Sanctuaire des martyrs de Corée (Jeoldusan, Séoul)

Le sanctuaire des martyrs de Jeoldusan, à Séoul : sur la falaise du « mont de la décapitation » qui domine le fleuve Han, là où furent exécutés les catholiques de la persécution de 1866. De l'achat du terrain (1956) à l'église ronde de 1967 et son Musée des martyrs, un reliquaire national visité par Jean-Paul II en 1984.

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Au bord du fleuve Han, à Séoul, un promontoire rocheux porte un nom terrible : Jeoldusan, le « mont de la décapitation ». C'est là que, pendant la grande persécution de 1866, des centaines de catholiques coréens furent conduits au bord de la falaise, décapités, et leurs corps précipités dans le fleuve. Un siècle plus tard, en 1967, l'Église de Corée y a élevé une église ronde et un mémorial : le sanctuaire des martyrs de Jeoldusan, devenu le haut lieu national de la mémoire des martyrs coréens.[1][2]

Cet article traite du lieu, non du récit détaillé des persécutions. On y suit la transformation d'une falaise d'exécution en sanctuaire : l'achat du terrain à partir de 1956, le monument de 1962, le concours d'architecture, l'église de 1967 et sa silhouette inspirée du chapeau traditionnel coréen, le Musée des martyrs et ses milliers de pièces, les reliques enchâssées sous l'église — dont celle de saint André Kim Taegon —, les visites pontificales et le réseau des hauts lieux du martyre à Séoul. Le récit des persécutions (1791-1866) et la biographie des 103 martyrs canonisés relèvent du dossier L'Église en Corée, vers lequel on renvoie.[3]

Jeoldusan n'est pas un sanctuaire choisi pour sa commodité ou sa beauté : comme les plus anciennes basiliques chrétiennes, il a été bâti sur le lieu même du témoignage, à l'endroit où le sang a coulé. C'est ce qui en fait, aujourd'hui, le cœur d'un vaste pèlerinage et le symbole le plus reconnaissable du catholicisme coréen.[4]

Jeoldusan, la falaise du fleuve Han

Du « mont du ver à soie » au « mont de la décapitation »

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Le promontoire portait à l'origine un nom paisible : Jamdubong (잠두봉), le « pic de la tête de ver à soie », parce que sa forme, vue du fleuve, évoquait un ver à soie dressant la tête.[5] C'était un lieu de promenade prisé, surplombant le fleuve Han d'une falaise abrupte. La persécution de 1866 lui donna son autre nom, resté dans la mémoire catholique : Jeoldusan (절두산, 切頭山), littéralement « mont où l'on tranche les têtes ».[6][7]

Le sanctuaire se trouve aujourd'hui à Hapjeong-dong, dans le district de Mapo, sur la rive nord du Han, immédiatement voisin du cimetière des étrangers de Yanghwajin où reposent les premiers missionnaires protestants et diplomates occidentaux.[8] La falaise, jadis isolée hors de la ville, est aujourd'hui enserrée dans la métropole de Séoul, longée par les voies rapides du bord du fleuve, à quelques pas de la station de métro Hapjeong.[9]

Pourquoi ici ? La persécution de 1866 et l'expédition française

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En 1866, le régent Heungseon Daewongun déclencha la plus violente des persécutions coréennes, la persécution Byeong-in. Après l'exécution de neuf missionnaires français des Missions étrangères de Paris, la France envoya une expédition navale punitive qui remonta le fleuve Han jusqu'aux abords de Yanghwajin, tout près de Jamdubong.[10] Pour le pouvoir coréen, l'intrusion des navires étrangers par le fleuve fut une humiliation : selon le récit rapporté par le Korea Times, on aurait alors décrété que les eaux du Han, souillées par cette venue, devaient être en quelque sorte lavées par le sang des catholiques, adeptes de la doctrine venue d'Occident.[11]

