Saint André Bessette (1845-1937)

Portier du Collège Notre-Dame de Montréal pendant trente-neuf ans, le frère André Bessette fonda l'Oratoire Saint-Joseph à partir d'un unique sou et devint l'objet de dizaines de milliers de guérisons attribuées à sa prière. Canonisé en 2010 par Benoît XVI.

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Saint André Bessette, né Alfred Bessette le 9 août 1845 à Saint-Grégoire-le-Grand (aujourd'hui Mont-Saint-Grégoire, au Québec) et mort le 6 janvier 1937 à Montréal, est un frère convers de la Congrégation de Sainte-Croix, demeuré durant trente-neuf ans portier du Collège Notre-Dame avant de fonder, sur les pentes du mont Royal, l'Oratoire Saint-Joseph, aujourd'hui le plus grand sanctuaire dédié à saint Joseph dans le monde et l'un des lieux de pèlerinage les plus fréquentés d'Amérique du Nord.[1][2] Orphelin dès l'âge de douze ans, presque illettré, de santé si fragile que sa propre congrégation hésita longtemps à le garder, il devint pourtant, par sa confiance en la Providence et sa dévotion à saint Joseph, l'objet de dizaines de milliers de témoignages de guérisons et l'un des personnages religieux les plus populaires de l'histoire du Canada.[3]

Canonisé le 17 octobre 2010 par le pape Benoît XVI, il est le premier homme né au Canada à être élevé sur les autels, et le second saint québécois après sainte Marguerite d'Youville.[4] Benoît XVI a résumé sa physionomie spirituelle en une formule restée célèbre : « Très peu instruit, il a pourtant compris où se situait l'essentiel de sa foi »[5]. Sa vie, dépourvue de tout éclat mondain, illustre avec une netteté rare la parole évangélique selon laquelle Dieu choisit ce qui est faible pour confondre ce qui est fort (1 Co 1, 27).

Ce dossier retrace son enfance marquée par le deuil, ses années d'errance ouvrière en Nouvelle-Angleterre, son entrée laborieuse en religion, son ministère de portier devenu, presque malgré lui, un ministère de guérisseur, la naissance de l'Oratoire Saint-Joseph à partir d'un unique sou de monnaie, sa spiritualité de la confiance et de l'offrande, puis le long procès qui conduisit à sa canonisation.

Une enfance frappée par la pauvreté et le deuil (1845-1867)

Une famille du Haut-Richelieu

Alfred Bessette naît le 9 août 1845 dans la paroisse de Saint-Grégoire-le-Grand, aujourd'hui Mont-Saint-Grégoire, au sud-est de Montréal, dans la région du Haut-Richelieu.[6][7] Il est le neuvième d'une famille de treize enfants, dont quatre meurent en bas âge, nés du mariage d'Isaac Bessette (1807-1855), charpentier, tonnelier et charron de son état, et de Clothilde Foisy (1814-1857).[8] La famille vit dans une pauvreté matérielle réelle, propre à de nombreux foyers canadiens-français du XIXe siècle rural, mais transmet à ses enfants une foi robuste : sa mère lui inculque très tôt une dévotion à saint Joseph qui ne le quittera plus.[9]

Enfant, Alfred est frêle, souvent malade, de constitution si fragile qu'on redoute parfois pour sa vie.[10] Il reçoit néanmoins une éducation religieuse soignée pour son milieu : il est confirmé le 7 juin 1858 par Mgr Jean-Charles Prince, évêque de Saint-Hyacinthe, et fait sa première communion à douze ans, selon l'usage de l'époque, antérieur à la réforme de saint Pie X qui abaissera l'âge de la première communion au début du XXe siècle.[11] Sa scolarité, en revanche, reste des plus sommaires : il ne sait pratiquement pas lire et parvient tout juste à signer son nom — une limite qui l'accompagnera toute sa vie sans jamais entamer sa vie intérieure.[12]

Orphelin à douze ans

Infographie — la famille et les deuils de l’enfance. Illustration originale Ignispedia créée par IA. Source : Dictionnaire biographique du Canada.

Le 20 février 1855, alors qu'Alfred n'a que neuf ans, son père Isaac Bessette meurt écrasé par un arbre qu'il abattait, dans la région de Farnham.[13] Sa mère Clothilde, restée seule avec les enfants encore à charge, s'installe à Saint-Césaire ; épuisée par la tuberculose, elle meurt à son tour le 20 novembre 1857, alors qu'Alfred vient d'avoir douze ans.[14] Devenu totalement orphelin, le garçon est recueilli par sa tante maternelle, Marie-Rosalie Foisy, et son mari Timothée Nadeau, à Saint-Césaire, où il demeure de 1857 à 1860 environ.[15][16]

Cette double perte précoce — et la pauvreté extrême qui l'accompagne — marque durablement le jeune Alfred. Ses biographes rapportent que, dès l'enfance, il pratique des formes de mortification volontaire disproportionnées avec son âge : il se prive de dessert et porte, à même la taille, une ceinture de cuir garnie de pointes de fer.[17] Ses temps de prière à genoux, déjà, sont longs, fréquents et intenses — signe d'une intériorité précoce que rien, dans son entourage immédiat, ne laissait deviner.[18]

Les usines de Nouvelle-Angleterre (1863-1867)

Infographie — les étapes de la vocation du frère André. Illustration originale Ignispedia créée par IA. Source : Dictionnaire biographique du Canada.

