La solennité du Christ Roi de l'univers est la fête par laquelle l'Église catholique célèbre la royauté de Jésus-Christ sur le monde entier. Placée au dernier dimanche de l'année liturgique, juste avant l'Avent, elle oriente tout le cycle annuel vers son terme : le retour glorieux du Christ et l'établissement définitif de son règne[1].
Elle a été instituée par le pape Pie XI dans l'encyclique Quas primas du 11 décembre 1925[2], en réponse à ce qu'il appelait « la peste de notre époque » : le laïcisme, qui prétend organiser les sociétés sans Dieu[3]. Célébrée d'abord chaque dernier dimanche d'octobre, elle a été transférée par la réforme de 1969 au 34ᵉ et dernier dimanche du temps ordinaire, entre le 20 et le 26 novembre[4].
Ce n'est pas une simple commémoration : chaque année, en ce jour, l'Église fait renouveler la consécration du genre humain au Sacré-Cœur de Jésus[5], et depuis 2021 la solennité accueille aussi la journée diocésaine de la jeunesse[6]. Clore l'année sur le Christ Roi, c'est professer que l'histoire a un Roi — et qu'il revient.
La fête en bref : nom, rang et date
Le nom officiel et le rang
Le nom officiel de la fête, au Calendrier romain général, est la solennité de Notre Seigneur Jésus Christ, Roi de l'univers (sollemnitas Domini Nostri Iesu Christi universorum Regis)[7]. C'est une solennité du Seigneur, c'est-à-dire une fête du plus haut rang célébrant un mystère du Christ lui-même, comme Noël, l'Épiphanie ou l'Ascension[8]. La couleur liturgique est le blanc, couleur des fêtes du Seigneur. Comme toute solennité, elle se célèbre dès la veille au soir et comporte la récitation du Credo à la messe[9].
Le titre dit tout le programme : le Christ n'est pas seulement le roi d'Israël ou le roi des cœurs, il est le Roi de l'univers — des personnes, des familles et des sociétés. C'est ce que Pie XI voulait faire professer publiquement, chaque année, au monde entier[10].
La date : le dernier dimanche de l'année
Depuis la réforme du calendrier de 1969, la solennité se célèbre le 34ᵉ et dernier dimanche du temps ordinaire, c'est-à-dire le dimanche qui précède immédiatement le premier dimanche de l'Avent[11]. Elle tombe donc entre le 20 et le 26 novembre selon les années :
| Année | Solennité du Christ Roi | Premier dimanche de l'Avent (semaine suivante) |
|---|---|---|
| 2025 | 23 novembre | 30 novembre |
| 2026 | 22 novembre | 29 novembre |
| 2027 | 21 novembre | 28 novembre |
| 2028 | 26 novembre | 3 décembre |
| 2029 | 25 novembre | 2 décembre |
| 2030 | 24 novembre | 1ᵉʳ décembre |
| 2031 | 23 novembre | 30 novembre |
| 2032 | 21 novembre | 28 novembre |
| 2033 | 20 novembre | 27 novembre |
| 2034 | 26 novembre | 3 décembre |
| 2035 | 25 novembre | 2 décembre |
Ce placement n'est pas décoratif : en fermant l'année liturgique juste avant que l'Avent ne la rouvre sur l'attente du Seigneur qui vient, la fête donne à tout le cycle sa direction. L'année de l'Église ne se termine pas sur un bilan, mais sur une acclamation — et ne recommence pas sur une habitude, mais sur une attente[13].
Le fondement scripturaire : pourquoi le Christ est-il Roi ?
Pie XI ne crée pas un titre : il fait célébrer ce que l'Écriture affirme de la première à la dernière page. L'encyclique Quas primas parcourt elle-même l'Ancien et le Nouveau Testament pour établir la royauté du Christ avant d'instituer la fête[14].
L'Ancien Testament annonce un Roi éternel
À David, par le prophète Nathan, Dieu promet une dynastie sans fin :
« Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours. » — Deuxième livre de Samuel 7, 16[15]
Les psaumes royaux chantent ce roi sacré sur Sion et annoncent une domination sans bornes :
« Moi, j'ai sacré mon roi sur Sion, ma sainte montagne. » — Psaume 2, 6[16]
Et le prophète Daniel, dans une vision nocturne, voit « comme un Fils d'homme » recevoir une royauté qui ne passera pas :
« Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite. » — Livre de Daniel 7, 14[17]
C'est de cette vision que Jésus tirera son titre préféré, le Fils de l'homme, et c'est elle que la première lecture de la solennité relit chaque année B[18].
L'ange Gabriel l'annonce à Marie
À l'Annonciation, l'ange ne promet pas seulement un enfant : il promet un règne sans fin, reprenant mot pour mot la promesse faite à David :
« Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin. » — Évangile selon saint Luc 1, 32-33[19]
Voir l'article Annonciation du Seigneur (25 mars). Remarquer la formule : « son règne n'aura pas de fin » — c'est exactement le cuius regni non erit finis par lequel, selon Pie XI, le concile de Nicée (325) affirma dans le Credo la dignité royale du Christ[20] — formule que l'histoire des textes rattache au symbole de Nicée-Constantinople (381) —, et sur lequel il s'appuiera seize siècles plus tard.
Devant Pilate, le Christ revendique sa royauté
Le moment décisif est le procès devant Pilate. Interrogé : « Es-tu le roi des Juifs ? », Jésus ne se dérobe pas — il précise la nature de son règne :
« Ma royauté n'est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j'aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n'est pas d'ici. » — Évangile selon saint Jean 18, 36[21]
Et quand Pilate insiste — « Alors, tu es roi ? » — la réponse est une affirmation solennelle :
« C'est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. » — Évangile selon saint Jean 18, 37[22]
Le titre que Jésus refuse aux foules qui veulent le faire roi de force (Jn 6, 15), il le revendique enchaîné devant le représentant de César. L'écriteau de la croix — « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs » (Jn 19, 19) — le proclamera malgré Pilate, en hébreu, en latin et en grec, c'est-à-dire au monde entier[23]. Voir aussi Dimanche des Rameaux, où les foules acclament déjà ce Roi humble monté sur un âne.
