Épiphanie (6 janvier)

L'Épiphanie, fêtée le 6 janvier ou le dimanche entre le 2 et le 8 janvier, célèbre la manifestation du Christ aux nations : l'adoration des mages en Occident, le baptême au Jourdain en Orient. Origines, récit de Matthieu, liturgie et traditions.

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L'Épiphanie, célébrée le 6 janvier — ou, selon les pays, le dimanche compris entre le 2 et le 8 janvier —, est la solennité par laquelle l'Église catholique fête la manifestation du Christ aux nations : le mot grec epiphaneia signifie « apparition », « manifestation ». Le Catéchisme de l'Église catholique la définit comme « la manifestation de Jésus comme Messie d'Israël, Fils de Dieu et Sauveur du monde »[1]. En Occident, elle a pris le visage de l'adoration des mages, venus d'Orient offrir à l'Enfant l'or, l'encens et la myrrhe (Matthieu 2, 1-12) ; en Orient, où elle est née, le 6 janvier fêtait à la fois la naissance du Christ et son baptême dans le Jourdain, et les Églises de tradition byzantine en ont fait la Théophanie, fête du baptême[2][3].

Fête de précepte dans l'Église latine au même titre que Noël[4], l'Épiphanie est, selon le Calendrier romain de 1969, « d'origine orientale, sans aucun doute alexandrine » ; Rome la célèbre depuis la seconde moitié du IVᵉ siècle[5]. L'Occident l'a reçue à l'époque même où l'Orient adoptait, en sens inverse, la date romaine de Noël, et il en a peu à peu centré la célébration sur les mages[6] — sans perdre les deux autres manifestations que la liturgie romaine chante encore le 6 janvier : le baptême au Jourdain et l'eau changée en vin à Cana[7].

Le jour de l'Épiphanie ouvre aussi la perspective de Pâques : l'Église y annonce solennellement, depuis l'Antiquité, la date de la fête pascale de l'année. La piété populaire y a greffé ses propres usages — galette des rois en France, inscription de bénédiction à la craie sur les portes des maisons, Befana en Italie.

Le mot et le mystère : que signifie « Épiphanie » ?

Étymologie grecque : la « manifestation »

Le terme epiphaneia (ἐπιφάνεια) appartient d'abord au vocabulaire grec profane, où il désigne l'apparition solennelle d'une divinité ou d'un souverain, sa manifestation publique et glorieuse devant son peuple[8]. Les premiers chrétiens de langue grecque reprennent ce mot pour désigner, non l'apparition d'un dieu païen, mais la venue visible de Dieu fait homme : le Catéchisme de l'Église catholique définit ainsi l'Épiphanie comme « la manifestation de Jésus comme Messie d'Israël, Fils de Dieu et Sauveur du monde »[9]. Le mot recouvre donc, dès l'origine, une réalité plus large que le seul épisode des mages : toute manifestation publique de la divinité de Jésus — sa naissance, son baptême, son premier miracle à Cana — peut légitimement être appelée une « épiphanie ».

Une même fête, deux accents : mages en Occident, baptême et Cana en Orient

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Le mot « épiphanie » est assez large pour couvrir plusieurs manifestations du Christ, et la fête en a célébré plusieurs dès l'Antiquité : sa naissance, l'adoration des mages, son baptême au Jourdain, le premier signe de Cana[10]. Selon les Églises, l'accent n'était pas le même. Les Constitutions apostoliques, compilation syrienne de la fin du IVᵉ siècle, distinguent déjà la Nativité, fêtée le 25 décembre, et l'Épiphanie, fêtée le 6 janvier ; elles demandent qu'on laisse ce jour-là les esclaves se reposer, « parce qu'en ce jour fut manifestée la divinité du Christ, le Père lui rendant témoignage au baptême »[11]. À Jérusalem, au contraire, la fête avait une forte couleur de Nativité : la nuit du 5 au 6 janvier, une procession partait pour Bethléem et n'en revenait qu'au matin[12]. En Égypte, Jean Cassien atteste encore au Vᵉ siècle que le 6 janvier célèbre ensemble le baptême du Seigneur et sa naissance selon la chair[13].

Saint Épiphane de Salamine (v. 315-403) tient lui aussi que le Christ est né un 6 janvier, et que c'est vers le même jour, trente ans plus tard, qu'il changea l'eau en vin à Cana. Il en voit la trace dans un prodige de son temps : chaque année, à cette date, des sources se changent en vin, à Cibyra, « la principale ville de Carie », comme à Gérasa — « j'ai bu moi-même à celle de Cibyra », écrit-il, et ses frères à celle de Gérasa[14]. Saint Jérôme, qui vit à Bethléem, tient au contraire que le jour des Épiphanies est vénérable pour le baptême, où les cieux s'ouvrirent sur le Christ, « non, comme certains le pensent, pour sa naissance dans la chair » : alors, il était encore caché[15].

Lorsque la date romaine du 25 décembre gagne l'Orient — à Antioche au temps de saint Jean Chrysostome, plus tard à Jérusalem et à Alexandrie —, la Nativité quitte le 6 janvier, qui devient, dans la tradition byzantine, la fête du baptême du Seigneur : la Théophanie[16]. L'Église apostolique arménienne, elle, n'a jamais séparé les deux fêtes et célèbre toujours le 6 janvier la Nativité et le Baptême du Christ, comme le rappelle l'article Noël (25 décembre).

L'Occident latin met au premier plan l'épisode des mages. Les huit sermons de saint Léon le Grand pour l'Épiphanie portent « presque entièrement sur les mages », et l'un d'eux affirme que leur visite est le mystère pour lequel la fête a été instituée[17]. La liturgie romaine n'a pourtant jamais oublié les deux autres manifestations. Elle les chante ensemble à l'antienne du Magnificat des secondes vêpres, à laquelle renvoie le Catéchisme de l'Église catholique[18] :

« Nous célébrons un jour saint orné de trois miracles : aujourd'hui l'étoile a conduit les mages à la crèche ; aujourd'hui l'eau a été changée en vin aux noces ; aujourd'hui le Christ a voulu être baptisé par Jean dans le Jourdain, pour nous sauver, alléluia. » — Liturgie des Heures, solennité de l'Épiphanie, antienne du Magnificat des secondes vêpres[19]

Le tableau suivant résume les deux accents de la même fête du 6 janvier, occidental et oriental :

Occident latinOrient
Accent de la fêteL'adoration des magesLe baptême du Christ, d'abord avec la Nativité, puis sans elle
Nom usuelÉpiphanieThéophanie, fête des saintes Lumières
Date6 janvier, ou dimanche entre le 2 et le 8 janvier6 janvier, soit le 19 janvier civil pour les calendriers juliens[20]
Eau béniteBénédiction des maisons à la craieGrande bénédiction des eaux, fleuves et lacs
Annonce de PâquesNoveritis chanté après l'évangile[21]Lettres pascales de l'évêque d'Alexandrie[22]

Une fête d'obligation au sommet de l'année liturgique

Rang et date : le 6 janvier ou le dimanche entre le 2 et le 8 janvier

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L'Épiphanie a le rang de solennité, le plus élevé du calendrier, et la table de préséance des jours liturgiques la place au deuxième rang, avec la Nativité, l'Ascension et la Pentecôte, juste après le Triduum pascal[23]. Avec l'Annonciation et Noël, elle appartient au cycle de l'Incarnation, dont le Catéchisme dit qu'il commémore « le commencement de notre salut » et nous communique « les prémices du mystère de Pâques »[24].

Sa date est fixée par les Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, approuvées par Paul VI le 14 février 1969 (motu proprio Mysterii paschalis) et promulguées avec le nouveau Calendrier romain par la Sacrée Congrégation des Rites le 21 mars 1969, pour entrer en vigueur le 1ᵉʳ janvier 1970[25] :

« L'Épiphanie du Seigneur est célébrée le 6 janvier, à moins que, là où elle n'est pas de précepte, elle n'ait été assignée au dimanche qui tombe entre le 2 et le 8 janvier. » — Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n. 37[26]

Le critère est donc le précepte, non le calendrier civil : là où la conférence des évêques a retiré l'obligation du 6 janvier, la solennité passe au dimanche, qui devient alors son jour propre[27]. C'est le cas de la France et de la plupart des pays francophones : l'Épiphanie y est célébrée chaque année le dimanche compris entre le 2 et le 8 janvier, qui ne tombe le 6 qu'une année sur sept[28]. En France, cet usage remonte au décret du cardinal légat Caprara du 9 avril 1802, pris après le Concordat, qui n'a maintenu que quatre fêtes chômées — Noël, l'Ascension, l'Assomption et la Toussaint[29]. Le calendrier romain général, que suit Rome, garde la date du 6 janvier : le pape Léon XIV a ainsi célébré la solennité le mardi 6 janvier 2026 dans la basilique Saint-Pierre[30].

Une fête d'obligation au même titre que Noël

Comme la solennité de Sainte Marie Mère de Dieu, l'Épiphanie figure parmi les jours de précepte de l'Église universelle énumérés par le canon 1246 § 1 du Code de droit canonique de 1983 :

« Et de même doivent être observés les jours de la Nativité de Notre Seigneur Jésus Christ, de l'Épiphanie, de l'Ascension et du très Saint Corps et Sang du Christ, le jour de Sainte Marie Mère de Dieu, de son Immaculée Conception et de son Assomption, de saint Joseph, des saints Apôtres Pierre et Paul et enfin de tous les Saints. » — Code de droit canonique (1983), canon 1246 § 1[31]

Le paragraphe suivant précise que « la conférence des Évêques peut, avec l'approbation préalable du Saint-Siège, supprimer certaines fêtes de précepte ou les reporter au dimanche »[32]. C'est cette faculté qui fonde le report de l'Épiphanie au dimanche : là où il s'applique, l'obligation de la messe est remplie par la messe dominicale, et la solennité garde intact son rang.

Place dans le temps de Noël

Les Normes universelles ouvrent ainsi le chapitre du temps de Noël : « Après la célébration annuelle du mystère pascal, l'Église ne tient rien de plus vénérable que de faire mémoire de la Nativité du Seigneur et de ses premières manifestations : c'est ce qu'elle fait au temps de Noël »[33]. L'Épiphanie en est le centre. Elle suit la solennité de Sainte Marie Mère de Dieu, qui clôt l'octave de la Nativité le 1ᵉʳ janvier, et elle précède la fête du Baptême du Seigneur, célébrée le dimanche qui suit le 6 janvier : le temps de Noël s'achève avec elle[34]. Là où l'Épiphanie, reportée au dimanche, tombe le 7 ou le 8 janvier, le Baptême du Seigneur passe au lundi suivant[35]. L'architecture d'ensemble de ces temps, de leurs couleurs et de leurs degrés est présentée dans l'article L'année liturgique.

De l'octave de l'Épiphanie au temps ordinaire

Jusqu'au milieu du XXᵉ siècle, l'Épiphanie se prolongeait par une octave : les jours du 7 au 12 janvier en gardaient la liturgie, et le huitième jour, le 13 janvier, faisait mémoire du baptême du Christ. Le décret général de la Sacrée Congrégation des Rites Cum nostra hac aetate, du 23 mars 1955, ne conserve que les octaves de Noël, de Pâques et de la Pentecôte : du 7 au 12 janvier, « l'octave de l'Épiphanie étant supprimée », on célèbre désormais des féries, et le 13 janvier devient la commémoraison du Baptême du Seigneur[36]. Le calendrier tridentin connaissait aussi un temps après l'Épiphanie, dont la longueur variait avec la date de Pâques ; les messes des dimanches qui n'avaient pu être célébrées avant le Carême étaient reprises à la fin de l'année. Le Calendrier romain de 1969 a fondu ce temps dans les trente-trois ou trente-quatre semaines du temps ordinaire, qui commence au lendemain du Baptême du Seigneur[37]. L'histoire de la fête du 13 janvier jusqu'à son dimanche actuel est retracée dans l'article Baptême du Seigneur.

