Les phénomènes lumineux forment, dans l'hagiographie catholique, l'un des dossiers les plus anciens et les plus disputés de la mystique corporelle : des témoins rapportent qu'un visage en prière s'est mis à rayonner au-delà de toute lumière ambiante, qu'une pièce obscure s'est trouvée illuminée sans source visible, ou qu'une clarté a été vue au-dessus d'une tombe. Le dossier ne se limite pas aux auréoles peintes par l'art chrétien : il s'agit de récits présentés comme des observations, avec date, témoin et parfois contrôle immédiat.
L'historien Joachim Bouflet y consacre un chapitre entier de son Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, ouvrant sur une grille de discernement vieille de trois siècles : les cinq critères que Prospero Lambertini, futur pape Benoît XIV, formule dans son traité sur les procès de béatification[1]. Un second corpus apporte une pièce que l'hagiographie ancienne ne pouvait pas fournir : un cas de luminosité corporelle filmé et présenté en 1934 devant une société médicale liée à l'université de Padoue, analysé par l'essayiste Aimé Michel dans Métanoia[2].
Le vocabulaire hagiographique du « rayonnement » et de l'« éclat » peut désigner une beauté de traits, une rougeur ou une sérénité du visage, sans impliquer une émission de lumière. Pier Giorgio Frassati fournit un exemple de cette distinction : Bouflet dénonce comme « pieuse fiction » les formules dithyrambiques appliquées à son corps après l'exhumation de 1981[3]. Une observation lumineuse demande d'autres précisions : la source apparente, la durée, l'éclairage ambiant et l'effet sur les objets alentour.
Les phénomènes voisins — la chaleur mystique ressentie ou constatée, l'odeur de sainteté, la conservation du corps après la mort — relèvent de dossiers distincts, déjà traités par ailleurs sur Ignispedia, et ne sont mentionnés ici que lorsqu'ils accompagnent directement un fait lumineux.
Une famille de phénomènes à distinguer avant tout examen
Six formes, une même racine biblique
La littérature hagiographique catholique range sous le mot « lumineux » des observations de nature très différente, que la méthode exige de séparer avant toute évaluation. Le chapitre que Joachim Bouflet consacre au sujet permet d'en dégager six formes récurrentes[4] :
- l'auréole ou nimbe facial perçu pendant la prière ou la célébration de la messe ;
- les globes de feu, étoiles ou étincelles émis par le corps, en particulier la bouche ;
- la lumière au moment de la mort, observée dans la chambre du mourant ;
- la lumière post-mortem liée au corps ou à la tombe, parfois des mois ou des années après le décès ;
- la lumière émanant d'une hostie consacrée, en particulier lors de vols sacrilèges ;
- la lumière sur une image ou une statue sainte.
Ces six formes partagent une même matrice : le langage biblique de la gloire divine, depuis le visage transfiguré de Moïse jusqu'à la Transfiguration du Christ, que la section suivante développe. Mais la matrice symbolique ne dispense d'aucune question concrète — qui a vu, combien de temps, à quelle distance, avec quelle source d'éclairage ambiant, et avec quels fruits spirituels.
Ce que cet article traite, et ce qu'il laisse à d'autres dossiers
Le phénomène le plus souvent confondu avec la lumière est la chaleur mystique — l'incendium amoris que des mystiques disent avoir ressentie dans la poitrine, parfois avec des effets constatés par des tiers (vêtements roussis, thermomètres affolés). Un même témoignage emploie fréquemment les deux registres à la fois : un visage dit « rayonnant » peut n'être, à l'examen, que le signe d'une hyperthermie ou d'une vasodilatation. Ce dossier est traité pour lui-même dans L'incendium amoris, et cet article n'y revient que pour signaler les cas où les deux phénomènes s'entremêlent dans une même source.
De même, l'odeur de sainteté appartient à un autre chapitre encore de l'encyclopédie de Bouflet, et la conservation du corps après la mort — momification, corification, saponification — relève du dossier distinct traité dans Les corps incorruptibles. Les phénomènes voisins de la stigmatisation, des lévitations et de l'inédie ont chacun leur propre article[5]. Cet article se concentre sur la luminosité corporelle proprement dite : ce qu'un témoin dit avoir vu, non ce qu'il a senti ou touché.
Le fondement biblique et théologique de la lumière
Le visage de Moïse, reflet d'une gloire qui n'est pas la sienne
Moïse redescend du Sinaï, les tables de la Loi en main. Le récit de l’Exode décrit une lumière que Moïse ne remarque pas lui-même :
« il ne savait pas que son visage rayonnait de lumière depuis qu’il avait parlé avec le Seigneur. » — Exode 34, 29, traduction liturgique AELF[6]
Aaron et les fils d’Israël voient ce rayonnement et n’osent d’abord s’approcher. Moïse leur transmet les paroles reçues, puis couvre son visage d’un voile (Ex 34, 30-35). Le texte distingue ainsi l’expérience du serviteur de Dieu de ce que son entourage peut voir.
La Transfiguration, préfiguration des corps glorieux
Au Thabor, le Christ manifeste sa gloire devant Pierre, Jacques et Jean :
« son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. » — Matthieu 17, 2, traduction liturgique AELF[7]
La tradition thomiste compte la clarté parmi les quatre qualités du corps glorieux, avec l’impassibilité, la subtilité et l’agilité. Le Supplément de la Somme théologique traite ces qualités dans les questions 82 à 85 ; la question 85, article 1, rapporte la clarté du corps au rejaillissement de la gloire de l’âme[8].
Ce cadre donne un sens à l’image chrétienne du corps lumineux : le salut concerne la personne entière, âme et corps. Il ne transforme pas chaque récit de lumière en anticipation démontrée de la résurrection ; l’application à un cas historique exige que l’observation et son contexte soient examinés.
La grille de discernement : les cinq critères de Lambertini
Dans son résumé de Benoît XIV, Adolphe Tanquerey demande de préciser si l’observation a lieu en plein jour ou pendant la nuit, et si la lumière, au-delà de sa durée, se renouvelle plusieurs fois. Parmi les fruits spirituels, il nomme les conversions durables. Il subordonne la conclusion sur le caractère surnaturel à l’examen de tous ces éléments, avec le contexte religieux et la vertu de la personne[9].
