Sanctuaire de Manoppello

La basilique du Volto Santo de Manoppello : le couvent capucin de la colline de Tarigni qui garde, depuis la donation de 1638, le voile du Saint Visage. De la fondation franciscaine de 1620 aux suppressions napoléoniennes, du grand agrandissement des années 1960 à la façade de pierre rose et blanche imitée de Collemaggio, de l'ostensoir transparent visible des deux faces à fra Domenico da Cese, jusqu'à la visite de Benoît XVI en 2006 et l'élévation au rang de basilique mineure.

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Au flanc d'une colline des Abruzzes, à deux heures de route à l'est de Rome, une petite église de pierre rose et blanche garde l'une des reliques les plus déroutantes de la chrétienté : un voile presque transparent où se devine un visage d'homme aux yeux ouverts. Le sanctuaire du Volto Santo de Manoppello n'est pas une grande basilique romaine ni une cathédrale gothique : c'est un couvent de capucins posé sur la hauteur, modeste par ses dimensions, immense par ce qu'il abrite.[1]

Cet article traite du lieu : la fondation franciscaine de 1620, le couvent et ses épreuves, la métamorphose architecturale des années 1960, l'écrin où le voile est exposé, les frères qui en assurent la garde, et le pèlerinage qui, depuis la visite de Benoît XVI en 2006, a pris une dimension internationale. La question de l'image elle-même — son origine, son rapport éventuel avec le voile de Véronique ou avec le Saint Suaire de Turin, les analyses qui l'entourent — relève d'un dossier distinct ; on ne la traite ici que pour comprendre comment le sanctuaire s'est organisé autour d'elle.

Manoppello et la colline de Tarigni

Un bourg des Abruzzes au pied de la Maiella

Manoppello est une petite commune de la province de Pescara, dans les Abruzzes, adossée au massif de la Maiella, l'une des grandes montagnes des Apennins centraux.[2] Le sanctuaire ne se dresse pas dans le bourg lui-même, mais à l'écart, sur une colline boisée appelée Tarigni, à quelques kilomètres du centre historique — disposition typique des couvents capucins, que la règle voulait pauvres, retirés et proches de la nature.[3]

Cette implantation à l'écart explique en partie la longue discrétion du lieu. Pendant près de quatre siècles, le Volto Santo fut une dévotion régionale, connue des Abruzzais et des pèlerins de passage, mais ignorée du grand public catholique mondial. Le sanctuaire est resté ce qu'il était à l'origine : une maison de frères, pas un grand pôle ecclésiastique. C'est cette modestie même qui frappe aujourd'hui les visiteurs venus du monde entier.

L'arrivée des capucins (1616-1626)

Les Frères mineurs capucins, branche réformée de la famille franciscaine née en 1525, s'étaient répandus dans toute l'Italie en moins d'un siècle. À Manoppello, leur venue fut sollicitée par la communauté locale : la tradition situe leur arrivée vers 1616, la construction du couvent et de l'église s'achevant vers 1620, pour une communauté pleinement établie autour de 1626.[4] L'église fut alors dédiée à saint Michel Archange et au Très Saint Nom de Dieu.[5]

Rien, dans ce couvent neuf, ne le distinguait alors des dizaines d'autres maisons capucines des Abruzzes. Ce qui allait faire du lieu un sanctuaire vint de l'extérieur : un voile, et la décision d'un notaire de le confier aux frères.

La fondation du sanctuaire (1620-1638)

Le voile et le notaire De Fabritiis

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L'histoire de l'arrivée du voile à Manoppello est consignée dans une source ancienne, la Relatione historica rédigée vers 1640 par le frère capucin Donato da Bomba.[6] Selon ce récit, un pèlerin inconnu aurait apporté le voile à Manoppello en 1506 et l'aurait remis au médecin Giacomo Antonio Leonelli, avant de disparaître.[7] Le linge resta ensuite plus d'un siècle dans des mains privées, au sein de la famille Leonelli puis par alliance.