Les origines antiques : une fête née en Orient

La première attestation datée : les Basilidiens et le baptême du Christ

Le plus ancien témoignage d'une observance liée au 6 janvier ne vient pas de l'Église, mais d'un groupe gnostique d'Égypte. Clément d'Alexandrie, mort vers 215, rapporte dans ses Stromates, dont les premiers livres datent des environs de 202, que les disciples de Basilide, gnostique du IIᵉ siècle, « tiennent pour une fête le jour de son baptême, en passant la nuit précédente en lectures », et le placent au 15 du mois égyptien de Tybi de la quinzième année de Tibère — certains disant le 11 du même mois —, soit le 10 ou le 6 janvier[38]. Clément ne présente pas cette date comme une fête de l'Église ; il laisse plutôt entendre que l'Église d'Alexandrie ne la célébrait pas, et Origène, qui énumère vers 248 les fêtes chrétiennes dans son Contre Celse (VIII, 22), ne la mentionne pas[39]. La fête de l'Église apparaît dans les sources au IVᵉ siècle, en Orient comme en Occident.

  1. vers 200
    Clément d'Alexandrie
    témoignage sur les Basilidiens

    Dans les Stromates, il rapporte que les disciples gnostiques de Basilide fêtent le baptême du Christ le 11 ou le 15 Tybi (6 ou 10 janvier) : première mention datée d'une observance liée à cette date.

  2. 354
    Chronographe de 354
    l'Épiphanie encore absente à Rome

    Le calendrier romain, qui atteste déjà le 25 décembre pour la Nativité, ne mentionne pas l'Épiphanie.

  3. 6 janvier 361
    Ammien Marcellin
    premier témoignage occidental

    À Vienne, en Gaule, Julien, qui cache encore son apostasie, assiste à l'office de l'Épiphanie.

  4. 380-381
    Saint Grégoire de Nazianze
    Nativité et Baptême distingués

    À Constantinople, il prêche sur la Nativité, probablement le 25 décembre 380, puis les 6 et 7 janvier suivants sur le baptême du Christ.

  5. 11 février 385
    Décrétale du pape Sirice
    réponse à Himère de Tarragone

    Le pape blâme les baptêmes célébrés à Noël, à l'Épiphanie et aux fêtes des apôtres et des martyrs, et rappelle que Pâques et la Pentecôte sont les temps du baptême.

  6. 6 janvier 387
    Saint Jean Chrysostome
    homélie sur le baptême du Christ

    À Antioche, il atteste que l'eau puisée la nuit de la fête se conserve incorrompue toute une année.

  7. 440-461
    Saint Léon le Grand
    huit sermons pour l'Épiphanie

    Le pape développe l'accent occidental, centré sur l'adoration des mages ; en 447, il qualifie d'« innovation déraisonnable » les baptêmes à l'Épiphanie.

  8. 1955
    Décret Cum nostra hac aetate
    suppression de l'octave

    La Sacrée Congrégation des Rites ne garde que les octaves de Noël, de Pâques et de la Pentecôte : l'octave de l'Épiphanie disparaît.

  9. 21 mars 1969
    Nouveau Calendrier romain
    Normes universelles, n. 7 et 37

    La date reste le 6 janvier, avec report au dimanche entre le 2 et le 8 janvier là où la fête n'est pas de précepte.

Ammien Marcellin et le témoignage du IVᵉ siècle en Occident

Portrait de Julien sur une monnaie frappée alors qu’il était César. CNG · Wikimedia Commons · CC BY-SA 2.5.

Le plus ancien témoignage occidental daté d'une célébration de l'Épiphanie vient, paradoxalement, d'un historien païen. Ammien Marcellin raconte qu'à Vienne, en Gaule, durant l'hiver 360-361, Julien — que ses troupes avaient proclamé Auguste à Paris l'année précédente — « feignait d'adhérer au culte chrétien, dont il s'était depuis longtemps secrètement détaché ». Pour cacher encore ses intentions, « le jour de la fête que les chrétiens célèbrent au mois de janvier et qu'ils appellent Épiphanie, il se rendit dans leur église et, après avoir solennellement prié la divinité, se retira » : c'était le 6 janvier 361[40]. Le témoin est un païen, admirateur de Julien, qui n'a aucune raison d'inventer une fête chrétienne : son récit atteste qu'en 361 l'Épiphanie était déjà assez implantée en Gaule pour qu'un prince soucieux de paraître chrétien dût y assister.

La Gaule est ainsi la première Église d'Occident où la fête est attestée ; Rome la célèbre à son tour dans la seconde moitié du IVᵉ siècle[41]. Le mouvement croise celui de Noël, parti de Rome vers l'Orient : la fête du 25 décembre n'est introduite à Antioche qu'au temps de saint Jean Chrysostome, et plus tard encore à Jérusalem et à Alexandrie[42]. Saint Augustin, en Afrique, garde la conscience de cette origine : les donatistes, dit-il, refusent de célébrer ce jour avec les catholiques, parce qu'ils ne sont pas en communion avec l'Église d'Orient, « où l'étoile est apparue »[43].

L'absence de l'Épiphanie dans le calendrier romain de 354

Le plus ancien calendrier romain conservé, le Chronographe de 354 (ou calendrier philocalien), atteste déjà le 25 décembre comme date de la Nativité du Christ, mais ne mentionne pas l'Épiphanie[44]. Rome a donc reçu la fête après cette date : sept ans plus tard, elle est attestée en Gaule, et le Calendrier romain de 1969 situe sa célébration à Rome « depuis la seconde moitié du IVᵉ siècle »[45]. Au siècle suivant, saint Léon le Grand la prêche chaque année, et la décrit comme le jour « où le Christ fut adoré par les mages »[46].

D'où vient la date du 6 janvier ?

Deux explications s'opposent. La première, proposée en 1889 par Mgr Louis Duchesne, historien de la liturgie, puis reprise par le liturgiste Thomas Talley, est un calcul interne à la foi chrétienne : certains chrétiens anciens plaçaient la Passion le 25 mars, d'autres, en Orient, le 6 avril ; en tenant que le Christ avait été conçu le jour même où il mourrait, on obtenait, neuf mois plus tard, une naissance le 25 décembre ou le 6 janvier[47]. Ce raisonnement, qui part de la cohérence du salut et non du paganisme, est développé pour le 25 décembre dans l'article Pourquoi Noël est-il célébré le 25 décembre ?[48].

La seconde explication rattache la date à un culte païen d'Alexandrie. Elle repose presque entièrement sur un passage de saint Épiphane : à Alexandrie, dans le temple de Korè, on veillait la nuit de l'Épiphanie en chantant des hymnes, puis l'on portait en procession une statue de bois en disant qu'« en ce jour, à cette heure, Korè, c'est-à-dire la Vierge, a enfanté l'Aiôn » ; la même fête se célébrait la même nuit à Pétra et à Elusa[49]. Mais le seul témoin de cette fête lui donne le sens inverse : pour Épiphane, ce sont les prêtres des idoles qui, « contraints d'avouer une part de la vérité », célèbrent par tromperie une grande fête « la nuit même de l'Épiphanie » pour détourner les païens du Christ[50]. Une coïncidence de date ne dit pas qui imite qui ; l'hypothèse de l'emprunt reste indémontrée, alors que celle du calcul s'appuie sur des computs chrétiens attestés.

Les Pères de l'Orient : Épiphane, Grégoire de Nazianze, Jean Chrysostome

À la fin du IVᵉ siècle, les Pères grecs montrent la fête en plein mouvement. Saint Épiphane appelle le 6 janvier « le jour de la naissance, c'est-à-dire de l'Épiphanie » du Christ, et place son baptême à une autre date, le 12 du mois d'Athyr, soit le 8 novembre, « soixante jours entiers avant l'Épiphanie »[51]. À Constantinople, saint Grégoire de Nazianze prêche, probablement le 25 décembre 380, sur la naissance du Christ, qu'il appelle encore Théophanie, et annonce à ses auditeurs qu'ils le verront bientôt baptisé ; les 6 et 7 janvier suivants, ses discours Sur les saintes Lumières et Sur le baptême célèbrent le baptême du Christ, après avoir rappelé que sa naissance et la conduite des mages par l'étoile ont déjà été fêtées[52].

Saint Jean Chrysostome, à Antioche, témoigne de la même séparation. Le 25 décembre 386, il célèbre la Nativité, fête « connue depuis longtemps des peuples occidentaux, et dont la connaissance est récemment arrivée jusqu'à nous »[53] ; le 6 janvier suivant, il explique pourquoi l'on appelle Épiphanie le jour du baptême du Christ, et non celui de sa naissance :

« C'est à pareil jour, en effet, qu'il a reçu le baptême et qu'il a sanctifié la nature de l'eau. C'est pour cela que, dans cette solennité, tous les fidèles vont puiser vers le milieu de la nuit et emportent dans leur maison une certaine quantité d'eau baptismale, qu'ils conservent toute l'année […]. Il s'opère même à cet endroit un miracle manifeste, car l'eau ainsi puisée ne subit en aucune manière l'action délétère du temps : on la voit se maintenir durant l'année entière et souvent durant deux et trois années, également limpide et claire. » — Saint Jean Chrysostome, Homélie sur le baptême du Sauveur et sur l'Épiphanie, 2, Antioche, 6 janvier 387[54]

Cette eau sanctifiée par le baptême du Seigneur est l'ancêtre de la grande bénédiction des eaux que l'Orient chrétien célèbre toujours le 6 janvier.

L'introduction tardive en Occident et le tournant vers les mages

La controverse d'Himère de Tarragone et la réponse du pape Sirice

L'adoption occidentale de la fête ne se fit pas sans friction. L'évêque espagnol Himère de Tarragone se plaint au pape Damase, mort en 384, d'une pratique de ses confrères : célébrer des baptêmes aux fêtes de la Nativité et de l'Épiphanie, alors que la discipline romaine réservait les baptêmes solennels à Pâques et à la Pentecôte[55]. Son successeur, le pape Sirice, répond par une décrétale datée du 11 février 385 : il blâme cette « confusion » qui, « sans aucune autorité, par simple témérité », fait baptiser « aux fêtes de la Nativité du Christ et de son Apparition », et rappelle que Pâques et la Pentecôte sont les temps du baptême[56]. Soixante ans plus tard, saint Léon le Grand reproche encore aux évêques de Sicile, dans une lettre du 21 octobre 447, « une innovation si déraisonnable » (irrationabilis novitas) : ils baptisent davantage à l'Épiphanie qu'au temps pascal, « comme s'il n'y avait aucune différence entre le jour où le Christ fut adoré par les mages et celui où il ressuscita des morts »[57]. En Occident, l'ancienne association orientale du 6 janvier au baptême s'efface ainsi devant la discipline pascale — et laisse la première place, dans la théologie latine de la fête, à l'adoration des mages.

Saint Léon le Grand et l'accent occidental sur l'adoration des mages

Les trois mages, mosaïque de Sant’Apollinare Nuovo à Ravenne (557-564) ; le haut des figures et les noms ont été refaits au XIXᵉ siècle. Photographie : Nina-no · Wikimedia Commons · CC BY-SA 2.5.