Établir le fait avant d'en chercher la cause
Avant même d'exposer le premier cas, Bouflet résume les cinq critères de Prospero Lambertini — canoniste, promoteur de la foi, puis pape sous le nom de Benoît XIV (1740-1758) — dans son traité de référence sur les procès de canonisation :
« 1. elle est plus éclatante que celle des lumières ambiantes. 2. elle n'est pas fugace comme celle d'un éclair, mais elle perdure un certain temps. 3. elle se manifeste dans un contexte de prière, ou lorsqu'on traite de Dieu, de choses spirituelles. 4. la personne concernée doit présenter pour le moins des indices de vertus peu communes. 5. Le phénomène doit produire chez les témoins des fruits spirituels. » — Joachim Bouflet, résumant Prospero Lambertini, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Le Jardin des Livres, 2015, p. 67[10]
Adolphe Tanquerey, qui résume lui aussi Benoît XIV, commence par une exigence matérielle :
« Avant tout, il faut bien étudier le fait avec toutes ses circonstances, pour voir si la lumière ne peut pas s’expliquer naturellement. » — Adolphe Tanquerey, Phénomènes mystiques extraordinaires, Sainte Jeanne d’Arc, 1986, p. 31[11]
Ces cinq critères organisent tout le reste du chapitre de Bouflet, et cet article les reprend comme grille de lecture pour chaque cas exposé plus loin : intensité comparée, durée, contexte, vertu du sujet, fruits chez les témoins. Bouflet ajoute lui-même une mise en garde méthodologique décisive, à propos du cas de sainte Colette de Corbie, dont une biographe reconnaît que certains récits de luminosité relèvent « d'imaginations » de l'entourage pieux :
« Seule l'Église catholique, grâce en particulier à sa procédure de béatification, possède sur la luminosité des mystiques une documentation utilisable pour l'historien. » — Olivier Leroy, cité par Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Le Jardin des Livres, 2015, p. 68[12]
Les critères modernes : témoins contradictoires et contrôle de l'éclairage
Trois siècles après Lambertini, l'essayiste Aimé Michel ajoute des exigences que l'enquête historique moderne peut appliquer rétrospectivement aux dossiers anciens. Il pose d'abord un principe de méthode avant tout examen d'un prodige :
« Faut-il donc croire à ces prodiges qui ont tous les critères historiques pour eux ? Je propose provisoirement que, ici comme en d'autres matières aussi troublantes, "l'on soit attentif à tout et que l'on ne croie à rien". Voyons d'abord ce que disent les témoins. Nous examinerons ensuite quelle critique on peut faire de leurs témoignages. » — Aimé Michel, Métanoia — Phénomènes physiques du mysticisme, Albin Michel, 1986, p. 112[13]
Il précise ensuite le standard de preuve qu'il attend d'un témoignage extraordinaire, avec une exigence de contradiction interne au dossier :
« Le témoignage vaudra ce que vaut le témoin, nous voulons des témoins difficiles à tromper. [...] S'il s'agit de stigmates, je veux un médecin, un biologiste, j'en veux plusieurs, d'opinions opposées, ayant si possible intérêt à affirmer que le prodige n'a pas eu lieu. » — Aimé Michel, Métanoia — Phénomènes physiques du mysticisme, Albin Michel, 1986, p. 148-149[14]
Transposé à la lumière, ce standard demande : des témoins indépendants, si possible initialement sceptiques ; un éclairage ambiant identifié et, si possible, comparé (rallumer une lampe électrique pour voir si l'effet persiste) ; une durée mesurable ; un effet visible sur l'environnement, pas seulement sur le visage du sujet. Michel ajoute un dernier principe, utile face à des faits rares et non reproductibles par nature : un phénomène peut échapper à l'expérimentation directe tout en laissant des effets secondaires observables — « ils déclencheront des effets qui, eux, relèveront du déterminisme, donc de la science »[15]. Refuser par principe tout fait connu par le seul témoignage revient, avertit-il, à s'interdire d'être jamais averti de son erreur[16].
Le garde-fou lexical : quand « rayonnant » ne veut pas dire lumineux
Pier Giorgio Frassati : « relève de la pieuse fiction »
Le piège le plus fréquent de ce dossier tient au vocabulaire lui-même. Les mots rayonnant, resplendissant, lumineux ou éclatant appartiennent au registre courant de l'éloge hagiographique : ils peuvent décrire une beauté de traits, une sérénité ou une couleur de peau, sans désigner une lumière physiquement constatée. Bouflet fournit un exemple précis de cette confusion, à propos de l'exhumation en 1981 de Pier Giorgio Frassati, canonisé le 7 septembre 2025[17], dont le récit du père Daniel Ange multipliait les formules dévotionnelles :
« Il convient de dépouiller le récit du père Daniel Ange de ses métaphores dithyrambiques : le prodige de l'incorruption [...] se suffit à lui-même. Le rayonnement du visage, le resplendissement du corps et le parfum délicat [...] relèvent de la pieuse fiction. » — Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Le Jardin des Livres, 2015, p. 400[18]
Bouflet ne nie pas le fait de l'incorruption elle-même, qu'il tient pour remarquable en soi ; il refuse seulement que le vocabulaire lumineux qui l'accompagne dans le récit du père Daniel Ange soit traité comme une observation. La règle qui en découle pour la suite de cet article est simple : chaque fois qu'un témoignage emploie un mot de la famille de « lumière », il faut chercher une source localisée, une durée, un effet sur l'environnement, une comparaison avec l'éclairage ambiant et une pluralité de témoins indépendants — faute de quoi le mot ne documente qu'une beauté ou une sérénité.
Marie-Madeleine de' Pazzi : visage rayonnant, yeux brillants, mais pas de pièce éclairée
Le même garde-fou s'applique à un cas ancien documenté, celui de sainte Marie-Madeleine de' Pazzi (1566-1607), carmélite florentine dont les extases sont décrites par son biographe, le père Virgilio Cepari. Aimé Michel en cite ce passage :
« Son visage perdait en un instant la pâleur causée par les pénitences et la vie religieuse austère et devenait soudain rayonnant et radieux, ses yeux brillaient comme des étoiles et elle se mettait à crier. » — Aimé Michel, Métanoia — Phénomènes physiques du mysticisme, Albin Michel, 1986, p. 113, citant Virgilio Cepari[19]
Ce passage n’affirme pas que le visage éclairait la cellule, projetait une ombre ou restait visible dans l'obscurité : le texte associe un éclat des yeux, une rougeur du teint et une température corporelle exceptionnelle, sans preuve d'une émission lumineuse indépendante. Michel décrit une chaleur « qui rayonnait comme celle d'un poêle », ressentie par l'entourage[20] — un phénomène de la famille de l'incendium amoris, non de la lumière, et qui relève du dossier consacré à la chaleur mystique. Un cas comparable, celui de la carmélite napolitaine Séraphine de Dieu (m. 1699), associe dans un même témoignage un « visage rayonnant comme une flamme », des « yeux étincelants » et une chaleur telle que les religieuses qui la touchaient se brûlaient ; ce passage ne décrit pas d'effet lumineux sur l'environnement[21].
Alexia González Barros : une peau « presque éclatante »
Le troisième exemple, plus tardif, confirme la règle. Après la mort de l'adolescente espagnole Alexia González Barros (1971-1985), sa biographie décrit ainsi son visage :
« Le visage d'Alexia avait pris une beauté inusitée. Avec son air grave et paisible, elle ne semblait pas morte, mais endormie. Sa peau était blanche, presque éclatante, ses joues avaient une douce couleur rosée. » — Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Le Jardin des Livres, 2015, p. 451, citant Pedro Antonio de Urbina, Alexia — Un sourire pour Dieu, Éd. Le Laurier, 1996, p. 263[22]
Le texte ne dit ni source lumineuse, ni halo, ni éclairage anormal. Il décrit une blancheur de peau et une couleur rosée des joues — un cas typique de transfiguration esthétique post mortem, à ne pas confondre avec un phénomène optique. Ces trois exemples fixent la méthode appliquée dans le reste de l'article : seuls les cas suivants, où un témoin décrit explicitement un effet sur l'environnement, une durée ou une comparaison avec une source lumineuse connue, sont retenus comme cas positifs de luminosité.
L'auréole durant la prière : cas attestés du XIXe et du XXe siècle
Vincenzo Pallotti : un passant qui ne connaissait pas le prêtre
Le premier type de cas positif est l'auréole ou le nimbe perçu au-dessus de la tête pendant la prière ou la célébration eucharistique. Vincenzo Pallotti (1795-1850), fondateur de la Société de l'Apostolat Catholique et canonisé en 1963, en offre un exemple documenté à deux niveaux de témoignage. Une fidèle, Elisabetta Sanna, rapporte l'avoir vu « par deux fois, pendant que don Vincenzo célébrait la messe [...] sa tête auréolée d'une vive lumière »[23]. Le second témoignage est plus significatif encore, car il vient d'un passant qui ne connaissait pas le prêtre :
« La tête du prêtre était nettement entourée d'un halo comparable à un vif éclat de soleil. » — Giuseppe Giorgio, témoin extérieur, via Tor di Nona, Rome, 1848, cité in Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Le Jardin des Livres, 2015, p. 70, citant F. Amoroso, San Vincenzo Pallotti, Rome, Postulazione, 1962, p. 399[24]
Giuseppe Giorgio précise qu’il ne connaissait pas Pallotti : après l’avoir croisé, il demanda dans une boutique qui était ce prêtre. Cette circonstance distingue son récit de celui d’Elisabetta Sanna, déjà familière de Pallotti, sans permettre de conclure à l’absence de toute conviction religieuse chez le passant[25].