Comme des dizaines de milliers de Canadiens français de sa génération, confrontés à la crise agricole et à la pauvreté des campagnes du Bas-Canada, Alfred émigre aux États-Unis pour y trouver du travail. Avant ce départ, il avait déjà tenté plusieurs métiers manuels : manœuvre transportant des matériaux de construction, apprenti boulanger et apprenti cordonnier à Saint-Césaire vers 1862, puis divers emplois à Farnham, Saint-Jean-sur-Richelieu, Waterloo et Chambly — sans jamais s'y fixer, sa santé peu robuste rendant les travaux de force difficiles.[19]

En octobre 1863, il part pour la Nouvelle-Angleterre, où il travaille durant près de quatre ans dans les filatures de coton : dans le Connecticut, à Moosup, Putnam, Hartford et Killingly ; dans le Massachusetts, à North Easton ; dans le Rhode Island, à Phenix.[20][21] Il y apprend l'anglais, malgré son instruction limitée, et partage la condition des ouvriers-immigrants canadiens-français de l'époque, dont les paroisses et les Petits Canadas jalonnaient alors la Nouvelle-Angleterre industrielle. Cette période d'errance ouvrière, rarement développée par les hagiographies pieuses, éclaire pourtant un trait constant de sa physionomie spirituelle : la proximité vécue, et non théorique, avec les travailleurs pauvres et déracinés qu'il retrouvera plus tard, en masse, à la porte du collège de Montréal.[22]

Alfred rentre au Canada en 1867 et s'installe un temps à Sutton, où il travaille notamment comme homme à tout faire au presbytère du curé Édouard Springer, à Farnham.[23]

Le curé Provençal : « Je vous envoie un saint »

C'est dans ces années de retour au pays qu'Alfred rencontre celui qui va orienter décisivement sa vie : l'abbé André Provençal, curé de Saint-Césaire, qui devient son directeur spirituel vers 1868.[24][25] Frappé par la piété peu commune de ce jeune homme sans instruction ni ressources, le curé Provençal le recommande à la Congrégation de Sainte-Croix, qui tient le Collège Notre-Dame de Côte-des-Neiges, aux portes de Montréal. Selon la tradition rapportée par les biographes, l'abbé Provençal écrit au maître des novices une lettre où il affirme envoyer à la congrégation « un saint »[26] — jugement qui, formulé par un prêtre de campagne au sujet d'un manœuvre presque illettré, prendra plus d'un siècle plus tard une résonance singulière.

Alfred se présente au Collège Notre-Dame le 22 novembre 1870. Le hasard du calendrier fait coïncider son arrivée avec un événement liturgique majeur : quelques jours plus tard, le 8 décembre 1870, le bienheureux pape Pie IX proclame saint Joseph patron de l'Église universelle[27] — providence que le futur frère André, tout entier voué à ce même saint Joseph, ne manquera pas de méditer.

Le portier du Collège Notre-Dame (1870-1909)

Une entrée en religion difficile

L'admission d'Alfred Bessette dans la Congrégation de Sainte-Croix ne va pas de soi. Sa santé fragile et son absence quasi totale d'instruction font hésiter les autorités religieuses à le garder comme postulant.[28][29] C'est l'évêque de Montréal, Mgr Ignace Bourget, figure majeure du catholicisme québécois du XIXe siècle, qui intervient personnellement pour rassurer la congrégation sur la valeur spirituelle du candidat.[30] Le nouveau maître des novices, le frère Amédée Guy, tranche alors par une phrase restée célèbre dans l'historiographie de Sainte-Croix : « Si ce jeune homme devient incapable de travailler, il saura au moins bien prier »[31][32] — jugement prophétique s'il en fut.

Alfred prend l'habit religieux le 27 décembre 1870, en même temps qu'un autre postulant.[33] Selon l'usage de la vie religieuse, il choisit un nom nouveau : il prend celui d'André, en hommage au curé Provençal qui l'avait orienté vers Sainte-Croix.[34][35] Son noviciat, retardé par les doutes initiaux sur sa constitution, dure finalement trois années — plus long que la moyenne. Il prononce ses vœux temporaires le 22 août 1872, à vingt-sept ans, puis ses vœux perpétuels le 2 février 1874, à vingt-huit ans, comme frère convers — c'est-à-dire religieux non-clerc, voué aux tâches manuelles et matérielles de la communauté, par opposition aux pères et frères enseignants.[36]

Trente-neuf années à la porte

Le Collège Notre-Dame vers 1910, peu après la fin du service de portier du frère André. Auteur anonyme — Musée McCord Stewart, MP-0000.853.1, Domaine public — PD Canada / PD US expired.