C'est ainsi que la falaise du ver à soie devint un lieu d'exécution. On y conduisit les chrétiens, on les décapita au bord du précipice, et l'on jeta leurs corps dans le fleuve, de sorte qu'aucune sépulture ne pût devenir un lieu de culte.[12] Les estimations du nombre total de martyrs de 1866 varient de trois mille à dix mille ; pour Jeoldusan même, les responsables du sanctuaire retiennent un chiffre prudent d'environ 177 exécutés, dont vingt-neuf seulement sont documentés — vingt-quatre identifiés par leur nom de baptême, leur âge, leur métier et la date de leur mort, et cinq restés inconnus.[13][14]

Ce récit — les persécutions de 1791, 1801, 1839, 1846 et 1866, le martyre des prêtres français et coréens — appartient au dossier des persécutions et à la biographie des saints, traités ailleurs.[15][16] Ici, il importe seulement de comprendre que le lieu vient du sang : c'est parce que des chrétiens sont morts sur cette falaise qu'un sanctuaire y a été élevé.

De la falaise au sanctuaire (1956-1967)

La transformation du lieu du supplice en sanctuaire moderne s'est jouée en une décennie, à l'approche du centième anniversaire de la persécution de 1866.

  1. à partir de 1956
    L'achat du terrain

    L'Église catholique de Corée commence à acquérir le terrain de la falaise de Jamdubong/Jeoldusan, longtemps resté en marge de la ville, pour en faire un lieu de mémoire des martyrs.

  2. 1962
    Le monument aux martyrs

    Un premier monument est érigé sur le promontoire en l'honneur des chrétiens exécutés là pendant la persécution de 1866.

  3. 1925 et 1968
    Béatifications

    79 martyrs coréens sont béatifiés à Rome en 1925, puis 24 autres le 6 octobre 1968 — élan qui accompagne la construction du sanctuaire.

  4. octobre 1967
    L'église et le mémorial

    Pour le centenaire de la persécution de 1866, l'Église inaugure l'église ronde de Jeoldusan et le hall mémorial, dessinés par l'architecte Lee Hee-tae.

  5. 1968
    Les reliques sous l'autel

    Les reliques des martyrs sont enchâssées dans la crypte aménagée sous l'église, faisant de l'édifice un reliquaire.

L'achat du terrain et le monument de 1962

Après la guerre de Corée, l'Église catholique entreprit d'acquérir la falaise de Jeoldusan, à partir de 1956, pour soustraire ce lieu de mémoire à l'urbanisation galopante de Séoul.[17] En 1962, un premier monument aux martyrs y fut dressé, marquant officiellement le promontoire comme terre du témoignage chrétien.[18][19] Le geste s'inscrivait dans un mouvement plus large de redécouverte des martyrs coréens, porté par les béatifications de 1925 (soixante-dix-neuf martyrs) et de 1968 (vingt-quatre martyrs supplémentaires).[20]

Un concours d'architecture pour le centenaire

À l'approche du centenaire de la persécution de 1866, l'Église de Corée organisa un concours public pour la conception de l'église à élever sur la falaise. La condition imposée était exigeante : le projet devait préserver l'état originel du site, sans dénaturer le rocher des martyrs.[21] Le projet retenu fut celui de l'architecte coréen Lee Hee-tae (1925-1981), professeur et l'un des concepteurs d'églises catholiques les plus actifs de son temps.[22][23]

L'inauguration de 1967

L'église et le hall mémorial furent inaugurés en octobre 1967, pour le centième anniversaire de la persécution de 1866.[24][25] Dès l'origine, l'édifice fut conçu comme un tout indissociable : une église pour la prière, un mémorial et un musée pour la mémoire, une crypte pour les reliques. L'année suivante, en 1968, les reliques des martyrs furent solennellement enchâssées sous l'église, achevant de faire du lieu un reliquaire vivant.[26][27]

L'architecture : un chapeau de deuil sur le rocher

Le promontoire de Jeoldusan et le sanctuaire vus depuis le fleuve Han, en janvier 2010. Photo : 골뱅이, CC BY-SA 3.0.

L'église de Jeoldusan est l'une des plus reconnaissables de Corée. Loin d'imiter une église européenne, Lee Hee-tae a cherché une forme proprement coréenne, accordée au deuil et au pays.