Le moment décisif pour le sanctuaire est l'année 1638 : un notable de Manoppello, le notaire Donato Antonio De Fabritiis, qui avait acquis le voile, le donna par acte notarié aux capucins de la colline de Tarigni.[8] Ce geste fait passer le voile d'une relique de famille à un trésor d'Église, confié à une communauté religieuse stable : c'est de là que date la garde capucine du voile, exercée depuis bientôt quatre siècles hormis les expulsions du XIXᵉ siècle.[9][10]

Selon la tradition du sanctuaire, l'acte stipulait que le voile était remis aux Pères capucins du couvent de Manoppello afin qu'il y fût gardé et vénéré à perpétuité.[11]

L'origine de l'image : un débat renvoyé

L'origine ultime du voile, sa nature exacte et son éventuelle identité avec le voile de Véronique ou avec le Saint Suaire de Turin font l'objet d'une littérature considérable, scientifique et dévotionnelle, qui dépasse le cadre d'un article sur le lieu. Ces questions touchent au discernement des reliques de la Passion — un terrain où l'Église distingue soigneusement la vénération autorisée d'une définition dogmatique (sur ce point, voir Pourquoi vénérer les reliques ?).[12] On retient seulement ici ce qui importe pour le sanctuaire : autour de ce voile, un couvent est devenu un lieu de pèlerinage.

Le couvent à travers les siècles

Les suppressions napoléoniennes et le retour (1811-1816)

Comme presque tous les couvents italiens, Manoppello connut les suppressions du début du XIXᵉ siècle. Le 6 septembre 1811, les capucins furent expulsés par décret napoléonien, lorsque les lois du royaume de Naples confisquèrent les biens religieux.[13] Le couvent fut alors confié aux moniales clarisses, auxquelles le voile fut remis en garde ; les frères regagnèrent le sanctuaire le 16 mai 1816, après la chute de Napoléon et la restauration des Bourbons.[14]

Séminaire, noviciat et maison d'études (1848-1926)

Au cours du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle, le couvent devint un véritable centre de formation franciscaine. L'église connut des travaux en 1848 ; un noviciat y fut ouvert en 1858 ; à partir de 1906, les frères y publièrent un périodique religieux ; et en 1926, la maison devint le siège du séminaire séraphique San Michele.[15] Manoppello n'était donc pas seulement un sanctuaire : c'était une maison vivante de l'ordre, où l'on formait, priait et étudiait, à l'ombre du voile.

DateÉtape du couvent
~1616Arrivée des capucins, début du chantier
~1620Église et couvent achevés (dédicace à saint Michel)
1638Donation du voile aux capucins (De Fabritiis)
1811Suppression napoléonienne, expulsion des frères (voile confié aux clarisses)
1816Retour des capucins (restauration)
1866-1867Seconde expulsion (lois post-unitaires), retour définitif[16]
1858Ouverture du noviciat
1926Siège du séminaire séraphique San Michele
années 1960Grand agrandissement pour les pèlerins
1965Reconstruction de la façade et du clocher
2006Visite de Benoît XVI ; élévation en basilique mineure

Le grand agrandissement des années 1960

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L'aspect actuel du sanctuaire ne date donc pas du XVIIᵉ siècle, mais d'une vaste campagne de travaux menée dans les années 1960 pour accueillir un nombre croissant de pèlerins.[17] L'église primitive, étroite, fut profondément remaniée : la nef fut élargie et la façade entièrement refaite. Ce chantier explique pourquoi, à la différence d'un sanctuaire médiéval comme Lanciano, Manoppello présente une architecture moderne d'inspiration ancienne — une église du XXᵉ siècle qui cite délibérément l'art abruzzais du Moyen Âge.