Dès son entrée, la congrégation confie à frère André la fonction de portier du Collège Notre-Dame — fonction qu'il exercera, avec une remarquable constance, jusqu'à la mi-juillet 1909, soit près de trente-neuf ans.[37][38] Le rôle, en apparence subalterne, est en réalité multiple et exigeant : accueillir les visiteurs à l'entrée du collège, assurer la propreté des lieux, faire les courses et les commissions, distribuer les aumônes, tenir lieu de barbier pour les élèves, veiller comme infirmier auprès des collégiens malades, s'occuper du courrier et du transport des colis — sans oublier, comme il le confiera lui-même avec humour, « le soin du cheval, le jardin et les gros travaux physiques ».[39]

C'est dans l'exercice patient et répétitif de cette charge que se love, sans bruit, une vie de prière ininterrompue. Frère André prie intérieurement pendant qu'il accomplit ses tâches manuelles, et consacre une bonne partie de ses nuits à recommander à Dieu les souffrances entendues durant la journée.[40] Interrogé sur ces longues veilles nocturnes, il expliquait qu'il lui fallait plusieurs heures pour porter devant Dieu tout ce qu'il avait recueilli des malades et des affligés reçus à la porte.[41]

L'huile de la lampe et la statue de saint Joseph

Infographie — les gestes d’accueil et de prière auprès des malades. Illustration originale Ignispedia créée par IA. Source : Dictionnaire biographique du Canada.

Frère André installe très tôt, dans une niche du mont Royal proche du collège, une statue de saint Joseph, devant laquelle il conduit ses visiteurs en prière.[42] Sa pratique caractéristique, qui deviendra sa signature spirituelle, consiste à prier avec les malades qui se présentent à lui, à leur remettre une médaille de saint Joseph, puis à leur donner quelques gouttes de l'huile d'olive qui brûle en permanence devant la statue du saint, dans la chapelle du collège, en leur conseillant de s'en frictionner avec confiance.[43][44]

« Ce n'est pas moi qui guéris. C'est saint Joseph. » — frère André, réponse répétée en larmes à ceux qui voulaient lui attribuer les guérisons[45]

Cette réponse constante, attestée par de nombreux témoins au procès de canonisation, dit à elle seule toute la théologie du frère André : il ne se présente jamais comme un thaumaturge, mais comme un simple intercesseur qui renvoie systématiquement à saint Joseph, et par lui au Christ, la gloire de toute guérison.

Le premier cas documenté remonte à 1877 : un confrère, le frère Aldéric, souffrant d'une blessure à la jambe qui l'empêchait de marcher normalement, se dit guéri après avoir imploré l'intercession de saint Joseph sur les conseils de frère André ; le fait est rapporté dès 1878 dans les Annales de l'Association de Saint-Joseph.[46] D'autres cas suivent rapidement, notamment celui d'un élève fiévreux, alité sur ordre du médecin, que frère André envoie jouer dehors — l'enfant, à la surprise générale, se porte parfaitement bien.[47]

Une réputation de guérisseur qui dérange

La nouvelle se répand vite dans le quartier ouvrier de Côte-des-Neiges : les éclopés et les malades affluent en nombre croissant au Collège Notre-Dame, au point que la direction s'en inquiète.[48] Parents d'élèves, confrères et jusqu'au médecin du collège dénoncent la présence quotidienne de malades aux abords de l'établissement scolaire ; certains, plus durement, qualifient frère André de charlatan.[49][50] Cette opposition institutionnelle, réelle et documentée, doit être prise au sérieux : elle montre que la sainteté du frère André ne s'est jamais imposée d'emblée à son entourage immédiat, mais s'est construite dans la contradiction, l'incompréhension, parfois le mépris, avant d'être reconnue.

Vers 1900, la communauté demande à frère André de ne plus recevoir les malades à l'intérieur du collège. Il se replie alors sur l'abri du tramway, construit en face de l'établissement, où il continue de recevoir ceux qui viennent le consulter.[51] La compagnie de tramway, d'abord réticente, finit par tolérer la situation devant l'afflux de voyageurs payants que cette présence continue de générer — signe, déjà, de l'ampleur populaire prise par ce ministère informel.[52]

Le sanctuaire né d'un sou (1904-1937)

L'inauguration de la première chapelle (1904)

La chapelle du frère André : vue intérieure du 10 octobre 2016. Guilhem Vellut — Flickr / Wikimedia Commons, CC BY 2.0. Réduction Wikimedia sans recadrage.