Frère André Bessette : le test de la lumière électrique
Un cas assorti d’un contrôle de l’éclairage concerne saint André Bessette, dit Frère André (1845-1937), portier du collège Notre-Dame à Montréal et à l'origine de l'oratoire Saint-Joseph, canonisé le 17 octobre 2010[26]. Un témoin, Adélard Favre, dépose lors du procès de béatification :
« Je vis, au-dessus de la tête du Frère André, une source de lumière de 15 à 20 pieds de circonférence [...] ce phénomène (lumineux) a duré de 3 à 4 minutes. » — Adélard Favre, Summarium, pp. 331-332, n° 77-80, cité in Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Le Jardin des Livres, 2015, p. 71[27]
Favre voulut éprouver une explication par l’éclairage du sanctuaire. Après avoir parlé de sa vision au Frère Ludger, il lui demanda d’allumer les lumières électriques : la comparaison ne reproduisit pas l’effet observé. Ludger intervient ici dans le contrôle ultérieur, sans être présenté comme témoin de la clarté initiale. Ce test répond à une question concrète — le luminaire habituel suffit-il ? — mais ne constitue pas une mesure de l’intensité de la lumière rapportée[28].
Jean-Michel Roy : un nimbe estimé à quinze ou vingt centimètres
Le 8 mai 1923, vers 11 h 30, à l’église des Miracles de Rome, le père Jules Saubat est alerté par le recteur, puis observe le père Jean-Michel Roy, religieux de Bétharram mort en 1924, revenant de sa messe. Saubat estime la durée à environ une minute et décrit l’épaisseur du nimbe ; aucun instrument de mesure n’est mentionné[29] :
« Je vois en effet, d'abord, un visage très rouge [...] je vois très clairement une vapeur, sorte de nuée blanche, qui entourait toute la tête. La profondeur du nimbe était de 15 à 20 centimètres, plutôt 20. » — le P. Jules Saubat, témoignage cité par Olivier Leroy, p. 158, repris in Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Le Jardin des Livres, 2015, p. 72-73[30]
Bouflet souligne l’originalité de cette description, éloignée des formules hagiographiques habituelles[31]. Il rapporte aussi, au sujet d’Auguste Etchecopar (1830-1897), troisième supérieur général de Bétharram, une lumière douce au visage et un rayonnement pendant l’adoration. Pour ce dernier épisode, il cite le témoignage du père Bourdenne transmis par Denis Bézy[32].
Konrad von Parzham : des globes de feu répétés pendant trente ans
Le second type de phénomène — l'émission de globes de feu ou d'étincelles, distincte de l'auréole statique — est décrit chez le capucin bavarois Konrad von Parzham (1818-1894), portier du couvent d'Altötting et canonisé en 1934. Le témoin Nikolaus Hartwanger dépose :
« Des globes de feu étincelants sortaient de sa bouche et s'élevaient jusqu'à la sainte image [...] une fois, je le vis tout entouré d'un voile de brume resplendissante. » — Nikolaus Hartwanger, cité in Georg Bergmann, Bruder zwischen Gestern und Morgen, Passau, Verlag Passavia, 1974, p. 221, repris in Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Le Jardin des Livres, 2015, p. 78-79[33]
Ce dossier tire sa force principale de sa répétition : Bouflet précise que le prodige « se renouvela des centaines de fois, entre 1862 et 1892 », et fut recueilli sous serment lors des procès de béatification puis de canonisation[34]. Une répétition sur trente ans, documentée par plusieurs témoins déposant sous serment dans une procédure canonique, répond directement au critère de durée et de contexte religieux posé par Lambertini.
Lumière au chevet : distinguer la vie et la mort
Narcisa de Jesús Martillo Morán : une cellule vue illuminée depuis le couloir
Le troisième type de cas — la lumière observée au chevet d'un mourant — est décrit chez la sainte équatorienne Narcisa de Jesús Martillo Morán (1832-1869), morte le 8 décembre 1869 dans un béaterio de Lima et canonisée le 12 octobre 2008[35]. Le récit présente une chaîne de vérification en deux étapes, particulièrement précieuse du point de vue méthodologique :
« Une sœur qui parcourait le couloir traversant la maison alla voir la supérieure pour lui dire que, passant devant la cellule de Narcisa, elle l'avait vue tout illuminée de l'intérieur [...]. La supérieure s'y rendit aussitôt pour constater la véracité du fait allégué et, ouvrant la porte de la chambre où reposait Narcisa, non seulement elle vit la même clarté, que l'on discernait de l'extérieur, mais [...] elle se rendit compte alors que Narcisa était morte. » — Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Le Jardin des Livres, 2015, p. 365, citant Roberto Pazmiño Guzmán, Narcisa de Jesús, una mujer de nuestro pueblo, Guayaquil, Impresores Asociados, 1984, p. 140[36]
Deux traits distinguent ce témoignage des simples récits de « visage radieux » écartés plus haut : la clarté est dite visible depuis l'extérieur de la pièce, avant même l'ouverture de la porte, et une seconde personne — la supérieure — vient explicitement vérifier le premier constat avant de le confirmer. Le ministère péruvien de la Santé publique, redoutant une supercherie ou une catalepsie, imposa ensuite une exposition du corps de quarante-huit heures, et le préfet Andrés Segura ordonna une exhumation le 12 janvier 1870, trente-cinq jours après le décès[37].
Yvonne-Aimée de Malestroit : un cœur lumineux et brûlant
Un témoignage concerne la religieuse augustine Yvonne-Aimée de Malestroit (1901-1951). Il se situe le 16 mai 1948, de son vivant, et relève donc d'une autre catégorie que le récit de la mort de Narcisa. Bouflet reproduit le récit de son infirmière, transmis par Paul Labutte :
« Son cœur est lumineux et quelle lumière ! Elle me le fait toucher : il est brûlant. » — L’infirmière d’Yvonne-Aimée, témoignage du 16 mai 1948, dans Paul Labutte, Yvonne-Aimée de Jésus, « ma mère selon l’Esprit », Paris, François-Xavier de Guibert, 1997, p. 705, cité par Bouflet, p. 80-81[38]
Ce témoignage associe, comme chez Marie-Madeleine de' Pazzi et Séraphine de Dieu, une luminosité rapportée et une chaleur perceptible au toucher — un rappel que les deux registres se recoupent souvent dans une même expérience mystique, sans que l'un se réduise à l'autre.
Maisons illuminées et lumières sur les tombes
Bouflet distingue les lumières liées au lieu où repose un défunt d’une émission provenant de son corps. Il rapporte une croix lumineuse au-dessus du corps de Pierre Chanel, tué à Futuna en 1841, d’après la biographie de P. Nicolet ; à Dülmen, le 9 février 1824, une clarté au-dessus de la ville à la mort d’Anne-Catherine Emmerich, d’après les archives Emmerick : les habitants des fermes voisines accoururent pour éteindre un incendie, mais ne trouvèrent aucun feu. Le 18 février 1971, trois éclats au-dessus de la tombe d’Anna Henle éclairèrent une partie du cimetière, d’après une déclaration du père Roesch contresignée par cinq témoins. Cet événement est distinct de la maison illuminée à Noël 1896. Bouflet mentionne également l’embrasement du Monte Senario à la mort d’Amideo Amadei, les lumières au-dessus du corps de Beatriz da Silva et les éclairs et flammes sur la colline des martyrs de Nagasaki.[39]
Anna Henle et Symphorose Chopin : une maison en feu qui ne se consume pas
Les récits d'une maison illuminée concernent aussi des personnes vivantes. Ils doivent être distingués des lumières funéraires de Charbel et de Rafqa examinées ensuite. La stigmatisée souabe Anna Henle (1871-1950) rapporte, la nuit de Noël 1896, avoir vu une hostie lumineuse suspendue devant ses lèvres ; des témoins extérieurs, sortant de la messe de minuit, décrivent en outre « une maison en feu qui brûlait sans se consumer couronnée de flammes »[40]. Bouflet précise avoir consulté lui-même « la copie de la déposition de l'abbé Busert, dont l'original est conservé sub secreto dans les archives diocésaines de Stuttgart-Rottenburg », afin de ramener le récit à une plus rigoureuse objectivité[41]. Un phénomène presque identique se reproduit, soixante-neuf ans plus tard, chez la mystique française Symphorose Chopin (1924-1983) : à Noël 1965, sa sœur Berthe rapporte une « croix de lumière sur la maison », qui alerte les pompiers du voisinage[42].