Les apôtres déploient le règne
Après Pâques, les apôtres annoncent le règne comme un fait accompli et un avenir à attendre. Saint Paul écrit aux Colossiens :
« Nous arrachant au pouvoir des ténèbres, il nous a placés dans le Royaume de son Fils bien-aimé. » — Saint Paul, Colossiens 1, 13[24]
Le même Paul fixe l'horizon : « c'est lui qui doit régner jusqu'au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis » (1 Corinthiens 15, 25)[25]. Et l'Apocalypse contemple le terme, le Cavalier fidèle portant sur son manteau et sur sa cuisse le nom définitif :
« Roi des rois et Seigneur des seigneurs. » — Apocalypse 19, 16[26]
Enfin, la parabole du jugement dernier (Matthieu 25, 31-46), lue chaque année A à la solennité, montre le Fils de l'homme siégeant sur son trône de gloire et invitant les bénis : « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde » (Mt 25, 34)[27]. Le Roi jugera — et le critère du jugement sera l'amour des plus petits.
Pourquoi 1925 ? Le monde auquel Pie XI répond
Pie XI n'institue pas une fête par goût du cérémonial : il répond à une situation qu'il juge dramatique. Dès sa première encyclique Ubi arcano (1922), il avait diagnostiqué la cause des calamités du temps : « ce débordement de maux sur l'univers provenait de ce que la plupart des hommes avaient écarté Jésus-Christ et sa loi très sainte » de leur vie privée comme de leur vie publique, et « jamais ne pourrait luire une ferme espérance de paix durable entre les peuples tant que les individus et les nations refuseraient de reconnaître et de proclamer la souveraineté de Notre Sauveur »[28]. De ce diagnostic naît la devise de tout son pontificat : chercher la paix du Christ par le règne du Christ[29] :
« C'est pourquoi, après avoir affirmé qu'il fallait chercher la paix du Christ par le règne du Christ, Nous avons déclaré Notre intention d'y travailler dans toute la mesure de Nos forces ; par le règne du Christ, disions-Nous, car, pour ramener et consolider la paix, Nous ne voyions pas de moyen plus efficace que de restaurer la souveraineté de Notre Seigneur. » — Pie XI, Quas primas[30]
Une Europe qui a chassé le Christ de la cité
En 1925, la Grande Guerre a fait ses millions de morts depuis sept ans, et la paix n'a pas ramené Dieu dans les lois. En France, la loi de séparation de 1905 a vingt ans ; au Mexique, la persécution religieuse va éclater dans les mois qui suivent et provoquera la guerre des Cristeros (1926-1929)[31] ; en Russie, le régime soviétique persécute ouvertement l'Église. Pie XI nomme l'ennemi : le laïcisme, c'est-à-dire l'organisation méthodique de la vie publique comme si Dieu n'existait pas :
« La peste de notre époque, c'est le laïcisme, ainsi qu'on l'appelle, avec ses erreurs et ses entreprises criminelles. […] On commença, en effet, par nier la souveraineté du Christ sur toutes les nations. » — Pie XI, Quas primas[32]
Le remède qu'il prescrit n'est pas d'abord politique : c'est un acte de foi public. « Prescrire à l'univers catholique le culte du Christ-Roi » pour « apporter un remède efficace à la peste qui a corrompu la société humaine »[33]. Une fête, donc — parce qu'une fête fait professer chaque année, par tout un peuple, ce que les lois nient.
1925 : Année sainte et centenaire de Nicée
Le choix de l'année n'a rien d'arbitraire. 1925 est une Année sainte, et c'est aussi le seizième centenaire du premier concile œcuménique de Nicée (325) — celui qui, contre Arius, définit la consubstantialité du Fils avec le Père. Pie XI rappelle que ce concile inscrivit dans le Credo les mots cuius regni non erit finis (« dont le règne n'aura pas de fin ») :
« C'est ce Concile qui définit et proclama comme dogme de foi catholique la consubstantialité du Fils unique de Dieu avec son Père ; c'est lui qui, en insérant dans sa formule de foi ou Credo les mots cuius regni non erit finis, affirma du même coup la dignité royale du Christ. » — Pie XI, Quas primas[34]
Seize siècles après Nicée, instituer la fête du Christ-Roi, c'est donc refermer une parenthèse : le même Christ dont Nicée proclama la divinité se voit reconnaître publiquement la royauté. L'Année sainte elle-même, écrit Pie XI, a « contribué en plus d'une occasion à mettre en lumière la royauté du Christ » — la nouvelle fête en est le couronnement[35].
Quas primas : ce qu'enseigne Pie XI
L'encyclique du 11 décembre 1925 n'est pas un simple décret d'institution : c'est une somme sur la royauté du Christ, qui établit d'abord la doctrine (Écriture, triple pouvoir, nature du royaume), puis en tire les conséquences pour les personnes et les sociétés, avant d'instituer la fête[36].
Un Roi par nature et par conquête
Pie XI distingue deux titres de la royauté du Christ. Il est Roi par nature, en tant que Fils unique de Dieu, à qui tout appartient par droit de naissance divine. Et il est Roi par conquête, pour nous avoir rachetés : « nous ne nous appartenons plus à nous-mêmes » puisque le Christ nous a achetés au prix de son sang[37]. Cette double raison fonde l'universalité du règne : rien ni personne n'y échappe, ni les individus, ni les familles, ni les nations.
L'encyclique ajoute un titre plus intime, celui qui touche les cœurs : le Christ est le Roi des cœurs, « à cause de son inconcevable charité qui surpasse toute compréhension humaine et à cause de sa douceur et de sa bonté qui attirent à lui tous les cœurs : car dans tout le genre humain il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais personne pour être aimé comme le Christ Jésus »[38].
