Au centre de la Bavière, sur une vaste place bordée d'églises, se dresse un petit édifice aux murs clairs coiffé d'un toit pointu sombre que les Bavarois appellent simplement die Heilige Kapelle, « la Sainte Chapelle » : la chapelle des Grâces d'Altötting. Autour de son noyau octogonal, vieux de plus de mille ans, s'est formé le plus grand sanctuaire marial d'Allemagne, but de pèlerinage d'environ un million de fidèles chaque année.[1][2]
Cet article traite du lieu : l'octogone que la tradition fait remonter à l'époque carolingienne, l'agrandissement gothique de la fin du XVᵉ siècle, le déambulatoire tapissé de plus de deux mille ex-voto, la Vierge noire qui en est le cœur, et les deux miracles de 1489 qui ont lancé le pèlerinage. On y décrit aussi le trésor du sanctuaire — le célèbre Cheval d'or et les urnes contenant les cœurs des princes de Bavière —, les Capucins qui le desservent, saint Conrad de Parzham dont les reliques y reposent, et les grandes églises bâties tout autour pour accueillir la foule des pèlerins.
Altötting est davantage qu'un sanctuaire régional : on l'appelle le « cœur de la Bavière », et il a reçu trois papes — Pie VI en 1782, Jean-Paul II en 1980 et Benoît XVI en 2006, ce dernier né à quelques kilomètres de là.[3][4] La statue elle-même, son origine et la dévotion mariale qu'elle suscite sont présentées ici dans la seule mesure où elles expliquent comment le lieu s'est organisé autour d'elle.
Altötting, berceau de la Bavière chrétienne
Une résidence des ducs et des Carolingiens
Altötting n'est pas né sanctuaire : c'est d'abord un palais (Pfalz), l'une des résidences des ducs agilolfingiens de Bavière, puis des souverains carolingiens. Le lieu apparaît pour la première fois dans une charte de 748, sous le nom d'Autingas, à l'époque du duc Tassilon III.[5][6] Au IXᵉ siècle, des diplômes de Louis le Pieux mentionnent Otinga comme palacium regium, « palais royal », en 832 et 837.[7]
Le roi Carloman, fils de Louis le Germanique, gouverna depuis ce palais, y fut enterré et y fonda, avant sa mort en 880, une collégiale.[8] Cette ancienneté carolingienne n'est pas un détail décoratif : elle explique pourquoi l'on trouve, au centre du bourg, un édifice religieux dont le plan remonte aux premiers siècles de la Bavière chrétienne.
Du nom « Ötting » à « Altötting »
Le toponyme dérive d'un nom de personne — Auto, Otto ou Odilo — suivi d'un suffixe, latinisé en Autingas, Otingas puis Otingon.[9] Le préfixe Alt- (« vieux ») n'apparaît que plus tard : quand est fondée la ville voisine de Neuötting (« Nouvel-Ötting », attestée en 1231), il faut bien distinguer l'établissement d'origine, que l'on prend alors l'habitude d'appeler Altötting, le « Vieil-Ötting ».[10]
La chapelle des Grâces
L'octogone : un baptistère ducal ?
Le cœur du sanctuaire est un octogone pré-roman, percé de huit fenêtres en plein cintre, considéré comme l'un des plus anciens édifices religieux conservés à l'est du Rhin.[11] Sa datation reste discutée : les historiens la situent entre le VIIIᵉ et le Xᵉ siècle, sans pouvoir trancher.[12][13]
Le plan octogonal oriente l'hypothèse la plus répandue : il s'agirait à l'origine d'un baptistère ducal, ce type de plan centré étant traditionnellement réservé aux baptistères. Le modèle invoqué est l'octogone de San Vitale de Ravenne, du début du VIᵉ siècle.[14] Une légende veut que le premier duc chrétien de Bavière y ait été baptisé par saint Rupert de Salzbourg ; les historiens la mentionnent comme tradition pieuse, non comme fait établi.[15]
L'extension gothique (1494-1517)
Le petit octogone, trop exigu pour la foule qui afflue après 1489, est agrandi à la fin du Moyen Âge. En 1494, on ajoute au noyau ancien une nef et un clocher pointu.[16][17] En 1517, on entoure l'ensemble d'un déambulatoire ouvert (Umgang), galerie couverte qui ceinture la chapelle et permet aux pèlerins d'en faire le tour ; une sacristie est encore ajoutée en 1686.[18] L'édifice prend alors la silhouette qu'on lui connaît aujourd'hui : un noyau trapu aux murs clairs sous des toits sombres, prolongé d'une nef et enveloppé de sa galerie.