Les deux biographies citées par Bouflet, celles de Franz Teng et de Christian Rouvières, présentent une version très romancée de l’épisode d’Anna Henle. Pour Symphorose Chopin, Bouflet conserve le témoignage de Berthe, corroboré par d’autres témoins ; Symphorose précise qu’elle n’a pas vu elle-même la croix au-dessus de la maison, mais en a eu révélation pendant son extase.[43]
Charbel Makhlouf : une lumière attestée y compris par un témoin musulman
Les lumières liées à la tombe du moine maronite Charbel Makhlouf (1828-1898), canonisé en 1977, sont rapportées par plusieurs témoins nommés. La nuit suivant sa mort, le 24 décembre 1898, le frère Élie Mehrini décrit une clarté partant du tabernacle, passant au-dessus du corps exposé dans l’église, puis retournant au tabernacle. Après l’inhumation, Georges Emmanuel rapporte la lueur vue par les habitants depuis leurs maisons. Miladé Chehadé dit l’avoir observée trois fois ; elle raconte que le supérieur Antoine Al-Michmichani vint la constater avant l’exhumation[44].
Miladé Chehadé précise que les moines avaient d’abord refusé de croire les habitants. Dans son récit, la répétition des lumières et leur constatation par le supérieur motivent l’exhumation du corps[45].
Paul Daher rapporte également, par Saba Bou Moussa, l’observation du préfet musulman Mahmoud Hémadé et de ses hommes, venus rechercher un criminel près d’Annaya[46]. Patrizia Cattaneo situe cet épisode au 8 février 1899 et indique quatre gendarmes : la lueur, d’abord faible puis brillante comme une étoile, est prise initialement pour un signal entre bandits. Ces précisions appartiennent à son récit de l’événement[47]. L’article Saint Charbel Makhlouf développe la biographie et les guérisons attribuées au saint.
Rafqa Ar-Rayès : « je voyais une à une les feuilles du chêne »
Un dossier comparable concerne la religieuse libanaise Rafqa Ar-Rayès (1832-1914), canonisée en 2001, dont la tombe fait également l'objet d'observations de lumière nocturne. Dorgham Al-Koury Khaïrallah, qui rapporte deux observations lors de deux nuits différentes, précise l’effet de la lumière sur l’environnement[48] :
« Grâce à cette lumière, je voyais une à une les feuilles du chêne qui est en face du caveau. » — cité in Joseph Mahfouz, La servante de Dieu, sœur Rafqâh..., Roma, Postulazione, 1980, pp. 125-126, repris in Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Le Jardin des Livres, 2015, p. 87[49]
Ce détail — la capacité de distinguer les feuilles d'un arbre à la faveur de cette lumière — indique un effet sur l'environnement. Il rejoint la question posée par le premier critère de Lambertini, celle d'une clarté dépassant l'éclairage ambiant, sans fournir une mesure de son intensité. L'article Sainte Rafqa présente l'ensemble de sa vie et de sa cause de canonisation.
Cas-limites : entre transfiguration du visage et translucidité
Trois dossiers, quoique fréquemment cités dans la littérature de vulgarisation comme des « phénomènes lumineux », doivent être classés avec une prudence particulière : ils décrivent une couleur, une transparence ou une fraîcheur du teint, sans qu'un témoin n'affirme explicitement une émission lumineuse éclairant l'environnement.
Maria del Carmen González Valerio : une « radieuse lumière » au moment du décès
L'enfant espagnole Maria del Carmen González Valerio (1930-1939) meurt à Madrid le 17 juillet 1939, à neuf ans, après une septicémie douloureuse. Sa biographie carmélitaine décrit ainsi l'instant du décès :
« Or, au moment où elle expira, une beauté céleste se répandit sur son visage. C'était une beauté spirituelle, lumineuse, comme si son corps était devenu un vase d'albâtre que rendait translucide une radieuse lumière qui se fût allumée en lui. » — Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Le Jardin des Livres, 2015, p. 353-354, citant La niña que se entregó a Dios, Carmelitas Descalzas de Aravaca, 1980, p. 121[50]
Le texte se poursuit par un constat plus objectif : le corps « n'exhalait pas la moindre mauvaise odeur », conservait « son entière flexibilité », et le visage restait si frais que l'employé chargé de délivrer le permis d'inhumer s'y refusa d'abord[51]. Cette chaîne de signes concrets (absence d'odeur, souplesse, refus administratif documenté) donne au récit un ancrage que la seule formule littéraire de la « radieuse lumière » n'aurait pas.
Librada Ferrarons et Maria Anna Josefa Lindmayr : le test de la translucidité
La tisserande catalane Librada Ferrarons (1803-1842) meurt à Olot le 21 juin 1842, après des extases où son biographe la dit déjà « irradiée » :
« La peau devint d'une blancheur d'albâtre, et lumineuse, comme elle apparaissait irradiée aux moments les plus beaux de ses extases. Les yeux brillèrent comme deux étoiles. » — Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Le Jardin des Livres, 2015, p. 407-408, citant Mario Nanteli, La tessitrice di Olot, Liberata Ferrarons, Milan, Ed. Ancora, 1963, p. 125[52]
Le cas le plus utile pour distinguer précisément translucidité et lumière propre est celui de la carmélite munichoise Maria Anna Josefa Lindmayr (1657-1726). Huit jours après sa mort, un médecin de la cour des Wittelsbach, le docteur Temperer, convoque deux autres médecins et trois chirurgiens pour un examen collectif, en présence de six carmes et de la communauté. Le rapport officiel note :
« Tous les membres sont très beaux, translucides, comme l'est une main exposée le soir devant une flamme, avec la même couleur d'un beau rose. » — cité in Bonifatius Günthner, Maria Anna Josefa Lindmayr: Prophetin Gottes und Helferin der Armen Seelen, Myriam Verlag, 1976, p. 236, repris in Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Le Jardin des Livres, 2015, p. 429[53]
La comparaison choisie par les médecins eux-mêmes est décisive : une main devant une flamme extérieure est translucide, elle n'émet pas sa propre lumière. Ce rapport, précisément parce qu'il est un constat médical collectif et non un récit dévotionnel, permet de distinguer une translucidité rosée — phénomène de coloration et de transparence des tissus — d'une véritable émission lumineuse.
Une hiérarchie probatoire entre les cas exposés
Tous les cas retenus jusqu'ici n'ont pas la même documentation. Il faut distinguer la qualité d'une déposition de l'indépendance du témoin : un serment ou un procès de béatification donne un cadre au récit, sans rendre automatiquement son auteur extérieur au cercle du sujet.
| Cas | Témoins et cadre du récit | Comparaison de l'éclairage | Durée rapportée | Répétition |
|---|---|---|---|---|
| Frère André Bessette | Adélard Favre ; Frère Ludger participe à une comparaison ultérieure | Comparaison ultérieure avec l'éclairage électrique | 3 à 4 minutes | Non précisée |
| Jean-Michel Roy | Jules Saubat, alerté par le recteur de l'église | Nimbe blanc distingué de la rougeur du visage | Environ une minute | Un épisode décrit |
| Konrad von Parzham | Dépositions sous serment ; témoins religieux | Non précisée | Non précisée | Des centaines de fois selon les dépositions, 1862-1892 |
| Vincenzo Pallotti | Elisabetta Sanna ; Giuseppe Giorgio, passant | Comparaison avec le soleil dans le récit | Non précisée | Deux messes selon Sanna ; autre épisode de rue |
| Narcisa de Jesús | Une religieuse puis la supérieure avertie par elle | Clarté vue depuis le couloir | Non précisée | Au moment de la mort |
| Charbel Makhlouf | Témoins monastiques ; préfet Mahmoud Hémadé cité | Non précisée | Non précisée | Plusieurs mois selon le récit |
| Anna Monaro | Récit signé de Protti ; Fabio Vitali présent le 11 avril 1934 | Observation nocturne ; vêtements et couvertures partiellement maintenus | Quelques secondes | Crises répétées rapportées |
Ces critères évaluent les récits, sans classer la sainteté des personnes. Le dossier du Frère André associe un témoin nommé, une comparaison avec l'éclairage électrique et une estimation de durée. Celui de Narcisa décrit une vérification successive ; celui de Konrad, une répétition prolongée. Ni la précision d'un souvenir ni sa consignation sous serment ne remplacent une mesure instrumentale.