L'architecture de la basilique

Une façade à la manière de Collemaggio (1965)

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La façade actuelle, élevée en 1965, est l'élément le plus remarquable de l'édifice. Elle imite ouvertement l'un des chefs-d'œuvre de l'art abruzzais : la basilique Santa Maria di Collemaggio de L'Aquila, célèbre pour son parement bicolore.[18] Les murs sont appareillés de petits blocs de pierre rouge et blanche, disposés en un motif géométrique de petites croix, qui donne à l'ensemble un aspect de tapisserie de pierre. Au centre s'ouvre une grande rosace, elle aussi inspirée de Collemaggio.[19]

Avec son parement de pierre rose et blanche semé de croix, la façade annonce, comme un manteau jeté sur la colline, le visage qu'elle abrite.[20]

La façade s'ouvre par trois portails à arc en plein cintre ; le portail central est surmonté d'une lunette en mosaïque figurant le Christ.[21] Le clocher, lui aussi reconstruit dans les années 1960, s'élève en plusieurs registres de brique rouge rehaussée de pierre blanche, en accord avec la façade.[22]

L'intérieur : de la nef unique aux trois nefs

À l'intérieur, l'agrandissement des années 1960 a transformé l'unique nef baroque d'origine en un vaisseau à trois nefs, capable d'accueillir les foules de pèlerins.[23] Le plafond à caissons de bois, d'inspiration Renaissance, et les éléments de décor baroque conservés rappellent les campagnes décoratives antérieures.[24] Mais tout, dans la disposition de l'espace, converge vers un seul point : le maître-autel, où le voile est exposé.

L'écrin du Volto Santo

L'ostensoir au-dessus du maître-autel

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Le voile n'est pas conservé dans une chapelle latérale ni dans un reliquaire fermé : il est exposé en permanence au-dessus du maître-autel, enchâssé entre deux plaques de verre dans un ostensoir que domine le presbytère.[25] Cette mise en scène fait du sanctuaire une monstrance architecturale : l'édifice tout entier est organisé pour montrer le visage.

Visible des deux faces

La singularité de l'écrin de Manoppello est que le voile, à demi transparent, peut être contemplé des deux côtés. Un escalier dérobé derrière l'autel permet aux pèlerins de monter jusqu'au niveau de l'ostensoir et de voir le visage par l'avant comme par l'arrière — détail qui nourrit la fascination des visiteurs, tant l'image semble identique des deux faces.[26] Là où le sanctuaire de Loreto enchâsse une maison et où Lanciano expose une chair, Manoppello donne à voir un visage en transparence.

Le musée du Volto Santo

Attenant au sanctuaire, un petit musée rassemble les ex-voto populaires, des objets de la vie capucine, des documents et des souvenirs liés à la dévotion.[27] Il conserve la mémoire matérielle de quatre siècles de pèlerinage : plaques de remerciement, images anciennes, témoignages de grâces — la trace, accumulée, de la confiance des fidèles.

Les gardiens : les capucins de Manoppello

Les capucins, gardiens du voile depuis 1638

L'intérieur en 2024 — Syrio, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Depuis 1638, le sanctuaire est la maison d'une seule famille religieuse : les Frères mineurs capucins, aujourd'hui rattachés à la province séraphique de l'Immaculée Conception.[28] Leur mission se concentre sur deux tâches : l'accueil des pèlerins et le ministère de la réconciliation — la confession. Ils desservent également la paroisse San Nicola di Bari du centre historique de Manoppello et assurent un accompagnement pastoral dans la région.[29] Cette continuité — une seule communauté gardienne du voile depuis bientôt quatre siècles, hormis les expulsions du XIXᵉ siècle (1811-1816, puis 1866-1867[30]) — donne au lieu sa stabilité spirituelle.

Fra Domenico da Cese, l'apôtre du Volto Santo

Le sanctuaire doit son rayonnement moderne à un frère en particulier : fra Domenico da Cese (1905-1978), né Emidio Petracca à Cese, près d'Avezzano.[31] Entré chez les capucins en 1921, il fut transféré au sanctuaire de Manoppello en 1966 et s'y consacra jusqu'à sa mort à faire connaître et aimer le Volto Santo.[32] Réputé pour sa vie de prière et ses dons surnaturels, on le surnomma le « Padre Pio des Abruzzes ».[33]

Il passa ses dernières années aux pieds du Volto Santo, à le montrer aux pèlerins et à le faire aimer.[34]