C'est le pontificat de saint Léon le Grand (440-461) qui donne à l'Épiphanie occidentale sa physionomie durable. Ses huit sermons pour cette fête, conservés parmi le corpus le plus riche de sa prédication, se concentrent presque exclusivement sur l'épisode des mages, développant longuement le sens théologique de leur adoration comme figure de l'entrée des nations païennes dans le salut promis à Abraham[58]. Léon y insiste sur le paradoxe de la manifestation divine : les mages, guidés par l'éclat d'une étoile, ne rencontrent à Bethléem ni miracles éclatants ni signes de puissance, mais un enfant silencieux confié aux bras de sa mère —

« Lorsque les trois mages eurent été conduits par l'éclat d'une nouvelle étoile pour venir adorer Jésus, ils ne le virent pas en train de commander aux démons, de ressusciter des morts, de rendre la vue aux aveugles, la marche aux boiteux, la parole aux muets, ni d'accomplir quelque acte relevant de la puissance divine ; non, ils virent un enfant gardant le silence, tranquille, confié aux soins de sa mère ; en lui n'apparaissait aucun signe de son pouvoir, mais il offrait à la vue un grand prodige, son humilité. » — Saint Léon le Grand, Sermons, VII, pour l'Épiphanie, 2[59]

Le pape y voit la clé de toute la théologie chrétienne du salut : « Toute la victoire du Sauveur, en effet, victoire qui a subjugué le diable et le monde, a commencé par l'humilité et a été consommée par l'humilité. »[60]. Cette insistance sur l'humilité paradoxale de la manifestation divine — un Dieu qui se révèle non par la force mais par le silence d'un enfant — deviendra l'un des thèmes constants de la prédication occidentale sur l'Épiphanie, jusqu'à aujourd'hui.

Quinze siècles plus tard, le 6 janvier 2026, en refermant dans la basilique Saint-Pierre la dernière Porte sainte du Jubilé, le pape Léon XIV reprenait le même paradoxe :

« L'Enfant que les Mages adorent est un bien sans prix et sans mesure. Il est l'Épiphanie de la gratuité. Il ne nous attend pas dans des lieux prestigieux, mais dans des réalités humbles. » — Pape Léon XIV, homélie pour la solennité de l'Épiphanie du Seigneur, basilique Saint-Pierre, 6 janvier 2026[61]

Le récit de saint Matthieu : les mages, l'étoile et les présents

Un unique témoin évangélique

Contrairement au récit des bergers, rapporté par le seul Luc, l'épisode des mages n'est raconté que par saint Matthieu, au tout début de son évangile :

« Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : “Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l'orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui.” » — Évangile selon saint Matthieu 2, 1-2[62]

Le récit se poursuit par le trouble d'Hérode et de tout Jérusalem, la convocation des grands prêtres et des scribes qui identifient, à partir de la prophétie de Michée (Michée 5, 1), Bethléem comme le lieu attendu de la naissance du Messie, l'envoi secret des mages avec la fausse promesse d'Hérode de venir lui-même se prosterner, la réapparition de l'étoile qui les conduit jusqu'à la maison où se trouve l'enfant, leur prosternation, l'offrande des trois présents, puis leur départ par un autre chemin après un avertissement reçu en songe (Matthieu 2, 3-12)[63]. Le Catéchisme de l'Église catholique souligne que dans ces mages, « représentants des religions païennes environnantes », l'Évangile voit « les prémices des nations qui accueillent la Bonne Nouvelle du salut par l'Incarnation »[64], et que leur venue à Jérusalem pour « rendre hommage au roi des Juifs » signifie que les païens ne peuvent découvrir Jésus qu'en se tournant, à la lumière de la révélation messianique, vers le peuple d'Israël[65].

Ce récit est un récit de faits. Contre les lectures rationalistes qui le rangent parmi les légendes de l'enfance, la Catholic Encyclopedia rappelait en 1910 que les catholiques le tiennent pour « une narration de faits », en s'appuyant sur le témoignage de tous les manuscrits, de toutes les versions anciennes et des citations des Pères ; saint Irénée, au IIᵉ siècle, connaît déjà l'épisode et en commente les présents[66].

Qui étaient les mages ? Un titre, pas un nombre

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Le mot grec magoi désigne d'abord, selon Hérodote, une tribu sacerdotale des Mèdes, qui fournit ses prêtres à la Perse et y garde son influence religieuse ; au temps du Christ, ces prêtres siégeaient encore, selon Strabon, dans l'un des deux conseils de l'empire parthe[67]. L'observation des astres et l'interprétation des songes faisaient partie de leur savoir — ce qui les met sur la route de l'étoile. Ailleurs dans la Bible, le mot a souvent le sens péjoratif de « magicien » (Actes 8, 9 ; 13, 6) ; mais le contexte de Matthieu impose le sens noble : ce sont des sages venus adorer le roi annoncé[68].

Ce ne sont pas non plus des rois au sens propre. Selon la Catholic Encyclopedia, aucun Père de l'Église ne les tient pour tels ; Tertullien dit seulement que l'Orient les tenait « presque pour des rois » (fere reges)[69]. Le titre de « rois mages » vient de la liturgie, qui leur applique le psaume 71 (72) : « Les rois de Tarsis et des Îles apporteront des présents » ; cette application liturgique a fini, chez certains, par passer pour une interprétation du texte lui-même[70].

Matthieu ne dit pas non plus combien ils étaient. Quelques Pères parlent de trois mages, très probablement à cause des trois présents : Origène, au IIIᵉ siècle, voit déjà dans les trois visiteurs venus trouver Isaac (Genèse 26, 26) la figure « des mages venus des régions de l'Orient »[71], et saint Léon le Grand, au Vᵉ siècle, parle des « trois mages »[72] ; la tradition orientale en compte plutôt douze. L'art paléochrétien n'est pas constant : une peinture du cimetière des Saints-Pierre-et-Marcellin en montre deux, un monument du musée du Latran trois, une peinture du cimetière de Domitille quatre, un vase du musée Kircher huit[73]. C'est le chiffre trois, porté par la liturgie latine et l'art, qui s'est imposé en Occident.

Les noms Gaspard, Melchior, Balthazar : une tradition tardive

Les trois noms traditionnels — Gaspard, Melchior et Balthazar — n'apparaissent nulle part dans le Nouveau Testament. Selon la Catholic Encyclopedia, on les trouve chez les Latins, avec de légères variantes, à partir du VIIᵉ siècle ; les Syriens donnent aux mages d'autres noms (Larvandad, Hormisdas, Gushnasaph…), et les Arméniens d'autres encore[74]. La célèbre mosaïque de Sant'Apollinare Nuovo, à Ravenne, réalisée sous l'évêque Agnellus entre 557 et 564, montre bien trois mages en tête du cortège des vierges, et porte aujourd'hui leurs noms ; mais le haut des figures et les inscriptions ont été refaits lors des restaurations du XIXᵉ siècle, et ne peuvent donc pas servir de témoin ancien des noms[75]. Ces noms, purement traditionnels, n'ont jamais fait l'objet d'une définition de l'Église : elle les transmet par sa piété et son art, non comme un donné de l'Écriture.

L'étoile des mages : entre miracle et hypothèses astronomiques

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La nature exacte de « l'étoile » qui guide les mages (Matthieu 2, 2.9-10) fait l'objet, depuis plusieurs siècles, d'hypothèses astronomiques concurrentes, qu'aucun consensus scientifique ne permet aujourd'hui de trancher définitivement. L'astronome Johannes Kepler, dans son traité De Stella Nova (1606), proposa une triple conjonction des planètes Jupiter et Saturne, survenue en 7 avant notre ère dans la constellation des Poissons à trois reprises — en mars, en octobre et en décembre —, un phénomène suffisamment rare et spectaculaire pour avoir pu retenir l'attention d'astrologues babyloniens ou perses familiers du symbolisme zodiacal[76]. D'autres chercheurs ont avancé l'hypothèse d'une comète, dont le passage aurait pu correspondre chronologiquement à la période supposée de la naissance du Christ, ou celle d'une étoile nova, explosion stellaire soudaine visible à l'œil nu pendant plusieurs semaines[77]. Aucune de ces hypothèses n'emporte une preuve définitive, et le texte évangélique lui-même, avec le mouvement de l'étoile qui « s'arrête » précisément au-dessus du lieu où se trouve l'enfant (Matthieu 2, 9), décrit un phénomène dont la description littéraire dépasse ce qu'un objet astronomique naturel accomplit habituellement dans le ciel[78]. L'Église catholique ne s'est jamais prononcée doctrinalement sur la nature physique de ce signe, laissant ouverte, selon les cas, une lecture purement miraculeuse, une lecture d'un phénomène astronomique réel providentiellement interprété, ou une combinaison des deux — le point théologiquement assuré n'étant pas la mécanique du phénomène céleste, mais sa fonction de signe conduisant des païens jusqu'au Sauveur.

Le massacre des Innocents et la fuite en Égypte : une historicité plausible

L'épisode qui suit le départ des mages — la fuite de la Sainte Famille en Égypte, puis le massacre, ordonné par Hérode, de tous les enfants de Bethléem et de ses environs âgés de deux ans et moins (Matthieu 2, 13-18) — n'est rapporté par aucune autre source contemporaine, pas même par l'historien juif Flavius Josèphe, pourtant prolixe sur les crimes d'Hérode le Grand[79]. Ce silence pèse peu, pour trois raisons.

Un crime conforme à tout ce que l'on sait d'Hérode

L'épisode s'accorde avec ce que Josèphe rapporte lui-même du roi. Hérode fit exécuter son épouse Mariamne, puis trois de ses fils : Alexandre et Aristobule, étranglés à Sébaste, puis Antipater, cinq jours avant sa propre mort. Mourant à Jéricho, il fit encore enfermer dans l'hippodrome les notables de toute la nation juive, en ordonnant qu'on les tue au moment de sa mort, pour que le pays fût en deuil — ordre que sa sœur Salomé se garda d'exécuter. Josèphe le juge « d'une grande barbarie envers tous indistinctement, et esclave de ses passions »[80]. Faire tuer les nourrissons d'une bourgade pour éliminer un roi annoncé est dans la logique exacte de ces dernières années.

Le mot d'Auguste rapporté par Macrobe

La mémoire romaine a gardé un écho de cette cruauté. Macrobe, dans ses Saturnales, composées vers 430 sous la forme d'un dialogue entre aristocrates païens de Rome, rapporte parmi les bons mots de l'empereur Auguste :

« Ayant appris que, parmi les enfants de deux ans et au-dessous qu'Hérode, roi des Juifs, avait fait massacrer en Syrie, était compris le propre fils de ce roi, il dit : “Il vaut mieux être le porc d'Hérode que son fils.” » — Macrobe, Saturnales, II, 4, 11[81]

Le mot joue sur le grec, où hys, le porc, répond à huios, le fils : un roi juif épargne le porc, qu'il ne mange pas, mais non ses propres enfants. Il rapproche deux faits de l'an 4 avant notre ère, comme le relèvent René Laurentin, François-Michel Debroise et Jean-François Lavère : l'exécution d'Antipater et le massacre des Innocents[82]. Voltaire a contesté ce témoignage, au motif que l'empire, devenu chrétien au IVᵉ siècle, rendait Macrobe forcément suspect[83]. L'objection prouve peu : elle récuse un auteur pour la seule raison de son époque, et le noyau du mot — la cruauté d'Hérode envers ses propres fils — est confirmé par Josèphe, qui ne doit rien aux chrétiens. Macrobe ne suffit pas à lui seul à établir le massacre ; il montre que rien, dans la mémoire romaine, ne contredisait le récit de Matthieu.