Convaincu que le lieu où il conduit déjà ses visiteurs en prière mérite un véritable sanctuaire, frère André forme le projet d'ériger une chapelle en l'honneur de saint Joseph sur le flanc du mont Royal. La direction du collège et l'archevêque de Montréal, Mgr Paul Bruchési, donnent leur accord, à la condition expresse que les frais de construction soient intégralement couverts par les dons reçus — la congrégation n'engageant aucun fonds propre dans l'entreprise.[53] Le terrain est acquis grâce aux dons spontanés des fidèles, en argent comme en nature : statues, vases sacrés, vêtements liturgiques, jusqu'à une cloche.[54]

La toute première offrande, selon la tradition rapportée par le sanctuaire lui-même, ne fut qu'un unique sou — mais elle inaugure un mode de financement qui restera la marque de l'Oratoire jusqu'à son achèvement : une œuvre bâtie non par la fortune d'un mécène, mais par l'accumulation des dons modestes d'un peuple de pèlerins.[55]

La petite chapelle est inaugurée le 16 octobre 1904. Frère André a alors cinquante-neuf ans ; après des décennies d'obscurité, c'est pour lui une première réussite tangible.[56] Le succès du lieu est immédiat et l'oblige, entre 1908 et 1912, à en agrandir les dimensions par quatre fois successives pour faire face à l'afflux croissant des pèlerins.[57]

L'Association et les Annales de Saint-Joseph

L'organisation du sanctuaire naissant se structure rapidement. Un comité est constitué le 9 septembre 1908, et la Confrérie de Saint-Joseph est officiellement érigée le 21 novembre 1909 par Mgr Paul Bruchési.[58] Un conseil de l'Oratoire voit le jour en 1912, formé de trois prêtres et de trois frères. À partir de 1910, frère André, submergé par une correspondance de deux à trois cents lettres quotidiennes, reçoit l'aide d'un secrétaire pour y répondre.[59]

En 1912 paraît le premier numéro des Annales de Saint-Joseph, revue mensuelle qui diffuse récits de grâces obtenues, prières et informations sur le sanctuaire : son tirage passe de 3 600 exemplaires en 1912 à 122 000 exemplaires en 1932, avec une édition anglaise lancée en 1927.[60] Cette diffusion massive, à l'échelle d'un Québec rural encore largement dépourvu de grands médias, explique en partie l'extraordinaire notoriété populaire acquise par frère André de son vivant, bien au-delà de Montréal.

À partir de 1915, ses supérieurs lui accordent deux périodes de repos annuelles, qu'il met à profit pour visiter parents et amis à Sutton, Saint-Césaire et au Québec, mais aussi pour se rendre en Nouvelle-Angleterre et en Ontario — à Toronto, Sudbury, Ottawa.[61] Ces déplacements deviennent chaque fois des événements : les chefs de gare annoncent son arrivée, les foules se pressent à sa descente du train, et les journaux locaux relatent de nouvelles guérisons attribuées à son passage.[62]

Vers la basilique

Infographie — l’œuvre commencée par le frère André se poursuit après sa mort. Architectures représentées de manière symbolique. Illustration originale Ignispedia créée par IA. Source : Dictionnaire biographique du Canada et Oratoire Saint-Joseph.

Sous la pression du nombre croissant de pèlerins, et avec l'encouragement de Mgr Bruchési, un projet de basilique est lancé en 1913, confié aux architectes Alphonse Venne et Dalbé Viau.[63] Une crypte, pouvant accueillir environ mille personnes assises, est inaugurée le 16 décembre 1917.[64][65] L'édification de la basilique proprement dite, construite au-dessus de cette crypte, débute en 1924 ; la modeste chapelle primitive du frère André est conservée sur le site, intégrée aux nouveaux bâtiments comme un cœur silencieux au milieu de l'ampleur architecturale qui l'entoure.

Le financement de ce qui deviendra l'une des plus grandes églises du monde repose intégralement sur les dons des admirateurs du frère André : associations pieuses, syndicats, congrégations religieuses, groupes de malades chroniques et de personnes handicapées prennent l'habitude d'y organiser des pèlerinages collectifs.[66] À la fin de l'année 1936, l'édifice est prêt à recevoir sa coupole — dôme inspiré de celui de la basilique Saint-Pierre de Rome, mais plus allongé et moins sphérique — qui n'est cependant pas encore construite au moment de la mort du frère André ; l'ensemble des travaux extérieurs de la basilique ne s'achèvera qu'en 1967, trente ans après sa mort.[67]

Les derniers mois et la mort (1937)

À la fin de 1936, malgré son grand âge, frère André se rend à New York solliciter un don du milliardaire John D. Rockefeller pour l'achèvement de l'Oratoire ; il sent déjà, selon ses proches, que sa fin est proche.[68] Le 28 décembre 1936, son état de santé oblige à le conduire à l'hôpital Notre-Dame-de-l'Espérance, à Ville Saint-Laurent, dans la banlieue de Montréal.