Le dossier scientifique : le cas Protti (Padoue, 1934)
Un phénomène filmé et présenté devant une société médicale
Le dossier médical le plus développé du corpus concerne Anna Monaro, observée à Pirano en 1934. Padoue désigne la présentation médicale rapportée par Aimé Michel à partir d’Herbert Thurston, et non le lieu d’observation de la patiente. Le médecin Giocondo Protti publie son propre récit dans l’Illustrated London News du 19 mai 1934, sous le titre « The Luminous Woman: The Mystery of Anna Monaro »[54]. Michel résume la transmission du dossier :
« Il se trouve que ce phénomène est un de ceux que la science a pu étudier à loisir, quoique sans en donner d'explication : on trouve dans Thurston le compte rendu succinct d'un cas observé et filmé en 1934 dans un hôpital italien. Un rapport fut présenté, avec le film, devant une société médicale dépendant de l'université de Padoue, par le médecin qui avait étudié le cas, le Dr Protti. » — Aimé Michel, Métanoia — Phénomènes physiques du mysticisme, Albin Michel, 1986, p. 231-232, renvoyant à Herbert Thurston, Phénomènes physiques du mysticisme, p. 198-199[55]
L’article signé de Protti décrit l’observation du 11 avril, en présence du professeur Fabio Vitali. Il reproduit une bande de 54 photogrammes, donnée pour 16 images par seconde, ainsi que des graphiques. Protti rapporte un pouls passant de 70 à 140 par minute et une respiration de 24 à 48 par minute. Il décrit l’emploi d’un électroscope, d’une cage de Faraday et d’un électrocardiographe. Il précise toutefois que les vêtements et les couvertures n’ont pas été entièrement retirés : la lumière apparaissait à hauteur de la poitrine, entre les couvertures[56].
La discussion publiée par J. B. Bateman dans Nature le 9 juin 1934, p. 860 constitue une autre pièce contemporaine. À partir des récits de presse, dont celui de Protti, Bateman mentionne une émission d’environ trois secondes et une photographie prise au 1/16 de seconde. Il ne s’agit pas de mesures effectuées par Bateman auprès de la patiente[57].
Une luminosité corrélée à une constellation physiologique précise
Le rapport résumé par Thurston, puis par Michel, ne présente pas la luminosité comme un phénomène isolé, mais comme associée à un ensemble de signes physiologiques observables :
« Ce Dr Protti remarque, dans son étude, que le sujet, une femme, était "en proie à une idée fixe de caractère religieux", que l'apparition de la luminosité était en rapport avec des troubles neurovégétatifs, notamment une accélération des rythmes cardiaque et respiratoire, des sueurs profuses, de fortes variations des activités endocriniennes et surtout avec des périodes de jeûne absolu, détail qui semble avoir beaucoup frappé le médecin. » — Aimé Michel, Métanoia — Phénomènes physiques du mysticisme, Albin Michel, 1986, p. 232[58]
Cette description associe des signes observables — pouls, respiration, sueurs — à une interprétation neurovégétative et endocrinienne. Les fréquences cardiaque et respiratoire figurent dans le récit de Protti ; le résumé cité ne fournit en revanche aucun dosage hormonal permettant de mesurer les « variations endocriniennes ». Le contexte physiologique décrit ne suffit donc pas à établir un mécanisme lumineux[59][60].
L'hypothèse de la phosphorescence cutanée
Le Dr Protti propose un mécanisme biochimique pour rendre compte de la luminosité observée :
« Il se pourrait, dit-il, que, lors des crises où s'observe la luminosité, des composés soufrés contenus dans la sueur fussent excités sous l'effet de radiations exceptionnellement énergiques émises par le sang. » — Aimé Michel, Métanoia — Phénomènes physiques du mysticisme, Albin Michel, 1986, p. 232[61]
Michel relève que le résumé de Thurston n’explique pas pourquoi Protti situe dans le sang l’origine du rayonnement supposé[62]. La bande photographique publiée par Protti ne constitue pas, à elle seule, une mesure du spectre de la lumière, de son flux ou de sa source anatomique. L’image enregistrée et l’hypothèse biochimique sont deux éléments distincts du dossier.
La critique du rayonnement supposé
La critique contemporaine de Bateman porte sur le mécanisme proposé. Le rayonnement « mitogénétique » invoqué par Protti reste, à ses yeux, insuffisamment établi ; même s'il existait, son intensité serait trop faible pour provoquer une fluorescence visible. Bateman rappelle la chimiluminescence biologique et évoque aussi les bactéries lumineuses comme explication possible de certains récits, sans démontrer leur présence chez cette patiente. Son article est une discussion théorique fondée sur la presse, pas un compte rendu d'examen clinique[63]. Bouflet signale cette contestation dans son propre dossier[64].
Aimé Michel rejette également l'hypothèse d'un « sang radioactif », en invoquant de manière polémique des conséquences mortelles pour la patiente et son entourage[65]. Son passage ne fournit toutefois ni dose, ni énergie du rayonnement, ni calcul d'exposition. Il ne constitue donc pas une démonstration dosimétrique. Le résultat documentaire est plus précis : l'explication proposée n'est pas établie, et le débat de 1934 ne permet à lui seul ni de reproduire le phénomène ni d'en déterminer la cause.
Domenica Patania : un suivi médical sur cinq ans
Bouflet rapproche des manifestations lumineuses le cas de Domenica Patania, dite Mamma Minna, née en 1917 et vivant à proximité de Paterno, en Sicile. Atteinte d’une cécité presque totale liée au diabète, elle disait avoir été guérie d’un cancer en 1960 après une apparition de sainte Rita. Pendant ses expériences mystiques, ses yeux étaient décrits comme intensément lumineux ; les mêmes récits mentionnent l’émission de pétales de roses fraîches par la bouche[66]. Le Dr Mariano Grasso, médecin à Catane, l’observa pendant cinq ans. Les contrôles détaillés par Bouflet portent principalement sur les pétales : cette durée ne doit pas être assimilée à cinq années de mesures optiques des yeux[67].
La lumière naturelle du corps : une émission trop faible pour l’œil
Le corps humain émet réellement une très faible lumière. En 2009, Masaki Kobayashi, Daisuke Kikuchi et Hitoshi Okamura l’ont photographiée chez cinq volontaires, avec une caméra refroidie à −120 °C. Après quinze minutes d’adaptation à l’obscurité, chaque image demandait vingt minutes de pose. Les mesures, renouvelées toutes les trois heures durant trois jours, indiquaient un maximum en fin d’après-midi[68].
Cette émission, associée au métabolisme cellulaire, est environ mille fois plus faible que le seuil de sensibilité de l’œil nu. Les images ne reproduisent pas la distribution de température d’une photographie thermique. L’étude établit donc une émission naturelle mesurable ; elle ne rend pas compte, à cette intensité, d’une cellule illuminée ou d’un arbre dont les feuilles deviendraient visibles la nuit[69]. Appliquer cette explication aux récits mystiques exigerait des mesures montrant une amplification suffisante : la seule existence des « biophotons » ne fournit pas cette démonstration.
Hosties et images : quand la lumière n'est pas corporelle
Le dossier des phénomènes lumineux ne se limite pas au corps des mystiques. Un sous-ensemble plus restreint concerne des objets liturgiques ou des représentations pieuses.
À Ravenne, dans l’église San Pier Damiani, Bouflet rapporte une luminescence du cœur d’une statue de Notre-Dame de Fátima le 3 novembre 1972, après des pleurs signalés depuis le 12 septembre. La notice mentionne un liquide identifié par analyse comme du sang humain et des fragrances accompagnant parfois les larmes et les saignements, sans reproduire de rapport ni préciser le laboratoire ou le protocole. Elle indique que l’archevêque de Ravenne n’a pas reconnu le caractère surnaturel des faits. Cet épisode italien est distinct des apparitions portugaises de Fátima.[70]
Bouflet rapporte pour janvier 1970 une émission de rayons lumineux sur une statue du Sacré-Cœur provenant de l’église Saint-Joseph et détenue par Maria Baumann depuis 1968. Il la décrit parmi les transformations des plaies précédant leur saignement : gonflement du cœur, creusement et tuméfaction des blessures aux mains et aux pieds. Sa notice indique que les faits, entourés d’une grande discrétion, ont été soumis à une commission d’enquête, sans jugement émis par l’autorité ecclésiastique[71].
