Les 29 000 miracles de Saint Charbel

Saint Charbel : les milliers de guérisons rapportées à Annaya, le cas Nohad El-Chami et les messages à Raymond Nader, avec médecins et documents.

Ignispedia

Le monastère Saint-Maron d'Annaya, dans la montagne libanaise, conserve depuis plus d'un siècle un immense corpus de témoignages de guérisons, de conversions et de grâces attribués à l'intercession de saint Charbel Makhlouf (1828-1898), moine ermite de l'Ordre libanais maronite. Les médias catholiques parlent, selon les années, de 29 000 ou de près de 30 000 miracles : ce chiffre désigne le fonds de dossiers rassemblés au fil du temps par le monastère, non un décompte de miracles officiellement reconnus par l'Église.[1][2]

Le père Louis Matar rassemble ces témoignages depuis plus de quarante ans.[3] Parmi les cas récents, Nohad El-Chami raconte sa guérison d’une hémiplégie en janvier 1993 ; Raymond Nader décrit depuis novembre 1994 une empreinte récurrente sur le bras et des messages spirituels. Ces événements sont postérieurs aux trois guérisons retenues pour la béatification de 1965 et la canonisation de 1977.[4]

Le cas de Nohad est à l’origine du pèlerinage du 22 de chaque mois à Annaya. Cattaneo rapporte une affluence considérable et le témoignage du père Matar sur une célébration où furent distribuées 75 000 communions.[5] Les manifestations décrites par Raymond suivent un autre rythme, irrégulier ; dans l’entretien publié en 2025, il fait état de 57 messages.[6]

Les enquêtes de Patrizia Cattaneo donnent accès aux récits des intéressés, aux observations de médecins nommés et au texte de plusieurs rapports, depuis les expertises du corps de Charbel en 1927 et 1950 jusqu’au Doppler carotidien de Nohad en 2002. Elles éclairent aussi le sens spirituel donné à ces signes : conversion, prière et vie eucharistique.[7][8][9][10]

Les chiffres du registre d’Annaya

Le père Louis Matar et quarante ans de collecte

Depuis plus de quarante ans, le père Louis Matar recueille au monastère d'Annaya les témoignages de guérisons attribuées à l'intercession de saint Charbel. Selon Patrizia Cattaneo, il en aurait catalogué environ 30 000, la plupart accompagnés de certificats médicaux :

« Depuis plus de quarante ans, le Père Louis Matar recueille les témoignages des guérisons miraculeuses attribuées à l'intercession de saint Charbel au monastère d'Annaya, soigneusement accompagnés de certificats médicaux. Il en a jusqu'à présent catalogué environ 30 000, gagnant le titre de “secrétaire de saint Charbel”. » — Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 17[11]

Le chiffre donné par Cattaneo est donc environ 30 000 témoignages catalogués, sans date précise de clôture du comptage ni ventilation par affection. Les pages consacrées au registre en décrivent la collecte, sans en publier les dossiers individuels.[12]

Cattaneo précise elle-même que ce fonds centralisé à Annaya ne prétend pas couvrir l'ensemble des signalements dans le monde :

« Il est impossible de documenter tous les miracles associés au saint libanais. Ceux enregistrés au monastère d'Annaya ne représentent qu'une petite partie des témoignages reçus des diocèses du monde entier où son culte est vivant. » — Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 16[13]

Les repères chiffrés de 1927 à 2025

Les chiffres anciens concernent des ensembles différents : témoins entendus lors du procès, guérisons inscrites sur une période de trois mois, total cumulé à la fin de 1952. Ils ne doivent pas être additionnés au chiffre contemporain, qui reprend une collecte beaucoup plus vaste.

PériodeChiffre rapportéCompositionSource
1927-192834 nouveaux témoins de guérison interrogésAuditions menées par la commission théologique du procès de béatificationCattaneo[14]
22 avril – 14 juillet 1950350 cas de guérisons dites prodigieuses31 aveugles, 37 sourds-muets, 163 paralytiques ou infirmes, 119 autres incurables dont 20 musulmansRegistre du monastère d'Annaya, cité par Cattaneo[15]
Fin 19522 200 guérisons dites miraculeusesInscriptions cumulées au registre du monastèreRegistre du monastère d'Annaya, cité par Cattaneo[16]
Vers 2025Environ 30 000 témoignages cataloguésCollecte cumulée du père Louis Matar depuis plus de quarante ansCattaneo[17]
Des ensembles de nature différente : auditions, guérisons inscrites et témoignages catalogués. Infographie d’après Cattaneo.

« Du 22 avril au 14 juillet 1950, les registres d'Annaya recensent 350 cas de guérisons considérées comme prodigieuses et concernant 31 aveugles, 37 sourds-muets, 163 paralytiques et infirmes, et 119 incurables divers. Parmi ces derniers [...] se trouvaient 20 musulmans. » — Patrizia Cattaneo, Les secrets du corps intact de saint Charbel, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 76[18]

Les catégories employées pour 1950 sont celles du registre cité : elles décrivent les affections déclarées, sans fournir une classification médicale moderne. Le nombre de musulmans mentionné concerne les 119 cas de la dernière catégorie, et non l’ensemble des 350 personnes.[19]

Après le total de fin 1952, Cattaneo cite le témoignage du père Daher sur le rayonnement international d’Annaya. Celui-ci décrit un courrier quotidien venant d’Amérique, d’Afrique, d’Égypte, d’Australie, de Palestine, de Syrie, d’Irak, de Belgique et de France. Il dit avoir vu, le 17 septembre 1951, sept cents lettres arrivées par avion de France seulement. Elles comprenaient des demandes de reliques, d’images et de prières, des objets à placer dans le vieux cercueil puis à retourner aux expéditeurs, ainsi que des remerciements pour des grâces reçues. Dix des trente moines travaillaient à satisfaire ces demandes : ce volume de courrier ne constitue donc pas un décompte de guérisons.[20]

D'où vient le chiffre de 29 000 ?

Plusieurs médias catholiques francophones et anglophones ont repris en 2025 et 2026 un chiffre légèrement inférieur à celui de Cattaneo. À l'occasion de la visite programmée du pape Léon XIV au Liban, le magazine américain America évoquait ainsi « plus de 29 000 miracles enregistrés par les visiteurs du sanctuaire » :

« Plus de 29 000 miracles ont été enregistrés par les visiteurs du sanctuaire. » (traduction française) — America Magazine, What to know about Lebanon's beloved patron saint before Pope Leo's visit, 26 novembre 2025[21]

Le 13 avril 2026, l’organisme catholique CNEWA présente à son tour la guérison de Nohad comme l’une des près de 30 000 guérisons miraculeuses attribuées à saint Charbel.[22]

Les formulations de la presse et de Cattaneo convergent vers un même ordre de grandeur. Une source datée jalonne cette progression : en juillet 2019, le père Matar confiait à l’agence Catholic News Agency que le monastère, qui enregistre formellement les guérisons depuis 1950, avait déjà archivé plus de 29 000 miracles — en exigeant désormais des pièces médicales attestant la maladie initiale puis la guérison inexpliquée.[23] Le chiffre arrondi de Cattaneo (édition de janvier 2025) puis celui d’America (novembre 2025) s’inscrivent dans la continuité de ce comptage. Le titre « Les 29 000 miracles de saint Charbel » reprend ainsi une expression diffusée par la presse ; il ne désigne pas 29 000 décisions de reconnaissance ecclésiale.[24][25]

Ce qu'un dossier catalogué ne prouve pas

Trois types de pièces et trois questions distinctes. Infographie d’après la trilogie de Cattaneo.