Sa mort elle-même est singulière : venu à Turin pour une exposition consacrée au Saint Suaire, il y fut renversé par une voiture et mourut de ses blessures le 17 septembre 1978 — comme si sa vie, tout entière tournée vers le visage du Christ, s'achevait devant l'autre grande relique de la Sainte Face.[35] Sa cause de béatification a été ouverte le 27 juillet 2013 : il est aujourd'hui serviteur de Dieu.[36]

Un sanctuaire de pèlerinage

Les deux grandes fêtes

Infographie originale Ignispedia créée par IA

Manoppello célèbre son trésor deux fois par an, selon une tradition fixée de longue date.[37] La grande fête a lieu le troisième dimanche de mai : depuis 1750, la date fut choisie pour ne pas coïncider avec la fête de saint Justin, patron de la voisine Chieti.[38] Elle commémore la remise du voile au médecin Leonelli. La seconde fête, instituée vers 1690, tombe le 6 août, jour de la Transfiguration du Seigneur — choix profondément cohérent, puisque c'est ce jour-là que les apôtres virent le visage du Christ transfiguré.[39]

La procession au bourg

Le jour de la grande fête, le voile est porté en procession du sanctuaire jusqu'au centre historique de Manoppello. Les habitants drapent leurs balcons et fenêtres de tentures colorées, et des pétales de roses sont jetés des terrasses au passage du Volto Santo.[40] Parvenu à l'église San Nicola, le voile est veillé toute la nuit dans les chants et la prière, avant de regagner sa colline. Cette liturgie populaire enracine le sanctuaire dans la vie de toute la cité.

La visite de Benoît XVI (1er septembre 2006)

Benoît XVI, le 7 juin 2006 — Djsacche, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.

Le tournant décisif de l'histoire moderne du sanctuaire fut la visite du pape Benoît XVI, le 1er septembre 2006 — le premier pape à venir vénérer le Volto Santo depuis quatre siècles.[41] Accueilli par l'archevêque de Chieti-Vasto Bruno Forte, par les évêques de la région Abruzzes-Molise et par environ 7 000 fidèles, le pape pria longuement devant le voile.[42] Son allocution donna au lieu sa clé spirituelle :

« "C'est ta face, Seigneur, que je cherche" : rechercher la face de Jésus doit être l'aspiration de nous tous qui sommes chrétiens ; nous sommes en effet "le peuple" qui, à cette époque, recherchons la face du Seigneur, la face du "Dieu de Jacob". » — « "Il tuo volto, Signore, io cerco" : ricercare il volto di Gesù deve essere l'anelito di tutti noi cristiani… », Benoît XVI, sanctuaire du Volto Santo de Manoppello, 1er septembre 2006[43]

Reprenant la parole du Christ — « Qui m'a vu a vu le Père » (Jn 14, 9) — et le psaume des « mains innocentes et un cœur pur », le pape théologien fit de Manoppello une leçon sur la contemplation du visage de Dieu, évoquant la petite Thérèse de Lisieux et sa prière à la Sainte-Face.[44]

L'élévation au rang de basilique mineure (23 septembre 2006)

Quelques semaines après la visite pontificale, le 23 septembre 2006, l'église du Volto Santo fut élevée à la dignité de basilique mineure.[45] Ce titre, accordé par le Saint-Siège, consacrait la stature nouvelle d'un sanctuaire jusque-là régional, et reconnaissait officiellement son rôle dans l'Église universelle.

Le rayonnement international

La visite de 2006 transforma une dévotion abruzzaise en pôle de pèlerinage international. Des fidèles d'Europe centrale, des États-Unis et d'ailleurs prirent l'habitude de monter sur la colline de Tarigni ; des publications en plusieurs langues — au premier rang desquelles les travaux du journaliste vaticaniste allemand Paul Badde — firent connaître le voile bien au-delà de l'Italie.[46] À l'occasion des Années jubilaires, Manoppello est désormais cité, aux côtés de Rome, de Loreto et de Lanciano, parmi les étapes de la dévotion à la Sainte Face.[47]

Le sens spirituel du lieu

Manoppello n'est pas une grande basilique de prestige : c'est un couvent de frères pauvres qui garde, depuis 1638, un visage. Tout y est ordonné à un seul geste : regarder. La façade de pierre, les trois nefs, l'escalier dérobé derrière l'autel, l'ostensoir transparent — toute l'architecture conduit le pèlerin à lever les yeux vers une face d'homme aux yeux ouverts.