Les hosties volées retrouvées grâce à une lumière
Bouflet rapproche trois récits d’hosties volées puis retrouvées à la faveur d’une clarté : Ettiswil, en Suisse, après le vol du 23 mai 1447 ; Huesca, en Espagne, après celui du 30 novembre 1648 ; Paterno, près de Naples, où les hosties sont retrouvées en janvier 1772, plus d’un mois après leur disparition[72]. À Ettiswil, la gardienne de cochons Margreth Schulmeister et une autre bergère remarquent la lumière d’un buisson ; les habitants y découvrent à leur tour l’hostie. Bouflet souligne l’enquête ecclésiastique et la construction d’une chapelle votive : le récit possède une localisation et une histoire cultuelle, au-delà du seul motif littéraire de la lumière[73].
Statues et icônes lumineuses : le cas d'Akita
Un dernier sous-type concerne des lumières observées autour d'une image ou d'une statue sainte. Bouflet décrit notamment la statue de Notre-Dame d'Akita, au Japon, entourée dès l'origine du phénomène de « mystérieuses lumières », puis « s'illuminant soudain » le 29 septembre 1973, au moment précis où sa plaie stigmatique disparaît[74]. Ce dossier, reconnu par une lettre pastorale de Mgr Itô, évêque de Niigata, le 22 avril 1984, est traité dans son intégralité par l'article Le sanctuaire de Notre-Dame d'Akita, auquel cet article renvoie plutôt que d'en dupliquer le contenu.
Une permanence transculturelle, et ses limites
Le motif d’une lumière associée à la prière n’est pas propre au christianisme. Aimé Michel cite le philosophe néoplatonicien Jamblique à partir d’Eunape[75]. Le passage des Vies des philosophes et des sophistes possède cependant une structure précise : les disciples interrogent Jamblique sur une rumeur transmise par ses serviteurs, selon laquelle il s’élèverait en priant, son corps et ses vêtements prenant une couleur d’or. Jamblique rit, puis récuse le récit. Eunape n’offre donc pas ici une déposition des disciples affirmant avoir eux-mêmes observé le phénomène[76].
Cette page atteste la circulation du motif dans l’Antiquité ; elle ne suffit pas à établir une luminosité de Jamblique. La comparaison des religions demande donc de comparer aussi les documents : une rumeur contredite dans sa propre source n’a pas le même statut qu’une observation revendiquée par un témoin nommé. Même lorsqu’un effet physique est établi, sa seule ressemblance avec un autre récit ne décide pas de sa signification spirituelle.
Ce qu'un phénomène lumineux prouve, et ce qu'il ne prouve pas
Objection 1 — « Ce n'est qu'un reflet ou un effet d'éclairage ordinaire »
Réponse : l'objection est la première à examiner pour chaque cas. Adélard Favre, témoin du Frère André, cherche ensuite à comparer son observation avec l'éclairage électrique du sanctuaire ; le Frère Ludger participe à cette vérification ultérieure[77]. Cette démarche documente une comparaison concrète, mais Ludger ne constitue pas un second témoin de la scène initiale et l'essai ne reproduit pas nécessairement toutes les conditions de l'observation.
Objection 2 — « Une simple vasodilatation ou une fièvre suffit à expliquer un visage rayonnant »
Réponse : une coloration ou une translucidité du teint ne suffit pas à établir une émission lumineuse. Les descriptions de Marie-Madeleine de' Pazzi, Alexia González Barros, Librada Ferrarons et Lindmayr diffèrent ainsi des récits où un témoin décrit un effet sur l'environnement (Frère André, Narcisa de Jesús, Rafqa). Le rapport médical sur Lindmayr donne une comparaison précise : une main devant une flamme extérieure est translucide, elle n'émet pas sa propre lumière[78].
Objection 3 — « La suggestion collective et l'amplification hagiographique dévotionnelle biaisent tous ces récits »
Réponse : ce facteur doit être examiné dans chaque dossier. Le passant qui ne connaissait pas Vincenzo Pallotti et le préfet musulman venu rechercher un criminel près d’Annaya n’occupent pas la même position que des familiers du mystique[79][80]. Cela ne les rend pas infaillibles ; cela donne des circonstances concrètes à confronter. À l’inverse, Michel qualifie l’abbé Manesse, qui raconte une auréole d’Anne-Catherine Emmerich, de « fervent admirateur » et relève les passions qui traversent son texte. Le jugement porte ici sur la transmission et le ton du récit, non sur une démonstration que l’événement serait impossible[81].
Objection 4 — « Le rapport Protti passe par trop d'intermédiaires pour être fiable »
Réponse : la chaîne Michel–Thurston existe, mais le récit signé de Protti et sa bande photographique imprimée sont également conservés. L’observation ne repose donc pas uniquement sur des résumés tardifs[82]. Cela ne résout pas toutes les questions expérimentales : une photographie de lumière ne prouve ni son origine sanguine ni l’absence de toute autre source lumineuse. Le rejet par Bateman du mécanisme proposé doit être distingué d’une réfutation expérimentale de l’observation elle-même[83].
Objection 5 — « Un phénomène non reproductible ne peut pas être considéré comme un fait scientifique »
Réponse : il faut distinguer la reproduction à volonté d’un événement et l’examen scientifique des traces qu’il laisse. Un événement singulier peut être étudié ; ce qui compte est la qualité des observations, des instruments et des contrôles disponibles. Mais l'absence de reproductibilité n'équivaut pas à l'absence de preuve historique : elle invite seulement à distinguer un fait établi par témoignage — au même titre que la plupart des faits historiques ordinaires — d'un fait démontré par expérimentation contrôlée. Refuser d'avance tout fait connu par le seul témoignage reviendrait, selon la formule de Michel, à ne jamais pouvoir être averti d'une erreur d'appréciation[84].
Objection 6 — « Des phénomènes similaires existent hors du christianisme, donc ils ne prouvent rien de spécifiquement catholique »
Réponse : une ressemblance de récits ne constitue pas une équivalence de preuves : le passage d’Eunape sur Jamblique transmet une rumeur récusée par l’intéressé[85]. Mais même un effet lumineux matériellement établi ne suffirait pas à identifier son origine spirituelle. Les critères de Lambertini ajoutent à l’examen du phénomène le contexte de prière, les indices de vertus peu communes chez le sujet et les fruits spirituels chez les témoins[86].
Objection 7 — « Même établi, un fait physique inexpliqué ne prouve pas une origine divine »
Réponse : l'absence d'explication physique n'identifie pas à elle seule une cause divine. Les critères de Lambertini demandent aussi un contexte de prière, des indices de vertus peu communes et des fruits spirituels chez les témoins[87]. L'examen matériel du phénomène et le discernement de sa signification sont donc deux étapes distinctes.
Ce que l'Église retient : discernement et sainteté
Le tableau suivant compare les phénomènes rapportés chez les saints canonisés évoqués dans cet article. La canonisation porte sur la sainteté d’une personne ; elle n’authentifie pas automatiquement chacun des récits extraordinaires de sa biographie.
| Saint ou sainte | Type de lumière rapportée | Canonisation |
|---|---|---|
| Vincenzo Pallotti (1795-1850) | Auréole faciale pendant la messe | Canonisé en 1963 |
| Frère André Bessette (1845-1937) | Source de lumière au-dessus de la tête, comparée à l'éclairage électrique | Canonisé en 2010 |
| Konrad von Parzham (1818-1894) | Globes de feu répétés, voile de brume | Canonisé en 1934 |
| Narcisa de Jesús Martillo Morán (1832-1869) | Cellule illuminée au moment de la mort | Canonisée en 2008 |
| Charbel Makhlouf (1828-1898) | Lumière sur la tombe, attestée y compris par un témoin musulman | Canonisé en 1977 |
| Rafqa Ar-Rayès (1832-1914) | Lumière nocturne sur la tombe | Canonisée en 2001 |
| Pier Giorgio Frassati (1901-1925) | Vocabulaire lumineux jugé « pieuse fiction » par Bouflet | Canonisé le 7 septembre 2025[88] |
L'intensité ou la spectacularité du phénomène rapporté ne prédit en rien le jugement ecclésial : Konrad von Parzham, dont le prodige se répète des centaines de fois pendant trente ans, et Pier Giorgio Frassati, dont Bouflet réfute lui-même le vocabulaire lumineux comme de la « pieuse fiction », sont l'un et l'autre canonisés : le jugement sur leur sainteté est distinct de l'évaluation de chaque récit lumineux. Le cas médical de 1934 pose une autre question : la présence d’une lumière et ses mécanismes possibles. Une observation médicale n’est pas un jugement sur la sainteté de la patiente.