Un drame local, hors du champ des chroniqueurs

Enfin, l'ampleur de l'événement explique le silence des historiens. Bethléem n'était qu'une bourgade de Judée : un massacre limité à ses enfants en bas âge et à ceux de ses environs n'avait rien d'une affaire de cour. Josèphe, qui écrit près d'un siècle plus tard, suit les drames dynastiques, les procès et les guerres ; un drame villageois de la fin du règne pouvait lui échapper sans que son silence prouve quoi que ce soit contre le témoignage de Matthieu. L'Église, elle, fait mémoire de ces enfants comme de ses premiers martyrs le 28 décembre, en la fête des saints Innocents, dans l'octave de Noël[84].

La symbolique de l'or, de l'encens et de la myrrhe

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La lecture théologique des trois présents remonte au IIᵉ siècle. Saint Irénée de Lyon écrit que les mages « montrèrent, par les présents qu'ils offraient, qui était celui qu'ils adoraient : la myrrhe, parce que c'était lui qui devait mourir et être enseveli pour le genre humain mortel ; l'or, parce qu'il était roi, “et son règne n'aura pas de fin” ; et l'encens, parce qu'il était Dieu, qui “s'est fait connaître en Judée” »[85]. Saint Grégoire le Grand, pape à la fin du VIᵉ siècle, en donne la formule que la prédication latine a retenue :

« L'or convient au roi ; l'encens s'offrait en sacrifice à Dieu ; et c'est avec la myrrhe que l'on embaume les corps des morts. Par ces présents mystérieux, les mages proclament donc celui qu'ils adorent : par l'or, qu'il est roi ; par l'encens, qu'il est Dieu ; par la myrrhe, qu'il est mortel. » — Saint Grégoire le Grand, Homélies sur l'Évangile, X, 6[86]

Grégoire en tire aussitôt une leçon de foi. Certains, dit-il, offrent l'encens sans l'or : ils croient que le Christ est Dieu, mais non qu'il règne partout ; d'autres offrent l'or sans l'encens ; d'autres encore offrent l'or et l'encens, mais refusent la myrrhe, parce qu'ils ne veulent pas qu'il ait pris une nature mortelle. Le fidèle offre les trois : il confesse le Christ roi de toutes choses, Dieu avant les temps, et vraiment mortel dans notre chair[87]. La myrrhe annonce ainsi, dès la crèche, la Passion : c'est encore de la myrrhe que Nicodème apportera pour ensevelir Jésus (Jean 19, 39). Cette triple lecture — royauté, divinité, humanité mortelle — a fait des trois dons l'un des symboles les plus féconds de l'art chrétien, bien avant que la piété populaire n'y attache les noms de Gaspard, Melchior et Balthazar.

Les reliques des mages : de Milan à Cologne

La châsse des Rois mages dans la cathédrale de Cologne (Nicolas de Verdun et successeurs, 1180-1225). Photographie : Pedelecs · Wikimedia Commons · CC BY-SA 3.0.

La piété envers les mages a laissé une trace monumentale d'outre-Rhin. Selon la tradition rapportée par la Catholic Encyclopedia, leurs restes, découverts en Perse, furent portés à Constantinople par sainte Hélène, puis transférés à Milan au Vᵉ siècle[88]. Après la prise de Milan, l'empereur Frédéric Barberousse les fit enlever de la basilique Saint-Eustorge et les offrit en 1164 à son chancelier Rainald de Dassel, archevêque de Cologne[89] : la Catholic Encyclopedia, suivant les Acta Sanctorum, donne pour ce transfert la date de 1163[90].

Pour abriter ces reliques, l'orfèvre Nicolas de Verdun commença en 1180 une châsse de chêne recouverte d'or et d'argent, de pierreries, de filigranes et d'émaux : le Dreikönigenschrein, achevé vers 1225, passe pour le plus grand reliquaire du monde occidental[91]. Après son couronnement à Aix-la-Chapelle en 1198, Otton IV offrit trois couronnes d'or pour orner les trois crânes conservés à l'intérieur, visibles chaque 6 janvier lorsque le panneau de façade est retiré[92]. L'afflux des pèlerins rendit bientôt l'ancienne cathédrale trop petite : la première pierre de la cathédrale gothique actuelle fut posée le 15 août 1248 pour accueillir dignement la châsse[93].

Une tradition plus ancienne, transmise par l'Opus imperfectum in Matthaeum du VIᵉ siècle à partir du livre apocryphe de Seth, veut que les mages, de retour dans leur pays, aient été baptisés par saint Thomas et aient beaucoup œuvré à la diffusion de la foi[94]. La Catholic Encyclopedia range ce récit parmi les légendes : l'Église honore les mages pour leur adoration de Bethléem, attestée par l'Évangile, non pour ces traditions postérieures.

La liturgie actuelle de l'Épiphanie

Le Cérémonial des évêques, livre liturgique promulgué en 1984, résume ainsi la place de la fête :

« L'antique solennité de l'Épiphanie du Seigneur compte parmi les plus hautes fêtes de toute l'année liturgique, puisqu'elle célèbre, dans l'Enfant né de Marie, la manifestation de Celui qui est le Fils de Dieu, le Messie des Juifs et la Lumière des nations. » — Cérémonial des évêques (Caeremoniale Episcoporum, 1984), n. 240[95]

Qu'elle soit fêtée le 6 janvier ou reportée au dimanche, le même numéro demande à l'évêque de la célébrer avec un éclat particulier : multiplier les lumières, faire annoncer après l'évangile les fêtes mobiles de l'année, garder ou restaurer, selon l'usage du lieu, une offrande particulière des dons, et expliquer dans l'homélie le sens de ce jour « orné de trois miracles » — l'adoration des mages, le baptême du Christ et les noces de Cana[96].

Les lectures propres de la messe

Le Missel romain attribue à la messe de l'Épiphanie du Seigneur trois lectures et un psaume, unis par un même thème — la lumière offerte à toutes les nations. Le tableau suivant donne, pour chacun, sa référence et son idée maîtresse :

LectureRéférenceThème
Première lectureIsaïe 60, 1-6La lumière de Jérusalem attire les nations, qui lui apportent l'or et l'encens
PsaumePsaume 71 (72), 1-2, 7-8, 10-11, 12-13« Toutes les nations, Seigneur, se prosterneront devant toi »
Deuxième lectureÉphésiens 3, 2-3a.5-6Toutes les nations sont associées au même héritage, dans le Christ
ÉvangileMatthieu 2, 1-12La venue des mages, leur adoration et l'offrande de l'or, de l'encens et de la myrrhe
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La première lecture, tirée du Livre d'Isaïe, annonce plusieurs siècles à l'avance la scène que racontera Matthieu :

« Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s'est levée sur toi. […] Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore. […] Tous les gens de Saba viendront, apportant l'or et l'encens ; ils annonceront les exploits du Seigneur. » — Livre d'Isaïe 60, 1.3.6[97]

Le psaume poursuit : « Les rois de Tarsis et des Îles apporteront des présents. Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande. Tous les rois se prosterneront devant lui » (Psaume 71 [72], 10-11)[98]. La deuxième lecture, tirée de la lettre de saint Paul aux Éphésiens, donne la clé théologique de l'événement : le « mystère » caché aux générations passées et maintenant révélé est l'universalité du salut, offert à toutes les nations dans le Christ :

« Ce mystère, c'est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l'annonce de l'Évangile. » — Lettre de saint Paul aux Éphésiens 3, 6[99]

La collecte et la couleur liturgique

La messe est célébrée en blanc, couleur que le Missel prescrit pour le temps de Noël et pour les célébrations du Seigneur autres que celles de sa Passion[100]. Elle s'ouvre sur l'antienne Ecce advenit : « Voici que vient le Seigneur souverain ; il tient en sa main la royauté, la puissance et l'empire. » La collecte demande ensuite à Dieu, qui « en ce jour » a révélé son Fils unique aux nations « sous la conduite de l'étoile », que « nous qui te connaissons déjà par la foi », nous soyons « conduits jusqu'à contempler la beauté de ta majesté »[101] : la manifestation du 6 janvier y est déjà tendue vers son achèvement, la vision de Dieu face à face.

Le Noveritis : l'annonce de la date de Pâques

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Au jour de l'Épiphanie, l'Église annonce solennellement la date de Pâques et des fêtes mobiles de l'année. L'usage vient d'Égypte : Jean Cassien rapporte que, « selon une antique tradition », une fois passé le jour des Épiphanies, l'évêque d'Alexandrie envoyait à toutes les Églises et à tous les monastères d'Égypte des lettres fixant le début du Carême et le jour de Pâques[102]. Avant les calendriers imprimés, ce calcul difficile devait être connu longtemps à l'avance : de la date de Pâques dépendent le mercredi des Cendres, l'Ascension, la Pentecôte et tout le temps ordinaire. En Gaule, plusieurs conciles en font une règle — le IVᵉ concile d'Orléans en 541, le synode d'Auxerre à la fin du VIᵉ siècle — en demandant que la fête pascale soit annoncée au peuple le jour de l'Épiphanie[103].

L'annonce porte le nom de son premier mot latin, Noveritis, « Sachez ». Le Missel romain actuel en donne le texte et la mélodie : là où c'est l'usage, les fêtes mobiles sont proclamées après l'évangile[104] ; le Cérémonial des évêques le prévoit pour les cathédrales[105], et le Directoire sur la piété populaire et la liturgie (2001) en souhaite le rétablissement, « car elle aide les fidèles à mieux comprendre le lien existant entre l'Épiphanie et Pâques »[106]. À la messe que le pape célèbre à Saint-Pierre, le diacre la chante après l'évangile :

« Sachez, frères très chers, que, par la faveur de la miséricorde de Dieu, comme nous nous sommes réjouis de la Nativité de notre Seigneur Jésus-Christ, ainsi nous vous annonçons la joie de la Résurrection de notre même Sauveur. » — Noveritis, annonce de Pâques et des fêtes mobiles, messe papale de l'Épiphanie, basilique Saint-Pierre, 6 janvier 2020[107]

Suivent les dates de l'année — mercredi des Cendres, Pâques, Ascension, Pentecôte, Saint-Sacrement, premier dimanche de l'Avent —, jusqu'à la conclusion : le Christ, « à qui soient l'honneur et la gloire pour les siècles des siècles »[108]. Le choix du jour dit le sens de la fête : la manifestation du Christ aux nations est déjà tournée vers sa Pâque, sur laquelle toute l'année se règle.

Coutumes et piété populaire autour de l'Épiphanie

Le Directoire sur la piété populaire et la liturgie relève que le contenu très riche de cette solennité, « dont l'origine remonte aux premiers siècles, a inspiré le développement de multiples traditions et de nombreuses expressions authentiques de la piété populaire ». Il cite l'annonce de Pâques, l'échange des « cadeaux de l'Épiphanie », qui rappelle les dons des mages et, plus profondément, le don que le Père a fait à l'humanité en son Fils, la bénédiction des maisons, l'accueil de ceux qui viennent, comme les mages, de pays lointains, l'aide aux missions — notamment par l'Œuvre de la Sainte-Enfance — et, dans certaines communautés, l'attribution à chacun d'un saint patron pour l'année[109].