« Nous tous, comme le disent les Psaumes, "nous cherchons le Visage du Seigneur". Et cela est aussi le sens de ma visite. » — Benoît XVI, Manoppello, 1er septembre 2006[48]

C'est cela que les capucins offrent à ceux qui montent sur la colline de Tarigni : non pas une démonstration, mais une rencontre. Le sanctuaire ne tranche pas les débats savants sur l'origine du voile ; il fait ce que fait toute église depuis l'origine — exposer, garder, et inviter à contempler le visage de Celui qui, selon la foi catholique, a voulu se rendre visible. Comme le résuma le pape théologien quelques jours plus tard, dans son audience générale : « si nous voulons vraiment connaître le visage de Dieu, nous n'avons qu'à contempler le visage de Jésus ! »[49]

Pour aller plus loin

Articles Ignispedia connexes

Sources principales

  • Basilica del Volto Santo, it.wikipedia.org — histoire et architecture du sanctuaire.
  • Volto Santo di Manoppello, it.wikipedia.org — visite de Benoît XVI, fêtes, chronologie.
  • Provincia Serafica Immacolata Concezione, cappucciniimmacolata.it/manoppello — communauté capucine et garde du voile.
  • Comune di Manoppello, comune.manoppello.pe.it — fêtes du Volto Santo et de saint Pancrace.
  • Benoît XVI, Pellegrinaggio al Santuario del Volto Santo a Manoppello (1er septembre 2006), vatican.va.

Notes et références

  1. Italia.it (ministère du Tourisme italien), « Santuario del Volto Santo di Manoppello : cosa vedere » ; ncregister.com, « Manoppello's Holy Veil: Light of Faith for a New Jubilee ». Le récit de l'arrivée du voile en 1506, remis au médecin Giacomo Antonio Leonelli par un pèlerin inconnu, est consigné dans la Relatione historica de Donato da Bomba (vers 1640).

    1 7
  2. Comune di Manoppello (province de Pescara, Abruzzes), site institutionnel comune.manoppello.pe.it. La commune est située au pied du massif de la Maiella, dans les Apennins centraux.

    2
  3. Le sanctuaire se dresse sur la colline de Tarigni, à l'écart du centre historique — implantation conforme à l'idéal capucin de couvents pauvres et retirés. Sources : cappucciniimmacolata.it, « Manoppello » ; chieseabruzzomolise.it, « Volto Santo di Manoppello (PE) ».

    3
  4. Provincia Serafica Immacolata Concezione, cappucciniimmacolata.it, « Manoppello » : présence franciscaine sollicitée par la communauté locale à partir de 1616, couvent et église achevés vers 1620, communauté pleinement établie vers 1626.

    4
  5. it.wikipedia.org, « Basilica del Volto Santo » : l'église, fondée vers 1620 avec le couvent capucin, fut initialement dédiée à saint Michel Archange (et, selon les sources capucines, au Très Saint Nom de Dieu).

    5
  6. La Relatione historica (vers 1640) du frère capucin Donato da Bomba est la principale source ancienne sur l'arrivée et la transmission du voile à Manoppello. Sources : it.wikipedia.org, « Volto Santo di Manoppello » ; chieseabruzzomolise.it.

    6
  7. it.wikipedia.org, « Basilica del Volto Santo » et « Volto Santo di Manoppello » : le voile fut donné aux capucins par acte notarié en 1638 par Donato Antonio De Fabritiis. C'est de cette donation que date la garde capucine du voile.