Le père Louis Matar décrit lui-même un ensemble hétérogène de voies de guérison, qui interdit de traiter les 30 000 dossiers comme une série clinique homogène :

« Certaines personnes ont été guéries en utilisant l'huile, les morceaux de tissu ou l'encens distribués à Annaya. D'autres en ingérant un peu de terre de la première tombe du saint ou de l'ermitage, ou en utilisant les feuilles du chêne sous lequel le saint méditait. D'autres encore ont trouvé réconfort et guérison en priant devant son image ou sa statue, ou en participant à la messe en son honneur. Certains l'ont vu en rêve ou en vision. » — Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 17[26]

Le passage énumère les circonstances rapportées des guérisons : prière, messe, onction, rêve ou vision. Il décrit la diversité des témoignages ; il ne permet pas d’en déduire une proportion de guérisons médicalement inexpliquées. Pour cela, il faudrait comparer les diagnostics initiaux, les traitements et l’évolution de chaque malade. L’existence d’un registre et la reconnaissance canonique d’une guérison répondent à deux questions distinctes.

Un corps déjà enquêté avant les guérisons

Dès 1899, la conservation du corps attire l’attention des religieux d’Annaya. Les expertises de 1927 et 1950 précèdent de plusieurs décennies les cas de Nohad et de Raymond. Les corps incorruptibles font l’objet d’un dossier distinct ; les pièces retenues ici montrent comment les observations sur les reliques ont nourri les premières enquêtes autour de Charbel.[27][28][29]

Un cimetière inondé, puis une exhumation inattendue

La châsse photographiée en 2015. LLEW, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Charbel meurt le 24 décembre 1898 et il est inhumé dès le lendemain dans le cimetière commun du monastère, aux côtés de trente-deux autres religieux déjà décomposés, dans un terrain que l'infiltration d'une toiture défectueuse rendait particulièrement humide.[30] Après plusieurs semaines de lumières nocturnes rapportées autour de la tombe, une première inspection informelle a lieu le 9 février 1899, en présence des pères Antonius Alwan, Elias Al-Mahrini et Saba Al-Ouwaini.[31]

« Le cimetière était inondé à cause des infiltrations d'eau du toit et le sol était boueux. L'eau avait atteint la planche sur laquelle gisait le corps du Père Charbel, vêtu d'une tunique élimée, entièrement couverte de vers. [...] Il avait l'air bien conservé, mais l'eau qui s'écoulait du toit avait frappé son visage, détachant partiellement sa barbe, perçant son nez et ses lèvres et endommageant son œil droit [...]. » — Patrizia Cattaneo, Les secrets du corps intact de saint Charbel, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 25 ; témoignage attribué au père Antonius Alwan[32]

Le supérieur écrit alors au patriarche une lettre prudente, qui ne proclame aucun miracle mais demande une décision :

« Un contrôle effectué il y a quatre jours a révélé que son corps ne s'est pas décomposé, contrairement aux autres, et comme la tombe est très humide, je propose de le mettre dans un cercueil et de l'enterrer dans le mur de l'église où il n'y a pas d'humidité, pour favoriser sa conservation. En tout état de cause, je renvoie toutes les décisions à Sa Béatitude. » — Patrizia Cattaneo, Les secrets du corps intact de saint Charbel, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 28[33]

Les expertises de 1927 et 1950

Le corps subit ensuite de nombreuses interventions humaines — exposition au vent, alcool, chaux vive en 1908, incision et éviscération partielle — que l'article dédié détaille intégralement. Deux expertises médicales majeures encadrent ce dossier. En 1927, les professeurs Armand Geffroy et Balthasar Melconian, de la Faculté française de médecine de Beyrouth, proposent une explication naturaliste partielle, fondée sur l'éviscération et un « boucanage » du corps :

« D'abord complètement éviscéré, ce qui explique le retard à la putréfaction [...] les tissus sous-jacents ont continué leur lente décomposition [...] dans le sens de la dégénérescence adipo-cireuse. » — Armand Geffroy et Balthasar Melconian, rapport d'expertise médicale, 30 juillet 1927, reproduit dans Patrizia Cattaneo, Les secrets du corps intact de saint Charbel, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, pp. 106-107[34]

En 1950, une commission composée des docteurs Joseph Hitti, Chucri Bellan, Théophile Maroun et Simon Guerguerian examine le corps le 22 avril, puis le 4 août. Son rapport, daté du 14 septembre, décrit les prélèvements et les examens histologiques et chimiques.[35] Les recherches de tanin, d’arsenic, de mercure, de fer, de formol, de plomb, de cuivre et de zinc restent négatives. Les auteurs constatent une structure tissulaire conservée, mais des noyaux cellulaires lysés : il ne s’agit donc pas de tissus vivants.[36]

Le retour en août permet de vérifier le phénomène pendant la saison la plus sèche. Les vêtements posés en avril et les oreillers sont à nouveau humides ; des traces de rouille sont identifiées au laboratoire. Les médecins concluent :

« Nous ne pouvons après les investigations pratiquées apporter une explication suffisamment probante et satisfaisante de ce phénomène, ni de celui d'une momification en milieu humide. Nous nous limitons pour le moment aux constatations. » — Joseph Hitti, Chucri Bellan, Théophile Maroun et Simon Guerguerian, rapport d'expertise, 14 septembre 1950, reproduit dans Patrizia Cattaneo, Les secrets du corps intact de saint Charbel, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 121[37]

L’exsudation et le calcul du docteur Choukrallah

Joachim Bouflet mentionne un procès-verbal signé par dix témoins le 15 avril 1899, puis les examens du Dr Choukrallah, une trentaine en dix-sept ans. Le médecin souligne la durée de l’écoulement en formulant un calcul hypothétique :

« Supposons que ce liquide ne pèse que 3 grammes par jour, en moyenne. Cela fait, en 66 ans, 72 kilos environ. » — Dr Choukrallah, cité par Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Seuil, 2008, pp. 129–130.[38]

Les 72 kilos ne sont pas le résultat d’une collecte pesée pendant soixante-six ans : ils expriment ce qu’impliquerait un débit moyen supposé de trois grammes par jour. L’argument du médecin porte sur le renouvellement du liquide au regard de la faible masse du corps. Bouflet rapporte son interprétation surnaturelle, tout en précisant que l’autorité ecclésiastique n’a pas pour autant qualifié l’incorruption et l’écoulement de miracles canoniquement reconnus.[39]

L'état actuel du corps

Dans son ouvrage publié en 2025, Patrizia Cattaneo décrit un état très différent de celui des premières exhumations :

« Aujourd'hui, son corps, réduit à un squelette recouvert de peau assombrie, repose dans une caisse en bois de cèdre avec un couvercle en verre transparent, protégée par une grille. » — Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 15[40]

La conservation et les exsudations relèvent donc de l’histoire des reliques. Le pèlerinage contemporain s’attache à l’intercession de saint Charbel et à son tombeau, sans supposer que le corps présente encore l’état décrit par les commissions du XXᵉ siècle.

Le cas Nohad El-Chami : l'accident vasculaire cérébral de 1993

Le dossier le plus détaillé de toute la trilogie concerne Nohad El-Chami, mère de famille libanaise dont la guérison de janvier 1993 est à l'origine du pèlerinage mensuel du 22.