Un triple pouvoir véritable
La royauté du Christ n'est pas un titre honorifique : elle comporte un pouvoir réel, que Pie XI décrit en trois branches, comme celui d'un vrai roi. Le Christ est Législateur — « à qui ils sont tenus d'obéir », et les évangélistes « nous le montrent dans l'exercice même de son pouvoir législatif » : le Sermon sur la montagne est une loi[39]. Il possède le pouvoir judiciaire, qu'il affirme lui-même avoir reçu du Père — « le Père ne juge personne, il a donné au Fils tout pouvoir pour juger » (Jn 5, 22) — avec le droit inséparable de récompenser ou de châtier, « même durant leur vie »[40]. Il détient enfin le pouvoir exécutif : « tous inéluctablement doivent être soumis à son empire ; personne ne pourra éviter, s'il est rebelle, la condamnation et les supplices que Jésus a annoncés »[41].
| Pouvoir | Fondement | Exercice |
|---|---|---|
| Législatif | Le Christ donne la loi (Sermon sur la montagne, commandements) | Obéissance due par tous |
| Judiciaire | Reçu du Père (Jn 5, 22) | Jugement des vivants et des morts, récompense ou châtiment |
| Exécutif | Souveraineté universelle | Nul ne peut s'y soustraire |
Un royaume avant tout spirituel
Mais — et c'est le point qui écarte d'avance toute accusation de théocratie — « ce royaume est avant tout spirituel et concerne avant tout l'ordre spirituel » : la preuve en est « l'attitude du Christ-Seigneur » lui-même, qui refusa la couronne des foules et déclara à Pilate que sa royauté n'était pas de ce monde[42].
Le Christ n'a exercé sur terre aucun pouvoir temporel et n'a confisqué aucune couronne : son règne s'exerce par la vérité proposée aux intelligences, par l'obéissance aux commandements et par la charité qui attire les cœurs. C'est pourquoi l'Église, qui continue sa mission, ne réclame aucun pouvoir politique : elle demande seulement que les sociétés reconnaissent le Christ au lieu de l'exclure. Pour la doctrine complète de l'Église sur la distinction des deux pouvoirs, voir Que dit l'Église sur la politique ?.
Les droits du Christ sur les personnes et les sociétés
De cette royauté découlent des devoirs. Les individus doivent soumettre au Christ leur vie entière ; les familles, leur foyer ; et les sociétés elles-mêmes ne sont pas exemptes : une nation qui organise ses lois comme si le Christ ne régnait pas commet, selon l'encyclique, une apostasie publique dont les fruits sont « les germes de haine, semés de tous côtés ; les jalousies et les rivalités entre peuples » — Pie XI écrivait au lendemain d'une guerre mondiale et à la veille d'une seconde[43].
Concrètement, honorer le Christ-Roi, pour une société, signifie : respecter la loi naturelle et les commandements dans la législation, protéger le mariage et la famille, garantir la liberté de l'Église et l'éducation chrétienne, et refuser les idéologies qui font de l'État un absolu. Ce n'est pas la théocratie — le pape ne demande pour l'Église aucun trône — c'est le refus de l'athéisme d'État[44].
La première fête et la consécration du genre humain
Le 31 décembre 1925 à Saint-Pierre
Pour l'année 1925, Pie XI veut une célébration exceptionnelle : « Nous voulons que cette rénovation soit faite le 31 de ce mois. En ce jour, Nous célébrerons la messe pontificale en l'honneur du Christ-Roi et Nous ferons prononcer en Notre présence cette consécration » — en clôture solennelle de l'Année sainte, devant l'univers catholique rassemblé à Rome[45]. L'événement eut bien lieu : les époux Noaillat, à l'origine de la pétition pour la fête, assistèrent le 31 décembre, à Saint-Pierre, à la première messe du Christ Roi[46]. Puis, à partir de 1926 et jusqu'en 1969, la fête sera célébrée chaque année le dernier dimanche d'octobre, qui précède immédiatement la Toussaint[47].
La consécration renouvelée chaque année
L'institution comporte une prescription précise :
« Nous prescrivons également que chaque année, en ce même jour, on renouvelle la consécration du genre humain au Sacré Cœur de Jésus, consécration dont Notre Prédécesseur Pie X, de sainte mémoire, avait déjà ordonné le renouvellement annuel. » — Pie XI, Quas primas[48]
La consécration elle-même remonte à Léon XIII : par l'encyclique Annum sacrum, datée du 25 mai 1899, il avait ordonné la consécration du genre humain au Sacré-Cœur de Jésus, récitée le 11 juin 1899 — geste que Pie XI rattache désormais à la fête du Christ-Roi, les deux mystères n'en faisant qu'un : le Cœur du Roi[49]. Pour l'histoire complète de cette dévotion, voir Solennité du Sacré-Cœur de Jésus.
| Date | Acte | Pape |
|---|---|---|
| 25 mai 1899 (encyclique Annum sacrum) — acte récité le 11 juin 1899 | Consécration du genre humain au Sacré-Cœur | Léon XIII |
| Début du XXᵉ siècle | Renouvellement annuel de la consécration ordonné | Saint Pie X |
| 11 décembre 1925 | Institution de la fête du Christ-Roi + renouvellement annuel fixé à ce jour (Quas primas) | Pie XI |
| 31 décembre 1925 | Première célébration : messe pontificale à Saint-Pierre, clôture de l'Année sainte | Pie XI |
| 14 février 1969 (entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 1970) | Transfert au dernier dimanche du temps ordinaire (Mysterii paschalis) | Saint Paul VI |
La prière et l'indulgence
La formule récitée ce jour-là est l'acte de consécration du genre humain au Sacré-Cœur de Jésus, qui commence par « Très doux Jésus, Rédempteur du genre humain… » : après la consécration de ceux qui prient, elle demande au Christ d'être le Roi des enfants prodigues, des égarés et des infidèles, et se conclut en demandant pour l'Église la liberté et la protection, pour toutes les nations la paix, et en faisant retentir la louange du Cœur divin[50]. L'Église y attache une indulgence plénière, aux conditions ordinaires (confession, communion, prière aux intentions du Souverain Pontife et détachement de tout péché), pour qui la récite publiquement en la solennité[51]. Réciter cette prière le jour du Christ Roi, c'est donc faire personnellement ce que la fête proclame collectivement : se mettre, avec le monde entier, sous le règne du Christ.
Du dernier dimanche d'octobre au 34ᵉ dimanche
De 1926 à 1969, la fête se célèbre chaque dernier dimanche d'octobre, qui précède immédiatement la Toussaint : le Christ-Roi ouvre en quelque sorte la marche des saints qui règnent avec lui[52]. La réforme liturgique issue du concile Vatican II la déplace : le motu proprio Mysterii paschalis de saint Paul VI (promulgué le 14 février 1969, entré en vigueur le 1ᵉʳ janvier 1970) et le nouveau Calendrier romain général la fixent au dernier dimanche du temps ordinaire, sous le titre de « Notre Seigneur Jésus Christ, Roi de l'univers »[53].