    8 11
  8. cappucciniimmacolata.it, « Manoppello » : expulsion des religieux le 6 septembre 1811 par décret napoléonien (lois de suppression des ordres religieux dans le royaume de Naples) ; le voile du Volto Santo fut alors confié aux moniales clarisses. Corroboré par it.wikipedia.org, « Basilica del Volto Santo » : en 1811 les capucins furent expulsés et le couvent confié aux clarisses.

    9 13
  9. cappucciniimmacolata.it, « Manoppello » : les frères regagnèrent le sanctuaire le 16 mai 1816, après la restauration des Bourbons.

    10 14
  10. Sur la doctrine catholique de la vénération des reliques et la distinction des degrés d'engagement magistériel, voir l'article Ignispedia Pourquoi vénérer les reliques ?. L'Église n'a jamais défini dogmatiquement l'origine du voile de Manoppello.

    12
  11. cappucciniimmacolata.it, « Manoppello » : travaux à l'église en 1848, ouverture d'un noviciat en 1858, publication d'un périodique religieux à partir de 1906, siège du séminaire séraphique San Michele en 1926.

    15
  12. cappucciniimmacolata.it, « Manoppello » : en vertu des lois de suppression post-unitaires, les capucins durent quitter à nouveau le couvent le 27 décembre 1866, pour y revenir définitivement le 27 octobre 1867.

    16 30
  13. it.wikipedia.org, « Basilica del Volto Santo » : l'aspect actuel de l'édifice résulte d'un vaste agrandissement mené dans les années 1960 pour accueillir les pèlerins, comprenant la reconstruction de la façade.

    17
  14. it.wikipedia.org, « Basilica del Volto Santo » : la façade (1965) est appareillée de petits blocs de pierre rouge et blanche en motif géométrique de croix, avec une grande rosace centrale, à l'imitation de la basilique Santa Maria di Collemaggio de L'Aquila.

    18 19 20
  15. it.wikipedia.org, « Basilica del Volto Santo » : la façade compte trois portails à arc en plein cintre ; le portail central est surmonté d'une lunette en mosaïque figurant le Christ.

    21
  16. it.wikipedia.org, « Basilica del Volto Santo » : le clocher, reconstruit dans les années 1960, présente plusieurs registres de brique rouge rehaussée de pierre blanche, en harmonie avec la façade.

    22
  17. it.wikipedia.org, « Basilica del Volto Santo » : l'agrandissement des années 1960 transforma la nef unique d'origine en un espace à trois nefs ; plafond à caissons de bois d'inspiration Renaissance et éléments de décor baroque conservés.

    23 24
  18. Le voile est exposé en permanence au-dessus du maître-autel, enchâssé entre deux plaques de verre dans un ostensoir. Sources : it.wikipedia.org, « Basilica del Volto Santo » ; catholicshrinebasilica.com, « Basilica of the Holy Face, Manoppello ».

    25
  19. La transparence du voile permet de le contempler des deux faces ; un escalier derrière l'autel donne accès au niveau de l'ostensoir. Sources : italia.it, « Santuario del Volto Santo di Manoppello » ; terrasanta.net, « Il Volto Santo di Manoppello » (2024).

    26
  20. it.wikipedia.org, « Basilica del Volto Santo » : le sanctuaire abrite un musée conservant des ex-voto populaires et des objets de la vie capucine.

    27
  21. cappucciniimmacolata.it : le sanctuaire dépend de la Provincia Serafica dell'Immacolata Concezione des Frères mineurs capucins.

    28
  22. cappucciniimmacolata.it, « Manoppello » : les capucins se consacrent à l'accueil des pèlerins et au ministère de la réconciliation, et desservent la paroisse San Nicola di Bari du centre historique.

    29
  23. Fra Domenico da Cese, né Emidio Petracca le 27 mars 1905 à Cese (près d'Avezzano), entré chez les capucins en 1921. Sources : ilcapoluogo.it, « Domenico da Cese, il frate del Volto Santo » ; histonium.net, « Padre Domenico Da Cese, il "Padre Pio d'Abruzzo" ».

    31
  24. rete8.it et abruzzoweb.it : transféré au sanctuaire de Manoppello en 1966, fra Domenico se consacra à faire connaître et aimer le Volto Santo jusqu'à sa mort.