Une mère de douze enfants

Nohad El-Chami, née Nayef El-Tannouri, épouse Semaan El-Chami le 3 mai 1952. Sa date de naissance exacte reste incertaine : Cattaneo retient le 22 mai 1936, tandis que sa carte d'identité indique 1938 — l'autrice signale elle-même l'absence de certificat de baptême permettant de trancher.[41] Le couple a dix-neuf grossesses et douze enfants survivants, sept garçons et cinq filles, dont plusieurs deviennent les témoins directs des événements de janvier 1993.[42]

Un antécédent en 1971 : le calcul rénal

Vingt-deux ans avant l'accident vasculaire cérébral, Nohad aurait déjà connu un épisode attribué à Charbel. En 1971, un calcul de 1,5 cm est diagnostiqué au rein gauche par le Dr Antoine El-Chami, directeur de l'hôpital Notre-Dame Maritime de Jbeil, qui diffère l'opération en raison d'un accouchement récent. Après une visite inachevée à l'ermitage, Nohad rapporte une intervention nocturne, avec une incision d'environ vingt centimètres sur le dos :

« Je suis le Père Charbel et je t'ai enlevé le calcul. » — Parole attribuée à saint Charbel par Nohad El-Chami, citée par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 36[43]

Aucun rapport médical de 1971 n'est reproduit dans le livre : ce premier épisode fonctionne comme antécédent narratif dans le récit de Nohad, mais n'a pas la même valeur documentaire que les pièces de 1993 et 2002.[44]

9 janvier 1993 : le début de l'accident vasculaire

Janvier 1993 selon le récit recueilli par Cattaneo, p. 38–47 : hospitalisation, retour chez elle, nuit de la guérison.

Nohad situe le début de ses symptômes au soir du 9 janvier 1993 : brûlure thoracique, vision trouble, engourdissement de la langue, puis paralysie du côté gauche pendant le trajet vers l'hôpital.

« Pendant le trajet en voiture, la situation s'est précipitée et je me suis retrouvée paralysée sur tout le côté gauche du corps, y compris la langue. » — Nohad El-Chami, citée par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 38[45]

Le Dr Joseph El-Chami, présenté comme spécialiste des maladies cardiovasculaires et neurologiques, l'examine à l'hôpital Notre-Dame Maritime de Jbeil. Le diagnostic rapporté par l'ouvrage est celui d'un accident vasculaire cérébral ischémique, sur un tableau de sténoses carotidiennes bilatérales sévères :

« Les médecins ont diagnostiqué que la cause de l'hémiplégie était un accident vasculaire cérébral ischémique, ou infarctus cérébral, résultant d'une sténose carotidienne bilatérale de 80 % à gauche et de 70 % à droite [...]. » — Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 39[46]

Aucun compte rendu hospitalier de janvier 1993 n'est reproduit dans le livre : ce diagnostic reste attribué au récit et à la synthèse de l'autrice, non à une pièce originale consultable.[47] Nohad reste hospitalisée du 9 au 18 janvier, avec une amélioration jugée limitée malgré neuf jours de soins intensifs ; de retour chez elle, elle demeure dépendante pour la toilette et l'alimentation, et une IRM est projetée pour le mois d'avril à l'Hôtel-Dieu de Beyrouth en vue d'une éventuelle angioplastie.[48]

« De retour chez elle, Nohad fut contrainte de rester au lit. Semaan la soutenait pour l'accompagner à la salle de bains, et ses enfants la nourrissaient avec une paille. » — Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 40[49]

  1. 9 janvier 1993
    Début des symptômes

    Brûlure thoracique, troubles visuels, engourdissement, puis paralysie gauche pendant le trajet vers l'hôpital Notre-Dame Maritime de Jbeil.[50]

  2. 9-18 janvier 1993
    Hospitalisation

    Neuf jours de soins intensifs ; diagnostic d'accident vasculaire cérébral ischémique sur sténoses carotidiennes bilatérales à 80 % et 70 % annoncées par les médecins ; sortie avec incapacité fonctionnelle persistante.[51][52]

  3. Nuit du 22 au 23 janvier 1993, vers 2 h
    La guérison rapportée

    Nohad rapporte une vision de saint Maron et de saint Charbel, une intervention au cou, puis le retour immédiat de la mobilité et de la parole.[53][54]

  4. Matin du 23 janvier 1993
    Constats des proches

    Semaan, Shafika, Laure, Saad et le père Mikhaël Meghames constatent la marche retrouvée et deux cicatrices ensanglantées au cou.[55][56]

  5. 5 mars 2002
    Rapport Doppler

    Écho-Doppler carotidien au Centre médical Adonis de Jbeil, attribué au Dr César El-Alam dans la transcription publiée : séquelles évoquant une endartériectomie bilatérale, sténoses de 60 % et 40 %.[57]

  6. 2020
    Expertise Sassine

    Le Dr Charbel Sassine, chirurgien plasticien à Beyrouth, examine les cicatrices et trois des sept fils de suture retrouvés sur Nohad.[58]

La nuit du 22 au 23 janvier 1993 : le récit de l'opération

Vers deux heures du matin, Nohad rapporte l'apparition de deux moines entourés de lumière. Saint Maron reste en retrait pendant que Charbel, dit-elle, touche son cou et annonce une intervention :

« Je suis saint Charbel et je suis venu t'opérer. » — Parole attribuée à saint Charbel par Nohad El-Chami, citée par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 42[59]

« Si, tu le peux maintenant ! Nous t'avons opérée et maintenant tu peux boire, te lever et marcher. » — Paroles attribuées à saint Charbel et saint Maron par Nohad El-Chami, citées par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 43[60]

Au réveil, Nohad dit pouvoir de nouveau bouger le bras gauche, s'agenouiller, marcher, boire et parler normalement. Elle décrit deux cicatrices de douze centimètres au cou, avec trois points de suture à droite et quatre à gauche :

« Mon cou était également ensanglanté, avec de chaque côté deux cicatrices de 12 centimètres de long. La plaie du côté droit avait trois points de suture, celle du côté gauche en avait quatre. » — Nohad El-Chami, citée par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 44[61]

Le récit de l’intervention nocturne est celui de Nohad. Les proches cités par Cattaneo témoignent de son état après le réveil, de sa marche retrouvée et des blessures au cou.[62]

Ce que les témoins ont constaté au matin

Au matin du 23 janvier, plusieurs proches nommés attestent la transformation. Shafika, sa fille, entend sa mère parler clairement après deux heures de silence apparent ; Semaan, son mari, la voit marcher, ensanglantée au cou, et s'évanouit sous le choc ; Laure et Saad, deux autres de leurs enfants, la trouvent debout ; le père Mikhaël Meghames, responsable de l'ermitage d'Annaya, observe les plaies ce même matin.[63]

« Ces blessures ne sont pas seulement pour toi, elles sont un signe pour le monde entier. » — Parole attribuée au père Mikhaël Meghames, citée par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 47[64]

Les noms des enfants, du mari et du prêtre permettent de situer les témoignages dans un milieu identifiable. Le livre les rapporte autour d’un même événement familial ; ils ne constituent pas autant d’expertises médicales indépendantes.[65]

Le rapport Doppler du 5 mars 2002

Schéma explicatif du rapport du 5 mars 2002, reproduit par Cattaneo, p. 62–63. Les dessins anatomiques sont illustratifs.