La galette des rois et la tradition de la fève

Galette des rois et sa couronne, photographiées en janvier 2022. Benoît Prieur · Wikimedia Commons · CC0.

En France, la solennité de l'Épiphanie s'accompagne d'une coutume culinaire largement répandue et bien antérieure à sa christianisation : le partage d'une galette dans laquelle est dissimulée une fève, celui qui la trouve étant proclamé « roi » ou « reine » du jour et coiffé d'une couronne dorée en papier[110].

Cette pratique trouve son origine lointaine dans les Saturnales romaines, fêtes de fin d'année où l'inversion temporaire des rôles sociaux permettait, par tirage au sort, de désigner un « roi d'un jour », y compris parmi les esclaves[111]. La christianisation de l'Empire greffa progressivement cette coutume sur la date du 6 janvier, jour où l'Église commémorait déjà l'hommage rendu par des rois — les mages — à l'Enfant-Roi, sans que cette association religieuse n'efface le caractère ludique et populaire hérité de l'Antiquité[112]. À partir de 1870 environ, les fèves végétales séchées furent progressivement remplacées par de petites figurines en porcelaine, puis en plastique ou en métal doré, tandis que la garniture la plus répandue aujourd'hui, la frangipane, doit son nom, selon une hypothèse traditionnelle, au comte italien Cesare Frangipani, qui aurait offert la recette de cette crème d'amande à Catherine de Médicis à l'occasion de son mariage avec le futur Henri II[113].

La bénédiction des maisons : « Christus mansionem benedicat »

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Dans de nombreux pays, surtout germaniques et d'Europe centrale, l'Épiphanie est le jour où l'on bénit les maisons. Sur la porte, on écrit à la craie bénite les chiffres de l'année qui commence, encadrant des croix et trois lettres : par exemple 20 ✝ C ✝ M ✝ B ✝ 26. Le Directoire sur la piété populaire et la liturgie décrit ainsi l'usage :

« La bénédiction des maisons, sur les portes desquelles les fidèles ont placé la croix du Seigneur, le chiffre de l'année qui commence et les initiales des noms traditionnels des saints Mages (C+M+B), qui sont aussi celles de l'expression : “Christus mansionem benedicat”, écrites avec de la craie bénite. » — Directoire sur la piété populaire et la liturgie (2001), n. 118[114]

Inscription de bénédiction de l’année 2021 à l’église Saint-Martin de West Drayton. Doyle of London · Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0.

Les trois lettres disent donc deux choses à la fois : les noms de Caspar, Melchior et Balthasar, et la prière latine « Que le Christ bénisse cette maison ». Le même texte note que ces gestes, accomplis en présence de nombreux enfants accompagnés d'adultes, expriment le désir de recevoir la bénédiction du Christ par l'intercession des mages, et sont l'occasion de recueillir des offrandes pour les œuvres de charité et les missions[115]. La craie, matière ordinaire et modeste, devient ainsi chaque année l'instrument d'une bénédiction domestique.

En Allemagne, en Autriche et en Suisse, ce sont les enfants qui portent cette bénédiction de maison en maison : déguisés en mages et munis de l'étoile, les Sternsinger, ou chanteurs à l'étoile, inscrivent la formule à la craie et recueillent des offrandes pour les enfants pauvres. Depuis 1959, cette coutume est organisée en Allemagne par le Kindermissionswerk (l'Œuvre des enfants missionnaires, dite Die Sternsinger) et la fédération de la jeunesse catholique allemande : l'Aktion Dreikönigssingen est aujourd'hui la plus grande action de solidarité d'enfants au monde[116].

La Befana italienne

En Italie, la veille de l'Épiphanie est associée, dans la tradition populaire, au personnage de la Befana, une vieille femme bienveillante qui, selon la légende, aurait refusé d'accompagner les mages jusqu'à Bethléem faute de temps, avant de les rejoindre trop tard et de parcourir depuis, chaque année à la même date, les maisons d'Italie pour y déposer des friandises aux enfants sages[117]. Cette figure folklorique, dont le nom dérive probablement d'une déformation populaire du mot epifania, illustre la façon dont la piété populaire s'est régulièrement approprié, au fil des siècles, la solennité liturgique du 6 janvier pour y greffer des traditions locales propres à chaque culture nationale, sans jamais en effacer le sens théologique premier.

Regard vers l'Orient : la Théophanie et la grande bénédiction des eaux

La bénédiction des eaux près du palais d’Hiver à Saint-Pétersbourg, gravure de 1804. John Augustus Atkinson · Wikimedia Commons · Public domain.

Les Églises orientales, catholiques et orthodoxes, ont conservé jusqu'à aujourd'hui, sous le nom de Théophanie, l'ancien accent baptismal de la fête du 6 janvier, célébré par une liturgie propre de bénédiction solennelle des eaux — rivières, lacs, mers —, en mémoire du baptême de Jésus dans le Jourdain[118]. Cette permanence orientale de l'accent baptismal, à côté de l'accent occidental centré sur les mages, illustre concrètement la dualité constatée plus haut dans les sources patristiques anciennes : une même date, deux traditions liturgiques légitimes, unies par le même mystère de la manifestation du Christ. Les Églises restées au calendrier julien la célèbrent le 6 janvier julien, qui correspond au 19 janvier du calendrier civil[119].

Pour aller plus loin

Sources principales

  • Calendarium Romanum, éd. typique, Typis Polyglottis Vaticanis, 1969 (Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier ; commentaire historique).
  • Caeremoniale Episcoporum, éd. typique, 1984, n. 240.
  • Code de droit canonique (1983), canon 1246.
  • Catéchisme de l'Église catholique, § 528 et § 1171.
  • Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, Directoire sur la piété populaire et la liturgie, 2001, n. 118.
  • Clément d'Alexandrie, Stromates, I, 21.
  • Ammien Marcellin, Res gestae, XXI, 2.
  • Saint Épiphane de Salamine, Panarion, 51.
  • Saint Jean Chrysostome, Homélie sur le baptême du Sauveur et sur l'Épiphanie.
  • Jean Cassien, Conférences, X, 2.
  • Saint Léon le Grand, Sermons 31-38 et Lettre 16.
  • Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III, 9, 2.
  • Saint Grégoire le Grand, Homélies sur l'Évangile, X.
  • Macrobe, Saturnales, II, 4, 11.
  • Flavius Josèphe, Antiquités juives, XV-XVII.
  • Cyril C. Martindale, art. « Epiphany », The Catholic Encyclopedia, vol. V, New York, 1909 ; Walter Drum, art. « Magi », ibid., vol. IX, 1910.
  • René Laurentin, François-Michel Debroise et Jean-François Lavère, Dictionnaire des personnages de l'Évangile selon Maria Valtorta, Paris, Salvator, 2012.

Notes et références

  1. Catéchisme de l'Église catholique, § 528 (texte français sur vatican.va) : « L'Épiphanie est la manifestation de Jésus comme Messie d'Israël, Fils de Dieu et Sauveur du monde. Avec le Baptême de Jésus au Jourdain et les noces de Cana (cf. LH, antienne du Magnificat des secondes vêpres de l'Épiphanie), elle célèbre l'adoration de Jésus par des “mages” venus d'Orient (Mt 2, 1). Dans ces “mages”, représentants des religions païennes environnantes, l'Évangile voit les prémices des nations qui accueillent la Bonne Nouvelle du salut par l'Incarnation. »

    1 7 9 18
  2. Walter Drum, art. « Magi », The Catholic Encyclopedia, vol. IX, New York, Robert Appleton Company, 1910 (newadvent.org/cathen/09527a.htm) : « In the fourth century the Churches of the Orient celebrated the sixth of January as the feast of Christ's Birth, the Adoration by the Magi, and Christ's Baptism » ; la date du 25 décembre fut introduite à Antioche au temps de saint Jean Chrysostome, « and still later into the Churches of Jerusalem and Alexandria ».

    2 16 42
  3. Cyril C. Martindale, art. « Epiphany », The Catholic Encyclopedia, vol. V, New York, Robert Appleton Company, 1909 (newadvent.org/cathen/05504c.htm) : la fête « had its origin in the Eastern Church » ; parmi les manifestations qu'elle a célébrées — baptême, Cana, Nativité, visite des mages —, « the Baptism was the event predominantly commemorated », et la bénédiction des eaux par l'immersion d'une croix dans un fleuve, la mer ou un lac reste en Orient « a most popular ceremony ».

    3
  4. Code de droit canonique (1983), canon 1246 § 1, traduction française sur vatican.va : « Le dimanche où, de par la tradition apostolique, est célébré le mystère pascal doit être observé dans l'Église tout entière comme le principal jour de fête de précepte. Et de même doivent être observés les jours de la Nativité de Notre Seigneur Jésus Christ, de l'Épiphanie, de l'Ascension et du très Saint Corps et Sang du Christ, le jour de Sainte Marie Mère de Dieu, de son Immaculée Conception et de son Assomption, de saint Joseph, des saints Apôtres Pierre et Paul et enfin de tous les Saints. »

    4 31
  5. Calendarium Romanum ex decreto Sacrosancti Œcumenici Concilii Vaticani II instauratum auctoritate Pauli PP. VI promulgatum, editio typica, Typis Polyglottis Vaticanis, 1969, « Commentarius historicus Calendarii Romani generalis instaurati », au 6 janvier, p. 84 : « Epiphaniae sollemnitas est orientalis origine, sine dubio alexandrina. Romae celebratur ab altera medietate saeculi IV. » Traduction de la rédaction.

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  6. C. C. Martindale, art. « Epiphany », The Catholic Encyclopedia, vol. V, 1909 : « about the time of the diffusion of the December celebration in the East, the West took up the Oriental January feast, retaining all its chief characteristics, though attaching overwhelming importance, as time went on, to the apparition of the Magi ».

    6
  7. Cyril Martindale, art. « Epiphany », Catholic Encyclopedia, 1913 : sur les différentes appellations grecques et syriaques de la fête (ta epiphania, « la manifestation » ; hemera ton photon, « le jour des lumières »), reflétant l'origine du mot dans le vocabulaire de l'apparition solennelle d'un souverain ou d'une divinité dans l'Antiquité gréco-romaine.

    8
  8. C. C. Martindale, art. « Epiphany », The Catholic Encyclopedia, vol. V, 1909 : « very different manifestations of Christ's glory and Divinity were celebrated in this feast quite early in its history, especially the Baptism, the miracle at Cana, the Nativity, and the visit of the Magi ».

    10
  9. Constitutions apostoliques, V, 13 et VIII, 33, trad. anglaise des Ante-Nicene Fathers, vol. VII (newadvent.org/fathers/0715.htm) : V, 13 : « first of all the birthday which you are to celebrate on the twenty-fifth of the ninth month; after which let the Epiphany be to you the most honoured, in which the Lord made to you a display of His own Godhead, and let it take place on the sixth of the tenth month » ; VIII, 33 : « Let them rest on the festival of Epiphany, because on it a manifestation took place of the divinity of Christ, for the Father bore testimony to Him at the baptism ».

    11
  10. C. C. Martindale, art. « Epiphany », The Catholic Encyclopedia, vol. V, 1909, d'après le récit d'Égérie (Itinerarium, 25-26) : « On the vigil of the feast (5 Jan.) a procession left Jerusalem for Bethlehem and returned the following morning » ; l'octave de la fête y avait « so strong a Nativity colouring » qu'en 385 elle excluait la commémoraison du baptême.