    32 34
  25. histonium.net, « Padre Domenico Da Cese, il "Padre Pio d'Abruzzo" » : le frère fut surnommé le « Padre Pio des Abruzzes » pour sa vie de prière et ses dons réputés surnaturels.

    33
  26. ilcapoluogo.it et abruzzoweb.it : fra Domenico mourut le 17 septembre 1978 à Turin, renversé par une voiture au sortir d'une exposition consacrée au Saint Suaire.

    35
  27. abruzzoweb.it : la cause de béatification de fra Domenico da Cese fut ouverte le 27 juillet 2013 ; il est serviteur de Dieu.

    36
  28. Comune di Manoppello, comune.manoppello.pe.it : Manoppello honore le Volto Santo deux fois par an. Voir aussi italyheritage.com, « Il Volto Santo di Manoppello ».

    37
  29. La grande fête a lieu le troisième dimanche de mai depuis 1750, date choisie pour ne pas coïncider avec la fête de saint Justin, patron de Chieti. Sources : italyheritage.com ; ilpescara.it, programme des festivités du Volto Santo et de saint Pancrace.

    38
  30. La seconde fête, instituée vers 1690, tombe le 6 août, fête de la Transfiguration du Seigneur. Source : italyheritage.com, « Il Volto Santo di Manoppello ».

    39
  31. Le jour de la fête, le voile est porté en procession jusqu'à l'église San Nicola du centre historique, balcons drapés et pétales de roses jetés sur son passage. Sources : comune.manoppello.pe.it ; ilpescara.it.

    40
  32. acistampa.com, « Manoppello, il "Volto santo" a dieci anni dalla visita di Benedetto XVI » : Benoît XVI fut le premier pape à venir vénérer le Volto Santo depuis quatre siècles.

    41
  33. it.wikipedia.org, « Volto Santo di Manoppello » : visite privée du 1er septembre 2006, accueil par l'archevêque de Chieti-Vasto Bruno Forte, les évêques d'Abruzzes-Molise et environ 7 000 fidèles.

    42
  34. Benoît XVI, Pellegrinaggio al Santuario del Volto Santo a Manoppello (1er septembre 2006), vatican.va : « "Il tuo volto, Signore, io cerco" : ricercare il volto di Gesù deve essere l'anelito di tutti noi cristiani » ; citation du psaume (« Ecco la generazione che lo cerca, che cerca il tuo volto, Dio di Giacobbe ») et de Jn 14, 9 (« Chi ha visto me ha visto il Padre ») ; mention des « mani innocenti e cuore puro » et de la petite Thérèse de Lisieux. Version française officielle vatican.va : « rechercher la face de Jésus doit être l'aspiration de nous tous qui sommes chrétiens » ; « Voici le peuple de ceux qui le cherchent ! Voici Jacob qui recherche ta face ! » ; « Nous tous, comme le disent les Psaumes, "nous cherchons le Visage du Seigneur". Et cela est aussi le sens de ma visite. »

    43 44 48
  35. it.wikipedia.org, « Basilica del Volto Santo » : l'église fut élevée au rang de basilique mineure le 23 septembre 2006, peu après la visite pontificale.

    45
  36. Le journaliste vaticaniste allemand Paul Badde a largement contribué à faire connaître le Volto Santo hors d'Italie par ses ouvrages et reportages. Source : ncregister.com, « Manoppello's Holy Veil ».

    46
  37. ncregister.com, « Manoppello's Holy Veil: Light of Faith for a New Jubilee » : Manoppello est cité parmi les étapes de la dévotion à la Sainte Face à l'occasion des années jubilaires.

    47
  38. Benoît XVI, audience générale du 6 septembre 2006 (catéchèse sur l'apôtre Philippe), vatican.va : « si nous voulons vraiment connaître le visage de Dieu, nous n'avons qu'à contempler le visage de Jésus ! » — à propos de la réponse de Jésus à Philippe : « Celui qui m'a vu a vu le Père » (Jn 14, 9-11).

    49