Cattaneo transcrit le rapport d’un écho-Doppler carotidien réalisé neuf ans après les faits au Centre médical Adonis de Jbeil. Le texte imprimé indique « Mme Nouhad Chami », la date du 5 mars 2002, puis le nom du Dr César El-Alam après la mention « Adonis Medical Center Radiology ». Il s’agit d’une transcription mise en page dans le livre, et non d’une photographie du document original signé.[66]

« Hyperplasie myo-intimale de la bifurcation et la carotide interne proximale évoquant une endartériectomie bilatérale mieux visualisée à droite. » — Dr César El-Alam, rapport d'écho-Doppler carotidien du 5 mars 2002, reproduit dans Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, pp. 62-63[67]

« Sténose de 60 % sur plaque d'athérome de la carotide interne droite, distale à l'hyperplasie [...] sténose distale modérée de 40 % de la carotide interne gauche. Une Angio-IRM est indiquée. » — Dr César El-Alam, rapport d'écho-Doppler carotidien du 5 mars 2002, reproduit dans Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 63[68]

Le rapport décrit une hyperplasie myo-intimale, c’est-à-dire un épaississement de la paroi artérielle, dont l’aspect évoque une endartériectomie bilatérale — une intervention retirant une plaque de la paroi interne de l’artère. Il relève aussi des rétrécissements de 60 % à droite et 40 % à gauche et recommande une Angio-IRM. Ces valeurs décrivent l’examen de 2002 ; elles ne permettent pas, à elles seules, de reconstituer l’état des artères au réveil de janvier 1993.[69]

Le point remarquable est la concordance entre un récit d’intervention au cou et un aspect artériel interprété comme possiblement postopératoire. Le rapport ne date cependant pas cette intervention et n’en identifie pas l’auteur ; il ne comporte pas d’examen cérébral.[70]

Les sept fils de suture et l'expertise du docteur Sassine

Nohad rapporte avoir gardé sept fils de suture au cou après sa guérison, quatre à gauche et trois à droite. Selon son récit, le premier serait tombé après sept jours, le second après quinze ; le Dr Majid El-Chami, médecin de famille, en aurait retiré deux ; un fil aurait été remis à l'évêché de Jbeil et conservé à l'archidiocèse d'Amchit, un autre envoyé à l'étranger pour analyse.[71]

« Le premier fil a été remis à l'évêque de Jbeil et se trouve maintenant à l'archidiocèse d'Amchit, tandis que le second a été envoyé à l'étranger pour analyse. » — Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 68[72]

En 2020, le Dr Charbel Sassine, chirurgien plasticien à Beyrouth, examine les cicatrices et trois des fils restants au microscope. Il y voit un multifilament non enduit de 0,5 mm de diamètre, identifié comme du lin dans l’ouvrage et décrit comme inhabituel par le médecin :

« [...] un polyfilament non enduit, composé de plusieurs monofilaments fins, torsadés sur eux-mêmes, visibles uniquement au microscope, d'un diamètre de 0,5 mm. » — Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, pp. 72-73[73]

Interrogé par Cattaneo, le médecin qualifie le phénomène de la réouverture périodique des cicatrices — traité dans la section suivante — de scientifiquement inexplicable :

« Avec la suture, les cicatrices se ferment définitivement, [...] tandis que la réouverture régulière des plaies de Nohad, qui saignent chaque 22 du mois, est un phénomène scientifiquement inexplicable. » — Dr Charbel Sassine, cité par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 70[74]

Le médecin aurait ensuite tenté, vers 2021 — soit, selon ses propres mots à Cattaneo, « il y a environ trois ans » avant sa communication de mars 2024 —, de pratiquer une échographie de la zone au moment d'une réouverture mensuelle ; une partie de la famille s'y serait opposée, et l'examen n'a jamais eu lieu.[75] Le livre ne publie pas de compte rendu d’échographie de la réouverture, de bilan sanguin associé ou de série photographique clinique continue.

Le tableau suivant résume les principaux médecins nommés dans le dossier Nohad, avec le niveau exact de ce que chacun établit.

MédecinRôle dans le dossierCe qui est établiCe qui manque
Dr Antoine El-ChamiDirecteur de l'hôpital de Jbeil, épisode rénal de 1971Diagnostic d'un calcul rénal rapporté par le récitAucun rapport de 1971 reproduit
Dr Joseph El-ChamiExamen initial de l'AVC, janvier 1993Diagnostic annoncé de sténose carotidienne bilatéraleAucun compte rendu hospitalier de 1993 reproduit
Dr Majid El-ChamiMédecin de famille, retrait de deux fils de sutureConstat du retrait rapporté par NohadAucun rapport, aucune analyse de laboratoire
Dr César El-AlamMédecin nommé dans le rapport du 5 mars 2002Rapport d’imagerie transcrit dans le livreNe date pas l'opération, n'identifie aucun opérateur, ne concerne pas le cerveau
Dr Charbel SassineExamen des cicatrices et des fils, 2020Description clinique et microscopique rapportée par CattaneoAucun rapport de laboratoire original reproduit

Le phénomène du 22 du mois

Naissance d'une dévotion mensuelle

Au sanctuaire d’Annaya, en 2015 ; cette photographie ne documente pas une procession du 22. LLEW, CC BY-SA 4.0.

Selon le récit de Nohad, une équipe de la chaîne libanaise LBC l'interroge dès le quatrième jour suivant sa guérison, et l'affluence à Annaya aurait alors atteint environ 25 000 véhicules entre Byblos et le monastère.[76] L'évêque diocésain, Mgr Bechara Raï — futur patriarche maronite —, vient constater les faits au sixième jour.[77] C'est dans ce contexte que Nohad rapporte une nouvelle demande attribuée à Charbel :

« Je te demande de visiter l'ermitage le 22 de chaque mois, tout le long de ta vie, pour commémorer ta guérison et assister à la messe. » — Parole attribuée à saint Charbel, citée par Nohad El-Chami dans Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 50[78]

Le père Louis Matar, déjà rencontré comme collecteur des témoignages, donne un chiffre qui illustre l'ampleur prise par la procession mensuelle :

« Je me souviens qu'un 22 du mois à Annaya, nous avons distribué 75 000 communions. » — Père Louis Matar, cité par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 53[79]

Le patriarche Bechara Raï lui-même, devenu entre-temps chef de l'Église maronite, formule le sens que l'institution donne à ce pèlerinage : moins la guérison isolée de Nohad qu'une conversion continue des cœurs.

« Nous voyons de nos propres yeux le miracle de la guérison de Nohad El-Chami, mais les miracles spirituels et moraux qui se produisent dans l'âme des visiteurs nous échappent. » — Patriarche Bechara Raï, cité par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 54[80]

Le rythme des réouvertures et l'exception de 2023

Cattaneo annonce 377 réouvertures au 22 juillet 2024, hors ouvertures extraordinaires. Ce total figure dans la narration de l’autrice, à côté de l’entretien du Dr Sassine : il n’est pas présenté comme un décompte signé par le médecin. La réouverture habituelle commencerait le soir du 21, avec un saignement sur trois jours.[81]

Le livre signale lui-même une exception explicite à ce rythme, précieuse pour éviter toute affirmation d'une mécanique sans faille : au trentième anniversaire, le 22 janvier 2023, les plaies ne se sont pas rouvertes ce jour-là — elles avaient saigné, précise Cattaneo, « la veille de l’Épiphanie ». Un an plus tard, le 22 janvier 2024, la réouverture est bien rapportée, mais Nohad, alors malade, n'a pas pu se rendre à Annaya pour la messe.[82]

La dévotion garde pour date le 22 ; le récit des saignements comporte des exceptions. Cattaneo distingue ainsi le rendez-vous liturgique mensuel de la manifestation physique elle-même.[83]

Deux tableaux qui suintent de l'huile

Le domicile de Nohad conserve également deux images pieuses dont l'exsudation d'huile est rapportée depuis 1993 : un tableau de saint Charbel à partir du 15 août 1993, un second représentant saint Maron à partir du 6 novembre 1993.

« C'est alors que j'ai remarqué que le tableau suintait de l'huile, un phénomène qui n'a jamais cessé depuis ce jour. » — Nohad El-Chami, citée par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 86[84]

L'huile recueillie sur des cotons est distribuée avec l'autorisation ecclésiale, et une chapelle votive est inaugurée à Halat le 24 août 1995 par Mgr Bechara Raï.[85] Aucune analyse chimique de cette huile n'est reproduite dans le livre : le phénomène doit être présenté comme un fait rapporté par la famille et confirmé visuellement par des visiteurs, non comme un résultat de laboratoire.