Le sens du déplacement
Le déplacement n'est pas un simple changement de date : il donne à la fête sa pleine dimension eschatologique. Placée à la fin de l'année liturgique, elle ne célèbre plus seulement la royauté présente du Christ sur l'Église militante, mais elle tourne les regards vers son retour glorieux : c'est le dimanche du Roi qui vient juger les vivants et les morts, juste avant que l'Avent ne fasse attendre sa venue[54]. L'année de l'Église s'achève ainsi comme l'histoire elle-même s'achèvera : par la manifestation du Règne. Voir L'année liturgique et Le temps ordinaire.
À noter : dans la forme extraordinaire du rite romain (calendrier de 1962), la fête est restée au dernier dimanche d'octobre — les deux calendriers célèbrent donc le même mystère à un mois d'intervalle[55].
La messe du Christ Roi
L'antienne et la préface
La messe de la solennité s'ouvre sur l'acclamation de l'Agneau immolé devenu Roi : « Dignus est Agnus qui occisus est » — « Il est digne, l'Agneau immolé » (Ap 5, 12)[56]. Le cœur théologique de la célébration est la préface propre, qui résume en une phrase tout le mystère :
Regnum veritatis et vitae, regnum sanctitatis et gratiae, regnum iustitiae, amoris et pacis — « un règne de vérité et de vie, un règne de sainteté et de grâce, un règne de justice, d'amour et de paix. » — Préface de la solennité du Christ Roi[57]
Sept mots qui réfutent sept mensonges : contre les royaumes du mensonge et de la mort, de la corruption et de la médiocrité, de l'injustice, de la haine et de la guerre, l'Église proclame le seul règne qui sauve — et elle le proclame dans la préface, qui appartient à la prière eucharistique et peut être chantée ou dite.
Les Laudes Regiae : Christus vincit
La liturgie connaissait depuis longtemps une acclamation du Christ-Roi : les Laudes Regiae, héritées de l'époque carolingienne (VIIIᵉ siècle), scandent aux grandes fêtes la triple acclamation :
Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat — « Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande. » — Laudes Regiae[58]
On les entend encore dans les grandes célébrations pontificales — inaugurations de papes, processions de la Fête-Dieu et du Christ Roi : la fête de 1925 n'a rien inventé, elle a donné une date propre et universelle à ce que la liturgie chantait depuis plus de mille ans[59].
Les lectures des années A, B et C
Comme tous les dimanches, la solennité suit le cycle de trois ans. Chaque année éclaire une face différente de la royauté[60] :
| Année | 1ʳᵉ lecture | Psaume | 2ᵉ lecture | Évangile |
|---|---|---|---|---|
| A | Ez 34, 11-12.15-17 : Dieu lui-même sera le berger | Ps 22 : « Le Seigneur est mon berger » | 1 Co 15, 20-26.28 : le Christ doit régner, puis remettre la royauté au Père | Mt 25, 31-46 : le Fils de l'homme sur son trône juge les nations |
| B | Dn 7, 13-14 : le Fils d'homme reçoit domination et royauté | Ps 92 : « Le Seigneur est roi » | Ap 1, 5-8 : le Témoin fidèle, le Prince des rois de la terre | Jn 18, 33b-37 : « C'est toi-même qui dis que je suis roi » |
| C | 2 S 5, 1-3 : David oint roi à Hébron | Ps 121 : la montée vers Jérusalem | Col 1, 12-20 : transférés dans le Royaume du Fils bien-aimé | Lc 23, 35-43 : le bon larron — « souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume » |
L'année A montre le Roi-berger qui juge ; l'année B, le Roi humilié qui témoigne devant Pilate ; l'année C, le Roi crucifié qui ouvre le paradis au larron. Trois visages, un seul Roi — et le plus bouleversant est le troisième : c'est sur la croix, entre deux malfaiteurs, que la royauté du Christ éclate le plus clairement[61].
La Liturgie des Heures
La solennité possède un office propre à la Liturgie des Heures : hymnes, psaumes et lectures patristiques chantent le Christ-Roi tout au long du jour, des premières vêpres (la veille au soir) aux complies[62]. Les intercessions portent l'extension du règne du Christ — la prière officielle de l'Église reprend ainsi, chaque année, l'intention même de Pie XI[63].
Le Christ Roi dans la vie de l'Église
La journée diocésaine de la jeunesse
Le 22 novembre 2020, en la messe du Christ Roi, le pape François annonce le transfert de la célébration diocésaine des Journées mondiales de la jeunesse : jusque-là fixée au dimanche des Rameaux, elle se tiendra désormais, à partir de 2021, le dimanche du Christ Roi[64]. Le lien est limpide : les Rameaux acclamaient le Roi qui entre à Jérusalem pour mourir ; le Christ Roi acclame le Roi qui revient dans la gloire — et c'est à la jeunesse, avenir de l'Église, qu'est confiée cette acclamation. Voir Dimanche des Rameaux.
Le cri des Cristeros : « ¡Viva Cristo Rey ! »
À peine la fête instituée, elle reçoit son baptême de sang. Au Mexique, la persécution religieuse déclenche la guerre des Cristeros (1926-1929) : des paysans catholiques prennent les armes pour défendre la liberté de l'Église, avec pour cri de ralliement « ¡Viva Cristo Rey ! » — « Vive le Christ Roi ! »[65]. Le 23 novembre 1927, le jeune prêtre jésuite Miguel Pro, condamné sans procès, meurt fusillé en pardonnant à ses bourreaux, les bras en croix, en lançant ce même cri : « ¡Viva Cristo Rey ! »[66]. Voir Bienheureux Miguel Pro (1891-1927). La fête née sur le papier à Rome devenait, au Mexique, un cri de martyrs.