La silhouette d'un gat

Le bâtiment a une architecture ronde singulière, posée au sommet de la falaise face au fleuve.[28][29] Sa toiture évoque un gat (갓), le chapeau traditionnel coréen porté autrefois par les lettrés et lors des deuils ; ses piliers rappellent ceux des palais traditionnels coréens.[30] L'ensemble, dépouillé, ne comprend, selon la description officielle, « que l'espace nécessaire à la fonction de l'église, sans installations ni décorations superflues ».[31] Cette sobriété est elle-même un hommage : rien ne doit détourner du rocher des martyrs.

Un édifice tourné vers le fleuve

L'église domine directement le fleuve Han, du haut de la falaise même où les condamnés étaient décapités.[32] Le visiteur qui se tient sur le parvis embrasse d'un regard le cours d'eau dans lequel furent jetés les corps : l'architecture ne cache pas le lieu du supplice, elle l'encadre. En 1997, la valeur du site fut reconnue par l'État coréen, qui le classa site historique n° 399.[33]

Le Musée des martyrs catholiques de Corée

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Au niveau inférieur de l'église se trouve le Musée des martyrs catholiques de Corée, ouvert lui aussi en 1967 pour le centenaire. C'est l'un des plus importants musées religieux du pays, riche d'environ cinq mille pièces rassemblées pour une large part par des dons.[34]

Des livres fondateurs aux instruments de supplice

Le musée conserve des pièces capitales de l'histoire du catholicisme coréen. On y voit le traité du jésuite italien Matteo Ricci, De Deo verax disputatio (le Vrai Sens du Seigneur du Ciel), qui servit de première introduction à la foi catholique dans le royaume de Joseon ; les journaux du père Thomas Choe Yang-eop, deuxième prêtre coréen après saint André Kim Taegon ; et le témoignage de Pierre Park Soon-jip, document précieux qui permit d'identifier une partie des martyrs de la persécution de 1866.[35] À côté de ces archives, des cartes, des biographies de martyrs et des objets sacrés des persécutés voisinent avec les instruments d'exécution et de torture employés contre les chrétiens — sabres, planches, entraves — qui font de la visite une descente saisissante dans l'histoire du martyre.[36][37]

La crypte des reliques

Sous l'église, la crypte enchâsse les reliques des martyrs depuis 1968 ; le sanctuaire en conserve aujourd'hui environ trois mille.[38] Parmi elles, les pèlerins vénèrent une relique de saint André Kim Taegon (1821-1846), premier prêtre coréen, décapité à l'âge de vingt-cinq ans lors de la persécution de 1846 — non à Jeoldusan, mais au lieu d'exécution de Saenamteo.[39][40] Le transfert de sa mémoire à Jeoldusan fait du sanctuaire un centre national rassemblant la dévotion à l'ensemble des martyrs coréens, par-delà le seul lieu de 1866.

La statue et le parvis

La statue de saint André Kim Taegon dans les jardins de Jeoldusan, en août 2011. Photo : Hijin6908, CC BY-SA 3.0.

Sur l'esplanade qui entoure l'église se déploie un véritable parcours mémoriel en plein air. Une grande statue de bronze de saint André Kim Taegon y accueille les pèlerins, figure tutélaire du premier prêtre et patron du clergé coréen, entourée de stèles, d'un pagode commémoratif et de monuments dédiés aux martyrs.[41][42] Le parvis, ouvert sur le fleuve, prolonge l'église : on y prie, on y médite le chemin de croix, on y contemple la falaise. C'est là, au grand air, que se rassemblent les foules les jours de grand pèlerinage, quand l'église ronde ne suffit plus à les contenir.

Les visites pontificales et la reconnaissance des martyrs

Jean-Paul II à Jeoldusan (1984)

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Le moment le plus glorieux du sanctuaire fut la venue de Jean-Paul II en 1984. Arrivé en Corée le 3 mai 1984, le pape fit de Jeoldusan sa première étape, venant prier sur le rocher des martyrs dès son arrivée à Séoul.[43][44] Trois jours plus tard, le 6 mai 1984, il canonisa cent trois martyrs coréens au cours d'une messe géante sur l'esplanade de Yeouido, à Séoul — quatre-vingt-treize Coréens et dix Français des Missions étrangères de Paris.[45] Pour la première fois dans l'histoire moderne, une canonisation se déroulait hors de Rome, sur la terre même du martyre.[46] Devant les nouveaux saints, le pape salua la jeune chrétienté coréenne :