    12
  11. Jean Cassien, Conférences, X, 2, éd. M. Petschenig, Corpus scriptorum ecclesiasticorum latinorum 13, Vienne, 1886, p. 286-287 : « Intra Aegypti regionem mos iste antiqua traditione seruatur, ut peracto Epiphaniorum die, quem prouinciae illius sacerdotes uel dominici baptismi uel secundum carnem natiuitatis esse definiunt et idcirco utriusque sacramenti sollemnitatem non bifarie ut in occiduis prouinciis, sed sub una diei huius festiuitate concelebrant, epistulae pontificis Alexandrini per uniuersas Aegypti ecclesias dirigantur, quibus et initium Quadragensimae et dies Paschae non solum per ciuitates omnes, sed etiam per uniuersa monasteria designetur. » Traduction de la rédaction.

    13 22 102
  12. Saint Épiphane de Salamine, Panarion, 51, 29, 7 – 30, 3, trad. anglaise de Frank Williams, The Panarion of Epiphanius of Salamis. Books II and III, Leyde, Brill, 2ᵉ éd., 2013 : le Christ naît le 11 Tybi, et le premier miracle de Cana a lieu « on about the same eleventh day thirty years later » ; « The stream at Cibyre, the chief city of Caria, [bears witness] at the same time of day at which the servants drew the water […] And the stream at Gerasa in Arabia testifies in the same way. I have drunk from the one at Cibyre myself, and my brethren have drunk from the stream in the martyrium at Gerasa ».

    14
  13. Saint Jérôme, Commentaire sur Ézéchiel, livre I, sur Ez 1, 3 (Patrologie latine 25, col. 18-19) : « Quintam autem diem mensis adjungit, ut significet baptisma, in quo aperti sunt Christo caeli, et Epiphaniorum dies hucusque venerabilis est, non ut quidam putant Natalis in carne, tunc enim absconditus est, et non apparuit ».

    15
  14. C. C. Martindale, art. « Epiphany », The Catholic Encyclopedia, vol. V, 1909 : les huit homélies de Léon Iᵉʳ pour l'Épiphanie (Sermons 31 à 38, Patrologie latine 54) « bear almost wholly on the Magi, while in Serm. xxxv […] he definitely asserts their visit to be the commemoration for which the feast was instituted ».

    17 58
  15. Antienne Tribus miraculis du Magnificat des secondes vêpres de l'Épiphanie (bréviaire latin) : « Tribus miraculis ornatum diem sanctum colimus : hodie stella magos duxit ad praesepium ; hodie vinum ex aqua factum est ad nuptias ; hodie in Iordane a Ioanne Christus baptizari voluit, ut salveret nos, alleluia » ; traduction française dans le corps de l'article.

    19
  16. « Questions about Theophany » (orthodox.net) : « The feast of Theophany is Jan 6 (Jan 19 on the civil calendar) » ; même correspondance (6 janvier julien, 19 janvier grégorien, écart actuel de 13 jours) sur excelnotes.com, « Theophany ».

    20 119
  17. The Roman Missal, traduction anglaise de la troisième édition typique, 2011, p. 188, messe du jour de l'Épiphanie : « Where it is the practice, if appropriate, the moveable Feasts of the current year may be proclaimed after the Gospel, according to the formula given below, pp. 1448-1449 » ; voir aussi la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, « Announcement of Easter and the Moveable Feasts » (usccb.org) : « after the singing of the Gospel, a Deacon or cantor, in keeping with an ancient practice of Holy Church, announces from the ambo the moveable feasts of the current year ».

    21 104
  18. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n. 59, table de préséance des jours liturgiques : au 2ᵉ rang, après le Triduum pascal, « The Nativity of the Lord, the Epiphany, the Ascension, and Pentecost » (traduction anglaise du Calendarium Romanum, Liturgy Office). Traduction de la rédaction.

    23
  19. Catéchisme de l'Église catholique, § 1171, sur la hiérarchie des degrés de célébration (solennités, fêtes, mémoires) dans l'année liturgique. Le rang de solennité, le plus élevé de cette hiérarchie, est partagé par Pâques, Noël, l'Épiphanie et un nombre restreint d'autres fêtes du Seigneur et de la Vierge.

    24
  20. Calendarium Romanum, editio typica, Typis Polyglottis Vaticanis, 1969, p. 5-6 : décret de la Sacrée Congrégation des Rites (Prot. N. R 21/969), daté du 21 mars 1969 et signé par le cardinal Benno Gut, préfet : l'ordonnance de l'année liturgique et le calendrier romain général, approuvés par Paul VI « per Litteras Apostolicas Mysterii paschalis celebrationem die 14 februarii 1969 motu proprio datas », entrent en vigueur « a die 1 ianuarii proximi anni 1970 ».

    25
  21. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier (Normae universales de anno liturgico et de calendario), n. 37, dans Calendarium Romanum, 1969, p. 16 : « Epiphania Domini celebratur die 6 ianuarii, nisi, ubi non est de praecepto servanda, assignata sit dominicae a die 2 ad diem 8 ianuarii occurrenti (cf. n. 7). » Traduction de la rédaction.

    26
  22. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n. 7, dans Calendarium Romanum, 1969 : « Ubi autem sollemnitates Epiphaniae, Ascensionis et SS.mae Eucharistiae non sunt de praecepto servandae, assignentur dominicae tamquam diei proprio, hac ratione : a) Epiphania, dominicae a die 2 ad diem 8 ianuarii occurrenti ».

    27
  23. Commission nationale de pastorale liturgique et sacramentelle (CNPL), Calendrier liturgique, janvier 2019 : le 6 janvier y figure comme « DIMANCHE, SOLENNITÉ DE L'ÉPIPHANIE », avec la note : « En France et dans la plupart des pays francophones, l'Épiphanie est célébrée le dimanche entre le 2 et le 8 janvier (cf. Normes universelles, n° 7). »

    28
  24. Indult du cardinal légat Jean-Baptiste Caprara « pour la réduction des fêtes », 9 avril 1802, accordé dans le cadre du Concordat de 1801 : outre les dimanches, seules restent chômées en France la Nativité, l'Ascension, l'Assomption et la Toussaint, et la solennité de l'Épiphanie, de la Fête-Dieu et des saints Pierre et Paul est reportée au dimanche suivant. Voir Aleteia, « Cette fête liturgique que les Français célèbrent après tout le monde », 19 juin 2019, et l'article Les fêtes d'obligation.

    29
  25. Pape Léon XIV, homélie pour la solennité de l'Épiphanie du Seigneur, fermeture de la Porte sainte et messe, basilique Saint-Pierre, mardi 6 janvier 2026, texte français sur vatican.va (content/leo-xiv/fr/homilies/2026/documents/20260106-epifania.html).

    30 61
  26. Code de droit canonique (1983), canon 1246 § 2, traduction française sur vatican.va.

    32
  27. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n. 32, dans Calendarium Romanum, 1969, p. 15 : « Post annuam mysterii paschalis celebrationem, nihil antiquius habet Ecclesia quam memoriam Nativitatis Domini et primarum eius manifestationum recolere : quod fit tempore Nativitatis. » Traduction de la rédaction.

    33
  28. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n. 33 et 38, dans Calendarium Romanum, 1969, p. 15-16 : « Tempus Nativitatis decurrit a I Vesperis Nativitatis Domini usque ad dominicam post Epiphaniam, seu post diem 6 ianuarii, inclusive » ; « Dominica post diem 6 ianuarii occurrente, fit festum Baptismatis Domini ».

    34
  29. Sacrée Congrégation pour les Sacrements et le Culte divin, décret De celebratione Baptismatis Domini, 7 octobre 1977, signé par le cardinal James Knox, Acta Apostolicae Sedis 69 (1977), p. 682 : « In locis ubi sollemnitas Epiphaniae in dominicam est transferenda et haec die 7 vel 8 ianuarii incidit, ita ut festum Baptismatis Domini, eadem die occurrens, esset omittendum, idem festum Baptismatis Domini ad feriam II immediate sequentem transferatur. »

    35
  30. Sacrée Congrégation des Rites, décret général De rubricis ad simpliciorem formam redigendis (incipit Cum nostra hac aetate), 23 mars 1955, en vigueur au 1ᵉʳ janvier 1956, Acta Apostolicae Sedis 47 (1955), p. 218-224 : n. 11 (p. 220), « Celebrantur tantum octavae Nativitatis Domini, Paschatis et Pentecostes, suppressis omnibus aliis » ; n. 15, « Dies a 7 ad 12 Ianuarii, suppressa octava Epiphaniae, fiunt feriae per annum » ; n. 16 (p. 221), « Die 13 Ianuarii fit commemoratio Baptismatis D. N. Iesu Christi ».

    36
  31. Calendarium Romanum, 1969, « Commentarius », p. 62 : « Hoc tempus usque adhuc in duas partes dividebatur […] : distinguebatur enim tempus post Epiphaniam et tempus post Pentecosten. Textus Missarum dominicarum post Epiphaniam, qui propter supervenientem Quadragesimam non legebantur, ante ultimam dominicam post Pentecosten resumebantur. » Les trente-trois ou trente-quatre semaines per annum commencent désormais après la fête du Baptême du Seigneur.

    37
  32. Clément d'Alexandrie, Stromates, I, 21, 146, trad. anglaise des Ante-Nicene Fathers, vol. II (newadvent.org/fathers/02101.htm) : « And the followers of Basilides hold the day of his baptism as a festival, spending the night before in readings. And they say that it was the fifteenth year of Tiberius Caesar, the fifteenth day of the month Tubi; and some that it was the eleventh of the same month » ; le 11 et le 15 Tybi correspondent au 6 et au 10 janvier (C. C. Martindale, art. « Epiphany », The Catholic Encyclopedia, vol. V, 1909). Sur la date de rédaction des premiers livres des Stromates, au temps de la persécution de 202, Francis Havey, art. « Clement of Alexandria », The Catholic Encyclopedia, vol. IV, New York, Robert Appleton Company, 1908 (newadvent.org/cathen/04045a.htm). Traduction de la rédaction.

    38
  33. C. C. Martindale, art. « Epiphany », The Catholic Encyclopedia, vol. V, 1909 : « if Clement does not expressly deny that the Church celebrated the Epiphany in his time at Alexandria, he at least implies that she did not […] Moreover, Origen, in his list of festivals (Against Celsus VIII.22), makes no mention of it ».

    39
  34. Ammien Marcellin, Res gestae, XXI, 2, 4-5 (texte latin, The Latin Library) : « Utque omnes nullo inpediente ad sui favorem inliceret, adhaerere cultui Christiano fingebat, a quo iam pridem occulte desciverat […] Et ut haec interim celarentur, feriarum die, quem celebrantes mense Ianuario Christiani Epiphania dictitant, progressus in eorum ecclesiam sollemniter numine orato discessit » ; sur la proclamation de Julien comme Auguste par ses soldats à Paris, où il hivernait, ibid., XX, 4. Traduction de la rédaction.

    40
  35. Saint Augustin, Sermon 202, 2, pour l'Épiphanie (Patrologie latine 38, col. 1033), cité par C. C. Martindale, art. « Epiphany », The Catholic Encyclopedia, vol. V, 1909 : les donatistes « have refused to celebrate this day with us ; for neither do they love unity, nor are they in communion with the Eastern Church, where at last the star appeared ».

    43
  36. Chronographe de 354 (calendrier philocalien), almanach liturgique romain le plus ancien conservé : atteste le 25 décembre pour la Nativité du Christ dans sa section Depositio Martyrum, mais ne mentionne aucune observance liée au 6 janvier, ce qui situe l'introduction romaine de l'Épiphanie après cette date.