Le déambulatoire aux deux mille ex-voto
Ce déambulatoire est l'un des spectacles les plus saisissants d'Altötting. Ses murs sont couverts de plus de deux mille tableaux votifs (Votivbilder), peintures naïves offertes en remerciement d'une grâce obtenue — guérisons, accidents évités, retours de guerre.[19] Chacun raconte une histoire ; ensemble, ils forment une mémoire populaire ininterrompue de cinq siècles de pèlerinage. C'est en faisant lentement le tour de cette galerie, souvent en récitant le chapelet, que les pèlerins approchent la chapelle proprement dite.
La Vierge noire d'Altötting
Une statue gothique venue de l'Ouest
L'image vénérée est une statue de la Vierge à l'Enfant sculptée dans le bois de tilleul, rehaussée de plaques d'argent, haute d'environ soixante-cinq centimètres.[20][21] On la date de la fin du XIIIᵉ ou du début du XIVᵉ siècle, mais ni son lieu d'origine ni sa date exacte ne sont établis avec certitude.[22][23] Les spécialistes hésitent entre la Bourgogne et le Rhin supérieur, certains évoquant un passage par l'abbaye cistercienne voisine de Raitenhaslach.[24] La statue serait arrivée à Altötting vers 1330.[25][26]
Pourquoi est-elle noire ?
Contrairement à ce que l'on imagine parfois, la Vierge noire n'a pas été sculptée noire : elle l'est devenue. Le bois et l'argent se sont assombris au fil des siècles sous l'effet de la suie des cierges et de l'encens, et peut-être d'une oxydation des parties métalliques.[27][28] Cette teinte sombre, loin de rebuter les fidèles, est devenue l'un des traits identitaires du sanctuaire, comme à Częstochowa ou au Puy-en-Velay : Altötting partage avec les grands sanctuaires européens cette dévotion à une Vierge noire dont la couleur dit l'usure du temps et la patine de la prière.
L'habillage de la statue
Depuis 1518, la statue est habillée : on la revêt de robes brodées appelées Gnadenröckln, changées selon le temps liturgique, certaines confectionnées à partir de robes de mariées princières offertes en ex-voto.[29] Le duc Maximilien Iᵉʳ de Bavière lui donna sa couronne et son sceptre.[30] Du Vendredi saint à l'aube de Pâques, enfin, l'image est entièrement voilée de noir, suivant le deuil de la liturgie.[31] La dévotion ne s'adresse donc pas à une sculpture figée dans un musée, mais à une image vivante, vêtue, couronnée et accompagnée au rythme de l'année chrétienne.
Les deux miracles de 1489
L'année 1489 est la date de naissance du pèlerinage. Deux guérisons d'enfants, attribuées à l'intercession de la Vierge devant son image, déclenchent un afflux de fidèles qui ne s'est jamais tari.[32][33]
L'enfant noyé rendu à la vie
Le premier récit met en scène un garçon de trois ans tombé dans l'eau et repêché sans vie une demi-heure plus tard. Sa mère porte le petit corps à la chapelle, le dépose sur l'autel de la Vierge et se met à prier avec d'autres fidèles. Selon le récit ancien, l'enfant revient alors à la vie.[34][35]
« Aussitôt l'enfant redevient vivant. » — Récit du miracle de 1489, rapporté par les chroniques du pèlerinage[36]
Les sources de référence parlent simplement d'un enfant « tombé dans l'eau » sans toujours nommer la rivière ; la mention courante de l'Inn ne peut être tenue pour certaine.[37]
L'enfant sous la charrette
Le second récit, daté de la même année, concerne un garçon de six ans. Pendant la moisson, placé sur le cheval de trait, il tombe sous un chariot chargé de grain et est si gravement écrasé qu'on le croit perdu. Après un vœu fait à la Vierge d'Altötting, l'enfant est, dès le lendemain, « tout frais et bien portant ».[38][39]
De la rumeur au pèlerinage
Les récits se propagent vite le long des routes commerciales. Dès 1492, un premier livre de miracles (Mirakelbuch) mentionne des pèlerins venus de Franconie, de Bohême et du Tyrol du Sud.[40] Il faut toutefois noter que la mise en forme détaillée de ces récits est tardive : c'est le jésuite Jacobus Irsing qui les fixe en 1643, soit environ cent cinquante ans après les faits.[41] L'historien distingue donc ce qui est attesté — un courant de pèlerinage massif à partir de 1489 — de la tradition pieuse qui en raconte l'origine. Cette prudence n'enlève rien au phénomène : en quelques années, une chapelle de village est devenue le grand sanctuaire marial du Saint-Empire germanique.