Le Cerro de los Ángeles, centre de l'Espagne
En Espagne, la royauté du Christ prend la forme d'un monument : sur le Cerro de los Ángeles à Getafe, considéré comme le centre géographique du pays, le roi Alphonse XIII consacre l'Espagne au Sacré-Cœur le 30 mai 1919, devant une statue monumentale du Christ-Roi les bras ouverts[67]. Pendant la guerre civile, le monument est profané et dynamité le 7 août 1936 — les miliciens allant jusqu'à « fusiller » la statue du Christ, scène photographiée qui fit le tour du monde[68]. Reconstruit après la guerre, le sanctuaire demeure l'un des grands lieux de la royauté du Christ en Europe, avec les restes de l'ancien monument conservés face au nouveau comme une relique de la persécution[69].
Saint Jean-Paul II : ouvrir les portes au Christ-Roi
Le 22 octobre 1978, à la messe d'inauguration de son pontificat, Jean-Paul II lançait l'appel qui résume tout l'esprit de la fête :
« N'ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! À sa puissance salvatrice ouvrez les frontières des États, les systèmes économiques et politiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation, du développement. » — Saint Jean-Paul II, homélie d'inauguration, 22 octobre 1978[70]
Ouvrir les portes des États, des économies, des cultures : c'est exactement ce que Pie XI demandait en 1925. Un demi-siècle plus tard, le pape polonais, venu d'un pays soumis à un régime athée, reprenait le programme du Christ-Roi face au monde entier.
Les géants de pierre : Rio, Almada, Świebodzin
La royauté du Christ s'est aussi écrite dans la pierre, à une échelle que les cathédrales n'avaient jamais osé. À Rio de Janeiro, le Christ Rédempteur du Corcovado, les bras ouverts sur la baie, est inauguré le 12 octobre 1931 : une statue de béton armé revêtue de stéatite, dont le chantier (ouvert en 1922) précède Quas primas — on ne peut donc pas en faire une réponse à l'encyclique[71]. À Almada, face à Lisbonne, le sanctuaire national du Cristo Rei, inspiré de Rio, est inauguré en 1959 en action de grâces pour le Portugal épargné par la Seconde Guerre mondiale[72]. En Pologne, à Świebodzin, une statue de 36 mètres de haut est achevée en 2010, devenant alors la plus haute statue du Christ au monde[73]. Deux continents, trois bras ouverts : le XXᵉ siècle, qui chassait le Christ des lois, l'a dressé sur les collines — et le XXIᵉ siècle a suivi en 2010.
Que signifie « le Christ règne » ?
Déjà là et pas encore
Le chrétien qui acclame le Christ Roi ne prétend pas que le mal a disparu : il professe que le Christ règne déjà et règnera pleinement. Déjà : ressuscité, le Christ est « assis à la droite du Père », il règne sur l'Église par les sacrements et dans les cœurs qui l'accueillent[74]. Pas encore : les nations se révoltent, les persécutions continuent, et le jugement dernier n'a pas eu lieu — le Catéchisme enseigne que le Royaume viendra à son retour glorieux, non par un triomphe historique, mais par la victoire de Dieu sur le déchaînement ultime du mal[75].
C'est pourquoi chaque messe dit, avant la communion, la prière que Jésus lui-même a apprise : « Que ton Règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » (Mt 6, 10)[76]. La fête du Christ Roi est l'amen solennel de cette demande, renouvelé chaque fin d'année : oui, Seigneur, viens régner.
Le Règne et la Divine Volonté
Dans la spiritualité de la Divine Volonté, reçue par la Servante de Dieu Luisa Piccarreta (1865-1947), ce « Que ton Règne vienne » prend une résonance particulière : il annonce le troisième Fiat — Fiat, le mot par lequel Dieu crée —, le Règne de la Divine Volonté sur la terre comme au ciel, après le Fiat de la Création et celui de la Rédemption[77]. Vivre dans la Divine Volonté, ici, ne signifie pas seulement faire la volonté de Dieu en lui obéissant : c'est recevoir sa Volonté elle-même pour qu'elle agisse en nous. Le Christ règne déjà dans les cœurs qui l'accueillent ; ce Règne demandé dans le Notre Père en est, selon cette spiritualité, l'accomplissement plénier. La fête du Christ Roi, qui clôt l'année sur le Roi dont le règne n'aura pas de fin, devient ainsi pour les âmes qui vivent de cette spiritualité l'icône de l'espérance : le même Christ qui règne aujourd'hui dans les cœurs régnera demain, pleinement, sur le monde réconcilié.
Objections et malentendus
La fête du Christ Roi appelle-t-elle à la théocratie ?
Non — et Pie XI l'a dit lui-même : le royaume du Christ est « avant tout spirituel »[78]. L'Église ne demande ni trône, ni armée, ni ministère : le concile Vatican II précise qu'elle « ne se confond d'aucune manière avec la communauté politique et n'est liée à aucun système politique », tout en contribuant « à étendre le règne de la justice et de la charité »[79]. Elle demande que les lois respectent Dieu et l'homme, ce qui est le contraire d'un pouvoir clérical. L'histoire l'illustre : là où le Christ-Roi a été acclamé par des martyrs — les Cristeros, Miguel Pro —, c'était contre un État qui persécutait l'Église[80]. En synthèse — et non en citation : un tel Roi relativise tous les pouvoirs au lieu de les sacraliser.
Pourquoi une fête si récente pour un dogme si ancien ?
La royauté du Christ est en effet aussi ancienne que la foi — le Credo la confesse depuis Nicée (325) et Nicée-Constantinople (381)[81] — mais l'Église institue des fêtes quand le temps l'exige : la Fête-Dieu au XIIIᵉ siècle face aux hérésies eucharistiques, le Sacré-Cœur (fête concédée en 1765, étendue à toute l'Église en 1856) face au jansénisme — selon le lien qu'établit Pie XI lui-même —, le Christ-Roi au XXᵉ face au laïcisme[82]. Voir La Fête-Dieu (Corpus Christi) et Solennité du Sacré-Cœur de Jésus. Une fête n'invente pas une doctrine : elle la fait professer publiquement au moment où elle est niée.
« Mon royaume n'est pas de ce monde » ne contredit-il pas la fête ?