Il meurt le 6 janvier 1937, à 0 h 55, à l'âge de quatre-vingt-onze ans.[69][70] Durant toute une semaine, en dépit du froid rigoureux de l'hiver québécois, près d'un million de fidèles défilent jour et nuit devant sa dépouille exposée[71] — un chiffre considérable pour l'époque, qui nécessite l'organisation de transports spéciaux depuis les États-Unis et mobilise plus de cinq cents pompiers et cinq cents policiers pour maintenir l'ordre.[72] La presse nord-américaine consacre à l'événement plus de huit cent soixante articles.[73] Un moule est pris sur son visage pour en conserver l'empreinte, et son cœur est prélevé pour être conservé séparément, selon un usage réservé aux personnalités religieuses jugées d'exception.[74] Conformément à l'esprit de pauvreté qui avait marqué toute sa vie, son corps est déposé dans un simple cercueil de bois.[75] Il repose aujourd'hui dans un tombeau de marbre noir, au sein même de la basilique de l'Oratoire Saint-Joseph.

La spiritualité du frère André

Une théologie du cœur et de la confiance

Infographie — les trois piliers de la spiritualité du frère André. Illustration originale Ignispedia créée par IA. Source : Diocèse de Montréal.

La spiritualité du frère André repose sur trois piliers constants dans les témoignages recueillis à son sujet : une prière ininterrompue, une écoute compatissante des malades et des affligés, et une foi du cœur plus que de la spéculation théologique.[76] Lui-même résumait l'exigence de cette foi en une formule dépouillée :

« Si vous n'avez pas la foi, vous n'obtiendrez rien. » — frère André[77]

Ses proches racontaient de lui qu'« ou il parlait du bon Dieu aux autres, ou il parlait des autres au bon Dieu »[78] — définition en creux d'une vie tout entière absorbée par la médiation entre Dieu et les hommes, sans reste pour autre chose. Il invitait sans relâche les affligés à l'abandon confiant :

« Mettez-vous entre les mains du bon Dieu ; il n'abandonne personne dans les adversités. » — frère André[79]

La souffrance transformée

Loin de toute théologie facile de la guérison miraculeuse à tout prix, frère André professait une authentique théologie de la souffrance offerte. Il n'incitait pas systématiquement à demander la guérison physique, mais à accepter d'abord la volonté de Dieu, quelle qu'elle soit.

Les récits sur sa spiritualité en rapportent le sens : ne pas chercher d'abord à obtenir la guérison, mais accepter la volonté de Dieu et lui demander la force de supporter l'épreuve.[80]

Cette même conviction se retrouve, formulée cette fois par le pape Benoît XVI lui-même, dans l'homélie de canonisation du 17 octobre 2010 : Benoît XVI y cite frère André invitant les malades à « ne pas chercher à vous faire enlever les épreuves, mais à demander plutôt la grâce de bien les supporter »[81] — synthèse magistérielle d'une spiritualité que le nouveau saint avait vécue avant de la prêcher.

Cette théologie du don de soi rejoint, par un chemin tout populaire et sans formation théologique savante, l'intuition la plus profonde de la spiritualité chrétienne de la souffrance rédemptrice, celle que saint Paul formule en écrivant qu'il « achève dans sa chair ce qui manque aux souffrances du Christ, pour son corps qui est l'Église » (Col 1, 24).

Une dévotion à la Sainte Famille

Si sa dévotion la plus visible allait à saint Joseph, frère André recommandait aux pèlerins une piété plus large, englobant l'ensemble de la Sainte Famille — Jésus, Marie et Joseph —, qu'il jugeait inséparable.[82] Il récitait quotidiennement le chapelet et vouait une affection particulière au chemin de croix, dans lequel il déposait, disait-on, les souffrances des malades qu'il avait recueillies.[83] Sa dévotion eucharistique était tout aussi simple et directe :

« Vous mangez trois fois par jour pour soutenir votre corps ; alors, allez communier surtout pour soutenir votre âme. » — frère André[84]

« Si les gens savaient mieux prier, ils obtiendraient tout de saint Joseph. » — frère André[85]

Cette insistance constante sur saint Joseph comme voie d'accès privilégiée à Dieu — « priez saint Joseph et il sera toujours votre père et votre guide »[86] — fait du frère André l'un des plus grands artisans, au XXe siècle, de la dévotion josephite dans le monde catholique, aux côtés de figures comme saint Joseph Cafasso ou de la tradition carmélitaine issue de sainte Thérèse d'Avila.