Le trésor du sanctuaire
Les siècles de pèlerinage princier ont fait d'Altötting le dépositaire d'un trésor exceptionnel, dont deux ensembles sortent du commun : le Cheval d'or et les cœurs des Wittelsbach.
Le Cheval d'or
Le Cheval d'or (Goldenes Rössl) est l'un des chefs-d'œuvre absolus de l'orfèvrerie gothique. C'est un petit retable marial d'or émaillé, haut de soixante-deux centimètres, où l'on a mis en œuvre quelque douze kilogrammes d'or et d'argent, ainsi que huit rubis, six saphirs et soixante-neuf perles.[42][43] La scène, étagée sur trois niveaux, montre la Vierge à l'Enfant entourée de saints, et le roi Charles VI de France en prière ; en dessous, un cheval blanc sellé, tenu par un palefrenier, a donné son nom à l'objet.[44]
L'œuvre fut exécutée en 1404 par les ateliers de la cour de Paris : c'était le cadeau de Nouvel An de la reine Isabeau de Bavière à son époux Charles VI.[45] Donnée bientôt en gage, elle passa au duc Louis le Barbu de Bavière-Ingolstadt, frère d'Isabeau, puis aux ducs de Bavière-Landshut, qui l'offrirent au sanctuaire d'Altötting en 1506 pour solder des emprunts de guerre.[46] Sauvé de la fonte lors de la sécularisation de 1801, restauré dans les années 1990, le Cheval d'or est aujourd'hui exposé à Altötting même, depuis 2009, dans la Maison du pape Benoît XVI, le nouveau trésor et musée du pèlerinage.[47][48]
Les cœurs des princes de Bavière
Le déambulatoire de la chapelle abrite une coutume unique au monde : la sépulture des cœurs des princes de Bavière. Selon l'usage des inhumations séparées instauré au XVIIᵉ siècle par l'électeur Maximilien Iᵉʳ, les cœurs des membres de la maison de Wittelsbach sont déposés, dans des urnes d'argent en forme de cœur, contre les murs de l'octogone.[49][50]
Sur plus de trois siècles, vingt-huit cœurs y ont été déposés — ceux d'un empereur, de six rois, de trois princes-électeurs, de onze princesses et de plusieurs évêques et nobles ; quatorze urnes d'argent sont visibles dans des niches, le reste étant scellé dans les murs.[51][52] Le premier cœur, celui de l'électrice Élisabeth Renata, y fut placé en 1635 ; le dernier, celui de la princesse Antonia, en 1954.[53] On y trouve notamment le cœur du roi Louis II, le « roi de conte de fées ».[54] Réunis en un seul lieu, ces reliquaires d'argent disent l'attachement quasi filial de la dynastie bavaroise à la Vierge d'Altötting.
Les gardiens du sanctuaire
Les chapelains et les Capucins
La chapelle des Grâces est desservie par le clergé de la collégiale d'Altötting, dont les chapelains assurent les offices et l'accueil des pèlerins. À leurs côtés, les Frères mineurs capucins, arrivés à Altötting en 1802, tiennent une place majeure dans la vie du sanctuaire.[55] Ils eurent longtemps deux couvents dans la ville, Sainte-Madeleine et Saint-Conrad, regroupés depuis 2021 au seul couvent Saint-Conrad.[56] Ce sont eux qui, pour des dizaines de milliers de pèlerins, assurent surtout le ministère de la confession — un trait commun aux grands sanctuaires confiés aux ordres mendiants, comme San Giovanni Rotondo.