C'est l'objection la plus fréquente — et la parole même du Christ y répond : son royaume n'est pas de ce monde, c'est-à-dire qu'il n'en tire ni son origine ni ses moyens (pas d'armée, pas de coup d'État), mais il est pour ce monde, qu'il vient sauver et juger[83]. Dire « le Christ règne » ne signifie pas que l'Église gouverne les États : cela signifie qu'aucun État ne gouverne sans rendre compte, et qu'aucun homme n'est orphelin de Roi.
Pourquoi fin novembre, dans le froid et la nuit ?
Parce que c'est le sens : dans l'hémisphère Nord, l'année liturgique s'achève quand les jours raccourcissent, et l'Église allume alors la plus grande lumière — le Christ-Roi — avant d'entrer dans l'Avent[84]. Au-delà du catholicisme, plusieurs traditions protestantes partagent cette fin d'année tournée vers le Règne : l'Église d'Angleterre célèbre Christ the King le dimanche qui précède l'Avent, et les Églises luthériennes d'Allemagne clôturent par le dimanche de l'éternité (Ewigkeitssonntag)[85].
Pour aller plus loin
Articles Ignispedia connexes
- Ascension du Seigneur — l'inauguration du règne : le Christ élevé installe son trône à la droite du Père
- Solennité du Sacré-Cœur de Jésus — la dévotion du Cœur du Roi, la consécration de 1899 renouvelée au Christ Roi
- La Fête-Dieu (Corpus Christi) — l'autre grande fête instituée face à une négation, pour l'Eucharistie
- Dimanche des Rameaux — l'acclamation du Roi humble, jadis jour des JMJ diocésaines
- Épiphanie (6 janvier) — les mages adorent le Roi des Juifs nouveau-né
- Noël (25 décembre) et Pâques — la naissance et la victoire d'où procède toute royauté du Christ
- Pentecôte — l'Esprit qui étend le Règne à toutes les nations
- L'année liturgique et Le temps ordinaire — la place de la fête dans le cycle
- Bienheureux Miguel Pro (1891-1927) — le martyr du « ¡Viva Cristo Rey ! »
- Luisa Piccarreta (1865-1947) — le troisième Fiat et le Règne de la Divine Volonté
- Que dit l'Église sur la politique ? — la doctrine des deux pouvoirs et la juste laïcité
Sources principales
- Pie XI, encyclique Quas primas sur l'institution de la fête du Christ-Roi, 11 décembre 1925, texte français officiel (vatican.va).
- Léon XIII, encyclique Annum sacrum sur la consécration du genre humain au Sacré-Cœur, 25 mai 1899.
- Saint Paul VI, lettre apostolique en forme de motu proprio Mysterii paschalis sur l'année liturgique et le nouveau Calendrier romain général, 14 février 1969.
- Missel romain, messe de la solennité (antienne d'ouverture Dignus est Agnus, préface propre) ; Lectionnaire romain et Liturgie des Heures, traduction liturgique de l'AELF.
- Catéchisme de l'Église catholique, n° 668-672 et 2105.
- Saint Jean-Paul II, homélie de la messe d'inauguration du pontificat, 22 octobre 1978.
- François, annonce du transfert des JMJ diocésaines au dimanche du Christ Roi, 22 novembre 2020.
Notes et références
Pie XI, encyclique Quas primas sur l'institution de la fête du Christ-Roi, 11 décembre 1925, 4ᵉ année du pontificat, en clôture de l'Année sainte, texte français officiel (vatican.va) ; texte vérifié le 4 octobre 2026. L'encyclique parcourt l'Ancien Testament (Is 9, Jr 23, Dn 2 et 7, Za 9 ; Ps 2 cité au §6) et le Nouveau Testament (Lc 1, Jn 18, 1 Co 15, Col 1, Ap 1 et 19) avant d'instituer la fête. En revanche elle ne cite pas directement l'oracle de Nathan (2 S 7) : le rapprochement avec la promesse faite à David est un développement de l'article.
1 10 36Pie XI, Quas primas, 11 décembre 1925 (vatican.va) : « Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 11 décembre, en l'Année sainte 1925, la quatrième de Notre Pontificat ».
2Pie XI, Quas primas (vatican.va) : « La peste de notre époque, c'est le laïcisme, ainsi qu'on l'appelle, avec ses erreurs et ses entreprises criminelles. […] On commença, en effet, par nier la souveraineté du Christ sur toutes les nations. »
3 32Saint Paul VI, motu proprio Mysterii paschalis, 14 février 1969, approuvant le Calendrier romain général avec entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 1970 (« ut a die I mensis Ianuarii proximi anni MCMLXX vigere incipiant ») : la solennité de « D. N. Iesu Christi universorum Regis » est fixée au dernier dimanche du temps ordinaire (34ᵉ dimanche).
4 11 53Pie XI, Quas primas (vatican.va) : « en vertu de Notre autorité apostolique, Nous instituons la fête de Notre-Seigneur Jésus-Christ-Roi. Nous ordonnons qu'elle soit célébrée dans le monde entier, chaque année, le dernier dimanche d'octobre, c'est-à-dire celui qui précède immédiatement la solennité de la Toussaint. Nous prescrivons également que chaque année, en ce même jour, on renouvelle la consécration du genre humain au Sacré Cœur de Jésus. »
5 47 48 52François, messe de la solennité du Christ Roi, 22 novembre 2020 : annonce du transfert de la célébration diocésaine des JMJ du dimanche des Rameaux au dimanche du Christ Roi, à partir de 2021. Voir l'article Dimanche des Rameaux.
6 64Calendrier romain général (1969) : « Dominica XXXIV per annum : D. N. Iesu Christi universorum Regis, sollemnitas » — titre repris dans le Missel et la Liturgie des Heures.
7Voir l'article L'année liturgique : l'année chrétienne s'ouvre au premier dimanche de l'Avent et se clôt le samedi qui précède l'Avent suivant, après la solennité du Christ Roi.
8 13Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier : les solennités sont les célébrations du plus haut rang ; la solennité commence aux premières vêpres, la veille au soir, et la messe comporte le Gloria et le Credo.
9Dates calculées d'après la règle du premier dimanche de l'Avent (dimanche le plus proche du 30 novembre, entre le 27 novembre et le 3 décembre) : le Christ Roi est le dimanche précédent. Vérification par calcul calendaire le 4 octobre 2026.