De vénérable à saint : le procès de canonisation

L'ouverture de la cause (1940-1960)

Dès 1940, à peine trois ans après la mort du frère André, l'archevêque de Montréal, Mgr Joseph Charbonneau, constitue le 13 novembre 1940 un tribunal ecclésiastique chargé d'étudier ses écrits.[87] Le 8 octobre 1941 s'ouvre, sous la présidence du chanoine Adélard Arbour, le procès informatif diocésain sur les vertus, qui va scruter durant huit ans la vie et les vertus du candidat à la sainteté.[88] En avril 1958, les actes de ce procès sont présentés aux cardinaux romains ; le 8 novembre 1960, le pape saint Jean XXIII introduit officiellement la cause devant la cour de Rome.[89] Deux nouvelles enquêtes, qui vont s'étendre sur plus de deux décennies, suivent alors ce premier examen.

Un épisode singulier marque cette période : le 11 septembre 1963, dans le cadre de la procédure canonique, le tombeau du frère André est ouvert afin de s'assurer de l'intégrité de son corps — pratique traditionnelle des causes de canonisation. Le corps est retrouvé en état de momification et intact.[90]

  1. 13 novembre 1940
    Ouverture du procès diocésain

    Mgr Joseph Charbonneau constitue un tribunal ecclésiastique pour étudier les écrits et la vie du frère André.

  2. 8 novembre 1960
    Introduction de la cause à Rome

    Le pape saint Jean XXIII introduit officiellement la cause de canonisation devant la cour romaine.

  3. 12 juin 1978
    Déclaration de vénérabilité

    Le pape Paul VI reconnaît l'héroïcité des vertus d'Alfred Bessette, qui reçoit le titre de vénérable.

  4. 23 mai 1982
    Béatification

    Saint Jean-Paul II béatifie le frère André à Rome, après reconnaissance du miracle obtenu par Joseph Audino.

  5. 19 décembre 2009
    Décret sur le second miracle

    Benoît XVI autorise la promulgation du décret reconnaissant la guérison inexpliquée d'un jeune garçon canadien.

  6. 17 octobre 2010
    Canonisation

    Benoît XVI canonise le frère André place Saint-Pierre, devant environ 50 000 pèlerins dont plus de trois mille Québécois.

Vénérable (1978) et bienheureux (1982)

Le 12 juin 1978, le pape Paul VI déclare Alfred Bessette vénérable, reconnaissant ainsi l'héroïcité de ses vertus.[91] Restait à établir un miracle obtenu par son intercession pour permettre la béatification.

Le miracle Audino

Infographie — de l’enquête diocésaine à la canonisation. Documents représentés de manière symbolique. Illustration originale Ignispedia créée par IA. Source : Oratoire Saint-Joseph et homélie de Benoît XVI.

Le miracle retenu pour la béatification concerne Joseph Carlo Audino, un Américain de Rochester (État de New York), atteint en 1958 d'un cancer du foie généralisé.[92][93] Vouant une grande confiance au frère André, M. Audino multiplie les prières après l'annonce de son diagnostic ; quelques jours plus tard, son médecin constate une guérison complète et inexpliquée.[94] Rome soumet le dossier à neuf médecins experts, dans un rapport de 966 pages comportant 150 radiographies ; à l'unanimité, ces experts concluent que la seule médecine ne pouvait expliquer cette guérison.[95] Sur la base de ce miracle, le frère André est béatifié le 23 mai 1982 par le pape saint Jean-Paul II.[96][97]

Entre la béatification et la canonisation, une mobilisation populaire considérable accompagne la cause : au fil des années, environ dix millions de personnes signent des pétitions demandant la canonisation du bienheureux frère André.[98]

Le second miracle et la canonisation (2010)

Le miracle retenu pour la canonisation concerne un enfant canadien qui, en 1999, victime d'un grave accident (heurté alors qu'il roulait à bicyclette), subit deux fractures du crâne et une hémorragie cérébrale majeure.[99][100] Plongé dans un coma post-traumatique de trois semaines, avec atteinte du tronc cérébral, l'enfant est alors dans un état jugé terminal par les médecins, qui envisagent une issue fatale imminente.[101] Selon le témoignage recueilli par le sanctuaire, c'est au moment précis où un membre de la famille implore, à l'Oratoire Saint-Joseph, la guérison de l'enfant par l'intercession du frère André, que celui-ci sort du coma ; il se rétablit ensuite complètement, sans séquelle.[102]

Le dossier médical, soumis à une commission de médecins et de spécialistes mandatés par le Vatican, donne lieu à un rapport de huit cents pages.[103][104] La commission médicale conclut à l'unanimité à une guérison scientifiquement inexplicable ; le cas est officiellement reconnu miraculeux par la Congrégation pour les causes des saints en octobre 2009, et le pape Benoît XVI autorise la promulgation du décret le 19 décembre 2009.[105] Le 19 février 2010, lors d'un consistoire, Benoît XVI annonce que le frère André sera canonisé le 17 octobre 2010.[106]

