, citées par Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016, annexe consacrée au cas Greg Spencer.
41Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016, annexe consacrée au cas Greg Spencer, décrivant le protocole du test de périmétrie de Goldmann.
42 44Inci Dursu et al., Understanding Visual Fields, Part I: Goldmann Perimetry, cité par Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016. Texte original anglais : « Certain visual field defects are indicative of functional patients. These include spiraling isopters, crossing of isopters, and severely constricted fields. »
43Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016, annexe consacrée au cas Greg Spencer. Texte original anglais : « it's virtually impossible to fake with digital eye charts, the letter patterns of which can be randomly constructed and so impossible to memorize. »
45Courrier de clôture de la Social Security Administration, 12 juin 2003, cité par Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016, annexe consacrée au cas Greg Spencer.
46 47Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016, annexe consacrée au cas Greg Spencer (tableau comparatif entre l'épisode de l'adolescence et celui de l'âge adulte). Texte original anglais : « Greg's middle-age vision loss and dramatic restoration was clearly no 'encore performance' of the youthful scenario. »
48Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016, conclusion de l'annexe consacrée au cas Greg Spencer. Texte original anglais : « Does this evidence and analysis prove that supernatural intervention occurred? No, not prove. [...] Legal standards of evidence — not scientific research standards — apply to such one-time events. »
49Comptes rendus opératoires du 16 et 17 novembre 2006 (Dr Fumito Ito, Dr Michael J. Schurr, University of Wisconsin Hospital, Madison) et avis du Dr Michael Frankel (Gastroenterology Associates, Cleveland) et du Dr Jon A. Vanderhoof (Short Bowel Syndrome Foundation), cités par Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016, chapitre consacré au cas Bruce Van Natta et notes de fin correspondantes.
50 51 52Bruce Van Natta, cité via l'auteur Max Davis, rapporté par Joel B. Lantz, Bridges for honest skeptics, 3e éd., 2016, chapitre consacré au cas Bruce Van Natta. Texte original anglais : « My stomach muscles are gone. I have like a net. When I eat, my stomach goes out. When I poop my stomach goes back in. If I were to have all my intestines, I would have a crazy amount of hernias. »
53Frère Aymon-Marie O.P., « La résurrection de Jérôme Genin. Enquête sur un miracle bien attesté, mais mal daté », Le Sel de la terre, n° 122, automne 2022, p. 88-132, second procès de canonisation de saint François de Sales (1656). Voir le détail complet dans l'article dédié.
54 55Dr Forster, témoignage rapporté par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 200. Référence vérifiée : Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Paris, Éditions du Seuil, 2008, p. 199-202.
56 57Conclusion unanime de la consulta medica du 11 janvier 2000, rapportée par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 204. Référence vérifiée : Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Paris, Éditions du Seuil, 2008, p. 203-204.
58Craig S. Keener, Miracles: The Credibility of the New Testament Accounts, Baker Academic, 2011, 2 vol. — recension de témoignages contemporains de guérisons et de retours à la vie rapportés, pour l'essentiel, en contexte missionnaire.
59Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 141. Référence vérifiée : Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 141.
60 61Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 201.
62Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 292.
63Jean Lhermitte, Mystiques et Faux Mystiques, Bloud, 1952, p. 101, cité par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 107.
64Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Paris, Le Jardin des Livres, deuxième édition complétée et mise à jour, © 2002–2015, impression de juillet 2018, p. 173–175 ; aveux et inculpation p. 174, note 367 renvoyant au Monde du 17 août 1991.
65Dicastère pour la Doctrine de la Foi, Norms for Proceeding in the Discernment of Alleged Supernatural Phenomena, 17 mai 2024.
66Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 108.
67Dr Vallet, lettre au Dr Cornet, 2 février 1946, Bulletin de l'Association médicale internationale de Lourdes, octobre 1946, citée par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 279.
68Michele Di Ruberto, « La necessità dei miracoli », 30 Giorni della Chiesa e nel mondo, mars 2004, cité par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 204.
69Dr Alphonse Olivieri et dom Bernard Billet, Y a-t-il encore des miracles à Lourdes ? 22 dossiers de guérison, Lethielleux, 1990, p. 40, cité par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 280.
70Conclusion du CMIL du 14 mars 1950, rapportée par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 287.
71Dr Leuret, conclusion du 1er septembre 1948, rapportée par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 283.
72Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 282 — état du dossier en 2008, à ne pas actualiser sans source postérieure.
73Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 119.
74Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 124.
75Pr Raffaello Cortesini, ancien président de la consulta medica, cité par Kenneth L. Woodward, Comment l'Église fait les saints, Grasset, 1992, p. 215, rapporté par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, p. 191.
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