12Pie XI, Quas primas (vatican.va), première partie doctrinale : fondements scripturaires de la royauté (Ancien et Nouveau Testament), titres du règne, triple pouvoir.
14Deuxième livre de Samuel 7, 16 (promesse de Nathan à David), traduction liturgique.
15Psaume 2, 6, traduction liturgique.
16Livre de Daniel 7, 13-14, traduction liturgique ; cité par Jésus devant le Sanhédrin (Mt 26, 64).
17Lectionnaire romain, solennité du Christ Roi, année B, première lecture : Dn 7, 13-14.
18Évangile selon saint Luc 1, 32-33 (paroles de l'ange Gabriel à Marie), traduction liturgique.
19Pie XI, Quas primas (vatican.va) : « c'est ce Concile [de Nicée] qui définit et proclama comme dogme de foi catholique la consubstantialité du Fils unique de Dieu avec son Père ; c'est lui qui, en insérant dans sa formule de foi ou Credo les mots cuius regni non erit finis, affirma du même coup la dignité royale du Christ » ; « cette Année sainte a contribué en plus d'une occasion à mettre en lumière la royauté du Christ ». Distinction d'histoire des textes : la formule cuius regni non erit finis (« dont le règne n'aura pas de fin ») appartient au symbole de Nicée-Constantinople (381) ; Pie XI, en année du seizième centenaire, l'attribue ici au concile de Nicée (325).
20 34 35 81Évangile selon saint Jean 18, 36-37 (dialogue avec Pilate), traduction liturgique.
21 22 83Évangile selon saint Jean 19, 19-22 : le titulus trilingue (hébreu, latin, grec).
23Saint Paul, épître aux Colossiens 1, 13, traduction liturgique.
24Saint Paul, première épître aux Corinthiens 15, 24-28, traduction liturgique.
25Apocalypse 19, 16, traduction liturgique.
26Évangile selon saint Matthieu 25, 31-46, traduction liturgique ; évangile de la solennité, année A.
27Pie XI, Quas primas, n° 1 (vatican.va), rappelant l'encyclique Ubi arcano (23 décembre 1922).
28Pie XI, Quas primas, n° 1 (vatican.va) : « il fallait chercher la paix du Christ par le règne du Christ » — devise du pontificat : Pax Christi in regno Christi.
29 301925 : vingtième année de la loi française de séparation (9 décembre 1905) ; au Mexique, la législation anticléricale du président Calles conduit à la guerre des Cristeros (1926-1929) ; en URSS, le régime soviétique persécute ouvertement l'Église.
31Pie XI, Quas primas (vatican.va) : « prescrire à l'univers catholique le culte du Christ-Roi » pour « apporter un remède efficace à la peste qui a corrompu la société humaine ».
33Pie XI, Quas primas (vatican.va) : le Christ est Roi par nature (Fils de Dieu) et par droit de conquête (Rédemption) ; les rachetés « ne s'appartiennent plus à eux-mêmes » (cf. 1 Co 6, 19-20).
37Pie XI, Quas primas (vatican.va) : le Christ « Roi des cœurs, à cause de son inconcevable charité qui surpasse toute compréhension humaine et à cause de sa douceur et de sa bonté qui attirent à lui tous les cœurs ».
38Pie XI, Quas primas (vatican.va) : pouvoir législatif exercé dans l'Évangile ; pouvoir judiciaire reçu du Père, avec le droit de récompenser ou de châtier « même durant leur vie » ; pouvoir exécutif auquel « tous inéluctablement doivent être soumis ».
39 40 41Pie XI, Quas primas (vatican.va) : « ce royaume est avant tout spirituel et concerne avant tout l'ordre spirituel », comme le prouve « l'attitude du Christ-Seigneur ».
42 78Pie XI, Quas primas (vatican.va) : fruits de l'apostasie des États — « les germes de haine, semés de tous côtés ; les jalousies et les rivalités entre peuples » — déjà déplorés dans Ubi arcano.
43 44Pie XI, Quas primas (vatican.va) : « pour cette année, Nous voulons que cette rénovation soit faite le 31 de ce mois. En ce jour, Nous célébrerons la messe pontificale en l'honneur du Christ-Roi », en clôture de l'Année sainte.
45Première célébration, 31 décembre 1925, à Saint-Pierre : les époux Noaillat, à l'origine de la pétition pour la fête, y assistèrent comme invités d'honneur (récits repris à l'occasion du centenaire, accès indirect) — FSSPX News, « Centenary of Quas Primas, the Encyclical on Christ the King » (https://fsspx.news/en/news/centenary-quas-primas-encyclical-christ-king-56012) ; Catholic World Report, « Why Pope Pius XI Established the Feast of Christ the King in a Turbulent 1925 » (https://www.catholicworldreport.com/2025/11/23/why-pope-pius-xi-established-the-feast-of-christ-the-king-in-a-turbulent-1925/).
46Léon XIII, encyclique Annum sacrum sur la consécration du genre humain au Sacré-Cœur de Jésus, datée du 25 mai 1899 : son §14 prescrit un triduum les 9, 10 et 11 juin, la formule de consécration étant récitée le dernier jour, soit le 11 juin 1899.
49Acte de consécration du genre humain au Sacré-Cœur de Jésus (« Très doux Jésus, Rédempteur du genre humain… »), formule de 1899 prescrite pour la solennité par Quas primas : après les invocations « Sois le Roi » pour les prodigues, les égarés et les infidèles, la fin demande (paraphrase) pour l'Église la liberté et la protection, pour toutes les nations la paix, et fait retentir d'un pôle à l'autre la louange du Cœur divin — d'après la formule anglaise contemporaine de 1899 (American Catholic Quarterly Review, vol. 24).
50Enchiridion Indulgentiarum (Manuel des indulgences), concession 2 : indulgence plénière, aux conditions ordinaires, pour la récitation publique de l'acte de consécration au Christ Roi en sa solennité — c'est l'indulgence qui est documentée, non une obligation annuelle actuelle.
51La solennité clôt l'année sur le Christ qui vient : lectures eschatologiques (Mt 25 en année A, Dn 7 et Ap 1 en année B), préface du règne définitif, Avent qui suit. Voir L'année liturgique. Église d'Angleterre : Christ the King, « Sunday next before Advent » (Common Worship) ; Allemagne luthérienne : Ewigkeitssonntag, dernier dimanche de l'année ecclésiale.