Il faut enfin noter que Nohad elle-même refuse toute personnalisation excessive de son propre cas, et rattache systématiquement les guérisons à l'Eucharistie plutôt qu'à sa propre personne :

« C'est l'Eucharistie qui nous sanctifie, je ne suis qu'un signe. » — Nohad El-Chami, citée par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 95[86]

Sept guérisons annoncées en marge du cas Nohad

Noms et affections rapportées par Cattaneo, p. 94–101. Les dates concernent un diagnostic, un dépôt ou un enregistrement.

Le livre consacré à Nohad nomme sept autres personnes qui rattachent leur propre guérison au sanctuaire d'Annaya, sans que leurs dossiers atteignent le niveau documentaire du cas central.

Les récits ne décrivent pas tous le même résultat. Virginie Mouradian évoque un cancer du sein diagnostiqué en 2018, mais l’événement immédiat qu’elle raconte est la disparition de la douleur au point de biopsie après une onction. La guérison du cancer lui est alors annoncée : aucun résultat oncologique ultérieur n’est reproduit. Dans le cas de Caroline, le récit va jusqu’à une grossesse un mois après la visite, puis à la naissance de jumeaux, un garçon et une fille ; son nom de famille n’est pas donné.[87]

Pour Michel Maroun Mubarak, Cattaneo distingue la visite du 7 octobre 2021, la disparition rapportée des symptômes trois jours après, puis le dépôt du témoignage et des rapports le 14 novembre. Chez Dolly Dib Al Aouri, le 4 août 2020 est la date de remise des documents au monastère : ce n’est pas une date d’opération. Ces écarts entre diagnostic, amélioration et enregistrement expliquent pourquoi les années du tableau ne constituent pas une chronologie uniforme de guérisons.[88]

PersonneAffection rapportéeÉlément datéPièce disponible
Nawal EidAsthme grave et fièvreNon datéAucune
Virginie MouradianCancer du sein diagnostiqué en 20182018Témoignage télévisé, aucun dossier oncologique
Caroline, pédiatreInfertilité de vingt ansGrossesse un mois après la visiteAucune, nom de famille non donné
Dolly Dib Al AouriTumeur ovarienne dite agressiveDépôt de rapports le 4 août 2020Rapports annoncés, non reproduits
Michel Maroun MubarakLymphome cutané diagnostiqué à DubaïVisite le 7 octobre 2021, rapports le 14 novembre 2021Dossier annoncé au monastère, non reproduit
Fouad MetriCovid-19 grave, coma d'un mois à HoustonDossier remis le 10 octobre 2022Établissement nommé, rapports non reproduits
Jovan Jano BadranRectocolite hémorragique depuis 2009Guérison enregistrée le 6 mars 2023Hôpital nommé, comptes rendus non reproduits

Les notices de Cattaneo rapportent des guérisons et, pour plusieurs, le dépôt de documents à Annaya. Le livre ne publie pas leurs comptes rendus médicaux : les éléments exposés ici sont ceux de ces notices.[89]

Les messages à Raymond Nader

Le troisième grand dossier de la trilogie de Cattaneo concerne Raymond Nader, ingénieur et responsable de la chaîne chrétienne libanaise Télé Lumière-Noursat, porteur depuis 1994 d'une empreinte récurrente sur le bras.

Un ingénieur devenu témoin

Raymond Nader naît le 10 novembre 1961 au Liban, dans une famille maronite. Il obtient un diplôme d'ingénierie électronique et mécanique à Beyrouth, puis séjourne à Londres pour se former à la physique nucléaire et aux technologies avancées — sans que le livre précise le nom des établissements britanniques fréquentés.[90] Père de trois enfants, il devient membre puis responsable au sein de Télé Lumière-Noursat, la principale chaîne chrétienne du Liban.[91] Il commence des retraites nocturnes régulières dès la fin de l'année 1984, d'abord à Saint-Georges de Yahchouch et à Notre-Dame de Kalaa, puis à l'ermitage d'Annaya.[92]

La nuit du 9 au 10 novembre 1994

Après une retraite commencée le 5 septembre 1994, Raymond revient à l'ermitage d'Annaya le 9 novembre vers 22 h 45, la veille de son trente-troisième anniversaire.[93] Cattaneo situe au 10 novembre 1994 l’expérience qui transforme sa vie et la découverte du signe sur son bras.[94] Il rapporte une expérience de plusieurs heures vécue comme instantanée :

« Je remarquai qu'il était 3 h 35 du matin. Quatre heures s'étaient écoulées comme une poignée de secondes. » — Raymond Nader, cité par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 34[95]

De retour à sa voiture, il découvre une marque sur son bras :

« Entré dans ma voiture, je retirai mon pull et roulai la manche de ma chemise. Je fus consterné de voir l'empreinte d'une main sur mon bras, entourée d'un halo rougeâtre, d'où s'écoulaient du sang et de l'eau. L'empreinte ressemblait à une brûlure, mais je ne ressentais ni douleur ni brûlure, juste une chaleur intense. » — Raymond Nader, cité par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 35[96]

Sa femme, dont le nom n'est pas donné dans le livre, est la première à constater la marque après coup :

« Lorsque j'arrivai chez moi, je montrai immédiatement mon bras à ma femme, qui sursauta, fit le signe de la croix et me demanda de qui était cette main. » — Raymond Nader, cité par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 35[97]

Comme pour Nohad, aucun témoin ne rapporte avoir assisté à la formation de la marque elle-même : tous, y compris son épouse, en constatent seulement l'existence après coup.

Le diagnostic du docteur Nabil Hokayem

Schéma du témoignage de Raymond, Cattaneo p. 37–39 ; aucune photographie clinique n’est simulée.

Conseillé à la fois par l'évêque de Beyrouth et par le père Touma Mhanna, supérieur du monastère d'Annaya, de consulter des médecins avant toute interprétation religieuse, Raymond se rend d'abord à l'Hôtel-Dieu de Beyrouth, puis à la clinique Our Lady of Perpetual Help, qui refuse de délivrer un rapport écrit.[98] L'évolution de la lésion est décrite sur cinq jours :

« Le premier jour, l'empreinte était rouge et saignait ; le deuxième jour, elle commença à sécher et devint jaune ; le troisième jour, elle prit une teinte marron et, au quatrième jour, des croûtes se formèrent. Le cinquième jour, les croûtes tombèrent et la lésion guérit, ne laissant que les empreintes des doigts. » — Raymond Nader, cité par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 37[99]

Le seul médecin nommé de ce dossier est le Dr Nabil Hokayem, chirurgien plastique, qui examine la lésion à trois reprises, en 1994, au printemps 1995 et à l'été 1996 :

« Le docteur Nabil Hokayem [...] a examiné l'empreinte sur le bras de Raymond à trois reprises : la première fois en 1994, immédiatement après son apparition, puis au printemps 1995 et enfin à l'été 1996. Il diagnostiqua une brûlure au troisième degré, dont la forme rappelle les cinq doigts d'une main, comme si quelqu'un saisissait Raymond par derrière. » — Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 39[100]

« J'ai vu et traité des centaines de personnes brûlées, mais je n'ai jamais vu quelque chose de semblable. » — Dr Nabil Hokayem, cité par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 39[101]

Le livre ne précise pas si Cattaneo a interrogé directement le Dr Hokayem, et ne reproduit aucun rapport signé, aucune photographie clinique ni aucun examen histologique de sa main.[102]

Une seconde manifestation, 15 juillet 1995

Huit mois plus tard, une nouvelle lésion apparaît lors d'une veillée à l'ermitage, en présence de plusieurs témoins nommés : ses amis Jean et Georges — dont le livre ne donne pas le nom de famille —, ainsi que les pères Edmond Khashan et Touma Mhanna.