Saint Conrad de Parzham, le portier d'Altötting
Le second grand pôle de pèlerinage d'Altötting est lié à un humble frère capucin : saint Conrad de Parzham (1818-1894). Né Johann Birndorfer à Parzham, à une soixantaine de kilomètres de là, il entra au couvent capucin Sainte-Anne d'Altötting en 1849 et y occupa, à partir de 1852, la charge de portier — la porte du couvent, par où passaient les pauvres, les mendiants et les pèlerins.[57][58] Il y resta quarante et un ans, jusqu'à sa mort le 21 avril 1894, en réputation de sainteté.[59]
Béatifié par Pie XI le 15 juin 1930, canonisé le 20 mai 1934, il fut l'un des saints les plus populaires de l'Allemagne du XXᵉ siècle.[60] Ses reliques reposent à Altötting : l'ancienne église conventuelle Sainte-Anne fut renommée Bruder-Konrad-Kirche en 1953 en son honneur, et elle est devenue, après la chapelle des Grâces, le second but de pèlerinage de la ville.[61] Sa figure — celle d'un saint sanctifié non par des œuvres éclatantes mais par quarante ans de service à une porte — donne au lieu une coloration spirituelle propre. Sa biographie est traitée à part ; on ne retient ici que son ancrage dans le sanctuaire.
Les églises du Kapellplatz
Autour de la chapelle, la place du sanctuaire (Kapellplatz) est bordée de grandes églises bâties pour absorber l'afflux des pèlerins.
La collégiale Saint-Philippe-et-Saint-Jacques
La collégiale Saint-Philippe-et-Saint-Jacques (Stiftspfarrkirche) est l'une des dernières grandes églises-halles du gothique tardif de l'espace bavarois. Sa première pierre fut posée le 1ᵉʳ août 1499, sous le patronage du duc Georges le Riche de Bavière-Landshut, et l'édifice fut consacré les 28 et 29 septembre 1511.[62] À trois nefs, longue de cinquante-deux mètres et flanquée de deux tours jumelles de quarante-huit mètres, elle abrite la chapelle Tilly, où repose le maréchal Johann t'Serclaes de Tilly, l'un des grands chefs catholiques de la guerre de Trente Ans, mort en 1632.[63]
La basilique Sainte-Anne
Au début du XXᵉ siècle, la chapelle et la collégiale ne suffisaient plus. On éleva donc, de 1910 à 1912, sur les plans de Johann Baptist Schott, la grande basilique Sainte-Anne (St.-Anna-Basilika), consacrée le 13 octobre 1912 et élevée au rang de basilique mineure par saint Pie X le 8 juillet 1913.[64] C'est la plus grande église construite en Allemagne au XXᵉ siècle : longue de quatre-vingt-trois mètres, large de plus de vingt-sept, elle peut accueillir environ huit mille fidèles.[65] Sa fonction est entièrement tournée vers le pèlerinage : offrir un vaste vaisseau aux grandes célébrations que la minuscule chapelle des Grâces ne pourrait jamais contenir.
Un sanctuaire national
Le cœur religieux de la Bavière
Altötting n'est pas seulement le plus important lieu de pèlerinage marial d'Allemagne : il est ressenti comme un sanctuaire national, le « cœur religieux de la Bavière ».[66][67] Cette dimension identitaire, renforcée par la présence des cœurs des Wittelsbach, fait du lieu un point de rencontre entre la foi populaire, l'histoire dynastique et la conscience régionale bavaroise. Près d'un million de pèlerins s'y rendent chaque année.[68]
Les grands pèlerinages
La vie du sanctuaire est rythmée par de grandes processions. Le samedi de la Pentecôte, une procession porte la croix autour de la chapelle des Grâces, suivie le soir d'une procession aux flambeaux (Lichterprozession) partant de la basilique Sainte-Anne jusqu'à la chapelle.[69] Surtout, Altötting est l'aboutissement de grands pèlerinages à pied : celui de Ratisbonne, long de cent onze kilomètres, est réputé le plus long pèlerinage pédestre d'Allemagne, rassemblant chaque année plusieurs milliers de marcheurs.[70] La tradition du tour de la chapelle, le long du déambulatoire aux ex-voto, demeure le geste central du pèlerin d'Altötting.