54 84 85Calendrier de 1962 (forme extraordinaire du rite romain) : « D. N. Iesu Christi Regis », dernier dimanche d'octobre, comme avant la réforme de 1969.
55Missel romain, messe de la solennité, antienne d'ouverture « Dignus est Agnus qui occisus est » (Ap 5, 12) — formulaire repris au Graduel (livrets de messe : introït « Dignus est Agnus », Grad. Rom.).
56Missel romain, préface propre de la solennité (Praefatio de Christo Rege, conclusion : « Regnum veritatis et vitae… ») ; traduction française du Missel.
57Laudes Regiae (« louanges royales ») : acclamations liturgiques Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat, d'origine carolingienne (VIIIᵉ siècle) — étude de référence : E. H. Kantorowicz, Laudes Regiae (University of California Press, 1946) ; usages actuels attestés : inaugurations pontificales, processions de la Fête-Dieu et du Christ Roi.
58 59Lectionnaire romain, 34ᵉ dimanche du temps ordinaire, solennité du Christ Roi, années A, B et C (traduction liturgique de l'AELF).
60 61Liturgie des Heures, office propre de la solennité du Christ Roi (premières vêpres, office des lectures, laudes, vêpres).
62Liturgie des Heures, solennité du Christ Roi, intercessions des laudes et des vêpres pour l'extension du règne du Christ (formulation volontairement générale : le détail des intentions n'a pu être vérifié sur volume).
63Guerre des Cristeros, Mexique, 1926-1929 : soulèvement catholique contre la persécution du régime Calles, au cri de « ¡Viva Cristo Rey ! ».
65 80Bienheureux Miguel Pro (1891-1927), prêtre jésuite fusillé à Mexico le 23 novembre 1927, sans procès, en criant « ¡Viva Cristo Rey ! » ; béatifié par Jean-Paul II le 25 septembre 1988. Voir Bienheureux Miguel Pro (1891-1927) ; sources : Catholic News Agency, « Blessed Miguel Pro Juarez » (https://www.catholicnewsagency.com/saint/blessed-miguel-pro-juarez-397) ; National Catholic Register, « 'Viva Cristo Rey!': How Miguel Pro's Martyrdom United a Nation » (https://www.ncregister.com/blog/viva-christo-rey-how-miguel-pro-martyrdom-united-a-nation).
66Monument du Cerro de los Ángeles (Getafe), œuvre de l'architecte Carlos Maura et du sculpteur Aniceto Marinas, inauguré par le roi Alphonse XIII le 30 mai 1919 lors de la consécration de l'Espagne au Sacré-Cœur.
67Monument profané puis dynamité le 7 août 1936 pendant la guerre civile, après la « fusillade » symbolique de la statue par des miliciens — scène photographiée qui fit le tour du monde (National Catholic Register, « Aug. 7 Marks 90th Anniversary of Spanish 'Execution' of Sacred Heart of Jesus Statue », 7 août 2026 : procès dérisoire, fusillade puis dynamitage le 7 août 1936).
68Nouveau monument reconstruit après la guerre (chantier ouvert en 1944 — même article du National Catholic Register), les restes de l'ancien étant conservés sur l'esplanade.
69Saint Jean-Paul II, homélie de la messe d'inauguration du pontificat, place Saint-Pierre, 22 octobre 1978.
70Christ Rédempteur du Corcovado (Rio de Janeiro), statue de 30 mètres sur un piédestal de 8 mètres, bras ouverts de 28 mètres, en béton armé revêtu de stéatite, chantier 1922-1931, inaugurée le 12 octobre 1931 — le projet précède donc Quas primas (décembre 1925).
71Sanctuaire national du Cristo Rei (Almada, face à Lisbonne), inspiré du Corcovado, inauguré en 1959 en action de grâces pour la protection du Portugal pendant la Seconde Guerre mondiale.
72Statue du Christ Roi de Świebodzin (Pologne), 36 mètres de haut, achevée le 6 novembre 2010 — la décomposition figure/couronne variant selon les sources (2 à 3 m pour la couronne), seule la hauteur totale est retenue ici ; cf. ChurchPop, « 16 of the Tallest Statues of Our Lord Jesus from Around the World » (https://www.churchpop.com/16-of-the-tallest-statues-of-our-lord-jesus-from-around-the-world/).
73Catéchisme de l'Église catholique, n° 668-672 : le Christ, assis à la droite du Père, règne déjà par l'Église en attendant son retour.
74Catéchisme de l'Église catholique, n° 671-672 et 677 : le Royaume viendra à son retour glorieux ; le n° 677 précise qu'il « ne s'accomplira donc pas par un triomphe historique de l'Église […] mais par une victoire de Dieu sur le déchaînement ultime du mal ».
75Évangile selon saint Matthieu 6, 10 : « Que ton Règne vienne », deuxième demande du Notre Père (CEC 2816-2821).
76Référence contrôlée : Livre du Ciel, t. 12, 8 mars 1921 — « le Règne de ma Volonté connaîtra ses débuts sur la terre en réponse à ma prière et à celle de toute l'Église : “Que ton Règne vienne et que ta Volonté soit faite sur la terre comme au Ciel” » ; voir aussi Daniel O'Connor, Que ton Règne vienne, et l'article Luisa Piccarreta (1865-1947).
77Concile Vatican II, constitution Gaudium et spes, n° 76 : l'Église « ne se confond d'aucune manière avec la communauté politique et n'est liée à aucun système politique » ; elle « contribue à étendre le règne de la justice et de la charité à l'intérieur de chaque nation et entre les nations ».
79Fête-Dieu instituée par Urbain IV (Transiturus, 1264) face aux négations eucharistiques — voir La Fête-Dieu (Corpus Christi) ; fête du Sacré-Cœur concédée en 1765 puis étendue à l'Église universelle par Pie IX en 1856 (Catholic Encyclopedia, « Feast of the Sacred Heart ») ; le lien avec le jansénisme est celui qu'établit Pie XI lui-même (Quas primas, §17) — voir Solennité du Sacré-Cœur de Jésus.
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