« Jean prit une bougie, car il faisait sombre, retroussa ma manche et vit l'empreinte de cinq doigts sur mon bras, d'où s'écoulaient du sang et de l'eau. » — Raymond Nader, cité par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 44[103]

« Lorsque le Père Mhanna arriva, il examina mon bras, le toucha et constata qu'il était humide. » — Raymond Nader, cité par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 44[104]

Le lundi suivant, un nouveau diagnostic confirme le premier : brûlure du troisième degré, sans signe d'infection.[105] C'est à la suite de cet épisode que Raymond dit avoir compris sa mission, et qu'il fonde, en 1995, un mouvement de prière et de charité connu sous le nom de « La Famille de saint Charbel ».[106]

  1. 10 novembre 1961
    Naissance de Raymond Nader

    Naissance au Liban, dans une famille maronite ; futur ingénieur et responsable de Télé Lumière-Noursat.[107]

  2. Nuit du 9 au 10 novembre 1994
    La première empreinte

    Retraite à l'ermitage d'Annaya ; retour à la conscience à 3 h 35 ; découverte d'une empreinte de main sur le bras gauche.[108][109]

  3. 1994-1996
    Trois examens du Dr Nabil Hokayem

    Diagnostic répété de brûlure du troisième degré en forme de main, sans rapport écrit délivré par les cliniques consultées.[110]

  4. 15 juillet 1995
    Seconde manifestation

    Nouvelle empreinte humide, constatée par les amis Jean et Georges puis par le père Touma Mhanna.[111][112]

  5. 1995
    Fondation de La Famille de saint Charbel

    Raymond Nader fonde un mouvement de prière et de charité en lien avec les manifestations reçues.[113]

  6. Entretien publié en 2025
    57 messages annoncés

    Raymond déclare avoir reçu cinquante-sept messages ; Cattaneo en présente seize. Le père Hanna Skandar évoque un Imprimatur pour une édition de messages qu’il a publiée.[114][115]

Cinquante-sept messages et un accompagnement ecclésial

Interrogé par Cattaneo sur la fréquence des manifestations, Raymond insiste sur leur caractère imprévisible :

« Saint Charbel se manifeste plusieurs fois par an, toujours de manière inattendue et jamais à des dates spécifiques. » — Raymond Nader, cité par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 66[116]

« Jusqu'à présent, j'ai reçu 57 messages. » — Raymond Nader, cité par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 66[117]

Ce point distingue nettement Raymond Nader de Nohad El-Chami : là où le phénomène de Nohad s'est fixé sur un rythme mensuel, les cinquante-sept manifestations de Raymond ne suivent aucun calendrier. Seize messages sur cinquante-sept sont publiés dans le livre ; aucune table datée de l'ensemble des occurrences n'est fournie.[118]

Raymond décrit un accompagnement spirituel par l’Église ; son témoignage est cité dans la réponse consacrée au statut ecclésial des manifestations.[119]

Le père Hanna Skandar évoque l’Imprimatur accordé par Mgr Georges Abu Jawdi, qu’il désigne comme l’évêque de son propre diocèse, à une édition des messages qu’il a publiée :

« Le fait de les avoir publiés avec l'Imprimatur de Mgr Georges Abu Jawdi, évêque de mon diocèse, signifie que l'autorité ecclésiastique les considère comme fiables. » — Père Hanna Skandar, cité par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 71[120]

Le propos du père Skandar porte sur une édition des messages. Il n’indique pas que les cinquante-sept messages annoncés ni chaque traduction ultérieure aient reçu le même visa ; la question de la portée d’un Imprimatur est reprise plus bas.[121]

Le contenu doctrinal : l'Eucharistie avant le prodige

Les messages publiés insistent moins sur le phénomène physique lui-même que sur un rappel doctrinal classique, qui subordonne tout signe extraordinaire aux sacrements de l'Église :

« Le miracle est l'Eucharistie, le signe est la Croix, le message est l'Évangile, et le salut est dans l'Église. » — Message reçu par Raymond Nader, cité dans Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 124[122]

« Refusez tout miracle qui ne vous rapproche pas du tabernacle. » — Message reçu par Raymond Nader, cité dans Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 125[123]

Ce critère de discernement interne, qui refuse par principe toute fascination du merveilleux détachée des sacrements, est cohérent avec l'ensemble de la spiritualité catholique sur les révélations privées : un signe authentique ne remplace jamais l'Eucharistie, il y conduit.

Trois miracles retenus par l'Église

Trois guérisons ont été retenues dans la cause de Charbel : deux pour la béatification, une pour la canonisation. Cela ne signifie pas que trois cas seulement aient été examinés : les témoignages instruits au cours du procès sont beaucoup plus nombreux.[124][125]

BénéficiaireCause associéePériode de la guérison alléguée
Sœur Maria Abel KamaryBéatification, 5 décembre 1965Juillet 1950[126]
Iskandar ObeidBéatification, 5 décembre 1965Octobre 1950 selon Cattaneo[127]
Mariam Assaf AwadCanonisation, 9 octobre 19771967 selon Cattaneo[128]
Trois guérisons retenues dans la cause de Charbel. Dates de béatification et canonisation confirmées par Paul VI dans son homélie du 9 octobre 1977.

Cattaneo décrit les trois cas : sœur Maria Abel Kamary, atteinte d’un ulcère pylorique et opérée à deux reprises, se rend au tombeau le 11 juillet 1950 et se dit rétablie le lendemain ; Iskandar Obeid, privé de la vue de l’œil droit après un accident en 1937, la retrouve après une nuit près du tombeau ; Mariam Assaf, opérée entre 1963 et 1965 pour un cancer avec métastases, guérit après avoir invoqué Charbel. L’autrice situe ce dernier événement en 1967 et rapporte son examen médical avant la canonisation de 1977.[129]

La biographie de Charbel Makhlouf présente le déroulement de sa cause. Les récits de Nohad en 1993 et de Raymond en 1994 ne font pas partie des miracles retenus pour ces deux célébrations, qui leur sont antérieures.

Paul VI rappelle lui-même, dans l’homélie du 9 octobre 1977, qu’il avait déclaré Charbel bienheureux le 5 décembre 1965. La canonisation étend son culte à l’ensemble de l’Église. Le pape présente alors Charbel comme un modèle de vie contemplative, de prière, de pénitence et de travail ; cette proclamation de sainteté ne vaut pas validation collective des récits ultérieurs de guérison.[130]

Entre les deux inspections corporelles de 1927 et 1950, la commission théologique du procès de béatification a par ailleurs interrogé trente-quatre nouveaux témoins de guérisons entre 1927 et 1928 — une procédure d'audition qui n'équivaut pas non plus à la reconnaissance canonique d'un miracle, mais qui montre que l'Église a, dès cette époque, cherché à documenter le phénomène plutôt qu'à le laisser à la seule rumeur.[131]

Les pièces du dossier et leur portée

Les pièces suivantes répondent à des questions différentes. Un visa doctrinal ne se place pas au-dessus d’une imagerie dans une même échelle médicale : il porte sur le texte publié, tandis que l’imagerie décrit un état anatomique.

Type de pièceCe qu'il établitExemple dans ce dossier
Témoignage isoléLe récit d'une expérience vécue, sans confirmation extérieureVision de Nohad pendant la nuit du 22 janvier 1993
Témoignage de proches après coupLa constatation d'un état, non de sa causeSemaan, Shafika, Laure, Saad et le père Meghames au matin du 23 janvier 1993
Certificat médical joint à un dossierL'existence d'un diagnostic et d'une évolution cliniqueDépôts de rapports annoncés pour Dolly, Michel ou Fouad
Rapport médical transcrit dans un ouvrageUne description clinique ou d’imagerie attribuée à son auteurDoppler du Dr César El-Alam, 5 mars 2002
Expertise attribuée mais non reproduiteUne opinion de spécialiste, non un document consultableExamens du Dr Charbel Sassine sur Nohad et du Dr Nabil Hokayem sur Raymond
Visa doctrinal ou accompagnement pastoralUne appréciation du texte ou un suivi spirituel, sans authentification du phénomèneImprimatur de Mgr Georges Abu Jawdi sur les messages de Raymond Nader
Miracle canoniquement instruitUn examen médical contradictoire dans une cause de canonisationLes trois guérisons retenues pour la béatification et la canonisation de Charbel

Le rapport Doppler peut être lu dans l’ouvrage ; les expertises attribuées à Sassine et Hokayem y sont rapportées sans leur compte rendu original. L’Imprimatur concerne, quant à lui, la publication des messages. Ces différences déterminent les vérifications possibles pour chaque pièce.