La démarche exposée par Bouflet articule trois étapes : établir d'abord le fait, avec ses témoins, sa durée et son contexte ; chercher ensuite les causes secondes possibles — reflet, translucidité, fièvre, suggestion ; ne conclure enfin à une signification spirituelle qu'à la lumière des fruits durables d'une vie entière. La lumière, quand elle est de Dieu, n'est jamais elle-même la sainteté : elle peut l'accompagner, elle ne la constitue jamais.
Le théologien Antonio Blasucci propose cette interprétation, en réservant expressément son propos aux phénomènes d’origine divine :
« Lorsqu'il s'agit d'un tel phénomène d'origine divine, une seule explication théologique est possible, celle d'une irradiation qui, de l'esprit au contact avec Dieu, se transmet au corps [...] on peut voir dans ce phénomène comme une irradiation anticipée de la glorieuse clarté des corps dans le monde nouveau de la résurrection. » — Antonio Blasucci, article « Phénomènes lumineux », Dictionnaire de Spiritualité, Beauchesne, fasc. LXII-LXIII, 1976, col. 1184-1188[89]
Il rattache ainsi la lumière corporelle à l’espérance chrétienne de la résurrection. L’enjeu spirituel est la transformation de toute la personne par Dieu, et non la recherche d’une manifestation spectaculaire.
Pour aller plus loin
- L'incendium amoris — la chaleur mystique, phénomène voisin et souvent entremêlé dans les mêmes témoignages.
- Les stigmatisés — hub sur la stigmatisation, autre phénomène psycho-physiologique mystique.
- Les corps incorruptibles — la conservation du corps après la mort, distincte de la transfiguration du visage.
- Les lévitations — autre phénomène corporel lié à l'extase.
- Les inédies — l'abstinence totale de nourriture chez certains mystiques.
- Les bilocations — autre phénomène psycho-physiologique mystique.
- Les autres phénomènes mystiques — panorama des phénomènes moins fréquents.
- Saint Charbel Makhlouf — vie complète et miracles attribués.
- Sainte Rafqa — vie complète et cause de canonisation.
- Saint Pier Giorgio Frassati — biographie complète.
- Le sanctuaire de Notre-Dame d'Akita — dossier complet sur la statue lumineuse et ses reconnaissances.
- Discernement des phénomènes surnaturels — critères catholiques de prudence.
- Qu'est-ce qu'un miracle ? — cadre théologique général du signe et du miracle.
Notes et références
Prospero Lambertini (futur Benoît XIV), De Servorum Dei Beatificatione, Liber IV, pars 1a, cap. 26, n° 27 ; critères résumés en français par Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Le Jardin des Livres, 2015, p. 67. Pour la règle d'emploi et les renvois à Lambertini : Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Paris, Le Jardin des Livres, 2015 (© 2002-2015), p. 66-67, notes 117-118. Bouflet précise que la réalité matérielle du phénomène doit être établie et que tous les critères doivent être réunis. Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Paris, Le Jardin des Livres, © 2002-2015, impression de juillet 2018, p. 67, notes 117-118 ; contexte p. 66-68.
1 10 86 87Aimé Michel, Métanoia — Phénomènes physiques du mysticisme, Albin Michel, 1986, p. 231-232, renvoyant à Herbert Thurston, Phénomènes physiques du mysticisme, p. 198-199.
2Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Le Jardin des Livres, 2015, p. 400.
3Joachim Bouflet, op. cit., chapitre « Les phénomènes lumineux », p. 66-95, avec compléments dispersés p. 149-182 et p. 299-452.
4Voir Les stigmatisés, Les lévitations et Les inédies pour ces dossiers traités séparément par Ignispedia.
5Exode 34, 29-35, traduction liturgique AELF.
6Matthieu 17, 1-8, traduction liturgique AELF.
7Somme théologique, Supplément, questions 82-85, spécialement q. 85, a. 1, réponse, sur la clarté des corps glorieux ; traduction anglaise des Pères dominicains, 1920.
8Adolphe Tanquerey, Phénomènes mystiques extraordinaires, Éditions Sainte Jeanne d’Arc, 1986, p. 31, section « Effluves lumineux » ; résumé de Benoît XIV, De beatificatione, livre IV, partie I, ch. XXVI, n° 8-30. Adolphe Tanquerey, Phénomènes mystiques extraordinaires, plaquette extraite du Précis de théologie ascétique et mystique, Imprimerie du Pays Fort, impression du 3 novembre 1986, p. 31, notes 33–34.
9 11Olivier Leroy, cité in Joachim Bouflet, op. cit., p. 68, à propos du cas de sainte Colette de Corbie.
12Aimé Michel, op. cit., p. 112.
13Aimé Michel, op. cit., p. 148-149.
14Aimé Michel, op. cit., p. 149.
15Aimé Michel, op. cit., p. 150.
16 84Léon XIV, homélie de la canonisation de Pier Giorgio Frassati et Carlo Acutis, 7 septembre 2025.
17 88Joachim Bouflet, op. cit., p. 400.
18Aimé Michel, op. cit., p. 113, citant le père Virgilio Cepari, biographe de sainte Marie-Madeleine de' Pazzi.
19Aimé Michel, op. cit., p. 113 ; ce phénomène de chaleur relève du dossier distinct traité dans L'incendium amoris.
20Aimé Michel, op. cit., p. 236, citant Sguillante et Pagani, Vita della Venerabile Serafina di Dio, Rome, 1748, p. 260.
21Joachim Bouflet, op. cit., p. 451, citant Pedro Antonio de Urbina, Alexia — Un sourire pour Dieu, Paris, Éd. Le Laurier, 1996, p. 263.
22Joachim Bouflet, op. cit., p. 70, citant F. Amoroso, San Vincenzo Pallotti, Rome, Postulazione, 1962, p. 399, témoignage d'Elisabetta Sanna.
23Joachim Bouflet, op. cit., p. 70, témoignage de Giuseppe Giorgio, Via Tor di Nona, Rome, 1848.
24 25 79Benoît XVI, homélie de la canonisation d'André Bessette et de cinq autres saints, 17 octobre 2010.
26Joachim Bouflet, op. cit., p. 71, citant le Summarium du procès de béatification du Frère André, dép. Adélard Favre, pp. 331-332, n° 77-80.
27Joachim Bouflet, op. cit., p. 71, témoignage relatif au Frère Ludger.
28 77Joachim Bouflet, op. cit., p. 72-73, témoignage du P. Jules Saubat, cité par Olivier Leroy, p. 158.
29 30Joachim Bouflet, op. cit., p. 73.
31Joachim Bouflet, op. cit., p. 72 et 78 ; Denis Bézy, Le saint de Bétharram, le bon Père Garicoïts, Paris, Saint-Paul, 1947, p. 197, témoignage du père Bourdenne, cité p. 78.
32Joachim Bouflet, op. cit., p. 78-79, citant Georg Bergmann, Bruder zwischen Gestern und Morgen, Passau, Verlag Passavia, 1974, p. 221, dép. Nikolaus Hartwanger. Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Paris, Le Jardin des Livres, © 2002-2015, impression de juillet 2018, p. 79, note 144 ; contexte p. 78-79, notes 143-144.