« De cette bonne semence est née la première communauté chrétienne de Corée, communauté unique dans l'histoire de l'Église en ce qu'elle a été fondée entièrement par des laïcs. Cette Église naissante, si jeune et pourtant si forte dans la foi, a résisté à des vagues successives d'une persécution acharnée. » — Jean-Paul II, homélie pour la canonisation des 103 martyrs de Corée, Yeouido, 6 mai 1984[47]

L'année suivante, en 1985, Mère Teresa de Calcutta vint à son tour se recueillir à Jeoldusan, ajoutant au sanctuaire la caution de sa propre sainteté.[48]

François et le réseau des hauts lieux de Séoul

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Jeoldusan n'est pas isolé : il s'inscrit dans un réseau de hauts lieux du martyre qui maillent Séoul. Le sanctuaire de Seosomun, ancienne porte ouest de la capitale, est le lieu où le plus grand nombre de martyrs canonisés et béatifiés furent exécutés ; Saenamteo, au bord du Han, est le lieu de la décapitation d'André Kim Taegon en 1846 ; Yakhyeon abrite la première église de style occidental de Corée.[49][50] En 2014, le pape François vint en Corée pour ce réseau de la mémoire : le 16 août 2014, il pria au sanctuaire de Seosomun, puis béatifia cent vingt-quatre martyrs — Paul Yun Ji-chung et ses compagnons — sur la grande place de Gwanghwamun, devant une foule immense.[51] Si François ne se rendit pas à Jeoldusan même, sa visite consacra l'ensemble du réseau des sanctuaires dont Jeoldusan reste la pièce maîtresse.

Un haut lieu de pèlerinage

Le sanctuaire national des martyrs

Un monument sculpté dans l’enceinte du sanctuaire de Jeoldusan, en juillet 2014. Photo : Michael Sean Gallagher, CC BY-SA 2.0.

Jeoldusan est aujourd'hui considéré comme le sanctuaire national des martyrs de Corée, but de pèlerinage de tout le pays et de nombreux visiteurs étrangers.[52] On y vient pour la messe, pour le chemin de croix en plein air, pour la prière devant les reliques et pour la visite du musée. Le sang des martyrs y est présenté, selon la formule de Tertullien souvent reprise à propos de la Corée, comme la semence des chrétiens : l'Église coréenne, née de laïcs et trempée dans la persécution, est devenue l'une des plus vivantes d'Asie.[53]

Septembre, mois des martyrs

L'Église de Corée consacre le mois de septembre à la mémoire des martyrs, avec des pèlerinages vers les hauts lieux du témoignage — Jeoldusan, Seosomun, Saenamteo, Solmoe, Haemi.[54] La fête liturgique de saint André Kim Taegon, saint Paul Chong Hasang et de leurs compagnons, fixée au 20 septembre, est le sommet de cette dévotion nationale, célébrée avec une ferveur particulière au sanctuaire de Jeoldusan.[55]

Grâces et sobriété de l'Église

Comme tout grand lieu de martyre, Jeoldusan recueille des récits de grâces obtenues par l'intercession des martyrs. Mais le sanctuaire ne s'appuie pas sur une collection de prodiges : sa force tient à la réalité historique du martyre, attestée par les archives, les reliques et les témoignages conservés au musée. On y vient honorer des témoins, non courir après le merveilleux — sobriété qui fait partie de la physionomie du lieu.

RepèreDonnée
LieuFalaise de Jeoldusan, fleuve Han, district de Mapo, Séoul
Origine du nomJamdubong (« pic du ver à soie »), renommé Jeoldusan (« mont de la décapitation ») en 1866
Terrain acquisà partir de 1956
Monument aux martyrs1962
Église et mémorial inaugurésoctobre 1967 (centenaire de 1866)
ArchitecteLee Hee-tae (1925-1981)
Reliques enchâsséesdepuis 1968 ; env. 3 000 conservées
Muséeenv. 5 000 pièces
ClassementSite historique n° 399 (1997)
Visites notablesJean-Paul II (1984), Mère Teresa (1985)
Fête des martyrs20 septembre

Le sens spirituel du lieu

Détail d’une plaque gravée dans l’enceinte du sanctuaire de Jeoldusan, en juillet 2014. Photo : Michael Sean Gallagher, CC BY-SA 2.0.