La cérémonie a lieu le 17 octobre 2010, place Saint-Pierre, devant environ 50 000 pèlerins, dont plus de trois mille Québécois venus spécialement pour l'occasion ; cinq autres bienheureux sont canonisés le même jour — Stanisław Kazimierczyk, Giulia Salzano, Candida Maria de Jésus Cipitria y Barriola, Mary MacKillop et Battista Camilla Varano.[107][108] Le pape Benoît XVI, dans son homélie, retrace en quelques phrases denses la trajectoire spirituelle du nouveau saint :

« Frère André Bessette, originaire du Québec, au Canada, et religieux de la Congrégation de la Sainte-Croix, connut très tôt la souffrance et la pauvreté. Elles l'ont conduit à recourir à Dieu par la prière et une vie intérieure intense. Portier du collège Notre Dame à Montréal, il manifesta une charité sans bornes et s'efforça de soulager les détresses de ceux qui venaient se confier à lui. Très peu instruit, il a pourtant compris où se situait l'essentiel de sa foi. Pour lui, croire signifie se soumettre librement et par amour à la volonté divine. Tout habité par le mystère de Jésus, il a vécu la béatitude des cœurs purs, celle de la rectitude personnelle. C'est grâce à cette simplicité qu'il a permis à beaucoup de voir Dieu. Il fit construire l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal dont il demeura le gardien fidèle jusqu'à sa mort en 1937. Il y fut le témoin d'innombrables guérisons et conversions. » — Benoît XVI, homélie de canonisation, place Saint-Pierre, 17 octobre 2010[109]

Deux semaines plus tard, le 30 octobre 2010, une messe d'action de grâce rassemble près de 50 000 personnes au Stade olympique de Montréal, en présence du premier ministre du Canada Stephen Harper, du premier ministre du Québec Jean Charest, du maire de Montréal Gérald Tremblay et d'une soixantaine d'évêques venus du Canada, des États-Unis, d'Haïti et jusqu'au Bangladesh, sous la présidence du cardinal Jean-Claude Turcotte.[110] Sa fête liturgique est fixée au 7 janvier, lendemain du jour anniversaire de sa mort (le calendrier liturgique des États-Unis la maintient au 6 janvier).[111]

Héritage et postérité

Le vol et le retour du cœur (1973-1974)

Le cœur du frère André, conservé séparément dans la basilique depuis 1937, est dérobé en mars 1973, dans des circonstances qui frappent l'opinion publique québécoise — vol resté longtemps inexpliqué d'une relique aussi insolite que vénérée. Il est finalement retrouvé en décembre 1974 et réintégré à l'Oratoire.[112] Cet épisode, aussi singulier soit-il, n'a jamais entamé la ferveur populaire envers le sanctuaire : bien au contraire, il a contribué, dans la mémoire collective québécoise, à souligner combien la relique du frère André demeurait un objet de vénération vivant, plus d'un tiers de siècle après sa mort.

Patron des aidants naturels (2016)

Infographie — un héritage d’attention aux malades et à leurs proches. Illustration originale Ignispedia créée par IA. Source : Diocèse de Montréal.

En septembre 2016, la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) proclame saint André Bessette patron des aidants et aidantes naturels au Canada (family caregivers), en raison de son lien constant, durant toute sa vie religieuse, avec les malades et ceux qui prenaient soin d'eux.[113] Cette reconnaissance fait suite à une pétition portée depuis 2010 par le Regroupement des aidants naturels du comté de L'Assomption (RANCA), dont la coordonnatrice Caroline Vadeboncoeur avait sollicité ce patronage auprès du père Mario Lachapelle, C.S.C.[114] Ce patronage récent illustre la capacité du culte du frère André à s'actualiser pour des besoins pastoraux contemporains — l'accompagnement des personnes malades et de leurs proches aidants — sans jamais quitter le terreau spirituel qui l'a fait naître : l'attention concrète et quotidienne portée aux plus faibles.

Un saint pour l'Église contemporaine

L’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, photographié le 25 juin 2011. Jeangagnon — Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

L'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, né d'un unique sou de monnaie et de la ténacité d'un frère convers sans instruction, est aujourd'hui l'une des plus grandes basiliques du monde et le sanctuaire le plus visité du Canada, accueillant chaque année plus de deux millions de visiteurs et de pèlerins.[115] La trajectoire du frère André — de l'orphelinat de Saint-Césaire aux filatures de Nouvelle-Angleterre, du guichet du Collège Notre-Dame à la place Saint-Pierre de Rome — offre un contrepoint saisissant aux logiques mondaines de la réussite : c'est précisément dans la faiblesse assumée, l'obéissance humble et la constance de la prière que s'est construite, jour après jour, l'une des plus vastes œuvres catholiques d'Amérique du Nord au XXe siècle.