    44
  37. Saint Léon le Grand, Lettre 16, aux évêques de Sicile, 21 octobre 447, ch. 1 (Patrologie latine 54, col. 695-698) : « miror vos, vel praecessores vestros tam irrationabilem novitatem usurpare potuisse, ut confuso temporis utriusque mysterio nullam esse differentiam crederetis inter diem quo adoratus est Christus a magis, et diem quo resurrexit Christus a mortuis » ; trad. anglaise des Nicene and Post-Nicene Fathers, 2ᵉ série, vol. XII (newadvent.org/fathers/3604016.htm). Traduction de la rédaction.

    46 57
  38. Mgr Louis Duchesne (1843-1922), historien de la liturgie, cité par la Catholic Encyclopedia, art. « Epiphany » : propose de faire dériver le 6 janvier d'un calcul rétrospectif fondé sur une date de la Passion fixée au 6 avril dans certains milieux montanistes d'Asie Mineure, par analogie avec le calcul romain fondant le 25 décembre sur une Passion au 25 mars.

    47
  39. Sur le débat parallèle concernant le 25 décembre — thèse du calcul (Louis Duchesne, 1889 ; Thomas J. Talley, The Origins of the Liturgical Year, New York, Pueblo, 1986) contre thèse de l'emprunt au culte de Sol Invictus —, voir l'article Pourquoi Noël est-il célébré le 25 décembre ?.

    48
  40. Saint Épiphane de Salamine, Panarion, 51, 22, 8-11, trad. Frank Williams, Brill, 2ᵉ éd., 2013 : « those who guilefully preside over the cult of idols are obliged to confess a part of the truth, and in many places deceitfully celebrate a very great festival on the very night of the Epiphany » ; à Alexandrie, dans le Koreion, « they reply that today at this hour Core — that is, the virgin — gave birth to Aeon » ; même fête à Pétra et à Elusa.

    49 50
  41. Saint Épiphane de Salamine, Panarion, 51, 27 (Patrologie grecque 41, col. 936), cité par C. C. Martindale, art. « Epiphany », The Catholic Encyclopedia, vol. V, 1909 : le 6 janvier est hêmera genethliôn toutestin epiphaniôn, « jour de la naissance, c'est-à-dire de l'Épiphanie » ; sur la date du baptême, Panarion, 51, 16, 1, trad. F. Williams, Brill, 2013 : « he was baptized on the twelfth of the Egyptian month Athyr, the sixth before the Ides of November […] a full sixty days before the Epiphany, which is the day of his birth in the flesh ».

    51
  42. Saint Grégoire de Nazianze, Discours 38 (Sur la Théophanie, ou la naissance du Christ), 39 (Sur les saintes Lumières) et 40 (Sur le baptême), Patrologie grecque 36 ; datation et analyse d'après C. C. Martindale, art. « Epiphany », The Catholic Encyclopedia, vol. V, 1909 : le Discours 38 « was probably preached 25 Dec., 380 » ; « On 6 and 7 Jan., he preached orations xxxix and xl and there declared that the Birth of Christ and the leading of the Magi by a star having been already celebrated, the commemoration of His Baptism would now take place ».

    52
  43. Saint Jean Chrysostome, Homélie sur la Nativité du Sauveur, 1, prononcée à Antioche le 25 décembre 386 (Patrologie grecque 49, col. 351), trad. J. Bareille, Œuvres complètes de saint Jean Chrysostome, t. II (archive.org) ; l'avant-propos de la traduction date l'homélie du 25 décembre 386, cinq jours après le panégyrique de saint Philogone (20 décembre 386).

    53
  44. Saint Jean Chrysostome, Homélie sur le baptême du Sauveur et sur l'Épiphanie, 2 (Patrologie grecque 49, col. 363-372), trad. J. Bareille, Œuvres complètes de saint Jean Chrysostome, t. II ; l'avant-propos de la traduction la date du jour de l'Épiphanie 387, comme C. C. Martindale, art. « Epiphany », The Catholic Encyclopedia, vol. V, 1909 (« A.D. 387 »).

    54
  45. C. C. Martindale, art. « Epiphany », The Catholic Encyclopedia, vol. V, 1909 : « the complaint of Bishop Himerius of Tarragona to Pope Damasus (d. 384), that baptisms were being celebrated on the feast of the Epiphany ».

    55
  46. Pape Sirice, lettre décrétale à Himère de Tarragone, ch. 2 (Patrologie latine 13, col. 1134-1135), datée « tertio Idus Februarias, Arcadio et Bautone consulibus », soit le 11 février 385 : « improbabilis et emendanda confusio […] non ratione auctoritatis alicujus, sed sola temeritate praesumitur, ut passim ac libere Natalitiis Christi, seu Apparitionis, necnon et Apostolorum seu Martyrum festivitatibus innumerae […] plebes baptismi mysterium consequantur ». Traduction de la rédaction.

    56
  47. Saint Léon le Grand (pape de 440 à 461), Sermons, VII, pour l'Épiphanie, section 2, texte français consulté sur vatican.va (spirit_20000804_leone-magno_fr.html).

    59 72
  48. Saint Léon le Grand, Sermons, VII, pour l'Épiphanie, section 3, texte français consulté sur vatican.va.

    60
  49. Évangile selon saint Matthieu 2, 1-2, traduction liturgique de l'AELF, évangile de la messe de l'Épiphanie du Seigneur (aelf.org, 4 janvier 2026).

    62
  50. Évangile selon saint Matthieu 2, 3-12, traduction liturgique française (AELF) : trouble d'Hérode et de Jérusalem, consultation des grands prêtres et des scribes citant Michée 5, 1, envoi secret des mages, réapparition de l'étoile, adoration et offrande des présents, avertissement en songe et retour par un autre chemin.

    63
  51. Catéchisme de l'Église catholique, § 528, sur les mages comme « représentants des religions païennes environnantes » et « prémices des nations » accueillant la Bonne Nouvelle.

    64
  52. Catéchisme de l'Église catholique, § 528 : la venue des mages à Jérusalem pour « rendre hommage au roi des Juifs » (Mt 2, 2) montre qu'ils cherchent en Israël, à la lumière messianique de l'étoile de David, celui qui sera le roi des nations ; leur venue signifie que les païens ne peuvent découvrir Jésus et l'adorer comme Fils de Dieu et Sauveur du monde qu'en se tournant vers les Juifs.

    65
  53. Walter Drum, art. « Magi », The Catholic Encyclopedia, vol. IX, 1910 : « Rationalists regard the Gospel account as fiction; Catholics insist that it is a narrative of fact, supporting their interpretation with the evidence of all manuscripts and versions, and patristic citations » ; sur saint Irénée (Adversus haereses III, 9, 2) comme témoin du récit, même notice.

    66
  54. Walter Drum, art. « Magi », The Catholic Encyclopedia, vol. IX, 1910, s'appuyant sur Hérodote, Histoires I, 101 (les mages, tribu sacrée des Mèdes), et sur Strabon, Géographie XI, 9, 3 (les prêtres mages, l'un des deux conseils de l'empire parthe).

    67
  55. Ibid. : « Neither were they magicians : the good meaning of magoi, though found nowhere else in the Bible, is demanded by the context of the second chapter of St. Matthew » ; pour le sens de « magicien », Actes 8, 9 ; 13, 6.8.

    68
  56. W. Drum, art. « Magi », The Catholic Encyclopedia, vol. IX, 1910 : « No Father of the Church holds the Magi to have been kings » ; Tertullien, Contre Marcion, III, 13, 8, éd. E. Kroymann (Corpus scriptorum ecclesiasticorum latinorum 47), Vienne, 1906 : « nam et magos reges habuit fere oriens ».

    69
  57. Psaume 71 (72), 10, traduction liturgique de l'AELF ; sur l'application liturgique de ce verset aux mages, W. Drum, art. « Magi », The Catholic Encyclopedia, vol. IX, 1910 : « a liturgical accommodation of a text has in time come to be looked upon by some as an authentic interpretation thereof ».

    70
  58. Origène, Homélies sur la Genèse, XIV, 3, traduction latine de Rufin, éd. W. A. Baehrens, Origenes Werke VI (Die griechischen christlichen Schriftsteller 29), Leipzig, 1920, p. 124-125 : « Possunt quidem isti tres, qui pacem requirunt a Verbo Dei […], figuram tenere magorum, qui ex Orientis partibus veniunt eruditi paternis libris et institutione maiorum ». Traduction de la rédaction.

    71
  59. W. Drum, art. « Magi », The Catholic Encyclopedia, vol. IX, 1910 : « Some Fathers speak of three Magi; they are very likely influenced by the number of gifts. In the Orient, tradition favours twelve » ; pour les monuments, la notice renvoie à Orazio Marucchi, Éléments d'archéologie chrétienne, Paris, 1899, t. I, p. 197.

    73
  60. W. Drum, art. « Magi », The Catholic Encyclopedia, vol. IX, 1910 : « Among the Latins, from the seventh century, we find slight variants of the names, Gaspar, Melchior, and Balthasar […] The Syrians have Larvandad, Hormisdas, Gushnasaph, etc.; the Armenians, Kagba, Badadilma, etc. »

    74
  61. The Cult of Saints in Late Antiquity, base de données de l'université d'Oxford (csla.history.ox.ac.uk), notice E06046 : mosaïques des processions de saints de Sant'Apollinare Nuovo, « created under Bishop Agnellus, 557/564 » ; « two portions are the results of restoration: on the women's side the upper bodies of the Magi (with their labels) ». Sur les restaurations du XIXᵉ siècle, dont celles de Felice Kibel de 1852 à 1863, Istituto centrale per il catalogo e la documentazione, Catalogo generale dei Beni Culturali, notice 0800649266 (catalogo.beniculturali.it).

    75
  62. Johannes Kepler, De Stella Nova in pede Serpentarii (1606) : propose l'hypothèse d'une triple conjonction des planètes Jupiter et Saturne dans la constellation des Poissons en 7 avant notre ère, en mars, octobre et décembre, comme explication astronomique possible de l'étoile des mages.

    76
  63. Sur les hypothèses concurrentes d'une comète ou d'une étoile nova pour expliquer l'étoile de Bethléem, sans consensus scientifique établi, voir la synthèse de vulgarisation astronomique de Jean-Pierre Luminet, « L'étoile de la Nativité : légende mystique, conjonction planétaire ou comète ? », Futura-Sciences, 2022.

    77
  64. Évangile selon saint Matthieu 2, 9, traduction liturgique française (AELF) : « l'étoile qu'ils avaient vue à l'orient les précédait, jusqu'à ce qu'elle arrive au-dessus du lieu où se trouvait l'enfant, et s'arrête » — description d'un mouvement et d'un arrêt localisé qui dépasse le comportement usuel d'un objet astronomique naturel.

    78
  65. Flavius Josèphe (37 - v. 100), Antiquités juives (vers 93-94) et Guerre des Juifs : aucun massacre d'enfants à Bethléem n'y est rapporté, alors que les derniers mois du règne d'Hérode y sont racontés en détail (Antiquités, XVII, 6-8).