Jeoldusan n'est ni une cathédrale gothique ni une basilique romaine : c'est une falaise coréenne, un « mont de la décapitation » d'où le sang des martyrs a coulé dans le fleuve Han. Tout y ramène à la continuité la plus ancienne de l'Église : bâtir l'autel sur le lieu du témoignage, prier au-dessus des reliques, faire de la pierre un reliquaire. L'église en forme de chapeau de deuil dit que l'Évangile a pris la chair de la Corée ; le musée dit que ce martyre n'est pas une légende, mais une histoire documentée ; la crypte dit que la vie donnée est devenue source.

Les paroles de Jean-Paul II en 1984 résument la vocation du sanctuaire : faire mémoire d'une Église « fondée entièrement par des laïcs » et trempée dans la persécution, pour que la jeune chrétienté d'Asie y puise la force d'un témoignage plus fort que la mort. C'est ce que viennent y chercher, chaque mois de septembre, les pèlerins venus prier au bord du Han : non d'abord des prodiges, mais la certitude que, sur ce rocher, le sang des martyrs est devenu semence.[56]

Pour aller plus loin

Articles Ignispedia connexes

Sources principales

  • Jeoldu-san, en.wikipedia.org — localisation sur le fleuve Han, établissement en 1967 pour le centenaire de 1866, reliques (env. 3 000), visites de Jean-Paul II (1984) et de Mère Teresa (1985).
  • The Jeoldusan Martyrs Shrine, english.seoul.go.kr — origine du nom (Jamdubong / Jeoldusan), concours d'architecture, architecte Lee Hee-tae, sobriété de l'édifice, classement site historique n° 399 (1997).
  • Korean Catholic Martyrs' Museum, The Korea Herald — ouverture 1967, architecte professeur, env. 5 000 pièces, traité de Matteo Ricci, journaux de Choe Yang-eop, témoignage de Park Soon-jip, 177 exécutés / 24 identifiés.
  • Jeoldusan Martyrs' Shrine, The Korea Times — silhouette en gat, contexte de 1866 (expédition française, « purifier le Han par le sang »), achat du terrain, monument de 1962, visite de Jean-Paul II.
  • Korean Martyrs, en.wikipedia.org — persécutions de 1791-1866, 103 martyrs canonisés le 6 mai 1984 à Yeouido, 124 béatifiés le 16 août 2014 à Gwanghwamun, André Kim Taegon.
  • Vatican.va — homélie de Jean-Paul II pour la canonisation des 103 martyrs de Corée (6 mai 1984).

Notes et références

  1. Jeoldu-san, en.wikipedia.org : promontoire rocheux dominant le fleuve Han, Hapjeong-dong, district de Mapo, Séoul, voisin du cimetière des étrangers de Yanghwajin ; nom 절두산 / 切頭山 (« mont de la décapitation ») ; site d'exécution sous la régence du Daewongun lors de la persécution de 1866 ; mémorial établi en 1967 pour le centenaire de la persécution Byeong-in ; enchâssement d'environ 3 000 reliques de martyrs ; visite de Jean-Paul II en 1984 et de Mère Teresa en 1985.

    1 7 8 19 25 26 32 37 38 48
  2. « Jeoldusan Martyrs' Shrine », The Korea Times (Korean Heritage) : architecture ronde, piliers évoquant les palais traditionnels, silhouette d'un gat (chapeau coréen) ; persécution de 1866 déclenchée après la mort de neuf missionnaires français et l'expédition navale française ; récit selon lequel le pouvoir aurait voulu laver les eaux du Han par le sang des catholiques ; estimations de 3 000 à 10 000 martyrs, environ 177 à Jeoldusan (24 documentés, 5 inconnus) ; achat du terrain et monument de 1962 ; église de 1967 ; visite de Jean-Paul II en 1984.