33Joachim Bouflet, op. cit., p. 79.
34Benoît XVI, homélie de la canonisation de Narcisa de Jesús et de trois autres saints, 12 octobre 2008.
35Joachim Bouflet, op. cit., p. 365, citant Roberto Pazmiño Guzmán, Narcisa de Jesús, una mujer de nuestro pueblo, Guayaquil, Impresores Asociados, 1984, p. 140.
36Joachim Bouflet, op. cit., p. 366 : constat du décès, exposition du corps et exhumation du 12 janvier 1870.
37Paul Labutte, Yvonne-Aimée de Jésus, « ma mère selon l’Esprit », Paris, François-Xavier de Guibert, 1997, p. 705, témoignage de l’infirmière du 16 mai 1948, cité par Joachim Bouflet, op. cit., p. 80-81.
38Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Paris, Le Jardin des Livres, impression de juillet 2018, © 2002–2015, p. 87–89, notes 166–169.
39Joachim Bouflet, op. cit., p. 76, citant Franz Teng, Anna Henle..., Wien, Kreuzverlag, 1972, p. 31.
40Joachim Bouflet, op. cit., p. 76.
41Joachim Bouflet, op. cit., p. 76-77, témoignage de Berthe Chopin, documents de l'auteur.
42Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Paris, Le Jardin des Livres, impression de juillet 2018, © 2002–2015, p. 76–77, notes 138–139.
43Paul Daher, Vie, survie et prodiges de l’ermite Charbel Makhlouf, Paris, Spes, 1953, p. 102, témoignages d’Élie Mehrini, Georges Emmanuel et Miladé Chehadé, cités par Joachim Bouflet, op. cit., p. 86. Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Paris, Le Jardin des Livres, impression de juillet 2018, p. 86–87, notes 161–164, citant Paul Daher, Vie, survie et prodiges de l’ermite Charbel Makhlouf, Paris, Spes, 1953, p. 102–103. Édition consultée : Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Paris, Le Jardin des Livres, 2e édition, exemplaire © 2002-2015, impression juillet 2018, p. 86-87, notes 161-164 ; citant Paul Daher, Vie, survie et prodiges de l'ermite Charbel Makhlouf, Paris, Éditions Spes, 1953, p. 102-103.
44 45Paul Daher, Vie, survie et prodiges de l’ermite Charbel Makhlouf, Spes, 1953, p. 102-103, témoignage de Saba Bou Moussa concernant le préfet Mahmoud Hémadé, cité par Bouflet, op. cit., p. 86-87.
46 80Patrizia Cattaneo, Les secrets du corps intact de saint Charbel, Éditions du Parvis, 2024, p. 23-24, récit du 8 février 1899.
47Joseph Mahfouz, La servante de Dieu, sœur Rafqâh..., Roma, Postulazione, 1980, pp. 125-126, cité in Joachim Bouflet, op. cit., p. 87.
48 49Joachim Bouflet, op. cit., p. 353-354, citant [Une Carmélite déchaussée], La niña que se entregó a Dios, Carmelitas Descalzas de Aravaca, 1980, p. 121.
50Joachim Bouflet, op. cit., p. 354 ; La niña que se entregó a Dios, 1980, p. 123, pour l’état du corps et le permis d’inhumer.
51Joachim Bouflet, op. cit., p. 407-408, citant Mario Nanteli, La tessitrice di Olot, Liberata Ferrarons, Milan, Ed. Ancora, 1963, p. 125.
52Bonifatius Günthner, Maria Anna Josefa Lindmayr: Prophetin Gottes und Helferin der Armen Seelen, Myriam Verlag, 1976, p. 236, cité in Joachim Bouflet, op. cit., p. 429.
53 78Giocondo Protti, « The Luminous Woman: The Mystery of Anna Monaro », Illustrated London News, 19 mai 1934, d’après L’Illustrazione Italiana ; exemplaire numérisé, Wellcome Collection, EPH/793/23.
54 56 59 82Aimé Michel, op. cit., p. 231-232, renvoyant à Herbert Thurston, Phénomènes physiques du mysticisme, p. 198-199.
55J. B. Bateman, « Mitogenetic Radiation and Bioluminescence », Nature, vol. 133, 9 juin 1934, p. 860, DOI : 10.1038/133860a0. Fac-similé du numéro, p. 860. La note 5 renvoie à Protti, Illustrated London News, 19 mai 1934.
57 63 83Aimé Michel, op. cit., p. 232.
58 60Aimé Michel, op. cit., p. 232.
61Aimé Michel, op. cit., p. 232.
62Joachim Bouflet, op. cit., p. 83-84 ; J. B. Bateman, « Mitogenetic Radiation and Bioluminescence », Nature, vol. 133, 9 juin 1934, p. 860. Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Paris, Le Jardin des Livres, © 2002-2015, impression de juillet 2018, p. 83, note 155 ; contexte p. 83-84.
64Aimé Michel, op. cit., p. 235.
65Joachim Bouflet, op. cit., p. 179-180. Édition consultée : Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Paris, Le Jardin des Livres, 2e édition, exemplaire © 2002-2015, impression juillet 2018, p. 179-181, notes 371-374.
66Joachim Bouflet, op. cit., p. 179-180 ; suivi médical par le Dr Mariano Grasso, médecin à Catane, sur cinq années. Le patronyme du médecin apparaît sous la forme « Grassa » dans le récit et « Grasso » dans la note 372 ; ces deux graphies de la copie sont conservées sans arbitrage. Les observations médicales détaillées concernent les pétales.
67Masaki Kobayashi, Daisuke Kikuchi et Hitoshi Okamura, « Imaging of Ultraweak Spontaneous Photon Emission from Human Body Displaying Diurnal Rhythm », PLoS ONE, 4(7), e6256, 16 juillet 2009, résumé, résultats et figure 1 ; DOI : 10.1371/journal.pone.0006256.
68 69Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Paris, Le Jardin des Livres, 2e édition, exemplaire © 2002-2015, impression juillet 2018, p. 270, notice Ravenne.
70Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Paris, Le Jardin des Livres, impression de juillet 2018, p. 267.
71Joachim Bouflet, op. cit., p. 90. Pour Ettiswil, il renvoie à Maria Haesele, Eucharistische Wunder aus aller Welt, Zürich, Pattloch, 1968, p. 11-12.
72Maria Haesele, Eucharistische Wunder aus aller Welt, Zürich, Pattloch, 1968, p. 11-12, citée par Joachim Bouflet, op. cit., p. 90. Source effectivement consultée : Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Paris, Le Jardin des Livres, 2e édition, exemplaire © 2002-2015, impression juillet 2018, p. 90, note 171 ; renvoi à Maria Haesele, Eucharistische Wunder aus aller Welt, 1968, p. 11-12.
73Joachim Bouflet, op. cit., p. 197-199, citant Teiji Yasuda, Le prodige de notre temps, Notre-Dame d'Akita, Ed. du Parvis, 1987, p. 81 ; voir Le sanctuaire de Notre-Dame d'Akita pour le dossier complet.
74Aimé Michel, op. cit., p. 211, renvoyant à Eunape, Vies des philosophes et des sophistes.
75Eunape, Vies des philosophes et des sophistes, vie de Jamblique, traduction anglaise de Wilmer Cave Wright, Loeb Classical Library, 1921, p. 365-367 ; texte intégral.
76 85Aimé Michel, op. cit., p. 154-156, relation de l’abbé Manesse publiée par Joseph-Alvare Duley ; qualification de Manesse p. 154, récit de l’auréole p. 155, commentaire sur le texte p. 156.
81Antonio Blasucci, « Phénomènes lumineux », Dictionnaire de Spiritualité, Beauchesne, fasc. LXII-LXIII, 1976, col. 1188, cité par Joachim Bouflet, op. cit., p. 84. Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, tome 1, Paris, Le Jardin des Livres, © 2002-2015, impression de juillet 2018, p. 84, note 158, citant A. Blasucci, « Phénomènes lumineux », Dictionnaire de Spiritualité, col. 1188 ; contexte p. 84-85. Dans le passage abrégé de la citation, Blasucci précise que cette interprétation spirituelle n’exclut pas une lumière physique et organique.
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