Objections et réponses

« 29 000 miracles, c'est trop pour être crédible »

Six points de lecture développés dans les réponses ci-contre. Infographie de synthèse du dossier.

Le chiffre devient trompeur si on l’interprète comme autant de miracles reconnus par Rome. Cattaneo parle de témoignages catalogués par le père Matar, tandis que trois guérisons ont été retenues pour la béatification et la canonisation.[132][133] L’ampleur de la collecte renseigne sur le rayonnement de Charbel ; la solidité médicale d’un cas dépend de ses propres pièces. Ni le grand nombre ne dispense d’examiner celles-ci, ni leur hétérogénéité n’annule les dossiers les mieux documentés.

« Le Doppler de 2002 prouve une opération surnaturelle »

Le rapport du Dr César El-Alam relève un aspect évocateur d’intervention sur les carotides. C’est une donnée distincte du récit de Nohad, et c’est la raison de son intérêt. Mais il ne nomme aucun opérateur, ne date pas l’intervention supposée et décrit aussi des sténoses de 60 % et 40 %.[134] L’interprétation surnaturelle repose sur la mise en relation du récit, des constatations des proches et de ce résultat d’imagerie ; elle n’est pas une conclusion formulée dans le rapport radiologique.

« Une récupération neurologique spontanée expliquerait tout »

L’hypothèse porte sur la récupération de la mobilité, de la parole et de la déglutition. Elle doit être examinée avec le diagnostic initial, les traitements et l’évolution clinique ; la transcription du Doppler de 2002 ne permet pas, à elle seule, de refaire ce bilan pour 1993.[135][136] Elle laisse surtout une autre question entière : celle des blessures au cou et des fils de suture rapportés au réveil. Une récupération neurologique n’explique pas l’apparition de ces plaies. Le témoignage familial et les observations attribuées au Dr Sassine doivent donc être considérés séparément, puis rapprochés du récit de la guérison.[137][138]

« Les cicatrices se rouvrent-elles vraiment à date fixe ? »

Le rythme ordinaire est celui du 22, avec des ouvertures extraordinaires et au moins une exception explicitement relatée : en janvier 2023, le saignement a précédé l’Épiphanie et ne s’est pas reproduit le 22.[139] L’entretien du Dr Sassine porte sur l’aspect des cicatrices et leur réouverture ; le total de 377 occurrences est donné par Cattaneo, sans calendrier clinique continu publié.[140] Cette différence n’efface pas le témoignage du médecin : elle distingue son observation d’un comptage rétrospectif.

« Un Imprimatur revient à une reconnaissance ecclésiale du surnaturel »

L’Imprimatur évoqué par le père Skandar porte sur la publication des messages ; il ne vaut pas déclaration d’origine surnaturelle de l’empreinte. Le contrôle doctrinal d’un livre concerne sa conformité à la foi et aux mœurs, tandis que le discernement d’un phénomène porte sur les faits et leurs fruits.[141][142]

« L'Église exprime son appréciation, mais continue à m'observer et à m'accompagner spirituellement, en attendant la conclusion de mon cheminement terrestre. » — Raymond Nader, cité par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville, janvier 2025, p. 67[143]

Les normes du Dicastère pour la Doctrine de la Foi du 17 mai 2024 distinguent elles-mêmes l’accueil pastoral favorable d’un phénomène de l’affirmation de son origine divine. Même un Nihil obstat donné dans ce cadre ne constitue normalement pas une déclaration de surnaturalité. Ce cadre général ne doit pas être présenté comme une décision particulière concernant Raymond Nader : son témoignage cité ici décrit un accompagnement ecclésial dans l’entretien publié en 2025.[144]

« Un dossier fondé sur des livres récents et hagiographiques n'est pas fiable »

Un livre favorable à un saint peut transmettre des pièces utiles : sa finalité spirituelle ne rend pas fictifs les noms, les dates ou les textes qu’il cite. Chez Cattaneo, le rapport de 1927 propose une explication naturelle partielle, tandis que celui de 1950 expose des constatations auxquelles ses auteurs ne trouvent pas d’explication satisfaisante. Leur différence demeure lisible dans l’ouvrage.[145][146] Le cas Nohad comporte de même une transcription du Doppler, que l’on peut distinguer des commentaires de l’autrice. La valeur documentaire se juge ainsi pièce par pièce, en tenant compte de la transmission éditoriale des documents et des témoignages.[147]

Le sens spirituel des guérisons

Paul VI, audience générale d’octobre 1977. Ambrosius007, CC BY-SA 3.0.

Au-delà de la discussion sur les chiffres et les preuves, le dossier des miracles attribués à saint Charbel garde un sens que ni le scepticisme ni la fascination pour le merveilleux ne doivent faire perdre de vue. Un ermite mort dans le plus complet effacement — sans écrit majeur, sans fondation spectaculaire, sans recherche de notoriété — devient, un siècle plus tard, le foyer d'un afflux international de pèlerins chrétiens et non-chrétiens.[148] Ce contraste entre la pauvreté de la vie et l'ampleur du rayonnement posthume est, dans la tradition catholique, un signe classique de sainteté authentique : la fécondité vient de Dieu, non de la stratégie humaine.

Le contenu même des messages reçus par Raymond Nader rappelle cette hiérarchie, en subordonnant explicitement tout prodige à l'Eucharistie et en refusant par avance tout miracle qui détournerait du tabernacle.[149] Nohad El-Chami tient le même langage lorsqu'elle refuse la personnalisation du culte et rattache sa propre guérison à la messe plutôt qu'à elle-même.[150] Dans les deux dossiers les mieux documentés de ce corpus, les bénéficiaires eux-mêmes ramènent donc le lecteur au centre de la foi catholique : les signes extraordinaires, quand ils sont authentiques, ne se substituent jamais aux sacrements — ils y renvoient.

« ils rappellent un chemin salutaire pour tous. » — Paul VI, homélie pour la canonisation de saint Charbel, 9 octobre 1977.[151]

Paul VI situe la vocation de Charbel au service de toute l’Église : la solitude de l’ermite devient prière d’intercession. Dans cette perspective, la guérison corporelle et la conversion ne sont pas deux rayonnements concurrents ; elles renvoient à la même charité du Christ, vécue par le saint dans la messe, le dépouillement et la prière.[152]

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. America Magazine, What to know about Lebanon's beloved patron saint before Pope Leo's visit, 26 novembre 2025 : le reportage évoque plus de 29 000 miracles enregistrés par les visiteurs du sanctuaire d'Annaya. Source : americamagazine.org.

    1 21 24
  2. CNEWA Staff, Video: A Saint for Healing, 13 avril 2026 : présentation de la guérison de Nohad parmi près de 30 000 miracles attribués à saint Charbel.

    2 22
  3. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 17.

    3 11 17 25 132
  4. Patrizia Cattaneo, Les secrets du corps intact de saint Charbel, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, janvier 2025, pp. 83–86 : deux guérisons retenues pour la béatification et celle de Mariam Assaf pour la canonisation ; dates données dans cet ouvrage.