    2 10 11 12 14 17 18 29 30 44
  3. Voir le dossier Ignispedia L'Église en Corée pour le récit détaillé des persécutions (1791-1866), la biographie des martyrs canonisés et l'histoire de la première communauté catholique coréenne fondée par des laïcs.

    3 15
  4. « The Jeoldusan Martyrs Shrine, a symbol of Korean Catholicism », english.seoul.go.kr : origine du nom Jamdubong (« tête de ver à soie ») devenu Jeoldu (« trancher la tête ») ; concours public exigeant la préservation de l'état originel du site ; conception par l'architecte coréen Lee Hee-tae ; édifice réduit à « l'espace nécessaire à la fonction de l'église, sans installations ni décorations superflues » ; site historique n° 399 (1997).

    4 5 6 9 21 22 28 31 33
  5. « [Our Museums] Legacy of early Catholics at Korean Catholic Martyrs' Museum », The Korea Herald : musée ouvert en 1967 pour le centenaire de la persécution Byeong-in de 1866 ; architecte Lee Hee-tae, professeur ; environ 5 000 objets, en grande partie issus de dons ; traité de Matteo Ricci introduisant le catholicisme au Joseon ; journaux du P. Thomas Choe Yang-eop, deuxième prêtre coréen après saint André Kim Taegon ; témoignage de Pierre Park Soon-jip ayant permis d'identifier des martyrs ; 177 catholiques exécutés à Jeoldusan, 29 documentés (24 identifiés, 5 inconnus) ; population catholique coréenne passée de 15 000 (1851) à 23 000 (1866).

    13 23 24 27 34 35 36
  6. Korean Martyrs, en.wikipedia.org : 8 000 à 10 000 chrétiens tués durant les persécutions du XIXe siècle ; persécutions de 1791, 1801 (Sinyu), 1839 (Gihae), 1846 (Byeongo) et 1866 (Byeong-in) ; André Kim Taegon, premier prêtre coréen, décapité en 1846 ; Paul Chong Hasang, laïc ; 79 martyrs béatifiés en 1925, 24 le 6 octobre 1968 ; 103 martyrs canonisés par Jean-Paul II le 6 mai 1984 à Yeouido (Séoul) ; 124 martyrs béatifiés par François le 16 août 2014 à Gwanghwamun. Fête liturgique le 20 septembre.

    16 20 39 43 45 46 49 55
  7. Shrine of Saint Andrew Kim / Saintapedia : saint André Kim Taegon (1821-1846), premier prêtre coréen, décapité à 25 ans ; ses reliques sont vénérées au sanctuaire de Jeoldusan ; statue de bronze et pagode commémoratif sur le site. L'attribution précise de la statue n'étant pas établie par une source primaire, elle n'est pas affirmée ici.

    40 41
  8. « Roman Catholic shrine built to honor first Korean saint », korea.net : Jeoldusan comme haut lieu de pèlerinage national lié à saint André Kim Taegon ; statue et monuments commémoratifs sur le parvis ; sanctuaire majeur des martyrs coréens.

    42 52
  9. Jean-Paul II, homélie pour la canonisation des 103 martyrs de Corée, Yeouido (Séoul), 6 mai 1984, § 3 (vatican.va, texte intégral en anglais, italien et portugais — la page française ne reprend que le titre) : « From this good seed was born the first Christian community in Korea, a community unique in the history of the Church by reason of the fact that it was founded entirely by lay people. This fledgling Church, so young and yet so strong in faith, withstood wave after wave of fierce persecution. » Traduction française fidèle dans le corps. URL : https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/en/homilies/1984/documents/hf_jp-ii_hom_19840506_martiri-coreani.html.

    47
  10. Voyage du pape François en Corée (août 2014), UCA News / BBC : arrivée le 14 août 2014 ; prière au sanctuaire de Seosomun le 16 août 2014 ; béatification de 124 martyrs (Paul Yun Ji-chung et compagnons) à Gwanghwamun le 16 août 2014 ; visite de Solmoe (lieu de naissance d'André Kim) et de Haemi le 17 août 2014 ; réseau des hauts lieux du martyre de Séoul (Seosomun, Saenamteo, Yakhyeon) ; mois de septembre consacré aux martyrs.

    50 51 53 54 56