    79
  66. Flavius Josèphe, Antiquités juives, texte grec éd. B. Niese et trad. anglaise de W. Whiston (Perseus Digital Library) : exécution de Mariamne, XV, 7, 4-6 (§ 218-237) ; Alexandre et Aristobule « brought to Sebaste, by their father's command, and there strangled », XVI, 11, 7 (§ 394) ; les notables enfermés dans l'hippodrome de Jéricho, XVII, 6, 5 (§ 173-178), puis relâchés par Salomé et Alexas, XVII, 8, 2 (§ 193) ; mort d'Hérode « the fifth day after he had caused Antipater to be slain » et jugement de Josèphe : « A man he was of great barbarity towards all men equally, and a slave to his passion », XVII, 8, 1 (§ 191). Traduction de la rédaction.

    80
  67. Macrobe, Saturnales, II, 4, 11, éd. J. Willis (texte latin sur LacusCurtius) : « Cum audisset inter pueros quos in Syria Herodes rex Iudaeorum intra bimatum iussit interfici filium quoque eius occisum, ait : Melius est Herodis porcum esse quam filium. » Traduction française d'après René Laurentin, François-Michel Debroise et Jean-François Lavère, Dictionnaire des personnages de l'Évangile selon Maria Valtorta, Paris, Salvator, 2012, p. 238. Sur la date des Saturnales (années 430) et leur cadre fictif, Alan Cameron, The Last Pagans of Rome, Oxford University Press, 2011, d'après le compte rendu de Dennis Trout, The Classical Journal, 2012.

    81
  68. René Laurentin, François-Michel Debroise et Jean-François Lavère, Dictionnaire des personnages de l'Évangile selon Maria Valtorta, Paris, Salvator, 2012, p. 238, art. « Lévi et les saints Innocents », § « Recoupements historiques » : « En l'an -4, Hérode cumula en effet le massacre d'Antipater, l'un de ses enfants (il en était coutumier) et le massacre des innocents. Cette source a été contestée par Voltaire. Pour lui, l'empire étant devenu chrétien au IVe siècle, le témoignage de Macrobe est forcément suspect » ; les auteurs renvoient à Voltaire, Histoire de l'établissement du christianisme, ch. VI.

    82 83
  69. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n. 35 d, dans Calendarium Romanum, 1969, p. 16 : « Die 28 decembris, fit festum Ss. Innocentium », dans l'octave de la Nativité.

    84
  70. Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III, 9, 2, trad. anglaise des Ante-Nicene Fathers, vol. I (newadvent.org/fathers/0103309.htm) : « they showed, by these gifts which they offered, who it was that was worshipped; myrrh, because it was He who should die and be buried for the mortal human race; gold, because He was a King, “of whose kingdom is no end;” and frankincense, because He was God, who also “was made known in Judea” » (Lc 1, 33 ; Ps 75 [76], 2). Traduction de la rédaction.

    85
  71. Saint Grégoire le Grand, Homélies sur l'Évangile, X, 6, pour l'Épiphanie (Patrologie latine 76), lue dans le Bréviaire de saint Pie V au troisième jour de l'octave de l'Épiphanie ; trad. anglaise reproduite par Gregory DiPippo, « Pope St Gregory the Great on the Gifts of the Magi », New Liturgical Movement, 8 janvier 2020 : « Gold becometh a King, frankincense is offered in sacrifice to God, and with myrrh are embalmed the bodies of the dead. Therefore, by these mystical gifts did the wise men preach Him whom they adored; by the gold, that He was King; by the frankincense, that He was God; and by the myrrh, that He was to die » ; puis les trois sortes d'hérétiques et l'exhortation : « let us offer Him myrrh, that, just as we believe Him not subject to suffering in His divinity, we may also believe that He was mortal in our flesh ». Traduction de la rédaction.

    86 87
  72. Walter Drum, art. « Magi », The Catholic Encyclopedia, vol. IX, 1910 : « The cathedral of Cologne contains what are claimed to be the remains of the Magi; these, it is said, were discovered in Persia, brought to Constantinople by St. Helena, transferred to Milan in the fifth century and to Cologne in 1163 (Acta SS., I, 323). »

    88 90
  73. Oxford Reference, art. « Three Magi of Cologne » : en 1164, Frédéric Iᵉʳ Barberousse offre les reliques des Rois mages à Rainald de Dassel, archevêque de Cologne ; Seán Connolly, « A Cathedral Fit for Three Kings », Catholic World Report, 4 janvier 2026 : après la capitulation de Milan en 1162, Frédéric ordonne en 1164 le transfert des reliques depuis la basilique Saint-Eustorge vers Cologne, en don à Rainald de Dassel (1120-1167), son archichancelier et proche conseiller.

    89
  74. Web Gallery of Art (wga.hu), notice « Shrine of the Three Kings by Nicholas of Verdun » : reliques transférées de Milan à Cologne en 1164 ; châsse réalisée entre 1180 et 1225, datation appuyée sur le don par Otton IV, couronné en 1198, de sa couronne et de l'or destiné aux crânes des mages ; Seán Connolly, art. cité : Nicolas de Verdun, arrivé avec son équipe en 1180, commence une châsse de chêne couverte d'or et d'argent, de pierreries, de filigranes et d'émaux ; couronnes d'Otton IV et ostension des crânes chaque 6 janvier.

    91 92
  75. Seán Connolly, art. cité : la ville devient une destination de pèlerinage qui exige un édifice plus vaste ; la première pierre de la cathédrale actuelle est posée le 15 août 1248 par l'archevêque Konrad von Hochstaden (1238-1261) ; messe célébrée dès 1265, consécration solennelle le 27 septembre 1322.

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  76. Walter Drum, art. « Magi », ibid. : « It is said that after their return home, the Magi were baptized by St. Thomas and wrought much for the spread of the Faith in Christ. The story is traceable to an Arian writer of not earlier than the sixth century, whose work is printed, as 'Opus imperfectum in Matthæum' among the writings of St. Chrysostom (P.G., LVI, 644). This author admits that he is drawing upon the apocryphal Book of Seth, and writes much about the Magi that is clearly legendary. »

    94
  77. Caeremoniale Episcoporum ex decreto Sacrosancti Œcumenici Concilii Vaticani II instauratum auctoritate Ioannis Pauli PP. II promulgatum, editio typica, Typis Polyglottis Vaticanis, 1984, n. 240 : « Antiqua sollemnitas Epiphaniae Domini inter summas festivitates totius anni liturgici recensetur, cum ipsa celebret, in Puero de Maria nato, manifestationem Illius, qui est Filius Dei, Messias Iudaeorum et Lumen Gentium. » Le même numéro prescrit que l'on multiplie les lumières, qu'après le chant de l'évangile un diacre, ou un autre ministre revêtu de la chape, annonce depuis l'ambon « festa mobilia anni currentis », que l'on garde ou restaure « peculiaris oblatio donorum », et que l'homélie explique « sensus plenior huius diei “tribus miraculis” ornati : adoratione Pueri ex parte Magorum, Christi baptismate et nuptiis in Cana factis ». Traduction de la rédaction.

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  78. Livre d'Isaïe 60, 1.3.6, traduction liturgique de l'AELF, première lecture de la messe de l'Épiphanie du Seigneur (aelf.org, 4 janvier 2026).

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  79. Psaume 71 (72), 10-11, traduction liturgique de l'AELF, psaume de la messe de l'Épiphanie du Seigneur (aelf.org, 4 janvier 2026).

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  80. Lettre de saint Paul aux Éphésiens 3, 6, traduction liturgique de l'AELF, deuxième lecture de la messe de l'Épiphanie du Seigneur (aelf.org, 4 janvier 2026).

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  81. Présentation générale du Missel romain (2002), n. 346, texte français sur vatican.va : « On emploie le blanc aux offices et aux messes du Temps pascal et du Temps de Noël ; en outre, aux célébrations du Seigneur qui ne sont pas celles de sa Passion ».

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  82. Missale Romanum, editio typica, 1970, In Epiphania Domini, messe du jour : antienne d'ouverture « Ecce advenit Dominator Dominus ; et regnum in manu eius et potestas et imperium » (cf. Ml 3, 1 ; 1 Ch 29, 12) ; collecte « Deus, qui hodierna die Unigenitum tuum gentibus stella duce revelasti, concede propitius, ut qui iam te ex fide cognovimus, usque ad contemplandam speciem tuae celsitudinis perducamur ». Traductions de la rédaction.

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  83. C. C. Martindale, art. « Epiphany », The Catholic Encyclopedia, vol. V, 1909 : « On the Epiphany it was a very general custom to announce the date of Easter, and even of other festivals, a practice ordered by many councils, e.g. that of Orléans in 541 (can. i); Auxerre in 578 and 585 (can. ii) ».

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  84. Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, Directoire sur la piété populaire et la liturgie. Principes et orientations, Cité du Vatican, décembre 2001, n. 118 (texte français sur vatican.va).

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  85. Office des célébrations liturgiques du Souverain Pontife, livret de la messe de l'Épiphanie du Seigneur, basilique Vaticane, 6 janvier 2020, « Annuntiatio Paschae festorumque mobilium » (vatican.va) : « Noveritis, fratres carissimi, quod annuente Dei misericordia, sicut de Nativitate Domini nostri Iesu Christi gavisi sumus, ita et de Resurrectione eiusdem Salvatoris nostri gaudium vobis annuntiamus » ; conclusion : « cui sit honor et gloria, in saecula saeculorum. Amen ». Traduction de la rédaction.

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  86. Sur l'origine antique de la galette des rois et de la coutume de la fève, remontant aux Saturnales romaines, voir la synthèse de Culturezvous, « Épiphanie : quelle est l'origine de la galette des Rois ? », et l'article Wikipédia « Galette des rois ».

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  87. Les Saturnales, fêtes romaines de fin d'année dédiées à Saturne, comportaient une inversion temporaire des rôles sociaux, dont la désignation par tirage au sort d'un « roi d'un jour », parfois choisi parmi les esclaves, au moyen d'une fève dissimulée dans un gâteau.

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  88. Avec la christianisation de l'Empire romain, cette coutume antique fut progressivement associée à la date du 6 janvier, jour où l'Église commémorait l'hommage rendu par les mages, traditionnellement assimilés à des rois par la piété populaire, à l'Enfant-Roi de Bethléem.

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  89. Sur le remplacement de la fève végétale par des figurines en porcelaine à partir d'environ 1870, et sur l'hypothèse traditionnelle attribuant l'origine de la garniture à la frangipane au comte italien Cesare Frangipani, voir la synthèse de La Route des Gourmets, « Histoire de la galette des rois en France ».

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  90. Kindermissionswerk « Die Sternsinger », site officiel (sternsinger.de) : campagne annuelle de l'Aktion Dreikönigssingen ; paroisse Sainte-Edwige et Saint-Ulrich (hedwigundulrich.de) : depuis son lancement en 1959, l'action est devenue la plus grande action de solidarité d'enfants pour enfants, portée par le Kindermissionswerk et la fédération de la jeunesse catholique allemande (BDKJ).

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  91. Sur la légende italienne de la Befana, vieille femme qui aurait refusé d'accompagner les mages avant de les rejoindre trop tard et de parcourir depuis les maisons d'Italie la veille de l'Épiphanie, voir la synthèse traditionnelle rapportée par les sources folkloriques italiennes couramment citées à ce sujet ; le nom Befana dérive vraisemblablement d'une déformation populaire du mot italien epifania.

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  92. C. C. Martindale, art. « Epiphany », The Catholic Encyclopedia, vol. V, 1909 : « To this day, the blessing of the waters by the dipping into river, sea, or lake of a crucifix, and by other complicated ritual, is a most popular ceremony » ; voir aussi le n. 106 du Directoire sur la piété populaire et la liturgie (2001) sur « la théophanie du Jourdain ».

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