    4 124 126 127 128 129 133
  5. Père Louis Matar, cité par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 53.

    5 79
  6. Raymond Nader, cité par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 66.

    6 114 116 117
  7. Armand Geffroy et Balthasar Melconian, rapport d'expertise médicale, 30 juillet 1927, reproduit dans Patrizia Cattaneo, Les secrets du corps intact de saint Charbel, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, pp. 106-107.

    7 28 34 145
  8. Joseph Hitti, Chucri Bellan, Théophile Maroun et Simon Guerguerian, rapport d'expertise, 14 septembre 1950, reproduit dans Patrizia Cattaneo, Les secrets du corps intact de saint Charbel, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 121.

    8 29 37 146
  9. Dr César El-Alam, rapport d'écho-Doppler carotidien du 5 mars 2002, Centre médical Adonis, Jbeil, reproduit dans Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, pp. 62-63.

    9 57 66 67 69 136 147
  10. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 125.

    10 123 149
  11. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 17-19 : aucune page du registre du père Louis Matar, aucun échantillon de certificat médical et aucune ventilation par type de grâce n'y sont reproduits.

    12
  12. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 16.

    13 148
  13. Patrizia Cattaneo, Les secrets du corps intact de saint Charbel. Foi, science et autopsies, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 67 et pp. 76-77 : trente-quatre témoins interrogés entre 1927 et 1928, puis 350 cas en 1950 et 2 200 fin 1952 ; aucune page des registres correspondants n'est reproduite.

    14 125 131
  14. Patrizia Cattaneo, Les secrets du corps intact de saint Charbel. Foi, science et autopsies, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 76.

    15 18 19
  15. Patrizia Cattaneo, Les secrets du corps intact de saint Charbel. Foi, science et autopsies, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 77.

    16
  16. Patrizia Cattaneo, Les secrets du corps intact de saint Charbel. Foi, science et autopsies, Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), 2e éd. janvier 2025 (copyright 2024), p. 77-78.

    20
  17. Catholic News Agency, The Lebanese Saint Who Unites Christians and Muslims, juillet 2019 (texte relevé sur le miroir du National Catholic Register : ncregister.com) : « Since 1950, the year the monastery began to formally record the miraculous healings, they have archived more than 29,000 miracles » — les miracles allégués doivent être étayés par des documents médicaux établissant la maladie initiale puis la guérison inexpliquée.

    23
  18. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 17.

    26
  19. Patrizia Cattaneo, Les secrets du corps intact de saint Charbel. Foi, science et autopsies, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 25.

    27 30 31 32
  20. Patrizia Cattaneo, Les secrets du corps intact de saint Charbel. Foi, science et autopsies, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, pp. 27-28.

    33
  21. Joseph Hitti, Chucri Bellan, Théophile Maroun et Simon Guerguerian, rapport du 14 septembre 1950, transcrit dans Patrizia Cattaneo, Les secrets du corps intact de saint Charbel, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, janvier 2025, pp. 112–122, spécialement pp. 116–120.

    35 36
  22. Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 2008, pp. 128–130 : procès-verbal du 15 avril 1899 signé par dix témoins (p. 128), observations et calcul hypothétique du Dr Choukrallah (p. 130) ; distinction avec la reconnaissance canonique. Référence approuvée : Joachim Bouflet, Une histoire des miracles. Du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, Paris, septembre 2008, pp. 129-130.

    38 39
  23. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 15.

    40
  24. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 14.

    41
  25. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, pp. 14-15 et pp. 29-32.

    42
  26. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 36.

    43
  27. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, pp. 34-37 : aucun rapport médical de 1971 n'y est reproduit.

    44
  28. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 38.

    45 50
  29. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 39.

    46 51
  30. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, pp. 38-39 : aucun compte rendu hospitalier daté de janvier 1993 n'est reproduit dans l'ouvrage.

    47 135
  31. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 40.

    48 49 52
  32. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 42.

    53 59
  33. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 43.

    54 60
  34. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 44.

    55 61
  35. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 47.

    56 64
  36. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, pp. 68-76.

    58 138
  37. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, pp. 41-47.

    62 63 65 137
  38. Dr César El-Alam, rapport d'écho-Doppler carotidien du 5 mars 2002, reproduit dans Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 63.

    68
  39. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, pp. 62-63 : le rapport ne mentionne à aucun moment le cerveau, ne date pas d'intervention et n'identifie aucun opérateur ; il constate des sténoses de 60 % et 40 % et recommande une Angio-IRM.

    70 134
  40. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 68.

    71 72
  41. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, pp. 72-73.

    73
  42. Dr Charbel Sassine, cité par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 70.

    74
  43. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 70 : le Dr Charbel Sassine évoque une tentative d'échographie « il y a environ trois ans » lors d'une communication datée du 3 mars 2024, sans qu'un examen ait finalement pu être réalisé.

    75
  44. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, pp. 49-51.

    76 77
  45. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 50.

    78
  46. Patriarche Bechara Raï, cité par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 54.

    80
  47. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, pp. 69-76 : aucun registre mensuel, prélèvement systématique ou observation médicale continue n'y est reproduit.

    81 140
  48. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 105.

    82 83 139
  49. Nohad El-Chami, citée par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 86.

    84
  50. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, pp. 86-87.

    85
  51. Nohad El-Chami, citée par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 95.

    86 150
  52. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, janvier 2025, pp. 95–97 : témoignage de Virginie Mouradian et récit de Caroline.

    87
  53. Patrizia Cattaneo, même ouvrage, pp. 97–99 : Dolly Dib Al Aouri et Michel Maroun Mubarak.

    88
  54. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. Le miracle de Nohad et le 22 du mois, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, janvier 2025, pp. 94–101 : notices des sept guérisons et mentions des dépôts de rapports.

    89
  55. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, pp. 22-23.

    90 91 107
  56. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, pp. 25-27.

    92
  57. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, pp. 27-28 et pp. 34-35.

    93
  58. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L’empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, janvier 2025, pp. 22–24 : biographie et événement du 10 novembre 1994.

    94
  59. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 34.

    95 108
  60. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 35.

    96 109
  61. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 35.

    97
  62. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, pp. 36-37.

    98
  63. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 37.

    99
  64. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 39.

    100 110
  65. Dr Nabil Hokayem, cité par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 39.

    101
  66. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 39 : aucun rapport signé, photographie clinique ou examen histologique n'est reproduit pour les trois examens du Dr Nabil Hokayem.

    102
  67. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 44.

    103 111
  68. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 44.

    104 112
  69. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 45.

    105
  70. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 47.

    106 113
  71. Père Hanna Skandar, cité par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 71.

    115 120 121 141
  72. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 66 et pp. 84-132 : seize messages sur cinquante-sept sont publiés dans l'ouvrage, sans table chronologique complète des occurrences.

    118
  73. Raymond Nader, cité par Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 67.

    119 143
  74. Patrizia Cattaneo, Saint Charbel. L'empreinte et les messages à Raymond Nader, 2ᵉ éd., Éditions du Parvis, Hauteville (Suisse), janvier 2025, p. 124.

    122
  75. Paul VI, Homélie pour la canonisation de Charbel Makhlouf, 9 octobre 1977. Le pape rappelle la béatification du 5 décembre 1965 et l’extension du culte à toute l’Église.

    130 151 152
  76. Code de droit canonique, canons 823, 829 et 830 : objet doctrinal de l’examen des livres et portée de la permission d’éditer, dans la discipline latine.

    142
  77. Dicastère pour la Doctrine de la Foi, Normes procédurales pour le discernement de phénomènes surnaturels présumés, 17 mai 2024, I, nos 11–17 et 23 : sens du Nihil obstat et distinction avec une déclaration d’origine surnaturelle.

    144