Sa canonisation par Benoît XVI en 2010 confirme, pour l'Église universelle, ce que des générations de pèlerins québécois et nord-américains avaient déjà reconnu de son vivant : la sainteté ne se mesure ni à l'instruction, ni à la santé, ni au rang social, mais à la fidélité silencieuse et confiante à la volonté de Dieu, jour après jour, à la porte d'un collège.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Denise Robillard, « BESSETTE, ALFRED, dit frère André », Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003- : biographi.ca/fr/bio/bessette_alfred_16F.html. Article de référence académique, notice rédigée par la principale historienne du frère André, s'appuyant sur Étienne Catta, Le Frère André (1845-1937) et l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, Montréal et Paris, Fides, 1965, et sur Denise Robillard, Les Merveilles de l'Oratoire : l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, 1904-2004, Montréal, Fides, 2005. Source des dates familiales, de l'enfance, des métiers exercés, de l'entrée en religion et du ministère de portier.

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  2. Benoît XVI, homélie de la messe de canonisation, place Saint-Pierre, Rome, 17 octobre 2010 : texte officiel en français sur vatican.va. Les passages consacrés au frère André Bessette sont cités ci-dessus dans la traduction officielle du Saint-Siège, y compris l'invitation rapportée aux malades : « Ne cherchez pas à vous faire enlever les épreuves, demandez plutôt la grâce de bien les supporter ».

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  3. Wikipédia (FR), « Frère André (religieux) » : fr.wikipedia.org/wiki/Frère_André_(religieux). Synthèse biographique croisée avec la notice du Dictionnaire biographique du Canada pour les dates de construction de l'Oratoire, le déroulement du procès de canonisation, les circonstances de la mort et le vol du cœur en 1973.

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  4. « Petite histoire du frère André », Diocèse de Montréal : diocesemontreal.org/fr/archidiocese/histoire/saint-frere-andre-alfred-besette/petite-histoire-du-frere-andre.

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  5. « La spiritualité du frère André », Diocèse de Montréal : diocesemontreal.org/fr/archidiocese/histoire/saint-frere-andre-alfred-besette/la-spiritualite-du-frere-andre.

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  6. Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, section canonisation, « how Alfred Bessette became saint Brother André » : saint-joseph.org/en/canonization. Source institutionnelle du sanctuaire pour les dates du procès de canonisation, les deux miracles reconnus (Joseph Audino, 1958 ; enfant guéri en 1999) et les chiffres de fréquentation actuelle du sanctuaire.

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  7. Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, même page, récit de la mort du 6 janvier 1937 : plus d'un million de personnes assistent à ses funérailles à Montréal, « unparalleled shared outpouring of affection » : saint-joseph.org/en/canonization.

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  8. « Des paroles de sagesse du frère André », Diocèse de Montréal : diocesemontreal.org/fr/archidiocese/histoire/saint-frere-andre-alfred-besette/des-paroles-de-sagesse-du-frere-andre. Recueil de citations attribuées au frère André, publié par le diocèse de Montréal à partir des archives et témoignages recueillis sur son enseignement oral.

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  9. Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, même page de canonisation, section du bienheureux : la commission médicale retient le cas de Joseph Audino, de Rochester (New York), guéri d'un cancer en 1958 après avoir invoqué le frère André — guérison jugée extraordinaire et miraculeuse, qui permit à la cause de franchir l'étape de la béatification : saint-joseph.org/en/canonization.

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  10. « Le miracle qui a mené à la canonisation du frère André », Diocèse de Montréal : diocesemontreal.org/fr/archidiocese/histoire/saint-frere-andre-alfred-besette/le-miracle-qui-menee-la-canonisation-du-frere-andre. Récit du second miracle (enfant guéri d'une hémorragie cérébrale en 1999), avec précision sur le rapport médical de 800 pages soumis à la commission mandatée par le Vatican.

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  11. Benoît XVI, même homélie de canonisation du 17 octobre 2010, version officielle en anglais : la page du Saint-Siège nomme les six canonisés du jour — Stanisław Sołtys (Kazimierczyk), André (Alfred) Bessette, Candida Maria de Jésus Cipitria y Barriola, Mary MacKillop, Giulia Salzano et Battista Camilla Varano : vatican.va.

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  12. Nominis (Conférence des évêques de France), notice « Saint André Bessette » : nominis.cef.fr/contenus/saint/378/Saint-André-Bessette.html. Source de la date de fête liturgique (7 janvier) et de la confirmation des dates de béatification et canonisation.

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  13. « Saint frère André, patron des aidants naturels », Diocèse de Montréal, 1er août 2017 : diocesemontreal.org/fr/actualites/nouvelles/saint-frere-andre-patron-des-aidants-naturels. Cite la déclaration de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) de septembre 2016, et le rôle de la pétition portée par le Regroupement des aidants naturels du comté de L'Assomption (RANCA) depuis 2010.

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