Les visites des papes
Trois papes sont venus à Altötting. Pie VI fut le premier, en 1782, célébrant la messe dans la chapelle même.[71] Jean-Paul II y vint le 18 novembre 1980 et célébra la messe sur le Kapellplatz devant quelque soixante mille fidèles, en présence du cardinal Joseph Ratzinger, alors archevêque de Munich.[72]
« C'est avec vous que je viens, en pèlerin, à la chapelle des Grâces d'Altötting. » — Jean-Paul II, homélie d'Altötting, 18 novembre 1980[73]
Vingt-six ans plus tard, c'est ce même Ratzinger, devenu Benoît XVI, qui revint le 11 septembre 2006, sur la terre de son enfance — il était né à Marktl, tout près.[74] Devant des dizaines de milliers de pèlerins, il médita sur la Vierge comme modèle de prière :
« Telle est la Mère vers laquelle les fidèles se mettent en pèlerinage depuis des générations, ici à Altötting. » — Benoît XVI, homélie au sanctuaire d'Altötting, 11 septembre 2006[75]
Geste resté célèbre, le pape confia à la Madone son anneau épiscopal — celui qu'il portait avant son élection — qui, depuis 2006, orne le sceptre de la statue ; il inaugura aussi une nouvelle chapelle d'adoration.[76] En 2008, la ville reçut de lui la Rose d'or.[77]
Le sens spirituel du lieu
Ce qui frappe à Altötting, c'est le contraste entre la petitesse de la chapelle et l'immensité de ce qu'elle attire. Un million de fidèles convergent chaque année vers un édifice où quelques dizaines de personnes tiennent à peine. Ce contraste est tout le sens du lieu : la grandeur n'y est pas dans la pierre, mais dans la prière de douze siècles qui s'y est accumulée — depuis l'octogone des ducs jusqu'à l'anneau d'un pape bavarois déposé aux pieds de la Vierge.
Comme à Lorette ou à Manoppello, Altötting montre comment un sanctuaire se construit moins autour d'un monument que d'une présence : ici, une Vierge noircie par les cierges, vêtue par les pèlerins, couronnée par les ducs, et entourée des cœurs de tout un peuple. C'est ce que les Bavarois résument d'un mot lorsqu'ils nomment leur sanctuaire le Herz Bayerns, le « cœur de la Bavière ».
Pour aller plus loin
Articles Ignispedia connexes
- Sanctuaire de Częstochowa — un autre grand sanctuaire de la Vierge noire, en Pologne.
- Sanctuaire de Lorette — la Santa Casa, sanctuaire marial majeur d'Italie.
- Sanctuaire de Manoppello et Sanctuaire du Mont-Carmel — l'organisation d'un lieu de pèlerinage autour d'une relique ou d'une présence.
- Notre-Dame de Lourdes — la mécanique d'un grand pèlerinage marial moderne.
Sources principales
- Gnadenkapelle (Altötting), Goldenes Rössl, Konrad von Parzham, St. Anna (Altötting), Stiftspfarrkirche St. Philipp und Jakob — Wikipédia (DE).
- gnadenort-altoetting.de — Histoire de la Wallfahrt, les Capucins, les sépultures de cœur, le trésor.
- altoetting.de — Histoire de la ville, le trésor, les papes, saint Conrad.
- Liebfrauenbote (diocèse de Passau) — sur les miracles de 1489.
- vatican.va — homélies de Jean-Paul II (1980) et de Benoît XVI (2006).
Notes et références
katholisch.de, dossier sur les plus grands sanctuaires marials : Altötting est le plus important lieu de pèlerinage marial d'Allemagne, avec plus d'un million de pèlerins par an.
1 67 68Gnadenkapelle (Altötting), de.wikipedia.org : octogone pré-roman daté du VIIIᵉ–Xᵉ siècle (datation controversée), considéré comme l'un des plus anciens édifices religieux à l'est du Rhin ; nef et clocher ajoutés en 1494, déambulatoire ouvert en 1517, sacristie en 1686 ; plus de 2 000 tableaux votifs ; statue en tilleul d'environ 64 cm, fin XIIIᵉ–début XIVᵉ s. ; 28 sépultures de cœur des Wittelsbach, 14 urnes d'argent visibles ; couronne et sceptre offerts par Maximilien Iᵉʳ ; habillage de la statue depuis 1518.
2 11 12 14 15 16 18 19 20 22 25 28 29 30 31 50 51 66inn-salzach.com, Die Schwarze Madonna : Altötting a reçu la visite des papes Pie VI (1782), Jean-Paul II (1980) et Benoît XVI (2006), ce dernier originaire de la région (Marktl).
3 71altoetting.de, rubrique Päpste in Altötting : visite de Benoît XVI le 11 septembre 2006 ; il confia à la Madone l'anneau épiscopal porté avant son élection, qui orne depuis le sceptre de la statue ; inauguration d'une nouvelle chapelle d'adoration ; Rose d'or accordée à la ville en 2008.
4 74 76 77de.wikivoyage.org, Altötting : première mention en 748 sous la forme Autingas (duc Tassilon III) ; Otinga mentionné comme palacium regium en 832 et 837 dans les diplômes de Louis le Pieux ; étymologie à partir d'un nom de personne (Auto/Otto/Odilo).
5 7 9altoetting.de, Stadtgeschichte : palais (Pfalz) des Agilolfingiens puis des Carolingiens ; le roi Carloman gouverne depuis Ötting, y est inhumé et y fonde une collégiale avant 880 ; distinction Altötting / Neuötting (cette dernière attestée en 1231) ; noyau de la chapelle daté du VIIIᵉ–IXᵉ siècle.
6 8 10 13 17inn-salzach.com, Die Schwarze Madonna in der Gnadenkapelle : statue de la Vierge à l'Enfant en bois de tilleul, hauteur citée entre 64 et 70 cm selon les sources, datée de la fin du XIIIᵉ–début du XIVᵉ siècle, arrivée à Altötting vers 1330.
21 26die-tagespost.de, Die schwarze Madonna von Altötting und ihr Geheimnis : origine non élucidée (Bourgogne ou Rhin supérieur, possible transit par Raitenhaslach) ; noircissement attribué à la suie des cierges et à l'encens, et à une possible oxydation des éléments d'argent ; robes brodées (Gnadenröckln).
23 24 27gnadenort-altoetting.de, Geschichte der Wallfahrt : récit du premier miracle de 1489 (enfant de trois ans noyé, déposé sur l'autel, revenu à la vie après les prières) ; le cours d'eau exact n'est pas précisé ; Mirakelbuch de 1492 mentionnant des pèlerins de Franconie, Bohême et Tyrol du Sud.
32 34 37 39 40Liebfrauenbote, diocèse de Passau (liebfrauenbote.bistum-passau.de), Das zweite Wunder von Altötting : second miracle de 1489 (garçon de six ans écrasé sous un chariot de grain pendant la moisson, guéri le lendemain — « gantz frisch und gesund ») ; premier miracle conclu par « alssbald wird das Kind lebendig » ; mise en forme des récits par le jésuite Jacobus Irsing en 1643. Texte original allemand cité d'après cette source.
33 35 36 38 41Goldenes Rössl, de.wikipedia.org : retable marial en or émaillé, 62 × 45 × 27 cm, environ 12 kg d'or et d'argent, 8 rubis, 6 saphirs, 69 perles ; exécuté en 1404 par les ateliers de la cour de Paris, cadeau de Nouvel An d'Isabeau de Bavière à Charles VI de France ; passé au duc Louis le Barbu puis à Bavière-Landshut, donné à Altötting en 1506 ; sauvé de la fonte en 1801, restauré dans les années 1990.
42 44 45 46 47altoetting.de, Schatzkammer : description du Cheval d'or comme pièce maîtresse du trésor du sanctuaire.
43gnadenort-altoetting.de et de.wikipedia.org (Goldenes Rössl) : le Cheval d'or est exposé depuis 2009 au Haus Papst Benedikt XVI. – Neue Schatzkammer und Wallfahrtsmuseum d'Altötting.
48gnadenort-altoetting.de, Herzbestattungen, et presse régionale (Traunsteiner Tagblatt / herzbestattung.de) : tradition des sépultures de cœur des Wittelsbach instaurée par Maximilien Iᵉʳ ; premier cœur (électrice Élisabeth Renata) en 1635, dernier (princesse Antonia) en 1954 ; présence du cœur du roi Louis II ; ensemble présenté comme unique au monde.
49 52 53 54gnadenort-altoetting.de, Die Kapuziner : arrivée des Capucins à Altötting en 1802 ; deux couvents (Sainte-Madeleine et Saint-Conrad) regroupés à Saint-Conrad depuis 2021 ; rôle pastoral, notamment les confessions ; reliques de saint Conrad et église rebaptisée Bruder-Konrad-Kirche en 1953, deuxième but de pèlerinage de la ville.
55 56 61altoetting.de, Bruder Konrad : Johann Birndorfer, né le 22 décembre 1818 à Parzham, entré au couvent capucin Sainte-Anne d'Altötting en 1849, portier à partir de 1852.
57Konrad von Parzham, de.wikipedia.org : portier du couvent Sainte-Anne pendant environ 41 ans, mort le 21 avril 1894 ; béatifié par Pie XI le 15 juin 1930, canonisé le 20 mai 1934.
58 60kapuziner.org, Der heilige Bruder Konrad von Parzham : environ 41 ans de service à la porte du couvent Sainte-Anne d'Altötting, mort en 1894 en réputation de sainteté.
59Stiftspfarrkirche St. Philipp und Jakob (Altötting), de.wikipedia.org : église-halle du gothique tardif, première pierre le 1ᵉʳ août 1499 (duc Georges le Riche de Bavière-Landshut), consacrée les 28-29 septembre 1511 ; trois nefs, 52 m de long, tours jumelles de 48 m ; chapelle Tilly abritant la sépulture du maréchal Tilly (mort en 1632).
62 63St. Anna (Altötting), de.wikipedia.org, et hdbg.eu : basilique Sainte-Anne construite de 1910 à 1912 (architecte Johann Baptist Schott), consacrée le 13 octobre 1912, élevée au rang de basilique mineure par Pie X le 8 juillet 1913 ; plus grande église construite en Allemagne au XXᵉ siècle, environ 8 000 places, 83 m de long.
64 65Stadt Altötting (altoetting.de) : le samedi de la Pentecôte, procession de la croix portée autour de la chapelle des Grâces, puis procession aux flambeaux (Lichterprozession) depuis la basilique Sainte-Anne jusqu'à la chapelle.
69regensburger-fusswallfahrt.de et bistum-regensburg.de : le pèlerinage pédestre de Ratisbonne à Altötting, long d'environ 111 km, est réputé le plus long pèlerinage à pied d'Allemagne, rassemblant chaque année plusieurs milliers de marcheurs.
70Jean-Paul II, homélie de la messe du soir à Altötting, 18 novembre 1980, vatican.va (hf_jp-ii_hom_19801118_altotting-germany.html) : célébration eucharistique vespérale, en présence du cardinal Joseph Ratzinger, archevêque de Munich. Texte original allemand, vérifié mot pour mot : « Mit euch komme ich als Pilger zur Gnadenkapelle von Altötting. » — traduction française dans le corps de l'article.
72 73Benoît XVI, homélie de la messe au Kapellplatz d'Altötting, 11 septembre 2006, vatican.va (hf_ben-xvi_hom_20060911_shrine-altotting.html) : texte original allemand, vérifié mot pour mot : « Zu dieser Mutter pilgern die Menschen seit Generationen hier nach Altötting » — méditation sur la Vierge comme modèle de prière. Citation française officielle du Vatican dans le corps de l'article.
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